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11 décembre 2023

QUAND JE SCROGNEUNE QU’ON ME FICHE LA PAIX

QUAND JE SCROGNEUNE QU’ON ME FICHE LA PAIX

« Quand je frappai la manche, ce fut tout à fait comme si je touchais un bras. Et il n’y avait pourtant pas de bras ! Pas l’ombre de bras ! »
(H.G. Wells traduit par Achille Laurent, « L’Homme invisible » [Cuss])

Quand je scrogneune, qu’on me fiche la paix surtout si en plus
Je sgrabouille ce qui m’arrive souvent quand je scrogneune et quand je
Frappai la gourdouilloute (ah la gourdouilloute alors) elle me
La langue-tira, ce qui est très scrafullant, vous en conviendrez. La
Manche, puisqu’il s’agit d’elle, je m’en fichois le doigt dans l’oille en pot (c'est une potée, savez-vous)
Ce qui est tout à fait à ne pas faire (ah ça je sais).
Fut-ce sriffulant soudain du genre hareng saur qui sriffule au bout de sa ficelle ? Oui ce fut-ce.
Tout contrarié que je scrogneunais zalors je pensais
A Nina, à Ninon, à Nini et tout un tas d’autres nénettes, mais je savais bien qu’elles ne me calculaient pas plus qu’un rein (C’est un
Fait aussi évident que dans le conflit russo-ukrainien l’agresseur est la Russie de Poutine et l’agressée l’Ukraine qui tend, dit-on, à la démocratie cependant que Poutine poutine de la tête.)
Comme les gradayas yactouvaient (yaya yoyotaient-ils généralement),
Si j’en curgnotte un, il va scrollarer hard, le gradaya là.
Je sgrabouille, je vous l’ai tantôt signifié, donc voilà ce que je me conférençois existentiellement. Comme je
Touchais le blomb du fond des lierrogloutances,
Un max de tronches de zarpètes se foutoit ma gueule. Le
Bras me tournait vengeur et le glaive marsouillait grave ;
Et pourtant je panotte comme on n’en fait plus.
Il n’y avait aucun darksidegemoune là-dedans
N’y avait nulle cheveluresque élucubrante N’y
Avait nulle pinkfloyderie effervescente
Pourtant, Macron, hein, Macron me disais-je, inquiet des futurs.
Pas un truculle ne hantait les rues désertes dures et froides. Pas
Un knifflard ne sortait son bayord. Pas un
Bras ne se montra au bout de la manche.
Pas une fraise ne frétilla au bout d’un depardieu gras. Pas
L’ombre d’une draculesque d’une vampirate évanescente d’une mélenchonnoise à verbiage cherchant noise.
De réfléchissage je me sombrai la grenadine à moustache. Je repris mon
Bras. Déjà qu’ils m’avaient bouffé une main, les affamés là.

Note : 10 décembre 2023. Sur LCI, l’émission « L’évènement du dimanche », Xavier Bertrand estime que la fermeture de l’usine « Prysmian-Draka » de Calais est un « scandale ».

Patrice Houzeau
Malo, le 10 décembre 2023.

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13 novembre 2023

LES TELEPATHES TROP BAVARDS DONNENT-ILS MAL A LA TÊTE ?

LES TELEPATHES TROP BAVARDS DONNENT-ILS MAL A LA TÊTE ?

1.
« et le rêve de ce qu'on pourrait voir si la fenêtre s'ouvrait,
et qui jamais n'est ce qu'on voit quand la fenêtre s'ouvre. »
(Fernando Pessoa traduit par Armand Guilbert, « Poèmes désassemblés »)

Le réel ne se ressemble pas. Il faut tenir compte de ce qui semble, de ce qui est réellement et de ce qui pourrait être. Casse-tête. Usant. Nous noyons tout dans les mots. Et rationnellement, nous faisons les mauvais choix.

2.
« comme si la maison n'était pas finie »... Je me demande si les maisons pas finies sont hantées par des moitiés de spectres, des effiloches fantomatiques...

3.
« Ses parents n'arrêtent pas de parler »... ce qui prouve qu'ils ne sont pas muets... à moins que cette phrase soit tirée d'une histoire de télépathes... Les télépathes trop bavards donnent-ils mal à la tête ?

4.
« - Parole, tu connais ces gens, Daria ? »... J'aime le dessin animé Daria... Ces gens, moi, je ne les connais pas. Je connais un œuf ou deux, un chat, et Zut. Jadis, j'ai connu un poisson rouge, mais le chat l'a mangé.

5.
« Mais cela ne l'empêche pas d'être charmante... ». Ceci dit, le fait qu'elle se promène avec un couteau de boucher dans son sac ne me rassure pas plus que ça.

6.
Le fait de ne pas conduire n'empêche pas que l'on puisse mourir dans un accident d'auto. Est-ce pareil pour les OVNI ? Ne pas y croire empêche-t-il réellement d'être abducté par des zôtres dont on cause dans les vidéos sur You Tube ?

7.
« la folie reconnue dans une sonate », cette poignée proustienne de haricots verts (en fait, ça s'appelle des syllabes, mais on peut en faire aussi des salades) me rappelle que des sonates, jamais je n'en écoute (sauf dans les univers parallèles où j'y suis contraint). Déjà qu'après le riff génial qui lance le « Satisfaction » des Rolling Stones, - je dis ça pour les habitants des intersidéraux -, je me dis que je devrais écouter plus de sonates.

