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25 juin 2020

CHRONIQUE DU 24 JUIN 2020

CHRONIQUE DU 24 JUIN 2020

 

 

  1. Au soir du 24 juin 2020, il semblait à beaucoup de Français que nous étions dans l’œil du cyclone et que l'épidémie du Covid reprendrait bientôt sa sinistre moisson.

  2. En juin 2020, sans que cela fût dit dans les médias, beaucoup commençaient à le trouver « bizarre », ce virus qui, tel un missile attaché à sa proie, allait, venait, zigzaguait, comme mû par on ne sait quel programme.

  3. Si l'épidémie reprenait en France, que ferions-nous ? Un confinement tel que nous l'avions vécu ces derniers mois serait fatal à notre économie. Sans doute faudra-t-il tester massivement, se masquer, et apprendre à vivre avec l'ennemi.

  4. Si j'étais actuellement au pouvoir, je m'assurerais qu'en cas de deuxième vague du Covid, nos hôpitaux auraient assez de lits, de personnel et de matériel nécessaires ; je m'assurerais aussi des stocks disponibles de masques et de tests, et aussi du soutien de l'armée.

  5. En théorie, la majorité actuelle ne peut plus gagner aucune élection, la crise sanitaire qu'il a, par son imprévoyance, en partie provoquée, étant suivie d'une crise économique dont chacun peut mesurer chaque jour les premiers ravages.

  6. Il se pourrait qu'une deuxième vague de Covid fût fatale à certaines de nos institutions. Outre le discrédit qui s'abat sur nos politiques, jugés imprévoyants, sinon menteurs, qu'en sera-t-il de la légitimité des forces de police, de l'enseignement supérieur, du législateur, du candidat ?

  7. Cette crise du Covid aura été aussi une crise de l'expertise. Nul besoin de citer aucun nom pour se souvenir des errances de la parole, des à-peu-près d'autorité, des semi-mensonges et des demi-vérités que nos « experts » ont répandus non sans conviction dans tous les médias.

  8. Je me demande quel sera le nombre de suicides imputables aux conséquences de la crise sanitaire doublée de la crise économique. Je me demande s'il y aura un seul politique pour reconnaître qu'en effet sa part de responsabilité est loin d'être petite.

  9. Il est aussi que cette crise du Covid sera sans doute à l'origine d'une crise des frontières. Le chômage montant, les Français accepteront-ils encore autant de migrants et de travailleurs étrangers sur leur territoire ?

  10. Il est bien entendu possible qu'une forte montée du chômage provoque quelque colère chez les « apprenants », lesquels vont finir par se demander pourquoi on leur fait faire autant d'années d''études alors qu'ils pourraient beaucoup plus vite apprendre leur métier.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 juin 2020

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22 juin 2020

DES FOIS QU'ON SE DIRAIT NOBODY'S PERFECT

DES FOIS QU'ON SE DIRAIT NOBODY'S PERFECT

 

 

  1. Entendu dans le film « Meurtre au soleil » de Guy Hamilton : « On ne diffame pas les morts ». Ce qui veut dire qu'on « ne doit pas dire du mal des morts » autant qu'il est possible de diffamer des personnes qui ne sont plus là pour se défendre.

  2. Ai pensé qu'il y avait « nobody » et ai pensé que « nobody's perfect ». Voilà à quoi ma cervelle s'amuse.

  3. J'aime bien « Meurtre au soleil ». Certes pas un chef d’œuvre, mais Peter Ustinov y interprète un Hercule Poirot assez crédible dans son ridicule et puis, il y a Diana Rigg dedans et tout le monde aima voir Diana Rigg jouer.

  4. L'humain est en lui-même une expérience de pensée.

  5. Je n'ai pas très bien vécu le confinement et l'expérience de l'enseignement à distance ne m'a pas convaincu. Le déconfinement m'est lui aussi assez amer et c'est avec peu de plaisir que me voilà tenu de croiser tant de gens qui ne me sont rien et moins que.

