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BREFS ET AUTRES
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17 août 2023

APPRENTISSAGE INGENIERIE COMPLOTISMES

APPRENTISSAGE INGENIERIE COMPLOTISMES

1.
Avec la politique de subvention massive de l'apprentissage, se dirige-t-on vers une éducation nationale dans laquelle l'apprentissage serait instauré comme un passage obligatoire pour bon nombre de lycéens (voire quasi tous dans les lycées professionnels) ? Dans ce cas, l'aide financière aux entreprises se comprend et est même souhaitable.

Mais est-ce vraiment le but du gouvernement ? Ce n'est pas si clair et certains craignent que l’exécutif tente de remplacer l'enseignement professionnel public par un archipel de formations privées, et, dans ce cas, la pérennisation de subventions aux entreprises pourrait être assimilée à du clientélisme, de l'interventionnisme abusif, voire du soviétisme, et serait source rapidement de bien des suspicions de favoritisme.

Pour être clair, oui, l'apprentissage est un bon outil de formation, et pourquoi pas, en effet, le subventionner par des aides financières allouées aux apprentis ainsi qu'aux employeurs, à la condition qu'il soit associé au secteur public de l'éducation nationale et ne devienne pas un moyen d'aider par des fonds publics le privé à fournir au privé une main d’œuvre bon marché.

Il ne semble pas non plus opportun d'obliger les enseignants des lycées professionnels à démarcher, via le « bureau des entreprises », les employeurs afin d'y caser le maximum d'élèves-apprentis. Les besoins existent, dit-on ; les aides aussi. C'est donc au secteur privé de se faire connaître auprès des établissements publics, et non le contraire. Ne transformez pas des profs de lettres en VRP du marché de l'emploi.

2.
Si, comme on le murmure, le nouveau variant du covid, le dénommé Eris (divinité de la discorde dans la mythologie grecque) est plus contagieux encore qu'Omicron, et surtout plus dangereux, alors, dans ce cas, bien des plans sur la comète de bien des pays risquent bien de faire plouf plouf pataplouf.

Ceci dit, le covid n'a pas disparu ; il est devenu, pour la majorité de la population, une sorte de rhume. Je suppose que j'ai dû choper Omicron comme j'ai chopé toute une série de virus hivernaux qui ne m'ont pas plus atteint que ça (un peu de fatigue, état vaguement fébrile, patraque deux jours et voilà tout). En conséquence, je ne vois pas pourquoi Eris serait plus dangereux, et oui, on peut mourir de la grippe, ou d'un « coup de froid ».

3.
Tout le monde se souvient du sommet du G8 de 2007 à Heiligendamm (Allemagne) et du Sarkozy visiblement mal à l'aise. C'est un secret de polichinelle que Poutine a clairement cherché à effrayer Sarkozy, et y a réussi, puisqu'une fois revenu à Paris, Sarkozy a décidé du retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l'OTAN (ce qui fut fait début 2009).
Pour ce qui est de Merkel, Sarkozy devrait éviter de la citer en référence, vue la façon, certes abusée par les manigances de Schröder, dont elle a laissé l'Allemagne dépendre des exportations de gaz et de pétrole russes. Bref, Sarkozy a parfois été une sorte de Daladier ou de Chamberlain.

4.
15 et 16 août 2023. Zoé Sagan fait des révélations sur Twitter. C'est-à-dire que l'entité Zoé Sagan jette en pâture à ses lecteurs un certain nombre de noms dont elle suggère qu'ils auraient un rapport plus ou moins lointain, plus ou moins clair, avec l'affaire Epstein. Elle prétend, l'entité Zoé Sagan (il paraît que Zoé est en fait un homme) et bien des commentateurs avec elle, que dans l'affaire Epstein, le gouvernement français savait et n'a rien fait. C'est possible. Comme pour les services américains, anglais, probablement pas mal d'autres.

Il n'est pas difficile de comprendre que la prostitution, et plus généralement ce qui touche aux mœurs, fait partie de l'arsenal des moyens utilisés par la majorité des Etats (sinon tous, ou quasi) pour « fluidifier le dialogue » (ça ne suffit pas, je pense mais ça peut aider), ou faire pression (ça rentre dans les formes de chantage, de kompromat, Poutine et Trump, dit-on, en savent quelque chose). Donc, plus que probable que le Epstein a été manipulé, utilisé, employé par de nombreux services, de plus ou moins bon gré, peut-être en étant rétribué, peut-être pas, et sans doute est-ce pour cela, pour solde de tout compte, qu'on l'a retrouvé pendu dans sa cellule.

Zoé Sagan imagine que ses « révélations » sèmeraient la panique à Saint-Tropez (?), chez les avocats de l'Elysée (?) et de CanalPlus (?). C'est ce que l'entité Zoé Sagan écrit Je ne sais pas, mais si Zoé Sagan représentait vraiment un danger pour la sécurité de l'Etat, ça fait longtemps déjà qu'on l'aurait fait taire. Si tout cela n'est pas de la fiction pure et simple, ou une diversion (mais décidée par qui ? Et dans quel but?), restent les noms cités. Y aura-t-il avalanche de procès en diffamation ?

5.
Les complotistes sincères (il y en a quand même quelques-uns dans le flot des manipulateurs, des bots et des trolls) sont parfois au départ des gens choqués. Des personnes qui, constatant que la société dans laquelle ils vivent (la démocratie libérale) n'est pas celle qu'on leur avait vendue à l'école primaire ou au catéchisme, en viennent à admirer la pureté des totalitarismes, sans voir que la corruption et la violence y sont bien pires que dans nos démocraties complexes, agitées de débats sans fin et de désirs contradictoires et dans lesquelles ils se sentent si mal.

