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blanquer
23 avril 2021

BREVE CHRONIQUE PAS CONTENTE DU 22 AVRIL 2021

BREVE CHRONIQUE PAS CONTENTE DU 22 AVRIL 2021

1.
En faisant appel au volontariat des enseignants pour faire passer des tests salivaires, Blanquer reconnaîtrait donc le manque d’infirmières scolaires. Il est vrai que plutôt que de prévoir l’essentiel, Blanquer a préféré claquer l’argent du ministère à sa sotte réforme.
Sans compter le « pognon de dingue » claqué par Blanquer dans son « Conseil Scientifique (sic) de l’Education », dans son étrange Grenelle « apprenant », dans ses pitoyables tentatives d’entrisme LREM (syndicats bidons de lycéens, d’étudiants, d’enseignants,…)
J’ajoute ceci : ce n’est pas aux enseignants de voler au secours d’une administration imprévoyante et d’un ministre dont nous ne voulons plus.

Malgré des taux d’incidence élevés, la menace de nouveaux variants, des hôpitaux surchargés, Blanquer et Vidal maintiennent l’ouverture des établissements scolaires et la tenue risquée de certains examens. La question se pose : cherchent-t-ils l’épreuve de force ?

2.
Ces gens qui critiquent Marlène Schiappa et les Etats Généraux de la Laïcité, ces gens qui refusent de dire que l’islamisme gangrène nos démocraties, ces gens qui parfois subventionnent des projets menés par des associations douteuses, ces gens se rendent-ils compte qu’ils crachent sur les victimes du Bataclan et la mémoire de Cabu, de Wolinski, de Charb ?

Ceux qui sous-entendent que ce sont les opposants au communautarisme islamiste qui sont en fait responsables des attentats contre Charlie Hebdo et le Bataclan oseraient-ils dire sans rougir que ce sont les résistants anti-nazis qui sont responsables de la shoah ?

3.
Non, décidément non, l’écriture inclusive et les réunions non-mixtes ne sont pas des droits de l’homme contestés, ce sont des ridicules, des épiphénomènes qui disparaîtront comme ils sont venus, au gré des modes en vogue dans les universités.

En assimilant tous ceux qui ne pensent pas comme eux à l’extrême-droite, certains à gauche, d’autres chez les écolos, peuvent être certains d’une chose : ils préparent eux-mêmes leur défaite aux élections.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 avril 2021

 

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21 avril 2021

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

1.
« Là, j’évitai les détails. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou se rendant compte de son erreur. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval Pâle »)

« Là, j’évitai les détails [dans lesquels, comme on sait, se cache le Diable que plus vous y zieutez, dans le détail, plus il vous la tire, le Diable, et longue longue longuement]. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou [ah ça, souvent que quand on est jeune, on est un peu tout fou, voire carrément barré, et puis, en général, ça passe avec le temps et l’on passe de jeune fou à vieux con] se rendant compte de son erreur [qu’on passe son temps à en faire des erreurs, que l’humanité, c’est l’infini des erreurs, horreurs, errances avec de bons apôtres genre Michel Serres (RIP), Albert Jacquard (RIP), Philippe Meirieu, Emmanuel Macron, socialos, libéraux, gauchos, cocos, fachos, crypto-cocos, néo-fachos, écolos, philosophiques zozos, prétentieux pédagos, etceteri etcetero qui vous font la morale que moi, du coup, j’préfère écouter « Orphée aux Enfers », d’Offenbach ou les ritournelles des Charlots].

2.
« J’ose à peine regarder la divine mascarade »
(Apollinaire)

« J’ose à peine regarder » [Moi, ça me fait pareil quand mes yeux tombent dans un film d’horreur avec du gore dedans qu’on dirait une réforme à Blanquer] la divine mascarade » [ce qui me fait penser à « La Valse des Masques », le tube qui tue du printemps 2020 à Manu Jupiter, accompagné du Jean-Mich’ Blanquer, the king of the pipeau].

3.
« Oiseau tranquille au vol inverse oiseau
Qui nidifie en l’air
A la limite où notre sol brille déjà »
(Apollinaire, « Cortège »)

« Oiseau tranquille » [Ça existe-t-y des zoziaux tranquilles ? Ah, être tranquille comme un oiseau qui fume sa pipe en lisant le journal pendant qu’le monde pédale dans le virus et l’islamisme galopant] au vol inverse [cékoi comme oiseau qui fait dans le « vol inverse » ? Ce s’rait-y le politique palmé des altitudes ?] ]oiseau [ça fait écho]
Qui nidifie en l’air [ça s’confirme que c’est le palmé des altitudes, çui qui est « en même temps », qui a d’la « pensée complexe » plein le bec et la cervelle plumée qui va avec]
A la limite où notre sol brille déjà [Ça me fait penser à ce strip des « Déboussolés » de Watch (dans le Spirou des années 70) où l’on voit un bonhomme tout chelou avec un drôle de petit chapeau déclamant : « O soleil couchant Pareil à une tarte au froment »] pis qui s’en retourne avec des yeux vagues et repus pis dans le désert pendant qu’une sorte de coyote de derrière les collines perdues lui jette à la tête un énorme dictionnaire de rimes que la dernière case du strip est basée sur le mouvement arrêté dans l’air du gros volume à quelques mètres de la tête du zig rimailleur, lequel ne se doute de rien vu que qu’c’est dans son dos qu’il arrive, le choc].

