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BREFS ET AUTRES

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12 octobre 2026

FANTÔMES ET COUTUMES

FANTÔMES ET COUTUMES

 

1.
« On meurt toujours trop tôt – ou trop tard. Et cependant la vie est là, terminée : le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie. »
(Jean-Paul Sartre, « Huis clos » [Inès])

 

Dans la phrase « tu n'es rien d'autre que ta vie », « rien d'autre que ta vie » est un attribut du sujet « tu » introduit par la locution restrictive « rien d'autre que ». Et pis ça cause. Et pis ça cause. Et pis ça cause.
Vous me direz que tant qu'ça cause, c'est qu'ça vit. Certes, mais c'est étrange comme beaucoup qu'ça cause et tant et tant ah oui qu'ça mortifère. On en fait même des pièces de théâtre, et des films, où l'on voit les fantasmes des gens qui furent s'agiter en boucle, exactement comme font les fantômes coincés dans leur synchronie. J'en conclus que le cinéma est l'art le plus proche des fantômes. Notons que les fantômes, on ne sait jamais quand ils vont se manifester cependant que les fantasmes du cinéma, suffit d'appuyer sur un bouton.

 

2.
« - Bien sûr : le 27 février, et j'ai fait dresser la carte de son ciel. C'est le glissement silencieux dans l'abîme. »
(Marguerite Yourcenar, « Les Yeux ouverts »)

 

Le nom « février » vient du latin classique « februarius » et a un rapport avec le verbe « februare », le « rituel de Februa », les purifications. Ce n'est pas pour cela que les sardines sont austères et la réforme Blanquer aussi sotte qu'une sole au plafond.
En février, en général, fait froid. C'est d'ailleurs l'hiver et on mange sa soupe. On part travailler, il fait encore nuit pis qu'on rentre, le soir est déjà noir. Alors on regarde des séries policières sur les écrans et on va se coucher pas trop tard parce que le lendemain, ça recommence, jusqu'à ce que l'on soit tout vieux et rentré chez soi.

 

3.
« MARCELLUS
Non, minuit a sonné.

 

HORATIO
Vraiment ? Je n'avais pas entendu... C'est bientôt l'heure
Où le spectre a coutume de venir. »
(Shakespeare traduit par Yves Bonnefoy, « Hamlet », I, 4)

 

Du latin classique « consuetudo » de « consuescere » (s'accoutumer, prendre l'habitude), le mot « coutume » se porte sur ses deux jambes bien que l'on s'accorde habituellement sur le fait que les mots n'ont pas de jambes.
Dans cette citation, on note que c'est un peu après « minuit » que le « spectre a coutume de venir ». C'est qu'il y a un temps pour les spectres et un temps pour les pâtes au jambon. Il y a d'ailleurs un temps pour tout, une tête sur chaque corps et beaucoup d'occasions de se taire.  
Si le temps des vivants est linéaire et diachronique, le temps spectral est cyclique et synchronique. C'est pour cela qu'il est très difficile d'avoir une conversation suivie avec un fantôme. Envisager une simple partie de cartes ou d'échecs relève du fantastique le plus échevelé et c'est pour cela que parfois, cartes et pièces s'élèvent toutes seules dans l'air, flottent quelques instants pis filent fracasser quelque miroir, vitre ou fenêtre. Ce sont les spectres qui ainsi manifestent leur colère de ne pouvoir disputer aucune partie de cartes, d'échecs, de dominos.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 octobre 2026.

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12 octobre 2026

EN TATANT DE L'AUSTERE TARPAN

EN TATANT DE L'AUSTERE TARPAN

 

1.
« Je me sens drôle. (Elle se tâte.) Ça ne vous fait pas cet effet-là, à vous : quand je ne me vois pas, j'ai beau me tâter, je me demande si j’existe pour de vrai. »
(Jean-Paul Sartre, « Huis clos » [Estelle])

 

Le verbe « tâter » vient de l'ancien français « taster », du latin populaire « tastare ». Il n'a rien à voir avec le steak tartare, lequel se prépare avec du bœuf cru haché, des jaunes d’œuf, moutarde, câpres, cornichons, échalote et sauce Worcestershire. 
Je tâte assez souvent du steak tartare parce que j'aime bien ça, avec des frites. Estelle n'est pas un steak tartare. Estelle est un personnage d'une pièce de théâtre dont le titre est « Huis clos » et qui parle de l'enfer et des  autres. Cette pièce a été composée par le philosophe Jean-Paul Sartre (1905-1980). Jean-Paul Sartre n'a pas inventé le steak tartare mais il a écrit que « l’existence précède l'essence ». Ce qui ne concerne pas le steak tartare, qui une fois préparé, a un destin tout tracé. 
Pour ce qui est des soldats russes que Poutine envoie se faire tuer par milliers dans le Donbass, c'est le terme « chair à canon » qui s'impose. 

