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8 juillet 2020

AH J'AURAIS DÛ PREVOIR

AH J'AURAIS DÛ PREVOIR

 

 

  1. Souvent qu'il nous happe, l'invisible. Mais comme nous avons autre chose à faire, nous passons notre chemin. Et l'invisible de nous ajouter à l'infinie collection de tous ces mois qu'il nous a pris.

  2. Pendant tant d'années d'années d'années « ah ! J'aurais dû » qu'on s'dit, pour finir que, pendant le reste de ces ans, cézigue ne fait que rabâcher « ah ! J'aurais dû savoir ».

  3. Alors, les pommes de terre s'arrachèrent du champ pour se jeter à la tête des touristes. Ce fut sous le règne de Patato 1er que les armées de frites furent les plus efficaces et les plus furieuses dans la grande friterie universelle qui fut lors.

  4. La lune pêchait à la ligne des poissons car quitte à pêcher, mieux vaut pêcher poissons que pompes funèbres. La spectrale fluctuait dans la lucarne. Mon esprit faisait des bulles ; je m'englougloutissais doucement dans la dormance.

  5. Si l'invisible est plein d'yeux, porte-t-il des lunettes ? Si un poltergeist prend possession de votre maison, pensez aux boules Quies.

  6. Boules Quies et méthode Coué sont fort utiles si on a l'heur d'être parasitairement politique, afin de se faire accroire que tout va bien. Sinon, bien sûr, il y a l'influence. Certains pensent que la France de ce début juillet 2020 n'a pas besoin de coton dans les oreilles.

  7. Parfois les choses elles bougent. J'ai du mal à les arrêter. Depuis que mon sorcier s'est enfui dans un vieux blues, j'ai du mal à les freiner, les fantômes.

  8. Macron aura eu au moins ce mérite, c'est de prouver que le bon vieux retournement de veste, moqué par Jacques Dutronc dans « L'opportuniste », ne s'est jamais aussi bien porté : Castex, Darmanin, Blanquer, Dupont-Moretti et consorts (certes, ils finiront bien par sortir).

  9. « Il y en a qui contestent
    Qui revendiquent et qui protestent
    Moi je ne fais qu'un seul geste
    Je retourne ma veste
    Je retourne ma veste
    Toujours du bon côté »
    (Dutronc et Lanzmann, « L'Opportuniste »)

  10. Les politiques font tout ce qu'ils peuvent pour faire oublier le scandale du manque de moyens, de masques, de lits, de personnel lors du début de la crise du Covid, mais il y eut tant de morts et tant de souffrances que t'as beau sourire, ministre, les gens n'oublient pas.

  11. Et lorsque le gouvernement se sera très effondré, que Manu Jupiter n'aura plus d'autres recours que la dissolution du parlement, alors, il est possible que dans son bureau de l'Elysée, lui arrive un bristol, une carte de visite avec ces mots : « Signé Castex ».

Patrice Houzeau
Malo, le 8 juillet 2020

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3 juillet 2020

JUILLET 2020 LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE ?

JUILLET 2020 LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE ?

 

 

  1. Hier, j'ai acheté un bocal de cornichons. Ils sont gros. C'est un bocal de gros cornichons. Aujourd'hui, je fus grognon, et pas très vif. Je fus mollement grognon. Ah tiens, on a changé de paillasson à Matignon.

  2. - Le virus Covid-19 aurait muté et serait plus infectieux.
    - En Chine, un virus porcin transmissible à l'être humain pourrait provoquer une nouvelle pandémie.
    - Au Bostwana, des éléphants seraient morts par dizaines sans qu'on en sache la cause.

    Euh... c'est moi ou y a comme quelque chose qui cloche ?

  3. A peine Jean Castex a-t-il commencé à parler, que l'on comprend que c'est un spécialiste de la langue de bois.

  4. Se pourrait-il qu'avec la nomination de Jean Castex, le président Macron soit enfin plus populaire que son premier ministre ?

  5. Certains Français disent qu'en nommant un haut fonctionnaire au poste de Premier Ministre, le président Macron aurait dans l'idée d'affaiblir la fonction de chef de gouvernement pour pouvoir (enfin) jouer les Jupiter tout seul, comme un grand.

