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3 mai 2021

STRATEGIE DU GRAND ZIGOUIGOUI BAVARD

STRATEGIE DU GRAND ZIGOUIGOUI BAVARD

1.
Levant les yeux, je vis passer le grand zigouigoui bavard et sa stratégie globale de formation. Je fus fasciné en songeant que cela fait déjà quelques années que le système éducatif français forme surtout à s’inscrire à l’université en attendant on ne sait quoi. #Vidalégentile

2.
« Je vis une brève lueur verte passer dans les yeux de Poirot.»
(Agatha Christie traduit par Françoise Bouillot, « Le Crime du golf » [Hastings])

Chez Poirot, l’intelligence est verte.

3.
« Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir »
(Rimbaud, « Ophélie »)

Un fantôme souvent qu’c’est en blanc qu’ça se représente. Pourquoi, je sais pas. Après, le fantôme, c’est du temps bloqué, en boucle. Alors, mille ans ou deux vers, hein ?

4.
Les petits lutins (zont des haches et des couteaux défois) dans ma tête, je sais pas quelle langue ils causent ; j’comprends que couic à ce qu’ils racontent. #quecouic

5.
Je me dis : « Le ciel est bleu. » Je me dis : « La nuit est noire. » Je regarde les spaghettis danser le long de la mer, laquelle ouvre une grande gueule que je ne vois pas parce que la nuit est noire et les yeux du ciel fermés.

6.
Parfois, j’ai une tête. Parfois, je n’en ai pas. Est-ce que vous rentrez à l’hôtel ? Une femme rousse parle de vengeance. Va-t-elle sortir de sa phrase et me trancher la tête ?

7.
Rimbaud était plus en beaucoup plus de choses que moi. Céline aimait les croissants et avait du rythme plein ses pages. Moi aussi j’aime les croissants. Ils sont morts tous les deux mais pas en même temps.

8.
Je n’aurais pas aimé être un cheval. Les chevaux ne parlent pas anglais. Ils en ont l’air seulement. Je ne parle pas anglais et ma langue m’abandonne.

9.
Le Sphinx, en voilà une gueule cassée. Il a aussi de grandes papattes de pierre. Mon chat a des moustaches. Hercule Poirot a des moustaches, même quand il est doublé par Roger Carel.

10.
J’aime bien les voyages car je n’en fais pas. D’ailleurs, je ne crois pas au monde extérieur. Ce n’est qu’une illusion, ce monde extérieur qu’on nous montre à la télé parce qu’il faut bien montrer quelque chose. #AlatéléyaBlanquer

11.
Alors Hercule Poirot, interprété par Peter Ustinov et doublé par Roger Carel, vit le cobra dans le miroir. Heureusement, moi, je n’ai pas de cobra dans mon miroir. Affolant tous ces endroits où ça peut se nicher.

12.
En fin de compte, j’aurais été mauvais en tout, et surtout en moi.

13.
Parfois, je n’aime pas les gens ; parfois, les gens, je les aime bien mais en fait pas du tout. D’ailleurs, il ne faut pas perdre plus de temps qu’il en faut avec les gens et leurs livres ; ils sont bien meilleurs que vous, ils vous feraient honte.

14.
Comme je ne crois pas en l’existence du monde extérieur, je ne crois pas en l’existence des gens qui sont dedans, ni aux autres dieux. Mais si elle est plate ? Je m’interroge… Cela veut-il dire que ces gens et leurs dieux sont plats comme crêpes et limandes ? #LeMondeExtérieur

15.
Alors il lui donna une échelle pour qu’il y grimpe et aille libérer sa dulcinée prisonnière du tout en haut du donjon, puis, lorsque le chevalier servant fut à mi-parcours, il commença à donner de grands coups de hache dans les barreaux.

16.
Le ministre de la justice a une grosse tête. On l’appelle aussi le garde des sceaux mais il a une grosse tête quand même. Le ministre de l’intérieur a une petite tête. Macron est une tête. Je n’aime pas les têtes. Je n’aime pas les gens intelligents. Sont bêtes.

17.
Quand je pense à la tête à Blanquer, je pense à la tête à Blanquer. C’est pas plus inspirant. Pas plus réconfortant. Pas plus intéressant que lorsqu’il parle. Quand Blanquer parle, je deviens sourd. Du reste, je n’écoute vraiment que Zut.

18.
Il y a deux mézigues : le bon zig, pédagogique, bienveillant, mal payé pour ce qu’il ne fait d’ailleurs qu’avec un intérêt très relatif (enseigner, c’est chiant) et celui qui me hante, qu’est pas vraiment sympathique, pas assassin non plus, notez, mais pas sympathique.

19.
Je ne crois pas en l’avenir de la démocratie : il y a trop de gens dedans.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 mai 2021.

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2 mai 2021

CHRONIQUE DU 2 MAI 2021

CHRONIQUE DU 2 MAI 2021

1.
Début mai 2021, on se demanda en France si l’épidémie de covid était en passe d’être vaincue, ou si le virus nous réservait d’autres mauvaises surprises. Le mot « surprises », en voilà, du réel ; lequel ne cesse de nous en vomir, des surprises.

2.
Début mai 2021, certains jugèrent en France risqué le pari tenu par Macron de déconfiner malgré des taux de contaminations qui restaient élevés. On commençait à parler ici et là, en vue des élections régionales, de rapprochements entre LREM et LR.

3.
En avril 2021, on moqua beaucoup Blanquer dont une vidéo le montrant jouant à la marelle pour paraître sympathique (ou pour toute autre raison) tourna sur les réseaux sociaux. Il y eut une policière assassinée. Des généraux à la retraite grognèrent. La droite montait.

4.
En mai 2021, il sembla que Blanquer recommençait à nier le rôle des écoles dans la circulation des virus. Beaucoup jugèrent qu’il mentait sciemment et cyniquement. Il avait certainement convaincu Macron, lequel avait bien trop creusé la dette pour pouvoir réellement reconfiner.

En mai 2021, beaucoup jugèrent que Blanquer n’ayant que trop menti, ses demandes perdaient beaucoup de leur légitimité.