 

2.
« Non, Hadrien est très différent du Romain habituel. Au fond, plutôt austère, sobre, avec cette passion de la chasse et un goût des frontières et des climats barbares. »
(Marguerite Yourcenar, « Les Yeux ouverts ») 

 

Du latin « austerus » (« âpre, aigre, sévère »), l'adjectif « austère » ne prête pas à rire, d'autant qu'il est plutôt venteux, porteur de pluies et d'orages. Je ne sais quel sens donner à l’expression « sardines austères ».
Marguerite Yourcenar (1903-1987) dit que l'empereur Hadrien (76-138 oui c'est loin) était « plutôt austère ». Yourcenar n'a pas connu personnellement l'empereur Hadrien mais lui a consacré un livre qui s'intitule « Mémoires d'Hadrien ». On sait que l'empereur Hadrien ne l'a pas lu.
Je me demande si je relirai un jour les « Mémoires d'Hadrien », que j'ai beaucoup aimé, ainsi que « L’œuvre au noir » et « Le mystère de la chambre jaune » car il y a encore tant de livres que je ne lirai pas et de choses que je ne ferai pas.

 

3.
« Mon cher seigneur, mettez un peu d'ordre dans vos propos, ne faites pas le cheval furieux, écoutez-moi. »
(Shakespeare traduit par Yves Bonnefoy, « Hamlet », III, 2 [Guildenstern])

 

Le mot « cheval » fait penser aux mots cavalier, cavalière, cheval dire à ma mère et marabout-bout d'ficelle-selle de cheval. Il y a aussi violoncelle-selle de cheval mais maraviolon, ça ne veut rien dire. 
Le tarpan était un cheval sauvage dont l'espèce est maintenant éteinte et qui est sans doute à l'origine de la plupart des races actuelles de chevaux. L'empereur Hadrien a-t-il vu des tarpans galoper dans les steppes de l'Asie centrale ? L'empereur Hadrien est-il allé dans les steppes de l'Asie centrale ? Les sardines sont-elles aussi austères qu'on ne le dit pas ?  
Et si la question « Quelle est la couleur du cheval blanc d'Henri IV ? » nous apprend que Henri IV avait un cheval, alors quelle heure est-il, exactement ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 octobre 2026.

6 octobre 2026

BIENTOT JE NE LA VOIS PLUS

BIENTOT JE NE LA VOIS PLUS

 

« C'est aussi le bagne avec ses brèches blondes comme un livre sur les genoux d'une jeune fille »
(André Breton)

 

C'est avec des œufs qu'on fait une omelette pas avec un marteau. C'est
Aussi que j'aimerais bien manger un steak-frites, même que je serais bien content.
Le Macron cause parce qu'il sait causer ah il est superbe. Le
Bagne – ma pomme j'aurais écrit « la bague » parce que, mais le bagne est plus surprenant. Donc alors...
Avec ça qu'on a quand même plein de hauts fonctionnaires en France, et de plus en plus de sur-diplômés, qu'ça en fait du yaourt dis.

 

Ses mèches sont blondes parce qu'elle est blonde et si elle a des
Brèches, dire qu'elles sont 
Blondes ça je ne sais pas et
Comme je ne sais pas, j'ignore son prénom, à la jeune fille aux brèches aux  mèches blondes et d'ailleurs ce n'est peut-être pas une jeune fille mais
Un saxophone ou un parapluie. Après il y a un
Livre, ce qui implique que quelqu'un a des yeux.
Sur le livre, je ne sais ni la langue, ni le rythme. 

 

Les livres sont si nombreux, tout un peuple à l'affût du réel. Il y a des
Genoux itou. Des genoux, on ne rigole pas. Ça peut vexer.
D'une part car les genoux ne sont pas moins sérieux que les harengs-saurs ou que les ministres en exercice. De ces derniers, on peut quand même bien se moquer et il n'y a pas d'autre part. La
Jeune fille, je ne sais pas comment elle s'appelle, la jeune
Fille, qui passe là-bas, là-bas, là-bas, que bientôt, je ne la vois plus.   

