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10 novembre 2023

L'OEIL POUR L'OEIL ET LA DENT POUR LA DENT

L'OEIL POUR L'OEIL ET LA DENT POUR LA DENT

A la scène 2 de l'acte III du Cid, de Corneille, que trouve-t-on ?

- De quoi se faire des cheveux,
- De quoi se faire des chevaux,
- Des croix de bois, croix de fer, si je mens que j'aille en enfer,
- Qu'il « vous faut de sanglantes victimes », (on appelle cela la guerre, et c'est atroce),
- Le clip en noir et blanc avec comme du sang sur les lèvres avec comme du sang dans la bouche, la chanson « A War Is Coming », de Jeanne Added qui chante :
« This body of mine
It's humanity
It's what I love
What I hate
No escaping
No way out »
- Un manque de foi, un mal de tête, un foie malade, une tête coupée,
- Une « colère juste » et des « pleurs légitimes »,
- La douleur de Chimène, le désarroi de Rodrigue,
- Le bras vengeur de Don Sanche (il est amoureux de Chimène),
- Une guerre de plus au Moyen-Orient, un féminicide de masse, l'éternel massacre des Innocents, le Hamas, la résistance d'Israël, les frappes de Tsahal, les walking dead que sont désormais les terroristes du Hamas,
- Une vengeance par les armes, l’œil pour l’œil et la dent pour la dent,
- Don Sanche s'en prenant à la justice du roi, bien trop longue, cependant que le vieil honneur des seigneuries est bien plus prompt à venger les injures,
- Une fin de non recevoir, un verre de whisky, celui que, dit-on, Churchill prenait toutes les deux heures, des diplomates et des forces spéciales, les bombes sur Gaza, les corps suppliciés du 7 octobre 2023, la guerre existentielle d'Israël, le malheur du monde sur la scène internationale, Poutine et ses idolâtres, les traîtres français, les demi-traîtres et les agents doubles, l'Ukraine saignée, la grande peur de l'Occident, la lutte pour la vie, la loi du plus fort, la loi du plus fort maquillée en droit international, l'impuissance de l'ONU, des statistiques sur les crises en cours, les crises à venir, la fin de nos temps,
- L'hypocrisie de Mélenchon (mais pour qui travaille-t-il au juste?)
- L'exemple de vocabulaire : « half dead with hunger / exhaustion / fear »,
- Le souvenir que j'ai de mon professeur de français de quatrième qui nous fit découvrir « Le Cid » (c'était à Hénin-Beaumont, il y a trop longtemps pour que je m'en souvienne sérieusement),
- Les illusions de la gauche, les vacheries de la droite,
- Le coq au vin que je ne mangerai pas dimanche,
- Le poisson du vendredi et sa double vie,
- Le carnage, c'est-à-dire la boucherie,
- « Et que de mes malheurs cette pitié vous dure »
(Corneille, « Le Cid », III, 2 [Chimène à Don Sanche])

Patrice Houzeau
Malo, le 10 novembre 2023

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8 août 2023

COMME JE VOUS LE DIS MADAME COEURDEBOEUF

COMME JE VOUS LE DIS MADAME COEURDEBOEUF

« Il était difficile de croire que trois semaines auparavant, à un kilomètre et demi du village, un homme avait été décapité par sa fille unique. »
(Elizabeth George traduit par Dominique Wattwiller, « Enquête dans le brouillard », chapitre 5)

