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9 février 2026

LE PRESIDENT MACRON N'EST PAS UNE JUMENT BLANCHE

LE PRESIDENT MACRON N'EST PAS UNE JUMENT BLANCHE

 

Président Macron est le président de la France depuis 2017.
C'est un homme, - oui, qui a fait face à de nombreuses crises mais il s'est disputé avec Blanquer.
C'est parce que Blanquer a pondu une sotte réforme dans l'éducation nationale.
Du coup, certains professeurs ont démissionné pour aller vendre chips et  cravates sur Internet.
Président Macron a dû faire face à la pandémie du Covid à cause d'un laboratoire chinois on a dit que c'était complotiste de dire ça alors qu'en fait c'est vrai on dit maintenant.
Président Macron n'a pas attrapé le Covid parce qu'il nous a fait porter des masques.
Président Macron parle l'anglais couramment mais il est plus intelligent que POTUS Trump. Ce n'est pas difficile.

 

« En breton, pour dire « la jument blanche »,
on dit : « Ar gazeg wenn ».
En arabe on dit : « El fâras lè bêda ».
En anglais, on dit : « The white mare ».
(Paul André, « En breton... »)

 

Je suppose que tout cela est linguistiquement exact.
L'exactitude, c'est quelque chose d'important car c'est la politesse des rois et il faut faire attention que les horloges ne se mettent à aller trop vite en besogne.
Défois qu'elles nous couperaient l'herbe sous le sabot.
Défois qu'elles feraient tomber le rideau avant que la Reine soit morte.
Défois qu'elles leur couperaient leur tête aux rois.
Le poète en tire la conclusion, après avoir remarqué qu'il n'y a pas de « jument blanche » en esquimau, que, malgré les différences de langue, « ce sont toutes des juments blanches ».
Il y aurait donc un réel en-soi, universellement objectif.
Macron est égal à Macron et est différent de Poutine qui est lui-même différent de Trump, lequel finira en prison.
Cela semble imparable mais moi, du réel qui s'échappe de la langue pour vivre sa vie de réel, je m'en méfie.
Cela ne m'empêche pas d'aimer les Beatles et la salade de tomates et je ne mélange jamais les deux.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 février 2026.

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9 février 2026

LE REEL, CE COMPLOT

LE REEL, CE COMPLOT

 

« Quand on sait de façon absolue que tout est irréel, on ne voit vraiment pas pourquoi on se fatiguerait à le prouver. »
(Cioran, « De l'inconvénient d'être né »)

 

On dit que le temps n’existe pas et que le temps, c'est de l'argent.
Que la mer n'est qu'une intuition, une illusion et on en fait des chansons.
Que Trump est président des Etats-Unis car il est président des Etats-Unis.
Il y a aussi des gens qui s'imaginent avoir un cerveau. 

 

Je me méfie de ce qui n’existe pas. Il y a là-dedans des choses qui ont une manière d'être qui tend au complotisme.
Je ne sais pas si le réel est un complot qui vise à nous faire croire que nous existons. 

 

On parle beaucoup de complotisme et de fantasmes à propos de l'affaire Epstein. On note cependant qu'un peu partout certains politiques sont poussés à la démission. Ça fait jaser et des complications.

 

Je note que, par définition, Dieu ne peut pas démissionner.
Je ne pense pas que Dieu joue du trombone.
Peut-être que Dieu est l'ensemble des propositions qu'une langue peut produire. Dieu est donc infini. Par contre, il se répète beaucoup.

 

On dit que Dieu est partout en Amérique. Comme le coca-cola.
Les Etats-Unis font presque 10 millions de km² et comptent 348 millions d'habitants.
La Russie fait 17 millions de km² et compte 144 millions d'habitants.
Dieu est aussi très présent en Russie. Comme la mafia.

 

Les Américains boivent du coca-cola et du bourbon. Les Russes boivent de la vodka. Ce qui les différencie aussi, c'est que les Américains ont pour président Trump et les Russes obéissent à Poutine.
Trump et Poutine s'apprécient mutuellement parce que Trump veut faire des affaires avec la Russie et que Poutine apprécie la manière dont Trump sert les intérêts de Poutine.

 

En Russie, parfois on tombe de la fenêtre.
Aux Etats-Unis, on se retrouve cité dans les dossiers Epstein.
Mais si on insiste, on peut se retrouver pendu. Ou disparaître.
Il est d'ailleurs de plus en plus difficile d'être américain.

 

Les Etats-Unis de Trump commencent à sentir très fort le déclin de l'Empire romain. Au point où on en est, je ne serais pas si surpris d'apprendre que POTUS Trump est mort d'une maladie soudaine et mystérieuse et que JD Vance lui succédant s'autoproclame dictateur à vie. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 février 2026.

10 février 2026

JEAN ECHENOZ COURIR LES 4 PREMIERS PARAGRAPHES DU CHAPITRE 11

JEAN ECHENOZ COURIR LES 4 PREMIERS PARAGRAPHES DU CHAPITRE 11

 

« Prague, où, ces années-là, tout le monde a peur, tout le temps, de tout le monde et de tout, partout. »
(Jean Echenoz, « Courir », à propos de la Tchécoslovaquie du début des années 50).

 

Les trois premiers paragraphes du chapitre 11 exposent la situation politique de la Tchécoslovaquie pendant la période du procès de Prague, qui a permis au régime communiste de faire une purge au sein des cadres du Parti en accusant de façon mensongère quatorze personnes de complot et en les condamnant à mort (cf : «Dans l’intérêt supérieur du Parti, la grande affaire est maintenant d’épurer, démanteler, écraser, liquider les éléments hostiles. »).
Le narrateur dénonce le climat de délation, de peur, de terreur, de culte de la personnalité, de soumission au Parti, lequel, malgré la peur qu'il inspire, a, selon le narrateur, « grossi de plus d'un million de membres dont, il faut bien le dire, Émile. »
C'est ici le temps historique qui s'impose. Si l'on considère la problématique : « Rythmes et cadences de la vie moderne : quel temps pour soi ? », l'argument du temps personnel occupé, confisqué, occulté par la contingence historique est intéressant. Cet argument peut être utilisé dans un développement qui répondrait, par exemple, à la problématique suivante : « Peut-on échapper aux cadences de la vie moderne ? » (sujet donné en 2025, Brevet des métiers d'art).
Ce qui donnerait quelque chose comme cela :
    Il peut arriver que la vie moderne, celle que nous vivons, se caractérise par une crise politique ou une situation extraordinaire, comme par exemple, celle de la pandémie du Covid, qui, en 2020, nous obligea au confinement. Peut-on alors dire que nous pouvons échapper aux cadences de la vie moderne ? En tout cas pas toujours car la façon dont nous utilisons notre temps nous est parfois imposée, ainsi que le rappelle Jean Echenoz dans le chapitre 11 de « Courir », lorsqu'il évoque la peur imposée à la population par le Parti communiste tchécoslovaque du début des années 50, au moment du procès de Prague (1952). Nous pouvons dire alors que parfois le temps politique (au sens de la gestion de la Cité) tend à prendre possession du temps pour soi.
Si je préparais le bac pro, je dis ça, je dis rien, je me débrouillerais pour l'avoir bien en mémoire, cet argument.

 

Dans le quatrième paragraphe de « Courir », de Jean Echenoz, le narrateur donne son avis sur l'adhésion d'Emile au Parti communiste tchécoslovaque  (le référent dans le réel d'Emil, Emil Zatopek a adhéré au Parti en 1950). Selon le narrateur, Émile est certes un socialiste sincère mais c'est aussi un homme qui sait qu'il a tout intérêt à être dans les bonnes grâces du pouvoir, lequel est soupçonneux et prêt à taxer « d'individualisme bourgeois » toute personne qui par son talent brillerait en dehors du Parti. Et l'on a compris que le Parti n'était guère tendre avec ceux dont il se méfie. 

 

L'homme le plus rapide du monde s'appelait-il Emil Zatopek ?
Il apparaît que certains élèves français ne savent plus lire l'heure sur les montres, les pendules, les horloges.
Paraît même que, selon France Inter, ce mardi 10 février 2026, à la question « combien y a-t-il de quarts d'heure dans trois quarts d'heure ? », bien des élèves arrivant au collège ne savent pas répondre.
« La moitié » a dit la journaliste mais je ne sais pas. 
Les élèves français seraient-ils les moins vifs du monde ou ne leur a-t-on pas appris parce que nos têtes pensantes, celles qui pondent les programmes, n'y ont pas pensé ?
Auraient-ils anticipé qu'un de ces jours, le pétulant outrecuidant assez sot et sautillant président Macron pourrait ordonner que pendules et horloges soient ôtées des lieux publics, puisque presque plus personne, n'est-il pas, ne sait lire l'heure des aiguilles ?
Que signifie exactement « savoir lire l'heure » ?
Que signifie exactement maîtriser son temps ?
Je ne vais pas demander à Philippe Meirieu comment cela se fait que l'on en soit arrivé là parce que je me fiche totalement de la réponse qu'il ne me fera pas.
Je préfère lire du Echenoz que du Meirieu et j'aime bien la musique de Ravel. 
Il reste que, comme l'écrit Jean Echenoz dans « Courir » : « Sur cinq mille et dix mille, décidément Émile demeure l'homme le plus rapide du monde. »

 

Patrice Houzeau
Malo, le 10 février 2026.

10 février 2026

FICHE D'ORTHOGRAPHE DU 10 FEVRIER 2026

FICHE D'ORTHOGRAPHE DU 10 FEVRIER 2026

Consigne. Sauras-tu conjuguer le verbe « être » correctement ? Si non, je ne peux rien pour toi.

1.
Je ……… en cours de français et je m'ennuie parce que je ne sais pas ce que je fais là que j'aurais dû rester à la grille à fumer avec Chloé.
2.
Tu ………….. gentil mais je sais que non, parce que tu grondes, tu grognes et que tu caches ce que tu penses que tu as beau sourire je n'y crois pas.
3.
Il ……….. joyeux et pourtant il …...... mort.
4.
Elle ………… joyeuse et ça, c'est parce qu'il …............... mort.
5.
On …………… tous ensemble et donc on forme une belle bande de c..s.
6.
Nous …………. en cours et nous nous ennuyons et comme nous nous ennuyons, le temps, ça passe pas vite que le hareng saur on dirait un squelette au bout d'sa ficelle au poème là.
7.
Vous …………. arrivés à l’heure et vous avez quand même bouffé la grille.
8.
Ils ……………. gentils mais ils ne …........... pas très malins. On dirait qu'ils vont voter.
9.
Elles ………….. gentilles et elles bavardent du coup elles …...... chiantes, elles me saoulent, je ne peux plus les voir.
10.
Tu ………….. allé au cinéma car tu aimes bien les films américains.
11.
Nous …………. allés au cinéma car nous pensions que c'........ un film américain.
12.
Elle ………… allée au cinéma et s'................. ennuyée parce que ce n'.............. pas un film américain.
13.
Elles ………. allées au cinéma et n'y …........ pas restées parce que c'......... un film français qui fait même pas rire.
14.
Chloé ………… en cours de français et elle contemple son portable.
15.
Chloé et Nathan ………….  en cours de français et ils contemplent leur portable. Je crois que Chloé et Nathan …............. gentils mais un peu sots.
16.
Vous …………… arrivés en retard parce que la grille vous a aboyé dessus.
17.
Nous …………… revenus du marché et il y avait plein de morts.
18.
Qui …………….. - tu ? - Mon nom est Personne et je ….......... quelqu'un.
C'................. marrant. On dirait une citation.
19.
Je m’appele Nathan. Je ………….. élaive au licée et je m'anuie a faire des exercice d'ortograffe  que je fait parce que je ….. nule en ortograffe més c'.... come tout le monde il ….. nule en ortografe alors que je ….... quanmeme français alors
20.
 ………….. - tu gentil ? Ça dépend, des fois oui, mais c'... surtout quand j'ai oublié ma lucidité, 
21.
……… - il joyeux ? Pas pour l'intant, mais il ….... quand même mort.
22.
………… - elle joyeuse ? Ah ça oui, surtout depuis qu'il ….............. quand même mort.
23.
…………… -on tous ensemble ? Faut bien, si on veut former une belle bande de c..s.
24.
………….-nous en cours ? Non, je crois que nous …............  au marché ; il y a plein de morts.
25.
……… -vous arrivés à l’heure ? Non, on a dû casser la figure à la grille.
26.
……….. - ils gentils ? En général oui, mais défois ils cassent la figure à la grille.
27.
……….. - elles gentilles ? En général oui, surtout quand elles ont bouffé la grille.
29.
………….- tu allé au cinéma ? Oui, mais le film, je l'ai trouvé bizarre parce que c'................. un film français qui fait même pas rire. 
30.
……………… - nous enfin arrivés ? Oui, nous sommes enfin arrivés, enfin ! parce que hein bon j'ai envie de bouffer une grille moi.
31.
………… - elle allée au cinéma ? Oui, mais elle a disparu et je ne sais pas si elle................... dans les dossiers Epstein.
32.
………… -elles allées au cinéma ? Oui, mais elles ne …........... pas revenues et nous ne savons pas si elles …............ dans les dossiers Epstein, que si ça se trouve, elles y …...........  mais toutes caviardées.
33.
Chloé ………… - elle en cours de français ? Non, Chloé …...... en train d'se boissonner dans un troquet.
34.
Chloé et Nathan …………. -ils en cours de français ? Non, Nathan tourne une vidéo avec Chloé mais Chloé ne le sait pas.
35.
………….. -vous arrivés en retard ? Oui, d'ailleurs quand nous ….........  arrivés, vous …........... déjà mort.
36.
………….. - nous d’accord ? Pas question, car moi, je ne …........ jamais d'accord mais je ….... bien content de la démission de Jack Lang et j'aime bien les Beatles et la salade de tomates.
37.
Je ne …................. pas d'accord avec vous et donc vous vous taisez parce que la tolérance machin Voltaire tout ça j'y crois moyen.
38.
Je pense que vous …............. content et pourtant vous agitez ce couteau et cette hache. Oh, je ne …......... pas rassuré !