6.
Twitter est une merveille de l'ingénierie sociale. Donnant la parole à ceux qui ne se sentent représentés ni par la droite classique, ni par la gauche conventionnelle, le réseau permet à tous ceux qui, à tort ou à raison, se sentent exclus, victimes, incompris, méprisés, voire rejetés, de se défouler par l'écrit et le sentiment gratifiant qu'ils seront approuvés par quelqu'un. C'est plutôt une bonne chose car cela permet de canaliser, fixer, cristalliser les mécontentements.
Bien entendu, bon nombre de délires complotistes y prospèrent et les fake news s'y multiplient, et s'il y a des victimes, il y a aussi des bourreaux qui s'y expriment, soit par pur cynisme, soit pour y chercher une légitimité (y compris à leurs propres yeux), des gens dangereux aussi, des déséquilibrés, des borderlines, des manipulateurs, des agents au service d'intérêts puissants (sectes, lobbys, partis politiques, Etats...).
Bref, Twitter est un bouillon de culture et mérite donc attention et observation.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 août 2023.

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17 août 2023

RALENTISSEMENTS

RALENTISSEMENTS

1.
Visiblement, l'heure est aux économies sur Radio France. Beaucoup d'émissions diffusées et rediffusées le lendemain ou le jour même. Ce qui m'inquiète, c'est surtout France Culture avec de plus en plus d'émissions contaminées par le prédictif et la moraline. Le samedi soir, naguère, il y avait une fiction (l'épatant « Samedi noir ») suivie du non moins épatant « Mauvais genre ». Maintenant, on vous saoule avec des émissions sur la pédagogie qui ennuient, voire énervent (on y raconte quand même pas mal de sottises). Bref, m'étonnerait pas que le but soit de faire baisser l'audience de France Culture afin de pouvoir s'en débarrasser, c'est un vieux truc utilisé par bien des pouvoirs locaux : une programmation bien ennuyeuse, une baisse de la fréquentation et voilà qui justifie la suppression d'une troupe de théâtre, d'un orchestre, voire la fermeture d'une salle de spectacle.

2.
Possible qu'il arrive à Poutine ce qui est arrivé à Hitler qui imaginait des contre-attaques avec des divisions détruites depuis des semaines. Poutine croit qu'il suffit de dire « Je vais annexer l'Ukraine » pour l’annexer et « je veux un rouble fort » pour ressusciter sa monnaie.

3.
15 août 2023. D'après le site zone bourse, la Banque de Russie remonte son taux directeur de 8,5 à 12%. C'était attendu. Cela sera-t-il suffisant pour endiguer la chute du rouble plombé par les difficultés de la production, la baisse des revenus pétroliers, une défiance généralisée ?

Entre la peste de l'inflation et le choléra d'un ralentissement de l'économie, en augmentant son taux directeur, la Russie choisit le choléra. Or, l'armée russe est bloquée à l'est de l'Ukraine et doit se défendre d'une offensive ukrainienne qui n'a fait que commencer.

4.
En raison des avancées technologiques et de l'importance du renseignement, il est possible que le temps des blitzkriegs et des campagnes-éclairs soit révolu (sans doute ce genre d’exploits fut-il le plus souvent lié à des circonstances et des officiers d’exception).

Que la contre-offensive ukrainienne semble marquer le pas n'est pas étonnant. Une telle campagne sur un front aussi vaste peut demander des mois avant de donner des résultats probants. Mais une fois que les défenses russes seront enfoncées, la défaite politique et économique de Poutine suivra les revers de son armée en Ukraine.

5.
Entendu ce matin sur France Inter qu'un étudiant d'une de nos grandes écoles (fabriques à technocrates dans le meilleur des cas mais aussi, parfois, à parasites, voire à complotistes douteux) aurait fait la remarque en plein cours que « plus personne ne s'intéressait à la guerre en Ukraine », ou quelque chose dans ce goût-là.

Si cela est vrai qu'il a dit ça hein, outre que l'on peut se demander si cet étudiant a bien sa place dans une grande école, cette remarque est très sotte.

L'Occident se soucie bien sûr de l'avenir de l'Ukraine et il ne faut pas être sorti de polytechnique pour comprendre qu'une victoire de Poutine signifierait que le déclin des démocraties serait illico enclenché. L'avenir de l'Europe, et donc de l'Occident, est lié à l'avenir de l'Ukraine. Il faut donc aider les Ukrainiens à vaincre les armées de Poutine. Nous n'avons pas d'autre choix.

6.
Les complotistes s'agitent beaucoup sur twitter. Il s'agit soit d'une nouvelle phase de la guerre hybride (volet déstabilisation de l'Occident), soit ça commence à douter vraiment de la victoire dans les hautes sphères de la Russie à Poutine.

7.
Agitation stérile autour d'une éventuelle candidature de Darmanin aux présidentielles 2027. Ça ne se fera pas. La gauche n'en veut pas. Les électeurs de droite lui feront payer son ralliement à Macron en 2017. Son passé, à tort ou à raison, le rattraperait.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 août 2023.

15 août 2023

LE ROUBLE DEGRINGOLE QUE VA FAIRE NABIOULLINA ?

LE ROUBLE DEGRINGOLE QUE VA FAIRE NABIOULLINA ?

1.
14 août 2023. 15 heures 15. 1 euro = 109,9 roubles. Le dollar a franchi la barre symbolique des 100 roubles (102 roubles) pour 1 dollar. Je ne pense pas que les nouvelles en Russie soient aussi bonnes que les pro-Poutine le prétendent.

Les courbes de la semaine jusqu'à 5 ans sont très claires : la tendance du rouble est à la baisse constante et continue : les efforts de Elvira Nabioullina ont évité le pire après l'échec retentissant et sanglant des troupes de Poutine devant Kiev en mars 2022, mais les mesures prises ne peuvent être que provisoires. En d'autres termes : l'Occident continue de s'enrichir et la Russie de s'appauvrir.

2.
Le conflit russo-ukrainien nous rappelle qu'une guerre conventionnelle nécessite beaucoup de technologie mais aussi beaucoup de personnels. Ce fut sans doute une erreur de penser que la technologie allait compenser une baisse des effectifs mise en œuvre plus par souci d'économie, voire par pure démagogie, que par réelle réflexion stratégique. En conséquence, je me demande si les pays européens, et donc la France, ne vont pas être obligés d'en revenir à la conscription et donc au service militaire. Pour ce qui est de la France, peut-être vaudrait-il mieux abandonner tout de suite le gadget SNU et en revenir à une formation militaire de base dispensée à l'ensemble d'une classe d'âge.

