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BREFS ET AUTRES
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macron
29 avril 2020

ICI LES CONFINS LES CONFINES PARLENT AUX AUTRES

ICI LES CONFINS LES CONFINES PARLENT AUX AUTRES

1. Pis comment qu'on s'en sort qu'on va finir par donner sa langue au pangolin comme on disait en 2020 avant qu'on se rende compte que mais c'était trop tard.

2. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : Les premiers de cordée sont tombés sur le pangolin – Mascarade en Macronie n'est pas notre projet - Personne ne ment puisqu'on vous le dit – La machine vomit des fantômes – Je répète : La machine vomit des fantômes - Félicie aussi.

3. Bon faut qu'je leur donne du boulot à distance aux apprenants en situation de confinement passque les politiques ça fait des années qu'ils dépensent nos impôts en réformes à se faire jeter les contribuables par la fenêtre et donc : En une vingtaine de lignes, vous expliquerez en quoi l'expérience du confinement a enrichi, ou pas, votre perception de l'autre et a, ou non, changé votre regard sur le monde.

4. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : - Est-ce vraiment la vérité qu'on nous ment – Ma tante dit que c'est la peste mais mon oncle penche plutôt pour le choléra – Tous ceux qui ne portent pas de masques seront démasqués – Je ne prendrai pas de nouilles avec mon pangolin.

5. Est-il vrai que Godzilla va prochainement être remplacé par Pangola ? Faudra que j'demande à Blanquer, lui qui sait tout, j'suis sûr, i saura me renseigner.

6. Ai entendu à la radio que Jean-Michel Blanquer (fonctionnaire modèle) n'excluait pas l'idée d'une réouverture des lycées non pas en juin mais en septembre. Ah tiens il prend les devants. C'est-y pas qu'il commencerait à se rendre compte qu'on lui dit pas tout ?

7. Le matin à la radio y a une espèce de sociologue qui explique à nous autres pauvres crétins qu'nous sommes, le bien fondé des gouvernemances là. Aujourd'hui le prédicologue nous a conté que Macron s'rait tantôt jacobin pis aussi girondin qu'à mon avis l'est plutôt dans l'pétrin.

8. Je ne suis pas tellement choqué que le gouvernement gouvernât à vue ; n'ayant pas vu venir le virus, sont bien obligés de se démerder comme ils peuvent. Les autres génies d'la chose publique d'opposition ne feraient pas mieux. Mais quand même, quelle bande de.

9. Les politiques, ces niais qui comptent sur la bienveillance, la patience, la bonne volonté et la crédulité des Français et qui s'étonnent ensuite de se prendre des gamelles aux élections.

10. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : La réforme est dans la choucroute – Le café-croissant au bar du coin n'est pas pour demain – Le petit Manu énerve le grand Edouard – Ne donnez pas vos sous, vous en aurez besoin – Quand on marche à reculons, on finit par se faire enquiquiner.

11. Alors mon lit m'appela : « Tu viens t'coucher ou quoi ? ». J'écrasai quelques gouvernements dans mon cendrier, finis mon verre d'amère ironie et allai rejoindre mon repose-couenne à caboche.

Patrice Houzeau,
Les Confins, le 29 avril 2020.

 

 

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27 avril 2020

QUAND MEME L'HUMANITE HEIN L'HUMANITE

QUAND MEME L'HUMANITE HEIN L'HUMANITE

1. Elle m'a téléphoné pour me dire qu'elle avait rêvé que j'étais mort mais qu'apparemment j'étais réincarné en basset (et plus très jeune en plus). Moi en « Jean-Saucisse » ? Bah, c'est plutôt lucide.

2. Satire et dérision ne sont qu'exercices de style ; on ne les prend guère au sérieux, bien que. De toutes ces moqueries stylisées, il reste tout de même l'idée qu'il vaut mieux se dépêcher d'en rire plutôt que d'avoir à regretter d'avoir voté pour des gens qui ne sont pas tellement mieux que nous et qui, fatalement, nous déçoivent.

3. Je me demande si Blanquer sera encore ministre à la rentrée de septembre 2020. Le bon sens voudrait que non et que sa réforme (ah le chef d’œuvre dis) soit reléguée aux sottises à oublier mais bon sens et macronisme ne semblent pas toujours faire bon ménage.

4. Honnêtement, parce que je suis de droite, je ne peux être que contre Macron et tout aussi honnêtement, parce que je suis de gauche, je ne peux être que contre Macron.

