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29 septembre 2021

CITATIONS NOTES ET ZUT AUSSI

CITATIONS NOTES ET ZUT AUSSI

1.
« -Alors, demanda-t-elle amusée, tu crois qu'ils me trouveront laide ?
- Non. Bizarre, seulement... »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « La Plume empoisonnée »)

2.
« La femme de Tim attend un gosse le mois prochain. »
Madwig siffla avec impatience :
« C'est le bouquet ! Pourquoi ne pensent-ils pas à ça avant de se mettre dans le pétrin ? Ils n'ont rien dans le crâne, ni les uns ni les autres !
- Non, mais ils votent. »
(Dashiell Hammett, traduit par Marcel Duhamel, « La Clé de verre »)

3.
« Eadem sed aliter » (Schopenhauer à propos de la philosophie de Hegel).

« Eadem, sed aliter » : « les mêmes choses mais autrement ». C'est là le credo de bien des partis politiques, lesquels promettant de grands changements, n'ont en fait pas d'autre choix que labourer un sillon tracé depuis longtemps.

4.
« Peut-être l'église abbatiale de Saint-Martin-des-Champs était-elle le vrai Temple ? »
(Umberto Eco traduit par J-N Schifano, « Le Pendule de Foucault » [le narrateur])

5.
« On n'échappe pas à un infini, me dis-je, en fuyant vers un autre infini ; on n'échappe pas à la révélation de l’identique en s'imaginant pouvoir rencontrer le différent. »
(Umberto Eco traduit par J-N Schifano, « Le Pendule de Foucault » [le narrateur])

6.
Lundi 29 septembre 2021, il est question en France de maintenir « la possibilité » du pass sanitaire jusqu'à l'été prochain : Macron nous prépare une société hyperconnectée et hautement médicalisée. Cauchemar et science-fiction. Blanquer en sera-t-il le complice ?

 7.
« Il y a dans la conscience quelque chose qui en fait un piège pour elle-même. »
(Gombrowicz traduit par Georges Sédir, « Quelques extraits de mon journal à propos de « Cosmos »)

8.
« - Quels prodiges ! s'étonna Fuchs. Des moineaux qui pendent, des poulets qu'on a pendus, et si cela nous annonçait la fin du monde ? A quelle hauteur était pendu ce poulet ? Loin de la route ? »
(Gombrowicz traduit par Georges Sédir, « Cosmos »)

9.
Parcourant le « Cosmos » de Gombrowicz, j'entends en arrière-plan (en arrière-monde me chuchote Zut dans mon oreille interne qui a toujours le mot pour rire, Zut), « L'heure des pros 2 » de Pascal Praud. parfois bon, leur Witz, parfois intéressant, l'esprit.

10.
« Il est déjà sur mes traces, et bientôt il sera là. Il n'abandonne pas, petite, il n'abandonne jamais ! »
(Yves H. et Hermann, « Dulle Griet », « Les Tours de Bois-Maury »#13 [« le chevalier français »)

11.
Comme me plaît cette histoire de dame blanche, de langue magique, de chevalier pourchassé et de Flandre enneigée, je relis une fois encore le beau « Dulle Griet », de Yves H. et Hermann.

12.
La société hyperconnectée qui s'annonce et dont la Macronie se fait la championne est-elle une promesse de « pax electronica » ? Un meilleur des mondes qui, aux yeux de nos politiques, serait le seul possible ? Pouah, je crache.

13.
J'entends sur Cnews, à propos du Pass Sanitaire, un chroniqueur dire : « C'est rentré dans les mœurs. Les Français sont anesthésiés. » En favorisant systématiquement les solutions technocratiques aux dépens du débat politique, le projet macroniste est avant tout anesthésiant.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

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15 juin 2021

MAIS QUAND MEME QU'ELLE EST LONGUE

MAIS QUAND MÊME QU’ELLE EST LONGUE

1.
« IPHIGENIE : - Et cependant des larmes s’échappent de tes yeux.
AGAMEMNON : - Une longue absence va nous séparer encore. »
(Euripide traduit par Nicolas-Louis Artaud, « Iphigénie à Aulis »)

a) « Et cependant » : Se passe toujours quelque chose, toujours.
b) « des larmes s’échappent » : Défois elles s’échappent, sur leurs petites pattes de larmes, les larmes, ça fait de grands flots, de grands rideaux, de grandes cascades et cataractes, c’est comme ça qu’on pleure chez les géants.
c) « de tes yeux » : Agamemnon a la larme à l’œil. Il est ému, le guerrier qui pleure et déplore.
d) « Une longue absence » : celle qui succède à la vie et qui n’a ni retour, ni aller.
e) « va nous séparer encore » : du temps passé à se séparer des gens et des choses et puis de les retrouver avant de définitivement les perdre, du coup de dé fatal.

2.
« IPHIGENIE : - M’embarquerai-je avec ma mère, ou partirai-je seule ?
AGAMEMNON : - Seule, sans ton père, ni ta mère. »
(Euripide, « Iphigénie à Aulis »)

a) « M’embarquerai-je » : C’est-y point qu’Agamemnon montât un bateau à sa fille adorée, déplorée, condamnée ?
b) « avec ma mère » : Non, Iphigénie, tu ne partiras pas avec ta mère !
c) « ou partirai-je seule ? » demanda l’innocente. En ce temps-là qu’était très grec et antique, le Dieu Unique et Résurrecteur n’avait pas encore été inventé. On en était encore au temps des Ombres et de leur Royaume. Pas folichon.
d) « Seule » : D’toute façon, il est qu’on est toujours seul, seul, seul, aussi seul que hareng-saur au bout d’sa ficelle pis qui pendouille..
e) « Sans ton père, sans ta mère » : Si Iphigénie s’imagine qu’elle va partir en croisière genre tour de la Méditerranée avec nuits folles dans les clubs et boîtes de l’époque, elle se fiche le doigt dans l’œil jusqu’aux tripes.