8.
« Et maintenant, les Jours de Fête ! », c'est dans un épisode de Daria, ça (l'épisode 3 de la saison 3). Les Jours de Fête reviennent tous les ans. On dépense plein de sous mais on est quand même content. Enfin presque. Et pas tout le monde. Y en a ils restent malheureux. Parce que le malheur des gens est compris dans ce qu'on nous donne et qu'on appelle « réel », lequel, par ailleurs, coûte de plus en plus cher.

9.
C'est Pierre Desproges, je crois, qui a dit que « l'on peut rire absolument de tout, mais pas avec tout le monde ». Et donc pas n'importe qui. D'où l'air sérieux que j'ai toujours quand je me parle à moi-même.

10.
« Lorsque l'herbe poussera au-dessus de ma tombe... » : y a pas à dire, ouvrir un volume de Pessoa, ça vous requinque le bonhomme.

11.
Je ne sais pas pourquoi je pense soudain à un arbre gigantesque qui a poussé dans une maison. J'ai dû voir cette image dans mon enfance. Si Zébulon m'apparaît en lançant au cœur de la nuit « Tournicoti-tournicoton », demain, j'irai consulter ; le cours sur la crise de Cuba attendra.

12.
« Car l'unique signification occulte des choses,
c'est qu'elles n'aient aucune signification occulte. »
(Fernando Pessoa traduit par Armand Guilbert, « Le mystère des choses... »)

C'est bien ce que je pense et lorsque j'en discute avec mon pain perdu, je constate qu'il ne soulève aucune objection. Quant aux fantômes, qu'ils fassent la gueule ne me fera pas sortir de ma tombe pour autant.

13.
« Alors ce salon qui avait réuni Swann et Odette... », devinez que je tire ça de Proust. Parce que des Swann et des Odette, j'en connais pas. Quant au salon qui « réunit », quelle idée ! Si l'on confie sa destinée amoureuse à des canapés, des fauteuils et une table tournante (je ne conçois pas de salon de fiction sans séance de spiritisme, ça distrait des autres pages que je ne lis pas non plus), faut pas s'étonner si la soupe est trop salée.

14.
« En tout cas, ce que je sais, c'est que l'une de vous deux riait de l'une de vous deux », c'est la mère à Daria et Quinn Morgendorffer qui dit ça à Daria (S09E06). Moi aussi, ça m'arrive de rire, et parfois des deux, sauf quand elles ne sont là et que je ris tout seul, ce qui arrive tout le temps, car je n'en connais pas deux comme Zut.

15.
« Moi tête baissée au centre de ma conscience de moi »
(Fernando Pessoa traduit par Armand Guilbert, « Passage des heures »)

J'aime bien ce vers qui commence par « moi » et qui finit par « moi ». Est-ce un vers égotiste ? Consciencieux ? Philosophique, ou tartinable ?

16.
Le Beuglant Insoumis, s'il ne travaille pas pour l’extrême-droite, en tout cas, c'est bien imité.

17.
A peu près certain que les décérébrés qui ont participé au pogrom du 7 octobre 2023 (et tué, violé, torturé), s'ils ne sont pas encore tous morts, ils sont probablement identifiés (par les images laissées). Walking Dead. L'enfer attend ces pseudo-martyrs.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 novembre 2023.

12 novembre 2023

L'UNIVERS PARALLELE DES CHOSES PERDUES

L'UNIVERS PARALLELE DES CHOSES PERDUES

1.
« En réalité, l'Arthur des textes gallois est un véritable « Amherawdr », Imperator, dont le pouvoir s'étend à travers les trois régions majeures de la Britannia post-romaine : le nord, le sud-ouest, et l'ouest gallois. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur » (Editions Jean-Paul Gisserot, 2007)

En réalité, Arthur, je ne l'ai pas connu. Il est né avant même que je puisse savoir que j'allais naître moi-même. Il est même mort avant, Arthur.
Aurais-je aimé le connaître, le roi Arthur ? Non. Pour quoi faire ? Il aurait fallu que je parlasse je ne sais quelle langue ancienne que tous ceux qui la parlaient sont morts. Comme quoi, les langues anciennes, c'est dangereux.
Non, je n'ai pas connu le roi Arthur. Vous me direz que c'est un autre roi que je contemple le matin dans ma glace, le roi des je ne vous le fais pas dire. Je ne regrette donc rien, d'autant qu'il y a une île flottante au dessert.

2.
« D'ailleurs, chez Chrétien, le cortège manque singulièrement de références chrétiennes ; c'est une Demoiselle qui porte le Graal et on rechercherait en vain la présence d'un prêtre dans ce château enchanté. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Que ce soit une Demoiselle qui porte une coupe pleine de sang, c'est assez singulier, comme dit le poisson en face du chat palmé, son couteau, sa fourchette et son citron.
Après, les prêtres, chacun le sait, il y en a de moins en moins, donc ils ont d'autres paroisses à paroisser, les curetons, que de fréquenter les légendes composées en ancien français.

3.
« Gauvain monte jusqu'à une salle splendide qu'inonde une intense clarté et trouve sur un lit un échiquier vide. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Lorsque l'on trouve sur un lit un échiquier vide, évidemment, ce n'est pas pratique pour disputer une partie. Pareil, si vous n'avez pas d’œufs, votre omelette aura un drôle de goût, surtout si elle composée d'huile et de sardines sorties d'une boîte que vous avez préalablement ouverte.

