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BREFS ET AUTRES
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blanquer
23 mai 2020

DISSERTANT COMME LA SAUCISSE

DISSERTANT COMME LA SAUCISSE

 

  1. Objet magique, le livre de magie. Du coup, à manier avec prudence, défois que soudainement du chiffre des signes sortiraient des flammes pour vous incendier, des mains qui vous étrangleraient.

  2. La saucisse, ça fait penser à saucisson, saucisse pensante (aurait-elle des pattes?) ; serait-il bipède le saucisson et aussi sachant qu'un ministre de la nation apprenante. 

  3. Le rapport entre la langue d'un serpent et un poisson de mer vidé c'est que quand on vipérine défois (qui c'est-y qu'il fait pas) c'est comme si on vidait le poisson genre savez l'autre nageant du Japon là qui tue à coup sûr s'il est pas bien préparé qu'il faut être professionnel pour.

  4. Il paraît que François, non euh Philippe, ou Eric, ou Julien Villany (chais même pas comment qu'ça s'écrit), i rejoint les dissidents du fan-club au président Jean-Carol Macrot (euh c'est pas ça) : de toute façon j'm'en fous d'tous ces subventionnés là. Espèces de viraux, va.

  5. Zut quand elle fait le ménage, elle insulte des gens dans sa tête ; c'est ce que Zut appelle faire le ménage.

  6. « Un p'tit sou, encore un p'tit sou, le dernier p'tit sou » qu'il dit à peu près Grésillot (chaipasicéçaépim'enficheuh) interprété par Michel Piccoli dans le film « Le Sucre » ; j'dis ça rapport à tous ces sous qu'on débloque pis y en a zallez voir comme ça va finir dans les sables d'on n'sait où.

  7. J'avais revu cet acteur magnifique dans ce film formidable, « Le Sucre ». Michel Piccoli nous a quittés.

  8. Toujours rigolant d'entendre tous ces experts en tas d'trucs des hautes sphères de l'intelligence nous expliquer comment il faut sortir d'une crise qu'ils ont soigneusement, longuement, à l'insu de leur plein gré, préparée.

  9. Alors, très politique, Bart Simpson dit quelque chose comme : « Vous pouvez me croire, je vous ai toujours menti.»

  10. Cette histoire de vaisseaux voltigeurs, de soucoupes virevolantes, d'êtres vertigineux cryptés dans les textes comme visions dans les yeux nous laisse aussi songeur autant que si sur quelque planche à saucissonner, saucisse sèche se transformât en serpent sifflant.

  11. « Que Dieu est essentiellement mathématicien et donc, absolument juste » que je lis dans quelque ouvrage de Guy Tarade ; et l'humain donc d'être la suite des probabilités qui tendant vers l'infini inéluctablement se précipite dans le zéro.

  12. « Des personnages sous forme de ballon » : ah ça doit être des politiques montant dans les sondages.

  13. Je voudrais atteindre dans mes brefs me dis-je car j'aime tant à me dire la précision de Chuck Berry rappelant à Keith Richards la modulation exacte de chaque note de l'intro.

  14. Je ne crois pas que ça s'rait une bonne idée de mettre le sachant chauve et son sac à réformes d'l'apprenance au poste de premier ministre. On s'en méfie quand même du roi du « chef d'œuvre » défois qu'il aurait des visions d'tous nous œuvrer en chef là.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 23 mai 2020.

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15 mai 2020

VERS LE DECIMANT

VERS LE DECIMANT

1. D'après ce que je comprends, faudra, nous dit-on, s'habituer à vivre avec la mort qui rôde du covid-19 en espérant que d'autres cousins ne viennent pas le rejoindre tantôt (ou tard). En tout cas, l'espérance de vie moyenne va en prendre un coup.

2. Là quand même j'hallucine : et si i mute, l'assassin invisible ? Et si le prochain coronavirus i s'rait beaucoup plus mortel ? Et si ça s'associait, s'touci-touça décimant ? C'est-y pas défois qu'on irait tout droit dans la fin du monde doctement préfacée par les experts ?