3.
« AGAMEMNON : - Quand le cercle heureux de la lune sera rempli. »
(Euripide, « Iphigénie à Aulis »)

a) « Quand le cercle » : Marrant comme les cercles servent à définir, cerner et concerner territoires, espaces magiques, phases.
b) « le cercle heureux de la lune » : vieille magie sélénite, laquelle se fiche bien de nous et nous tire langue longue qu’on la voit pas mais quand même qu’elle est longue.
c) « sera rempli » : la pleine lune, ça fait comme un instrument de musique trop loin pour qu’on en joue, qu’on joue donc du gong avec majesté mystérieuse.

4.
« … où l’on dit que Cassandre paraît, les cheveux épars et couronnée de vert laurier, lorsque l’inspiration prophétique du dieu s’empare d’elle. »
(Euripide, « Iphigénie à Aulis » [Le Chœur])

a) « où l’on dit que » : Le réel, c’est du dit. Du dit vrai, du dit faux, du dit manche, du dit geste. Le réel, c’est du dit avec du « que » derrière.
b) « Cassandre paraît, les cheveux épars » : Nina Hagen, 1978.
c) « et couronnée de vert laurier » : devait avoir l’air fin, la Cassandre là, avec ses cheveux épars, façon punk des seventies et sa couronne « de vert laurier », que je me demande si les cheveux verts à Baudelaire pis aux sonneurs de vérités électriques, c’était pas défois une référence mythologique.
d) « lorsque l’inspiration prophétique du dieu s’empare d’elle » : oui, on dit que c’était le dieu des prophéties, que si ça se trouve, c’était dans le « in vino veritas » qu’elle allait chercher le culot de dire ce dont elle se doutait bien, Cassandre.

5.
« ACHILLE : - Mais on combat les raisons par des raisons. »
(Euripide, « Iphigénie à Aulis »)

Cela s’appelle débat, philosophie, diplomatie. L’humain y passe son temps. Le fond, c’est toujours le conflit. L’humain ne s’entend pas avec lui-même. C’est ainsi que diplomatiquement ou pas, l’animal démocratique court à sa perte.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juin 2021.

6 juin 2021

EN LISANT IPHIGENIE PIS PENSANT A AUT' CHOSE AUSSI

EN LISANT IPHIGENIE PIS PENSANT A AUT’ CHOSE AUSSI

1.
« Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit ? »
(Racine, « Iphigénie » [Arcas])

C’est ce qu’on se dit tous les matins que dieu fait
Puis on voit que Blanquer, il est toujours ministre.

2.
« Et présentant la foudre à mon esprit confus »
(Racine, « Iph. » [Agamemnon])

La foudre Covid, en tout cas, ils l’ont pas vue
Venir, nos têtes d’œufs, zan sont tombés sul’ cul.

3.
« Les flots en ont poussé le débris et les morts. »
(Racine, « Iph. » [Agamemnon])

La mer encor de nos jours est pleine de débris et de morts des ailleurs désespérants.

4.
Il se dit que Macron ne se représentera pas aux présidentielles 2022. Ah non, trop facile ! C’est le coup du père François Hollande : on fout le bordel (#NuitDebout) et puis on s’en va. Non, non, faut qu’il assume, le Macron, d’autant qu’il n’a pas de réel opposant. Il sera donc réélu, sans gloire et par défaut, mais réélu.
A moins que le ras-le-bol des Français devant une pensée fédéraliste, qui fait trop la part belle à la technocratie connectée et au « vivre-ensemble » (fichaise !) ne finisse par porter Marine Le Pen au pouvoir. Mais, pour l’instant, je n’y crois guère.

5.
« Mais dans le temps fatal que repassant les flots »
(Racine, « Iph. », [Doris à Eriphile])

Je songe soudain qu’Eriphile « repassant les flots » revient du royaume des ombres que le Styx sépare de celui des vifs.

6.
« Cependant, par un sort que je ne conçois pas,
Votre douleur redouble et croît à chaque pas. »
 (Racine, « Iph. », [Doris à Eriphile])

Mélancolie, cauchemar, mauvais sort…

7.
« Un oracle toujours se plaît à se cacher.
Toujours avec un sens il en présente un autre. »
(Racine, « Iph. », [Doris à Eriphile])

Symboles. Dédale. Tout ça qui tout l’temps s’complique.

8.
« Au sort qui me traînait il fallut consentir :
Une secrète voix m’ordonna de partir »
(Racine, « Iph. » [Eriphile])

L’inconscient. Nous croyons qu’il nous sauve, il nous perd. Nous pensons qu’il nous perd, il nous sauve.

9.
« Qu’est-ce qu’ils font ici tous ces gens ? » entendis-je dans un épisode d’Agatha Raisin. C’est exactement ce que je me dis souvent et où que j’aille.

10.
« Ma fille, je vous vois toujours des mêmes yeux.
Mais les temps sont changés, aussi bien que les lieux. »
(Racine, « Iph. », [Agamemnon])

Le réel change plus vite que nous. On est dépassé.

11.
« D’une secrète horreur je me sens frissonner. »
(Racine, « Iph. » [Iphigénie])

Quel est ce serpent qui siffle dans ces pieds ?

12.
« Mon cœur pour le chercher volait loin devant moi »
(Racine, « Iph. » [Iphigénie])

Iphigénie, défois, elle a son cœur qui s’envole devant elle, alors elle court après mais c’est dangereux comme l’antique passqu’elle pourrait se casser la gamelle à répliques.