3.
Une réunion du conseil d'administration de la Banque de Russie se réunira mardi 15 août au matin. Certains pensent que pour endiguer une inflation qui pourrait s'accélérer suite à la chute du rouble, la banque centrale pourrait une nouvelle fois relever son taux directeur.

Cette nouvelle hausse du taux directeur pourrait ralentir encore une production déjà impactée par les sanctions et ralentir les investissements, sans compter que l'effet sur le taux de change du rouble n'est pas si assuré. Qui donc peut avoir confiance dans la monnaie d'un pays qui, pour ne pas perdre une sale guerre engagée par ses dirigeants (Poutine et son gang), est obligé d'entretenir un climat de peur en Ukraine en bombardant les populations civiles tout en envoyant se faire massacrer plusieurs centaines de soldats russes par semaine pour défendre un front du sud et de l'est de plus en plus menacé ?

4.
Le massacre des enfants ukrainiens par les brutes décérébrées de l'armée de Poutine et de son gang, voilà pourquoi les démocraties libérales, l'OTAN et la Triade doivent continuer à soutenir l'Ukraine et le président Zelensky jusqu'à la défaite de la Russie.

5.
Il y a beaucoup d'incendies en Russie. Beaucoup. Et qui font vraiment beaucoup de dégâts. Se pourrait-il qu'une nuit l'un de ces incendies mette vraiment les Russes en colère et qu'ils aillent demander en masse des comptes à leurs dirigeants ?

6.
Il se dit en Occident que le Kremlin s'impatiente et que Poutine exigerait un rouble fort. Je suppose que dans la tête de certains membres du conseil d'administration de la banque de Russie, elle tournera en boucle la phrase : « Gagne d'abord ton opération spéciale à la noix, paysan, et le rouble suivra ».

Patrice Houzeau
Malo, le 15 août 2023

11 août 2023

LE ROUBLE DEGRINGOLE LES EXPERTS TERGIVERSENT

LE ROUBLE DEGRINGOLE LES EXPERTS TERGIVERSENT

1.
9 août 2023 ; 13 h. en France, on court vers 1 euro = 107 roubles, eh oui. La valeur de sa monnaie, au Poutine, dégringole, dévisse, chute.

Sa sale guerre en Ukraine va le ruiner, lui, la mafia russe et les Russes. Il faut être drôlement naïf pour s'imaginer que la Russie puisse vaincre l'OTAN, l'UE et les Etats-Unis.

2.
Paraît que Bruno Le Maire, devant faire des économies, s'apprêterait à puiser dans les réserves de certains organismes publics. Question, en passant, est-ce que cette razzia sur le grisbi concernerait aussi les fonds du GIP-FCIP et donc l'éducation nationale ?

3.
Août 2023. Tout le monde, il est content : les baleines parmi les entreprises de France ont augmenté leur bénéfices (enfin, pas toutes, ArcelorMittal et Altice - Patrick Drahi est-il un nouveau Bernard Tapie? -, c'est pas trop la joie en ce moment, hein). Or, le paupérisme galope et la consommation baisse. Ce qui signifie clairement que les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Ça s'appelle la macronie.

4.
Investisseurs, marchands, banquiers qui investissez encore en Russie, réveillez-vous. Poutine a signé l'arrêt de mort de la Russie le 24 février 2022 en tentant d'envahir l'Ukraine. Poutine ne peut pas gagner et l'économie russe va à vau-l’eau.
Investisseurs, marchands, banquiers qui investissez encore en Russie, reprenez vos billes avant qu'elles finissent fondues dans l'acier de canons aussitôt détruits par les armes de l'Occident.

5.
Vous vous demandez encore comment enseignants et syndicats ont pu laisser se dégrader nos métiers à ce point ? Nous connaissons pourtant la réponse depuis longtemps : cela s'appelle la « fluidification sociale », même que certains appellent cela « corruption ».

6.
Août 2023. L'affaire « Civitas » qui a éclaté après les propos stupides et scandaleux de Pierre Hillard (« il faudrait en revenir à la situation d'avant 1789 », dit l'antisémite) fait désormais de cet idéologue complotiste un adversaire de Zemmour, et donc un proche du Lepénisme dans sa tendance antijudaïsme, mais surtout, devrait plaire aux royalistes. Bref, l’extrême-droite se déchire. Méchamment.
Je laisse de côté la thèse de l'infiltration qui aurait pour but de faire dissoudre Civitas de l'intérieur en incitant certains de ses cadres à tenir publiquement des propos inadmissibles. Je ne l'écarte pas tout à fait ; Macron craint des jours agités et veut visiblement faire le ménage.

7.
Je ne suis bienveillant que quand ça m'arrange, mais n'ayant aucune poids social, je ne fais de mal à personne. Ceci dit, je n'ai que mépris pour la plupart des politiques, et des crachats en réserve pour certains.

8.
Dans le réel, le monde tel qu'il est, la stratégie doit être synchronique et non diachronique. Il faut vaincre Poutine parce que Poutine menace clairement les démocraties libérales ainsi que la paix mondiale. Les généalogies des événements sont affaires d'historiens. A trop s'y pencher, l'Occident finit par y perdre le fil et se tétaniser. Il en est de même pour l'Afrique. A trop remuer le passé et chercher qui est coupable de quoi pourquoi comment, on finit par rester dans la bibliothèque, à se quereller entre experts pendant que le djihadisme et la Russafrique progressent. Le jour où ils mettront le feu à la bibliothèque, il sera trop tard pour agir.

Ce n'est pas avec une bibliothèque que l'on arrête une division blindée, et donc « Si vis pacem, para bellum ». Méfions-nous des généraux qui ont le culte de l'Histoire.

Ce n'est pas au nom de la Sainte Russie qu'il fallait combattre l'empire soviétique, mais parce que le communisme d'Etat est un système anti-démocratique, autoritaire, menaçant et économiquement inefficace (la Chine étant le seul pays communiste ayant adopté l'économie de marché, elle est donc à la fois anti-démocratique, autoritaire, riche et menaçante).