Il s'agit donc d'une décapitation dans ce roman que je lis : « Enquête dans le brouillard », de Elizabeth George, et qu'il
Etait calme le village où, au chapitre 5, arrivent les enquêteurs Barbara Havers et Lynley (citation : « Le village cerné par les bois semblait baigner dans la tranquillité et la paix la plus absolue »).
Difficile d'imaginer une décapitation dans la tranquillité de ce village anglais, si tranquille qu'on dirait les villages anglais si tranquilles de la série Barnaby ou Miss Marple,
De s'imaginer donc une jeune fille lever une hache pour parricider façon drame élisabéthain, difficile à
Croire mais même les lieux les plus apparemment calmes ont leurs fantômes, leurs histoires qui finissent dans le sang et l'horreur. Ce n'est pas parce que des canards glissent sur l'étang, qu'il ne peut pas y avoir un cadavre dans la bibliothèque.
Que cela soit difficile à croire qu'il y a
Trois semaines, la tête d'un homme « avait roulé dans un tas de foin », trois
Semaines, ce n'est rien, et pourtant, trois semaines de ce monde, et encore
Auparavant, et encore auparavant, et encore auparavant,
A en remplir les journaux, les réseaux, les têtes et les bouches -
Un massacre incessant qu'il est le monde, je vous le dis, Madame Coeurdeboeuf, des morts au
Kilomètre, du sang à la Une, que d'la misère et du malheur
Et une salade thon-pommes de terre-haricots verts avec un
Demi de bière de table, puis de la charlotte aux fraises faite maison, tout ça avalé, tandis que les zombies de Poutine tentent d'assassiner l'Ukraine pour le grand profit de la mafia russe, et pendant que Zut
Du diable si je me souviens de ce que Zut me racontait que moi je pensais au
Village de « Enquête dans le brouillard » et à tout
Un tas de romans que j'ai lus, qui m'ont plu et que je ne pourrai pas relire cause qu'un
Homme a une durée de vie limitée, sans compter que ma boîte à songer peut très bien me lâcher à n'importe quel moment, que je pourrais finir baveux gâteux parmi mes livres jaunissants. Quant à Linley, il explique qu'il
Avait « appris à apprécier » la musique – il s'agit de musique classique et pas de tagada-boum-boum hein - « quand [son] père était malade, tout à la fin. Il y en avait toujours à la maison lorsque je réussissais à lui rendre visite », qu'il explique à Barbara dans la voiture. Ah tiens il pleut. Cet
Eté, il pleut pas mal sur les Hauts-de-France.
Décapité. Ça me rappelle la devinette du capitaine décapité et des douze moines qui eurent la tête coupée. Combien ça fait-y de têtes tranchées ?
Par pure fantaisie que j'écris ça. Sinon,
Sa défaite à Poutine que je souhaite qu'il faudrait que l'OTAN décrète l'Ukraine No Fly Zone. Poutine testera et n'ira pas plus loin, dissuasion nucléaire oblige. C'est maintenant ou jamais que je me dis. Mais l'Occident semble soudain si frileux qu'à mon sens pourtant une défaite de l'Ukraine serait suivie de bien d'autres pour nos pommes. La périlleuse Chine n'aurait dès lors plus aucune retenue et le Xi Jinping et le Poutine d'en faire des mauvais coups et autres saloperies. Donc, on se demande si la
Fille du roman « Enquête dans le brouillard » - apparemment sa fille
Unique – a oui ou non décapité son père.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 août 2023.

22 juin 2023

IL AURA LA TAILLE DES SARTRE

IL AURA LA TAILLE DES SARTRE

1.
« Mon grand-père me trouvait minuscule et s’en désolait, « il aura la taille des Sartre », disait ma grand-mère pour l’agacer. Il feignait de ne pas entendre, se plantait devant moi et me toisait : « Il pousse ! » disait-il enfin sans trop de convictions. » (Jean-Paul Sartre, « Les Mots », 1964)

Pourquoi, selon Sartre, dans « Les Mots », la grand-mère du petit Sartre (Jean-Paul) disait du petit Sartre qu’il « aurait la taille des Sartre » ? Qu’est-ce que les Sartre ?

Pourquoi la grand-mère du petit Sartre (Jean-Paul) cherchait-elle à agacer le grand-père du petit Sartre ? Et faisait-elle du vélo ? On tiendra compte du fait que l’oncle du petit Sartre avait probablement au moins un parapluie.

En quoi le petit Sartre (Jean-Paul) « ne partageait ni les inquiétudes ni les espoirs » de son grand-père lorsque ce dernier « se plantait devant lui et le toisait » ? Et quel est le rapport avec la fongibilité asymétrique ?

Quand Sartre (Jean-Paul) écrit que « tout changea quand ma vie prit de la vitesse », fait-il référence à l’industrie automobile et au désespoir de Billancourt ? Au transport ferroviaire ? A la manière dont Macron fait repousser ses doigts ?

2.
Quel est le rapport entre le Pacte à Pap Ndiaye et la fongibilité asymétrique ? Quel est le rapport entre un poste de ministre de l’éducation nationale, alors qu’on n’y connaît rien, et l’histoire sociale des Etats-Unis, ce en quoi Pap Ndiaye est spécialiste (dit-on) ?

