Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BREFS ET AUTRES
Publicité
macron
19 septembre 2020

VERS LA (DIS)SOLUTION ALGORITHME

                                VERS LA (DIS)SOLUTION ALGORITHME

 

        1. « Déploiement irrésistible » écrit Heidegger... celui du « cerveau électronique »... Aux robots, le monde... A la machine fait tout... Chômeur l'humain... Ça le tourmente... pour les sous, d'abord, et puis pour son être, devient tout vacant... le vide gagne... le désert.

        2. Le plus vicelard, c'est d'habituer les gens à plus bosser... Les machines le font, à quoi bon turbiner... face à son vide originel se retrouve l'humain... face à ses autres... travaillé fantôme... la chimère s'agite, ectoplasme dans le bocal, gueule néant, mort qui marche, avec son couteau.

        3. Le surnombre tue le boulot... Je les vois venir les grandes machineries massacrantes... La dépopulation par la technique... Tout très rationnel... Y aura toujours une explication... conflit ethnique, virus, idiote mode, mauvaise habitude, loi des séries, peau de banane, gourance nucléaire, trou dans la coque, glouglou l'homme...

        4. Chuis pourtant pas client des complotismes... je me demande quand même comment qu'il va faire l'humain pour le gérer, son surnombre... va sous-traiter le problème à la au-delà du bien et du mal machine... le computer gestionnaire d'âmes... la solution algorithme.

        5. Les gens à force de plus les faire travailler, deviennent pas si fainéants, tournent malsains surtout... La civilisation des loisirs, ah le mensonge... rien faire, c'est mal faire... du coup, i s'effiloche, le citoyen, i gueule aigre aux carrefours, i montre la fourche.

        6. Comment les faire tenir tranquilles, tous ces spoliés du boulot, tous ces remplacés des machines ?... Pain, cirque, religion, ordre moral... Faut leur faire peur susurre le conseiller sciences po (de vin)... Sortez plus, les gens, y a du virus, du pas sécure estranger qu'on fait venir pour.

        7. Après y a les grands mages, les philosophes, les apôtres du méditatif, les introspecteurs... Zen et yoga le monde... Pendant ce temps là on pense pas... On se justifie le nombril, on sublime son être, ce bout de viande... Le monde s'écroule ? Méditez ! Zêtes beau !

        8. Tout jobloss, l'humain... dépouillé de ce qui le constitue... On lui refourgue des écrans avec des vrais menteurs dedans, des diplômes pour rire, des apprenances citoyennes, des clubs de l'extrême, des universités, des bienveillances... Zêtes plus travailleur, ouvrier, artisan, paysan, zêtes Citoyen ! Citoyens de tous les pays, soumettez-vous ! Le Grand Bienveillant veille sur vous !

        9. Zêtes plus enseignant, zêtes passeur de diplômes, inverseur de classes, bricoleur de distanciel, positiveur d'âneries, promoteur d'incompétences, chefaillon du chef d’œuvre, censeur des caractères, chasseur des mauvais esprits, c'est plus l'école, c'est le temple citoyen ! La dévotion à Sainte Bienveillance Moraline...

        10. Y a ceux qui s'agitent morts sans job, puis y a ceux qu'on exténue, les pas assez nombreux dans les services, les hôpitaux, les casernes, les tribunaux, les écoles... Pendant ce temps là, les experts nous chantent des chansons sur les masques, les tests, ya ka bossé pi pas trainé zouké samusé.

        11. J'oublie pas ma pomme, le coup des masques fantômes... C'était bien la peine de chanter le monde va mieux qu'on gagne des sous si c'est pour retomber pire qu'avant because les hauts fonctionnaires ont pas fait leur boulot. Non, politique, Macron (ou autre zozo kif-kif), j'oublie pas.

                                   Patrice Houzeau
                                Malo, le 19 septembre 2020

Publicité
25 août 2020

ELECTIONS PIEGE A SPECTRES

ELECTIONS PIEGE A SPECTRES

 

 

  1. « La zone Méditerranée sera le défi des prochaines années, tant les facteurs de crise qui s'y conjuguent sont nombreux (…) C'est pourquoi j'appelle au développement d'une véritable politique européenne pour la Méditerranée. » (Emmanuel Macron cité par « Le Point », 20/08/2020).

  2. Selon « Le Point » du 20/08/2020, Jean-Luc Mélenchon aurait déclaré en juin 2020 : « Je dois être un des rares personnages de ce pays qui est monté dans un train dont il n'arrive pas à descendre. » C'est que l'on ne voit pas qui aurait la maîtrise nécessaire pour la conduire, la LFI.

