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BREFS ET AUTRES
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3 novembre 2021

CONTINUEZ DE SAUTERELLES

CONTINUEZ DE SAUTERELLES

1.
Un truc entendu sur la 3ème dose de vaccin, c'est qu'il s'agirait d'une dose de rappel permettant d'optimiser les effets de la vaccination cause les deux premières doses auraient été, nécessité pandémique oblige, trop rapprochées pour être absolument efficaces dans le temps. C'est un des nombreux experts dont la télé nous gave comme des oies depuis un an et demi qui l'affirme. Cela signifie-t-il que si l'épidémie se poursuit, les gens devront se faire vacciner, variant oblige, tous les six mois ou que l'immunité vaccinale perdurera et évitera des vaccinations à répétition ?

2.
Si les politiques veulent que les Français reprennent le chemin des urnes, il faudrait vraiment qu'ils se montrent exemplaires. Je ne sais ce qu'il en est réellement des affaires des sondages de l'Elysée sous Sarkozy et de l'actuelle affaire Kohler, mais elles sèment le trouble.

Tant que les Français auront le sentiment que l'honnêteté des politiques est très relative, il ne faut espérer ni un arrêt des contestations ni l'adhésion massive à un processus électoral apparemment très profitable à certains.

Quant à l'Union Européenne, certains la voient aussi comme un moyen commode d'internationaliser magouilles et petits arrangements discrets en les noyant dans un maquis réglementaire et une foule d’intermédiaires douteux.

3.
Le truc agaçant, c'est qu'alors qu'on nous dit que des pays entiers et parmi les plus productifs (Allemagne, Chine, Inde,...) continuent d'utiliser massivement le charbon, nous redoutons que les Etats fassent peser financièrement sur les ménages leur transition énergétique.

4.
Zborowsky s'endort, rêve : cercle solaire, silhouette, ombre chinoise... magnétique Mademoiselle Edith. Zborowsky l'appelle... surgissent monstres préhistoriques, sauriens galopent... le poursuivent, le poussent vers le bord de la falaise. (cf Tardi, « Adèle et la Bête », pl.19)

5.
Alors, au pays du vaudou, la jeune Sandra (« Trois étapes d'une même vie dans trois corps nés de la glaise ») bondissante, tendant sa jambe nue dans l'espace, lui décocha un coup de pied au menton. (cf Santiago Arcas, « Sandra », coll. Vent des savanes, Glénat, 2008)

6.
Le 2 novembre 2021, incertitudes sur le covid. Le cauchemar pourrait reprendre. La Chine aurait demandé à sa population de faire des provisions de nourriture (source : France Inter). Pourquoi ? En Europe, on espère voir lever les restrictions tout en restant inquiets. Incertitudes.

7.
La Macronie a actuellement un peu trop tendance à l'auto-satisfaction et proclame un peu vite le retour de la croissance cependant que les tensions sino-américaines persistent et que la pandémie du Covid semble loin d'être terminée. Inconséquence ?

8.
Si la finance choisit Zemmour, Macron a vraiment du souci à se faire. Le monde de la finance est vraiment, et sans doute de plus en plus, puissant. D'autant que Macron n'est vraiment pas un champion de la rigueur budgétaire. Ce qui pour un banquier est inquiétant.

Ceci dit, la pandémie du covid est loin d'être terminée, et les tensions internationales persistent. Le monde de la finance va peut-être considérer qu'elle aura encore besoin de Macron, de son argent magique et du quoi qu'il en coûte.

9.
Darmanin a fait ce que je ne croyais plus possible dans notre société de plus en plus jugulée, il a donné un coup de pied dans la fourmilière des trafiquants de drogue. Résultat : ils s’entre-tuent et multiplient les provocations. Continuez, Darmanin, vous tenez le bon bout.

Continuez de sauterelles sur les champs c'est tragique
Darmanin porte quoi ? Ses deux mains au bout d'ses bras...
Vous tenez de la dernière pluie oui et les vilains trafiquants des zones périurbaines
Tenez gus qui était Roi d'Ethiopie alors que Blanquer, voyez, lui, il fait ministre, ah ça, il a bien réussi dans la vie, tout l'monde le jalouse, alors que franchement, il n'est pas pire que les autres hein
Le bon sang, mais c'est bien sûr i mit dans sa salade #Libitum
Bon paraît que la bourse grimpe grimpe ça sent la surchauffe et la hausse des prix des matières premières, s't'affaire #ACheval
Bout bouh fit Calembour mon esprit de l'escalier en pensant à l'inflation.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 novembre 2021.

 

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12 septembre 2021

QUAND JE PENSE A MACRON ME VIENT UN OEIL NOIR AVEC UNE GIFLE DEDANS

QUAND JE PENSE A MACRON ME VIENT COMME UN OEIL NOIR AVEC UNE GIFLE DEDANS

1.
J'écoute une émission sur Dickens. Ah bin oui, il avait du génie, lui. Et de la persévérance, ou quelque chose dans ce goût-là.

 2.
Défois elle vient sans qu'on l'appelle. Elle ne peut faire autrement. Sinon, y a des événements, périls et vipères.

3.
Ah tiens, Kate Bush sur France Culture. Les chansons de Kate Bush : petites porcelaines dansantes, si l'on considère, bien entendu, que des porcelaines puissent danser.

4.
Défois, ça revient, ça revient toujours... on n'échappe pas à ses revenances. Dans la vivace mauvaise sombre qu'on nage... y a toujours un bout d'la mémoire par lequel ils nous chopent nos fantômes.

5.
Chaipas ce que Hilda doit savoir (c'est dans l'Rigodon à Céline, le style) et m'en moque, j'aime bien le prénom Hilda, elle fait quoi dans l'histoire ? Infirmière, doctoresse, maîtresse collaboratrice à Sigmaringen, employée en uniforme, yeux bleus tresses blondes, bah ça dirait que j'fantasme...

6.
Y en a zont du mal à s'adapter... qu'ils les regardent d'un œil tranchant décisif les adaptés... on s'méfie des autres... on envie leur réussite... Question d'à-propos défois plus que de talent... Question de persévérance dans la disponibilité... complaisance défois.

7.
J'écoute William Sheller... ritournelles aurait dit Deleuze... je sais, la musique classique a ceci de très haut qu'elle s'interprète, les nuances du pianiste, nuances, reliefs, couleurs... bah qu'une basse variétoche toujours le même bom-bzoum... mais bon, Sheller, j'aime bien.

8.
Hier réécouté - ça faisait longtemps, (y eut des événements dans ma caboche) – le beau « Morituri (te salutant) » de Catherine Lara. Ai contemplé son beau visage de dans le temps et sur la pochette à Catherine Lara. La beauté passe, revient toujours.

9.
Si je devais m'intéresser à tout ce qui est intéressant, je disparaîtrais vite d'insignifiance.

10.
Pas eu trop l'moral hier... me remets jamais de n'être que ma pauvre pomme... on s'rêve... lucide, on déchante vite... la force des choses on dit... me console en pensant à Blanquer... y a pire que moi donc.

11.
Ce n'est pas sans l'amertume d'un sourire que je me dis que cela fait longtemps maintenant que je suis passé du statut de « quelqu’un de bien » à « ah lui, c'est un bon client ».

12.
Faut dire ce qui est : si des législatives avaient lieu maintenant, les députés LREM se prendraient une déculottée. La Macronie ne tient que par la jactance à Macron et la finance. Sans promesses d'abondance, l’exécutif ne tiendrait plus très longtemps la route.

13.
Le chef du « Sentier Lumineux » (Abimael Guzman) a cassé sa pipe en prison au Pérou. La rumeur (et/ou la CIA) lui a taillé un short : « pleurnichard, alcoolique et lâche ». Possible... Assassin certainement. Après, je m'en fous. La mort de mon chien m'a fait plus de peine.

14.
Macron dépense tellement d'argent qu'on dirait que ce n'est pas le nôtre.

15.
Paraît que malgré les problèmes induits par le Brexit (on évoque même des pénuries), le Royaume-Uni aurait cette année encore un PIB supérieur au nôtre. La France, septième puissance mondiale ? L'UK sixième... Je croyais que Macron était un génie, m'aurait-on perlimpinpin-piné ?

16.
Quand Macron en 2017 eut ce mot de « poudre de Perlimpinpin » pour désigner les propositions de Marine Le Pen, il était loin de se douter que cette expression désignerait maintenant plus sa propre politique que les discours de Marine, qui ne veut surtout pas être élue présidente.

17.
Mon pays, la France, est en passe de connaître ce qui est arrivé à la démocratie américaine elle-même : une rupture entre pays réel et pays politique : un boulevard pour les extrêmes, qui ne veulent pas du pouvoir. La France est une comédie. Macron, détesté et détestable, sera réélu.

18.
Je ne sais qui a dit qu'on n'aurait pas dû laisser Damien Tarel exposer son absence de repentir pour la gifle infligée à Macron, parce que Macron, c'est le président, et le président, c'est la France. Non. La France, c'est Marianne, pas un ersatz.

Je rappelle que Macron était prévenu que cette partie là du public ne lui était pas favorable, qu'il y est allé quand même, qu'il a posé la main sur le bras de cette personne qui m'a tout l'air d'un chouan : la gifle est partie toute seule. Je la comprends.

Car je suis enseignant, je me permets de préciser : en posant sa main sur le bras de Damien Tarel, Macron a fait ce que tout enseignant ne fait jamais avec aucun de ses élèves. Retenez, s'il vous plaît, cette leçon. Si j'étais consultant, ça vous coûterait bonbon.

Et, avec un brin de provocation (allonzy allonzo), si la société nouvelle à Macron consiste aussi à se laisser toucher le bras (et puis quoi encore ?) par un velu, eh bien euh, je préfère le monde d'avant (moi qui ne fis jamais la bise à mon père qu'une fois l'an).

19.
Agnès Buzyn mise en examen pour son attitude controversée pendant la crise du covid : Guillaume Larrivé, - qui l'eût cru ? - s'insurge. Donc, si je comprends bien, si la France manquait de masques, de personnel, de matériel et de lits, ce n'est pas la faute du ministère de la Santé, mais de la mienne, pauvre clown d'électeur contribuable. Larrivé, je vous aime bien, mais là, vous faites pitié.

De toute façon, tout ça, c'est du cinoche, il n'arrivera rien à Buzyn, ni à Véran, ni à Philippe, ni à Macron (l'homme qui cherche les gifles). La réputation de Buzyn en sera ternie, et alors, qui réellement, à part elle, s'en soucie ?

20.
And now, ladies and gentlemen, je vas écouter une bonne vieille compilation des Pretenders qu'ça swingue !... J'aimais bien Chrissie Hynde quand j'étais au lycée. Les Pretenders ne vont pas changer le monde, mais valent toujours mieux que la réforme à Blanquer.

21.
Paraît que l'Etat, dans sa grande bonté (on ne lui en demande pas tant) a décidé d'octroyer 15 euros sur le coût des mutuelles de ses agents, pourvu qu'on en fasse la demande. Qu'ils gardent leurs 15 euros, même par mois : je ne suis pas un mendiant.

Des comptes d'apothicaire plutôt qu'une réelle revalorisation des salaires, voilà ce que veulent Macron et Blanquer : si vous acceptez, vos 15 euros seront bouffés par l'inflation. Réfléchissez et battez-vous pour de meilleurs salaires et conditions de travail.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 septembre 2021.

 

6 septembre 2021

OU ÇA ? OU ÇA KS'EST PIS OU QU'ON EST ?

OU ÇA ? OU ÇA KS'EST PIS OU QU'ON EST ?

 

1.
« 
Amityville est l’exemple parfait de l’histoire à raconter autour d’un feu de camp. »
(Stephen King, « Anatomie de l’horreur »)

Amityville où cékséça c’est-i en Alaska en tout cas c’est aux Zuhéssa
Est-ce en Laponie ? est-ce en Tapinois ? est-ce en Gourgandine ? Non, non, non ! c’est aux Zuhéssa, aux Zuhéssa vous dis-je, les Zuhéssa…
L’exemple, ce pays, du merveilleux à cauchemar genre au groupe The Residents que c’est mon favori, avec The Sparks et aussi Lady MacBeth et ses Horribilities (si peu connu qu’ils existent-eu point)
Parfait (car ça c’est fait et ce qui est fait n’est jamais qu’à défaire)
De ce film Amityville, je ne sais rien car j’l’ai point vu (mes yeux avaient roulé un peu hors de ma tête et j’ai dû me gendarmer avec Lucifer, c’est mon chat, pour les lui faire recracher)
L’histoire à Amityville j’l’a connais donc point (ma mémoire, ça fait longtemps que mon âme en a fait une crêpe fourrée offerte
A mon spectre) Vous la
Raconter, je ne peux pas, même
Autour d’une bouteille de whisky ce s’rait pas la vraie fausse histoire
D’un coup (coucou fit le coupeur de têtes passant la sienne par la fenêtre) le
Feu prit d’mes jambes à mon cou
De ce feu je fus fumée, puis cendres… c’est ainsi que j’a fichu le
Camp de ce monde où j’avions jamais été t’allé ni en Alaska, ni aux Zuhéssa, ni à Amityville.