Quand « le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse » dit que « l’école peut faire beaucoup, mais elle ne peut pas tout faire » (source : France Info) dit-il une banalité, ou est-il le grand rénovateur de l’art subtil du pipeau en milieu journalistique ?

3.
Bien des politiques français ont voulu, et grâce à Macron, l’obtiennent en partie, l’américanisation de nos façons de vivre et de travailler. Maintenant, ils se plaignent du développement de la violence, laquelle n’est jamais qu’un des aspects de cette américanisation.

4.
Pourquoi faut-il que chaque participant « choisisse un proverbe et aille s’asseoir sur l’une des cinq chaises » alors qu’il pourrait très bien aller aller à la pêche, ce qui est plus utile si l’on veut manger du poisson que de participer à des ateliers d’expression orale à la ah oui, vous en êtes un et un vrai.

Pourquoi l'élève devrait-il « dire ensuite le proverbe à haute voix » de manière à « faire deviner à ses camarades », lesquels s’en tamponnent le coquillard, « le trait de personnalité inscrit sur le papier posé sur sa chaise » alors que s’il allait acheter des pommes de terre, il pourrait faire des frites, et alors, à midi, il pourrait manger du poisson avec des frites au lieu de participer à des ateliers d’expression orale niais comme on en trouve l'énoncé dans les manuels de Bac pro seconde de chez Nathan Technique de 2019, et c’est nul à braire comme un ministre.

5.
On évoque de plus en plus souvent la semaine de travail de quatre jours. Et quelqu’un de dire à la radio, ce 22 juin 2023, que ça laissera le cinquième jour pour une deuxième activité éventuelle. On voit que certains économistes, ou sociologues, des « sachants sachant sacher » donc, sont pleins d’optimisme quant à l’inflation, le pouvoir d’achat et le nombre de postes non pourvus à venir.

6.
Pourquoi devrait-il y avoir un nouveau Pacte financier mondial ? La Russie et la Chine, et plus généralement les pays affiliés aux BRICS, seront-ils favorables à ce nouveau Pacte financier mondial ? Macron ne nous prépare-t-il pas une nouvelle séquence d’agitation internationale sur le mode « la France va vous apprendre comment faire, d’ailleurs regardez-nous, nous nous endettons tous les jours, mais on continue à nous faire confiance, pourquoi ? » Réponse : parce que nous possédons l’art subtil du baratin et de l’arrangement en coulisses.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juin 2023.

6 avril 2023

DE LA NAISSANCE DU SCAT

DE LA NAISSANCE DU SCAT

« A ce moment précis, l'instant où Louis laissa tomber ce bout de papier et donna libre cours à son génie d'improvisation, marqua le début d'une mode musicale qui allait faire fureur et devenir partie intégrante de la culture américaine, au même titre que Mickey Mouse ou le Coca-cola. »
(Milton « Mezz » Mezzrow et Bernard Wolfe traduit par Marcel Duhamel et Madeleine Gautier « La Rage de vivre »)

L'instant dans la légende du jazz
Où Armstrong (je me demande qui encore écoute
Louis Armstrong et sa trompette et sa voix rocailleuse)
Laissa tomber ce bout de papier
Tomber les paroles écrites dessus – askip celles de « Heebies-Jeebies » pour
Ce moment de joyeuse grâce que l'on appelle « scat » ce
Bout de style où l'on oublie le sens
De la chanson et le sacro-saint
Papier des littératures
Et où on se lance dans le « Dee-dut-dee-dut-doo, dee-doo-dee-doo-dee-doo-dut », même qu'il
Donna alors Louis Armstrong
Libre cours (chaque fois que j'écris « libre cours » je pense aux chevaux), libre
Cours tagada-tagada-patacloc-clic-clac-taga-tagadoc
A son génie (y en a des comme ça, des humains de génie ; d'autres, ça fait
Son « nan mais le jazz, c'est d'la musique de vieux » ou « nan, mais c'est juste du style pour le style » ou ça fait d'la politique) Heureusement, le
Génie s'en moque des jaloux et des têtes creuses et poursuit son cours
D'improvisation et de langue tirée à l'esprit de sérieux « Salt Peanuts, Salt Peanuts » dans ma caboche qu'elle cadence Zut.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 avril 2023.