5. Je souris déjà au discours des inspecteurs d'académie qui, il y a quelques semaines encore, louaient les avancées de la réforme Blanquer et qui bientôt loueront les avancées de la réforme Tartempion bien meilleure (puisqu'on vous l'dit) et qui marque une véritable rupture avec l'touci-touça d'avant.

6. L'éducation nationale, des fois, c'est comme dans certains restaurants, on vous refile de la daube, mais avec un sourire tout ce qu'il y a de plus bienveillant, l'essentiel étant que vous payiez vos impôts.

7. Plus j'avance, plus je me radicalise que j'crois bien que j'vas finir squelette.

8. Parfois, je me dis quelle espérance, quand même l'humanité, mais bon les mots naufrage et sabordage viennent aussitôt me rappeler que je suis ce que je suis qu'c'est pas grand chose mais qu'c'est quand même moi vivant.

9. J'écris pour me faire rire, parce que franchement si j'attends les autres pour, j'ai pas fini d'pleurer.

10. J'aurais aimé être un génie, ça me consolerait d'être moi et d'me dire tous les jours Putain, Houzeau, t'es vraiment trop con.

11. A force d'être confiné tout seul, j'vais finir par me hashtaguer moi-même sur Twitter passqu'après tout j'vaux bien les aut's andouilles là.

12. Ai entendu sur France Inter qu'à l'avenir, le judo aurait un « rôle à jouer », « le respect des distances euh... » (sic). Ai éclaté de rire. La bienveillance, c'est vraiment pas pour moi.

13. On ne devrait pas écrire « A force d'être utiles, ils vont finir squelettes » non c'est pas bien on ne devrait pas écrire ça c'est vraiment pas bien franchement Houzeau c'est pas bien hein.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 27 avril 2020.

 

 

 

 

26 avril 2020

ZEBULON POLLUX ET LA DEUXIEME VAGUE

ZEBULON POLLUX ET LA DEUXIEME VAGUE

1. J'apprends par France Inter que Michel Onfray a récemment contracté la dengue même qu'on l'a diagnostiqué coronaviré oh la la déjà qu'il faisait de la philosophie y en a quand même i sont marqués hein.

2. Pour justifier la fermeture des établissements scolaires, on a tellement raconté que c'était par les enfants qu'il passait, le vilain virus bouh qu'il est méchant que maintenant bon courage pour convaincre les parents de les renvoyer dans les bahuts, les élèves.

3. J'apprends par France Inter que les experts ne sont pas d'accord sur la probabilité d'une deuxième vague du virus. Je commence à avoir l'impression qu'il y a autant d'avis sur le covid-19 qu'il y a d'experts. Bon, faut demander son avis à Blanquer afin de faire le contraire de ce qu'il préconise. A mon avis, ça devrait l'faire.

4.  Un collègue m'a confié qu'à son avis l'éducation nationale telle que nous la connaissons ne survivrait pas à la pandémie. L'éducation nationale, je ne sais pas. Par contre, la crédibilité de Blanquer, déjà pas bien portante (because très sotte réforme), sûr qu'avec le covid, la v'là enterrée.

5. En avril 2020, on se demandait si la nicotine ne protégeait pas une partie des fumeurs de l'étrange infection venue d'ailleurs appelée covid-19. Me suis demandé en m'serinant du Gainsbourg si dieu était un fumeur de havanes et me suis rappelé que c'était une idée qui courait dans l'opinion avant même qu'on soit confiné.

6. Me suis rappelé qu'avant le confinement, alors que j'allais prendre ma pause cigarette, (j'allais DEHORS, tu te rends compte!) des collègues m'ont dit qu'ils avaient entendu dire que les fumeurs étaient parfois moins gravement atteints par le coronavirus que les autres, au grand dam d'une autre bien pensante qui s'est écriée qu'elle ne voyait vraiment pas pourquoi. J'ai eu beau lui faire remarquer que la nature était pleine de mystères qui nous dépassaient, l'a pas eu l'air convaincue.

7. Lors l'expert Zébulon (il a du ressort) s'écria Tournicotine-tourniquota et le président Pollux prit son meilleur accent anglais (l'est réputé pour, l'animal) et déclara « Alors là je ne comprlends plus du touw, du touw, du touw ! ».

8. Non, Monsieur Houzeau, je ne pense pas que, en ce qui concerne le lancement de notre dernière marque de cigarette, un logo en forme de pangolin fumeur soit vraiment une bonne idée. Une chauve-souris non plus d'ailleurs.

9. Au début du confinement (17 mars), il était de bon ton de critiquer la Suède (à ma connaissance, le seul pays d'Europe à n'avoir pas rendu le confinement obligatoire) et puis, le 26 avril, on cherche des explications au fait que, pour l'instant en Suède, il y a nettement moins de morts que prévu.

