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BREFS ET AUTRES
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chronique
13 août 2023

ON ATTEND LA RENTREE QU'ON SE SOUCIE DEJA

ON ATTEND LA RENTREE QU'ON SE SOUCIE DEJA

1.
Certes, la chute du rouble face à l'euro et au dollar était attendue en raison des sanctions qui frappent l'économie russe et de la baisse des revenus liés au gaz et au pétrole (la baisse de l'indice IRTS en est l’expression), mais ce qui est intéressant, c'est l'accélération de cette chute du rouble, faisant douter de la sincérité des bilans officiels d'une économie russe probablement bien plus en difficulté que la propagande pro-Poutine et les chiffres officiels le disent.

2.
Je l'écrivais en 2017 et me le faisais reprocher par bien des bienveillants, il n'y a pas assez de prisons en France. Elles sont pourtant nécessaires, en raison de :
- la surpopulation carcérale et l'état pitoyable, dit-on, de certains établissements pénitentiaires
- l'augmentation de la criminalité et surtout, de la gravité moyenne des faits.
- la nécessité d'une véritable politique de réinsertion, quoique, personnellement, j'ai de sérieux doutes sur les capacités d'intégration de certains individus.

3.
12 août 2023. 8 heures 35. Prisca Thévenot, actuelle secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et du Service National Universel, vient d'affirmer sur France Inter que la généralisation du SNU se ferait prochainement. Elle parle de « socle commun » pour faire « nation ». Inquiétant.

Rappel : la presse chiffre la généralisation du SNU de 1 à 2 milliards d'euros par an, soit à peu près le coût de l'organisation du baccalauréat dans sa version classique (examen terminal). Or, le bac en contrôle continu est une sottise. Il serait donc judicieux de consacrer l'argent que coûterait une hypothétique généralisation d'un dispositif pédagogiquement douteux à la remise en vigueur d'un examen terminal, anonyme et national.

Nul doute que la macronie doit s'agiter et s'agitera encore dans les coulisses des syndicats de l'éducation nationale afin de leur vendre l'approbation de la généralisation du SNU, ou à défaut une relative neutralité. Le SGEN va-t-il avaler cette couleuvre là aussi ?

4.
La question est : le président Macron va-t-il continuer à subventionner l'emploi (via les primes à l'apprentissage notamment) jusqu'en 2027, histoire d'afficher un artificiel « plein-emploi » et laisser une ardoise fabuleuse à ses successeurs ainsi qu'aux contribuables ?

Le fantasme du président Macron est-il un Etat tout-puissant (SNU, surveillance généralisée, subventions aliénantes...) s'appuyant sur l'économie de marché ? Le fantasme du président Macron est-il la Chine revue et corrigée par Raffarin ?

5.
13 août 2023. Je suppose que le président Macron est en vacances. Ce qui est normal. Qu'il reprenne des forces. J'ai un petit doigt à gauche, et un petit doigt à droite qui me disent que l'année 2023-2024 ne va pas être de tout repos.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 août 2023.

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25 juillet 2023

ETE 2023 GUERRE EN UKRAINE REMANIEMENT EN FRANCE

ETE 2023 GUERRE EN UKRAINE REMANIEMENT EN FRANCE

1.
22 juillet 2023. Philippe Meirieu, par ailleurs très bon vulgarisateur de l’histoire de l’éducation nationale et des théories et pratiques pédagogiques, dès qu’il se mêle d’être prescriptif et plus encore quand il politise son discours, écrit souvent n’importe quoi. Ce n’est pas nouveau. Ainsi, il explique le départ de Pap Ndiaye du gouvernement par l’influence de l’extrême-droite. C’est faux. Que je sache, on ne peut pas dire que l’année 2022-2023 a été une réussite : manque récurrent d’enseignants, mise en œuvre du bac Blanquer et donc année terminée aux vacances de Pâques, échec de la mise en place du Pacte… Syndicats et enseignants avaient prévenu et Pap Ndiaye s’est réveillé en juin 2023. Un peu tard...

2.
Contrairement à ce qu’a dit Pap Ndiaye lors de son discours de départ du ministère le 20 juillet 2023, en période de crise aiguë, la politique de l’éducation nationale n’est pas plus une affaire de temps et de long cours que celle des finances, de la défense, de l’intérieur ou de la santé.

Il faut savoir réagir et vite. Prendre son temps pour peaufiner des réformes sur dix ans, c’était possible dans les années 70 et 80. Depuis que la crise s’est accélérée, fragilise et menace maintenant la stabilité des démocraties libérales, il faut savoir faire les deux : penser en termes de loi de programmation mais aussi savoir pallier les incidents imminents.

Pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre combien la réforme Blanquer était sotte. Syndicats et enseignants avaient prévenu. Pap Ndiaye n’a pas su réagir à temps, même s’il a eu l’honnêteté de reconnaître début juillet 2023 que tout n’allait pas pour le mieux (c’est le moins que l’on puisse dire).

Je n’apprécie pas spécialement le président Macron, mais il faut lui reconnaître une très grande puissance de réaction. C’est pour cette raison, je pense que le président, en remaniant, a choisi un gouvernement beaucoup plus technique, technocratique. Je ne sais pas si Gabriel Attal sera plus pertinent que Pap Ndiaye à l’éducation nationale, mais il y sera certainement politiquement plus efficace.

3.
Non, le SNU n’est pas une tentative de militarisation de la jeunesse. D’après ce que je sais, aucune formation au maniement des armes n’y est dispensée, ni même aucune formation à la défense, fût-elle passive.

Par contre, que le SNU soit une tentative de formatage idéologique ne fait aucun doute. Mais le plus scandaleux est que le gouvernement l’associe administrativement à l’éducation nationale, ce qui dans la perspective d’une généralisation (qui n’aura pas lieu, obstacles, nécessités économiques et défiances l’empêcheront) signifie que le SNU pourrait, à terme, rentrer dans les obligations du cursus scolaire.