9.
Vendredi 11 août 2023. 10 heures 15 en France. 1 euro = 107, 50 roubles. Ceux qui pensent que le rouble pourrait être un bon investissement se trompent : les perspectives de l'économie russe ne sont pas bonnes, notamment en ce qui concerne les secteurs de l'énergie et de la banque.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 août 2023.

25 juillet 2023

ETE 2023 GUERRE EN UKRAINE REMANIEMENT EN FRANCE

ETE 2023 GUERRE EN UKRAINE REMANIEMENT EN FRANCE

1.
22 juillet 2023. Philippe Meirieu, par ailleurs très bon vulgarisateur de l’histoire de l’éducation nationale et des théories et pratiques pédagogiques, dès qu’il se mêle d’être prescriptif et plus encore quand il politise son discours, écrit souvent n’importe quoi. Ce n’est pas nouveau. Ainsi, il explique le départ de Pap Ndiaye du gouvernement par l’influence de l’extrême-droite. C’est faux. Que je sache, on ne peut pas dire que l’année 2022-2023 a été une réussite : manque récurrent d’enseignants, mise en œuvre du bac Blanquer et donc année terminée aux vacances de Pâques, échec de la mise en place du Pacte… Syndicats et enseignants avaient prévenu et Pap Ndiaye s’est réveillé en juin 2023. Un peu tard...

2.
Contrairement à ce qu’a dit Pap Ndiaye lors de son discours de départ du ministère le 20 juillet 2023, en période de crise aiguë, la politique de l’éducation nationale n’est pas plus une affaire de temps et de long cours que celle des finances, de la défense, de l’intérieur ou de la santé.

Il faut savoir réagir et vite. Prendre son temps pour peaufiner des réformes sur dix ans, c’était possible dans les années 70 et 80. Depuis que la crise s’est accélérée, fragilise et menace maintenant la stabilité des démocraties libérales, il faut savoir faire les deux : penser en termes de loi de programmation mais aussi savoir pallier les incidents imminents.

Pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre combien la réforme Blanquer était sotte. Syndicats et enseignants avaient prévenu. Pap Ndiaye n’a pas su réagir à temps, même s’il a eu l’honnêteté de reconnaître début juillet 2023 que tout n’allait pas pour le mieux (c’est le moins que l’on puisse dire).

Je n’apprécie pas spécialement le président Macron, mais il faut lui reconnaître une très grande puissance de réaction. C’est pour cette raison, je pense que le président, en remaniant, a choisi un gouvernement beaucoup plus technique, technocratique. Je ne sais pas si Gabriel Attal sera plus pertinent que Pap Ndiaye à l’éducation nationale, mais il y sera certainement politiquement plus efficace.

3.
Non, le SNU n’est pas une tentative de militarisation de la jeunesse. D’après ce que je sais, aucune formation au maniement des armes n’y est dispensée, ni même aucune formation à la défense, fût-elle passive.

Par contre, que le SNU soit une tentative de formatage idéologique ne fait aucun doute. Mais le plus scandaleux est que le gouvernement l’associe administrativement à l’éducation nationale, ce qui dans la perspective d’une généralisation (qui n’aura pas lieu, obstacles, nécessités économiques et défiances l’empêcheront) signifie que le SNU pourrait, à terme, rentrer dans les obligations du cursus scolaire.

4.
Les frappes ukrainiennes sur la Crimée rappellent que les Ukrainiens la considèrent comme terre occupée par les Russes et donc à libérer. Très difficile, sinon impossible, d’imaginer des négociations qui se solderaient par une partition de l’Ukraine. Le pont de Kerch est condamné.

5.
Un journaliste russe meurt des suites de ses blessures. Il aurait été tué suite à l’emploi d’une bombe à sous-munitions par les forces ukrainiennes. Les Russes, qui assassinent chaque jour, chaque nuit, feignent de s’indigner. Masques à crachats.

6.
On dit Poutine paranoïaque. Ou en tout cas, il craindrait vraiment d’être assassiné, et en particulier par empoisonnement. Le serpent dans l’assiette, cela pourrait arriver. Poutine mourra-t-il dans son lit ? Pas sûr.
Peut-être finira-t-il vieillissant, désavoué, sans plus aucun pouvoir et enfermé dans quelque palais, n’osant plus sortir pendant que l’armée russe gérera le pays et négociera avec l’Occident les conditions de la réhabilitation de la Russie.

Poutine finira-t-il :
- en prison ?
- assassiné ?
- dans son lit, très vieux, sénile et bavant ?

7.
24 juillet 2023. Tensions mondiales sur les prix du blé, du riz, du cacao. En France, hausse au 1er août des prix de l'électricité. Le covid et la sale guerre de Poutine en Ukraine auront eu raison de la « mondialisation heureuse », qui apparaît de plus en plus comme une illusion technocratique.

8.
Twitter était, et est encore, un formidable espace de liberté d’expression, facile d'accès et d'usage, gratuit et efficace, bref, une preuve de plus que les USA sont une belle et grande démocratie. Il se dit que Elon Musk voudrait en changer l'esprit, et même le nom, et en faire un service payant et sans doute moins facile à utiliser. Dommage.

9.
Quand la police tue et que les voyous tuent aussi, ça s'appelle un western non, le far-west ?

10.
Entendu le président Macron causer dans le poste le 24 juillet 2023, en particulier sur l'éducation : « 8heures-18heures » (mazette, les gamins vont devenir dingues), « devoirs faits », PACTE, formations en dehors des heures de cours (et donc pendant les vacances, à cause des emplois du temps de chaque enseignant), réforme de l'enseignement professionnel (attention, danger!). Il est ambitieux, le Macron concernant l'école. Le souci, c'est qu'il n'a pas assez d'enseignants pour faire tout ça, et pas l'argent non plus, sauf à alourdir toujours plus la dette publique pour ses lubies.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juillet 2023.