13.
« Lui seul ne paraît point. Le triste Agamemnon
Semble craindre à mes yeux de prononcer son nom. »
(Racine, « Iph. » [Iphigénie])

Les tragédies sont pleines de noms interdits, de noms cachés (celui d’Eriphile par exemple), de noms dénoncés, de noms trahis, de noms maudits.

14.
Le Covid, ce serait-y point l’Antéchrist, et ses variants Légion ?

15.
« Avez-vous pu penser qu’au sang d’Agamemnon
Achille préférât une fille sans nom »
(Racine, « Iph. », [Eriphile])

Eriphile, c’est la « fille sans nom ». La dénommée, la déracinée, l’exilée sans retour, la vouée aux ombres.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juin 2021.

30 mai 2021

QUELQUES PHRASES TIREES D'UN VOLUME DE RADIGUET

QUELQUES PHRASES TIREES D’UN VOLUME DE RADIGUET

1.
« Il sera temps alors de se laisser aller à lire Le Bal « comme s’il était effectivement de Raymond Radiguet », pour paraphraser Borges »
(Bruno Vercier, « préface à « Le Bal du Comte d’Orgel ») #CommeSi

2.
« Le recours au devoir, à la pureté, ne serait-il qu’une façon de se protéger de soi-même ou des autres, l’équivalent de la « tranquillité » et du « repos » de Mme de la Fayette ? »
(Bruno Vercier, « Préface à « Le Bal du Comte d’Orgel ») #CitadelleMézigue

3.
« Mais ceux qui ne sentent pas les qualités profondes et se laissent prendre aux masques, n’osent s’aventurer par crainte de sables mouvants. »
(Raymond Radiguet, « Le Bal du Comte d’Orgel ») #Masques #Sables #MasquesDeSableCarnavalPerdu

4.
« Il y avait là des épaves grandioses, des objets dépouillés de leur signification première, et qui, chez ces clowns, en prenaient une bien plus haute. »
(Raymond Radiguet, « Le Bal du Comte d’Orgel ») #LaClownerieEstUnOxymore

5.
« Son souvenir seul nous en fait découvrir le merveilleux. »
(Raymond Radiguet, « Le Bal du Comte d’Orgel ») #Nostalgie

6.
« Cette timidité loquace le poussait alors aux pires maladresses, à des folies de phalène autour d’une lampe. »
(Raymond Radiguet)
#Paradoxe #PhalèneEnFolie

7.
« Hortense tenait-elle de son ancêtre le maréchal Radout, commis-boucher dans son âge tendre, cette carnation trop riche, cette chevelure crespelée, dont on se demande si elles ne résultent pas du voisinage des viandes crues ? »
(Raymond Radiguet) #LaMalédictionEstUneBouchère

8.
« Mais quelle ne fut pas sa stupeur quand, au bruit des klaxons, hommes et femmes s’envolèrent, faisant disparaître la table comme un décor de féerie. »
(Raymond Radiguet) #LesGensSenvolent

9.
« Cette collection consistait à pointer le nombre de virgules contenues dans une édition de Dante. Le total n’était jamais le même. »
(Raymond Radiguet) #ObsessionTextuelle

10.
« Il ressemblait à ses ancêtres pour qui, hors Versailles et deux ou trois lieux de ce genre, la nature est une forêt vierge, où un homme bien « ne se hasarde pas ».
(Raymond Radiguet) #Nature/Culture

11.
« Sous prétexte de trouver la route la plus courte, il se perdait. »
(Raymond Radiguet) #Enbref

12.
« La veille elle s’était dit que la sagesse exigeait qu’ils espaçassent les escapades. »
(Raymond Radiguet) #Allitération

13.
« Ainsi subirent-ils une alerte et chacun manqua surprendre un peu de la vérité. Mais tout rentra bientôt dans l’ordre, c’est-à-dire dans les ténèbres. »
(Raymond Radiguet)
 #Géopolitique #Covid #LucMontagnier #Variants #Labo

14.
« Sa rapidité le déconcertait, comme le jeu du furet quelqu’un malhabile de ses doigts. »
(Raymond Radiguet)
 #QuiParlaitDunFuretDansUnLaboratoire ?

15.
« Et ce ne fut qu’en commençant à parler du bal costumé que tout ce monde prit des mines de conférence politique. »
(Raymond Radiguet) #Clownerie #Politique #ClowneriePolitique

16.
« Il tremblait que les mots en fussent effacés, ou qu’ils eussent changé. »
(Radiguet) #Nepasycroire

17.
« L’énorme inflation dans l’Allemagne de l’après-guerre [1WW] forçait, selon l’expression alors courante, à transporter dans une brouette les sommes nécessaires à l’achat du moindre objet dont le prix était affiché en millions de marks. »
(Bruno Vercier, notes sur « Le Bal du Comte d’Orgel »)
#Crise #Allemagne #LaCriseCestDlaBrouette #LaMortAussi

18.
« 21 avril 1923 : chez les Hugo séance de table tournante : la mort menace Radiguet. »
(Bruno Vercier, chronologie biographique de Radiguet)
#LaMort. #LaMortASaTable.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 mai 2021.

7 mai 2021

BAUDELAIRE ET PATACHAUVE

BAUDELAIRE ET PATACHAUVE

« Il n’est pas donné à chacun à prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art ; et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage. »
(Baudelaire, « Les Foules »)

1.
Baudelaire i dit que c’est pas tout le monde qui peut prendre un « bain de multitude » que c’est pourtant pas comme ça qu’on s’lave ! Quel malprop’ ce Baudelaire !

2.
Baudelaire i dit que « jouir de la foule est un art » ; plus loin dans le poème, il utilise le mot « prostitution », l’est pas seulement impropre (comme dans l’expression à la consommation) mais il est carrément hop scène ! comme disait Mona Cousine au Moulin Rouche.