 

Patrice Houzeau
Malo, le 10 février 2026.

15 février 2026

QUESTIONS AVEC PAM BONDI DEDANS

QUESTIONS AVEC PAM BONDI DEDANS

 

1.
« Passer des pommes de Cézanne au toréador de Picasso, je me suis demandé si c'était profondément changer d'histoire. A moins que les deux, par la suite, ne deviennent complémentaires. »
(René Char, « Picasso sous les vents étésiens »)

 

a) Quand il évoque les « pommes de Cézanne » et le « toréador de Picasso », l'auteur fait-il référence à :

- L'histoire de la peinture et de l'agronomie (ensemble des sciences et des techniques liées à l'agriculture) ?
- L'histoire de la peinture et la loi de la gravitation universelle ?
- L'histoire de la peinture ?

 

b) L'adjectif « étésien » désigne-il un type de vent :

- Qui n’existe pas et que l'auteur a inventé pour faire savant ?
- Un vent qui souffle périodiquement sur la Méditerranée orientale ?
- Une manière de peindre qui rompt la symétrie des yeux ?

 

2.
« Notre sagesse n'est pas moins à la merci de la fortune que nos biens. »
(La Rochefoucauld)

a) Dans cette maxime de La Rochefoucauld, le mot « fortune » désigne-t-il :

- L'abondance d'argent, laquelle ne nuit pas ?
- L'abondance de thunes que l'on a quand on est fort (d'où le nom « fortune ») ?
- Les aléas de la vie qu'on ne sait jamais ce qui va nous arriver, ah la la ? 

 

b) Dans le groupe « notre sagesse », le mot « notre » est-il :

- Un pronom possessif ?
- Un adjectif possessif à long nez ?
- Un adjectif possessif à petit nez ?

 

3.
Le mot « hybris » désigne-t-il :
- Une manière de faire la guerre conceptualisée par le général russe Valeri Guerassimov ?
- Une boisson élaborée à partir de plusieurs plantes et très dangereuse en cas d'abus ?
- La démesure humaine, l’excès d'orgueil, d'arrogance et toutes ces sortes de fascinations ?

 

4.
« Le crépuscule vient ; le petit port
Allume ses feux (Ah ! connu, l'décor!).
(Jules Laforgue, « Dimanches »)

 

Ces deux vers de Laforgue constituent-ils :

- Un triptyque et la manière de s'en servir ?
- Un distique et la manière de sans râler  ?
- Un cryptique et la manière de s'en passer ?
- Un pou tinique ? 
Note : le pou tinique est une espèce parasitaire invasive originaire de Russie et qui tend à gagner l'Europe. Présent depuis 2014 en Ukraine, il s'est répandu plus largement en 2022. Il se combat par voie aérienne, terrestre et maritime. On l'appelle familièrement Vladimir mais on n'en pense pas moins.

 

5.
L'action du roman d'Amélie Nothomb, « Stupeur et tremblements » se situe :

- Nulle part et pas non plus dans une bande dessinée d'Hergé ?
- Quelque part entre la Suède et la Belgique mais pas dans un roman de Simenon ?
- Au Japon et donc sans frites, sans sirop de Liège, sans gueuze lambic ?

 

6.
Le RN, étant donné qu'il a renoncé à l'antisémitisme traditionnel des partis d’extrême-droite, accepte des homosexuels dans ses rangs et ses cadres, est favorable à l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) peut-il être qualifié :

- De parti nationaliste mais certainement pas d’extrême-droite ?
- De parti-entreprise qui tend à récupérer une partie de l'électorat gaulliste ?
- De parti qui, parti de la droite antisémite et réactionnaire du FN, s'apprête à devenir un parti de gouvernement classé certes à droite, mais qui refusera l'alliance avec des souverainistes azimutés comme on en voit chez Zemmour, Philippot et Asselineau ? 
- D'imposture ?

 

7.
Dans l'affaire Epstein, l'Attorney General Pam Bondi a-t-elle prouvé :

- Qu'elle était incompétente, voire complètement à côté de la plaque ?
- Qu'elle était incompétente et très sotte ?
- Qu'elle était compétente et très intelligente mais aux ordres exclusifs de Trump et suivant une logique de « raison d’État » ?
- Qu'elle était moyennement compétente, d'une intelligence moyenne et corrompue ?
- Qu'elle était cynique mais bien conservée pour son âge ?

 

8.
Que POTUS Trump confonde fonction, gouvernement et État, cela ne m'étonnerait pas. C'est le propre des dictateurs de croire que leur personne transcende leur fonction et qu'ils sont les seuls à pouvoir incarner la légitimité de l’État.

 

9.
Possible que dans l'affaire Epstein, l'Attorney General Pam Bondi suive une logique de « raison d'Etat ». Elle sait que Trump a couvert les agissements de Epstein et de ses complices, voire y a trempé, mais, sachant qu'une telle révélation le ferait destituer et donc dégraderait l'image des Etats-Unis et du parti républicain au pouvoir, Pam Bondi a dès lors choisi de protéger POTUS Trump, et cela jusqu'au mensonge par omission, contre les victimes d'Epstein, contre la vérité, contre la morale commune. Structure de la mauvaise foi.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 15 février 2026.

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16 février 2026

QUESTIONS AVEC JUMENT BLANCHE ET BEURRE ALLÉGÉ 

QUESTIONS AVEC JUMENT BLANCHE ET BEURRE ALLÉGÉ 

 

1.
Ce texte court de Paul André, qui commence par « En breton, pour dire.... » et qui finit par « mais ce sont toutes des juments blanches », est-il :

- Un programme politique polyglotte qui vise à convaincre l'ours ne pas vendre sa peau avant d'avoir été tué ?
- Une poésie mais ce n'est pas grave ?
- Un éloge de la jument ?

 

2.
Dans le groupe « la jument blanche », le mot « blanche » a-t-il pour nature et fonction :

- Adjectif qualificatif attribut du nom « jument » et quand jument, c'est qu'c'est pas vrai ?
- Adjectif coloré épithète du nom « jument », bien que le blanc ne soit généralement pas considéré comme une couleur comme on le voit dans la célèbre devinette : « Quelle est la couleur du cheval blanc d'Henry IV »?
- Adjectif qualificatif épithète épique (pique, pique et colle au drame) du  nom « jument » ? 

 

3.
Explicitez le sens de la fin de cette poésie de Paul André (« Comme vous pouvez le voir, toutes ces juments / sont très différentes. / Mais ce sont toutes des juments blanches. »)

 

Dans cette poésie, Paul André note que l'expression « la jument blanche » peut, en raison de la pluralité des langues, se traduire en plusieurs langues. Il remarque que, même si les langues sont différentes, elles renvoient toutes à une même réalité : celle de la « jument blanche ». Suggère-t-il qu'il y a un réel en soi, indépendant du langage, et que toutes les langues renverraient à une réalité commune à l'ensemble des humains, quelque soit leur langue ?

 

4.
Qu'est-ce que la linguistique ?

- L'étude scientifique du langage et des langues ?
- L'art de préparer les pâtes à l'italienne ?
- La preuve de l’existence des chevaux ?

 

5.
Dans « Stupeur et tremblements », d'Amélie Nothomb, lorsqu'elle rédige un rapport sur un « nouveau procédé pour enlever les matières grasses du beurre » développé par une coopérative belge, la narratrice Amélie a enfin quelque chose de sérieux à faire. Qui lui donne cette mission ?

 

- Monsieur Saito en accord avec la secte des adorateurs du beurre allégé ?
- Monsieur Omochi malgré l'avis contraire de la secte des adorateurs du beurre allégé ?
- Monsieur Tenshi de sa propre initiative ?
- Monsieur Tenshi en accord avec lui-même, monsieur Saito, monsieur Omochi et la secte des adorateurs du beurre allégé ?

 

6.
Quels sont le temps et le mode de la forme « je ressentis » ?

- Le passé composé de l'indicatif et ça va de soi parce que le passé, c'est ce que l'on se compose à notre convenance rapport à ce que le passé c'est de l'être et non de l’existence ?
- Le passé simple de l'indicatif ?
- Le temps du passé, et c'est ça que je vous indique, lequel passé s'éloigne de plus en plus vite à mesure que nous vieillissons ah la la ?

 

Ah tiens, que je me dis, si le passé est de l'être, du pur être, et non de l’existence, je note cependant qu'il influe de façon radicale et absolue sur mon existence puisque c'est en fonction du passé que j'agis.
Dois-je en conclure que mon projet existentiel dépendant de façon radicale et absolue de mon passé, le passé est toute puissance et donc Dieu, lequel est lui-même être pur et non existence ?
On me répondra par l'objection du « libre-arbitre » et de la liberté radicale et absolue qui caractérise l'être humain conscient ; mais justement, ce « libre-arbitre », cette liberté une et indivisible ne sont-ils pas autre chose que l'effort humain pour transcender son passé, pour être autre chose que Sisyphe, et semble-t-il en vain, en tout cas à l'échelle du plus grand nombre des humains, même si cette liberté prend tout son sens pour l'individu ?
Je note aussi que Dieu lui-même n'a pas le pouvoir de changer le passé.
On a l'impression que dans l'affaire Epstein, Trump aimerait changer le passé, en donner une version qui l'arrange. Il se pourrait que le passé finisse par le rattraper et l'envoyer au trou.  

 

7.
L’expression « pays du Soleil-Levant » est-elle :

- Une paronomase périphérique ?
- Une périphrase périmée ?
- Une paraphrase perpétuelle ?

 

8.
 « Quand l'heure me le permit, j'appelai la petite coopérative belge. Au bout du fil, le gros accent du terroir m'émut comme jamais. »
(Amélie Nothomb, « Stupeur et tremblements »)
 
A votre avis, si Amélie est émue « comme jamais » par le « gros accent du terroir » qu'elle reconnaît « au bout du fil », c'est parce que ?

 

- C'est parce qu'Amélie a reconnu la voix de Tonton Cristobal est revenu ?
- C'est parce qu'elle a reconnu l'accent que l'on entend dans certaines régions de Belgique et comme Amélie est belge et qu'elle au Japon où ce n'est pas si facile, allez, alors hein ?
- C'est parce qu'elle est contente que le téléphone fonctionne, car rien n'est jamais sûr en ce monde et il faut méditer cette leçon que tout est vanité, vanité des vanités et finit en eau de boudin ?

 

9.
Dans la phrase d'Amélie Nothomb, «... je recevais vingt pages de fax exposant, en français, le nouveau procédé d'allégement du beurre dont la coopérative détenait les droits », la proposition « dont la coopérative détenait les droits » est-elle :

- Une proposition complétive parce que ça complète comme le steak est complété par les frites, les frites par la mayonnaise et le tout par le demi de bière et le sourire de la serveuse ?
- Une proposition conjonctive, et si votre syntaxe fait trop de conjonctivite, il peut être utile de consulter un grammairien ?
- Une proposition relative parce que comme ça Amélie est en relation avec la coopérative qui détient les droits d'un « nouveau procédé  d'allégement du beurre » ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 16 février 2026.

17 février 2026

TRUMP ET POUTINE DANS LE MEME BATEAU QUI COULE

TRUMP ET POUTINE DANS LE MEME BATEAU QUI COULE

 

1.
16.02.2026 ; Trump et Pam Bondi ont décidé d'arrêter les frais quant à la publication des EpsteinFiles. Plus rien ne sera publié. Qu'ont-ils à cacher ? En tout cas, faisant cela, ils alimentent les rumeurs et attisent le feu qui couve.

 

2.
Je me demande si, après la chute inéluctable de Trump, son successeur aura le courage de nommer un Attorney General qui lancera des investigations sérieuses et si les membres du réseau Epstein seront enfin jugés et condamnés.

 

3.
17.02.2026. Je me demande ce qui a pu se passer pour que Elon Musk désactive le réseau Starlink dont profitaient les forces russes en Ukraine ?
- Poutine a-t-il refusé de régler la facture (ou se fait-il un peu trop prier?)
- Elon Musk anticipe-t-il le MAGACrash annoncé et la chute inéluctable de Trump et prévoit-il un renforcement à venir de l'aide américaine à l'Ukraine ou, en tout cas, une plus grande fermeté à l'encontre de Poutine ?
- Trump, jouant double jeu, et fâché que Poutine ne lui facilite pas du tout l'obtention de son prix Nobel de la Paix, a-t-il décidé de punir le dictateur russe en demandant à Elon Musk de lui couper l'avantage Starlink ?
- Elon Musk aurait-il choisi son camp et d'aider les Ukrainiens à se débarrasser des envahisseurs russes ?
- Elon Musk aurait-il peu apprécié les manœuvres russes et chinoises pour empêcher les opposants iraniens au régime des mollahs tortionnaires de continuer à se connecter grâce à Starlink ?

 

4;
17.02;2026. Je me demande comment la finance russe peut continuer à faire semblant. D'après ce que je comprends, les indicateurs sont au rouge, la sale guerre de Poutine en Ukraine coûte une fortune, et surtout la situation démographique de la Russie empire d'année en année. 
Désespérément sous-peuplée, la Russie (144 millions d'habitants pour 17 millions de km²) ne peut espérer se développer que dans quelques grandes régions et laisser des territoires gigantesques à l'abandon (ou aux bons soins de multinationales occidentales).
Pour pallier cette situation catastrophique, la démocratie et un meilleur niveau de vie seraient souhaitables. L'automatisation, la robotisation, les Intelligences Artificielles permettraient de remplacer une partie de la main d’œuvre manquante. Mais Poutine a préféré la guerre à la science. Il est donc en passe de faire de la Russie un pays non plus émergent mais en retard de développement, et en fait, du tiers-monde.

 

 

5.
17.02.2026. Dans l'affaire Epstein, que vont révéler Bill et Hillary Clinton au Congrès (auditions le 26 et 27 février 2026) ? Vont-ils dire toute la vérité, préciser des faits et dénoncer des coupables ? Vont-ils faire porter toute la responsabilité sur Epstein et Maxwell ? Vont-ils avouer leurs propres compromissions ? Vont-ils charger Trump ? Vont-ils esquiver, éluder, user de la langue de bois et en fait ne rien dire de plus (ou si peu) que le Congrès ne sache déjà ? Les Clinton vont-ils affirmer qu'une bonne partie des accusations portées contre certains « amis » de Epstein ne sont en fait basées que sur des ragots et de faux témoignages ? Vont-ils au contraire faire des « révélations terrifiantes » ? Vont-ils préférer la raison d’État à la vérité ? Et si les Clinton avaient décidé de dire la vérité, toute la vérité et de parler sans hypocrisie ni omission ? Ce serait sans aucun doute un événement historique.

 

6.
Si le réseau Epstein était si important et international tentaculaire qu'on le dit (et lié au Mossad, au KGB, à la CIA,...), alors nul doute qu'il a été aussi infiltré par des services européens. Ou alors c'est que ces services ont fait preuve de négligence.
Little Saint James, nid d'espions ?
Il est assez probable que certains des noms caviardés par le FBI et les services de Pam Bondi soient les noms d'agents ayant infiltré le réseau Epstein.

 

7.
Tout le monde peut s'intéresser, par intérêt scientifique ou simple curiosité, à la scopolamine, substance toxique qui annihile toute volonté, mais quand il s'agit d'un prédateur sexuel comme Jeffrey Epstein, cela devient louche. (cf Epstein Files EFTA00865569)

 

8:
Où l'on découvre que Epstein s'était fait faire une copie du tableau « Le Massacre des Innocents », the painting « where they are killing babies» (Sarah K to Rich Barnett, 10 jul. 2011, Epstein Files EFTA00563164). Epstein me fait de plus en plus penser à Gilles de Rais.

 

9.
17.02.2026. L'affaire Epstein a commencé par une affaire assez classique de chantage à la sex-tape, puis a basculé dans le trafic d'êtres humains et la pédophilie, puis a basculé dans l'entrisme dans les cercles de pouvoir (et ses arrangements financiers douteux) ainsi que dans l'espionnage pour finir dans des soupçons de satanisme et d'eugénisme. Quel foutoir ! Il est plus que temps que les États-Unis crèvent l'abcès et révèlent toute la vérité sur cette affaire aux conséquences incalculables.

 

 

10.
17.02.2026. Il se dit que Poutine est en passe de perdre sa sale guerre en Ukraine. Les forces ukrainiennes ont, dit-on, lancé des contre-attaques qui ont fait reculer les Russes, lesquels sont privés de l'aide précieuse de Starlink.
D'autre part, il se dit aussi que l'économie russe est de plus en plus mal en point. Les sanctions produisent leurs effets. L'unité de l'UE et le travail de l'OTAN produisent eux aussi leurs effets. Poutine étant aussi stupide et inconséquent que Trump, se pourrait-il que ces deux médiocres bipèdes chutent ensemble, à quelques mois près ?

 

11.
Avec les développements à tiroirs de l'affaire Epstein, et le risque que les EpsteinFiles pourraient faire chuter Trump, Poutine doit se dire que ce n'était peut-être pas une si bonne idée d'aider à accéder à la Maison Blanche une brute sans cervelle soupçonnée de pédophilie.

 

12.
Avec ses relents d'espionnage international tentaculaire, l'affaire Epstein ressemble de plus en plus à un James Bond classé X et sans James Bond.

 

13.
Un peu de mélancolie tout de même quand je songe que Woody Allen, dont j'ai tant aimé certains des films (« Manhattan », « La Rose pourpre du Caire », « Radio Days »,..) est mêlé d'une façon ou d'une autre à l'affaire Epstein...

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 février 2026.

21 février 2026

DES FLEURS POUR LA SAINT-ZUT

DES FLEURS POUR LA SAINT-ZUT

 

« La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs »
(Mallarmé, « Apparition »)

 

La lune, je ne crois pas qu'elle soit aussi bête qu'on le dit qu'on dit « con comme la lune » et c'est pas gentil. La
Lune, elle n'est pas plus bête que mes pieds, lesquels portent des chaussettes, alors que la lune non. Je ne sais pas si elle
S'attristait la lune, que ça, qu'elle s'attristait la lune, c'est le poète qui le dit, que ce que disent les poètes, c'est joli souvent mais ça ne beurre pas les tartines et on en apprend moins sur la nature humaine que dans les romans de Simenon par exemple, qu'on se dit ah tiens ça ne m'étonne pas, mais comment fait-il ça, quelle profondeur, et puis on referme le roman et on est bien content de l'avoir lu.

 

Des séraphins, ce sont des « anges musiciens », me dit une note des Classiques Larousse car ils savent beaucoup de choses, les Classiques Larousse, tandis que les
Séraphins ils font de la musique, et la musique des anges séraphins, je ne sais pas trop à quoi ça ressemble, que ça ne ressemble sans doute pas au boumboumboum qui fait s'agiter sottes et sots dans les boîtes. En tout cas, elle devait être très triste, la musique parce qu'ils étaient
En pleurs, les séraphins et comme ils étaient en
Pleurs, les séraphins, je me dis que ça ne vaut peut-être pas le coup d'écouter de la musique si elle fait pleurer que rien qu'à regarder les tronches à carnaval de nos politiques, moi, ça ne me donne pas tellement envie de rire (ni de voter).

 

Rêvant, qu'ils étaient les séraphins, et je me demande de quelle étoffe sont faits les songes des anges, lesquels ont chacun 
L'archet dont on fait les instruments dont on joue avec un archet car on a beau essayer, il est très difficile de faire une omelette si l'on n'a ni œufs, ni champignons et que les poules sont encore loin.

 

Aux beaux jours, en général, les gens sortent de chez eux pour prendre le soleil et des nouvelles des autres. Les gens ont des 
Doigts, et ça c'est parce qu'ils ont des mains et avec leurs mains, ils travaillent, pour ceux qui travaillent, ou se tournent les pouces, pour ceux qui se tournent les pouces. Il y a aussi ceux qui se servent de leurs mains pour assassiner et alors on dit que ce sont les mains des assassins et certains votent pour eux. 

 

Dans la musique, il y a beaucoup de belles choses mais il faut avoir ses deux oreilles pour bien l'écouter. La musique, c'est bien, mais on peut très bien s'en passer la plupart du temps, sauf pour les philosophes et les chanteurs et chanteuses de variétés parce que ça leur donne l'occasion d'écrire des choses dont on parle à la radio. Moi, j'aime bien la musique, mais j'en écoute de moins en moins rapport à mes écoutilles de moins en moins performantes au fur et à mesure qu'il me rabote, 
Le temps.

 

Calme, calme, je me dit quelquefois quand je me dis que je suis énervé.
Des fois, je suis énervé alors je me dis Calme, calme car des fois je me répète. Après, je vais acheter des 
Fleurs pour la Saint-Zut, mais ça, c'est juste le jour de la Saint-Zut.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 février 2026.

22 février 2026

SANS COQ NI ÂNE MAIS TOUT DE MÊME

SANS COQ NI ÂNE MAIS TOUT DE MÊME

 

1.
« dans le fait que la volonté veut le bien. »
(Hegel)

 

Défois, la volonté veut le bien mais parfois elle veut le mal parce qu'elle se dit – la volonté se dit des choses - que c'est mieux pour elle que ça soit comme ça ; c'est comme ça qu'ça finit toujours par se friter.

 

2.
« La lune blanche
Luit dans les bois ; »
(Verlaine)

 

Quand la lune est blanche, on la voit bien. Surtout si on la regarde. Si on ne la regarde pas, la lune en profite pour faire des grimaces dans votre dos, se payer votre tête et vous tirer la langue.

 

3.
« Parmi les sorties violentes d'étoiles »
(René Char)

 

Faut-il se méfier des sorties d'étoiles ? Elles peuvent s'avérer violentes, dit-on, mais c'est assez rare. On a plus souvent l'occasion d'être piétiné par la sortie d'un troupeau de députés que par un jaillissement stellaire. Prudence, cependant, qui est mère des lunettes.

 

4.
« Rien ne rend modeste, pas même la vue d'un cadavre. »
(Cioran, « Écartèlement »)

 

Rien à faire, quand on s'ennuie, on n'arrive pas à s’intéresser à autre chose qu'à son ennui et ne rien faire, c'est ne rien faire d'autre que se regarder ne rien faire. Cela rend-il conscient que nous avons certainement mieux à faire ? Cela rend-il modeste ? Même pas. Cela exacerbe notre ennui. Il ne faudrait pas que j'oublie mes champignons. Je vais les faire ce soir.

 

5.
Le gauchisme n'est pas une maladie mentale, mais certains, ils sont tout de même bien atteints – Le nom de code de l'Abbé Pierre était-il l'Abbé Biloute? - Elon Musk a-t-il conscience d'être Elon Musk ? - Les UFOFiles déclassifiés mangent-ils du foin ?

 

6.
Il faut se rendre à l'évidence, le monde est aussi creux que la Terre est plate -
Fleur du matin n'efface pas le chagrin (de riz) – A force de toujours changer de main, il arrive qu'on se mélange les pinceaux (de puce) – POTUS Trump va-t-il déclassifier les TrumpFiles ?

 

7.
J'ai beaucoup aimé les films de Jerry Lewis mais j'ai mis longtemps à aimer les betteraves – Maintenant qu'elle est morte, je trouve qu'elle chante moins bien (il n'est pas donné à tout le monde d'avoir une voix d'outre-tombe) – Macron est-il en même temps lui et son contraire ?

 

8.
Luc Ferry a-t-il toujours les dents tellement blanches et Jack Lang porte-t-il une moumoute ? (et si oui, l'a-t-il payée, ou se l'est-il fait offrir par Jérôme Cahuzac?) - L'ennui à répétition est-il une forme de dépression – A chaque jour suffit son lendemain.

 

9.
Le cerveau de Poutine s'appelle-t-il Lavrov et le cerveau de Lavrov est-il un chien ? - C'est moi qui parle en ce moment et si ce n'est pas moi, c'est que je mens – Les trous poussent-ils à l'envers ? - Les oiseaux se cachent-ils pour se fiche de nous ?

 

10.
J'ai plus de chances de manger des pâtes au jambon que de gagner au loto - Sans être spécialement conspirationniste, l'affaire Krasnov-Trump + l'affaire Epstein, ça fait beaucoup quand même (d'ailleurs, le prix du beurre a encore augmenté).

 

11.
Est-on sûr que ce ne sont pas les IA qui nous ont créés il y a des milliards d'années, et cela dans un but purement scientifique, cela va de soi ? - Je suis pour l'Interruption Volontaire de Grossesse et pour la peine de mort (cela fait de moi un Français de modèle courant).

 

12.
Trump est-il Trump ou bien nous fait-il croire qu'il est Trump ? - Si je me souviens bien, le passé, c'était hier, n'est-ce pas ? - Il faut toujours garder ses lunette, des fois qu'elles changeraient de point de vue, ou de nez, ou de dimension.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 février 2026.

22 février 2026

PLANTE SPHINGE SOPHIE

PLANTE SPHINGE SOPHIE
Notes de lecture sur les pages 166-167 de « Sophie, la mer et la nuit », de Jacques Sternberg (Le Livre de poche 5074, 1978).

 

A la page 166, il est question de quelqu'un qui « bougeait si peu » qu'elle pouvait même « observer une totale immobilité ». J'ai pensé à une féline, une fauve, une féroce impassible, une sphinge parce que j'aime bien le mot sphinge, qui est le féminin de sphinx, qu'on le trouve dans Apollinaire, je crois bien, le mot « sphinge » et le mot « sphingerie » aussi je crois. 
Après le narrateur, il dit qu'il a l'impression d'être « souterrainement aspiré vers elle » et je me suis pensé (car je me pense beaucoup) qu'être « souterrainement aspiré vers » une sphinge, à tous les coups on était dans un roman d'heroîc-fantasy et que le magicien n'allait pas tarder à jaillir dans le texte avec ses occultes imprécations, son bâton qu'il change en serpent, et tout un tas d'êtres aussi difformes qu'inquiétants et pleins de dents.
D'ailleurs, la sphinge s'appelle Sophie et elle lui demande après si, des fois, - elle parle  au narrateur -, il n'a toujours pas peur d'elle que moi, si quelqu'un me disait cela, je m'enfuirais en courant avec mes jambes et mes bras, surtout si c'est une sphinge. Mais le narrateur, il pense que non et en profite pour que l'auteur glisse un petit paragraphe poétique, je cite :
« C'était non. Le vent, cette nuit, me faisait toujours plus peur. Il me paraissait plus réel que l'hypothèse, trop poétique pour être nette, d'une Sophie dangereusement végétale. »
La sphinge serait donc une plante.
Une belle plante qui parle.
Après, dans le reste de la page, il est question de vaches, et voilà.

 

A la page 167, le narrateur s'est endormi et l'on pense que c'est la sphinge qui l'a endormi avec quelque parole magique. Je crois, elle lui a parlé de cinéma d'art et d'essai.
Le narrateur donc se réveille et la chambre est vide parce que le narrateur y est tout seul.
Et ça, c'est parce que la sphinge est au bord de la plage. Le sable est « noir ». Les vagues sont « noires ». Le ciel est « noir ». Il y a une métaphore parce que les vagues mordent le sable car elles ont « d'immenses mâchoires blafardes d'écume ». Alors, le professeur est content et il dit que c'est bien écrit.
Le narrateur, il est assez étonné car dans ce paysage de « cauchemar », qu'on dirait une gravure fantastique à la Dürer, parce que dans ces cas-là, c'est toujours Dürer qu'on dit, même si on n'a pas regardé sur l'ordinateur à quoi ça ressemble une gravure de Dürer, la plante-sphinge qui s'appelle Sophie est tout à fait « détendue », « souriante », à l'aise malgré qu'elle soit « détrempée » à attraper la mauvaise soupe, et à voilpé dis donc comme dans un magazine de charme.
Après, à la fin de la page, Sophie dit qu'elle a « été assez loin ».
Je pense, Sophie, elle doit être du Nord-Pas-de-Calais, parce que c'est surtout dans le Nord-Pas-de-Calais qu'on dit « J'ai été » pour « Je suis allé ».
Heureusement, Hercule Poirot n'était pas là, car sinon, il en aurait bourré sa pipe à Maigret.

 

Patrice Houzeau,
Malo, le 22 février 2026.

27 février 2026

EMILE, DANA, L’AUTRE    

EMILE, DANA, L’AUTRE    

 

1.
Au chapitre 11 de « Courir », rappelant les difficultés rencontrées par Emil Zatopek pour participer à certaines compétitions, Jean Echenoz nous rappelle que les autorités du Bloc Est se méfiaient du Bloc Ouest au point de craindre que leurs sportifs (mais aussi leurs artistes) participant à des compétitions ou des concerts au-delà du « rideau de fer » fassent défection et demandent l’asile politique. Bon des fois, ils étaient un peu poussés vers la sortie, les artistes (mais pas les sportifs) et c’est ainsi que Nina Hagen devint Nina Hagen.

 

2.
Si Emile avait fait défection et avait profité d’une compétition à l’Ouest pour demander l’asile politique, aurait-il été : 

-    Un déserteur et c’était vu par le Bloc Est comme pas beau vraiment, affreux ?
-    Un dissident et c’était vu par le Bloc Est comme très vilain ?
-    Un transfuge et c’était vu par le Bloc Est comme pas à faire ?
-    Un réfugié politique et c’était vu par le Bloc Est comme pas du tout recommandé ?
-    Un fourvoyé parce qu’il fallait drôlement se fourvoyer pour quitter le « paradis socialiste » où la Sécurité d’Etat veillait à ce que vous ne vous fourvoyiez pas tandis qu’à l’Ouest, vous pouviez vivre sans que personne ne se soucie de vous, et libre donc d’aller vous fourvoyer là où vous voulez vous fourvoyer ?

 

3.
« Il [Emil Zatopek] devient le premier homme dans l’histoire universelle à courir plus de vingt kilomètres en une heure. »
(Jean Echenoz, « Courir », ch. 11)

 

Dans l’expression « l’histoire universelle », le mot « universelle » a-t-il pour nature et fonction : 

-    Adjectif qualificatif attribut du nom « histoire » (et qui a tri-bu tri- boira) ?
-    Adjectif d’universalité épithète du nom « histoire » ?
-    Adjectif qualificatif épithète du nom « histoire » ?

 

4.
Il y a, au chapitre 11 du « Courir », de Jean Echenoz, un paragraphe qui évoquant l’élimination des opposants au régime du président Gottwald, soutenu par l’URSS (cf les Procès de Prague, (1952)) a recours au champ lexical du théâtre (« grand spectacle » ; « dramaturgie » ; « décors et costumes » ; « public » ; « rôles » ; « livret de mise en scène » ; « progression dramatique » ; « applaudissements nourris, nombreux rappels »).
Tous acteurs, y compris les accusés, d’une comédie macabre qui finit par la pendaison des condamnés. L’Histoire, un théâtre où l’on assassine pour de bon. Et ce qui concerne les dictatures concerne aussi les démocraties. Mise en scène et dialogues diffèrent mais le résultat est le même : les salauds gagnent et les innocents sont sacrifiés. Un exemple en 2026 ? l’affaire Epstein. La politique est une saloperie.
 

 

5.
« Ce qui représente une forte quantité d’entretiens préalables, de questionnaires, de formulaires à remplir en plusieurs exemplaires, de signatures et de tampons.
(Jean Echenoz, « Courir », ch.11) 

 

Par quel nom désigne-t-on l’ensemble des démarches administratives, qui, lorsqu’elles sont très nombreuses, visent à décourager ou à freiner les demandes ? 
-    La méritocratie et tout ce qui s’ensuit et le mot prête à rire surtout quand il s’agit de faire la promotion de cette usine à technocrates crétins que sont les différentes officines Sciences Po ?
-    La bureaucratie et tout ce qui s’ennuie et le mot prête à rire surtout lorsqu’on voit la manière dont, via Parcours Sup, on envoie les bacheliers se faire frire un œuf dans des formations qu’ils n’ont même pas demandées ?
-    La technocratie et tout ce qui s’enfuit et le mot prête à rire surtout lorsque l’on voit les efforts déployés par le ministère de l’Education Nationale pour justifier nos miraculeux taux de réussite au baccalauréat, - ah si je vous assure, ça tient du miracle, laïque peut-être, mais miracle tout de même.

 

6.
27 février 2026. J’entends ce matin que la France pourrait manquer d’assistantes maternelles et d’agriculteurs (l’élevage se porte mal). Je note que, grâce à la massification de l’enseignement supérieur, la France ne manque en tout cas pas de sociologues pour nous expliquer pourquoi nous manquons de médecins, de magistrats, d’enseignants, d’assistantes maternelles et d’agriculteurs, et que votre fille est muette, cela va de soi, puisqu’elle ne parle pas.

 

7.
Que pensez-vous de la vie d’Emile telle qu’elle est racontée par sa compagne Dana à « l’envoyé spécial » qui a enfin obtenu toutes les autorisations nécessaires lui permettant d’interviewer Emile (le double fictionnel d’Emil Zatopek dans le roman « Courir », de Jean Echenoz ») même qu’Emile n’est pas là, mais Dana, secondée par une joviale et soudaine colocataire « attentive, attentionnée, prévenante et qui ne la quitte jamais », va se faire un plaisir de tout lui raconter, à l’envoyé spécial, de la vie quotidienne d’Emile. ? 
-    C’est une vie exemplaire telle qu’on en voit à la télé ou dans les livres genre la vie de Jack Lang présentée et commentée par Jack Lang ?
-    C’est une vie fabriquée telle qu’on en voit à la télé ou dans les livres sur Jack Lang écrits par Jack Lang ?
-    C’est une vie impossible mais, comme chacun sait, pour un homme comme Jack Lang, l’impossible n’est que fiction et entre la réalité et la fiction, qu’y a-t-il, sinon Jack Lang lui-même ?

 

8.
Comment caractériser l’état d’esprit de « l’envoyé spécial » du chapitre 11 du roman « Courir », de Jean Echenoz ?
-    Lunaire, car l’envoyé spécial est sur la Lune (et cela bien avant les Américains) ?
-    Les termes « ravi, enchanté, enthousiaste » montrent que l’envoyé spécial est très content d’avoir toutes ces informations sur le très populaire Emile (dans son jardin aussi il a des salades) ?
-    Ce journaliste semble très naïf car cette vie quotidienne d’Emile est peut-être trop belle pour être absolument vraie ?
-    En vrai, il s’en fiche (d’ailleurs, ça ne l’a pas empêché de mourir) ?

 

9.
Les Jeux olympiques d’Helsinki eurent lieu : 
-    En 1968, et furent organisés par le très jeune et brillant Donald Trump ?
-    En 1952, et furent organisés par la grand-mère de Donald Trump ?
-    N’ont jamais eu lieu mais Donald Trump y songe sérieusement (à condition qu’il puisse avoir une médaille d’or, peu importe la discipline, il n’est pas difficile) ?

 

10.
Le dernier paragraphe du chapitre 11 du « Courir », de Jean Echenoz, nous apprend qu’il faut toujours se méfier de tout, que l’habit ne fait pas l’enseignante en école ménagère, qu’au début des années 50, les agents de la Sécurité d’Etat tchécoslovaque roulaient en Talraplan T600 bleu nuit et que ceux qui pensent que l’Etat tout puissant est une solution préparent les dictatures à venir.

 

11.
Quel sens donnez-vous au mot « autre » employé par l’auteur (Jean Echenoz) dans les phrases « Dana se tourne vers l’autre » et « l’autre ôte ses masques d’enseignante et de colocataire » ? 

 

-    L’autre désigne ici celle qui reste étrangère à la vie d’Emile et de Dana (d’ailleurs, l’autre est tellement autre que plus autre qu’elle, cela s’appelle une rencontre du troisième type) ?
-    L’autre désigne ici celle qui est « autre » que ce qu’elle paraît être (et même dans un miroir elle ne se reconnaît que lorsqu’elle porte un masque) ?
-    L’autre est une espionne, un agent de renseignement au service de la Sécurité d’Etat et donc est autrement que tout le monde ; elle est inéluctablement différente (mais elle finira bien par disparaître, allez) ?

 

12.
C’est entendu, l’Etat Macron, les soc-déms, tout ça c’est de la démocratie formelle et nos libertés sont souvent illusoires, mais Mélenchon et Bardella, ce serait encore plus formel que donc :
Salariés, si vous voulez travailler toujours plus pour gagner moins et toujours moins de droits, alors votez Bardella.
Salariés, si vous voulez travailler toujours plus pour gagner un argent qui aura de moins en moins de valeur et toujours moins de libertés, votez Mélenchon. 
La différence entre « moins de droits » et moins de libertés », c’est qu’avec l’extrême-droite, vos droits seront contestés, voire supprimés au profit d’un haut patronat ultra-libéral économiquement et néo-conservateur socialement cependant qu’avec l’extrême-gauche, vos libertés seront officiellement garanties mais en fait étonnamment restreintes en raison des nécessités d’une raison d’Etat omnipotent, omniscient, omniprésent. 

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 février 2026.

 

15 mars 2026

DANS LA PLAINE QUOI QUI S'PASSE ?

DANS LA PLAINE QUOI QUI S'PASSE ?

 

1.
« Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame 
Comme une âme
Qu'une flamme 
Toujours suit. »
(Victor Hugo, « Les djinns »)
Cette strophe du grand Totor signifie-t-elle que :

 

- La nuit devrait se brosser les dents plus souvent ?
- Que l'âme brame quand cherre la chevillette ?
- Qu'il s'en passe des choses dans la plaine, qu'on croit qu'on sait mais qu'on sait pas ?

 

2.
« L'un des jeux rend l'écho d'une manière si aérienne, que l'on suit l'écho dans les lointains, et qu'il se perd dans l'espace. »
(Vivant Denon cité par Philippe Sollers dans « Le Cavalier du Louvre »)
Qu'est-ce donc qui est ici évoqué ?

 

- Le turlututu du chapeau pointu dans les luminescences azurées ?
- Le flux et le reflux des mers virides s'agitant dans des sonorités rimbaldiennes ? 
- La discographie de Pink Floyd, ou serait-ce des échos du morceau « Awaken » du disque « Going for the One », du groupe Yes ?

 

3.
« L'infini humain périt à tout moment. Qui n'atteint la superficie immense ou l'éphémère pelouse sur laquelle a lieu sa dislocation ? »
(René Char, « Scène de Moustiers »)
Si « l'infini humain périt à tout moment », cela signifie-t-il que :

 

- Aucune guerre n'est jamais vraiment gagnée et donc le président Trump peut aller se brosser ; il ne vaincra jamais réellement le régime des mollahs iraniens qu'on va se taper un choc pétrolier direct au stomach ?
- Aucune guerre n'est jamais vraiment perdue et donc le président Trump pourra continuer longtemps de porter sa casquette USA et de jouer au golf le week-end tandis que des choses et des gens exploseront éclatés démembrés de ci de là ?
- L'éphémère pelouse grouille de remuants.

 

4.
« Non, la peste n'avait rien à voir avec les grandes images exaltantes qui avaient poursuivi le docteur Rieux au début de l'épidémie. »
(Albert Camus, « La Peste »)
Pourquoi la peste n'avait-elle rien à voir ?

 

- Parce que la peste est aveugle et frappe donc aveuglément.
- Parce qu'il n'y avait rien à la téloche que des rediffusions de vieilles séries policières qui plombent les paupières.
- Parce que les « grandes images exaltantes », le docteur Rieux les avait chutées, déchirées, charcutées, répudiées, jetées.  
 

 

5.
« Seemed almost as if it knew we were here », said he. »
(Conan Doyle, « When the World Screamed »)
Quoi donc qu'ça dit ?

 

- Coin-coin épicétou.
- Que des fois dans les choses  il y a on ne sait quoi qu'on dirait que ce on ne sait quoi sait parfaitement qu'on est là comme c'est étrange.
- Que la Terre hurle hurle hurle n'est qu'un long hurlement dans les espaces infinis qui s'en tamponnent, oreille sourde et chair triste.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mars 2026.

25 mars 2026

LA MAISON AU CAMEMBERT suivi de NI NOS ZUT AU MIROIR

LA MAISON AU CAMEMBERT suivi de NI NOS ZUT AU MIROIR

 

« Cela faisait longtemps, si longtemps, soupirait Lorine, égarée dans l'infini de l'air. »
(Katherine E. Quenot, « Blanc comme la nuit »)

 

Cela ne vaut pas le camembert, me dis-je en contemplant quoi donc que je contemplais, je ne sais plus. Cela
Faisait longtemps aussi que je n'avais pas mangé de camembert,
Longtemps, car il est somme toute assez rare que j'achète un camembert pourquoi je ne sais pas.
Si j'aime le camembert ? Bien sûr que j'aime le camembert, avec du pain frais et du beurre, c'est très bon, le camembert mais le fait est que cela faisait
Longtemps que je n'avais pas mangé de camembert. Zut
Soupirait tandis que je soliloquais sur le camembert.
Lorine aussi soupirait. Mais, à vrai dire, je ne connais pas de Lorine et je pense qu'en l’occurrence, Lorine n'était pas là.
Egarée, la Lorine, dis-je en me coupant un morceau de camembert. Ce qui fit hausser les épaules de Zut qui, je pense, ne connaissait pas plus que moi Lorine, d'autant qu'elle n'était pas là. Zut non plus n'était pas là. 
Dans la maison, j'étais donc seul, seul avec mon camembert. Seul dans
L'infini de la maison qui se prolongeait sans cesse en couloirs labyrinthiques que je feignais d'ignorer parce que cela me flanquait la trouille.
De ce camembert, maintenant il ne reste plus rien, et la maison, en
L'air qu'elle est, évaporée, dissoute, disparue et cela fait longtemps maintenant, si longtemps que je flotte dans des couloirs aux murs évanescents qui se prolongent sans cesse à l'infini tandis que je songe au goût perdu du camembert et d'autres choses aussi.

 

NI NOS ZUT AU MIROIR

 

« Le miroir avait brisé tous ses sujets. On ne frète pas le vent ni ne descend le cours de la tempête. »
(René Char, « Récit écourté »)

 

Le miroir étant absent, Zut ne se voyait plus. Zut ! se dit Zut constatant l'absence du
Miroir, lequel, démarré, était apparemment parti mirer ailleurs. Il y
Avait pourtant bien un miroir ici, se dit Zut, déconfite, défaite, suspicieuse. Je ne l'ai pourtant point
Brisé car cela fait longtemps que je ne brise plus les miroirs.
Tous les autres meubles sont pourtant là. Rien n'a changé, sauf que le miroir a disparu. C'est incongru, se dit Zut qui pourtant s'était bien vue et reconnue, elle et tous
Ses membres (bras, jambes, fesses et seins) pas plus tard qu'hier dans ce miroir maintenant disparu. Parmi tous les
Sujets qui occupèrent l'esprit de Zut ce jour-là (le souci des chaussettes à sécher, celui des livres à ranger, des girafes à peigner, des violons à accorder, et d'autres aussi), celui du miroir évanoui l'occupa obscurément mais obstinément.

 

On ne ne sait pas ce qu'il est advenu du miroir. Nul
Ne peut le dire, ce qu'il est advenu du miroir. Un miroir ne se
Frète pas comme on frète un navire, un canon, un conflit.
Pas plus que le vent, le miroir ne se frète. Il ne se fripe pas non plus, pas plus qu'on l'épluche ou qu'on en fait des frites.

 

Le temps que Zut considère tout ceci - que je viens d'écrire -, le
Vent se mit à souffler très fort et comme j'avais changé de sujet,
Ni le miroir disparu ni les soucis de Zut ne m'occupèrent plus longtemps l'esprit.
Ne vous en étonnez pas car de même que l'escalier 
Descend à la cave, de même je me mis à penser illico que
Le temps passe et nous rapproche du moment où nous n'aurons plus
Cours et, dès lors, dissous dans l'air, nous n'aurons pas plus 
De conscience qu'une boîte de camembert.
La gigote ne nous concernera plus, ni folie, ni raison, et la
Tempête continuera de souffler sans nous, ni nos apparences, ni nos Zut, ni nos miroirs, ni nos Zut au miroir.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 mars 2026.

26 mars 2026

LA MISS ET LES CORNICHONS

LA MISS ET LES CORNICHONS

 

« Pop ôte le cigare de sa bouche et le regarde d’un drôle d’air :
-    Comment voulez-vous que je sache ce qu’elle a de tatoué sur elle ? »
(Charles Williams traduit par Marcel Duhamel, « Fantasia chez les ploucs »)

 

Pop – il y a défois où je songe aux cornichons, du genre qu’on
Ôte le cornichon d’un bocal.
Le bocal de cornichons, c’est quelque chose. Le
Cigare aussi, c’est quelque chose. Tout moderne et civilisationnel. Le cornichon ne se fume pas.
De sa bouche, on peut l’ôter, le cigare, tandis que le cornichon, après qu’on l’a croqué, dans
Sa bouche qu’il reste. Remarquez que dans sa
Bouche, il y a la langue, laquelle est utile au langage
Et c’est important, la langue, surtout si on veut savoir où se trouve 
Le rayon des cornichons qu’on demande ça à l’employé(e) du supermarché qui vous répond aimablement, comme il se doit. Je
Regarde ce cornichon et me dis qu’il me rappelle quelqu’un.
D’un cornichon qui vous rappelle quelqu’un, on glisse très vite au politique, et c’est moins
Drôle que ça en a l’air, vu que les politiques, qui ne manquent généralement pas
D’air, se débrouillent pour se rendre indispensables (et ça coûte des sous).

 

Comment ils font, les politiques, pour se rendre aussi indispensables, à nous autres, pauvres pommes,
Voulez-vous bien ouvrir les mirettes et
Vous verrez qu’à force de voter lois et règlements et réformes et contre-réformes, y a pas moyen, on est obligé d’en passer par eux et
Que bien sûr qu’ils nous prennent pour des jambons, avec ou sans cornichons.
Je ne sais pas, vous, mais moi j’aime autant pas voter, bien que je
Sache ce qu’il en a coûté à nos aïeux, le combat pour la démocratie, morts et barricades, tout ça,
Ce que l’on apprend à l’école, la République une et indivisible, liberté égalité fraternité, mais bon on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’on vote souvent pour des gens qui s’en mettent plein les fouilles en nous roulant joyeusement dans la farine et
Qu’elle a bon dos, la République, ah oui, qu’elle
A bon dos, la République, qu’il y en a, ça se voit qu’ils nous en préparent, des saloperies, tout ça bien législatif, constitutionnel ou à peu près.

 

De ce fait, que je constate et qui m’agace, je vois itou que je me suis éloigné des cornichons. Quant à ce qu’elle a de
Tatoué sur elle, Miss Caroline Tchou-Tchou, laquelle est ravissante (« une vraie poupée », dit-on) et vadrouille presque nue dans une fiction épatante de Charles Williams même que
Sur « un de ses… euh… »,
Elle aurait, Miss Caroline Tchou-tchou, « un liseron », dis, de tatoué, je n’en dirai pas plus, zavez qu’à lire le livre.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 26 mars 2026.

 

31 mars 2026

LE SCAPHANDRIER POLYGLOTTE

LE SCAPHANDRIER POLYGLOTTE

 

« Lui, quand elle arrive, il sait qu'elle ne vient pas seule. »
(Nathalie Sarraute, « Portrait d'un inconnu »)

 

Lui, je sais bien qu'il n'a rien à voir avec le scaphandrier polyglotte.
Quand je parle du scaphandrier, j'évoque bien sûr le scaphandrier des bandes dessinées qui descend dans les verdâtres et amers gouffres à la recherche de trésors engloutis et quand je dis que le scaphandrier est polyglotte, c'est qu'il pourrait tout aussi bien être saxophone, ce scaphandrier, s'il connaît la musique. 
Elle est pleine de trésors, dit-on, la mer, de trésors engloutis parce que la mer, ça engloutit et cela
Arrive, dit-on, que le scaphandrier polyglotte découvre un trésor englouti.
Il doit être bien content alors le scaphandrier polyglotte,
Sait qu'il a gagné sa journée le scaphandrier polyglotte.
Qu'elle soit pleine de trésors engloutis, la mer, c'est qu'elle est dangereuse aussi car la mer 
Ne se laisse pas si facilement farfouiller les tréfonds ; alors
Vient le requin ou le monstre à tentacules ou encore le rival plongeur à couteau tranchant Ah ça
Pas si facile d'être un scaphandrier polyglotte, ou pas, à la recherche de trésors engloutis et si
Seule elle ne vient pas c'est qu'elle est plusieurs (ou quelque chose comme ça).

 

Post-scriptum.
A Paris récemment, ai mangé tout à fait correctement au Café La Chaufferie, près de la Gare du Nord (rue de Denain), accueil sympathique et frites dorées-rousses (il y a tant de brasseries qui vous servent des frites jaunasses, voire quasi blanches!) ; prix abordables.
A L'Athénée, vu la représentation de « No no Nanette », version française de la comédie musicale américaine du même nom (1925, musique de Vincent Youmans, paroles de Irving Caesar et Otto Harbach), célèbre pour l'air « Tea for two » : jouissif, plaisant, amusant, swing, tonique, et talentueux (mise en scène d’Emily Wilson et Jos Houben). Jusqu'au 5 avril 2026.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 31 mars 2026

7 avril 2026

DES GENS ET DES PAS suivi de QUELQUES TACHES DE SON

DES GENS ET DES PAS suivi de QUELQUES TACHES DE SON

 

« Non, par Zeus, pour ma part, je n'ai jamais fréquenté l'un de ces individus ! »
(Platon, « Ménon », traduit par Monique Canto-Sperber, [Anytos])

 

Non, je n'ai vraiment pas envie de parler des pas dans l'escalier.
Par je ne sais quelle hallucination, je les ai entendus ces pas dans l'escalier avec personne dedans.
Zeus ah en voilà de l'être antique ! 
Pour ce qui est des pas dans l'escalier, ils n'étaient pas antiques mais il n'y avait pas plus quelqu'un dans l'escalier que de Zeus dans la maison.
Ma bouteille de rhum en est témoin, je les ai bien entendus, ces pas dans l'escalier avec personne dedans. A
Part ça, nous sommes le 7 avril 2026, Trump fait la guerre, Poutine fait la guerre, Netanyahou fait la guerre, des gens meurent et les spéculateurs s'en mettent plein les poches.

 

Je l'ai déjà expliqué, ça, le coup des pas dans l'escalier avec personne dedans. Je
N'ai jamais cru aux fantômes pourtant, mais ces pas dans l'escalier avec personne dedans, ils étaient aussi réels que des champignons. A propos de champignons, entendu une drôle d'histoire sur des champignons d'Asie qui donneraient ce que l'on appelle des hallucinations lilliputiennes (les gens voient nains et lutins, farfadets, korrigans...). 
Jamais plus d'ailleurs, je ne les ai entendus, ces pas, jamais. L'a
Fréquenté qu'une fois faut croire...

 

L'un, dis, mais dis « manche » et je rajoute « de pelle ».
De l'humour, il en faut bien un peu (sinon je ne me supporte pas). En tout cas,
Ces pas dans l'escalier avec personne dedans, je vous le dis, à vous tous,
Individus des plus divers, ces pas, je les ai entendus, et Zut aussi. 

 

QUELQUES TACHES DE SON 

 

« Quelques taches de son sur les pommettes. L'air intelligent et malicieux. »
(Raymond Jean, « La Lectrice », [la narratrice])

 

Quelques pages, quelques
Taches d'encre, bricoles et sottises, voilà ce que
De ma pâle existence, il ne restera qu'à peine. Du
Son, du son, voilà ce qui plaît, du gros son, bien rythmique, bien baveux, mais je n'ai pas eu ce talent, ou cette tare, de faire du son, du bruit, du buzz. 
Sur mon écran, j'aligne parfois encore quelques pages, quelques taches d'encre, bricoles et amusettes.
Les phrases que je bricole ne font rire que moi je crois et les filles aux jolies
Pommettes, aux yeux vifs, ne se soucient pas plus de moi que d'une patte d'alligator ou de la morale élastique du président Macron.
L'air de rien, j'aurai vécu assez longtemps (quel étonnement!).
Intelligent sans doute mais pas tant que ça (sinon, je n'aurais pas fini ma carrière à Coudekerque-Branche)
Et talentueux un peu, mais assez peu en fait.
Malicieux ? Parfois, quand j'oublie d'être lourd.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 7 avril 2026.

11 avril 2026

COMME UN POISSON DANS UNE SALADE suivi de CINQ BREFS DONT UN AVEC CONCOMBRE

COMME UN POISSON DANS UNE SALADE suivi de CINQ BREFS DONT UN AVEC CONCOMBRE

 

1.
« - Oui, et il faut à présent que vous le sachiez. Avais-je l'air très bizarre ? »
(Henry James, « Le Tour d'écrou » [La narratrice]) 

 

Oui il y a des fois où l'on se sent comme un poisson dans une salade
Et quand je dis comme un poisson dans une salade
Il y a bien d'autres expressions qui me viennent à l'esprit, un scaphandrier dans un couloir, un visage sans reflet, un jeu aux règles perdues, une langue sans traduction, un marteau sans maître, une vache sans Espagne, et donc il
Faut bien, poisson dans une salade qu'on se sent, continuer 
A marcher, à fonctionner, à interagir, être
Présent, jouer son rôle d'être là parce qu'il faut que quelqu'un soit là.

 

Que dites-vous ? Comme un poisson dans une salade, un bœuf dans la vinaigrette, un plat à tarte dans le ciel.
Vous ne croyez pas si bien dire que l'humain ne cesse de jouer à la métaphore, à l'épithète, à l'hyperbole, à l'anacoluthe.
Le style, voilà bien l'habit et il faut que vous le
Sachiez (de riz), l'on n'est jamais que figures.

 

Avais-je le choix dit le poisson à la salade.
Je ne crois pas répond la salade. Vous aviez 
L'air de ces êtres qui se laissent fasciner par les salades.
Très facile de vous attirer et vous avez beau vous sentir
Bizarre bizarre bizarre vous étiez voué à la salade comme le hareng saur à la ficelle le long du mur blanc blanc blanc et qui se balance toujours toujours toujours.

 

2.
Y en a qui disent que bientôt avec les IA et tous les robots là, il y aura tellement moins de travail effectué par les humains qu'on va vers une société sans boulots. Peut-être mais à mon avis, faudrait éviter : au temps des travailleurs pourrait succéder le temps des assassins.

 

3.
Je ne connais pas la date exacte de la composition de la chanson « Strawberry Fields Forever », attribuée à John Lennon. On dit qu'elle a été enregistrée en novembre 1966. Ce jour-là, les Beatles ont-ils mangé des fraises ? Je l'ignore.

 

4.
L’Iran est un pays d'Asie de l'Ouest qui est appelé officiellement « Iran » depuis le 21 mars 1935. Auparavant, l'Iran était appelé Perse. L'Iran actuel est plein de mollahs barbus et anti-occidentaux. Les États-Unis et Israël procèdent régulièrement à des bombardements du territoire iranien et tuent ainsi un certain nombre de barbus anti-occidentaux. On ne sait pas où cela va mener. Personnellement, vue l'intensité des propagandes de partout, je préfère ne plus avoir d'avis sur la question et je pense à la bière bien fraîche quand il fait chaud et au gratin dauphinois quand il fait froid.

 

5.
Le concombre est une plante à fleurs de la famille des cucurbitacées. S'il est masqué, c'est par la fantaisie du dessinateur Nikita Mandryka. On l'appelle alors le Concombre masqué. Sinon, le concombre est aussi vert qu'un schtroumpf caché dans une salade.

 

6.
La Tour Eiffel est un des monuments les plus célèbres de Paris et donc du Monde. C'est une « tour autoportante de fer puddlé ». Je ne sais pas ce que cela veut dire mais je l'ai lu sur Wikipédia. La Tour Eiffel attire les touristes mais ne fume pas la pipe. Ni la cigarette. Elle ne vapote pas non plus. Elle n'en est pas pour autant membre d'une ligue anti-tabac. Je ne pense pas qu'on ait vue la Tour Eiffel à une réunion d'un club de philatélistes, d’haltérophiles ou de cruciverbistes. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 avril 2026.

12 avril 2026

LE THE LA GRECE ET LES GENS ORDINAIRES

LE THE LA GRECE ET LES GENS ORDINAIRES

 

1.
« C'est une salle nue, sans calligraphie ni ustensile, aussi nous contenterons-nous de thé en ce soir d'inauguration. »
(Yasushi Inoué, « Le Maître de thé », [Monsieur Uraku])

 

Je lis que parmi les légendes sur l'origine du thé, il y en a une qui dit qu'un moine bouddhiste se serait endormi après avoir médité neuf ans devant un mur. Méditait-il devant un mur et sur le mur ou méditait-il devant un mur sur tout autre chose (la sottise et les inconséquences de nos politiciens par exemple) ? Au réveil, de dépit, il se coupa les paupières pour ne plus s'endormir. Les paupières tombées sur le sol y donnèrent naissance au théier. C'est que le thé, comme le café, empêche de dormir. On ne sait pas ce que le thé et le café font quand nous ne dormons pas. Peut-être nous observent-ils et parient sur l'affolement de nos pensées ?

 

2.
« She came from Greece she had a thirst for knowledge
She studied sculpture at Saint Martin's College »
(Jarvis Cocker, « Common People » [le narrateur])

 

La Grèce a une superficie de 131 957 km² et compte moins de 11 millions d'habitants. C'est le pays des mers (mer Adriatique, mer Ionienne, Méditerranée, mer Egée, Homère). 
Je suppose qu'il fait très chaud en Grèce et que la plupart des Grecs ont les cheveux bruns.
Je n'en sais pas plus parce que je ne suis jamais allé en Grèce et n'irai jamais.
Ce que je sais de la Grèce est très mince, voire illusoire, et relève de mes souvenirs de collège et de lycée (la Grèce antique, les statues, la mort de Socrate, quelques éléments de géométrie, un tout petit peu de Platon, Cassandre et le théâtre).
Je n'ai pas appris la langue grecque et ne l'apprendrai jamais.
Je pense rarement à la Grèce.
La Grèce fait partie du monde extérieur et lointain qui ne fait pas partie du réel que je fréquente parce qu'il faut bien vivre et pour vivre, il faut aller au boulot.
Quand je ne suis pas au boulot, j'entends que Poutine continue à massacrer des Ukrainiens, que Netanyahou continue à massacrer des Palestiniens, ou des Libanais, et que Trump bombarde l'Iran pour éviter que les gens s'intéressent de trop près à la glauque affaire Epstein. Sinon, je vais acheter du thon en boîte et du café lyophilisé, ou j'écoute des chansons des années 70-80. D'une manière générale, je vieillis et m'estompe gentiment.

 

3.
La chanson « Common People » de Pulp est un exercice d'ironie et de lucidité. Elle a été publiée en 1995 et se moque de la façon dont certains jeunes gens de bonne famille idéalisent la vie des gens ordinaires. Elle contient ces paroles acerbes :
« Laugh along with the common people,
Laugh along even though they're laughing at you,
And the stupid things you do,
Because you think that poor is cool ». 
(Jarvis Cocker, « Common People »)

 

La plupart des chansons que nous entendons relève de ce que l'on appelle la « pop culture ». La pop culture n'est pas forcément une contre-culture. Elle l'est même rarement car elle est soumise au lois du marché, aux règles du marketing, aux nécessités éditoriales. La pop culture propose des produits très souvent éphémères mais il y a des exceptions et cela ne l'empêche pas d'être parfois d'une grande lucidité, franchise et honnêteté.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 avril 2026.

12 avril 2026

EN ATTENDANT LA DEFAITE DE VIKTOR ORBAN

EN ATTENDANT LA DEFAITE DE VIKTOR ORBAN

 

1.
Il est faux de dire que les politiques n'en fichent pas une. En fait, les politiques (en tout cas, la plupart) travaillent beaucoup, énormément. Et c'est là le plus fascinant. Travailler autant pour dire et faire autant d'âneries, cela relève du prodige.

 

2.
Beaucoup de gens vont voter Bardella en 2027 parce qu'ils s'imaginent que Bardella va bouter Mohamed hors de France. Ils ne réfléchissent pas au fait que ce n'est pas Bardella qui leur préparera leur kebab quand ils vont manger un kebab et pas Bardella non plus qui sera sur les chantiers à construire leur maison. Justement, me disent-ils, nous, on préférerait que ce soit Kevin qui nous prépare le kebab et Théo qui nous construise la maison. Sans blague, et vous croyez réellement qu'il y aura autant de kebabs et de maçons quand, dans un premier temps, Bardella va bouter Mohamed hors de France ?
Du reste, je n'y crois pas. Bardella fera comme Georgia Meloni en Italie. D'abord, il expulsera puis, devant les demandes, qui ne manqueront pas d'être insistantes, des grandes entreprises, il en fera venir des étrangers et Mohamed reviendra parce que les sous-traitants auront besoin de main d’œuvre et que le capitalisme ne peut se passer du travail clandestin.

 

3.
La gauche est une manière d'accommoder la soumission du citoyen aux nécessités de l’État.
La droite est une manière d'accommoder la soumission du citoyen aux nécessités de la production.
La démocratie libérale est une manière d'accommoder des règles acceptables (ou qui paraissent comme telles) qui fixent les degrés de soumission du citoyen aux nécessités de l’État comme aux nécessités de la production.
C'est le « en même temps » du président Macron.
Y a-t-il une autre solution ?
Non, les autres systèmes, de gauche comme de droite, tombant invariablement dans l'autoritarisme et la dictature.
Est-ce désespérant ? Même pas, les crétins ne comprenant pas ce qui leur arrive et les gens intelligents se débrouillant soit pour contrôler le politique, soit pour en subir le moins possible les conséquences.

 

4.
12 avril 2026. Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine et l'économie russe n'est vraiment pas au beau fixe. Trump va perdre les midterms et la glauque affaire Epstein pourrait quelque jour l'envoyer pour longtemps en prison. Netanyahou finira par être désavoué et devra sans doute répondre de bien des errements devant la justice. On dit que Orban pourrait être battu aux élections de ce jour. Quatre hommes puissants et très très riches qui vont finir dans les poubelles de l'Histoire. Pourquoi ? Parce que quoique puissants et très très riches, ce sont avant tout des bandits, des corrompus, des voyous, voire des pervers et qu'ils sont en plus d'une bêtise crasse, vraiment crasse.

 

5.
12.04.2026. LCI est formidable. Pendant des semaines, certains experts de plateau s'interrogeaient sur les atermoiements de Trump face au régime des mollahs, nous expliquant que l'hyperpuissance américaine ne ferait qu'une bouchée de l'Iran incapable de se défendre (peu de missiles en bon état de fonctionnement, ai-je même entendu dire) et maintenant que le détroit d'Ormuz est bloqué et que les forces iraniennes se sont montrées capables de frapper durement et dans la durée bien des pays du Golfe et Israël lui-même, les mêmes experts en appellent aux négociations et parlent de l'hyperpuissance américaine comme d'un mythe, une illusion. Le plus étonnant étant l'inénarrable Gérard Araud, citant à l'appui de ses arguments diplomatiques les affirmations de Tulsi Gabbard, qui passe partout pour l'une des figures de l'administration Trump des plus influencées par Poutine et sa propagande.

 

6.
12 avril 2026. Voilà ce qu'il en coûte de confier à Trump les clés de l'hyperpuissance américaine ; il finit par frapper l'Iran comme un sourd mais sans réelle efficacité : pas de changement de régime, pas de levée en masse de la population, et même pas de soulèvement armé dans les provinces séparatistes. Il le fait exprès ou il est réellement d'une incompétence abyssale ? 

 

7.
12 avril 2026. Sur le papier, vu d'Occident, avant même la proclamation des résultats, Orban est battu face à Peter Magyar. Oui, mais qui sait quel est l'état d'esprit de l'électorat des campagnes ? Quel est le niveau des fraudes électorales ? Des achats de votes ? Des accords locaux avec des notables puissants et influents ? Et quand bien même, Orban acceptera-t-il si facilement sa défaite ? Ne va-t-il pas être tenté par un coup de force, quitte à demander l'aide de Poutine et des forces armées russes ? 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 avril 2026.

 

12 avril 2026

DEDANS PARMI SOI DANS LE PASSÉ ET L'ETRANGE 

DEDANS PARMI SOI DANS LE PASSÉ ET L'ETRANGE 

 

1.
« Vous allez vers l'eau, Mademoiselle ? Vous pensez qu'elle est dedans ? »
(Henry James, « Le Tour d'écrou » [Mrs Grose à la narratrice])

 

« Dedans » est une préposition. Dedans les choses il y a d'autres choses, et dedans ces autres choses, il y a encore d'autres choses et cela jusqu'à l'infiniment petit.
Parfois les personnages de romans vont vers l'eau. Dans « Le Tour d'écrou », de Henry James, c'est inquiétant. Sinon, les gens vont vers l'eau pour se baigner, contempler la mer, la mer toujours recommencée, ou prendre l'air du bord de mer, ou vérifier quelque chose au bord du lac.
Dedans la mer, comme dedans le lac, il y a des choses, il y a des êtres. Il y a même une Dame du Lac laquelle, - je le sais grâce au Kaamelott d’Alexandre Astier, apparaît au Roi Arthur pour lui confier des missions, ses doutes et ses mécontentements, et lui a même une fois offert « un genre de cake », qui n'était pas magique, juste pour la route. Seul le Roi Arthur peut voir et entendre La Dame du Lac, ce qui épate et étonne bien des chevaliers dits de la Table Ronde. 

 

2.
Dans une traduction du roman « Témoin indésirable » (« Ordeal by Innocence », 1958), d'Agatha Christie, je trouve cette plaisante coquille : 
« -Je suis heureuse que vous soyez parmi vous. Du moins peut-on parler de certaines choses », dit au chapitre XVIII Hester à Philip.
Ah, certes, être parmi soi permet de multiplier les sujets.
Quant au personnage de Philip, il confirme son statut de pilote accidenté par cet épatant propos, je cite : « Oui. Là-haut, très haut, planant sur le monde, comme un plateau à thé dans le ciel ! ».

 

3.
2026. La chanson « White Feather Hawk Tail Deer Hunter », de Lana Del Rey est certainement une des plus étranges chansons du moment. On pense à certaines pièces de l'immense Kate Bush, à certaines expérimentations psychédéliques, à la musique des péplums des années 50. On y entend les paroles suivantes :
« I've just baking, waitin' on a spirit hunter
I got a nicotine patch for the summer
Yeah, I'm a ghost, doesn't mean I feel nothin' ».
Le clip qui l'illustre est assez curieux lui aussi. Il y est question de « chasseur de cerfs », de « plume blanche », de « queue de faucon », de four, d'été et de neige. Étrange. Intéressant. Beau.

 

4.
Je suppose que c'était un sérieux, ce grand diabolo menthe et glaçons qu'une demoiselle commanda dans un café de Maubeuge (en 1992, je pense, à la terrasse du Mabuse). Il faisait très chaud. Caniculaire.
Je songe – ah mélancolie – que la demoiselle de 1992 doit avoir la cinquantaine maintenant. Les canicules reviennent ; les demoiselles aussi, nouvelles, buvant de grands diabolos menthe et vouées à passer.

 

5.
Notation du mois de mars 2026. Ciel blanc. Brume dans les rues proches de la mer. A 16 heures et des brouettes, ça étonne. On se demande si cela vient de l'océan ou de la pollution. Dunkerque.
L'élève a dormi une bonne partie du cours. Quand il s'est réveillé, il s'est plaint d''avoir mal à la tête.
Quelques jours plus tard, des élèves se sont plaint de maux de ventre. Gastro ? Quelques collègues évoquent régulièrement des maux de tête. Ordinateurs ? Pollen ? 12 avril 2026. Vacances de printemps. J'entends sur France Inter « White Feather Hawk Tail Deer Hunter » de Lana Del Rey, et je m'épate.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 avril 2026.

14 avril 2026

SANS EVOQUER LE SAXOPHONE HANTÉ

SANS EVOQUER LE SAXOPHONE HANTÉ   

 

1.

« A la droite de Pognel et d'Objat se devinent les traces d'un kiosque à musique fantôme. »
(Jean Echenoz, « Envoyée spéciale »)

 

A cette heure-ci, je ne vois pas pourquoi j'évoquerais le saxophone hanté.
La musique appelée jazz me plaît bien mais depuis que je suis sourd, à quoi bon ? A la
Droite du saxophone hanté ne se tient pas la statue du Commandeur, ni aucune jeune fille en short moulant et à la langue passant lentement sur ses lèvres, ni spectre d'opéra.
De ce saxophone hanté, à la fin, que voulez-vous que je vous dise ? 
Pognel, non, je ne le connais pas
Et celui qui répond (ou plutôt ne répond pas) au nom
D'Objat, je ne le connais pas plus. Ce sont des personnages d'un roman de Jean Echenoz intitulé « Envoyée spéciale » et dont j'ai lu quelques pages et quelques pages encore parce que je ne le trouve guère palpitant bien que riche en informations, si riche en informations que cela pourrait en devenir fascinant (il suffit pour cela de se laisser fasciner, les romans et les jolies filles s'y entendent assez à ce jeu de la fascination). Les dictionnaires eux aussi sont riches en informations et je ne m'y intéresse pas plus qu'à « Envoyée spéciale », de Jean Echenoz, dont j'ai trouvé excellent le « Courir », fiction vivace dont le personnage central, Emile, est le double fictionnel du coureur légendaire Emil Zatopek. 
Se trouve aussi que « Courir » figure dans la liste des œuvres qu'un enseignant de lycée professionnel en lettres-histoire peut, cette année et en 2026-2027 encore, faire étudier à ses classes de terminale dans le cadre du programme dit « limitatif » et portant sur la problématique suivante : « Rythmes et cadences de la vie moderne : quel temps pour soi ? ». Que se
Devinent encore des traces, cela regarde les enquêteurs, les historiens, les fétichistes de la trace. 
Les traces ici devinées n'ont aucun rapport avec le saxophone hanté, la statue du Commandeur, la jeune fille en short moulant dont le spectre d'opéra murmure le prénom, la nuit, dans le long couloir et de longs soupirs, pour faire peur, comme dans un film de Dario Argento. Ces
Traces, ce sont peut-être juste les lignes qui émergent de la structure
D'un objet couvert de brume, un
Kiosque par exemple, une statue de Commandeur, un opéra
A spectres vengeurs, bref, quelque chose dont la
Musique est absente,
Fantôme tout à fait. 

 

2.

Défois je les regarde et ils existent. Je tourne l’œil et ils n’existent plus. C'est ce que je crois, qu'ils n’existent plus. Mais je sais que quand même qu'ils existent.

 

3.

« Des romances sans paroles ont,
D'un accord discord ensemble et frais,
Agacé ce cœur fadasse exprès ;
O le son, le frisson qu'elles ont ! »
(Verlaine, « A la manière de Paul Verlaine »)

 

Le son parfois fait frissonner. Les thrillers, par exemple, sont des œuvres de fiction qui distillent suspense et appréhension, même que le lecteur ou le spectateur, il va jusqu'au bout du roman ou du film pour voir si vraiment elle va s'en sortir, la jeune fille innocente en proie au Mal incarné, au serial killer hyper-vivace, au sans scrupules assassin. Dans les thrillers de cinoche, il y a souvent des musiques angoissantes, des soupirs dans la nuit, des murmures étranges. Verlaine n'écrivait pas de thrillers ; il écrivait des poésies. Il a eu bien des tourments, Verlaine. Était-ce un type bien ? Je ne crois pas. Un pauvre type ? Peut-être bien. Il écrivait des poésies.

 

4.

Le roman « Envoyée spéciale », de Jean Echenoz, me fait penser à un recueil de miscellanées reliées par un fil narratif à la vraisemblance relative. Du « Nouveau roman » avec moins d'obsessions et plus d'humour.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 avril 2026.

 

15 avril 2026

DU MOT CARPE EN KOBAÏEN

DU MOT CARPE EN KOBAÏEN

 

« Et j'ai alors la très nette impression qu'il connaît le mot « carpe » dans toutes les langues qui se parlent sur cette terre,... »
(Richard Brautigan, « Le temple de la carpe » in « Tokyo-Montana Express ») 

 

La phrase de Richard Brautigan, je parle ici de sa traduction française par Robert Pépin car je ne sais pas que « carpe » se dit « carp » en anglais, cependant que je ne doute pas que l'anglais « carp » soit aussi utilisé en américain que la poêle à frire est utilisée par tous ceux qui se font des œufs sur le plat (qu'ils soient français, anglais ou américains), 

 

cette phrase où le narrateur évoque la connaissance du mot « carpe » « dans toutes les langues » (sauf celles qui n’existent pas, celles qui sont parlées par les êtres parlants des autres planètes, si ces êtres parlent des langues que l'on parle avec la langue, et le kobaïen, langue-musique de Magma) évoque aussi le « pays des Esquimos » 

 

en soulignant qu'il n'y a pas de carpes au pays des Esquimos « mais seulement des icebergs et autres trucs de ce genre » et je ne sais pas ce que Brautigan veut dire par « autres trucs de ce genre », c'est-à-dire du genre des icebergs 

 

car il est clair que les phoques et les ours polaires ne sont pas des icebergs, ni les igloos, ni les lunettes fumées, ni les saumons fumés, ni les saucisses fumées, ni aucune fumée de ce monde voué à disparaître en fumée, et je ne parle pas non plus des juments blanches.

 

Note : J'ignore s'il existe un lexique kobaïen traduisible en français et il se pourrait que cette langue fonctionnât comme un ensemble de signes sans référents, un solfège de syllabes, une langue-musique donc, dont la fonction serait purement orchestrale, partition vocale (existe-t-il une pièce a cappella  en kobaïen?) induite par les nécessités rythmiques des compositions.
Selon l'entrée « Kobaïen » de Wikipédia, la syntaxe du kobaïen « demeure largement incomplète et son lexique toujours en cours d'élaboration ». La note 3 de l'entrée reprend des propos de Christian Vander, batteur et compositeur du groupe de rock progressif Magma, qui précisent, je cite : « Le kobaïen ne prétend pas être une langue nouvelle, structurée comme l'espéranto. Ses mots me viennent à chaque fois que je compose. Elle renaît un peu d'un morceau à l'autre. » (« Sud Ouest, 1er novembre 20217, propos recueillis par Christophe Loubes).
Impossible de savoir comment se traduit le mot « carpe » en kobaïen.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 15 avril 2026.

16 avril 2026

VERLAINE ET AUTRES

VERLAINE ET AUTRES

 

« Verlaine et les poètes symbolistes », Classiques Larousse. J'aime bien ces  fascicules anciens à l'usage des scolaires qui permettent de redécouvrir quelques vers fameux et d'autres d'auteurs souvent délaissés. Cela commence par Verlaine, et sa musique, souple et légère, ritournelle,  ballerine :

 

« Les sanglots longs
    Des violons
    De l'automne
Blessent mon cœur
    D'une langueur 
    Monotone. »
(« Chanson d'automne »)

 

Fantaisie des « Fêtes galantes » et mélancolie à virtuosité des « Romances sans paroles » :

 

« Pierrot, qui n'a rien d'un Clitandre,
Vide un flacon sans plus attendre,
Et, pratique, entame un pâté.
(« Pantomime »)

 

« L'abbé divague – Et toi, marquis,
Tu mets de travers ta perruque.
- Ce vieux vin de Chypre est exquis,
- Moins, Camargo, que votre nuque. »
(« Sur l'herbe »)

 

« O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie
O le chant de la pluie ! » 
(« Il pleure dans mon cœur »)

 

« Quoi donc se sent ?
L'avoine siffle ;
Un buisson gifle
L’œil au passant. »
(« Charleroi »)

 

Et ce bijou du recueil « Sagesse » : « Le ciel est par dessus le toit... » :

 

« Le ciel est par-dessus le toit
    Si bleu, si calme !
Un arbre par-dessus le toit
    Berce sa palme. »

 

Cette leçon aussi :

 

« De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. »
(« Art poétique »)

 

Virtuosité des assonances :

 

« C'est à cause du clair de lune
Que j'assume ce masque nocturne
Et de Saturne penchant son urne
Et de ces lunes l'une après l'une. »
(« A la manière de Paul Verlaine »)

 

Tout aussi virtuose, et plus influent sur ce que sera la poésie du vingtième siècle, Rimbaud : 

 

« Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou. »
(« Ma bohème »)

 

Et l’extraordinaire sonnet des « Voyelles » :

 

« Golfes d'ombres ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes. »

 

Quant à Mallarmé, parfois, des éclats :

 

« Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux. » 
(« L'azur »)

 

« Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change »
(« Le tombeau d'Edgar Poe »)

 

« Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne »
(« Le vierge, le vivace et le bel... »)

 

Auto-dérision de Laforgue :

 

« Ah ! qu'est-ce que je fais, ici, dans cette chambre !
Des vers. Et puis, après ! ô sordide limace !
Quoi ! la vie est unique, et toi, sous ce scaphandre,
Tu te racontes sans fin, et tu te ressasses !
Seras-tu donc toujours un qui garde la chambre ? »
(« Complainte d'un autre dimanche »)

 

Le lillois Albert Samain :

 

« Mon enfance captive a vécu dans les pierres,
Dans la ville où, sans fin, vomissant le charbon,
L'usine en feu dévore un peuple moribond : 
Et pour voir des jardins je fermais les paupières... »
(« Mon enfance captive... »)

 

Autre virtuose : Henri de Régnier.

 

« La croisée est ouverte ; il pleut
Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu
Sur le jardin frais et dormant ; »
(« Le jardin mouillé »)

 

« Elle est sans souvenirs de sa vie immobile,
Elle n'a ni grandeur, ni gloire, ni beauté ;
Elle n'est à jamais qu'une petite ville,
Elle sera pareille à ce qu'elle a été. »
(« Ville de France »)

 

Patrice Houzeau
Malo, le 16 avril 2026.

21 avril 2026

IRAN USA : UN DOUTE PLANE

IRAN USA : UN DOUTE PLANE

 

1.
Le régime des mollahs iraniens est en lui-même un crime contre l'humanité. On ne négocie pas avec un crime contre l'humanité. On le condamne. 

 

2.
Pas plus tard qu'hier (19 avril 2026), ai entendu sur LCI Luc Ferry débiter une ânerie (une de plus, décidément, ce philosophe raisonne comme une casserole) à propos de l'Afghanistan. Luc Ferry s'en prenait, avec raison, à ceux qui veulent la mort d’Israël en tant qu’État (ah si, je vous assure que certains chez LFI, comme dans l’extrême-droite la plus rance, aspirent à une disparition d’Israël) lorsqu'il fit cette incise périlleuse, et je cite de mémoire que ce n'est pas comme l'Afghanistan, dont tout le monde serait bien content d'être débarrassé ou quelque chose dans ce genre. Fichtre, voilà notre professeur qui confond État et régime. Que je sache, personne ne nie la légitimité de l'Etat afghan, par contre, il est clair que l'éradication du régime des Talibans nous paraît, à nous occidentaux, un objectif plus que souhaitable, eu égard à ce que ce régime fait subir à la population afghane. Quant à la mort de l'Afghanistan, non, personne ne la souhaite. 

 

3.
Bien des commentateurs l'ont souligné : l'Occident a sous-estimé les capacités militaires de la république islamique d'Iran. Il apparaît donc que l'Iran est loin d'être la dernière roue du carrosse de l’axe Pékin-Téhéran-Moscou. Raison de plus pour travailler à contre-carrer le plus possible le régime des mollahs. 

 

4.
21 avril 2026. L'issue des négociations entre  le régime des mollahs iraniens et les représentants de l'administration Trump est incertaine. Si elles se concluent par un arrêt des hostilités, c'est que Trump aura estimé qu'il a gagné la partie, mais peut-il estimer gagner la partie sans l'abandon par l'Iran de son  uranium enrichi, sans réouverture du détroit d'Ormuz, sans garanties sérieuses pour Israël d'un désarmement du Hezbollah ? Va-t-on vers un jeu de dupes, avec un Trump auto-satisfait mais en fin de compte battu et une république islamique très affaiblie mais toujours menaçante et soutenue par Xi Jinping et Poutine ?

 

5.
21 avril 2026. La sale guerre de Poutine en Ukraine n'a pas déclenché la WW3.
Le conflit entre le régime des mollahs iraniens et les USA pourrait-il dégénérer en guerre mondiale ? Il semble que chacun travaille à éviter cette issue fatale.
Et qu'en sera-t-il de l'invasion programmée, dit-on, de Taïwan par les forces armées chinoises ? 
Rareté naturelle, surpopulation et tensions sur les matières premières aidant, il n'y a guère de doutes que cette WW3 finira par éclater, à moins que démocraties libérales, Russie, Chine, Corée du Nord et Inde réussissent à s'entendre pour le partage du contrôle des territoires producteurs de matières premières et riches en ressources naturelles. L'Afrique et l'Amérique du Sud n'ont pas fini de souffrir. Et l'Europe de se réarmer. D'urgence.

 

6.
21 avril 2026. Face aux déboires de Trump dans le Golfe persique et les retombées de la  très glauque affaire Epstein, l'administration Trump ressort le Grand Guignol des OVNI. Disparitions mystérieuses... onze scientifiques depuis trois ans... pensez l'émoi... On va enquêter, tout vous dire... Bah, si l'on considère les morts naturelles, les suicides, les disparitions volontaires, il doit bien rester quelques cas « étranges ». Sauf si l'on considère, comme ma pomme, que les OVNI, quand ils ne sont pas des erreurs d'interprétation et des illusions d'optique, sont probablement des prototypes de l'armée américaine, et qu'en conséquence, vaut mieux pas  trop bavarder sur ce que l'on sait et ne pas fréquenter de gens qui pourraient avoir des sympathies pour des régimes genre Russie, Chine et autres affreux.

 

7.
Malheureux le pays riche en matières premières qui n'a ni armée redoutable ni Constitution solide pour le défendre, il est voué à n'être qu'une proie pour les grands donneurs de leçons de ce monde.

 

8.
21 avril 2026. Certes, Trump et l'économie mondiale sont sous pression mais l'Occident reste prospère tandis que l'économie iranienne s'effondre. Chaque jour qui passe plonge la République islamique d'Iran dans une récession dont elle ne sortira pas de sitôt.

 

9.
21 avril 2026. Midi. Les autorités iraniennes laissent planer le doute sur la poursuite des négociations avec les représentants de l'administration Trump. Simple tactique ou bien les Gardiens de la révolution veulent-ils absolument une reprise suicidaire des hostilités ?

 

10.
Cela ne se négocie même pas : il faut limiter le nombre de puissances disposant de l'arme nucléaire. Sinon on va droit à l'apocalypse. Déjà comme ça qu'on n'est pas si tranquille. 

 

11.
Pour Trump, une défaite face à l'Iran + retombées de la très glauque affaire Epstein + exactions de l'ICE + soupçons de plus en plus lourds d'affairisme et de délit d'initié = débâcle électorale à venir et suites judiciaires innombrables.

 

12.
21 avril 2026. Le président Macron doit être bien contrarié. Si la tension ne redescend pas dans le Golfe, si les négociations entre le régime des mollahs et l'administration Trump échouent, si la guerre reprend et perdure, alors le prix des carburants pourrait de nouveau s'envoler et cette nouvelle crise de l'énergie profitera autant à Bardella qu'à Mélenchon.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2026.

3 mai 2026

POINTE CHAPEAU NUAGES PYRAMIDES MOUSTACHE

POINTE CHAPEAU NUAGES PYRAMIDES MOUSTACHE

 

1.
« Les injonctions d'une pointe acérée contraignirent l'homme à obéir. »
(Agatha Christie traduit par Janine Alexandre, « Associés contre le crime »)

 

Une pointe acérée, sûr que ça peut blesser. On n'obtient pas le même effet avec un concombre. Le concombre acéré, par ici, ça ne se fait pas.

 

2.
« Et le soleil ride ta peau
Merci du conseil, chapeau !... 
Tu vois, le moine, je fais des rimes ! »
(Michel Schetter, « La Société du sablier » [Romain])

 

Le chapeau se met sur la tête parce qu’aux pieds on met des chaussures.

 

3.
« Et le nuage ? dit une voix de femme.
- Lequel ? dit l'homme sans lever la tête, mais en arrêtant de se frotter les mains.
- Qui avait la forme d'un cheval.
- Je ne sais pas », dit l'homme. »
(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit »)

 

Les nuages ont des noms mais en général, du côté du péquin ordinaire, on ne les connaît pas. Ils n'ont pas de prénom. C'est que les nuages ont peu de raisons de s'interpeller. Ils se suivent, les nuages, tout autour du monde, selon un ordre que nous tentons de prévoir.

 

4.
« - Où est passé Horus ?
- Parti visiter les pyramides... »
(Enki Bilal, « La Femme piège », [Jill à Nikopol])

 

Les pyramides, c'est des monuments très anciens, bout pointu, très énigmatiques. Je ne crois pas qu'elles soient des centrales électriques. Mais y en a ils disent que ça a un rapport avec les extra-terrestres mais c'est juste des mots.
Les pyramides, elles existent parce que j'ai vu des photos et des films et on m'en a parlé dans les cours mais je ne les ai jamais vues et ne les verrai jamais et donc les pyramides pour moi, c'est juste des mots.
Les pyramides, elles sont en Égypte. Je n'irai jamais en Égypte mais en Égypte il y a des Égyptiens, 120 000 000, mais comme je n'irai jamais en Égypte, pour moi, c'est juste un nombre, un nombre lointain.
La boîte de thon devant moi est plus réelle et pourtant elle a moins d'influence sur le réel que les pyramides et 120 000 000 d'habitants.
Les Égyptiens, les boîtes de thon et les pyramides ont comme point commun d’exister même que quand je serai mort, il n'y aura plus ni de pour moi, ni de boîtes de thon, ni d’Égyptiens, ni de pyramides.  Des boîtes de thon, il y en a beaucoup aussi.   

 

5.
«- Ma chère Caroline, déclarai-je, je n'ai aucun doute sur la profession qu’exerce notre voisin. C'est un coiffeur à la retraite, il n'y a qu'à voir sa moustache. »
(Agatha Christie traduit par Françoise Jamoul, [le narrateur])  

 

Les coiffeurs, ils coupent les cheveux, que ça vous embellit la tête d’œuf. Il y a souvent des coiffeuses jeunes dans les salons des chaînes de coiffure qui coupent pour pas trop cher et c'est agréable. 
Quand j'étais beaucoup plus jeune, j'ai encore connu des coiffeurs qui fumaient des gitanes (c'étaient des clopes) et écoutaient RTL mais ça c'était quand j'étais beaucoup plus jeune et le narrateur, il confond un célèbre détective belge qui n’existe pas avec un coiffeur à la retraite mais cela arrive des fois que moi, voyez, mes voisins, ce sont des professeurs à la retraite et même pas des professeurs de coiffure, voyez.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 3 mai 2026.

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