4.
« Mais à Bour de Déols, en 470, nous apprend Grégoire de Tours dans son « Histoire des Francs », Riothamus est vaincu par Euric. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Il s'en est passé des choses. C'est ce que je me dis souvent quand j'ai loupé plusieurs épisodes d'une série que je ne regarde pas parce que je n'ai pas la patience. Récemment, j'ai quand même à la suite zieuté les trois épisodes du bien ficelé «  Le Mystère Enfield ». Y a du fantôme, du poltergeist, du revenant, mais pas de parapluie.
Sinon, j'aime bien dans la version de Bourvil la chanson de Pierre Perrin, « Un clair de lune à Maubeuge », savez hein :
« Tout ça n'vaut pas
Un clair de lune à Maubeuge
Tout ça n'vaut pas
Le doux soleil de Tourcoing (coin-coin...) »

5.
« Pour la première fois dans l'évolution de la Matière de Bretagne, Geoffroy décrit non plus un champions de la résistance nationale contre les Saxons, mais un véritable conquérant, bientôt gagné par l'arrogance et l'hybris qui guettent inévitablement les grands conquérants. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Y a toujours des choses qui nous guettent. Tout est plein d’yeux que l'on voit pas. Disparaissent-ils quand on les surprend ? C'est le coup du cornet de frites fantômes qui s'évanouissent mystérieusement comme happées par un estomac invisible.

6.
« Car chez Wolfram (mais non chez Chrétien, chez qui c'est chose convenue) Parzifal retourne à Montsalvage pour poser la bonne question, délivrer Anfortas (dont le nom vient d'« enferté », le blessé), devenir le roi du Graal à son tour. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

J'ignorais qu'il y eût un « roi du Graal ». C'est tout de même autre chose que le « Roi de la saucisse », même si dans la vie de tous les jours on a plus souvent besoin de saucisses que du Graal. D'ailleurs, le Roi de la saucisse peut tout ignorer de la quête du Graal et prospérer yop la boum alors que le Roi du Graal, sans saucisses, il ne peut pas manger de choucroute. Eh oui.

7.
« Une fois de plus, Lancelot disparaît, comme il en a l'habitude, et la Reine craint qu'il soit mort. Alors Gauvain, qui semble prédisposé à cette tâche, part à sa recherche. »
(Marc Rolland, « Le Roi Arthur »)

Dans la série Kaamelott, d’Alexandre Astier, Lancelot disparaît aussi et tous finissent par se demander s'il n'est pas mort. Par contre, la deuxième chaussette qui disparaît ne meurt pas forcément. Elle vit sa vie de chaussette dépareillée dans l'univers parallèle des choses perdues. C'est une quête aussi.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 novembre 2023.

12 novembre 2023

MÊME S'IL Y EN A QUI DISENT

MÊME S'IL Y EN A QUI DISENT

1.
« Ô mes pauvres petites aubépines, disais-je en pleurant, ce n'est pas vous qui voudriez me faire du chagrin, me forcer à partir. Vous, vous ne m'avez jamais fait de peine ! Aussi je vous aimerai toujours. »
(Marcel Proust, « Du côté de chez Swann » [le narrateur])

Les mômes, ça parle défois à n'importe quoi. Faut bien leur dire qu'il ne faut pas parler à des ceusses qu'ils connaissent pas. Le petit Marcel, voyez, lui parlait aux aubépines, mais y en a pas partout, des qui symbolisent l'innocence et la pureté virginale là.

2.
« Il aimait qu'Odette fût ainsi, de même que, s'il avait été épris d'une Bretonne, il aurait été heureux de la voir en coiffe et de lui entendre dire qu'elle croyait aux revenants. »
(Proust, « Du côté de chez Swann »)

Je ne sais pas si toutes celles qui portent une coiffe croient aux revenants. Voyez mon oncle, lui, c'est surtout quand il retrouve son parapluie qu'il y croit, aux revenants. Il dit : « Ah un revenant ! », et c'est son parapluie.

Après les revenants, ça existe encore, ça les revenants ? Dans le temps, oui, sans doute, il y en avait dans les maisons hantées, des revenants, mais maintenant, je ne sais pas s'il y en a encore beaucoup qui reviennent.

3.
« Le plus souvent maintenant quand je pensais à elle, je la voyais devant le porche d'une cathédrale, m’expliquant la signification des statues »
(Proust, « Du côté de chez Swann » [le narrateur])

Défois, il y a des gens i vous expliquent des choses. Le réel commente le réel. Bon, ça fait longtemps que l'on n'a plus à m’expliquer comment on mange les moules. Et comme je ne mange jamais de homard, je suis tranquille quant à la signification des statues.

4.
« la beauté du diable, du sang bleu, une vie de bâton de chaise, le quart d'heure de Rabelais, être le prince des élégances, donner carte blanche, être réduit à quia, »
(Proust, « Du côté de chez Swann »)

Connaissez-vous le sens de toutes ces locutions ? Moi, j'ai connu plusieurs chats. Plusieurs chiens. Je n'ai pas eu plusieurs vies. Mes chats et mes chiens non plus d'ailleurs.