  3. Je ne suis pas « insoumis », et pas même de gauche, mais il faut bien avouer que Jean-Luc Mélenchon est un orateur hors pair. Que l'extrême-gauche soit rassemblée dans la LFI est une bonne chose pour la démocratie. On a tout à craindre des clandestinités.

  4. D'après Nathalie Schuck dans « Le Point » du 20/08/2020, François Hollande aurait un jour dit : « La Grande Faucheuse hante l'Elysée ». Je ne savais pas l'ex-président si élégiaque. Du reste, j'imagine assez l'Elysée hanté de spectres aux regards perçants et pleins de visions.

  5. « Il y a des mesures simples à prendre, comme celle de donner au préfet le pouvoir de retirer des agréments à des associations où se regroupent des personnes radicalisées. »(Eric Diard, propos repris par « Le Point » du 20/08/2020). Intéressant. Qu'en pensent les juristes ?

  6. Nous entrons dans une société de l'esprit de sérieux, et donc dans une société de la dénonciation de qui dérogerait à cet esprit de sérieux, et donc dans une société de la surveillance généralisée. Y a plein d'yeux partout ; i s'multiplient ; vient le temps de l'hallucination collective.

  7. « Et cependant nous assistons à un étrange renversement : l'homme ne peut vivre sans sacré ; il reporte son sens du sacré sur cela même qui a détruit tout ce qui en était l'objet : sur la technique. »
    (Jacques Ellul, « la Technique ou l'Enjeu du siècle »).

    La technocratie tend à faire de l'humain une technique en soi : ainsi, les spécialistes des « Sciences de l'Education » voient en chaque enfant, voire en chaque individu, une éducabilité. J'appréhende le cocktail « étatisme – pédagogisme – écologie politique ».

  8. « Le taoïsme, lui, privilégie l'auto-organisation des choses comme des gens. » (Eric Nelson, propos recueilli dans « Le Point Références, « L'Homme et la Nature »). Le taoïsme serait-il un libéralisme ? Existerait-il une « main invisible du Tao » ?

  9. « N'importe quel imbécile est capable de détruire des arbres. Ils ne peuvent pas s'enfuir, et s'ils le pouvaient, ils seraient détruits malgré tout - » (John Muir traduit par André Fayot, « Célébrations de la nature »). C'est ce qui arrive à bien des humains, « détruits malgré tout. »

  10. « Il demeure invisible, cela n'empêche qu'il y soit. » (Maupassant, « Lui ? »). Qui ça, lui ? L'être, aussi invisible que le cadavre dans le placard et dont nous nous apercevons, une fois la porte ouverte, que ce cadavre a disparu.

  11. Nous croyons voter, et ce sont nos fantômes qui élisent nos illusions.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 août 2020.

29 juillet 2020

Y EN A AVEC EUX Y A TOUJOURS QUELQUE CHOSE A DIRE

Y EN A AVEC EUX Y A TOUJOURS QUELQUE CHOSE A DIRE

 

 

  1. Défois i paraît c'est Houellebecq qui l'a dit que « De silencieux serpents glissaient dans l'herbe épaisse » ; malgré tous ces « s » là, je ne les vis pas, point ne les ai ouïs ; les serpents, c'est comme les fantômes, i sont là, on les voit pas, c'est des parallèles.

  2. Blanche-Neige, bah, elle picolait tellement qu'elle a toujours cru que son mari, un petit bonhomme, était sept.

  3. Avec le Covid on se dit que faut pas avoir la vie comme avant si on veut avoir la vie un peu comme avant.

  4. J'aime bien l'expression « marionnettes de la logique » que je trouve dans un livre de Heidegger, que si ça se trouve, on s'agite le pensum sur not' beau théâtre des arguments picétou remarquez que même si ce picétou n'a de sens que pour nous c'est déjà beau.

  5. Dans la boîte à échos ce matin, Darmanin :« Quand j'entends parler de « violences policières, personnellement je m'étouffe » ; quand on sait que ce sont justement les derniers mots de Cédric Chouviat, on se demande si Darmanin n'est pas un peu... hein... croyez pas...

  6. Ce que veut sans doute le gouvernement, c'est censurer l'expression « violences policières » en ce qu'elle suppose une intention, une volonté de nuire, tandis que par « dérapage », ou « dérive », évidemment le policier incriminé passe juste pour une brute sans cervelle.

