SIMULTANEMENT AU MONDE
SIMULTANEMENT AU MONDE
1.
Serge Brussolo : « Les Cavaliers de la pyramide ». Un « thriller antique » dit la quatrième de couverture. On y évoque un « endroit où la pyramide d’Ankhnoût s’était enfoncée ». Doit y avoir beaucoup de sable là-dedans, et du sang aussi passque je l’sens assez ça.
Je me demande si le verbe « ankhnoûter » existe, genre il était tellement fasciné par les pyramides que probablement une prêtresse d’un très ancien culte occulte et contondant autant qu’égyptien l’a envoûté.
« J’éprouve le besoin de sortir du monde moderne où ma plume s’est trop trempée et qui d’ailleurs me fatigue autant à reproduire qu’il me dégoûte à voir. »
(Gustave Flaubert cité en exergue par Serge Brussolo dans « Les Cavaliers de la pyramide »)
2.
Je me souviens que dans la série « Amicalement vôtre », c’est la si reconnaissable voix de Michel Roux qui double Tony Curtis dans le rôle de Danny Wilde. Futile et rappelant le temps où, bah on s’en fiche.
3.
Francis Ponge : « Le parti pris des choses ». L’un des plus beaux titres de la poésie en langue française. Il y est question, entre autres éléments, du « galet ». Poésie analytique, pleine d’humour, précise et fine comme l’aiguille à coudre les mots d’esprit.
« Je noterai enfin, comme un principe très important, que toutes les formes de la pierre, qui représentent toutes quelque état de son évolution, existent simultanément au monde. »
(Francis Ponge, « Le galet »)
Par définition, synchronie et diachronie « existent simultanément au monde ».
4.
Edition française du manga : « City Hunter, Nicky Larson », volume intitulé « La Poussière d’ange de la peur », de Tsukasa Hojo. Le dessin n’y est pas trop simple, ni puéril. Il y a de l’humour et des voitures qui explosent. De jolies filles aussi. Ne soyons pas hypocrites, c’est aussi pour les jolies filles dessinées qu’on en lit, des mangas.
« Maintenant, je ne peux plus fermer l’œil ! Me raconter des histoires pareilles avant de dormir ! », dit dans son lit la jeune fille du manga « La Poussière d’ange de la peur », de Tsukasa Hojo.
5.
Balzac : « Les Chouans ». Le genre de classique que je n’ai pas pris le temps de lire et que, donc, je ne lirai sans doute jamais, d’autant que le volume n’est pas mince. Est-ce un roman d’aventure ? Une sentimentalerie en costumes ? Je songe parfois à la persistance de l’esprit de la fronde et aussi de la chouannerie dans la société française que les technocrates tentent d’hyper-connecter à marche forcée. Et le président Macron se prit une gifle.
6.
« Leurs longs cheveux retombaient sur le collet d’une veste ronde à petites poches latérales et carrées qui n’allait que jusqu’aux hanches, vêtement particulier aux paysans de l’Ouest. »
(Balzac, « Les Chouans »)
Cette phrase de Balzac a dû inspirer bien des costumiers. Je crois que les chouans du film « Chouans ! », de Philippe de Broca, sont ainsi vêtus. Le film est plaisant, avec des dialogues qui ont parfois un peu vieilli. Sophie Marceau y est épatante.
7.
« Imitation Game », de Morten Tyldum (2014) est un film sur Alan Turing, l’un de ceux qui réussirent à percer le code Enigma. Au début du film, un personnage dit du code Enigma : « C’est la main de la mort ». Une énigme, un jeu d’esprit, un jeu mortel.
8.
Serge Brussolo. « Les Cavaliers de la pyramide ». Il y est question d’accouplement et de cannibalisme, façon mante religieuse. Pas le genre réaliste. De « pyramide » qui « bouge » aussi, de pyramide oubliée, perdue, engloutie dans le temps tout sableux.
9.
L’émission « Enquêtes paranormales » (sur la chaîne CStar ce 16 octobre 2022) : le « Triangle de Bennington » (c’est aux USA) avec ses étranges disparitions des années 40 et 50. Gentiment frissonnant si on n’y croit pas.
Et si on croit au caractère surnaturel de ces disparitions, c’est qu’on est bon client. Il est dit dans cette émission que les étranges disparitions du triangle de Bennington auraient inspiré Myrick et Sanchez, les auteurs de l’étonnant film « Le Projet Blair Witch » (1999).
10
Je me méfie de la chanson qui est souvent donneuse de leçons et à Maxime Le Forestier je préfère Gainsbourg et Dutronc. Mais la vraie morale dans l’art étant dans l’exercice de l’innovation virtuose, dès que je serai de nouveau en fonds, je me paye la discographie complète de Magma.
Patrice Houzeau
Malo, le 16 octobre 2022.