4.
« Entre les sandales de plastique
Que son père appelait des méduses
Glissaient des ombres égocentriques ;
Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. »
(Michel Houellebecq)

« Entre les sandales de plastique » [kicéty qui ritournellait « Le plastique, c’est fantastique », c’était bien laid quand même]
« Que son père » [chaipas qui c’est son père ; forcé, je pense que c’est le père d’une fille. Pourquoi, je sais pas. Peut-être parce que défois, on se demande à quoi ils ressemblent les pères des filles qu’on trouve jolies. C’est idiot et psychanalytique] appelait des méduses [ces têtes tranchées qui planent dans les flots et qui parfois foudroient]
« Glissaient des ombres égocentriques ; » [le monde, cette somme de nombrils interconnectés]
« Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. » [les humains quoi, ces perspicaces périssables]

5.
« Plus tard dans un bal champêtre
Les couples mains sur les épaules
Dansèrent au son aigre des cithares »
(Apollinaire, « la maison des morts »)

« Plus tard, dans un bal champêtre » [ah ça va guincher donc chez les vivants et les morts]
« Les couples mains sur les épaules » [ça me rappelle ce bal étrange du film « Un Soir, un train » de André Delvaux, où, dans cet instant qui sépare la vie du néant, yeux dans les yeux, mains sur les épaules, les couples tournent et dansent sur une java d’ailleurs (ou un tango de Barbarie peut-être)]
« Dansèrent au son aigre des cithares » [chez les vivants et les morts, c’est pas l’accordéon qui mène le bal, c’est le « son aigre des cithares », qui relève du folklore d’Autriche, de Hongrie ou de la Suisse, que moi j’en sais rien, j’apprends ça sur Wikichaitou, que le « son aigre », j’en sais rien que j’aime bien le rythme qu’il a le vers : « Dansè/rent (/) au son aigre / des cithares » qu’on l’entend bien le pincement du « r » là] 

6.
« Les morts avaient choisi les vivantes
Et les vivants
Des mortes
Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

« Les morts avaient choisi les vivantes » [« Les Zombies aiment la chair fraîche » film de série Z (comme dans zombie et film de zob aussi, que chaipas s’il existe, ce nanar mais que ça ne m’étonnerait point, que ça me fait penser que j’ai toujours trouvé « La Nuit des morts-vivants » de Romero ennuyeux comme la mort ; je préfère les formidables « Suspiria » et « Le Fantôme de l’Opéra » de Dario Argento]
« Et les vivants
Des mortes » [vous remarquerez qu’il y a chiasme pour le signifier, l’entrelacs des deux mondes]
« Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme » [dans ce lieu où morts et vivants se rencontrent, le réel paraît moins réel que le revenant ; l’autre monde contamine l’ici et maintenant].

7.
Dans le film « Le Cinquième Elément » de Luc Besson, n’est-ce pas que l’actrice qui joue le rôle de Lilou est superbe ? Son nom d’actrice est Milla Jovovich, et elle interpréta aussi Jeanne d’Arc, aussi de Luc Besson.

8.
« Je restai silencieux, quelques instants, retrouvant le passé. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval pâle »)

« Je restai silencieux [défois i faut], quelques instants [au moins], retrouvant le passé » [ah ça, quand le passé vous revient tourner les tables dans la tête, parfois, on ne pense même plus à gazouiller, on s’laisse envahir par des images anciennes, parfums fantômes et sons spectraux ; ceci dit, « Restant silencieux, retrouvant le passé », c’est un alexandrin].

9.
« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent : de mort, nulles nouvelles. Tout cela est beau ; mais aussi quand elle arrive, ou à eux, ou à leurs femmes, enfants et amis, les surprenant en dessoude et à découvert, quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accable ! » (Montaigne)

« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent » [comme i vous dit le monde, Montaigne, un ballet, un incessant va-et-vient, les autres] : de mort, nulles nouvelles [c’est vrai qu’on n’peut pas toujours penser à la mort, que c’en est même une morale, ça, de vivre, de persister malgré la mort, de sourire ; de rire, et de pas trop l’évoquer, la mort, défois qu’elle se pointerait illico, avec sa tête de trader branché]. Tout cela est beau [ironie ?] mais aussi quand elle arrive [tiens, qu’est-ce que je vous disais] ou à eux [couic], ou à leurs femmes [bis-couic], enfants et amis [ter-couic], les surprenant en dessoude ou à découvert [faut-il comprendre à l’improviste ?] quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accablent [y a rien d’plus rageant que de trépasser alors que l’on ne s’y attendait pas : tous les revenants vous le diront.]