3. Avec c'te mortel covid qui rôde là , on nous dit qu'il faudra vivre et s'habituer à, à mon avis, ça va nous changer le réel, qu'on s'ra sans doute plus dur, plus tenté d'en croquer et d'en profiter rapport à s'qu'on pourrait plus vite crever. Le retour du monde d'avant celui d'avant.

4. Me souvient d'une bande dessinée de Mœbius où l'on voyait des personnages masqués s'appeler tous « Monsieur » et s'adonner à je ne sais plus quelle étrangeté dans une science-fiction à laquelle not' réalité techno-covidienne commence défois à ressembler.

5. Cé koi donc k'cette histoire de « cochons sauvages hybrides géants constructeurs d'igloos dévastateurs de cultures » ? (ai entendu évoquer ces bestiaux sur France Inter le 14 mai 2020, dans l'excellente émission de Charline Vanhoenacker).

6. Donc, y aurait du goret géant au Canada qui s'rait issu d'unions entre grouïk-grouïks domestiques et sangliers importés d'Europe (puis lâchés dans la nature parce que les Canadiens auraient pas trop apprécié la viande de sanglier ; ça se comprend) : du coup, v'là les monstres.

7. Quand les sangliers d'Europe furent lâchés, tout hybrido-bizarres dans la nature canadienne, les experts auraient décrété qu'i passeraient pas l'hiver (étrange (de jambon) cause qu'en Europe on sait bien qu'les sangliers s'adaptent au froid). Du coup, on a laissé courir. Et puis zauraient passé l'hiver, les gorets. Et puis se s'raient reproduits véloce, les velus.

8. Me souvient d'un vers dans une chanson de Robert Charlebois (« Je vous vois tous avec des ailes »), c'est vrai qu'avec tous ces virus là, on se demande si on va pas aller s'dissoudre dans le nulle part plus tôt que prévu.

9. Les lois d'la nature, c'est pas du droit, c'est en quelque sorte « la nature de la nature », aussi la nature ne reprend jamais ses droits, mais rappelle régulièrement à l'humain qu'elle existe, et nous être mortelle, et si ça s'trouve fatale au genre humain.

10. Faudra quand même commencer à parler d'une revalorisation des salaires de ceux qui auront été en première ligne (soignants, caissières, etc...) C'est là où on va voir si Macron est quelqu'un de bien ou juste un laquais au service des lobbys margoulins.

11. J'entends ce matin (15 mai 2020) sur France Inter Marcel Gauchet évoquer la fin possible du « pouvoir prétentieux » qui prétend tout savoir et tout gérer. Le pouvoir jupitérien, quoi. Puisse-t-il avoir raison (et Blanquer bientôt de démissionner).

12. Je ne doute pas que le songe post-covid de Macron soit que nous consommions, et vite, et surtout que nous nous taisions.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 15 mai 2020

12 mai 2020

THE MAN ON THE MOON

THE MAN ON THE MOON

1. J'entends ce matin (12 mai 2020) sur France Info que Jean-Michel Blanquer est un homme de convictions. Je n'en doute pas. Il en est d'autant plus dangereux. Il croit tellement en sa réforme qu'il s'aveugle lui-même sur les difficultés d'application et la résistance qu'il rencontre à tous les échelons.

2. L'éducation nationale, réforme après réforme, a tellement été dénaturée qu'il lui faut maintenant un ministre pragmatique, un négociateur, et non pas un visionnaire, qui tente de préparer dans les classes une société de je ne sais quelle bienveillance.

3. Ce que les parents attendent de l'école, c'est qu'elle forme leurs enfants à un métier. L'apprentissage de la citoyenneté et les illusions de la bienveillance ne forment ni plombier, ni avocat. Et bien sûr, tout le monde d'adopter un discours auxquels bien peu croient : d'où le succès de Marine le Pen.

4. Des formations courtes qui permettraient au plus grand nombre d'accéder rapidement à un métier feraient plus contre les extrémismes que cette longue patience dans laquelle l'Etat plonge des élèves de plus en plus perplexes devant ce qu'on attend d'eux.