26 décembre 2022

LA MACHINE QUEL MACHIN TOUT DE MÊME

LA MACHINE QUEL MACHIN TOUT DE MÊME

Nietzsche traduit par Henri Albert revu par Kremer-Marietti. « Réaction contre la civilisation des machines. » in « Le Voyageur et son ombre ». La « machine », « produit de la plus haute capacité intellectuelle ». La machine, quel machin tout de même, qu'on en machine à tour de bras.

La machine ne met pas forcément « en mouvement » le meilleur de l'humain. Exemple : Internet, outil fabuleux de connaissance et terrain de manœuvres des pires complotismes.

La machine ne serait-elle jamais qu'au service de « forces inférieures et irréfléchies » ? (« die niederen, gedankenlosen Kräfte »).

« Une somme de forces énormes » écrit Nietzsche à propos de l'influence, de l'action, du travail sur le réel qu'opèrent les machines. Une somme qui, sans la machine, « demeurerait endormie », où n’existerait pas, ou resterait à la marge.

Nietzsche, dans ce fragment (le 220 de « Le Voyageur et son ombre ») oppose l'artiste, l'humain se réalisant, à la machine qui met à notre disposition une réalité performante.

Cette réalité efficace, comme toutes les réalités dont nous ne sommes pas les créateurs, finit par produire un « ennui désespéré ». Elle contamine « l'âme », en fait la proie d'une « oisiveté mouvementée ». « Mouvementée » est bien le mot, comme le montre l’exemple des périls encourus par les utilisateurs imprudents des réseaux sociaux.

Le vingt-et-unième siècle sera machinal. Ce qu'a tenté Daech, et ce que tente maintenant Poutine dans sa sale guerre en Ukraine : faire des âmes des machines à tuer. Pour cela, il faut les programmer, les convaincre que la haine est préférable à la bienveillance, que la guerre est préférable à la paix, et que si les agressés résistent, c'est que ce sont eux les vrais fauteurs de guerre.

Le vingt-et-unième siècle sera machinal. La production sera automatisée et les personnels au service de l'automatisation, de la connexion universelle, du contrôle permanent de tous par tous. Pour cela, il faut convaincre que la machine protège l'humain, alors qu'elle l'étouffe dans le même mouvement qu'elle le libère des tâches ingrates, des travaux périlleux, et lui fait miroiter l'accès infini à l'arbre de la connaissance.

Nietzsche. « Der Wanderer und sein Schatten ». 220.

« Reaktion gegen die Maschinen-Kultur. - Die Maschine, selber ein Erzeugnis der höchsten Denkkräfte, setzt bei den Personen, welche sie bedienen, fast nur die niederen, gedankenlosen Kräfte in Bewegung. Sie entfesselt dabei eine Unmasse Kraft überhaupt, die sonst schlafen läge, das ist wahr, aber sie gibt nicht den Antrieb zum Höhersteigen, zum Bessermachen, zum Künstlerwerden. Sie macht tätig und einförmig – das erzeugt aber auf die Dauer eine Gegenwirkung, eine verzweifelte langeweile der Seele, welche durch sie nach wechselvollem Müssiggange dürsten lernt. »
(Nietzsche, « Der Wanderer und sein Schatten », 220).

Patrice Houzeau
Malo, le 26 décembre 2022.

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26 novembre 2022

DIEU SERAIT-IL MOINS DIEU SANS LES SIGNES DE DIEU ?

DIEU SERAIT-IL MOINS DIEU SANS LES SIGNES DE DIEU ?

1.

Ce tonton-là, dont d'aucuns disent qu'il est tata, ce tonton, tata il l'est pas, pas du tout tata ce tonton-là cependant qu'il a un toutou qu'il appelle Tintouin, parce que lui s'appelle Milou.

2.

26 novembre 2022, j'entends parler sur France Culture d'un scandale possible concernant l'apprentissage, des fonds d'investissement et de très généreuses aides publiques cependant que France Compétences connaîtrait une fois encore un très lourd déficit.

Apparemment, y en a, ça s'gave, ça s'gave grave.

3.

« C'était à tout hasard, si quelqu'un s'amusait vraiment à nous intriguer par des signes, il saurait que nous les avions perçus... et que nous attendions la suite. »

(Gombrowicz, « Cosmos » [le narrateur])

C'est parce que le hasard existe que certains croient aux signes.

Si hasard et coïncidence n’existaient pas, tout ferait signe.

Le monde serait potentiellement totalement intelligible.