  6. Au fond, j'aime assez l'idée que la plupart de nos échanges soient basés sur des services marchands. On peut ainsi s'en tenir à la stricte politesse. Je crains le monde associatif et sa morale citoyenne et fatalement intrusive.

  7. Il n'y a guère que l'échéance de la mort qui puisse empêcher l'ami de finalement vous trahir.

  8. Ce n'est guère que par l'espoir d'un retour de la croissance économique que le monde de l'éducation tient encore debout. Je crains qu'une forte hausse du chômage ne finisse tout de même par obliger lycéens et étudiants à aller donner de la voix dans les rues.

  9. L'éducation nationale est de plus en plus administrative et collaborative. Aussi l'individualisme et la singularité y sont de plus en plus mal vus au profit d'une gestion bienveillante de l'obtention d'un maximum de bouts de papier appelés « diplômes » parce qu'il faut bien leur donner un nom.

  10. Chaque réforme de l'éducation nationale me donne le plaisir d'assister à ce spectacle toujours réjouissant de la victoire de l'esprit de sérieux, de l'enthousiasme plus ou moins feint et du très grand zèle administratif dont certains chefs d'établissement sont capables.

  11. Mes élèves sont inquiets. Ils savent que quelque chose ne tourne plus très rond dans le social. Ils théorisent fort peu et se méfient du désordre et des émeutes ; sans être extrémistes, loin de là, certains se disent patriotes. Je sens bien qu'ils regrettent une France dont ils ont entendu parler et qui n'existe plus.

 

Patrice Houzeau,
Malo, le 22 juin 2020.

19 juin 2020

INTER NOS

INTER NOS

 

 

  1. « Le long fil de l'oubli se déroule et se tisse »
    (Michel Houellebecq, « Poésies »)L'oubli annihilant tout, que reste-t-il sinon la musique du vers. Cette idée aussi du rébus que ça fait, le puzzle en miettes de souvenirs.

  2. Ai évoqué avec une collègue des souvenirs de nos origines (nos familles sont du même coin). On hésite sur les noms, les prénoms, les années, les lieux mêmes. L'humain, ah l'animal, l'hésitant, le nostalgique.

  3. Evoquant avec une collègue des souvenirs sur l'origine de nos familles, soudain un doute me prend. M'aurait-on menti ? La vérité serait-elle plus âpre ? Le roman familial recèlerait-il un poison plus lent et plus violent ?

  4. La modernité bureaucratique tend à éradiquer nos appartenances, nos identités au profit d'un illusoire « vivre ensemble ». Heureux le technocrate qui n'a de foi qu'en la raison administrative et refuse de regarder ce que furent ses familles.

  5. Ai évoqué cet oncle Albert, de Gognies-Chaussée qui disait : « Je ne me déplace pas. Qui veut me voir, la porte lui est ouverte. » Ai pensé qu'un tel mode de vie paraît aujourd'hui archaïque, sinon féodal. J'envie cette libéralité de seigneur qui lors était encore loisible à l'humble oncle Albert.

  6. Je me souviens de Bernard Jeu qui nous enseignait que les structures mentales de bien des familles du Nord étaient déjà en place à la Renaissance. Il était assez intelligent pour ne pas s'en offusquer ; je crois qu'une telle idée est aujourd'hui peu « politiquement correcte ».

  7. J'imagine l'effarement de Rimbaud quand il prit conscience que ce n'était qu'en apparence qu'il vivait dans un monde hérité des Gréco-Gallo-Romains, mais qu'en fait, sa propre structure mentale était un mélange de christianisme naïf et de barbarie saxonne.

  8. Ceux que les Romains appelaient les Barbares constituèrent aussi notre identité. Nous fûmes si mélangés entre peuples venus de ce grand Est aux frontières imprécises, qu'être Français, c'est être ni latin, ni du Nord, mais de cette galaxie de peuples qui n'ont plus de nom.

  9. Je sais bien que le latin a façonné ma langue, et que les Italiens sont linguistiquement mes cousins. Et cependant, se pourrait-il que des structures mentales anciennes et peu latines se servent de la plasticité de la langue pour perdurer, s'adapter à cette modernité blêmissante au mot de « barbare » ?