5. Je ne sais pas si Blanquer se rend compte des difficultés d'organisation que pose le maintien des cours en cette fin d'année covido-scolaire : on n'est plus dans le pédagogique, on nage en pleine programmation du lancement d'une fusée vers Saturne.

6. « The Man On The Moon », voilà à quoi je pense quand je songe aux bonds et rebonds d'une pédagogie hors-sol, planant dans les sphères de la bienveillance et la galaxie des formations post-bac cependant que sur terre, en France, on ne trouve plus d'ouvriers agricoles.

7. Ce n'est pas la bienveillance qu'il faut enseigner aux élèves, c'est la dureté des temps.

8. Malheureux l'étudiant dont les parents se saignent aux quatre veines pour le soutenir dans des formations post-bac qui forment à des métiers qui n'existent pas.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 12 mai 2020.

10 mai 2020

CHRONIQUE DU 10 MAI 2020

CHRONIQUE DU 10 MAI 2020

1. Le covid-19 fragilise nos démocraties. Souvenez-vous aussi de l'économiste Bernard Maris qui, eu égard aux malheurs du monde, nous disait : « Souriez, vous êtes Français », avant d'être assassiné le 7 janvier 2015 par un terroriste islamiste.

2. Soit Jean-Michel Blanquer est très courageux, soit il est très docile, soit il est très sot car il est évident que la réouverture des écoles le 11 mai est loin d'être sans risques, cependant que le gouvernement cherche par ce moyen à remettre les parents au travail.

3. Sans doute certains politiques sont d'autant moins scrupuleux qu'ils se sentent légitimés par la masse de travail qu'ils sont capables d'abattre. Qui bosse comme un bœuf est parfois tenté de voler l’œuf, chaparder la poule et taxer le fermier.

4. Le 10 mai 2020, on ne sait pas si les élèves seront soumis à un oral de français. Blanquer réfléchit (peut-être). En toute logique, si l'oral de français est supprimé ou reporté, il serait logique de supprimer l'oral de contrôle du bac et accorder le diplôme à 8 de moyenne.

5. Le 10 mai 2020, la veille du « déconfinement », beaucoup pensaient que le virus profiterait d'une certaine liberté retrouvée pour accélérer sa propagation. Sans le dire, le gouvernement misait sans doute sur un mixte entre confinement volontaire et immunité collective.

6. J'ai pensé que si Edouard Philippe se présentait au nom des Républicains, il était possible que le premier ministre l'emporte face à Macron ou face à Marine Le Pen. Je ne voyais en 2020 aucun autre candidat susceptible d'accéder à un second tour.

7. Le 10 mai 2020, je ne voyais aucune possibilité pour la gauche de revenir au premier plan sans une union de ses différentes composantes. L'incompatibilité des programmes, les problèmes d'ego et de posture empêchaient sans doute cette union pour longtemps.

8. En mai 2020, une partie de la gauche songeait peut-être à un pays où l'Etat serait surpuissant dans son dirigisme (aidé en cela par quelque « parlement-citoyen ») tout en laissant faire le marché : une sorte de gauchisme à la chinoise qui conduirait inéluctablement à la dictature.

9. Le 10 mai, on disait à la radio que quatre personnes avaient été testées positif et cela probablement suite à une réunion de travail dans un collège de la Vienne. Ça s'annonçait mal pour ses décisions à Blanquer qui apparaissait de plus en plus comme le maillon faible du gouvernement.

10. Face au covid, La plupart des restrictions de la liberté individuelle prises par le gouvernement Edouard Philippe et si critiquées par la gauche auraient été prises de toute façon par lesdits contempteurs si ceux-ci avaient été au pouvoir. La politique, c'est du guignol tragi-comique.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 10 mai 2020.

10 mai 2020

ECCE HOMO COMMUNICANS

ECCE HOMO COMMUNICANS

1. Parasite zélé zigouilleur, sempiternel insatisfait, cynique insensé, lucide désespéré, baveux bipède, trafiquant d'pangolin, abruti bricoleux, concombre en surnombre, ecce homo, ecce homo vulgatus, ecce homo communicans, ecce homo politicus pis qu'tous i l'craignent bien là le virus.