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21 juillet 2023

MANOEUVRES ET REMANIEMENT

MANŒUVRES ET REMANIEMENT

1.
19 juillet 2023. 17 heures. Le rouble continue sa chute : 1 euro = 102,49 roubles (1 rouble = moins d’un centime d’euro). Baisse des indices boursiers russes. L’économie russe finira-t-elle dans une brouette ?

2.
Il se dit que dès le jeudi 20 juillet 2023, la Russie considérera tout navire en route vers les ports ukrainiens (on pense à Odessa) comme un potentiel navire militaire. Quelque chose mijote en coulisses. Poutine prendra-t-il le risque de couler un bateau d’un pays membre de l’OTAN ? (on pense à la Turquie) Est-ce un test ? Et jusqu’où l’Etat-major russe veut-il le pousser ?

3.
En mettant fin à l’accord de juillet 2022 avec l’Ukraine, la Turquie et l’ONU sur le transport des céréales, Poutine tenterait-il de relancer le cycle inflationniste mondial ? Possibles tensions à venir sur les prix du blé, et donc sur les prix de la farine et du pain, pénurie possible d’huile de tournesol (Ukraine et Russie = 60% de la production mondiale) et, par extension, pénurie des autres huiles. Redémarrage possible de l’inflation en France, en raison de l’augmentation des prix de l’électricité et du gaz, et des taxes prévues par le gouvernement à la rentrée de septembre (alcools, tabac sans doute, et autres probablement…).
Note : si l’accord céréalier n’est pas prolongé, et qu’il y a hausse des prix du blé et des huiles, sachant que la Côte d’Ivoire a décidé de suspendre ses exportations de cacao (dont les prix s’envolent), en plus des surcoûts énergétiques, pour la boulangerie et la pâtisserie (entre autres), des soucis sont à craindre.

Le mécanisme est connu : taxes et pénuries entraînent des hausses de prix qui sont répercutées par les intermédiaires sur le coût des transports et peuvent impacter les coûts de production. Il se peut aussi que la baisse de consommation induite par les hausses de prix entraîne des baisses de production et donc une hausse des taux de chômage. Le président Macron a du souci à se faire.

Question : si Poutine maintient ses menaces sur le transport céréalier et les ports ukrainiens, se pourrait-il que l’UE prenne des mesures très fermes (une sorte de « Patriot Act » à l’échelle européenne) visant les avoirs et intérêts russes en Europe ? 
Ou, au contraire, UE et Etats-Unis négocieront-ils en coulisses avec les Russes pour alléger le poids de certaines sanctions, voire permettre à l’agriculture russe de renouer avec le système de payement SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) en échange d’un prolongement de l’accord céréalier de juillet 2022 ?

En tout cas, si le président Zelensky et les forces armées ukrainiennes arrivent à débarrasser le monde de la menace Poutine, nul doute que nous lui devrons une fière chandelle.

4.
20 juillet 2023. Je l’avais écrit, il y a déjà longtemps, que Pap Ndiaye ne resterait pas longtemps au ministère de l’éducation nationale. Il ne faisait visiblement pas le poids. Gabriel Attal le remplace ; ah, c’est autre chose. Macroniste de combat, il se peut qu’il rentre au ministère de l’éducation nationale pour mettre en œuvre des mesures techniques qui ne plairont peut-être pas aux enseignants, lesquels, je pense, ne se font plus guère d’illusions.

Que Gabriel Attal ait fait ses études dans le privé, peu m’importe. C’est pure mesquinerie que de le lui reprocher. Qu’il soit attaché à l’école privée, personnellement, je n’y vois rien à redire, à condition qu’il n’oublie pas que le service public est à la fois l’âme et le fer de lance de l’éducation nationale.

Je n’oublie pas non plus que Gabriel Attal a parlé il y a quelques jours d’efforts que les Français, étant donnée l’ampleur de la dette, seront obligés de faire. Je constate ensuite, c’est sur LCI, que Guillaume Roquette, du Figaro Magazine, n’y connaît absolument rien au métier d’enseignant (ça ne l’empêche pas de dire des sottises). Ensuite, le Mariani parle. Je ne l’écoute pas ; je n’écoute pas les valets de Poutine.

5.
En avril, nous avions cru comprendre que le président Macron avait donné rendez-vous aux Français le 14 juillet pour faire le bilan des 100 jours suivants l’après et âpre lutte politique dite de la « réforme des retraites ». Le 14 juillet, il ne nous a pas parlé. Interrogé par des journalistes, il a promis, dit-on, une prise de parole pour les jours suivants. Le 20 juillet 2023, les Français attendent. Le président Macron nous mépriserait-il ?

21 juillet 2023 : Macron s’exprime en direct du palais de l’Elysée à partir de 11 heures 26, juste avant le premier conseil des ministres post-remaniement, et dit en gros que ça va, ça va bien et que y a du boulot, mais que demain ça ira encore mieux (poil aux yeux).

6.
Si Gabriel Attal a été promu ministre de l’éducation nationale pour tenter de faire avaler aux enseignants la couleuvre du SNU, à mon avis, il va rapidement tomber sur un os.

Selon l’inspection générale, la généralisation du SNU coûterait entre 2 et 3 milliards d’euros (source : LCP) Pour l’instant, il ne coûterait que « 150 millions ». Entre 2 et 3 milliards d’euros ! Pour rappel : la dette de la France se monte à 3000 milliards d’euros (eh oui). Faudrait penser à faire des économies. La suppression du SNU serait un bon signal.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 juillet 2023.