4.
Les frappes ukrainiennes sur la Crimée rappellent que les Ukrainiens la considèrent comme terre occupée par les Russes et donc à libérer. Très difficile, sinon impossible, d’imaginer des négociations qui se solderaient par une partition de l’Ukraine. Le pont de Kerch est condamné.

5.
Un journaliste russe meurt des suites de ses blessures. Il aurait été tué suite à l’emploi d’une bombe à sous-munitions par les forces ukrainiennes. Les Russes, qui assassinent chaque jour, chaque nuit, feignent de s’indigner. Masques à crachats.

6.
On dit Poutine paranoïaque. Ou en tout cas, il craindrait vraiment d’être assassiné, et en particulier par empoisonnement. Le serpent dans l’assiette, cela pourrait arriver. Poutine mourra-t-il dans son lit ? Pas sûr.
Peut-être finira-t-il vieillissant, désavoué, sans plus aucun pouvoir et enfermé dans quelque palais, n’osant plus sortir pendant que l’armée russe gérera le pays et négociera avec l’Occident les conditions de la réhabilitation de la Russie.

Poutine finira-t-il :
- en prison ?
- assassiné ?
- dans son lit, très vieux, sénile et bavant ?

7.
24 juillet 2023. Tensions mondiales sur les prix du blé, du riz, du cacao. En France, hausse au 1er août des prix de l'électricité. Le covid et la sale guerre de Poutine en Ukraine auront eu raison de la « mondialisation heureuse », qui apparaît de plus en plus comme une illusion technocratique.

8.
Twitter était, et est encore, un formidable espace de liberté d’expression, facile d'accès et d'usage, gratuit et efficace, bref, une preuve de plus que les USA sont une belle et grande démocratie. Il se dit que Elon Musk voudrait en changer l'esprit, et même le nom, et en faire un service payant et sans doute moins facile à utiliser. Dommage.

9.
Quand la police tue et que les voyous tuent aussi, ça s'appelle un western non, le far-west ?

10.
Entendu le président Macron causer dans le poste le 24 juillet 2023, en particulier sur l'éducation : « 8heures-18heures » (mazette, les gamins vont devenir dingues), « devoirs faits », PACTE, formations en dehors des heures de cours (et donc pendant les vacances, à cause des emplois du temps de chaque enseignant), réforme de l'enseignement professionnel (attention, danger!). Il est ambitieux, le Macron concernant l'école. Le souci, c'est qu'il n'a pas assez d'enseignants pour faire tout ça, et pas l'argent non plus, sauf à alourdir toujours plus la dette publique pour ses lubies.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juillet 2023.

21 juillet 2023

MANOEUVRES ET REMANIEMENT

MANŒUVRES ET REMANIEMENT

1.
19 juillet 2023. 17 heures. Le rouble continue sa chute : 1 euro = 102,49 roubles (1 rouble = moins d’un centime d’euro). Baisse des indices boursiers russes. L’économie russe finira-t-elle dans une brouette ?

2.
Il se dit que dès le jeudi 20 juillet 2023, la Russie considérera tout navire en route vers les ports ukrainiens (on pense à Odessa) comme un potentiel navire militaire. Quelque chose mijote en coulisses. Poutine prendra-t-il le risque de couler un bateau d’un pays membre de l’OTAN ? (on pense à la Turquie) Est-ce un test ? Et jusqu’où l’Etat-major russe veut-il le pousser ?

3.
En mettant fin à l’accord de juillet 2022 avec l’Ukraine, la Turquie et l’ONU sur le transport des céréales, Poutine tenterait-il de relancer le cycle inflationniste mondial ? Possibles tensions à venir sur les prix du blé, et donc sur les prix de la farine et du pain, pénurie possible d’huile de tournesol (Ukraine et Russie = 60% de la production mondiale) et, par extension, pénurie des autres huiles. Redémarrage possible de l’inflation en France, en raison de l’augmentation des prix de l’électricité et du gaz, et des taxes prévues par le gouvernement à la rentrée de septembre (alcools, tabac sans doute, et autres probablement…).
Note : si l’accord céréalier n’est pas prolongé, et qu’il y a hausse des prix du blé et des huiles, sachant que la Côte d’Ivoire a décidé de suspendre ses exportations de cacao (dont les prix s’envolent), en plus des surcoûts énergétiques, pour la boulangerie et la pâtisserie (entre autres), des soucis sont à craindre.

Le mécanisme est connu : taxes et pénuries entraînent des hausses de prix qui sont répercutées par les intermédiaires sur le coût des transports et peuvent impacter les coûts de production. Il se peut aussi que la baisse de consommation induite par les hausses de prix entraîne des baisses de production et donc une hausse des taux de chômage. Le président Macron a du souci à se faire.

Question : si Poutine maintient ses menaces sur le transport céréalier et les ports ukrainiens, se pourrait-il que l’UE prenne des mesures très fermes (une sorte de « Patriot Act » à l’échelle européenne) visant les avoirs et intérêts russes en Europe ? 
Ou, au contraire, UE et Etats-Unis négocieront-ils en coulisses avec les Russes pour alléger le poids de certaines sanctions, voire permettre à l’agriculture russe de renouer avec le système de payement SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) en échange d’un prolongement de l’accord céréalier de juillet 2022 ?

En tout cas, si le président Zelensky et les forces armées ukrainiennes arrivent à débarrasser le monde de la menace Poutine, nul doute que nous lui devrons une fière chandelle.

4.
20 juillet 2023. Je l’avais écrit, il y a déjà longtemps, que Pap Ndiaye ne resterait pas longtemps au ministère de l’éducation nationale. Il ne faisait visiblement pas le poids. Gabriel Attal le remplace ; ah, c’est autre chose. Macroniste de combat, il se peut qu’il rentre au ministère de l’éducation nationale pour mettre en œuvre des mesures techniques qui ne plairont peut-être pas aux enseignants, lesquels, je pense, ne se font plus guère d’illusions.