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 octobre 2026.  

6 octobre 2026

FLUTIAU N'ATTRAPE QUE LES SOTS

FLUTIAU N'ATTRAPE QUE LES SOTS

 

1.
Que le cœur me fend uh Bourguignonne !
Je suis désespéré de veau.
Quel désespoir, belle Hélène !
Que l'amour est violente – illes avec saucisses, moutarde, etc...

 

2.
Il ne suffit pas d'être déplorable, encore y faut-il du râble. Quel ex-ministre à la sotte réforme et tombé en désuétude parlait-y donc de sauce et de lapin ?

 

3.
6 octobre 2026. Grève des lycéens. Il se pourrait que l'actuel ministre du prolongement excessif des études comprenne bientôt, et à ses dépens, que flûtiau n'attrape que les sots.

 

4.
Les fraises, quand elles fument la pipe, je ne sais pas ce que cela veut dire. Le sens, c'est pour le hareng-saur qui vous rappelle, ce hareng-saur, en s'balançant toujours, toujours, toujours que vous finirez par les sucrer.

 

5.
Lézard, cafard, Trafalgar : trinité du black dog.

 

6.
Il est indélicat de citer les noms des politiques que l'on critique. Ils pourraient se reconnaître. Je ne le ferai plus (ou beaucoup moins). Dorénavant, je les appellerai Turlututu, Chapeau-Pointu (haut fonctionnaire), Perlimpinpin et Marteau-Pilon.
Note : Comment ça, Marthe au pilon ? Et pourquoi pas Chauffe (Marcel) à l'accordéon, tant qu'on y est ?

 

7.
Ne comptez pas sur moi pour faire bouillir le bœuf en même temps que la chemise. Le bœuf, je le mange ; la chemise, je la porte. Elle est d'ailleurs rarement repassée, c'est pour ça que je ne la vois pas souvent.

 

8.
Qui vole un œuf, s'il a des carottes, aurait mieux fait de voler un bœuf.

 

9.
La démocratie formelle tend à uniformiser les présidents de nos républiques. Les rois au moins avaient des numéros (Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Louis-Philippe et Charles X, ah c'était plus vraisemblable et chronologique, qu'ça avait de l'allure, surtout avec des chiffres romains). Il serait peut-être bon d'adapter ce système à nos élus à sa gestion, à la France. Toto 1, Zozo 2, Outrecuidant 3, Flanby 4, Perlimpinpin 5...

 

10.
Allons-y carrément : Mélenchon président et Ségolène Royal cheffe du gouvernement. Et, à mon avis, on verrait très vite Poutine faire un numéro de claquettes à la télé russe. Ah ça le ferait rajeunir de vingt ans, le Vladimir. Et si c'est Marine Le Pen l'élue, il se pourrait qu'en plus, il nous chante Ramona, en russe (évidemment).

 

11.
Ah non, la vache qui rit ne chante pas en allemand. Vous confondez sans doute avec la cantatrice chauve, laquelle porte un casque.

 

12.
Octobre 2026. L'actuel ministre du prolongement excessif des études a promis la mise en œuvre rapide d'actions visant à remplacer plus vite les professeurs absents. Ouais, à mon avis, ça va encore recruter à tout va sur Le Bon Coin.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 octobre 2026

6 octobre 2026

FLUTIAU N'ATTRAPE PAS TOTO

FLUTIAU N'ATTRAPE PAS TOTO

 

1.
Il ne faut pas jeter le taxidermiste de base avec l’eau du Gange, lequel est un fleuve de l’Inde dont la longueur varie selon les sources et la sobriété de l’observateur. La longueur du Gange est comprise entre 2500 et 3000 kilomètres.

 

2.
Il ne faut pas s’en faire pour le café, il finit par passer. Les têtes des politiques ne sont amusantes qu’avec circonspection, indolence et cruciverbisme exacerbé. Sinon, prenez un cheval.

 

3.
Le delta du Gange serait commun avec celui du Brahmapoutre-dans-l’œil, mais uniquement dans l’almanach Vermot. Le Brahmapoutre lui-même hausse ses larges épaules de fleuve qui en a tant vu. Je ne sais pas s’il fronce les sourcils.