Post-tweet : Mona Cousine, elle n’existe pas : faut pas croire tout ce que je n’écris pas dans les journaux. Le Moulin Rouche non plus d’ailleurs ! C’est une scène fantôme pour jambes seules (musique : le spectre d’Erik Satie).

3.
Après Baudelaire, i dit « et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain » : l’opposition « celui-là seul » / « genre humain » c’est de la mentalité d’individualiste, d’ultra-libéral sociopathe (et pas que dans les tiroirs ! Suivez le regard de l’aveugle) !

4.
Défois dans Baudelaire j’comprends pas tout que « ribote de vitalité » je me demande que je vas être obligé de consulter un livramots (celui où les mots sont bien rangés, passque chez tous les autres auteurs, c’est tout mélangé).

Je trouve comme synonymes à « ribote » : bamboche, bombance, bombe, bringue, ripaille ; normalement y a aussi grosse bouffe mais je l’a pas trouva que quand je me dis « grosse bouffe » je pense à de gros schleus (on peut plus dire ça) qui s’empiffrent de choucroute en s’imbibant de bière.

Je rappelle qu’on ne peut plus dire « schleu » : c’est pas inclusif. On doit dire : des gens originaires du pays dont quelques millions d’habitants exterminèrent quelques millions de leurs frères humains dans l’Europe d’entre 1940 et 1945. Il faut être linguistiquement correct.

Ce qui me fait penser que tout môme, mon père vit son père blessé à mort après une attaque de stuka. C’était l’exode des frontières vers l’ouest. C’était moche. Ceux qui pensent que je suis d’extrême-droite parce que je soutiens les Généraux lanceurs d’alerte sont des cons.

Mais je suis mauvaise langue : j’aime beaucoup l’Allemagne. Je n’y vais jamais.

5.
Baudelaire, il imagine que des fées « insufflent » dans les berceaux des braillants là comme quoi voyez, la fée à Blanquer, chauve et voulant tout changer, c’est Réformette, la fée des réformes ; la fée à Macron, elle fut « en même temps » et donc assez indéterminée.

6.
Parmi les bizarres et grotesques que les fées, selon Baudelaire, insufflent aux futurs contribuables de la nation apprenante, il y aurait « le goût du travestissement » : c’est comme ça qu’on finit au Moulin Rouche, ou à la République en Marche.

7.
Parmi les saugrenues et incongrues que les fées, selon l’autre là, insufflent aux futurs apprenants de la nation contribuable, y a le goût « du masque » qu’on les croit membres d’un parti gaulliste, que les v’là fédéralistes chez Macron (n’est-ce pas Falco ? N’est-ce pas Estrosi ?…)

8.
Y a aussi « la haine du domicile et la passion du voyage » qu’les fées insuffleraient aux futurs candidats que c’est comme ça qu’on se retrouve à promener partout virus et variants, ou à mener une vie voltigeureuse (ça veut rien dire, j’adopte) dans de lointains voisinages.

« lointains voisinages » : l’oxymore est osé. Mais le monde n’est-il point un village ? C’est si vrai, qu’il suffit qu’un laborantin de Chine, hélas accompagné d’un pangolin (son repas de midi) et d’une chauve-souris (sa mascotte) glisse sur une crotte de chameau dans son labo de là-bas et patachauve ! le monde vire viral et variances.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 mai 2021.

 

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2 mai 2021

QUI AGIT QUI RESTE

QUI AGIT QUI RESTE

1.
Il y a une pochette d’un disque de Deep Purple où, sur fond de dunes blanches, on voit un astronaute se désintégrant, c’est-à-dire qu’il se particularise, le particulier, qu’il se volatilise peu à peu en particules que le vent des confins sidérés emporte, pareilles aux choses qui sont mortes là, dans le passé.

2.
Sur la pochette signée par Robert Crumb du disque « Trop de routes, trop de trains », des Primitifs du Futur, deux patibulaires seraient sur le point de s’régler un compte qu’ça n’étonnerait pas. Y a une rousse en vert, une rouge tire, l’enseigne « Le Chat Bleu ».

3.
Dans « « Songe d’un matin d’hiver » (in « Les Celtiques », de Hugo Pratt), le visage de la fée Morgane, blanc, noir, couronne de fleurs et longs cils noirs. En arrière-plan, les étranges pierres de Stonehenge.

4.
La couverture de l’album « Le Sceptre d’Ottokar » : Tintin et Milou franchissant le pont-levis quittant la grande entrée à herse gardée par deux fiers moustachus, laquelle grande entrée donnant sur une vaste cour au fond de laquelle se trouve une grande porte gardée par deux fiers moustachus.

5.
La couverture de l’édition Club des Masques du roman « Le Colonel est retourné chez lui », d’Exbrayat : façon tableau surréaliste, un bord de mer avec falaise hanté par une immense cornemuse flottant en l’air, une jeune fille éperdue en bikini file comme au-dessus du sable.

6.
La pochette de « Physical Graffiti » de Led Zeppelin : issue du temps qu’elle en est si sale, la vaste façade, têtes sculptées, fenêtres à images comme autant d’allusions, d’énigmes, comme s’il y avait là quelque rébus, quelque chose qui agit et qui reste à déchiffrer.

7.
« Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. »
(Baudelaire « A une heure du matin »).
Moi aussi, j’aime bien la nuit.

8.
« Vive le Compagnon ! » j’entends ça dans un épisode télé d’Hercule Poirot. Le « compagnon », c’est l’inspecteur Japp ainsi intronisé à Bruxelles dans chais plus quel ordre. J’aime bien le mot compagnon, ceux de la bande des noms en « -nions » comme lune et prunelle.