    Remarquez que c'est à double tranchant, car si la responsabilité du policier est dégagée (« bah, i s'est pas rendu compte »), dans ce cas, la chaîne de responsabilités désigne son supérieur hiérarchique, et de maillon dérivant en maillon dérapant, on en arrive vite au préfet.

  7. Dans la novlangue à Darmanin, les « violences policières » sont des « dérives » et « le trafic d'influence », une « vie de jeune homme ».

  8. Lier l'expression « violences policières » à l'expression « violence légitime » et citer l'argument d'autorité de Max Weber, c'est en fait procéder à un raccourci condescendant (en ce qu'il suppose que ses contradicteurs ne connaîtraient pas Max Weber) et en l'espèce, dénué de logique puisque ce qui est ici mis en cause, ce sont justement des violences illégitimes.

  9. On a tort de critiquer l'expression « violence légitime » : en effet, lorsque, pour protéger la vie des personnes ou sa propre vie, un policier est obligé de faire usage de son arme, il fait bien usage de la violence, mais il faudrait être de bien mauvaise foi pour ne pas reconnaître que cette violence est en ce cas légitimée par les circonstances.

  10. « Tout Etat est fondé sur la force », disait un jour Trotski à Brest-Litovsk. En effet, cela est vrai. S'il n'existait que des structures sociales d'où toute violence serait absente, le concept d'Etat aurait alors disparu. »
    (Max Weber, « Le Savant et le Politique »)

  11. Plutôt que l'emploi de l'expression « violences policières » et en raison du bien-fondé de l'expression « violence légitime », je préconise l'usage de l'expression « violences illégitimes ». Mais, à mon avis, ça ne va pas plus plaire au ministère.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 juillet 2020.

28 juillet 2020

IRONIES MOQUERIES ETC

IRONIES MOQUERIES ETC

 

 

  1. Je suis bien content de vivre dans un pays, dans une Europe, dans un monde même où l'expertise est si grande. On va crever du Covid, mais au moins on saura pourquoi et comment. C'est quand même beau, la science, hein ?

  2. Bon, je veux bien que les chats soient des prédateurs redoutables, bin oui, ce sont des fauves quand même, mais bon, je me vois mal adopter un willyschraen quand même que j'sais même pas d'où ça vient ça le willyschraen.

  3. Ce qui a de formidable avec les chasseurs, c'est que le monde a beau s'écrouler autour d'eux, l'économie peut bien s'effondrer, les risques de conflits internationaux peuvent s'avérer très élevés, du moment qu'ils peuvent aller faire panpan dans la nature, sont contents.

  4. A l'âge où je suis, j'ai déjà connu tellement de gens qui portaient beau, qui se payaient des maisons, des vacances, des arrogances et des relations, et qui sont morts après avoir souffert comme des chiens sur leur lit d'hôpital qu'ils ne m'impressionnent pas, nos zozos politiques.

  5. Chaipas mais... enlever la plaque Victor Hugo d'une rue Victor Hugo ?Euh... cause que l'homme de Jersey et de Guernesey, avec sa Bouche d'Ombre et ses tables tournantes, m'étonnerait pas qu'il fût initié à des mystères que tire la chevillette et le bonhomme cherra et krrrik krrrak.

  6. Moi je pense que lorsque Apollinaire écrit « Un fantôme s'est suicidé », il exagère parce qu'un fantôme qui se suicide ça doit être aussi rare qu'un ministre de l'intérieur qui dit la vérité et si c'est le fantôme d'un ministre de l'intérieur qui se suicide alors faut appeler Sherlock Holmes.

  7. I m'a fait rire Arnaud Viviant quand il a dit dans l'émission « Le Masque et la Plume » ce film là est tellement mauvais qu'on dirait pour le monter, son film, que le réalisateur n'a gardé que les scènes coupées. Je cite de mémoire mais c'est marrant quand même.

  8. Je me demande combien elle a de doigts dans le pot de confiture, la main invisible du marché.

  9. Y a vraiment que nos politiques les plus naïfs pour croire que tous les Français considèrent tous les autres Français comme étant des Français. Moi, voyez, pour moi, Macron est français parce qu'on me le dit, sinon voyez moi, Macron, je m'en fous.