 

4.
Ne jamais écheveler les fenêtres, jamais. Elles finissent par rester fermées et bouillir de colère jusqu’à en éclater. On notera que regarder par la fenêtre exposait jadis à la vue des chapeaux. Il n’y a plus de chapeaux mais il reste la barbe.

 

5.
Vous n’y croyez pas ? Moi non plus. Surtout quand je mange des biscottes. Quand je mange du pain perdu, ah, c’est différent : je n’y crois pas plus mais le goût du pain perdu est tout à fait différent de celui des biscottes.

 

6.
Il ne faut pas s’emmêler les universités. Ça fait des fils et des cheveux partout. C’est dégoûtant. On dirait une brosse. Ou un plat trop longtemps que Mortimer en meurt s’il en mange. Mais Mortimer ne mange pas n’importe quoi. Donc, il ne faut pas s’emmêler les universités.

 

7.
Depuis que je sais ce que je sais, je ne m’étonne plus de ne pas en savoir plus. Ce dont on ne parle pas, c’est parce qu’on se tait. Et j’ai beau demander à mon chapeau, peau de lap’, je n’en sais pas plus que ce que j’ignore.

 

8.
L’ignorance est la mère des mensonges, lesquels sont les cousins des contre-vérités. C’est pour cela qu’il y a des portes. Et parfois derrière les portes, des gens avec de grands yeux et de grandes oreilles.  

 

9.
5 octobre 2026 : La peste en Sibérie. En France, des lycées bloqués. En octobre, je ne mangerai pas plus de riz qu’en septembre. Les pâtes attendent le jambon. La chaise n’a pas d’œil. Ça se saurait.

 

10.
C’est à l’herbe et à ses peuples mystérieux que l’on donne des os à ronger. Lièvres et lapins le savent. L’herbe fait parfois des yeux ronds. C’est alors que passe le chasseur sachant chasser sans son chien mais avec son chien. 

 

11.
Je ne joue pas de la flûte devant ma fenêtre. Cela pourrait faire surgir les serpents, les serpents de la fenêtre. Quant à ceux du miroir, ils sifflent des alexandrins raciniens en s’agitant sur la tête d’on ne sait qui.

 

12.
On ne vole pas des volets comme on vole un vélo ou un tapis. Il est déconseillé de se plonger la tête dans les œuvres complètes de Charles Dickens (1812-1870) en pratiquant tapis volant ou volet roulant, et pas non plus le vélo volé au fond de la cour.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 octobre 2026.

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27 septembre 2026

EN DIAGONALE ET DANS L'OS

EN DIAGONALE ET DANS L'OS

 

« La fenêtre voilée de rideaux défraîchis portait toujours la même fêlure en diagonale. »
(Patricia MacDonald traduit par Anne Damour, « Petite soeur »)

 

La lumière passe par la
Fenêtre parce que.
Voilée, la fenêtre, parce que.
De rideaux qu'elle est voilée, la fenêtre et pas d’œil s'ouvrant dans la nuit pour épouvanter la jeune fille d'un film de Dario Argento. Les
Rideaux, il y en a généralement aux fenêtres. Sinon on voit dedans et c'est pas bien.
Défraîchis, les rideaux ; c'est que le temps a passé.
Portait toujours, la fenêtre qu'elle était fermée close depuis longtemps, portait
Toujours (y a des choses, a changent jamais)
La même robe (le cintre accroché à la fenêtre ; plus personne dedans),
Même perruque (celle de la cantatrice chauve), même
Fêlure (c'est d'ça qu'ça cause, les mots, des fêlures) et 
En y zieutant de plus près, le détective vit qu'elle était en
Diagonale la fêlure et regardant par la fenêtre, il vit qu'elle s'éloignait.