Que Gabriel Attal ait fait ses études dans le privé, peu m’importe. C’est pure mesquinerie que de le lui reprocher. Qu’il soit attaché à l’école privée, personnellement, je n’y vois rien à redire, à condition qu’il n’oublie pas que le service public est à la fois l’âme et le fer de lance de l’éducation nationale.

Je n’oublie pas non plus que Gabriel Attal a parlé il y a quelques jours d’efforts que les Français, étant donnée l’ampleur de la dette, seront obligés de faire. Je constate ensuite, c’est sur LCI, que Guillaume Roquette, du Figaro Magazine, n’y connaît absolument rien au métier d’enseignant (ça ne l’empêche pas de dire des sottises). Ensuite, le Mariani parle. Je ne l’écoute pas ; je n’écoute pas les valets de Poutine.

5.
En avril, nous avions cru comprendre que le président Macron avait donné rendez-vous aux Français le 14 juillet pour faire le bilan des 100 jours suivants l’après et âpre lutte politique dite de la « réforme des retraites ». Le 14 juillet, il ne nous a pas parlé. Interrogé par des journalistes, il a promis, dit-on, une prise de parole pour les jours suivants. Le 20 juillet 2023, les Français attendent. Le président Macron nous mépriserait-il ?

21 juillet 2023 : Macron s’exprime en direct du palais de l’Elysée à partir de 11 heures 26, juste avant le premier conseil des ministres post-remaniement, et dit en gros que ça va, ça va bien et que y a du boulot, mais que demain ça ira encore mieux (poil aux yeux).

6.
Si Gabriel Attal a été promu ministre de l’éducation nationale pour tenter de faire avaler aux enseignants la couleuvre du SNU, à mon avis, il va rapidement tomber sur un os.

Selon l’inspection générale, la généralisation du SNU coûterait entre 2 et 3 milliards d’euros (source : LCP) Pour l’instant, il ne coûterait que « 150 millions ». Entre 2 et 3 milliards d’euros ! Pour rappel : la dette de la France se monte à 3000 milliards d’euros (eh oui). Faudrait penser à faire des économies. La suppression du SNU serait un bon signal.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 juillet 2023.

16 juillet 2023

DE L'ABSOLU DU MAL

DE L'ABSOLU DU MAL

1.
Je lis dans « Prolégomènes à la charité », de Jean-Luc Marion, que « le mal s'éprouve absolument ».
Il y a donc un absolu du mal.
Ce mal concerne chacun d'entre nous, chacun, c'est-à-dire chaque conscience particulière, chaque singularité que, communément, l'on appelle « individu ».
Le mal est un absolu qui menace le particulier. En cela, le mal entretient avec le vivant un lien particulier, singulier.
D'où des réactions différentes selon les individus au mal qui les atteint.
La politique a pour objet d'apporter des réponses collectives au mal qui concerne chacun. En cela, l'Etat tend à se constituer en « contre-mal » (l’expression est de Jean-Luc Marion) en absolu du légitime face à l'absolu du mal. D'où la multiplicité des différences d'appréciation entre perceptions individuelles et la nécessité d'une réponse administrative.
La crise du covid a vu éclater au grand jour cette dichotomie. Les crises sont les moments qui révèlent les gouffres creusés entre perceptions individuelles et réponse collective.
C'est le rôle des oppositions politiques d'attirer l'attention sur l'injustice qui est faite aux cas particuliers insuffisamment pris en compte par la réponse collective.
L'idéal étant évidemment une réponse « au cas par cas ». Mais l’État ne peut guère faire dans la dentelle. Ce n'est donc généralement pas en amont que cette dichotomie est réduite mais en aval, via les leçons de l’expérience et la jurisprudence.

Citation :
« Le mal s'éprouve absolument comme le seul fait indiscutable, en deçà de toute illusion, dispensé de preuve et d'argument. Le mal qui me fait mal ne trompe, lui, jamais. »
(Jean-Luc Marion, « Prolégomènes à la charité », Éditions de la Différence, 1986, p.13)

2.
Plus la voix des oppositions se fait entendre, plus grandit le sentiment que nous vivons une crise aiguë. C'est donc dans les démocraties, où les oppositions peuvent librement s’exprimer, que le sentiment de « l'urgence de la situation » semble le plus grand.
Ce qui ne veut pas dire que ce sentiment n’existe pas dans les régimes autoritaires. On peut penser que bien des Russes sont conscients de la gravité de la crise dans laquelle Poutine les a plongés en lançant sa sale guerre en Ukraine, mais, comme on sait, en Russie, les oppositions ne peuvent guère s’exprimer librement.

3.
Le but des complotismes, contrairement aux oppositions légitimes des partis et des syndicats, n'est pas de réagir à une réponse de l'Etat jugée inappropriée, mais de considérer l'Etat libéral comme étant lui-même un absolu du mal.
En cela, les complotismes ne sont pas des oppositions légitimes mais une manifestation d'un mal qui s'attaque à la légitimité démocratique.
Dès lors, on ne s'étonne plus que la majorité des tenants du complotisme soit liée à une extrême-droite qui se caractérise par le négationnisme (qu'il soit anti-vaccin, jusqu'à remettre en doute l’existence même du covid, climato-sceptique, et autres vues de l'esprit) mais aussi par un soutien appuyé au régime autoritaire de Poutine (jusqu'à nier, ou excuser, les crimes de guerre commis en Ukraine par les troupes d'occupation russes).

4.
Les Français pro-Poutine qui veulent la destitution de Macron me rappellent les Français qui disaient « plutôt Hitler que Blum ». Ce ne sont évidemment pas des patriotes, ni des résistants. Ce sont des collabos dans l'âme.

5.
Prigojine a-t-il été liquidé par Poutine ? Il me semble que s'il était mort, on le saurait, non. ? La rumeur court sur twitter, de même que celle d'une non-reddition de certains éléments de Wagner (vidéo à l'appui d'un certain Berserk). Désinformation ? Manipulation ?

Patrice Houzeau
Malo, le 16 juillet 2023.

