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11 mai 2021

LE REEL ET SON BITCOIN

LE REEL ET SON BITCOIN

1.
Dans le vieux théâtre de marionnettes allemand, je suppose que l’on trouve les ombres des empereurs et des épiques, vieilles magies chauves et vieux pantins essoufflés, et le Hanswurst que l’on n’écoute plus.
(en lisant Schopenhauer)

2.
A côté de l’empereur et des épiques d’époque là, dans le vieux théâtre allemand, y avait pas Mona Cousine, du Moulin Rouche (je l’avions point encore inventée), ni Zut qui vous zutte tant et plus, y avait le Hanswurst, qui faisait l’hyperbole.

3.
« Chaque parole, chaque geste du héros, le Hanswurst » [Jean-Saucisse nous apprend le traducteur Burdeau], le Hanswurst donc « les répétait aussitôt, à sa manière à lui, et en exagérant » genre le réel et son double qui se fiche de sa fiole.
(en lisant Schopenhauer)

4.
J’ai assez fait voir, que c’est pas moi qui cause, c’est Schopenhauer, mais saucé de Zut (Zut est une saucière très maléfique), que la notion du devoir (j’en avos plein quand j’étos gamin dans le Pas-de-Calais, du devoir, même que je l’faisos jamais)

Que la notion du devoir (que j’faisos jamais qu’j’avos des zéros pleins mon carnet et déjà me disant qu’ça me fatiguait bien tout leur blabla là), la forme impérative (vas te faire…) prise par la morale, laquelle défois a une grande bouche à couleuvres
(D’après Schopenhauer)

Que la forme impérative prise par la morale, avec tout l’devoir là que j’avions point fait, n’appartiennent qu’à la morale théologique, celle du grand méchant Loup qui nous hurle tout ça qu’on doit avec la voix bienveillante à quelque blanquer, pédagogique cureton.

5.
Puisqu’on cause transcendance, fis-je à Zut qui chassait les mouches au plafond, n’est-il pas vrai que Dieu ne se réalise pas puisqu’il est réalisé, que Dieu ne se manifeste pas puisqu’il est manifesté, que Dieu ne fait pas de miracles puisqu’il est miracle.

6.
J’ai lu sur Twitter que certains considèrent le bitcoin comme une « monnaie insoumise » (sic), une sorte de pied-de-nez anarcho-monétaire euh moi là, je doute, et pour moi, le bitcoin, c’est surtout une bulle spéculative qui fera bien des suicides quand elle éclatera.

Je me demande quelle est la valeur réelle du bitcoin : sur quelle réelle production de richesses le bitcoin se base-t-il ? N’est-il que spéculation pure, gain de casino (le nombre de bitcoins étant limité) ?  Se base-t-il sur les réussites de l’économie informelle ?

A mon avis, avec le plouf qui s’annonce, le bitcoin, c’est ce que certains finiront par avoir dans l’… pis là il pourront toujours faire coin-coin, les zozos qui se croient anonymes et sécurisés.

Le principe de réalité finit toujours par s’imposer. Court-circuiter le système bancaire avec une crypto-monnaie déconnectée de la production et des réalités politiques est une illusion que beaucoup paieront très cher, très cher, bien trop cher. #bitcoin

7.
« je propose à la morale ce but, d’exposer les diverses façons dont les hommes se conduisent, entre lesquelles, au point de vue du moraliste, les différences sont si grandes, de les expliquer, de les ramener à leurs principes derniers. »
(Schopenhauer traduit par Burdeau, « Le Fondement de la morale »)

Patrice Houzeau
Malo, le 10 mai 2021.

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14 avril 2021

LA MACHINE NOUS REPONDRA

LA MACHINE NOUS REPONDRA

 

1.
Blanquer aurait-il pigé que la co-intervention en bac pro, des fois, ça tourne pipeau… « L’ignorance génère souvent de la peur ». Rassurez-vous, la lucidité et le savoir aussi. J’aime bien le jeu de go. J’y perds toujours ; c’est fascinant.

 

2.
« de ce qu’on a qualifié Nature » (entends-je sur France Inter)  : curieux comme ces derniers temps, on relativise la distinction nature/culture. Chaipas vous ; moi, ça me chiffonne.

 

3.
« Il est parvenu à sauver sa tête. » Deux genres : ceux qui sont parvenus à la sauver. Ceux dont la tête roula sous sa hache, à l’Histoire. Quels que soient les chemins… Les gens sont-ils d’ambulants bocaux avec de l’âme dedans ?

 

4.
Dieu est-il l’introduction de la culture au cœur même de la Nature ? L’Afrique sera-t-elle l’éternelle sacrifiée ? Jouera-t-on la carte d’un humanisme africain contre l’islam politique moyen-oriental ? La démographie africaine bouleversera-t-elle l’Europe ?

 

5.
Avons-nous plusieurs âmes qui passent notre vie à s’quereller ? Mettons de l’ordre dans… Passons-nous notre temps à nous remettre en ordre, à réparer des pendules ?

 

6.
« dans la pièce une vague d’horreur » que j’lis dans un roman. Le vieil Océan secoué de monstres. L’humain est-il un dompteur de monstres ? Pour s’exercer, son activité essentielle, au bipède, ne serait-elle pas de créer des monstres, et encore des monstres ?

 

7.
« Puis il retourna au silence ». « l’empire du mammifère en nous », j’lis ça dans Onfray… nature et culture mêlent leurs pierres, leurs jardins, s’font des yeux. « Je suis tout à fait en dehors de cette histoire », dit un personnage d’Agatha Christie. Vraiment ?

 

8.
J’entends sur France Inter quelqu’un (qui ?) dire « Le lion, c’est la puissance et la licorne, l’imagination. » Ça doit être connu ça. Le réel, c’est le déchiffrement du réel qu’on finit par se demander s’il y a réellement un message. La machine nous répondra.

 

9.
A quoi servent les politiques ? A distraire le peuple pendant que de hauts fonctionnaires anonymes et calculateurs prennent les décisions. Ce qu’il y a derrière le rideau, transactions, négociations, marchés, qui veut mes tapis, pas chers.

 

10.
Va-t-on vers la démocratie virtuelle ? Vers la démocratie assistée par ordinateur ? Je n’aime guère qu’on impose à tous l’usage de l’ordinateur. Nous avons de moins en moins le choix de nos modes d’être. Politique de manager.

 

11.
J’entends dire sur France Inter que Macron change souvent de costume (tour à tour candidat dégagiste, président rassembleur, « cool », jupitérien, militaire, épidémiologiste…). Ce n’est plus un président, c’est un comédien, un chanteur de charme, un débiteur de ritournelles.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 avril 2021.

17 mars 2021

SEPT AUTRES LAIDS PWEMES PIS A DIRE

SEPT AUTRES LAIDS PWEMES PIS A DIRE

 

1.

Avec le covid on est au bout du bout

J'entends ça à la radio bout du bout

Qu'si ça s'trouve on va tous tourner

Fou maboul cinglé frappé toqué givré

Donc là hein faudra pas s'en étonner

Si les gens font des trucs de dingue

De maboul cinglé frappé cinoquétoqué

Et moi d'en bas Ohé ého j'vous l'dis

A force de tirer sur le hein à force

Les politiques vont plus bien sortir

D'cette affaire sans se faire sonner

Les cloches entendez-vous frère Jean

Les cloches qui sonnent sonnent puis

d'plus en plus fort hein les cloches

 

2.

Petit à petit Technocratie fait son nid

Dans nos têtes fait son nid appli après

Appli confinement après confinement son

Nid qu'elle fait Technocratie elle pond

Ses œufs dans nos crânes Technocratie &

Pis qu'c'est pour not' bien qu'elle dit

Technocratie qu'elle nous zieute épie &

Informatise et les limite nos libertés.

 

3.

Le monde d'après i sera pire pire pire

Pire que tout ça qu'était pire avant &

Nous tournerons tous en rond s'rendant

Compte qu'on s'a fichu de nous moqué &

Joué de nous et pis on oubliera et pis

On criera Vive le Roi d'la Cinquième &

On votera toujours & très librement on

Votera encore pour le même marchand de

Poudre de perlimpinpin ou son variant.

 

4.

Moi j'aime bien les Pwèmes Ils sont

Toujours les bienvenus chez moi les

Pwèmes qui content n'importe quoi &

Qui se moquent gentiment du monde &

Qui font du son font du rythme dans

Ma caboche pis qu'ça s'agite gigote

Qu'ça fait tribu de grands étranges

Qui n'existent que quand on les dit

 

5.