10.
« Les passants égarés sont bizarrement verts ;
Au fond de l’autobus je sens craquer mes veines. »
(Michel Houellebecq, « Jim »)

« Les passants égarés [je me demande comment le narrateur sait qu’ils sont tout égarés, les passants – tiens, un passant qui passe, avec ses drames et ses morts, et ses projets et ses échecs] sont bizarrement verts » [c’est-y que le narrateur serait sur une planète d’hommes-plantes, d’artichauts marcheurs, des pt’tits verts, des p’tits gris, des p’tits verts-de-gris, (oui oui, défois, j’ai le lutin de ma tête, il chante) ;
« Au fond de l’autobus [donc le narrateur narrate du fond d’un autobus et voit passer de verts passants] je sens craquer mes veines » [ça sonne, chaipas si le narrateur est en manque ou quoi, mais ça sonne].

11.
« Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J’écoutais cette nuit au déclin de l’été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre »
(Apollinaire, « Le voyageur »)

« Les cyprès [d’après internet, un cyprès peut atteindre 25 mètres de haut et vivre cinq cent ans, autant dire un géant, un mythique, un mythologique même, l’arbre des morts] projetaient sous la lune leurs ombres » [ça devait l’faire, dans le genre effet funèbre]
« J’écoutais cette nuit au déclin de l’été » [quand on ne dort pas la nuit, on l’écoute, la nuit, puis tous les bruits mystérieux des êtres et esprits qui passent dans l’tout ça que moi j’sais pas, la nuit, moi, je dors]
« Un oiseau langoureux [koikcé comme genre, s’te mélancolique coucou ?] et toujours irrité » [pas seulement mélancolique, l’zoizeau, l’est aussi « irrité » que je pense à l’engoulevent qui crassotte, crécelle et crisse et crosse et crusse pis quand il tousse, c’est qu’il a trop fumé d’craven A.]
« Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre » [avant qu’les humains s’mettent à philosopher sur les fleuves, il y avait des fleuves, et quand les humains auront avalé toute leur philosophie et le bulletin de naissance de leur espèce, y aura encore des fleuves, « larges et sombres » comme un mystère, une force, un monde entre deux mondes].

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2021

19 avril 2021

CE QUE NOS MORTS

CE QUE NOS MORTS

1.
« Ils n’avaient pas oublié la danse
Ces morts et ces mortes
On buvait aussi
Et de temps à autre une cloche
Annonçait qu’un nouveau tonneau
Allait être mis en perce »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

Ils n’avaient pas oublié la danse [et du coup ils agitèrent leurs chairs retrouvées sur leurs squelettes]
Ces morts et ces mortes [y en avaient qu’on ne connaissait pas ; ils venaient des temps avec de drôles de langues]
On buvait aussi [avec de vieux blues genre « One bourbon, one scotch, one beer » interprétés par des inspirés du Grateful Dead ; on buvait aussi ; on valsa macabre]
Et de temps à autre [c’est qu’ils avaient retrouvé le cours du temps, les surgis du néant là] une cloche [à chaque fois que j’entends le mot cloche, le son d’la cloche me tinte dans la paix d’ma tête ; ça doit être ça, la fameuse « petite musique » de l’écriture]
Annonçait qu’un nouveau tonneau [glouglou]
Allait être mis en perce » [un chat passa dans le décor, mais il ne resta pas longtemps : des barbus le chassèrent à grands cris d’épouvantail].
(d’après Apollinaire)

2.
Ce fut le 19 avril 2021 que j’entendis ces mots prononcés par le candidat Macron : « Je me bats pour le droit à la vie paisible », et me suis demandé si cette « vie paisible » allait servir de base à la campagne de La République en Marche. Après un quinquennat si tumultueux (troubles et Gilets Jaunes) et si hasardeux (covid et variants), « la vie paisible » à Macron sonnait comme une ironie, voire un vœu pieux.

3.
« Je vous attendrai
Toute votre vie
Répondait la morte »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

« Je vous attendrai [vous peut-être, mais pas moi ; j’ai plus trop le temps, puis plus trop envie ; allez sourire ailleurs]
Toute votre vie [ce qui passe si lentement au départ et qui, au fur et à mesure qu’on qu’ça file de plus en plus vite comme la corde d’une poulie qui finit par vous lâcher dans le puits]
Répondait la morte » [que les morts répondent, tous les enquêteurs, médecins légistes, historiens, spirites et cinéphiles vous le confirmeront,  et nous ne faisons que répéter que ce que nos morts nous ont dit].

4.
Je me demande ce que donne l’expérimentation de l’ouverture des BTS aux Bac Pro. A mon avis, dans bien des filières, c’est l’échec et prévisible casse-pipe. Ça vient de la réforme Peillon/Hamon/Belkacem, j’crois bien, cette ânerie. Blanquer a laissé faire. Tant pis pour lui.
La solution, pour les Bac Pro, serait sans doute le BTS en alternance. En attendant, que de temps perdu et d’argent jeté par les fenêtres du ministère.

5.
« Par interdiction impériale, je ne peux pas utiliser mes techniques. Malheureusement, mon école est fermée et je suis en plein confinement », dit un personnage de « Beast of East 2 » de Akihiro Yamada.

