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18 avril 2020

PLUS MAÇON QUE MAGICIEN

PLUS MAÇON QUE MAGICIEN

1. « Je résistai à la tentation de lui dire que sa communication avait été reçue par Donald le Canard » (Agatha Christie traduite par Michel Le Houbie, « La Plume empoisonnée » [le narrateur])

2. Comme la communication ne venait de personne, il resta anonyme. Il faut savoir rester discret surtout lorsque le temps passe et qu'on croit que c'est pour nous.

3. Défois qu'il serait tout feuille de papier plié à l'infini le temps tellement plié pis tellement à l'infini que tout ce passé là tient dans même pas le même pas d'un même pas.

4. Je t'appellerai être et tu seras. - Cause toujours ! me répondit l'étant qui passe avec son panier à échos et sa tête de tous les jours.

5. « peu importe la relativité » (Cioran) : oui, certes, mais ça dépend aussi qu'il y a dit-on un temps pour tout et qu'chacun s'en ressent pas pareil; pis aussi des infinis s'tirant le cheveu à Cosinus pis l'touci et l'touça, le ministre et ses sots zélés, la jolie réforme et ses couacs, la croissance et ses pangolins.

6. La crise du Covid nous apprend qu'un quelconque péquin s'amenant avec un pangolin est capable de mettre hors de combat l'équipage d'un porte-avion. Ça doit donner à penser dans les écoles de guerre.

7. « Le vertige, cependant, aspire à la forme » : ce p'tit bout de Cioran, c'est la réforme Blanquer tentant de ressembler à quelque chose cependant qu'à l'autre bout de la planète l'obscur pangolin était l'objet d'un étrange trafic.

8. Et puis, les réformes se succédant à un rythme de plus en plus soutenu, ils furent pris d'un vertige tellement débattant qu'les murs et les grands stratèges administratifs en tremblotèrent jusqu'au fondement et même jusqu'à leur raison.

9. Le bruit de la pluie ne mouille pas ; c'est pour ça qu'on peut le trouver poétique. Evoquer la pluie ne vous fait pas attraper un rhume mais peut vous faire la chanson.

10. L'humain est beaucoup plus maçon que magicien. Mais sans doute est-il des maçons dotés d'une « sensibilité magique » (l'expression est de Cioran) et dont les murs sont faits pour être passés. C'est pas malin, j'ai pas d'exemple.

11. Charade :

Mon premier est un mythologique à flûte.
Mon deuxième est un jeu de stratégie.
Mon troisième est cultivé pour ses fibres et ses graines.

Mon tout fut ramené par un quelconque péquin et nous a mis dans l'pétrin.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 18 avril 2020.

 

 

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16 avril 2020

LA NUIT DES FOIS JE PENSE AU PANGOLIN

LA NUIT DES FOIS JE PENSE AU PANGOLIN

1. La nuit des fois ça fuit du toit pis la pluie me cause de l'émoi.

2. La nuit des fois j'me croise et j'me dis : "Tiens ! mon spectre..."

3. S'il y a un sens à tout ça, eh bé je me demande lequel. A moins que ce soit le sens qui unit le funambule à l'abîme.

4. Tout semblait sous contrôle, qu'on causait plein emploi à venir et réformes étonnantes; au gala des hommes illustres de la France, not' président se voyait déjà en haut d'l'affiche et puis bong! un péquin quelconque s'amène avec un pangolin.

5. Tout allait sur des roulettes, que le gouvernement marchait en réformant, que les députés marcheurs marchaient en dormant, que les manifestants marchaient en gueulant, que la police elle aussi marchait mais en sens inverse et pinguépong! un péquin quelconque s'amène avec un pangolin.

6. Sur France Culture, à propos du covid-19, j'entends un expert déclarer sans rire mais avec autorité qu'il "aurait fallu réfléchir au préalable". Euh, cher maître, n'est ce point justement là votre travail ?

7. La nuit des fois j'me fais des brefs assez marrants je trouve
    Mais au matin perdus qu'ils sont oubliés sortis, au trou.

