L'HUMAIN EST L'ANIMAL QUI SE REVE HUMAIN
L'HUMAIN EST L'ANIMAL QUI SE REVE HUMAIN
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« Il consacra treize ans à ces efforts hétérogènes, mais la main d'un étranger l'assassina et son roman était insensé et personne ne trouva le labyrinthe. »
(Borges, « Le jardin aux sentiers qui bifurquent »)
Le labyrinthe étant introuvable, le roman n'en eut pas plus de sens.
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« Ma particularité, ainsi que celle des autres, n'est absolument un droit que si je suis un être libre. »
(Hegel traduit par André Kaan, « Principes de la philosophie du droit »)
La liberté n'ayant d’existence que si elle est conditionnée, c'est par la reconnaissance de la liberté du particulier par l'Etat qu'elle peut réellement s’exercer.
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La Chine utilise le capitalisme comme un moyen d'arriver à une fin, laquelle est la pérennisation ad æternam du pouvoir sans partage du parti communiste chinois. La liberté en Chine n'est qu'un chausse-trappe.
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« Hé quoi ? Cela ne revient-il pas à dire, en termes vulgaires : « Dieu est réfuté, le diable non ? » - Au contraire, amis, au contraire. Et qui diable vous oblige à parler en termes vulgaires ? »
(Nietzsche traduit par Geneviève Bianquis, « Par-delà le bien et le mal »)
On doute des causes et des motivations du Bien cependant que l'on accorde au Mal la toute-puissance des empires.
C'est ainsi que, par inversion maligne, on conteste à Volodymyr Zelensky et aux Ukrainiens le droit de se battre pour la souveraineté de leur pays cependant que l'on pare Poutine de vertus quasi messianiques.
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« Cette « bête féroce » n'a pas été abattue, loin de là, elle vit, elle prospère, elle s'est seulement divinisée. »
(Nietzsche, « Par delà le bien et le mal »)
De la théocratie en Amérique. Et ailleurs, et redoutable, et mortifère.
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« Mais la fortune du roi change lorsqu'il prétend conquérir des régions de l'Autre Monde. »
(Jean-Pierre Foucher, préface aux « Romans de la Table Ronde », de Chrétien de Troyes).
On ne s'attaque pas impunément à l'invisible. Tant que les forces de l'attaquant sont visibles, il ne peut espérer vaincre qu'un aussi visible que lui. L'invisible tue à coup sûr.
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« … des hommes qui n'étaient pas assez nobles pour discerner les degrés vertigineux et les abîmes qui séparent l'homme de l'homme... »
(Nietzsche, « Par-delà le bien et le mal »)
La lucidité serait-elle une noblesse ?
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« Les romans arthuriens de Chrétien de Troyes représentent un moment de la tentative dont l'histoire est toute l'histoire de l'homme. »
(Jean-Pierre Foucher, Préface aux « Romans de la Table Ronde »)
C'est peut-être parce que l'humain tend à s'échapper du déterminisme de son histoire, de sa généalogie, que l'humanité se définit par sa tentative.
Et quand il prétend s'inscrire dans cette généalogie qui serait son histoire, il s'enferme dans une synchronie qui le mène à des impasses, comme on le voit avec la sale guerre de Poutine en Ukraine menée au nom d'une Grande Russie révolue.
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« On embauche les flammes pour la destruction des édifices. On embauche la bassesse humaine pour la destruction des fiertés. On embauche la bêtise et la veulerie dans un immense et composite outil. »
(Henri Michaux, « la marche dans le tunnel »)
La guerre est un utilitarisme. Elle « embauche ». Elle fabrique « le temps des assassins ». La guerre est une industrie.
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« Il comprit que l'entreprise de modeler la matière incohérente et vertigineuse dont se composent les rêves est la plus ardue à laquelle puisse s'attaquer un homme »
(Borges, « Les ruines circulaires »)
C'est cependant en vertu de sa faculté des songes que l'humain agit, produit, innove sans cesse. L'humain est l'animal qui se rêve humain.
Patrice Houzeau
Malo, le 22 octobre 2022.