2.
Bin oui mais bon, pour mourir, faudrait déjà être un peu plus vivant, dit Zut à son spectre suicidaire.

3.
Pour les présidentielles 2022, bien des chevaux piaffent dans les écuries, et plus il y a de partants, plus cela semble favoriser le fringant Prince d'En Marche, qui a toutes les chances de courir seul en tête, à moins qu'il en fût empêché.

4.
Lorsqu'un premier ministre recadre publiquement un ministre de l'éducation nationale, lequel vient d'être taclé par le ministre de la santé, il est que ce ministre devrait avoir honte d'être, une fois de plus, pris en flagrance faute politique. (Castex, Véran, Blanquer).

5.
Le Prince d'En Marche alla à Marseille en août 2021. Certains commentateurs signalèrent la ville en faillite et ayant besoin d'une sorte de tutelle. On dit alors que Jean-Claude Gaudin avait ruiné sa ville. Ô merveilleuse France, qui donne des leçons de morale au monde et où l'on finit toujours par dire, mais souvent trop tard, le tort d'élus qui sont censés être exemplaires. Elections, pompe à pognon.

6.
Un des anciens lieutenants du prince d'En Marche en a récemment dénoncé la démagogie et son habitude des promesses qu'il sait intenables à tel point que « faire des promesses à Marseille » risque bien de devenir proverbial et synonyme de paroles en l'air.

7.
Le Prince d'En Marche a jeté son dada à Phynances dans la bataille, promettant beaucoup à beaucoup et se disant sans doute que l'on ferait les comptes une fois qu'il aura course gagnée. Il y aura bien des désillusions, des rancœurs, des règlements de comptes.

8.
Le Prince d'En Marche est comme Dom Juan séduisant à la fois Charlotte et Mathurine. Il promet beaucoup à toutes les deux et de séduction en séduction, prépare sûrement sa honte et sa chute dans la trappe des présidents insuffisants.

9.
Entendu Natacha Polony souligner il y a peu la baisse de niveau de notre personnel politique (de droite comme de gauche). C'est que la France est connue pour la sottise de ses politiques et la redoutable efficacité de ses technocrates.

10.
Le Prince d'En Marche a récemment ajouté la seringue à son blason. Les mains invisibles de la partie de go en cours sont en passe de refermer le piège. Nos territoires ne seront plus nôtres que par convention de langage. Notre pays est vendu.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 septembre 2021.

 

27 août 2021

ÇA AUSSI C'EST DE LA CULTURE MONSIEUR HOLLANDE

ÇA AUSSI C'EST DE LA CULTURE MONSIEUR HOLLANDE

 

  1. François Hollande (président honnête) ayant attiré l'attention sur le grand Eddy Mitchell, rappelons que dans des chansons comme « Société Anonyme », « A Crédit et en Stéréo », « Il ne rentre pas ce soir », Monsieur Eddy a dit quelques vérités sur l'aliénation à nous autres.

  2. J'pige pas le mépris de François Hollande pour la culture populaire : Eddy Mitchell, ce n'est pas de la culture populaire, c'est de la culture tout court. Et certaines ritournelles à Monsieur Eddy valent bien les élucubrations sonores de compositeurs sérieux et subventionnés.

  3. Comme je pensais, après les morts de Kaboul du 26 août 2021, que les Talibans étaient mal barrés avec les nazis de daech (je vois pas d'autre mot pour désigner cette racaille), une côte de porc me fit les yeux doux dans une vitrine. Je l'achetai illico pour la dévorer presto.

  4. Paraît que daech est en lutte contre les talibans parce que les égorgeurs au nom de dieu reprochent aux talibans d'être trop conciliants... C'est vous dire combien le futur de bien des Afghans risque d'être sanglant. Réagis, Occident !

  5. « Picolin' The Blues » est une chanson fantôme dont je suis le seul et unique auteur, compositeur, interprète. Elle est toute dans ma tête et pleine de merveilles. Hélas, comme dit Miss Tick, je n'ai pas le talent nécessaire pour la transcrire.

  6. Défois quand je dors, je rêve que je ne suis pas mort.

  7. Je suis bien content qu'il y ait eu une saison deux de Astrid et Raphaelle. Je suis épaté par le talent des scénaristes (ça aussi c'est de la culture, mon cher Monsieur Hollande) : beaucoup de précision quant au juridique, au scientifique, et même sur les sciences parallèles. Chapeau.

  8. J'aime les saucisses
    Avec des frites j'aime les saucisses
    Je n'aime pas Macron non non non non
    Je préfère les cornichons
    Je n'aime pas non non je n'aime pas Blanquer
    Je préfère les pommes de terre

  9. Si je devais voter en fonction de mes intérêts, je voterais Kronenbourg et Seita car Macron il a quand même bien fait monter le prix des fumigènes, et pour la sincérité et l'honnêteté, Raphaël Glucksmann.

  10. Paraît que Macron use beaucoup du Nudge (« incitation douce » et autres trissotineries comportementales), avec les résultats que l'on sait : quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, les Français sont dans la rue chaque samedi, avec la régularité d'une machine à baffes.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 27 août 2021

7 août 2021

AH TIENS AUJOURD'HUI JE ME SUIS FAIT TROLLER

 

AH TIENS AUJOURD'HUI JE ME SUIS FAIT TROLLER

 

  1. Depuis 2016... Nuit Debout, Gilets Jaunes, défiance envers les réformes des retraites, de l'Education Nationale, du secteur public, ressentiments accumulés pendant la crise sanitaire, la France connaît une vague de contestation qui pour l'instant ne faiblit pas.
    Tout se passe comme si une partie de la population prenait conscience que, réforme après réforme, la France basculait dans un mode de société « ouverte » (mondialisée), qui vise à toujours plus d'efficacité et donc à toujours plus de contrôle social.

  2. A tort ou à raison, l'obligation vaccinale et surtout l’extension coercitive du Pass Sanitaire sont ressenties par bon nombre de Français certes comme une mesure de santé publique, mais aussi comme une mesure de contrôle social voulue par un homme dont les ambitions fédéralistes et libérales inquiètent.

  3. La surpopulation mondiale fait passer la production d'un idéal qualitatif à une nécessité quantitative : toujours plus de mauvaise nourriture, toujours plus de mauvaise éducation, de pseudo-pensée (résilience, inclusion, « coopération » and co), toujours plus de mauvaise musique.
    Et, bien entendu, cette mauvaise action qu'est la mondialisation et la « société ouverte » se fait au nom de la démocratisation de l'enseignement, au nom de la santé publique (toujours plus de médicaments), au nom de l'écologie et au nom du Bien Universel...

  4. Ne nous voilons pas la face : plus nous serons sur la planète et plus nos sociétés seront interdépendantes, moins nous aurons de libertés personnelles au profit d'un intérêt mondialisé, pragmatique, productif, efficace, « bienveillant » à la façon d'un « Big Brother ».
    Dans une société mondialisée, la liberté de tous ne sera la liberté de personne. #paradoxe

  5. Parce qu'il incarne ce futur mondial, pragmatique, cosmopolite (« ouvert », inclusif), urbain, hyperconnecté et hypocrite (la France est une grande marchande d'armement), Macron divise en ce qu'il est détesté par une partie de la population et adoré par une autre.

  6. Au fond, Cioran dans sa détestation du « progrès » , bien loin d'être passéiste, était en avance sur le désarroi de bon nombre d'Européens face à une mondialisation galopante et maintenant virulente.

  7. En étant vaguement provocateur, je n'apprécie guère Macron car c'est un homme de bonne volonté. Il croit en ce qu'il fait et pense agir pour le bien des Français, des Européens, voire du Monde. D'autant plus dangereux que nous savons bien que ce Monde est essentiellement violence et rapport de forces.

  8. Que Dieu nous préserve des chefs d'Etat idéalistes et réformateurs. Persuadés de leur bonne foi et d'avoir raison, il arrive que ces grands bienveillants finissent par passer outre les bases du droit pour lancer leur peuple dans des aventures désastreuses.

  9. Je crains que cette notion de « civisme » invoquée pour justifier – ô paradoxe - l’extension coercitive du Pass Sanitaire, soit à l'avenir de plus en plus utilisée pour justifier l'abandon de nos seigneuries, de notre droit à l'indifférence et à mener nos barques comme nous le voulons.

  10. Ai-je connu quelqu'un qui est mort du covid ? Non... Entendu parler de cas... Une personne âgée, hospitalisée pour autre chose et déclarée morte du virus (l'a-t-ele chopé à l'hôpital?). Je connais quelqu'un qui s'est retrouvé en réa. Quelques élèves l'ont eu : "pénible", m'ont-ils dit.

  11. Maintenant, ce n'est plus vu comme complotiste que de poser la question du rôle des labos de Wuhan dans la pandémie du covid (ça l'était il y a moins d'un an).... Ce que la diaspora chinoise en France savait dès le début, nous commençons seulement à l'envisager...

  12. Facile à attirer les trolls, suffit d'évoquer le rôle trouble de la Chine dans de nombreux domaines, notamment celui d'un accident de laboratoire à Wuhan... Savent ni lire, ni écrire, ces trolls (zont pourtant des diplômes, ces experts qui, apparemment, n'ont pas autre chose à faire que de twitter), mais s'énervent vite.

  13. Un point commun à pas mal de trolls : lorsque vous n'avez pas affaire à des dérangés manifestes, consultant leur profil, vous êtes ébahi par le nombre de leurs diplômes et de leurs compétences dans des domaines si variés que vous vous demandez comment il se fait qu'ils aient le temps de twitter.
    Maintenant, je le confesse, il m'est arrivé à moi aussi de troller ; Je l'ai toujours regretté. Cela relève de l'hybris et non de la raison. Ceci dit, je ne pense pas passer moi-même pour un troll, et, en bon disciple de mes maîtres linguistes, je respecte le droit de dire des âneries.

  14. Quand la Chine, s'éveillera, le monde toussera.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 7 aôut 2021.

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30 mai 2021

HUMEURS DE FIN DE MOIS

HUMEURS DE FIN DE MOIS

1.
Nul doute que face aux annonces du Grenelle de l’Education, le SGEN va batailler ferme afin d’avaler les couleuvres à Blanquer et ne pas céder un pouce de terrain dans l’acceptation des mesures.

2.
S’il y avait une seule raison pour légitimer le hashtag PlusJamaisPS, ce serait le nom Rwanda. Une remarque, Monsieur Védrine ?

3.
Paraît que Cambadélis (ex-trotskyste) a récemment vilipendé à la télé Mélenchon (ex-trotskyste). Je n’apprécie guère Mélenchon mais il est nettement plus intéressant dans ses réflexions (pas toutes, il est vrai) que ce néant sur pattes qu’est l’étrange Cambadélis.

4.
Certes, « la taule » comme dit le toujours subtil et élégant Dupond-Moretti n’est pas toujours la bonne solution, mais de là à laisser sortir des repris de justice « réfugiés politiques » (tu parles !) pour qu’ils aillent poignarder leur compagne, y a comme un cactus, donc.

5.
Marrant, quand il ne sera plus ministre de la Justice, Dupond-Moretti reprendra peut-être sa robe d’avocat et n’aura de cesse dans les tribunaux de dénoncer l’iniquité de mesures qu’il aura lui-même décrétées.

6.
Mai 2021 : Le président Macron a eu raison d’aller au Rwanda et de reconnaître la responsabilité de la France dans le génocide des Tutsis. De même, j’approuve l’idée d’inviter l’opposition biélorusse au G7 de juin 2021. Je n’apprécie guère Macron mais je sais reconnaitre quand il a raison.

7.
Ils sont quand même comiques ceux qui disent que les enseignants devraient accepter un changement de leur statut et plus de missions en échange d’une augmentation de salaire (d’ailleurs hypothétique) et qui ne tiendraient pas quinze jours devant une classe un peu difficile.

8.
Supposons que, du fait de la volonté de Blanquer que son inapplicable réforme (quel sketch, mes aïeux !) ait l’air de fonctionner un peu (tout le monde n’y verra que du feu, c’est une affaire de com’ et justement, la Macronie, c’est essentiellement de la com’), supposons donc que l’épidémie de covid redémarre plus tôt que prévu (il faudrait être naïf pour croire que l’on en a fini avec des variants d’ailleurs de plus en plus vivaces), Macron devra-t-il se résoudre à la vaccination obligatoire ? Blanquer sera-t-il poursuivi en justice ? Marine Le Pen sera-t-elle élue, ou encore aura-t-on une dissolution de l’Assemblée Nationale et une possible victoire des LR, avec à la clé, comme actuellement, un premier ministre de droite, et un président (Macron) macroniste ?

9.
Paraît que certains se chagrinent que la Suisse ne veuille plus dialoguer avec l’UE. Bah, elle a raison, la Suisse de vouloir rester indépendante. L’UE ne pourrait lui apporter que des désagréments.

