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22 juin 2020

DES FOIS QU'ON SE DIRAIT NOBODY'S PERFECT

DES FOIS QU'ON SE DIRAIT NOBODY'S PERFECT

 

 

  1. Entendu dans le film « Meurtre au soleil » de Guy Hamilton : « On ne diffame pas les morts ». Ce qui veut dire qu'on « ne doit pas dire du mal des morts » autant qu'il est possible de diffamer des personnes qui ne sont plus là pour se défendre.

  2. Ai pensé qu'il y avait « nobody » et ai pensé que « nobody's perfect ». Voilà à quoi ma cervelle s'amuse.

  3. J'aime bien « Meurtre au soleil ». Certes pas un chef d’œuvre, mais Peter Ustinov y interprète un Hercule Poirot assez crédible dans son ridicule et puis, il y a Diana Rigg dedans et tout le monde aima voir Diana Rigg jouer.

  4. L'humain est en lui-même une expérience de pensée.

  5. Je n'ai pas très bien vécu le confinement et l'expérience de l'enseignement à distance ne m'a pas convaincu. Le déconfinement m'est lui aussi assez amer et c'est avec peu de plaisir que me voilà tenu de croiser tant de gens qui ne me sont rien et moins que.

  6. Au fond, j'aime assez l'idée que la plupart de nos échanges soient basés sur des services marchands. On peut ainsi s'en tenir à la stricte politesse. Je crains le monde associatif et sa morale citoyenne et fatalement intrusive.

  7. Il n'y a guère que l'échéance de la mort qui puisse empêcher l'ami de finalement vous trahir.

  8. Ce n'est guère que par l'espoir d'un retour de la croissance économique que le monde de l'éducation tient encore debout. Je crains qu'une forte hausse du chômage ne finisse tout de même par obliger lycéens et étudiants à aller donner de la voix dans les rues.

  9. L'éducation nationale est de plus en plus administrative et collaborative. Aussi l'individualisme et la singularité y sont de plus en plus mal vus au profit d'une gestion bienveillante de l'obtention d'un maximum de bouts de papier appelés « diplômes » parce qu'il faut bien leur donner un nom.

  10. Chaque réforme de l'éducation nationale me donne le plaisir d'assister à ce spectacle toujours réjouissant de la victoire de l'esprit de sérieux, de l'enthousiasme plus ou moins feint et du très grand zèle administratif dont certains chefs d'établissement sont capables.

  11. Mes élèves sont inquiets. Ils savent que quelque chose ne tourne plus très rond dans le social. Ils théorisent fort peu et se méfient du désordre et des émeutes ; sans être extrémistes, loin de là, certains se disent patriotes. Je sens bien qu'ils regrettent une France dont ils ont entendu parler et qui n'existe plus.

 

Patrice Houzeau,
Malo, le 22 juin 2020.

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17 juin 2020

LES MOTS PERMETTENT TOUT

LES MOTS PERMETTENT TOUT

 

 

  1. Franche occasion de rigolade que cette session du baccalauréat 2020 que je résumerai ainsi : foutaise, foutaise et technologie. Zêtes pas d'accord ? Zavez raison.

  2. Mélancolie en songeant à tous ces spécialistes de philosophie politique ou de littérature médiévale sommés par l'administration de remplir le bordereau xyz avant telle date « impérativement » pour que des « apprenants » plus ou moins crédibles obtiennent un diplôme dont la valeur est de jour en jour plus relative.

  3. « Par exemple, dans l'état de nature (tous les Etats sont dans l'état de nature, les uns au regard des autres),... » (Locke traduit par David Mazel, « Traité du gouvernement civil »)
    En effet, malgré tous nos beaux discours, le droit du plus fort est toujours en vigueur dans nos décidément pénibles relations internationales.

  4. « Mais les mots permettent tout. » (Alain, « De la connaissance discursive »).
    Le politique a bien compris cette leçon qui ne cesse d'utiliser « éléments de langage », éditorialistes zélés et mensonges par omissions, brefs ce que l'on appelle la propagande.

