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31 janvier 2022

DES FRUITS DES AMES DES GILETS JAUNES

DES FRUITS DES ÂMES DES GILETS JAUNES

1.
« Il y avait des fruits tout ronds comme des âmes »
(Apollinaire, « Le larron »)

J'aime bien cette comparaison des fruits
et des âmes il y en a qui existent & les
autres je ne sais pas car ce que « âme »
on appelle c'est la valeur morale non et
à l'âme survivant au pourrissement & qui
au je n'sais où des métaphysiques je n'y
crois pas l'âme pas facile à définir j'y
vois moi une ligne d'horizon qui remue &
vois moi de l'inaccessible à passions et
cette part d'inconnu qu'il y a dans tout
humain passant Si je vole des fruits car
il est question d'un voleur & le poème à
Apollinaire s'appelle « Le larron » & si
je vole des fruits volerai-je des âmes ?

2.
Les Gilets jaunes je m'en souviens quand
ça commença en décembre 2018 ma mère qui
qui allait bientôt mourir avec elle pour
lui tenir compagnie je ne savais pas que
ma mère allait bientôt mourir pis choqué
j'étais par la violence que la télé nous
montrait alors ma mère me dit que la vie
était dure pour bien des gens Sortait de
l'hôpital alors et elle avait parlé avec
une infirmière qui lui avait dit combien
c'était pénible le métier et ma mère qui
avait toujours été à droite trouvait que
Macron ne l'avait pas volée cette émeute
oui on peut parler d'émeute On dit qu'il
a eu peur Macron moi j'étais choqué j'me
souviens de ce policier il a failli être
lynché en direct et put fuir parce qu'un
manifestant s'est interposé & l'a laissé
courir Moi j'ai écouté ma mère & je sais
bien que la vie est dure pour pas mal de
gens & donc la phrase de Michael Foessel
que j'ai lue dans l'Obs me plaît assez :

« Les Gilets jaunes aussi, en installant des barbecues sur les ronds-points, exprimaient ce désir de reconquérir une forme de sociabilité heureuse. »
(Michael Foessel interviewé par Marie Lemonnier, « L'Obs » du 27 janvier 2022)

Patrice Houzeau
Malo, le 31 janvier 2022.

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31 janvier 2022

LE MONDE DE PLUS EN PLUS ET MOI DE MOINS EN MOINS

LE MONDE DE PLUS EN PLUS ET MOI DE MOINS EN MOINS

 

  1. Hubert-Félix Thiefaine fut dans les années 80 le chanteur préféré des étudiants qui préféraient boire de la bière plutôt que d'aller à la fac, n'est-ce pas ? comme dit Lucien Suel.

  2. Robert Smith et The Cure devraient mettre à leur répertoire « La Maison Borniol » du grand Hubert-Félix Thiefaine, chanson délicieusement gothique qui annonça les corbeaux électriques du gothique.

  3. Le débat Zemmour/Mélenchon chez Hanouna ? J'ai suivi quelques minutes. Les combats de coqs furent longtemps une tradition dans les arrière-salles des bistrots du Nord/Pas-de-Calais.

  4. Ma pomme pareil, je constate que le monde est de plus en plus, et moi de moins en moins.

  5. Et le jour des examens, il constata avec une certaine amertume que ce n'est pas en buvant de la vodka qu'on en sait plus sur Dostoïevski.

  6. Après avoir perdu 8 points en 2020, la Macronie se vante d'une croissance à 7 points en 2021. Euh... -8 + 7, ça fait quand même – 1, obtenu à grand renfort d'argent magique et de subventions à l'apprentissage.

    Macron semble vouloir restaurer la situation économique de la France telle qu'elle était en 2019, à l'époque où l'on attendait la correction boursière décennale. Et ni l'endettement, ni l'inflation n'étaient ce qu'ils sont actuellement...

    Ceci dit, Macron a-t-il le choix ? Non. Il choisit la moins mauvaise des solutions dans une situation où aucune solution n'est satisfaisante. De là à s'en vanter...

  7. Endettement et inflation sont des caractéristiques d'après-crise. On peut s'attendre à :

    - Renforcement du rôle de l'Etat

    - Redéfinition de la valeur euro et du rôle de l'UE

    - Evolution des zones d'influence (ce que Russie, Chine et Etats-Unis ont parfaitement compris).

  8. Les subventions en faveur de l'apprentissage ne peuvent se comprendre que si le gouvernement espère se rembourser sur les profits à venir (impôts, taxes...) et sur les économies faites sur le dos des Lycées Professionnels.

    Outre que Blanquer est bien le fossoyeur des Lycées Pros, on ne voit pas comment le gouvernement pourrait pérenniser l'apprentissage sans créer ni impôts, ni taxes, lesquels lui permettraient effectivement de continuer à alimenter les dites subventions. Shadokisme prévisible.