10. En avril 2020, on se posait bien des questions sur l'organisation du retour en classe prévu pour le 11 mai (problème des transports scolaires, des cantines, des masques...). Me suis rappelé que lors de son allocution du lundi de Pâques, Macron nous avait parlé comme s'il était comme nous.

11. A l'annonce d'une éventuelle deuxième vague d'épidémie covidienne, j'ai pensé que le truc avec les jeux d'andouille c'est qu'en général quand ça commence y a pas d'raison qu'ça s'arrête.

12. En tout cas, au grand prix international Pinocchio 2020, va y avoir pléthore de nominés. Je propose l'attribution d'un Pangolin d'honneur aux virtuoses du tour de passe-passe intitulé « Y avait des masques et y en a plus ».

13. A force de «simples réévaluations doctrinales » (c'est ça qu'il a dit, l'autre), vous verrez qu'à l'avenir, on va finir par diviser la France en zones de confinement/déconfinement » et qu'ça va remplacer les zones de vacances scolaires moi j'vous dis.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 26 avril 2020. 

25 avril 2020

LE VIRUS L'ANODIN ET AUTRES QUE J'ME DISAIS BIEN AUSSI

LE VIRUS L'ANODIN ET AUTRES QUE J'ME DISAIS BIEN AUSSI

1. En avril 2020, le premier ministre dit que la vie après le déconfinement du 11 mai ne serait pas exactement la même que celle d'avant qu'on soit presque tous à tourner en rond en écoutant tout scontradictoire là dans les informations j'avais du mal à m'concentrer sur la télé.

2. J'avais du mal à trouver si drôle que ça la plupart des comédies J'ai bien ri pourtant en revoyant « La Septième Compagnie au clair de lune » Le virus était dans l'air et le temps empoisonné.

3. A la radio j'entends que l'on a préféré l'endettement à la faillite, me suis demandé de combien de faillites serait payé cet endettement, me suis haussé les épaules pouvait-on faire autrement ? Sur la couverture de l'Obs on voyait Macron masqué.

4. A la radio j'entends personne ne sait si les avions recommenceront à voler j'ai pensé à Comme un avion sans ailes de Charlélie Couture On disait que l'immunologiste Anthony Fauci n'hésitait pas à contredire Donald Trump j'ai pensé que Donald était un prénom propice aux couacs.

5. Le 19 avril 2020, à Tel-Aviv, manifestation de plus de 2000 personnes dit-on avec distanciation sociale et masques je me suis dit qu'en France il y aurait bientôt des manifestations un peu partout que ça remplacerait les festivals annulés peut-être j'me goure.

6. Depuis que je me suis remis à écrire, je ne me souviens plus de mes rêves. C'est comme si l'écriture me tenait lieu d'imaginaire. A moins que tantôt, dans le désert de ma tête, un lancier surgisse et me foudroie.

7. En avril 2020, on disait que bon nombre de distributeurs de billets gérés par La Poste ne fonctionnaient pas On disait aussi que le métier de politique était très difficile je me suis dit que plongeur soudeur c'était aussi un métier très difficile.

8. En 2020, j'ai pensé que j'avais très souvent vécu avec des chats, des chiens et maintenant que me v'là tout seul du coup je regarde le cirque politique petits êtres savants faisant leur tour de piste jadis j'aimais bien Le Plus Grand Cabaret du Monde de Patrick Sébastien.

9. Je me suis dit que si l'on ne s'intéresse pas à l'Histoire, tôt ou tard, l'Histoire s''intéresse à nous. En général, on remplace le mot Histoire par le mot politique. Je me demande qui a dit ça mais je ne cherche pas je vais faire des courses en avril 2020 ce n'est plus une occupation si anodine.

10. Je me souviens avoir dit à un collègue que j'aurais aimé être laconique et mystérieux façon guerrier d'un Nord ancien alors que je suis bavard comme une pie latine. Je regrette que mon métier me donne tant de choses et autres à dire mais sans lui, je ne parlerais plus qu'à mon ombre.

11. En avril 2020, on dit que l'armée française a acheté de la chloroquine en Chine qu'on se dit c'est bizarre qu'on dit pourtant qu'la chloroquine contre le covid c'est pas probant qu'on pédale dans l'étrange qu'on mirage dans la choucroute qu'on s'hallucine du ministère qu'ça doit être si, en cas de, on verra bien.

12. En avril 2020, on parle de morts subites et solitaires au Japon. Dans l'Obs, François Forestier évoque avec talent le « Touchez pas au grisbi » de Jacques Becker (1954). Sur France Inter ulule la hulotte grand yeux noirs, grands yeux jaunes le hibou tout est plein d'yeux autant que de trous.

