DE LA PREMIERE VIGNETTE DE CAUCHEMIRAGE
DE LA PREMIERE VIGNETTE DE CAUCHEMIRAGE
Comme c'est « le long des côtes de Floride », qui se situe aux Etats-Unis (hyperpuissance déconcertante et peut-être même démocratie en sursis) et il y a des oranges aussi, parce qu'il me semble bien que j'en ai vu, bu, des fois, des bouteilles de jus d’orange de Floride à la supérette du coin de ma rue où j'achète du thon en boîte et de la mayonnaise en tube, achetant rarement du jus d'orange de Floride parce que c'est quand même cher dis, m'empoisonnant lentement, à la manière des vaches du poème « Les Colchiques », d'Apollinaire, avalant (je ne dirai pas « bouffant » car ce n'est pas respectueux pour ceux qui ont faim et il se trouve qu'il y en a qui ont faim, de plus en plus même) et moi avalant de ces produits industriels qui font la fortune des marchands de soupe qui soutiennent le président Macron, lequel semble arrogant et imbu de sa personne bien que bien plus intelligent que Donald Trump (crétin notoire et étoilé) et moins meurtrier assassin que Poutine (le parrain de la mafia étatique qui s'est emparée de la Russie), il y a aussi une « longue chaîne d'îles et de corail », cela s'appelle les « Keys », et je me souviens d'avoir entendu parler de « Key Largo » (était-ce dans une chanson des Bee Gees ?) et sans doute qu'il y a des palmiers, des oiseaux, - je ne sais pas si ce sont des mouettes car je ne sais pas s'il y a des mouettes sur les côtes de Floride parce que je ne suis jamais allé en Floride et que dans cette première vignette de l'album, les oiseaux sont blancs avec des becs noirs et noir aussi le bout des ailes - et la mer bleue, sable, piscines et villas, et c'est la première vignette d'une aventure de Natacha, hôtesse de l'air, personnage d'une série d'aventures en bandes dessinées que j'aime bien parce que c'est bien fait, amusant, original et qu'en plus, elle est mignonne, la Natacha de François Walthéry, et comme Mittéï et Mythic ont œuvré aussi à cette histoire qui débute en Floride, l'album est intitulé « Cauchemirage » (bizarre titre - est-ce un mot-valise comme « potimarron », « pourriel », ou « stagflation » ?) et a été publié en 1989, l'année de la chute du Mur de Berlin, qu'on y a cru, nos pommes naïves, que, débarrassé de la menace soviétique, le monde serait désormais plus riche et plus heureux qu'en septembre 2026, on se demande si on n'est pas au bord du gouffre, la veille d'une troisième guerre mondiale.
Cette nuit, j'ai rêvé de tarte à la rhubarbe et de serpents. Les serpents, je sais pourquoi. La tarte à la rhubarbe, je ne sais pas.
Patrice Houzeau
Malo, le 21 septembre 2026.