  6. « En nommant Jean Castex dont la seule légitimité est technocratique, Emmanuel Macron dissout Matignon. » Je ne suis pas souvent d'accord avec Eric Ciotti, mais là, je me demande s'il n'a pas raison.

  7. Si l'information selon laquelle le Covid-19 aurait muté et serait devenu plus infectieux est exacte, il se pourrait que les frontières rouvertes depuis peu ne le soient pas très longtemps.

  8. Il se dit sur France Info que Jean Castex notre nouveau chef du gouvernement serait apprécié autant à gauche qu'à droite. Euh... je me méfie de ces hauts fonctionnaires qui s'entendent avec la carpe aussi bien qu'avec le lapin. En général, ils s'entendent surtout à rouler les gens dans la farine.

  9. Jean Castex aurait été de novembre 2010 à février 2011 conseiller aux affaires sociales de Nicolas Sarkozy. Quelques semaines, c'est bien court. Pourquoi cette brièveté ? Remarquez que je suis mauvaise langue, c'était sans doute en attendant quelque autre fonction.

  10. C'est souvent en période de crise que Paris se souvient de la Province, que le pouvoir central se souvient des régions, histoire de leur refiler quelques patates chaudes en attendant des jours meilleurs.

  11. « Je ne suis pas ici pour chercher la lumière, je suis ici pour chercher des résultats », qu'il a dit Jean Castex. Ah, il va donc y aller à tâtons.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 juillet 2020.

3 juillet 2020

AH ÇA FLOTTE ON DIRAIT DE LA FICTION

AH ÇA FLOTTE ON DIRAIT DE LA FICTION

 

 

  1. J'aime bien écrire car, me dis-je pompeusement, écrire me console d'un réel que je maîtrise aussi mal qu'un dindon maîtrise le grec. « Puisque tu tiens un langage qui n'est pas celui de tout le monde, et, ce qui est fort rare, que tu aimes la raison » dit l'Agamemnon du Satiricon.

  2. « Car, s'ils ne disent pas ce qui plaît aux petits jeunes gens « ils resteront, comme dit Cicéron, seuls dans leurs salles de cours ».
    (Pétrone traduit par Pierre Grimal, « Le Satiricon » [Agamemnon])

    Comme quoi l'adaptation du discours pédagogique aux attentes des élèves ne date pas d'hier.

  3. Les fictions flottantes à la Satiricon me plaisent bien. En ce moment, on ne peut vraiment pas dire que tout va bien. La politique est-elle une fiction flottante ? C'est qu'on ne nous dit pas tout et il faut bien qu'on nous mente. Les cuisines puent ; il faut cependant que l'on mange.

  4. J'aime bien dans le film « Louis enfant roi » de Roger Planchon, le personnage du Grand Condé, grand seigneur libertin, qui fascine l'enfant Louis, déplore qu'il y ait tant de morts, rejoint non sans panache la Fronde et s'honore de l'amitié de La Rochefoucauld.

  5. « et, chaque fois que la lampe placée dans le tombeau faiblissait, c'était elle qui la ranimait. » Sommes-nous ainsi animés ? Avons-nous une âme, qui, à l'image de la servante du Satiricon, veille à éclairer le tombeau où nous pleurons nos morts.

  6. Sans remonter à Vercingétorix, tout de même, Jeanne d'Arc, La Fronde, les Lumières, 1789, Bonaparte, La Commune, de Gaulle, la Résistance, Mai 68, les Gilets Jaunes, il est que les Français sont d'autant plus réfractaires, querelleurs et politiques que Paris se croit le nombril du monde.

  7. Parce qu'il est l'expression la plus radicale du scepticisme, le « Cogito ergo sum » cartésien est sans doute fondateur de cette résistance à l'absolutisme et à l'autoritarisme qui caractérise la pensée des Lumières et éclaire aujourd'hui encore bon nombre des jours et des nuits de France.

  8. On peut aussi voir la montée actuelle des idées écologistes en France comme l'expression d'une défiance envers la fuite en avant dans une technologie qui n'empêche cependant pas les Etats-Unis de sombrer dans la pandémie et d'encore se brûler au feu couvant de la guerre civile.