  9. La question est : Blanquer est-il le vecteur principal des records de contaminations que nous avons observés tout ce mois de janvier ? Si c'est le cas, on peut dire que son passage au ministère aura été marqué par beaucoup d'inconséquences.

  10. Martine Wonner a déclaré que Macron ne serait pas candidat aux présidentielles de 2022. Il m'arrive moi aussi de douter de sa candidature tant sont amples les difficultés engendrées par la crise covid et tant sa personne est contestée.

  11. Le gouvernement a-t-il dans l'idée de subventionner massivement l'apprentissage pendant plusieurs années jusqu'à ce que le modèle de la formation par alternance devienne la principale référence en matière de formation professionnelle ?

  12. Pour que Léa Salamé en arrive à bousculer un membre du gouvernement (les journalistes furent si souvent complaisants, voire obséquieux, avec Blanquer), il faut que la position du Pinocchio de la rue de Grenelle soit bien fragilisée.

  13. « On veut aussi poursuivre la redéfinition de notre contrat social, avec des devoirs qui passent avant les droits, du respect de l'autorité aux prestations sociales », aurait déclaré Gabriel Attal dans « Le Parisien » du 29 janvier 2022. L'ordre moral serait-il de retour ?

    Pas la peine de voter Mélenchon ou Zemmour, si Attal a vraiment dit cela, Macron va faire dans le même temps éthique : vous n'aurez des droits que si vous acceptez que je vous dicte votre conduite. Affligeant.

    Si cette déclaration de Gabriel Attal rend compte fidèlement de la philosophie politique du président Macron, il faut s'attendre à une remise en cause, au nom de l'intérêt général, de bien des libertés individuelles.

Patrice Houzeau
Malo, le 31 janvier 2022.

31 janvier 2022

ON SE JUSTIFIE COMME ON PEUT

ON SE JUSTIFIE COMME ON PEUT

1.
Et le troupeau de sphinx regagne la sphingerie »
(Apollinaire)

Et alors que les masques bleus tombent sur la cité
Le troupeau de sphinx et leur pâtre fumant la pipe
Troupeau de sphinx ce sont donc des énigmatiques &
De l'antique qu'ils viennent poème ô temps aboli &
Sphinx aux jeux de mots pour eux seuls ce troupeau
Regagne avec leur pâtre vêtu de l'inverness cape &
La tête pleine de crimes sans coupables regagne la
Sphingerie & plonge dans un songe aux yeux crevés.

2.
« Et leurs mains s'élevaient comme un vol de colombes »
(Apollinaire)

Et leurs mains je songe qu'en songe de
Leurs mains je ne m'en souviens de ces
Mains non je ne m'en souviens jamais &
S'élevaient-elles ces mains que jamais
Comme si l'ombre était leur demeure et
Un voleur les a volées donc ou coupées
De la main invisible à la hache ah des
Colombes dit le vers oh tranchées donc
qu'elles sont ces colombes Mais si ces
mains leurs mains jamais je n'les vois
en songe je vois bien leurs têtes m'en
souviens bien de leurs têtes & je peux
même dire leurs noms à leurs têtes pas
toujours cependant beaucoup me restent
inconnus & sont bien attachées collées
leurs têtes ne s'élèvent pas comme une
escadrille de crapauds ou de corbeaux.

3.
Zanzibar bar à zazous ça n'veut rien dire
Dit Zut qui s'y entendait Au Zanzibar bar
à zazous moi j'y vais jamais vu qu'j'suis
ni zazoute ni zazou Zanzibar bar à zazous
ça n'veut rien dire mais quand même c'est
Zoli comme formule Zanzibar bar à zazous.

4.
« Je descends et le firmament
S'est vite changé en méduse »
(Apollinaire)

Quand je dis je ce n'est pas moi
qui dis je mais dans un poème je
une ombre Donc alors là s'que je
fais c'est que je descends je ne
sais quel escalier dans le passé
c'est le matin mon père a allumé
la radio à 6 heures jamais avant
pour ne pas gêner les voisins il
est 6 heures je dois me préparer
pour aller au lycée qui m'ennuie
ou alors c'est en rêve et ce que
que je descends est interminable
interminablement interminable oh
c'est l'escalier du vertige & je
croise des ombres certaines sont
très bruyantes onomatopées qu'on
dirait un solo de batterie Pim &
Pam & Poum avec des cymbales qui
avec des cymbales qui claquent &
sifflent & plus je descends plus
puissant le son de la batterie &
je me dis que j'ai dû laisser la
radio allumée alors je me lève &
j'essaie d'éteindre la radio car
je ne veux pas gêner les voisins
et je n'arrive pas à éteindre la
radio je n'arrive pas à éteindre
à éteindre la radio genre hantée
la radio hantée par les fantômes
du jazz c'est bien ennuyant tout
de même qu'je vais les gêner nos
voisins au matin à six heures il
descendit l'escalier son père il
était déjà levé et maintenant il
fallait se préparer car au lycée
il fallait aller s'ennuyer comme
ça il apprendrait la patience la
patience qu'il faut pour pouvoir
vivre la vie de tous les jours &
si t'es pas content tu n'as qu'à
aller voir à l'usine qu'elle dit
ma mère je sais bien que ma mère 
avait raison mais hein hein hein
qu'c'est pas si facile non hein.

