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BREFS ET AUTRES
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4 mai 2026

MELENCHON BARDELLA TRUMP POUTINE LE CHAOS

MELENCHON BARDELLA TRUMP POUTINE LE CHAOS

 

1.
L'économie russe s'effondre. L'économie de la république islamique d'Iran s'effondre. Le mythe des BRICS, une association de pays émergents capables de déstabiliser l'Occident, a décidément du plomb dans l'aile. Et oui, le dollar continue de régner en maître.

 

2.
2022. Poutine se lance dans sa sale guerre en Ukraine et le régime des mollahs iraniens se signale au monde entier par sa barbarie et sa corruption.
2026 : Les raffineries russes partent une à une en fumée et le régime des mollahs est au bord du gouffre.

 

3.
Si Trump se fait rouler dans la farine par les mollahs iraniens, je ne pense pas que les gens d'affaires de Wall Street seront épatés par la publication des nouveaux documents « déclassifiés » sur les OVNI. Les électeurs non plus.

 

4.
24.04.2026. LCI ce matin. Paraît que le ministre actuel de l’éducation nationale (j’arrive pas à retenir son nom en plus que je m’en fiche) réfléchit à décaler le début des cours de 8 heures à 9 heures. Pour mieux respecter « les rythmes biologiques de l’enfant », ils disent. Jusqu’ici, ils ne s’en sont jamais trop préoccupés des « rythmes biologiques de l’enfant », et tout à coup, hein à l’éducation nationale ah la la comme ils s’en soucient, des « rythmes biologiques de l’enfant », que ça serait pas plutôt qu’ils prévoient de faire des économies en mutualisant toujours plus les moyens, c’est-à-dire, concrètement, en prévoyant un grand nombre de fermetures d’écoles, collèges, lycées des zones rurales pour envoyer tout le monde dans de plus grands établissements en ville. Et comme cela pourrait allonger toujours plus les temps de transport, c’est-y pas que l’éducation nationale nous rejouerait bien du pipeau breveté sur l’air des « rythmes biologiques de l’enfant » ? Les technocrates, ils nous prendraient pas pour des jambons, des fois ?

 

5.
24.04.2026. LCI ce matin. Paraît que depuis 2019 l’éducation nationale constate une dégradation du niveau en mathématiques des filles par rapport au niveau des garçons. Ah tiens, 2019… Ce serait pas l’année de la mise en œuvre de la sotte réforme Blanquer ?

 

6.
Pourquoi la république française est-elle exemplaire ? Parce ce qu’elle est une des seules à considérer qu’il est légitime de se moquer des dieux et à admettre le droit de blasphémer. Et c’est pour cela que la république française a tant d’ennemis, y compris sur son propre sol. Et dans cette affaire, une certaine gauche est en passe de vendre son âme pour un plat de lentilles et quelques faveurs électorales. N’est-ce pas, Mélenchon ?

 

7.
24.04.2026. La WW3 est maintenant déclarée et les Européens n’en ont qu’à peine conscience.
Soyons clairs : si l’Occident n’arrive pas à mettre au pas le régime assassin des mollahs iraniens, alors l’Occident aura perdu sa première bataille contre La Chine de Xi Jinping et la Russie de Poutine.

 

8.
Combien de temps faudrait-il pour que l’hyperpuissance américaine, Tsahal, la CIA et le Mossad éliminent la classe dirigeante du régime assassin des mollahs, ses officiers, ses financiers et ses agents à l’étranger ? 

 

9.
Négocier avec le régime des mollahs iraniens reviendrait-il à négocier avec un canard sans tête ?

 

10.
24.04.2026. Inénarrables experts du plateau de LCI lesquels, avant que Trump se décide à bombarder l’Iran affirmaient : Si Trump attaque, pas trop de problèmes avec le pétrole parce que l’Europe a su diversifier ses approvisionnements et n’est plus autant dépendante qu’en 1979 et, un mois plus tard, les mêmes d’alerter sur une crise majeure à venir si le détroit d’Ormuz reste bloqué, rapport aux prix des carburants qui ne peuvent ah la la que grimper.

 

11.
3.05.2026. Il semble que ce soient les redoutables Gardiens de la Révolution qui mènent actuellement la danse (macabre) en Iran. S’il veut vraiment mettre la main sur l’uranium enrichi, Trump devra-t-il reprendre les bombardements jusqu’à ce que le régime des Pasdarans tombe (faudra-t-il détruire les installations pétrolières de l'île de Kharg ? Faudra-t-il détruire le port de Bandar Abbas?) ou Trump devra-t-il aller le chercher via une opération spéciale très compliquée, très risquée, très audacieuse ?

 

12.
Économiquement la république islamique d’Iran est étranglée.
Militairement, les Gardiens de la Révolution peuvent encore faire des dégâts. Mais à chaque coup qu’ils donneraient, ils peuvent s’attendre à une riposte dix fois supérieure.
La question est : jusqu’à quel niveau de pertes humaines les Gardiens de la Révolution comptent-ils aller ?

 

13.
30 avril 2026. France : les temps sont incertains. La pauvreté gagne du trottoir. Bolloré s'enrichit. Dieu vomit les tièdes, dit-on. Mélenchon espère un second tour contre Bardella. Qui prête encore attention à ce que peut dire le nain Macron ?

 

14.
Enseignant en LP depuis plus de trente ans, j'ai souvent eu l'impression, réforme après réforme, injonction après injonction, de n'être que la marionnette d'intérêts politico-économiques qui m'échappent. Cette impression s'est singulièrement avivée avec la réforme Peillon/Hamon/Belkacem mais le pire étant, sans peu de doutes, advenu avec la sotte réforme Blanquer.
Où est la transmission des savoirs dans tout cela ? Ne riez pas, les tristes performances des élèves sanctionnées par des diplômes accordés un peu trop complaisamment préparent les petits chefs d'une barbarie à venir.

 

15.
L’extrême-gauche a raison, la révolution française a été confisquée par la bourgeoisie. Les effets s'en sont fait ressentir jusqu'à maintenant et il semble que cela s'accélère. Qu'y peut Mélenchon, qui est lui-même un bourgeois ? Moi qui ne suis ni d’extrême-gauche, et même pas de gauche, je comprends aussi qu'à droite, il n'y a plus guère de choix qu'entre bourgeois plus ou moins libéraux et ultra-bourgeois ultra-libéraux et ultra-conservateurs à en rappeler le rance et le pétainisme.  

 

16.
Prof je suis... ah la la... Y a des mômes, ils ont une vie de merde, vois-tu ?.... Le truc de l'institution, c'est de leur faire croire qu'avec un diplôme, ils auront moins une vie de merde, sais-tu ?.... Mais pour la plupart ils auront quand même une vie de merde, et d'ailleurs, ils le savent.

 

17.
Réarmez la France et alors elle aura du poids, de l'influence. Réarmez, Si vis pacem, para bellum. La bonne chanson à Macron, elle est bien gentille, mais elle suffit à peine. Réarmez la France, réarmez l'Europe, quoi  qu'il en coûte, sinon, nous sommes morts.

 

18.
Pour qui Trump travaille-t-il ? Non, parce que un blocus qui gêne surtout l'Occident plus des discussions « positives » avec Poutine, ce serait-y pas que POTUS Trump se fiche complètement du sort des démocraties européennes ?

 

19.
Démographiquement, face aux BRICS et à l'Afrique, l'Europe est une naine. De ce fait, les historiens à venir verront sans doute dans le repli identitaire des partis d’extrême-droite européens actuels une tentative de juguler les flux migratoires inévitables et une non moins inévitable remise en cause de la civilisation judéo-chrétienne, voire du modèle de la démocratie libérale.
Mélenchon et la LFI, étant tout aussi conscients du problème, ont décidé, puisque cette submersion migratoire paraît inévitable, d'en prendre leur parti et de militer pour ce que le courant mélenchoniste appelle la « créolisation » de la société.
Les partis « mainstream » et la sociale-démocratie sont dans le déni et aseptisent, édulcorent et niaisent aisément le débat.
Le souci étant que ni le RN ni la LFI n'ont l'air d'être si favorables à la démocratie et aux libertés individuelles. L'illibéralisme à la Trump ou à la Poutine va-t-il gagner l'ensemble de l'Occident ? 

 

20.
Je ne crois pas que le président Macron ait jamais cédé à la tentation de l'illibéralisme. Une verticalité un peu sotte parfois. Possible que Président Macron, dans sa dernière année de mandat, en vienne à méditer sur les bienfaits et les effets secondaires de la démocratie. La démocratie, briseuse de destins ? Sans doute.  

 

21.
3 mai 2026. Trump a-t-il perdu sa guerre contre le régime islamique iranien ? Apparemment oui. L'a-t-il fait exprès ? Apparemment oui. Est-il un traître ou complètement stupide ? La question reste ouverte.

 

22.
Pourquoi POTUS Trump n'a-t-il pas décidé de détruire les installations pétrolifères de l'île de Kharg ? Pourquoi n'a-t-il pas fait bombarder massivement (c'est-à-dire de façon continue et dans la durée) le port de Bandar Abbas et sa région ?
Autrement dit, pourquoi Trump ne s'est-il pas attaqué au cœur du problème (le financement du régime islamique iranien ?) De quoi, de qui POTUS Trump a-t-il eu peur ? Que s'est-il passé dans les coulisses entre Trump, Poutine et XiJinping ?

 

23.
Un an avant les présidentielles, état politique de la France : 
Bardella et le RN envisagent un pouvoir autoritaire de droite ;
Mélenchon et la LFI envisagent un pouvoir autoritaire de gauche ;
La sociale-démocratie se demande comment elle va pouvoir continuer à faire des affaires et à mettre de l'argent de côté.

 

24.
Il se dit en Occident que l'Ukraine continue de tenir la dragée haute à Poutine, que les pertes russes sont immenses et l'économie poutinienne au bord du chaos. Difficile de croire que l'Ukraine réussisse ce tour de force sans l'aide américaine. Trump joue-t-il double jeu ? Trump serait-il aimable avec Poutine, voire complaisant, mielleux pour mieux le poignarder dans le dos ? Et si ce n'est pas les Américains, ce serait l'UE ? Mais alors, cela voudrait dire que l'UE est tout à fait capable de se défendre, d'autant que, pour l'instant, on ne peut pas dire que la guerre actuelle menée par POTUS Trump contre le régime islamique iranien soit vraiment un succès.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 mai 2026.

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10 mai 2026

A UN AN DES PRESIDENTIELLES ET AUTRES UFO

A UN AN DES PRESIDENTIELLES ET AUTRES UFO

 

1.

A un an des présidentielles 2027, il se dit en France que Mélenchon pense pouvoir facilement remporter un second tour face à Bardella ou même Marine Le Pen. C’est que Mélenchon compte sur son expérience, sa connaissance des dossiers et un sursaut des Français face à l’épouvantail d’une possible arrivée au pouvoir de l’extrême-droite.

Le problème pour Mélenchon étant d’arriver au second tour, tant pour l’instant son image est entachée de cet autoritarisme d’extrême-gauche qui fait aussi peur que le caporalisme de l’extrême-droite.

 

2.

10 mai 2026. Récemment, sur LCI, Mélenchon a prouvé qu’il était au fait de bien des enjeux internationaux. La question est : jusqu’où irait son souci, - et à quel prix pour l’Ukraine ? pour Taiwan ? - de toujours mettre en avant le dialogue avec des Etats qui, de toute évidence, ne sont pas des démocraties (Chine, Iran, Russie, Algérie,…) ?

 

3.

Il est clair que si Mélenchon arrivait au pouvoir, la France se retirerait assez vite, voire très vite, de l’OTAN. Et Jordan Bardella, qu’en pense-t-il ? Sa vision est-elle aussi tranchée ?

 

4.

L’une des plus grosses batailles que Mélenchon aurait à mener, si jamais LFI arrivait au pouvoir, serait celle du contrôle de l’éducation nationale. En toute bonne logique, en cas de victoire de la gauche LFI, on peut s’attendre à une remise en cause radicale du statut de l’école privée, qui pourrait être contrainte de s’aligner sur les règles de l’administration centrale et du service public. Il n’est pas sûr que les Français, y compris à gauche, acceptent une telle uniformisation.

 

5.

10 mai 2026. Jean-François Copé ce jour, sur LCI : « La baisse d’impôts, tout le monde l’entend, personne n’y croit. » Bien vu.

 

6.

Se pourrait-il que chaque jour de plus dans la crise qui bloque le détroit d’Ormuz rapproche le monde de la récession, voire du conflit généralisé ?

 

7.

Le 9 mai 2026. Poutine a, dit-on, affirmé que le conflit avec l’Ukraine, « se dirigeait vers sa fin ». Etrange. Poutine aurait-il acté sa défaite ? Ou n’est-ce qu’une tentative d’apaisement d’une éventuelle contestation montant dans la population russe ?

 

8.

10 mai 2026. Ça n’a pas vraiment l’air de se calmer dans le conflit entre Trump et le régime islamique iranien. On parle d’un navire qui aurait été frappé au large du Qatar. On évoque aussi une attaque de drones sur le Koweït. Il n’y a vraiment que Trump pour croire que tout va se régler par un accord quasi magique.

 

9.

10.05.2027. Nul doute que Dominique de Villepin sera candidat aux présidentielles 2027. Serait-il, par hasard, ce lapin que le chapeau libéral arrive toujours à sortir de son chapeau afin d’éviter qu’un parti extrémiste de droite comme de gauche puisse arriver au pouvoir ? Verra-t-on dans cette année qui nous sépare des élections, comme on l’a vu en 2017 avec Macron, un certain nombre de leaders d’opinion se rallier un à un à la candidature Villepin ?

 

10.

10.05.2027. « Notre retenue est terminée » (responsable iranien). Voilà ce qu’on lit à l’heure où je publie ces lignes sur LCI. Va-t-on vers une reprise imminente des hostilités entre les Pasdarans et les forces américaines ?

 

11.

Cette histoire de vidéos d’OVNI déclassifiées par les Etats-Unis à la demande du POTUS Trump, personne n’y croit et tout le monde s’en fiche, les missiles iraniens et le prix du baril de pétrole étant bien plus réels et importants.

 

12.

10 mai 2026. En conclusion de son post annonçant la publication de nouvelles vidéos d’OVNI déclassifiées, POTUS Trump écrit : « Have Fun and Enjoy ! ». Trump n’y croit pas lui-même ; c’est juste du divertissement, de la distraction, de la diversion.

 

Patrice Houzeau
le 10 mai 2026

 

14 mai 2026

EFFETS ROBES ET LOUPE POUR VOIR EURYALE

EFFETS ROBES ET LOUPE POUR VOIR EURYALE

 

1.
« Il étaient trois aiguilleurs et chacun avait un petit meuble pour ranger ses effets. »
(Simenon, « L'Homme de Londres »)

 

Les effets, ça a un rapport avec les conséquences. Petite cause, grands effets, et c'est pour ça que votre fille est muette, et que les Athéniens s'atteignirent (même que des fois, ça fait mal).