8. Jadis, les gens avaient des économies; maintenant, ils ont des dettes.

9. En démocratie, on entend tout et son contraire; dans une dictature, on entend tout et son contraire est en prison.

10. Allez ! une petite charade composée dans le style René Char (ah c'est difficile !)

               Il lia la main droite du geste à la faucille des syllabes; à l'aube, il fit acte de foi sans nul péché. Aux horizons contraires, il porta la clé des deux portes. Jadis, il chassa le loup sans jamais ressentir la haine de ceux qui eurent l'âme rongée par les ruches acides. Enfin, la guitare accordant la flamme et le foulard, il mit main haute sur le retour du verger. [biffé sur le manuscrit : Frrrouttt j'aurais pas dû manger tant de cassoulet moi]

Je ne vous donne pas la solution : elle est évidente. Mais bon, si vous n'avez pas trouvé, en voici une version simplifiée :

Mon premier aime faire des BA.
Mon second aime la marine et le sauna.
Mon troisième est comme l'agneau.

Et mon tout accompagne des fruits de saison.

11. La nuit des fois je pense au pangolin
      Solitaire et poursuivant son chemin
      Sans voir que vient le quelconque péquin
      Qui va l'piéger et nous fout' dans l'pétrin.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 16 avril 2020.

 

16 avril 2020

DES FOIS QUAND MÊME JE CHARRIE

                          DES FOIS QUAND MÊME JE CHARRIE

1. Annuler la dette des Etats africains euh oui bon d'accord, mais rassurez moi... on pourra toujours leur vendre des armes ?

2. Défois qu'on serait visité par de grands rêves, de grands rêves d'horizons nouveaux que bing! un péquin quelconque s'amène avec un pangolin...

3. "se fondre dans le voisinage" (René Char) : il n'est jamais aisé de se fondre dans le voisinage; on y passe facilement pour un fantôme, un horla, voire un pique-assiette.

4. "la cloche qui avait perdu la foi" (René Char) : bin quoi, la cloche qui a perdu la foi n'en sonne pas plus faux pour autant.

5. Des fois qu'on passe dans la rue qu'avec le covid ça rappelle le "Long Flight" de Robert Charlebois : 

"It really seemed to me, it really seemed to me like eternity
When I walk alone through London city
Nobody, nobody was laughing anymore
Nobody, nobody was talking anymore
Nobody was singing on Picadilly
Nobody, nobody was working in factory"

6. "Aprés l'écho écartelé" (René Char) : c'est vrai qu'l'écho l'est oh il est oh très loin de plus en plus loin là-bas ah là-bas comme un singe retourné dans son hiver.

7. "tu n'étais qu'un feu inventé par le feu" (René Char) : ah bin ça oui ça, quand on bricole dans l'inflammable, des fois y a des accidents.

8. "Parole d'albatros, je l'ensauvagerai" (René Char) : j'aime bien quand les animaux i causent comme vouzémoi, ça fait tout de suite poétique, mais moi voyez ça s'rait plutôt le genre canard à couacs et moqueurs coin-coins.

9. "le désert fier" (René Char) : ah ça à force d'être trop fier, défois on finit dans l'désert... Variantes : La fierté hautement nous déserte ou Ayant confié ma fierté au désert ou Hier régnant désert ou Mais où est donc passée la deuxième chaussette.

10. "Nos vergers sont transhumants." (René Char) : Ce qui, disons le clairement, n'est pas pour faciliter la récolte des pommes, des poires et des scoubidous dont on fait les compotes.

11. "Détroussé par le temps" (René Char) : ah oui, ça je l'ai remarqué aussi ça, que le temps nous fauchait des trucs Ah j'en ai perdu des beaux jours et des disques des Stones, sans parler des deuxièmes chaussettes mystérieusement et à jamais disparues.
J'en conclus que bien des esprits flottant autour de nous sont unijambistes, ou alors eux aussi avec leurs chaussettes hein zont des problèmes.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 16 avril 2020.