9.
« Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs. » (Baudelaire, « Un hémisphère dans une chevelure »)

Le mot « élastique », il commence par s’allonger puis il fait un son comme çui du claquement d’un élastique. Le mot « souvenirs » n’évoque aucun souvenir ; par contre, le verbe « manger » moi, ça m’rappelle la salade.

10.
« La société entière se scinde de plus en plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes qui s’affrontent directement : la bourgeoisie et le prolétariat. »
« Manifeste du parti communiste (1848), Marx et Engels, traduction de Molitor)
Cette phrase me fait penser au jeu de go, mais avec des morts, aussi aux sots qui croient au progrès universel.

11.
« Or, Dieu est l’un et l’autre ; il est bien avant tout l’être de tous les êtres, mais, comme tel, il doit cependant exister aussi par lui-même »
(Schelling, « Conférences de Stuttgart », traduction de Jankélévitch)

J’aime bien les phrases ou y a de l’être qui est l’un et l’autre comme dans les romans d’espionnage, que du coup, Dieu, je me demande, pour qui œuvre-t-il ? Pour son propre compte ? Ou alors hein ?

12.
« Ecoutez, prêtez l’oreille : même très à l’écart, des livres aimés, des livres essentiels ont commencé de râler. » (René Char, « Cruels assortiments »)

J’aime bien l’idée que les livres commençassent à râler, que du coup, je me demande, les bibliothèques, grognonnes le sont-elles toutes et entièrement ?

13.
Reconnaissant ainsi à un personnage de fiction la puissance d’un être agissant sur le réel, le chapitre neuf de « Sans parler du chien », de Connie Willis porte en exergue une citation d’Hercule Poirot : « Dans les petites cellules grises du cerveau se trouve la solution de tous les mystères ».
Je note que de tous les êtres de fiction, le dieu unique est sans doute celui qui eut infiniment le plus d’influence sur le réel.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2021.

 

21 avril 2021

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

1.
« Là, j’évitai les détails. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou se rendant compte de son erreur. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval Pâle »)

« Là, j’évitai les détails [dans lesquels, comme on sait, se cache le Diable que plus vous y zieutez, dans le détail, plus il vous la tire, le Diable, et longue longue longuement]. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou [ah ça, souvent que quand on est jeune, on est un peu tout fou, voire carrément barré, et puis, en général, ça passe avec le temps et l’on passe de jeune fou à vieux con] se rendant compte de son erreur [qu’on passe son temps à en faire des erreurs, que l’humanité, c’est l’infini des erreurs, horreurs, errances avec de bons apôtres genre Michel Serres (RIP), Albert Jacquard (RIP), Philippe Meirieu, Emmanuel Macron, socialos, libéraux, gauchos, cocos, fachos, crypto-cocos, néo-fachos, écolos, philosophiques zozos, prétentieux pédagos, etceteri etcetero qui vous font la morale que moi, du coup, j’préfère écouter « Orphée aux Enfers », d’Offenbach ou les ritournelles des Charlots].

2.
« J’ose à peine regarder la divine mascarade »
(Apollinaire)

« J’ose à peine regarder » [Moi, ça me fait pareil quand mes yeux tombent dans un film d’horreur avec du gore dedans qu’on dirait une réforme à Blanquer] la divine mascarade » [ce qui me fait penser à « La Valse des Masques », le tube qui tue du printemps 2020 à Manu Jupiter, accompagné du Jean-Mich’ Blanquer, the king of the pipeau].

3.
« Oiseau tranquille au vol inverse oiseau
Qui nidifie en l’air
A la limite où notre sol brille déjà »
(Apollinaire, « Cortège »)

« Oiseau tranquille » [Ça existe-t-y des zoziaux tranquilles ? Ah, être tranquille comme un oiseau qui fume sa pipe en lisant le journal pendant qu’le monde pédale dans le virus et l’islamisme galopant] au vol inverse [cékoi comme oiseau qui fait dans le « vol inverse » ? Ce s’rait-y le politique palmé des altitudes ?] ]oiseau [ça fait écho]
Qui nidifie en l’air [ça s’confirme que c’est le palmé des altitudes, çui qui est « en même temps », qui a d’la « pensée complexe » plein le bec et la cervelle plumée qui va avec]
A la limite où notre sol brille déjà [Ça me fait penser à ce strip des « Déboussolés » de Watch (dans le Spirou des années 70) où l’on voit un bonhomme tout chelou avec un drôle de petit chapeau déclamant : « O soleil couchant Pareil à une tarte au froment »] pis qui s’en retourne avec des yeux vagues et repus pis dans le désert pendant qu’une sorte de coyote de derrière les collines perdues lui jette à la tête un énorme dictionnaire de rimes que la dernière case du strip est basée sur le mouvement arrêté dans l’air du gros volume à quelques mètres de la tête du zig rimailleur, lequel ne se doute de rien vu que qu’c’est dans son dos qu’il arrive, le choc].