  10. Je sais que j'ai tort. Pourquoi ces interrogations sur mon identité ? Pourquoi ne pas chanter comme beaucoup le vivre-ensemble et le multiculturalisme ? Je ne suis pourtant pas xénophobe. Alors ? Nostalgie ? Idéalisation du passé ? Peut-être. Résistance à la modernité ? Sans doute.

  11. L'Europe croit être aussi rationnelle et administrative qu'un Sénat romain (ou du moins de l'idée que l'on s'en fait), mais elle est aussi brouillonne et individualiste que nuées et hordes envahissant l'Occident du Vème siècle.

  12. Il est que beaucoup de Français pensent que l'Europe monétaire est nécessaire ; nécessaire aussi une Europe de la défense. Pour ce qui est de la circulation des personnes, beaucoup s'interrogent.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 juin 2020.

17 juin 2020

LES MOTS PERMETTENT TOUT

LES MOTS PERMETTENT TOUT

 

 

  1. Franche occasion de rigolade que cette session du baccalauréat 2020 que je résumerai ainsi : foutaise, foutaise et technologie. Zêtes pas d'accord ? Zavez raison.

  2. Mélancolie en songeant à tous ces spécialistes de philosophie politique ou de littérature médiévale sommés par l'administration de remplir le bordereau xyz avant telle date « impérativement » pour que des « apprenants » plus ou moins crédibles obtiennent un diplôme dont la valeur est de jour en jour plus relative.

  3. « Par exemple, dans l'état de nature (tous les Etats sont dans l'état de nature, les uns au regard des autres),... » (Locke traduit par David Mazel, « Traité du gouvernement civil »)
    En effet, malgré tous nos beaux discours, le droit du plus fort est toujours en vigueur dans nos décidément pénibles relations internationales.

  4. « Mais les mots permettent tout. » (Alain, « De la connaissance discursive »).
    Le politique a bien compris cette leçon qui ne cesse d'utiliser « éléments de langage », éditorialistes zélés et mensonges par omissions, brefs ce que l'on appelle la propagande.

  5. « J'y ai trouvé cette remarque d'importance que l'imagination peut lier toutes les images n'importe comment, ce qui écarte les petits systèmes du modèle anglais où la machine produit des chaînes de pensées à l'image de l'univers. » (Alain, « De la connaissance discursive »)

  6. 1) Tous les êtres humains sont égaux en droit.
    2) Le nombre d'êtres humains ne cesse de croître en dépit de la rareté naturelle.
    3) Le libéralisme non seulement économique, mais aussi politique (c'est-à-dire basé sur la liberté individuelle) est le seul rempart contre les dictatures de gauche et de droite qui s'annoncent.
    4) Ne jamais considérer qu'une prise de pouvoir par l'armée est impossible. Les militaires sont des gens qui réfléchissent.

  7. Le plus difficile est de reconnaître non seulement ses erreurs, mais aussi ses faiblesses. Pour moi, j'avoue que la lucidité me montre assurément des défaillances, auxquelles je suis souvent empêché de remédier par la faute d'un orgueil dont ma mère disait qu'il était « mal placé ».

  8. Ai été hier encore l'objet d'une tentative de manipulation de la part d'un collègue très respecté. C'est que, s'il est bien mieux vu que moi, il est cependant assez intelligent pour se rendre compte de ce que je suis et qui est tout mon orgueil.

  9. Qu'ils quittent leur travail, et ils ne seront plus rien. Ma seule limite est dans mes faiblesses. Mon travail n'est que l'une de mes activités, et bien entendu, je n'ai pas été aussi sot qu'eux qui mettent leur peu de dignité dans leur progéniture.

  10. « Si nous connaissons la machine, n'importe quoi d'autre, à savoir les mouvements qu'elle fera, paraît être déjà entièrement déterminé. »
    (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques »)

    C'est ce que je pense de l'Etat bureaucratique vers lequel, inéluctablement, nous allons. Le seul antidote réside dans le singulier (voilà pourquoi Céline, Rimbaud, De Gaulle et « The Man On The Moon » nous sont si précieux).