2. L'Art à tire-larigot, quoique, coco, point trop n'en faut, car l'Art, vois-tu, n'a pas le goût du tendre rôti, le Spleen (c'est qu'on s'sent si lucide défois), la Douleur (quand je me cogne) « sont mes seules amours » dit la marquise, exquise et si sotte, citant Jules Laforgue entre deux petits fours.

3. Ma vie confinée n'en finit pas de m'confire, de m'déconfire, de faire que j'me figure des féeries pour des autrefois qu'arriveront pas car à la fin des fins i s'peut qu'on finisse dans les fièvres pharamineuses et la fatale asphyxie sous l'indifférence d'un nuage en forme vague de pangolin.

4. Je pratique, n'en déplaise à Mallarmé, l'art de « l'aboli bibelot d'inanité sonore » ; je zutique (c'est un tic), et même si Zut c'est du toc, c'est ma tactique pour m'activer les zygomatiques.

5. J'aime allitérations, assonances et virelangues, tout ça qui swingue et sonne, c'est mon rock n'roll à moi.

6. « Dans l'estomac des gueux la faim met son galop. »
      
(Jules Laforgue)

Y en a, l'estomac si vide, ils vertigent parfois, vacillent, passant silencieux devant rôtisseries et pâtisseries, fruits et légumes, crémeries ; y en a, la mâchoire mastique toute seule la nuit quand ils rêvent pièces de boucherie, même que leur faim c'est du silence souvent, c'est du silence jusqu'à.

7. Je me demande si Blanquer (fieffé réformateur, ô fonctionnaire à visions) joue au bilboquet, ou au bingo, ou au bateau longeant les icebergs ; joue-t-il le fier fusible, le fier-à-bras ? Est-il si habile ou si bête, si stratège ou si sot ? Plaise à dieu que nul mort vienne nous répondre.

8. Non, Monsieur Houzeau, le pluriel de « grand oral » n'est pas « grands Zorros » car s'il y a des oraux cette année, c'est de blanc qu'ils seront masqués, et puis ils n'auront ni cape, ni épée, ni muet (enfin, j'espère).

9. Ce n'est pas le fantôme qui est en manque de réel, c'est le fou. Le fantôme, lui, est nostalgie, ou regret.

10. Il aurait dû se rappeler que, comme dit le poète et avant d'ouvrir la porte, « la musique est un cri qui vient de l'intérieur », passqu'y en avait tout un combo de crieurs d'l'intérieur là, que du coup, l'est un peu sourd maintenant, le poteau.

11. L'être ne peut être qu'être. Quant à l'étant, c'est de l'être itou. Idem pour l'existant qu'est étant pis être cependant que l'être est-il étant tout le temps ou est-il de l'être n'étant qu'être, irréductible donc, intangible je ne sais qui que quoi dont où ouh la la tu m'saoules qu'elle me dit Zut alors.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 10 mai 2020. 

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2 mai 2020

AUTOUR DU IER MAI 2020

AUTOUR DU 1ER MAI 2020

1. En 2020, on avait l'impression que certaines maisons de retraite n'étaient plus que mouroirs et charniers. On parla aussi d'enfants atteints par le syndrome de Kawasaki. Le premier ministre n'était guère rassurant. On s'apprêtait à ne pas vraiment déconfiner, à juste voir se desserrer le cordon.

2. En 2020, il n'y eut pas de défilé du 1er mai. Certains se firent cuire des œufs ; d'autres dirent qu'ils allaient frapper sur des casseroles.

3. En 2020, non sans un soupçon d'ironie, les journalistes parlaient de « premiers de tranchée » pour évoquer toutes ces personnes dont l'utilité sociale apparut d'autant plus évidente qu'elles étaient parfois méprisées avant que la pandémie rappelle à certains politiques ce que c'était que de vivre et de mourir dans la France du plus grand nombre.
L'expression de « premiers de corvée » fut aussi employée. L'expression s'appliqua aussi à Edouard Philippe (« premier de corvées ») dont il m'apparaissait de plus en plus clairement que sans lui, la présidence Macron ne pourrait plus tenir très longtemps.