    Ça me rappelle qu'on raconte que lorsque le comédien Francis Blanche avait oublié son texte, il avait pris l'habitude de renvoyer la réplique et la balle à son partenaire par la question suivante : « Vous êtes catholique comme moi, j'espère ?... »

  10. Comme tout finit par se savoir, à un moment, on sait comment elles se sont passées les choses qu'on se dit c'est dégueulasse puis après, on passe à autre chose pis un autre politique arrive pour nous affirmer la main sur le cœur qu'tout va bien ne vous inquiétez pas.

  11. J'ai jamais trop cru au sens du Sacré du Temps des Cathédrales qu'à mon avis l'Eglise voulait assurer sa puissance, que les Seigneurs et le Roi voulaient pas contrarier l'Eglise surtout qu'ça donnait du boulot à des tas d'artisans et d'ouvriers. Du bizness quoi. Mais beau. Les seuls qui devaient y croire vraiment, c'est les saints, mais m'étonnerait pas que dès que les futurs canonisés tournaient le dos, ces gens i devaient s'gondoler en s'disant qu'il n'avait peut-être pas la lumière à tous les étages, l'aut' là.

Patrice Houzeau
Malo, le 28 juillet 2020.

28 juillet 2020

CHRONIQUE DU 28 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 28 JUILLET 2020

 

 

  1. Il se peut que l'avenir soit masqué ou ne soit pas. - La France, vue par les médias et les réseaux sociaux, parfois, on dirait qu'elle flambe. Ceci dit, les Nuit Debout du quinquennat de Hollande, les Gilets Jaunes du quinquennat actuel, la montée des extrêmes sont une réalité.

  2. « L'avenir masqué flambe en traversant les cieux »
    (Apollinaire)

  3. Chaque fois que je lis ces vers d'Apollinaire :
    « Et les roses de l'électricité s'ouvrent encore
    Dans le jardin de ma mémoire »
    Je pense, assez sottement sans doute, à toutes ces chansons électriques et anglo-saxonnes pour adolescent des seventies.

  4. « Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant »
    (Apollinaire, « le Voyageur »)

  5. Peut-on comparer l'Europe à une forteresse assiégée et l'espace Schengen à une porte sur laquelle pèse le poids des coups répétés d'un bélier ? Peut-on comparer les migrants à des voyageurs qui frappent à notre porte en pleurant ?

  6. Serait-il possible que ceux qui frappent à notre porte en pleurant cherchent demain à nous diriger ? Serait-il possible que ceux à qui nous donnons du pain aujourd'hui nous jettent des pierres demain ?

  7. Il m'a fallu longtemps pour comprendre que si les Anglais ont voté majoritairement pour le Brexit, c'est qu'ils estimaient avoir assez fait de sacrifices pour faire de la City la première place financière d'Europe et que l'idée d'un Royaume-Uni auquel le couple franco-allemand ne cesserait de faire la morale devenait pour beaucoup d'Anglais assez pénible.

  8. L'Europe est un jeu de rôles. Aux frugaux du Nord, au Luxembourg et à la Suisse, la discrétion bancaire et le secret des affaires ; à l'Allemagne et à la France, le leadership politique ; aux pays du sud et de l'est, les frontières, les débats, les incertitudes.

  9. Il est bien sûr trop tard pour fermer nos frontières, sauf pour le tourisme, pour nous recentrer sur nos savoir-faire bancaire, agricole et technologique (notamment dans le domaine de l'armement) ; il est bien sûr trop tard pour renoncer à notre fichue manie de vouloir universaliser nos valeurs : la France est un pays engagé.

  10. Si nous voulons rester parmi les rois du monde, nous pouvons compter sur notre attractivité et cet art si particulier qu'a la France d'être à la fois un pays libéral dans ses relations avec l'extérieur et dirigiste dans sa gestion des affaires intérieures. Mais il semble que cet équilibre soit de plus en plus difficile à maintenir.

  11. Il n'est pas impossible que le Covid, le réchauffement climatique et certains conflits en cours rendent inhabitables, pour longtemps peut-être, un certain nombre de territoires. Sans doute l'Europe doit-elle se préparer à une pression migratoire de plus en plus forte, de plus en plus urgente.

  12. Est-il vrai que si la Hollande affiche un PIB/habitant bien plus élevé que celui de la France, le taux d'endettement des ménages hollandais est un des plus élevés au monde ?

  13. Entendu sur France Culture qu'au début de la crise du Covid, on pouvait lire cette prophétie sur certaines banderoles de manifestants du secteur public anglais : « L'Etat compte ses sous, nous compterons les morts. »

Patrice Houzeau
Malo, le 28 juillet 2020.