  11. La bureaucratie n'a pas besoin de gens comme moi. La légitimité, oui. Je dois être le seul professeur de Lettres de LP à dire que la plupart des cours (hors ceux donnés en enseignement professionnel) sont inutiles et contre-productifs. Cela me rend mélancolique et contre tous.

  12. Attention à la dernière lubie de Blanquer : Les « vacances apprenantes », outre que ça va coûter bonbon, m'apparaissent comme une tentative de plus pour infuser dans l'opinion les éléments d'une idéologie du « vivre ensemble » aussi dangereuse qu'illusoire.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 17 juin 2020.

14 juin 2020

CHRONIQUE DU 14 JUIN 2020

CHRONIQUE DU 14 JUIN 2020

 

 

  1. Il m'arrive de penser que l'état de droit est, dans les faits, un état de nature maquillé : au droit du plus fort s'est substitué le droit du plus rusé.

  2. « Mais si l'herbe de son clos se pourrit sur la terre, ou que les fruits de ses plantes et de ses arbres se gâtent, sans qu'il se soit mis en peine de les recueillir et de les amasser, ce fonds, quoique fermé d'une clôture et de certaines bornes, doit être regardé comme une terre en friche et déserte, et peut devenir l'héritage d'un autre. »
    (Locke traduit par David Mazel, « Traité du gouvernement civil »)

  3. Le monde n'appartenant à personne, c'est une grande illusion que de croire que la maîtrise de la nature donne à l'humain des droits particuliers. L'humain usurpe chaque jour un droit de propriété que le réel, par nature, dénonce.

  4. Il me sembla, ce 14 juin 2020, que le président Macron, s'il partait maintenant, laisserait une France en bien piteux état, troublée qu'elle est par des courants de plus en plus radicaux et par une faiblesse étonnante (eu égard à son arrogance) de son élite politique.

  5. Entendu ces jours derniers quelqu'un évoquer « l'obésité administrative » de la France. Ai trouvé l'expression fort juste. Il suffit pour cela de considérer le zèle mis par les pouvoirs publics à inventer presque jour de nouveaux motifs de contravention et d'amende.

  6. Nous avons beau tous dénoncer l'inflation administrative, il semble que nos maîtres soient sourds et continuent à vouloir toujours plus de contrôles, de commissions, de sous-commissions et de circulaires contresignées par de petits chefs aussi incompétents que diplômés.

  7. Je me souviens que le président Macron évoquait parfois la nécessité d'une « pensée complexe ». Nous en voyons le résultat, de sa « pensée complexe » à Macron : manifestations régulières et régulièrement sur le point de virer à l'émeute ; crise sanitaire, économique et sociale.

  8. Nous sommes passés en France d'une administration au service du public à une administration au service de l'économie, voire au service des intérêts particuliers du gouvernement. C'est ainsi qu'on tue un pays.

  9. Se pourrait-il que le Front National ait été fondé dans le but de contrôler les militants d'extrême-droite et que La France Insoumise ait été créée pour mieux contrôler l'extrême-gauche ?

  10. On dit que le président Macron serait fidèle en amitié. C'est là un défaut. Quand il s'agit d'argent et de pouvoir, nulle amitié possible, sauf en de rares exceptions. N'est pas De Gaulle ou Malraux qui veut.

  11. Il faudrait peut-être commencer par créer des postes de soignants dans le secteur de la santé, et ensuite, créer des formations réellement spécialisées, et cela dès le lycée, afin de pourvoir ces postes.

  12. La massification de l'enseignement supérieur a mis la charrue avant les bœufs : on a d'abord créé des filières puis on s'est ensuite posé la question des débouchés : d'où l'inflation d'administratifs divers et variés dans tous les secteurs d'activité et la paralysie qui en découle.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 juin 2020.