  5. « J'y ai trouvé cette remarque d'importance que l'imagination peut lier toutes les images n'importe comment, ce qui écarte les petits systèmes du modèle anglais où la machine produit des chaînes de pensées à l'image de l'univers. » (Alain, « De la connaissance discursive »)

  6. 1) Tous les êtres humains sont égaux en droit.
    2) Le nombre d'êtres humains ne cesse de croître en dépit de la rareté naturelle.
    3) Le libéralisme non seulement économique, mais aussi politique (c'est-à-dire basé sur la liberté individuelle) est le seul rempart contre les dictatures de gauche et de droite qui s'annoncent.
    4) Ne jamais considérer qu'une prise de pouvoir par l'armée est impossible. Les militaires sont des gens qui réfléchissent.

  7. Le plus difficile est de reconnaître non seulement ses erreurs, mais aussi ses faiblesses. Pour moi, j'avoue que la lucidité me montre assurément des défaillances, auxquelles je suis souvent empêché de remédier par la faute d'un orgueil dont ma mère disait qu'il était « mal placé ».

  8. Ai été hier encore l'objet d'une tentative de manipulation de la part d'un collègue très respecté. C'est que, s'il est bien mieux vu que moi, il est cependant assez intelligent pour se rendre compte de ce que je suis et qui est tout mon orgueil.

  9. Qu'ils quittent leur travail, et ils ne seront plus rien. Ma seule limite est dans mes faiblesses. Mon travail n'est que l'une de mes activités, et bien entendu, je n'ai pas été aussi sot qu'eux qui mettent leur peu de dignité dans leur progéniture.

  10. « Si nous connaissons la machine, n'importe quoi d'autre, à savoir les mouvements qu'elle fera, paraît être déjà entièrement déterminé. »
    (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques »)

    C'est ce que je pense de l'Etat bureaucratique vers lequel, inéluctablement, nous allons. Le seul antidote réside dans le singulier (voilà pourquoi Céline, Rimbaud, De Gaulle et « The Man On The Moon » nous sont si précieux).

  11. La bureaucratie n'a pas besoin de gens comme moi. La légitimité, oui. Je dois être le seul professeur de Lettres de LP à dire que la plupart des cours (hors ceux donnés en enseignement professionnel) sont inutiles et contre-productifs. Cela me rend mélancolique et contre tous.

  12. Attention à la dernière lubie de Blanquer : Les « vacances apprenantes », outre que ça va coûter bonbon, m'apparaissent comme une tentative de plus pour infuser dans l'opinion les éléments d'une idéologie du « vivre ensemble » aussi dangereuse qu'illusoire.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 17 juin 2020.

13 juin 2020

QU'UN SEUL SOIT LESE ET NOUS SERONS TOUS MENACES

QU'UN SEUL SOIT LESE ET NOUS SERONS TOUS MENACES

 

 

  1. Au train où vont certains politiques et certains de leurs zélés soutiens dans la réécriture de la crise, zallez voir que bientôt on nous dira sans rire que la France n'a pas manqué de masques et que si on a dû confiner, c'est tout de la faute aux syndicats.

  2. « La communication en image est notre nouvelle magie. »
    (Isabelle Sorrente, « Philosophie Magazine » n°139, juin 2020, p.37)
    Et les algorithmes nos abracadabras.

  3. Passer d'une civilisation du texte à une civilisation de l'image ne me semble pas être un progrès. C'est passer de la diachronie à la synchronie, c'est abandonner le projet pour l'illusion du présent.

  4. Une crise n'est pas une maladie, c'est l'indice de la progression d'une maladie. Que notre monde globalisé, technologique et de plus en plus bureaucratique se soit laissé surprendre par un virus est symptomatique qu'il est atteint d'un mal plus profond qu'il le croit.

  5. Peu importe que Macron et Edouard Philippe ne soient pas toujours d'accord : ce qu'il faut c'est qu'ils restent à leurs postes et tirent le secteur de la santé du foutoir dans lequel techno-énarques et administrateurs divers l'ont fichu.

  6. Le 13 juin 2020, à la veille d'une nouvelle allocution du président Macron, il ne semblait guère crédible qu'il fût vraiment sincère dans sa volonté de « se réinventer ». On s'attendait à ce qu'il reprenne le cours des réformes comme si quasi rien ne s'était passé.