Mais, merci Seigneur, le hasard se fiche de nos pommes.

4.

Je ne sais pas si quelqu'un « s'amuse vraiment à nous intriguer par des signes ».

Qui pourrait s'amuser à ce jeu-là ?

Dieu serait-il moins Dieu sans les signes de Dieu ?

Que Dieu soit obligé « d'intriguer par des signes » les humains que nous sommes suppose que :

soit Dieu a besoin de nous pour être autre chose qu'un être,

soit Dieu, par amour ou par goût du pouvoir, tient absolument à ce que nous suivions sa parole.

Et le Diable serait certainement moins le Diable sans les signes du Diable.

Et lui, le Diable, a besoin de nous pour être autre chose qu'un être, de même que, par orgueil et appétit de puissance, il tient absolument à ce que nous croyions en ses pouvoirs sur ce monde.

Le Diable est tout autant dans les signes que Dieu.

A ne pas y reconnaître son pasteur.

5.

Si quelqu'un apprend que nous nous plaisons à percevoir des signes, il peut être tenté de « s'amuser à nous intriguer ».

Ainsi, certains artistes, qui ne sont pas des dieux bien que certains soient de pauvres diables, se plaisent à ce jeu de piste plus ou moins hermétique.

Nous les prenons d'ailleurs fort au sérieux et tombons dans le panneau que n'indique aucun gouffre.

6.

Nous les prenons, ces signes, tellement au sérieux que nous en attendons « la suite » et toujours plus.

Et de collectionner toujours plus de livres, de fictions, d’étrangetés poétiques, considérant sans doute que l'empire des signes y est disséminé et que quelque vérité essentielle peut se cacher aussi bien dans un volume de Spinoza que dans un album de Tintin.

7.

Dans « L'Orgue du Diable », ce n'est pas un sandwich pâté-cornichons que la Yoko Tsuno de Roger Leloup aperçoit, mais des « ossements humains » ; sinon elle aurait commandé une bière.

8.

Ce n'est pas à un spectacle de cirque que la Yoko de Leloup assiste, mais à la vision « d'ossements humains, « ce qui lui fait dire, non sans à-propos, « Il s'est passé ici des choses horribles !... »

Dans quel « ici » ne s'est-il pas passé de « choses horribles ? »

Y compris lors de spectacles de cirque.

9.

La Yoko de Leloup aperçoit des « ossements humains » : un crâne, des os, tout ça.

La Yoko de Leloup emprunte « une vieille épée ».

Je me demande combien elle en a décapités, au juste.

10.

Les impératifs, comme l'a écrit Kant dans ses « Fondements de la métaphysique des mœurs », indiquant le rapport d'une loi objective « de la raison » à une subjectivité non nécessairement déterminée par cette loi qui devient dès lors et objectivement une contrainte, et alors que dans « l'Orgue du Diable », elles sont enfermées toutes deux dans une cage de fer suspendue, la Yoko Tsuno au poil noir de Leloup réveille l'Ingrid au poil blond car, si vous avez lu l'album, vous savez ce qui pourrait leur arriver.

11.

Si l'Ecossais Robert Davidson n'avait pas en 1837 mis au point la première locomotive électrique, le train aurait manqué le vilain Karl, et donc la Yoko Tsuno de Roger Leloup serait morte étranglée, et donc Ingrid, à la dernière planche de l'album « L'Orgue du Diable », n'aurait pas pu dire que « La végétation effacera les dernières traces du maléfice ».

12.

Novembre 2022. On évoque la possible constitution d'un axe anti-Occident Russie-Chine-Iran.

Il est étonnant de voir à quel point ces pays ne voient pas que, quand bien même ils arriveraient à établir militairement une sphère d'influence plus ou moins contrôlée, en aucun cas ils ne pourraient gagner la guerre économique qui a d'ailleurs déjà commencé.

Communistes chinois, mafieux poutiniens, théocrates iraniens ne voient que leur intérêt à court terme et s'en remettent au droit du plus fort, lequel les précipitera en enfer plus vite qu'ils pourraient le penser.

Patrice Houzeau

Malo, le 26 novembre 2022. 