Les zuns i disent les zautres i disent

Les zuns i disent et les zautres i les

Contredisent et les zuns répondent pis

Les zautres i rigolent et contredisent

Et des fois c'est féroce et très rosse

Les zuns les zautres quand i se disent

Se disent se disent pis s'contredisent

Encore encore encore que ça fait débat

Et quasi tout le monde les zuns zé les

Zautres tous-ci tous-ça i disent quoi?

I disent disent disent n'importe quoi.

 

6.

Le soleil n'est pas un gong

Le soleil ne fait pas glong

Et ne vibre pas comme vibre

Un son qui se prolonge dans

On ne sait quelle musique à

Mystères Non pas un gong le

Soleil & pas une cymbale le

Soleil qui n'fait pas schee

(A dire façon sschchchchut)

Ni chic-chic-chic Le soleil

Ne danse pas comme on danse

Dans les boîtes de nuit des

Fantômes du jazz D'ailleurs

Le soleil pas une trompette

Pas un sax ni clarinette le

Soleil pas un jazz-band qui

Fanfare & fait l'hurluberlu

Le huron le bœuf & l'gigoto

Le soleil & pas un dieu non

Plus le soleil Un symbole ?

Ah oui un symbole le soleil

Cette grande cloque de gaz.

 

7.

J'aimerais boire un verre de limonade

Ou une citronnade fraîche acidulée ou

Un diabolo-menthe une bière légère ou

Un café frappé grec Voyez j'suis très

Raisonnable Alors vous me servirez un

Verre de limonade ou une bière légère

& je boirai & les gens tout autour de

Nous pâliront blêmiront ouvriront des

Yeux grands façon soucoupes ou bien i

Tomberont dans les pommes vu qu'on le

Sait bien qu'un verre qui s'vide tout

Seul comme ça dans l'air au-dessus de

La table ah certes c'est pas courant.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 17 mars 2021.

3 février 2021

ZUT IL PLEUT ALORS ZUT ME REPOND

ZUT IL PLEUT ALORS ZUT ME REPOND

 

1.

Parfois j'ai plus ma tête à moi

Qu'on dirait que chuis un autre

Je ne me reconnais plus m'goure

De moi-même et à rien que je me

Ressemble à rien à rien du tout

 

Parfois j'ai plus ma tête à moi

Qu'elle a roulé dans l'miroir &

Je ne m'évoque plus grand chose

Mon fantôme à rien qu'il paraît

Ressemble à rien à rien du tout

 

Parfois j'ai plus ma tête à moi

Elle s'est plantée au bilboquet

J'ai perdu celui que je fus peu

De chances que je me retrouve à

Rien chus rendu pis labyrinthé.

 

2.

Pourquoi quand j'en ai besoin

Mon Tractatus je ne le trouve

Plus Quand n'en ai nul besoin

Il me fixe le Tractatus d'ses

Yeux logiques Pourquoi est-ce

Qu'ils seraient logiques hein

Les yeux du Tractatus et puis

 

Pourquoi donc qu'il en aurait

Dis des yeux que c'est pas le

Tractatus qui me lit mais moi

Qui lis le Tractatus quand je

Le retrouve que parfois je ne

Le retrouve pas parfois je me

 

Dis c'est toujours quand j'en

Ai besoin qu'il est allé à la

Pêche au biscornu fluvial qui

Passe devant ma fenêtre aussi

Conforme au temps qu'il peut.

 

3.

Nous sommes les choses qui croyons

Avoir du pouvoir sur les choses et

Ce sont les choses sans cerveau ni

Malice au bout des travaux au bout

Des jours ce sont elles les choses

Qui finissent par avoir notre peau

 

4.

Alors le rigolo qu'avait trop glouglouté

Dégueula dans la rigole pis des teigneux

Dégoûtants et dégueulasses l'agrippèrent

Pis lui gâtèrent grave la gamelle que sa

Figure fut plus jamais que gueule cassée

 

5.

Défois je dis Zut il pleut

Alors Zut me répond Oui il

Pleut Il pleut dans la rue

Ça fait des flaques et des

Claquettes que ça dans une

Chanson de Nougaro déjà on

L'a entendu ça qu'la pluie

Fait des claquettes Défois

J'dis Zut j'suis en retard

Alors Zut me répond Oui tu

Es en retard alors je sors

Ma tête à claques sous une

Pluie battante là qui fait

Des claquettes mais i faut

Rien exagérer non plus car

Défois il fait beau aussi.

 

6.

Le narrateur Apollinaire évoque

« les cadavres de [ses] jours »

Que j'me demande Est-ce que les

Jours ont-ils osses et peau que

Leurs cadavres jonchent le sol?

Et ce que nous voyons ne serait

-ce pas l'apparence du passé et

Non le passé qui n'existe pas &

Qui pourtant tel un dieu qui ne

Finit n'en finit plus d'être et

Exerce son empire sur l'humain.

 

7.

Le passé n'existe pas et ce sont

Pourtant les couteaux tirés dans

Le jadis qui les condamnent dans

Le présent nos sottes cervelles.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 3 février 2021.

 

 

 

7 juillet 2020

LE REEL EST-IL AUSSI REEL QUE NOUS LE SOMMES

LE REEL EST-IL AUSSI REEL QUE NOUS LE SOMMES ?

 

 

  1. D'invisibles archéologues sont-ils en train de nous étudier ? Alors il se mit à nous faire une tartine là, de son anti-matière. Je me demande si les pluies peuvent se collectionner.

  2. « Avec un cri de douleur je fis un bond qui m'envoya tout droit dans la soupe bouillante et me raidit en un instant d'intense agonie aux côtés de mes compagnons de détresse, à savoir une carotte et deux oignons. » (Leonora Carrington traduit par Henri Parisot, « Le Cornet acoustique »)

  3. Le réel est-il aussi réel que nous le sommes ? Si d'invisibles archéologues sont en train de nous étudier, sommes-nous dans un musée ? Si les pluies pouvaient se collectionner, le musée des pluies serait-il désigné par le mot impluvium ?

  4. Comprenons-nous, à l'instar du jeune homme d'une nouvelle de Lovecraft, que « les abîmes crépusculaires » où nous plongeons sont « ceux de la quatrième dimension » ? le plus curieux, c'est que là aussi on trouve des frites.

  5. Défois je me dis que je me moque de moi. Sinon, comment expliquer ce rire qui se répand dans toute la pièce alors que Zut est allée zuter dans l'ailleurs risible ?

  6. Comme c'est fascinant, tout ce vide me dis-je, contemplant les politiques en campagne. La fonction antique du parapluie n'était-elle pas d'attraper des pluies afin d'enrichir sa collection ? Visiblement, le secret s'est perdu ; les ponts sans doute l'ont mangé.

  7. Si les mots sont vivants, nous grignotent-ils ? Heureusement que nous ne pouvons pas nous fourrer la main à l'intérieur de nos sacs de chairs et d'os, certains finiraient par se lacérer l'introspection. Je vois rarement des chapeaux melons passer à la fenêtre du 4ème étage.

  8. Les langues connaissent-elles bien la grammaire de l'humain ? C'est tout de même très bête de confondre scie et chien ; c'est comme ça qu'on se fait mordre. Les langues font-elles des fautes d'humanité aussi souvent que nous débitons des âneries ?

  9. Se pourrait-il que « la main d'écorché », jadis évoquée par Maupassant dans un conte célèbre, continue à errer de par le monde, étranglant de-ci de-là quelques collectionneurs maniaques ?

  10. Non seulement les chapeaux melons ne passent pas devant ma fenêtre, mais les bottes de cuir non plus. Quelquefois, j'aperçois quelque créature cagoulée en collant rouge flottant vaguement dans la brume. Bah, j'aurais dû habiter au rez-de-chaussée.

  11. Le plus dur, ça a été d'empêcher les pieds d'aller se jeter sur des politiques de plus en plus effarés. Il a donc fallu les casser, les pieds. La fonction de casseur de pieds fut instaurée. Une compagnie de casseurs de pieds s'appelait « chaussette ».

    Patrice Houzeau
    Malo, le 7 juillet 2020.

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1 juillet 2020

LA POLITIQUE EST UNE PASSION THEATRALE

LA POLITIQUE EST UNE PASSION THEATRALE

 

 

  1. Je crois que l'un des symptômes de notre relativisme actuel, qui masque assez imparfaitement un scepticisme généralisé, est dans notre manière de plus en plus fautive de maîtriser la concordance des temps.