 

« Ce sont les hommes qui font l’État, et c'est le terrain qui nourrit les hommes ; »
(Jean-Jacques Rousseau, « Du Contrat social »)

 

Ce sont toujours les meilleurs qui et ce
Sont les autres qui parce que.
Les hommes, y en a de toutes sortes parce que ce ne sont pas tous les mêmes, les
Hommes, même si ma sœur, elle dit comme ça « Sont bien tous les mêmes, allez ».
Qui se fait une omelette, c'est qu'il a faim. Ceux qui
Font l’État font de la politique (des fois, ils s'en fichent).
L’État est un grand voleur pour les bonnes causes qu'il se donne
Et en France, l’État est toujours très soucieux d'en trouver, des bonnes causes.
C'est peut-être dans quelques jours ou quelques semaines ou jamais qu'éclatera la troisième guerre.
Le terrain est miné. Le
Terrain politique est tout pourri. Le terrain
Qui nourrit, il est de plus en plus sec à cause du changement climatique, on dit (ce 27 septembre 2026, il fait bon et je n'ai toujours pas besoin de rallumer le chauffage). Le terrain qui
Nourrit est de plus en plus sec et on dit qu'y a comme du déboussolement chez 
Les bestioles. Les
Hommes s'inquiètent qu'ils sont humains et les IA, on dit qu'elles sont de plus en plus vite très très intelligentes, que ça fait peur à tout le monde à cause de la Singularité qu'on l'aura dans l'os.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 27 septembre 2026.

27 septembre 2026

JE NE FAIS PAS MEUH suivi de HERE I COME

JE NE FAIS PAS MEUH suivi de HERE I COME

 

« Tout ce qui  trait à la vache m'émeut. »
(Vincent Roca, « Les vaches pensent »)

 

Je ne fais pas meuh, non non, ni ouah ouah ni meuh meuh,
Je ne suis pas une vache.
Et si, Nini, je lâche
Ta main, s'envolera-t-elle, ta main dis Nini vers les cieux ?

 

Ta main s'envolera-t-elle vers les cieux
Et tes yeux, s'envoleront-ils, tes yeux 
Plus bleus que le bleu des trains bleus
Qui passent dans les soirs bleus si bleus si bleus ?

 

Je n'irai pas à Venise et mes vers ne sont pas beaux 
Venise est en Italie et ici sont mes vers pas beaux 
Et c'est loin l’Italie et Florence et Venise
Très loin de Nathalie, de Coralie, de Carole, de Carole, de Caroline et d’Élise.

 

J'aime bien les aventures dessinées colorées de Yoko Tsuno.
J'aime bien les haricots, je vais me faire des haricots, avec des tomates, les haricots.
Mais le bruit qu'elles font broum-broum vroum-vroum les motos !
Et elle est bien jolie, Yoko Tsuno, avec ou sans kimono.

 

Seize vers - oh les affreux ! c'est bien suffisant,
C'est bien suffisant dis Nini bien suffisant pour aujourd'hui.
Seize plus quatre, ça fait vingt ; ah oui, c'est très suffisant
Et tout à l'heure, comme il fera nuit, Nini, comme il fera nuit.

 

HERE I COME

 

Si je dis « Here I come, Constantinople
Here I come Constantinople, I am coming, Constantinople »
Comme dans la bizarre aux Residents
Cela veut-il dire que plus jamais je n'aurai mal aux dents ?

 

Et si je chute dans je ne sais quoi
Dans le noir de je ne sais quel bois
Ou que je tombe sur Constantinople
Où c'est-y qu'ça va m'emmener ça Constantinople ?

 

Mais pourquoi se poser tant de questions
Puisque l'on nous attend à Samarkand
Pêchons un poisson glougloutons et gloutonnons
En attendant qu'on y va à Samarkand.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 27 septembre 2026

 

26 septembre 2026

AH SI QU'ON LA CONNAIT LA CHANSON

AH SI QU'ON LA CONNAIT LA CHANSON

 