23 janvier 2022

LA MULTIPLICATION DES PINS (Sur une phrase de François Mauriac)

LA MULTIPLICATION DES PINS (sur une phrase de François Mauriac)

 

« Comme si ce n'eût pas été assez des pins innombrables, la pluie ininterrompue multipliait autour de la sombre maison ses millions de barreaux mouvants. »
(François Mauriac, « Thérèse Desqueyroux »)

« ses millions de barreaux mouvants. Lorsque »
François Mauriac écrit ce bout de phrase & qui
fait une ligne dans mon édition de poche c'est
de la pluie qu'il parle c'est la narratrice je
crois qui les compare ces traits de la pluie à
une multiplication ininterrompue de barreaux à
une prison donc qu'elle est comparée la maison
sur laquelle tombe des millions de barreaux la
pluie qui n'en finit pas tombe sur la maison &
ça fait prison cette maison sous la pluie sous
la multiplication des traits ça fait prison ça
fait ténèbres me rappelle du Baudelaire ça dit
« Bientôt nous plongerons dans les froides té-
- Ah flûte i s'case pas le bel alexandrin dans
la mesure justifiée bon zavez saisi le sens et
la maison où se trouve Thérèse autour des pins
partout des pins car ce sont les Landes à pins
même qu'elle dit qu'ils sont les pins tous ces
pins tous ces pins partout innombrables & pins
et plic ploc ploc plouc les pins la flotte les
pins la pluie qu'ça cesse pas ténèbres et qu'à
une prison qu'ils assignent Thérèse que défois
l’existence ça fait comme une prison alors moi
je sais pas mais y a plus rigolant dans la vie
mais c'est sûr Thérèse Desqueyroux pas comique
dans le genre roman j'avais bien aimé quand je
l'étudiais en Première c'est du très bon roman
à étudier au lycée Parfait Mauriac pour le bac
l'étudiais en Première je fus bien rêveur hein
l'étudiais en Première je contemplais la pluie
l'étudiais en Première tomber sur les arbres &
les filles qui passaient entre les bâtiments &
les filles elles se pressaient à cause du vent
l'étudiais en Première rêveur rêveur rêvasseur
l'étudiais en Première bien mélancolique aussi
l'étudiais en Première l'ai relu ensuite et je
devrais l'relire avant d'être obligé d'partir.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 janvier 2022.

6 juin 2021

JAMAIS PERSONNE NE RECLAMA SON CORPS

JAMAIS PERSONNE NE RECLAMA SON CORPS

1.
«… l’histoire d’horreur nous donne la possibilité de voir ce qui se passe derrière des portes que nous maintenons d’ordinaire fermées à double tour. »
(Stephen King traduit par Jean-Daniel Brèque, « Anatomie de l’Horreur »)

2.
Quel est le sujet du livre de Stephen King : « Anatomie de l’Horreur » ?
C’est un livre qui parle de l’horreur qu’on trouve dans les livres, aussi des spectres qui agitent mains griffues, faces rongées, robes pourrissantes, puis tout ça qui grouille d’un autre monde qui est aussi le nôtre.

3.
« Je me sentais un peu dans la peau d’Alexandre levant son épée au-dessus du nœud gordien et grommelant : « Rien à foutre de le dénouer ; j’ai une meilleure idée. »
(Stephen King, « Anat. de l’Hor. »)

4.
Dans le roman de Georges R. Stewart, « La Terre demeure », par quoi est « pratiquement anéantie l’humanité » ?

Je ne sais pas ce qui l’a, dans ce roman, anéantie, la bipédie virale, là, qu’ça peut’êt’ les extra-terrestres, ou alors les comunisses, ou alors les extra-terrestres communisses, sans compter les Variants trotskystes et autres visiteurs du soir qu’on dit qu’la lune est pleine.

5.
Par qui, selon Stephen King, est prononcée la phrase « Une fois par génération, la peste descendra parmi eux » ?

Chais pas qui a dit cette phrase sur la peste qui vous dégringole (à) chaque génération, l’ai lue dans Stephen King, c’est peut-être un virologue ou un marchand de vaccins ou un macron-qui-sait-puisque-c’est-lui-qui-dit que les blanquers eux savent rien du coup ils inventent.

6.
Dans quoi, selon Stephen King le manuscrit intitulé « Le Fléau » a-t-il été emballé lorsqu’il est allé le remettre à son éditeur ?

Peut-être que le manuscrit, vu qu’il était de Stephen King, a été emballé dans du papier cadeau à motifs de têtes de mort, de faces de clowns sanglants, ou alors un papier qui se décompose très vite en exhalant une odeur de catacombes, ou alors dans d’la peau des ténèbres.