4. Entendu sur France Info à propos de l'abandon programmé des réformes en cours : « C'est la République en Marche arrière ».

5. Le 1er mai 2020, Marine Le Pen alla déposer une gerbe de fleurs au pied de la statue de Jeanne d'Arc. Jean-Marie Le Pen renouvela son appel : « Sainte Jeanne, au secours » mais cela n'avait pas le même sens qu'en 2017.

6. Le 1er mai 2020, il y eut dit-on une petite tentative de manifestation parisienne vite dispersée par la police. Des amendes furent données; il y eut des promesses de revanche.

7. En mai 2020, on disait qu'à Mayotte, certaines personnes n'avaient rien à manger et que l'épidémie y prenait de l'ampleur, laissant peu de lits disponibles dans les hôpitaux. France, 6ème puissance mondiale.

8. Le 1er mai 2020, le président Macron affirma regretter les 1ers mai « joyeux et chamailleurs » de jadis. J'ai pensé qu'il était tellement dans la distanciation sociale et le paternalisme qu'il ne se rendait pas compte qu'il prêtait à rire. « Chamailleurs », les Black Blocs de 2018 ? « chamailleurs », les débordements d'Alexandre Benala ? « chamailleurs », les Gilets Jaunes ? J'ai pensé que notre président nous prenait pour des jambons ou alors, c'est qu'intellectuellement, il était plus limité qu'il le croit.

9. En avril et mai 2020, on disait que le président Macron voulait un gouvernement d'union nationale. Ce qui signifiait que le gouvernement d'Edouard Philippe n'allait plus tenir très longtemps. Je ne crus pas à ce gouvernement d'union cependant qu'une dissolution de l'Assemblée me sembla inévitable.

10. Le 1er mai, les syndicats rappelèrent que les gens nécessaires et en première ligne dans la crise actuelle ne gagnaient parfois pas plus que le SMIC. J'ai pensé aux salaires des ingénieurs financiers et à ceux des DRH embauchés pour « dégraisser » les effectifs.

11. J'ai pensé que pendant des années, on avait dépensé tant d'argent pour des réformes de l'éducation nationale qui n'avaient abouti qu'à une défiance généralisée envers l'institution scolaire qu'il aurait mieux valu investir plus et mieux dans le secteur de la santé.

12. Nul n'annonçait ce 1er mai 2020 un report de l'épreuve orale du bac de français à septembre, voire plus tard dans l'année. J'ai pensé que c'était par pur orgueil ministériel, pure esbroufe administrative, d'autant que le baccalauréat ne ressemblait déjà plus à grand chose, miné qu'il était par un contrôle continu, qui, par définition, ouvre la porte à bien des abus.

13. J'ai pensé que la crise sanitaire du Covid-19 nous faisait passer d'une société d'abondance à une société de nécessités.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 1er mai 2020

 

 

 

29 avril 2020

ICI LES CONFINS LES CONFINES PARLENT AUX AUTRES

ICI LES CONFINS LES CONFINES PARLENT AUX AUTRES

1. Pis comment qu'on s'en sort qu'on va finir par donner sa langue au pangolin comme on disait en 2020 avant qu'on se rende compte que mais c'était trop tard.

2. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : Les premiers de cordée sont tombés sur le pangolin – Mascarade en Macronie n'est pas notre projet - Personne ne ment puisqu'on vous le dit – La machine vomit des fantômes – Je répète : La machine vomit des fantômes - Félicie aussi.

3. Bon faut qu'je leur donne du boulot à distance aux apprenants en situation de confinement passque les politiques ça fait des années qu'ils dépensent nos impôts en réformes à se faire jeter les contribuables par la fenêtre et donc : En une vingtaine de lignes, vous expliquerez en quoi l'expérience du confinement a enrichi, ou pas, votre perception de l'autre et a, ou non, changé votre regard sur le monde.

4. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : - Est-ce vraiment la vérité qu'on nous ment – Ma tante dit que c'est la peste mais mon oncle penche plutôt pour le choléra – Tous ceux qui ne portent pas de masques seront démasqués – Je ne prendrai pas de nouilles avec mon pangolin.