13 juillet 2023

LA PATEE DE POUTINE SERA LE CAVIAR DE MACRON

LA PATEE DE POUTINE SERA LE CAVIAR DE MACRON

1.
12 juillet 2023. J'entends sur France Info que le nombre de faillites des petites entreprises remonte en flèche dans le commerce et la construction. La crise immobilière en cours, on n'en parle pas tellement. Elle pourrait pourtant faire des victimes. Beaucoup. Le gouvernement va devoir de nouveau débloquer des aides. Ils disent le contraire, mais l'endettement ne pourra se comprendre que si des économies sont faites dans les services publics. C'est la raison pour laquelle faudrait vraiment en finir avec la sale guerre de Poutine en Ukraine. Faut lui mettre la pâtée, au Poutine. D'autant que d'autres soucis se profilent : surpopulation, accélération des migrations, réchauffement climatique, troubles sociaux (eh oui). Eviter une augmentation des prélèvements, je sais vraiment pas comment qu'il compte faire, Bruno Le Maire.

2.
12/07/2023. Les officiels russes (Peskov, Lavrov, Medvedev et toute la mafia que Poutine tient dans sa main) blablatent blablatent blablatent. Ils feraient mieux de s'inquiéter du rouble qui ne vaut plus grand chose : 1 euro = 100, 69 roubles ; 1 dollar = 90,50 roubles.

3.
Maintenant que tout le monde se rend compte que la réforme Blanquer a été une très grande ânerie, je n'ai qu'une chose à dire : comment appelle-t-on l'auteur d'une très grande ânerie ? Hein ? Je ne vous le fais pas dire.
N'empêche, quand on pense aux enseignants qui ont alerté, se sont fait traiter de zôtres par l'aut' bienveillant, ont fait grève et perdu de l'argent, on se dit que le Blanquer s'est bien foutu de nous.

Donc, si j'ai bien compris, le Blanquer avait généralisé le contrôle continu parce que l'organisation des épreuves nationales du baccalauréat coûtait trop cher (on ne rit pas, ça faisait partie des éléments de langage d'alors).
Avec les sous économisés, la Macronie a mis en place le SNU (qui coûte des sous et qui ne marche que parce qu'on nous le dit). Pap Ndiaye reconnaît maintenant que le contrôle continu pose un certain nombre de problèmes : « équation complexe » qu'il dit sans rire. Mais non, c'est simple comme un syllogisme :
Le contrôle continu, c'est plus économique que le ponctuel, mais c'est moins fiable.
Or, le SNU, c'est pas terrible et ça coûte.
Donc, supprimons le SNU et utilisons l'argent économisé pour restaurer un baccalauréat digne de ce nom.

4.
12 juillet 2023. En économie, la confiance, dit-on, est essentielle. Il s'avère que les chiffres des pertes ukrainiennes donnés par Choïgou (incompétent notoire) sont extravagants. Or, si les Russes mentent sur la réalité de l'échec de leurs troupes dans la sale guerre de Poutine en Ukraine, ils peuvent tout autant mentir aussi sur l'état réel de leur économie.

5.
On évoque régulièrement une possible réforme constitutionnelle qui permettrait à Macron de se présenter aux présidentielles 2027. Personne ne sait si c'est la volonté du président. S'il ne le souhaite pas, les résultats des élections de 2027 pourraient être assez aléatoires.
La gauche dominée par la LFI ne remportera pas ces élections. Marine Le Pen pourrait, mais elle gagnerait de justesse et sans l'assurance d'une majorité parlementaire. Tout dépendra donc d'un éventuel candidat LR un peu crédible (ce qui n'est pas gagné) ou d'une alliance du peu populaire Renaissance, du centre de Bayrou, du LR, et du groupe Horizons. Soit une alliance, soit la création d'un nouveau parti de centre-droit.
Tout dépendra sans doute de l'état économique du pays en 2026-2027. Une victoire de l'Ukraine sur la Russie favoriserait cette alliance ou une réélection de Macron. A condition, bien sûr, qu'une nouvelle crise d'ampleur mondiale n'éclate pas d'ici là...

6.
13 juillet 2023. Paraît que Lavrov agite, une fois de plus, la menace nucléaire en cas de déploiement de F-16 dans le ciel ukrainien. Pipeau. Tout l'enjeu de la dissuasion est de persuader l'adversaire que l'on n'hésitera pas, au besoin, à utiliser l'arme nucléaire.
En cas d'attaque nucléaire russe, la riposte des Etats-Unis et de l'OTAN serait immédiate, massive et destructrice. Poutine le sait. Nous le savons tous. L'Occident ne se laissera pas impressionner par une poignée de mafieux.
Je lis que Lavrov aurait déclaré aussi « qu'il n'y aura pas de retour aux relations antérieures avec les pays inamicaux. » Apparemment, les Russes restent persuadés qu'ils vont gagner une guerre qu'ils ont déjà perdue.

7.
L'un des grands soucis à venir, c'est que l'endettement massif des pays occidentalisés induit par la crise Covid, la crise énergétique, la sale guerre de Poutine en Ukraine, la relance des politiques de réarmement, la constante nécessité des investissements finisse par être déconnecté des marchés. En clair, la spéculation sur la dette, (en raison de la différence qu'il pourrait y avoir entre résultats attendus et bénéfices réels), pourrait s'avérer de plus en plus risquée : défaillances d'entreprises, crise immobilière, crises sociales à répétition, instabilité de l'Afrique, concurrence et menaces persistantes de la Chine...

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juillet 2023.

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11 juillet 2023

OUEST RENFORCÉ EURASIE HYPOTHETIQUE SUD DIVISÉ

OUEST RENFORCÉ EURASIE HYPOTHETIQUE SUD DIVISÉ

1.
Poutine est un dieu. Le réel lui échappe. Il prend la forme des armes pour s'imposer et mille voix pour mentir (comme le font les dieux). Les humains finiront par le congédier. Et ses voix se tairont.