16 juillet 2023

DE L'ABSOLU DU MAL

DE L'ABSOLU DU MAL

1.
Je lis dans « Prolégomènes à la charité », de Jean-Luc Marion, que « le mal s'éprouve absolument ».
Il y a donc un absolu du mal.
Ce mal concerne chacun d'entre nous, chacun, c'est-à-dire chaque conscience particulière, chaque singularité que, communément, l'on appelle « individu ».
Le mal est un absolu qui menace le particulier. En cela, le mal entretient avec le vivant un lien particulier, singulier.
D'où des réactions différentes selon les individus au mal qui les atteint.
La politique a pour objet d'apporter des réponses collectives au mal qui concerne chacun. En cela, l'Etat tend à se constituer en « contre-mal » (l’expression est de Jean-Luc Marion) en absolu du légitime face à l'absolu du mal. D'où la multiplicité des différences d'appréciation entre perceptions individuelles et la nécessité d'une réponse administrative.
La crise du covid a vu éclater au grand jour cette dichotomie. Les crises sont les moments qui révèlent les gouffres creusés entre perceptions individuelles et réponse collective.
C'est le rôle des oppositions politiques d'attirer l'attention sur l'injustice qui est faite aux cas particuliers insuffisamment pris en compte par la réponse collective.
L'idéal étant évidemment une réponse « au cas par cas ». Mais l’État ne peut guère faire dans la dentelle. Ce n'est donc généralement pas en amont que cette dichotomie est réduite mais en aval, via les leçons de l’expérience et la jurisprudence.

Citation :
« Le mal s'éprouve absolument comme le seul fait indiscutable, en deçà de toute illusion, dispensé de preuve et d'argument. Le mal qui me fait mal ne trompe, lui, jamais. »
(Jean-Luc Marion, « Prolégomènes à la charité », Éditions de la Différence, 1986, p.13)

2.
Plus la voix des oppositions se fait entendre, plus grandit le sentiment que nous vivons une crise aiguë. C'est donc dans les démocraties, où les oppositions peuvent librement s’exprimer, que le sentiment de « l'urgence de la situation » semble le plus grand.
Ce qui ne veut pas dire que ce sentiment n’existe pas dans les régimes autoritaires. On peut penser que bien des Russes sont conscients de la gravité de la crise dans laquelle Poutine les a plongés en lançant sa sale guerre en Ukraine, mais, comme on sait, en Russie, les oppositions ne peuvent guère s’exprimer librement.

3.
Le but des complotismes, contrairement aux oppositions légitimes des partis et des syndicats, n'est pas de réagir à une réponse de l'Etat jugée inappropriée, mais de considérer l'Etat libéral comme étant lui-même un absolu du mal.
En cela, les complotismes ne sont pas des oppositions légitimes mais une manifestation d'un mal qui s'attaque à la légitimité démocratique.
Dès lors, on ne s'étonne plus que la majorité des tenants du complotisme soit liée à une extrême-droite qui se caractérise par le négationnisme (qu'il soit anti-vaccin, jusqu'à remettre en doute l’existence même du covid, climato-sceptique, et autres vues de l'esprit) mais aussi par un soutien appuyé au régime autoritaire de Poutine (jusqu'à nier, ou excuser, les crimes de guerre commis en Ukraine par les troupes d'occupation russes).

4.
Les Français pro-Poutine qui veulent la destitution de Macron me rappellent les Français qui disaient « plutôt Hitler que Blum ». Ce ne sont évidemment pas des patriotes, ni des résistants. Ce sont des collabos dans l'âme.

5.
Prigojine a-t-il été liquidé par Poutine ? Il me semble que s'il était mort, on le saurait, non. ? La rumeur court sur twitter, de même que celle d'une non-reddition de certains éléments de Wagner (vidéo à l'appui d'un certain Berserk). Désinformation ? Manipulation ?

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juillet 2023.

13 juillet 2023

LA PATEE DE POUTINE SERA LE CAVIAR DE MACRON

LA PATEE DE POUTINE SERA LE CAVIAR DE MACRON

1.
12 juillet 2023. J'entends sur France Info que le nombre de faillites des petites entreprises remonte en flèche dans le commerce et la construction. La crise immobilière en cours, on n'en parle pas tellement. Elle pourrait pourtant faire des victimes. Beaucoup. Le gouvernement va devoir de nouveau débloquer des aides. Ils disent le contraire, mais l'endettement ne pourra se comprendre que si des économies sont faites dans les services publics. C'est la raison pour laquelle faudrait vraiment en finir avec la sale guerre de Poutine en Ukraine. Faut lui mettre la pâtée, au Poutine. D'autant que d'autres soucis se profilent : surpopulation, accélération des migrations, réchauffement climatique, troubles sociaux (eh oui). Eviter une augmentation des prélèvements, je sais vraiment pas comment qu'il compte faire, Bruno Le Maire.

2.
12/07/2023. Les officiels russes (Peskov, Lavrov, Medvedev et toute la mafia que Poutine tient dans sa main) blablatent blablatent blablatent. Ils feraient mieux de s'inquiéter du rouble qui ne vaut plus grand chose : 1 euro = 100, 69 roubles ; 1 dollar = 90,50 roubles.

3.
Maintenant que tout le monde se rend compte que la réforme Blanquer a été une très grande ânerie, je n'ai qu'une chose à dire : comment appelle-t-on l'auteur d'une très grande ânerie ? Hein ? Je ne vous le fais pas dire.
N'empêche, quand on pense aux enseignants qui ont alerté, se sont fait traiter de zôtres par l'aut' bienveillant, ont fait grève et perdu de l'argent, on se dit que le Blanquer s'est bien foutu de nous.

Donc, si j'ai bien compris, le Blanquer avait généralisé le contrôle continu parce que l'organisation des épreuves nationales du baccalauréat coûtait trop cher (on ne rit pas, ça faisait partie des éléments de langage d'alors).
Avec les sous économisés, la Macronie a mis en place le SNU (qui coûte des sous et qui ne marche que parce qu'on nous le dit). Pap Ndiaye reconnaît maintenant que le contrôle continu pose un certain nombre de problèmes : « équation complexe » qu'il dit sans rire. Mais non, c'est simple comme un syllogisme :
Le contrôle continu, c'est plus économique que le ponctuel, mais c'est moins fiable.
Or, le SNU, c'est pas terrible et ça coûte.
Donc, supprimons le SNU et utilisons l'argent économisé pour restaurer un baccalauréat digne de ce nom.