L’expression « le quart d'heure de Rabelais », ça signifie un mauvais moment à passer, un mauvais quart d'heure quoi. Ce serait rapport au jour où Rabelais ne pouvant régler une note d'auberge, « écrivit « Poison pour le Roi et la Reine » sur des sachets de poudre ». Arrêté, il fut conduit de Lyon à Paris – c'est là qu'est l'astuce, « aux frais de l’État ». François 1er le fit ensuite libérer. Je lis cette anecdote dans une note de bas de page de l'édition du Livre de Poche de « Du Côté de chez Swann », annoté par Elyane Dezon-Jones.

5.
Je me demande quel est l'oiseau dont les Pink Floyd ont enregistré, bidouillé, mis en boucle la jactance à la fin de l'album « The Piper At The Gates Of Dawn ». Quel drôle de cyclique dindon dis donc.

6.
« Ce simple croquis bouleversait Swann parce qu'il lui faisait tout d'un coup apercevoir qu'Odette avait une vie qui n'était pas tout entière à lui ».
(Proust, « Du Côté de chez Swann »)

Les gens ont une autre vie que celle qu'on leur connaît, ou qu'on imagine. Parfois même plusieurs. Je ne crois cependant pas que les gens viennent d'autres planètes. Même s'il y en a qui disent.

7.
« J'en sais quelque chose, j'avais une amie qui a aimé une espèce de poète. Dans ses vers il ne parlait que de l'amour, du ciel, des étoiles. Ah ! ce qu'elle a été refaite ! Il lui a croqué plus de trois cent mille francs. »
(Proust, « Du Côté de chez Swann », [Odette])

Je l'ai toujours dit, il faut se méfier des vivants. Les vivants, ils ne restent tranquilles que morts. Et encore, paraît qu'il y en a qui reviennent. Quant aux poètes, avec leurs poches trouées et leur ventre vide, zont défois de ces appétits terribles.

8.
« Sauf en lui demandant la petite phrase de Vinteuil au lieu de la « Valse des Roses », Swann ne cherchait pas à lui faire jouer des choses qu'il aimât et, pas plus en musique qu'en littérature, à corriger son mauvais goût. »
(Proust, « Du Côté de chez Swann »)

Dans le genre chanson comique, amusante, drolatique, il y a « La Dame de Ris-Orangis », de Bernard Lelou et Ricet Barrier, qui « arrivait gare d'Austerlitz / Chaque matin à huit heures moins dix » et « vérifiait les signatures / au Ministère des Fournitures ». Ah oui.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 novembre 2023.

19 octobre 2023

LA DELICATESSE DU SPIRITE

LA DELICATESSE DU SPIRITE

1.
« Pernichon l'entendit mal, mais obéit cependant. Il traversa en aveugle une pièce beaucoup plus sombre, une galerie, franchit le dernier seuil, et aperçut enfin l'hôte mystérieux,... »
(Bernanos, « L'Imposture »)

Qui peut bien être cet « hôte mystérieux » ?
- le diable polyglotte ?
- Le Sphinx ? Belphégor ? Mandrake ? Le ténébreux rédacteur de la réforme Blanquer ?
- Le plombier ?
- Le dentiste ?
- Quelque coin-coin carnivore et assez géant pour vous déchirer, vous désosser, vous décortiquer et vous engloutir ?
- Le gardien de la Loi devant lequel vous allez attendre longtemps, longtemps, longtemps jusqu'à ce que la nuit tombe et que le gardien de la Loi vous signifie de revenir le lendemain ?

2.
« La place n'est pas vide, il n'y a pas de place du tout ; il n'y a rien. »
(Bernanos, « L'Imposture »)

Ce constat est-il :
- implacablement lucide ?
- Bigoudesque ?
- Nihiliste ?
- Sceptique ?
- Bigoudesque et lacunaire ?
- Désespérant et géométrique ?
- Algorithmique et même pas aux pommes ?

3.
« Il posa délicatement sur le guéridon son petit poing fermé, sans doute dans l'illusion de marquer ainsi son indomptable résolution de vivre et mourir à l'avant-garde de son siècle. »
(Bernanos, « L'Imposture »)

Le personnage ici présent est-il :
- implacable et lucide comme un qui rumine une vengeance devant l'injustice du sort, les aléas de la réforme Blanquer, l'inflation qu'on nous a dit que mais qu'en fin de compte hein on s'fait voler ?
- La délicatesse du spirite ?
Bigoudesque, nihiliste, sceptique et lacunaire mais ça ne fait rien, comme il a une petite faim, il va quand même se faire cuire un œuf ?

4.
« - j'en donnerais plutôt cent autres pour tirer de vous une parole qui ne soit pas abjection pure.
- Abjection, objection, projection, dit l'idiot. »
(Bernanos, « L'Imposture » [L'abbé Cénabre et quelque bougre])

Ce que dit l'idiot est-il ;
- idiot parce que c'est un idiot qui le dit que si c'était pas un idiot alors ça n'aurait pas de sens ?
- Une comptine, une constatation, une altercation, une objurgation, une conspiration, une constipation ?
- Les dernières paroles de l'idiot avant que l'abbé, avec son grand pouvoir surnaturel, lui foudroie la vie intérieure qu'est toute occupée, que ça, c'est parce que l'abbé (non, ce n'est pas l'abbé Bernanos) i croit que l'idiot, c'est un possédé du démoniaque, un pas beau des ténèbres qui traverse les romans avec son air de maquignon sur la route de Boulogne ?