  2. « les sociétés ne laissèrent pas de distinguer leurs territoires par des bornes qu'elles plantèrent, et de faire des lois pour régler les propriétés de chaque membre de la société »
    (Locke traduit par David Mazel, « Traité du gouvernement civil »)

  3. En réglant « les propriétés de chaque membre de la société », l'Etat reconnaît des titres aux individus, les met en concurrence ou en nécessité d'alliances, et donc de commerce, et les tire de l'anonymat de la communauté.

  4. Sur France Culture (le 1/07/2020) : En 1940, la veuve du général Mangin aurait attendu à l'Hôtel du Parc que Pétain passât devant elle et frappant alors le sol de sa canne se serait exclamée : « N'y a-t-il aucun homme en France pour arrêter ce traître ? »

  5. Au même titre que l'enseignement, l'ordre est un art qui demande proximité, renseignements, compréhension des faits sociétaux, anticipation, finesse d'analyse. La technique seule ne suffit pas, qui finit par faire accroire à certains que beaucoup leur serait pardonné.

  6. Nous ne spécialisons plus assez en France, et surtout plus assez tôt. Résultat : les savoirs, y compris certains savoir-faire, s'émiettent, se dispersent, se dévaluent, et d'étranges consultants prennent la place des experts.

  7. Ai lu quelque part sur Internet : « L'enseignement à distance remet l'enseignant au cœur du dispositif. » Jolie phrase de communicant mais qui, à y réfléchir, ne veut pas dire grand chose, et est même assez grotesque. L'école apprend aussi à vivre avec les autres.

  8. « L'enseignement à distance remet l'enseignant au cœur du dispositif. » Ouiche. On aurait pu tout aussi bien écrire : L'enseignement en présentiel met l'enseignant au cœur du dispositif ; le retour de l'estrade, (ou son retrait) met l'enseignant au cœur du ; le port de la cravate (ou du tailleur) met machin/machine au cœur du truc, et scoubidou et scoubida.

  9. « L'enseignement à distance remet l'enseignant au cœur du dispositif » : Non, l'enseignement à distance oblige l'enseignant à se plier à un dispositif, à la sollicitation permanente, à la communication purement fonctionnelle, à la sédentarité, à la solitude.

  10. Il disait assumer un pouvoir jupitérien ; il se croyait maître des horloges. Qu'avons-nous maintenant ? Un président à majorité fictive qui se verdit pour sauver les meubles et donne l'impression de ne plus pouvoir rien faire sans que l'Allemagne et la BCE ne donnent leur accord.

  11. La politique est une passion théâtrale. Une fascination du polichinelle. Et comme dans les drames antiques, le politique pris par l'hybris est voué à la perte.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juillet 2020.

23 avril 2020

FANTAISIE SUR QUELQUE COMPLAINTE DE LAFORGUE AUTANT LUNAIRE QUE PROVINCIALE

FANTAISIE SUR UNE COMPLAINTE DE LAFORGUE AUTANT LUNAIRE QUE PROVINCIALE

1. Jules il commence par faire rimer la pleine lune avec la fortune parce que la lune on dirait défois une grosse pièce défois itou qu'on demande le miracle de sous qu'on n'a pas à marraine la lune là qu'on lui demande l'or des lunes à la lune là.

2. Après il y a des sonneries au loin parce qu'il y a caserne c'est-y qu'la France d'alors il y a des lunes était pleine d'officiers d'ceci-cela dragons et cuirasses et d'administration républicaine d'où d'l'adjoint qui passe.

3. Je ne sais pas pourquoi on entend du clavecin dans cette pièce là et pourquoi pas d'l'accordéon ou du cornet à piston ou du carillon par contre les chiens ne faisant pas les chats c'est donc un matou qui la traverse aussi la pièce en vers de sept pieds.

4. En tout cas ça s'passe pas à Paris et pourquoi qu'ça s'passerait à Paris y a pas qu'Paris y a aussi les éléphants les otaries les têtes de veau le persil pis qu'tout ça s'ferme les yeux et pis dodo le marchand d'sable y passe avec sa tête de conte d'Hoffmann.

5. On entend un « dernier accord » parce que si c'était pas le dernier accord encore qu'on pourrait pas dormir avec tout c'tintouin d'la cousine qui nous casse les oreilles avec son Chopin là.

6. Toujours est-il qu'ça a romantisé longtemps là la jeune fille au piano là qu'les gars i préfèrent le Grand Café ou chais pas qu'je sais même pas l'heure assez tard quand même cause la lune pis tout rentre chez soi qu'ils piaffent plus les pianos dans les conservatoires.

7. La lune elle est très calme ah c'est pas elle qui va commencer à filer façon comète étoile fusée pétard aéronef étrange non elle est là aussi exacte que l'ainsi soit-il bien que défois les nuages hein.

8. Jules je sais pas pourquoi i dit comme ça qu'la lune c'est rien qu'une « dilettante » c'est-y qu'on la voit d'partout pis qu'elle intervient jamais dans tout c'qui s'passe ici-bas que pourtant les nuits de la pleine lune hein.

9. C'est vrai qu'la lune a des yeux partout, voit tout en mondiovision la lune et remarquez qu'elle est discrète elle répète rien pas balançoire la lune non juste un observatoire la lune avec personne dedans.

10. Jules l'est tout spleen et mélancolie qu'il pense que c'est sous la lune qu'elle est partie celle pour qui i s'en r'sentait qu'évidemment qu'c'est pas sous le sourire du clown qu'elles vont viennent valsent de vienne faut-il que je m'en souvienne.

11. Faut-il que je m'en souvienne ah ça y est Jules va la r'lancer sa romance du mal-aimé ah le boulet le cassoulet qu'j'ai beau lui dire qu'la joie vient toujours après la s'maine tiens r'prends donc une mad'leine.

12. On mange nos madeleines ça fait penser à la cousine Madeleine et à Irène aussi mais c'est pas ma cousine je vous dirais pas qui c'est Irène ça n'regarde que Jules et moi qu'Irène ah la jolie rosse elle est partie pour l'Ecosse avec son voyage de noces.

13. L'autre hiver, il a couru, Jules, plus sourd qu'un cerceau d'enfant qu'un cerf-volant qu'une paire de gants qu'il lui écrivait des vers tartes à la crème Jules qu'c'est même pas vrai i dit qu'je est un autre je vous demande un peu qu'i s'sent bien ridicule maint'nant Jules.

14. Après Jules i r'luque la lune qui vagabonde dans les nuées là avec tous ces astres là dans l'immense qu'on voit pas l'fond pis qu'il est loin mon dieu qu'il est loin le plafond.

15. Pis pendant qu'i délire touci-touça la lune vieillit qu'on dirait une vieille pomme de terre fripée que j'lui dis à Jules qu'il y a plus qu'à attendre la nouvelle là dis hein la nouvelle la mignonne que voilà.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 23 avril 2020.

19 avril 2020

COMME ON DIT DANS L'KAYAK

COMME ON DIT DANS L'KAYAK

1.Y en a, i collectionnent du mauvais goût, du grotesque, du bizarre ; font du bazar un art, conservent tout bien ça. D'autres collectionnent des idées, zen font des systèmes, zappellent ça sens.

2. Des fois on croit qu'on achète du sens, de la vérité, de l'authentique puis c'est juste des mots.

3. Le meilleur lecteur est sans doute celui qui arrive à pressentir quelques-unes des histoires inouïes qui se tissent secrètement entre toutes les entrées du dictionnaire.

4. L'humain est si heureux de se reproduire qu'on est toujours de mauvais goût à dire tout haut que sept milliards et demi de bipèdes c'est bien trop. Mais tout d'même y a les pangolins...

5. C'est sans doute par quelque amère lucidité que l'on a jadis attribué le prix Nobel de la paix au président du pays qui vend le plus d'armes au monde.

6. En général, quand un scientifique est promu au rang de sage audiovisuel, il y a toujours quelque journaliste de bonne volonté pour le faire parler d'éducation, et c'est là que me vient l'envie irrépressible d'écouter Marcel et son orchestre.

7. Somme toute, l'humain est un grand collectionneur d'armes. L'en met partout sur la planète. C'est le genre de trucs, voyez, quand y en a plus, y en a encore.