10.
Etrange que la réclame télévisuelle des produits bio de chez Carrefour utilise une mélodie sifflée dans le très violent mais très beau « Kill Bill » de Tarantino. Dans mon souvenir, ce sifflement signe la présence d’un tueur mais je puis me tromper.

11.
J’adore ces gens qui critiquent le d’ailleurs assez relatif libéralisme économique de la France tout en profitant des avantages de sa 6ème place au rang des puissances : sécurité sociale, protection des salariés (y compris pendant les confinements), massification de l’enseignement supérieur, etc....

J’adore ces gens qui critiquent la politique étrangère de la France sans oser avouer que c’est grâce à notre influence, à nos ventes d’armes, aux avantages que nous en tirons quant au prix des matières premières, que nous restons dans le peloton de tête des puissances mondiales.

J’adore ces gens qui critiquent le modèle démocratique français sans avouer qu’il y a peu de pays où les critiques acerbes que l’on fait quotidiennement ne mènent pas les gens en prison ou ne les privent pas de leur emploi.

Je n’aime pas Macron. Je sais pourtant qu’il est déjà techniquement réélu. Il faut bien dire que tous les autres candidats font pâle figure. Chose étonnante qu’un président gouverne avec un soutien si relatif et tant d’opposants.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 mai 2021.

23 avril 2021

ET SANS BRETAGNES PLUS DE FEE MORGANE

ET SANS BRETAGNES PLUS DE FEE MORGANE

1.
« N’est-ce pas à dire que les formes et lois logiques expriment la particularité contingente de l’espèce humaine, qui pourrait également être autre et aussi deviendra autre au cours de l’évolution future ? »
(Husserl, « L’Idée de la phénoménologie », traduction de Lowit)

« N’est-ce pas à dire que les formes et lois logiques [cet univers de causes, d’effets, de conséquences dans lequel nous ne cessons de creuser des labyrinthes] expriment la particularité contingente de l’espèce humaine [l’humain, ce monstre de logique], qui pourrait également être autre [l’espèce humaine est culturellement plurielle ; serait-ce que notre culture occidentale, fondée sur la logique et la raison, jusqu’à faire du christianisme une religion raisonnable, serait maintenant plongée dans une lutte avec un irrationnel religieux qui vise à affaiblir nos démocraties et, à terme, nous imposer les normes d’un modèle islamiste ?] et aussi deviendra autre au cours de l’évolution future ? » [Husserl a-t-il pressenti quelque transhumanisme ?]

2.
En inventant les chiffres, l’humain inventa l’univers, dont il ne cesse de faire l’inventaire, et c’est de plus en plus complexe, s’t’affaire.

3.
« Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages
Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune »
(Apollinaire, « Zone »)

« Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants » [ah bin, il a pas fini d’s’émouvoir, qu’il a écrit ça au début du XXème siècle, Apollinaire, et qu’en ce début de XXIème siècle, ça recommence]
« Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants [ils croissent et se multiplient donc]
« Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare » [et en fin de compte, il y en a quand même beaucoup, des saint-lazares là]
« Ils ont foi dans leur étoile comme des rois-mages » [sauf qu’ils ne sont ni rois, ni mages ; par contre, défois, en ce début de XXIème siècle, ils ne sont pas tous bienveillants]
« Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine » [en ce moment, c’est plutôt en Grande-Bretagne, qu’ils se mettent le doigt dans l’œil because les Anglais i se sont barrés de l’Europe et nous la tirent bien la langue, dis]
« Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune » [sauf que beaucoup ne repartiront jamais, parce que leur pays, il est abonné aux guerres, dictatures et marchands d’armes associés, sans compter ceux qui sont aussi indésirables chez eux qu’ici.]

4.
Paraît qu’en plein conseil des ministres, Macron aurait recadré Marlène Schiappa à propos des Etats Généraux de la Laïcité, comme quoi il aurait dit « Les Français s’en fichent, et moi aussi. » Euh… si les Français s’en fichaient tant que ça, Marine Le Pen ne serait peut-être pas aux portes du pouvoir. Quant à la valeureuse Marlène Schiappa, si Macron se montre indélicat, elle n’a qu’à l’envoyer promener, lui et sa garde-robe de vestes réversibles.

5.
Peut-on être à la fois écolo et marxiste. Je ne sais pas. Personnellement, j’ai des doutes. Peut-on faire la critique du mode capitaliste de la production de richesses sans condamner pour autant la nécessité de cette production ? J’ai, je l’avoue, de la sympathie pour ceux qui défendent leur outil de travail, fût-il basé sur une conception productiviste.

6.
Et maintenant la pensée du jour par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale : « Quand on peut avoir son enfant chez soi pour déjeuner, c’est mieux. » (Jean-Michel Blanquer, le 23 avril 2021) : C’est bien vrai, ça. Et s’il pleut, faut pas oublier sa capuche.
Blanquer, à force de nous prendre pour des tanches, il va finir par s’attirer des antipathies, sinon des inimitiés, voire des hostilités.

7.
Quand j’ai vu la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (le vaccin français contre le covid, quel succès !) à côté de Thomas Pesquet sur une photo de Twitter, je me suis dit : ah tiens, comme ils ne savent plus quoi en faire, ils vont mettre Vidal sur orbite…

8.
« Et moi aussi de près je suis sombre et terne
Une brume qui vient d’obscurcir les lanternes »
(Apollinaire, « Cortège)

« Et moi aussi [en poésie, on dit facilement « moi », lequel est aussi autre que « je »] de près je suis sombre et terne » [surtout quand je suis « par hasard et pas rasé », pour citer Serge Gainsbourg]
«Une brume qui vient [la brume qui vient, avec ses images de vaisseau fantôme, d’équipage à squelettes pirates, comme dans un film dans ma tête] d’obscurcir les lanternes » [en ce moment, ce sont les Lumières que certains tentent d’obscurcir, et toute notre raison d’éclipser] 

9.
« La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’à connaître cela.
   Que si les choses naturelles la surpassent, que dira-t-on des surnaturelles ? »
(Pascal)

« La dernière démarche de la raison » [ce truc qui fait que, malgré toutes les sottises, les hypocrisies et les mensonges dont médias et politiques nous abreuvent chaque jour, nous restons lucides] est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent [bah, je le sais bien que je suis aussi bête qu’une gaufrette, une paire de chaussettes, une pile d’assiettes, castagnettes, vinaigrette que c’est bon ça dans une salade de pommes de terre avec des œufs durs] ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’à connaître cela [la faiblesse, c’est de ne pas reconnaître qu’on ne sait pas].
Que si les choses naturelles la surpassent [je suis nul en ornithologie, en physique, en chimie, en sigillographie, en épigraphie, en épistémologie, en phénoménologie, en sociologie, en psychologie, en trigonométrie, en astronomie, en gastronomie, en météorologie, en musicologie, en filmologie et je n’en fais pas tout un plat], que dira-t-on des surnaturelles ? » [c’est exactement ce que je disais encore hier soir à mon cheval fantôme ; quant à la deuxième chaussette, elle est dans un univers parallèle, je crois bien. Et je ne vous parle même pas du Mystère Blanquer].

10.
« Notre monde ne mourra jamais… tant qu’il y aura quelqu’un qui rêvera dans les Bretagnes… nous existerons… » (Hugo Pratt, « Les Celtiques », [Morgane])

C’est du rêve que relève l’univers légendaire. Sans conscience rêveuse, y a que rien, et sans Bretagnes, plus de fée Morgane.

11.
Aujourd’hui, une fonctionnaire de police a été mortellement poignardée au commissariat de police de Rambouillet. L’assassin, d’après BFMTV, serait un ex- clandestin arrivé en France en 2009 et régularisé en 2019. Une cellule dormante ? Le parquet antiterroriste est saisi.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 avril 2021.

23 avril 2021

BREVE CHRONIQUE PAS CONTENTE DU 22 AVRIL 2021

BREVE CHRONIQUE PAS CONTENTE DU 22 AVRIL 2021

1.
En faisant appel au volontariat des enseignants pour faire passer des tests salivaires, Blanquer reconnaîtrait donc le manque d’infirmières scolaires. Il est vrai que plutôt que de prévoir l’essentiel, Blanquer a préféré claquer l’argent du ministère à sa sotte réforme.
Sans compter le « pognon de dingue » claqué par Blanquer dans son « Conseil Scientifique (sic) de l’Education », dans son étrange Grenelle « apprenant », dans ses pitoyables tentatives d’entrisme LREM (syndicats bidons de lycéens, d’étudiants, d’enseignants,…)
J’ajoute ceci : ce n’est pas aux enseignants de voler au secours d’une administration imprévoyante et d’un ministre dont nous ne voulons plus.

Malgré des taux d’incidence élevés, la menace de nouveaux variants, des hôpitaux surchargés, Blanquer et Vidal maintiennent l’ouverture des établissements scolaires et la tenue risquée de certains examens. La question se pose : cherchent-t-ils l’épreuve de force ?

2.
Ces gens qui critiquent Marlène Schiappa et les Etats Généraux de la Laïcité, ces gens qui refusent de dire que l’islamisme gangrène nos démocraties, ces gens qui parfois subventionnent des projets menés par des associations douteuses, ces gens se rendent-ils compte qu’ils crachent sur les victimes du Bataclan et la mémoire de Cabu, de Wolinski, de Charb ?

Ceux qui sous-entendent que ce sont les opposants au communautarisme islamiste qui sont en fait responsables des attentats contre Charlie Hebdo et le Bataclan oseraient-ils dire sans rougir que ce sont les résistants anti-nazis qui sont responsables de la shoah ?

3.
Non, décidément non, l’écriture inclusive et les réunions non-mixtes ne sont pas des droits de l’homme contestés, ce sont des ridicules, des épiphénomènes qui disparaîtront comme ils sont venus, au gré des modes en vogue dans les universités.

En assimilant tous ceux qui ne pensent pas comme eux à l’extrême-droite, certains à gauche, d’autres chez les écolos, peuvent être certains d’une chose : ils préparent eux-mêmes leur défaite aux élections.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 avril 2021

 

21 avril 2021

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

1.
« Là, j’évitai les détails. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou se rendant compte de son erreur. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval Pâle »)

« Là, j’évitai les détails [dans lesquels, comme on sait, se cache le Diable que plus vous y zieutez, dans le détail, plus il vous la tire, le Diable, et longue longue longuement]. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou [ah ça, souvent que quand on est jeune, on est un peu tout fou, voire carrément barré, et puis, en général, ça passe avec le temps et l’on passe de jeune fou à vieux con] se rendant compte de son erreur [qu’on passe son temps à en faire des erreurs, que l’humanité, c’est l’infini des erreurs, horreurs, errances avec de bons apôtres genre Michel Serres (RIP), Albert Jacquard (RIP), Philippe Meirieu, Emmanuel Macron, socialos, libéraux, gauchos, cocos, fachos, crypto-cocos, néo-fachos, écolos, philosophiques zozos, prétentieux pédagos, etceteri etcetero qui vous font la morale que moi, du coup, j’préfère écouter « Orphée aux Enfers », d’Offenbach ou les ritournelles des Charlots].

2.
« J’ose à peine regarder la divine mascarade »
(Apollinaire)

« J’ose à peine regarder » [Moi, ça me fait pareil quand mes yeux tombent dans un film d’horreur avec du gore dedans qu’on dirait une réforme à Blanquer] la divine mascarade » [ce qui me fait penser à « La Valse des Masques », le tube qui tue du printemps 2020 à Manu Jupiter, accompagné du Jean-Mich’ Blanquer, the king of the pipeau].

3.
« Oiseau tranquille au vol inverse oiseau
Qui nidifie en l’air
A la limite où notre sol brille déjà »
(Apollinaire, « Cortège »)

« Oiseau tranquille » [Ça existe-t-y des zoziaux tranquilles ? Ah, être tranquille comme un oiseau qui fume sa pipe en lisant le journal pendant qu’le monde pédale dans le virus et l’islamisme galopant] au vol inverse [cékoi comme oiseau qui fait dans le « vol inverse » ? Ce s’rait-y le politique palmé des altitudes ?] ]oiseau [ça fait écho]
Qui nidifie en l’air [ça s’confirme que c’est le palmé des altitudes, çui qui est « en même temps », qui a d’la « pensée complexe » plein le bec et la cervelle plumée qui va avec]
A la limite où notre sol brille déjà [Ça me fait penser à ce strip des « Déboussolés » de Watch (dans le Spirou des années 70) où l’on voit un bonhomme tout chelou avec un drôle de petit chapeau déclamant : « O soleil couchant Pareil à une tarte au froment »] pis qui s’en retourne avec des yeux vagues et repus pis dans le désert pendant qu’une sorte de coyote de derrière les collines perdues lui jette à la tête un énorme dictionnaire de rimes que la dernière case du strip est basée sur le mouvement arrêté dans l’air du gros volume à quelques mètres de la tête du zig rimailleur, lequel ne se doute de rien vu que qu’c’est dans son dos qu’il arrive, le choc].