5.
En 2021, j’ai pensé que la pandémie de covid-19 avait accéléré le processus de surveillance de tous par tous sollicité depuis quelques temps déjà par l’Etat. Virtuellement, la liberté individuelle était morte. La démocratie risquait bien de connaître le même sort.

6.
En mai 2021, je me suis demandé par quel biais Blanquer tenait Macron. Il me semblait de plus en plus évident qu’une sorte de pacte liait ces deux hommes. On évoqua une possible influence de Brigitte Macron. Cela devenait inquiétant.

7.
En mai 2021, j’ai pensé que l’épidémie de Covid faisait de la France une sorte de vaste Lycée dont le règlement intérieur changeait selon les aléas économiques et politiques de l’équipe de direction menée par Macron. Il y avait de plus en plus de pions.

8.
Le 1er mai 2021, on accusa les blacks blocs de s’en être pris violemment à des manifestants de la CGT et à des pompiers. Je me suis demandé si autonomes d’extrême-gauche et anars ne s’étaient pas fait infiltrer par des voyous, des fachos ou des provocateurs.

9.
Le 2 mai 2021, on ne parlait déjà plus de la Tribune des Généraux. Je supposai que l’armée allait régler ça en interne. Les politiques minimisaient l’incident, qui allait cependant laisser des traces et témoignait du trouble dans lequel était plongé le pays.

10.
En mai 2021, il sembla évident que LR et LREM se rapprochaient. Dès lors, une réélection de Macron en 2022 avec l’aide des LR semblait inévitable. Le scénario paraissait écrit d’avance. Le socialisme en France était mort. On s’attendait à une radicalisation de la gauche.

11.
En 2021, certains ne se cachaient plus pour dire que LREM, le parti présidentiel, était une « catastrophe » (dixit Philippe Besson, ami personnel, dit-on, du couple Macron). J’ai pensé que le LREM était un parti fantoche qui n’avait pas d’autre fonction que de permettre à Macron de se faire élire par une partie de la gauche en 2017 pour se faire réélire en 2022 par une partie de la droite.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2021

 

25 avril 2021

SOTTISES ET SPECULATIONS

SOTTISES ET SPECULATIONS

1.
Il paraît que le terme islamogauchisme n’a pas beaucoup de sens. N’empêche que si je dis que la France est judéo-chrétienne et laïque, et pas islamogauchiste, tout le monde comprend ce que je veux dire.

2.
« Et comment supporterais-je d’être homme, si l’homme n’était pas aussi poète, devineur d’énigmes et rédempteur du hasard ! »
(Nietzsche, « Ainsi parlait Zarathoustra », traduction d’Albert)

« Et comment supporterais-je d’être homme [quelquefois, on se le demande], si l’homme n’était pas aussi poète [entre deux massacres], devineur d’énigmes [salade de charades, le monde] et rédempteur du hasard ! » [c’est ainsi que l’humain en arrive à se penser nécessaire, aussi nécessaire que spectre en son château].

3.
« Les morts se réjouissaient
De voir leurs corps trépassés entre eux et la lumière
Ils riaient de leur ombre et l’observaient
Comme si véritablement
C’eût été leur vie passée »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

« Les morts se réjouissaient » [je suppose qu’ils souriaient de leur fameux sourire, pis qu’ils riaient aussi, très grinçants déchaussés]
« De voir leurs corps trépassés [spectres épatés d’eux-mêmes et riant de se voir si en ce] entre eux et la lumière [ce vers d’Apollinaire : photo, image, photogramme : squelettes dansants sur un sol où se découpent de grands pans de lumière]
« Ils riaient de leur ombre » [exister, c’est vivre avec son ombre, et ses ombres, nombres, concombres, congres, chicongres] et l’observaient [« Observatory Of Shadows », texte barré sur une musique à la Blue Öyster Cult]
« Comme si véritablement / C’eût été leur vie passée » [nos ombres nous définissent-elles ?]

4.
« L’idéal, dans nos pensées, est d’une fixité inébranlable. Vous ne pouvez en sortir. Il vous faut toujours (y) revenir. Il n’y a point de dehors : dehors vous ne sauriez respirer. » (Wittgenstein, « Investigations philosophiques », 103, traduction de Klossowski)

« L’idéal, dans nos pensées, est d’une fixité inébranlable » [fascination, laquelle peut mener au fanatisme ; c’est bien pour cela que je me méfie des idéalistes, ceux qui rêvent d’un éternel occident, ceux qui rêvent d’un monde converti, ceux qui se revendiquent d’utopies sociales reposant sur une fatalement illusoire égalité réelle garantie par un Etat tout puissant]. « Vous ne pouvez en sortir. » [Il faut en effet une sacrée dose de fatalisme, de scepticisme, d’individualisme, d’égotisme, voire de cynisme, pour envoyer balader tous ces idéaux là dont se revendiquent les hypocrites, les politiques et les saints]. « Il vous faut toujours (y) revenir. » [comme l’assassin sur les lieux comme on disait dans le temps des romans policiers]. « Il n’y a point de dehors : dehors, vous ne sauriez respirer. » [Le réel serait-il constitué en fonction de la vision idéale que je m’en fais ?]

5.
« Malgré notre vigilance à tous, l’assassin n’en a pas moins atteint son but !
- Pas tout à fait, remarquai-je.
- Par pur hasard, seulement ! Selon moi, cela revient au même. Quelqu’un a payé de sa vie notre négligence. Peut-on sacrifier une existence humaine ? »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « La Maison du péril » [Poirot et Hastings])

Ce dialogue illustrerait-il notre actualité française, entre menace des covids et menace islamiste ? « Peut-on sacrifier une existence humaine ? » : question de raison d’Etat.

6.
En 2021, on peut légitimement se demander si la surpopulation et ses problèmes (flux migratoires, incertitudes économiques, insécurité, communautarismes…) ne vont pas précipiter nos démocraties dans l’illusion sécuritaire, la surveillance généralisée, l’auto-censure, et la servitude volontaire à des normes jupitériennes.

7.
« La couleur rouge de l’objet que je regarde est et restera toujours connue de moi seul. Je n’ai aucun moyen de savoir si l’impression colorée qu’il donne à d’autres est identique à la mienne. » (Merleau-Ponty, « La Structure du comportement »)

De sorte que le réel dans lequel je m’active est radicalement différent du réel dans lequel l’autre, les autres, vous autres, vous vous activez. En ce sens, chacun est unique. La subjectivité radicale (et ce qu’il en fait) est la condition de l’humain, pour le pire comme pour le meilleur.