8. Dieu, ayant oublié qu'il avait créé l'humain, se félicita de son jardin d'astres et de ses plantations de galaxies.
Note : Remarquez que par définition Dieu n'oublie jamais. On pourrait même assimiler Dieu à la Mémoire. J'aime bien écrire des idioties.

9.« humaniser l'humanité » revient à une réduction des singularités, lesquelles finissent toujours par se déchirer mutuellement. C'est quelque chose comme la main invisible de l'éthique.

10. La main invisible du marché n'évite pas les crises ; elle en tire les ficelles, les leçons, les conclusions. Du reste, il se peut que ce soit elle-même qui mette fin au jeu libéral pour une sorte de totalitaro-productivisme plus ou moins écologique et universaliste, et c'est pas gai comme on dit dans l'kajak.

11. La main invisible du marché est-elle l'inconscient du libéralisme ? Je sais pas mais ce soir je mange du poulet rôti froid-mayonnaise.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 19 avril 2020.

 

10 novembre 2020

AU BORD DE BIZARRES ABÎMES

AU BORD DE BIZARRES ABÎMES

 

  1. Comme il arriva au bord de bizarres abîmes façon Lovecraft et cauchemars, y avait des formes s'agitant au fond d'l'indicible là-bas, il leur cracha dessus (lésotossi), ce qui fit qu'un long cou emmanché d'un long bec de lièvre jaillit du gouffre et l'engouffra ah n'eut-il pas temps de faire.

  2. Sans cesse de labyrinthe en labyrinthe, d'escalier des vertiges en escalier des vertiges, se mit à tourner comme un fou, ses cheveux tournaient autour de sa tête et sa tête vite qu'elle pivotait sur son cou lequel tournait aussi avec tout son corps pis sa cape.

  3. Quand il eut bien tournoyé dans le labyrinthe, l'étot tout toupie. Alors une main de géant l'attrapa et le fit tournoyer tant et encore que lorsqu'il eut bien tournoyé, il s'aperçut qu'il avait perdu des bouts de tout ça lui-même. C'est le destin lui dit la cafetière que faisait-elle là je ne sais pas.

  4. Un auteur n'écrivant que des sottises maigrissait pis s'aigrissait aussi, s'vinaigrait, s'amertumait, ses sottises ne faisant plus rire le vide de son ventre dans lequel résonnaient de moins en moins les rires des clowns avalés.

  5. Il avait l'impression que depuis le début de son enquête, on lui contait des carabistouilles. Il prit tout le puzzle qui était en train de tourner manège dans tous les sens de sa tête et les mit bien à plat sur son bureau, les pièces de l'énigme mais un vent mauvais se leva et vla qu'tout s'envola.

  6. Un vent mauvais ayant fait s'envoler toutes les pièces du puzzle, il décida de sortir. Un cimetière vint à lui (ses grilles grinçaient fort, et des tombes montaient des sons sourds comme un ministère). Il voulut prendre ses jambes mais le vent toujours le rattrapait qu'le cimetière toujours était proche.

  7. Se mit à gonfler à grohossir de partout à s'enhanfler montgolfière à s'baudrucher Ubu pis alors qu'il fut devenu tout boursufflu pansu énorme dans ses paluches formidables il attrapa les politiques et les lilliputiens de la haute fonction publique et les engouffrit, poissons frits.

  8. Je n'ai pas d'autre raison que moi-même ; ce n'est pas une raison pour me prendre pour quelque coin-coin des zones et me tirer dessus avec de la poudre d'arguments perlimpinpesques fit-il en se considérant de haut.

  9. Zut s'amusant à jouer aux fléchettes avec la bouille enfarinée d'un provisoire ministériel, je la laissai pour me faire feuille au vent. On mit un certain temps à me retrouver. Mais enfin, on me rebrancha.

  10. « Un président, c'est du camembert ! » s'exclama l'élève espiègle. Il ne croyait pas si bien dire.

  11. S'étant pris pour Jeanne d'Arc et De Gaulle, il fut tout déçu quand les électeurs lui bottèrent le cul.

  12. Le ministre rêvait de robots conversationnels, « ça leur fera les pieds à tous ces petits profs, je les remplacerai automatiquement et je pourrais réformatiser à mon aise » se disait-il dans sa tête de fonctionnaire fonctionnant. Le ministre rêvait. Quand il se réveilla, on le congédia.

Patrice Houzeau
Malo, le 10 novembre 2020.

2 septembre 2022

CE N'EST PAS DANS L'ALAMBIC QUE L'ON DEPOSE SES BIGOUDIS

CE N'EST PAS DANS L'ALAMBIC QUE L'ON DEPOSE SES BIGOUDIS

1.

« Quand il était fatigué de tenir procession des données que la Science a jugé bon d’exclure (un iceberg volant s'abat en débris sur Rouen le 5 juillet 1853.... »

(Pauwels et Bergier, « Le Matin des magiciens »)

La Science, qu'elle s'appelle Léon ou pas, exclut parfois des données qui lui semblent relever du probablement impossible.

Il est très difficile de faire admettre à la Science que des petits hommes venus du cosmos dans d'époustouflants aéronefs viennent enlever des vaches, des veaux, des lapins et des humains, à, dit-on, des fins d’expérimentations .

Ces enlèvements s'appellent des abductions. Du reste, j'ai remarqué qu'il est très difficile que Zut et une saucisse de Francfort restassent longtemps dans la même pièce. L'une finit fatalement par faire disparaître l'autre

On se demande d'ailleurs pourquoi les petits hommes cosmiques n'enlèvent pas directement des scientifiques, ou ne consultent pas l'encyclopaedia britannica, ils en sauraient très vite plus sur tout un tas de choses.

Car franchement, que peuvent-ils apprendre d'un interrogatoire avec une vache, un veau, un lapin, mon beau-frère ?

2.

« Les spiritualistes croient à la possibilité d'un état supérieur de conscience. Ils y voient un attribut de l'âme immortelle. »

(Pauwels et Bergier, « Le Matin des magiciens »)

Lorsqu'on suppose un « état supérieur de conscience », faut-il que Zut m'apporte une échelle ?

Les coin-coins qui passent au-dessus de ma tête et qui se moquent du monde dans tous les étangs, croient-ils en un état supérieur de conscience ?

Puis-je mettre quelque morceau d'état supérieur de conscience dans mon café du matin ?

Un soldat a-t-il jamais foudroyé une chèvre rien que par la puissance de son état supérieur de conscience ?

Je pense que l'état supérieur de conscience a surtout besoin d'un bon gourdin s'il veut assommer quelque bipède qui lui serait hostile et d'une bonne fourchette s'il veut déguster une choucroute.

Et puis, l'âme est-elle réellement immortelle, ou fait-elle semblant ?

3.

J'ai décidé de ne plus me plaindre, car plus je me plains, plus je suis à plaindre. Or, ce n'est certainement pas à moi qu'il faut se plaindre.

4.

Non, décidément, les chats ne sont vraiment pas des êtres humains comme les autres.

5.

« Si l'alchimie contient une science, cette science n'est qu'un moyen d'accéder à la conscience. Il importe, dès lors, qu'elle ne se répande pas au-dehors, où elle deviendrait une fin. »

(Pauwels et Bergier, « Le Matin des magiciens »)

Sans doute l'alchimie contient autre chose qu'une science. L'alchimie est pleine de secrets ancestraux, chevelus et pleins de polyèdres convexes qui vous seront délivrés si vous souscrivez un abonnement à « Tous les Mystères du monde et au-delà » (99,99 euros par mois).

Accessoirement, l'alchimie est un bon sujet pour des tas de livres qui vous révèlent des secrets épatants dans le genre Saviez-vous que la terre était creuse, que la Creuse était un département, que la macreuse noire était un canard, quoiqu'il existât une macreuse de bœuf ?

Il y a même des librairies spécialisées, des sites internet et leurs ghost writers qui en vivent, des Mystères mondiaux là.

En ce qui concerne la science alchimique qui en a bien bricolé des alambics et des œuvres au noir, au blanc, pis des vinaigres, permet-elle, la Science des Anciens Obscurs, d'accéder à la conscience autrement qu'en prenant l'ascenseur ?

Je pense que oui, à condition, bien évidemment que cela ne se sache pas, parce que sinon, votre boulanger, votre boucher-charcutier votre crémier, votre belle-famille ainsi que votre conseiller bancaire n'en ayant pas grand chose à faire, il se pourrait que la révélation de secrets perdus depuis des lunes dans les plis des âges décrédibilisât quelque peu la cause des Anciens Astronautes et apparentés.