« Par interdiction impériale, [l’interdit nous gouverne, nous préside, nous gère ; souvent qu’il fascine, l’interdit, qu’ça en dérape souvent dans le social] je ne peux pas utiliser mes techniques [le réel est plein de machineries obscures qui la font tourner, la machine d’l’occident ; ça fait des morts sur la planète, et en définitive, désordres, troubles et n’importe quoi se multiplient jusque dans nos campagnes ; c’est qu’elles sont de plus en plus compliquées, les règles du jeu, et nos politiques, même les plus fûtés, semblent de bien piètres joueurs face à la complication]. Malheureusement, mon école est fermée [en ce moment, la mienne aussi] et je suis en plein confinement » [nous autres aussi] dit un personnage de l’excellent « Beast of East 2 » de Akihiro Yamada [heureusement que c’est de la fiction, dis, défois qu’on croirait qu’c’est vrai)].

6.
La religion, c’est de la nostalgie. Lorsque cette nostalgie des ailleurs perdus nourrit un programme politique, la démocratie est en danger.

Patrice Houzeau

Malo, le 19 avril 2021.

17 avril 2021

L'INFINI LA FRITE ET LA MAYONNAISE

L’INFINI LA FRITE ET LA MAYONNAISE

« Que l’homme, étant revenu à soi, considère ce qu’il est au prix de ce qui est ; qu’il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature ; et que, de ce petit cachot où il se trouve logé, j’entends l’univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même son juste prix. Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? » (Pascal)

1.
D’abord il y a d’la contemplation, que c’est quand on regarde le réel avec des yeux de j’y crois pas c’est trop ou bien j’y crois et c’est trop ou bien qu’on contemple avec un bzzzzz dans la passoire à idées passqu’en fait on s’endort.

2.
Puis il y a la nature entière que c’est une idée qu’on peut pas la voir en entier la nature entière, qu’on s’en fait une idée comme j’me fais l’idée que dans une boîte de haricots y a des haricots et que peut-être, les haricots i s’mettent juste à exister que quand je l’ouvre.

3.
Pour bien contempler faut pas faire attention à ce qui nous environne cercle cerne du moment qu’c’est pas un train qui nous fonce dessus ou une brique qui tombe du ciel à la dernière case parce qu’on est le Krazy Kat de Herriman.

Pour bien contempler, on prendra donc bien soin de donner un coup de balai dans les yeux de sa tête afin d’y envoyer paître ailleurs les sots lutins qui font rien qu’à nous raconter des sottises dans la tête toute la journée. Défois, i zont la tête à Blanquer, mais ça c’est parce que vous l’aimez pas.

4.
« Qui se considérera de la sorte s’effraiera de soi-même »
(Pascal)
« s’effrayer de soi-même » : ça c’est quand on réfléchit à tous ses possibles puis qu’on se rend compte que. Défois, ça peut effrayer.

5.
Que le bipède, étant revenu à soi par le chemin le plus court, celui de l’idée A dans sa tête (j’ai envie de manger des frites) à l’idée B dans sa tête (je vais donc acheter de la mayonnaise), pense à ce qu’il est (un tube digestif qui a envie de manger des frites).

Que le bipède se regarde - il faut pour cela mettre ses yeux à distance de soi-même (ni trop loin -sinon on voit plus grand-chose ; ni trop près – sinon on voit qu’des p’tits bouts) – et il verra qu’il est égaré (d’autant que maintenant, il a plus les yeux dans leurs trous).

Que le bipède considère le « petit cachot où il se trouve logé », i dit Pascal qui ajoute « j’entends l’univers », que son petit cachot, au perspicace, il est quand même bien grand que l’avantage c’est qu’on peut y mettre plein de monde et que l’Eternel i peut y ranger des bricoles.

A un moment donné (à la fin du paragraphe), il arrive que le philosophe se pose cette question : « Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? » et défois, c’est là où il se dit qu’il a envie de manger des frites et que donc, il va acheter de la mayonnaise.

« Que l’homme [bipède perspicace], étant revenu à soi [ah enfin de retour, car savez, j’étais quand même ailleurs], considère ce qu’il est au prix de ce qui est [l’argent est-il le vrai nom de l’être du monde et alors, qu’est-ce réellement que l’argent ?] ; qu’il se regarde comme égaré [flûtablanquer, je m’a trompé d’route] dans ce canton détourné [en plus, s’il y a des déviations…] dans ce canton, dis-je, détourné de la nature [celle-là où le loup est un loup pour le loup et aussi pour l’agneau qu’il dévore] ; et que, de ce petit cachot [là où les petits cachotiers font leurs petites cachoteries] où il se trouve logé [le montant du loyer ? la peau des genoux, les cent bras d’une divinité hindoue – au vrai, elle a combien de bras ; l’aut’ contorsionniste ? - sa peau, son souffle, sa vie] ; j’entends l’univers [Entreprise « Maison Eternelle », Père et Fils, et Saint-Esprit associés], il [on cause du bipède perspicace qui mange des frites et achète de la mayonnaise] apprenne à estimer la terre [c’est là où qu’on fait pousser les patates pour faire les frites], les royaumes [on dirait le speech de début d’un épisode d’heroic fantasy avec la voix profondément humaine de Morgan Freeman, mais en français, donc c’est pas sa voix mais sinon moi j’comprends rien], les villes [c’est là où il y a des gens qui mangent des frites, alors qu’à la campagne, c’est là où qu’on fait pousser les patates] et soi-même [qu’est-ce que je viens faire là ?] son juste prix [le prix d’l’humain ? faut demander ça aux marchands d’armes, à mon avis, c’est eux qui le fixent chaque jour, le prix de l’humain]. Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? [j’ai envie de manger des frites].