8.
Spéculations : et si, de variant en variant, à plus ou moins long terme, la nébuleuse covid finissait par décimer l’humanité ? Et si, dans quelques mois, apparaissaient des effets secondaires insoupçonnés et tardifs des vaccins ? Et si un nouveau variant rendait impossible ou très déconseillée toute (re)vaccination ? Chaipas moi, j’m’interroge.

9.
En fin de compte, le président Macron aura été surtout un gestionnaire de crises (crise des « Gilets Jaunes », crise sanitaire,…). Doté de l’étonnant argent magique, ainsi que de l’époustouflante poudre de perlimpinpin du Grand Débat National, il ne put guère compter sur l’Enchanteur Blanquer, qui lui fut à peu près aussi utile que le Merlin de la légende arthurienne revue par Alexandre Astier.

10.
Avec un variant indien qui pourrait nous tomber dessus d’un jour à l’autre (sans compter les variants déjà présents et qui n’attendent peut-être que le recul du variant anglais pour prendre le relais, à moins qu’ils attendent je ne sais quel signal chimico-physiologique, ou quelque occasion de former un nouveau et inédit combinant), et surtout avec un nombre journalier de contaminations qui stagne à plus de 30 000 quand même, alors même que l’on a, dit-on, procédé ces derniers quinze jours à beaucoup moins de tests, se pourrait-il que l’opinion publique en vienne à penser (mais elle peut se tromper) que Macron et Blanquer seraient en passe de se planter et qu’ils ne pourraient pas décemment et surtout pas, comme ils l’ont peut-être imprudemment promis, réellement déconfiner à la mi-mai sans risquer un redémarrage brutal de l’épidémie, la débâcle électorale et économique, la colère des parents et des enseignants. Macron se revendiquant pragmatique, sinon opportuniste, c’est certainement à Blanquer que nous devrons cet éventuel et triste état de choses.

11.
Réflexion d’un proche à propos d’une publicité pour un produit approuvé par l’institut Pasteur : « En France, on ne sait pas faire de vaccin, mais bon, on sait faire de la margarine ».

12.
Ceux qui disent que les électeurs de Marine Le Pen ont un QI limité font preuve d’arrogance (se croient-ils eux-mêmes si formidables ?), de mépris pour le désarroi de bon nombre de Français, et d’ignorance (ils seraient bien surpris s’ils savaient de qui exactement est constitué l’électorat de droite en France).

Patrice Houzeau
Malo, le 25 avril 2021.

23 avril 2021

ET SANS BRETAGNES PLUS DE FEE MORGANE

ET SANS BRETAGNES PLUS DE FEE MORGANE

1.
« N’est-ce pas à dire que les formes et lois logiques expriment la particularité contingente de l’espèce humaine, qui pourrait également être autre et aussi deviendra autre au cours de l’évolution future ? »
(Husserl, « L’Idée de la phénoménologie », traduction de Lowit)

« N’est-ce pas à dire que les formes et lois logiques [cet univers de causes, d’effets, de conséquences dans lequel nous ne cessons de creuser des labyrinthes] expriment la particularité contingente de l’espèce humaine [l’humain, ce monstre de logique], qui pourrait également être autre [l’espèce humaine est culturellement plurielle ; serait-ce que notre culture occidentale, fondée sur la logique et la raison, jusqu’à faire du christianisme une religion raisonnable, serait maintenant plongée dans une lutte avec un irrationnel religieux qui vise à affaiblir nos démocraties et, à terme, nous imposer les normes d’un modèle islamiste ?] et aussi deviendra autre au cours de l’évolution future ? » [Husserl a-t-il pressenti quelque transhumanisme ?]

2.
En inventant les chiffres, l’humain inventa l’univers, dont il ne cesse de faire l’inventaire, et c’est de plus en plus complexe, s’t’affaire.

3.
« Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages
Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune »
(Apollinaire, « Zone »)

« Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants » [ah bin, il a pas fini d’s’émouvoir, qu’il a écrit ça au début du XXème siècle, Apollinaire, et qu’en ce début de XXIème siècle, ça recommence]
« Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants [ils croissent et se multiplient donc]
« Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare » [et en fin de compte, il y en a quand même beaucoup, des saint-lazares là]
« Ils ont foi dans leur étoile comme des rois-mages » [sauf qu’ils ne sont ni rois, ni mages ; par contre, défois, en ce début de XXIème siècle, ils ne sont pas tous bienveillants]
« Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine » [en ce moment, c’est plutôt en Grande-Bretagne, qu’ils se mettent le doigt dans l’œil because les Anglais i se sont barrés de l’Europe et nous la tirent bien la langue, dis]
« Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune » [sauf que beaucoup ne repartiront jamais, parce que leur pays, il est abonné aux guerres, dictatures et marchands d’armes associés, sans compter ceux qui sont aussi indésirables chez eux qu’ici.]

4.
Paraît qu’en plein conseil des ministres, Macron aurait recadré Marlène Schiappa à propos des Etats Généraux de la Laïcité, comme quoi il aurait dit « Les Français s’en fichent, et moi aussi. » Euh… si les Français s’en fichaient tant que ça, Marine Le Pen ne serait peut-être pas aux portes du pouvoir. Quant à la valeureuse Marlène Schiappa, si Macron se montre indélicat, elle n’a qu’à l’envoyer promener, lui et sa garde-robe de vestes réversibles.

5.
Peut-on être à la fois écolo et marxiste. Je ne sais pas. Personnellement, j’ai des doutes. Peut-on faire la critique du mode capitaliste de la production de richesses sans condamner pour autant la nécessité de cette production ? J’ai, je l’avoue, de la sympathie pour ceux qui défendent leur outil de travail, fût-il basé sur une conception productiviste.

6.
Et maintenant la pensée du jour par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale : « Quand on peut avoir son enfant chez soi pour déjeuner, c’est mieux. » (Jean-Michel Blanquer, le 23 avril 2021) : C’est bien vrai, ça. Et s’il pleut, faut pas oublier sa capuche.
Blanquer, à force de nous prendre pour des tanches, il va finir par s’attirer des antipathies, sinon des inimitiés, voire des hostilités.