13. Ils ont continué à y vivre, à garder le pays, sans rien y changer puis ils disparurent et d'autres sont venus, barons d'un lointain souverain qui ne se préoccupe plus depuis longtemps du sang dans les murs, ni des âmes mortes dans les pièces.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 25 avril 2020.



25 avril 2020

AH DIS COMMENT QU'ON S'IMAGINAIT

AH DIS COMMENT QU'ON S'IMAGINAIT

1. Pas besoin de continuer, il avait pigé qu'la récidive était certaine, du coup hein que tant va la cruche à l'eau... C'est cinglé et pourtant pas beaucoup d'doute, qu'on y est dans l'serial, le perdurant, la crise en continu, l'inéluctable à nédboeu.

2. Fin 2019, on évoquait une « gauche de la gauche marginale » pis hyperactive (gilets jaunes black block and co) Mario Draghi on le surnommait « Super Mario » en raison du « whatever it takes » qu'il a dit que j'lis on publiait des photos de Marie Laforêt, je me disais qu'elle était jolie elle venait de nous quitter.

3. En 2020, on se demandait combien il y aurait de morts, puis combien de faillites, puis si on pourrait partir en vacances (pas moi je ne vais jamais nulle part).

4. Fin 2019, on parlait de Nasrin Sotoudeh incarcérée en Iran depuis 2018 et des manifestants devant l'ambassade d'Iran réclamaient la libération de l'avocate C'est aussi l'année de parution de « La Panthère des neiges » de Sylvain Tesson je ne l'ai pas lu bah tant pis.

5. En 2020, on s'en est bien rendu compte là, que les dirigeants d'la 6ème puissance mondiale étaient incapables de prévoir une épidémie pourtant annoncée et que le nécessaire manquait aux soignants alors qu'on avait gaspillé argent et énergie à des réformes imbéciles.

7. En 2020 j'ai pensé qu'ils avaient vraiment des têtes de, nos politiques et inutile voire dangereuse qu'elle était l'ENA Je ne suis pourtant pas gauchiste mais je n'aime guère les prétentieux du reste je n'aime pas grand monde.

8. En 2019 on parlait de « l'amie mystérieuse de Benalla » et d'un coffre « mystérieusement envolé » J'ai pensé à la soi-disant rupture avec l'ancien monde que Macron nous avait vendue. En 2020 Benjamin Griveaux a fait dans l'acte manqué et s'est pour longtemps ridiculisé.

9. En 2018, nous étions nombreux à nous demander quelle était la nature exacte des relations Benalla-Macron qu'on a soupçonné des mœurs qu'on avait beau se dire non quand même, i persistait le doute.

10. Fin 2019, on rappelait qu'en 1989 ils étaient nombreux les réfugiés est-allemands à demander l'asile politique à l'Ouest En 2017 j'ai eu peur du retour d'une gauche totalitaire je n'ai pourtant pas voté : trop loin trop cher.

11. En 2019 on prospectivait qu'si ça se trouve en 2049 on ne travaillerait quasi plus du tout because robots et intelligence artificielle puis en 2020 le covid-19 nous a rappelé l'importance des livreurs, des caissières et qu'on ne peut pas aimer un robot.

12. A l'heure où j'écris (25 avril 2020) on parle du retour de Strauss-Kahn je me dis on se fout de not' gueule pis que Macron a vraiment trop une tête de premier de la classe alors je me hausse les épaules et j'me dis laisse ce sont vraiment des.

13. En 2020, j'ai dû reprendre un ordinateur j'voulais plus écrire c'est si vain sans talent J'm'entêtais du Baudelaire et des listes de mots saxons j'achetais régulièrement d'la mozzarella pensais à l'absurdité de la réforme Blanquer, buvais du schweppes, du café, du rhum.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 25 avril 2020.







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20 avril 2020

PLUS D'MON TEMPS POIL AUX DENTS

PLUS D'MON TEMPS POIL AUX DENTS

1. « Ce mystère, cette énigme... » que j'entends sur France Inter à propos de la créativité de Gainsbourg et de Dylan bin oui mais bon c'est surtout énigmatique qu'on n'est ni dans leur vie ni dans leur peau qu'à mon avis ça s'explique quand même le talent aux confins du génie.

2. « on est très aux aguets les uns des autres » : entendu itou sur France Inter qu'on ne peut mieux dire que le covid nous apprend à se méfier genre fini la bise entre mecs (remarquez que j'ai jamais été trop fan).