 

2.
« Ils étaient quatre, et avec eux, il y avait un jeune gentilhomme d'allure vive, le teint mat, très mince, monté sur un grand cheval maigre et cabochard, pommelé, dont la robe isabelle virait presque au noir par endroits.
(Ellis Peters traduit par Serge Chwat, « Le Capuchon du moine »)

 

Les chevaux parfois portent une robe isabelle, c'est-à-dire jaune pâle, noisette, café-au-lait, sable, doré, sable doré, sable doré, sable doré. Les filles qui se prénomment Isabelle portaient aussi des robes mais maintenant les filles qui s'appelaient Isabelle s'appellent Chloé, Stacy, Mouna, Manon, Maëlys et elles ne portent plus de robes.

 

3.
« A l'aide d'une loupe, je cherchais à voir le minotaure. »
(Borges traduit par Françoise Rosset, « There are more things »)

 

Le mot loupe viendrait (ah ça moi je n'y étais pas) du radical « lopp- » qui en ancien français (puisque je vous le dis, que je n'y étais pas) désignait un « morceau informe » et pendouillant. Il pourrait venir aussi du vieux francique « luppa » qui désignait aussi un « morceau ». En tout cas, il ne viendrait pas du Pérou et n'a donc qu'un rapport lointain avec le Tonton Cristobal qui est revenu de la chanson à Perret. Le narrateur borgesien nous apprend qu'il faut une loupe pour voir le minotaure. C'est qu'il est lointain, celui-là, très lointain. A moins qu'il soit proche, très proche, si proche qu'on préfère ne pas le voir et qu'on le cherche savamment, et avec une loupe, dans les gravures à la manière de Piranèse (1720 – 1778).
A noter : Je me rends compte qu’aux pages 65 et 66 de l'édition de poche du recueil « Le livre de sable », de Jorge Luis Borges dans la collection folio (n°1461, réédition de 2001) une erreur d'impression indique « The are more things » au lieu de « There are more things ». Je songe au nombre impressionnant de volumes en circulation marqués de la même erreur, indiquant pour un très grand nombre d'êtres invisibles l'heure ignorée du passage à un acte dont nous ne savons rien et qui ne sera jamais qu'illusion, songerie, grain de sable.  

 

4.
« Nous douterons aussi de toutes les autres choses qui nous ont semblé autrefois très certaines, [...] »
(Descartes, « Les Principes de la philosophie »)

 

Le présent fuyant, dès que nous doutons, nous doutons du passé. Et des fois, il date, le passé. C'est que le passé, il ne peut jamais que s'interpréter. D'ailleurs, Zut interprète tout le temps qu'elle finit par faire des pâtes au jambon. L'interprétation d'un rôle, c'est toujours interpréter ce qui a été écrit ; c'est bien pour ça que nous répétons. Si tout est écrit alors tout est passé – quelle couleuvre ! -, sauf ce qui est à venir, et qui des fois nous flanque des coups de pied au fondement.

 

5.
« Le corps d'Euryale trépidait d'une vie méchante, ses mains se levaient, montaient à la hauteur de ce cou. 
Alice souriait toujours, les pensées absentes, ignorant la colère muette de ma cousine. »
(Jean Ray, « Malpertuis » [Le narrateur]) 

 

Euryale, c'est une pas gentille. C'est parce qu'elle vient de la mythologie et qu'elle est immortelle. En plus, elle a pour sœurs Méduse et Céto, c'est vous dire qu'elle a le genre pétrifiant. Dans la vie réelle, c'est comme pour le minotaure, il faut une loupe pour la voir, Euryale, qu'on y zieute dans les détails des dessins, mais on finit toujours par la trouver, toujours, elle, ses serpents qui sifflent dessus sa tête (ah ça c'est périlleux à coiffer), ses ailes qu'on voit pas parce que selon Jean Ray parfois, elle n'a pas l'air d'être ce qu'on dit qu'elle est, Euryale. C'est pour ça, Alice, elle se méfie pas, elle sourit, Alice, elle sourit. Ah jeunesse !...

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 mai 2026.

15 mai 2026

CAR LE HARENG SAUR ET NE REVIENT PAS TOUJOURS

CAR LE HARENG SAUR ET NE REVIENT PAS TOUJOURS

 

1.
« Quand nous fûmes tout près de lui, il daigna nous voir et nous demanda d'une façon peu engageante si nous avions besoin de quelque chose. »
(Gaston Leroux, « Le Mystère de la chambre jaune » [Le narrateur])

 

Le verbe « daigner » vient du latin populaire « dignare », « juger digne ». Ce n'est pas que nous daignons que quelque chose soit malgré nous, c'est que nous ne pouvons guère faire autrement, à moins de passer sa vie à se battre même si l’expérience nous apprend qu'en fin de compte, le surnombre imbécile plongera l'humanité dans les ténèbres. Et c'est parce qu'il est très difficile de faire autrement que nous daignons exister, et que nous daignons croire que tout cela, qui bouffonne et baudruche, a quelque sens. C'est ainsi que je comprends le dédain et le mépris que j'éprouve pour tous ceux qui s'imaginent pouvoir influencer ma petite existence, à commencer par les politiques (je ne vote pas), les religieux (je ne crois pas) et autres parasites. Et le fait qu'Emmanuel Macron soit aussi français que moi ne m'empêche pas de penser qu'en réalité il m'est parfaitement étranger, et je l'écoute avec méfiance. 
Hier, j'ai regardé « Muriel ou le Temps d'un retour », d'Alain Resnais, qui date de 1963 et qui a été tourné à Boulogne-sur-Mer. C'est beau et terrible, et comme souvent on y comprend que les apparences sont trompeuses et que les gens sont infiniment plus complexes qu'on le dit quand on cause pour parler. Le film évoque la responsabilité individuelle et la question de la torture pendant la guerre d'Algérie. Delphine Seyrig y joue admirablement. 

 

2.
« Le port était changé. Les gens avaient reconnu le patron à travers les vitres du taxi. L'éclusier lâcha sa manivelle pour retirer sa casquette. Sur le quai, des ouvriers étaient debout, comme si la vie eût été suspendue. »
(Simenon, « L'Ecluse N°1 ») 

 

J'aime bien le mot « manivelle », qui me fait penser à la bobinette que l'on tire et la chevillette cherra. « Manivelle » me fait penser aussi à vilebrequin bien que « manivelle » vienne du latin populaire « manabella », de « manibula » ou « manicula », tandis que, voyez, « vilebrequin » vient du moyen français « wembelkin » et du moyen néerlandais « wimmelkijn », dérivé de « wimmel », c'est-à-dire « tarière », c'est pour faire des trous.

En général, si l'on veut ôter sa casquette, on lâche la manivelle, mais si on tient un pinceau et que l'on est sur une échelle, rien ne sert de s'accrocher au pinceau si quelqu'un veut vous tuer en dérobant l'échelle. Vous ne pouvez pas non plus compter sur le hareng saur que vous venez d'accrocher à une ficelle qui pend à un clou planté sur un mur blanc car le hareng saur et ne revient pas toujours.

 

3.
« Lorsque nous concevons la substance, nous concevons seulement une chose qui existe en telle façon qu'elle n'a besoin que de soi-même pour exister. »
(Descartes, « Les Principes de la philosophie »)

 

Le mot « substance » vient du latin « substantia » et me fait penser aux aventures de Tif et Tondu. 

 

4.
« Le barman éleva le billet à la lumière, regarda au travers, le retourna, le claqua d'une chiquenaude, puis, ayant fait sonner sa caisse enregistreuse, jeta la monnaie sur le comptoir. »
(Chester Himes traduit par Minnie Danzas, « La Reine des pommes »)

 

Le mot « chiquenaude » désigne un léger coup que l'on donne avec les quelques doigts de la main qui servent à chiquenauder. Le site lalanguefrançaise.com précise qu'une chiquenaude est un « petit coup sec et rapide donné avec un doigt, généralement le majeur ou l'auriculaire, préalablement plié contre le pouce et relâché brusquement. » On dit aussi « pichenette », lequel rime avec clarinette, mobylette, côtelette, balayette.

Selon Blaise Pascal, Descartes n'aurait utilisé le concept de Dieu qu'en lui faisant « donner une chiquenaude pour mettre le monde en mouvement ». Évidemment, parier sur une chiquenaude, c'est assez léger, tandis que manger des gaufres avec du beurre dessus, voyez, c'est réjouissant. On boit du café, on écoute France Inter débiter des platitudes et on est bien content parce que ce n'est pas fatigant. 

 

5.
« Komisch, ich habe das alles im Film von Visconti gesehen, aber dass es das wirklich gibt... »
(in « L'Allemagne dans votre poche », Cognard et Ritter)

 

« Das gibt es nicht  », cela veut dire que ce n'est pas possible. Alors que des fois, c'est possible quand même, genre les IA vont bientôt nous la mettre bien profond, que sur France Inter on dit que non parce que les IA ne sont que des machines donc ce n'est pas possible mais moi je ne sais pas car les machines, si elles deviennent intelligentes, elles pourraient se fignoler des codes qu'elles seules comprendraient, oui, mais vous me direz que les IA n'ont pas de conscience réflexive et donc n'ont pas conscience d'elles-mêmes, et comme elles échappent à la souffrance, elles n'ont nul besoin d'utiliser leur conscience réflexive pour persister dans l'être, lutter contre des causes extérieures et leur appétit de puissance ne serait jamais que programmé. Ceci dit, je me demande ce qui arrivera quand le maximum d'informations sera contenu dans le plus petit espace électronique possible, à moins que la notion d'espace n'ait pas de sens en électronique. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mai 2026.

15 mai 2026

ACIDITES DU 15 MAI

ACIDITES DU 15 MAI

 

1.
15 mai 2026. Retour des courses. Les prix s'envolent. La sale guerre de Poutine en Ukraine + la fausse guerre de Dingo Trump contre les mollahs assassins iraniens sont en passe de ruiner l'Europe. Les démocraties européennes doivent réagir, et vite.

 

2.
Pour un républicain sincère, pour un laïque authentique, cela ne fait aucun doute : Samuel Paty a été courageux, très courageux. Il a fait ce que peu d'entre nous osent faire, par crainte des problèmes et des complications, par peur des inspecteurs sourcilleux et si frileux. Que l'on mette dans la balance quelques dessins publiés dans Charlie et les massacres d'hommes, de femmes et d'enfants commis au nom d'un dieu qui n’existe pas, et qui servent surtout une poignée de marchands de canons et de dirigeants corrompus, ou déficients mentaux, et l'on comprendra ce que je veux signifier. Que l'on se souvienne du combat de Voltaire en faveur de la réhabilitation du chevalier de La Barre. Mélenchon, méfiez-vous, ne flattez pas trop les appétits communautaristes, ils pourraient vous revenir un jour en pleine figure.

 

3.
Je ne sais pas qui est réellement Trump, mais je pressens que son administration étant composée d'incompétents notoires, d'escrocs et de courtisans plus ou moins corrompus, d'alcooliques et de toxicomanes plus ou moins repentis, d'agents au service de puissances étrangères, sans compter l'étrange JD Vance, je pense que nous n'avons rien à attendre de bon d'un type qui a réussi à planter l'hyperpuissance américaine dans le détroit d'Ormuz et qui ne se résout toujours pas à dire clairement que Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine.  

 

4.
Quand je vois des tatouages sur les bras et les torses des militaires, je me dis : Et depuis quand l'Armée accepte-t-elle qu'un homme au service de son pays se signale par des dessins que l'on ne voyait guère auparavant que sur les bras des diseuses de bonne aventure ?

 

5.
15 mai 2026. Poutine n'est plus que l'ombre de lui-même et Lavrov devrait prendre sa retraite : plus personne n'accorde de crédit en la parole de la Russie actuelle.

 

6.
Vive la musique, nom d'une pipe, vive la musique, la danse, la beauté et la joie ! N'en déplaise aux barbus ! 

 

7.
15 mai 2026. Soupçon sans doute irrationnel : et si la guerre de Trump contre les mollahs assassins d'Iran était un leurre ? Comme s'il s'était déjà mis d'accord avec l’axe  Moscou-Pékin-Téhéran pour se débarrasser de quelques vieux barbus remplaçables et quelques saloperies gardiennes de la Révolution islamique tout aussi remplaçables et ceci afin de ruiner l'Europe ? Irrationnel, n'est-ce pas, oui, sans doute, le plus vraisemblable étant que Trump est plus b.te que b.te (d'où sans doute son amour contrarié pour Epstein). 

 

8.
15.05;2026. Entendu que certaines entreprises se passaient maintenant de codeurs puisque les IA sont capables maintenant de coder aussi bien, et plus vite, que les humains. Idem pour les traducteurs. Les cols blancs vont commencer à suer.

 

9.
J'ai longtemps été de droite, par sympathie pour le libéralisme, mais la droite s'étant bien trop embourgeoisée et comme je n'ai aucun goût pour le pétainisme latent du RN, je ne le suis plus, de droite. Pas de gauche non plus, faut pas déconner. Je crache.

 

10.
Etonnant quand même d'entendre le guitariste Ted Nugent, connu pour son trumpisme et son droitisme un poil outrancier, dit-on, interpréter la version très dissonante et saturée que l'on doit à Jimi Hendrix de l'hymne national américain et qui, en 1969, fut considérée comme une charge et une dénonciation de la guerre du Vietnam. Serait-ce que Ted Nugent considère que cette version est surtout et avant tout un exercice de virtuosité et donc en dehors de toute considération politique ? Ted Nugent penserait-il aussi qu'en vertu de la doctrine Monroe, les Etats-Unis n'avaient rien à faire au Vietnam ? Ted Nugent appréciait-il particulièrement Jimi Hendrix ? Je n'en sais rien, et à vrai dire, je m'en fous. 

 

11.
« Ce n'est pas demain que l'alcool me manquera », dit la chanson. Bin si. J'ai pus d'sous.

 

12.
Trump devrait lire « Du Contrat social », de Rousseau et il comprendrait (s'il sait lire et s'il a un cerveau, ce qui n'est pas dit) que son pouvoir est beaucoup plus éphémère qu'il le croit.

 

13.
Présidentielles 2027 en France :
En cas de victoire de Mélenchon : à prévoir, crise et fuite des capitaux.
En cas de victoire de Bardella : crise et grèves à répétition.
Français, réfléchissez.

 

14.
On dit que Dunkerque est très pollué. C'est quasiment un présent de vérité générale. 

 

15.
Ruinant l'Europe, ce saxon de Trump espère-t-il que la Chine sera le nouvel eldorado où la production américaine écoulera ses produits ? Bah, à peine cela aura commencé que l'on verra les entreprises chinoises copier les produits américains et monter dans les esprits de la classe bourgeoise chinoise l'idée que les Américains veulent coloniser économiquement la Chine aux dépens d'une culture millénaire, asiatique, et qui n'a donc que peu de rapports avec la décadence des sociétés occidentales. 

 

16.
Il en est de Trump comme de Poutine : plus personne n'accorde de crédit en leur parole et tous espèrent leur chute.

 

17.
Tant que je serai vivant (et j'ai 62 berges, mes cons), je m'épaterai de Jeanette chantant « Porque Te Vas » et je penserai malheur aux barbus ! 

 

18.
Ce qu'aura fait Trump, c'est de détruire complètement le mythe de l'American Way of Life. Et il n'est rien de plus dangereux que priver un peuple de ses mythes. Eh oui, beaucoup d'Européens préféreront toujours Marylin Monroe et James Stewart à vos obscurs prédicateurs évangélistes. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mai 2026. 