7.

A propos de mystères dans le monde là, je me demande ce qu'est devenue la jolie étudiante flamande qui me servit des Heineken au bar des Germanistes d'il y a des lustres à l'Université de Lille III du temps où mes études et moi, nous nous fréquentions d'irrégulière façon.

8.

« Ce n'est pas dans l'alambic que l'on dépose ses bigoudis » n'est pas un morceau du groupe GONG, et c'est bien dommage.

Patrice Houzeau

Malo, le 2 septembre 2022.

28 décembre 2021

LE 27 DECEMBRE 2021 LE GOUVERNEMENT REFUSA DE CEDER A LA PANIQUE

LE 27 DECEMBRE 2021 LE GOUVERNEMENT REFUSA DE CEDER A LA PANIQUE

 

Le 27 décembre 2021, le gouvernement a pour l'instant refusé de céder à la panique sanitaire face à Omicron. J'en suis content. Un reconfinement serait suicidaire. D'autant que la 6ème vague n'en est qu'à ses débuts. On n'en aurait pas vu le bout.

Macron ferait-il le pari d'une circulation d'Omicron qui servirait de « vaccin naturel » ? Cette immunité acquise sera-t-elle suffisante face à un autre variant ? On dit qu'un virus en se répliquant finit par s'affaiblir ? Nous verrons. Pour le coup et pour l'instant, Macron a du cran. Par ailleurs, le virus frappe même les plus prudents et nous connaissons tous des gens qui ne font pas plus attention que ça et qui passent entre les gouttes tandis que de très précautionneux se sont retrouvés à l'hôpital.

Politiquement et économiquement, en refusant de reconfiner et, pour l'instant, d'imposer couvre-feu et limitations de circulation, le 27 décembre 2021 Macron a marqué des points. On ne gagne rien à empêcher les gens de travailler et de sortir de chez eux.

Je note aussi que pour l'instant, et malgré le pass vaccinal à venir, le président Macron se refuse à la vaccination obligatoire. Comme il est impossible de vacciner la terre entière et que les immunités procurées sont bien courtes, il a raison. Le Zéro covid est un fantasme.

J'ai eu l'impression que Macron comptait sur la vaccination massive pour asseoir son autorité sur l'UE. Paradoxalement, c'est peut-être parce qu'il aura in fine refusé de céder à la panique sanitaire et à l'obligation vaccinale qu'il sera réellement respecté.

Patrice HouzeauQ
Malo, le 28 décembre 2021.

3 novembre 2021

COMMENT ÇA DES ARISTOLOCHES LOUCHES LOUCHENT SUR MA CHERIE ?

COMMENT ÇA DES ARISTOLOCHES LOUCHES LOUCHENT SUR MA CHERIE ?

1.
Le démon, un parmi d'autres, en mission chez les vivants... à terre, semble battu, bavant même un sang rouge et noir, continue pourtant à le débiter son texte de droit des Enfers... « Tu ne te tais jamais ? » demande alors la lutteuse bondissante. » (cf Santiago Arcas, « Sandra »)

2.
A qui appartiennent ces deux silhouettes grimpant à l'échelle posée sur la grille du Jardin des Plantes, me semble-t-il, cependant que le halo jaune d'un réverbère révèle ombres et perspective de la nuit ? (cf Tardi, « Adèle et la Bête », pl. 29)

3.
Cette case du grand Gotlib : un poster de Gai-Luron, sa tête de toutou blasé des circonstances et le dessinateur tirant la langue, agitant ses mains levées, dont une avec un crayon, « Artiste en pleine fièvre créatrice » commente l'auteur. (cf Pilote/Fluide Glacial, Hors-Série Gotlib, p.8)

4.
Tour carrée, ciel sombre, traits, la pluie. Grave face, yeux ardents. Des cavaliers. Un cheval entre les branches, fouillis de branches sous la pluie. Un ours. Un cavalier, silhouette noire. Une cavalière rousse, cape rouge, cheval blanc. (cf Bourgeon, « Le Dernier chant des Malaterre »)

5.
« Mais ce Prince décéda dans son palais, à un âge ordinaire. »
(Rimbaud, « Conte »)

Que « ce Prince » rimbaldien soit parti rejoindre le royaume des Ombres à un « âge ordinaire », voilà qui est bien, car déjà qu'ça m'fait venir crachats en bouche, les histoires de princes et consorts, si en plus ils devaient mourir à des âges extravagants, pouah...

6.
Comme on fait son lit, on se noie.

7.
Pierre qui roule n'amasse défois que des mises en examen pour tromperies et escroqueries diverses.

8.
Cet œil froid de je pense corbeau, pour illustrer l'inquiétude de la narratrice dans le volume 1 de « Oki, souvenirs d'une jeune fille au pair » de Erik Juszezak et Christian Godard : « J'ai senti une menace voilée, tapie derrière l'incohérence de la situation. »

9.
« La réalité étant trop épineuse pour mon grand caractère, »
(Rimbaud, « Bottom »)

C'est qu'c'est tout cactus, le réel, qu'les gens s'font rosses et ronces qu'vous y croyez vous, à leurs belles paroles et serments politiques pis vous vous r'trouvez à passer vot' temps à bosser pour engraisser des ceusses qui ont la prétention de vous dire c'est quoi la France.

Au passage, on notera l'auto-ironie du Rimbaud, qui a fini par ne plus se prendre du tout au sérieux en tant qu'auteur de génie et est allé voir ailleurs s'il y était.

10.
Sandra revenante, ombre très noire s'agitant sur fond de nuée rouge sang pâle, et comme Sandra revenante, elles sont deux, Miriam aux yeux fatigués a cette réflexion : « Bizarre, je vois souvent les morts, mais jamais en stéréo ! » ( cf Santiago Arcas, « Sandra »)

11.
Le surnombre nous oblige à l'utilité. Le siècle en cours sera le siècle des solidarités obligatoires. Déprimant.

12.
Covid Vaccin vaccination des mômes ? Paraît qu'on a pas assez de recul dit Eric Caumes Quoi qu'elle prépare, la Chine ? Polémique sur la représentation du hijab par le Conseil de l'Europe, y a-t-y des lobbys islamiques ? Entrisme et bigoterie.

13.
« Dehors le mur est plein d'aristoloches
Où vibrent les gencives des lutins »
(Rimbaud, « Jeune ménage »)

Dehors là (ah oui, c'est de Maupassant, ça)
Le mur et on ne le revit plus
Mur mur parle plus fort, je ne t'entends point
Est – teuh ! - vous là, mon esprit que je vous cherche
Plein tif car ça fait longtemps qu'il n'a pas vu son coiffeur
D'aristoloches Note : Les aristoloches sont des herbacées du type liane originaires d'Amérique du Sud défois, elles ne jouent cependant pas de maracas ni de trompette mariachi, ne font pas le carnaval. #LaidDeLarmes
Et qu'on se le dise, les aristoloches ne participent aucunement aux travaux du Conseil Scientifique pour l'Education initié par Blanquer, homme à tout faire #ACheval
Où la la fis-je constatant à quel point le temps
Vibrent les requins mais c'est que je pense à vilebrequin allez savoir pourquoi
Les gencives et t'sais qu't'es rat toi défois
Gencives et d'lapin miam miam
Des fois j'ai envie d'manger du lapin pouvez pas savoir mais je suis raisonnable et je rajoute un peu de beurre dans mes nouilles
Lutins teints et Milou (les lutins teints sont tout peinturlurés et ricanent bêtement dans les gazons, qu'on dirait qu'ils l'ont fumé). #saumon

14.
Nous vivons dans deux France : la France hallucinée des présentateurs télés (et autres bavards) et la France des gens ordinaires qui, ayant autre chose à faire, coupent la lucarne en se disant : quelle bande de clowns...

Patrice Houzeau
Malo, le 3 novembre 2021.

15 juin 2021

MAIS QUAND MEME QU'ELLE EST LONGUE

MAIS QUAND MÊME QU’ELLE EST LONGUE

1.
« IPHIGENIE : - Et cependant des larmes s’échappent de tes yeux.
AGAMEMNON : - Une longue absence va nous séparer encore. »
(Euripide traduit par Nicolas-Louis Artaud, « Iphigénie à Aulis »)

a) « Et cependant » : Se passe toujours quelque chose, toujours.
b) « des larmes s’échappent » : Défois elles s’échappent, sur leurs petites pattes de larmes, les larmes, ça fait de grands flots, de grands rideaux, de grandes cascades et cataractes, c’est comme ça qu’on pleure chez les géants.
c) « de tes yeux » : Agamemnon a la larme à l’œil. Il est ému, le guerrier qui pleure et déplore.
d) « Une longue absence » : celle qui succède à la vie et qui n’a ni retour, ni aller.
e) « va nous séparer encore » : du temps passé à se séparer des gens et des choses et puis de les retrouver avant de définitivement les perdre, du coup de dé fatal.

2.
« IPHIGENIE : - M’embarquerai-je avec ma mère, ou partirai-je seule ?
AGAMEMNON : - Seule, sans ton père, ni ta mère. »
(Euripide, « Iphigénie à Aulis »)

a) « M’embarquerai-je » : C’est-y point qu’Agamemnon montât un bateau à sa fille adorée, déplorée, condamnée ?
b) « avec ma mère » : Non, Iphigénie, tu ne partiras pas avec ta mère !
c) « ou partirai-je seule ? » demanda l’innocente. En ce temps-là qu’était très grec et antique, le Dieu Unique et Résurrecteur n’avait pas encore été inventé. On en était encore au temps des Ombres et de leur Royaume. Pas folichon.
d) « Seule » : D’toute façon, il est qu’on est toujours seul, seul, seul, aussi seul que hareng-saur au bout d’sa ficelle pis qui pendouille..
e) « Sans ton père, sans ta mère » : Si Iphigénie s’imagine qu’elle va partir en croisière genre tour de la Méditerranée avec nuits folles dans les clubs et boîtes de l’époque, elle se fiche le doigt dans l’œil jusqu’aux tripes.

3.
« AGAMEMNON : - Quand le cercle heureux de la lune sera rempli. »
(Euripide, « Iphigénie à Aulis »)

a) « Quand le cercle » : Marrant comme les cercles servent à définir, cerner et concerner territoires, espaces magiques, phases.
b) « le cercle heureux de la lune » : vieille magie sélénite, laquelle se fiche bien de nous et nous tire langue longue qu’on la voit pas mais quand même qu’elle est longue.
c) « sera rempli » : la pleine lune, ça fait comme un instrument de musique trop loin pour qu’on en joue, qu’on joue donc du gong avec majesté mystérieuse.

4.
« … où l’on dit que Cassandre paraît, les cheveux épars et couronnée de vert laurier, lorsque l’inspiration prophétique du dieu s’empare d’elle. »
(Euripide, « Iphigénie à Aulis » [Le Chœur])

a) « où l’on dit que » : Le réel, c’est du dit. Du dit vrai, du dit faux, du dit manche, du dit geste. Le réel, c’est du dit avec du « que » derrière.
b) « Cassandre paraît, les cheveux épars » : Nina Hagen, 1978.
c) « et couronnée de vert laurier » : devait avoir l’air fin, la Cassandre là, avec ses cheveux épars, façon punk des seventies et sa couronne « de vert laurier », que je me demande si les cheveux verts à Baudelaire pis aux sonneurs de vérités électriques, c’était pas défois une référence mythologique.
d) « lorsque l’inspiration prophétique du dieu s’empare d’elle » : oui, on dit que c’était le dieu des prophéties, que si ça se trouve, c’était dans le « in vino veritas » qu’elle allait chercher le culot de dire ce dont elle se doutait bien, Cassandre.

5.
« ACHILLE : - Mais on combat les raisons par des raisons. »
(Euripide, « Iphigénie à Aulis »)

Cela s’appelle débat, philosophie, diplomatie. L’humain y passe son temps. Le fond, c’est toujours le conflit. L’humain ne s’entend pas avec lui-même. C’est ainsi que diplomatiquement ou pas, l’animal démocratique court à sa perte.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 juin 2021.

8 janvier 2023

NOTE SUR UNE GENEALOGIE DU DETECTIVE SINGULIER

NOTE SUR UNE GENEALOGIE DU DETECTIVE SINGULIER

1.
On doit à Arthur Bernède d'avoir créé en 1927 un personnage qui inspira assez la télévision et Claude Barma pour en tirer, dans les années soixante, l'épatante série « Belphégor ou Le Fantôme du Louvre », dans laquelle brillèrent Juliette Gréco, Christine Delaroche et Yves Rénier.

Cependant, le « Belphégor » de Bernède n'est pas un chef d’œuvre. La part de sentimentalisme et de lieux communs y est trop importante et a empêché l'ouvrage d'avoir la postérité du Lupin de Leblanc et des étonnants « Mystère de la chambre jaune » et « Parfum de la dame en noir » de Leroux, lesquels, dit-on, influencèrent Agatha Christie dans l'élaboration de ses puzzles policiers.

C'est que Maurice Leblanc et Gaston Leroux eurent l'intelligence de mettre l'accent plus sur la mécanique de l'énigme, sur la manière qu'a le mystère d'en imposer au réel et les singularités de leurs enquêteurs logiciens, que sur les aventures sentimentales de leurs personnages.

C'est peut-être la sociopathie de haut niveau du Sherlock Holmes de Conan Doyle (je reprends là l'argument d'une réplique de la série télé avec Benedict Cumberbatch) qui influença Leblanc et Leroux. Dépourvu de tout sentimentalisme inutile à l'enquête, Holmes en devient l'exemple probant d'une humanité productrice de logique. Ce qui est bien plus fascinant que les lieux communs et les affectations des héros de papier de Bernède.

Néanmoins, malgré ses imperfections, le « Belphégor » de Bernède ne manque ni de charme ni d'éclat. Je le consulte aisément, m'en amuse parfois, m'y intéresse souvent.

2.
« Au mot de Fantôme, la baronne eut un sursaut d'épouvante ».
(Arthur Bernède, « Belphégor », II, 6).

Bernède, « Belphégor », II,6. « Une flamme qui meurt ». On annonce les Papillon. Stupidité, stupéfiants, stupeur. La baronne vire-t-elle folle dingo ? Chantecoq est bien élevé, contrairement à Belphégor qui fait rien qu'à. Où le trésor des Valois revient sur le tapis. Où le récit des exploits de Belphégor épouvante et fait « piailler ».

Ah tiens, j'entends un concert-fiction sur France Culture. Il s'agit d'une adaptation de « Peter Pan ». Il y a des chœurs. J'aime bien les chœurs. J'ai dégusté un bol de soupe de moules. C'est bon. Donc, j'aime la soupe de moules et la musique chorale.

Revenons à nos Papillon. Pas pour longtemps, puisque « la demi-toquée » se tire et grommelle le baron. Chantecoq sait bien que Ménardier se plante. On se demande ce que Jacques Bellegarde peut bien être. Foin des soupçons, cherchons ! La « flamme » Simone « se meurt » cependant que s'allume la « flamme de colère ». Simone Desroches hallucine, délire ; on parle d' « agonie ».

Patrice Houzeau
Malo, le 8 janvier 2023.

19 décembre 2022

COMMENT ÇA BARJAC C'EST CHANTECOQ ?

COMMENT ÇA BARJAC C'EST CHANTECOQ ?

Notes et amusettes sur les chapitre 4, 5, 6 du "Belphégor" de Arthur Bernède

1.
« Et, d'un ton mystérieux, il ajouta :
- Ici, les bosquets pourraient bien avoir des oreilles... »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 4, [Barjac])

Bernède, « Belphégor », «Le restaurant des Glycines », Simone et Jacques mangent du caviar (c'est pas la cantoche hein).

Deuxième apparition de la Parisienne. « Quenelles de brochet au bourgogne » (le genre de truc dont je ne me doute pas et que je ne mangerai probablement jamais). 

Simone remet « l'affaire du Louvre » sur le tapis. Un « coup d’œil rapide et quelque peu étrange ». Jacques est distrait. Simone boude. Simone entame une scène. Simone s'en va.

« On demande M. Claude Barjac au téléphone ». Jacques, « distrait et renfrogné », finit tout de même ses quenelles (il a bien raison). « C'est pour ce soir ! ». Dans quelques jours, je mangerai du boudin blanc.

Bellegarde va-t-il rompre et briser le cœur de la théâtrale Simone ? Jacques s'interroge sur l'identité de la Parisienne, laquelle « croquait, de ses jolies dents, de belles crevettes roses » (comme tout est beau et joli, dis ; c'est à ça qu'on voit que l'on est dans un roman).