Publicité
24 juillet 2020

CHRONIQUE DU 24 JUILLET II

CHRONIQUE DU 24 JUILLET II

 

 

  1. « Le sujet qui n'est pas en rébellion doit pouvoir admettre que son souverain ne veut pas lui faire d'injustice. »
    (Kant traduit par Guillermit, « Théorie et pratique »)

  2. Que, comme l'écrit Kant, « le sujet doit pouvoir admettre que son souverain ne veut pas lui faire d'injustice » suppose une confiance dans le jugement du souverain dont, en dehors des recours judiciaires, seule la liberté d'expression peut débattre.

  3. Concrètement, depuis plusieurs années grandit dans l'opinion publique le sentiment que les gouvernements successifs agissent sciemment contre l'intérêt du peuple. Autrement dit, le sujet considère de plus en plus souvent que le souverain agit de façon malveillante. D'où le fait qu'il est courant actuellement de voir l'homme confondu avec sa fonction : d'où des agressions commises sur des élus, et parfois une détestation assumée de la personne même d'Emmanuel Macron.

  4. La position de La France Insoumise est intéressante car elle ne met pas en cause directement le souverain (en dehors du jeu de postures habituel à la « Société du Spectacle »), mais les institutions de la Vème République, lesquelles sont ainsi jugées comme étant hyper-présidentielles.

  5. Contestant l'hyper-présidentialisation de la Vème République, La France Insoumise en appelle donc à une VIème République, qui, d'après ce que je comprends, serait fondée sur une assemblée de type « constituante » révocable par les électeurs : sous quelles conditions ?

  6. Il est cependant que les Français sont loin de plébisciter les idées de La France Insoumise tout en marquant, à chaque élection, leur défiance envers les partis politiques et leurs élus soit en pratiquant le « dégagisme » (ce qui a permis l'élection de Macron), soit en s'abstenant.

  7. L'élément principal que nous devons retenir est le suivant : depuis 1973, le monde est plongé dans un crise économique qui ne cesse, cycle après cycle, de s'aggraver cependant que viennent s'y ajouter crise climatique et crise sanitaire. Ce sont les estomacs vides qui font les Révolutions, nul besoin de sortir de Sciences Po ou de l'ENA pour comprendre cela.

  8. Or, cette défiance de plus en plus nettement exprimée des Français envers leurs gouvernants masque une angoisse plus profonde : et si les générations à venir connaissaient à nouveau ce que les générations plus anciennes ont connu : chômage, précarité, misère, voire les Etats en guerre ?

  9. Soyons honnêtes : j'admire cette volonté de se divertir que les Français manifestent en allant encore au restaurant, ou au bord de la plage, ou chez eux devant des séries qui font passer le temps, ou écoutant d'illustres inconnus disserter à n'en plus finir sur les mérites d'une série de science-fiction. Cette volonté est fascinante mais ce goût du divertissement pourrait ressembler de plus en plus à de l'inconscience.

  10. Il me semble parfois que nous sommes dans l’œil du cyclone, que nous attendons une deuxième vague de pandémie et donc une aggravation de la crise économique en se disant : on verra bien. Mais je crains que ce « on verra bien »  soit suivi de beaucoup de désillusions, de frustrations, de colères et d'une défiance encore plus grande envers des dirigeants qui sont désormais rentrés dans une ère du soupçon qui ne me semble pas prête de s'arrêter.

  11. Certes, on me rétorquera que le monde de 1945 était dans un état bien pire (et même au bord d'une 3ème guerre mondiale) mais la nécessité de reconstruire et le faible coût des matières premières ont assuré la prospérité du Monde Libre. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, d'autant que le problème de la rareté naturelle des ressources et celui des pressions migratoires se font de plus en plus aigus.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 24 juillet 2020.

24 juillet 2020

CHRONIQUE DU 24 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 24 JUILLET 2020

 

 

  1. Serait pas question d'un impôt européen (rapport au « pognon de dingue » que l'UE doit débloquer pour payer la conception technocratique de la santé du gouvernement français par exemple), mais de taxes aux frontières européennes, et donc quoi qu'on fait avec les traités de libre-échange, des confettis ?

  2. En ce moment, ceux qui boursicotent doivent avoir le cœur bien accroché, les nerfs d'Edouard Philippe et la perspicacité de Sherlock Holmes, car vu qu'l'Covid revient sur son grand cheval macabre, j'parierais pas trop sur l'avenir de certaines entreprises, moi.