(d’après Blaise Pascal, évidemment, pas d’après Blanquer, et c’est marrant comme quand je vois la tête à Blanquer, je ne pense jamais à Blaise Pascal (par contre, j’ai envie de manger des frites).

Patrice Houzeau
Malo, le 17 avril 2021.

16 avril 2021

CHRONIQUE DU 15 AVRIL 2021

CHRONIQUE DU 15 AVRIL 2021

1.
Je sais pas vous, mais étant donné que le pic épidémique, on nous dit qu’il est pas encore atteint, et qu’on nous annonce un possible variant brésilien dévastateur, j’ai quand même des doutes sur la réouverture des écoles le 26 avril… On verra.

2.
Croyez-vous qu’en raison de son extraordinaire bilan, Blanquer, s’il est obligé de démissionner, Macron va le faire nommer à l’OMS ?

3.
Covid asiatique, variant anglais, variant sud-africain, variant brésilien. Pierres du jeu de go. Y a-t-il un variant d’Europe centrale ? Y a-t-il un variant du Nord ? Qu’en est-il de la présence du variant brésilien en Europe ?

4.
Même si pour l’instant, il semble peu présent en Europe, se pourrait-il qu’à la faveur d’un retour à la normale et des flux de population qui suivront, (y compris les flux clandestins), le variant brésilien fasse son apparition et oblige certains pays européens, y compris le Royaume-Uni, à se reconfiner ?

5.
Quel est le temps d’immunité que procurent les différents vaccins ? Seront-ils efficaces face à d’éventuels nouveaux variants et combinants qui seraient plus contagieux et plus létaux ?

6.
Que veut dire exactement « effacer la dette d’une entreprise » ? Comment sera remboursé le créancier ? Cela annonce-t-il une hausse des impôts et une baisse des investissements, et donc une crise bancaire ? Peut-on effacer les dettes des entreprises comme on efface la dette des états dont le créancier est l’UE ? Peut-on effacer une dette publique sans risque de dérèglement du système ?

7.
Ce jeudi 15 avril 2021, Macron a réaffirmé son objectif de rouvrir à la mi-mai certains lieux comme les terrasses des cafés et des restaurants, certains musées, les commerces non-essentiels. Il joue sans doute dans cette promesse sa réélection, sinon sa candidature.

8.
La pandémie, on dirait une partie de jeu de go : le virus place ses pierres un peu partout sur la planète (les variants) et lance des attaques, via des connections (les combinants), qui peu à peu encerclent nos territoires, les ferment. Le covid ne tue pas l’humanité ; il la restreint.

9.
Le 15 avril 2021, la France a franchi le nombre de 100 000 victimes officielles du covid. Que ceux qui nient la réalité du virus, ou en relativisent la gravité, se taisent.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 avril 2021.

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15 avril 2021

I VA FAIRE L'HUMAIN I VA FAIRE

I VA FAIRE L’HUMAIN I VA FAIRE

1.
« Car une activité aveugle, prisonnière de ses fins et de plus poussée jusqu’à la démesure, conduit au néant. »
(Karl Jaspers, « Préface à « La Bombe atomique et l’avenir de l’homme », traduction Saget),

L’activité, c’est ce à quoi les bipèdes se livrent chaque jour. Faut dire qu’l’espèce humaine est plus hyperactive que perspicace. On invente tout le temps, et plus on invente, plus on est obligé d’inventer pour pallier les conséquences de tout ce qu’on invente. Appelons ça shadokisme.

« activité aveugle », écrit Jaspers, c’est qu’on progresse dans s’qu’on creuse. Les politiques nous en évoquent le bout comme si c’était un tunnel, mais ce n’est pas un tunnel, s’t’un labyrinthe, et si ça s’trouve, on finira tout en os dans les impasses.

L’activité « aveugle » comme une décision à Blanquer, le roi du pifomètre apprenant, est « prisonnière de ses fins », écrit Jaspers, que je me vois bien dans ma tête un vas-y Titi, pis toi aussi Julie, bandeaux sur les yeux et d’la chaîne plein leur physiologie.

Les « fins » de l’activité « aveugle » c’est quoi ? le productivisme ? La Start Up Nation à l’aut’ mannequin présidentiel ? Le contrôle permanent de salubrité publique induit par la crise covid ? La solidarité obligatoire ? La consommation obligatoire ? L’université obligatoire ? La machinerie transhumaniste (fichaise !)

La « démesure » c’est quand on ne mesure plus les choses. On tente donc de faire rentrer des ronds dans des carrés et de persuader la poule que le couteau qu’elle contemple d’un œil rond n’est pas là pour la transformer en repas du dimanche. Aussi de persuader l’électeur moyen que, non, le gouvernement, malgré le covid, les aléas climatiques et le gouffre de la dette publique, ne va pas augmenter le montant de nos impôts. Si tu crois celle-là, on va t’en raconter plein d’autres, t’es un bon client.