4.
« Entre les sandales de plastique
Que son père appelait des méduses
Glissaient des ombres égocentriques ;
Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. »
(Michel Houellebecq)

« Entre les sandales de plastique » [kicéty qui ritournellait « Le plastique, c’est fantastique », c’était bien laid quand même]
« Que son père » [chaipas qui c’est son père ; forcé, je pense que c’est le père d’une fille. Pourquoi, je sais pas. Peut-être parce que défois, on se demande à quoi ils ressemblent les pères des filles qu’on trouve jolies. C’est idiot et psychanalytique] appelait des méduses [ces têtes tranchées qui planent dans les flots et qui parfois foudroient]
« Glissaient des ombres égocentriques ; » [le monde, cette somme de nombrils interconnectés]
« Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. » [les humains quoi, ces perspicaces périssables]

5.
« Plus tard dans un bal champêtre
Les couples mains sur les épaules
Dansèrent au son aigre des cithares »
(Apollinaire, « la maison des morts »)

« Plus tard, dans un bal champêtre » [ah ça va guincher donc chez les vivants et les morts]
« Les couples mains sur les épaules » [ça me rappelle ce bal étrange du film « Un Soir, un train » de André Delvaux, où, dans cet instant qui sépare la vie du néant, yeux dans les yeux, mains sur les épaules, les couples tournent et dansent sur une java d’ailleurs (ou un tango de Barbarie peut-être)]
« Dansèrent au son aigre des cithares » [chez les vivants et les morts, c’est pas l’accordéon qui mène le bal, c’est le « son aigre des cithares », qui relève du folklore d’Autriche, de Hongrie ou de la Suisse, que moi j’en sais rien, j’apprends ça sur Wikichaitou, que le « son aigre », j’en sais rien que j’aime bien le rythme qu’il a le vers : « Dansè/rent (/) au son aigre / des cithares » qu’on l’entend bien le pincement du « r » là] 

6.
« Les morts avaient choisi les vivantes
Et les vivants
Des mortes
Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

« Les morts avaient choisi les vivantes » [« Les Zombies aiment la chair fraîche » film de série Z (comme dans zombie et film de zob aussi, que chaipas s’il existe, ce nanar mais que ça ne m’étonnerait point, que ça me fait penser que j’ai toujours trouvé « La Nuit des morts-vivants » de Romero ennuyeux comme la mort ; je préfère les formidables « Suspiria » et « Le Fantôme de l’Opéra » de Dario Argento]
« Et les vivants
Des mortes » [vous remarquerez qu’il y a chiasme pour le signifier, l’entrelacs des deux mondes]
« Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme » [dans ce lieu où morts et vivants se rencontrent, le réel paraît moins réel que le revenant ; l’autre monde contamine l’ici et maintenant].

7.
Dans le film « Le Cinquième Elément » de Luc Besson, n’est-ce pas que l’actrice qui joue le rôle de Lilou est superbe ? Son nom d’actrice est Milla Jovovich, et elle interpréta aussi Jeanne d’Arc, aussi de Luc Besson.

8.
« Je restai silencieux, quelques instants, retrouvant le passé. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval pâle »)

« Je restai silencieux [défois i faut], quelques instants [au moins], retrouvant le passé » [ah ça, quand le passé vous revient tourner les tables dans la tête, parfois, on ne pense même plus à gazouiller, on s’laisse envahir par des images anciennes, parfums fantômes et sons spectraux ; ceci dit, « Restant silencieux, retrouvant le passé », c’est un alexandrin].

9.
« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent : de mort, nulles nouvelles. Tout cela est beau ; mais aussi quand elle arrive, ou à eux, ou à leurs femmes, enfants et amis, les surprenant en dessoude et à découvert, quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accable ! » (Montaigne)

« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent » [comme i vous dit le monde, Montaigne, un ballet, un incessant va-et-vient, les autres] : de mort, nulles nouvelles [c’est vrai qu’on n’peut pas toujours penser à la mort, que c’en est même une morale, ça, de vivre, de persister malgré la mort, de sourire ; de rire, et de pas trop l’évoquer, la mort, défois qu’elle se pointerait illico, avec sa tête de trader branché]. Tout cela est beau [ironie ?] mais aussi quand elle arrive [tiens, qu’est-ce que je vous disais] ou à eux [couic], ou à leurs femmes [bis-couic], enfants et amis [ter-couic], les surprenant en dessoude ou à découvert [faut-il comprendre à l’improviste ?] quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accablent [y a rien d’plus rageant que de trépasser alors que l’on ne s’y attendait pas : tous les revenants vous le diront.]

10.
« Les passants égarés sont bizarrement verts ;
Au fond de l’autobus je sens craquer mes veines. »
(Michel Houellebecq, « Jim »)

« Les passants égarés [je me demande comment le narrateur sait qu’ils sont tout égarés, les passants – tiens, un passant qui passe, avec ses drames et ses morts, et ses projets et ses échecs] sont bizarrement verts » [c’est-y que le narrateur serait sur une planète d’hommes-plantes, d’artichauts marcheurs, des pt’tits verts, des p’tits gris, des p’tits verts-de-gris, (oui oui, défois, j’ai le lutin de ma tête, il chante) ;
« Au fond de l’autobus [donc le narrateur narrate du fond d’un autobus et voit passer de verts passants] je sens craquer mes veines » [ça sonne, chaipas si le narrateur est en manque ou quoi, mais ça sonne].

11.
« Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J’écoutais cette nuit au déclin de l’été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre »
(Apollinaire, « Le voyageur »)

« Les cyprès [d’après internet, un cyprès peut atteindre 25 mètres de haut et vivre cinq cent ans, autant dire un géant, un mythique, un mythologique même, l’arbre des morts] projetaient sous la lune leurs ombres » [ça devait l’faire, dans le genre effet funèbre]
« J’écoutais cette nuit au déclin de l’été » [quand on ne dort pas la nuit, on l’écoute, la nuit, puis tous les bruits mystérieux des êtres et esprits qui passent dans l’tout ça que moi j’sais pas, la nuit, moi, je dors]
« Un oiseau langoureux [koikcé comme genre, s’te mélancolique coucou ?] et toujours irrité » [pas seulement mélancolique, l’zoizeau, l’est aussi « irrité » que je pense à l’engoulevent qui crassotte, crécelle et crisse et crosse et crusse pis quand il tousse, c’est qu’il a trop fumé d’craven A.]
« Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre » [avant qu’les humains s’mettent à philosopher sur les fleuves, il y avait des fleuves, et quand les humains auront avalé toute leur philosophie et le bulletin de naissance de leur espèce, y aura encore des fleuves, « larges et sombres » comme un mystère, une force, un monde entre deux mondes].