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13 juin 2020

QU'UN SEUL SOIT LESE ET NOUS SERONS TOUS MENACES

QU'UN SEUL SOIT LESE ET NOUS SERONS TOUS MENACES

 

 

  1. Au train où vont certains politiques et certains de leurs zélés soutiens dans la réécriture de la crise, zallez voir que bientôt on nous dira sans rire que la France n'a pas manqué de masques et que si on a dû confiner, c'est tout de la faute aux syndicats.

  2. « La communication en image est notre nouvelle magie. »
    (Isabelle Sorrente, « Philosophie Magazine » n°139, juin 2020, p.37)
    Et les algorithmes nos abracadabras.

  3. Passer d'une civilisation du texte à une civilisation de l'image ne me semble pas être un progrès. C'est passer de la diachronie à la synchronie, c'est abandonner le projet pour l'illusion du présent.

  4. Une crise n'est pas une maladie, c'est l'indice de la progression d'une maladie. Que notre monde globalisé, technologique et de plus en plus bureaucratique se soit laissé surprendre par un virus est symptomatique qu'il est atteint d'un mal plus profond qu'il le croit.

  5. Peu importe que Macron et Edouard Philippe ne soient pas toujours d'accord : ce qu'il faut c'est qu'ils restent à leurs postes et tirent le secteur de la santé du foutoir dans lequel techno-énarques et administrateurs divers l'ont fichu.

  6. Le 13 juin 2020, à la veille d'une nouvelle allocution du président Macron, il ne semblait guère crédible qu'il fût vraiment sincère dans sa volonté de « se réinventer ». On s'attendait à ce qu'il reprenne le cours des réformes comme si quasi rien ne s'était passé.

  7. J'entends ce matin (13 juin 2020) que Pékin connaîtrait un rebond de l'épidémie du Covid-19 (une cinquantaine de cas d'après la boîte à coucous). Euh... Etant donnée la sincérité légendaire des autorités chinoises, si j'étais politique, je me poserais la question d'un éventuel retour du tueur invisible.

  8. Tiens, un sujet pour un article et celui qui voudrait l'écrire : Et si le baccalauréat 2020 était le premier diplôme virtuel de l'histoire de l'éducation ?

  9. « Ainsi, plutôt que de regarder le présent, nous cherchons à nous évader vers le futur, voire à lui donner les couleurs de l'utopie. »
    (Philosophie Magazine n°139, p.41)
    Certes, mais c'est bien en analysant le présent que nous pensons le futur. Que certaines grilles d'interprétation soient fautives n'implique pas la fausseté de l'analyse.

  10. La crise de 1929 a contribué à la montée des périls. Quelle sera la conséquence de la crise économique induite par l'effondrement brutal de la production mondiale ? Un redémarrage rapide (financé par la dette), à condition qu'il concerne l'ensemble des continents. Qu'un seul soit lésé et nous serons tous menacés.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juin 2020.

13 juin 2020

CHRONIQUE DU POST-CONFINEMENT

CHRONIQUE DU POST-CONFINEMENT

 

 

  1. Démissionner et quitter l'Elysée (ou Matignon) dans le but de préparer sa réélection serait erreur fatale. Les Français ne pardonneraient pas à celui qui déserterait son poste alors que le pays est en crise, et qu'on ne sait pas quel monstre au juste sortira de l’œuf Covid.

  2. Si j'avais quelque Dieu, je l'appellerais Donc. Bien que je sache que le chaos soit sans principe d'identité, il n'y a guère qu'en la logique qu'on puisse se fier.

  3. Sans la liberté individuelle, l'humanité ne serait qu'une secte.

  4. A quoi sert de dépenser tant d'argent pour aller dans l'espace ?
    A quoi sert de dépenser tant d'argent pour créer, vendre et acheter des armes ?
    A quoi sert de dépenser tant d'argent pour tourner des films, organiser des championnats de foot, habiller des mannequins avec des extravagances ?
    A faire vivre les dizaines de millions de gens qui travaillent dans les industries de la recherche spatiale, de l'armement, du cinéma, du sport, du luxe et j'en passe et j'en passe et j'en passe.

