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24 juillet 2020

CHRONIQUE DU 24 JUILLET II

CHRONIQUE DU 24 JUILLET II

 

 

  1. « Le sujet qui n'est pas en rébellion doit pouvoir admettre que son souverain ne veut pas lui faire d'injustice. »
    (Kant traduit par Guillermit, « Théorie et pratique »)

  2. Que, comme l'écrit Kant, « le sujet doit pouvoir admettre que son souverain ne veut pas lui faire d'injustice » suppose une confiance dans le jugement du souverain dont, en dehors des recours judiciaires, seule la liberté d'expression peut débattre.

  3. Concrètement, depuis plusieurs années grandit dans l'opinion publique le sentiment que les gouvernements successifs agissent sciemment contre l'intérêt du peuple. Autrement dit, le sujet considère de plus en plus souvent que le souverain agit de façon malveillante. D'où le fait qu'il est courant actuellement de voir l'homme confondu avec sa fonction : d'où des agressions commises sur des élus, et parfois une détestation assumée de la personne même d'Emmanuel Macron.

  4. La position de La France Insoumise est intéressante car elle ne met pas en cause directement le souverain (en dehors du jeu de postures habituel à la « Société du Spectacle »), mais les institutions de la Vème République, lesquelles sont ainsi jugées comme étant hyper-présidentielles.

  5. Contestant l'hyper-présidentialisation de la Vème République, La France Insoumise en appelle donc à une VIème République, qui, d'après ce que je comprends, serait fondée sur une assemblée de type « constituante » révocable par les électeurs : sous quelles conditions ?

  6. Il est cependant que les Français sont loin de plébisciter les idées de La France Insoumise tout en marquant, à chaque élection, leur défiance envers les partis politiques et leurs élus soit en pratiquant le « dégagisme » (ce qui a permis l'élection de Macron), soit en s'abstenant.

  7. L'élément principal que nous devons retenir est le suivant : depuis 1973, le monde est plongé dans un crise économique qui ne cesse, cycle après cycle, de s'aggraver cependant que viennent s'y ajouter crise climatique et crise sanitaire. Ce sont les estomacs vides qui font les Révolutions, nul besoin de sortir de Sciences Po ou de l'ENA pour comprendre cela.

  8. Or, cette défiance de plus en plus nettement exprimée des Français envers leurs gouvernants masque une angoisse plus profonde : et si les générations à venir connaissaient à nouveau ce que les générations plus anciennes ont connu : chômage, précarité, misère, voire les Etats en guerre ?

  9. Soyons honnêtes : j'admire cette volonté de se divertir que les Français manifestent en allant encore au restaurant, ou au bord de la plage, ou chez eux devant des séries qui font passer le temps, ou écoutant d'illustres inconnus disserter à n'en plus finir sur les mérites d'une série de science-fiction. Cette volonté est fascinante mais ce goût du divertissement pourrait ressembler de plus en plus à de l'inconscience.

  10. Il me semble parfois que nous sommes dans l’œil du cyclone, que nous attendons une deuxième vague de pandémie et donc une aggravation de la crise économique en se disant : on verra bien. Mais je crains que ce « on verra bien »  soit suivi de beaucoup de désillusions, de frustrations, de colères et d'une défiance encore plus grande envers des dirigeants qui sont désormais rentrés dans une ère du soupçon qui ne me semble pas prête de s'arrêter.

  11. Certes, on me rétorquera que le monde de 1945 était dans un état bien pire (et même au bord d'une 3ème guerre mondiale) mais la nécessité de reconstruire et le faible coût des matières premières ont assuré la prospérité du Monde Libre. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, d'autant que le problème de la rareté naturelle des ressources et celui des pressions migratoires se font de plus en plus aigus.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 24 juillet 2020.

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14 juillet 2020

CHRONIQUE DU 14 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 14 JUILLET 2020

 

 

  1. « Pas un chemin de la pensée, pas même celui de la Métaphysique, ne part de l'être humain et de là ne s'élève à l'Être, ou inversement ne part de l'Être pour revenir ensuite à l'homme. »
    (Heidegger traduit par Aloys Becker et Gérard Granel, « Qu'appelle-t-on penser ? »)

  2. On peut penser façon sceptique
    que jamais bien qu'on ne cesse
    de ratiociner & de techniciser
    l'être humain on n'en arrive à
    l'Être et jamais divagant dans
    l'Être on n'arrive à le penser
    l'humain ce rêveur st'assassin

  3. L'humain, cette boucherie pensante.

  4. On disait le 14 juillet 2020 que Hong-Kong était une démocratie qui, depuis la promulgation de la loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine, était en passe de devenir une dictature.