5.
Très grognon aujourd'hui des trucs qui m'gonflent
je songe aux poètes qui aiment leur prochain tous
ces poètes altruistes là même que certains i font
juste semblant on se justifie comme on peut hein. 

Patrice Houzeau
Malo, le 31 janvier 2022.

29 janvier 2022

QUELQUE ORGUE HANTANT

QUELQUE ORGUE HANTANT

1.
Quelque orgue hantant, façon mystère et cimetière, un épisode de « Chapeau melon et bottes de cuir », je consultai Wikipédia et tombai sur ce passage : « des jeux allant de 16 pieds de Roy, soit 5,28 mètres, au 1 pied de Roy, soit 33 centimètres ».

2.
Sherlock Holmes était si perspicace qu'il avait fini par percer à jour chacun des secrets de Sir Arthur Conan Doyle, lequel ne lui pardonna jamais.

3.
Si vous croisez mon fantôme, vous lui direz de me rapporter la clé du placard. C'est agaçant à la fin.

4.
Le dernier mot de la pièce « Polyeucte », de Corneille, est « Dieu ». A mon avis, il l'a fait exprès.

5.
Dans une version française du « Signe des Quatre » (une aventure de Sherlock Holmes dans la série « Les Grands détectives » Jean-Pierre Decourt, 1975) , cette phrase qui vaut son pesant de squelettes : « Lorsque mon père est rentré de l'armée des Indes, c'était un autre... ».

6.
La pop culture est sans doute le meilleur antidote au poison politique. Difficile, je pense, de se passionner pour les intrigues d'Agatha Christie, d'écouter Abba ou les Beatles en boucle, de se gondoler en lisant Astérix ou Lucky Luke et prendre au sérieux nos bavards nationaux.

7.
Lorsque le portrait du Grand Oncle Cassave se mit à parler, nous crûmes qu''enfin nous allions savoir où il se trouvait, le trésor hein le trésor... Hélas, l'Oncle se mit inlassablement à nous rengainer de sa voix de toile peinte le répertoire des vieilles chansons de son jeune temps. Nous dûmes nous en séparer.

8;
« L'analogue quadridimensionnel du cube » (j'adore Wikipédia) s'appelle le tesseract. Jean Ray en parle, je crois, dans le grand ailleurs présent qui est le véritable sujet de ses meilleurs textes. Pour ma part, je vais me laisser tenter par la carbonade.

9.
Lorsque dans la grande maison là-bas dans la campagne et les brumes, malgré les précautions prises, tout le monde disparut (avec toutes leurs chaussettes), l'inspecteur n'eut plus que cette alternative : s'interroger lui-même afin de déterminer s'il ne rêvait pas.

10;
Un triangle isocèle a deux côtés de même longueur. En France, le fer à cheval fut longtemps considéré comme un porte-bonheur. Le triangle isocèle ne monte que très rarement à cheval, lequel se fait d'autant plus rare dans nos rues.

11.
Des gens passent, pensifs, passés, pressés des fois, surtout quand ils passent devant la boucherie chevaline dont on dit qu'elle serait hantée par un cheval de retour.

12.
« Pour qui voter en avril prochain ? », demande un internaute. Mais, bon sang, mais c'est bien sûr, pour Zuzudor, le Roi des promesses en or, et surtout pas pour Zozodur, car avec lui, on l'aura dure !

13.
On dit Hollande gratouillé de revenir sur la scène politique : Ah, Hollande ! Les retraites payées avec des mois de retard par manque de personnel, les étudiants tirés au sort ! Jérôme Cahuzac, la réforme à Peillon/Hamon/Najat ! Les débuts du p'tit Macron... Toute une époque !

14.
Blanquer et Macron ont en commun d'être tous deux têtus et tenaces. Ils ont fichu la pagaille pendant cinq ans (l'un dans l'éducation, l'autre dans les rues), mais droits dans leurs bottes, ils vont, le menton haut et sans rien voir.

15.
Il semble qu'en quelques semaines, on soit passé en France de « tous vaccinés, tous protégés » à, grâce à Blanquer, « tous contaminés, tous protégés ». A quoi sert le pass vaccinal ? A emmerder les gens, comme Macron l'a dit lui-même.