  5. Bien entendu, on pourrait imaginer une humanité du partage généralisé (organisé par qui?) : c'est sans doute le but commun des chrétiens les plus sincères et des communistes les plus naïfs. Le monde serait alors peuplé d'une immense secte où toute liberté individuelle serait abolie.

  6. Il se dit partout que la crise provoquée par le Covid sera très dure. C'est même pire que cela : il faut songer que cette crise économique mondiale provoquera sans nul doute tensions internationales, bruits de bottes, terrorisme.

  7. Comme je l'ai déjà dit, cette crise sanitaire nous rappelle que l'état de croissance continue est une exception dans l'histoire humaine. L'humanité est plus souvent en état de survie qu'en état de prospérité, et les braves gens de s'ébahir que la précarité alimentaire existe encore en France.

  8. Je rappelle que grâce au merveilleux et très démagogique 80% d'élèves au niveau du baccalauréat, nous n'avons en France plus assez d'ouvriers agricoles cependant que nos universités sont pleines de sociologues.

  9. Nous vivons la porte ouverte et nous étonnons que tout le monde ne puisse manger à sa faim dans la maison de nos pères.

  10. L'enseignement à distance est une illusion. On finirait par donner des cours à des logiciels.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juin 2020.

7 juin 2020

PLUME ET GRINCEMENTS

PLUME ET GRINCEMENTS

 

 

  1. Le président Macron devrait se souvenir que nous ne sommes pas des « irréductibles Gaulois », des « réfractaires à tout changement » (on n'est pas dans un album d'Astérix), mais le pays de Voltaire et d'Hugo.

  2. Je sens bien les « vacances apprenantes » à Blanquer comme un magnifique exemple d'usine à gaz, (à citer certainement dans les annales de la sottise ministérielle).

  3. Comme je suis un dangereux agitateur (« d'autant plus dangereux qu'il réfléchit » me fut-il signifié en ma jeunesse folle), je vais maintenant boire une bière en écoutant « Slumlord » de Baxter Dury.

  4. Ai pensé qu'Edouard Philippe avait bien du talent et que sans son sang-froid, la Macronie ne tiendrait pas huit jours. Peut-être fallait-il qu'il regagne les rangs de la France gaulliste et laisse tomber ces pieds nickelés. Il sortirait ainsi la tête haute et n'en serait que plus grand. Mais bien entendu, il y avait une certaine noblesse à continuer de gérer les affaires d'un pays menacé par une forte montée du chômage.

  5. Un journaliste américain dit un jour : « La France, c'est l'Italie en plus discret. » Il m'arrive de penser qu'il avait peut-être raison.

  6. Lorsque j'ai bu quelques bières en écoutant du Baxter Dury, je suis momentanément dans l'impossibilité de commenter Wittgenstein, mais j'arrive tout de même à critiquer la Macronie. Comme quoi, en dehors de sa philosophie, la politique telle que la présentent les médias, c'est du bidon.

    Comme il avait fait une bourde grammaticale, il songea que l'orthographe, Baxter Dury et la bière ne faisaient pas forcément bon ménage.

  7. Franchement, faut être un peu naïf, ou aimer la soumission, pour croire que les politiques vont nous sortir d'un bourbier où ils ont largement contribué à nous fourrer.

  8. Il se moquait fort des puissants, et ceux qui le connaissaient un peu savaient qu'il était réellement, littéralement, ce que Hollande a appelé jadis un « sans-dents » (ah ça, il aurait mieux valu qu'il se taise). Ayant connu ce que l'on appelle des difficultés, il riait de ces ventres bien remplis qui prétendaient le gouverner.

  9. C'est pourtant ce « parlementarisme libéral » que vous décriez tant qui vous laisse le temps et l'espace nécessaires pour que vous puissiez les critiquer.

  10. Il est notable que le professeur n'est plus considéré comme un maître dans sa discipline mais comme un agent au service d'une institution publique. Dès lors, sa parole de maître est déconsidérée au profit d'une pseudo-efficacité administrative.

  11. Il pensa qu'il n'aimerait pas que le ministre de l'éducation nationale devînt premier ministre : il aurait sans doute vite l'impression de vivre dans un pays administré comme on administre un établissement d'enseignement secondaire.