  5. Même si Macron arrivait à redresser une économie maintenant chancelante, étant donné l'état d'incurie dans lequel le secteur hospitalier a été si longtemps laissé, tout ce que peut faire notre gouvernement n'est jamais que réparation de dommages qu'il a lui-même causés.

  6. Durant la crise du Covid, beaucoup dénoncèrent l'hyper-bureaucratie à l’œuvre dans les hôpitaux publics. On disait qu'il y avait autant d'administratifs que de médecins et qu'en France, pour 800 000 soignants, il y avait 145 000 administratifs. (source : France Info, Thomas Pontillon).

  7. L'erreur de considérer la Guyane comme une île peut peut-être s'expliquer par le fait que comme ils n'écrivent pas leurs discours eux-mêmes (eh non) et qu'ils ne font pas toujours attention à ce qu'ils lisent (eh oui), nos politiques en arrivent donc à débiter des sottises.

  8. A tous ceux qui pensent que chaque citoyen, quelque soit sa situation, devrait, si peu que ce fût, payer des impôts, je n'ai à répondre que ceci : fichez la paix aux pauvres.

  9. A tous ceux qui pensent que chaque citoyen devrait être mis dans l'obligation de voter, je n'ai à répondre que ceci : personne ne peut m'obliger à voter pour quelqu'un qui m'est radicalement étranger.

  10. Certains disent que lors de ses phases, la lune se dissout en partie, ne laissant qu'un mince croissant, et se dissolvant, elle s'immisce dans l'air et descend jusqu'à nous où, pénétrant par les narines, elle s'infiltre dans certains esprits.
    Lorsque la lune est pleine, qu'elle s'est reconstituée, les esprits, soudain privés de leur drogue nocturne, s'affolent. C'est l'heure redoutable des lunatiques.

  11. Certains, en ce 14 juillet 2020, disaient que le président Macron tentait de récupérer le jour de la fête nationale afin d'estomper la très mauvaise impression produite par les manques et les mensonges de l'Etat lors de la crise du Covid.

  12. La politique est l'art de faire croire que des gens radicalement étrangers les uns pour les autres pourraient vivre ensemble et constituer une nation. Cette fiction ne tient qu'en période de plein emploi ; en période de crise, elle n'est sauvée que par quelques-uns.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 juillet 2020.

9 juillet 2020

CHRONIQUE DU 9 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 9 JUILLET 2020

 

 

  1. Le problème est le suivant : en cas de deuxième vague du Covid, l'Etat sera-t-il prêt à assumer un taux élevé de contagion et la proportion de morts qui en résultera ou reconfinera-t-il, acceptant ainsi l'aggravation d'une crise économique dont nous ne connaissons pas même l'ampleur actuelle ?

  2. En cas de deuxième vague du Covid, le gouvernement ne souhaitera sans doute qu'en partie reconfiner. Le problème sera celui des écoles, qu'il faudra sans doute fermer, ou n'y admettre les élèves que dans des conditions sanitaires drastiques.

  3. Il est que si une deuxième vague du Covid déferlait sur l'Europe, il faudra dès lors repenser la notion de risque et accepter, au nom de l'intérêt général, que des gens meurent. La société, déjà violente parce que basée sur la dureté des rapports humains, n'en sera que plus âpre.

  4. Sans nul doute, en cas de retour du Covid, c'est assez vite que les anciens discours sur la répartition genrée des tâches resurgiront et l'on entendra éructer avec plus ou moins d'ironie et de finesse les contempteurs de la parité et les zélateurs de la femme au foyer.

  5. En cas de deuxième vague du Covid, il est à penser que nos libertés publiques seront encore plus menacées. Le gouvernement prendra peur sans doute de la colère sourde de ceux qui, obligés de travailler et de prendre des risques, verront pourtant leur emploi menacé par la crise économique.

  6. Il est à penser que si la crise du Covid se pérennise et que nous soyons obligés de vivre dans une société en proie aux périls viraux, nous en viendrons vite à la fermeture des frontières, ne gardant de l'Europe qu'une monnaie commune et la circulation des biens.