7.
Quand j’ai vu la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (le vaccin français contre le covid, quel succès !) à côté de Thomas Pesquet sur une photo de Twitter, je me suis dit : ah tiens, comme ils ne savent plus quoi en faire, ils vont mettre Vidal sur orbite…

8.
« Et moi aussi de près je suis sombre et terne
Une brume qui vient d’obscurcir les lanternes »
(Apollinaire, « Cortège)

« Et moi aussi [en poésie, on dit facilement « moi », lequel est aussi autre que « je »] de près je suis sombre et terne » [surtout quand je suis « par hasard et pas rasé », pour citer Serge Gainsbourg]
«Une brume qui vient [la brume qui vient, avec ses images de vaisseau fantôme, d’équipage à squelettes pirates, comme dans un film dans ma tête] d’obscurcir les lanternes » [en ce moment, ce sont les Lumières que certains tentent d’obscurcir, et toute notre raison d’éclipser] 

9.
« La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’à connaître cela.
   Que si les choses naturelles la surpassent, que dira-t-on des surnaturelles ? »
(Pascal)

« La dernière démarche de la raison » [ce truc qui fait que, malgré toutes les sottises, les hypocrisies et les mensonges dont médias et politiques nous abreuvent chaque jour, nous restons lucides] est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent [bah, je le sais bien que je suis aussi bête qu’une gaufrette, une paire de chaussettes, une pile d’assiettes, castagnettes, vinaigrette que c’est bon ça dans une salade de pommes de terre avec des œufs durs] ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’à connaître cela [la faiblesse, c’est de ne pas reconnaître qu’on ne sait pas].
Que si les choses naturelles la surpassent [je suis nul en ornithologie, en physique, en chimie, en sigillographie, en épigraphie, en épistémologie, en phénoménologie, en sociologie, en psychologie, en trigonométrie, en astronomie, en gastronomie, en météorologie, en musicologie, en filmologie et je n’en fais pas tout un plat], que dira-t-on des surnaturelles ? » [c’est exactement ce que je disais encore hier soir à mon cheval fantôme ; quant à la deuxième chaussette, elle est dans un univers parallèle, je crois bien. Et je ne vous parle même pas du Mystère Blanquer].

10.
« Notre monde ne mourra jamais… tant qu’il y aura quelqu’un qui rêvera dans les Bretagnes… nous existerons… » (Hugo Pratt, « Les Celtiques », [Morgane])

C’est du rêve que relève l’univers légendaire. Sans conscience rêveuse, y a que rien, et sans Bretagnes, plus de fée Morgane.

11.
Aujourd’hui, une fonctionnaire de police a été mortellement poignardée au commissariat de police de Rambouillet. L’assassin, d’après BFMTV, serait un ex- clandestin arrivé en France en 2009 et régularisé en 2019. Une cellule dormante ? Le parquet antiterroriste est saisi.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 avril 2021.

23 avril 2021

BREVE CHRONIQUE PAS CONTENTE DU 22 AVRIL 2021

BREVE CHRONIQUE PAS CONTENTE DU 22 AVRIL 2021

1.
En faisant appel au volontariat des enseignants pour faire passer des tests salivaires, Blanquer reconnaîtrait donc le manque d’infirmières scolaires. Il est vrai que plutôt que de prévoir l’essentiel, Blanquer a préféré claquer l’argent du ministère à sa sotte réforme.
Sans compter le « pognon de dingue » claqué par Blanquer dans son « Conseil Scientifique (sic) de l’Education », dans son étrange Grenelle « apprenant », dans ses pitoyables tentatives d’entrisme LREM (syndicats bidons de lycéens, d’étudiants, d’enseignants,…)
J’ajoute ceci : ce n’est pas aux enseignants de voler au secours d’une administration imprévoyante et d’un ministre dont nous ne voulons plus.

Malgré des taux d’incidence élevés, la menace de nouveaux variants, des hôpitaux surchargés, Blanquer et Vidal maintiennent l’ouverture des établissements scolaires et la tenue risquée de certains examens. La question se pose : cherchent-t-ils l’épreuve de force ?

2.
Ces gens qui critiquent Marlène Schiappa et les Etats Généraux de la Laïcité, ces gens qui refusent de dire que l’islamisme gangrène nos démocraties, ces gens qui parfois subventionnent des projets menés par des associations douteuses, ces gens se rendent-ils compte qu’ils crachent sur les victimes du Bataclan et la mémoire de Cabu, de Wolinski, de Charb ?

Ceux qui sous-entendent que ce sont les opposants au communautarisme islamiste qui sont en fait responsables des attentats contre Charlie Hebdo et le Bataclan oseraient-ils dire sans rougir que ce sont les résistants anti-nazis qui sont responsables de la shoah ?

3.
Non, décidément non, l’écriture inclusive et les réunions non-mixtes ne sont pas des droits de l’homme contestés, ce sont des ridicules, des épiphénomènes qui disparaîtront comme ils sont venus, au gré des modes en vogue dans les universités.

En assimilant tous ceux qui ne pensent pas comme eux à l’extrême-droite, certains à gauche, d’autres chez les écolos, peuvent être certains d’une chose : ils préparent eux-mêmes leur défaite aux élections.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 avril 2021

 

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21 avril 2021

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

1.
« Là, j’évitai les détails. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou se rendant compte de son erreur. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval Pâle »)

« Là, j’évitai les détails [dans lesquels, comme on sait, se cache le Diable que plus vous y zieutez, dans le détail, plus il vous la tire, le Diable, et longue longue longuement]. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou [ah ça, souvent que quand on est jeune, on est un peu tout fou, voire carrément barré, et puis, en général, ça passe avec le temps et l’on passe de jeune fou à vieux con] se rendant compte de son erreur [qu’on passe son temps à en faire des erreurs, que l’humanité, c’est l’infini des erreurs, horreurs, errances avec de bons apôtres genre Michel Serres (RIP), Albert Jacquard (RIP), Philippe Meirieu, Emmanuel Macron, socialos, libéraux, gauchos, cocos, fachos, crypto-cocos, néo-fachos, écolos, philosophiques zozos, prétentieux pédagos, etceteri etcetero qui vous font la morale que moi, du coup, j’préfère écouter « Orphée aux Enfers », d’Offenbach ou les ritournelles des Charlots].