2.
Ceux qui disent que la contre-offensive ukrainienne patine ne savent pas ce qu'ils disent. L'armée ukrainienne a mis en échec l'armée russe en la bloquant dans l'est et le sud. Reprendre ces territoires signifie passer champs de mines et lignes de défense. Cela prendra du temps et hélas, coûtera cher en vies humaines. La décision prise par le président Macron de livrer à l'Ukraine des missiles SCALP (version française du Storm Shadow) est une bonne décision. Que cela inquiète les collabos pro-Poutine français (la tête qu'ils tirent, les compromis!) signifie que tout le monde sait que chaque jour qui passe rapproche de la chute inéluctable du régime de Poutine.

3.
Si l'Ukraine réussit à remporter la victoire (libération des territoires occupés par les Russes) avant 2027 (ce n'est pas impossible) et si les négociations pour la reconstruction de l'Ukraine remplissent les carnets de commandes des entreprises françaises, alors le président Macron pourrait décider d'une révision constitutionnelle qui lui permettrait d'envisager un troisième mandat, d'autant que la défaite inéluctable de Poutine desservira et le RN et la LFI, et que les partis républicains n'auront sans doute pas plus qu'en 2022 de candidats crédibles à présenter.

4.
Les entreprises occidentales qui continuent de travailler en Russie, alors que la défaite de Poutine est désormais inéluctable et que l'économie russe rentre dans une zone critique, vous rendez-vous compte que la reconstruction de l'Ukraine pourrait se passer de vous ?

5.
11 juillet 2023. On évoque des incursions ukrainiennes à Bakhmut et la reprise de contrôle des hauteurs dominant la ville. Il semble donc que les forces russes qui y combattent ne pourront plus maintenant progresser vers l'ouest.

6.
Il est possible que l'endettement/investissement du pays voulu par Macron, et qui sera décidé sans doute dans d'autres pays européens, obligera à une mutualisation des dettes et à une concentration supranationale dans bien des secteurs d'activités.

Cette mutualisation des dettes ne pourra sans doute se faire que dans le cadre d'une fédéralisation des Etats. Il faut donc s'attendre à ce que les partis d'opposition situés aux extrêmes soient de plus en plus âpres dans leurs critiques de la construction européenne.

Cette fédéralisation se fera pour des nécessités économiques et militaires (la sale guerre de Poutine en Ukraine n'a pas seulement renforcé l'OTAN mais aussi l'UE ; c'est sans doute ce qu'avec la plus grande attention observe la puissante Chine).

Cette Europe de plus en plus supranationale, et à terme fédérale, sera suivie d'un enrichissement des grands groupes industriels et d'un renforcement des marchés de l'est et du sud. Elle sera suivie d'un nivellement culturel par le bas (anglicisation des langues, pertes progressives de traits spécifiques, fin des exceptions culturelles...), d'un contrôle accru des populations (reconnaissance faciale, généralisation de la surveillance des réseaux informatiques, fichage systématisé, lois d’exception, garde (supra)nationale, etc...), et de la constitution d'une oligarchie sur le modèle des dynasties d'affaires américaines.

Le monde de demain sera un mélange du « Meilleur des mondes » et de « 1984 », ou de « 1984 » tout court, si l'Ouest se retrouve dans une guerre permanente et sans fin avec une éventuelle Eurasie et un Sud divisé.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 juillet 2023.

 

9 juillet 2023

POURQUOI POUTINE A DE TOUTE FAÇON PERDU SA SALE GUERRE

POURQUOI POUTINE A DE TOUTE FAÇON PERDU SA SALE GUERRE

1.
7 juillet 2023. Un seul euro reste à plus de 100 roubles. La monnaie russe est une fiction. Vrai que certains pro-Poutine français s'en fichent, vu qu'ils sont payés pour leur traîtrise en dollars sur des comptes numérotés en Suisse ou autre paradis fiscal, voire même en Russie.

2.
On ne peut pas comparer les négociations entre l'IRA et le Royaume-Uni et les négociations éventuelles entre l'Ukraine et la Russie de Poutine. Le Royaume-Uni est une démocratie.

3.
Les USA ont décidé de livrer des bombes à sous-munitions à l’Ukraine. Cela semblerait étrange si l’on considère que les USA disposent de bien d’autres armements moins discutables. Je comprends cette décision comme une piqûre de rappel à la Russie : quelles que soient les armes que vous décidez d’utiliser (et les Russes utilisent les bombes à sous-munitions), les USA, l’OTAN et l’Ukraine s’estiment le droit d’utiliser les mêmes armes.

De fait, les bombes à sous-munitions larguées sur les champs de mines russes pourraient faire exploser les mines et permettre aux troupes ukrainiennes de percer.

Soudainement, voilà que l’on reparle de l’opération Prato.
Je garde en mémoire les étonnants témoignages des habitants de l’île de la Grenade sur l’armement des forces américaines lorsqu’elles y débarquèrent.

On dit communément que les USA ont en matière d’armement 15 ans d’avance sur le reste du monde. Mais chaque avancée technologique étant suivie d’applications de plus en plus rapidement mises en œuvre, je pense qu’il vaut mieux compter sur 30 ans d’avance.

Je crois que nous n’avons aucune idée de l’avancée réelle des technologies militaires américaines et je pense que ces avancées, si nous les connaissions, nous sidéreraient.

Je pense que la Russie et la Chine le savent parfaitement. En conséquence, je ne suis pas très loin de penser que le conflit russo-ukrainien est géré par des lignes rouges discrètement négociées entre ces trois puissances. Poutine ne pourrait gagner qu’en ne dépassant pas certaines limites fixées par les USA et la Chine. Aussi ne peut-il gagner. Et s’il tente de franchir certaines lignes rouges, le prix à payer serait sans doute exorbitant, et la défaite plus amère encore.  

En clair, c’est dès les premiers jours que Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine. Il a cru, sans doute sur la foi de rapports biaisés remis par ses services de renseignement, que les Ukrainiens ne résisteraient pas. Les Ukrainiens, soutenus par les USA, la Triade et l’OTAN résistent et contre-attaquent. Poutine a perdu.