  9. Nous dînons souvent à la table de gens dont nous n'avons que faire. Ainsi nos cercles sont-ils des illusions et qui nous serre la main peut tout aussi bien nous cracher dessus que nous sauver d'un péril si cela le favorise. Nos sentiments sont aussi politiques que tout le reste.

  10. « Les valets poussèrent un cri, ainsi, d'ailleurs, que les convives, non pas à cause de cet individu puant, que nous aurions vu volontiers se rompre le cou, mais à cause de la triste fin que cela aurait faite au dîner, d'en être réduits à pleurer un mort qui ne nous était rien. »
    (Pétrone traduit par Pierre Grimal, « Le Satiricon »)

  11. Dans la nuit du 2 au 3 juillet 2020, me suis demandé si le président Macron était sur le point de lancer le pays dans une voie aussi nouvelle que novatrice, ou si son aventure politique allait finir dans le ridicule et le mécontentement général.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 juillet 2020.

2 juillet 2020

CHRONIQUE DU 2 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 2 JUILLET 2020

 

 

  1. Entendu l'autre jour Hugues Aufray rendre hommage à Marc Fumaroli, qui fut un des rares à s'élever contre le nivellement culturel qui consiste à mettre sur le même plan les vulgarités du rap et la tradition classique, l'escroquerie de l'art conceptuel et Picasso (ou Rembrandt), le dernier Goncourt et Racine.

  2. Depuis que j'ai entendu à l'oral de contrôle une candidate raconter l'histoire du petit chaperon rouge sous prétexte qu'une collègue n'aurait fait étudier aucune œuvre pendant l'année (ce qui est faux, je connais la collègue en question), je trouve que la bienveillance a vraiment un large, très large dos.

  3. A force de maintenir la jeunesse dans un état de sujétion administrative en augmentant inutilement le nombre d'années d'études, vous verrez que la jeunesse va finir par nous égorger.

  4. Soirée du 25 juin 2020, au large de Dunkerque, de la digue, plusieurs personnes ont vu au loin, sur la mer, des formes rectangulaires sombres, assez imposantes, alignées semble-t-il, statiques et sans lumières apparentes. On m'a parlé d'un déplacement d'un objet plus petit vers une de ces masses. Qu'était-ce ? Exercices ? Manœuvres ? mise en place d'un dispositif spécifique ? Surveillance ? Patrouilles ? Transport industriel ?

  5. Silence des médias français sur l'impressionnante explosion qui a lieu dans la nuit du 25 au 26 juin 2020 en Iran et dont on a pu voir des images sur Twitter. Que s'est-il passé ? Il y a-t-il eu des victimes ? Quelle est l'ampleur des dégâts ?

  6. Le 2 juillet 2020, j'entends parler de troubles ethniques en Ethiopie. J'entends que le monde entier est en proie au trouble. Je pense au « déclin de l'empire américain ». Je pense qu'il vaudrait mieux pour le monde entier que Donald Trump ne soit pas réélu. Je grignote des p'tits Lu.

  7. Je me souviens d'un collègue me citant quelques exemples de sociétés multiculturelles apaisées. Dans ce monde d'après pire que celui d'avant, je souris. Je souris aigre. Les enseignants sont des rêveurs.

  8. « Le loup à l'estomac vide n'est pas l'ami du loup à l'estomac plein ». Evidemment, le multiculturalisme n'est pas à l'origine de tous nos problèmes mais en quoi est-il une solution ? Sur Twitter le nom de la ministre des Armées est cité. Parly deviendra-t-elle premier ministre ?

  9. Ce n'est pas seulement le Covid qui crée tant de troubles. En décimant, le virus souligne à quel point les humains sont trop nombreux et se gênent les uns les autres.

  10. Comme le terrorisme est la monnaie de la pièce du commerce mondial des armes, les pandémies sont le corollaire du surnombre et de la mondialisation.

  11. Le 2 juillet 2020, certains se mirent à rêver d'un premier ministre écologiste. Cela m'effraya. Je ne voyais pas un dispensateur de moraline diriger un gouvernement français. Je me refis un café en écoutant du piano à la radio. C'est beau, le piano.