  7. J'entends ce matin (13 juin 2020) que Pékin connaîtrait un rebond de l'épidémie du Covid-19 (une cinquantaine de cas d'après la boîte à coucous). Euh... Etant donnée la sincérité légendaire des autorités chinoises, si j'étais politique, je me poserais la question d'un éventuel retour du tueur invisible.

  8. Tiens, un sujet pour un article et celui qui voudrait l'écrire : Et si le baccalauréat 2020 était le premier diplôme virtuel de l'histoire de l'éducation ?

  9. « Ainsi, plutôt que de regarder le présent, nous cherchons à nous évader vers le futur, voire à lui donner les couleurs de l'utopie. »
    (Philosophie Magazine n°139, p.41)
    Certes, mais c'est bien en analysant le présent que nous pensons le futur. Que certaines grilles d'interprétation soient fautives n'implique pas la fausseté de l'analyse.

  10. La crise de 1929 a contribué à la montée des périls. Quelle sera la conséquence de la crise économique induite par l'effondrement brutal de la production mondiale ? Un redémarrage rapide (financé par la dette), à condition qu'il concerne l'ensemble des continents. Qu'un seul soit lésé et nous serons tous menacés.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juin 2020.

7 juin 2020

PLUME ET GRINCEMENTS

PLUME ET GRINCEMENTS

 

 

  1. Le président Macron devrait se souvenir que nous ne sommes pas des « irréductibles Gaulois », des « réfractaires à tout changement » (on n'est pas dans un album d'Astérix), mais le pays de Voltaire et d'Hugo.

  2. Je sens bien les « vacances apprenantes » à Blanquer comme un magnifique exemple d'usine à gaz, (à citer certainement dans les annales de la sottise ministérielle).

  3. Comme je suis un dangereux agitateur (« d'autant plus dangereux qu'il réfléchit » me fut-il signifié en ma jeunesse folle), je vais maintenant boire une bière en écoutant « Slumlord » de Baxter Dury.

  4. Ai pensé qu'Edouard Philippe avait bien du talent et que sans son sang-froid, la Macronie ne tiendrait pas huit jours. Peut-être fallait-il qu'il regagne les rangs de la France gaulliste et laisse tomber ces pieds nickelés. Il sortirait ainsi la tête haute et n'en serait que plus grand. Mais bien entendu, il y avait une certaine noblesse à continuer de gérer les affaires d'un pays menacé par une forte montée du chômage.

  5. Un journaliste américain dit un jour : « La France, c'est l'Italie en plus discret. » Il m'arrive de penser qu'il avait peut-être raison.

  6. Lorsque j'ai bu quelques bières en écoutant du Baxter Dury, je suis momentanément dans l'impossibilité de commenter Wittgenstein, mais j'arrive tout de même à critiquer la Macronie. Comme quoi, en dehors de sa philosophie, la politique telle que la présentent les médias, c'est du bidon.

    Comme il avait fait une bourde grammaticale, il songea que l'orthographe, Baxter Dury et la bière ne faisaient pas forcément bon ménage.

  7. Franchement, faut être un peu naïf, ou aimer la soumission, pour croire que les politiques vont nous sortir d'un bourbier où ils ont largement contribué à nous fourrer.

  8. Il se moquait fort des puissants, et ceux qui le connaissaient un peu savaient qu'il était réellement, littéralement, ce que Hollande a appelé jadis un « sans-dents » (ah ça, il aurait mieux valu qu'il se taise). Ayant connu ce que l'on appelle des difficultés, il riait de ces ventres bien remplis qui prétendaient le gouverner.

  9. C'est pourtant ce « parlementarisme libéral » que vous décriez tant qui vous laisse le temps et l'espace nécessaires pour que vous puissiez les critiquer.

  10. Il est notable que le professeur n'est plus considéré comme un maître dans sa discipline mais comme un agent au service d'une institution publique. Dès lors, sa parole de maître est déconsidérée au profit d'une pseudo-efficacité administrative.

  11. Il pensa qu'il n'aimerait pas que le ministre de l'éducation nationale devînt premier ministre : il aurait sans doute vite l'impression de vivre dans un pays administré comme on administre un établissement d'enseignement secondaire.