 

12 avril 2020

EH OUI MON CHER FANTASIO NOUS NON PLUS AU DEBUT ON Y A PAS CRU

EH OUI MON CHER FANTASIO NOUS NON PLUS AU DEBUT ON Y A PAS CRU

1.Entendu sur France Inter cette très bonne formule : « Je me souviens du temps où Macron méprisait les caissières et les gens qui ne sont rien ».

Notes :

a) Faut être juste, il ne parlait peut-être pas des caissières, mais tout de même, y a cette expression de « premiers de cordée » qui a laissé des traces. Comme quoi, certains capitaines d'industrie et aussi quelques hyper-diplômés technocratiques en ce moment d'anxiété latente sont moins utiles que caissières, infirmières et infirmiers, aide-soignantes, livreurs et tout ce petit monde des gens ordinaires qui permet à not' pauv' société de continuer à tourner.

b) « Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien », qu'il a déclaré en juillet 2017, not' bon maître dans un laïus pas très clair et assez prétentieux (ah tiens comment ça se fait). Bon c'est le genre de phrase assez vague pour ne viser personne en particulier (sauf les SDF et les migrants) et dont on sent bien pourtant qu'il y a quelque mépris dedans que, quitte à mépriser le monde, Monsieur, on ne se fait pas élire, on reste chez soi à écrire des conneries en écoutant du Frank Zappa et en se faisant cuire bien des œufs.

2. J'ai pensé qu'après l'covid, fin mai-début juin, les molotovs allaient voler bas entre République et Nation (apprenante, j'peux pas m'en empêcher, c'est trop drôle) et puis non, vous verrez que notre excellent gouvernement mettra bien plus d'habileté à empêcher des troubles prévisibles qu'il en a mis pour prévoir la pandémie actuelle.

Notes :

a) Je me dis même qu'il est possible que Macron soit réélu président (à condition qu'on soye pas tous plus ou moins défuntés du covid avant) parce que bon Macron, c'est pas grand chose, mais en face y a quasiment rien. A moins bien sûr que les Français décident que, quitte à être confinés, autant voter pour des gens qui ont déjà dans leur programme bien des raisons de limiter nos libertés.

b) En ce dimanche de Pâques, il se dit à la radio que notre Président Emmanuel Macron s'apprête à annoncer demain lundi un rallongement du confinement et vu qu'on a l'impression que la pandémie est loin d'être finie, on en vient à se demander dans quel état on en sortira de c't'affaire.

3. Avec cette crise sanitaire revient le spectre de l'installation d'une dictature plébiscitée, c'est-à-dire exigée par le plus grand nombre. Je fais crédit au gouvernement d'Edouard Philippe : pour l'instant, les règles de la Constitution sont ou en tout cas semblent respectées. Mais je crains que les prochaines élections profitent surtout aux extrémistes de gauche comme de droite, sans compter les zélateurs de l'écologisme, du pédagogisme, les collapsologues de tout poil et tous ceux qui pensent que, tout compte fait, la surveillance généralisée vaut mieux qu'une liberté mal employée.

Note : à chaque fois que je glisse un « c'est-à-dire » dans une phrase, je pense à de Gaulle. Ce que c'est quand même que d'avoir passé son bac.

4. « Oui, je rangerai des squelettes dans un hémicycle et je constituerai un Parlement. » (Michel de Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre »)

5. Pis bien sûr que le Covid-19 nous rappelle que la grande patronne, c'est la Mort, elle qui se fout de tous nos efforts de vivants.

6. Comme je suis né pas très riche et que je vois que je mourrai pareil, y a que les gens qui ont un peu de sous, j'ai quand même du mal hein avec ces gens-là mais c'est évidemment l'affreuse jalousie qui me cause dans la bouche que j'fais rien qu'à pas beau cracher.

7. Tout compte fait, je trouve que le verbe « vipériner » est un des plus beaux de ma langue française.

Note : Je dis ma langue française parce que j'ai la prétention de ne pas écrire la langue de tout le monde, ah ouiche et zut alors.