4.
« Entre les sandales de plastique
Que son père appelait des méduses
Glissaient des ombres égocentriques ;
Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. »
(Michel Houellebecq)

« Entre les sandales de plastique » [kicéty qui ritournellait « Le plastique, c’est fantastique », c’était bien laid quand même]
« Que son père » [chaipas qui c’est son père ; forcé, je pense que c’est le père d’une fille. Pourquoi, je sais pas. Peut-être parce que défois, on se demande à quoi ils ressemblent les pères des filles qu’on trouve jolies. C’est idiot et psychanalytique] appelait des méduses [ces têtes tranchées qui planent dans les flots et qui parfois foudroient]
« Glissaient des ombres égocentriques ; » [le monde, cette somme de nombrils interconnectés]
« Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. » [les humains quoi, ces perspicaces périssables]

5.
« Plus tard dans un bal champêtre
Les couples mains sur les épaules
Dansèrent au son aigre des cithares »
(Apollinaire, « la maison des morts »)

« Plus tard, dans un bal champêtre » [ah ça va guincher donc chez les vivants et les morts]
« Les couples mains sur les épaules » [ça me rappelle ce bal étrange du film « Un Soir, un train » de André Delvaux, où, dans cet instant qui sépare la vie du néant, yeux dans les yeux, mains sur les épaules, les couples tournent et dansent sur une java d’ailleurs (ou un tango de Barbarie peut-être)]
« Dansèrent au son aigre des cithares » [chez les vivants et les morts, c’est pas l’accordéon qui mène le bal, c’est le « son aigre des cithares », qui relève du folklore d’Autriche, de Hongrie ou de la Suisse, que moi j’en sais rien, j’apprends ça sur Wikichaitou, que le « son aigre », j’en sais rien que j’aime bien le rythme qu’il a le vers : « Dansè/rent (/) au son aigre / des cithares » qu’on l’entend bien le pincement du « r » là] 

6.
« Les morts avaient choisi les vivantes
Et les vivants
Des mortes
Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

« Les morts avaient choisi les vivantes » [« Les Zombies aiment la chair fraîche » film de série Z (comme dans zombie et film de zob aussi, que chaipas s’il existe, ce nanar mais que ça ne m’étonnerait point, que ça me fait penser que j’ai toujours trouvé « La Nuit des morts-vivants » de Romero ennuyeux comme la mort ; je préfère les formidables « Suspiria » et « Le Fantôme de l’Opéra » de Dario Argento]
« Et les vivants
Des mortes » [vous remarquerez qu’il y a chiasme pour le signifier, l’entrelacs des deux mondes]
« Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme » [dans ce lieu où morts et vivants se rencontrent, le réel paraît moins réel que le revenant ; l’autre monde contamine l’ici et maintenant].

7.
Dans le film « Le Cinquième Elément » de Luc Besson, n’est-ce pas que l’actrice qui joue le rôle de Lilou est superbe ? Son nom d’actrice est Milla Jovovich, et elle interpréta aussi Jeanne d’Arc, aussi de Luc Besson.

8.
« Je restai silencieux, quelques instants, retrouvant le passé. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval pâle »)

« Je restai silencieux [défois i faut], quelques instants [au moins], retrouvant le passé » [ah ça, quand le passé vous revient tourner les tables dans la tête, parfois, on ne pense même plus à gazouiller, on s’laisse envahir par des images anciennes, parfums fantômes et sons spectraux ; ceci dit, « Restant silencieux, retrouvant le passé », c’est un alexandrin].

9.
« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent : de mort, nulles nouvelles. Tout cela est beau ; mais aussi quand elle arrive, ou à eux, ou à leurs femmes, enfants et amis, les surprenant en dessoude et à découvert, quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accable ! » (Montaigne)

« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent » [comme i vous dit le monde, Montaigne, un ballet, un incessant va-et-vient, les autres] : de mort, nulles nouvelles [c’est vrai qu’on n’peut pas toujours penser à la mort, que c’en est même une morale, ça, de vivre, de persister malgré la mort, de sourire ; de rire, et de pas trop l’évoquer, la mort, défois qu’elle se pointerait illico, avec sa tête de trader branché]. Tout cela est beau [ironie ?] mais aussi quand elle arrive [tiens, qu’est-ce que je vous disais] ou à eux [couic], ou à leurs femmes [bis-couic], enfants et amis [ter-couic], les surprenant en dessoude ou à découvert [faut-il comprendre à l’improviste ?] quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accablent [y a rien d’plus rageant que de trépasser alors que l’on ne s’y attendait pas : tous les revenants vous le diront.]

10.
« Les passants égarés sont bizarrement verts ;
Au fond de l’autobus je sens craquer mes veines. »
(Michel Houellebecq, « Jim »)

« Les passants égarés [je me demande comment le narrateur sait qu’ils sont tout égarés, les passants – tiens, un passant qui passe, avec ses drames et ses morts, et ses projets et ses échecs] sont bizarrement verts » [c’est-y que le narrateur serait sur une planète d’hommes-plantes, d’artichauts marcheurs, des pt’tits verts, des p’tits gris, des p’tits verts-de-gris, (oui oui, défois, j’ai le lutin de ma tête, il chante) ;
« Au fond de l’autobus [donc le narrateur narrate du fond d’un autobus et voit passer de verts passants] je sens craquer mes veines » [ça sonne, chaipas si le narrateur est en manque ou quoi, mais ça sonne].

11.
« Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J’écoutais cette nuit au déclin de l’été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre »
(Apollinaire, « Le voyageur »)

« Les cyprès [d’après internet, un cyprès peut atteindre 25 mètres de haut et vivre cinq cent ans, autant dire un géant, un mythique, un mythologique même, l’arbre des morts] projetaient sous la lune leurs ombres » [ça devait l’faire, dans le genre effet funèbre]
« J’écoutais cette nuit au déclin de l’été » [quand on ne dort pas la nuit, on l’écoute, la nuit, puis tous les bruits mystérieux des êtres et esprits qui passent dans l’tout ça que moi j’sais pas, la nuit, moi, je dors]
« Un oiseau langoureux [koikcé comme genre, s’te mélancolique coucou ?] et toujours irrité » [pas seulement mélancolique, l’zoizeau, l’est aussi « irrité » que je pense à l’engoulevent qui crassotte, crécelle et crisse et crosse et crusse pis quand il tousse, c’est qu’il a trop fumé d’craven A.]
« Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre » [avant qu’les humains s’mettent à philosopher sur les fleuves, il y avait des fleuves, et quand les humains auront avalé toute leur philosophie et le bulletin de naissance de leur espèce, y aura encore des fleuves, « larges et sombres » comme un mystère, une force, un monde entre deux mondes].

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2021

9 mars 2021

QUOI DONC QUI S'PASSE A SCIENCES PO GRENOBLE

QUOI DONC QUI S'PASSE A SCIENCES PO GRENOBLE

 

Sur la façade de l'IEP de Grenoble des gens

les mots islamophobie & fascisme qu'ils ont

inscrits l'autre semaine des gens et i sont

qui ces gens Sont-ils vraiment étudiants et

sont-ils vraiment des étudiants de la jadis

si prestigieuse Sciences Po ou sont-ils que

provos & barbouzes commandités par on allez

savoir qui défois qu'ce serait vrai qu'il y

d'l'islamogauchisme plein l'université puis

qu'elle se laisserait pousser la barbe itou

l'UNEF on dit qu'elle la laisserait pousser

sa barbe ou alors ce sont que des zozos pis

pas plus étudiants que Blanquer dit vrai et

donc ces ou étudiants ou barbouzes ou zozos

ou les trois à la fois et peut-être imbibés

défois qu'il y aurait soit d'l'islamophobie

soit d'l'islamogauchisme à Sciences Po zont

façon collabo du temps de la France occupée

nommé aussi des enseignants dans leurs tags

là comme pour les désigner à on n'sait quel

décapiteur islamiste qu'moi je dis qu'c'est

pas des manières de faire et qu'ça m'a tout

l'air de devenir panier à crétins ce fourbi

massifiant l'apprenant là l'université & ça

fait vraiment pas d'la bonne publicité & il

faudrait donc pas s'étonner qu'à l'étranger

on commence à rire de nous pis à dire qu'la

culture française c'est plus qu'du flan que

théorie trissotine qu'ils me font rire tous

ces intersectionnels là qu'on dirait qu'ils

ont découvert la lune en découvrant que les

destins individuels sont fixés par l'social

on appelle cela les déterminismes & j'pense

qu'ils ont surtout découvert un bon filon à

produire d'la thèse & d'l'article pis qu'ça

épate l'gogo & les auditeurs à France Inter

mais bon y a qu'l'extrême-gauche toujours à

la recherche de légitimité culturelle voyez

comme elle s'en sert d'l'intersectionnalité

pis i zen tirent des conclusions évidemment

comme quoi faudrait révolutionner l'système

l'mettre à bas le vieux monde et promouvoir

la VIème république camarade même qu'ils en

crachent sur leur vieil anticléricalisme et

font des risettes à ceusses qui ne l'aiment

pas vraiment Charlie et notre France libre.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 8 mars 2021

22 février 2021

AVEUGLE ET EN DANSANT

AVEUGLE ET EN DANSANT

 

1.

« Les dieux narquois partout se meurent

Et s'émeuvent les enchanteurs,

Les fleurs se fanent, les fées pleurent. »

(Apollinaire, « Elégie du voyageur aux pieds blessés »)

 

Les bipèdes i portent des dieux

Narquois défois pis qui meurent

Passque tout finit par mourir &

Les humains & tous leurs dieux.

 

Je ne connais pas d'enchanteur qui

Pourrait la vaincre la mort car ça

Meurt aussi un enchanteur puis les

Légendes nos yeux ne peuvent + les

Déchiffrer pis qu'les rats les ont

Dévorées toutes nos bibliothèques.

 

Les jeunes filles dans la rue

Sous le dragon invisible dans

L'espace les jeunes filles de

La rue portent des masques et

Passent tandis qu'il passe de

Bouche en bouche l'invisible.

 

Les jeunes filles dans la rue

Le vent passe & ce sont leurs

Filles maintenant qui passent

 

Puis les jeunes filles comme le

Livre des légendes l'enchanteur

Tous les dieux de chaque bipède

Qui passe dans la rue qui passe

Les jeunes filles finissent par

Des squelettes aux placards des

Vieilles demeures dans l'espace

Et le temps ce cycle des fleurs

Des lunes & des sorts Quant aux

Fées elles tombent en pluie les

Fées en pluie sur les villes et

On n'y fait même plus attention

 

2.

« Regarde-moi c'est moi je ne suis pas un songe »

Dit La Muse d'un poème d'Apollinaire bin si Tu es

Un songe juste un vers dont tout le monde se fout

 

3.

« Lorsque vous partirez, je ne vous dirai rien »

(Apollinaire, in « Il y a »)

 

Défois l'Ogre aussi i dit ça lorsque vous

Partirez je ne vous dirai rien mais c'est

Passque la personne elle pourra plus dire

Voir ouïr because elle aura plus d'langue

Ni de bouche ni d'oreilles ni d'yeux elle

Sera plus rien qu'un tas d'os dans un sac

 

4.

« Ce dieu jaloux comme le sont les dieux uniques »

Dit fort justement Apollinaire qu'dans l'Olympe ça

S'frite défois pis en foudres qu'ça éclate mais vu

Que les dieux sont immortels ça fait des histoires

Qu'on appelle Mythologie mais rien à voir avec les

Grands massacres que les aveugles à deux pattes se

Font au nom d'un dieu qui n'existe pas plus que ça

 

5.

« Deux dames le long le long du fleuve

Elles se parlent par-dessus l'eau

Et sur le pont de leurs paroles

La foule passe et repasse en dansant »

(Apollinaire, « Le pont »)

 

« Deux dames » et pourquoi pas trois

Qu'ça ferait comme dans la chanson à

L'étang aux trois canards y viennent

Trois dames les ramassant comme itou

Les mains mortes en automne et encor

Quoi les paroles d'ces deux dames là

L'une c'est la vie l'autre la mort &

« par-dessus l'eau » elles se disent

Les choses qu'ça fait un pont Dessus

Passe la foule aveugle & en dansant.

 

& ces «  deux dames le long le

Long du fleuve » dont parle le

Narrateur Apollinaire seraient

-elles pas défois les mères de

Deux jeunes filles dans la rue

Le vent passe et ce sont leurs

Filles maintenant qui passent.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 février 2021

 

 

13 février 2021

A VOTER KILLROY WAS HERE

A VOTER KILLROY WAS HERE

 1.

A force d'alimenter la dette publique par des réformes qui coûtent et mécontentent (cf « Machiavelic » Blanquer), il arrivera un moment où le montant de la dette n'aura plus rien à voir avec les capacités de production de richesses de la France.

Macron a bien conscience du danger, d'où sa volonté affirmée de ne pas reconfiner totalement et aussi son projet d'intégration de la France dans une sorte de Start Up Supranation européenne.

Pis si on l'annulait la dette pis repartir sur d'autres bases y en a qui disent. Oui, mais euh l'annuler la dette d'un grand pays industriel n'aurait-il pas tant de conséquences internationales que nous verrions bientôt se lever à l'horizon la Mort et son grand costume d'officier ? Bon chais pas moi j'intuitionne.

 

2.

Après y en a i disent qu'on pourrait considérer la dette comme un investissement écologico-socio-productif et donc l'annuler. Oui, mais alors, qui c'est-y qui va payer les indemnités des confinements ? Les impôts ? Une nouvelle dette ? Ah ouais hein quand même...

 

3.

Là où les politiques pourront craindre des courroux, c'est quand après l'covid et 2022, les gens paieront encore plus d'impôts pour payer les indemnités reçues à cause des confinements et d'la dette publique gouffre qu'le gouvernement aura dû à cause de son imprévoyance originelle, même que c'est là qu'on verra que le « quoi qu'il en coûte » à Manu Jupiter, c'est en fin de compte les Français qui le paieront.

 

4.

Y en a un i paraît qu'il a parlé d'un « horloger des séquences » qui serait derrière le Covid et sa bande de variants là-bas dans les confins camarades que chais pas si c'est vrai qu'en tout cas j'l'aime bien l'expression « horloger des séquences », même que je me dis, c'est pas coronavirus qu'il faut l'appeler le covid 19 pis 20 & 21, c'est Godzillavirus.

 

5.

J'comprends rien de s'qui s'passe à Trappes avec l'professeur de philo là et Ali Rabeh le maire de la ville que j'subodore d'la manipulation d'tout côté qu'en tout cas chais pas trop pourquoi j'aurais pas trop envie d'y vivre moi à Trappes.

 

6.

J'comprends pas trop paraît que depuis le début d'la crise Covid, le ministère de la santé a fait appel à pas moins de 7 cabinets de conseil privés. Euh... Elles servent à quoi, les « élites » d'la fonction publique formées à grands frais par les Sciences Po à Descoings et Olivier Duhamel pis à l'ENA que Macron il avait dit qu'il supprimerait.

 

7.

Mon père me disait qu'il fallait que j'aie plus confiance en moi et que, le temps passant, ceux qui paradaient et brillaient eh bin soudain, i brillaient plus et paradaient encore moins. N'est-ce pas, Olivier Duhamel ?

 

8.

Marrant, Macron dans un élan de populisme et de lucidité avait promis de supprimer l'ENA et en fin de compte, on finit par se demander si c'est pas Sciences Po qui va passer à la trappe.

 

9.

Je ne vote pas LFI mais je reconnais à Mélenchon des talents d'orateur, le sens de l'Etat et une certaine authenticité. Après, les humains sont complexes, c'est ce qui fait leur intérêt et leur danger.

 

10.

Et bien entendu, aux présidentielles 2022, je voterai Joey Ramone ou Killroy was here.

 

11.

Bon, à mon enterrement, si on ne diffuse pas « Doux Sauvage » de Robert Charlebois (même que si c'est qu'pour un chien, Elise et Zut), je vous préviens, je sors du cercueil et vous montre mon pis ce quI reste de moi.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 février 2021.

6 février 2021

D'APOLLINAIRE ET D'MACRON QU'ÇA N'A RIEN A VOIR

D'APOLLINAIRE ET D'MACRON QU'ÇA N'A RIEN A VOIR

 

1.

Dans le poème « Le brasier » le narrateur

Apollinaire évoque le « galop soudain des

Etoiles » que ça fait muette cavalerie la

Sidérale cavalcade filant les grands prés

Noirs semés d'cous coupés têtes tranchées

 

2.

Dans le poème « Le brasier » le narrateur

Apollinaire songe quelque « galop n'étant

que ce qu'il deviendra » et si j'remplace

« galop » par « tout » ce songe on dirait

L'intuition que la fin est fatalement une

Déception On n'est jamais que ce que l'on

Finit par devenir défois pas grand chose.

 

3.

Dans le poème « Le brasier » le narrateur

Apollinaire songe que l'galop des étoiles

« Se mêle au hennissement » qu'ça fait du

Son donc qu'on songe au long hennissement

D'un cheval qu'on n'entend pas Qu'ce sont

« des centaures » qui ici hennissent Sont

Des créatures au corps de cheval au buste

D'homme les centaures & donc existent pas

Les centaures s'ils hennissent c'est dans

Nos cafetières à s'en figurer des choses.

 

4.

Dans le poème « Le brasier » le narrateur

Apollinaire cause itou d'« grand'plaintes

végétales » avec le « galop des étoiles »

Qu'on n'peut qu'imaginer cataclopantes et

Le « hennissement mâle des centaures dans

leur haras » qu'on n'peut entendre que si

On lit de vieilles légendes gréco-latines

A mon avis c'est pas les « grand'plaintes

végétales qui vont en faire plus du bruit

Oh tout ça est bien silencieux autant que

Le silence d'un mystère dont nul ne cause

 

5.

«Mes amis m'ont enfin avoué leur mépris»

(Apollinaire) Voilà l'genre d'alexandrin

Qui peut vous pourrir longtemps la boîte

A conjectures si zavez un peu d'lucidité

 

6.

« Les villes que j'ai vues vivaient comme

des folles » (Apollinaire) Evidemment y a

L'allitération « v » pis qui finit par le

Sifflement à penser à un train arrivant &

Peu importe que moi ça m'évoque le son de

La cymbale qu'l'on fait longuement vibrer

 

7.

« Ton père fut un sphinx et ta mère une nuit »

Que ce vers d'Apollinaire me semble lucide qui

Rappelle que nous ne connaissons jamais qu'une

Partie de la vie de nos parents Moi je songe à

Une route parfois & qui s'enfonce dans la nuit

 

Ton père que sais-tu de ton père de ton

Père tu ne sais rien que s'que tu crois

Fut un sphinx celui-là qui jeta sur toi

Un regard étranger interrogatif pis fut

Sphinx celui qui mourut sans tes larmes

Et d'ta mère que sais-tu de cette femme

Ta mère tu imagines qu'avant de devenir

Mère elle fut la jeune fille qui rêvait

Une vie pleine de bonnes fortunes & une

Nuit d'amour & beaucoup d'espoirs déçus

 

8.

« Crois-tu donc au hasard

qui coule au sablier » il

Dit Apollinaire rappelant

Que le temps est tissé de

hasards que le temps même

Est un hasard celui-là de

L'apparition d'l'humain &

L'apparition d'un langage

Tel qu'une suite sans fin

De nécessités prit sens &

Cela en dépit du bon sens

Qui sait qu'tout cela n'a

En fin de compte nul sens

 

9.

Bref ce que veut Macron ce serait

Une génération sans tabac & aussi

Une génération sans bistrot & pis

Une génération sans controverse &

Une génération bien apprenante et

Une génération bien résiliente et

Une génération bien pensante bien

Votante bien gentille bien docile

Bien respectueuse de nos élites &

Une génération pas trop politique

Genre République En Marche un peu

PS un peu LR un peu fourre-tout &

Une génération de ni-nis niais et

Une génération qui n'se moquerait

Pas de Lui sur Internet et qui ne

Se moquerait plus du sot Blanquer

Une génération sans réseau social

Civique et sans lutte des classes

Une génération sans gilets jaunes

Sans drapeau noir sans poing levé

Ni stylos rouges mais bossant des

Heures des heures et des heures &

Des heures & encore & par paquets

D'dix dans le on n'sait quoi d'la

Start Up là à la Start Up Nation.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 6 février 2021.

 

4 février 2021

ET C'EST QUI QUI A FAIT TOMBER SA MOUMOUTE DANS LA SOUPE A L'OIGNON

ET C'EST QUI QUI A FAIT TOMBER SA MOUMOUTE DANS LA SOUPE A L'OIGNON

 

1.

« Avec une idée d'outre-terre

Serrée sur son cœur chevelu »

Ecrivit Artaud du temps où il

Correspondait avec Rivière Il

Scribait déjà étrange Artaud.

 

Avec on n'sait quel ange ou démon

Une drôle de lumière dans la tête

Idée zébrant folle sa cervelle et

Alors une lame jaillit d'ses yeux

Alors moi j'me tranche de jambon.

 

Idée zébrant folle sa cervelle et

D'outre-sens fusant parcourant la

Terre d'une pleine lune à l'autre

Alors une lame jaillit d'ses yeux

Et moi j'me tranche de saucisson.

 

Une drôle de lumière dans la tête

Serrée sa pensée cent fois remise

Sur le métier de l'invisible tout

A coup la lame jaillit d'ses yeux

Moi j'me rondelle des cornichons.

 

La lame jaillit d'ses yeux fendit

Son esprit tendu vers ce galop du

Cœur battant la campagne un astre

Chevelu fila dans l'espace & chut

Cheveu dans une soupe à l'oignon.

 

Météore une balafre un cheval fou

Corps tatoués & cicatrices & sang

12 moines eurent la tête tranchée

Du capitaine au cœur des ténèbres

Sauvignon fromton pis un brugnon.

 

2.

Alors le serpent glissa

Hors du saxophone & mit

En émoi tout le cabaret

 

3.

Alors l’œil dans l'assiette

Cligna et i s'sentit mal ne

Put finir le canard au sang

 

4.

Alors la lune s'ouvrit et il en tomba

Une légion d'araignées qui envahirent

La terre & colonisèrent nos cervelles

 

5.

Alors un péquin se pointa avec un pangolin

Un dragon microscopique parcourut le monde

En tout sens infectant têtes et poitrines.

 

6.

Alors Blanquer réforma et on pensa

Quoi qu'c'est qu'tout ça Il sembla

Qu'on assassinait le baccalauréat.

 

7.

« Somme people call me the space cow-boy »

C'est l'premier vers de The Joker du Steve

Miller Band que si ça s'trouve c'est s'gus

Là qui a ramené la vache du Pink Floyd qui

Nous zieute d'sa lointaine pâture anglaise

 

8.

Ce n'est pas parce que l'on écoute Tubular

Bells de Mike Oldfield qu'des adolescentes

Prépubères lentement tournoient au plafond

 

9.

Alors la jeune fille brune me parla en

Yiddish je lui dis que je n'comprenais

Pas alors elle sourit & tourna la tête

 

10.

Alors sur la route dans la nuit une voix

Ce n'est pas Marie-Madeleine qui te suit

C'est bien toi qui suis Marie-madeleine.

 

11.

Alors il dit Un capitaine fut décapité

Douze moines eurent la tête tranchée &

Pourtant les poules du couvent couvent

 

12.

Alors une femme à tête de louve entra

Dans la pièce & dévora le narrateur &

Du livre ouvert le sang le sang coula

 

13.

Comme des chauve-souris commençaient

A me battre la campagne en d'dans je

M'dis Bon faudrait aller me coucher.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 4 février 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

24 janvier 2021

DEFOIS DIS JE ME DIS

DEFOIS DIS JE ME DIS

1.

Défois dis je me dis y a

Qu'le drapeau noir celui

Des anarchistes qui m'va

Ou qui m'irait car chuis

Pas vraiment de gauche &

C'est le cas de beaucoup

De Français qui l'ont le

Respect de l'ordre quand

Même mais qui parfois se

Disent qu'y en a marre &

Qu'c'est quand même bien

Pourri ce système là qui

Fait qu'il y en a i sont

Tout plein d'sous et des

Avantages à la naissance

Et d'autres qui galèrent

Toute leur vie à écouter

Les leçons de morale aux

Macron Olivier Duhamel &

Consorts qu'en fait sont

Bien salopards parfois &

Macron j'sais pas à quel

Point mais moi je l'aime

Pas bien le Macron qu'on

Voit quand même qu'ça le

Fait bicher le pouvoir &

Les honneurs tout ça des

Conneries oui qu'le v'là

Bien maintenant avec une

Crise Covid qui le fiche

Par terre le pays & même

Qu'on a appris qu'l'Etat

Avait pas prévu assez de

Masques ni assez de gens

Pour travailler dans les

Hôpitaux publics de lits

Non plus pas assez qu'le

Pognon de dingue au lieu

De l'claquer dans le SNU

Que Service National pis

Universel dis qu'ça veut

Dire l'ânerie & la sotte

Réforme à Blanquer sotte

Réforme de la retraite à

Points pis l'allongement

Des études toujours plus

D'études qu'on s'dit ils

Savent vraiment plus que

Faire des jeunes que les

Voilà tous étudiants les

Jeunes qu'en ce moment i

Zont pas trop l'moral et

Même qu'on dit qu'y en a

Qui se suicident dors-tu

Content Meirieu qu'à mon

Avis ils doivent cogiter

& Commencer à s'demander

Si le gouvernement ne se

Ficherait pas d'eux hein

Défois qu'eux zattendent

De passer du diplôme qui

Si ça s'trouve à rien du

Tout qu'ça va servir les

Diplômes que du boulot y

En aura d'moins en moins

Vu que l'Etat comme on a

Vu fut si prévoyant puis

Perspicace que la France

Elle s'effrite que c'est

Tout brouillard l'avenir

Qu'ça pourrait donner du

Curieux aux élections du

Genre extrémiste qu'on y

Croit pas a priori qu'il

Suffit d'pas grand chose

Sans doute pour que tout

Dérape dérive dégringole

Donc leurs leçons à tous

Ceux là qui gouvernent &

Croient savoir pis qu'on

Nous dit faut en fournir

Des efforts pis pourquoi

Pour que les puissants i

Soyent plus puissants et

Qu'nous on a que miettes

Et peanuts leur moraline

Aux grands perchés là je

M'en tamponne la boîte à

Souvenirs et que même si

Souvent d'politique j'en

Cause en fait m'en fiche

Que je vote même pas pis

qu'j'les méprise de tout

Mon haut ces andouilles.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 24 janvier 2021.