  12. Jolie expression entendue ce matin sur France Culture concernant ces « esprits qui ne brillent que par les grincements de leur plume ».

Patrice Houzeau
Malo, le 7 juin 2020.

6 juin 2020

DEUX BREFS ANTI-MACRONIE

DEUX BREFS ANTI-MACRONIE

 

  1. Mars 2020. Quelques jours avant la décision de confiner et de fermer tous les établissements scolaires, alors que le nombre de morts montait chaque jour, le ministre Blanquer assurait que fermer les écoles n'était pas à l'ordre du jour. Combien de morts chez les enseignants, le personnel administratif et les agents de service le ministre Blanquer aurait-il accepté au nom de ce qu'il faut bien appeler son carriérisme ?

  2. Le président Macron est un bien piètre président qui a réussi le tour de force de provoquer des manifestations populaires d'une ampleur inégalée depuis Mai 1968 et qui a menti effrontément aux Français sur le manque de matériel disponible face au Covid. Que le président Macron songe sérieusement à se représenter aux présidentielles de 2022 prouve qu'il n'a ni honneur, ni dignité.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juin 2020.

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2 juin 2020

RENTREE FANTOME

RENTREE FANTOME

 

  1. L'autoritarisme et l'hyperbole administrative ne sortent pas toujours renforcés d'une crise qu'ils ont pourtant aidé à surmonter. Le gouvernement aura beau se prévaloir de ses mesures sanitaires, il n'en est pas moins qu'à l'origine, il aura manqué à son devoir de prévoyance.

  2. Les électeurs n'aiment guère l'Etat colmateur. Ce qu'ils attendent, ce n'est pas l'Etat réformant et contre-réformant dans tous les sens (l'état actuel des affaires macronistes), ce qu'ils attendent, c'est l'Etat prévoyant.

  3. On peut, hélas, se douter qu'une fois cette étrange affaire élucidée, on s'apercevra de l'immensité de la corruption.

  4. Je songe souvent qu'il est à parier que la plupart de nos ministres furent jadis des enfants imbuvables. Et tant pis si je me goure, poil au tambour.

  5. Serait-il que tant d'agitations ne procède que d'une seule chose : le refus de voir que nous sommes fatigués de nous-mêmes ?

  6. Je me demande comment vont faire les ministres du gouvernement Philippe pour défaire ce qu'ils ont fait hier (avant la crise du covid), tout cela qui leur semblait si judicieux et qui s'avère aujourd'hui si dispensable, voire contre-productif.

  7. J'ai l'impression de faire une rentrée fantôme.

  8. Non, mon cher Hastings, je ne pense pas que ce soit le ministre qui ait commis ce crime. La stupidité de ses dernières décisions prouve assez qu'il a eu récemment beaucoup à faire.

  9. Je me demande si les directeurs de cabinet disent toujours la vérité à leur ministre en cours. Je commence sérieusement à me poser des questions.

  10. J'ai confiance, il se sont bien agités pendant la crise du Covid et bien sûr, ils jurent leurs grands dieux qu'on ne les y reprendra plus. Rendez-vous dans dix ans, place des Grands Hommes, et vous verrez qu'une quelconque saloperie d'on n'sait où nous la pourrira à nouveau.

  11. Une bouche se tord, c'est moche ; trois bouches se tordent, c'est louche.

  12. Une société inégalitaire n'est pas fatalement injuste cependant qu'un égalitarisme étroit mène toujours à l'inefficacité.

  13. Il n'est pas nécessaire d'analyser les résultats : il suffit de prendre en compte l'inflation des textes, des commissions diverses et des procédures administratives pour comprendre que l'institution est paralysée.

  14. Je ne comprends toujours pas le rapport entre la juste répartition des richesses et la réforme des retraites à Macron : ce n'est pas en appauvrissant tout le monde que l'on se montre plus juste.

  15. La retraite par points a des partisans à gauche comme à droite et pourrait donc être utilisée par la Macronie pour diviser les oppositions.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 juin 2020.

31 mai 2020

TECHNONO TECHNOCRACRA TECHNOCRA SISI

TECHNONO TECHNO CRACRA TECHNOCRA SISI

 

 

  1. Le Diable est un possédant. Je note que les saints modernes ont vécu parmi les pauvres, au contraire du possédant qui cherche à prendre possession du corps et de l'esprit, en soumettant l'humain à une technologie d'autant plus diabolique qu'elle semble salvatrice.