4.
1 rouble à 1 centime d’euro signifie que la Russie brade son pétrole et son gaz, que les produits occidentaux deviennent inaccessibles pour bon nombre de Russes. Cela s’explique par le coût très élevé de la sale guerre de Poutine en Ukraine, par l’ensablement des bénéfices commerciaux de la Russie dans les aides d’urgence et la corruption, et aussi par le peu de crédit que désormais l’on accorde à la monnaie russe et aux chances de Poutine de gagner.

Rappel : la monnaie ne manquait pas dans les pays du bloc soviétique. Les coffres étaient pleins de billets. C’étaient les marchandises qui manquaient. Les gens ne pouvaient rien acheter.

5.
Une partie du monde (le fameux « Sud global » qui n’existe que dans les éléments de langage à Macron) n’est pas favorable à l’Occident et ce n’est pas nouveau, et je ne crois pas que ce « Sud global » soit si favorable à Poutine (je le crois plus méfiant qu’on le dit). Les problèmes sont plus liés à la surpopulation, au partage des richesses, aux problèmes de développement et de stabilité politique (problèmes récurrents donc) qu’à la personnalité trouble ou au « charisme » de Poutine.

Les pays les moins développés rentreront soit dans la sphère d’influence occidentale, soit dans l’escarcelle de la Chine. Une partie restera même chasse gardée par la Russie (grâce à Wagner je suppose). Il y aura des conflits locaux, entretenus par les grandes puissances, les mafieux de tout bord, les marchands de canons, les identitaires et les djihadistes. Bref, la paix du Monde n’est pas pour demain.

Il n’y a pas de Sud global ; il n’y a pas d’Occident collectif ; il n’y a pas d’Eurasie politique. Ce sont juste des éléments de langage pondus par des technocrates et des idéologues. Il y a avant tout des Etats qui défendent leurs intérêts. Et il se trouve que les intérêts de la France sont plus près des intérêts de l’UE, des Etats-Unis et de l’Ukraine que des intérêts de Poutine et de la Chine.

6.
Politique, que crois-tu que je pense ? Né dans un milieu modeste, et même en travaillant, ayant bien du mal à vivre correctement, quand je vois tes Benalla, Blanquer, Schiappa s'en mettre plein les poches en faisant n'importe quoi, vois-tu, politique, j'ai envie de vomir. Et n'essaie pas de me culpabiliser, ça pourrait très mal finir, sinon pour toi, du moins pour tes guignols.

7.
Les gens comme ma pomme, buveurs, fumeurs, grandes gueules, grands seigneurs quand ils ont des sous, têtes basses quand ils n'ont plus, le monde moderne n'en veut plus. Condamnés par l'efficacité qu'on est. Culpabilisés par le nouveau monde à Macron, bien plus pourri que nous, parce qu'infiniment plus puissant.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juillet 2023.

27 juin 2023

IL FAUDRAIT QUAND MÊME DIRE A MACRON QU'EN MATIERE D'ENSEIGNEMENT IL N'Y CONNAIT RIEN

IL FAUDRAIT QUAND MÊME DIRE A MACRON QU'EN MATIERE D'ENSEIGNEMENT IL N'Y CONNAIT RIEN 

1.
Un lycée en fin de journée. Je croise dans le hall une de mes élèves. « Bonjour, monsieur ». Je la salue à mon tour et m'avise que cette élève, pas toujours facile et décrite par un de mes collègues comme « vulgaire » et indisciplinée, tient la main, et avec précaution, d'une toute jeune fille maigre, les cheveux rasés, de grands yeux. Les enseignants ne savent rien. Ils jugent sans connaître.

Cette chose vue m'est revenue alors que je venais de finir la lecture du dernier acte de « La Machine infernale », de Cocteau, le moment où Antigone prétend guider Œdipe aveuglé (« Je te conduirai. Je te dirigerai... »). La littérature est-elle une machine à remuer le passé ?

2.
Un lycée privé qui expérimente la « classe heureuse ». Déjà, en soi, on se demande ce que ça peut bien vouloir dire. Donc, on lit la fiche descriptive, et là, on tombe sur des expressions genre : « mise en place de rituels pour apprendre à être en conscience dans le moment présent », « sophrologie », « explorer sa dimension intérieure », « équipe pédagogique formée pour accompagner les élèves à explorer les dimensions de leur intériorité ».

La lecture de ce charabia pose la question de l'emprise et de la manipulation mentale, de la fameuse « pleine conscience » à la Christophe André et autres balivernes, qui ont quand même un petit arrière-goût de dérive sectaire (entrisme?), balivernes que Blanquer avait failli laisser expérimenter dans le public (il s'en est fallu de peu, si je me souviens bien) et on se dit qu'on est loin, très loin, de plus en plus loin du but d'un lycée : préparer les élèves à un métier et à d'éventuelles études supérieures.

Y a un article sur le site ledauphine.com avec une photo sur laquelle des enseignants (on peut supposer que ce sont des enseignants, mais j'ai des doutes) font les guignols, bras ouverts et tronches faussement enthousiastes sur le mode « Venez, qu'est ce qu'on va être heureux, tous ensemble dans la classe ». Nul. Démagogique. Racoleur. Hypocrite. Louche.

3.
D'après le site « Le Parisien » du 26 juin 2023, le président Macron envisagerait sans rire un collège ouvert de 8 heures à 18 heures dans l'ensemble des quartiers dits « d'éducation prioritaire » de France.

Outre que l'institution du collège n'a pas vocation à être une garderie, on peut s'interroger sur le financement d'une telle mesure qui obligerait l'éducation nationale à recruter du personnel supplémentaire (enseignants, surveillants, cadres divers...), alors même que la crise des vocations continue de s'aggraver et que le Pacte à Pap Ndiaye ne semble pour l'instant (loin de là) être un succès.