3. Véloce contagiosité oblige, l'hypocrite et quotidienne bise entre collègues va donc disparaître. Va-t-on finir par se saluer par une flexion du tronc comme on le voit dans les films de Ozu ?
Note : je me demande, en ces temps de videographie et de réseaux sociaux galopants, qui s'intéresse encore aux films de Yasujiro Ozu ?

4. Je ne suis plus de mon temps, et sans doute depuis longtemps. Le télé-travail m'a obligé à me réabonner à internet. Je ne voulais même plus d'ordinateur. Le covid m'a éloigné de mes Hugo Pratt en noir et blanc.

5. Dans son intervention du lundi de Pâques 2020, Macron, l'était plus du tout martial. C'est vrai qu'il nous avait flanqué le doute avec son opération « Résilience » là qu'on se demandait si on allait pas voir bientôt des militaires à chaque carrefour. Non, il a été nettement plus bienveillant. En a-t-il été plus sincère plus autant ? A-t-il été franc, Macron ? (Oui, je sais, c'est pas bien et j'ai honte).

6. Le français est une langue magique (si si), et c'est bien pour ça que je me félicite de la pratiquer au lieu de pratiquer l'anglais du commerce et des jeux videos, l'anglais de Macron quoi.

7. Je suis tellement de mauvaise foi que si je lisais mes brefs sous la plume d'un autre, je m'écrierais certainement Non mais quel culot !

8. Le temps passe trop vite ! Comment ça s'fait ? Je viens de passer mon bac et dans moins de dix ans pim pam poum la retraite.

9. Les prochaines présidentielles, qui qui va être élu ? Macron ? - Pas sûr. Oui, mais bon, est-ce qu'ils veulent réellement du pouvoir, Mélenchon et Marine ? J'ai des doutes. Quant aux autres euh... sont bien gentils.

10. Les partis extrémistes, c'est pratique : ça permet d'encarter, cadrer (voire recadrer parfois) et pis de pister aussi tous les agités du bocal que sinon y aurait quand même des risques dans le genre clandestin activiste.

11. C'est un secret de polichinelle (non, je ne parle pas de vous, Blanquer), c'est un secret de polichinelle donc que le très avisé Jean-Marie Le Pen ne voulait pas le pouvoir et qu'à chaque fois que son parti montait dans les sondages, il faisait l'andouille, dépassait les bornes, histoire de faire baisser la pression électorale. Défois j'me demande si Marine et Mélenchon font pas la même chose hein dis.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 20 avril 2020.

 

 

14 avril 2020

OPERATION PANGOLIN ET AUTRES FANTAISIES

                                  OPERATION PANGOLIN ET AUTRES FANTAISIES

1. Blanquer (Jean-Moumou) a parfaitement raison : on est la nation apprenante. Même l'Etat est apprenant. Et sont méritants, au gouvernement, parce que question comprenette, c'est pas toujours ça hein.

2. Remarquez qu'en 2017, j'ai soutenu macron sur twitter mais j'ai pas voté pour lui : fallait que j'prenne le train et j'avais plus beaucoup d'sous pour payer le ticket. Du coup, maintenant, je suis plutôt content de n'avoir pas voté pour.

3. Du reste, en général, je ne vote pas. On y croise trop de gens, dans les bureaux de vote, et maintenant que je sais qu'on peut s'y choper des virus inconnus et autres aliens microscopiques, c'est pas demain la veille que j'irai donner ma voix à un autre inconséquent..

4. Si un jour quelque bon apôtre gouvernemental rend le vote obligatoire, bah quitte à voter pour un bavard quelconque, je voterai pour moi.

5. Je ne sais quel ministre a promis que la crise du covid ne sera pas suivie d'une augmentation d'impôts. Ah tiens, vont donc augmenter les taxes et nous rendre éligibles à des tas de droits aussi obligatoires que payants...

Note : En fait je sais qui, c'est Bruno Le Maire qu'a dit ça mais à mon avis il a dit ça pour pas plus nous chagriner, tout anxieux confineux qu'on est... il est gentil, Bruno le maire, et pas plus bête qu'un autre remarquez.

6. Zut en colère très trépignante me dit : « Arrêtez de me « rendre éligible », arrêtez de me refourguer des trucs et machins « dédiés » , arrêtez de « convoquer » tous ces philosophes là, arrêtez d'exercer votre « gouvernance bienveillante » et d'me la rendre « apprenante » ma pauv' nation, ou j'vas finir par black bloquer moi. »

7. On se souviendra que Benjamin Griveaux (le roi du cinéma vérité) fut le premier confiné de France. En fait, c'est un visionnaire, c't'homme là.