2.
« J’ose à peine regarder la divine mascarade »
(Apollinaire)

« J’ose à peine regarder » [Moi, ça me fait pareil quand mes yeux tombent dans un film d’horreur avec du gore dedans qu’on dirait une réforme à Blanquer] la divine mascarade » [ce qui me fait penser à « La Valse des Masques », le tube qui tue du printemps 2020 à Manu Jupiter, accompagné du Jean-Mich’ Blanquer, the king of the pipeau].

3.
« Oiseau tranquille au vol inverse oiseau
Qui nidifie en l’air
A la limite où notre sol brille déjà »
(Apollinaire, « Cortège »)

« Oiseau tranquille » [Ça existe-t-y des zoziaux tranquilles ? Ah, être tranquille comme un oiseau qui fume sa pipe en lisant le journal pendant qu’le monde pédale dans le virus et l’islamisme galopant] au vol inverse [cékoi comme oiseau qui fait dans le « vol inverse » ? Ce s’rait-y le politique palmé des altitudes ?] ]oiseau [ça fait écho]
Qui nidifie en l’air [ça s’confirme que c’est le palmé des altitudes, çui qui est « en même temps », qui a d’la « pensée complexe » plein le bec et la cervelle plumée qui va avec]
A la limite où notre sol brille déjà [Ça me fait penser à ce strip des « Déboussolés » de Watch (dans le Spirou des années 70) où l’on voit un bonhomme tout chelou avec un drôle de petit chapeau déclamant : « O soleil couchant Pareil à une tarte au froment »] pis qui s’en retourne avec des yeux vagues et repus pis dans le désert pendant qu’une sorte de coyote de derrière les collines perdues lui jette à la tête un énorme dictionnaire de rimes que la dernière case du strip est basée sur le mouvement arrêté dans l’air du gros volume à quelques mètres de la tête du zig rimailleur, lequel ne se doute de rien vu que qu’c’est dans son dos qu’il arrive, le choc].

4.
« Entre les sandales de plastique
Que son père appelait des méduses
Glissaient des ombres égocentriques ;
Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. »
(Michel Houellebecq)

« Entre les sandales de plastique » [kicéty qui ritournellait « Le plastique, c’est fantastique », c’était bien laid quand même]
« Que son père » [chaipas qui c’est son père ; forcé, je pense que c’est le père d’une fille. Pourquoi, je sais pas. Peut-être parce que défois, on se demande à quoi ils ressemblent les pères des filles qu’on trouve jolies. C’est idiot et psychanalytique] appelait des méduses [ces têtes tranchées qui planent dans les flots et qui parfois foudroient]
« Glissaient des ombres égocentriques ; » [le monde, cette somme de nombrils interconnectés]
« Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. » [les humains quoi, ces perspicaces périssables]

5.
« Plus tard dans un bal champêtre
Les couples mains sur les épaules
Dansèrent au son aigre des cithares »
(Apollinaire, « la maison des morts »)

« Plus tard, dans un bal champêtre » [ah ça va guincher donc chez les vivants et les morts]
« Les couples mains sur les épaules » [ça me rappelle ce bal étrange du film « Un Soir, un train » de André Delvaux, où, dans cet instant qui sépare la vie du néant, yeux dans les yeux, mains sur les épaules, les couples tournent et dansent sur une java d’ailleurs (ou un tango de Barbarie peut-être)]
« Dansèrent au son aigre des cithares » [chez les vivants et les morts, c’est pas l’accordéon qui mène le bal, c’est le « son aigre des cithares », qui relève du folklore d’Autriche, de Hongrie ou de la Suisse, que moi j’en sais rien, j’apprends ça sur Wikichaitou, que le « son aigre », j’en sais rien que j’aime bien le rythme qu’il a le vers : « Dansè/rent (/) au son aigre / des cithares » qu’on l’entend bien le pincement du « r » là] 

6.
« Les morts avaient choisi les vivantes
Et les vivants
Des mortes
Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

« Les morts avaient choisi les vivantes » [« Les Zombies aiment la chair fraîche » film de série Z (comme dans zombie et film de zob aussi, que chaipas s’il existe, ce nanar mais que ça ne m’étonnerait point, que ça me fait penser que j’ai toujours trouvé « La Nuit des morts-vivants » de Romero ennuyeux comme la mort ; je préfère les formidables « Suspiria » et « Le Fantôme de l’Opéra » de Dario Argento]
« Et les vivants
Des mortes » [vous remarquerez qu’il y a chiasme pour le signifier, l’entrelacs des deux mondes]
« Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme » [dans ce lieu où morts et vivants se rencontrent, le réel paraît moins réel que le revenant ; l’autre monde contamine l’ici et maintenant].

7.
Dans le film « Le Cinquième Elément » de Luc Besson, n’est-ce pas que l’actrice qui joue le rôle de Lilou est superbe ? Son nom d’actrice est Milla Jovovich, et elle interpréta aussi Jeanne d’Arc, aussi de Luc Besson.

8.
« Je restai silencieux, quelques instants, retrouvant le passé. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval pâle »)

« Je restai silencieux [défois i faut], quelques instants [au moins], retrouvant le passé » [ah ça, quand le passé vous revient tourner les tables dans la tête, parfois, on ne pense même plus à gazouiller, on s’laisse envahir par des images anciennes, parfums fantômes et sons spectraux ; ceci dit, « Restant silencieux, retrouvant le passé », c’est un alexandrin].