8 janvier 2021

COVIDIENNES DU 8 JANVIER 2021

COVIDIENNES DU 8 JANVIER 2021

1.
C'est par le travail que les gens accèdent à l'autonomie. Reculer sans cesse l'âge d'entrée dans le monde du travail revient à condamner un grand nombre de jeunes gens à rester dépendants du pouvoir d'un système éducatif hypertrophié.

2.
L'un des grands problèmes auquel doivent faire face les sociétés actuelles est l'évaluation de la part critique liée à la transition numérique qui obligerait (pourquoi ?) et c'est notable en France, à un allongement de la durée des études supérieures.

3.
Ce dont ne s'aperçoivent pas (ou qu'ils feignent simplement d'ignorer) bon nombre de ministres de l'éducation nationale, c'est que toute une classe intellectuelle a accepté, pour tout simplement vivre, d'occuper des fonctions d'enseignement. Lorsque cette classe intellectuelle a l'impression qu'une xème réforme va encore plus les assujettir au système éducatif, il n'est dès lors pas étonnant qu'elle rechigne, voire entre en résistance.

4.
« Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » (Montesquieu, « De l'Esprit des lois »)

5.
Plus une société est complexe, plus la nécessaire séparation des pouvoirs est contredite par la multiplication des interdépendances. Plus une institution est puissante, plus elle produit des interdépendances jusqu'à sans doute atteindre un état critique que l'institution, dès lors hypertrophiée, gère comme elle peut.

6.
« Pour pouvoir figurer la forme logique, il faudrait que nous puissions, avec la proposition, nous placer en dehors de la logique, c'est-à-dire en dehors du monde. » (Wittgenstein, « Tractatus logico-philosophicus » trad : Gilles-Gaston Granger)

7.
Expliquer, c'est tenter de réduire le réel à une suite logique de propositions. C'est ainsi que nous croyons pouvoir expliquer ce qui est essentiellement irrationnel, le comportement humain.

8.
On explique bien souvent les erreurs du passé par l'ignorance. On en a déduit que plus l'humanité serait éduquée, moins elle ferait d'erreurs. C'est possible, mais l'irrationalité est si répandue dans le monde que l'humanité n'aura pas le temps d'arriver à l'âge de raison : l’irrationalité dominante l'aura tuée avant.

9.
L'une des idées sous-jacentes du pédagogisme est que plus la société sera éduquée, plus elle sera juste (ce qui reste à prouver) et moins elle sera irrationnelle. Il est curieux que cet humanisme serve surtout à ce qui est sans doute très irrationnel : la massification de l'enseignement supérieur.

10.
Tout l'art du politique est d'éviter, en période de crise, de devenir le bouc émissaire d'un peuple courroucé. Ainsi, dans cette période de crise déclenchée par un singulier manque de prévoyance sanitaire, certains politiques en sont venus à rejeter la faute sur le comportement inconséquent des Français.

11.
L'ordre peut très bien se passer des libertés individuelles cependant que les individus ne peuvent exercer leurs libertés que dans le cadre des lois. C'est ainsi qu'en période de crise, l'Etat peut en venir à suspendre bien des libertés individuelles, en prenant bien sûr bien soin de préciser que cette suspension est toute provisoire.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 janvier 2021.

 

 

 

 

 

 

4 octobre 2020

CHRONIQUE DU 4 OCTOBRE 2020 SUITE

CHRONIQUE DU 4 OCTOBRE 2020 SUITE

 

 

  1. La mondialisation et le multiculturalisme se trompent en sous-estimant la puissance des structures mentales identitaires. Héritage de plusieurs siècles, elles ne sont jamais que masquées par une relative bienveillance de bon aloi en période de croissance économique. Que la crise latente se réveille (ce qui est le cas actuellement) et cette « bienveillance » s'estompe pour laisser la place à des schémas de pensée bien plus profonds qui se manifestent parfois violemment en opposition à des discours qui paraissent soudain technocratiques et déconnectés du réel.

  2. L'éducation nationale semble se prendre de passion pour les statistiques. Tactique toc pour enfumer l'électeur par des considérations pseudo-scientifiques. Il faut bien donner du travail aux diplômés en sociologie, sinon on s'apercevrait de leur inutilité.

  3. « Actuellement les personnes qui décèdent ont majoritairement plus de soixante ans et la grande majorité d'entre elles sont infectées par leurs enfants et petits-enfants, qui eux s'infectent dans des lieux de promiscuité. C'est un tribut très lourd que payent les familles. » (Karine Lacombe dans l'émission « C dans l'air », octobre 2020).

    Covid-19, cercle vicieux : Où enfants et petits-enfants contractent-ils le virus ? A l'école. Impossible de fermer les écoles sans reconfiner et mettre ainsi par terre une bonne partie de notre économie. « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » Oui.

  4. Début octobre 2020, le président Macron présenta les grands lignes de son projet « anti-séparatisme ». J'en compris qu'il y aurait bientôt plus d'élèves musulmans dans les écoles qu'aujourd'hui. J'en vois bien le pari : celui de l'école inclusive, aussi de l'école de la confiance. J'en vois aussi les dangers : celui de l'entrisme islamiste et que l'école devienne un grand fourre-tout multiculturel. Je sais bien qu'on n'y coupera pas (démographie oblige) mais ça me désole. Restent les lycées privés.

  5. Les projets « anti-séparatisme » de Macron déplaisent à certains musulmans qui y voient une volonté gouvernementale de laïcisation et de sécularisation de l'islam et « en même temps » déplaisent à beaucoup de non-musulmans qui y voient un danger d'entrisme islamiste, voire les prémices d'un « grand remplacement ».

  6. Pour ma part, je ne vois que très peu de différences entre l'idéologie du pédagogisme et la gestion actuelle de l'éducation nationale par le ministère Blanquer : même prêchi-prêcha « citoyen », même obsession du contrôle continu aux dépens de l'examen anonyme et national, même volonté de faire rentrer le maximum « d'apprenants » dans la lessiveuse des études supérieures, même réformite, même goût pour la technocratie linguistique (jargon-novlangue), même prétention à savoir mieux que les enseignants de terrain ce qui est bon pour les élèves, même verticalité, même condescendance.

    Et il est bien possible que la réforme Blanquer fasse perdre autant de voix à la Macronie que le pédagogisme en a fait perdre à la gauche.

  7. Je pensais naguère que la massification de l'enseignement supérieur correspondait à la mise en place d'une variable d'ajustement du chômage. Je pense maintenant que cette massification vise à empêcher révoltes et effondrement d'un deplus en plus relatif consensus social. On en est donc là, une gestion du surnombre par la déqualification des diplômes.

  8. Tous à la fac !... Allez, y a pas d'avance passqu'y a pas d'boulot... faut diplômer... entassez-vous les masques... connectez, jeunesse !... En attendant qu'les Chinois rachètent Brest et l'appel du vendredi... O dis, vendredi, le jour du poisson, le signe sur les portes... un genre d'infini, O sainte farce !

  9. Les gens me marrent ! Découvrent kiy'en a qui dominent, kiy'en a dominés ! Revendiquent contre ! Rouspètent la gouvernance ! Pis quoi, deviennent à leur tour dominants et s'font dominer par d'autres dinosaures à statistiques et connexions ! Condescendé le petit prof ! Son chef itou, condescendé !

  10. Défois je préférerais écouter du rock plutôt que d'les écouter, les bienveillants à condescendance diplômée mais que j'te les écoute quand même, j'vois bien qu'ils s'enfoncent, i bricolent dans l'pandémique et sourient quand même Jaunes i sont.

  11. Xavier Bertrand, s'il s'amène aux présidentielles 2022, il a des chances on dit. Macron battu ? Comment qu'elle va faire Marine pour surtout pas gagner ? Second tour : Bertrand versus Macron ? A condition qu'les LR psychotent pas avec des primaires à la Fillon 2017...

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 octobre 2020.

6 septembre 2020

LES YEUX VOUS TROUVENT

LES YEUX VOUS TROUVENT

 

  1. Je ne regarde pas les gens quand je les croise
    Ils vont m'envoyer leur pensées
    Vont me télépather me téléattraper me télérapter
    Je ne regarde pas les yeux qui flottent dans la rue.

  2. Vais bientôt rentrer chez moi
    Faut que j'me méfie de l'autre assoiffée mon ombre
    Défois mon ombre me fourvoie veut que j'me noie
    Dans un bocal à pensées circulaires
    Un aquarium à trognes.

  3. Je ne suis pas tombé dans l'escalier
    Ma tête ne s'est pas brisée
    Il ne s'en est pas échappé des lézards
    Ce n'est pas mon sang qui a coulé
    A flanqué le feu à la baraque.

  4. Je n'ai pas la tête en forme d’œil géant
    Je n'ai pas la tête en forme d’œuf du serpent
    Je n'ai pas la télé dans ma tête
    Ce n'est pas la télé qui m'a dit
    De faire ce que je n'aurais pas dû.

  5. Il faut faire attention aux soucoupes volantes
    Les soucoupes volantes renversent le café
    Dans le ciel qui devient tout brun
    C'est la faute aux petits gris à gros yeux
    C'est la faute à leur musique de Résidents
    Si le jour tous les jours i tombe dans le puits.

  6. A force de chuter je vais finir par m'écraser
    Sur le tapis du salon il y a déjà mon père
    Il y a déjà ma mère et tous ceux qui
    Tous ceux qui tous ceux qui ont fini par s'écraser
    Sur le tapis du salon et sa faune impalpable.

  7. J'ai perdu ma biscotte et suis resté avec le couteau
    Ça n'excuse pas la gorge ça explique
    Quand je perds ma biscotte tout se complique
    Y a des biscottes plein la rue elles me narguent
    Font rien qu'à me narguer me moquer me casser
    Faut que j'les rattrape.

  8. Défois on cause de l'autre et de soi
    On croit qu'on dit qu'on dit rien
    On croit qu'on sait qu'on sait rien
    Un chien passe dans la rue avec un chapeau
    Il vous salue bien bas et du chapeau sort un lapin
    Qui vient vous trancher la tête avec sa hache sa hache sa hache.

  9. Défois grosse tête fêlée
    Défois la lune elle s'ouvre et à flots
    En sort des araignées à flots à flots à flots
    Chutent sur la terre vous mouchent dans leurs toiles
    On n'en parle pas on parle d'autres tremblements.

  10. Nous vivons masqués
    Nous nous reconnaissons aux yeux
    Jamais les yeux n'ont vu tant de yeux
    Quand nous ôterons nos masques
    Nous redeviendrons des lézards.

  11. Le Virus est peut-être un dieu
    Echappé d'une chanson des Résidents
    Peut-être le dieu Virüs fut-il révélé par Magma
    Peut-être Magma révèle-t-il tous les noms
    De tous les dieux qui se répandent dans le monde.

  12. Des êtres mutilent des chevaux
    On dit qu'ils connaissent les chevaux
    On dit qu'ils ne sont pas sans force
    Peut-être que certains de ces êtres finiront dans le néant
    Un gros trou dans leur corps.

  13. L'ombre est pleine d'yeux
    Il ne faut pas les chercher
    Quand les yeux ont à faire avec vous, les yeux vous trouvent, vous fixent, vous épinglent
    Vous finissez brûlés par la flamme que vous hantez.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 septembre 2020

5 août 2020

CHRONIQUE DU 5 AOÛT 2020

CHRONIQUE DU 5 AOÛT 2020

 

 

  1. « Ah bin v'là aut'chose ! C'est pas vrai ça, quand même ! » s'exclama la mère Denis constatant qu'un extra-terrestre ultra-bourré avait confondu sa machine à laver (une Vedette) avec son aéronef interstellaire de service.

  2. Ceci dit, je me souviens de Jacques Bergier disant : « Il n'y a pas plus d'ovnis que de beurre dans le placard » (ou quelque chose dans le genre) Or, pourquoi n'y aurait-il pas de beurre dans le placard ?

  3. Entendu dire que selon Jacques Bergier, les OVNIS n'étaient pas de nature solide, mais de nature holographique. Donc, la question est : qui publie dans le ciel des hologrammes d'aéronefs flottants et ceci, sans doute, dans le but d'épater le badaud et de leurrer l'adversaire ?