Note : je lis quelque part que Griveaux fut jadis un collaborateur de Dominique Strauss-Kahn. Je ne suis pas étonné.

8. Pangolin... pangolin... vous voulez dire « l'Opération Pangolin » ?

      - Monsieur Houzeau, vous versez dans le complotisme !

      - Absolument, c'est tout d'leur faute, au whisky écossais, pis aussi au rhum antillais.

9. Bon, résumons, donc voilà un virus inconnu et hyper contagieux qui passe par les mômes, asphyxie les personnes âgées (et pas que), affaiblit plus ou moins la moitié de l'humanité, semble transmissible à l'animal, semble rester en suspension dans l'air, persiste sur les surfaces, met à genoux l'économie mondiale et fait craquer les bourses. Fichtre ! Et elle en a beaucoup comme ça dans ses laboratoires, la Mère Nature ?

 

10. Encore la France, c'est sûr que le covid lui flanque une sacrée gifle, mais le reste du monde là, le reste du vaste monde que crise après crise, guerre après guerre, épidémie après épidémie, y a comme des continents qui vont encore plus souffrir pis déjà endettés. C'est pas seulement des réfugiés politiques, et des climatiques qu'on aura mais aussi les rescapés des virales épouvantes.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 14 avril 2020.

 

14 avril 2020

LE MONDE D'APRES LA PANDEMIE NE SERA PLUS LE MÊME IL SERA PIRE

LE MONDE D'APRES LA PANDEMIE NE SERA PLUS LE MÊME : IL SERA PIRE

1. Edouard Philippe, premier ministre à sang froid, est un homme qui ne s'exclame pas. Il n'en est d'ailleurs pas plus interrogatif et toutes ses phrases se terminent par un point.

2. Son père était un brave homme ; sa mère gentille comme tout. Ils furent longtemps et souvent couillonnés. Il les venge sans cesse : il est né en colère et vipérin.

3. Alors, la fée se pencha sur son berceau... Après quelques instants de réflexion (il y eut un assez long interlude d'anges en ribambelle), la fatidique marraine (j'emprunte cette expression à Baudelaire) déclara : « Bon, malgré tout, il vivra hein, cet enfant. »

4. S'étant toujours assez bien moqué du monde, il devint enseignant.

5. Les enfants étant cruels et les enseignants sommés d'être de plus en plus bienveillants, m'est avis, mon cousin, qu'on est pas sorti d'l'auberge.

6. L'optimiste béat, le bienheureux humaniste, bref le pigeon de bonne volonté voit le monde comme une auberge dans laquelle il entre en refusant de voir les couteaux qu'on y aiguise et les yeux fiévreux de l'aubergiste.

7. Défois y en a des tout biscotteux ; i s'effritent dans leur café ; ça fait des oeilles dedans à la surface qu'en penchant le bol, on dirait qu'ils ont le mal de mer.

8. C'est un homme qui ne souffre pas d'exception, sauf lui-même.

9. Les gens qui ne l'aiment pas ne savent pas à quel point ils ont raison et à quel point il leur en veut.

10. Le monde d'après la pandémie covid 19 ne sera plus le même : il sera pire.

11. La crise du covid 19 c'est la foire à la bonne volonté : non seulement l'imprévoyance de l'Etat les rend malades (à en crever même) mais vous verrez qu'en plus la philanthropie, l'humanisme et la Sainte Résilience leur piqueront leurs sous.

12. Telle de nos aînées qui allant chaque jour montrer quelques mots affectueux sur une ardoise à la fenêtre de son mari confiné dans un EHPAD, lui faire un petit coucou à distance quoi, s'est vu signifier, pour ne pas avoir respecté le cordon sanitaire en période d'épidémie ministérielle, une amende en bonne et due forme par un de nos plus zélés agents de la force publique (à ce niveau, ce n'est plus du zèle, c'est de la virtuosité) ; telle voisine serviable rapportant un poste télé à une personne âgée solitaire et dont la boîte à images mouvantes et à têtes à Macron venait de mourir d'obsolescence programmée, s'est pris, m'a-t-on dit, 300 euros payables à l'Etat (lequel sait si bien utiliser nos sous) pour achat d'un produit non essentiel en période d'épidémie de prunes salées. J'en viens à me demander si, profitant de ces temps malheureux pour se répandre encore plus vite que d'habitude, la bêtise ne va pas finir par tuer plus de gens que le covid.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 14 avril 2020.