  7. On peut penser qu'un Covid se pérennisant précipitera l'électorat dans des votes extrêmes à gauche comme à droite, à moins qu'un gouvernement de centre-droit décide de fermer les frontières, d'augmenter le nombre de policiers et de processus de surveillance, de durcir les lois, de construire des prisons, de muscler ses forces armées. Est-ce cela que Macron aurait déjà en tête ?

  8. Face à une éventuelle pérennisation du péril viral, est-ce que le président Macron aurait déjà en tête une société de la raison d'Etat, de l'état d'urgence, de la crise perpétuelle. Ainsi pourrait s'expliquer le choix d'un premier ministre qui s'affirme sans ambiguïtés gaulliste.

  9. Est-ce qu'une Europe des solidarités, une Europe de la mutualisation des dettes, tiendrait longtemps devant une pérennisation de la crise sanitaire et donc de la crise économique ?

  10. En cas de pérennisation de la crise sanitaro-économique, se pourrait-il que les périls extérieurs se fassent plus grands (radicalités religieuses, terrorisme, croissance de la pression migratoire, bruits de bottes et montée des périls) ?

  11. Le libéralisme survivrait-il à une pérennisation de la crise du Covid ? Sans doute le libéralisme économique, faisant comme d'habitude feu de tout bois et s'appuyant au besoin sur l'aide de l'Etat, perdurera, cependant que plus difficile sera l'exercice des libertés individuelles.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 9 juillet 2020.

3 juillet 2020

JUILLET 2020 LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE ?

JUILLET 2020 LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE ?

 

 

  1. Hier, j'ai acheté un bocal de cornichons. Ils sont gros. C'est un bocal de gros cornichons. Aujourd'hui, je fus grognon, et pas très vif. Je fus mollement grognon. Ah tiens, on a changé de paillasson à Matignon.

  2. - Le virus Covid-19 aurait muté et serait plus infectieux.
    - En Chine, un virus porcin transmissible à l'être humain pourrait provoquer une nouvelle pandémie.
    - Au Bostwana, des éléphants seraient morts par dizaines sans qu'on en sache la cause.

    Euh... c'est moi ou y a comme quelque chose qui cloche ?

  3. A peine Jean Castex a-t-il commencé à parler, que l'on comprend que c'est un spécialiste de la langue de bois.

  4. Se pourrait-il qu'avec la nomination de Jean Castex, le président Macron soit enfin plus populaire que son premier ministre ?

  5. Certains Français disent qu'en nommant un haut fonctionnaire au poste de Premier Ministre, le président Macron aurait dans l'idée d'affaiblir la fonction de chef de gouvernement pour pouvoir (enfin) jouer les Jupiter tout seul, comme un grand.

  6. « En nommant Jean Castex dont la seule légitimité est technocratique, Emmanuel Macron dissout Matignon. » Je ne suis pas souvent d'accord avec Eric Ciotti, mais là, je me demande s'il n'a pas raison.

  7. Si l'information selon laquelle le Covid-19 aurait muté et serait devenu plus infectieux est exacte, il se pourrait que les frontières rouvertes depuis peu ne le soient pas très longtemps.

  8. Il se dit sur France Info que Jean Castex notre nouveau chef du gouvernement serait apprécié autant à gauche qu'à droite. Euh... je me méfie de ces hauts fonctionnaires qui s'entendent avec la carpe aussi bien qu'avec le lapin. En général, ils s'entendent surtout à rouler les gens dans la farine.

  9. Jean Castex aurait été de novembre 2010 à février 2011 conseiller aux affaires sociales de Nicolas Sarkozy. Quelques semaines, c'est bien court. Pourquoi cette brièveté ? Remarquez que je suis mauvaise langue, c'était sans doute en attendant quelque autre fonction.

  10. C'est souvent en période de crise que Paris se souvient de la Province, que le pouvoir central se souvient des régions, histoire de leur refiler quelques patates chaudes en attendant des jours meilleurs.

  11. « Je ne suis pas ici pour chercher la lumière, je suis ici pour chercher des résultats », qu'il a dit Jean Castex. Ah, il va donc y aller à tâtons.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 juillet 2020.

2 juillet 2020

CHRONIQUE DU 2 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 2 JUILLET 2020

 

 

  1. Entendu l'autre jour Hugues Aufray rendre hommage à Marc Fumaroli, qui fut un des rares à s'élever contre le nivellement culturel qui consiste à mettre sur le même plan les vulgarités du rap et la tradition classique, l'escroquerie de l'art conceptuel et Picasso (ou Rembrandt), le dernier Goncourt et Racine.