5. Est-il vrai que Godzilla va prochainement être remplacé par Pangola ? Faudra que j'demande à Blanquer, lui qui sait tout, j'suis sûr, i saura me renseigner.

6. Ai entendu à la radio que Jean-Michel Blanquer (fonctionnaire modèle) n'excluait pas l'idée d'une réouverture des lycées non pas en juin mais en septembre. Ah tiens il prend les devants. C'est-y pas qu'il commencerait à se rendre compte qu'on lui dit pas tout ?

7. Le matin à la radio y a une espèce de sociologue qui explique à nous autres pauvres crétins qu'nous sommes, le bien fondé des gouvernemances là. Aujourd'hui le prédicologue nous a conté que Macron s'rait tantôt jacobin pis aussi girondin qu'à mon avis l'est plutôt dans l'pétrin.

8. Je ne suis pas tellement choqué que le gouvernement gouvernât à vue ; n'ayant pas vu venir le virus, sont bien obligés de se démerder comme ils peuvent. Les autres génies d'la chose publique d'opposition ne feraient pas mieux. Mais quand même, quelle bande de.

9. Les politiques, ces niais qui comptent sur la bienveillance, la patience, la bonne volonté et la crédulité des Français et qui s'étonnent ensuite de se prendre des gamelles aux élections.

10. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : La réforme est dans la choucroute – Le café-croissant au bar du coin n'est pas pour demain – Le petit Manu énerve le grand Edouard – Ne donnez pas vos sous, vous en aurez besoin – Quand on marche à reculons, on finit par se faire enquiquiner.

11. Alors mon lit m'appela : « Tu viens t'coucher ou quoi ? ». J'écrasai quelques gouvernements dans mon cendrier, finis mon verre d'amère ironie et allai rejoindre mon repose-couenne à caboche.

Patrice Houzeau,
Les Confins, le 29 avril 2020.

 

 

26 avril 2020

ZEBULON POLLUX ET LA DEUXIEME VAGUE

ZEBULON POLLUX ET LA DEUXIEME VAGUE

1. J'apprends par France Inter que Michel Onfray a récemment contracté la dengue même qu'on l'a diagnostiqué coronaviré oh la la déjà qu'il faisait de la philosophie y en a quand même i sont marqués hein.

2. Pour justifier la fermeture des établissements scolaires, on a tellement raconté que c'était par les enfants qu'il passait, le vilain virus bouh qu'il est méchant que maintenant bon courage pour convaincre les parents de les renvoyer dans les bahuts, les élèves.

3. J'apprends par France Inter que les experts ne sont pas d'accord sur la probabilité d'une deuxième vague du virus. Je commence à avoir l'impression qu'il y a autant d'avis sur le covid-19 qu'il y a d'experts. Bon, faut demander son avis à Blanquer afin de faire le contraire de ce qu'il préconise. A mon avis, ça devrait l'faire.

4.  Un collègue m'a confié qu'à son avis l'éducation nationale telle que nous la connaissons ne survivrait pas à la pandémie. L'éducation nationale, je ne sais pas. Par contre, la crédibilité de Blanquer, déjà pas bien portante (because très sotte réforme), sûr qu'avec le covid, la v'là enterrée.

5. En avril 2020, on se demandait si la nicotine ne protégeait pas une partie des fumeurs de l'étrange infection venue d'ailleurs appelée covid-19. Me suis demandé en m'serinant du Gainsbourg si dieu était un fumeur de havanes et me suis rappelé que c'était une idée qui courait dans l'opinion avant même qu'on soit confiné.

6. Me suis rappelé qu'avant le confinement, alors que j'allais prendre ma pause cigarette, (j'allais DEHORS, tu te rends compte!) des collègues m'ont dit qu'ils avaient entendu dire que les fumeurs étaient parfois moins gravement atteints par le coronavirus que les autres, au grand dam d'une autre bien pensante qui s'est écriée qu'elle ne voyait vraiment pas pourquoi. J'ai eu beau lui faire remarquer que la nature était pleine de mystères qui nous dépassaient, l'a pas eu l'air convaincue.