Le problème de Macron, c'est qu'il veut s'occuper de tout tout seul (ou quasi) et que dans bien des domaines, notamment en ce qui concerne l'enseignement, il n'y connaît visiblement rien.

4.
Il semble que le but du président Macron est d'accroître l'endettement du pays (d'où, me semble-t-il, des promesses parfois inconsidérées et un peu tout azimut). Pourquoi ? La réponse a déjà été donnée par Sarkozy alors qu'il était lui-même président : endetter par l'investissement, c'est aussi endetter les Français et donc les obliger à terme à travailler et produire plus et plus longtemps (d'où des économies prévues dans les aides sociales et la baisse de certains remboursements ; d'où un recours au secteur privé, au besoin à coups de subventions massives comme on le voit avec la relance de l'apprentissage).

Le président Macron sait très bien que la France n'a pas la puissance de production et d'innovation des Etats-Unis et qu'en conséquence, une politique d'endettement continu est dangereuse, sauf qu'il n'a probablement pas renoncé (même s'il n'en parle plus guère publiquement) à la fédéralisation de l'UE et donc à une mutualisation des dettes et à un accroissement des capacités de production et d'innovation d'un Etat France bénéficiant d'une gouvernance supranationale qui lui serait dès lors favorable.

C'est une des raisons qui m'incline à penser que le président Macron pourrait tenter le coup d'une réforme des institutions qui lui permettrait d'accomplir un troisième mandat.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 juin 2023.

25 juin 2023

24 JUIN 2023 REBELLION AVORTEE DE PRIGOJINE

24 JUIN 2023 REBELLION AVORTEE DE PRIGOJINE
FAIBLESSE ET MENSONGES DE POUTINE

1.
24 juin 2023. Incendie d'un dépôt de carburant à Voronej : la ville serait-elle sur le point de tomber aux mains de Wagner et l'armée russe a-t-elle détruit ce dépôt pour éviter que les rebelles s'en emparent ? Les incidents se multiplient et semblent indiquer qu'il y a bien une rébellion menée par Prigojine contre Poutine.

2.
Si Poutine chute, certains financements de réseaux pro-russes en Europe pourraient se tarir. Des personnalités assez troubles pourraient même disparaître. Doit y avoir quelques collabos qui ne doivent pas dormir tranquilles, et même de vérifier la réversibilité de leur veste.

3.
Les pays affiliés aux BRICS sont-ils si unis que ça et prêts à aider Poutine à se sortir du bourbier dans lequel il s'est fourré ? Je pense qu'en matière de « coups de couteau dans le dos », comme il dit lui-même, Poutine n'est pas au bout de ses surprises.

4.
24 juin 2023.19 heures 50. Surprise. Prigojine, après, semble-t-il, avoir discuté avec Lukachenko, aurait donné l'ordre à ses troupes de rentrer dans leurs bases. Aurait-il reçu l'assurance que Wagner conserverait son autonomie et que ses comptes seraient de nouveau alimentés ?

5.
Apparente fin de la rébellion de Prigojine. Comment maintenant va réagir Poutine ? Cherchera-t-il à se venger ? Quel sera l'avenir des incompétents Choïgou et Guerassimov ? Les ultra-nationalistes ont-ils avancé leurs pions. En tout cas, il semble bien que la possible négociation Prigojine-Lukachenko explique pourquoi, dans la journée du 24 juin, les forces russes auraient laissé progresser les forces de Wagner vers Moscou. Il y aurait eu « trêve » durant les négociations.

6.
Prigojine devrait revoir la série des « Parrain », de Coppola. Dans la mafia, à chaque fois qu'un lieutenant a tenté de défier le parrain, ça se finit toujours mal pour l'effronté. Poutine n'oubliera jamais l'affront que Prigojine lui a infligé.

Poutine peut-il se le permettre ? Peut-il laisser le chef d'une milice privée lui faire la leçon et imposer ses conditions sans passer pour un faible ?

7.
Si Prigojine a obtenu satisfaction et que les disgrâces de Choïgou et de Guerassimov sont confirmées, outre qu'il est difficile d'imaginer Poutine se laisser dicter sa conduite par le chef d'une milice privée, est-il possible qu'à la tête de l'état-major russe soient nommés des ultra-nationalistes jusqu'au-boutistes et que se multiplient les risques d'une contamination du conflit russo-ukrainien à l'ensemble de l'Europe ?

8.
Dimanche 25 juin 2023. Gueule de bois. On a été beaucoup à y croire - ô naïfs nous sommes – à la rébellion de Prigojine soi-disant « prêt à mourir » pour libérer la Russie. M'étonnerait pas que le Prigojine, ce matin, dans sa salle de bain, il l'ait chantée, la version russe de la ritournelle à Balavoine :

« Je ne suis pas un héros
Mes faux pas me collent à la peau
Je ne suis pas un héros
Faut pas croire ce que disent les journaux ».

Ceci dit, en prélude à sa « rébellion », Prigojine a quand même déclaré au monde entier que les prétextes officiels de la sale guerre de Poutine en Ukraine n'étaient que craques et mensonges. Le seul but de la sale guerre de Poutine en Ukraine, c'est la rapacité et la corruption des mafieux et oligarques russes, il a dit Prigojine. Il est donc clair maintenant que Poutine, Lavrov, Peskov, Medvedev et leurs sbires, pour justifier les exactions de l'armée russe en Ukraine, mentent comme des voyous des bas quartiers et savent parfaitement qu'ils mentent.

9.
Il y a une différence entre Prigojine et Poutine, c'est que Prigojine ne se la raconte pas. Il sait à quoi s'en tenir sur son propre compte : c'est un mafieux et il assume ; un menteur, un voleur, un assassin et il assume, cependant que Poutine, Lavrov, Peskov, Medvedev and Co ne cessent de s'inventer des prétextes et des soi-disant raisons d'Etat pour justifier leurs saloperies.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juin 2023.

 

24 juin 2023

PRIGOJINE CONTRE POUTINE APRES LA PESTE LE CHOLERA ?