  3. Entendu sur France Info que certains turbos de chez Renault, i chaufferaient un peu trop qu'ça pourrait causer des accidents. Rassurez-moi, s'raient pas fabriqués en Chine défois... Ou alors, zont des ingénieurs un peu nuls, ah si, ça arrive même dans notre merveilleux système éducatif à Blanquer ce génie, ou alors, c'est du sabotage industriel, ah si, ça arrive aussi.

  4. Entendu que Laurent Joffrin, pas moins sot qu'un autre remarquez, voulait créer un mouvement de gauche de gouvernement genre c'est pas assez le foutoir à gauche comme ça qu'on en rajoute une couche. Paraît qu'ça n'a rien à voir avec un éventuel retour de Hollande et de sa « présidence normale » que plus personne n'en voulait au bout de trois ans.

  5. Comment ça s'fait qu'on en est arrivé à un système où on bouffe du politique matin, midi et soir ? Est-ce que qu'on s'rait pas dans une sorte de politocratie défois ; c'est pas-t-y ça la modernité complexe à Macron, le pouvoir aux grandes gueules et aux bricoleux, la tyrannie des zozos ?

  6. Paraît que Patrick Balkany a été encore mis en examen pour chaipaquoijmenfous. Bah, ça lui fait une occupation, à pépé là, entre deux séances de Zumba des rues, i voit des gens (juges, avocats, journalistes, avocats, juges, médecins, journalistes etc...) A son âge, faut savoir s'occuper.

  7. Défois, j'ai des remords que j'me dis, c'est pas bien d'se moquer que Macron aussi il a un cœur et Darmanin aussi, et des parents qu'c'est bien triste allez, mais quand je vois ce qu'ils peuvent se mettre dans les poches tandis que tant de gens rament je me dis qu'ils aillent se faire...

  8. Entendu à la radio qu'les Chinois des ambassades et consulats i zouvraient plein de comptes sur les réseaux sociaux histoire de faire d'la pub pour le pays du pangolin farceur. Ça m'fait penser au film « Les Barbouzes » avec plein d'yeux chinois qui observent tous les autres (des espions, rien que des espions sauf le Français qui lui est un contre-espion).

  9. On rigole, on rigole, mais un film comme « Les Barbouzes » de Georges Lautner (film culte dans le genre farce et fantaisie), i s'rait plus possible aujourd'hui, Lautner croulerait sous les procès. Non, maintenant faut faire dans le drame dardennien ou le consensuel bisounours (tout le monde il est égaux sauf les méchants évidemment).

  10. Y a une vague histoire de fourchette et de prison que j'ai pas bien compris qu'un condamné célèbre comme un gangster menaçait un autre avec une fourchette si celui-ci ne lui faisait pas euh... Voyez qu'les Chinois ont raison, tout ça n'arriverait pas si nous mangions tous avec des baguettes.

  11. Et pendant ce temps-là qu'on discute, un soldat français s'est fait tuer, le 23 juillet 2020, au Mali, lors d'un affrontement avec je ne sais qui de terroriste, et vous verrez que si ça continue, les Etats, si ce n'est pas déjà le cas, vont employer des armées privées.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 24 juillet 2020.

24 juillet 2020

NOTES SUR UN VERS DE MICHEL HOUELLEBECQ

NOTES SUR UN VERS DE MICHEL HOUELLEBECQ

 

 

 

  1. « Ma sœur était très laide à l'âge de dix-sept ans, »
    (Michel Houellebecq, « La Poursuite du bonheur » [le narrateur])

  2. Que signifie « être très laide à l'âge de dix-sept ans » ? Ce vers de Michel Houellebecq suppose un monde d'illusions, de déceptions, de frustrations et il est notable que quelques mots simples donnent ainsi à songer. Je note aussi que les gens sont souvent plus forts qu'on croit.

  3. Que signifie qu'un narrateur écrive « ma sœur était très laide » ? Il s'agit de poésie et l'on fait donc facilement la confusion entre auteur et narrateur. Il n'en reste pas moins que la poésie ici se livre au discours de l'intime.

  4. En parlant des gens, qu'appelle-t-on laideur ? Qu'importe que l'on considère la beauté physique comme en soi ou relative aux conditionnements de notre programmation sociale, nous vivons en considérant que telle personne est agréable à regarder et que telle autre non.

  5. Je note qu'en matière d'esthétique nos goûts changent en même temps que change notre langue. Peut-on considérer que le français des classiques, le français du grand style des XVII et XVIIIème était porteur d'un goût supérieur à celui que sous-entend notre français moderne ?