  12. Ai pensé que Blanquer avait eu raison de supprimer cette année les épreuves ponctuelles du bac. Ai pensé que ceux qui dénonçaient l'injustice du bac 2020 étaient des hypocrites, le baccalauréat ne valant plus grand chose depuis longtemps déjà.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 2 juillet 2020

25 juin 2020

OU FLOTTENT MES ESPRITS

OU FLOTTENT MES ESPRITS

 

 

  1. Les humains mettent les horloges à l'heure de l'acte libre, mais le temps n'existant que par convention, les horloges bégaient.

  2. Nous attendions des agents l'usage de la raison dans leur conduite. Hélas, ils n'avaient guère autre chose qu'un fouet sur la langue.

  3. Sont-ils tous nés gouvernés ? Sont-ils tous si libres de faire langue commune et de renverser un soleil pour le remplacer par un soleil ? Faut-il que toujours la lumière vienne d'ailleurs ?

  4. Pourquoi veut-on m'empêcher d'exercer mon droit à l'indifférence ? Quel est cet esclavage moderne qui voudrait que mon destin fût fatalement lié à celui d'autres qui ne me sont rien ?

  5. Pourquoi devrais-je comprendre comment fonctionne la chimère atroce qui agite ces autres, que quelques points de croissance en moins transformeront, à coup sûr, en voleurs, sinon en assassins ?

  6. La surpopulation aiguise les couteaux aussi sûrement que le fait la pauvreté.

  7. « le gouvernement s'effrite quand le pouvoir législatif – la volonté expresse de la majorité, « l'âme qui donne à la république sa forme, sa vie et son unité » - se désagrège lui-même. »
    (Simone Goyard-Fabre, « Les Traités politiques de Locke »)

  8. « Une couleur factice salit le corps, elle ne le change pas. »
    (Petrone traduit par Pierre Grimal, « Le Satiricon » [Giton])

    Ainsi ai-je souvent pensé cela des tatouages, parfois magnifiques il est vrai, mais aussi menteurs et révélateurs que l'habituel verbiage dans lequel nous pataugeons.

  9. L'une des raisons pour lesquelles je suis contre les fameuses épreuves orales, auxquelles semble tant tenir le sieur Blanquer, c'est que je revendique pour chacun et donc aussi pour les élèves, le droit au silence, au quant-à-soi, à la discrétion, à la réserve. Timidité n'est pas vice.

  10. En passant du service public de l'instruction au service obligatoire de l'éducation, nous sommes passés de la transmission des savoirs à l'influence sur les idées, voire à la propagande et la manipulation. Fort heureusement, les élèves ne croient pas plus à la morale de leurs enseignants que les catholiques croient aux contes bleus de leurs curés.

  11. « Heureux si dans le trouble où flottent mes esprits,
       Je n'avais toutefois à craindre que ses cris ! »
    (Racine, « Iphigénie », v.1319-20 [Agamemnon])

  12. Sans doute qu'ils flottent, nos esprits. L'administration nous croit rationnels. Cette naïveté finira par lui faire perdre la tête.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juin 2020

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24 juin 2020

MIRLITONNERIES POUR QU'AUSSI JE RIE

MIRLITONNERIES POUR QU'AUSSI JE RIE

 

1. Vivement samedi que j'vas à la ville
   
Avec ma cousine Vanille
   
Et mon pote fantôme Freddy
   
Stilal qu'a des griffes
   
Visiter les zanimos zà
   
Venin pis ceux qui comme Freddy
   
Ont des griffes
   
Et qu'on zieute au zoo là.

2. Défois j'irais bien aux confins du désert
    
Ça s'rait comme un hein ça s'rait comme un rite
    
Qu'défois j'irais bien aux confins du désert
    
Des Tartares ou bien çui-là qu'on dit Mojave
    
Je dis Mojave parce que ça rime avec bave
    
Etc... mais c'est mieux avec des frites.

3. Défois je regarde la glauque qui se déploie
    
Qu'on dirait un grand mouchoir verdâtre
    
Dans lequel tombe un crachat rougeâtre
    
Un machin qu'on appelle soleil je crois.

4. Bizarre bizarre comme c'est bizarre
   
De par le monde des gens meurent
   
D'un virus persistant asphyxiant très bizarre
   
Bizarre comme c'est bizarre
   
Les économies s'effondrent les gens meurent
   
Comment voulez-vous dites comment
   
Qu'on n'croie pas défois qu'on nous ment.