  4. A mon avis, ceux qui nient la réalité de la pandémie du Covid raisonnent à peu près comme ceux qui nient la réalité des chambres à gaz et de la Shoah. Même essentialisme délétère. Même complotisme identitaire.

  5. Viens d'entendre à la radio cette chanson nouvelle : « Ce n'est pas la fin du monde / Rassure-moi / Ce n'est pas l'hécatombe / de si bon matin ». Eh oui, on en est là quand même.

  6. « L'obéissance sans l'esprit de liberté est ce qui donne prétexte à toutes les sociétés secrètes. » (Kant traduit par Guillermit, « Théorie et pratique »).

    Que l'on remplace « sociétés secrètes » par « communautarismes » et le problème apparaît : certains n'admettent pas que des libertés liées à leur culte ou leurs coutumes leur soient refusées. D'où conflit, repli identitaire, contestation et négation des lois de la république.

    L'éducation nationale est censée pallier les communautarismes. Elle semble cependant étrangement paralysée par des conflits internes, des injonctions contradictoires, et une bienveillance qui confine trop souvent à la complaisance.

  7. Le sentiment d'insécurité augmentant en France (parlons franc : la société semble en passe de se fracturer). L'insécurité économique étant liée à l'augmentation du nombre de faits de délinquance, il faudra, à mon avis, que le gouvernement fasse preuve de pragmatisme.

    Pour le coup, bien qu'étant libéral, je pense qu'il faudra sans doute que le gouvernement multiplie les emplois aidés. Cette mesure ne peut être que provisoire, mais pour éviter que les quartiers flambent, cela m'apparaît urgent.

  8. Il vaut mieux favoriser des emplois aidés plutôt que de parquer des centaines de milliers d'étudiants dans des universités, où ils risquent bien de perdre leur temps, et cela avec fort peu d'espoir d'une formation qualifiante et utile aux besoins de la vie courante des Français.

    C'est donc à un changement de direction qu'il faut procéder et redéployer une partie du budget de l'enseignement supérieur et de l'éducation nationale afin d'assurer un accès post-bac à un emploi aidé, complété, le cas échéant, par une formation dispensée par un organisme agréé.

    A mon humble avis, cela urge. Si des mesures dans ce sens ne sont pas rapidement prises, je crains, la crise s'aggravant, que notre pays connaisse bientôt des troubles sociaux bien pires que ceux que nous avons connus durant la crise des Gilets Jaunes.

  9. Je me félicite que la France ne ratifie pas le traité d'extradition avec Hong-Kong. Que les autorités chinoises respectent le droit des Hongkongais et elles pourront demander la signature de la France.

  10. « Embrasse la main que tu ne peux pas mordre » est une maxime vraiment vraiment vraiment redoutable.

  11. « d'autre part il n'est pas de paix qui dure assez longtemps pour permettre à l'économie qu'elle rend possible, d'égaler les dépenses exigées par la guerre suivante »
    (Kant traduit par Guillermit, « Théorie et pratique »)

    C'est sur ce « Si vis pacem, para bellum » perpétuel, sur les intérêts géostratégiques et l'industrie de l'armement que se fonde l'économie mondiale actuelle.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 août 2020.

1 août 2020

CHRONIQUE DU 31 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 31 JUILLET 2020

 

 

  1. Entendu cette phrase sur France Culture prononcée par un Britannique : « En fait, nous sommes tous d'accord en ce qui concerne les laissés pour compte. Mais nous ne savons pas comment régler ce problème. » Ce qui est vrai pour l'Angleterre est vrai aussi pour la France.

    Bien entendu, il ne manque pas d'extrémistes de tout bord pour vous donner des solutions toutes faites, qui passent toutes, à l'extrême- droite comme à l'extrême-gauche, par une sorte de révolution qui fera bien des victimes sans garantie de réussite.

  2. « Le pré est vénéneux mais joli en automne
       Les vaches y paissant
       Lentement s'empoisonnent »
       (Apollinaire, « Les colchiques »)

La vision des « vaches » par Apollinaire est scandaleuse : elle suppose que les vaches sont sans éducation et que c'est par ignorance qu'en broutant des colchiques, « lentement », elles « s'empoisonnent » alors que c'est par désespoir, évidemment, de vivre dans un monde si carnivore.

  1. J'aime bien la vision joyeuse que dans « La maison des morts » Apollinaire a de la mort, qu'un « écho » arrivant de l'autre rive permet des « questions si extravagantes / Et des réponses tellement pleines d'à-propos / Que c'était à mourir de rire » : Manquent pas d'esprit, les esprits.

  2. Ce qui est inscrit en creux dans la loi sur la PMA pour toutes c'est qu'il vaut mieux un enfant désiré, respecté, éduqué par un couple lesbien plutôt que l'enfant né d'une union traditionnelle, mais dont l'existence ne serait motivée par les allocations familiales.

    Mais bien entendu, les contre-exemples, d'un côté comme de l'autre, ne manqueront pas car la réalité est souvent plus complexe que le plus subtil des textes de loi. Que l'on songe à ceci pourtant, qu'il y a fort peu de choses qui relèvent du naturel, et surtout pas le droit.

  3. Ayant conscience que la surpopulation mène l'humanité à sa perte, il m'arrive de me demander ce qui pousse l'espèce humaine à se reproduire ainsi, jusqu'à saturation, pression migratoire de plus en plus forte, troubles sociaux, montée des périls...

  4. « Comme si je visais l'oiseau de la quintaine » défois comme il dit Apollinaire, je fonce, j'malzieute, j'me goure et plante et ratatam rétamé le p'tit chevalier dans sa tête.

  5. Faut quand même le faire pour aller « brûler » parmi les « templiers flamboyants » que faut être « feu » pour se faire feu. Apollinaire ne dit pas autre chose remarquez qu'il dit que la girande, qui est un faisceau de gerbes, ici de flammes, « tourne, ô belle ô belle nuit ».

  6. Ah les gens de droite (et je suis de droite) avec leurs valeurs, leurs traditions, leurs essentialismes idéalistes et sentimentaux parfois, leur France éternelle (quelle blague!)), le jour où ils s'avoueront qu'ils doivent leur (bons) heurs et malheurs à l'industrie de l'armement et aux investissements parfois curieux de nos grandes banques (parmi les meilleures du monde, eh oui), vont-ils voter à gauche ? (en tout cas, moi pas).

  7. Lorsque, le 31 juillet 2020, Eric Dupond-Moretti lance aux députés : « Personne ici n'a le monopole de la famille », il a raison en ce sens que ce n'est pas à l'Etat de définir ce que doit être une famille cependant qu'il est de son ressort de légiférer sur l'évolution de la société.

  8. Parce que l'écoute d'une ritournelle, de quelques notes, nous rappelle soudainement un passé indéfini, la musique relève de la nostalgie ; que l'on distingue ces quelques notes de cette nostalgie et un malaise s'en dégage, comme si nous soulevions une dalle pour ne rencontrer que le vide.

  9. Ce qui effraie lors d'un événement dramatique, en particulier lors d'un attentat, c'est autant le choc produit par cet inattendu tragique que la conséquence que nous en tirons immédiatement : Si une telle chose est possible, que va-t-il nous arriver ?

  10. Un fait divers n'est pas un événement, mais un indicateur, un symptôme. C'est la répétition de faits divers similaires qui produit l’événement : par exemple, les sentiments d'insécurité et de perte d'identité peuvent amener un parti populiste au pouvoir.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er août 2020.

25 juillet 2020

DE LA SUBSTITUTION DU CONCEPT PAR SA CONDITION

DE LA SUBSTITUTION DU CONCEPT PAR SA CONDITION

 

 

  1. « Le concept du devoir dans toute sa pureté » : dans ce début de phrase, Kant (traduit par Guillermit) rappelle que la qualité d'un concept est dans sa pureté.

  2. Si l'on désigne le concept par A et si l'on désigne par « x » la pureté de A, nous dirons donc que « x » est inhérent à A, ou que « x » est la condition de A, mais si « x » est la condition de A, A est-il la condition de « x » ? Il y a-t-il concept dès qu'il y a pureté ?

  3. Y a-t-il concept dès qu'il y a pureté ? Lorsque je parle par exemple de la « pureté d'une phrase » ou « de la pureté de la langue d'un auteur », à quoi fais-je référence sinon au concept de pureté du langage, cependant que l'emploi de ce concept suppose un jugement esthétique : ce que l'on appelle ici « pureté » peut-elle être simplement « pauvreté d'expression », « degré zéro de l'écriture » ?

  4. La mort est-elle un concept ? Ou n'est-elle jamais qu'un état ? Parler de la pureté de la mort n'a-t-il de sens qu'en poésie, cependant que je puis désespérément affirmer une « pureté de la mort » face aux compromissions du réel. C'est sans doute ainsi que raisonne Antigone.

  5. La pureté est-elle la manifestation du concept ? Ainsi, la violence d'un meurtre, la violence pure, dans laquelle n'apparaît aucun signe d'empathie, d'hésitation éthique, est-elle la manifestation du concept de Mal qui serait ici compris au sens de « Mal absolu » ?

  6. L'on voit que le terme « pureté » pourrait aisément se substituer au terme de « concept ». Autrement dit, « x » étant la condition nécessaire et suffisante de A, « x » serait employé pour A. Ce tour de passe-passe logique est fort utile aux sectaires, qui encouragent leurs disciples à commettre des meurtres en fonction de la pureté de leur foi.

  7. Si je désigne par F le concept de la foi et si j'attribue à F la qualité nécessaire et suffisante « y » de « l'obéissance absolue à F », il devient dès lors aisé de convaincre le croyant de, par exemple, commettre un crime au nom de cette foi, puisque dès lors « y » se confond avec F de telle sorte que qui n'obéirait pas aveuglément trahirait sa foi.

  8. Comment empêcher cette substitution du concept par le nécessaire et le suffisant ? Comment empêcher que « x » n'oblitère A ? Probablement faut-il chercher dans l'emploi quotidien que nous faisons des concepts. Autrement dit, utilisons-nous toujours les concepts de façon pure ?

  9. Je note que les mathématiques, ou encore la musique, se caractérisent par la pureté de leurs systèmes de notation. Puis-je dire que mathématiques et musique sont de purs arts conceptuels ? Est-ce que cela a un sens en mathématiques de dire que « x » oblitère A et que la condition nécessaire et suffisante se substitue au concept ?

  10. Puis-je dire que l'ensemble des signes qui constituent le langage mathématique participe de sa définition de telle sorte que la condition nécessaire et suffisante du langage mathématique est l'emploi logico-mathématique de l'ensemble de ces signes ? Autrement dit, le concept de mathématiques n'existe-t-il que parce qu'il existe un ensemble ouvert de signes qui le définissent ?

  11. Je note qu'il en est de même pour les codes et les langages informatiques, lesquels n'existent en tant que concepts qu'en raison de la création d'ensembles de signes (pourrait-on parler aussi de processus?) qui permettent codage et utilisation des langages informatiques. Autrement dit, le concept est ici l'ensemble des signes du code.

  12. Je note aussi qu'il me semble que cette possibilité conceptuelle est l'apanage de l'humain. Peut-on parler de « code » en parlant du langage des animaux ? Intuitivement, on serait tenté de répondre par l'affirmative si l'on considère que les animaux se manifestent les uns aux autres par des signaux. Mais ces signaux semblent innés et ne correspondent donc pas à la notion de système ouvert créé par les humains : l'humain peut toujours ajouter de nouveaux signes, de nouvelles conventions d'écriture à tel ou tel code.

  13. Utilisons-nous toujours les concepts de façon pure ? Certes, il existe bien un « code pénal » et la philosophie du droit ne cesse d'affiner les définitions caractérisant la façon dont on doit juger des conflits humains. En ce sens, la Justice apparaît comme un concept dont la pureté ne cesse d'être convoquée, mais il est aussi que l'humain, si rationnel et raisonnable soit-il, vit aussi en réagissant.

  14. Les réactions humaines sont-elles les conditions d'un concept spécifique ? Serait-ce se montrer essentialiste que d'affirmer que les réactions de l'humain définissent le concept d'humanité ?

  15. Deux conceptions dès lors s'affrontent : une conception relativiste qui voit en l'humain une infinité de réactions de tous ordres (des plus admirables aux plus « inhumaines ») face à une conception positiviste (ou encore humaniste, ou universaliste) qui verrait en l'humain un ensemble de réactions à conditionner par l'éducation, la raison, la science, la politique etc...

  16. Utilisons-nous toujours les concepts de façon pure ? Vivons-nous en respectant scrupuleusement les conditions nécessaires et suffisantes des concepts qui définissent notre humanité (le Vrai, le Bien, le Beau, le Juste) ? Qu'en 1797, Kant se soit posé la question du mensonge dans un ouvrage intitulé « Sur un prétendu devoir de mentir par humanité » indique que la question mérite d'être posée.