La phrase à Jaspers, elle finit par le mot « néant », que de toute façon, c’est ça qui nous attend. Y a que les sots pour croire qu’on pourrait sauver l’humanité, qu’elle perdurera encore toute une série de siècles pis millénaires. Pour quoi faire, mon dieu ? Bah, l’espèce humaine est comme toutes les espèces. Quand elle est en surnombre, il faut bien qu’la condition humaine (rareté naturelle, pérennisation des conflits armés, darwinisme social etc…) élimine. Et si elle n’y arrive pas, l’humanité, eh bien, elle s’éteint, épicétou.

2.
« Il faut que notre époque apprenne que tout n’est pas à faire. »
(Karl Jaspers)

« Notre époque », c’est notre temps, avec tous les gens qui s’agitent dedans. Et i s’agitaquoi ? I s’agitent à travailler, inventer, innover, expérimenter. Et i zarrivaquoi ?
A la grande déglingue des climats, au virus décimant pour tous, aux migrations exponentielles, aux replis identitaires, à la politisation du religieux, à la massification de l’enseignement supérieur et diplomation d’la sottise, à l’escroquerie du transhumanisme, à l’idiotie robotique, à la Start Up Nation Apprenante pour tous, à la pérennisation des conflits armés (ça rapporte et c’est bien pratique) et bien entendu, à la rente politique, avec l’assentiment des grands héliotropes.

« que tout n’est pas à faire » : ah certes, mais voyez, j’intuitionne que l’humain pourra pas s’empêcher de faire, y compris ce qui ne devrait absolument pas être fait, comme un môme, i va faire, l’humain, i va faire jusqu’à ce que tout s’défasse.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 avril 2021.

15 avril 2021

CONSIDERATIONS DE L'HOMME MAMMOUTH

CONSIDERATIONS DE L’HOMME MAMMOUTH

1.
L’homme mammouth causa « Droit et Institution de la Nature » tout en zieutant les grands massacres qu’la téloche évoque (mais d’moins en moins car, n’est-ce pas, le marché aux fleurs de Macrony-les-Vieux, c’est important aussi hein). Les fabriques de létalité tournaient quand même.

2.
Y a bien eu quelques consternations, mais j’crois bien que d’la disparition de l’ENA, tout le monde s’en fout. Elle risque d’être remplacée par une Science Po bis. Ça f’ra doublon. A terme, pour cause d’entrisme gauchiste, on la supprimera aussi Sciences Po. Ça f’ra des économies.

3.
Soulevant « la loi suprême de la Nature », ah qu’c’était lourd, il vit que « chaque chose », (covid, blanquer, zozo, zazou, Zut et son zébre) « s’efforce de persévérer dans son état » comme la frite persévère dans la mayonnaise et la saucisse dans la choucroute.

4.
Concernant une plainte d’enseignants contre Sa Personne, Blanquer évoque un « coup de poignard dans le dos ». Et l’introduction du contrôle continu, et sa généralisation aussi prévisible qu’une raclée électorale de LREM, c’est quoi, à votre avis, Monsieur le Ministre ?

5.
Paraît que le professeur François Héran « estime que la caricature offensante des religions est possible dans la mesure où elle contribue à nourrir le débat dans une démocratie » (cf La Croix sur Twitter).

Faudrait quand même dire que ni Charlie Hebdo, ni Desproges et tant d’autres n’ont eu besoin de l’assentiment des Grands Penseurs du Collège de France pour critiquer les religions. Et puis qui évaluera cette contribution au débat démocratique, et donc qui censurera ?

6.
Paraît que Macron gouverne sans parti, mais avec plusieurs costumes.

7.
Bâclé, travail bâclé, se dit-il en se grattant le nez. Il regarda son regard démesuré. C’est que ses yeux s’agrandissaient, débordant les paupières et se répandant dans toute la pièce et la lumière verte de ses prunelles félines.

8.
Alors ses yeux immenses s’étant répandus dans toute la pièce, ils se fermèrent d’un coup sec (ksafitchok) et tout, meubles, jours et travaux, modes et travaux, mou de veau et tête de veau, critique et nez gratté, se perdit dans la spirale de son regard (ksafibzzzihittt).

9.
Haletante, elle se pressa sur le quai de départ. Protégée sans doute par son ange gardien, un indien des plaines célestes, elle échappa au couteau invisible qui tourne dans l’air et foudroie les passants, de ci pis aussi de là, pareils à des feuilles mortes.

10.
Reprenant difficilement sa respiration tant le couteau invisible de l’air, s’il n’avait tranché le fil de sa vie, lui avait tout du moins coupé le souffle, elle rajusta son chapeau minuscule because tous ses chapeaux rétrécissaient lorsqu’il pleuvot à ciseaux. Ce qui arrive.

11.
Elle avait donc sacrifié aux rites du thé, du bloody mary, et de la course sous le couteau, lequel file aussi vite que le temps ; c’est bien pour ça que n’le voyant pas arriver, fatal que finalement i vous frappe et défunte, que vous v’là dans le fini, où y a plus ni ni, ni mais.

12 .
Y en a qui disent que Macron pourrait être élu par défaut, Mélenchon par des fous et Marine par des fafs.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 avril 2021.