  2. Le technocrate utilise l'administration au profit d'une idéologie d'Etat. Ainsi, le professeur n'est plus un maître dans sa discipline, mais un agent (un « sachant » dans la novlangue pédagogisante) sommé de se plier au discours des pseudo-sciences de l'éducation.

  3. Plus une institution est en difficulté, plus elle tend à multiplier les processus de contrôle, et tire sur la corde de ce qu'elle appelle « loyauté », c'est-à-dire l'absence de tout discours critique et donc de toute contestation.

  4. Croire qu'un ministre de l'éducation en sait plus sur les élèves qu'un enseignant qui les pratique depuis plus de 25 ans prête évidemment à sourire et même parfois à rire (jaune, hélas).

  5. Il se dit que le ministre Blanquer a tenté, avec quand même de gros, très gros sabots, tenté de mettre au pas l'éducation nationale. Lui aussi s'est planté.

  6. Je sai pa qui cé Blanquere que Zut et Zozo dès qui zan causent du Blanquere là i s'mettent à s'gondoler comme des bas d'laine meme qu'ils disent que c'est un chédeuvre qu'il faudré l'encadrer.

  7. Entre « l'expert » qui dans ses bureaux parisiens affirme « C'est comme ça qu'il faut faire » et le prof de terrain, il y a autant de différences qu'entre le « stratège » qui affirmait « ils ne passeront pas par là » et le biffin qui vit les panzers débouler à travers la forêt des Ardennes.

  8. Amusant comme en si peu de temps, un virus a fait de lycées et d'universités plus ou moins prestigieux (tout est relatif) de simples coquilles vides.

  9. Il y a des romans faits pour le plaisir de la lecture. Y en a aussi des qui partent des tripes, font du style un sabre, flanquent en l'air l'ordre ordinaire des choses, et c'est pour cela que j'aime autant Claude Simon que San-Antonio.

  10. Défois qu'il a l'air de rigoler, mais en fait sacrément pourri d'angoisse. « Bin oui, mon Zozo, mais tu t'noies dans un verre d'eau aussi » qu'elle lui dit Zut, lucide.

  11. « Mais par les morts muets, par les morts qu'on oublie,
      
    Moi, rêveur, je me sens regardé fixement. »
     
    (Victor Hugo, « Dans le cimetière de... »)

    Défois qu'les yeux des morts nous reluqueraient, nous, flottants dans le vivant.

  12. Notre civilisation s'est construite sur tant de batailles et de massacres qu'il m'arrive de songer qu'un jour, ils se lèveront de leurs champs d'Europe là et viendront nous demander des comptes.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 31 mai 2020.

27 mai 2020

CHRONIQUE DU 27 MAI 2020

CHRONIQUE DU 27 MAI 2020

 

 

  1. Quelque chose me dit que l'on va beaucoup pleurer dans les jupes du Conseil d'Etat ces temps-ci.

  2. Mais depuis la massification de l'enseignement supérieur, tout le monde sait que certains diplômes universitaires (Sorbonne ou pas) ne valent plus grand chose et que certaines filières ne sont là que comme variables d'ajustement du chômage.

  3. Amusante, l'autosatisfaction de la plupart des politiques qui ont eu en charge l'éducation nationale. De réforme en réforme, l'institution s'enfonce dans le ridicule et la bureaucratie ; qu'importe, de Jacques Lang à Blanquer, ils se prennent tous pour de grands humanistes.

  4. Je me demande, mais j'ai peut-être tort, si la polémique Camélia Jordana versus Castaner, ce s'rait pas fait par hasard pour faire pisser de la copie, faire gueuler un peu le citoyen outragé, et surtout faire diversion. On appelle ça du story telling.

    Ceci dit, ça change rien pour moi : je n'apprécie guère Castaner et je n'ai pas d'avis sur Camélia Jordana.

