THE MAN ON THE MOON
THE MAN ON THE MOON
1. J'entends ce matin (12 mai 2020) sur France Info que Jean-Michel Blanquer est un homme de convictions. Je n'en doute pas. Il en est d'autant plus dangereux. Il croit tellement en sa réforme qu'il s'aveugle lui-même sur les difficultés d'application et la résistance qu'il rencontre à tous les échelons.
2. L'éducation nationale, réforme après réforme, a tellement été dénaturée qu'il lui faut maintenant un ministre pragmatique, un négociateur, et non pas un visionnaire, qui tente de préparer dans les classes une société de je ne sais quelle bienveillance.
3. Ce que les parents attendent de l'école, c'est qu'elle forme leurs enfants à un métier. L'apprentissage de la citoyenneté et les illusions de la bienveillance ne forment ni plombier, ni avocat. Et bien sûr, tout le monde d'adopter un discours auxquels bien peu croient : d'où le succès de Marine le Pen.
4. Des formations courtes qui permettraient au plus grand nombre d'accéder rapidement à un métier feraient plus contre les extrémismes que cette longue patience dans laquelle l'Etat plonge des élèves de plus en plus perplexes devant ce qu'on attend d'eux.
5. Je ne sais pas si Blanquer se rend compte des difficultés d'organisation que pose le maintien des cours en cette fin d'année covido-scolaire : on n'est plus dans le pédagogique, on nage en pleine programmation du lancement d'une fusée vers Saturne.
6. « The Man On The Moon », voilà à quoi je pense quand je songe aux bonds et rebonds d'une pédagogie hors-sol, planant dans les sphères de la bienveillance et la galaxie des formations post-bac cependant que sur terre, en France, on ne trouve plus d'ouvriers agricoles.
7. Ce n'est pas la bienveillance qu'il faut enseigner aux élèves, c'est la dureté des temps.
8. Malheureux l'étudiant dont les parents se saignent aux quatre veines pour le soutenir dans des formations post-bac qui forment à des métiers qui n'existent pas.
Patrice Houzeau
Les Confins, le 12 mai 2020.