  6. Le français du grand style est beau en l'usage qu'il fait des règles et des mots ; c'est une manière de jouer joliment des signifiants, cependant que les signifiés vivaient leur vie dans un réel dont nous sommes les héritiers et les critiques.

  7. Que le français du grand style soit beau est un jugement, je crois, largement répandu cependant que d'ici un siècle ou deux, il n'apparaîtra sans doute ni beau, ni laid mais « objet d'étude » à la manière dont nous lisons le français des romans de Chrétien de Troyes.

  8. On pourrait sans doute reprocher aux pouvoirs publics de laisser le français se dégrader ; écrivant cela, je pense à ce français des « éléments de langage » et des expressions anglo-saxonnes qui semble tant réjouir les veaux du pré politique.

  9. Que l'on reproche au gouvernement de ne plus se soucier du maintien d'un français de qualité, fait de la langue un enjeu politique et nous n'oublions pas que si le grand style fut la langue de la noblesse (du Roi comme de La Fronde), il fut aussi la langue de Voltaire et de Rousseau.

  10. Considérer la langue comme un enjeu politique ne légitime-t-il pas que soient étudiés de près la langue technocratique de Macron and Co, la novlangue tant pédagogiste que ministérielle ainsi que les pré-supposés et les connotations du lexique des extrêmes.

  11. Si la langue est un enjeu politique, le ministère de l'éducation nationale ne serait-il pas bien inspiré d'augmenter à tous les niveaux le nombre d'heures de français, au lieu d'en faire parfois un simple auxiliaire d'un enseignement qui n'a parfois que l'apparence d'être professionnel ?

  12. Le constat de cette dégradation du français explique-t-il la prudence de l'Académie française dans ses recommandations et sa défiance envers les différentes réformes de l'orthographe qui, étant donné l'appauvrissement des lexiques, nous semblent souvent malvenues ? L'usage ne précéderait-il plus la norme ?

     

Patrice Houzeau
Malo, le 24 juillet 2020.

18 juillet 2020

EN CETTE BATAILLE

EN CETTE BATAILLE

 

 

  1. Je ne comprends pas pourquoi le président Macron ne procède pas à la dissolution de l'Assemblée. Il en résulterait une majorité probable des Républicains. Malgré un gouvernement de droite, il resterait Président, ce qui lui permettrait d'adopter une posture de sphinx (plus ou moins jupitérien). Il planerait au-dessus des partis et des basses contingences de la vie ordinaire des gouvernements. De quoi attendre sa réélection (il passe bien à l'international) en jouant les juges de paix.

  2. « Plusieurs se sont imaginé des républiques et des Principautés qui n'ont jamais existé », écrit Machiavel traduit par Barincou. Ces Républiques exemplaires, ces Principautés merveilleuses, certains en rêvent encore, pour le plus grand malheur de l'humanité.

  3. « Mais il y a un tel écart entre la façon dont on vit et celle dont on devrait vivre, que celui qui abandonnera ce qui se fait pour cela qui devrait se faire, il apprend plutôt à se perdre qu'à se conserver », a écrit Machiavel. Dans cette bataille infinie là, celle des désirs, la chimère de l'utopie dévore bien des rêveurs.

  4. Défois, la porte, elle est fermée, on comprend pas pourquoi : « Un flot de jour entra. Je m'élançai sur la porte par où cet être était parti. Je la trouvai fermée et inébranlable. » (Maupassant, « Apparition » [le narrateur])

  5. Ce que nous cherchons, ce dont nous avons la nostalgie, c'est ce fugace moment d'exaltation qui précède l'hybris.

  6. Quand on prend des vers pour des larmes, on pleure pour un rien, vaut mieux pas s'adonner à la poésie : « Et les vers de Villon me montèrent aux lèvres, ainsi qu'un sanglot » (Maupassant, « La Chevelure » [le narrateur])

  7. Défois les gens i rient de choses qu'on comprend pas et plus i comprennent qu'on comprend pas, plus i s'marrent : « Quand je relevai les yeux après avoir lu ce message énigmatique, je vis Holmes glousser de joie. » (Conan Doyle traduit par Bernard Tourville, « Le Gloria Scott » [Watson])

  8. Tiens, c'est amusant, dans cette phrase d'Exbrayat, tous les prénoms commencent par « F » : « Félicité marchait en tête suivie de Fabienne et Florence allant côte à côte, Fulvie ensuite et Fanny fermait la marche en compagnie de François. » (Exbrayat, « Félicité de la Crois-Rousse »)

  9. Défois les parfums vous revenant à l'esprit sont si forts qu'on croirait sentir des fantômes.

  10. Défois les gens ont des sourires de cadeau empoisonné. On dirait des politiques, ou des banquiers.

  11. « L'Etat, c'est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi, l'Etat, je suis le Peuple. » Chaque fois que je lis cette phrase de Nietzsche, je me vois dans la tête la massive statuette, forgée dans un métal inconnu et sombre, de quelque dieu ancien et maléfique (ça s'voit à la gueule qu'il fait) d'une nouvelle de Lovecraft.