13 avril 2020

LEGER COMME LA PROMESSE

LEGER COMME LA PROMESSE

1. Non, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de prendre l'accent belge quand on mange des frites, ni l'accent italien quand on slurpe des spaghettis, ni l'accent écossais quand on siffle un whisky, pas plus d'ailleurs qu'on doit prendre une tête à claques de président de la république française n'ayant pas prévu qu'un virus puisse venir décimer le monde.

2. Non, je ne suis pas incorrigible mais bien encore risible, me fis-je avec l'énergie de tout mon je n'écrirais pas désespoir car je préfère les abricots.

3. Dans l'enthousiasme, il la lança en l'air, sa tête, laquelle retomba sur le pavé avec un grand bruit creux, de ce creux vaste et profond dont on fait les inspecteurs d'académie.

4. Quand je serai dictateur (ce qui ne saurait tarder étant donné l'état de décrépitude de la plupart de nos démocraties contaminées), j'interdirai qu'on publiât des romans de plus de trois pages. Vous verrez que si on les oblige vraiment, tous ces pompeux bavards sauront faire court, vif et concis (surtout s'ils ont du talent, ce qui n'est pas assuré pour tous).

5. Alors Macron mit son masque de macron et alla macronner le monde. « Bin mince alors ! » fit Fantômas plein de jalousie et du ressentiment qu'éprouve le philosophe à l'égard de la pin-up citant Kierkegaard dans le texte.

Note ; je sais bien qu'on ne dit plus « pin-up » mais « bimbo » mais que voulez-vous, je suis resté bloqué dans les années 80 (du 20ème siècle, je le précise pour mes lecteurs d'un futur que je sais éclairé car je suis socialiste et lointain car je suis aussi visionnaire qu'un réformateur de l'éducation nationale ; c'est vous dire que je suis un homme de qualité).

6. « Badaboum ! » fit la grosse caisse. « C'est le cas de le dire » firent en choeur le président, sa tête à claques et bien des marcheurs marchi-marchant par là.

7. Plein de remords, il en eut l'âme toute crucifiée, mais allez trouver les clous pour, vous... aussi son âme glissa-t-elle de sa croix métaphysique aussi légère et vaine qu'une promesse électorale.

8. Plus le confinement avance, plus je me fais l'effet d'un légume en conserve.

 - Un cornichon dans un bocal vous définirait mieux, Monsieur Houzeau.

9. Petit Poucet allait avec en poche les petits astres jaseurs qu'il avait coutume de semer pour retrouver le chemin de son retour. 

10.Fanfare frénétique : les tubas s'entubèrent  ; les fifres s'affriolèrent ; les cuivres rutilèrent au couchant du jour (Ah le rutilement des cuivres au couchant). 

Note : Réminiscence tiens d'un poème de Verlaine :

« Les faux beaux jours ont lui tout le jour, ma pauvre âme,
  
Et les voici vibrer aux cuivres du couchant. »

11. Défois on est traversé par un genre de fantôme froid, un genre de glace-cœur, qu'on a du mal à les attraper, les petites flammes aux mirettes qu'on croise.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 13 avril 2020.

 

12 avril 2020

EH OUI MON CHER FANTASIO NOUS NON PLUS AU DEBUT ON Y A PAS CRU

EH OUI MON CHER FANTASIO NOUS NON PLUS AU DEBUT ON Y A PAS CRU

1.Entendu sur France Inter cette très bonne formule : « Je me souviens du temps où Macron méprisait les caissières et les gens qui ne sont rien ».

Notes :

a) Faut être juste, il ne parlait peut-être pas des caissières, mais tout de même, y a cette expression de « premiers de cordée » qui a laissé des traces. Comme quoi, certains capitaines d'industrie et aussi quelques hyper-diplômés technocratiques en ce moment d'anxiété latente sont moins utiles que caissières, infirmières et infirmiers, aide-soignantes, livreurs et tout ce petit monde des gens ordinaires qui permet à not' pauv' société de continuer à tourner.

b) « Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien », qu'il a déclaré en juillet 2017, not' bon maître dans un laïus pas très clair et assez prétentieux (ah tiens comment ça se fait). Bon c'est le genre de phrase assez vague pour ne viser personne en particulier (sauf les SDF et les migrants) et dont on sent bien pourtant qu'il y a quelque mépris dedans que, quitte à mépriser le monde, Monsieur, on ne se fait pas élire, on reste chez soi à écrire des conneries en écoutant du Frank Zappa et en se faisant cuire bien des œufs.

2. J'ai pensé qu'après l'covid, fin mai-début juin, les molotovs allaient voler bas entre République et Nation (apprenante, j'peux pas m'en empêcher, c'est trop drôle) et puis non, vous verrez que notre excellent gouvernement mettra bien plus d'habileté à empêcher des troubles prévisibles qu'il en a mis pour prévoir la pandémie actuelle.