16.
D'habitude, tous les hivers, j'ai deux jours (pas plus) d' "état grippal" (la "crève"), puis ça passe. Depuis le début de la pandémie, rien, nada. Les gestes barrières et le port du masque, je suppose.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 janvier 2022

 

28 janvier 2022

SOTTISES DU VENDREDI SOIR

SOTTISES DU VENDREDI SOIR

1.
Entendu sur France Culture François Taddeï louer les modèles d'éducation danois et sud-coréen comme des exemples à suivre en France. Qu'est-ce que cet essentialisme qui veut que les élèves français soient les mêmes que les élèves danois et coréens ?

Je ne sais pas si François Taddeï a beaucoup d’expérience en tant qu'enseignant de collège ou de lycée professionnel. J'ai l'impression que non. En tout cas, il dit beaucoup de bêtises. France Culture, c'est aussi défois France-gogo.

2.
Les gens défois ils ouinent fragile (y en a quand même beaucoup qui le sont vraiment, fragilisés) et le politique noie la violence fondamentale des rapports sociaux dans une fausse bienveillance à la Castex. Quand il y a crise, les masques tombent ; il y a des coups.

3.
Il y a un poème d'Apollinaire où le narrateur songe que « les cadavres de [ses] jours pourrissent dans les églises italiennes ». Je songe que ça fait longtemps que je n'ai pas mangé de pâtes carbonara. Je me demande s'il me reste du chianti.

4.
J'ai regardé « Why Women Kill » (épisode « Le Piège se referme »), vous savez la série drolatique avec un serial killer compatissant (c'est un vétérinaire). Je pense que certains scénaristes américains sont des virtuoses.

5;
Je songe, et ça ne me rend même pas mélancolique, que la lumière a une vitesse constante dans le vide d'environ 300 000 km/s. C'est très concret et en même temps aussi abstrait que l’existence de Dieu. Mais c'est sans doute parce que je ne suis ni physicien, ni croyant.

6.
Hasard objectif ? Prémonition ? : dans le clip de 2017 de l'épatante chanson « J'ai retrouvé mon mojo » de l'épatante chanteuse Anaïs, on la voit porter un masque chirurgical juste avant un plan où une jeune femme (Helena Noguerra) déclare : » D'toute façon, moi j'aime pas la corona »...

7;
A la page 102 de mon édition de « Madame Chrysanthème » du trop oublié Pierre Loti, je trouve cette injonction : « Anata, nominasé (Toi aussi, fume ! ») dit Chrysanthème. ». Je songe avec mélancolie à un docteur que j'ai connu. Il est mort.

8.
Il y a un épisode de la mini-série « Scènes de ménage » où l'excellent Philippe (vous savez, le pharmacien plein aux as interprété par Grégoire Bonnet) se fend d'un pet sacrificiel. Ça m'a fait rire comme si j'étais un de mes élèves.

9;
Comme je me sentais aussi seul qu'un os, j'appelai mon chien ; et je disparus.

10.
Non, Elvis Presley n'est pas mort. Par contre, son fantôme a pris un sacré coup de vieux. (variante : mais il ne bande plus très fort, mais là quand même, j'ai honte.)

11;
En France, beaucoup de gens croient sans croire. C'est la raison pour laquelle beaucoup voteront Macron (et qu'il sera donc réélu) tout en pensant qu'il a une tête à claques. #EnMêmeTemps

Patrice Houzeau
Malo, le 28 janvier 2022.


 :

 

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28 janvier 2022

DIVERS DONT CERTAINS SUR POLYEUCTE

DIVERS DONT CERTAINS SUR POLYEUCTE

1.
Je voudrais pas mourir aujourd'hui
J'ai trop de Joe Jackson à écouter
J'ai trop de mains tendues à trancher
J'ai trop de cours à préparer
Pis (ah la vache, dis)
Trop de bouquins à bouquiner, trop de filles à rêver, trop d'amis à appeler, trop de coups à boire, trop d'argent à gagner, trop de trains à prendre et tant de temps à perdre.

Je voudrais pas mourir aujourd'hui
J'ai trop de fiévreux éléphants à écouter
J'ai trop de doigts d'honneur à écrire
J'ai trop de copies à corriger
Pis (3,14)
Trop de venin à cracher, trop de filles à ah la la dis, trop d'amis à trahir, trop de coups à prendre, trop d'argent à devoir, trop de trains à louper et tant de temps à perdre.

2.
Dans le film « La Sentinelle » d'Arnaud Desplechin, en fin de compte, c'est la tête du mort qui le pose, le « Être ou ne pas être », au Hamlet carabin pis bien paumé là.

3.
A la scène première de l'acte I, Néarque commence par enguirlander le Polyeucte à Corneille à cause du songe à Pauline. Je note qu'il ne lui parle ni de sondages, ni de covid, ni de réforme de l'éducation, ce qui nous fait des vacances.

4.
Polyeucte lui répond comme quoi du coup que la Pauline « Craint et croit voir [sa] mort qu'elle a songée », il est bien embêté de faire ce qu'il doit faire et bien qu'il sache que ce qui est fait n'est plus à faire, il sait quand même pas trop quoi faire.