  2. Depuis que j'ai entendu à l'oral de contrôle une candidate raconter l'histoire du petit chaperon rouge sous prétexte qu'une collègue n'aurait fait étudier aucune œuvre pendant l'année (ce qui est faux, je connais la collègue en question), je trouve que la bienveillance a vraiment un large, très large dos.

  3. A force de maintenir la jeunesse dans un état de sujétion administrative en augmentant inutilement le nombre d'années d'études, vous verrez que la jeunesse va finir par nous égorger.

  4. Soirée du 25 juin 2020, au large de Dunkerque, de la digue, plusieurs personnes ont vu au loin, sur la mer, des formes rectangulaires sombres, assez imposantes, alignées semble-t-il, statiques et sans lumières apparentes. On m'a parlé d'un déplacement d'un objet plus petit vers une de ces masses. Qu'était-ce ? Exercices ? Manœuvres ? mise en place d'un dispositif spécifique ? Surveillance ? Patrouilles ? Transport industriel ?

  5. Silence des médias français sur l'impressionnante explosion qui a lieu dans la nuit du 25 au 26 juin 2020 en Iran et dont on a pu voir des images sur Twitter. Que s'est-il passé ? Il y a-t-il eu des victimes ? Quelle est l'ampleur des dégâts ?

  6. Le 2 juillet 2020, j'entends parler de troubles ethniques en Ethiopie. J'entends que le monde entier est en proie au trouble. Je pense au « déclin de l'empire américain ». Je pense qu'il vaudrait mieux pour le monde entier que Donald Trump ne soit pas réélu. Je grignote des p'tits Lu.

  7. Je me souviens d'un collègue me citant quelques exemples de sociétés multiculturelles apaisées. Dans ce monde d'après pire que celui d'avant, je souris. Je souris aigre. Les enseignants sont des rêveurs.

  8. « Le loup à l'estomac vide n'est pas l'ami du loup à l'estomac plein ». Evidemment, le multiculturalisme n'est pas à l'origine de tous nos problèmes mais en quoi est-il une solution ? Sur Twitter le nom de la ministre des Armées est cité. Parly deviendra-t-elle premier ministre ?

  9. Ce n'est pas seulement le Covid qui crée tant de troubles. En décimant, le virus souligne à quel point les humains sont trop nombreux et se gênent les uns les autres.

  10. Comme le terrorisme est la monnaie de la pièce du commerce mondial des armes, les pandémies sont le corollaire du surnombre et de la mondialisation.

  11. Le 2 juillet 2020, certains se mirent à rêver d'un premier ministre écologiste. Cela m'effraya. Je ne voyais pas un dispensateur de moraline diriger un gouvernement français. Je me refis un café en écoutant du piano à la radio. C'est beau, le piano.

  12. Ai pensé que Blanquer avait eu raison de supprimer cette année les épreuves ponctuelles du bac. Ai pensé que ceux qui dénonçaient l'injustice du bac 2020 étaient des hypocrites, le baccalauréat ne valant plus grand chose depuis longtemps déjà.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 2 juillet 2020

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10 mai 2020

CHRONIQUE DU 10 MAI 2020

CHRONIQUE DU 10 MAI 2020

1. Le covid-19 fragilise nos démocraties. Souvenez-vous aussi de l'économiste Bernard Maris qui, eu égard aux malheurs du monde, nous disait : « Souriez, vous êtes Français », avant d'être assassiné le 7 janvier 2015 par un terroriste islamiste.

2. Soit Jean-Michel Blanquer est très courageux, soit il est très docile, soit il est très sot car il est évident que la réouverture des écoles le 11 mai est loin d'être sans risques, cependant que le gouvernement cherche par ce moyen à remettre les parents au travail.

3. Sans doute certains politiques sont d'autant moins scrupuleux qu'ils se sentent légitimés par la masse de travail qu'ils sont capables d'abattre. Qui bosse comme un bœuf est parfois tenté de voler l’œuf, chaparder la poule et taxer le fermier.

4. Le 10 mai 2020, on ne sait pas si les élèves seront soumis à un oral de français. Blanquer réfléchit (peut-être). En toute logique, si l'oral de français est supprimé ou reporté, il serait logique de supprimer l'oral de contrôle du bac et accorder le diplôme à 8 de moyenne.

5. Le 10 mai 2020, la veille du « déconfinement », beaucoup pensaient que le virus profiterait d'une certaine liberté retrouvée pour accélérer sa propagation. Sans le dire, le gouvernement misait sans doute sur un mixte entre confinement volontaire et immunité collective.