2.
«  - Père... fit-elle... je ne voudrais pas qu'il arrivât malheur à M. Bellegarde. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 5, [Colette])

Bernède, « Belphégor ». « Où l'on assiste à des faits troublants ». Les portes de la salle des Dieux barbares sont « hermétiquement closes ». Le public voudrait bien, mais ne peut point. Un « mystère impénétrable ».

Déduction de Ménardier. « Un complice dans la place » et un adversaire peu commun. Projet d’exploration nocturne. Jacques Bellegarde lui aussi voudrait bien savoir. Et moi donc, mais c'est parce que j'aime bien les histoires à énigmes.

Une rencontre inattendue. La « charmante Parisienne ». Le courant passe. Jacques évoque les fantômes. Colette n'y croit « guère ». Il y a tout de même des choses qui hein (les pas dans l'escalier de la maison d'Hondeghem, avec personne dans l'escalier ; les pas dans le couloir de la maison d'Hondeghem, avec personne dans le couloir ; le signe que quelqu'un lui fit du bureau de la maison d'Hondeghem, avec personne dans le bureau).

Et puis, il y a Emile Tizané. A-t-il existé, Emile Tizané ? Et si tout ça était une astuce pour nous faire croire qu'il y eut un gendarme spécialisé dans les affaires de hantise, pour que l'on s'aperçoive qu'il n'y a jamais eu de gendarme spécialisé dans les affaires de hantise, et que donc l'on en conclue que les phénomènes de hantise, ça n’existe pas.

Sur France Culture, l'autre jour, le témoignage de quelqu'un qui a loué une maison qu'on disait hantée (coups et rire sarcastique) et puis, la personne l'a explorée un peu, la vieille maison (elle datait de 1810 je crois, 1810 ou 1910 ?) et y a découvert une pièce inusitée fréquentée par divers oiseaux et l'ironie d'un corbeau.

Revenons au fantôme du Louvre. Les musées sont-ils faits pour les revenants ? Mona Lisa a-t-elle été peinte pour fasciner les spectres ? Les spectres s'intéressent-ils à la peinture ? Le Fantôme du Louvre est-il, est-elle, est-on sûr qu'il, qu'elle ne soit pas le fantôme d'un historien d'art ?

Colette dessine. Papa Barjac s'inquiète. Le gardien vend la mèche. Jacques passera la nuit au musée. Colette l'aime bien ; papa Barjac aussi. Moi, j'aime bien le coq au vin, mais Belphégor n'en donne pas la recette.

3.
« - Quel malheur ! murmurait-il, mon vieux Belphégor, toi qui écris si bien, que tu ne puisses pas parler !... Car tu dois en savoir long... très long même... sur l'affaire qui nous occupe. »
(Arthur Bernède, « Belphégor » 1ère partie, chapitre 6 [Bellegarde])

Bernède, « Belphégor ». « Où grandit le mystère ». L'ombre dans la « grande cour ». Un rendez-vous nocturne. Dans la galerie. « Chez les « Dieux barbares ». Sur ses gardes, Bellegarde s'est muni d'un browning.

La lumière est-elle un symbole ? Bellegarde s'adressera cette nuit à Belphégor. Une anecdote « rigoureusement authentique » dit l'auteur, mais moi j'en sais rien, de la statue de la cathédrale de Dol en Bretagne qui contenait un trésor.

Cette nuit Bellegarde inspectera Belphégor. Apparition du Fantôme avec ses yeux (sinon i verrait rien).

Suaire noir, capuchon noir,
V'là Belphégor,
Suaire noir, capuchon noir,
V'la Belphégor qui rôde encore,
Avec ses yeux qui phosphorent
Avec ses yeux qui phosphorent
Avec ses yeux qui phosphorent
Fort !

Prends garde, Bellegarde ! Un nouveau « bond prodigieux ». Intervention de Barjac. Où Arthur Bernède, pour notre plus grand plaisir, n'hésite pas à employer les lieux communs les plus épatamment désuets. Pan ! Pan ! Pan ! Disparition du Fantôme.

Le Fantôme fait comme tout le monde, il prend l'escalier et n'y croise point la concierge. Un peu de casse-tête. Bellegarde, Barjac, Ménardier « et ses hommes ». Quel monde au musée ! Cette nuit du Fantôme est un véritable succès !

Troisième « bond prodigieux » (à mon avis, Arthur Bernède écrivait vite, et se relisait encore plus vite). Disparition définitive du chapitre 6. Ménardier suspecte Jacques. « barbe postiche », « perruque ». Comment ça, Barjac, c'est Chantecoq ? (quel nom à coucher avec les poules, dis).

Patrice Houzeau
Malo, le 19 décembre 2022.

 

13 novembre 2022

ZUT DEGUSTE DU SAUCISSON SEC

ZUT DEGUSTE DU SAUCISSON SEC

1.

Zut déguste du saucisson sec en attendant que sèchent les chaussettes de l'archiduchesse, dont récemment la sœur, - Sissi était son nom -, s'a fa trucida par erreur et par un chasseur qui croyait qu'il savait chasser avec ou sans son chien.

2.

Zut déguste du saucisson sec tandis que klaxonnent les coin-coins aux quatre coins du canton et que passent de toutes tellement sensibles, tellement sensibles, tellement sensibles, qu'un souffle pourrait les évaporer.

3.

Zut déguste du saucisson sec cependant que chiots chahutent et chats, chattes, chatons se chauffent à la chaleur d'une prodigieuse cheminée où crépite et palpite un feu dont les flammes jettent des ombres formidables.

4. Ce n'est pas parce que Zut ne zézaye pas que je l'appelle Zut, pas plus que ce n'est pas parce qu'elle ne chuinte point que je ne l'appelle pas Chut.

5.

Zut déguste du saucisson sec cependant que dans les azurs zébrés passe un vampire sur un vélo volant vu que, visiblement, ce vampire s'est fait voler ses ailes par la cocasserie d'une phrase commençant par Zut déguste du saucisson sec.

6.

Zut déguste du saucisson sec en se disant : « Comme tant de choses... » mais ne sachant pas lire dans ses pensées, je ne sais pas ces choses auxquelles elle songe, Zut.

7.

Zut déguste du saucisson sec qu'elle a acheté avec ses sous chez le saucissonnier qui, sans souci, lui assura que ces saucissons secs sont si secs qu'on peut être sûr que c'en sont (et Dalila).

8.

Zut déguste du saucisson sec en sirotant une Suze cependant que sa cousine Zazie cause avec ses amies Zoé et Suzon de la zizanie en cours chez d'autres zozos et zozotes.

9.

Zut déguste du saucisson sec en conjecturant que de l'impitoyable et pitoyable Poutine l'empire empire de jour en jour.

10.
De retour du zoo, où elle est allée avec Zazie, Zoé, Suzon zieuter les zèbres, Zut se dit : « Zut ! Il n'y a plus de chorizo ! Quoi donc déguster en sirotant ma Suze vespérale ? » Sais-tu, Zut, qu'il reste du saucisson sec, de la rosette, aussi du salami ? lui susurra Salomé salutaire.

Patrice Houzeau

Malo, le 13 novembre 2022.

27 août 2021

LA TARENTELLE C'EST PAS CE QUE VOUS CROYEZ

LA TARENTELLE C'EST PAS CE QUE VOUS CROYEZ

 

  1. Paraît que partout on manque de main d’œuvre : est-ce que le puissant Blanquer va enfin se rendre compte de la nécessité des Lycées Professionnels, qui devraient être le fer de lance de l’Éducation Nationale au lieu d'en être la cinquième roue d'un carrosse conduit par un cocher aveugle ?

  2. « Pas-de-Calais : un garçon de 12 ans mis en examen pour viol et agression sexuelle sur d'autres mineurs » (titre du Parisien sur Internet ce vendredi 27 août 2021). Malaise dans la civilisation.

  3. L'Etat parfois, c'est une tarentule et c'est une drôle de tarentelle que dans les rues, chaque samedi, font retentir les Français.

  4. Défois j'me chatouille la fanfare caboche : l'en sort des bouts d'la Marseillaise, ou des « Partisans blancs », des vers de Gainsbourg, des pinkfloyderies insensées, comptines pour des temps pourris.

  5. Le grand argument de la Macronie sera de nous faire croire que Macron est le seul président possible, alors qu'il ne vaut pas mieux que les autres.

  6. Faut que j'dorme dis-je à mon chat qui ferma les yeux aussitôt.

  7. J'avions pris mon cheval
    Pour aller au bal
    Mais mon cheval tant de temps prit
    Que lorsque j'arrivai
    Le bal était tout moisi
    Et c'étaient quasi squelettes qui dansaient
    Au son perdu des flageolets.