8. - « Ça, je savais déjà !! Mais d'où sort le zombie là » [Spirou in Virus de Tome et Janry]

      • Bin tiens, de la « République En Marche »

9. « Sur la banquise, pas mal de monde avait besoin d'un miracle ce jour-là... » [le narrateur in Virus deTome et Janry]. En ce moment, y a pas que sur la banquise que pas mal de monde voudrait bien qu'un miracle advienne (que pourra qu'on se dit quand on les écoute nos chers politiques).

10. Ah bin dame qu'ils nous coûtent cher, les politiques ! Nous prennent nos sous (pour notre bien qu'ils disent) et quand faut réparer leurs bêtises, ils endettent le pays qu'en fin de compte qui c'est-y qui va payer hein ?

11. « Une maladie inconnue ? C'est d'un burlesque ! Vous avez intérêt à trouver quelque chose de plus convaincant ! » [Fantasio dans le prémonitoire et épatant Virus de Tome et Janry].

- Eh oui, mon cher Fantasio, nous non plus au début, on y a pas cru.

12. - « Pas d'affolement ! Tout le monde dehors ! » [Un shérif in « Jerry contre KKK » de Jijé et Lob]

- Ah non, man, pas d'affolement et tout le monde dedans !

13. « Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux » [Baudelaire]
      Qui s'en va boire un coup en tintinnabulant.

14. « Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts »
      
Ah Baudelaire il a toujours le mot pour rire.

15. Dans l'affaire du cintre empoisonné, le seul témoin étant le manteau, le détective se perdit rapidement dans des conjectures dont il ne revint jamais.

16. « Je ne peux pas m'empêcher de penser que... » mais si, mais si, faites donc un peu de politique et vous verrez vite que vous pouvez tout à fait librement vous empêcher de penser.

17. Le serpent ne portant pas de robe, il était donc impossible à dérober. Et pour le voler, il eût fallu des ailes (je me demande si j'écris correctement), là encore le détective ne remonta que difficilement de l'abîme de réflexion où il était tombé en criant « Marmelade ! Os, ossements, bouillie, bouillie, bouillie ! ». Ce qui se révéla exact.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 12 avril 2020.

 

12 avril 2020

C'EST LA MÊME MISERE TOUT ÇA

C'EST LA MÊME MISERE TOUT ÇA

1.Ils perçurent un bruit au-dessus de leurs têtes, un bruit de pas furtifs, un bruit de crêpe chue, de gaufre glissée, de virus qui passe, de nation apprenante, de montre molle, de ministre pensant.

2. C'était une porte vitrée, mais le carreau était cassé d'ailleurs la porte était cassée tout aussi que l'ailleurs derrière la porte vitrée cassée qu'on leur voyait des membres partout genre pantins poupées mannequins démantibulés. Y avait du sang.

3. « Non, laissez-moi diriger l'expérience et je réponds de tout... »
(Proverbe chinois d'avant le covid-19 et honteusement piqué dans un roman de Gaston Leroux, dont le titre, évidemment crypté, est « Le Mystère de la chambre jaune »...).

4. Je suis tellement énervé par touci-touça virus and co que je me suis surpris tout à l'heure à penser que je mangerais bien une blanquer de veau.

- Alors là, Monsieur Houzeau, c'est vraiment très mauvais !

- Oui, oui, je le reconnais, mais c'est que mon appétit grandit et que j'me sens virer vorace... Du reste, y a aussi le macron au gratin avec sa blanquéchamel, et itou l'édouard à l'impassible nul n'est tenu mais c'est pas une vraie recette.

