DE LA NECESSAIRE PROFESSIONNALISATION DES LYCEES
DE LA NECESSAIRE PROFESSIONNALISATION DES LYCEES
1.
Bien entendu, il est nécessaire d'aider les étudiants en leur proposant des repas à 1 euro. Mais je constate que c'est exactement le genre de mesures qu'un pouvoir est parfois obligé de prendre pour éviter que la situation devienne incontrôlable et explose.
2.
La rémunération systématique des étudiants, certains la demandent. Le problème, c'est nous tomberions alors dans un système, qui, en raison de la massification de l'enseignement supérieur, virerait très vite à l'économie planifiée, étatisée, communiste.
Par contre, il me semblerait en effet intéressant de songer à rémunérer les élèves en formation initiale dans les lycées professionnels qui eux sont effectivement appelés, pour le plus grand nombre d'entre eux, à occuper des emplois utiles à la Nation.
C'est sans doute en rémunérant les élèves en formation initiale dans les Lycées Professionnels que l'Etat pourrait reprofessionnaliser les LP et corriger l'erreur funeste de la massification de l'enseignement supérieur.
On pourrait ainsi revenir en un Bac Pro en 4 ans (et laisser tranquilles les BTS) en deux cycles (BEP + BacPro) : seules seraient rémunérées les deux années de BacPro, ce qui permettrait une sélection entre BEP et BAC PRO. On ferait bien aussi d'en revenir à un CAP sélectif pour certaines filières très professionnalisantes (coiffure par exemple) où les élèves seraient là itou rémunérés. Evidemment, ce n'est pas le sens de la réforme Blanquer, et c'est pour ça qu'elle est si sotte.
3.
Le grand problème de l'Education Nationale c'est qu'elle s'est laissée séduire par on ne sait quelle sirène philosophico-pédagogiste au lieu de réfléchir aux moyens les plus efficaces d'attirer les élèves dans des sections réellement professionnalisantes, spécialisées, y compris dans les lycées généraux.
Ainsi, il me semblerait intéressant de créer dans les lycées généraux des sections spécialisées et sélectives de traduction/interprétariat, où, dès la première, les élèves seraient eux aussi rémunérés. Le baccalauréat retrouverait ainsi sa réelle valeur de diplôme universitaire.
Bien entendu, ces filières seraient très sélectives (recrutement régional donc peu de sections) et très spécialisées : feraient quasi que ça. La rémunération encouragerait. Peu d'élus donc, mais qui pourraient sans problèmes poursuivre à l'université.
On me dira que la reprofessionnalisation des filières du Secondaire (via la rémunération des élèves dans certaines filières) serait coûteuse. Certes, mais elle éviterait d'autres dépenses (celles induites par la massification de l'enseignement supérieur) et elle éviterait ce gâchis humain qu'est la paupérisation de plus en plus patente des étudiants.
4.
J'apprends (je n'ose y croire) que, par un sursaut salutaire de lucidité, Blanquer décide de ne pas se présenter en île-de-France aux Régionales 2021.
Il faudrait en effet qu'il reste encore un peu à la tête de l'Apprenance cause faudrait quand même qu'il se rende compte par lui-même de la pagaille dans laquelle son inapplicable réforme l'a mise.
Faudrait itou qu'il se batte, et comme un lion superbe et généreux, hein, Blanquer, pour que les établissements ne ferment pas totalement, parce que sinon la France, elle fait faillite. Ceci dit, paraît qu'les variants sont vraiment des saloperies, alors faudra peut-être bien fermer.
Patrice Houzeau
Malo, le 22 janvier 2021