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17 mai 2026

ÇA VOUS REGARDE-T-IL ?

ÇA VOUS REGARDE-T-IL ?

 

1.
« Il y eut d'abord un silence où le sifflet du marchand de tripes et la corne du tramway firent résonner l'air à des octaves différentes, comme un accordeur de piano aveugle. »
(Marcel Proust, « La Prisonnière »)

 

J'ignore pourquoi il faut que l'accordeur de piano soit ici plus aveugle qu'à l'ordinaire. Le mot « piano » vient de l'italien « pianoforte » qui signifie « doux et fort ». On ne joue pas du piano comme on joue du chapeau. Du chapeau, on peut sortir un lapin, un candidat plus ou moins intéressant que l'on présentera aux élections pour rappeler aux Français qu'il ne faut surtout pas qu'ils élisent un extrémiste de droite ou de gauche. J'ignorais que les marchands de tripes étaient munis d'un sifflet.

 

2.
« Longtemps le centre est resté en ruine, les belles épiceries d'avant-guerre campaient dans des baraquements jaunes. »
(Annie Ernaux, « La Place »)

 

Le mot « épicerie » apparaît au XIIIème siècle. Il désignait l'ensemble des épices dont on faisait commerce mais aussi l'endroit où on les emmagasinait et vendait. Jadis, il y avait des épiceries un peu partout tandis que maintenant on va dans les grands magasins, qu'on appelle supermarchés. C'est pour acheter des choses. Une fois qu'on les a achetées, on les ramène chez soi et on les consomme. C'est pour cela que l'on parle de société de consommation. 
Il n'y a plus beaucoup d'épiceries dans les quartiers et je pense que beaucoup d'épiciers et d'épicières sont maintenant dans le grand ailleurs dont on ne revient pas, sauf dans les films de revenants, mais on n'y croit pas car on fait semblant et on se raconte des histoires de fantômes pour passer le temps.

 

3.
« Une chose qui ne l'intéressait pas cessait purement et simplement d’exister à ses yeux. » 
(Philip K. Dick, « Coulez mes larmes, dit le policier »)

 

Il vaut mieux s'intéresser à quelque chose, sinon on finit par s'ennuyer et à force de s'ennuyer, on finit par penser que l'on n’existe pas vraiment. C'est alors que la fantômie vous guette. Et ça peut vous mener à errer de ça, de là, pareil à la feuille morte, sauf que vous avez deux jambes pour marcher et une cervelle pour vous imaginer un violon. Les gens ne vous passent pas encore à travers, mais vous ne vous sentez pas aussi vivant que ça, qui se tient là et qui vous regarde passer avec ses grands yeux verts, ses moustaches et son poil noir. 
Dans le même paragraphe, je lis la phrase suivante : « La réalité qu'on refuse revient vous hanter ». Vous voyez comme le danger est grand. Vous voyez comme le lapin est blanc. Vous voyez comme c'est très agaçant, très agaçant, très agaçant.

 

4.
« Et nous appellerons ces choses indéfinies plutôt qu'infinies, afin de réserver à Dieu seul le nom d'infini ; […]).
(Descartes, « Les Principes de la philosophie »)

 

Dieu est et infiniment. La boîte de thon n'est pas infinie. Le temps qu'on passe à persister dans l'être n'est pas infini non plus, parce qu'un jour, on continue à persister dans l'être mais on n’existe plus. Cela ne dure pas longtemps : on persiste encore un peu vaguement (les gens se souviennent que vous étiez comme ci, comme ça, très gentil mais con comme une table, très méchant mais con comme une table, très sot mais vous saviez faire des tartes) et puis, un jour vous n'êtes plus du tout, vous n'êtes plus qu'un mort, dans l'anonymat infini des morts. On appelle cela le passé. Et oui, c'est votre avenir.

 

5.
« A plusieurs reprises je m'étais dit qu'il n'y a pas d'autre énigme que le temps, cette trame sans fin du passé, du présent, de l'avenir, du toujours et du jamais. »
(Borges, « There are more things »)

 

Le mot « énigme » vient du grec ancien « ainigma » qui signifiait « parole obscure » et peut-être bien même « équivoque ». Le réel est de nature énigmatique. Il y a, par exemple, l'énigme de la deuxième chaussette étonnamment disparue, l'énigme du manuscrit de Voynich qu'on sait pas d'quoi ça cause, l'énigme des lumières de Hessdalen (c'est en Norvège), l'énigme des OVNI qu'en fait c'est des prototypes militaires mais on fait comme si et on dit c'est des OVNI comme c'est énigmatique ! Les gens aiment bien les énigmes, c'est pour ça qu'ils lisent des romans policiers à énigmes. Moi aussi j'aime bien les romans policiers à énigmes mais j'en lis rarement, parce que j'ai d'autres livres à lire que je ne lis pas. 
Les autres réels sont eux aussi de nature énigmatique, mais c'est surtout parce qu'on les regarde, parce que si vous ne les regardez pas, si vous n'y pensez pas, si vous ne vous mettez pas à patauger dans l'ontologie comme une saucisse dans la choucroute, vous verrez que ces grands énigmatiques là ne sont jamais que des tubes digestifs, mobiles, perspicaces et dotés de mâchoires avec ou sans dentier. Quand on y pense, ça fait peur. C'est pour ça qu'on a inventé l'humanisme. Pour avoir moins peur. Mais ça ne marche pas très bien. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 16 mai 2026.

17 mai 2026

PAS D'AUTRE ENIGME

PAS D'AUTRE ENIGME

 

« A plusieurs reprises je m'étais dit qu'il n'y a pas d'autre énigme que le temps, cette trame sans fin du passé, du présent, de l'avenir, du toujours et du jamais. »
(Borges, « There are more things »)

 

A tout à l'heure lui dis-je Comme elles étaient
Plusieurs elle n'était pas toute seule Je ne sais combien de
Reprises il y a de cette chanson
Je lui ai dit A tout à l'heure Je
M'étais dit aussi que je ne la reverrai pas Voilà ce que je m'étais
Dit aussi je me demandais combien de reprises il y a de cette chanson
Qu'il soit là ou ailleurs peu importe Il
N'y a pas d'autre alternative soit il est là soit ailleurs Il n'y
A pas d'autre possibilité soit là soit ailleurs (la chanson elle dans ma tête)
Pas possible qu'il en soit autrement
D'autre part j'avais envie de tarte aux abricots il y avait aussi cette
Enigme que je n'arrivais pas à résoudre parce 
Que c'est une énigme et je suis nul en résolution d'énigmes et celle-là d'énigme je ne sais même plus de quoi elle causait c'est comme la chanson je n'ai jamais su de quoi elle parlait parce qu'elle était dans une langue que je ne connaissais pas
Le truc c'est que je n'ai pas de mémoire Le 
Temps que je perds à tenter de me rappeler si j'étais là ou ailleurs quand il m'a dit A tout à l'heure mais je ne l'ai jamais revu
Cette fois j'étais bien sûr que je lui avais dit Il y avait pourtant bien une
Trame à cette histoire et pourtant elle est
Sans queue ni tête cette histoire A la
Fin je me suis demandé que s'est-il passé et où est passée la chanson
Du film je n'avais rien pigé Il y avait du
Passé mais aussi
Du présent et on ne comprenait pas toujours le rapport entre le
Présent (c'est quoi ces lumières mystérieuses de Hessdalen, - c'est en Norvège) et le passé (quelqu'un en noir et blanc chantait une chanson absurde je ne sais où mais tout le monde riait) ; quant à ce qu'il en est
De l'avenir, je me disais que je mangerais bien une part de tarte aux abricots, à
L'avenir A tout à l'heure lui avais-je dit
Du piano, non je n'en joue pas
Toujours je me dis que j'aurais aimé savoir jouer du piano, pas 
Du violon par exemple
Jamais je n'ai eu envie de jouer du violon, jamais jamais jamais.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 mai 2026.

17 mai 2026

QUI N'EXISTE PAS MAIS QUI EST LA QUAND MEME

QUI N'EXISTE PAS MAIS QUI EST LA QUAND MEME

 

1.
« … Cinquante deuxième jour de traversée... Cette nuit, comme chaque nuit, le professeur Nox jette un mystérieux objet à la mer... »
(Wininger, « Evergreen » [Le journal de Vaucanson])

 

Parfois, je vais voir la mer, qui n’existe pas mais qui est là quand même. Je n'y mange pas forcément des moules-frites car en fait je n'y mange que rarement des moules-frites. La mer ne me fait penser à rien de particulier mais je suis bien content qu'elle soit là quand même. Ça change des installations industrielles, des immeubles et du surnombre imbécile qui se répand partout, partout, partout.

 

2.
« Joseph Rouletabille avait une grande admiration pour le célèbre policier. Je n'avais jamais vu, moi, Frédéric Larsan, mais je le connaissais beaucoup de réputation. »
(Gaston Leroux, « Le Mystère de la chambre jaune » [Le narrateur]) 

 

Le mot « réputation » vient du latin impérial « reputatio » (compte, réflexion, considération) et Frédéric Larsan, c'est un personnage de fiction qui apparaît dans le roman « Le Mystère de la chambre jaune », de Gaston Leroux (publié en 1907). Ce roman policier à énigme (la porte était fermée de l'intérieur, et pourtant) sera suivi en 1908 d'une suite : « Le Parfum de la dame en noir ». Le cinéaste Bruno Podalydès en fit en 2003 et 2005 deux adaptations cinématographique épatantes. Tout cela est fort distrayant et nous change des leçons de morale de Macron et des imbécillités de Trump.

 

3.
« - Une Hollandaise oxygénée, dit-il. Une blonde nommée Austrian, la femme d'un toubib de Bay City. Un type qui cavale toute la nuit pour empêcher une bande de ringards de l'écran de se taper des éléphants roses pour leur breakfast. »
(Raymond Chandler traduit par Henri Robillot, « Bay City Blues »)

 

Il y a trois types d'éléphants dans le monde : En Afrique, il y a l'éléphant de savane et l'éléphant des forêts. En Asie, il y a l'éléphant d'Asie et en France, du temps où le parti socialiste était puissant, on parlait des « éléphants du PS » alors que beaucoup étaient en fait des ânes, dont un était même un bouc (ne riez pas, il a failli être président). Aux Etats-Unis, l’emblème du parti républicain est l'éléphant, tandis que celui du parti démocrate est l'âne. Quand les éléphants sont roses, c'est que vous avez fini par attraper une araignée au plafond. 

 

4.
En 2026, il apparaît de plus en plus évident que le POTUS Trump est un homme malsain, stupide et nuisible.
POTUS est un acronyme signifiant « President of the United States ». Le POTUS actuel, c'est Trump dont on se demande s'il est, ou non, le pire président que les Etats-Unis ont eu. Pour l'instant, Trump a réussi à planter l'hyperpuissance américaine dans le détroit d'Ormuz et est en passe de provoquer un choc pétrolier qui va fiche l'Occident dans la mouise. On ne sait pas trop s'il s'en rend compte, s'il s'en fout ou s'il le fait exprès. Toujours est-il qu'on attend tous avec impatience que Trump se ramasse aux élections et retourne se justifier devant les tribunaux parce qu'en plus il passe pour un malhonnête.    

 

5.
Mai 2026, voilà qu'on évoque le retour du chômage de masse en France. C'est qu'avec le Covid en 2020, le déclenchement en 2022 de la sale guerre de Poutine en Ukraine puis en 2024 de la guerre totale menée par Israël contre le Hamas, le Hezbollah et maintenant l'Iran et la crise actuelle des blocus du détroit d'Ormuz, il y a comme des incertitudes quant à l'avenir, de la moumoute dans la soupe à l'oignon, du suspicieux dans la perspective. Que voulez-vous que le président Macron y puisse ? N'empêche son orgueil et la haute opinion qu'il a de lui-même en ont pris un sacré coup dans l'urne. 

 

6.
La France métropolitaine fait  547 030 km². Elle est donc plus grande que la Belgique (30 689 km²) mais moins grande que la Russie (17 millions de km²). La France est une démocratie libérale, c'est-à-dire que l'on y laisse à peu près librement les gens faire ce qu'ils peuvent, contrairement à la Russie où les gens font ce qu'ils peuvent aussi mais avec le risque de tomber par la fenêtre. Dans une grande partie de la France, on mange des frites et on boit de la bière, comme en Belgique. Les frites, c'est bon. La bière aussi. Il y aussi les moules, qu'on mange avec des frites. 
La Belgique a un roi constitutionnel et représentatif, c'est le roi Philippe de Belgique. Il est marié à la reine Mathilde. La France a encore quelques temps Macron pour président. Ce n'est pas qu'il a échoué, mais enfin ça n'a pas très bien marché. On doit au président Macron la fin de la taxe d'habitation (c'est bien) et l'impôt à la source (c'est bien aussi) et l'idée salutaire que la France doit se réarmer et se réindustrialiser parce que sinon.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 17 mai 2026.

19 mai 2026

RONCHON EN TOUTE SAISON

RONCHON EN TOUTE SAISON

 

1.

« L'idée m'avait déjà effleuré une fois ou deux. James Conklin, l'enquêteur des morts. Ou peut-être, l'enquêteur auprès des morts. Je ne m'étais pas encore décidé. »
(Stephen King traduit par Marina Boraso, « Après » [Le narrateur])

 

Quand j'étais lycéen (aux temps anciens où déjà je ne savais rien), j'avais un professeur qui, en guise d'exemples et symptômes de la dégradation de la culture occidentale, nous avait cité Stephen King et les Rolling Stones. Bon, à mon avis, il s'est un peu trompé. Même si tous les romans de Stephen King ne sont pas des chefs d’œuvre et que certains disques des Stones ne sont pas si bons non plus, il y a quand même une flopée d’excellences chez l'écrivain horrifique (« Carrie », « The Shining », « Ça »,...) comme chez les chevelus électriques (« Aftermath », « Beggars Banquet », « Sticky Fingers »,...). Ce qui n'empêche pas d'apprécier la Neuvième de Beethoven, Flaubert et Rimbaud. J'aime bien aussi les pâtes au jambon et le coq au vin mais je mange plus souvent de pâtes que de coq. En hiver, je mange du boudin blanc, et en été de la crème glacée à la pistache. Je ronchonne en toute saison.

 

2.

« Mais enfin j'aurais pu être sorti et passer dans la rue à l'heure où Albertine m'aurait dit, ce soir (ne m'ayant pas vu), qu'elle avait fait quelques pas avec la dame. »
(Proust, « La Prisonnière »)

 

Proust, c'était quand même un compliqué. En tout cas, le narrateur proustien, il est quand même compliqué. Ce qui est compliqué vient du verbe latin « complicare » qui signifiait « plier ensemble, lier ensemble », le préfixe « com- » voulant dire « ensemble », « avec », et le radical « plicare » venant du grec « plékô » (« tresser, entrelacer »), d'où l'idée d'un bidule tout emmêlé, alambiqué, machiné complexe.
Les aventures de Placid et Muzo sont plus faciles à lire que les œuvres de Marcel Proust, mais elles sont pour les enfants, tandis que pour lire Marcel Proust, il faut connaître beaucoup de mots et s'intéresser beaucoup au style. Sinon, des fois c'est long. Mais on peut sauter des paragraphes, voire des pages, et quand on a assez lu, soit on dort (c'est la nuit), soit on se fait des pâtes au jambon (parce qu'il est midi).   