14 avril 2021

LA MACHINE NOUS REPONDRA

LA MACHINE NOUS REPONDRA

 

1.
Blanquer aurait-il pigé que la co-intervention en bac pro, des fois, ça tourne pipeau… « L’ignorance génère souvent de la peur ». Rassurez-vous, la lucidité et le savoir aussi. J’aime bien le jeu de go. J’y perds toujours ; c’est fascinant.

 

2.
« de ce qu’on a qualifié Nature » (entends-je sur France Inter)  : curieux comme ces derniers temps, on relativise la distinction nature/culture. Chaipas vous ; moi, ça me chiffonne.

 

3.
« Il est parvenu à sauver sa tête. » Deux genres : ceux qui sont parvenus à la sauver. Ceux dont la tête roula sous sa hache, à l’Histoire. Quels que soient les chemins… Les gens sont-ils d’ambulants bocaux avec de l’âme dedans ?

 

4.
Dieu est-il l’introduction de la culture au cœur même de la Nature ? L’Afrique sera-t-elle l’éternelle sacrifiée ? Jouera-t-on la carte d’un humanisme africain contre l’islam politique moyen-oriental ? La démographie africaine bouleversera-t-elle l’Europe ?

 

5.
Avons-nous plusieurs âmes qui passent notre vie à s’quereller ? Mettons de l’ordre dans… Passons-nous notre temps à nous remettre en ordre, à réparer des pendules ?

 

6.
« dans la pièce une vague d’horreur » que j’lis dans un roman. Le vieil Océan secoué de monstres. L’humain est-il un dompteur de monstres ? Pour s’exercer, son activité essentielle, au bipède, ne serait-elle pas de créer des monstres, et encore des monstres ?

 

7.
« Puis il retourna au silence ». « l’empire du mammifère en nous », j’lis ça dans Onfray… nature et culture mêlent leurs pierres, leurs jardins, s’font des yeux. « Je suis tout à fait en dehors de cette histoire », dit un personnage d’Agatha Christie. Vraiment ?

 

8.
J’entends sur France Inter quelqu’un (qui ?) dire « Le lion, c’est la puissance et la licorne, l’imagination. » Ça doit être connu ça. Le réel, c’est le déchiffrement du réel qu’on finit par se demander s’il y a réellement un message. La machine nous répondra.

 

9.
A quoi servent les politiques ? A distraire le peuple pendant que de hauts fonctionnaires anonymes et calculateurs prennent les décisions. Ce qu’il y a derrière le rideau, transactions, négociations, marchés, qui veut mes tapis, pas chers.

 

10.
Va-t-on vers la démocratie virtuelle ? Vers la démocratie assistée par ordinateur ? Je n’aime guère qu’on impose à tous l’usage de l’ordinateur. Nous avons de moins en moins le choix de nos modes d’être. Politique de manager.

 

11.
J’entends dire sur France Inter que Macron change souvent de costume (tour à tour candidat dégagiste, président rassembleur, « cool », jupitérien, militaire, épidémiologiste…). Ce n’est plus un président, c’est un comédien, un chanteur de charme, un débiteur de ritournelles.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 avril 2021.

12 avril 2021

JUSQU'A CE QUE VIRUS NOUS VIDE

JUSQU’A CE QUE VIRUS NOUS VIDE

 

1.
Le monde est plein de s’qu’on peut faire… Toujours quelque chose à faire… Faut bien occuper le surnombre… Sinon i s’tape dessus… Finira bien par s’massacrer quand même, l’humain, bienveillance ou pas, résilience ou pas.

 

2.
Au moment où elle s’engageait dans… Solidarité obligatoire ? Mon… Le monde, ça s’réforme, s’déforme, s’contre-réforme, ça s’travaille du blanquer… Valse tintouin… Aussi heureux que des poissons dans… Faut des sous, du temps, la santé.

 

3.
Il me fallut recourir à… voir « en quelque façon Dieu en voyant ses »… Nier la cause nous empêcherait de voir les effets… sans Dieu, y voit-on que couic… mais Dieu ne serait alors que l’un des noms du Vrai… de là le sanglant tintouin, des conséquences d’la Vérité.

 

4.
Un problème plutôt bizarre, l’humain… file vers quoi… Le transhumanisme… Le surhomme par la machine… « rien au-dessus de lui que Dieu, ni rien au-dessous que des corps »… je cite Malebranche évoquant saint Augustin. Oui, mais pas d’corps, pas de Dieu.

 

5.
Sommes-nous les corps de Dieu ?... Les plus étrangers à l’homme sont les hommes… Ça éclaira le visage de l’inspecteur… L’enquêteur fatal enquête sur l’humain… La Vérité est une fatalité… Le faux, du fatal itou … La machine balaiera-t-elle la morale ?

 

6.
Trop d’monnaie dévalue… Trop d’dettes dévalue… De quoi la valeur est-elle le nom ?... On évalue par rapport à quoi… certainement pas la morale. La performance ? Le PIB ? Le monde des affaires ? L’inconnue du sarcophage.

 

7.
Des yeux étincelants derrière de grandes… des projets de génie… Mise en scène du génie, le monde… l’ordinateur refait, en toujours plus vite… le réel, c’est du toujours plus vite, jusqu’au virage fatal. Mise en scène du génie, lequel est fatal tragique.