6. J'ai pensé que si Edouard Philippe se présentait au nom des Républicains, il était possible que le premier ministre l'emporte face à Macron ou face à Marine Le Pen. Je ne voyais en 2020 aucun autre candidat susceptible d'accéder à un second tour.

7. Le 10 mai 2020, je ne voyais aucune possibilité pour la gauche de revenir au premier plan sans une union de ses différentes composantes. L'incompatibilité des programmes, les problèmes d'ego et de posture empêchaient sans doute cette union pour longtemps.

8. En mai 2020, une partie de la gauche songeait peut-être à un pays où l'Etat serait surpuissant dans son dirigisme (aidé en cela par quelque « parlement-citoyen ») tout en laissant faire le marché : une sorte de gauchisme à la chinoise qui conduirait inéluctablement à la dictature.

9. Le 10 mai, on disait à la radio que quatre personnes avaient été testées positif et cela probablement suite à une réunion de travail dans un collège de la Vienne. Ça s'annonçait mal pour ses décisions à Blanquer qui apparaissait de plus en plus comme le maillon faible du gouvernement.

10. Face au covid, La plupart des restrictions de la liberté individuelle prises par le gouvernement Edouard Philippe et si critiquées par la gauche auraient été prises de toute façon par lesdits contempteurs si ceux-ci avaient été au pouvoir. La politique, c'est du guignol tragi-comique.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 10 mai 2020.

25 avril 2020

LE VIRUS L'ANODIN ET AUTRES QUE J'ME DISAIS BIEN AUSSI

LE VIRUS L'ANODIN ET AUTRES QUE J'ME DISAIS BIEN AUSSI

1. En avril 2020, le premier ministre dit que la vie après le déconfinement du 11 mai ne serait pas exactement la même que celle d'avant qu'on soit presque tous à tourner en rond en écoutant tout scontradictoire là dans les informations j'avais du mal à m'concentrer sur la télé.

2. J'avais du mal à trouver si drôle que ça la plupart des comédies J'ai bien ri pourtant en revoyant « La Septième Compagnie au clair de lune » Le virus était dans l'air et le temps empoisonné.

3. A la radio j'entends que l'on a préféré l'endettement à la faillite, me suis demandé de combien de faillites serait payé cet endettement, me suis haussé les épaules pouvait-on faire autrement ? Sur la couverture de l'Obs on voyait Macron masqué.

4. A la radio j'entends personne ne sait si les avions recommenceront à voler j'ai pensé à Comme un avion sans ailes de Charlélie Couture On disait que l'immunologiste Anthony Fauci n'hésitait pas à contredire Donald Trump j'ai pensé que Donald était un prénom propice aux couacs.

5. Le 19 avril 2020, à Tel-Aviv, manifestation de plus de 2000 personnes dit-on avec distanciation sociale et masques je me suis dit qu'en France il y aurait bientôt des manifestations un peu partout que ça remplacerait les festivals annulés peut-être j'me goure.

6. Depuis que je me suis remis à écrire, je ne me souviens plus de mes rêves. C'est comme si l'écriture me tenait lieu d'imaginaire. A moins que tantôt, dans le désert de ma tête, un lancier surgisse et me foudroie.

7. En avril 2020, on disait que bon nombre de distributeurs de billets gérés par La Poste ne fonctionnaient pas On disait aussi que le métier de politique était très difficile je me suis dit que plongeur soudeur c'était aussi un métier très difficile.

8. En 2020, j'ai pensé que j'avais très souvent vécu avec des chats, des chiens et maintenant que me v'là tout seul du coup je regarde le cirque politique petits êtres savants faisant leur tour de piste jadis j'aimais bien Le Plus Grand Cabaret du Monde de Patrick Sébastien.

9. Je me suis dit que si l'on ne s'intéresse pas à l'Histoire, tôt ou tard, l'Histoire s''intéresse à nous. En général, on remplace le mot Histoire par le mot politique. Je me demande qui a dit ça mais je ne cherche pas je vais faire des courses en avril 2020 ce n'est plus une occupation si anodine.

10. Je me souviens avoir dit à un collègue que j'aurais aimé être laconique et mystérieux façon guerrier d'un Nord ancien alors que je suis bavard comme une pie latine. Je regrette que mon métier me donne tant de choses et autres à dire mais sans lui, je ne parlerais plus qu'à mon ombre.