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2021

3 mars 2021

NOTES SUR HUIT VERS DE PIERRE-JEAN JOUVE

NOTES SUR HUIT VERS DE PIERRE-JEAN JOUVE

 

1.

« Justement car tant d'or s'éloigne

de nos âmes » joli alexandrin On le

doit à Pierre-Jean Jouve Il me fait

penser que plus on s'approche de la

grande faucheuse des corps plus les

choses s'éloigneraient d'nos âmes &

qu'on en aurait moins des désirs de

tout ça qu'on croit si important et

s'qui n'est qu'illusion s'éloigne &

défois très vite façon foudre qu'ça

s'éloigne de s'qui n'existe pas que

tout ça c'est psycho pis biochimie.

 

2.

Après si l' « or s'éloigne de nos âmes »

et que le « sang s'écaille » c'est qu'il

y eut sans doute des massacres au soleil

de la grande vallée des vivants que j'me

demande de quoi parle le poète Jouve que

le champ lexical de la strophe (on y lit

les mots « mensonge » « larmes » & l'nom

Hécate qu'est l'nom d'une ténébreuse pis

divinité sorcière on dit) montre que ses

vers à Jouve c'est pas de la ritournelle

à rigoler que donc d'après Jouve si l'or

« s'éloigne de nos âmes » & qu'le « sang

s'écaille » et qu'le « mensonge paraît »

(qu'le mensonge apparaît donc dans toute

sa menterie) alors « moribonde » qu'elle

est l'Hécate & « vieux Commandement » il

ajoute Jouve que je n'sais pas à quoi ça

s'réfère à la Bible ou à l'armée ? Jouve

y flanque trois fois l'adverbe justement

dans les 8 vers de ses deux strophes que

je vous dis ça c'est juste pour dire que

je suis bien content d'avoir un peu pigé

d'quoi causent un peu peut-être les vers

à Pierre-Jean Jouve pendant que dans les

airs circule le dragon invisible et même

qu'il est en train de le flanquer le feu

partout dans s'monde arrêté & stupéfait.

 

 

3.

Dans la strophe suivante il est question

de « bras doux » pis de « l'aube » aussi

d'espace enchanté & de « l'esprit sain »

qu'le « chagrin » s'envole littéralement

qu'il dit cela Pierre-Jean Jouve je vous

l'cite :« Tant de chagrin s'élance alors

d'une aile chaude » pis qu'après ce sera

la « Résurrection calme » rien qu'ça pis

« des corps enfantins » puisque n'est-il

pas qu'nous sommes les enfants de Dieu &

qu'il ne faut pas prendre les enfants du

Bon Dieu pour des canards sauvages comme

l'a justement rappelé Michel Audiard pis

même qu'c'est le titre d'un de ses films

 

4.

« Justement car tel bras doux traverse l'aube »

écrit le poète Jouve que j'me vois dans la tête

un bras passer doucement dans le ciel tout bleu

des Résurrections Y a des anges à trompinette i

flottent dans le ciel traversé d'éclairs mais i

sont tout silencieux ces éclairs & i foudroient

pas du tout c'est plutôt des éclairs d'lucidité

ou des éclairs de génie le génie des cieux itou

des éclairs de joie On entend aussi des psaumes

Un calme de vache aux champs règne sur la Terre

c'est beau comme dans un tableau du dimanche et

bon cépatouça mais faut que j'me mette en route

 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 mars 2021.

 

1 mars 2021

PIS BOUM Y A DU SANG

PIS BOUM Y A DU SANG

 

1.

« Tout cela est très bien, me

dis-je en moi-même » ce début

D'une phrase de la traduction

Française d'un roman d'Agatha

Christie m'fait dire qu'c'est

Difficile d'se dire en dehors

D'un soi qui serait quelqu'un

D'autre qu'on se causerait en

Quelqu'un d'autre On dira que

Nous ne sommes pas s'que nous

Croyons être « mais » pour le

Reprendre le fil de la phrase

D'hastings c'est le narrateur

« ne sommes-nous pas tous des

Hercule Poirot & ne fourrons-

nous pas toujours le nez dans

ce qui ne nous regarde pas ?»

« fourrer son nez dans ce qui

ne nous regarde pas » est une

Expression qui m'amuse que je

Vois bien le Toto fourrer son

Nez dans s'qui tourne la tête

Détourne le regard même qu'ça

Me fait penser au chat qui ne

Consent à s'approcher le chat

Qu'à l'instant où nous ne les

Regardons plus les chats même

Que vous noterez que passé je

Suis du singulier au pluriel.

 

2.

Zut me dit qu'on le veuille ou non lors

Des manifestations des Gilets Jaunes le

Sang a coulé le sang même que si pas eu

De morts (puis qu'est-ce que j'en sais)

Fort qu'on s'frita s'blessa s'navra pis

Qu'on chercha parfois à le trucider son

Prochain dans l'feu de l'action si fort

Qu'il y en a qui s'en sont pas vraiment

Remis pis qui sont handicapés dit-on et

Zut me dit que dire que « le macronisme

est un humanisme » (sic) est aussi vain

Qu'un masque à oxygène sur un squelette

 

3.

Défois, Zut me dit si elle faisait son travail, la justice sur Tagada Tsoin Tsoin (planète sautillante dans la galaxie de La Langue de Belle-Mère, non loin des amas de Poudre de Perlimpinpin macroniens), y en a qui devraient être en prison (ce n'est pas par hasard que Zut m'a dégringolé dans le monde) ou peut-être bien à l'asile psychiatrique (Zut est un monstre, je vous l'ai déjà dit dans un nombre incalculable de vies).