5.
« Il y en avait une – bon Dieu de bon Dieu quel oiseau ! - un fondant rose, patron ! toute jeunette, et frisée, une gosse, quoi ! Elle venait m'essuyer avec son petit mouchoir de soie et puis, vlan ! vlan !... C'est elle qui tapait le plus fort, et juste. »
(Bernanos, « L'Imposture » [l'idiot])

Cette phrase évoque-t-elle :
- une séance de sado-masochisme ?
- Une scène d'agitation échevelée dans un dessin animé de Tex Avery ?
- Un fracassant morceau de hard rock ?
- Un désaccord politique dans un parti extrémiste ?
- Une partie de fondant ?

6.
« Qui n'a rien ne doit rien, je vous prie de remarquer la parfaite correction de mon calcul. »
(Bernanos, « L'Imposture » [Cénabre])

Cette réplique est-elle :
- comptable ?
- Lucide et exaspérante comme un entêtement ?
- Grimaçante qu'à ça, y a rien à répondre, rien à dire, y a plus qu'à rentrer chez soi et se faire cuire un œuf ?
- Politique au sens où elle exprime une rupture du contrat social ?
- Athéiste au sens où qui ne croit pas en dieu ne doit rien à dieu mais tout à lui-même ?

7.
« Le trottoir a l'air de s'enfoncer sous ses semelles, la rue commence à virer lentement de droite à gauche, puis se balance imperceptiblement sur place, comme un navire retenu par ses ancres... »
(Bernanos, « L'Imposture »)

Cette image évoque-t-elle :
- le début de l'album « L'Etoile mystérieuse », de Hergé, lorsque sous l'effet d'une chaleur inhabituelle, le réel devient mou, tout mou, caramel mou ?
- La dérive d'un il est ivre, ce type ?
- L'état de perspicacité d'un étudiant de Sciences-Po ?
- Les aléas de la sotte réforme Blanquer ?
- Le début d'un malaise dans la civilisation ?
- La chute de l'empire romain ? La dérive des continents ? La trahison des élites ? Le retrait des épées ? La débâcle capillaire ?
- Une scène au ralenti du déclin, mal-être, déstabilisation et renversement du politique prenant soudain conscience qu'il pourrait être mis en examen pour corruption ?

Patrice Houzeau
Malo, le 19 octobre 2023.

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18 octobre 2023

CETTE OBSCURE CLARTÉ ET AUTRES ECLATS SINGULIERS

CETTE OBSCURE CLARTÉ ET AUTRES ECLATS SINGULIERS

1.
« L'amour, ce doux auteur de mes cruels supplices,
Aux esprits des amants apprend trop d'artifices. »
(Corneille, « Le Cid », v.1609-10 [L'infante])

Ces deux vers de Corneille vous donnent-ils envie de :
- vous recoucher ?
- « commander des pizzas aux entrailles assaisonnées de sang humain » je cite ici une réplique de Daria Morgendorffer de la série Daria (Episode « Dye ! Die ! My Darling ! ») que l'on doit à Suzie Lewis Lynn et Glenn Eichler ?
- De manger un hot dog, d'aller boire une bière, de vous faire des œufs sur le plat ?
- De relire un ou deux albums de Lucky Luke ? De revoir un film des Marx Brothers ?
- De passer l'aspirateur ?

2.
« De qui peux-tu savoir ces nouvelles étranges ? »
(Corneille, « Le Cid », v.1113 [Chimène])

- du Pape ?
- Des propagandistes pro-Poutine qui mentent comme s'ils n'étaient pas français ?
- De Jean-Claude Bourret, de Jean-Pierre Petit et autres conteurs de fables ufologiques à détourner l'attention ?
- De Sainte Apprenance ?
- Des voix des petits lutins et autres trolls complotistes qui grouillent sur internet ?

3.
« Percé jusques au fond du cœur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle, »
(Corneille, « Le Cid », I, 6 [Don Rodrigue])

Qu'arrive-t-il à Don Rodrigue ?
- il a perdu son Eurydice ?
- Il a perdu un max au casino ?
- Il s'a fait marronner par la fatalité ?
- Il a glissé sur une peau de banane et s'est cassé quelque chose ?
- Va falloir que pour de vieilles questions d'honneur, il tue un peu quelqu'un que ça l'arrange pas du tout because ce quelqu'un est le daron à sa chérie ?
- Il ne digère plus la morue ?
- Il se prend pour Napoléon au soir de la bataille de Waterloo ?

4.
« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »
(Corneille, « Le Cid », v. 1273 [Don Rodrigue])

Ce vers est-il remarquable par :
- l’oxymore « obscure clarté » ?
- l’oxymore « obscure clarté » et les sourcils de Groucho Marx ?
- l’oxymore « obscure clarté » et le « Qu'est-ce qu'elles ont à m'dire, les étoiles ? » de la chanson « Chacun fait c'qui lui plaît » du groupe Chagrin d'amour ?
- Sa persistance à rester dans nos mémoires malgré le flot de stupidités que les médias déversent dans nos esgourdes ?
- Son éclat singulier ?

