DES FOIS QU'ON SE DIRAIT NOBODY'S PERFECT
DES FOIS QU'ON SE DIRAIT NOBODY'S PERFECT
-
Entendu dans le film « Meurtre au soleil » de Guy Hamilton : « On ne diffame pas les morts ». Ce qui veut dire qu'on « ne doit pas dire du mal des morts » autant qu'il est possible de diffamer des personnes qui ne sont plus là pour se défendre.
-
Ai pensé qu'il y avait « nobody » et ai pensé que « nobody's perfect ». Voilà à quoi ma cervelle s'amuse.
-
J'aime bien « Meurtre au soleil ». Certes pas un chef d’œuvre, mais Peter Ustinov y interprète un Hercule Poirot assez crédible dans son ridicule et puis, il y a Diana Rigg dedans et tout le monde aima voir Diana Rigg jouer.
-
L'humain est en lui-même une expérience de pensée.
-
Je n'ai pas très bien vécu le confinement et l'expérience de l'enseignement à distance ne m'a pas convaincu. Le déconfinement m'est lui aussi assez amer et c'est avec peu de plaisir que me voilà tenu de croiser tant de gens qui ne me sont rien et moins que.
-
Au fond, j'aime assez l'idée que la plupart de nos échanges soient basés sur des services marchands. On peut ainsi s'en tenir à la stricte politesse. Je crains le monde associatif et sa morale citoyenne et fatalement intrusive.
-
Il n'y a guère que l'échéance de la mort qui puisse empêcher l'ami de finalement vous trahir.
-
Ce n'est guère que par l'espoir d'un retour de la croissance économique que le monde de l'éducation tient encore debout. Je crains qu'une forte hausse du chômage ne finisse tout de même par obliger lycéens et étudiants à aller donner de la voix dans les rues.
-
L'éducation nationale est de plus en plus administrative et collaborative. Aussi l'individualisme et la singularité y sont de plus en plus mal vus au profit d'une gestion bienveillante de l'obtention d'un maximum de bouts de papier appelés « diplômes » parce qu'il faut bien leur donner un nom.
-
Chaque réforme de l'éducation nationale me donne le plaisir d'assister à ce spectacle toujours réjouissant de la victoire de l'esprit de sérieux, de l'enthousiasme plus ou moins feint et du très grand zèle administratif dont certains chefs d'établissement sont capables.
-
Mes élèves sont inquiets. Ils savent que quelque chose ne tourne plus très rond dans le social. Ils théorisent fort peu et se méfient du désordre et des émeutes ; sans être extrémistes, loin de là, certains se disent patriotes. Je sens bien qu'ils regrettent une France dont ils ont entendu parler et qui n'existe plus.
Patrice Houzeau,
Malo, le 22 juin 2020.