11. En avril 2020, on dit que l'armée française a acheté de la chloroquine en Chine qu'on se dit c'est bizarre qu'on dit pourtant qu'la chloroquine contre le covid c'est pas probant qu'on pédale dans l'étrange qu'on mirage dans la choucroute qu'on s'hallucine du ministère qu'ça doit être si, en cas de, on verra bien.

12. En avril 2020, on parle de morts subites et solitaires au Japon. Dans l'Obs, François Forestier évoque avec talent le « Touchez pas au grisbi » de Jacques Becker (1954). Sur France Inter ulule la hulotte grand yeux noirs, grands yeux jaunes le hibou tout est plein d'yeux autant que de trous.

13. Ils ont continué à y vivre, à garder le pays, sans rien y changer puis ils disparurent et d'autres sont venus, barons d'un lointain souverain qui ne se préoccupe plus depuis longtemps du sang dans les murs, ni des âmes mortes dans les pièces.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 25 avril 2020.



25 avril 2020

AH DIS COMMENT QU'ON S'IMAGINAIT

AH DIS COMMENT QU'ON S'IMAGINAIT

1. Pas besoin de continuer, il avait pigé qu'la récidive était certaine, du coup hein que tant va la cruche à l'eau... C'est cinglé et pourtant pas beaucoup d'doute, qu'on y est dans l'serial, le perdurant, la crise en continu, l'inéluctable à nédboeu.

2. Fin 2019, on évoquait une « gauche de la gauche marginale » pis hyperactive (gilets jaunes black block and co) Mario Draghi on le surnommait « Super Mario » en raison du « whatever it takes » qu'il a dit que j'lis on publiait des photos de Marie Laforêt, je me disais qu'elle était jolie elle venait de nous quitter.

3. En 2020, on se demandait combien il y aurait de morts, puis combien de faillites, puis si on pourrait partir en vacances (pas moi je ne vais jamais nulle part).

4. Fin 2019, on parlait de Nasrin Sotoudeh incarcérée en Iran depuis 2018 et des manifestants devant l'ambassade d'Iran réclamaient la libération de l'avocate C'est aussi l'année de parution de « La Panthère des neiges » de Sylvain Tesson je ne l'ai pas lu bah tant pis.

5. En 2020, on s'en est bien rendu compte là, que les dirigeants d'la 6ème puissance mondiale étaient incapables de prévoir une épidémie pourtant annoncée et que le nécessaire manquait aux soignants alors qu'on avait gaspillé argent et énergie à des réformes imbéciles.

7. En 2020 j'ai pensé qu'ils avaient vraiment des têtes de, nos politiques et inutile voire dangereuse qu'elle était l'ENA Je ne suis pourtant pas gauchiste mais je n'aime guère les prétentieux du reste je n'aime pas grand monde.

8. En 2019 on parlait de « l'amie mystérieuse de Benalla » et d'un coffre « mystérieusement envolé » J'ai pensé à la soi-disant rupture avec l'ancien monde que Macron nous avait vendue. En 2020 Benjamin Griveaux a fait dans l'acte manqué et s'est pour longtemps ridiculisé.

9. En 2018, nous étions nombreux à nous demander quelle était la nature exacte des relations Benalla-Macron qu'on a soupçonné des mœurs qu'on avait beau se dire non quand même, i persistait le doute.

10. Fin 2019, on rappelait qu'en 1989 ils étaient nombreux les réfugiés est-allemands à demander l'asile politique à l'Ouest En 2017 j'ai eu peur du retour d'une gauche totalitaire je n'ai pourtant pas voté : trop loin trop cher.

11. En 2019 on prospectivait qu'si ça se trouve en 2049 on ne travaillerait quasi plus du tout because robots et intelligence artificielle puis en 2020 le covid-19 nous a rappelé l'importance des livreurs, des caissières et qu'on ne peut pas aimer un robot.

12. A l'heure où j'écris (25 avril 2020) on parle du retour de Strauss-Kahn je me dis on se fout de not' gueule pis que Macron a vraiment trop une tête de premier de la classe alors je me hausse les épaules et j'me dis laisse ce sont vraiment des.

13. En 2020, j'ai dû reprendre un ordinateur j'voulais plus écrire c'est si vain sans talent J'm'entêtais du Baudelaire et des listes de mots saxons j'achetais régulièrement d'la mozzarella pensais à l'absurdité de la réforme Blanquer, buvais du schweppes, du café, du rhum.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 25 avril 2020.







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