7. Lors l'expert Zébulon (il a du ressort) s'écria Tournicotine-tourniquota et le président Pollux prit son meilleur accent anglais (l'est réputé pour, l'animal) et déclara « Alors là je ne comprlends plus du touw, du touw, du touw ! ».

8. Non, Monsieur Houzeau, je ne pense pas que, en ce qui concerne le lancement de notre dernière marque de cigarette, un logo en forme de pangolin fumeur soit vraiment une bonne idée. Une chauve-souris non plus d'ailleurs.

9. Au début du confinement (17 mars), il était de bon ton de critiquer la Suède (à ma connaissance, le seul pays d'Europe à n'avoir pas rendu le confinement obligatoire) et puis, le 26 avril, on cherche des explications au fait que, pour l'instant en Suède, il y a nettement moins de morts que prévu.

10. En avril 2020, on se posait bien des questions sur l'organisation du retour en classe prévu pour le 11 mai (problème des transports scolaires, des cantines, des masques...). Me suis rappelé que lors de son allocution du lundi de Pâques, Macron nous avait parlé comme s'il était comme nous.

11. A l'annonce d'une éventuelle deuxième vague d'épidémie covidienne, j'ai pensé que le truc avec les jeux d'andouille c'est qu'en général quand ça commence y a pas d'raison qu'ça s'arrête.

12. En tout cas, au grand prix international Pinocchio 2020, va y avoir pléthore de nominés. Je propose l'attribution d'un Pangolin d'honneur aux virtuoses du tour de passe-passe intitulé « Y avait des masques et y en a plus ».

13. A force de «simples réévaluations doctrinales » (c'est ça qu'il a dit, l'autre), vous verrez qu'à l'avenir, on va finir par diviser la France en zones de confinement/déconfinement » et qu'ça va remplacer les zones de vacances scolaires moi j'vous dis.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 26 avril 2020. 

25 avril 2020

AH DIS COMMENT QU'ON S'IMAGINAIT

AH DIS COMMENT QU'ON S'IMAGINAIT

1. Pas besoin de continuer, il avait pigé qu'la récidive était certaine, du coup hein que tant va la cruche à l'eau... C'est cinglé et pourtant pas beaucoup d'doute, qu'on y est dans l'serial, le perdurant, la crise en continu, l'inéluctable à nédboeu.

2. Fin 2019, on évoquait une « gauche de la gauche marginale » pis hyperactive (gilets jaunes black block and co) Mario Draghi on le surnommait « Super Mario » en raison du « whatever it takes » qu'il a dit que j'lis on publiait des photos de Marie Laforêt, je me disais qu'elle était jolie elle venait de nous quitter.

3. En 2020, on se demandait combien il y aurait de morts, puis combien de faillites, puis si on pourrait partir en vacances (pas moi je ne vais jamais nulle part).

4. Fin 2019, on parlait de Nasrin Sotoudeh incarcérée en Iran depuis 2018 et des manifestants devant l'ambassade d'Iran réclamaient la libération de l'avocate C'est aussi l'année de parution de « La Panthère des neiges » de Sylvain Tesson je ne l'ai pas lu bah tant pis.

5. En 2020, on s'en est bien rendu compte là, que les dirigeants d'la 6ème puissance mondiale étaient incapables de prévoir une épidémie pourtant annoncée et que le nécessaire manquait aux soignants alors qu'on avait gaspillé argent et énergie à des réformes imbéciles.

7. En 2020 j'ai pensé qu'ils avaient vraiment des têtes de, nos politiques et inutile voire dangereuse qu'elle était l'ENA Je ne suis pourtant pas gauchiste mais je n'aime guère les prétentieux du reste je n'aime pas grand monde.

8. En 2019 on parlait de « l'amie mystérieuse de Benalla » et d'un coffre « mystérieusement envolé » J'ai pensé à la soi-disant rupture avec l'ancien monde que Macron nous avait vendue. En 2020 Benjamin Griveaux a fait dans l'acte manqué et s'est pour longtemps ridiculisé.