  5. Entendu dire à la radio que Macron voulait que les Français rachètent au plus vite une voiture (y a un plan pour ça, des primes à la casse et tout et tout). Bon après, i vont vous aider à payer l'écologisation d'vot' maison et vont vous faire payer encore un peu pour l'allongement des études de vos enfants. Bref, faites gaffe, sont déjà dans l'idée d'vous plumer.

  6. Zut me dit : Forcé que j'ai du mal avec l'autorité ; j'arrive déjà pas à m'obéir.

  7. Nous vivons des heures historiques m'a dit un collègue. Ah ça, on peut le dire que c'est un merdier historique.

  8. Sorbonne et autres universités, vous avez accepté la massification de l'enseignement supérieur, les filières bidons, l'allongement exagéré des études, parcours sup et la bureaucratie, et maintenant vous pleurez parce que vos étudiants remuent : eh bien, démerdez vous !

  9. Monsieur Houzeau, je vous assure que Monsieur Blanquer est un homme responsable et qu'il ne vient pas d'une autre planète pour vous obliger à remplir des tableaux, des tableaux, des tableaux, des tableaux, des tabl... euh excusez-moi, je dois avoir un shadok dans le logiciel.

  10. Au fond, la France n'a pas tellement changé (Ah la France éternelle!) : Le confinement fut notre ligne Maginot et maintenant, évidemment, la débâcle.

  11. Tous ceux qui connaissent cette région le savent : si MCA Maubeuge tombe, la région Sambre-Avesnois glissera un peu plus encore dans quelque chose qui s'apparente, croyez-moi, au désastre option chaos.

    Patrice Houzeau
    Zone rouge, le 27 mai 2020

25 mai 2020

QUELQUES QUESTIONS QUE J'ME

QUELQUES QUESTIONS QUE J'ME POSE LE 24 MAI 2020

 

  1. Est-ce que la macronie aurait tenue sans le sang-froid d'Edouard Philippe ?

  2. Que peut-on penser d'un président qui se prend d'amitié pour un voyou et ne prend pas en compte les avertissements des épidémiologues, ni ne prend la peine de se renseigner sur le matériel réellement disponible en cas de crise sanitaire ?

  3. Sera-t-il nécessaire de faire preuve de la plus fine des diplomaties dans nos relations avec la Chine en sachant que notre gouvernement a compris bien tard ce que la population savait déjà : la Chine mentait.

  4. Est-il possible que le président en vienne à dissoudre l'Assemblée Nationale sachant qu'elle signifierait la défaite probablement définitive de La République en Marche ?

  5. Peut-on imaginer un plan d'investissement massif dans le secteur hospitalier sans être obligé de faire des coupes dans d'autres budgets (celui de l'éducation nationale peut-être, d'autant que d'autres secteurs sont en attente d'une revalorisation nécessaire, la justice par exemple) ?

  6. Le gouvernement va-t-il réellement œuvrer à augmenter le nombre d'infirmier(e)s (et donc promouvoir l'offre de formation) ?

  7. Avons-nous tiré toutes les leçons du manque d'ouvriers agricoles et de travailleurs saisonniers pourtant nécessaires en cas de crise ?

  8. Avons-nous besoin de tant d'étudiants en formation post-bac, et d'ailleurs avons-nous besoin de tant de formations post-bac ?

  9. Certaines formations post-bac ne pourraient-elles faire l'objet d'une requalification en formation de niveau baccalauréat ? (Avantage : gain de temps et d'argent pour les étudiants comme pour l'Etat).

  10. Le gouvernement s'est-il enfin rendu compte que le Service National Universel était non seulement clivant (par l'annonce de son caractère obligatoire à venir) mais constituait aussi une dépense inutile ?

  11. Qu'en est-il des relations entre Edouard Philippe et Jean-Michel Blanquer ? Ai-je raison de penser que l'un des deux partira (ou peut-être bien les deux) mais qu'on ne les reverra pas tous les deux dans un même gouvernement ?

  12. Gérald Darmanin (qui, d'après ce que je sais, a montré son efficacité dans la mise en place de « l'impôt à la source ») veut-il vraiment devenir premier ministre ?

  13. Comment vont réagir les extrêmes qui, lors de la crise des Gilets Jaunes, ont semblé échapper quelque peu aux contrôles de la France Insoumise et du Rassemblement National ?