9.
« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent : de mort, nulles nouvelles. Tout cela est beau ; mais aussi quand elle arrive, ou à eux, ou à leurs femmes, enfants et amis, les surprenant en dessoude et à découvert, quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accable ! » (Montaigne)

« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent » [comme i vous dit le monde, Montaigne, un ballet, un incessant va-et-vient, les autres] : de mort, nulles nouvelles [c’est vrai qu’on n’peut pas toujours penser à la mort, que c’en est même une morale, ça, de vivre, de persister malgré la mort, de sourire ; de rire, et de pas trop l’évoquer, la mort, défois qu’elle se pointerait illico, avec sa tête de trader branché]. Tout cela est beau [ironie ?] mais aussi quand elle arrive [tiens, qu’est-ce que je vous disais] ou à eux [couic], ou à leurs femmes [bis-couic], enfants et amis [ter-couic], les surprenant en dessoude ou à découvert [faut-il comprendre à l’improviste ?] quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accablent [y a rien d’plus rageant que de trépasser alors que l’on ne s’y attendait pas : tous les revenants vous le diront.]

10.
« Les passants égarés sont bizarrement verts ;
Au fond de l’autobus je sens craquer mes veines. »
(Michel Houellebecq, « Jim »)

« Les passants égarés [je me demande comment le narrateur sait qu’ils sont tout égarés, les passants – tiens, un passant qui passe, avec ses drames et ses morts, et ses projets et ses échecs] sont bizarrement verts » [c’est-y que le narrateur serait sur une planète d’hommes-plantes, d’artichauts marcheurs, des pt’tits verts, des p’tits gris, des p’tits verts-de-gris, (oui oui, défois, j’ai le lutin de ma tête, il chante) ;
« Au fond de l’autobus [donc le narrateur narrate du fond d’un autobus et voit passer de verts passants] je sens craquer mes veines » [ça sonne, chaipas si le narrateur est en manque ou quoi, mais ça sonne].

11.
« Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J’écoutais cette nuit au déclin de l’été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre »
(Apollinaire, « Le voyageur »)

« Les cyprès [d’après internet, un cyprès peut atteindre 25 mètres de haut et vivre cinq cent ans, autant dire un géant, un mythique, un mythologique même, l’arbre des morts] projetaient sous la lune leurs ombres » [ça devait l’faire, dans le genre effet funèbre]
« J’écoutais cette nuit au déclin de l’été » [quand on ne dort pas la nuit, on l’écoute, la nuit, puis tous les bruits mystérieux des êtres et esprits qui passent dans l’tout ça que moi j’sais pas, la nuit, moi, je dors]
« Un oiseau langoureux [koikcé comme genre, s’te mélancolique coucou ?] et toujours irrité » [pas seulement mélancolique, l’zoizeau, l’est aussi « irrité » que je pense à l’engoulevent qui crassotte, crécelle et crisse et crosse et crusse pis quand il tousse, c’est qu’il a trop fumé d’craven A.]
« Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre » [avant qu’les humains s’mettent à philosopher sur les fleuves, il y avait des fleuves, et quand les humains auront avalé toute leur philosophie et le bulletin de naissance de leur espèce, y aura encore des fleuves, « larges et sombres » comme un mystère, une force, un monde entre deux mondes].

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2021

21 avril 2021

CHRONIQUE DU 20 AVRIL 2021

CHRONIQUE DU 20 AVRIL 2021

1.
Marrant comme le 19 avril 2021, « l’offensive Macron sur la sécurité » comme dirent les médias eut un drôle de goût de girouette, de sauve qui peut, de faut reprendre des voix à droite après en avoir tant perdu à gauche.

Ne pas oublier que, dans l’année qui vient et d’ici les présidentielles 2022, un fait divers ou une attaque terroriste pourrait, jusque dans les derniers jours avant les élections, faire basculer l’opinion publique et promouvoir Marine Le Pen à la présidence.

2.
Est-il que dans nos sociétés libérales, comme l’écrit Philippe Bernard dans « Le Monde » du 19 avril 2021, « algorithmes, téléphones portables et robots » replongent le monde du travail dans des « conditions d’embauche et de limogeage dignes du XIXème siècle » ?

Autrement dit, y aurait-il margoulins, des marchands d’soupe & camelote, start-uppeurs des grandes écoles, « premiers de cordée » et charlatans qui s’en mettraient plein les fouilles sur le dos de « ceux qui ne sont rien », comme dit la girouette qui rêva d’être un Grand Président et qui cafouille dans l’covid.

Si c’est vrai, les Gilets Jaunes ont de l’avenir, et les universités feraient bien de veiller aux débouchés réels de leurs filières, qu’après le covid, les suicides d’étudiants, la déqualification des diplômes, voire plus d’qualification du tout (ou si peu), ça risque d’craquer.

3.
Le 19 avril 2021, il était admis par beaucoup de Français que l’augmentation de la violence dans notre société était patente, sinon palpable. Certains, souvent à gauche, persistaient à dire que la violence était beaucoup plus grande il y a quand même assez longtemps.
Que la violence fut très grande dans la majeure partie du XXème siècle est fort possible. Mais bon, c’est pas rare qu’on apprenne qu’un humain se soit fait flinguer en plein jour, par règlement de compte et même que parfois, ils sont de plus en plus jeunes, les apprentis là.

4.
Sotte Réflexion de Patrick Vignal (député LREM) sur le choix de l’excellence ce matin (20 avril 2021) sur BFMTV : « Mettons l’ENA (je suppose qu’il veut dire la prochaine Sciences Po bis voulue par Macron) à Montpellier et pas seulement le LP ». Euh ! que je sache, la France a certainement plus besoin de ces métiers ordinaires dont la crise du covid nous a prouvé à quel point ils étaient importants que d’une pseudo-élite qui nous coûte beaucoup de sous pour une efficacité relative.
C’est le contraire qu’il faut faire : revaloriser l’enseignement professionnel  des LP (diversification du public et des formations, notamment à de nouveaux métiers, formations en alternance, reprofessionnalisation des filières, etc…) et vous verrez que la mixité sociale n’a besoin ni de Sciences Po ni de l’ex-ENA. Entre parenthèses, il faudrait donc faire le contraire de ce qu’a fait Blanquer avec ses gadgets (« chef d’œuvre », « co-intervention » et autres sottises).
Et arrêtons avec l’hypocrisie qui consiste à faire des Lycées Professionnels les réceptacles de la misère du monde (abus de l’école inclusive, inscriptions par défaut, scolarisation obligatoire d’individus pouvant constituer un danger pour les autres comme pour eux-mêmes, etc…)

5.
En ce moment, LREM et Macron s’excitent beaucoup sur la mixité sociale, les logements sociaux, le rôle de l’éducation nationale, etc…: quel aveu d’échec. économique d’abord (bon nombre de Français ne peuvent se loger sans l’aide de l’Etat), social ensuite (Macron n’a pas réussi à éradiquer l’économie informelle qui pourrit la vie de tant de quartiers).