5.
« Jamais nous ne goûtons de parfaite allégresse :
Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse ; »
(Corneille, « Le Cid », v. 1001-2 [Don Diègue])

Ces vers expriment-ils :
- une réalité commune à bien des gens qui, sans problème particulier (pour l'instant), n'arrivent jamais à être tout à fait heureux ?
- La nécessité mélancolique ?
- Une digestion difficile ?
- L'envie de rester chez soi à lire des bandes dessinées en écoutant du Duke Ellington plutôt que d'aller fréquenter ses chronophages contemporains ?
- L'impossibilité d'être heureux dans un monde voué au malheur ?
- La sottise de ne pas se contenter de ce qu'on a dans un monde voué à la rareté naturelle ?
- L'envie d'un steak-frites lorsqu'on a plus que des pâtes dans le placard et plus beaucoup d'sous ?
- La complexité d'un problème de maths et le zéro qui pourrait en découler ?
- Le haussement d'épaules de la jolie fille ?

Patrice Houzeau
Malo, le 18 octobre 2023.

25 septembre 2023

COMME S'ILS COUVAIENT TOUT UN ORCHESTRE

COMME S'ILS COUVAIENT TOUT UN ORCHESTRE

1.
« La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

En quoi ce quatrain pourrait-il passer pour ironique ?
- en ce que l'image du « bouchon sur les flots » évoque la bouteille et donc l'ivresse, celle du bateau si ça se trouve ?
- En ce que les « flots roulent » les noyés sans doute mais aussi ce bavard bateau, ce navire délirant, cette prosopopée de poète virtuose et de plancher des vaches ?
- En ce que « dix nuits », ça veut dire quoi ici, de quel genre de vaisseau qu'il cause, l'Arthur des talents ? Serait-ce de quelque vaisseau fantôme qui hanterait ses rêveries rimées ?
- En ce que les « falots » désigneraient ici les lumières niaises de la raison commune ?

2.
« Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin. »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Quoi qu'ils disent, les champs lexicaux du quatrain ?
- l'acidité des « pommes sures », les « taches de vins », les « vomissures », voilà pour l'ivresse, la saoulerie...
- le « sapin » ça vous a un côté approche du cimetière, non ?
- tout ça qu'ça hallucine hein qu'ça hallucine... se lâche, se démarre... plein les mirettes des images... « l'eau verte », le « bleu » des vins ; les vagues déferlent, envahissent le navire, coupant les ponts de la raison, « dispersant gouvernail et grappin »...

3.
« Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ; »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Qui c'est-y donc, ce « noyé pensif » ?
- Ophélie peut-être, car :
« Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc sur le long fleuve noir »,
qu'il a écrit, Rimbaud, que, forcément, la voilà dans la mer, l'Ophélie...
- Prigojine, Kadyrov, quelque dignitaire russe tombé en disgrâce débarrassé du plancher ?
- Une vision de cauchemar dans un rêve de poète cuvant ?

4.
« Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Dans ce quatrain, Rimbaud évoque-t-il :
- des êtres bleus, délirants et rythmiques, façon tribu archaïque, se livrant à des fermentations amoureuses que je sais pas ce que ça peut bien être, mais ça m'a pas l'air très ragoûtant ?
- La fête à la frites-saucisse avec des bières rousses et quelques amoureuses ?
- Un trop plein d'images que lui-même, l'auteur, i sait pas trop ce que ça raconte, mais c'est bien joli tout de même, rythmique, rutilant, avec du roux dedans pour faire exotique ?

5.
« Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants ; je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir. »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Quoi qu'il sait donc au juste, le « bateau ivre » ?
- Il sait illustrer le bulletin météo avec des images qui claquent ?
- Il sait la puissance du son [k] quand il allitère, qu'ça claque donc : « crevant en éclairs », « ressacs », « courants », « exaltée », « colombes », « quelquefois », « cru ».
- s'halluciner comme l'homme sait s'halluciner lorsqu'il a décidé de s'halluciner ?
- Écrire de belles choses, dont tout le monde se fiche, sauf les amateurs de poésie, mais ils ne sont pas si nombreux, surtout quand il y a des films à la télé.
- Rythmer ses vers comme s'ils couvaient, les vers, tout un orchestre, un Rolling Stones, une batterie ?

Patrice Houzeau
Malo, le 25 septembre 2023.

7 septembre 2023

AH LES DEVERAIENT

AH LES DEVERAIENT

1.
« Oui, Blanchette le trouvait bizarre, Aurélien. Pourquoi pensait-il qu'elle deverait être rentrée ? »
(Aragon, « Aurélien »)

Dans cette phrase de Louis Aragon, il y a une faute d'orthographe odieuse que j'ai faite, dis, pensez-vous que :
- C'est pour cela que Blanchette « le trouvait bizarre, Aurélien » et pourquoi deverait-elle être rentrée ?
- C'est qu'elle deverait être rentrée, sinon l'auteur perd ses conjugaisons ?
- Le monde est une étrange chose et n'est-ce pas qu'elle deverait être rentrée ?
- Blanchette, ça fait chèvre, non ?
- J'ai trop de boulot pour m'attarder à des deveraient pareils ?
- Cela a-t-il un rapport avec le fait que au bas de la page 473, « qu'est-ce que j'aurerais dû faire ? », « pitoyablement » qu'il demanda, le pharmacien tout déconjugué ?
- Tout ça c'est la faute à Peillon, Hamon, Vallaud-Belkacem, Blanquer, Pap Ndiaye, Attal, Macron ?
- De toute façon, il y a trop longtemps que je lai lu, ce roman, pour m'en souvenir ?