5. J'aime bien les pumas, mais c'est juste pour leur nom
   
Car j'aime aussi les Incas dont je ne sais que le nom
   
Si l'on m'interrogeait sur ces fauves ou sur ces Indiens
   
J'auros alors tout rond le zéro, j'crois bien.

6. Les politiques si ça s'trouve n'existent pas
   
C'est juste des robots fabriqués par des gars
   
Venus d'on ne sait quelle extraterrestre où ça
   
Pis qui nous rackettent nous soumettent voilà.

7. J'aime bien les chansons étranges
   
Aux atmosphères d'orgues et spectrales
   
Aussi des guitares qui dérivent en rafales
   
J'y pige que couic c'est pourtant pas la langue des anges
   
C'est juste de l'anglais mais moi la musique m'suffit
   
Car de la langue à la Queen je n'en sais pas un penny.

8. C'est juste de l'angliche qu'ça cause de pouliche
   
Surnaturelle tu crois bin non c'est juste d'la godiche
   
Avec des calculettes derrière leurs yeux de biche
   
Des beautés coûteuses pour lesquelles on s'pourlèche
   
Qu'on ferait mieux défois d'aller à la pêche.

9. Défois quand cause le président
   
Cause le président
   
Cause le président
   
J'me chante en d'dans La Danse des canards
   
Ou bien Papa Pingouin
   
Parce que Qu'est-ce qu'il est bavard
   
Not' président
   
Not' président
   
Not' président
   
Et pis Tagada Tsoin Tsoin.

10. Y a des vers d'Apollinaire oùsque les enfants des morts vont jouer dans le cimetière. Je me demande bien si cet hiver, vu qu'on dit qu'la Covide va r'venir nous faire des misères, combien y en aura, d'enfants des morts, dans les cimetières.

11. Et puis parce que tout finit par des chansons
     
Laissez-moi chanter Macron Macron
     
Donne-nous des ronds
     
Du blé d'l'oseille du pèze des sous
     
Sinon Macron Macron
     
Ta réélection
     
Tu l'auras dans l'chou.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 juin 2020.

 

 

19 juin 2020

INTER NOS

INTER NOS

 

 

  1. « Le long fil de l'oubli se déroule et se tisse »
    (Michel Houellebecq, « Poésies »)L'oubli annihilant tout, que reste-t-il sinon la musique du vers. Cette idée aussi du rébus que ça fait, le puzzle en miettes de souvenirs.

  2. Ai évoqué avec une collègue des souvenirs de nos origines (nos familles sont du même coin). On hésite sur les noms, les prénoms, les années, les lieux mêmes. L'humain, ah l'animal, l'hésitant, le nostalgique.

  3. Evoquant avec une collègue des souvenirs sur l'origine de nos familles, soudain un doute me prend. M'aurait-on menti ? La vérité serait-elle plus âpre ? Le roman familial recèlerait-il un poison plus lent et plus violent ?

  4. La modernité bureaucratique tend à éradiquer nos appartenances, nos identités au profit d'un illusoire « vivre ensemble ». Heureux le technocrate qui n'a de foi qu'en la raison administrative et refuse de regarder ce que furent ses familles.

  5. Ai évoqué cet oncle Albert, de Gognies-Chaussée qui disait : « Je ne me déplace pas. Qui veut me voir, la porte lui est ouverte. » Ai pensé qu'un tel mode de vie paraît aujourd'hui archaïque, sinon féodal. J'envie cette libéralité de seigneur qui lors était encore loisible à l'humble oncle Albert.

  6. Je me souviens de Bernard Jeu qui nous enseignait que les structures mentales de bien des familles du Nord étaient déjà en place à la Renaissance. Il était assez intelligent pour ne pas s'en offusquer ; je crois qu'une telle idée est aujourd'hui peu « politiquement correcte ».

  7. J'imagine l'effarement de Rimbaud quand il prit conscience que ce n'était qu'en apparence qu'il vivait dans un monde hérité des Gréco-Gallo-Romains, mais qu'en fait, sa propre structure mentale était un mélange de christianisme naïf et de barbarie saxonne.