6.
Excellent Eric Zemmour ce soir du 20 avril 2021 sur CNews qui rappelle que bien évidemment, la France, comme tous les grands pays développés, pour défendre ses intérêts, est parfois obligée de soutenir des régimes dictatoriaux et quelques salopards au pouvoir en Afrique.
Et c’est bien parce que Zemmour a raison que je ne crois ni en la gauche hypocrite, ni en la droite affairiste, et que je méprise les politiques et donc nos présidents successifs, les marchands d’armes, les hommes de pouvoir en Afrique et ailleurs. Ni dieu, ni maître.
Et c’est aussi parce que Zemmour a raison que Macron et son « en même temps » apparaît comme une synthèse : celle de l’hypocrisie de la gauche comme de l’affairisme de la droite. Genre parti radical d’antan : « le cœur à gauche et le portefeuille à droite ». Ça a mal fini.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2021.

19 avril 2021

CE QUE NOS MORTS

CE QUE NOS MORTS

1.
« Ils n’avaient pas oublié la danse
Ces morts et ces mortes
On buvait aussi
Et de temps à autre une cloche
Annonçait qu’un nouveau tonneau
Allait être mis en perce »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

Ils n’avaient pas oublié la danse [et du coup ils agitèrent leurs chairs retrouvées sur leurs squelettes]
Ces morts et ces mortes [y en avaient qu’on ne connaissait pas ; ils venaient des temps avec de drôles de langues]
On buvait aussi [avec de vieux blues genre « One bourbon, one scotch, one beer » interprétés par des inspirés du Grateful Dead ; on buvait aussi ; on valsa macabre]
Et de temps à autre [c’est qu’ils avaient retrouvé le cours du temps, les surgis du néant là] une cloche [à chaque fois que j’entends le mot cloche, le son d’la cloche me tinte dans la paix d’ma tête ; ça doit être ça, la fameuse « petite musique » de l’écriture]
Annonçait qu’un nouveau tonneau [glouglou]
Allait être mis en perce » [un chat passa dans le décor, mais il ne resta pas longtemps : des barbus le chassèrent à grands cris d’épouvantail].
(d’après Apollinaire)

2.
Ce fut le 19 avril 2021 que j’entendis ces mots prononcés par le candidat Macron : « Je me bats pour le droit à la vie paisible », et me suis demandé si cette « vie paisible » allait servir de base à la campagne de La République en Marche. Après un quinquennat si tumultueux (troubles et Gilets Jaunes) et si hasardeux (covid et variants), « la vie paisible » à Macron sonnait comme une ironie, voire un vœu pieux.

3.
« Je vous attendrai
Toute votre vie
Répondait la morte »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

« Je vous attendrai [vous peut-être, mais pas moi ; j’ai plus trop le temps, puis plus trop envie ; allez sourire ailleurs]
Toute votre vie [ce qui passe si lentement au départ et qui, au fur et à mesure qu’on qu’ça file de plus en plus vite comme la corde d’une poulie qui finit par vous lâcher dans le puits]
Répondait la morte » [que les morts répondent, tous les enquêteurs, médecins légistes, historiens, spirites et cinéphiles vous le confirmeront,  et nous ne faisons que répéter que ce que nos morts nous ont dit].

4.
Je me demande ce que donne l’expérimentation de l’ouverture des BTS aux Bac Pro. A mon avis, dans bien des filières, c’est l’échec et prévisible casse-pipe. Ça vient de la réforme Peillon/Hamon/Belkacem, j’crois bien, cette ânerie. Blanquer a laissé faire. Tant pis pour lui.
La solution, pour les Bac Pro, serait sans doute le BTS en alternance. En attendant, que de temps perdu et d’argent jeté par les fenêtres du ministère.

5.
« Par interdiction impériale, je ne peux pas utiliser mes techniques. Malheureusement, mon école est fermée et je suis en plein confinement », dit un personnage de « Beast of East 2 » de Akihiro Yamada.

« Par interdiction impériale, [l’interdit nous gouverne, nous préside, nous gère ; souvent qu’il fascine, l’interdit, qu’ça en dérape souvent dans le social] je ne peux pas utiliser mes techniques [le réel est plein de machineries obscures qui la font tourner, la machine d’l’occident ; ça fait des morts sur la planète, et en définitive, désordres, troubles et n’importe quoi se multiplient jusque dans nos campagnes ; c’est qu’elles sont de plus en plus compliquées, les règles du jeu, et nos politiques, même les plus fûtés, semblent de bien piètres joueurs face à la complication]. Malheureusement, mon école est fermée [en ce moment, la mienne aussi] et je suis en plein confinement » [nous autres aussi] dit un personnage de l’excellent « Beast of East 2 » de Akihiro Yamada [heureusement que c’est de la fiction, dis, défois qu’on croirait qu’c’est vrai)].

6.
La religion, c’est de la nostalgie. Lorsque cette nostalgie des ailleurs perdus nourrit un programme politique, la démocratie est en danger.

Patrice Houzeau

Malo, le 19 avril 2021.

16 avril 2021

L'ETAT MAGIQUE

L’ETAT MAGIQUE

1.
Vu « Le Chant du Loup » (Antonin Baudry, France, 2019) : remarquable, qui rappelle, comme le dit le personnage interprété par Omar Sy, que des siècles de civilisation n’ont pas réussi à empêcher les guerres d’éclater. Seule la dissuasion y parvient. Si vis pacem, para bellum.

2.
« L’émotion n’est pas un accident, c’est un mode d’existence de la conscience, une des façons dont elle comprend (au sens heideggerien de « Verstehen ») son « Être-dans-le-Monde ».
(Sartre, « Esquisse d’une théorie des émotions »)

L’émotion, qu’on est tout troublé par quelque chose qui peut être quelqu’un. On tombe dans l’émotion comme si le temps faisait des plis qu’on glisse dedans. C’est pas qu’on réfléchit plus, qu’la cervelle s’cavale, c’est qu’on réfléchit zému, qu’elle s’accidente, la raison.