  14. En vertu d'un « Acte III » plus « social » et « écolo-compatible », va-t-on assister à un rapprochement de la macronie avec une partie des écologistes ?

  15. Emmanuel Macron va-t-il nous faire le coup de la « croissance résiliente » ?

  16. Le gouvernement va-t-il enfin payer les heures supplémentaires dues aux personnels soignants ? (quand je pense aux sous dépensés par l'éducation nationale à la mise en place de réformes aussi successives qu'ineptes, bin j'm'interroge voyez).

 

Patrice Houzeau
Les (dé-)Confins, le 25 mai 2020.

23 mai 2020

CHRONIQUE DU 23 MAI 2020

CHRONIQUE DU 23 MAI 2020

 

  1. La nomination de Jean-Michel Blanquer au poste de premier ministre serait, du point de vue libéral, un très mauvais signal. Je crains l'Etat éducateur, déjà, hélas, esquissé dans le malencontreux projet de « service national universel » (un genre de chantier de jeunesse potentiellement fatal au droit à l'indifférence que chacun doit pouvoir, à un moment ou à un autre, revendiquer).

  2. « L'avenir masqué flambe en traversant les cieux » écrivit Apollinaire (qui mourut de la grippe espagnole), qu'à y songer, si jamais c'est prémonitoire, nous v'là dans une drôle de baignoire, moi j'vous dis.

  3. En cas de crise, ce n'est pas le montant de la dette qui importe, c'est la capacité d'innovation et de production d'un pays. C'est tellement de base, cette idée, que c'est toujours consternant de devoir la rappeler.

  4. Je me demande où est passé le simple d'esprit qui à l'Assemblée Nationale avait traité ma mère d'illettrée électronique. Ah il est pas simple d'esprit, il est même compétent me dites-vous. Oh c'est bien possible, mais savez-vous que je m'en fous ?

  5. Un des effets du confi/déconfinement, c'est que Zut, a se sent juste de plus en plus décalée, qu'un rien la fait rire, la tête à énerver au présidon, le cosinus d'la tête à Casimir Bricolo (ça doit pas être com'ça qu'on l'appelle l'aut' ministre du processus éducationnel), et le silence têtu de ceusses qui s'apprêtent à trahir celui pour lequel ils ont déjà trahi d'autres traîtres illustres car la politique, c'est quand même le sacré bal de promotion des faux-culs.

  6. C'est maintenant qu'on le voit bien que le Grand Débat national à not' présidon aura vraiment servi à pas grand chose ; l'aurait mieux fait de se pencher sérieusement sur le dossier de l'hôpital public, mais bon, not' Manu Jupiter n'est pas toujours très sérieux dans son travail (trop bavard).

  7. Quand on en vient à mépriser et l'homme et la façon dont il exerce sa fonction, c'est qu'il est temps pour lui de songer à quitter la scène.

  8. Zut n'a guère de scrupules à se moquer des politiques ; après tout, c'est elle la cliente, non ? Et comme nous vivons dans un monde libéral, nous avons donc bien le droit de nous moquer des gens que nous payons à s'enrichir sur notre dos.

    Remarquez que le socialisme serait pire, puisque nous ne pourrions alors plus nous moquer de personne sans risquer d'être considéré comme un traître au contrat social, lequel, en fin de compte, n'unit jamais que deux sortes d'êtres : le maître et le serviteur.

  9. Ceci dit, si l'Assemblée Nationale était aujourd'hui dissoute, y en a qui seraient bien embêtés d'avoir à accepter la responsabilité de diriger un pays en l'état très casse-gueule des choses.

  10. Défois Zut, elle doute de tout cet argent qu'on débloque là, de tout ce pèze, ce fric, cette oseille ; défois Zut, elle me dit à l'oreille : t'inquiète pas, mon p'tit gars, de tout ce pognon là, t'en verras pas grand chose j'te dis.

  11. Dans la série « Les Aventures de Manu Jupiter », bientôt : « Manu Jupiter et le méchant virus » - « Manu Jupiter joue Pinocchio au Théâtre de la Nation » - « Manu Jupiter contre la bande des Chamailleurs » - « Manu et Jean-Michel retournent à l'école ».

Patrice Houzeau
Les Confins, le 23 mai 2020.

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