5.
Alors Néarque dit au Polyeucte de Corneille, que s'il ne fait pas ce qu'il doit faire (je crois bien qu'il veut se faire baptiser, ah la la, quelle affaire !) eh bien,

« Celle qui vous pressait de courir au baptême,
Languissante déjà, cesse d'être la même,
Et, pour quelques soupirs qu'on vous a fait ouïr,
Sa flamme se dissipe et va s'évanouir. »
(Corneille, « Polyeucte », I,1 [Néarque])

J'aime bien dans les vers de Corneille ce son « i » qui assone qu'on dirait que Néarque se moque de Pauline (la Songeuse) qui sans doute a soupiré fort, languit, glapit, pâlit, gémit pis aussi s'est affligée en contant son songe, Pauline.

6.
Polyeucte de Corneille, il est pépère qu'il dit à Néarque (lequel bout et bouillonne), que son baptême peut bien attendre un peu hein quand même ; il dit :

« Je crois, pour satisfaire un juste et saint amour,
Pouvoir un peu remettre, et différer d'un jour. »

7.
Là-dessus, Polyeucte de Corneille se fait de nouveau réprimander par Néarque, qui lui parle un peu du « genre humain l'ennemi » et même qu'il « abuse ». Notons que nul éléphant n'a traversé la scène en jouant de la trompette, on n'est pas au cirque ici.

8.
Comme je vous causais de l'éléphant qui traverse la scène en jouant de la trompette, cela me fait penser au son lancinant de la flûte du Mystère, laquelle n'a strictement rien à voir avec le pipeau Blanquer.

9.
Néarque, il est quand même assez insupportable, moi je trouve, avec son Dieu jaloux là, « ce seigneur des seigneurs » il dit, qui « Veut le premier amour et les premiers honneurs » et qui ne « veut point d'un cœur où le monde domine ». Pénible.

10.
La fin de la scène 1 de l'acte I du Polyeucte à Corneille se termine qu'on comprend que Polyeucte doit aller tout de suite illico mon coco se faire baptiser mais que Pauline veut pas qu'il sorte car elle craint qu'il se fasse assassiner. Le suspense est dans la loge (il remplace la concierge qui est dans l'escalier).

Patrice Houzeau
Malo, le 28 janvier 2022.

 

 

 

27 janvier 2022

LUCIDEMENT J'EN SUIS CERTAIN

LUCIDEMENT J'EN SUIS CERTAIN

1.
L'Obs du 27 janvier 2022 met Valérie Pécresse en couverture. C'est sûr qu'un second tour Macron/Pécresse serait plus politiquement correct que le très envisagé Macron/Marine Le Pen.

L'Obs du 27 janvier 2022 met Valérie Pécresse en couverture mais le titre est plutôt dézingueur : « Du centre à la droite extrême : Le double jeu de Pécresse », pas tellement flatteur, et même du genre à faire fuir les centristes et les sympathisants de gauche indécis.

Vous me direz, les centristes et certains indécis de la gauche en miettes vont sans doute voter Macron ; l'argent magique est rassurant ; l'Europe, c'est bien hein ? Même si argent magique et Europe pourraient tantôt nous coûter un bras.

2.
Dans son éditorial de L'Obs du 27 janvier 2022, Céline Prieur rappelle que « les électeurs préfèrent souvent l'original à la copie » et que donc beaucoup préféreront toujours Marine Le Pen, dont l'ancrage dans l'électorat populaire ne fait guère de doute, à l'en même temps pécressien.

3.
Parce que la gauche a abandonné l'ouvrier et l'employé, tout en tentant de faire de la marge une rente électorale (n'est-ce pas, Jack Lang), les Français se sont rappelé qu'ils étaient une Nation et frondent toute gouvernance.

4.
La France est un compromis permanent entre l'esquive qui est la pratique habituelle de bien des Français (et c'est tant mieux) et la bannière de l'intérêt général que le politique agite avec une grande ostentation quand il est pris en faute, ou qu'il en a besoin.

5.
Dans sa chronique de l'Obs du 27 janvier 2022 consacrée aux tensions entre l'Ukraine et la Russie, Pierre Haski évoque la faiblesse de l'Occident « sur la défensive et incapable de se projeter dans un monde où le retour de la brutalité est la norme ».

J'espère que Pierre Haski se trompe. Que l'Europe soit sur la défensive est certain (mis à part le volontariste Royaume-Uni, l'Allemagne et la France se montrent plutôt prudents vis-à-vis de Poutine), mais l'OTAN, je pense, se tient prête et juge lucidement, j'en suis certain.

6.
Pierre Haski dans sa chronique de l'Obs évoque aussi « l'ordre imparfait » qui caractérise l'Europe. Certes, mais c'est là la rançon de la démocratie, qui est basée sur le débat permanent. On peut toujours rêver à la stricte application du « Contrat social », mais l'Histoire récente nous apprend qu'une trop grande rigueur des lois nuit toujours aux libertés individuelles.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 janvier 2022.