4.
12 juillet 2023. En économie, la confiance, dit-on, est essentielle. Il s'avère que les chiffres des pertes ukrainiennes donnés par Choïgou (incompétent notoire) sont extravagants. Or, si les Russes mentent sur la réalité de l'échec de leurs troupes dans la sale guerre de Poutine en Ukraine, ils peuvent tout autant mentir aussi sur l'état réel de leur économie.

5.
On évoque régulièrement une possible réforme constitutionnelle qui permettrait à Macron de se présenter aux présidentielles 2027. Personne ne sait si c'est la volonté du président. S'il ne le souhaite pas, les résultats des élections de 2027 pourraient être assez aléatoires.
La gauche dominée par la LFI ne remportera pas ces élections. Marine Le Pen pourrait, mais elle gagnerait de justesse et sans l'assurance d'une majorité parlementaire. Tout dépendra donc d'un éventuel candidat LR un peu crédible (ce qui n'est pas gagné) ou d'une alliance du peu populaire Renaissance, du centre de Bayrou, du LR, et du groupe Horizons. Soit une alliance, soit la création d'un nouveau parti de centre-droit.
Tout dépendra sans doute de l'état économique du pays en 2026-2027. Une victoire de l'Ukraine sur la Russie favoriserait cette alliance ou une réélection de Macron. A condition, bien sûr, qu'une nouvelle crise d'ampleur mondiale n'éclate pas d'ici là...

6.
13 juillet 2023. Paraît que Lavrov agite, une fois de plus, la menace nucléaire en cas de déploiement de F-16 dans le ciel ukrainien. Pipeau. Tout l'enjeu de la dissuasion est de persuader l'adversaire que l'on n'hésitera pas, au besoin, à utiliser l'arme nucléaire.
En cas d'attaque nucléaire russe, la riposte des Etats-Unis et de l'OTAN serait immédiate, massive et destructrice. Poutine le sait. Nous le savons tous. L'Occident ne se laissera pas impressionner par une poignée de mafieux.
Je lis que Lavrov aurait déclaré aussi « qu'il n'y aura pas de retour aux relations antérieures avec les pays inamicaux. » Apparemment, les Russes restent persuadés qu'ils vont gagner une guerre qu'ils ont déjà perdue.

7.
L'un des grands soucis à venir, c'est que l'endettement massif des pays occidentalisés induit par la crise Covid, la crise énergétique, la sale guerre de Poutine en Ukraine, la relance des politiques de réarmement, la constante nécessité des investissements finisse par être déconnecté des marchés. En clair, la spéculation sur la dette, (en raison de la différence qu'il pourrait y avoir entre résultats attendus et bénéfices réels), pourrait s'avérer de plus en plus risquée : défaillances d'entreprises, crise immobilière, crises sociales à répétition, instabilité de l'Afrique, concurrence et menaces persistantes de la Chine...

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juillet 2023.

11 juillet 2023

OUEST RENFORCÉ EURASIE HYPOTHETIQUE SUD DIVISÉ

OUEST RENFORCÉ EURASIE HYPOTHETIQUE SUD DIVISÉ

1.
Poutine est un dieu. Le réel lui échappe. Il prend la forme des armes pour s'imposer et mille voix pour mentir (comme le font les dieux). Les humains finiront par le congédier. Et ses voix se tairont.

2.
Ceux qui disent que la contre-offensive ukrainienne patine ne savent pas ce qu'ils disent. L'armée ukrainienne a mis en échec l'armée russe en la bloquant dans l'est et le sud. Reprendre ces territoires signifie passer champs de mines et lignes de défense. Cela prendra du temps et hélas, coûtera cher en vies humaines. La décision prise par le président Macron de livrer à l'Ukraine des missiles SCALP (version française du Storm Shadow) est une bonne décision. Que cela inquiète les collabos pro-Poutine français (la tête qu'ils tirent, les compromis!) signifie que tout le monde sait que chaque jour qui passe rapproche de la chute inéluctable du régime de Poutine.

3.
Si l'Ukraine réussit à remporter la victoire (libération des territoires occupés par les Russes) avant 2027 (ce n'est pas impossible) et si les négociations pour la reconstruction de l'Ukraine remplissent les carnets de commandes des entreprises françaises, alors le président Macron pourrait décider d'une révision constitutionnelle qui lui permettrait d'envisager un troisième mandat, d'autant que la défaite inéluctable de Poutine desservira et le RN et la LFI, et que les partis républicains n'auront sans doute pas plus qu'en 2022 de candidats crédibles à présenter.

4.
Les entreprises occidentales qui continuent de travailler en Russie, alors que la défaite de Poutine est désormais inéluctable et que l'économie russe rentre dans une zone critique, vous rendez-vous compte que la reconstruction de l'Ukraine pourrait se passer de vous ?

5.
11 juillet 2023. On évoque des incursions ukrainiennes à Bakhmut et la reprise de contrôle des hauteurs dominant la ville. Il semble donc que les forces russes qui y combattent ne pourront plus maintenant progresser vers l'ouest.

6.
Il est possible que l'endettement/investissement du pays voulu par Macron, et qui sera décidé sans doute dans d'autres pays européens, obligera à une mutualisation des dettes et à une concentration supranationale dans bien des secteurs d'activités.

Cette mutualisation des dettes ne pourra sans doute se faire que dans le cadre d'une fédéralisation des Etats. Il faut donc s'attendre à ce que les partis d'opposition situés aux extrêmes soient de plus en plus âpres dans leurs critiques de la construction européenne.

Cette fédéralisation se fera pour des nécessités économiques et militaires (la sale guerre de Poutine en Ukraine n'a pas seulement renforcé l'OTAN mais aussi l'UE ; c'est sans doute ce qu'avec la plus grande attention observe la puissante Chine).

Cette Europe de plus en plus supranationale, et à terme fédérale, sera suivie d'un enrichissement des grands groupes industriels et d'un renforcement des marchés de l'est et du sud. Elle sera suivie d'un nivellement culturel par le bas (anglicisation des langues, pertes progressives de traits spécifiques, fin des exceptions culturelles...), d'un contrôle accru des populations (reconnaissance faciale, généralisation de la surveillance des réseaux informatiques, fichage systématisé, lois d’exception, garde (supra)nationale, etc...), et de la constitution d'une oligarchie sur le modèle des dynasties d'affaires américaines.