Notes :

a) Je me dis même qu'il est possible que Macron soit réélu président (à condition qu'on soye pas tous plus ou moins défuntés du covid avant) parce que bon Macron, c'est pas grand chose, mais en face y a quasiment rien. A moins bien sûr que les Français décident que, quitte à être confinés, autant voter pour des gens qui ont déjà dans leur programme bien des raisons de limiter nos libertés.

b) En ce dimanche de Pâques, il se dit à la radio que notre Président Emmanuel Macron s'apprête à annoncer demain lundi un rallongement du confinement et vu qu'on a l'impression que la pandémie est loin d'être finie, on en vient à se demander dans quel état on en sortira de c't'affaire.

3. Avec cette crise sanitaire revient le spectre de l'installation d'une dictature plébiscitée, c'est-à-dire exigée par le plus grand nombre. Je fais crédit au gouvernement d'Edouard Philippe : pour l'instant, les règles de la Constitution sont ou en tout cas semblent respectées. Mais je crains que les prochaines élections profitent surtout aux extrémistes de gauche comme de droite, sans compter les zélateurs de l'écologisme, du pédagogisme, les collapsologues de tout poil et tous ceux qui pensent que, tout compte fait, la surveillance généralisée vaut mieux qu'une liberté mal employée.

Note : à chaque fois que je glisse un « c'est-à-dire » dans une phrase, je pense à de Gaulle. Ce que c'est quand même que d'avoir passé son bac.

4. « Oui, je rangerai des squelettes dans un hémicycle et je constituerai un Parlement. » (Michel de Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre »)

5. Pis bien sûr que le Covid-19 nous rappelle que la grande patronne, c'est la Mort, elle qui se fout de tous nos efforts de vivants.

6. Comme je suis né pas très riche et que je vois que je mourrai pareil, y a que les gens qui ont un peu de sous, j'ai quand même du mal hein avec ces gens-là mais c'est évidemment l'affreuse jalousie qui me cause dans la bouche que j'fais rien qu'à pas beau cracher.

7. Tout compte fait, je trouve que le verbe « vipériner » est un des plus beaux de ma langue française.

Note : Je dis ma langue française parce que j'ai la prétention de ne pas écrire la langue de tout le monde, ah ouiche et zut alors.

8. - « Ça, je savais déjà !! Mais d'où sort le zombie là » [Spirou in Virus de Tome et Janry]

      • Bin tiens, de la « République En Marche »

9. « Sur la banquise, pas mal de monde avait besoin d'un miracle ce jour-là... » [le narrateur in Virus deTome et Janry]. En ce moment, y a pas que sur la banquise que pas mal de monde voudrait bien qu'un miracle advienne (que pourra qu'on se dit quand on les écoute nos chers politiques).

10. Ah bin dame qu'ils nous coûtent cher, les politiques ! Nous prennent nos sous (pour notre bien qu'ils disent) et quand faut réparer leurs bêtises, ils endettent le pays qu'en fin de compte qui c'est-y qui va payer hein ?

11. « Une maladie inconnue ? C'est d'un burlesque ! Vous avez intérêt à trouver quelque chose de plus convaincant ! » [Fantasio dans le prémonitoire et épatant Virus de Tome et Janry].

- Eh oui, mon cher Fantasio, nous non plus au début, on y a pas cru.

12. - « Pas d'affolement ! Tout le monde dehors ! » [Un shérif in « Jerry contre KKK » de Jijé et Lob]

- Ah non, man, pas d'affolement et tout le monde dedans !

13. « Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux » [Baudelaire]
      Qui s'en va boire un coup en tintinnabulant.

14. « Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts »
      
Ah Baudelaire il a toujours le mot pour rire.

15. Dans l'affaire du cintre empoisonné, le seul témoin étant le manteau, le détective se perdit rapidement dans des conjectures dont il ne revint jamais.

16. « Je ne peux pas m'empêcher de penser que... » mais si, mais si, faites donc un peu de politique et vous verrez vite que vous pouvez tout à fait librement vous empêcher de penser.

17. Le serpent ne portant pas de robe, il était donc impossible à dérober. Et pour le voler, il eût fallu des ailes (je me demande si j'écris correctement), là encore le détective ne remonta que difficilement de l'abîme de réflexion où il était tombé en criant « Marmelade ! Os, ossements, bouillie, bouillie, bouillie ! ». Ce qui se révéla exact.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 12 avril 2020.

 

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