Après, l’émotion, elle est tellement répandue qu’on dirait un « mode d’existence de la conscience ». Et dès qu’on se met à vouloir réfléchir à froid, la société du spectacle, cette poudre aux yeux dont, via les médias, use et abuse l’Etat, nous y replonge, dans les émotions.

Le politique prétend faire appel à notre raison, mais c’est en utilisant le registre de l’émotion qu’il parvient à se faire élire. Macron, Mélenchon, Marine Le Pen sont des maîtres dans cet art : ils sont les promoteurs d’une société magique, qui n’a aucune chance d’advenir.

C’est en utilisant le registre de l’émotion que le politique se fait élire. Mais banques, investisseurs, spéculateurs ne misent pas sur l’émotion. Ils calculent à froid et se sauvant eux-mêmes, ils sauvent ce qu’il est possible de sauver. Une partie du monde est dans tous les cas sacrifiée.

Il ne manque pas de rêveurs qui veulent se passer des banques, des financiers et des marchands d’armes. Ce serait plonger l’humanité dans l’illusion de l’abondance et de la bienveillance naturelles et la dictature d’un Etat magique et sans distance.

3.
Ce cluster au Canada de près de 900 cas positifs au variant brésilien, on dirait une l’anglaise, la sud-africaine et la brésilienne, celle du Nord ? (twitter)

Si jamais le variant brésilien venait à ruiner les effets des mesures d’urgence sanitaire mises en place par les Etats européens, ce serait une nouvelle pierre dans le pré carré de plus en plus étroit de Macron, et une démission inévitable du très inconséquent Blanquer.

Je dis ça, je ne dis rien, mais vu la façon dont la pandémie se développe et joue de variants de plus en plus inquiétants, j’espère que Macron réfléchit sérieusement à l’état de nos forces armées et s’est bien assuré de l’opérationnalité de notre dissuasion. On ne sait jamais.

L’Histoire étant une suite d’évènements improbables, dont on comprit ensuite qu’ils étaient inévitables, ceux qui pensent que la fin des démocraties et un nouveau conflit mondial sont impossibles, à mon avis, se mettent le doigt dans l’œil jusqu’aux confins.

4.
Etre « un projet qui se vit subjectivement » (comme dit Sartre) : expression qui rappelle que c’est bien moi qui dit qui fait et pas l’autre, d’ailleurs l’autre i dit que des et i fait que des sauf quand j’me fourre le doigt à moi-même dans l’œil à mézigue pis jusqu’à l’existentiel à ma pomme.

5.
« Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. »
(Jean-Paul Sartre)

J’aime bien cette phrase qui dézingue deux des mythes les plus puissants de l’opinion qui court et fait bien des dégâts.

6 .
« (par exemple, ce visage qui nous fait peur à travers la vitre, il agit sur nous sans ustensiles, il n’est pas besoin qu’une fenêtre s’ouvre, qu’un homme saute dans la chambre, marche sur le plancher) »
(Sartre, « Esquisse d’une théorie des émotions »)

Cette phrase de Sartre me rappelle cette autre phrase :

« Une autre fois elle affirma qu’une face jaune s’écrasait contre sa vitre et que, s’étant précipitée à la fenêtre, elle ne vit plus rien. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Meurtre en Mésopotamie »)

7.
« chuter brusquement dans le magique » (expression sartrienne) : défois, on chute brusquement d’sa raison dans le magique ; c’est quand les politiques font leur intéressant dans la lucarne pis qu’on croit qu’ils nous disent la vérité et qu’tout va s’arranger ; c’est magique.

Patrice Houzeau

Malo, le 16 avril 2021.

16 avril 2021

CHRONIQUE DU 15 AVRIL 2021

CHRONIQUE DU 15 AVRIL 2021

1.
Je sais pas vous, mais étant donné que le pic épidémique, on nous dit qu’il est pas encore atteint, et qu’on nous annonce un possible variant brésilien dévastateur, j’ai quand même des doutes sur la réouverture des écoles le 26 avril… On verra.

2.
Croyez-vous qu’en raison de son extraordinaire bilan, Blanquer, s’il est obligé de démissionner, Macron va le faire nommer à l’OMS ?

3.
Covid asiatique, variant anglais, variant sud-africain, variant brésilien. Pierres du jeu de go. Y a-t-il un variant d’Europe centrale ? Y a-t-il un variant du Nord ? Qu’en est-il de la présence du variant brésilien en Europe ?

4.
Même si pour l’instant, il semble peu présent en Europe, se pourrait-il qu’à la faveur d’un retour à la normale et des flux de population qui suivront, (y compris les flux clandestins), le variant brésilien fasse son apparition et oblige certains pays européens, y compris le Royaume-Uni, à se reconfiner ?

5.
Quel est le temps d’immunité que procurent les différents vaccins ? Seront-ils efficaces face à d’éventuels nouveaux variants et combinants qui seraient plus contagieux et plus létaux ?

6.
Que veut dire exactement « effacer la dette d’une entreprise » ? Comment sera remboursé le créancier ? Cela annonce-t-il une hausse des impôts et une baisse des investissements, et donc une crise bancaire ? Peut-on effacer les dettes des entreprises comme on efface la dette des états dont le créancier est l’UE ? Peut-on effacer une dette publique sans risque de dérèglement du système ?

7.
Ce jeudi 15 avril 2021, Macron a réaffirmé son objectif de rouvrir à la mi-mai certains lieux comme les terrasses des cafés et des restaurants, certains musées, les commerces non-essentiels. Il joue sans doute dans cette promesse sa réélection, sinon sa candidature.

8.
La pandémie, on dirait une partie de jeu de go : le virus place ses pierres un peu partout sur la planète (les variants) et lance des attaques, via des connections (les combinants), qui peu à peu encerclent nos territoires, les ferment. Le covid ne tue pas l’humanité ; il la restreint.

9.
Le 15 avril 2021, la France a franchi le nombre de 100 000 victimes officielles du covid. Que ceux qui nient la réalité du virus, ou en relativisent la gravité, se taisent.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 avril 2021.

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