2.
« La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. »
(Aragon, « Aurélien »)

Cet incipit célèbre signifie-t-il que :
- Aurélien n'est pas fan du théâtre racinien ?
- Il n'y a aucune chance qu'Aurélien ait une relation amoureuse avec Bérénice ?
- Il n'y a pas d'Aurélien, pas d'Bérénice, y a plus rien, nix et que couix ?

3.
« C'est alors qu'on voyait se baisser les paupières mauves, et si fines qu'on craignait vraiment qu'elles ne se déchirassent. »
(Aragon, « Aurélien »)
Aurait-il fallu écrire :
- « qu'on craignait qu'elles se déchirassent » plutôt que « qu'elles ne se déchirassent » ?
- « déchirassent » rimant avec « se décarcassent », avons-nous des raisons de craindre pour la santé de Bérénice, dont nous savons maintenant qu'elles les avait fines, les paupières mauves ?
- Le fait que nous apprenons quelques lignes plus bas que la mère de Bérénice était de Franche-Comté « et qu'elle n'avait de son père que les yeux noirs » est-il de nature à nous intéresser ? (remarque : moi, personnellement, je m'en tamponne la relative).

4.
« Attendre est terrible. Ne plus attendre est pire. »
(Aragon, « Aurélien »)
Pensez-vous que cette phrase s'applique à :
- Aurélien attendant Godot ?
- Aurélien attendant la fin du roman ?
- Le lecteur attendant la fin du roman ?
- Aurélien attendant Bérénice ?
- Au mur, pour faire joli ?

5.
« Il m'a fait tout un chambard avant qu'on se mette à table, - dit Husson-Charras, - sur le socialisme, la Russie, est-ce que je sais ? »
(Aragon, « Aurélien »)

A-t-on raison de :
- Faire « tout un chambard sur le socialisme, la Russie, est-ce que je sais », surtout au moment des repas ?
- Sachant que l'action du roman se déroule dans les années 20, avait-on des raisons alors de faire « « tout un chambard sur le socialisme, la Russie, est-ce que je sais », et surtout au moment des repas ?
- Chambard ? Je ne le connais pas. Mais il paraît qu'il parle beaucoup trop, surtout de socialisme, de Russie, est-ce que je sais et toujours au moment des repas.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 septembre 2023.

 

4 septembre 2023

ET POURQUOI PAS LOVECRAFT ?

ET POURQUOI PAS LOVECRAFT ?

1.
« Et la nuit, enfermée dans sa chambre, au milieu du grand silence où elle entendait les …................. de son âme,... »
(Anatole France, « Le Lys rouge »)
Dans cette citation d'Anatole France, le mot manquant est :
- trémulations (et si j'avance et que tu recules, comment veux-tu, comment veux-tu que ça trémule?)
- palpitations (« les palpitations de son âme », je vous demande un peu... à se demander si c'est pas autre chose qui la palpitait.) ?
- zigouigouis et aléas, car parfois, au cœur de la nuit, dans la solitude des chambres, elle a, l'âme, et ses zigouigouis, oui, et ses aléas, ah ?

2.
« Son cabinet de toilette, sorti d'une fantaisie esthétique de Vivian Bell, avec sa poterie grossièrement vernissée, ses grandes cruches de cuivre et le damier de ses carreaux de faïence, ressemblait à ... »
(Anatole France, « Le Lys rouge »)
A quoi donc ressemblait ce cabinet de toilette où, citons Anatole France, « elle prit plaisir à s'habiller avec un soin délicat et caché » ?
- « l'opéra des vapeurs » ?
- « Un pub où on boit de la bière en disant des bêtises » ?
- « une cuisine, mais à une cuisine de féerie. »
- « l'atelier des télescopes » ?
- un tel qu'en lui-même enfin l'éternité le catapulte ?
- Une chanson des Rubettes ou plutôt une longue pièce cyclique du groupe de krautrock (j'adore ce mot) Tangerine Dream  ?
- La sotte réforme à Blanquer ?
- A la fin je suis las de ce monde sanglant ?
- Qui est Vivian Bell ?
- Qui est Blanquer ?

3.
« Mme Martin, les yeux encore pleins d'air léger, de cimes violettes et d'yeuses antiques tordant leurs bras monstrueux sur le chemin, souriait de fatigue heureuse. »
(Anatole France, « Le Lys rouge »)
Dans cette citation, il est question « d'yeuses antiques ». Quoi que sont-ce, ces yeuses ?
- des hallucinations en forme d'êtres couverts d’yeux et tout tortueux qu'ils sont, dis, avec leurs « bras monstrueux,là, sur le chemin ?
- des chênes verts (de l'italien « leccio » et du latin « iliceus ») ?
- des réformateurs acharnés de l'éducation nationale, qui font que plus ça va, moins ça devient intéressant d'enseigner ?

4.
Dans le volume « Démons et merveilles » (10/18, 1985) traduction d'un texte étrange (c'est du H.P. Lovecraft aussi), il est question à la page 191 de « Gugs velus et gigantesques » qui « offrirent d'étranges sacrifices aux autres Dieux et à Nyarlatothep, le chaos rampant... » 

Questions :
- Pensez-vous que le chaos puisse ramper ?
- Pensez-vous que le chaos ait un nom et si oui, pourquoi Nyarlathotep et pas yaourt à la fraise ?
- Pensez-vous qu'il y ait un rapport entre le « chaos rampant » et la chanson « Pourquoi faire aujourd'hui (qu'est-ce tu pourrais faire demain) » de Lisa Leblanc ? (vidéo visible sur You Tube et c'est marrant).
- Que fait cette citation de Lovecraft au milieu d'une série de phrases tirées du roman « Le Lys rouge », d'Anatole France ?
- Le nom « Nyarlathotep » apparaît-il dans les paroles du groupe de hard rock iron Maiden ?