  12. Les mathématiques sont une stratégie, qu'on peut compter les morts avec : « - Statuerons-nous, alors, dis-je, en disant que c'est un enseignement des plus nécessaires à l'homme de guerre que de pouvoir calculer et compter ? » (Platon traduit par Georges Leroux, « La République », VII)

    Patrice Houzeau
    Malo, le 18 juillet 2020.

17 juillet 2020

CE QUI EST VRAI N'EST PAS FORCEMENT REEL

CE QUI EST VRAI N'EST PAS TOUJOURS REEL

 

 

  1. Un mur zébré d'ombres ; deux personnages à voix basse. L'un porte soie, velours et or ; l'autre une veste et des trous. Leurs yeux brillent ; tous deux ont dague au côté. Sur le mur, tout à senestre, une affiche déchirée proclame : Les serments dans la n... se diss ..vent s...vent.

  2. Dans un paysage de ronces, de terre jaune, de poudre, la bête aux ailes repliées et à la longue queue d'écailles verdâtres ouvre une gueule aux dents acérées. Sur une pierre, des lettres maladroitement gravées : « La chose avant le nom n'existe pas encore. »

  3. Une pièce vide aux murs blancs. Un être (aussi bien Zut que ma pomme, ou l'autre, cet étranger) y réfléchit. Par l'unique fenêtre, on voit passer des feuilles d'arbre, un parapluie, au loin quelque goret volant.

  4. Sur les flots gris, quelque frêle esquif. La silhouette fine et longue d'une jeune fille. Elle pleure et s'adresse à la Vierge. Au loin, on devine les côtes d'une nation hérissée de lances.

  5. Le merveilleux est l'irruption de la synchronie singulière dans la banalité de la diachronie. Le miracle est l'irruption de cette singularité dans une diachronie en péril.

  6. Fées et enchanteurs étant eux-mêmes des figures du merveilleux, le merveilleux est en soi, sans auteur, cependant que le Christ, la Vierge Marie, les saints ne sont pas en eux-mêmes miraculeux, mais source de miracles. C'est là le mystère de la foi.

  7. On notera que l'on prie la Vierge et les saints d'intercéder en notre faveur, mais on ne prie pas le Christ, et c'est à Dieu alors qu'on s'adresse directement, en utilisant souvent les mots de « Seigneur, mon Dieu ».

  8. Même s'il use souvent de l'énigme, le merveilleux est sans mystère, et se déploie comme se déploie un éventail richement orné. C'est un spectacle, une féerie, au contraire du miraculeux qui reste sans autre explication que la présence de Dieu au cœur de l'humain.

  9. Quelle est la vérité du dragon ? Ses ailes, sa longue queue, ses écailles de serpent, les flammes qu'il crache, sa fonction de gardien de trésor et d'adversaire de chevalier. Cependant qu'il n'est pas réel, le dragon a une vérité. Ce qui est vrai n'est pas toujours réel.

  10. Défois, y a des gens, le président il en fait des ministres mès les gens i disent qui zont fait ci ou ça qu'il y a des enquetes en court qu'il est pas bien le ministre genre d'avoir couché avec une femme en échange de son influence ça fet des affaires bizarres du tintouin.

  11. A minima, l'affaire Darmanin, c'est du bizarre et de l'inconséquent. Etait-ce bien le moment pour Macron d'aller dans le bizarre en nommant un ministre (de l'Intérieur quand même) peut-être pas coupable mais en tout cas un peu trop sensible au radada canaille ?
    Il est possible que Darmanin soit tombé dans un piège. Ce qui, en fait, n'arrange pas vraiment son image, et cette faiblesse (a minima sa naïveté, sinon une certaine corruptibilité) devrait l'écarter de tout poste touchant à la sécurité des Français.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 17 juillet 2020.

Publicité
<< < 10 20 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 > >>
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité