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10 mai 2025

ALLONGEANT LE BRAS DERRIERE ELLE

ALLONGEANT LE BRAS DERRIERE ELLE

 

1.
« Allongeant le bras derrière elle,... »
(John Updike)
Allongeant le bras derrière elle, elle constata que le poulpe était toujours là.

 

2.
« Il jeta le fond de son verre. »
(John Updike)
Il jeta le fond de son verre lequel, illico presto, et sans demander son reste.

 

3.
« non seulement Darryl joua avec la précision d'un robot, »
(John Updike)
Non seulement Darryl joua avec la précision d'un robot, mais il dit aussi des choses merveilleuses dont Zut ne se souvient pas parce que Zut, pas là, à cause des crêpes ou des saucisses, je ne sais plus.

 

4.
« ce vieux luthérien au visage carré »
(John Updike)
Ne connaissant aucun « vieux luthérien », je ne sais pas s'il a le visage carré ou pas, et m'en fiche, n'ayant aucune envie de fréquenter ni vieux luthérien, ni, en dehors de l’inévitable, la plupart des gens que je trouve de plus en plus trop nombreux, bavards et inconséquents.

 

5.
« Pareil au timbre lent d'un immense gong, le jaune envahissait les bois, (...) »
(John Updike)
Je ne prends pas de gong au petit déjeuner ; ça pèse un peu trop sur l'estomac.

 

6.
« Une vision quelque peu effrayante, cette corrosion, cette douleur, cette fuite du temps soudain révélées dans leur nudité. »
(John Updike)
Depuis l’affaire du zèbre zigzaguant, Zut évite les visions. Elle ne s'en remet pas pour autant à la cornemuse.

 

7.
« L'hiver s’écoulait. Il neigeait et dans la chambre noire des tourmentes qui soufflaient à longueur de nuit, (...) »
(John Updike)

Zut envisage d'aménager une chambre noire, d'où elle pourra contempler les tourmentes qui s'agitent sur la ville.

 

8.
Dans mon jardin, pas de mélenchon ; ça peut donner la serpentine agressive. Je ne cultive pas non plus la poutine, pour la même raison.

 

9.
« Ses yeux se réduisaient à deux éclats de diamant, son visage se figeait, de plus en plus pâle, tandis que grandissait son auditoire invisible, ce qui la poussait à forcer la voix. »
(John Updike)
Je n'ai que rarement vu le visage de Zut se figer ; c'est qu'il est très difficile à attraper.

 

10.
« Maintenant, la foule imaginaire se pressait derrière elle – des troupes qu’elle menait au combat.»
(John Updike traduit par Maurice Rambaud, « Les Sorcières d'Eastwick »)

 

Maintenant je vais écrire ce petit texte sans importance
La journée se termine (il est 19 heures) il n'y a pas
Foule dans ma tête mon
Imaginaire n'est pas très débridé aujourd’hui il
Se tient tranquille Ça ne se
Pressait pas trop dans ma caboche ces derniers temps
Derrière les rideaux nul assassin
Elle est partie à sa répétition
Des chansons, je n'en connais guère, je me souviens que le mot
Troupes désignait les cigarettes que l'on trouvait dans les rations des soldats jadis (des Gauloises je crois)
Qu’elle soit vénéneuse cette fourchette ne m’étonnerait pas Cet homme
Menait une drôle de vie ; pas étonnant que le cœur ait flanché Vivre
Au jour le jour n'est pas facile d’ailleurs rien n'est si facile Un
Combat la vie ? Je ne sais pas. Pour beaucoup, oui, je suppose que oui. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 10 mai 2025.

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9 mai 2025

DISCORDANTE ET RIDICULE

DISCORDANTE ET RIDICULE

 

« Un luth, une guitarone, et un hautbois. Symphonie discordante et ridicule. Madame Laure à son balcon, derrière une jalousie.  »
(Aloysius Bertrand, « La Sérénade »)

 

Un luth ? Que voulez-vous que je fasse d'un
Luth ? Je ne joue pas de musique, je regarde des clips sur Youtube
Une guitarone ? Koikenfer ? même que la
Guitarone, je ne savais même pas que c’était une « petite guitare »
Et du hautbois je n'en veux pas non plus oh donnez-moi
Un steak-frites que je le dévore car voyez-vous un
Hautbois ne se mange pas et j'ai faim et j'ai soif (ajoutez donc de la bière bien fraîche).

 

Symphonie, quel drôle de mot d'une musique que nous n'écoutons guère avons-nous l'âme
Discordante notre montre joue-t-elle des claquettes et notre âme discorde-t-elle
Et bien ridicule allez
Ridicule comme une chanson d'amour chantée à une chemise par un fer à repasser.

 

Madame  Laure je ne la connais pas Madame 
Laure j'ai connu une miss Sauterelle elle était très grande
A mon avis ça ne plaît guère aux longues jeunes filles qu'on dise d'elles que ce sont de grandes sauterelles
Son cerveau grouille-t-il de serpents sifflants ? Quant au 
Balcon, va-t-il assister à l'incendie de Rome (il faudrait pour cela que le balcon ait des yeux) et
Derrière Poutine, pensez-vous qu'il y ait beaucoup de serpents sifflants et Poutine est-il un nœud de vipères
Une fois je me suis rattrapé de justesse alors que je m'échappais (c'était derrière une 
Jalousie et je ne pense pas avoir lu ce roman).

 

Patrice Houzeau
Malo, le 7 mai 2025.

18 mai 2025

DES PARTIS ENTREPRISES

DES PARTIS ENTREPRISES

 

« C’est la liberté individuelle dans des conditions d’asservissement collectif. »
(Manchette, « L’Affaire N’Gustro » [« Debourmann])

 

C’est une phrase qui exprime du politique dans un roman noir (le trouble roman de Jean-Patrick Manchette, « L’Affaire N’Gustro »). C’est aussi à ça que ça sert, les romans noirs, à causer politique. C’est à propos de
La liberté individuelle qu’on sait bien ce que c’est, nous, en démocratie, que la
Liberté individuelle qui nous permet pas mal de choses, tandis que voyez dans les « paradis socialistes », la Liberté, c’était un fantôme, alors oui, la Liberté
Individuelle, dans nos démocraties libérales, nos sociétés dites ouvertes et avancées, elle est en droit mais dans les faits, elle reste en grande partie formelle. Evidemment, nous ne pouvons faire que ce qui nous est possible de faire ; il y a des contraintes, financières surtout, et même dans nos démocraties libérales, on a l’impression que nous allons vers un « monde libre » de plus en plus contraignant (le dimanche, j’aime bien, de temps en temps, des croissants). Remarquez que
Dans l’avenir, ce qui semble le plus à craindre, c’est pas tellement les vieilles lunes de gauche (collectivisation et soviétisation qu’agitent encore quelques universitaires plus ou moins stupides et aigris), pas tellement cette gauche livresque qui est à craindre mais plutôt l’avènement 
Des partis-entreprises (la LFI à Mélenchon, le RN du clan Le Pen,…) qui jusqu’ici n’avaient pas vocation à gouverner (n’étant jamais que des pompes à fric) mais l’exemple de Trump pourrait leur donner des ailes parce que Trump, son atout, c’est qu’il a fait du parti républicain son parti, son investissement majeur, dont il attend des bénéfices personnels, même qu’on se demande s’il n’aurait pas envie d’en faire un monopole, une dynastie entrepreneuriale, quitte à changer la Constitution américaine, ou en corrompre l’esprit, qu’il semble bien que le Trump, il aurait pour but d’établir les
Conditions nécessaires et suffisantes pour que la démocratie américaine telle que nous la connaissons explose et laisse la place à autre chose de bien moins démocratique, un genre capitaliste (et non plus libéral)
D’asservissement à une oligarchie, une mainmise sur le
Collectif façon Chine communiste ou Russie poutino-mafieuse.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2025.

 

18 mai 2025

HORACE BLATT RENVERSA SON VERRE

HORACE BLATT RENVERSA SON VERRE

 

« Horace Blatt renversa son verre, jura et, tout en épongeant son pantalon, demanda :
-    Qu’est-ce que c’est que cette Grotte aux Lutins ? »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Les Vacances d’Hercule Poirot »)

 

Horace – j’ai envie d’écrire, Horace, nique ta, mais ce n’est guère poli.
Blatt qu’il s’appelle, Horace, même qu’une blatte en français, on dit aussi cafard, cancrelat, coquerelle au Canada et ravet aux Antilles (d’après ce que savamment Wikipédia) tandis que « das Blatt » en allemand, c’est la feuille d’arbre, aussi la page, le journal, mais comme le dit l’expression, « das steht auf einem anderen Blatt » alors Horace

 

Renversa ; avec le verbe renverser on peut imaginer bien des choses, du gouvernement à la donzelle d’une chanson paillarde en passant par la pyramide sociale (comme on dit chez les pédagogues gauchisants), mais ce n’est sans doute pas le genre de Horace Blatt qui se contente de renverser
Son verre, et quand on renverse son verre, c’est peut-être qu’on est quelque peu fébrile, hein, quand on renverse son
Verre, c’est peut-être qu’on est quelque peu fébrile hein. Surtout qu’il
Jura après et quand je songe que le Jura est un « département français nommé d’après le massif du Jura » (c’est de la montagne et j’aime bien wikipédia), je constate que cela n’a rien à voir avec le fait que « Horace Blatt renversa son verre, jura »

 

Et pendant ce temps-là, « Les Oignons » de Sydney Bechet, c’est joyeux comme jazz que j’écoute « Les Oignons » de Sydney Bechet parce que j’aime bien le jazz joyeux.

 

Tout ça, c’est bien joli, me direz-vous, mais on ne voit pas où vous voulez en venir Bah-bah-bah
En fait, je ne le sais pas où je vais en venir, mais cela n’a aucune importance, fit-il en
Epongeant (il y a toujours tout un tas de trucs à éponger, je suis si maladroit)

 

Son verre, il le renversa, Horace, donc Horace, koikilfait, Horace ? Horace, il éponge son 
Pantalon en jurant, - j’ai envie d’écrire « Nique ta », mais ce n’est guère poli car il
Demanda, - le verbe demander, je le compléterai facilement avec le mot amandes, ce qui ferait qu’il demanda avidement des amandes à Amandine, laquelle les lui fournit complaisamment mais ce n’est pas des amandes qu’il demanda à Amandine, qui d’ailleurs n’était pas là alors, faute d’amandes, il demanda
Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Qu’est-ce
Que c’est que cette fable ? Qu’est-ce que 
C’est que cette fiction ? Qu’est-ce que c’est
Que cette chanson ? Qu’est-ce que c’est que
Cette répétition du qu’est-ce que c’est que cette 
Grotte de l’italien « grotta », du français « croute », du latin « crupta », du grec « kruptein » qui signifiait « cacher, couvrir », nous révèle Wikipédia et alors au marché
Aux puces j’aime bien aller pour acheter des albums de BD, des CD de jazz, de blues, de rock mais je n’y achète jamais de
Lutins, au marché aux puces, parce qu’on n’en trouve pas, au marché aux puces, des lutins que des lutins, on en trouve dans les livres mais ils ne sont pas vraiment réels.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2025.

 

18 mai 2025

SAMEDI 17 OVNI PUIS EUROVISION 2025

SAMEDI 17 OVNI PUIS EUROVISION 2025

 

1.
Un certain Sylvain Maisonneuve, « ancien conseiller ministériel à Bercy » (de 2020 à 2025, nous dit-on, aux finances donc) vient de publier chez Albin Michel un livre intitulé : "OVNIS, l’enquête déclassifiée". Disclosure comme qui dirait qu’on nous prépare lentement mais sûrement à des révélations, ou c’est-y que l’enfumage mondial continue, qu’on nous invente des visiteurs extra-terrestres et autres étrangetés parallèles pendant que les Américains continuent à fignoler leurs armes les plus secrètes.

 

2.
Vu le film « Visiteurs extra-terrestres » de Robert Liebermann (film américain de 1993) qui raconte une histoire d’abduction d’après des faits « réels » nous dit-on : l’affaire Travis Walton. On en lira les détails sur Wikipédia. On peut douter de la véracité du truc mais j’en sais rien. Disons que c’est curieux. Par ailleurs, le film est plutôt bon en ce qu’il montre comment une communauté peut être perturbée par un évènement étrange qui touche plusieurs de ses membres (en l’occurrence une équipe de bûcherons suspectés d’avoir commis un meurtre).

 

3.
Abduction est un mot qui dans le lexique des ufologues désigne l’enlèvement d’un humain par des extra-terrestres. Je me suis laissé dire que des vaches aussi avaient été elles aussi, les pauvres, enlevées, ôtées du plancher, envolées dans les airs qu’on dirait que les extra-terrestres défois ils s’engouffrent un steak-frites aussi dis.

 

4.
Samedi 17 mai 2025, 21 heures : Eurovision. C’est en Suisse cette année. Je vais jeter un coup d’œil. On verra bien. Kitsch, chansons plus ou moins bien fagotées, jolies filles, lasers et couleurs, bling-bling. C’est à ça qu’il faut s’attendre. Du talent aussi. Du spectacle. Je ne me souvenais déjà plus du morceau interprété par le gagnant de l’an dernier. 

 

5.
La chanson représentant le Luxembourg est en français, un clin d’œil à France Gall – Elle s’appelle, cette ritournelle, « La Poupée monte le son » - La chanson représentant l’Estonie est pas mal, comique avec de l’italien dedans –

 

6.
 La chanteuse israélienne a une jolie voix ; une partie du texte est en français – Se pourrait-il que l’influence culturelle de la France redevienne une évidence sur la scène où les nations se jouent des tours ? –

 

7.
Le groupe représentant la Lituanie a fait du rock dans le genre alternatif qu’on trouve un peu partout, mais c’est tout de même du rock (disons que c’est très ressemblant).

 

8.
Pour l’instant, c’est le retour des jeunes femmes callipyges, me semble-t-il qu’on verra peut-être pas la femme à barbe chanter ce soir – La chanteuse qui représente l’Espagne a fait une bonne prestation à la Madonna – Le groupe ukrainien est très bon aussi, avec ces chœurs si particuliers qu’on entend à l’Est de l’Europe.

 

9.
J’aime bien la pop culture.
Je préfère la pop culture à la gueule à Poutine.
Je préfère la pop culture et l’eurovision aux tronches à Mélenchon et à Zemmour.

 

10.
Les chansons de l’eurovision sont de plus en plus complexes et témoignent de l’influence persistante d’un groupe comme Queen sur la pop music internationale – la chanson représentant le Royaume-Uni en est un exemple. La pop music est-elle en passe de virer au pop-opéra ? Faudrait pas aller trop loin dans le choucrouteux et mieux vaut bonne chanson que soupe à braire.

 

11.
La Lettonie a présenté un bel ensemble féminin (six voix) ; c’est vraiment pas mal. On dirait une mélodie traditionnelle, une danse, adaptée pour l’eurovision – cela m’a rappelé certaines pièces de Kate Bush – Ah tiens, pour les Pays-Bas, la chanson est aussi en partie en français (« C’est la vie » qu’elle s’appelle, interprétée par un artiste d’origine congolaise, nous dit-on).

 

12.
Erika Vikman chante « Ich komme » (comme on dit en Allemagne) en finnois ; ça fait beaucoup de bruit - La Finlande, un jour ou l’autre, devra peut-être affronter les troupes d’une Russie expansionniste – On ne sait pas. Tout dépendra de l’état dans lequel Poutine laissera la Russie.

 

13.
La chanson représentant l’Italie est typiquement pop, bien faite avec un texte bien écrit, adolescent – La Pologne est représentée par une chanteuse expérimentée – elle fait le show – c’est spectaculaire et tonitruant – Les Allemands chantent en allemand – Il y a un lalalalala là-dedans qu’est bien entêtant – « Baller » que ça s’appelle – L’Eurovision, ça rappelle au péquenot que je suis que l’Europe est variée, diverse, des corps et des langues.

 

14.
Ah tiens, une grande bouche avec une boule à facettes – l’Eurovision c’est beaucoup de boulot et donc des emplois, de l’argent – la pop culture en fait travailler du monde – tant de gens pour produire tant de kitsch et d’inutile et d’éphémère qu’on dirait de l’art mais non.

 

15.
La chanteuse grecque, ce qu’elle chante, on dirait un hymne, une prière, une exhortation – spectaculaire et lyrique – efficace. La Lituanie avait présenté un groupe de rock assez probable ; ce qui n’est pas le cas de l’Arménie, non, ce n’est pas du rock, c’est de la musique de discothèque, et ça fait du bruit, bien trop.

 

16.
Une chanson à la française comme on en fait maintenant, c’est la Suissesse Zoë Më qui chante ; bon texte, mélodie jolie, avec une rupture de ton sur la fin, ah oui, c’est bien – Retour de la grande bouche avec une boule à facettes dedans et de la musique de discothèque pour représenter Malte, cabaret burlesque. Culotté. Y en a qui aiment. Décor marrant.

 

17.
De la pop bien jolie pour représenter le Portugal (« Deslocado ») – le compositeur de cette ballade a beaucoup écouté les groupes anglais des années 60-70 – c’est gentil mais ça s’oublie vite. La chanteuse danoise fait danser parce que c’est de la musique pour faire s’agiter Toto et Nini vont en boîte. La chanson des gens qui représentent la Suède a l’air bien comique à usage interne (du suédois pour les Suédois) – ah tiens, le « Waterloo » du groupe Abba en 1974, charmant tintsouin.  

 

18.
Je n’avais pas encore entendu la chanson de Louane (« Maman ») : structure classique, beau texte, vocalises au refrain – Les percussions pour beaucoup de chansons s’éloignent de la plus ou moins virtuosité des batteurs pour en revenir à un marquage appuyé de la cadence.

 

19.
La dernière prestation est albanaise et c’est vraiment pas mal, travaillé, orchestré qu’on dirait là aussi une mélodie traditionnelle revisitée. D’où vient-il cet l’univers qu’on dirait celtique tel qu’on nous en raconte des histoires et quelque rythme martial ?

 

20.
And the winner is : l’Autriche. Bon. Voilà.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 mai 2025.

 

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17 mai 2025

LA PAGE 165 DE L’AFFAIRE N’GUSTRO DE JEAN-PATRICK MANCHETTE

LA PAGE 165 DE L’AFFAIRE N’GUSTRO DE JEAN-PATRICK MANCHETTE

 

1.
En bas de la page 164, le narrateur dit qu’il boit de « petits verres de rhum » - je me suis souvenu en regardant la télé que j’avais quelque part un volume des aventures de Nicky Larson, du plutôt bon manga sur mauvais papier – qu’est-ce que nous pouvons avaler comme fictions – les humains se fascinent facilement pour les plus diverses diachronies.

 

2.
Si le narrateur de ce roman noir avec des Africains dedans de Jean-Patrick Manchette (« L’Affaire N’Gustro ») boit des petits verres de rhum, c’est pour se soutenir cause qu’il se sent tout flagada cause que la veille il s’est pris une « cuite » - nous avalons des fictions – nous produisons de la fiction – et nous la plaquons sur la réalité comme si le réel était ce que nous croyons qu’il est.

 

3.
Je pense aux grosses têtes du carnaval – grosses boules avec du rose et des grands yeux sans cervelle avec des gens autour – les romans c’est souvent du carnaval aussi avec des figures qu’on agite et des sentiments qu’on essaie de faire passer pour aussi vrais que sont vrais les monstres des profondeurs marines.

 

4.
Le narrateur de « L’affaire N’Gustro », de Manchette (1942-1995), est un salaud – y a-t-il une rédemption à la fin du roman ou les autres personnages du roman sont-ils, et même plus pour certains, aussi salauds que lui ? je ne sais pas car je ne vais pas lire le bouquin jusqu’au bout – il n’y a que les professeurs pour vous obliger à lire des bouquins jusqu’au bout.

 

5.
« L’affaire N’Gustro », de Jean-Patrick Manchette est un roman noir, il y est donc question de mort, de sexe et d’argent – c’est ce qui rend le genre du polar si fascinant c’est qu’il traite de ce qui anime les corps et les esprits – en cela, le polar est un genre réaliste – quand on passe à la page 165, le narrateur évoque par énumération « l’absinthe sur de la glace », les « Gipsy Queens », les Bugattis, l’Art, les œufs battus et le cognac.

 

6.
C’est comme du Shakespeare mais avec des flingues – Shakespeare, Agatha Christie (là, c’est pas du polar, c’est du roman à énigmes), le cite souvent – paraît que Manchette était d’extrême-gauche, moi, je sais pas, il y a un côté célinien dans l’œil de Manchette, une fascination pour la saloperie, pour les turpitudes et jambes en l’air, pour les conneries et les morts violentes des zones de partout – radical, qu’on dit qu’il était, Manchette, moi j’vous dis j’en sais rien et je m’en fous – il est mort en 1995, l’auteur de « La position du tireur couché » (très bon bouquin) – 

 

7.
Tout ça, c’est peut-être rien d’autre que du story-telling qu’on nous a fait croire que l’Abbé Pierre était un quasi saint qu’on se rend compte maintenant que c’était rien qu’un répugnant, un curé ripou comme on en dans les films de Mocky, qu’on nous a fait croire que François Mitterrand était de gauche et que l’abolition de la peine de mort était un progrès de l’humanité qu’à mon avis, on continue de nous en faire croire des âneries – Bah il n’y a que les gens bien élevés qui peuvent croire à toutes ces conneries – perso, j’ai jamais pu les sentir, les donneurs de leçons de charité, les avocats de gauche et les pleurnicheurs sur les cous coupés des assassins d’enfants. 

 

8.
A la télé, des témoignages d’Africains en Afrique qui disent qu’ils sont dans une situation terrible ; on parle de massacres, de viols, de camps de réfugiés, de corruptions ; on l’a déjà entendu je ne sais combien de fois ça – ritournelle tragique de l’Afrique martyre – ça risque pas de changer – le discours sur l’Afrique continent de l’avenir, je n’y crois pas une minute – malédiction de la ressource naturelle – vouée l’Afrique à être pillée spoliée volée violée torturée et sous influence perpétuelle – j’irai jamais en Afrique (remarquez je ne vais déjà quasiment jamais en Belgique qui est à côté de chez moi).

 

9.
Page 165, paragraphe suivant : le narrateur « regagne la grande maison » (c’est le nom qu’il donne à une villa je crois où il y a des militaires étrangers, des Africains, qui envisagent des choses à venir) – Il y a une « pelouse », des « parasols et du café », une Mercedes, une grosse tête. – ça baigne dans le soleil avant d’être inondé de sang.

 

10.
A la télé (LCI) ça cause des fake news dont les services de Poutine nous inondent (en l’occurrence, le mouchoir de Macron que les Russes et leurs zélés collabos français - coucou, Dupont-Aignan, coucou, Florian Philippot) tentent de faire passer pour un pochon de cocaïne).

 

11.
Puisqu’on parle politique, j’ai vu il y a deux jours François Bayrou se défendre devant la commission d’enquête parlementaire sur son rôle supposé dans la sordide affaire Bétharram – je l’ai trouvé vieux, faible et hésitant, le Bayrou – je crois que l’heure de la retraite va très bientôt sonner pour sa pomme – moi, je le crois, Bayrou quand il affirme qu’il n’a été au courant de rien (ou si peu) - ce qui prouve que ses capacités intellectuelles ne sont pas du tout ce qu’il croit qu’elles sont : en clair, Bayrou n’est pas un menteur, c’est un sot.

 

12.
Sur la digue, nous sommes le samedi 17 mai 2025, il y a du vent : une jeune fille passe sur des patins à roulettes ; elle porte un pull noir et une queue de cheval – les terrasses sont vides ; il y a du vent.

 

13.
La télé (LCI) dit que les services américains affirment que Poutine va bientôt lancer une nouvelle offensive en Ukraine, une offensive « sans limites » dit la journaliste– je ne sais pas si c’est vrai mais si les Russes tentent de percer, espérons que Donald Trump va réagir et rappeler à ce dingo de Poutine qu’on ne fait pas la paix en lançant des offensives massives et en massacrant des civils.

 

14.
Manchette écrit défois dans le style san-antoniesque genre, je cite : « entre le garage et le lieu où tout le monde bronze et ripaille, un Noir maigre et jeune, pas plus de vingt ans, franchit d’un bond la haie extérieure à base de prunus et fonce nach N’Gustro en gueulant comme un âne. » - Il y a de l’action parce qu’ensuite, l’assaillant sort un « couteau de cuisine » et que le narrateur intervient en « braillant je ne sais quoi ni pourquoi » - 

 

15.
La France, elle n’est pas près de revoter massivement à gauche ; l’avenir est à droite, voire très à droite ; les conneries des délinquants de toutes sortes et les flux migratoires mal contrôlés favorisent le basculement – Dans l’éducation nationale, j’ai l’impression que l’extrême-gauche tente de se réorganiser, pousse ses pions, bricole des réseaux, mais je peux me tromper (disons que je pressens du trouble et de l’entrisme, du lambertisme).

 

16.
A la fin de la page 165, on comprend que l’attentat a échoué – assaillant  maîtrisé – la narration prend un style baroque affirmé, je cite : « mais à gueuler comme il a fait, paraît-il des choses mal polies dans le dialecte de là-bas, tous les gustaves y ont sauté au nez. » A la page suivante, on lit aussi : « le prisonnier hurle, pleure, bave, et tente de donner des coups de pied dans les honneurs de l’Amiral. » (Jean-Patrick Manchette, « L’Affaire N’Gustro »). 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 mai 2025.

 

17 mai 2025

LA PAGE 80 DE NOTRE IMOGENE DE CHARLES EXBRAYAT

LA PAGE 80 DE NOTRE IMOGENE DE CHARLES EXBRAYAT

 

1.
« et il quitta le débat sans plus insister » - défois on insiste et c’est pas la peine – le réel insiste – un documentaire sur la bataille d’Okinawa – les kamikazes qui s’abattent sur les navires américains – les soldats japonais fanatisés – la « colline sanglante » - l’Histoire est souvent celle du malheur des humains ; demain matin, j’irai assez tôt chercher du pain -  le réel insiste jusqu’à ce que. C’est comme cela qu’il persiste.

 

2.
« - Je vous plains, inspecteur, bonsoir. » - trois dames évoquant un « trio de corneilles » - c’est dans un roman d’Exbrayat que je lis ça – des personnages de dames écossaises – je pense qu’elles sont écossaises- l’important c’est qu’elles soient trois, et toutes en noir, comme le sont les trois dames des antiques, des théâtres, des chansons.

 

3.
J’entends du Schönberg (1874 – 1951) – je pense à ce personnage d’homme à tout faire du film « Smoking », de Alain Resnais, qui, alors qu’il semble correspondre, ce personnage, à l’image d’un type vulgaire et fruste se met à discourir sur son amour de la musique classique, de Sibelius (1865-1957) et de Carl Nielsen (1865-1931), évoquant la symphonie « L’inextinguible » - le personnage, je ne sais plus son nom, est interprété par Pierre Arditi.

 

4.
« - Pourrais-je saluer votre maîtresse ? - Impossible. - Elle est absente ? » (des personnages de « Notre Imogène » de Exbrayat causent ainsi) – tout à l’heure, je mangerai du pain frais beurré ; je boirai du café. – « le sergent fonça, tel le taureau sur le matador » - un sergent, je ne sais pas si ça peut se mettre dans un jardin –en tout cas, c’est possible -  un taureau non ça ne se met pas dans un – c’est trop dangereux.

 

5.
Page 80 : « L’absence du sergent fut remarquée et commentée en termes sévères. » - le sergent n’est donc pas dans le jardin – il n’est pas allé à l’enterrement de la sardine – Zut non plus n’est pas allée à l’enterrement de la sardine – elle est allée à d’autres enterrements – les gens écrivent composent peignent et meurent – ceux qu’elle connaît, Zut va à leur enterrement – moi, je ne les connaissais pas assez pour (je dois dire que ça m’arrange) – dans le temps, on disait : « je dois à la vérité de dire » ; cette expression, je ne l’entends plus – c’est que, ces temps-ci, la vérité tend souvent à s’absenter.

 

6.
Donc la maîtresse est absente et le sergent n’est pas allé à l’enterrement de « Hugh Reston » (c’est un personnage du roman d’Exbrayat) – la chanteuse a une robe rouge – elle chante du Schönberg – j’écoute ça cette nuit – si on peut appeler ça écouter – je ne suis pas assez savant pour écouter de la musique.

 

7.
« la veuve qui s’efforçait en vain de prendre une allure chancelante » - ne serait-elle pas sincère dans son chagrin ? – la chanteuse en robe rouge a un beau visage – une comédienne s’approche et lui murmure des trucs que j’entends mal parce que j’ai fortement baissé le son pour ne pas gêner les voisins –

 

8.
Il y a cette fille cette jeune femme que je croisais naguère dans l’escalier et qui me demandait invariablement « Comment allez-vous ? » - Je crois que Zut m’a dit qu’elle avait déménagé – elle était mignonne jolie mince et même qu’une fois elle était en short moulant bleu parce que c’était l’été (du moins je crois mais ça je l’ai peut-être fantasmé).

 

9.
Il y a un paragraphe dans le texte d’Exbrayat qui évoque l’éloge funèbre du défunt prononcé par le révérend – je me souviens du jour où une collègue me donna un faisan – comme quoi « il est inutile, pour l’homme, de toujours parler de l’avenir, au lieu de se préoccuper surtout de son âme » - c’est bien des paroles de révérend ça - il y a du rouge et du bleu dans cette mise en scène – tout à l’heure j’écouterai du jazz.

 

10.
Je me demande si l’âme a un avenir – je me demande si cela a du sens de parler de l’avenir d’une âme – et du passé d’une âme, cela fait-i sens ? – cela me semble plus acceptable mais pourquoi je ne sais pas.

 

12.
Les trois dames, le « trio de corneilles » se tient « à la porte du cimetière » - je ne sais pas si Exbrayat fait dans l’allusion mythologique ou pas – après tout, trois dames toutes en noir peuvent bien se tenir « à la porte du cimetière » un jour d’enterrement ; qu’est-ce que ça prouve ? – En tout cas, dans le roman, elles causent et disent du mal de la veuve, elles allusionnent et vipérinent, qu’elles la soupçonnent, la veuve, d’être à l’origine de la mort de Hugh Reston que l’on vient d’enterrer à la page 80 du roman « Notre Imogène » d’Exbrayat. 

 

13.
J’entends du piano ; c’est du Schönberg. Pas drôle du tout et on dirait que ça va se découdre mais non c’est remarquablement solide et tragique comme une poupée abandonnée dans un grenier, que l’on retrouve et qui vous met mal à l’aise, comme si elle voulait vous faire peur.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 mai 2025.

4 mai 2025

MOURIR PARCE QU'IL EST MORT NON JE N Y CROIS PAS

MOURIR PARCE QU'IL EST MORT NON JE N Y CROIS PAS

 

1.
« - « Grillon, mon ami, es-tu mort, que tu demeures sourd au bruit de mon sifflet, et aveugle à la lueur de l'incendie ? »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Je ne l’appelle pas « mon ami », le grillon
Je pourrais peut-être que je pourrais
Littérairement, ou alors mystiquement
Je pourrais peut-être appeler le grillon « mon ami »
Il est vrai aussi que je ne fréquente guère de grillons
Les grillons, n'est-ce pas, sont rares par ici.

 

2.
« Et le grillon, quelque affectueuses que fussent les paroles de la salamandre, ne répondit point, soit qu'il dormît d'un magique sommeil, ou bien soit qu'il eût fantaisie de bouder. »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

La salamandre, c'est l'esprit du feu, dit-on
(en fait, je l'ai lu dans les notes qui figurent dans une édition de poche de « Gaspard de la Nuit »)
Je ne savais donc pas la salamandre capable de paroles « affectueuses »
Je ne pense pas que cela soit d'une très grande utilité de savoir que l'esprit du feu puisse discuter avec les grillons
C'est moins utile qu'une fourchette
C'est moins utile qu'un couteau
C'est moins utile qu'une balayette
et moins partant qu'un bateau
Je ne m'interroge même pas sur la symbolique de l'esprit du feu
A vrai dire je m'en tamponne la cafetière
D'autres s'y intéressent savamment 
Savamment qu'ils s'y intéressent
Ils ont bien raison
En tout cas, c'est toujours mieux que d'aller massacrer ses contemporains. 

 

3.
« Oh ! chante-moi ta chanson de chaque soir dans ta logette de cendre et de suie, derrière la plaque de fer, écussonnée de trois fleurs-de-lys héraldiques ! »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Oh comme il est beau ce chapeau, ce lavabo, et ce chameau est-il beau (je ne sais pas si l'on peut trouver beau un chameau) Dans
Chante-moi il y a le son « ch » comme dans cheveu cheval chapeau chameau château et
Moi aussi je chuinte que le chuintement c'est le cri de la chouette et le son « ch » est dit chuintant donc chante-moi fait la salamandre au grillon chante-moi
Ta chanson lequel mot, chanson, rime avec chausson, charron, chapon, et la
Chanson, on la connaît, faudrait pas nous prendre pour des 
Faudrait pas nous prendre pour des sots 
Je ne chante pas de chansons 
D'ailleurs je chante faux 
Je fais des pâtes au jambon 
Mais je ne chante pas 
De chansons.

 

4.
« Mais le grillon ne répondait point encore, et la salamandre éplorée, tantôt écoutait si ce n’était pas sa voix, tantôt bourdonnait avec la flamme aux changeantes couleurs rose, bleue, rouge, jaune, blanche et violette. »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Mais est une conjonction de coordination. Le fait de le savoir prouve que vous avez été à l'école et que vous n'avez pas enfermé votre professeur des écoles dans un placard. Ne faites jamais cela : n'enfermez jamais votre professeur des écoles dans un placard car après vous ne saurez plus où mettre votre autre cadavre.

 

5.
« - « Il est mort, il est mort, le grillon mon ami ! »
- Et j'entendais comme des soupirs et des sanglots, tandis que la flamme, livide maintenant, décroissait dans le foyer attristé. »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Il est presque cinq heures du matin il
Est que je me lève tôt car je ne suis pas
Mort cela le prouve car
Il est presque cinq heures du matin il
Est que je me lève tôt (pas toujours) car je ne suis pas si
Mort cette boucle le prouve 
Le prouve sans doute.

 

6.
« - « Il est mort ! Et puisqu’il est mort, je veux mourir ! » - Les branches de sarment étaient consumées, la flamme se traîna sur la braise en jetant son adieu à la crémaillère, et la salamandre mourut d’inanition. »
(Aloysius Bertrand, « La Salamandre »)

 

Mourir parce qu'il est mort, non, je n'y crois pas. 
D'ailleurs, je ne crois guère en grand chose, sauf aux OVNI, aux revenants, au grand complot technocratique contre la démocratie, au Matin des Magiciens, au retour de toute chose et, bien sûr, au Monstre en spaghetti volant.

 

Flamme qui traîne, adieu à la crémaillère.
Encore faut-il savoir ce qu'est exactement une crémaillère, et là, il faut bien que je trouve un chat, que je lui donne ma langue, pour qu'il me réponde. 

 

Salamandre mourant d'inanition, bonjour la boîte de thon.
Ce qui exige de la mayonnaise, que nous ferons avec diligence et agilité, huile, moutarde et jaune d’œuf. Quant aux frites, nous irons les acheter dans une friterie, car nous sommes civilisés.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 mai 2025.

25 avril 2025

RIEN N'EST-IL JAMAIS AUTRE QUE PLUS PAREIL ?

RIEN N'EST-IL JAMAIS AUTRE QUE PLUS PAREIL ?

 

« En vérité, on avait cru Larsan mort si souvent quand il s'appelait Ballmeyer, qu'il pouvait bien ressusciter une fois de plus à l'état de Larsan. »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la dame en noir » [le narrateur])

 

Le mariage eut lieu
Zut avait mis de nouveaux yeux ce matin-là
Le mariage quel mariage demanda-t-il 
Il n'y avait pas de carpe ni le lapin parce que c’était dans un roman policier qui n'avait pas besoin ni de carpe ni du lapin
Y avait-il des pâtes au jambon et une poignée d’exemples de grammaire ?
On peut toujours le penser
Le mariage eut lieu
Zut avait mis de nouveaux yeux ce matin-là
Le mariage quel mariage demanda-t-il
Le mariage de monsieur Robert Darzac et de mademoiselle Mathilde Stangerson
Ah vous êtes donc revenu à Gaston Leroux 
Oui j'aime bien Le Parfum de la dame en noir
J'ai bien apprécié aussi Le Mystère de la chambre jaune
Et aussi Le meurtre de Roger Ackroyd
Vous aimez donc les romans policiers
Oui j'aime les romans policiers
Et aimez-vous les pâtes au jambon
Oui j'aime les romans policiers et les pâtes au jambon
Et aimez-vous les exemples de grammaire
Oui j'aime les romans policiers les pâtes au jambon et les exemples de grammaire
Par exemple « le mariage eut lieu à Paris »
Voilà une phrase qui peut servir d’exemple de phrase comportant un complément de lieu introduit par la préposition « à »
Elle peut servir aussi dans un exercice d’orthographe sur l'homophonie « a/à » 
Ah ah
Dit-il vous appréciez les exemples de grammaire 
C'était il y a un peu plus de deux années
Ah ah
Et il peut s'en passer des choses en deux années
Ah oui
Elles s’étaient donc écoulées
Toutes ces phrases prononcées elles s’étaient écoulées
Je
Toutes ces minutes
Je ne
Toutes ces secondes
Je ne me rappelle pas
Toutes ces girafes passant sur le pont
De ces girafes je ne m'en rappelle pas
Je me souviens bien des yeux de Zut ce matin-là
Elles s’étaient donc écoulées
Ce n’étaient sans doute pas des girafes et encore moins un pont
Depuis les événements rien n'est plus pareil
De quels événements parlez-vous ?
Cela arrive souvent que rien ne soit plus pareil
D'ailleurs rien n'est-il jamais autre que plus pareil ?
Quant aux propos que j'ai rapportés 
Ces propos je ne les ai pas très bien compris
Aussi ne faut-il pas tenir compte de ce que j'ai pu écrire dans un précédent ouvrage 
On a toujours tort de vouloir composer des ouvrages dans une langue qui n'est pas la nôtre
Surtout si cette langue nous est parfaitement inconnue
Voulez-vous parler de ces événements si sensationnels qu'il n'est point téméraire
Ainsi donc vous vous appelez Charles ? Charles c'est votre prénom c'est bien ça ?
d'affirmer ici que je ne me souviens pas du passage d'un troupeau de girafes sur un pont 
D’ailleurs un aussi court laps de temps n'avait pu faire oublier qu'il est rare de voir passer des girafes sur les ponts de Dunkerque 
On peut cependant lire Le Mystère de la chambre jaune Le Parfum de la dame en noir ou d'autres livres si l'on veut
Je n'en dirai rien parce que je n'en ai pas envie
J'ai plutôt envie de tarte aux abricots
Regardez donc 
Je vous dis qu'il faut regarder
Elle a encore ses yeux de folle dit-il
Et je m'étonnai alors qu'un hareng saur pendouillant au bout d'une ficelle puisse me tenir un discours aussi peu respectueux pour la personne de Zut et les yeux de Zut.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 avril 2025

25 avril 2025

PENDANT QUE TOUT AUTRE CHOSE

PENDANT QUE TOUT AUTRE CHOSE

 

1.
« Je ne sais pas... Cela me paraît étrange, bien sûr, mais enfin, c'est peut-être une simple coïncidence... »
(Hergé, « Les 7 boules de cristal » [Tintin]) 
De quoi ici parle Tintin ?

 

- Des coïncidences qu'on croit que ce sont des coïncidences mais ce n'en sont pas, des coïncidences... ?
- Du fait que depuis que Trump est de retour à la Maison-Blanche, il semble que Poutine se sente plus en confiance dans ses efforts pour faire de l’Ukraine une annexe de la Russie ? 
- D'un « mal mystérieux » qui s'est emparé du cinéaste Clairmont puis du professeur Sanders-Hardmuth ?

 

2.
« Du vin ?... Voyons, capitaine, voyons ! Vous ne parlez pas sérieusement !... Comment de l'eau pourrait-elle se changer en vin ? Cela est impossible. »
(Hergé, « Les 7 boules de cristal » [Tintin]) 

 

Le capitaine Haddock dit :
(le capitaine Haddock est un personnage de bande dessinée créé par le dessinateur Hergé)
Cela me ferait plaisir, dit-elle
Voilà c'est ici dit-il
Je vous remercie dit-elle
Et maintenant mon cher... alors elle sortit une hache
D'abord qu'est-ce qui nous prouve que c'est elle qui hein avec sa hache
(non il ne s'agit pas de Zut elle n'est pas toujours si assassine)
Ouvrez tout grands vos yeux
D'abord vous le voyez bien qu'il a été décapité
Qui le capitaine ? Quoi ? Qu'ouïs-je ? Le capitaine a été décapité ? Et douze moines eurent la tête coupée ? Oh !
Ah un autre monocle
Comment ça un autre monocle ? 
Seriez-vous atteint d'hallucination monoculaire ?
Tout de suite vous exagérez
Voilà vous exagérez
Il faut toujours que vous exagériez 
Et maintenant regardez
Très volontiers
Non mais regardez ! Qu'est-ce que vous avez comme ça à jeter vos yeux partout là qu'on ne sait même plus où est votre tête hein
Non mais vous exagérez
Voilà vous exagérez 
Il faut toujours que vous exagériez 
Remettez remettez donc cette tête sur vos épaules
C'est bien la vôtre au moins ?
Bon... Et maintenant regardez
Je commence par verser
Allons-y versez versez versez 
Ah c'est donc de l'eau pure dans ce verre
Voilà des visiteurs pour Monsieur Bergamotte
C'est bien une idée de bande dessinée d'appeler un personnage de bande dessinée Monsieur Bergamotte
Et pourquoi pas monsieur Violette ou monsieur Pamplemousse ou monsieur Krasnovtrumpoutine
Je dis bien : de l'eau pure
J'insiste bien sur ce point : de l'eau pure
Nous voudrions voir nous voudrions voir nous voudrions voir disent les yeux en chœur 
A présent faites bien attention
Monsieur Bergamotte, monsieur Bergamotte
faites bien attention 
Mais il n’existe pas monsieur Bergamotte
Le capitaine Haddock non plus
Ni Tintin ni Milou
Je commence à me dire que tout ça est très douteux
Bon vos papiers
Montrez moi vos papiers
Comment ça vous non plus vous n’existez pas
C'est bien ce que je pensais ce que je disais ce dont je me doutais vous exagérez
Vous exagérez n'est-ce pas que vous exagérez
Il faut toujours que vous exagériez 
Regardez
Voici un cylindre de carton, creux
Qu'allez-vous en faire ?
Vous qui n’existez pas
Dans ce monde qui n’existe plus
Où quelqu’un qui n’existe plus non plus
Lisait les albums des aventures de Tintin et Milou
Pendant que tout autre chose
Tout autre chose
Tout autre chose 
Tout autre chose
Tout autre chose.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 avril 2025

19 avril 2025

ZUT AU STEAK

ZUT AU STEAK

 

« Regardez venir les cyclopes
Les pipes s'envolaient
Mais envolez-vous-en
Regards impénitents
Et l’Europe l’Europe »
(Apollinaire, « Hyde Park »)

 

Regardez regardez mais qu'il y a-t-il tant à regarder ? Regardez
Venir et quoi donc qui vient ? Des volatiles ? Des voltigeurs ? Des voisins-voisines ou je ne sais quelles variations pour violonistes des environs  ?
Les cyclopes cyclothymiques de la fable des 
Cyclopes cyclothymiques ? 
Les pipes des papys et les chpeuz itou les chpeuz dites-vous oui les chpeuz et si les 
Pipes s’envolaient, c'est que c'était la foire et qu'il y avait d'la carabine ah c'est qu'elles
S’envolaient les pipes pan pan !

 

Mais moi je maugrée je marmonne et maronne et mouronne
Envolez-vous-en chiens noirs papillons noirs noirs croûtons envolez-
-vous-en car vous me vorouminez vous me dévorez le veuille et m'agacez les dents envolez-vous-
-en à Zanzibar, qui est un archipel de l'océan indien je dis ça juste pour le dire mais envolez-vous-en tout de même et tout de go illico presto envolez-vous-en
Regards grigonards regards dragonneux regards gouffres ô
Impénitents qui courez les cours, les corps, les creux.  

 

Et songeant à çui-là qui est loin de 
L’Europe, Zut se dit : Ah oui, oui oui oui,
L’Europe, c'est loin pour les zones féroces et férocement, Zut attaqua son steak-frites en pensant vaguement à de longs fleuves sans nom et aux  fauves rugissants. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 avril 2025.

20 avril 2025

POETE EN VOILA UN MOT

POETE EN VOILA UN MOT

 

« Poète sois joyeux tu sembles un linceul
Regarde-moi c'est moi je ne suis pas un songe »
(Apollinaire, « La ceinture » [la Muse])

 

Poète en voilà un mot qui suggère bien des prétentions ; je lui préfère le mot mozzarella. Poète donc,
Sois plussekecha et charivariant et puis
Joyeux comme Jocelyn et Jocelyne quand Jocelyn et Jocelyne sont joyeux  et comme la Joconde quand la Joconde est joyeuse (la nuit quand le Louvre est désert et que plus aucun glandu avec ses yeux de merlan sot ne vient lui reluquer le sourire). 

 

Tu es bien ennuyeux poète, machinerais-tu de la politique que tu
Sembles si soucieux comme un socialiste déçu surpris de s'être fait siffler si ! si ! Tu sembles 
Un zoutsot un zaliperdru un zèvre sans baie un 
Linceul, et n'aurais-tu donc plus de poches ?

 

Regarde-moi fit le miroir et il s'étonna de ce que le miroir avait une bouche et une langue.
Moi, qu'un miroir ait une bouche et une langue ou n'en ait pas,
C'est que je m'en mire le coreil le corail le coril vu que ça ne change rien à mes pâtes au jambon oh à
Moi que voulez-vous que ça me fasse, cette bouche façon miroir du Cheshire  ?

 

Je joncasse, n'ai ni jonque ni joncaille (oh j'en suis joliment loin) et donc je jonchonne. Cependant, je
Ne joue pas à jonque-spectre et ne hulule ni dans les houillères ni dans les couloirs. Je ne
Suis point si soliloque, si bilboquet, si corne-clochu, si quasimourdreux et
Pas poète pas papou à poux ou papou pas à poux pas papa mais pipeau tout à fait  
Un bon pipeau de chez Pipoland, en bois de
Songe et Zut ramena de la mozzarella, ce qui fait qu'on se régala. 

 

Patrice Houzeau 
Malo, le 20 avril 2025.

21 avril 2025

DE L'INTERET D'UN ROMAN DE PHILIP KERR

DE L'INTERET D'UN ROMAN DE PHILIP KERR

 

1.
« Un mensonge peut parfois servir à faire éclater la vérité, bien que ça puisse être dur. Mais personne n'a jamais dit que le monde était parfait. »
(Philip Kerr trad. Laurence Kiefé, « Chambres froides » [le narrateur])

 

- Pensez-vous (attention à l'usage que vous faites de votre cerveau) que, même au bénéfice du doute, l'on puisse servir des salades à un mensonge ?
- Quand la vérité finit par éclater, se blesse-t-on forcément en ramassant les morceaux ?  
- La Vérité a-t-elle été souvent condamnée pour attentat à la pudeur ?

 

2.
(Si ce pays occupe une quelconque première place sur cette planète, c'est sûrement dans la production d'abréviations et d'acronymes;)
(Philip Kerr trad. Laurence Kiefé, « Chambres froides » [le narrateur])

 

Quel pays est ici évoqué par le narrateur : 
- L'URSS ?
- La Poutinie ? 
- L'Administratie Centrale ?

 

3.
« - Grouchko n'est pas le seul flic qui puisse citer de la poésie. »
(Philip Kerr, « Chambres froides » [le narrateur])

 

Cette citation signifie-t-elle :
- qu'il y a plus de gens que l'on croit qui sont capables de citer de la poésie, surtout dans les romans ?
- que Grouchko est marxchiste ?
- que, comme me le dit mon balai-brosse, Donald Trump, aka Krasnov, finira en prison, ou alors, c'est qu'il y a  quand même quelque chose de pourri dans la plus grande démocratie du monde ?

 

4.
« L'enquêteur ne peut se mettre au travail que lorsqu'un inspecteur a déclaré en bonne et due forme qu'un crime a été commis et qu'en conséquence, un homme doit être arrêté. »
(Philip Kerr, « Chambres froides » [le narrateur])

 

Trouvez-vous cette phrase :
- intéressante même si vous ne lisez jamais de romans policiers, que les romans policiers vous donnent de l’urticaire, la nausée et le hoquet, vous dégoûtent, vous ennuient, vous donnent envie d'apprendre la trompette ?
- Inintéressante parce que vous ne consultez que deux types de livres : les traités de philosophie et les recueils de recettes de cuisine ?
- Toujours à la même place, au début du chapitre 10 du roman « Chambres froides », de Philip Kerr, Editions du Masque, 2022.

 

5.
Pensez-vous que l'intérêt du roman « Chambres froides », de Philip Kerr est :

 

- que c'est un roman policier efficace et intelligent ?
- qu'il illustre le proverbe selon lequel le point de vue du clou n'est pas le  point de vue du marteau ?
- qu'il évoque la crise économique permanente, la corruption omniprésente et l'insécurité de la société russe du début des années 90, alors que Boris Eltsine est à la tête de la Communauté des Etats Indépendants (CEI), crise économique, corruption et insécurité qui favorisèrent l'ascension de Poutine aussi bien que la crise, la corruption et l'insécurité du début des années 30 favorisèrent l'ascension de Hitler en Allemagne ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2025

21 avril 2025

EN PLUS QU'ON A DES JAMBES

EN PLUS QU'ON A DES JAMBES

 

« La mère – ne sait pas où donner de la tête (« Seine Mutter, die zwischen Büffet und Kinderbett hin und her läuft » - l. 15-16).
(Corrigés bac 99, allemand lv1 – lv2, les sujets Nathan)

 

La mère, c'est celle qui « ferme le livre du devoir » dans un poème de Rimbaud (j'écris ça parce que j'y pense). La
Mère, ici, elle « ne sait pas où donner de la tête ». Remarquez qu'elle
Ne gnognotte ni gnignitte pas pour autant, ni ne grogne en se laissant pousser les dents ; elle ne
Sait pas tout simplement, et s'agite et circule, et gigote et remue, car elle ne sait
Pas où donner de la tête et quand on ne sait pas où donner de la tête,
Où qu'on va dis où qu'on va donc, qu'on s'en va
Donner des coups d’œil partout où qu'on doit, et à jeter
De l’œil ainsi, faut gaffer de ne pas en perdre un, d’œil, de ne pas se paumer
La mirette sous le buffet, ou le lit, surtout lorsque le texte est en allemand, tiré d'un sujet de baccalauréat dont le texte support est intitulé : « Daniel, der Partyverderber », « Nach Barbara Noack » même que c'est indiqué, écrit dedans que « Seine Mutter, die zwischen Büffet und Kinderbett hin und her läuft » ah la la, c'est qu'il en faut, dis, de la
Tête en plus qu'on a des jambes. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2025

15 avril 2025

KRASNOV DEFIE LA CHINE (OU FAIT SEMBLANT)

KRASNOV DEFIE LA CHINE (OU FAIT SEMBLANT)

 

1.
9 avril 2025. 7 avril : Black Monday. 8 avril : reprise technique et effet d'aubaine. 9 avril 2025 : nouvelle tendance à la baisse. Les indices boursiers russes sont en rouge et le rouble s'effrite. Mais, à 18 heures 20 (heure de Paris), le Dow Jones est en hausse.
L’événement majeur étant la mise en place de droits de douane prohibitifs  par Trump (104%)  et par la Chine (84%) envers leurs produits respectifs. Inquiétant. 

 

2.
9 avril 2025 : Trump l'imprévisible. Les 90 jours de pause dans la hausse universelle des tarifs douaniers ne relevaient donc pas de la « fake news » ou bien c'est que cette rumeur l'a fait réfléchir. Et si son seul but, son objectif réel, était de défier la puissante Chine ? 

 

3.
9 avril 2025. Lorsque les cours se mirent à plonger le 7 avril 2025, Trump avait-il déjà en tête de suspendre pour 90 jours la hausse universelle des droits de douane ?
Est-ce que le 7 avril 2025, quelqu'un a-t-il parlé trop vite en annonçant sur les réseaux sociaux cette pause, provoquant un démenti ultra-rapide de la Maison-Blanche ?
Si la réponse à ces deux questions est « oui », alors c'est que Trump a laissé  le temps nécessaire à ses copains oligarques pour s'en mettre plein les fouilles avant de décider effectivement d'une pause « pour 90 jours », faisant alors repartir magiquement les cours à la hausse. 
Si les copains oligarques étaient dans la confidence de ce qui allait se passer, alors on appelle cela un « délit d'initié », et vue l'ampleur des sommes en jeu, c'est extrêmement grave, d'autant que dans ce tour de passe-passe boursier, bien des petits porteurs y ont certainement laissé des plumes...
Si le délit d'initié est avéré, peut-il donner lieu à une procédure d'impeachment ?
Si le délit d'initié est avéré, Trump veut-il gouverner à la Poutine, en se créant une cour de gens qui lui seraient redevables et donc plus ou moins à sa botte (et, surtout, dans quel but?)
Ou est-ce tout simplement que Trump ne sait pas ce qu'il fait et avance à l'aveuglette, improvisant au jour le jour ?

 

4.
9 avril 2025. On dirait du mauvais « James Bond ».
A quoi Trump et Poutine veulent-il en arriver ?
Poutine prépare-t-il sérieusement un conflit avec l'Europe ?
Trump prépare-t-il sérieusement un conflit avec la Chine ?
Trump et Poutine se sont-ils entendus sur ce point en secret ?
A quoi riment les agitations meurtrières de ces deux mégalomanes ?

 

5.
10 avril 2025. La voyez-vous arriver la minute nécessaire où l'illustre Trump déclarera que le « délit d'initié » est une invention des juges, des gauchistes, des wokistes et autres démocrates pour l'empêcher d'enrichir les Etats-Unis ?

 

6.
11 avril  2025: Certains analystes européens disent que l'UE devrait suivre l’exemple de Trump et augmenter significativement les droits d'entrée des produits chinois. Cela pourrait ressembler à un début d'affrontement violent entre la Triade et les BRICS.

 

7.
11 avril 2025. Trump, avec son protectionnisme agressif, donne-t-il une leçon magistrale d'économie à la Chine ou va-t-il se prendre un retour de bâton singulièrement douloureux ?

 

8.
La Chine annonce ce jour monter les droits de douane des produits américains à 125 %. Au jeu de qui a la plus grosse (puissance), qui va l'emporter : le tonitruant Trump ou le patient Xi Jinping ? A suivre parce que ça va vite et change tout le temps.

 

9.
11 avril 2025. Faire monter fortement les droits de douane des produits chinois aux USA et en Europe, moi, je veux bien, mais pourra-t-on se passer longtemps des produits bon marché de l'atelier du Monde, ça, je ne sais pas...

 

10.
11 avril 2025. Sur le site Boursorama, ces « dernières actualités », je cite :
« 16:44. Wall Street en baisse dans un marché volatil. REUTERS
16:03. Wall Street en hausse dans un contexte volatil. REUTERS »
Bref, la finance est dans l'incertitude en attendant de savoir ce qui va sortir de la bataille des tarifs douaniers menée par Trump contre la Chine.

 

11.
13 avril 2025. La négociation selon Trump consiste à aboyer très fort en menaçant de graves morsures si on tente de résister. A l'usage, on voit cependant que Trump est très prompt à envoyer le FBI chasser des migrants sans guère de défense mais que, face à Poutine et Xi Jinping, il ne va guère plus loin que des aboiements et qu'en fait, il craint le loup russe et le renard chinois.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 15 avril 2025

15 avril 2025

COMME UNE VACHE PEINTE LE DIMANCHE

COMME UNE VACHE PEINTE LE DIMANCHE

 

1.
« Nous avancions tranquillement sous les étoiles ;
La lune oblique errait autour du vaisseau clair,
Et l'étagement blanc des vergues et des voiles
Projetait sa grande ombre au large sur la mer. »
(Émile Verhaeren, « Le navire »)

 

- Toute errante ainsi, « oblique », « autour du vaisseau clair », la lune chercherait-elle un moyen de se glisser à l'intérieur des cervelles des marins afin de les rendre lunatiques ?
- Connaissez-vous le sens du mot « vergues » ou vous en fichez-vous comme la corne de brume se fiche du cocu ?
- Avoir une « grande ombre » est-il un avantage dans la vie de tous les jours ou alors est-ce que, défois, ses ailes de géant l'empêcheraient-il de marcher et qu'il n'y a plus de confiture ?

 

2.
« La froide pureté de la nuit embrasée
Scintillait dans l'espace et frissonnait sur l'eau ;
On voyait circuler la grande Ourse et Persée
Comme en des cirques d'ombre éclatante, là-haut. »
(Émile Verhaeren, « Le navire »)

 

- Pourquoi la grande Ourse et Persée circulent-elles ainsi ? Se chercheraient-elles dans le vaste infini des trucs qui n'en finissent pas ?
- Les cirques d'ombre emploient-ils des écuyères occultes ?
- Les gens sont-ils les frères des sœurs qu'ils n'ont pas ? 

 

3.
« Dans le mât d'artimon et le mât de misaine,
De l'arrière à l'avant où se dardaient les feux,
Des ordres, nets et continus comme des chaînes,
Se transmettaient soudain et se nouaient entre eux. »
(Émile Verhaeren, « Le navire »)

 

Possédez-vous de l'artimon ? Avez-vous de la misaine ? Vous souvenez-vous de ce titre de film « Êtes-vous fiancé à un marin grec ou à un pilote de ligne ? » et l'avez-vous vu, ou ne l'avez-vous pas, ou vous en fichez-vous comme l'écuyère occulte se fiche du déchiffreur d'oursins ? 

 

4.
« Chaque geste servait à quelque autre plus large
Et lui vouait l’instant de son utile ardeur,
Et la vague portant la carène et sa charge
Leur donnait pour support sa lucide splendeur. »
(Émile Verhaeren, « Le navire »)

 

- L'ardeur dont vous usez habituellement vous semble-t-elle utile ou avez-vous l'impression de perdre votre temps à pisser dans un violon égaré dans le désert ?
- Pensez-vous que l'on puisse lire ces vers désuets en ignorant le sens du mot « carène » ou ne ferait-on pas mieux de se faire des crêpes ? Pensez-vous parfois que Carine était bien jolie ?
- La splendeur peut-elle rester lucide ou est-elle vouée à rire sottement en se voyant si belle en ce miroir ?

 

5.
« La belle immensité exaltait la gabarre
Dont l'étrave marquait les flots d'un long chemin ;
L'homme, qui maintenait à contre-vent la barre,
Sentait vibrer tout le navire entre ses mains. »
(Émile Verhaeren, « Le navire »)

 

- Serait-il possible que ces vers désuets soient en fait la description d'une machine à remonter le temps (une « gabarre », c'est-à-dire une embarcation, naviguant sur les flots du temps comme un chat sur un piano et vibrant entre les mains du pilote parce que, défois, passer le temps, ça fait vibrer ; ça dépend de ce que l'on fait) ?
- Dès lors, Émile Verhaeren fut-il un initié ? Est-il mentionné sur une des fausses listes des membres du Prieuré de Sion ? Fut-il agité de la Saucerful of Secrets ? Collectionnait-il les photos des chanteuses lyriques que l'on trouvait dans les boîtes de chocolat Poulain ?
- A force d’exalter la gabarre, ne risque-t-on pas d'outre-cuider, voire de dérailler et de finir dans le fossé, ou contre un platane, bien que les platanes de mer soient rares en cette saison ?

 

6.
« Il tanguait sur l'effroi, la mort et les abîmes,
D'accord avec chaque astre et chaque volonté,
Et maîtrisant ainsi les forces unanimes,
Semblait dompter et s'asservir l'éternité. »
(Émile Verhaeren, « Le navire »)

 

- Ce navire du poème de Verhaeren, n'est-il pas étrange que l'on dirait qu'il va parler, ou vous chanter Ramona comme une vache peinte le dimanche ?
- Certains poètes du XIXème siècle arrivaient parfois à composer des vers désuets tout en évitant d'être totalement ridicules. Ils trombonnent souvent.
- Plutôt que les pompeux « Et maîtrisant ainsi les forces unanimes, / Semblait dompter et s'asservir l'éternité », auriez-vous préféré cette fin alternative :
« Et maîtrisant ainsi ses forces unanimes,
Il finit son potage et alla se coucher. ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 avril 2025

15 avril 2025

OU ALORS Y A UN TRUC

OU ALORS Y A UN TRUC

 

1.
« Voyons, oublions tout, la raison trop bornée
Et le cœur trop voyant, les arguments appris
Comme l'entraînement des souvenirs chéris,
Contemplons seul à seul, ce soir, la Destinée. »
(Jules Laforgue, « Les têtes de morts »)

 

- Cœur trop voyant ne protège pas du mal aux dents (proverbe dentaire). En outre, c'est assez dégoûtant, et même écœurant.
- A force de contempler « seul à seul » la Destinée, pensez-vous qu'agacée, elle puisse finir par vous flanquer une gifle ?
- Puisque nous évoquons la Destinée, pensez-vous que celle à la France soit :
a) soluble dans une future mais hypothétique Europe fédérale ?
b) insoluble car bien des carottes sont cuites et qu'ça va pas en s'arrangeant ah la la ?
c) qu'à force de tout oublier, on finit par oublier sa tête et dès lors la France foncera droit devant elle vers le premier mur venu avec de gros sabots ?

 

2.
« Cet ami, par exemple, est parti l'autre année ;
Il eût fait parler Dieu – sans ses poumons pourris.
Où vit-il, que fait-il au moment où j'écris ?
Oh ! le corps est partout, mais l'âme illuminée ? »
(Jules Laforgue, « Les têtes de morts »)

 

- Peut-on faire parler Dieu sans risquer d'être foudroyé, ou de passer pour un zôtre à ainsi se la trombonner, l’outrecuidance, et, dans le contexte, quel est le rapport avec le saumon ? 
- L'âme illuminée peut-elle servir de guirlande à Noël ?
- Vivons-nous pour faire passer le temps ?

 

3.
« L'âme, cet infini qu'ont lassé tous ses dieux,
Que n'assouvirait pas l'éternité des cieux,
Et qui pousse toujours son douloureux cantique ? »
(Jules Laforgue, « Les têtes de morts ») 

 

- L'âme est-elle un saumon, l'âme se tagliatelle-t-elle, se fourchette-t-elle, se remonte-t-elle le courant qui circule partout pour finir dans l’estomac de la Terre ? 
- Le chien a-t-il conscience de l'infini ? Le cerveau de Trump a-t-il conscience de l'infini ? Le krasnov a-t-il conscience du temps qui passe et qui le rapproche inéluctablement de la prison ?
- L 'âme pousse-t-elle des ouh ouh comme un fantôme de bande dessinée car quand je lis ce vers de Laforgue : « Et qui pousse toujours son douloureux cantique », je remarque l'assonance « ou », et pourtant les saumons ne poussent pas de ouh ouh, puisque les saumons ne sont pas les fantômes des rivières et c'est bon ça, les tagliatelles au saumon. 

 

4.
« C'est tout ! - Pourtant je songe à ces crânes qu’on voit,
Avez-vous médité, les os gelés de froid,
Sur ce ricanement sinistrement sceptique ? »
(Jules Laforgue, « Les têtes de morts ») 

 

- A mon avis, quand on se met à songer « à ces crânes qu’on voit », aux « os gelés de froid », et au « ricanement sceptique » des têtes de morts, il est à penser que l'on n'ait pas forcément envie d'un sandwich au pâté-cornichons avec une bière et qu'en pense Fernande ?
- La mort, y a rien de plus cartésien. Les têtes de morts, zont pas l'air de penser grand chose, c'est qu'il n'y a plus de vivant pour les agiter, ou alors y a un truc.
- J’aime bien les poèmes de Laforgue ; remarquez, j'aime aussi les pâtes au jambon. C'est surtout Zut qui apprécie les tagliatelles au saumon ; moi, voyez, les pâtes au jambon, ça me va très bien, ou alors un sandwich pâté-cornichons, avec une bière.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 15 avril 2025

13 avril 2025

LA SUSCITE AU GLAIVE NU

LA SUSCITE AU GLAIVE NU

 

1.
« Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change,
Le Poète suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! »
(Mallarmé, « Le tombeau d'Edgar Poe »)

 

- Avez-vous compris le sens du premier vers de cette strophe (« Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change ») et sinon, aimez-vous les frites dans un œuf battu ?
- Pensez-vous qu'au deuxième vers (« Le Poète suscite avec un glaive nu »), ce soit le « glaive » qui soit « nu » ? le « Poète » qui soit nu » ? le Roi qui soit « nu » ? le « suscite » qui soit « nu », et pensez-vous, dès lors, que le suscite porte le pantalon, le short, ou la robe du soir et s'appelle en fait la suscite ?
- Est-ce que les Siècles s'épouvantent si facilement, qu'à mon avis, ils en vont vu bien d'autres, et, à vue de pays, il semble qu'on n'a pas encore tout vu dans le genre à épouvanter.

 

2.
« Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu,
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange. »
(Mallarmé, « Le tombeau d'Edgar Poe »)

 

- Lisant cette strophe, vous dites-vous, comme moi, « Mais qu'est-ce qu'il raconte? » ou, dès le premier mot, y voyez-vous un rapport subtil avec les frites dans un œuf battu ?
- Pensez-vous réellement que les hydres n'ont pas autre chose à faire que d'écouter des anges agiter des mots comme si on les comprenait ? Et qui c'est-y qui va produire de l'électricité alors ?
- Le sortilège est-il une boisson ? Je me le demande. et si oui, est-ce un alcool fort ? Un cocktail ? Un truc avec du pastis, genre « feuille morte », qu'ça fait poétique ?

 

3.
« Du sol et de la nue hostiles, ô grief !
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne, »
(Mallarmé, « Le tombeau d'Edgar Poe »)

 

- Si le « sol » des hommes et des vaches, et si la « nue » des destins et des jours sont « hostiles », que reste-il au Poète, sinon les pâtes, du jambon et du grief à gratiner ? 
- Si la tombe d'Edgar Poe est aussi « éblouissante » que Mallarmé l'écrit, est-ce que cela a un rapport avec quelque mystère façon OVNI, Prieuré de Sion (poil aux sourcillons), étrange destin de l'abbé Saunière (je revois en ce moment, chacun des épisodes de « L'Or du diable », la série télé de Jean-Louis Fournier avec Jean-François Balmer, Michel Aumont et Laura Favali (ça date de 1989 et c'est plein de second degré)  et qui c'est-y qu'a cassé le vase de Soissons ?
- Est-ce si vrai qu'en duel, Mallarmé, il n'avait aucune chance ?

 

4.
« Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur,
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur ! »
(Mallarmé, « Le tombeau d'Edgar Poe »)

 

- Serait-il que ce « calme bloc » (la tombe d'Edgar Poe) soit en fait un objet céleste, un bolide tombé des étoiles, une cosmique bizarrerie, un Phénomène Aérospatial Non identifié, un OVNI désastral ?
- Serait-il que la tombe d'Edgar Poe ait ce pouvoir d'arrêter les « noirs vols du Blasphème épars dans le futur » et, dans ce cas, quels sont les griefs que la tombe d'Edgar Poe nourrit voracement contre ce méconnu mais méritant groupe de hard rock à cheveux longs ? 
- Avez-vous vu le nouveau chapeau de Pinpin, paraît qu'il est en veau marin ?
Avez-vous vu le nouveau chapeau de Poutine, paraît qu'il est en peau d’Ukrainien ?
Avez-vous vu le nouveau chapeau de Trump, paraît qu'il est en peau d'lapin ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 avril 2025

12 avril 2025

EN BATTANT SES OEUFS 

EN BATTANT SES OEUFS 

 

1.
« Un couchant des cosmogonies !
Ah ! que la vie est quotidienne... 
Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie... »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Pensez-vous qu'un couchant c'est bien beau mais qu'on n'y prête guère attention ? Même que le couchant peut bien aller se coucher ; on le regarde à peine. On bat des œufs en regardant les informations.
- Pensez-vous qu'un couchant c'est très beau, même que ça rappelle les Cosmogonies ou vous fûtes l'été dernier avec le cousin Gaston et le téléphon qui son ?
- Pensez-vous que Trump se récite du Laforgue, ou il n'a pas le temps vu qu'il est occupé à apprendre le russe, défois qu'il serait curieusement obligé de s’exiler ?

 

2.
« On voudrait s'avouer des choses
Dont on s'étonnerait en route
Qui feraient, une fois pour toutes,
Qu'on s'entendrait à travers poses. »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Pensez-vous qu'il faut être dans un climat spécial, une ambiance très personnelle, une atmosphère périphérique pour « s'avouer des choses » ?
- Quand on s'étonne « en route », et surtout s'il fait nuit et qu'on est sorti sur le coup de 10 heures du matin, doit-on rebrousser chemin ? Invoquer le spectre de Wittgenstein ? Se méfier de ses yeux comme de ses ouïes, défois qu'il y aurait des murs dedans ?
- Pour s'entendre « à travers poses », faut-il des oreilles spéciales ?

 

3.
« On voudrait saigner le silence,
Secouer l’exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance. »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Les fêtes de Pâques, qui célèbrent la résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sont-elles propices à « saigner le silence », ou bien on attendra ?
- Peut-on « secouer l’exil des causeries » comme on secoue le cocotier, et que mettez-vous dans votre salade de fruits ?
- Quand « ces dames sont aigries », vaut-il mieux rentrer dans les ordres, rentrer au bistrot, s'engager dans la Légion, attendre que ça se passe en allant bricoler au jardin ?

 

4.
« Elles boudent là, l'air capable.
Et sous le ciel, plus d'un s’explique
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables. »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Le verbe « bouder », s'il signifie « faire du boudin », en quoi cela change-t-il le cours des choses, le cours de l'or, le cours de la rivière (il faut bien que la rivière prenne son cours quelque part), le cours des actions manipulé par le président Trump, lequel finira probablement en prison, ou en exil, ou dans son lit à baver comme un vulgaire dictateur russe atteint de sénilité ?
- Un « gâchis suresthétique » est-il plus enviable qu'un gâchis esthétique de première catégorie et y voyez-vous un rapport avec les pelles à tarte ?
- Êtes-vous d'accord pour affirmer que la phrase « Ces êtres-là sont adorables » est soit d'une grande naïveté, soit d'une ironie à ne pas mettre son sucre dehors, soit d'un sexisme archaïque à la Depardieu même pas bourré comme un gérard de troisième zone ?

 

5.
« Justement, une nous appelle,
Pour l'aider à chercher sa bague
Perdue (où ? dans ce terrain vague ?),
Un souvenir D'AMOUR, dit-elle !

 

Ces êtres-là sont adorables ! »
(Laforgue, « Complainte sur certains ennuis »)

 

- Si « justement, une nous appelle », est-on obligé de répondre que l'on arrive et de rappliquer, ou bien continue-t-on à battre ses œufs en chantant des chansons parce que chanter des tringles à rideaux, cela ferait curieux ?
- Les bagues perdues se retrouvent-elles jamais et les terrains vagues sont-ils toujours aussi vagues qu'ils en ont l'air ?
- Un « souvenir D'AMOUR », c'est quoi ? Une pâtisserie ? Une maladie sexuellement transmissible ? Un lieu commun ? Un tour de cochon ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 10 avril 2025.

23 décembre 2024

DE LA RECIPROQUE DE CE QUI EST FAIT N'EST PLUS A FAIRE

DE LA RECIPROQUE DE CE QUI EST FAIT N'EST PLUS A FAIRE

 

Ah tiens, on est le 23 décembre, faut que j'pense aux cadeaux que je ne ferai pas.

 

1.
« Et la hardiesse est une espèce de courage qui dispose l'âme à l’exécution des choses qui sont les plus dangereuses. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 171)

Le mot « hardiesse », cela fait longtemps que je ne l'ai plus entendu. Les Français ne parlent plus leur langue. J'écoute sur l'album « Il Faut Tourner l'Apache » du grand Sttellla (Jean-Luc Fonck) la comptine « Al canto del cucu », et cela me ravit.

 

2.
Selon Descartes, le remords est :
- le retour d'un mauvais cheval dans un mauvais cirque accompagné d'un crincrin ?
- « une espèce de tristesse qui vient du doute qu'on a qu'une chose qu'on fait ou qu'on a faite n'est pas bonne. » (« Les passions de l'âme », art.177)
- un divertissement morbide ?

 

3.
Ce que Descartes appelle « raillerie modeste » consiste à :
- reprendre « utilement les vices » pour monter meubles et bateaux ?
- reprendre « utilement les vices en les faisant paraître ridicules » (« Les passions de l'âme », art. 180)
- se divertir d'une manière morbide ?

 

4.
Descartes pense-t-il qu'il « n'est pas déshonnête de rire » (art.181) parce que :
- « il n'est pas déshonnête de rire lorsqu'on entend les railleries d'un autre ; même elles peuvent être telles que ce serait être chagrin de n'en rire pas. » ?
- «  il n'est pas déshonnête de rire lorsqu'on entend » les habituelles sornettes que débitent nos politiques et l'ensemble de leurs partis, lesquels sont si médiocres, prétentieux et arrogants qu'on se demande mais où elle va la France ?
- «  il n'est pas déshonnête de rire lorsqu'on entend » un sketch de Pierre Dac et de Francis Blanche, lesquels avaient bien du talent ?

 

5.
Descartes affirme que le mot latin « livor » qui, si je comprends bien, désigne la couleur bleuâtre des hématomes, était aussi employé pour désigner « l'envie » parce que :
- On dit que les femmes enceintes ont des envies défois qu'on dit qu'elles ont envie de fraises ?
- Les envieux « ont ordinairement le teint plombé, c'est-à-dire pâle, mêlé de jaune et de noir et comme de sang meurtri. » (« Les passions de l'âme », art. 184) ?
- « Je pense donc je suis » et donc je dis que je pense que je suis parce que j'ai envie de le dire, na ?
 

 

6.
« […] car les injures paraissent d'autant plus grandes que l'orgueil fait qu'on s'estime davantage ; [...] 
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 202)
Qu'est-ce que l'orgueil ?

 

- Un plat régional ?
- Le château qu'on dit que le Comte de Montorgueil s'est reclus en lui-même, pas content qu'il était ?
- Un amour exagéré de soi-même ?

 

7.
« Car on est quelquefois loué pour des choses qu'on ne croit point être bonnes, et blâmé pour celles qu'on croit être meilleures. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 204)
Cette phrase de Descartes donne-t-elle à penser que :

 

- Le jugement que les autres portent sur nous est parfois injuste ?
- Qu'on se trompe parfois sur la valeur de nos actions ?
- Vaut mieux pas tenir compte de l'opinion des autres ; on en est souvent pour ses frais ?

 

8.
« Enfin, la morale cartésienne, qui commande en même temps la prudence dans le choix des chemins à emprunter et la fermeté une fois qu'on en a choisi un, [...] »
(Benoît Timmermans, « Commentaires » des « Passions de l'âme », Livre de Poche n°4602)
Cette note de Timmermans nous donne-t-elle à penser :

 

- Qu'il faut bien réfléchir avant d'agir mais une fois qu'on est engagé, il faut tenir ses engagements ? (ceci dit, si on s'aperçoit qu'on s'a quand même gouré, quoi qu'on fait ?)
- Que Benoît Jacquot et Jacques Doillon, d'après ce que, ce 23 décembre 2024, j'entends sur France Inter qu'ils se font étriller les deux grotesques là, se sont se seraient ce sera-ce comportés comme de gros dégueulasses ?
- Qu'il y a une morale cartésienne, comme il y a aussi 8 milliards d'humains sur la Terre et même qu'elle est surpeuplée ?

 

9.
« Parce que ce qui est fait ne peut pas demeurer non fait étant donné qu'on le fait. »
(Descartes à Mesland, le 9 février 1645, cité par Benoît Timmermans)
De ceci, peut-on dire que :
- Ce qui est fait existe en soi et peut donc être jugé objectivement ?
- Que l'illusion fonctionne comme une machine très bien réglée ?
- Que les pâtes au jambon, c'est bon ?

 

10.
Après avoir parcouru « Les passions de l'âme », de Descartes, que pensez-vous que j'en pense :

 

- Rien, parce qu'en fait, je m'en fous ?
- Que c'est bien écrit et qu'il y a le mot « livor » dedans, ce qui m'amuse ?
- Que je suis bien trop sot pour comprendre ce livre que je n'ai pas lu en entier (et puis quoi encore) ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 23 décembre 2024.

22 décembre 2024

UNE TERRE PLATE DANS UNE TÊTE CREUSE

UNE TERRE PLATE DANS UNE TÊTE CREUSE

 

1.
« Ainsi la joie rend la couleur plus vive et plus vermeille, parce qu'en ouvrant les écluses du cœur elle fait que le sang coule plus vite en toutes les veines ; [...] »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.115)

 

« Les Écluses du cœur », roman marinier et sentimental. En décembre 2024, on parla d'un « mystère des drones » aux États-Unis. Des drones mystérieux ou bien le retour de la paranoïa façon « guerre froide » ? Zut n'en sait rien, s'en fiche, croque un cornichon.

 

2.
« Et la passion qui cause le plus ordinairement cet effet est l'amour ; jointe au désir d'une chose dont l'acquisition n'est pas imaginée comme possible pour le temps présent. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.120)

 

Attention à la fascination. J'ai regardé quelques épisodes de la série Zorro, avec Jean Dujardin dans le rôle de Don Diego de la Vega. Amusant. Don Diego jaloux de Zorro, il fallait l'imaginer. Quant au sergent Garcia, s'il est devenu plus philosophe, il n'en reste pas moins sot.

 

3.
« […] car on meurt lorsque le feu qui est dans le cœur s'éteint tout à fait [...] » 
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.122)

 

Et d'aller, très humainement, mourir de la poitrine en Suède. Le vieux singe et le vieux sage ont ceci de commun qu'ils font des grimaces, le vieux sage pour se moquer du vieux singe et le vieux singe pour se moquer du vieux sage.

 

4.
« Il faut donc entièrement rejeter l'opinion vulgaire qu'il y a hors de nous une fortune qui fait que les choses arrivent ou n'arrivent pas, selon son plaisir ; [...] »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.146)

 

Oui, et bien, moi, credo quia absurdum, car il est assez évident que l’existence humaine est aussi dépendante de l'absurde qu'un poisson l'est de l'eau. Et « qui vauroit bons vers oïr » n'a qu'à lire « Aucassin et Nicolette ».

 

5.
« […] c'est que notre bien et notre mal dépendent principalement des émotions intérieures qui ne sont excitées en l'âme que par l'âme même ; en quoi elles diffèrent de ces passions, qui dépendent toujours de quelque mouvement des esprits. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.147)

 

Des « émotions » de l'âme par l'âme. Quant aux passions, quelle biochimie. L'attentat à la voiture-bélier de Magdebourg du 20 décembre 2024 a fait 5 morts et 200 blessés. L'auteur de cette barbarie est un psychiatre saoudien qui vivait depuis des années en Allemagne. Cinglé ? Pas cinglé ? Va savoir. Taré en tout cas.

 

6.
« […] il est certain que, pourvu que notre âme ait toujours de quoi se contenter en son intérieur, tous les troubles qui viennent d'ailleurs n'ont aucun pouvoir de lui nuire, [...] »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.148)

 

L'âme-citadelle. Ne pas mettre toutes ses passions dans le même bocal, ça fait des cornichons, voire des fièvres.
Bien des élèves de 2024 n'apprennent plus ; ils se souviennent vaguement.
L'humain est une machine si bien faite qu'on dirait pas hein qu'elle déconne, la gazinière.

 

7.
« […] il est certain néanmoins que la bonne institution sert beaucoup pour corriger les défauts de la naissance [...] »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.161)

 

Par « institution », si l'on comprend « éducation », on en serait à l'éducation du bon usage de l'âme, et de savoir comment être maître de soi comme de l'univers. Pour ce qui est du cabillaud, c'est de la morue. J'aime bien moi, le cabillaud. Quant aux morues, celles qui bossent pour des maquereaux, elles apprécient les pigeons. 

 

8.
« La vénération ou le respect est une inclination de l'âme non seulement à estimer l'objet qu'elle révère, mais aussi à se soumettre à lui avec quelque crainte, pour tâcher de se le rendre favorable. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.162)

 

Nous voilà renseignés sur la vénération de Dieu et de ses complices terrestres. Pour moi, je ne vénère guère le hareng saur qui pendouille au bout de sa ficelle, ni le Grand Spaghetti Volant, mais je les tiens en haute estime pour ce qu'ils ne me disent quoi penser et ne m'obligent à obéir à des dogmes aussi absurdes qu'une Terre plate dans une tête creuse.

 

9.
[…] et ce désespoir, représentant la chose comme impossible, éteint entièrement le désir, lequel ne se porte qu’aux choses possibles. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.166)

 

C'est donc parce que l'individu se rend compte qu'il a espéré en vain qu'il tombe dans le désespoir, ce qui peut l'amener à commettre des actes désespérés, jusqu'à vouloir supprimer physiquement l'objet même de son désir. C'est qu'il faut savoir rester petit, et n'espérer que ce que l'on peut atteindre. Je n'espère pas Zut, je la crée, et c'est pour cela qu'elle n’existe pas.

 

10.
« l'irrésolution est aussi une espèce de crainte qui, retenant l'âme comme en balance entre plusieurs actions qu'elle peut faire, est cause qu'elle n'en exécute aucune, [...] »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art.170)

 

L'âme retenue. C'est que nous agitons parfois fort mal nos propres ficelles. On a tort de se mettre en colère à cause des cruautés du monde. Moquons-nous, croquons des cornichons, lisons des Agatha Christie, écoutons du jazz et ne faisons jamais confiance en aucun politique.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 décembre 2024.

9 avril 2025

7 AVRIL 2025 BLACK MONDAY (SUITE)

7 AVRIL 2025 BLACK MONDAY (SUITE)

 

1.
Trump ne sera pas prix Nobel de la Paix : pour l'instant, Poutine, faute de pouvoir remporter une bataillé décisive, continue à massacrer les civils ukrainiens. 
Trump ne sera pas prix Nobel de l’Économie: le 7 avril 2025 pourrait être le 1er jour d'un krach mondial initié par son célèbre génie des affaires, lequel, - ô paradoxe -, pourrait achever de ruiner la Russie.
Par contre, je me demande combien d'années de prison Trump finira par prendre, une fois que ses alliés d'hier l'auront lâché.

 

2.
Je continue à utiliser le hashtag krasnov quand je poste sur l'illustre Trump. Je ne crois pas une seconde que Trump ait été recruté par le KGB mais il est quand même pour moi un krasnov, un outil des Russes, un plus ou moins compromis, un débiteur de Poutine.  

 

3.
Marine Le Pen ne sera pas présidente de la république en 2027. Peut-être en est-elle soulagée ?
Bardella le sera-t-il à sa place ? Pas sûr non plus. En admettant que certains cadres du RN ne sabotent pas sa candidature, tiendra-t-il le choc ? Et le veut-il vraiment ?
Mélenchon aura tout fait pour ne pas être élu. D'ailleurs, va-t-il se représenter ?
Aux présidentielles 2027, aurons-nous le choix entre on ne sait qui et un candidat soit du centre-droit, soit des LR ?

 

4.
7 avril 2025. Trump panique devant les conséquences de ses géniales décisions.
Poutine n'arrive toujours pas à percer en Ukraine.
« Mais c'est quoi ce bordel ? », qu'il doit se dire, Xi Jinping.

 

5.
7 avril 2025 : Si Wall Street ne se redresse pas très vite, on peut s'attendre à ce que Trump  fasse un virage à 180° et annonce une pause dans la mise en place des tarifs douaniers. Disons que ça ne m'étonnerait pas. Il passera pour un zozo, mais il en a l'habitude.

 

6.
7 avril 2025 : Les marchés réagissant mal, selon plusieurs sources, Trump réfléchirait à une pause de 90 jours dans la mise en place de ses tarifs douaniers. Le Donald se serait-il fait engueuler en russe ?
Dernière minute, la « pause de 90 jours » serait, selon la Maison-Blanche elle-même, de la « fake news ». Bon, bin, la débandade des marchés va sans doute reprendre, et hop le toboggan, le krach boum uh et la faillite d'un paquet de petites et moyennes entreprises.

 

7.
Elon Musk, ces jours-ci, lorsqu'il consulte X, m'étonnerait pas qu'il se dise qu'il n'avait pas pensé que ça tournerait comme ça, le retour de Trump à la Maison-Blanche.

 

8.
7 avril 2025. Que cherche Trump ? A déclencher un conflit avec la Chine ?  Serait-il cinglé à ce point là ? 

 

9.
La principale victime des menées de Trump sera l'Afrique : le ralentissement de l'économie mondiale fera baisser les cours des matières premières et les USA ne compenseront pas les pertes subies par les Etats. Au contraire, ils en profiteront pour se fournir à bon compte.
La crise de surproduction menace. Et donc la hausse du chômage, en Europe comme aux Etats-Unis. La baisse annoncée du prix des carburants n'est qu'un leurre. D'autant que les Etats interventionnistes limiteront cette baisse du prix des carburants pour, via des taxes, tenter de pallier la hausse du nombre de demandeurs d'emplois.
Pour ce qui est de la Russie, dont l'économie est en souffrance à cause de la stupide guerre de Poutine en Ukraine, les menées de Trump auront des conséquences désastreuses sur ses exportations de pétrole et de gaz.
Trump est tout sauf un libéral. Il n'est même pas un ultra-libéral. Il n'est qu'un conservateur dont les connaissances en économie ne semblent pas avoir dépassé les pratiques du XIXème siècle. 
Bref, le monde entier, pays de la Triade comme pays des BRICS, regarde Trump et se dit : « Mais qu'est-ce qu'il fout, ce con ? »

 

10.
Qui arrêtera Trump dans sa sénilité hyperactive ? La Constitution américaine ? Les juges ? Le peuple ? Le Parti Républicain ? La finance ? Les GAFAM ? La CIA ? Le FBI ? Poutine ? La Chine ? Les réalités économiques ? En attendant, Krasnov fait des dégâts. Partout.

 

11.
7 avril 2025. 21 heures (heure de Paris) : En attendant les résultats des négociations de Trump avec le monde entier, Wall Street et les cryptomonnaies résistent et tentent même de remonter un peu. Ça risque de ne pas durer. Tout dépend de Trump et c'est inquiétant.

 

12.
7 avril 2025. Quand Elon Musk en aura marre de perdre de l'argent et de passer pour un idiot, je suppose qu'il enverra Trump, le MAGA et le très trouble Vance balader. A penser qu'il ne sera pas le seul.

 

13.
7 avril 2025. Tout de même étrange que Marine Le Pen et le RN aient fraudé à une telle hauteur sans penser que, tôt ou tard, ils finiraient devant les tribunaux... Sont-ils si naïfs ? Personnellement, je persiste à penser que Marine Le Pen a toujours tout fait pour ne surtout pas être en mesure de remporter les élections présidentielles. Son père faisait de même. FN comme RN sont des entreprises commerciales ; rien d'autre.
Et probablement LFI aussi.

 

14.
Que l'on apprécie ou pas le président Macron (et je l'ai souvent critiqué), il est que dans ce monde incertain livré aux appétits morbides des Trump, Poutine et autres Pères Ubu, il apparaît comme une des voix de la raison et de la démocratie, eh oui.

 

15.
7 janvier 2025. Bientôt, si Trump continue dans ses élucubrations économiques, le seul allié des USA sera Israël. Et encore, à condition de ne pas pousser le bouchon trop loin sur les tarifs douaniers.

 

16.
Trump et Poutine : deux mammouths haineux. Une fois que ces deux persistances des temps anciens auront été neutralisées, on peut penser que le 21ème siècle pourra réellement commencer.

 

17.
L’extrême-droite et l’extrême-gauche comme business-plans, à mon avis, c'est rentable, comme le montrent les exemples du clan Le Pen et de Mélenchon. Après tout, que fut-il, le PS, pour beaucoup d'élus locaux, de députés et même de ministres, sinon un plan de carrière ?

 

18.
J'ai l'impression qu'il y a plus de sincérité dans l'industrie du rock et de la pop que dans le monde politique. C'est vous dire si je ne me fais guère d'illusions.

 

19.
Que Poutine ait perdu sa sale guerre en Ukraine est une évidence. Ses troupes ne progressent plus et le Donbass est devenu un hachoir à viande autant pour les soldats russes que pour les soldats ukrainiens. Poutine se venge en massacrant des civils et, ce faisant, continue à ruiner l'économie de la Russie. Il a sans doute cru un instant compter sur l'appui de son débiteur Trump, lequel est maintenant sénile et fait strictement n'importe quoi, ce qui n'arrange pas les affaires de la mafia russe.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 avril 2025.

25 décembre 2024

L’ARGUMENT DE LA METAPHORE

L’ARGUMENT DE LA METAPHORE

 

1.
« Il n'est pas trop tôt qu'on commence à se garer
A comprendre que le phénix
Est fait d'éphémères »
(André Breton, « Les États Généraux »)
Qu'est-ce qu'ça dit ?

 

- Qu'il faut bien se garer sinon on a des soucis ?
- Que le Temps est une succession d'instants abolis ?
- Que l'Univers étant en expansion vers l'infini, le Temps s'accélère qu'à un point « T moins », si ça se trouve, il va se retrouver négatif, le Temps ?

 

2.
« Une étoile rien qu'une étoile perdue dans la fourrure de la nuit »
(André Breton, « Les États Généraux »)
Qu'est-ce donc que cette étoile ?
 

 

- L’œil du Félin cosmique qui préside à nos secrètes destinées (-vous dans votre chambre ce soir) ?
- Un détail dans un dessin oublié dans une chambre perdue dans l'espace ?
- L'argument de la métaphore ?

 

3.
« Les seins jaillissent de la robe de merveilleuse à très haute taille et c'est le parler du Directoire qui s'attarde à rouler quelques pierres africaines pour composer le philtre de non-défense voluptueuse du balbutiement créole. »
(André Breton, « Le brise-lames »)
Cette phrase d’André Breton évoque-t-il :

 

- La Martinique sous le Directoire (1795-1799) ?
- La Martinique vue par les « Merveilleuses » et les « Incroyables » du Directoire qui faisaient les zazous en attendant que Bonaparte (mais prêt à tout) vienne sabrer et légiférer ?
- Un tableau qu'on comprend jusqu'à la forme « s'attarde », puis un peu moins jusqu'à l'adjectif « africaines », et plus du tout ensuite ?

 

4.
25.12.2024.
La république française une et indivisible. Ouais, bin avec Macron, c’est de moins en moins sûr.

 

5.
« L’une d’elles [les belles enseignes romantiques] un moment me tient sous le charme pervers des tableaux de l’époque négativiste de René Magritte. »
(André Breton, « L’inscription bi-ailée »)
Que penser de cette référence ?

 

-    Qu’à contempler les tableaux de René Magritte, on finit défois par tomber dedans ?
-    Qu’il y a quelque chose , dans la peinture de René Magritte,  de la ligne claire et du design de la modernité fonctionnelle ?
-    Qu’il faut faire attention au tangorille car le temps passe, mais le gorille y est euh…tout ce qui reste (on avait faim, on a quasi tout bouffé) ?

 

6.
« Ailleurs, à l’échelle des saveurs, les étranges fruits éveillent toutes les surprises – auxquelles se mêlent savamment quelques déceptions – de l’inéprouvé. »
(André Breton, « La providence tourne »)
Le poète visite un marché exotique. Que dit-il ?

 

- Que les « fruits » y sont « étranges », que si c’est pour aller loin, bien loin, pour trouver des pommes, des poires et des disques de Sacha Distel, c’est peut-être pas la peine ?
- Qu’on est parfois surpris par ce que l’on connaît pas, et même parfois déçu, mais que tout de même le corossol (à la « chair de sorbet neigeux », je cite André Breton) ou le caïmite (à « chaîne de pépins  noirs », je cite André Breton), c’est quelque chose ?
- Je ne sais pas parce que, en même temps que j’écris mes sottises, je regarde en replay sur Arte le « Rock and Roll Circus des Rolling Stones » et que je songe tout à coup qu’il me fait penser à quelque maman (si si, regardez bien), le Mick Jagger, quand il chanta alors (en 1968) : « You can’t always get what you want, honey » ?

 

7.
« Puis les cloches de l’école essaiment aux quatre coins les petites Chabines rieuses, souvent plus claires de cheveux que de teint. »
(André Breton, « Pour Madame Suzanne Césaire »)
Que penser de l’emploi du terme « Chabines » dans ce poème en prose d’André Breton tiré du cycle « Des Epingles tremblantes » et composé en 1941 ?

 

-    Que André Breton ne pouvait alors se douter que le terme « chabin, chabine » (désignant dans les Antilles des métis aux cheveux clairs, attestant ainsi une ascendance européenne) serait plus tard (et encore plus en notre époque de débats à n’en plus finir) considéré comme méprisant, voire raciste ?
-    Que André Breton savait que le terme « chabin, chabine » désignait littéralement l’hybride entre un ovin et un caprin « provenant d’une saillie d’une chèvre par un bélier » nous dit Internet, et qu’il a maintenu le terme soit par provocation, soit par volonté de témoigner (mais est-on sûr en métropole de cette définition, à savoir qui l’a proposée et si elle correspond à la réalité linguistiques des Antilles) ?
-    En tout cas, moi, j’en pense rien du tout, parce que personnellement, je ne connaissais pas le terme « chabin, chabine » avant de jeter un œil sur ce poème de André Breton, et qu’au moment où j’écris ces lignes, j’écoute les Doors chanter « Moonlight Drive » (« Let’s swim to the moon… ») tandis que le nouveau premier ministre à la France, François Bayrou qu’il s’appelle, fait ce qu’il peut pour essayer de tenir avant les très probables législatives anticipées de 2025 (ah bin oui) ? 

 

 

8.
Dans « Porteuse sans fardeau », dans quel but André Breton cite-t-il ces deux vers de Baudelaire :
« Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu’elle danse, » ?

 

-    Pour évoquer un tableau surréaliste d’une exposition surréaliste avec des danseuses aux vêtements ondoyants et nacrés dedans ?
-    Pour évoquer « portées par le même rythme, des jeunes filles de couleur [qui] passent souvent seules » et dont le « maintien est le même et n’appartient qu’à elles » ?
-    Parce que, tant qu’à faire, citer Baudelaire, ça fait toujours bien quand on écrit des poèmes ?

 

9.
« La Jambette, Favorite, Trou-au-Chat, Pointe La Rose, Sémaphore de la Démarche, Pointe du Diable, Brin d’Amour, Passe du Sans-Souci, Piton Crève-Cœur, Île du Loup-Garou,… » 
Cette énumération toponymique constitue-t-elle :

 

-    Le début du corps du poème « La Carte de l’île », de André Breton ?
-    La liste d’un certain nombre de lieux-dits de la Martinique ?
-    Le répertoire d’un groupe de jazz antillais ?
-    Les surnoms plus ou moins bienveillants que l’on donne en France aux actuels ministres de l’actuel gouvernement Bayrou ?

 

10. 
« Ici les fontaines Wallace étourdies de lianes prennent un aspect mythologique
Pour la beauté rien qu’à sa marche la reine passe sur l’autre bord »
(André Breton, « Anciennement rue de la Liberté »)
Ces deux vers prouvent-ils :

 

-    Que André Breton fut un poète aussi méritoire que Saint-John Perse et Aimé Césaire ?
-    Que les poèmes de André Breton restent méconnus alors qu’on entend des tas de zozos sur France Inter se proclamer « poètes » parce qu’ils balancent des sottises pleurnichardes sur un rythme dit « rap » ou je ne sais quel tsoin-tsoin à faire baver les veaux ?
-    Qu’on en trouve donc un peu partout, des fontaines Wallace, lesquelles sont des points d’eau potable dont l’installation fut financée, au XIXème siècle par le philanthrope Sir Richard Wallace ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 décembre 2024 

 

21 décembre 2024

CET ART DÉRAISONNÉ D'AVOIR OU NON RAISON  

CET ART DÉRAISONNÉ D'AVOIR OU NON RAISON  

 

1.
« Il est vrai qu'il y a fort peu d'hommes si faibles et irrésolus qu'ils ne veulent rien que ce que leur passion leur dicte. La plupart ont des jugements déterminés, suivant lesquels ils règlent une partie de leurs actions. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 49)

 

L'intérêt personnel et la fidélité aux principes empêchent-ils les passions de posséder entièrement les esprits ? Le monde est-il plus raisonnable que l'on croit ? Cela m'étonnerait. Les passions sont masquées et prédatrices.

 

2.
« […] et que ceux même qui ont les plus faibles âmes pourraient acquérir un empire très absolu sur toutes leurs passions, si on employait assez d'industrie à les dresser et à les conduire. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 50)

 

Du principe de l'éducabilité de chacun. C'est bien joli, mais l'histoire nous apprend que ça ne marche pas vraiment. Et après tant de pédagogisme et de bienveillance, les Français de ce début du 21ème siècle voient chaque semaine leurs adolescents s'entre-tuer.

 

3.
« Il y a seulement cette différence que la joie qui vient du bien est sérieuse ; au lieu que celle qui vient du mal est accompagnée de ris et de moquerie. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 62)

 

Caricature, satire, dérision sont l’expression de cette méchante joie d'avoir raison contre ce qui nous apparaît comme faux, stupide, tyrannique, inique. Le talent du satiriste, du caricaturiste, du pamphlétaire tend à légitimer cet art déraisonné d'avoir ou non raison. 

 

4.
« L'amour est une émotion de l'âme causée par le mouvement des esprits, qui l'incite à se joindre de volonté aux objets qui paraissent lui être convenables. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 79)

 

Que l'amour relève de la volonté semble étonnant. C'est sans doute qu'il faut distinguer l'amour, qui est raisonné, de la fascination qui puisse sa force dans l'irrationnel. « Ce n'est pas le sandwich qui mangera Zut » est une phrase à la forme négative et au futur de l'indicatif.

 

5.
« La tristesse est une langueur désagréable en laquelle consiste l'incommodité que l'âme reçoit du mal, ou du défaut que les impressions du cerveau lui représentent comme lui appartenant. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 92)

 

La tristesse, comme la joie, engage l'être. On n'est jamais triste que par ce qui dans le réel nous affecte. Je ne sais pas qui est Caroline Polachek. Caroline Polachek est brune, mince, et fait de la pop. Il y en a beaucoup des brunes minces qui font de la pop.

 

6.
Ne pas oublier que Dijon est la capitale de la région Bourgogne-Franche-Comté. Penser à la moutarde. Penser à la moutarde. Penser à la moutarde.  Penser à la moutarde. Penser à la moutarde. Parfois, les choses se répètent.

 

7.
« […] lorsque ces passions ne sont causées que par les étranges aventures qu'on voit représenter sur un théâtre, ou par d'autres pareils sujets, qui, ne pouvant nous nuire en aucune façon, semblent chatouiller notre âme en la touchant. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 94)

 

Le théâtre chatouille l'âme. Le narratif chatouille l'âme. C'est la force des histoires bien racontées que d'émouvoir. La pop culture est un moyen de gagner sa vie. Je me demande si ce soir je vais continuer à sottiser ou regarder un film.

 

8.
« […] et qu'on sent comme des liens autour du cœur, qui le serrent, et des glaçons qui le gèlent [...] »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 100)

 

Parmi les manifestations de la tristesse que Descartes évoque dans « Les passions de l'âme », il y a ces « liens autour du cœur, qui le serrent, et des glaçons qui le gèlent », qui me rappellent cet étrange et triste état alors que je m'étais laissé aller à me fasciner.

 

9.
« […] lorsque l'entendement se représente quelque objet d'amour, l'impression que cette pensée fait dans le cerveau conduit les esprits animaux, par les nerfs de la sixième paire, vers les muscles qui sont autour des intestins et de l'estomac, [...] » 
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 102)

 

Physiologie de l'amour. Lier sentiment amoureux, intestins et estomac, audacieux quand même. Amusant. Il y a une photo de Caroline Polachek à la page 62 du magazine « Les Inrockuptibles » n°17 de février 2023. Elle tient une grappe de raisin. Elle a un grain de raisin entre ses dents. Je ne sais pas s'il existe un rapport particulier entre Caroline Polachek et le raisin. 

 

10.
« Il n'y a aucune passion que quelque particulière action des yeux ne déclare : et cela est si manifeste en quelques-unes, que même les valets les plus stupides peuvent remarquer à l’œil de leur maître s'il est fâché contre eux ou s'il ne l'est pas. »
(Descartes, « Les passions de l'âme », art. 113)

 

Les yeux révèlent l'humain. C'est sans doute parce que je reconnais ma propre humanité dans les yeux de l'autre que je sais que les autres existent et ne sont pas des illusions. Je me demande si quelque jour, nous douterons si nous sommes des Intelligences Artificielles, ou si nous sommes humains.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 décembre 2024.

 

24 décembre 2024

DE L'ÊTRE QUI CHERCHE A CELUI QUI N'EN SAIT PAS PLUS

DE L'ÊTRE QUI CHERCHE A CELUI QUI N'EN SAIT PAS PLUS

 

1.
« […] l'homme que nous côtoyons ne se donne plus guère à tâche que de flotter. »
(André Breton, « Signe ascendant »)
Que penser de ce constat rédigé par Breton le 30 décembre 1947 ?

 

- Que André Breton, en quelques mots, se définit lui-même ?
- Que André Breton évoque ainsi le bipède perspicace de l'après bombe atomique, voué à flotter entre les conflits qui ensanglantent la planète pour le plus grand profit des marchands de canons et des politiques qu'engraisse le commerce des armes ?
- Que André Breton a anticipé le rock progressif et ses flotteries électriques ?

 

2.
« J'arrive en épervier et je sors en phénix »
(« Paroles de la 3ème âme, Égypte », cité par André Breton dans « Signe ascendant »)
Cette citation du « Livre des morts des anciens Égyptiens » évoque-t-elle : 

 

- L'épervier d'Horus, le dieu faucon et protecteur des pharaons, et aussi le Bénou, l'oiseau-âme, le phénix, associé à Osiris (ou pas d'ailleurs car je sais pas) ?
- La métamorphose de l'être qui cherche en l'être qui sait qu'il a perdu son temps ?
- Un vers qui ne veut pas dire plus que cela dans une chanson de Blue Öyster Cult qui ne signifie pas plus que cela non plus, mais il y a de la guitare électrique dedans et « Buck's Boogie », c'est un bon morceau ?

 

3.
« Je vis des esprits rassemblés ; ils avaient des chapeaux sur la tête. »
(Swedenborg cité par André Breton dans « Signe ascendant »)
Que penser de cette citation :

 

- Que pour porter le chapeau, il faut une tête ?
- Que les bipèdes perspicaces sont avant tout des esprits dotés de corps ?
- Que Swedenborg (1688-1772) admirait la peinture de Magritte (1898 - 1967) ?

 

4.
« Dans le salon de madame des Ricochets
Le thé de lune est servi dans des œufs d'engoulevent »
(André Breton, « Monde »)
Que déduire de ces deux vers :

 

- Que le « thé de lune » se gobe comme on gobe un œuf ou le mensonge habituel d'un politique quelconque ?
- Qu'il en connaissait des drôles d’oiseaux, le poète, dis ? 
- Qu'ils n'ont rien à voir avec ces vers de la chanson « Blackbird » de Paul McCartney :
« Blackbird singing in the end of night
Take these broken wings and learn to fly
All yout life, you were only waiting for this moment to arise »

 

5.
« Le service est fait par des sphinges
Qui se couvrent les yeux de linges »
(André Breton, « La maison d'Yves »)
Que dire de ces deux octosyllabes ?

 

- Que si les sphinges ont les yeux couverts de linges, alors c'est qu'on n'est pas sorti de l'auberge ?
- Que l'on peut se demander quel service peuvent accomplir les sphinges ? Le service à l'aveugle d'énigmes nourricières ? La cueillette des oranges bleues ? Le service du « thé de lune servi dans des œufs d'engoulevent » ?
- Qu'il n'y a pas plus aveugle que celui qui prétend voir ?

 

6.
« Ce matin la fille de la montagne tient sur ses genoux un accordéon de chauves-souris blanches »
(André Breton, « Fata Morgana »)
Ce début de poème évoque :

 

- L'aube brumeuse et neigeuse d'une montagne ?
- Un sens inconnu et énigmatique du mot « accordéon » ?
- L'absence de rapport entre un parapluie et la jeune fille du tableau qui promena lentement ses yeux autour du salon, se dirigea vers la porte, la passa sans l'ouvrir comme on passe le temps.

 

7.
« Mais les gens sont si bien en train de se noyer
Que ne leur demandez pas de saisir la perche »
(André Breton, « Fata Morgana »)
Que dire de ces deux vers de douze syllabes ?

 

- Qu'ils ne se font pas d'illusions sur la nature humaine ?
- Qu'il sont tirés d'un poème dont le titre renvoie à un mirage et aussi à la Fée Morgane, la demi-sœur magicienne du roi Arthur ?
- Que ces deux vers de douze syllabes sont très prosaïques qu'on dirait une réplique d'un film en noir et blanc ?

 

8.
« Certains vont même jusqu'à soutenir qu'il n'est pas impossible que l'homme 
Cesse de dévorer l'homme bien qu'on n'avance guère de ce côté »
(André Breton, « Fata Morgana »)
Que dire de cette phrase :

 

- Qu'on dirait bien que l'avalanche d'images surréalistes, dont sont constitués les poèmes d'André Breton, est aussi assez utile pour faire passer des pensées assez simplistes et prosaïques ?
- Que c'est une manière de dire « homo homini lupus » ?
- Qu'elle est lucide et toujours d'actualité, qu'on croit, qu'on croit qu'ça va cesser la boucherie, mais ça ne cesse pas, et ne cessera pas ?

 

9.
« Voici la seiche qui s'accoude d'un air de défi à la fenêtre »
(André breton, « Premiers transparents ») 
Pourquoi la seiche s'accoude-t-elle « d'un air de défi à la fenêtre » ?

 

- Pour regarder passer les trains à l'intérieur des maisons ?
- Pour imiter le bouillon des vitres et la tempête aux cheveux de Gorgone ?
- Parce que personne n'ayant quitté le salon, les pensées tournaient dans les têtes comme un assassin dans une île, et qu'alors la seiche questionnait ?

 

10.
« Dis ce qui est dessous parle »
(André Breton, « Les États Généraux »)
Qu'est-ce à dire que ceci ?

 

- Que la Terre est creuse et qu'on y élabore des hypothèses sur le monde d'en haut ?
- Que derrière les choses, il y a comme des choses avec du langage ?
- Qu'il est temps que le cadavre exquis se mette à table, surtout s'il veut boire le vin nouveau ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 24 décembre 2024. 

 

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