 

 

 

27 janvier 2022

QU'EST-CE QUE JE FAIS MOI MAINTENANT AVEC MON RHINOCEROS

QU'EST-CE QUE JE FAIS MOI MAINTENANT AVEC MON RHINOCEROS

1.
Cité de mémoire et entendu sur France Culture à propos des doléances de 2019 que suscita Macron :« Un général d'armée ne peut espérer combattre sans de simples soldats ». Oui mais voilà, y a les drones, et bientôt y aura les robots désintégrateurs.

2.
Crise covid. Il semble que le vent tourne en Europe. Plusieurs pays (le Danemark, l'Autriche) emboîtent le pas à l'Espagne et au Royaume-Uni et lèvent bon nombre de restrictions. La France ? Elle fait semblant de fonctionner normalement et s'en remet au pass vaccinal.

La France fait d'autant plus semblant de fonctionner normalement que pour des raisons électorales, le recours à l'endettement lui permet d'afficher de bons chiffres sur l'emploi. Illusion dangereuse. Mais Macron peut-il faire autrement ?

3.
« Quand isochrones choient des gouttes de pluie »
(Apollinaire)

Quand je lis ce vers d'Apollinaire « Quand
isochrones choient des gouttes de pluie » (isochrones, cela s'emploie pour des oscillations de même période et de même durée), je pense qu'elles
Choient sans se douter du sens du mot « mélancolie » ni
Des ombres qu'elles suscitent et qui se glissent défois dans les gens
Gouttes gouttes vous vous fichez de nous comme se fiche de nous toute chose et
De ce vers fameux « Objets inanimés, avez-vous donc une âme », la
Pluie se fiche. D'ailleurs je l'entends bien rire la pluie dans les confins.

4.
« Que je m'ennuie entre ces murs tout nus »
(Apollinaire)

Que ce vers d'Apollinaire « Que
je m'ennuie entre ces murs tout nus » me donne à penser que je
M'ennuie tout autant parfois est faux car
Entre les fantômes et les vivants il faut veiller aux liens
Ces gens (je parle des vivants) ne doutent de rien et leurs
Murs se peuplent d'ombres qu'ils ne veulent pas voir
Tout ce que l'on ne voit pas qui est immense, dit je crois Rouletabille dans un film de Podalydès Non les murs ne sont pas

Non les murs ne sont pas nus
Non les murs ne sont pas nus
Ils sont pleins d'ombres qui
Glissent et derrière elles y
A des effets des causes tout
Un enchaînement d'effets qui
N'sont pas toujours ceux que
L'on attendait et les causes
Étant parfois incertaines ça
Fiche plein d'étrange sur le
Mur nu nu nu nu nu nu ça met
Du hareng saur qui s'balance
Toujours toujours au bout de
Sa ficelle cause les murs ne
Sont pas nus non les murs ne
Sont pas nus ils ne sont pas

Nus ils sont pleins de visages et leurs yeux vous.

5.
« Il n'y a pas d’accommodement ici, qui puisse détruire ces vérités : que de rien, il ne résulte rien, et qu'un effet veut une cause. »
(Schopenhauer traduit par Burdeau, « Le Fondement de la morale »)

« que de rien, il ne résulte rien »
De cela, nous sommes d'accord : le feu ne prend pas sans déclencheur
Rien ne s'enflamme sans cause, ni la bibliothèque d’Alexandrie, ni le cœur, mais moi je demande Qu'est-ce que je fais avec mon rhinocéros ?
Il y a que je suis d'accord « que de rien, il ne résulte rien » mais il
Ne reste pas moins vrai que je demande Qu'est-ce que je fais avec mon rhinocéros ? (Choeur : qu'est-ce que je fais, qu'est-ce que je fais avec mon rhinocéros?) De tout cela il
Résulte que vous pouvez toujours m'envoyer sur les roses moi et mon rhinocéros,

Aussi le riz aussi le riz
NoNo No No NoNoNoNo No No
Aussi le riz Aussi le riz
C'est rosssssssssse rosse
C'est là qu'est l'os j'me
Dis Qu'est-ce que je fais
Avec mon rhinocéros Aussi
Le riz Aussi le riz No No
De tout cela j'vois qu'ça
Pouvez toujours m'envoyer
Sur les roses ma pomme et
Mon Hot Tuna ma pomme mon
Rhinocéros rien ne pourra
M'empêchera rien non rien

Rien ne m'empêchera de toujours demander Qu'est-ce que je fais avec mon rhinocéros ?

Patrice Houzeau
Malo, le 27 janvier 2022.