 

4.

Ah tiens dans la traduction française de

La Maison du Péril d'Agatha Christie une

Note de bas de page rappelle (défois moi

Que Hastings c'est une ville je sais des

Choses faut pas croire que j'avions tête

Vide genre que je m'a ôté les cornichons

D'la tête pis je l'sais que Hastings est

Une ville aussi en plus d'un capitaine &

Pas décapité le Hastings capitaine qu'la

Devinette avec le capitaine décapité pis

Les douze moines qui l'ont eue la tête &

Tranchée hein la tête cette devinette je

L'aime bien pis Hastings c'est une ville

Même qu'elle n'est pas d'ici cause l'est

Du « Sussex où Guillaume le Conquérant y

Battit Harold.» Même que ce fut en 1066.

 

5.

Zut me dit qu'elle cherche le

Passage dans lequel Nick elle

Dit Nick (j'sais plus si Nick

Elle est seulement victime ou

Si c'est pas un roman sur les

Faux-semblants que les romans

Policiers ça joue sur le faux

Qui paraît vrai qu'en ce sens

La vie s't'un genre ça la vie

Avec toutes ses enquêtes itou

Tous ses coupables et énigmes

Genre pourquoi donc que j'vis

Avec cette personne ou que je

Fais s'métier que j'aurais dû

Devenir pas moi à la place de

Pas moi et où que chuis rendu

Qu'elle aime cette demeure la

« Maison du Péril » & qu'elle

Aurait aimé y jouer une pièce

Qu'elle dit Nick Je m'demande

Quel genre d'pièce à fantômes

Elle aurait monté que j'crois

Que c'est au début du roman &

Efficace l'héroïne menacée ça

Comme coup narratif que c'est

Pour ça qu'je l'aime ce roman

 

6.

Défois Zut ne comprend pas pourquoi elle se met martel en tête et pas que (y a aussi d'la batterie qui fonce comme dans un morceau des Who) pour une histoire qui ne la regarde pas que défois l'Histoire, les gens, elle les calcule pas pis boum y a du sang dans les rues.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er mars 2021.

 

 

22 février 2021

AVEUGLE ET EN DANSANT

AVEUGLE ET EN DANSANT

 

1.

« Les dieux narquois partout se meurent

Et s'émeuvent les enchanteurs,

Les fleurs se fanent, les fées pleurent. »

(Apollinaire, « Elégie du voyageur aux pieds blessés »)

 

Les bipèdes i portent des dieux

Narquois défois pis qui meurent

Passque tout finit par mourir &

Les humains & tous leurs dieux.

 

Je ne connais pas d'enchanteur qui

Pourrait la vaincre la mort car ça

Meurt aussi un enchanteur puis les

Légendes nos yeux ne peuvent + les

Déchiffrer pis qu'les rats les ont

Dévorées toutes nos bibliothèques.

 

Les jeunes filles dans la rue

Sous le dragon invisible dans

L'espace les jeunes filles de

La rue portent des masques et

Passent tandis qu'il passe de

Bouche en bouche l'invisible.

 

Les jeunes filles dans la rue

Le vent passe & ce sont leurs

Filles maintenant qui passent

 

Puis les jeunes filles comme le

Livre des légendes l'enchanteur

Tous les dieux de chaque bipède

Qui passe dans la rue qui passe

Les jeunes filles finissent par

Des squelettes aux placards des

Vieilles demeures dans l'espace

Et le temps ce cycle des fleurs

Des lunes & des sorts Quant aux

Fées elles tombent en pluie les

Fées en pluie sur les villes et

On n'y fait même plus attention

 

2.

« Regarde-moi c'est moi je ne suis pas un songe »

Dit La Muse d'un poème d'Apollinaire bin si Tu es

Un songe juste un vers dont tout le monde se fout

 

3.

« Lorsque vous partirez, je ne vous dirai rien »

(Apollinaire, in « Il y a »)

 

Défois l'Ogre aussi i dit ça lorsque vous

Partirez je ne vous dirai rien mais c'est

Passque la personne elle pourra plus dire

Voir ouïr because elle aura plus d'langue

Ni de bouche ni d'oreilles ni d'yeux elle

Sera plus rien qu'un tas d'os dans un sac

 

4.

« Ce dieu jaloux comme le sont les dieux uniques »

Dit fort justement Apollinaire qu'dans l'Olympe ça

S'frite défois pis en foudres qu'ça éclate mais vu

Que les dieux sont immortels ça fait des histoires

Qu'on appelle Mythologie mais rien à voir avec les

Grands massacres que les aveugles à deux pattes se

Font au nom d'un dieu qui n'existe pas plus que ça

 

5.

« Deux dames le long le long du fleuve

Elles se parlent par-dessus l'eau

Et sur le pont de leurs paroles

La foule passe et repasse en dansant »

(Apollinaire, « Le pont »)

 

« Deux dames » et pourquoi pas trois

Qu'ça ferait comme dans la chanson à

L'étang aux trois canards y viennent

Trois dames les ramassant comme itou

Les mains mortes en automne et encor

Quoi les paroles d'ces deux dames là

L'une c'est la vie l'autre la mort &

« par-dessus l'eau » elles se disent

Les choses qu'ça fait un pont Dessus

Passe la foule aveugle & en dansant.

 

& ces «  deux dames le long le

Long du fleuve » dont parle le

Narrateur Apollinaire seraient

-elles pas défois les mères de

Deux jeunes filles dans la rue

Le vent passe et ce sont leurs

Filles maintenant qui passent.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 février 2021

 

 

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