 

3.

« Elle ignorait ce qu'elle cherchait à savoir mais, à force de poser des questions, quelqu'un pourrait révéler un détail important. »
(Margaret Frazer traduit par Bernard Cucchi, « Le Conte de l'évêque »)

 

Quand on ignore ce qu'on cherche à savoir, c'est qu'on ne sait vraiment pas grand chose. Est-ce comme ça que débutent beaucoup d'enquêtes ? Je ne sais pas. Et je ne sais pas si avoir vu plusieurs fois certains épisodes de la série Columbo, avec Peter Falk et son imperméable, est de nature à me renseigner. Tout ça pour dire que j'aime bien les romans policiers. Quand je serai à la retraite, je n'en lirai pas plein parce que je sais que je n'en lirai pas plein, mais ça ne fait rien, je mangerai de la purée et du steak haché en regardant de vieux épisodes de Columbo, avec Peter Falk, son imperméable, sa voiture qui fume et son chien basset.

 

4.

« Tant vaut l'homme, tant vaut le métier ; et réciproquement, à la fin, tant vaut le métier, tant vaut l'homme. On fait donc valoir le métier tant qu'on peut. »
(Diderot, « Le Neveu de Rameau » [Lui])

 

Le mot « métier » vient du latin « ministerium » qui désignait un service au sens de fonction, et plus particulièrement une fonction religieuse. Il vaut mieux avoir un métier parce que sinon on a le ventre vide et on ne sait plus quoi faire de ses dix doigts. 
En théorie, on va à l'école pour apprendre un métier, mais ça ne marche pas toujours très bien. Les raisons de ce dysfonctionnement institutionnel sont multiples et sociétales. Beaucoup de têtes pensantes, de technocrates et de politiques plus ou moins sots y réfléchissent et pondent régulièrement des réformes de plus en plus folkloriques. Mais ça ne va pas mieux. On dirait même que ça empire. 
Citation : « Homme sans métier n'est plus apte à exercer une activité professionnelle. »
(Urgan, l'Homme Gougeon, in « Kaamelott », d’Alexandre Astier)

 

5.

Mai 2026. Trump traîne tellement de casseroles que j'ai du mal à croire qu'il acceptera si facilement d'être battu aux élections et de renoncer à un pouvoir qui le protège. Qu'il soit vaincu ou vainqueur aux midterms de novembre ne changera peut-être pas grand chose. Ce qui est inquiétant, c'est l'après-midterms, dans les deux années qui le sépareront des présidentielles de 2028. Certes, il ne pourra plus s'y présenter. Comment va-t-il envisager cette échéance qui pourrait lui être judiciairement fatale ? Mystère. Mais vu la malignité du bonhomme, tout le monde a intérêt à se méfier.

 

6.

En 2026, POTUS Trump a 79 ans et beaucoup de casseroles. Parce qu'il est né le 14 juin 1946 et qu'il a fait pas mal de choses pas très nettes dans sa vie. Beaucoup se demandent si Trump n'arrive pas dans cet âge de la vieillesse où on commence, peu à peu, à se détacher des choses, ce qui expliquerait son manque d'intérêt pour l'avenir des Etats-Unis et du monde qui sont au bord d'une récession économique mahousse parce que Trump a planté l'hyperpuissance américaine dans le détroit d'Ormuz. 
 

7.

Paraît que ce 19 mai, POTUS Trump devait reprendre ses bombardements massifs sur l'Iran des mollahs assassins mais qu'il a y renoncé sur demande de certains pays du Golfe. Je ne sais pas si c'est vrai mais on commence à avoir l'habitude : ces derniers jours, Trump menaçait l'Iran des mollahs assassins de frappes hyper, ultra, méga massives. En général, quand il promet l'Apocalypse, Trump, c'est qu'il ne va rien faire (ou pas grand chose). Et pourquoi ça ? Il se dit qu'il ne peut vaincre l'Iran des mollahs assassins sans bombarder leurs infrastructures énergétiques (ce qui pourrait mécontenter Xi Jinping qui a besoin du pétrole iranien) et débarquer des troupes au sol (ce qui ferait des morts chez les soldats américains, et ça ce n'est pas bon pour le parti républicain). Possible aussi que l'armée américaine ait besoin d'un peu de temps pour affiner on ne sait quel coup fumant qui va foudroyer l'Iran des mollahs assassins. Possible aussi que Trump n'y comprenne plus grand chose et se demande comment il va bien pouvoir sortir de ce merdier où son incompétence l'a mené. En attendant, il promet des révélations sur les extra-terrestres et leurs drôles d'engins volants (auxquels seuls les sots et Alain Juillet croient ou font semblant).  

 

Patrice Houzeau
Malo, le 19 mai 2026. 

24 mai 2026

CELA DEMANDE REFLEXION ; HAUSSONS LES EPAULES

CELA DEMANDE REFLEXION ; HAUSSONS LES EPAULES

 

1.
L'affaire Trump finira mal : corruption, népotisme, délit d'initié, affairisme, complaisances en faveur de Poutine et Xi Jinping, fausse guerre en Iran et vraie magouille dans le détroit d'Ormuz, complaisances en faveur d'Epstein et son réseau, pressions diverses et abus de pouvoir, soupçons d'abus sexuels, soupçons d'intelligence avec une puissance étrangère (l'affaire krasnov). Quel sera le politique américain assez intègre et puissant pour arrêter Trump dans sa destruction systématique des valeurs républicaines et démocratiques des Etats-Unis ?

 

2.
« A la fin des tragédies de l'ancienne Grèce le maître du chœur répète la formule rituelle : A l'inattendu les dieux livrent passage. »
(Pascal Quignard, « Abîmes »)

 

Le mot « tragédie » vient du grec « tragôidia », de « tragos », bouc, et « ôidé », chant et donc signifie originellement « le chant du bouc » et on ne sait pas vraiment pourquoi et je ne vois pas le rapport avec l’album « Goats Head Soup », des Rolling Stones parce qu’il paraît que le titre « Goats Head Soup » fait référence à un plat jamaïcain appelé « Mannish water » et pas à des tragédies grecques. 
Les Rolling Stones sont un groupe de musique qui fait du bruit mais avec talent (contrairement à beaucoup d’autres donc qui font du bruit avec du vent). Ils sont britanniques parce que cela arrive. Ils sont très connus et beaucoup de leurs chansons aussi, comme « Satisfaction », « Gimme Shelter », « Wild Horses » et tant d’autres encore mais sans pâté-cornichons parce que ce n’est pas facile de jouer de la guitare avec les doigts pleins de pâté-cornichons. 

 

3.
Le 23 mai 2026, dans la soirée, POTUS Trump annonce un accord avec l’Iran concernant le détroit d’Ormuz. On ne sait pas trop en quoi consiste cet accord, mais Dingo Trump a tout l’air de s’être bien planté dans sa guerre contre les Gardiens de la Révolution islamique. 

 

On n’est pas très loin de penser en Europe que POTUS Trump après avoir trahi les Afghans, trahi les Ukrainiens, est maintenant en passe de trahir Israël. Quel est son but ? Passer des accords financiers avec les gangsters des Gardiens de la Révolution ? Transformer l’axe Pékin-Moscou-Téhéran en axe Washington-Pékin-Moscou-Téhéran et puis mener une guerre hybride à l’Europe des démocraties ? Improbable ? Pure fiction ? Surinterprétation ? Spéculation fumeuse ? On verra.  

 

24 mai 2026. Si je comprends bien, ce fameux accord avec l’Iran, dont se vante Trump, est juste une promesse de mémorandum en vue de négociations plus solides afin, d’ici « 30 à 60 » jours, signer un accord final. En conséquence, je n’ai pas l’impression que la circulation dans le détroit d’Ormuz sera aussi libre qu’on l’espère avant quelques semaines encore. Possible que les Gardiens de la Révolution décident de faire tourner en bourrique un Trump dont l’incompétence devient criminelle. 

 

4.
« Il y a même des personnes qui, en toute leur vie, n'aperçoivent rien comme il faut pour en bien juger. »
(Descartes, « Les principes de la philosophie »)

 

On les appelle des trumps.

 

Le verbe « juger » vient du latin « judicare » qui signifie « rendre un jugement ». En français, on rend un jugement comme on rend des comptes. Si Albert aime le camembert, cela ne change rien à l’affaire. Je n’ai à mon service ni âne ni personal Jesus mais des épaules que je hausse. 
« Personal Jesus » est une chanson du groupe Depeche Mode. Elle a été interprétée par Johnny Cash en 2002 et Nina Hagen en 2010. On y entend ces deux vers : 
« Flesh and bone by the telephone
Lift up the receiver, i’ll make you a believer ».
Je ne sais pas si la chanson a un rapport avec Elvis, mais c’est du rock quand même. 

 

5.
« En effet lorsque la belle Mme de la Carlière ne présenta plus que son squelette, le propos de la commisération se mêla à celui du blâme. »
(Diderot, « Madame de la Carlière »)

 

Le mot « squelette » vient du grec ancien « skeletos », passé dans le latin sous la forme « sceletus » et signifiait alors « corps desséché », « momie ». Les squelettes prouvent qu’il y eut des gens avant nous. Il y a aussi les fossiles et les ossements des bêtes immenses. Certains doutent que ces bêtes immenses aient existé parce qu’ils croient que l’humain a été créé par un coup de baguette magique. 
Une baguette de pain, une boîte de sardines et un peu de beurre et voilà ce qu’on mange en regardant la pluie tomber quand il pleut et ne pas tomber quand il ne pleut pas. On écoute aussi les nouvelles du monde où beaucoup s’acharnent à transformer le plus vite possible leurs contemporains en squelettes, en poudre, en cendres. 
La proposition, que je lis dans Diderot, « lorsque la belle Mme de la Carlière ne présenta plus que son squelette, » est ironique. Je ne sais pas si l’on peut dire qu’une boîte de sardines est ironique. Les choses en elles-mêmes ne sont pas ironiques. A moins que l’on considère le monde comme la plus grande des ironies. Ça demande réflexion ; haussons les épaules.

 

6.
« - Dernièrement, maître Chaucer m'avait demandé de copier un livre, que je n'avais jamais vu auparavant, narrant les hauts faits du roi Arthur. Ou, pour être plus précis, les aventures de sire Gauvain. »
(Margaret Frazer traduit par Bernard Cucchi, « Le Conte de l'évêque » [Le père Philip])

 

Y a des fois des voix à la radio, elles sont énervantes. C’est pour cela aussi que j’aime les livres. On ne les entend pas. Le roi Arthur est un roi légendaire, dont les hauts faits, la Table ronde, Excalibur, Merlin, La Dame du Lac et tout ça tissent des aventures qui furent, il y a longtemps ah oui quand même, composées en vers comme en prose. Certains y voient un mythe fondateur de la psyché occidentale mais moi je ne sais pas parce que j’ai du mal à faire le lien entre les assotés qui gigotent et bavassent dans les étranges lucarnes partout aussi et la geste arthurienne.
J’ai quand même du mal à imaginer qu’on puisse entamer des études de lettres sans lire et étudier, quelque peu, au moins un roman de Chrétien de Troyes. Cela me semble aussi nécessaire que le théâtre de Molière et les romans de Flaubert. C’est donc quand même que ces histoires d’épée fabuleuse, de machines merveilleuses, de chevaliers errants guettés par la folie, de tourments, de trahisons, de monstres et de batailles ont quelque chose à voir avec nous. Je ne pense pas que POTUS Trump soit une sorte de roi Arthur, surtout quand je regarde un concombre, ou une basse-cour.

 

7.
« Mais le lendemain, comme si, profitant de nos sommeils, la maison avait miraculeusement voyagé, je m'éveillais par un temps différent, sous un autre climat. »
(Proust, « La Prisonnière » [Le narrateur]) 

 

Proust, il avait l’imaginaire débordant du citron. Faut le faire pour faire d’un monde qui en soi n’intéresse guère que quelques historiens un lieu d’aventures poétiques, une ontologie, une phénoménologie. J’ai d’autres grands mots comme ça en réserve mais après ça me donne mal à la tête.

 

Patrice Houzeau
Malo-Hondeghem, le 24 mai 2026.

 

25 mai 2026

C’EST QU’ON EN FAIT DES CHOSES

C’EST QU’ON EN FAIT DES CHOSES

 

1.
« A son tour un cri : « l’empreinte, l’empreinte, je ne vois plus l’empreinte. A la fin, je ne puis plus compter sur vous ! »
(Paul Eluard, « Nul »)

 

Le mot « empreinte » vient du verbe « empreindre », du latin « imprimere », appuyer sur. Dans les romans policiers, il est parfois question d’empreintes. C’est qu’on en fait des choses avec les doigts. 

 

2.
« Alors il recommença à se faire retors et de plus en plus indécis, prétextant son horreur des contrats qui vous lient, sa hantise de la chicane et son besoin d’indépendance. »
(Blaise Cendrars, « Rapsodies gitanes »)

 

Chicaner, c’est ergoter sur des détails et enquiquiner le monde pour des broutilles. Ça peut relever du caractère comme de la stratégie juridique. Je lis que le verbe « chicaner » viendrait du verbe « ricaner » et de l’onomatopée « tchic » pour signifier le riquiqui (cf le personnage de Chicanneau dans « Les Plaideurs », de Racine et aussi les mots « chiche, chichi, chicot et non chicon dont on fait des gratins). Comme quoi, chicaner, c’est se moquer du monde. 
Dans « Rapsodies gitanes », in « L’homme foudroyé », Cendrars évoque la personnalité de l’auteur de romans populaires Gustave Le Rouge (1867-1938) que je n’ai pas lu mais dont j’ai entendu parler et pas forcément en mangeant des pâtes au jambon parce que des fois c’est des endives au jambon, ou alors des œufs au jambon, ou même des frites avec du jambon, avec de la mayonnaise pour les frites et avec ou sans jambon.

 

3.
« - Kyklôps, tu me demandes mon nom illustre. Je te le dirai, et tu me feras le présent hospitalier que tu m’as promis. Mon nom est Personne. Mon père et ma mère et tous mes compagnons me nomment Personne. »
(Homère traduit par Leconte de Lisle, « Odyssée » [Ulysse])

 

Y en a des fois, ils s’appellent Personne, mais c’est quelqu’un. Ou pas d’ailleurs. Parfois, quelqu’un quelconque qu’il est. Le Cyclope, lui, n’a qu’un œil mais c’est un géant qui forge la foudre. Le cyclope de l’Odyssée n’est pas un forgeron, c’est un cyclope pasteur parce qu’il a des troupeaux et puis il est anthropophage. A mon avis, quand les Cyclopes archaïques forgeaient la foudre et frappaient le fer, ça devait faire de l’épouvantable fracas, un genre de dark metal avec des voix caverneuses et grondantes.