5.
« Nous sommes allées toutes deux au palais Prétorio ; nous avons vu une lionne et beaucoup de petits bonhommes de bronze, grotesques, très gras ou très maigres. »
(Anatole France, « Le Lys rouge » [Vivian Bell])
Qu'est-ce que le palais Prétorio ?
- un cinéma où les personnages ont assisté à la projection d'un film mettant en scène « une lionne et beaucoup de petits bonhommes de bronze, grotesques, très gras ou très maigres » ?
- un palais situé à Fiesole (en Italie) où l'on trouve un « petit musée étrusque ? »
- un gâteau italien ? (et dans ce cas, quelle tournure bizarre ce serait que « d'aller à un gâteau », qu'il soit italien ou pas).

6;
« Les Etrusques étaient un peuple sérieusement gai », dit un personnage du « Lys rouge » d'Anatole France. Et d'ajouter : « Ils faisaient des caricatures d'airain. »
L'alliance « joliment gai », dans le genre figure de style, c'est quoi ?
- Une antiphrase ?
- Une antithèse ?
- Une antichambre ?
- Une antédiluvienne ?
- Un antiphone ?
- Un nanti tout court (et il a de la chance) ?

Patrice Houzeau
Malo, le 4 septembre 2023

 

 

27 août 2023

D'AILLEURS IL L'A DIT LUI-MÊME

D'AILLEURS IL L'A DIT LUI-MÊME

1.
« Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes,
Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très loin,
Avec l'assentiment des grands héliotropes. »
(Arthur Rimbaud, « Oraison du soir »)
Dans ce tercet, Rimbaud recycle l’expression « depuis le cèdre jusqu'à l'hysope », cette expression signifie-t-elle :
- que Rimbaud était fortiche en SVT (« Sciences de la Vie et de la Terre ») ?
- de l'être le plus grand jusqu'au plus petit (l'hysope semble bien petite quand on contemple le cèdre) ?
- que Rimbaud se prenait pour un autre ?

2.
« - La Nuit vient, noir pirate aux cieux d'or débarquant. »
(Rimbaud, « Les premières communions »)
Dans ce vers, la nuit est-elle comparée à :
- la figure populaire du Captain James Hook ( le Capitaine Crochet) ?
- à un animateur énervé d'une radio libre des années 80 ?
- à la noirceur du cœur quand on en a gros sur la patate ?
- à un cheval noir galopant dans les constellations ?
- à Léa Jacques-Tahaist, la célèbre aventurière des mers et des cartes ?

3.
« Aucun des sophismes de la folie, - la folie qu'on enferme, - n'a été oublié par moi : je pourrais les redire tous, je tiens le système. »
(Rimbaud, « Une saison en enfer »)
Dans cette phrase, Rimbaud veut-il signifier que :
- Il avait étudié la logique et analysé tous les types de raisonnement, y compris les plus absurdes ?
- Le voyou voyant des voyelles et des voyettes avait parfaitement compris le fonctionnement de la comédie sociale (le « système »), qu'il a donc fini par les hausser, ses épaules, même qu'avec il est parti au désert ?
- Qu'il était hypermnésique et que donc, tous les raisonnements, y compris les plus chadoques, il les retenait dans sa tête de Rimbaud ?
- Qu'il avait un truc, c'est pas possible autrement ?
- Que le monde est dingo et surpeuplé de dingos que ça va donc se finir mal, d'autant qu'il ne manque pas de dingos pour dire qu'il n'y a pas assez de dingos, qu'il en faut toujours plus, des dingos, que c'est la volonté du Grand Dingo, qu'il disent, ces fous ?

4.
« Je suis un éphémère et point trop mécontent citoyen d'une métropole crue moderne parce que tout goût connu a été éludé dans les ameublements et l’extérieur des maisons aussi bien que dans le plan de la ville. »
(Rimbaud, « Ville »)
Dans cette phrase, le narrateur :
- exprime l'idée que la ville que l'on croit moderne se caractérise par une tabula rasa qui élude la tradition architecturale ?
- prédit les cités-dortoirs du vingtième siècle ?
- estime que ça ou autre chose, vu qu'on est jamais qu'éphémère, peu importe ?

5.
« Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d'harmonica qui pourrait ... »
(Rimbaud, « Les chercheuses de poux »)
Les trois syllabes manquantes du second alexandrin sont ;
- S'la jouer ?
- Calancher ?
- S'affoler ?
- S'déclencher ?
- S'épuiser ?
- Poil aux fesses ?
- Bombiner ?
- S'agiter
- Cabocher ?
- Bambocher ?
- S'amocher ?
- S'décrocher ?
- Autre chose ?

6.
Pensez-vous que Rimbaud était :
- croyant comme un quelconque Claudel ?
- athée comme une tasse ?
- hypermnésique ?
- alchimiste ?
- buveur de bière et fumeur de pipe ?
- extra-terrestre en mission ?
- un autre ? (d'ailleurs, il l'a dit lui-même : « Je est un autre », qu'il a écrit).

Patrice Houzeau
Malo, le 27 août 2023.

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