7.
Paraît que dans le ranch Skinwalker aux States, y aurait eu chaipa quand (je cherche pas ça m’soule) des étranges lumières dans le ciel comme des OVNIS pis y a des bestiaux bizarres à yeux rouches qui courent après les humains (poussent-y des cris genre hurlements ?).

8.
Selon Stephen King, que pousse Johnny Rotten dans l’intro du fameux et tonitruant « Anarchy in the UK » ?

Je sais pas si dans l’intro de « Anarchy in the UK », Johnny Rotten pousse la Reine dans les orties ou s’il pousse toi de là pour qu’il s’y mette mais on dit que les punks venaient souvent de la zone où on apprend pas la bonne musique des bonnes manières.

Cause qu’ils venaient de la zone où on apprend pas la bonne musique des bonnes manières, les punks ont dû frapper fort car alors les groupes qui dominaient le marché du pop/rock avaient fait des études souvent et faisaient défois dans le sonore à prétentions.

9.
« Si vous traversez un buisson de houx, votre ombre s’accrochera et sera emprisonnée pour l’éternité. »
(Stephen King, « Anat. de l’Hor. »)

10.
Qu’est-il arrivé à la petite fille du cirque Ringling Brothers qui brûla le 6 juillet 1944 ? (cf « The Book of Lists », de Wallace-Wallechinsky cité par Stephen King in « Anatomie de l’Horreur »)

Jamais personne n’est venu réclamer son corps.

11.
Vu tout ce que cela suppose de bricolage et de transformations de la personne humaine, je ne crois absolument pas que le transhumanisme soit un humanisme.

12.
En déclarant que les OVNIS ne sont ni d’origine extra-terrestre, ni d’origine américaine, les Etats-Unis envoient ce message à leurs adversaires : ne nous avisez pas de nous déclarer la guerre, nous maîtrisons une technologie dont vous n’avez même pas idée. #Etats-Unis #Russie #Chine

Il se peut que les Etats-Unis utilisent les OVNIS à des fins géopolitiques. Ils ne savent peut-être pas ce que c’est, ni même s’ils existent vraiment, mais suggèrent l’idée qu’ils en maîtrisent la technologie.

Si ça se trouve, les OVNIS ne sont que des leurres, des images fantômes, des hologrammes qu’on ne sait qui (les Etats-Unis sans doute) projette dans les airs pour faire peur, ou bien diversion. #ingénierie sociale #géopolitique

13.
Avec les progrès de la technologie de la surveillance de tous par tous, m’est avis que les jours de la démocratie telle que nous la connaissons encore sont comptés. On voit bien qu’avec la pandémie du Covid, la démocratie n’est déjà plus ce qu’elle était.

Patrice Houzeau
malo, le 6 juin 2021.

5 mars 2021

LE LANGAGE EST-IL UNE FORME DE VIE ?

LE LANGAGE EST-IL UNE FORME DE VIE ?

 

« L'expression [le mot] « jeu de langage » doit faire ressortir ici que le parler du langage fait partie d'une activité ou d'une forme de vie. » (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « investigations philosophiques », 23)

 

Wittgenstein dit qu'il y a du « jeu »