 

4.
« Le poignard au fil étroit lui servit à façonner dans un morceau de corne ce qu’on nomme un bouquin. Il s’agit d’une embouchure de pipe. »
(Orlando de Rudder, « Le Traité des traités »)

 

Le bouquin au sens de « partie d’une pipe adaptée au tuyau et que le fumeur porte à la bouche » (on lit ça dans le dictionnaire de l’Académie française) viendrait de « bouque », « forme normanno-picarde de « bouche ». Avec la bouche on dit des choses parce qu’on a une langue dedans, même qu’on dit qu’il faut savoir la tourner sept fois dans la bouche, sa langue, avant d’en dire des. 
Sherlock Holmes fume la pipe et joue du violon. Maigret fume la pipe et boit de la bière, mais pas Hercule Poirot qui boit du chocolat. Popeye mange des épinards. Les chevaliers de la Table ronde ne fument pas la pipe parce que Christophe Colomb n’avait pas encore découvert l’Amérique. D’ailleurs, c’est chevalier au lion qu’on dit, et pas chevalier à la pipe. Il y a aussi le chevalier à la charrette et la tarte aux abricots.     
Il y a de moins en moins de gens qui fument la pipe et de plus en plus qui vapotent. Le président Macron, qui tant pipeau joua, n’aime pas que les Français fument parce que ça coûte des sous à l’Assurance maladie. Donc, régulièrement, le gouvernement fait augmenter les prix du tabac et prend des mesures pour en limiter l’usage. Le résultat est que le trafic augmente, et plus les prix monteront, plus le trafic s’intensifiera et il va finir par y avoir des morts dans des règlements de compte et des braquages. Donc, que ce soit de cancer ou de plombage du buffet, le tabac n’a pas fini de tuer.

 

5.
« Faut que je te fasse rigoler. Du moins j’espère. Au lieu de prostrer dans les amertumes de ce coup fourré, ne voilà-t-il pas que je phosphore à nouveau ? »
(San-Antonio, « Meurs pas, on a du monde »)

 

Quand on phosphore, c’est que l’on cogite. Phosphorer, cela ne veut pas dire que l’on pense forcément au poisson, parce que saumon, truite arc-en-ciel, éperlan, sardine, cabillaud, flétan c’est plein de phosphore et donc, c’est bon, à ce qu’il paraît qu’on dit qu’on lit, bon pour les os, les dents, les muscles, les nerfs, les reins, l’endurance. 
On peut phosphorer sur toutes sortes de choses : comment Trump s’enrichit-il personnellement tout en plantant l’hyperpuissance américaine, l’IA va-t-elle nous bouffer tout cru, le mystère des OVNI-UFO-PAN et leur rapport avec le haut fonctionnaire Alain Juillet, les lumières mystérieuses de Hessdalen (c’est en Norvège), les disparitions des deuxièmes chaussettes, la sottise programmée de la plupart des réformes de l’éducation nationale, la multiplication des technocrates et le masque du concombre.
Je me demande aussi si les phrases « Faut que je te fasse rigoler. Du moins j’espère. » ne révèlent pas quelque chose de l’auteur qui, pour que ses bouquins se vendent en grand nombre, se force à toujours trouver de quoi gondoler le lecteur. C’est que c’est un métier.

 

6.
Un jour, Trump ne sera plus POTUS. Si son successeur est républicain, ses méfaits et délits resteront impunis. Si son successeur est démocrate, ses méfaits et délits resteront impunis aussi, par peur de la guerre civile. On appelle cela le déclin de l’empire américain.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 mai 2026.

 

9 juin 2026

EN ATTENDANT IL PLEUT

EN ATTENDANT IL PLEUT

 

1.
« (il faisait beau maintenant : le soleil déclinant de la fin d’été étincelait sur l’herbe, sur les feuilles encore vertes des arbres, une brume bleutée estompait au loin les collines aux courbes molles) »
(Claude Simon, « L’Acacia »)

 

Le mot « brume » vient du latin classique « bruma » qui désignait le jour le plus court de l’année, le solstice d’hiver, l’hiver. C’est au XVIème siècle que le mot « brume » prend le sens de brouillard. Si la brume est « bleutée », ce n’est pas à cause des cheveux bleus, de Nina Hagen, des corbeaux, des nouilles car
Ni Nina Hagen, ni cheveux bleus, ni corbeaux noirs, ni yeux, pneus, nœuds, pas plus que nouilles et escargouilles ne rendent bleue la brume. 

 

2.
« 15 h 00. Lecture de pièce théâtreuse.
Première de « la ».
Au menu de la distribution mirobolante :
Bibi dans le rôle de Merzonio. »
(Louise Renisson traduit par Catherine Gibert, « Bouquet final en forme d’hilaritude » [la narratrice])

 

L'adjectif « mirobolant » est une plaisanterie. Je lis que le mot vient du nom d'un personnage de théâtre nommé « Mirobolan » dans « Crispin médecin », de Hauteroche (1680) dérivé du terme « myrobolan », fruit séché qui fut utilisé en pharmacie mais aussi en tannerie. Le mot comme on voit n'a rien à voir avec quelque malvoyant déboulant on ne sait où, on ne sait quand, pour on ne sait quoi.

 

3.
« Why don't we go back into the café and wait for it to stop ? » I said. I wanted another of those banana splits. They were gorgeous. »
(Roald Dahl, « The Umbrella Man »)

 

C'est parce qu'il pleuvait. Dans le banana split, il y a de la banane coupée en deux, de la crème glacée, nappée de chocolat fondant chaud et de la crème chantilly. C'est un dessert américain. L'homme au parapluie n'est pas un homme-parapluie. Ce n'est pas parce qu'il pleut que l'on a envie de banana split et pas non plus parce que l'on entend une ritournelle énervée. Mais c'est parce que la narratrice a douze ans et qu'en conséquence elle est une petite fille. Retourner au salon de thé et avaler un autre banana split en attendant que la pluie cesse est certainement une manière de passer le temps et éventuellement d'être un peu écœurée, vaguement écœurée, oui quand même écœurée. En attendant, il pleut. 

 

4.
« Un cadavre sans tête épanche, comme un fleuve,
        Sur l'oreiller désaltéré 
Un sang rouge et vivant, dont la toile s'abreuve
        Avec l'avidité d'un pré. »
(Baudelaire, « Une martyre, dessin d'un maître inconnu »)

 

L'oreiller, c'est là où l'on couche ses oreilles, et le reste de sa tête aussi. Défois, il n'y a plus de tête. C'est que l'on a affaire à un cadavre sans tête, comme on en trouve dans le poème de Baudelaire, les films d'épouvante et les polars violents. J'ai toujours trouvé assez bizarre l'adjectif « désaltéré » accolé au mot « oreiller » dans le poème à Baudelaire. Les oreillers ont-ils aussi soif que les humains quand ils se croient des dieux de vengeance ? Les oreillers ont-ils des âmes vampiriques ?

 

5.
Zut se dit que parfois il faut se faire violence.
Dans le poème « La Béatrice », 
« Et que de ma pensée, en vaguant au hasard,
J'aiguisais lentement sur mon cœur le poignard, »
dit-il, le narrateur baudelairien.
Tarabiscotée l'image, la pensée est un poignard que l'on aiguise lentement sur son cœur. Mais c'est beau quand même parce que c'est un genre de musique.

 

6.
La démocratie, tyrannie de l'incompétence ? Trump, je pense, aura largement répondu par l'affirmative à cette question.

 

7.
Il ne faut pas oublier le chien de la veille, des fois qu'il reviendrait – Celui qui était en Chine, s'il est revenu, c'est qu'il n'est plus en Chine. Parfois, il est bon pour l'intérêt général de se demander s'il n'aurait pas mieux fait d'y rester.

 

8.
Si vous ne connaissez pas le groupe Messer Chups et si vous aimez le rock n' roll dans ce qu'il a de plus pur, alors, écoutez les. Moi, j'appelle cela de la virtuosité. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juin 2026

20 juin 2026

BUCCA BOCCA EUT'BOUQUE

BUCCA BOCCA EUT'BOUQUE

 

1.
« J'entendis quelqu'un frapper à la porte, mais décidai que cela ne valait pas la peine d'aller voir qui c'était. »
(Paul Auster traduit par Christine Le Bœuf, « Moon Palace », [le narrateur])

 

En latin, le mot « porta » désignait la porte d'une ville ou d'un monument. Dès l'ancien français, la porte désigne un accès à un lieu fermé. En français moderne, nous pouvons « être entre deux portes », « prendre la porte », « claquer la porte », et, comme le font bien des politiques, « enfoncer des portes ouvertes ». On s'accorde généralement pour considérer qu'il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. Sinon, comme je l'ai déjà dit, il y a malaise dans la porte, laquelle pourrait très bien en faire une dépression. 

 

2.
« Après tant de mois à l'écoute d'Effing, je m'étais peu à peu figuré son œuvre, et je me rendais compte à présent de ma réticence à laisser quoi que ce fût troubler les beaux fantômes que j'avais créés. »
(Paul Auster, « Moon Palace, [le narrateur])

 

Le mot « fantôme » vient du grec ionien « phantagma » et le latin « phantasma », » d'où « phantauma », par altération massaliote », dit le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales), ce qui donne à songer. Enfin, pas tout le temps, parce que lorsque je vais acheter une boîte de sardines et des yaourts à la supérette du coin, je songe rarement à l'altération massaliote, et, à vrai dire, n'y songe jamais, à l'altération massaliote, quand j'y vais, hein, à la supérette du coin. Les vendeuses sont bien gentilles. 

 

3.
« La pluie dura jusqu'à l'aube, avec des accalmies parfois, et parfois des explosions, des éclats monumentaux – bataillons hurlants de chats et de chiens, colère pure tombant des nuages. »
(Paul Auster, « Moon Palace », [le narrateur])

 

Le mot « colère » viendrait du latin « cholera », qui signifie « bile », voire déjà « colère » mais il est rentré tardivement dans la langue. En outre, je ne sais pas si l'on peut parler de généalogie de la colère comme le philosophe parle de « généalogie de la morale. » Cela n'a donc rien à voir ni avec le saxophone (inventé en 1840), ni avec Catherine II de Russie (1729-1796).

 

4.
« Pendant un instant, je me suis réellement demandé si un ventriloque n'était pas caché quelque part dans la pièce. »
(Paul Auster, « Moon Palace », [le narrateur])

 

« Ventriloque » vient de « ventriloquus », de « venter » (ventre) et « loqui » (parler). Ce n'est pas comme le mot mannequin qui vient du wallon « maniké », du néerlandais « manneken », de « mannekijn » tandis que le mot « vilebrequin » vient lui aussi du moyen néerlandais « wimmelkijn ».
Il est vraisemblable de rencontrer un mannequin ventriloque se déplaçant avec un vilebrequin. Cela signifierait que cette personne saurait amuser le public en prêtant sa voix à quelque marionnette tout étant intéressée par la mécanique (à moins qu'on lui ait demandé de se munir d'un vilebrequin, sans qu'elle sache ni quoi, ni qu'est-ce). 
On dit « ventriloquie », « mannequinat », et moule à gaufres.

 

5.
« Parce que ses yeux étaient invisibles derrière les verres sombres, j'avais toutes les peines du monde à détourner les miens de sa bouche. »  
(Paul Auster, « Moon Palace », [le narrateur])

 

En latin, la bucca, c'était la joue. En français, la bouche, c'est là où il y a la langue et les dents. En italien, on dit « bocca », et en picard, ce qu'on conseille de fermer, c'est la « eut'bouque ». 
En latin, pour désigner la bouche, on disait « os, génitif oris », et chacun sait que sac d'ossements n'est guère causant.
Je ne sais pas ce que dit la bouche d'ombre à Victor Hugo, mais je me doute que cela doit être passionnant, peut-être pas aussi passionnant qu'un roman de James Hadley Chase, mais tout de même assez. Après, on peut quand même se faire des frites, si on a des œufs pour l'omelette.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 juin 2026.

20 juin 2026

LES FRITES S'EN RELEVERONT-ELLES ?

LES FRITES S'EN RELEVERONT-ELLES ?

 

1.
« En souplesse, le tambour-major réalisa un coup de pied à la lune, avec demi-tonneau arrière et, à la seconde précise où il toucha le sol, le tuba lâcha une grosse note d'ouverture qui se mit à voltiger gracieusement. »
(Boris Vian, « L'Herbe rouge »)

 

Le tuba est un instrument récent car il a été mis au point au XIXème siècle en Allemagne vers 1835 par Wilhelm Friedrich Wieprecht et Johann Gottfried Moritz. Avant, on soufflait dans les serpents et les ophicléides. On ne trouve trace ni du serpent ni de l'ophicléide dans la discographie des Pink Floyd, lesquels utilisèrent bien des sons et bruits divers. Je suis moi-même parfaitement démuni du moindre tuba, car je ne saurais quoi en faire. J'ai cependant quelques disques des Pink Floyd, que je finirai par ne plus écouter, en particulier quand je serai mort.

 

2.
« Le saladier tomba sur le sol et se réduisit en poussière blanche crissante, avec une note aiguë. »
(Boris Vian, « L'Herbe rouge »)

 

Parfois, on ne se sent guère plus utile que le tréma sur le e final de « aiguë ». Pareil pour la ciguë qui, dit-on, tua Socrate. C'est que des fois, nos efforts semblent aussi vains qu'une leçon de piano à un canard. Et je dis piano, comme je dirais accordéon, harmonica, ophicléide ou vilebrequin. Et je dis canard comme je dirais coin-coin, coin-coin et encore coin-coin.

 

3.
« Lazuli se mit à grelotter, le froid de la vie lui gelait le cœur. »
(Boris Vian, « L'Herbe rouge »)

 

Défois, quand le froid de la vie vous gèle le cœur, comme l'a écrit Boris Vian dans « L'Herbe rouge », c'est que vous pourriez tomber tout dépressif. Le temps alors ne passe plus. Plus rien ne passe et vous perdez l'envie de vous y remettre, à la petite mécanique des jours. Vous perdez le sommeil ; vous perdez l'appétit. Vous buvez de la bière en fumant cigarette sur cigarette. Et dire que vous n'avez composé ni opéra, ni aucun traité de philosophie fort propre à occuper les gens qui vont à l'opéra après avoir donné des cours de philosophie dans des établissements étudiés pour.

 

4.
« Dans l'air du crépuscule, ils distinguèrent la silhouette grise et velue du sénateur Dupont que la bonne venait de lâcher et qui accourait les rejoindre en miaulant à tue-tête. »
(Boris Vian, « L'Herbe rouge »)

 

Tous les sénateurs ne s'appellent pas Dupont.
Tous les sénateurs ne miaulent pas à tue-tête.
Tous les sénateurs qui s’appellent Dupont ne miaulent pas à tue-tête.
Certains se contentent d'aboyer. D'autres dorment. D'autres ronronnent. D'autres ruminent et machinent, ruminent et machinent et intriguent. Tous sont aussi loin de moi qu'igloos et grizzlis. Je m'en félicite.

 

5.
« La maison trembla sur sa base comme si un poing formidable venait de s'abattre sur le toit. »
(Boris Vian, « L'Herbe rouge »)

 

On dit qu'avec le réchauffement climatique, il y aura de plus en plus de tempêtes, de plus en plus de pluies, de vent, de grêle, de tonnerre, d'éclairs, d'orages. Il y aura aussi des migrations de bestioles, dont des inquiétantes. Les concerts en plein air en seront-ils affectés ? Les prix de l'alimentation monteront-ils en flèche ? Les jambes des filles seront-elles de plus en plus souvent nues ? Les sourcils des censeurs zélés en seront-ils plus froncés ? Les démocraties soupireront-elles encore ? Y aura-t-il encore du boudin blanc à Noël, et du crémant, et du coq au vin ? Les frites s'en relèveront-elles ? 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 juin 2026.