  8. Ceux que les Romains appelaient les Barbares constituèrent aussi notre identité. Nous fûmes si mélangés entre peuples venus de ce grand Est aux frontières imprécises, qu'être Français, c'est être ni latin, ni du Nord, mais de cette galaxie de peuples qui n'ont plus de nom.

  9. Je sais bien que le latin a façonné ma langue, et que les Italiens sont linguistiquement mes cousins. Et cependant, se pourrait-il que des structures mentales anciennes et peu latines se servent de la plasticité de la langue pour perdurer, s'adapter à cette modernité blêmissante au mot de « barbare » ?

  10. Je sais que j'ai tort. Pourquoi ces interrogations sur mon identité ? Pourquoi ne pas chanter comme beaucoup le vivre-ensemble et le multiculturalisme ? Je ne suis pourtant pas xénophobe. Alors ? Nostalgie ? Idéalisation du passé ? Peut-être. Résistance à la modernité ? Sans doute.

  11. L'Europe croit être aussi rationnelle et administrative qu'un Sénat romain (ou du moins de l'idée que l'on s'en fait), mais elle est aussi brouillonne et individualiste que nuées et hordes envahissant l'Occident du Vème siècle.

  12. Il est que beaucoup de Français pensent que l'Europe monétaire est nécessaire ; nécessaire aussi une Europe de la défense. Pour ce qui est de la circulation des personnes, beaucoup s'interrogent.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 juin 2020.

7 juin 2020

PLUME ET GRINCEMENTS

PLUME ET GRINCEMENTS

 

 

  1. Le président Macron devrait se souvenir que nous ne sommes pas des « irréductibles Gaulois », des « réfractaires à tout changement » (on n'est pas dans un album d'Astérix), mais le pays de Voltaire et d'Hugo.

  2. Je sens bien les « vacances apprenantes » à Blanquer comme un magnifique exemple d'usine à gaz, (à citer certainement dans les annales de la sottise ministérielle).

  3. Comme je suis un dangereux agitateur (« d'autant plus dangereux qu'il réfléchit » me fut-il signifié en ma jeunesse folle), je vais maintenant boire une bière en écoutant « Slumlord » de Baxter Dury.

  4. Ai pensé qu'Edouard Philippe avait bien du talent et que sans son sang-froid, la Macronie ne tiendrait pas huit jours. Peut-être fallait-il qu'il regagne les rangs de la France gaulliste et laisse tomber ces pieds nickelés. Il sortirait ainsi la tête haute et n'en serait que plus grand. Mais bien entendu, il y avait une certaine noblesse à continuer de gérer les affaires d'un pays menacé par une forte montée du chômage.

  5. Un journaliste américain dit un jour : « La France, c'est l'Italie en plus discret. » Il m'arrive de penser qu'il avait peut-être raison.

  6. Lorsque j'ai bu quelques bières en écoutant du Baxter Dury, je suis momentanément dans l'impossibilité de commenter Wittgenstein, mais j'arrive tout de même à critiquer la Macronie. Comme quoi, en dehors de sa philosophie, la politique telle que la présentent les médias, c'est du bidon.

    Comme il avait fait une bourde grammaticale, il songea que l'orthographe, Baxter Dury et la bière ne faisaient pas forcément bon ménage.

  7. Franchement, faut être un peu naïf, ou aimer la soumission, pour croire que les politiques vont nous sortir d'un bourbier où ils ont largement contribué à nous fourrer.

  8. Il se moquait fort des puissants, et ceux qui le connaissaient un peu savaient qu'il était réellement, littéralement, ce que Hollande a appelé jadis un « sans-dents » (ah ça, il aurait mieux valu qu'il se taise). Ayant connu ce que l'on appelle des difficultés, il riait de ces ventres bien remplis qui prétendaient le gouverner.

  9. C'est pourtant ce « parlementarisme libéral » que vous décriez tant qui vous laisse le temps et l'espace nécessaires pour que vous puissiez les critiquer.

  10. Il est notable que le professeur n'est plus considéré comme un maître dans sa discipline mais comme un agent au service d'une institution publique. Dès lors, sa parole de maître est déconsidérée au profit d'une pseudo-efficacité administrative.