 

8.
Les perroquets électroniques vont de plus en plus vite… Le réel, c’est d’la zique répétitive, avec d’l’infinie variation… On appelle ça progrès… On vivra plus longtemps jusqu’à ce que l’virus nous vide… L’inconnue sortira d’son sarcophage pis nous poignardera.

 

9.
Ils prirent le chemin de… L’ensemble des gestes… Chaque jour répète… La machine est-elle une morale en soi ? Comme la guerre. Le réel est-il un affrontement des morales ? Le Vrai est-il forcément moral ? Le Vrai est-il dans l’affrontement des morales ?

 

10.
Je crois que, plutôt que la fuite en avant, la décroissance serait la moins mauvaise. Le choix entre deux dictatures : l’étatisme écologiste ou le machinisme libéral. Le surnombre aura la peau des nations, celle des démocraties aussi.

 

11.
« Souvent, pour s’amuser, les hommes… ». L’humain travaille et s’ennuie… Perte du sens, du sacré, de l’Histoire, du roman… Les civilisations sont des parties… On finit toujours par perdre, et les gains servent à la suivante de mise, d’investissement.

 

12.
L’ennui est-il de nature ontologique ?...quelque peu énigmatique… Les sollicitations devinrent si nombreuses que… Les langues sont des arbres… Des feuillages, les livres ?... Quel latin obscur y jasent leurs oiseaux ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 avril 2021.

1 avril 2021

PETITES INTEMPESTIVES DU 1ER AVRIL 2021

PETITES INTEMPESTIVES DU 1ER AVRIL 2021

1.
Napoléon Bonaparte est né le 15 août 1769 à Ajaccio. C'est en Corse. Il paraît qu'c'est très beau, la Corse. Je ne suis jamais allé en Corse. Je n'irai jamais en Corse C'est comme ça. Je ne connaîtrai jamais Napoléon, sauf si jamais une faille spatio-temporelle...

2.
Jeanne d'Arc est née vers 1412, à Domrémy (c'est en Lorraine). On l'a surnommée la Pucelle, ce qui m'a toujours épaté. René Char commence un de ses plus beaux poèmes par « Jeanne qu'on brûla verte », cause qu'on la brûla vive, à Rouen, en 1431, Jeanne.
« Jeanne qu'on brûla verte » : Ô innocence, ô espérance. C'est noble, mais paraît qu'c'est d'la légende, du cinoche, du roman national... Après, j'ai pas trop envie d'ironiser : ça devait être quelqu'un, la Pucelle.

3.
On dit que les lettres du mot « Ichtus » (« poisson » en grec ancien) sont un acronyme pour désigner « Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur ». D'où le poisson signe de reconnaissance des chrétiens lors des persécutions romaines. Quand je dévore une sole, j'y pense rarement.

4.
On peut considérer l'hermétisme de Mallarmé, ou de Saint-John Perse, comme un élitisme, mais aussi comme une invitation à entrer dans le mystère du poème, ou alors, on fait comme moi : on lit parce que ça sonne et on fait pas trop attention au sens parce que, hein, c'est pas Mallarmé et ses « Divagations » qui vont me payer le bifteck de la semaine (on est de moins en moins riche en France).

5.
Le 31 mars 2021, la France compta en une seule journée presque 60 000 cas de contamination au covid (59 038). Le surnombre entraîne-t-il fatalement la technocratie ? La technocratie nous rapproche-t-elle ou nous éloigne-t-elle de l'idéal d'une démocratie réelle ?

6.
« N'ai-je donc tant fait que pour être impopulaire ? » qu'il doit se dire défois, pis mélancoliquement, Blanquer. Après, chaipas si Blanquer a des accès de mélancolie, ou même s'il en a le temps, avec sa réforme pas étanche là qui recommence à glouglouter d'partout.

7.
« Jadis avec flûte ou mandore », cet octosyllabe de Mallarmé oblige à se renseigner sur la mandore, laquelle fut un instrument de musique, du genre mandoline, voyez. Je ne joue ni de la mandore, ni du tuba, ni de la guimbarde. Je joue défois du spleen, mais ça c'est quand je me laisse aller pis que m'en vais, loin, bien loin, comme un terrien, car vous avez remarqué comme moi que les terriens circulent beaucoup (ça passe le temps).

8.
Il ne faut pas confondre « mandore » (instrument de musique ancienne genre mandoline) et « mandorle » : figure en amande dans laquelle sont représentés des personnages sacrés genre le Christ, la Vierge et tutti sancti. Aucune chance qu'on y figure, nous autres, dans une mandorle, avec ou sans mandore, mais c'est joli quand même.

9.
C'est pas tellement que « plus y a de fous, moins y a de riz », mais que plus on est de fous, plus ça devient compliqué de la gérer raisonnablement, cette immense déraison qui est l'un des ressorts de l'humaine condition. Ça doit être pour ça que les Etats font de plus en plus confiance à la technocratie assistée par ordinateur.

10.
A mon avis, Rimbaud n'a pas arrêté d'écrire pour d'occultes raisons philosophico-mystiques, mais parce qu'à un moment, il est devenu adulte et s'est rendu compte qu'il devait gagner sa vie, et vu qu'il s'était grillé à Paris, hop, direction les ailleurs et l'incognito.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er avril 2021.

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