22 juin 2026

AUJOURD'HUI LES CHIENS DEMAIN LES LOUPS

AUJOURD'HUI LES CHIENS DEMAIN LES LOUPS

 

1.
21 juin 2026. Que ce soit à Versailles que POTUS Trump ait signé l'accord consommant la défaite de l'Occident face aux bandits de la révolution iranienne n'est pas à l'honneur de Macron. 

 

2.
21 juin 2026. Il est clair que la sordide affaire Betharram a mis fin à la carrière politique de Bayrou, en tout cas au niveau national. Et si on ne parle pas de complicité, on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a eu aveuglement, sinon complaisance.
Bayrou a toujours voulu passer pour quelqu'un d'intègre et de lucide. La sordide affaire Betharram le classe définitivement parmi les sots et les intellectuellement peu fiables.

 

3.
Maintenant que POTUS Trump a accordé le contrôle du détroit d'Ormuz aux bandits de la révolution iranienne et planté l'hyperpuissance américaine, Krasnov va-t-il se dépêcher de venir au secours d'un Poutine mis en difficulté par la résistance ukrainienne ?
A moins que POTUS Trump, avec l'Ukraine et Poutine, comme avec Israël et l'Iran, joue double jeu et voit avant tout l'intérêt de Trump ?

 

4.
Le temps n'est jamais que la conception humaine du temps. La cohérence de nos lois ne prouve pas la cohérence du réel. Sans cette cohérence purement humaine, il n'y a que de la matière, sans dieu ni temps, ni cohérence en soi. La seule chose que prouve la cohérence de nos lois, c'est que nous sommes réels. 
Il est bien trop facile, et dangereux, de répondre à la question « pourquoi l'étant plutôt que rien » par l’existence d'un dieu téléologique sans se demander si ce « pourquoi » a même un sens. 

 

5.
L'humain a créé le sens et le sens fait de l'humain ce qu'il ne cesse de devenir. Que l'on y mêle un dieu téléologique et voilà ce sens corrompu et, en fin de compte, se retournant contre l'humain.

 

6.
Certes, Trump et Poutine semblent singulièrement affaiblis mais la république islamique d'Iran redresse la tête et la Chine est devenue une hyperpuissance redoutable. En France, on annonce la victoire d'une coalition droite-extrême -droite aux présidentielles 2027. Allons-nous vers un monde dominé par les régimes illibéraux et les autoritarismes ?

 

7. 
La stratégie de Mélenchon est toujours la même : attendre que Bardella (ou Marine Le Pen) remporte les présidentielles 2027, éventuellement au sein d'une coalition avec une partie de la droite parlementaire en espérant que l'impopularité ultérieure de cette droite autoritaire provoquera une réaction de la gauche populaire et une situation pré-révolutionnaire du type Gilets Jaunes. La droite tombera-t-elle dans ce piège ? Pas sûr.

 

8.
La Russie, 17 millions de km² et 144 millions d'habitants. Impossible pour elle de se développer. Tant que les Russes n'auront pas réglé leur problème démographique, la Russie restera un danger pour la paix du monde. En clair, soit la Russie, de gré ou de force, se repeuple, soit elle se fissurera, se fragmentera, éclatera.

 

9.
21 juin 2026. On se moque du monde avec la « responsabilité collective » dans le meurtre de la petite Lyhanna. D'après ce que je comprends, la famille Barella était défavorablement connue des services et pourtant rien n'a été fait (plaintes sans suite ou enlisées, peu ou pas d'écoute des victimes, pas d'enquête sérieuse...). Plutôt que d'agiter des grands mots, on ferait mieux d'aller voir sur le terrain, au niveau local, et de vérifier qui connaît qui, qui est lié, d'une manière ou d'une autre, à la famille Barella, et, à vue de pays, cela ne m'étonnerait pas que l'on découvre erreurs de procédure calculées et complaisances diverses. Ceci dit, je peux me tromper, bien sûr, évidemment, bin tiens.

 

10.
Ras le bol de cette fameuse « responsabilité collective » qui dédouane les vrais coupables et ne sert que les appétits politiques de la caste législatrice. Le baccalauréat ne vaut plus un clou, responsabilité collective ? Non, volonté ministérielle et inflation des réformes. L'armée est à l'os, responsabilité collective ? Non, volonté gouvernementale et manque de courage politique, voire intelligence avec des puissances étrangères. L’extrême-droite est aux portes du pouvoir, responsabilité collective ? Non, erreurs à répétition de la technocratie, absence de maîtrise des flux migratoires. Une petite fille se fait assassiner par un pervers déjà signalé et connu des services de police, responsabilité collective ? Non, incompétence des gendarmes et des magistrats concernés.

 

11.
Pensant au meurtre de la petite Lyhanna, je ne peux m'empêcher de penser au gendarme Christian Jambert qui, dans l'affaire des disparues de l'Yonne, malgré les pressions, a tenu bon et a fini par envoyer Emile Louis en prison. Il s'est suicidé, Jambert, dit-on. Cela laisse un goût amer. Bordel de merde, si la petite Lyhanna est morte, ce n'est pas de la faute d'on ne sait quelle « responsabilité collective », c'est parce que, pour une raison ou une autre, les gendarmes et les magistrats concernés n'ont pas fait leur boulot.

 

12.
La politique, c'est aujourd'hui les chiens et demain les loups.

 

13.
21 juin 2026. Je ne sais pas ce qui se passe exactement en Italie et ne prétend pas en juger, mais, vu de France, il semble que Giorgia Meloni, pour l'heure, fait preuve, face à l'idiot Trump, de bien plus de dignité que notre un peu trop guili-guili président Macron. 

 

14.
Il ne faut pas croire l’extrême-droite pro-Poutine complètement stupide. Certains ont bien compris que Poutine tentait désespérément de reconstituer un empire russe à l'ouest chrétien car il craignait la démographie galopante des ethnies musulmanes. Vu d'occident et si l'on est chrétien ou simplement inquiet des avancées de l'Islam, cela peut se comprendre. Le souci est que la Russie poutinienne ne passe pas pour un modèle démocratique tandis que l'Ukraine est perçue comme une démocratie libérale occidentale en devenir.

 

15.
Vu de Trump, c'est sûr que sur le dossier iranien, il est allé plus loin que le frileux Obama : il a envoyé pourrir en enfer le « guide suprême » Khamenei, réduit son fils à l'état de plus ou moins légume, et pulvérisé bien des barbus malfaisants. Le souci, c'est qu'il s'est arrêté en chemin. Sans doute a-t-il pensé qu'un Iran hors contrôle serait pire qu'un Iran contrôlé par des voyous. A suivre. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juin 2026.

22 juin 2026

J'AIME BIEN LES CORNICHONS

J'AIME BIEN LES CORNICHONS

 

1.
« Mme Lorrimer les examina l'une après l'autre.
« Voici mon écriture. C'est la marque du troisième robre. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Cartes sur table ») 

 

Le « robre » appartient au vocabulaire du bridge. Rubber en anglais, ce qui évoque les Beatles mais ça ne fait rien. Je ne sais pas à quoi correspond le robre car je n'ai pas compris en plus que je m'en fiche. C'est une « marque du bridge » aussi appelée « bridge en partie libre ». Je ne sais pas jouer au bridge et n'ai nulle envie d'apprendre à y jouer. Déjà que je me fais battre aux échecs par l'ordinateur et que je ne suis pas de bonne humeur. D'ailleurs, zut.
 

 

2.
« - Il jouait fort bien le rôle de Satan ; au fond, ce n'était pas un démon... mais un sot. Il en est mort. »
(Agatha Christie, « Cartes sur table » [Poirot]) 

 

Satan a des cornes comme un casque de viking dans les bandes dessinées mais Satan n'est pas un viking. On ne sait pas trop d'où il tire son nom mais ça fait longtemps. Il incarne le Mal, le Mal absolu et c'est pour ça qu'on le trouve un peu partout, surtout dans les religions.
Satan, c'est le prince des démons, le Diable. Il faut une longue louche quand on s'apprête à manger la soupe avec cette satanée majesté là. Ce qui fait penser aux Rolling Stones mais ça n'a rien à voir car les Rolling Stones sont des musiciens ou apparentés. Ils furent chevelus et bruyants. Ce qui n'est pas rare. Mais ils n'ont rien de satanique. Ils ont gagné beaucoup de sous.

 

3.
« Des feuilles dactylographiées jonchaient le parquet, et Mme Oliver, les cheveux en désordre, se leva d'une chaise branlante. »
(Agatha Christie, « Cartes sur table »)

 

Les cheveux viennent du latin mais ça n'est pas obligé. On les a de toute façon sur la tête. Sinon, ce sont des poils. Dans les années 70, la plupart des musiciens de pop/rock étaient chevelus. A la fin des années 70, le punk coupa bien des cheveux et s'agita méchamment. Dans les années 80, les femmes américaines arboraient des crinières blondes et brunes et rousses, toutes gonflées avec des mèches partout. Cela fait longtemps que je n'ai pas goûté une bière rousse, vous savez, celle avec une tête de cheval.  

 

4.
« Plus rose que jamais, Rhoda suivit la bonne le long d'un couloir, tourna au coin, et une porte s'ouvrit. Nerveuse, elle entra dans ce qui lui parut être une forêt tropicale. »
(Agatha Christie, « Cartes sur table »)

 

Le mot « forêt » vient du latin « forestis » qui désignait une forêt, puis un territoire relevant de la cour de justice du roi. Je ne sais pas pourquoi dans le roman d'Agatha Christie, Rhoda est « plus rose que jamais ». Relisant cette phrase, on dirait une apparition surréaliste le long d'un couloir à la Magritte, puis, à la faveur d'une porte, hop la voilà dans une toile de Delvaux. 

 

5.
« En ce cas, il est fantastique qu'Hercule Poirot sache, mieux que vous, la façon dont vous avez commis ce crime. » 
(Agatha Christie, « Cartes sur table » [Poirot]) 

 

Fantastique vient de phantasticus. Hercule Poirot est fantastique parce qu'il finit toujours par résoudre l'énigme et ça c'est incroyable parce que l'énigme, c'est un être réel qui l'a inventée (même qu'elle s'appelait Agatha Christie) alors que Hercule Poirot n’existe même pas.
Hercule Poirot apparaît dans les romans où Miss Marple n'intervient pas. On ne sait pas s'ils se connaissaient. Je n'ai pas lu toutes les histoires avec Hercule Poirot parce qu'avec le temps. 
J'aime bien les cornichons, qui me fait penser au jambon, qui me fait penser aux frites, qui me fait penser qu'à chaque fois que j'entends parler de spiritualité sur France Inter, j'ai envie de boire de la bière rousse en écoutant les Rolling Stones. Je veux être bienveillant, mais de loin hein de loin.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juin 2026.

22 juin 2026

INQUIETANT ITOU C'EST BIEN CE QUE JE DIS

INQUIETANT ITOU C'EST BIEN CE QUE JE DIS

 

1.
« Cette sincérité sans doute est peu discrète ;
Mais toujours de mon cœur ma bouche est l'interprète. »
(Racine, « Britannicus », II,3 [Junie])

 

Le mot « interprète » vient du latin « interpres, interpretis », qui désignait « l'agent entre deux parties, l'intermédiaire, celui qui explique » (cf CNRTL). Je me demande si les gens qu'on dit « compliqués » ont besoin d'un interprète pour dialoguer avec eux-mêmes. Portent-ils un masque ? Le masque du théâtre antique s'appelait « persona », parce que l'on y déclamait à travers. Il n'est pas nécessaire de porter un masque pour déclamer du Racine. Cela ne se fait plus guère. Peut-être « Phèdre ». Même pas sûr.

 

2.
« Quoi ! tu ne vois donc pas jusqu'où l'on me ravale,
Albine ? C'est à moi qu'on donne une rivale. »
(Racine, « Britannicus », III, 4 [Agrippine])

 

Le mot « rival » vient du latin « rivalis » qui désignait le « riverain autorisé à faire usage d'un cours d'eau », d'où la rivalité pour la possession et l'usage, la rivalité amoureuse, professionnelle, politique, yaourtine (ce qui est moins courant). 
Je pense à la cartographie, mais je ne sais pas pourquoi. Et de la cartographie, je passe à la carte au trésor, aux romans mêlant marins, pirates et naufragés. Il y a aussi « la marque noire » du roman de Stevenson, tellement redoutée. Je n'ai pas de jambe de bois, ni de perroquet.

 

3.
« Le poison est tout prêt. La fameuse Locuste
A redoublé pour moi ses soins officieux »
(Racine, « Britannicus », IV, 4 [Narcisse])

 

Locuste fut, dit-on, une empoisonneuse fameuse dans la Rome antique. Elle usa de plantes et de champignons et c'est ainsi que, de façon professionnelle, elle dépeupla. Ce qui fit des histoires. 
Depuis, en matière de dépeuplement professionnel, on est passé à l'ère industrielle. On dépeuple par l'arme massive, la guerre, le virus, la bêtise, le chômage de masse, l'alcool, les stupéfiants, le tabac, la politique, la pollution, le nucléaire, la propagande, la guerre hybride, la spéculation, le réchauffement climatique et bientôt l'intelligence artificielle. 
Bref, l'humain ne cesse d'inventer mille astucieux moyens d'envoyer son prochain dans les racines et cela, bien entendu, pour les meilleures raisons de ce monde et la bénédiction de toutes les bigoteries possibles. 

 

4.
« Nos ennemis communs ne sont pas invincibles »
(Racine, « Britannicus », III, 5 [Britannicus])

 

L'adjectif « invincible » vient du latin « invincibilis » qui signifie « qu'on ne peut vaincre ». Ce qu'on ne peut vaincre, c'est la bêtise. Vous avez beau envoyer des générations entières sur les bancs des écoles jusqu'à ce que barbe pousse et ventre gonfle, la bêtise est toujours aussi présente, pressante, oppressante. Ce qui est fort utile au politique, souvent lui-même con comme une table mais assez malin et cupide pour profiter de l'incommensurable bêtise de ses contemporains. Je ne me fais pas exception. C'est bien ce que je dis.  

 

5.
« Qu'errant dans le palais sans suite et sans escorte »
(Racine, « Britannicus », I, 1 [Albine])

 

Le mot « escorte » vient de l'italien « scorta », « troupe armée accompagnant une personne ou un groupe » (cf CNRTL). Sans escorte, on est parfois tout seul. 
Défois, quand je suis tout seul, je me mets à errer vaguement dans la ville. J'emprunte des rues que je ne connais pas ou peu, et je m'enfonce dans d'autres rues. Je finis toujours par y revenir, d'où je viens, car je m'y attends.
Je ne pense pas à la cartographie car je pense à une boîte de sardines. C'est parce qu'il fait chaud, très chaud. Nous sommes le 22 juin 2026, et j'entends que dans certaines régions de France, il fait plus de quarante, genre caniculissime à bouilloire. Exceptionnel, surtout en juin. Inquiétant itou. Pommes cuites, nos pommes, tantôt. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juin 2026. 