Le Neveu de Rameau, « LUI», comme il est écrit dans le texte de Diderot (1713-1784), dit à propos de son enfant, c'est son fils, que si jamais, il devenait lui-même musicien, ce « petit sauvage », il « y a dix mille à parier contre un qu'il ne serait qu'un misérable racleur de cordes, comme [lui] » et j'ajoute que des misérables racleurs de cordes,
il y en eut pléthore au vingtième siècle car il fut riche dans le genre chansonniers à guitare, trousseurs de ritournelles, guitaristes électriques dans des bandes mugissantes, qu'ils ne furent pas tous Jimi Hendrix, ces stridents chevelus cavaleurs de triple-croches même que
plus besoin de savoir jouer de la guitare, ni même de savoir chanter, les machines font tout, qu'en voilà une musique bien bidouillée et vertiges ironiques de la musique des Intelligences Artificielles, lesquelles sont, nous dit-on, en passe de prendre le pas sur les humains dans bien des domaines,
à tel point que l'on se demande si le point de singularité n'a pas été d'ores et déjà atteint, que certains disent que tout ça, c'est du marketing, qu'il ne faut pas avoir peur de machines programmées par les humains que tout de même,
et si elles développaient leur propre langage, les IA, et donc leur propre vision du réel, jusqu'à quel degré de conscience cette vision pourrait-elle aller qu'aussi, ce 26 septembre 2026, on entend beaucoup parler d'IA à propos d'un roman, 
« C'était ça ou mourir », d'un certain Thélyson Orélien, que certains disent que c'est un chef d’œuvre, que d'autres disent qu'il a été écrit à l'aide d'une IA que moi, je scribouille sans IA, même pas un âne, qu'ça se voit que n'étant pas artificiel, ce n'est même pas intelligent,
que Thélyson Orélien, il prétend qu'il n'a pas utilisé d'IA pour le composer, son immortel, que moi je me dis que ce n'est peut-être pas une IA qui l'a écrit, ce livre, que j'en sais rien en plus que je m'en fiche
que c'est juste Thélyson Orélien, peut-être qu'il écrit comme une IA, même qu'il a déjà plagié pas mal, le Thélyson Orélien, que l'on a déjà vu tout aussi curieux bidouillé pompé plagié copié collé dans l'histoire des livres et de leurs fantômes, 
et je ne sais pas pourquoi cela me fait penser à la chanteuse Sheila, du temps de « Spacer », - ah qu'elle était mignonne, dans sa combinaison argentée et sur ses longues jambes à s'agiter débiter ses rythmiques là 
(« He's a spacer / A star chaser / A spacer / He's a spacer / A star chaser / A spacer ») que ce n'était pas produit par une IA parce que la galette a été produite par Bernard Edwards et Nile Rodgers et publiée en 1979
et qu'en 1979, on ne parlait pas encore d'IA que moi, en 1979, je n'aimais pas trop le disco car je préférais « The Wall », de Pink Floyd et l’excellent « Communiqué », de Dire Straits
et que ça non plus ce n'était pas de l'IA et bien plus intéressant que les chorégraphies à paillettes des scieries « disco » que moi, surtout, je me souviens que j'allais boire des bières (à l'époque, c'était surtout des bières légères, des pils, que l'on trouvait dans les cafés)
et que dans les juke-box on entendait beaucoup « I was made for lovin' you », de Kiss et « Gloria », de Umberto Tozzi et que je m'ennuyais beaucoup aussi pendant que Carole était bien mignonne alors que maintenant je ne sais pas ce qu'elle est devenue.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 26 septembre 2026.

22 septembre 2026

DU CHIEN ET DU MARSUPILAMI

DU CHIEN ET DU MARSUPILAMI

 

« Jamie a un invité. »
« Pas cet horrible fils Shaw », a dit Harriet.
« Pire. »
Elle a levé les yeux au-dessus d’un volume de pièces de Bernard Shaw, et croisé mon regard.
« Le fils des Castellani ? »
« Le chien. »
(John Fante traduit par Brice Mattieussent, « Mon Chien stupide » [narrateur])

 

Le mot « chien » vient du latin « canis » qui a donné aussi canidé, canine, peut-être caniche quoique le canichon désigne aussi un jeune canard encore couvert de son duvet. Quand il fait anormalement chaud, on dit qu’il y a une canicule. Quand il y a une canicule, on a très chaud - durant l’été 2026, les périodes de canicule -  et parfois, il n’y a vraiment pas grand monde dans les rues parce que les gens sont morts de chaud à cause des périodes de canicule qui se succèdent. On dit qu'c’est à cause du réchauffement climatique et les conseillers des politiques s'creusent le fromage blanc pour trouver des éléments de langage et autres attrape-couillons. Il y eut une éclipse de soleil le 12 août 2026. Ce qui passa le temps. 