  12. Jolie expression entendue ce matin sur France Culture concernant ces « esprits qui ne brillent que par les grincements de leur plume ».

Patrice Houzeau
Malo, le 7 juin 2020.

6 juin 2020

DEUX BREFS ANTI-MACRONIE

DEUX BREFS ANTI-MACRONIE

 

  1. Mars 2020. Quelques jours avant la décision de confiner et de fermer tous les établissements scolaires, alors que le nombre de morts montait chaque jour, le ministre Blanquer assurait que fermer les écoles n'était pas à l'ordre du jour. Combien de morts chez les enseignants, le personnel administratif et les agents de service le ministre Blanquer aurait-il accepté au nom de ce qu'il faut bien appeler son carriérisme ?

  2. Le président Macron est un bien piètre président qui a réussi le tour de force de provoquer des manifestations populaires d'une ampleur inégalée depuis Mai 1968 et qui a menti effrontément aux Français sur le manque de matériel disponible face au Covid. Que le président Macron songe sérieusement à se représenter aux présidentielles de 2022 prouve qu'il n'a ni honneur, ni dignité.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juin 2020.

2 juin 2020

RENTREE FANTOME

RENTREE FANTOME

 

  1. L'autoritarisme et l'hyperbole administrative ne sortent pas toujours renforcés d'une crise qu'ils ont pourtant aidé à surmonter. Le gouvernement aura beau se prévaloir de ses mesures sanitaires, il n'en est pas moins qu'à l'origine, il aura manqué à son devoir de prévoyance.

  2. Les électeurs n'aiment guère l'Etat colmateur. Ce qu'ils attendent, ce n'est pas l'Etat réformant et contre-réformant dans tous les sens (l'état actuel des affaires macronistes), ce qu'ils attendent, c'est l'Etat prévoyant.

  3. On peut, hélas, se douter qu'une fois cette étrange affaire élucidée, on s'apercevra de l'immensité de la corruption.

  4. Je songe souvent qu'il est à parier que la plupart de nos ministres furent jadis des enfants imbuvables. Et tant pis si je me goure, poil au tambour.

  5. Serait-il que tant d'agitations ne procède que d'une seule chose : le refus de voir que nous sommes fatigués de nous-mêmes ?

  6. Je me demande comment vont faire les ministres du gouvernement Philippe pour défaire ce qu'ils ont fait hier (avant la crise du covid), tout cela qui leur semblait si judicieux et qui s'avère aujourd'hui si dispensable, voire contre-productif.

  7. J'ai l'impression de faire une rentrée fantôme.

  8. Non, mon cher Hastings, je ne pense pas que ce soit le ministre qui ait commis ce crime. La stupidité de ses dernières décisions prouve assez qu'il a eu récemment beaucoup à faire.

  9. Je me demande si les directeurs de cabinet disent toujours la vérité à leur ministre en cours. Je commence sérieusement à me poser des questions.

  10. J'ai confiance, il se sont bien agités pendant la crise du Covid et bien sûr, ils jurent leurs grands dieux qu'on ne les y reprendra plus. Rendez-vous dans dix ans, place des Grands Hommes, et vous verrez qu'une quelconque saloperie d'on n'sait où nous la pourrira à nouveau.

  11. Une bouche se tord, c'est moche ; trois bouches se tordent, c'est louche.

  12. Une société inégalitaire n'est pas fatalement injuste cependant qu'un égalitarisme étroit mène toujours à l'inefficacité.

  13. Il n'est pas nécessaire d'analyser les résultats : il suffit de prendre en compte l'inflation des textes, des commissions diverses et des procédures administratives pour comprendre que l'institution est paralysée.

  14. Je ne comprends toujours pas le rapport entre la juste répartition des richesses et la réforme des retraites à Macron : ce n'est pas en appauvrissant tout le monde que l'on se montre plus juste.

  15. La retraite par points a des partisans à gauche comme à droite et pourrait donc être utilisée par la Macronie pour diviser les oppositions.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 juin 2020.

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