dans le langage & jouant sur les mots

nous jouons sur le réel et si nous ne

le changeons pas nous en changeons la

façon de le percevoir le réel qui est

infini & complexe tournoi de manières

de voir c'est ainsi qu'le langage est

actif en plus que toutes ces formules

chimiques & mathématiques que produit

et crée le langage elles agissent sur

le réel qu'elles le changent Ainsi la

science travaille non à métamorphoser

les structures mais à influer sur les

phénomènes sur le vivant à s'en poser

des questions sur le vivant là qu'des

hallucinés imaginent que l'humain est

voué au plus qu'humain transhumanisme

et compagnie qu'on a entendu dire que

la conscience pourrait se faire quasi

éternelle machinée pour ainsi dire la

conscience transposée dans on ne sait

quoi que je me suis dit parfois c'est

juste des âneries qu'des laboratoires

inventent pour attirer l'investisseur

que j'me dis qu'il y en eut peut-être

des alchimistes pour attirer les sous

en promettant pierre philosophale pis

je ne sais quoi d'magico-mystique pis

en fait c'était que ruse pour s'faire

subventionner mécèniser que ça m'fait

penser à la série Astrid et Raphaëlle

vous savez ces histoires où il y a la

documentaliste autiste jouée par Sara

Mortensen qui s'appelle Astrid et qui

aide le Commandant Raphaëlle Coste et

a une mémoire épatante & qui sait les

résoudre les énigmes experte elle est

Astrid en puzzles casse-têtes jeux de

logique Y a un épisode où le mort est

mort depuis longtemps enfoui avec son

secret qu'tout le monde croit que son

secret c'est le secret de la pierre à

changer l'plomb en or à vivre dans on

ne sait quelle éternelle présence pis

en fait cépaçadutou que je vais point

vous le dire ce que c'est mais paça &

même paça paça paça dutou dutou dutou

On voit avec l'exemple d'Astrid qu'il

a raison Wittgenstein lorsqu'il écrit

que c'est une « forme de vie » que le

« parler du langage » et que c'est en

faisant dire s'que la langue vraiment

dit en jouant avec les ressorts de la

langue qu'il se révèle le réel & tous

ses mystères là qu'à mon avis on n'en

verra jamais le bout et qu'le réel il

va finir par nous effacer d'un coup &

que le grand vainqueur c'est le Néant

et même pas l'absurde cause l'absurde

c'est & en plus très logiquement nous

 

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mars 2021.

 

13 août 2020

LE PLASTIQUE C'EST PRATIQUE MAIS C'EST TRAGIQUE

LE PLASTIQUE C'EST PRATIQUE MAIS C'EST TRAGIQUE

 

 

  1. « L'assertion que les Ghlianes doivent faire des trous dans les bancs sur lesquels ils s'assoient, afin d'avoir place pour leur queue, nous porte à douter que l'auteur ait jamais observé un chien ou un singe sur un plancher. »
    (Jean-Charles Houzeau, « Etude sur les facultés mentales des animaux comparées à celles de l'homme »)

  2. Certaines pièces sont si terribles qu'on en sort que tout mort. Certaines choses ont une force qui leur est propre, qu'ça vous frappe donc. Certaines pièces, les choses y ont une de ces forces (la force des choses hein) que même tout seul on en sort que tout mort. C'est un mystère.

  3. Les choses boitent qu'ça s'emboite mal ; de boiterie en boiterie, y a plein d'boîtes qui déboîtent. Du coup, on s'boissonne, on boit d'la bière en boîte, d'la bibine en bouteille ; on s'maboule le bocal, on bégaie, bafouille, pis qu'on tombe.

  4. Défois, y a des trucs, tout un tas d'trucs qui le tracassent, des mystères terrestres et des futurs turlupinants, l'apocalypse climatique, le surnombre engloutissant, la dictature des sachants, le pangolin virulent, aussi le plastique, qu'est bien pratique mais très tragique.

  5. La France est une naine très râleuse, très agitée et très opiniâtre que les géants observent en se demandant ce qu'elle va bien pouvoir encore inventer.

  6. Les autres, i savent jamais quel sphinx zavez en tête et vous, vous ne savez pas non plus quels sont les lutins bavards qui discutent le bout de gras dedans leur caboche.

  7. Nous ne vivons plus dans la polysémie, mais dans l'hypersémie : dans chaque événement chacun trouve le sens qui lui convient. Y a tellement d'sens partout que ça n'a plus de sens.

  8. Viens d'entendre sur France Inter, ce jeudi 13 août 2020, cette expression infiniment risible pour désigner l'âme : notre « écologie intérieure ». Effrayant. Si l'écologie politique arrivait à ses fins, nul doute que l'on en viendrait vite à la dictature des psys de toutes sortes.

  9. Si zébré cinglé j'finissais zinzin au zonzon des azimutés, hallucinerai-je lorsque zieutant vers l'ailleurs sibyllin, je verrai dans l'azur Zut et Zazie – ô zézayantes ! - flotter en robes de neige ?

  10. Je demande à ma mémoire où j'ai laissé mon amour, ma mie, et quelles merveilles ai-je manqué en ces miroirs, puis quelles sont ces momeries de momies et de mimes à grimaces, où je me mire en mon sommeil.

  11. Lors qu'il songeait aux secrets que recèlent les choses et qui parfois nous sautent aux yeux, ou à la gorge, c'est aux serpents sifflants de ses mèches bleues qu'il reconnut la Mélusine de Labisse.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 août 2020.

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