Le monde de demain sera un mélange du « Meilleur des mondes » et de « 1984 », ou de « 1984 » tout court, si l'Ouest se retrouve dans une guerre permanente et sans fin avec une éventuelle Eurasie et un Sud divisé.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 juillet 2023.

 

9 juillet 2023

POURQUOI POUTINE A DE TOUTE FAÇON PERDU SA SALE GUERRE

POURQUOI POUTINE A DE TOUTE FAÇON PERDU SA SALE GUERRE

1.
7 juillet 2023. Un seul euro reste à plus de 100 roubles. La monnaie russe est une fiction. Vrai que certains pro-Poutine français s'en fichent, vu qu'ils sont payés pour leur traîtrise en dollars sur des comptes numérotés en Suisse ou autre paradis fiscal, voire même en Russie.

2.
On ne peut pas comparer les négociations entre l'IRA et le Royaume-Uni et les négociations éventuelles entre l'Ukraine et la Russie de Poutine. Le Royaume-Uni est une démocratie.

3.
Les USA ont décidé de livrer des bombes à sous-munitions à l’Ukraine. Cela semblerait étrange si l’on considère que les USA disposent de bien d’autres armements moins discutables. Je comprends cette décision comme une piqûre de rappel à la Russie : quelles que soient les armes que vous décidez d’utiliser (et les Russes utilisent les bombes à sous-munitions), les USA, l’OTAN et l’Ukraine s’estiment le droit d’utiliser les mêmes armes.

De fait, les bombes à sous-munitions larguées sur les champs de mines russes pourraient faire exploser les mines et permettre aux troupes ukrainiennes de percer.

Soudainement, voilà que l’on reparle de l’opération Prato.
Je garde en mémoire les étonnants témoignages des habitants de l’île de la Grenade sur l’armement des forces américaines lorsqu’elles y débarquèrent.

On dit communément que les USA ont en matière d’armement 15 ans d’avance sur le reste du monde. Mais chaque avancée technologique étant suivie d’applications de plus en plus rapidement mises en œuvre, je pense qu’il vaut mieux compter sur 30 ans d’avance.

Je crois que nous n’avons aucune idée de l’avancée réelle des technologies militaires américaines et je pense que ces avancées, si nous les connaissions, nous sidéreraient.

Je pense que la Russie et la Chine le savent parfaitement. En conséquence, je ne suis pas très loin de penser que le conflit russo-ukrainien est géré par des lignes rouges discrètement négociées entre ces trois puissances. Poutine ne pourrait gagner qu’en ne dépassant pas certaines limites fixées par les USA et la Chine. Aussi ne peut-il gagner. Et s’il tente de franchir certaines lignes rouges, le prix à payer serait sans doute exorbitant, et la défaite plus amère encore.  

En clair, c’est dès les premiers jours que Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine. Il a cru, sans doute sur la foi de rapports biaisés remis par ses services de renseignement, que les Ukrainiens ne résisteraient pas. Les Ukrainiens, soutenus par les USA, la Triade et l’OTAN résistent et contre-attaquent. Poutine a perdu.

4.
1 rouble à 1 centime d’euro signifie que la Russie brade son pétrole et son gaz, que les produits occidentaux deviennent inaccessibles pour bon nombre de Russes. Cela s’explique par le coût très élevé de la sale guerre de Poutine en Ukraine, par l’ensablement des bénéfices commerciaux de la Russie dans les aides d’urgence et la corruption, et aussi par le peu de crédit que désormais l’on accorde à la monnaie russe et aux chances de Poutine de gagner.

Rappel : la monnaie ne manquait pas dans les pays du bloc soviétique. Les coffres étaient pleins de billets. C’étaient les marchandises qui manquaient. Les gens ne pouvaient rien acheter.

5.
Une partie du monde (le fameux « Sud global » qui n’existe que dans les éléments de langage à Macron) n’est pas favorable à l’Occident et ce n’est pas nouveau, et je ne crois pas que ce « Sud global » soit si favorable à Poutine (je le crois plus méfiant qu’on le dit). Les problèmes sont plus liés à la surpopulation, au partage des richesses, aux problèmes de développement et de stabilité politique (problèmes récurrents donc) qu’à la personnalité trouble ou au « charisme » de Poutine.

Les pays les moins développés rentreront soit dans la sphère d’influence occidentale, soit dans l’escarcelle de la Chine. Une partie restera même chasse gardée par la Russie (grâce à Wagner je suppose). Il y aura des conflits locaux, entretenus par les grandes puissances, les mafieux de tout bord, les marchands de canons, les identitaires et les djihadistes. Bref, la paix du Monde n’est pas pour demain.

Il n’y a pas de Sud global ; il n’y a pas d’Occident collectif ; il n’y a pas d’Eurasie politique. Ce sont juste des éléments de langage pondus par des technocrates et des idéologues. Il y a avant tout des Etats qui défendent leurs intérêts. Et il se trouve que les intérêts de la France sont plus près des intérêts de l’UE, des Etats-Unis et de l’Ukraine que des intérêts de Poutine et de la Chine.

6.
Politique, que crois-tu que je pense ? Né dans un milieu modeste, et même en travaillant, ayant bien du mal à vivre correctement, quand je vois tes Benalla, Blanquer, Schiappa s'en mettre plein les poches en faisant n'importe quoi, vois-tu, politique, j'ai envie de vomir. Et n'essaie pas de me culpabiliser, ça pourrait très mal finir, sinon pour toi, du moins pour tes guignols.

7.
Les gens comme ma pomme, buveurs, fumeurs, grandes gueules, grands seigneurs quand ils ont des sous, têtes basses quand ils n'ont plus, le monde moderne n'en veut plus. Condamnés par l'efficacité qu'on est. Culpabilisés par le nouveau monde à Macron, bien plus pourri que nous, parce qu'infiniment plus puissant.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juillet 2023.

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