9. En 2018, nous étions nombreux à nous demander quelle était la nature exacte des relations Benalla-Macron qu'on a soupçonné des mœurs qu'on avait beau se dire non quand même, i persistait le doute.

10. Fin 2019, on rappelait qu'en 1989 ils étaient nombreux les réfugiés est-allemands à demander l'asile politique à l'Ouest En 2017 j'ai eu peur du retour d'une gauche totalitaire je n'ai pourtant pas voté : trop loin trop cher.

11. En 2019 on prospectivait qu'si ça se trouve en 2049 on ne travaillerait quasi plus du tout because robots et intelligence artificielle puis en 2020 le covid-19 nous a rappelé l'importance des livreurs, des caissières et qu'on ne peut pas aimer un robot.

12. A l'heure où j'écris (25 avril 2020) on parle du retour de Strauss-Kahn je me dis on se fout de not' gueule pis que Macron a vraiment trop une tête de premier de la classe alors je me hausse les épaules et j'me dis laisse ce sont vraiment des.

13. En 2020, j'ai dû reprendre un ordinateur j'voulais plus écrire c'est si vain sans talent J'm'entêtais du Baudelaire et des listes de mots saxons j'achetais régulièrement d'la mozzarella pensais à l'absurdité de la réforme Blanquer, buvais du schweppes, du café, du rhum.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 25 avril 2020.







18 avril 2020

PLUS MAÇON QUE MAGICIEN

PLUS MAÇON QUE MAGICIEN

1. « Je résistai à la tentation de lui dire que sa communication avait été reçue par Donald le Canard » (Agatha Christie traduite par Michel Le Houbie, « La Plume empoisonnée » [le narrateur])

2. Comme la communication ne venait de personne, il resta anonyme. Il faut savoir rester discret surtout lorsque le temps passe et qu'on croit que c'est pour nous.

3. Défois qu'il serait tout feuille de papier plié à l'infini le temps tellement plié pis tellement à l'infini que tout ce passé là tient dans même pas le même pas d'un même pas.

4. Je t'appellerai être et tu seras. - Cause toujours ! me répondit l'étant qui passe avec son panier à échos et sa tête de tous les jours.

5. « peu importe la relativité » (Cioran) : oui, certes, mais ça dépend aussi qu'il y a dit-on un temps pour tout et qu'chacun s'en ressent pas pareil; pis aussi des infinis s'tirant le cheveu à Cosinus pis l'touci et l'touça, le ministre et ses sots zélés, la jolie réforme et ses couacs, la croissance et ses pangolins.

6. La crise du Covid nous apprend qu'un quelconque péquin s'amenant avec un pangolin est capable de mettre hors de combat l'équipage d'un porte-avion. Ça doit donner à penser dans les écoles de guerre.

7. « Le vertige, cependant, aspire à la forme » : ce p'tit bout de Cioran, c'est la réforme Blanquer tentant de ressembler à quelque chose cependant qu'à l'autre bout de la planète l'obscur pangolin était l'objet d'un étrange trafic.

8. Et puis, les réformes se succédant à un rythme de plus en plus soutenu, ils furent pris d'un vertige tellement débattant qu'les murs et les grands stratèges administratifs en tremblotèrent jusqu'au fondement et même jusqu'à leur raison.

9. Le bruit de la pluie ne mouille pas ; c'est pour ça qu'on peut le trouver poétique. Evoquer la pluie ne vous fait pas attraper un rhume mais peut vous faire la chanson.

10. L'humain est beaucoup plus maçon que magicien. Mais sans doute est-il des maçons dotés d'une « sensibilité magique » (l'expression est de Cioran) et dont les murs sont faits pour être passés. C'est pas malin, j'ai pas d'exemple.

11. Charade :

Mon premier est un mythologique à flûte.
Mon deuxième est un jeu de stratégie.
Mon troisième est cultivé pour ses fibres et ses graines.

Mon tout fut ramené par un quelconque péquin et nous a mis dans l'pétrin.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 18 avril 2020.

 

 

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