 

 

 

 

26 janvier 2022

CONTE IDIOT A LA JEUNE FILLE EN LA TOUR ENFERMEE

CONTE IDIOT A LA JEUNE FILLE EN LA TOUR ENFERMEE

 

  1. « La jeune fille en la tour enfermée », ça rappelle l'ancien temps, qui n’existe pas, des contes. Du coup, on attend le dragon et le chevalier blanc, solitaire, courageux, énigmatique itou parce qu'il en connaît un bout sur les blagues du Sphinx.

  2. Dans le poème « La jeune fille en la tour enfermée boit trop », du coup, y a risque qu'elle tombât de la haute fenêtre. Quand il apprend ça, le chevalier solitaire, il s'écrie dans la parfonde forest : « Oh oh ! Faut donc que j'y go illico presto ».

  3. Mais si
    « La jeune fille en la tour enfermée boit trop,
    Ça vaut-y le blanquer que j'y go tout de go »,
    se dit le chevalier solitaire en la parfonde forest.

  4. Comme le chevalier solitaire se demandait si ça valait le blanquer d'y go tout de go, rapport à la princesse soûlote, son cheval ne fit aucune remarque, mais vu la tête de fernandel consterné qu'il fit, il n'en pensait certainement pas moins.

  5. Bon alors, dans la parfonde forest, le chevalier solitaire vit passer la dame chevauchant dont la robe se mêlait à l'écorce de telle sorte qu'elle semblait, comme si elle les traversait, glisser entre les arbres.

  6. Tout à coup, le temps se suspendit, et la dame chevauchant dont la robe glissait emmi l'écorce, et le chevalier solitaire en la parfonde forest, et les zoziaux en leur latin, tout fut suspendu. Il neigea de l'Apollinaire.

  7. Le premier vers d'Apollinaire qui tomba entre les branches fut :
    « Les mannequins grimaçaient pour l'éternité »

  8. Pendant ce temps-là, « la jeune fille en la tour enfermée » attrapa à la pince-à-frites un cornet de frites qui passait devant la haute fenêtre car elle était à jeun et qu'elle avait faim. Par contre, elle manqua la mayonnaise qui s'esquiva habilement.

  9. Le chevalier solitaire en la parfonde forest songeait : « Est-ce l'éternité qui fait grimacer les mannequins. C'est vrai que « mannequin » dans « La maison des morts », c'est pas tellement vivant comme boulot, mais si en plus, c'est pour l'éternité...

  10. Le deuxième vers d'Apollinaire qui tomba entre les branches fut :
    « Tous les mots que j'avais à dire se sont changés en étoiles »

  11. Pendant ce temps-là, « La jeune fille en la tour enfermée » prit son luth et se mit à beugler quelques roquénerolleries afin d'effaroucher le dragon ailé qui, tout autour de la tour, commençait à tournoyer en fumant la pipe (ça faisait tousser tant y avait d'fumée).

  12. Le chevalier solitaire en la parfonde forest songeait : est-ce à dire que « tous les mots que j'avais à dire » sont maintenant aussi inaccessibles que « des étoiles » ? Tout était suspendu mais le petit vélo de la caboche continuait tout seul à pédaler joyeusement.

  13. Ensuite, ce fut le Chœur du poème d'Apollinaire « Le larron »; la neige s'intensifiait :
    « Maraudeur étranger malheureux malhabile
    Voleur voleur que ne demandais-tu ces fruits
    Mais puisque tu as faim et que tu es en exil
    Il pleure il est barbare et bon pardonnez-lui »

  14. Pendant ce temps-là, « La jeune fille en la tour enfermée » fit son heure de cornemuse. Dégoûté de tant de bruit lui dégringolant dans les esgourdes, le dragon déguerpit, laissant derrière lui un panache de fumée désapprobatrice (bien qu'au fond, elle s'en foutait).

  15. Le chevalier solitaire en la parfonde forest suspendue ne savait pas pourquoi le poème « Le larron », d'Apollinaire, commence par un quatrain déclamé par un « Chœur ».

  16. Est-ce le drame antique qui fait ainsi irruption et prend possession du poème ?, se disait-il, le chevalier solitaire. Est-ce la musique ? C'est de toute façon le chant. Et ce songeant, il contemplait la dame au cheval parmi les arbres.

  17. Et ce songeant, il contemplait la dame au cheval parmi les arbres qui lui dit soudainement et les lèvres closes : Beau sire, vous saurez ce que j'ai à vous dire au bref suivant parce qu'ici je n'ai pas de place assez.

  18. Le bref suivant : « Le premier quatrain du poète « Le larron » évoque un « voleur », un « étranger », un exilé, un affamé. Ceci expliquant cela, le Chœur - ô Bienveillant - conseille : « Il pleure il est barbare et bon pardonnez-lui », lui dit la dame.

  19. Pendant ce temps-là, « La jeune fille en la tour enfermée » commençait à s'ennuyer à cent sous le député, et décida fatalement de boire une tiote lichette de liqueur de gouleyance (ça passe le temps).