PRIGOJINE CONTRE POUTINE APRES LA PESTE LE CHOLERA ?

1.
Les événements se précipiteraient donc en Russie. Après avoir dénoncé les mensonges de l'armée russe et de l'appareil d'Etat sur les causes et les buts de l'invasion de l'Ukraine, Prigojine et ses Wagner seraient passés à l'action et se dirigeraient vers Moscou.

Prigojine agit-il avec l'accord de Poutine ? Prigojine rappellerait-il au monde que pirates, corsaires, corps francs, soldats de fortune et mercenaires ont eux aussi leur morale ? (est-il un nouveau Bob Denard?) La Russie va-t-elle basculer dans la guerre civile ?

Après avoir perdu tant d'hommes dans le hachoir de Bakhmut, (et il semble que cela l'a personnellement affecté), de voir l'armée russe incapable de contrôler un champ de ruines a pu pousser Prigojine à réfléchir sur l'imbécillité d'une guerre inéluctablement perdue.

2.
On sait qu'un certain nombre d'officiers de l'armée russe soit sont opposés depuis le début à la sale guerre de Poutine en Ukraine, soit opposés à l'Etat-major de Choïgou. Une partie de l'armée russe va-t-elle se rebeller et s'allier avec Prigojine pour renverser le pouvoir central ? La Russie est-elle à la veille d'un coup d'Etat ?

3.
Une mafia ne peut absolument pas se permettre le luxe de l'incompétence. L'incompétence de Choïgou est légendaire (dit-on).

4.
La reprise d'un effritement très net du rouble annonçait une situation instable en Russie. 1 euro = plus de 90 euros depuis deux semaines et 1 dollar plus de 80 roubles. Si la chute du rouble se poursuit, inéluctablement, l'économie russe s'effondrera.

5.
Tu paries combien que le Macron s'est déjà renseigné sur les moyens de contacter Prigojine directement en vue de au cas où que ça serait utile de lui proposer une résilience quelconque, voire un pacte politico-financier basé sur un socle de valeurs à choisir dans la liste.

6.
Ce qui se passe en Russie prouve une fois de plus que Poutine ne peut pas gagner contre l'Occident. Beaucoup de commentateurs disent depuis longtemps que le pouvoir russe pourrait imploser. Plus que jamais, il faut soutenir l'Ukraine. Le serpent est dans le jardin de Poutine.

7.
Va-t-on passer de la peste Poutine au choléra Prigojine ? Ou Prigojine pourrait-il entamer des négociations sérieuses avec l'Ukraine ? Encore faudrait-il que Prigojine sorte vivant de cette aventure et qu'une partie de l'armée russe l'aide à renverser le pouvoir central.

8.
Ce qui se passe en Russie illustre une nouvelle fois que le droit naturel du plus fort, comme tout droit prétendument naturel d'ailleurs, est une fiction. Poutine se croit « naturellement » le plus fort mais que plus fort que lui s'oppose et le voilà remis en question. Ceci dit, rien ne prouve que Prigojine soit en mesure de renverser le pouvoir central.

9.
Si Poutine tombe, les pro-Poutine de nos démocraties (c'est-à-dire les collabos qui profitent des avantages de la démocratie libérale, et certains en vivent même très bien, tout en souhaitant leur fin) vont l'avoir dans l'os. C'est réjouissant. #Mariani #MarineLePen #Zemmour

10.
Reste l'hypothèse machiavélique. Poutine et Prigojine feindraient un début de putsch. Poutine déclarerait que la Russie serait maintenant directement menacée par « l'Occident collectif », décrèterait la patrie en danger, et lancerait un ultimatum /chantage au nucléaire à l'OTAN.

11.
Dans un bel effort de transparence, Prigojine a dénoncé les mensonges de l'appareil d'Etat russe sur les causes et les buts de l'invasion de l'Ukraine : non, il ne s'agissait pas pour Poutine de « libérer » le Donbass et de « dénazifier » (quelle blague!) il s'agissait de mettre main basse sur l'Ukraine et de la dépouiller, de s'en partager les richesses entre oligarques et mafieux divers.

Le 24 juin 2023, Prigojine affirme que les pertes de l'armée russe se monteraient à près de 1000 personnels hors de combat par jour. Enorme. Rappelons-le : l'OTAN ne peut pas perdre. Songez que les Etats-Unis ne fournissent même pas leur armement le plus moderne aux forces ukrainiennes et qu'ils gardent le secret le plus absolu sur leurs avancées technologiques. Poutine ne peut pas gagner. Poutine ne gagnera pas. Poutine est perdu.

12.
Lorsque Choïgou a annoncé que les mercenaires de Wagner auraient jusqu'au 1er juillet pour rentrer dans les rangs de l'armée russe, obligeant ainsi Prigojine à prêter allégeance et à renoncer à son leadership, on prête à Prigojine ce mot : « Choïgou a dit le 1er juillet, mais il n'a pas précisé de quelle année. »

13.
Il est évident que les Wagner de Prigojine ne peuvent à eux seuls renverser le pouvoir central. Prigojine a-t-il des assurances de ralliement d'une partie de l'armée russe ? Compte-t-il sur un soulèvement de la population ? Sur une révolution de palais ? Ou tente-t-il un coup de poker désespéré ?

14.
Etant donnée l'importance des Intérêts financiers et politiques en jeu, que vont faire les personnels de Wagner basés en Afrique ? A qui vont-ils désormais obéir ? Aux injonctions des commissaires politiques de Poutine ou à leurs cadres fidèles à Prigojine ?

15.
La rébellion de Prigojine et de ses Wagner est-elle une conséquence inattendue, ou vaguement espérée, de la contre-offensive ukrainienne ? Ou au contraire, cette rébellion, quelle qu'en soit l'issue, sera-t-elle suivie en Russie d'un renforcement des jusqu’au-boutistes ultra-nationalistes ?

Patrice Houzeau
Malo, le 24 juin 2023.

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