  11. Il pensa qu'il n'aimerait pas que le ministre de l'éducation nationale devînt premier ministre : il aurait sans doute vite l'impression de vivre dans un pays administré comme on administre un établissement d'enseignement secondaire.

  12. Jolie expression entendue ce matin sur France Culture concernant ces « esprits qui ne brillent que par les grincements de leur plume ».

Patrice Houzeau
Malo, le 7 juin 2020.

6 juin 2020

DEUX BREFS ANTI-MACRONIE

DEUX BREFS ANTI-MACRONIE

 

  1. Mars 2020. Quelques jours avant la décision de confiner et de fermer tous les établissements scolaires, alors que le nombre de morts montait chaque jour, le ministre Blanquer assurait que fermer les écoles n'était pas à l'ordre du jour. Combien de morts chez les enseignants, le personnel administratif et les agents de service le ministre Blanquer aurait-il accepté au nom de ce qu'il faut bien appeler son carriérisme ?

  2. Le président Macron est un bien piètre président qui a réussi le tour de force de provoquer des manifestations populaires d'une ampleur inégalée depuis Mai 1968 et qui a menti effrontément aux Français sur le manque de matériel disponible face au Covid. Que le président Macron songe sérieusement à se représenter aux présidentielles de 2022 prouve qu'il n'a ni honneur, ni dignité.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juin 2020.

4 juin 2020

CE QUI SE PENSE SE DIT ET C'EST ÇUI QUI DIT QUI Y EST

CE QUI SE PENSE SE DIT ET C'EST ÇUI QUI DIT QUI Y EST

 

 

  1. Ce qui se pense se dit ; cependant que l'on ne peut pas toujours dire ce que l'on pense, ce que l'on pense peut toujours se dire.

  2. Je remarque que les propositions « on peut toujours dire ce que l'on pense » et « on ne peut pas toujours dire ce que l'on pense » sont toutes les deux vraies.

  3. Un musicien peut parfaitement exécuter un morceau ; un peintre peut excellemment représenter une vache ; un écrivain ne peut pas dire tout ce qu'il pense (les gens lui jetteraient des pierres).

  4. Vu et entendu sur Youtube la batteuse Sina qui dans le genre pop/rock des électriques seventies rappelle ce que drummer veut dire.

  5. « Daniel prit alors de la poix, de la graisse et du crin, fit cuire le tout, en fit des boulettes, et les jeta dans la gueule du serpent qui les avala et en creva. Et Daniel dit : « Voyez ce que vous vénérez ! » (La Bible de Jérusalem, Daniel, 14, 27)

  6. C'est en l'empoisonnant que Daniel tua le « serpent vénéré de Babylone ».
    Le réel tue croyances et idolâtries.
    Les Romains en crucifiant le Christ avaient tenté d'abattre la foi chrétienne.
    Il fallait donc que le Christ ressuscite.

  7. « Je le savais d'avance » ; « Je vous l'avais bien dit » : Ces deux propositions ne s'avèrent exactes qu'en vertu d'un présent de confirmation. La promesse de l'au-delà échappe à ce présent. La prophétie hermétique renvoie toujours ce présent à plus tard.

  8. La foi est la croyance que le présent en soi confirme la promesse d'une victoire sur la mort. Le croyant fait comme si. Le socialiste aussi d'ailleurs, aussi naïvement et philosophiquement attaché à la fin de l'Histoire qu'un croyant est attaché à son dieu.

  9. Les miracles et les progrès permettent au croyant et au socialiste de croire en la promesse de la victoire sur la mort, ainsi qu'à la fin de l'Histoire. Mais un événement est-il toujours un signe ?

  10. « Dans une fosse comme un ours
      
    Chaque matin je me promène
      
    Tournons tournons tournons toujours »
      
    (Apollinaire, « A la Santé, III »)

  11. Sans doute l'humain tourne dans le monde comme l'ours à Apollinaire dans sa fosse tourne, et l'humain tourne dans sa tête comme l'ours à Apollinaire dans sa fosse tourne, et l'humain tourne dans son impatience comme l'ours à Apollinaire dans sa fosse.

  12. « Vous ne comprendrez donc rien au grand jamais »
      
    (La Bible de Jérusalem, Judith, 8, 13)

Patrice Houzeau
Malo, le 4 juin 2020.

 

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  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
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