  20. La réponse du « Larron » d'Apollinaire au « Chœur » vint ensuite :
    « Je confesse le vol des fruits doux des fruits mûrs
    Mais ce n'est pas l’exil que je viens simuler
    Et sachez que j'attends de moyennes tortures
    Injustes si je rends tout ce que j'ai volé »

  21. « Mais s'il rend tout ce qu'il a volé, c'est donc qu'il n'a pas tout mangé ». A cette pensée, le temps se dépendit et tous les pendant ce temps-là arrivèrent tout à trac et fracas : la dame chevauchant se prit une lourde branche dans la chetron et tomba d'cheval parmi les troncs ; le chevalier solitaire fut emporté à grand V la vitesse devant la tour oùsque « La jeune fille en la tour enfermée » commençait à pencher périlleusement à la haute fenêtre en gueulant des insanités. Que va-t-il arriver ? Je m'en fous et je vais m'coucher.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 janvier 2022.

24 janvier 2022

NOUS N'AVONS JAMAIS AUSSI BIEN PORTE NOS MASQUES

NOUS N'AVONS JAMAIS AUSSI BIEN PORTE NOS MASQUES

1.
On remarque tous la même chose : autour de nous, des gens tombent malades du covid (je dis bien malades, même s'ils ne sont pas hospitalisés) et pourtant, ils ont leur schéma vaccinal complet. Bizarre quand même.

2.
Je lis çà et là qu'une fois réélu, Macron travaillera à la fin des 35 heures et à rendre les universités payantes. Si cela s'avère exact, je pense qu'une fois encore, cela n'aboutira qu'à diviser le pays. Il ne pourra y arriver sans troubles.

3.
L'un des arguments avancés en faveur du fédéralisme est que l'UE a, en fin de compte, su faire face à la crise covid (notamment au niveau de la BCE). Certes, mais il y a un monde entre coopération et fédération, entre alliances et gouvernance supra-nationale.

4.
Une fois réélu, Macron tentera-t-il d'user encore et abondamment du nudge afin de faire passer ses réformes ? Cette manière sournoise de gouverner, si elle s'avère efficace dans les entreprises, semble pourtant moins probante à l'échelle de la nation.

5.
Macron (l'a-t-il voulu?) se représentera avec l'étiquette de fédéraliste. Réélire Macron, cela signifiera adhérer à une politique qui vise à installer dans l'UE une gouvernance supra-nationale et de plus en plus éloignée de nos intérêts nationaux.

Je crains qu'une politique européenne de salaire minimum, de pacte sur les migrations, d'éducation etc, etc..., empêcherait bien vite les corps intermédiaires nationaux de contester des textes qui seraient votés ailleurs qu'en France.

6.
L'UE peut très bien se constituer en puissance économique (par le libre-échange), en puissance militaire (en s'appuyant sur l'OTAN) et en puissance diplomatique sans pour autant opter pour le fédéralisme et des législations supra-nationales.

Je pense que l'Europe des traités et des alliances reste infiniment plus démocratique et politiquement plus forte qu'une Europe des législations et des compromissions déconnectées des situations nationales.

7.
Dans les débats sur le pass vaccinal, ai entendu un des nombreux médecins invités des plateaux dire qu'il était choquant de voir une minorité d'anti-pass manifester contre la majorité et de citer en exemple à réprouver les zadistes de Notre-Dame-des-Landes.

Bin oui, Monsieur le Docteur, mais s'il n'y avait pas eu de zadistes, il y aurait eu une dispensable artificialisation des terres de plus... Quand une décision est illégitime, c'est l'éthique qui compte, pas l'assentiment des héliotropes.

8.
« Toute action, dont la fin dernière, est le bien et le mal de l'agent, s'appelle égoïste. »
(Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « Le fondement de la morale »).

La politique est donc l'art de gérer les égoïsmes, bien qu'entre les intérêts particuliers et le sommet de l'Etat, une multitude de lois, d'associations, de syndicats, d'obédiences religieuses, de nécessités sociales émoussent cet égoïsme et obligent souvent au double discours.
D'où il découle que la politique est en fait l'art de gérer les doubles discours. Et comme le politique pratique lui-même le double discours, la société apparaît vite comme une succession de vertiges qui mènent inéluctablement à des états critiques.

9.
« Je ne veux pas d'une guerre de religion, je ne veux pas d'une guerre civile, je suis mère de famille, j'ai des enfants, je veux qu'ils vivent dans la sérénité, dans la paix. » Je ne suis pas un électeur de Marine Le Pen, mais on ne peut qu'approuver ces propos responsables.

10.
« Ask me no questions, and I'tell you no lies »
(cité par Schopenhauer dans (Le Fondement de la morale »)

Or, la société de communication forcenée à laquelle la société du spectacle nous force à adhérer est aussi la société des questions, des indiscrétions, et donc des mensonges.
Nous n'avons jamais aussi bien porté nos masques.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 janvier 2022.

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