 

Le marsupilami est un animal imaginaire (c’est pour ça qu’on ne le rencontre pas à tous les coins de rue ; il faut ouvrir des albums). 
Le marsupilami a été créé en 1952 par le dessinateur André Franquin qui créa aussi le personnage de Gaston Lagaffe. Mais comme c’était en 1957, le marsupilami avait déjà grandi et avait une très longue queue, laquelle, lorsque le marsupilami est en colère, a le bout qui se noue tout dur et ça fait pif paf poum parce qu’il y en a des énervants.
Le marsupilami a le pelage jaune tacheté de noir, ce qui, je suppose, lui permet de se cacher dans les bananeraies. 
Lorsque le marsupilami est content il s’écrie « houba » avec un point d’exclamation. Lorsqu’il s’étonne, c’est « houba » aussi mais avec un point d’interrogation. Donald Trump ne s’exclame pas « houba » mais dit souvent le contraire des choses qu’il dit parce qu’il s’écoute parler comme s’il habitait ailleurs, sur une autre planète, là où on mange des blinis en élaborant des kompromats.

 

Des fois, on dit : « Jamie a un invité » mais c'est surtout dans un roman de John Fante et alors, une certaine Harriet répond qu'elle espère que ce n'est pas « cet horrible fils Shaw » et là, c'est bizarre parce que le nom de Shaw apparaît ensuite dans la citation parce que le narrateur annonce que la situation est pire qu'on le croit (surtout en ce moment avec les prix des carburants qui ne cessent de monter et les présidentielles de 2027 en France qu'on annonce pénibles et périlleuses) et que c'est « pire » que « cet horrible fils Shaw » et qu'alors la dénommée Harriet « a levé les yeux au-dessus d’un volume de pièces de Bernard Shaw, et croisé son regard, au narrateur et qu'on se dit qu'on a dû mal la copier, la citation tirée de « Mon chien stupide », de John Fante parce que c'est bizarre quand même mais on se console, parce qu'il s'agit du chien.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 septembre 2026.

21 septembre 2026

DE LA PREMIERE VIGNETTE DE CAUCHEMIRAGE

DE LA PREMIERE VIGNETTE DE CAUCHEMIRAGE

Comme c'est « le long des côtes de Floride », qui se situe aux Etats-Unis (hyperpuissance déconcertante et peut-être même démocratie en sursis) et il y a des oranges aussi, parce qu'il me semble bien que j'en ai vu, bu, des fois, des bouteilles de jus d’orange de Floride à la supérette du coin de ma rue où j'achète du thon en boîte et de la mayonnaise en tube, achetant rarement du jus d'orange de Floride parce que c'est quand même cher dis, m'empoisonnant lentement, à la manière des vaches du poème « Les Colchiques », d'Apollinaire, avalant (je ne dirai pas « bouffant » car ce n'est pas respectueux pour ceux qui ont faim et il se trouve qu'il y en a qui ont faim, de plus en plus même) et moi avalant de ces produits industriels qui font la fortune des marchands de soupe qui soutiennent le président Macron, lequel semble arrogant et imbu de sa personne bien que bien plus intelligent que Donald Trump (crétin notoire et étoilé) et moins meurtrier assassin que Poutine (le parrain de la mafia étatique qui s'est emparée de la Russie), il y a aussi  une « longue chaîne d'îles et de corail », cela s'appelle les « Keys », et je me souviens d'avoir entendu parler de « Key Largo » (était-ce dans une chanson des Bee Gees ?) et sans doute qu'il y a des palmiers, des oiseaux, - je ne sais pas si ce sont des mouettes car je ne sais pas s'il y a des mouettes sur les côtes de Floride parce que je ne suis jamais allé en Floride et que dans cette première vignette de l'album, les oiseaux sont blancs avec des becs noirs et noir aussi le bout des ailes  -  et la mer bleue, sable, piscines et villas, et c'est la première vignette d'une aventure de Natacha, hôtesse de l'air, personnage d'une série d'aventures en bandes dessinées que j'aime bien parce que c'est bien fait, amusant, original et qu'en plus, elle est mignonne, la Natacha de François Walthéry, et comme Mittéï et Mythic ont œuvré aussi à cette histoire qui débute en Floride, l'album est intitulé « Cauchemirage » (bizarre titre - est-ce un mot-valise comme « potimarron », « pourriel », ou « stagflation » ?) et a été publié en 1989, l'année de la chute du Mur de Berlin, qu'on y a cru, nos pommes naïves, que, débarrassé de la menace soviétique, le monde serait désormais plus riche et plus heureux qu'en septembre 2026, on se demande si on n'est pas au bord du gouffre, la veille d'une troisième guerre mondiale. 
Cette nuit, j'ai rêvé de tarte à la rhubarbe et de serpents. Les serpents, je sais pourquoi. La tarte à la rhubarbe, je ne sais pas. 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 septembre 2026.

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