5. Défois sur France Culture, on entend des phrases dans le genre de celle-ci : « Oui, c'est quelqu'un qui travaille les formes du symbolique ». C'est magnifique, c'est beau comme une intervention d'inspecteur d'académie et puis c'est utile car à symbolique on peut substituer réalisme, surréalisme, virtuel, conceptuel, formatif, sommatif, caca-boudin, catégoriel, catégorique, impératif, subjonctif, maladif, vomitif, cognitif, blanqueratif, merieuisme, mesmérisme, magnétisme, pédagogisme à tifs et tondus, sans compter les expertises nombreuses et variées.

6. Et Dieu créa la b.... et le c..... et il s'en suivit bien des conneries.

7. Je me souviens d'un personnage interprété par Marlène Jobert dans un film épatant (car dialogué par Michel Audiard) qui nous prédisait, je cite de mémoire, que vous verrez qu'ils ne se contenteront pas toujours de manger du riz, qu'à force, ils vont finir par tourner féroces, ou quelque chose dans ce mauvais goût là mais moi que voulez-vous, j'aime bien.

Note : J'ai retrouvé la citation quelque part sur internet : c'est tiré du film de Michel Audiard : « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages » et c'est Rita (interprétée par Marlène Jobert) qui dit ceci et c'est marrant :

« Je pourrais pas vivre aux Indes. Je dis les Indes comme je dirais la Chine ! C'est la même misère tout ça !... Je suis sûr qu'un jour aux Indes, i mangeront les touristes... comme ça... sans méchanceté... un coup de fringale. Pareil en Chine, vous verrez qu'i ne boufferont pas toujours que du riz en Chine... I tourneront voraces. »

8. Je suis un auteur fort peu connu, mais comme j'en vaux mille, j'ai au moins un succès d'estime (de moi-même).

9. Je n'aime guère ni mes contemporains ni leurs enfants. Du coup, je suis devenu enseignant.

10. La distanciation sociale étant mon sport favori, j'ai pensé que j'avais peu de chances d'être coronaviré.
Ceci dit, en ce mois de mars 2020 de la micro-ère Macron, il semble que la moindre peau de pêche, le moindre emballage de yaourt recèle un poison mortel tout prêt à vous passer par les yeux, le nez, la bouche pour aller vous incendier les poumons jusqu'à suffocation.

11. Franchement, ce covid-19, il a tellement l'air d'une maladie qu'on dirait une arme de guerre.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 12 avril 2020.

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11 avril 2020

DE L'HOMOPOLITICUS DE BASE FACE AU CORONAVIRUS

DE L'HOMO POLITICUS DE BASE FACE AU CORONAVIRUS

1. Le dimanche 29 mars 2020, Philippe Douste-Blazy a dit quelque chose sur France Info (je crois) en faveur de la chloroquine prescrite par le professeur Raoult. Moi je finis par ne plus rien y comprendre. On dit sur les ondes, lesquelles ne savent plus à quel courant se vouer, que le remède de la chloroquine hein peut-être mais rien n'est moins sûr d'autant que. Comme disait l'autre, y a comme un flou, et quand y a un flou, défois c'est qu'il y a un loup. Du coup, j'en conclus que chaque camp commence à aiguiser ses couteaux à tailler la barbe à Edouard et le short à Macron. Moi, ma conviction est faite, elle est tombée sur Macron, l'épidémie, mais à mon avis, les autres n'auraient pas fait mieux. Et vous verrez qu'au bout du compte, ils finiront tout de même par tomber d'accord sur notre dos, nos si respectables politiques.

2. Quelque chose me dit aussi que la carrière politique d'Agnès Buzyn aura été aussi courte que controversée. L'incompétence politique, c'est un métier, c'est même souvent une vocation. Y a même une école pour ça : L'ENA : L'Ecole Nationale d'Asservissement.

3. Bon, paraît qu'il faudrait qu'on soit tous confinés, mais comme ça commence à nous coûter bonbon, c't'histoire de casse-tête chinois là, faudrait aussi que certains soient moins confinés que d'autres, le temps d'aller bosser quoi. Bon en tout cas, s'ils recommencent à produire des véhicules, faudrait pas qu'ils oublient les corbillards. Quelque chose me dit qu'il va y avoir de la demande, et mondiale encore.