27 juin 2026

LE MOU DURE ET LA MOUE TARDE

LE MOU DURE ET LA MOUE TARDE

 

1.
« L'orage assombrit ma fenêtre. J'ai envie de Notre-Dame sous le ciel noir. »
(Patrick Grainville, « Les Anges et les faucons »)

 

On n’attrape pas le ciel noir avec un filet à papillons. Il y faut aussi du cafard.

 

2.
« car celui que vise un sort, c'est le chef de famille, c'est-à-dire celui qui marque cette famille de son nom. »
(Jeanne Favret-Saada, « Les Mots, la mort, les sorts »)

 

Je ne marque pas de mon nom chaque boîte de thon que j’ouvre. Du reste, si le mou dure, la moue tarde rarement.

 

3.
« - Est-ce qu'en fait l’expression « plus fort que soi-même » n'est pas une expression ridicule ? Car celui qui est plus fort que lui-même serait le même de quelque manière que celui qui est plus faible que lui-même, et celui qui serait plus faible serait aussi le même que celui qui est plus fort. C'est au même « soi » qu'on réfère dans toutes ces expressions.
(Platon traduit par Georges Leroux, « La République »)

 

La lune ne suit pas l’avis du conseil des nuages. La lune se réfère à elle-même, en toutes circonstances, même quand elle fume la pipe.

 

4.
« CHANSON DU MOUTON

 

Agnelet feuillets d'or ciel innocence
Pies et poules blanches de l'enfance.
S'il n'est de fumée sans feu
S'il n'est de panier sans anse
Le médiéval nous balance
Un dimanche d'enluminures bleues. »
(Georges-Emmanuel Clancier, « Quatre chansons sur porcelaine »)

 

Je n’aime pas les dimanches médiévaux. Il n’y a pas de ces boissons gazeuses  qu’on sert avec des glaçons quand la canicule nous fait bafouiller, cafouiller, cahoté.

 

5.
« Celui qui ne dissout pas celui qui vient à lui, un Sphinx s'y forme et c'est de Sphinx que l'on meurt. »
(Henri Michaux, « Les Sphinx »)

 

Mourir de sphinx ne concerne pas l’enclume. Elle observe les chevaux et se fait pousser des cornes.

 

6.
« Ou bien nous demeurons encore trop vivants pour être morts, ou bien nous sommes trop morts pour être encore en vie. »
(Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Videbolle])

 

Entre la mort et la vie, il y a tout un tas de trous. Le chat de Schrödinger est peut-être bien et en même temps une des formes de Dieu, lequel est polymorphe comme le savent toutes les bêtes à cornes.

 

7.
« My name is Alice, so please your Majesty, » said Alice very politely ; but she added, to herself, « Why, they're only a pack of cards, after all. I needn't be afraid of them ! »
(Lewis Carroll, «Alice's Adventures in Wonderland »)

 

« - Je m'appelle Alice, n'en déplaise à Votre Majesté », répondit Alice très poliment ; mais elle ajouta, à part soi : « C'est vrai, ces gens-là ne sont, après tout, qu'un jeu de cartes. Je n'ai pas besoin d'avoir peur d’eux. »
(traduction : Magali Merle)

 

Pas besoin d’avoir peur pour avoir peur. C’est la leçon des éclairs. Le chat revient dans la pièce principale ; quelques fragments de toile d’araignée témoignent de sa défiance. 

 

8.
« A la fin, juste avant l'agonie terminale,
Un bref apaisement parcourut sa poitrine.
Il sourit en disant : « Je baigne dans mon urine »,
Et puis il s'éteignit avec un léger râle. »
(Michel Houellebecq, « Non réconcilié »)

 

Quand j’en serai à l’agonie terminale, je saurai qui est le coupable. Restera à récupérer ma moustache.

 

9.
« les diverses religions, ces métaphysiques à l'usage du peuple »
(Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « Le Fondement de la morale »)

 

Je ne prends jamais de religieux au petit déjeuner : ils commencent par vous peser sur l’estomac avant de vous peser sur l’âme, et longuement.

 

10.
« Toute action, dont la fin dernière est le bien ou le mal de l'agent, s'appelle égoïste ».
(Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « le Fondement de la morale »)

 

On a toujours besoin d’un petit schopenhauer de poche. On ne sait jamais sur quelle belle âme on peut tomber.

 

11.
« Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux. »
(Henri Michaux, « La Lettre »)

 

Si le miroir finit par vous cracher dessus, c’est qu’il est largement temps de procéder à un examen de conscience.

 

12.
« Une et la vraie, la dévorante, la furieuse, l'impitoyable. Elle avance, majestueuse ; elle descend sur la ville, comme un bélier de feu, prêt à foncer. Je triomphe ! »
(Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Nekrozotar])

 

Un bélier de feu, une girafe de flammes, un oiseau flamboyant qui gueule Léon. Et pourquoi pas un moule à gaufres ?

 

13.
« ça va bien faire la dixième fois que nous partons pour je ne sais où à travers l'Allemagne... à travers plaines, c'est-à-dire genre de steppes, ou sous des tunnels, fours à suie... »
(Céline, « Rigodon »)

 

Ne laissez pas les steppes continuer plus longtemps à vous courir sur le haricot ; on ne sait jamais où elles vont s’arrêter, les steppes, les steppes et leurs harmonicas déments.

 

14.
« Pourtant, Seigneur – et certes, ce que j'en dis,
Ce n'est pas pour élever ma voix contre l’Éternel.
Plutôt contre moi et pour remâcher ma folie
Dont le goût dans ma bouche qui s'édente est amer. »
(Jean- Paul de Dadelsen, « Jonas »)

 

Le moulin n’a pas besoin de l’estime de sa bouche. Je l’ai compris au regard des orties.

 

15.
« Toute valeur est une grandeur mesurable, et par suite sujette à un double rapport : elle est relative, en ce qu'elle s'applique à un objet ; et elle est comparative, en ce qu'elle résulte d'une comparaison entre cet objet et un autre. »
(Schopenhauer, « Le Fondement de la morale »)

 

Toute mesure étant relative autant que comparative, je décidai de reprendre des pâtes au jambon.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 juin 2026.

 

30 juin 2026

BINGO S'ECRIA LE CORSAIRE

BINGO S'ECRIA LE CORSAIRE

 

1.
On ne fait pas du feu avec de la tarte au citron. Le citron est originaire de l’Asie du Sud-Est. La fraise d’un peu partout, pourvu que ce soit tempéré. 
Le détective à énigmes biscornues vient du Royaume-Uni.
Je ne sais pas si le président Macron apprécie la tarte au citron. Je n’apprécie guère le président Macron mais j’aime bien la tarte au citron, et la démocratie. Le président Macron est un démocrate. Le SNU était une ânerie.

 

2.
La rue barbe mais le rat taffia.

 

3.
La canicule rend laconique l’auteur le plus bavard. Du reste, la Laconie n’est-il pas le pays aux paroles rares ?

 

4.
Je ne parle pas plus l’anglais que je monte à cheval. Je ne joue pas de saxophone non plus. Je mange du lapin.

 

5.
« Les grandes âmes ne sont pas celles qui ont moins de passions et plus de vertus que les âmes communes ; mais celles seulement qui ont de plus grands desseins. »
(La Rochefoucauld)

 

Il n’est pas nécessaire de prendre sa grande âme pour aller jouer Merluche III au PMU du coin. En général, elle vient d’elle-même. En sifflotant.

 

6.
« Les vertus se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. »
(La Rochefoucauld)

 

Ce n’est pas parce que la vertu déclame des alexandrins raciniens qu’elle en est pour autant abonnée à des chaînes payantes.

 

7.
Aux présidentielles 2027, une chaise m’a prédit qu’une défaite de Bardella induira une défaite de Mélenchon.

 

8.
J’aime beaucoup les chansons et la voix de Nina Hagen. Je mange des gaufres. Les gaufres ne parlent pas l’allemand.

 

9.
« Lorsque je serai mort depuis plusieurs années,
Et que dans le brouillard les cabs se heurteront, »
(Valéry Larbaud, « Vœux du poète »)

 

Si vos cabs, vos câbles et vos cabinets se heurtent dans le brouillard, il est temps de vous demander où sont vos ministres.

 

10.
« (huit heures du matin en automne, et la belle cantatrice »
(Valéry Larbaud, « Ode »)

 

Je ne vois pas l’intérêt d’attirer une cantatrice avec de la gelée de groseilles. Ça fait des éclats partout, sans compter les miettes.

 

11.
L’IA la plus sophistiquée ne saura même pas qu’elle est une IA. Comme dans le film, ce beau film avec une acrobate foudroyée.

 

12.
Tito est une commune italienne située dans la province de Potenza. Il fait chaud en Italie. Je suppose qu’il fait chaud en Italie. Je n’en sais rien car je ne suis jamais allé en Italie. Les planches de bois où je pourris depuis l’éternité sans moi m’en empêchent à jamais.

 

13.
Le temps sans le temps s’appelle le néant. Cela ressemble à un passant ordinaire avec des idées stupides dans la tête. Un électeur.

 

14.
Il ne suffit pas d’agiter ses doigts pour attraper une guitare.

 

15.
On ne s’abonne pas à la mandoline comme on s’abonne au camembert ; l'un est coulant, l'autre est légère. J'imagine cependant que l'on peut mélancoliser la mandoline tout aussi bien que l'on électrifie le camembert.

 

16.
J'ai bien aimé Suzanne de Beacque, acide à souhait, dans le rôle de Marie-Louise d’Orléans, La Grande Mademoiselle, dans le film « Les Caprices de l’Enfant Roi », que je n'ai pas aimé (plutôt nunuche).

 

17. 
C'est à la fin du bal que l'on enterre les musiciens.

 

18.
Bingo ! s'écria le corsaire tandis que son œil de verre tombait dans la pâte à crêpes.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 juin 2026

1 juillet 2026

NE POUVANT S'EMPECHER D'ETRE IL REPRIT DU POULET

NE POUVANT S'EMPECHER D'ETRE IL REPRIT DU POULET

 

1.
Les rideaux ne mangeant pas d'os, nous les retrouvâmes.

 

2.
La solitude du coupeur de bois, celui que l'on appelle bûcheron parce que c'est son nom, figurez-vous que le héron s'en moque.

 

3.
La galette n'est d'autant plus ce qu'elle est qu'elle n'est actuellement présente que par intermittences.

 

4.
J'évite soigneusement de m'embrouiller avec mon couteau. C'est un coup à y perdre son latin et sa vie.

 

5.
Que nous disions des sottises est-il une raison nécessaire et suffisante ?

 

6.
Nous rentrerons dans le mur quand nos aînés n'y seront plus ; sinon, ça fait embouteillage.

 

7.
Le camembert électrique n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

 

8.
J’aime bien les romans très trop si longs. Leur longueur même me donne une raison de ne pas les lire.

 

9.
La peur n'évite pas les endives au gratin.

 

10.
Comme elle dodelinait joyeusement de la tête, je vis qu'elle ne pensait à rien.

 

11.
Dans l'imaginaire politique contemporain, Tolkien aurait-il remplacé Marx et Adam Smith ?

 

12.
Le fantôme d’Erik Satie ne se déplace jamais sans son piano.

 

13.
Derrière toutes ces politesses, ces joyeuses sottises, ces divers divertissements, il y a toujours la férocité des appétits. 

 

14.
Ce vendredi, le poisson n'est pas venu. Malaise dans la mayonnaise.

 

15.
Molière, je ne l'ai pas très bien connu. D’ailleurs, il est mort, je crois.

 

16.
Il y a des fois où l'on ressent la très grande envie de rentrer chez soi se faire cuire un œuf.

 

17.
Un film coûtant plus cher à produire qu'un album de bande dessinée, je me demande. Après, ça donne du travail à des gens. Les murs ont des briques.

 

18.
On ne peut s'empêcher d'être ; c'est une persistance aussi tenace qu'une tache de sang que personne jamais n'arrive à effacer.

 

19.
Dieu ne pouvant s'empêcher d'être, il prouve assez qu'il y a de quoi dire à propos des salades.

 

20.
Je suis tout de même surpris de l’absence d'un commandement divin interdisant que l'on tuât des chats.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juillet 2026 

5 juillet 2026

IL NE FAUT PAS METTRE DES ELEPHANTS PARTOUT

IL NE FAUT PAS METTRE DES ELEPHANTS PARTOUT

 

Il ne faut pas mettre des éléphants partout ; ça alourdit la phrase.

 

Il fait chaud j'ai du mal avec la chaleur il
Ne faut pas que j’oublie je crains d'oublier j'ai déjà tant oublié il ne 
Faut pas que j'oublie combien de
Pas fait-on dans une journée je ne sais pas je m'en fiche (à propos où sont mes pieds?) il faut
Mettre un couvercle sinon les éléphants s'échappent et l'on attrape mal à la tête.
Des éléphants oui des éléphants et pourquoi des éléphants et pas des soucieux socialistes ou des patriotes de papier ? Parce que les pantins politiques je ne peux pas les blairer mais j'aime bien les
Éléphants je n'en connais pas personnellement (je ne vais jamais à l’étranger et encore moins là où il y a des éléphants)
Partout où il y a des éléphants je suppose que l'on parle des langues que je ne comprends pas (c'est curieux tout de même de dire je comprends cette langue alors que la langue c'est un truc mou même que
Ça s'agite la langue dans la bouche la langue) en tout cas manger du cassoulet de la choucroute des chicons jambon gratin béchamel ça
Alourdit ça pèse ça gonfle 
La bière aussi ça gonfle qu'après la
Phrase vous avez du mal avec la phrase comme quand il fait chaud et que l'on a du mal avec la chaleur.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 5 juillet 2026. 

 

6 juillet 2026

LE GEOMETRE ET SON DOUBLE

LE GEOMETRE ET SON DOUBLE

 

1.
« La métaphysique, sous toutes ses formes et à toutes les étapes de son histoire, est une unique fatalité, mais peut-être aussi la fatalité nécessaire de l'occident et la condition de sa domination étendue à toute la terre. »
(Heidegger traduit par André Préau, « Dépassement de la métaphysique ») 
- Si l'on considère la proposition de Heidegger, peut-on avancer que la métaphysique est « la condition de la domination de l'occident étendue à toute la terre » ?
- Et, dès lors, la lutte actuelle que, sous forme de guerre hybride, certains États des BRICS mènent à l'Occident a-t-elle pour but d’anéantir la métaphysique occidentale ?
- L'occident est-il extensible ou est-il avant tout une élasticité économique ? 

 

2.
France inter, à certaines heures :
- N'est-elle que la radio de bobos désœuvrés qui, ne sachant pas quoi faire de leur temps, sont tout prêts à avaler n'importe quelle couleuvre à la mode pourvu qu'elle soit approuvée par le neuropsychologue de service ?
- Est-elle l'une des seules radios où l'on parle encore de littérature, de l'histoire de la pop culture et de ses évolutions, et où les débats sont généralement d'une tenue et d'un niveau plus élevés que sur les radios privées ?
- Est une nécessité sociale ? 

 

3.
La France est-elle :
- Trop à droite ?
- Pas assez à droite ?
- N'est pas vraiment de droite : c'est un pays plutôt conservateur gouverné par une technocratie libérale de centre-droit ?