  17. Vivons-nous en relativistes ou en positivistes ? Cette question permet-elle de rendre compte, ne serait-ce qu'en partie, des affrontements politiques actuels ? Lesquels, comme on voit, semblent de plus en plus âpres.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juillet 2020.

24 juillet 2020

NOTES SUR UN VERS DE MICHEL HOUELLEBECQ

NOTES SUR UN VERS DE MICHEL HOUELLEBECQ

 

 

 

  1. « Ma sœur était très laide à l'âge de dix-sept ans, »
    (Michel Houellebecq, « La Poursuite du bonheur » [le narrateur])

  2. Que signifie « être très laide à l'âge de dix-sept ans » ? Ce vers de Michel Houellebecq suppose un monde d'illusions, de déceptions, de frustrations et il est notable que quelques mots simples donnent ainsi à songer. Je note aussi que les gens sont souvent plus forts qu'on croit.

  3. Que signifie qu'un narrateur écrive « ma sœur était très laide » ? Il s'agit de poésie et l'on fait donc facilement la confusion entre auteur et narrateur. Il n'en reste pas moins que la poésie ici se livre au discours de l'intime.

  4. En parlant des gens, qu'appelle-t-on laideur ? Qu'importe que l'on considère la beauté physique comme en soi ou relative aux conditionnements de notre programmation sociale, nous vivons en considérant que telle personne est agréable à regarder et que telle autre non.

  5. Je note qu'en matière d'esthétique nos goûts changent en même temps que change notre langue. Peut-on considérer que le français des classiques, le français du grand style des XVII et XVIIIème était porteur d'un goût supérieur à celui que sous-entend notre français moderne ?

  6. Le français du grand style est beau en l'usage qu'il fait des règles et des mots ; c'est une manière de jouer joliment des signifiants, cependant que les signifiés vivaient leur vie dans un réel dont nous sommes les héritiers et les critiques.

  7. Que le français du grand style soit beau est un jugement, je crois, largement répandu cependant que d'ici un siècle ou deux, il n'apparaîtra sans doute ni beau, ni laid mais « objet d'étude » à la manière dont nous lisons le français des romans de Chrétien de Troyes.

  8. On pourrait sans doute reprocher aux pouvoirs publics de laisser le français se dégrader ; écrivant cela, je pense à ce français des « éléments de langage » et des expressions anglo-saxonnes qui semble tant réjouir les veaux du pré politique.

  9. Que l'on reproche au gouvernement de ne plus se soucier du maintien d'un français de qualité, fait de la langue un enjeu politique et nous n'oublions pas que si le grand style fut la langue de la noblesse (du Roi comme de La Fronde), il fut aussi la langue de Voltaire et de Rousseau.

  10. Considérer la langue comme un enjeu politique ne légitime-t-il pas que soient étudiés de près la langue technocratique de Macron and Co, la novlangue tant pédagogiste que ministérielle ainsi que les pré-supposés et les connotations du lexique des extrêmes.

  11. Si la langue est un enjeu politique, le ministère de l'éducation nationale ne serait-il pas bien inspiré d'augmenter à tous les niveaux le nombre d'heures de français, au lieu d'en faire parfois un simple auxiliaire d'un enseignement qui n'a parfois que l'apparence d'être professionnel ?

  12. Le constat de cette dégradation du français explique-t-il la prudence de l'Académie française dans ses recommandations et sa défiance envers les différentes réformes de l'orthographe qui, étant donné l'appauvrissement des lexiques, nous semblent souvent malvenues ? L'usage ne précéderait-il plus la norme ?

     

Patrice Houzeau
Malo, le 24 juillet 2020.

18 juillet 2020

EN CETTE BATAILLE

EN CETTE BATAILLE

 

 

  1. Je ne comprends pas pourquoi le président Macron ne procède pas à la dissolution de l'Assemblée. Il en résulterait une majorité probable des Républicains. Malgré un gouvernement de droite, il resterait Président, ce qui lui permettrait d'adopter une posture de sphinx (plus ou moins jupitérien). Il planerait au-dessus des partis et des basses contingences de la vie ordinaire des gouvernements. De quoi attendre sa réélection (il passe bien à l'international) en jouant les juges de paix.

  2. « Plusieurs se sont imaginé des républiques et des Principautés qui n'ont jamais existé », écrit Machiavel traduit par Barincou. Ces Républiques exemplaires, ces Principautés merveilleuses, certains en rêvent encore, pour le plus grand malheur de l'humanité.

  3. « Mais il y a un tel écart entre la façon dont on vit et celle dont on devrait vivre, que celui qui abandonnera ce qui se fait pour cela qui devrait se faire, il apprend plutôt à se perdre qu'à se conserver », a écrit Machiavel. Dans cette bataille infinie là, celle des désirs, la chimère de l'utopie dévore bien des rêveurs.

  4. Défois, la porte, elle est fermée, on comprend pas pourquoi : « Un flot de jour entra. Je m'élançai sur la porte par où cet être était parti. Je la trouvai fermée et inébranlable. » (Maupassant, « Apparition » [le narrateur])

  5. Ce que nous cherchons, ce dont nous avons la nostalgie, c'est ce fugace moment d'exaltation qui précède l'hybris.

  6. Quand on prend des vers pour des larmes, on pleure pour un rien, vaut mieux pas s'adonner à la poésie : « Et les vers de Villon me montèrent aux lèvres, ainsi qu'un sanglot » (Maupassant, « La Chevelure » [le narrateur])

  7. Défois les gens i rient de choses qu'on comprend pas et plus i comprennent qu'on comprend pas, plus i s'marrent : « Quand je relevai les yeux après avoir lu ce message énigmatique, je vis Holmes glousser de joie. » (Conan Doyle traduit par Bernard Tourville, « Le Gloria Scott » [Watson])

  8. Tiens, c'est amusant, dans cette phrase d'Exbrayat, tous les prénoms commencent par « F » : « Félicité marchait en tête suivie de Fabienne et Florence allant côte à côte, Fulvie ensuite et Fanny fermait la marche en compagnie de François. » (Exbrayat, « Félicité de la Crois-Rousse »)

  9. Défois les parfums vous revenant à l'esprit sont si forts qu'on croirait sentir des fantômes.

  10. Défois les gens ont des sourires de cadeau empoisonné. On dirait des politiques, ou des banquiers.

  11. « L'Etat, c'est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi, l'Etat, je suis le Peuple. » Chaque fois que je lis cette phrase de Nietzsche, je me vois dans la tête la massive statuette, forgée dans un métal inconnu et sombre, de quelque dieu ancien et maléfique (ça s'voit à la gueule qu'il fait) d'une nouvelle de Lovecraft.

  12. Les mathématiques sont une stratégie, qu'on peut compter les morts avec : « - Statuerons-nous, alors, dis-je, en disant que c'est un enseignement des plus nécessaires à l'homme de guerre que de pouvoir calculer et compter ? » (Platon traduit par Georges Leroux, « La République », VII)

    Patrice Houzeau
    Malo, le 18 juillet 2020.

15 juillet 2020

UNE POIGNEE DE PETITES HANTISES

UNE POIGNEE DE PETITES HANTISES

 

 

  1. Qu'une porte soit fermée clôt l'espace et signifie que nul n'entre s'il n'est déjà entré ou plus tard, à moins que n'entre l'invisible traversant la matière.

  2. Qu'une porte soit ouverte ouvre l'espace et signifie que quelqu'un, peut-être, entre ou vient d'entrer ou sur le point, à moins que n'entre l'invisible pour lequel il importe nullement que porte soit fermée ou ouverte.

  3. Qu'une fenêtre se mette à penser et à révéler à haute et claire voix ce qu'elle voit n'implique pas que toutes les fenêtres soient dotées des mêmes facultés. On dira alors que cette fenêtre est envoûtée, ensorcelée, hantée.

  4. Pascal Quignard dans « L'Enfant d'Ingolstadt » écrit que « l'écrit met au silence la langue parlée ». On peut voir dans cette affirmation un écho à l'ancienne croyance selon laquelle les livres étaient faits de bouches cousues.

  5. Que l'écrit mette « au silence la langue parlée », comme le signale Pascal Quignard, relève d'un enchantement bien particulier. Certains croient que par l'intercession de sainte Parola ce charme peut être rompu et qu'un livre peut se mettre à parler aussi bien qu'une fenêtre.
    On notera cependant que ce recours est fort peu usité, car assez bruyant, d'autant que les auteurs ne sont pas toujours les bons lecteurs de leurs œuvres, et qu'il est un moyen moins surnaturel d'éveiller les syllabes et qui consiste à lire soi-même à voix haute.

  6. Dans le second intermède du deuxième acte de « La Balade du Grand Macabre » de Ghelderode, le Chœur dit : « Nous ne craignons pas d'être morts, nous redoutons de ne plus vivre. » C'est là propos de spectre, aussi étranger aux morts qu'il l'est aux vivants.

  7. « J'allai, entraîné par le squelette du hareng saur que j'avais grignoté peu à peu, devenant à mon tour un décharné ambulant qui faisait aboyer les chiens et frissonner les femmes enceintes. »
    (Michel de Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre », [Nekrozotar])

  8. Il y eut quelques initiés pour représenter le Temps sous la forme d'un hareng saur se balançant au bout d'une ficelle. Charles Cros consacra un poème à cette croyance.

  9. Si ça se trouve, les extra-terrestres qui passent par chez nous ne nous voient que sous la forme d'ombres errantes dans les ruines de nos civilisations disparues depuis quelques antiquités déjà.

  10. Il arrive qu'un visage bien vivant apparaisse dans l'assiette. Si sa bouche s'ouvre, méfiez-vous, c'est qu'elle s'apprête à vomir les couleuvres que jadis vous lui avez fait avaler.

  11. Pascal Quignard dans « L'Enfant d'Ingolstadt » rappelle que « les hommes de l'Antiquité criaient très fort trois fois le nom du mort dans la chambre silencieuse où son corps avait été allongé. » C'est ainsi qu'il semble parfois que l'on nous appelle.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juillet 2020.

14 juillet 2020

CHRONIQUE DU 14 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 14 JUILLET 2020

 

 

  1. « Pas un chemin de la pensée, pas même celui de la Métaphysique, ne part de l'être humain et de là ne s'élève à l'Être, ou inversement ne part de l'Être pour revenir ensuite à l'homme. »
    (Heidegger traduit par Aloys Becker et Gérard Granel, « Qu'appelle-t-on penser ? »)

  2. On peut penser façon sceptique
    que jamais bien qu'on ne cesse
    de ratiociner & de techniciser
    l'être humain on n'en arrive à
    l'Être et jamais divagant dans
    l'Être on n'arrive à le penser
    l'humain ce rêveur st'assassin

  3. L'humain, cette boucherie pensante.

  4. On disait le 14 juillet 2020 que Hong-Kong était une démocratie qui, depuis la promulgation de la loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine, était en passe de devenir une dictature.

  5. Même si Macron arrivait à redresser une économie maintenant chancelante, étant donné l'état d'incurie dans lequel le secteur hospitalier a été si longtemps laissé, tout ce que peut faire notre gouvernement n'est jamais que réparation de dommages qu'il a lui-même causés.

  6. Durant la crise du Covid, beaucoup dénoncèrent l'hyper-bureaucratie à l’œuvre dans les hôpitaux publics. On disait qu'il y avait autant d'administratifs que de médecins et qu'en France, pour 800 000 soignants, il y avait 145 000 administratifs. (source : France Info, Thomas Pontillon).

  7. L'erreur de considérer la Guyane comme une île peut peut-être s'expliquer par le fait que comme ils n'écrivent pas leurs discours eux-mêmes (eh non) et qu'ils ne font pas toujours attention à ce qu'ils lisent (eh oui), nos politiques en arrivent donc à débiter des sottises.

  8. A tous ceux qui pensent que chaque citoyen, quelque soit sa situation, devrait, si peu que ce fût, payer des impôts, je n'ai à répondre que ceci : fichez la paix aux pauvres.

  9. A tous ceux qui pensent que chaque citoyen devrait être mis dans l'obligation de voter, je n'ai à répondre que ceci : personne ne peut m'obliger à voter pour quelqu'un qui m'est radicalement étranger.

  10. Certains disent que lors de ses phases, la lune se dissout en partie, ne laissant qu'un mince croissant, et se dissolvant, elle s'immisce dans l'air et descend jusqu'à nous où, pénétrant par les narines, elle s'infiltre dans certains esprits.
    Lorsque la lune est pleine, qu'elle s'est reconstituée, les esprits, soudain privés de leur drogue nocturne, s'affolent. C'est l'heure redoutable des lunatiques.

  11. Certains, en ce 14 juillet 2020, disaient que le président Macron tentait de récupérer le jour de la fête nationale afin d'estomper la très mauvaise impression produite par les manques et les mensonges de l'Etat lors de la crise du Covid.

  12. La politique est l'art de faire croire que des gens radicalement étrangers les uns pour les autres pourraient vivre ensemble et constituer une nation. Cette fiction ne tient qu'en période de plein emploi ; en période de crise, elle n'est sauvée que par quelques-uns.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 juillet 2020.

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