4. C'est triste à dire, mais le premier tour des municipales maintenu alors même que le virus commençait à contaminer en série (et que le gouvernement le savait) justifie le bon vieux « élections piège à cons », ce qui rime d'ailleurs avec Macron, soit dit en passant.

Note : parfois, j'ai même pas envie de mettre une majuscule à « Macron » genre macron c'est juste un objet décoratif très bavard et potentiellement dangereux. Remarquez que le « hollande » lui, il n'est pas très décoratif ; par contre, il a un côté rigolo et puis quand on le met en mode « élection », il commence toutes ses phrases par « Moi, Président ». C'est marrant.

Note bis : Remarquez qu'on l'entend pas beaucoup le François. J'espère qu'il n'est pas malade au moins. Remarquez que je me demande où il en était dis le stock « stratégique » de masques, hein, on en avait combien alors, des masques, lorsqu'il était président à la place du président, François.

5. La culture donne des leçons de morale ; la nature des leçons de réalité.

6. Depuis que le pédagogisme (la petite entreprise à Meirieu) a réussi à convaincre le monde politique de jeter l'argent par les fenêtres en massifiant l'enseignement supérieur, il n'y a plus d'ouvriers agricoles en France. Du coup, en cas de crise majeure (dés fois qu'un virus hein), eh bin, savez quoi, les cultures pourrissent dans les champs.

Note : là bon je pousse le bouchon car paraît que suite à l'appel de Didier Guillaume, notre ministre de l'agriculture, des dizaines de milliers de Français ont accepté de devenir les saisonniers de ces temps bizarres où l'on sent bien que beaucoup de gens vont y laisser des plumes, « quoi qu'il en coûte » comme il a dit euh... machin.

7. « Emmanuel Macron, nouvelle étoile politique » : j'entends ça dans une rediffusion sur France Inter d'une émission sur VGE (Valery Giscard d'Estaing). En mars 2020, la nouvelle étoile est en passe de virer filante, la comète, satellite décati tombant en pièces détachées, fusée de feu d'artifice pour zozo d'carnaval, pétard mouillé, confettis d'affiche électorale, nom dans un manuel, conférencier au Canada.

8. Pour l'instant, c'est l'union nationale, tout le monde se serre les coudes et en avant ; mais d'ici quelques semaines, il y en a, ça va rapidement leur piquer dans le dos quand ils vont se retrouver à jouer les fusibles jusqu'au changement de compteur.

9. Un journaliste affirme qu'après la crise, - quand on sera pas tous morts -, les Français auront bien autre chose à s'occuper que de s'intéresser à la commission d'enquête parlementaire demandée par les Républicains. A la commission parlementaire, peut-être pas, mais s'ils pensent, nos techniciens du gouffre, s'en sortir dédouanés tout propres indemnes et aussi blancs que le lait dont on trait les vaches, m'est avis qu'ils se mettent le doigt dans l’œil jusqu'au contrôle routier.

- Pourquoi « contrôle routier », monsieur Houzeau ?

- Parce que ça me fait rire.

10. Gouverner est l'art de prévoir l'imprévisible. Pour n'avoir pas retenu cette maxime, le gouvernement actuel (mars 2020), eh bé il va bientôt tomber de haut et de tout son long encore.

11. « Si vis pacem, para bellum » : autre maxime que le « Mozart de la politique » (disait-on naguère et sans rire de Macron) n'a visiblement pas retenu de sa classe de troisième latiniste.
Le Mozart de la politique ! Tu parles d'un fifre à couacs oui, un désaccordé, un tout pisseux violon...

12. Un mauvais ouvrier se voit contraint d'emprunter les outils du voisin. Ainsi Macron appelant l'Europe à la rescousse.
Remarquez qu'il n'est pas le seul : il semble que l'homo politicus de base, quelle que soit sa nationalité, dès qu'il est élu, ne fait jamais qu'une chose : se moquer du pauvre monde.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 11 avril 2020.

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