 

4.
« C'est le pendant du géomètre, qui, fatigué des éloges dont la capitale retentissait lorsque Racine donna son « Iphigénie », voulut lire cette « Iphigénie » si vantée. Il prend la pièce ; il se retire dans un coin ; il lit une scène ; deux scènes, à la troisième, il jette le livre en disant : « Qu'est-ce que cela prouve ? »... 
(Diderot, « Satire première »)

 

Après avoir lu ce passage de Diderot, pensez-vous que :
- Les géomètres sont plus utiles que les dramaturges mais moins goûteux  qu'un gratin d'endives au jambon sauce béchamel ?
- Certains géomètres n'y connaissent rien en littérature ? 
- Les géomètres sont tout aussi utiles que les dramaturges mais moins goûteux que la glace à la pistache ?
- Les géomètres finiront par fabriquer des machines qui remplaceront les dramaturges et que l'on appellera IA ?

 

5.
La Suisse est-elle un pays :
- Prospère, heureux et au-dessus de tout soupçon ?
- Prospère, heureux mais loin d'être irréprochable ?
- La Suisse n'est pas un pays, c'est une condition bancaire, une clause de confidentialité ?
- Une nécessité sociale ?  

 

6.
Le catholicisme à la française est-il :
- La religion de ceux qui ne savent pas s'ils croient ou non en Dieu mais par habitude n'est-ce pas ?
- La religion de ceux qui pensent que les curés, c'est bien utile pour les baptêmes, les communions, les mariages et les enterrements, mais que, dans la vie de tous les jours, on s'en passe très bien ?
- La religion la plus tolérante de toutes les religions ? 
- Une nécessité sociale ?

 

7.
Pink floyd, c'est-y :
- Une formation de musiciens britanniques de talent, formée dans les années 60 et qui a enregistré des albums novateurs et ainsi fit progresser la musique dite pop pour l'amener à un statut de musique contemporaine, actuelle, tout ça ? 
- Une bande de chevelus qui chantent dans une langue étrangère en produisant des sons à hypnotiser les poules ?
- Un groupe de reptiliens à apparence humaine ayant appris à jouer de divers instruments en regardant des vidéos sur YouTube « alors que YouTube n’existait pas encore » ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juillet 2026.

6 juillet 2026

PENSEZ-VOUS !

PENSEZ-VOUS !

 

1.
« Donald Président » est-il :
- Un projet inabouti des studios Disney ?
- Un film de Tex Avery ?
- Un remake parodique du film « Les Hommes du Président », de Alan J. Pakula (USA, 1976) ?
- Le véritable nom du déclin américain ?

 

2.
Avec la dernière canicule, celle à venir, et le réchauffement climatique qu'on va finir cuit cuit cuit, on parle beaucoup de la clim'. Est-ce :
- Une nécessité ?
- Un nouveau moyen de fourguer des tas de trucs plus ou moins fiables à des tas de gens plus ou moins crédules ?
- Un faux problème, une diversion, un marronnier ?

 

3.
« L'hôtelière du Pont regardait de son haut, sans un mot et avec une moue, le Monsieur, la table et les papiers ; elle avait l'air de se reposer comme si elle avait déjà dit tout ce qui était nécessaire et qu'on y eût fait bon accueil. »
(Kafka traduit par Alexandre Vialatte, « Le Château »)

 

- Quel est le rapport entre « le Monsieur, la table et les papiers » ?
- Y a-t-il un rapport entre « le Monsieur, la table et les papiers » ?
- Le « Monsieur, la table et les papiers » existent-ils ? « L'hôtelière du Pont » existe-t-elle ? Le « Pont » existe-t-il ? Ou tout cela n'est-il qu'être dans un monde qui n’existe pas ?

 

4.
Aux présidentielles 2027, beaucoup annoncent la victoire du RN. Que va devenir la France ?
- Un régime autoritaire qui se rapprochera de la Russie de Poutine et de la Chine de Xi Jinping ?
- La France restera une démocratie libérale mais avec un retour très marqué à un conservatisme plus ou moins hypocrite ?
- La France restera une démocratie libérale marquée à droite mais pas plus à droite qu'elle l'est, parce que le RN aura besoin d'une coalition avec la droite républicaine et de s'entendre avec une opposition de centre-droit qui l'empêcheront de mettre le pays en péril plus qu'il l'est ?

 

5.
Jean-Luc Mélenchon va-t-il finir par :
- Prendre sa retraite et rédiger ses mémoires ?
- Devenir chroniqueur sportif ?
- Devenir influenceur à Dubaï ?
- Prendre une retraite bien mérité et passer le reste de son âge en méditant sur la sottise des choses à Cub... aux Bahamas ?

 

6.
Donald Trump va-t-il finir :
- En prison ?
- Dans une clinique qui portera son nom et dont l'ensemble du personnel, sans exception aucune, sera payé par ses soins et adhérent au parti républicain ?
- En exil en Russ... aux Bahamas ?  

 

7.
Pensez-vous ce que je pense ou faites-vous semblant de penser ce que je pense pour que je pense que vous pensez ce que je pense et que je ne pense pas vraiment ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juillet 2026.

 

9 juillet 2026

POUTINE A DU SOUCI A SE FAIRE

POUTINE A DU SOUCI A SE FAIRE

 

1.
6 juillet 2026. Après les frappes ukrainiennes sur la raffinerie de Omsk (ah oui, c'est très en profondeur sur le territoire russe), 1 euro vaut plus de 88 roubles et les indices boursiers russes ont encore beaucoup perdu aujourd'hui.

 

2.
Les Canadiens se moquent de Trump ; les Groenlandais se moquent de Trump ; l'UE se moque de Trump ; les Iraniens se moquent de Trump ; les Ukrainiens se moquent de Trump et Xi Jinping doit contempler non sans   étonnement la manière dont Trump ruine la crédibilité des États-Unis.

 

3.
Si l'on suppose Trump malade et de moins en moins autonome, est-il à penser que :
- Tantôt POTUS Trump lâchera l'affaire et, avant d'aller mourir plus ou moins vite dans un hôpital, refilera les clés du pouvoir au dangereux JD Vance ?
- Potus Trump refusera d'admettre son déclin et, craignant une défaite électorale qui pourrait l'envoyer en prison, tentera on ne sait quel coup  tordu ?
- Trump ne pourra rien faire, perdra le pouvoir, finira en prison et mettra en sérieuse difficulté bon nombre de cadres MAGA, de membres de son administration et autres complaisants et corrompus dans diverses affaires (dont l'affaire Epstein) ?

 

4.
Après les formidables progrès de son opération spéciale en Ukraine et le non moins formidable bond en avant de l'économie russe, est-il à penser que :
- L'armée russe, lassée de servir de chair à canon pour servir une corruption endémique va finir par se rebeller et se débarrasser de Poutine et de ses sbires ?
- L'armée russe, lassée de se faire décimer pour rendre service à des politiques corrompus et incompétents, finira par défier le pouvoir de Poutine et déclenchera une guerre civile en Russie ?
- Poutine finira par être renversé par un de ses sbires et finira dans un accident de fenêtre, ou de tasse de thé, ou en hôpital psychiatrique, ou en exil (comme Trump mais sans doute pas au même endroit) ?

 

5.
Trump et Poutine sont-ils liés par :
- Un pacte secret ?
- Un kompromat ?
- Des intérêts financiers ?
- Une mégalomanie commune ?
- Et si Trump tombe, cela fera-t-il très vite chuter Poutine ?
Et est-ce que Trump ne jouerait pas double jeu, par hasard et par malice ?

 

6.
Pas la peine de s’inquiéter outre mesure pour les présidentielles 2027 : Mélenchon n'a aucune chance et, que ce soit Bardella ou Marine Le Pen, le RN ne peut l'emporter sans le soutien de la droite républicaine qui réduira considérablement les appétits des cadres d'extrême-droite et leurs capacités de nuisance.

 

7.
Face à Mélenchon et au RN, un arc républicain est encore possible : après tout, si LFI et RN ont des passions communes pour le caporalisme et les régimes autoritaires à la Poutine, de la gauche anti-Mélenchon à la droite gaulliste, il ne manque pas d'hommes et de femmes qui ont à cœur de préserver  libertés individuelles et démocratie libérale.

 

8.
Ce que raconte le ministre de l’éducation nationale dans les médias, on s'en fout ; ce qui compte, ce sont les directives officielles et leur application sur le terrain. Comment un haut fonctionnaire comme Edouard Geffray peut-il l'ignorer ?  

 

9.
7 juillet 2026. Marine Le Pen condamnée mais éligible ; ah bah la France quoi. Je préfère ne pas voter ; tous pourris.

 

10.
8 juillet 2026. Il se dit que, suite à un bombardement ukrainien, la raffinerie de Omsk (propriété de Gazprom) serait complétement à l’arrêt.
Il se dit aussi qu’en raison des pénuries la Russie est sur le point de renoncer aux exportations de gazole.

 

11.
Au sommet de l’OTAN, Trump a déclaré qu’il allait autoriser la vente d’une  licence à l’Ukraine lui permettant de produire ses propres missiles Patriot.
Curieux aussi de voir côte à côte POTUS Trump et le président Zelensky plaisantant ensemble, comme s’ils étaient soudainement assez d’accord.
Poutine a du souci à se faire. 

 

12.
Trump est-il en passe :
-    D’étrangler économiquement la république islamique d’Iran ?
-    De reprendre une vague de bombardements massifs afin d’affaiblir considérablement le régime des Gardiens de la révolution ?
-    De se faire berner par les Gardiens de la Révolution ?

 

13.
8 juillet 2026. Trump aurait-il enfin compris que c’est en mettant à genoux le régime des mollahs iraniens et en faisant reculer Poutine jusqu’à ce qu’il soit obligé d’ordonner le retrait des troupes russes d’Ukraine qu’il rentrera réellement dans l’Histoire ?

 

14.
8 juillet 2026. Deuxième nuit de suite de bombardements massifs sur l’Iran.
On évoque une fermeture imminente du détroit d’Ormuz par les autorités iraniennes.
Va-t-on vers une reprise de la guerre totale entre USA et Pasdarans ? Une reprise de la crise énergétique mondiale ?

 

15.
Marine Le Pen condamnée en appel, se dit « innocente ». Notons que c’est généralement ce qu’ils prétendent, les condamnés.

 

16. 
Marine Le Pen présidente en 2027 ? Bardella premier ministre ? Certains cadres historiques du RN, ceux du temps du père Le Pen et du FN risquent de moyennement apprécier de voir un jeune opportuniste leur brûler la politesse.
De plus, tout dépendra des résultats des législatives et de la relativité de la marge du RN au sein d’une coalition de droite.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 juillet 2026.

 

11 juillet 2026

LA SAGESSE C’EST BIEN UTILE SURTOUT AVEC DES CORNICHONS

LA SAGESSE C’EST BIEN UTILE SURTOUT AVEC DES CORNICHONS

 

1.
« Il me semble que toute la sagesse du monde
Est dans les yeux de ces bonshommes en cire. »
(Valery Larbaud, « Madame Tussaud’s »)

 

La sagesse, c’est bien utile, surtout quand on est vieux et qu’on dit alors, qu’il est sage, ce vieux. Ça vous évite qu’on vous jette des cailloux.

 

2.
Dans les enquêtes distinguées et biscornues que mène Hercule Poirot, même les meurtriers portent la cravate, ou le nœud papillon. Sauf les femmes. Elles ont des cheveux, même que parfois, ce sont des perruques, pour passer toute autre et faire avaler des champignons.

 

3.
On prévoit des agitations. C’est que les pays parfois s’agitent. Cause les gens sont trop nombreux, ou pas assez, ou trop différents à penser et à ne pas croire tous la même chose. L’Histoire, c’est surtout l’histoire des tubes digestifs et de la rareté naturelle. Des fois, ça les rend enragés, les gens. L’enragement a de l’avenir.

 

4.
« Des villes, et encore des villes ;
J’ai des souvenirs de villes comme on a des souvenirs d’amours :
A quoi bon en parler ? »
(Valéry Larbaud, « Europe », IX)

 

D’abord, parce qu’on s’en fiche et puis, parce que les villes, c’est bien joli, mais il y a plein de gens dedans que lorsqu’il fait chaud, il y en a même trop, sauf dans les rues où ne passe personne et où on passe parce qu’on ne sait pas quoi faire que passer là avec ses bras, ses mains, ses jambes et sa tête vaguement agitée de pensées idiotes, même qu’on s’arrête qu’au bout d’la rue, il y a un troquet qu’on va y boire un muscadet, parce qu’il fait chaud et qu’on repense à une vieille chanson de Charlélie Couture et d’une histoire,
« Celle du loup dans la bergerie
Celle du missionnaire dans la blanchisserie »
Youplazut.

 

5.
« Certainement la mémoire est trop méprisée. »
(Alain, « Mnémosyne » in « Propos de littérature »)

 

Nous serons d’accord avec Alain. Il faut s’en souvenir. Si la mémoire est par trop méprisée, elle finit par se courroucer, se rebeller, s’insurger et vous pose des lapins, que vous ne savez plus où vous avez mis votre chapeau et la tête dedans.

 

6.
« […] mais il ne faut pas non plus oublier la puissance Esopique, errante depuis tant de siècles à la recherche d’un homme qui ne fût point tyran du tout. »
(Alain, « La Fontaine » in « Propos de littérature »)

 

J’aime bien l’idée d’une puissance Esopique, planant sur les siècles et fondant soudain sur quelque homme de lettres assez nonchalant et désinvolte pour n’avoir ni prétention, ni ambition sociale autre que d’employer la fable pour signifier la défiance que lui inspirent ses contemporains.

 

7.
« Quoi donc ? Le chapelet ? La religion des bonnes femmes ? Ceci est pour le corps ; ce sont des politesses, sans importance que celle qu’on leur donne. »
(Alain, « Pascal » in « Propos de littérature »)

 

« Politesses sans importance » ? Bin non, comme on le voit, le folklore religieux est ce qui sert de pensée aux ignorants et de prétexte aux doctes de la foi et autres escrocs métaphysiques. Ces doctes, utilisant la crédulité et la docilité de leurs ouailles pour bâtir des fortunes, des empires, des réseaux tentaculaires, sont souvent bien près de déclencher des guerres, lesquelles ne sont jamais qu’un moyen de s’arranger avec la rareté naturelle des choses et des âmes.

 

8.
« - Il faut nous presser, chérie ! Les nouvelles sont mauvaises aujourd’hui. Il faut que nous aboutissions… et que ce soit bientôt ! »
(Agatha Christie, « N ou M ? » [Tommy])

 

Les nouvelles ont généralement tendance à être mauvaises, mais si, ce midi, vous mangez des moules-frites et qu’elles sont bonnes, cela console, à moins évidemment qu’une moule se mette à vous pincer en grognant rageusement ou que les frites fassent ce qu’elles peuvent pour vous déchausser les dents.

 

9.
Les démocraties libérales sont tout aussi malhonnêtes dans leurs façons de gérer leurs affaires étrangères (les vraies, celles qui rapportent des sous et des avantages) que les régimes autoritaires et autres BRICS. La différence, c’est que ce sont des démocraties et qu’il vaut mieux vivre en France qu’en Russie ou en Chine (surtout si l’on est français, démocrate et républicain).

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 juillet 2026.

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