  8. Quand j'en aurai marre de traîner dans le présent ma carcasse chevelue, je pousserai des cris à la semblance des longs cris aigus lugubres des femmes mordues par la tarentule (A-Ï, A-Ï, A-Î) et je rejoindrai la grande maison blanche de mes ancêtres furieux.

  9. Comme je me récitai « La Balade des pendus » (« Frères humains qui après nous vivez... »), quelques branchés m'apparurent et vomirent devant moi leurs tripes mortes et leur vif mépris.

  10. Certes, le monde marche sur la tête, mais si on le décapite, il ne marchera plus du tout.

  11. Défois mes corbeaux aboient, et j'ai l'éléphant effervescent pis (de vache sur une pochette célèbre) j'ai itou le goret voltigeur... ça, me dit Zut dans son grand manteau d'Ummagumma, c'est quand tu as écouté trop de Pink Floyd.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 27 août 2021.

28 août 2022

BIN V'LA QU'IL RECULE LE REEL MAINTENANT

BIN V'LA QU'IL RECULE LE REEL MAINTENANT

 

1.

« L'image de la maison était instable, elle palpitait, comme si l'édifice oscillait alternativement entre la réalité concrète et une insubstantialité incertaine. »

(Philip K. Dick, « Ubik »)

2.

Sautant, à mon habitude, d'un paragraphe l'autre, dès que je croyais saisir de quoi qu'ça cause, me dispensant ainsi de lignes et de précisions ralentissant le rythme auquel j'aime à dévorer, je ne me suis pas mis aisément à la lecture du « Ubik » de Philip K. Dick.

3.

Je m'aperçus vite que je ne comprenais rien et me demandais dans quel roman de spatiogare pour poulpe cosmique en transit j'étais supposé me plonger. Ayant lu précédemment le très bon « Code Rebecca » de Ken Follett, la désorientation me floutait le truc.

4.

En ces temps d'urgence critique, lire des romans de genre est un luxe. Certains disent aussi que manger de la viande est un luxe, et ils prétendent nous en culpabiliser. Et je ne parle pas du salutaire droit à l'indifférence. Bref, fâcheux et tartuffes sont à la mode.

5.

Dans « Ubik », Philip K. Dick évoque un univers où les objets « régressent ». Ils retournent à des états anciens et donc sont frappés d'obsolescence.

Le roman « Ubik » mêle des temps.

Les temps ne sont pas des légumes. Pourtant, Philip K. Dick s'y entend à composer ses macédoines spatio-temporelles.

Que les objets puissent régresser, comme si c'étaient eux qui remontaient le temps et non pas nous, rend le roman intéressant.

Si « Ubik » avait raconté l'histoire d'un jeune homme et d'une jeune fille dont l'amour est contrarié par la rivalité et l'inimitié des familles, cela aurait pu être intéressant aussi.

Mais bien sûr, c'est l'art qui fait tout, et c'est tout l'art des écrivains de nous faire adhérer à tout un tas de choses, dont beaucoup de sottises.

6.

« Ça désigne les pouvoirs parapsychologiques, » expliqua Joe. « La force mentale opérant directement, sans l'intervention d'aucun intermédiaire physique. »

(Philip K. Dick traduit par Alain Dorémieux , « Ubik »)

Les pouvoirs parapsychologiques, c'est pareil, ce ne sont pas des légumes.

Ce n'est pas la tomate qui envoûte.

Ce n'est pas le concombre qui maudit.

Et vous ne faites de mal à personne en dégustant vos tomates, vos concombres, vos haricots verts, beurre, blancs, rouges.

Le cœur de bœuf n'est pas un légume, mais il peut fasciner.

Paraît qu'on s'en sert pour envoûter (c'est fascinant).

Quant à la « force mentale », elle non plus, pas un légume. Votre cerveau, c'est pas du salsifis, car ce n'est pas en invoquant l'esprit du salsifis que vous allez ruiner votre voisin, ou séduire la charmante Elvire.

Remarquez que l'électronique peut nuire à distance.

Les hackers sont-ils de modernes sorciers ?

7.

Comme je vais certainement me séparer de certains livres (j'en ai trop), je pense que je vais conserver « Ubik » de Philip K. Dick (quelle claque, cette histoire de réalité qui recule). Quant au « Code Rebecca » de Ken Follett, je ne sais pas. Habile, mais j'ai du mal à comprendre comment, à la fin du roman, l'espion allemand, dont toute l'intrigue prouve la virtuosité, ne reconnaît pas le major Vandam. Habile, prenant, mais, comme tous les thrillers, un poil trop fabriqué.

8.

Alors qu'il se trouve dans un temps régressé, Joe évoque la guerre en Europe. Son interlocuteur lui dit ceci : « C'est comme le sénateur Borah et le sénateur Nye. S'ils n'étaient pas là, Roosevelt serait déjà en train de vendre des munitions à l'Angleterre et de nous entraîner dans une guerre qui n'est pas la nôtre. » Visionnaire Philip K. Dick.

9.

« Les graffiti avaient raison. Ce monde est celui de la semi-vie, comme le disaient les distiques. »

(Philip K. Dick, « Ubik »)

On ne se pose généralement pas la question de savoir si les graffiti ont raison.

Ils sont souvent obscènes, les graffiti.

Ce n'est pas la véracité des messages qui importe mais le caractère brut de leur expression.

Du punk avant l'heure, les graffiti. Du très ancien punk.

De même que les fatrasies médiévales précèdent certaines comptines psychédéliques.

Quant à ce monde, qu'il soit celui de la « semi-vie », nous n'en doutons pas. L'autre moitié étant tissée de fantasmes.

Patrice Houzeau

Malo, le 28 août 2022.

 

24 janvier 2021

CHANSON TIDIOTE

CHANSON TIDIOTE

 

Défois y-a-t-un renard

Défois y a-t-un renard

Pis qu'ça fait tingue-

Linguelanguetingueling

Guelongue y a du bruit

Défois y a-t-un renard

Même qu'il a le cafard

 

Même qu'il a le cafard

Pis qu'ça fait tingue-

Linguelanguetingueling

Guelongue y a du bruit

Même qu'il a le cafard

Ce renard là ce renard

Pis au bord de la mare

 

L'a l'cafard ce renard

Là au bord d'la mare &

Pis qu'ça fait tingue-

Linguelanguetingueling

Guelongue y a du bruit

I s'jetterait l'renard

Dedans la mare qu'en a

Marre l'renard calamar

 

L'en a marre n'a marre

Marre pis marre à bout

De ficelle que du coup

On en voit la queue du

Loup et qu'ça fait Ou-

Louzouzoubougalougarou

 

Défois y-a-t-un loup &

Défois y-a-t-un loup &

Même qu'ça fait oulou-

Zouzoubougalougarououh

Défois y-a-t-un loup &

Qu'il a un coup de mou

 

Défois y-a-t-un loup &

Qu'il a un coup de mou

Même qu'ça fait oulou-

Zouzoubougalougarououh

Qu'i s'mettrot le loup

La corde au cou bououh

 

Bah Renard dit au Loup

Faut bien vivre écétou

Cétoutidilitidiladilou

Allons voir la belette

Pis là faisons la fête

Tidilitidiloutidilette

En attendant qu'Macron

Finisse de faire le ti

Dilitidiloupitidilon !

 

Patrice Houzeau

Malo, le 24 janvier 2021.

 

 

 

 

 

 

1 juillet 2023

POP SONGS JAZZ ET DROMADAIRE

POP SONGS JAZZ ET DROMADAIRE

1.
« Kids in America » is a song recorded by English pop singer Kim Wilde. It was released in the United Kingdom as her debut single in January 1981 », nous angliche Wikipedia. Synthé-pop efficace à faire guincher les gisquettes dans les boîtes et à émouvoir le lycéen boutonneux des classes qui n'allaient pas en vacances et dont l'un des grands luxes était de regarder les clips à la télé. Je regarde le joli visage de la chanteuse dans la lumière bleue. Je me demande ce qu'ils ont fait, depuis 1981, les « Kids in America » (« New York to east California/ There's a new wave coming, I warn ya », qu'elle chantait, Kim Wilde). C'est vrai qu'entre-temps il y a eu quelques guerres.

Entendu sur l'essentiel You Tube une version très tonique et marrante et électrique du « Kids in America » de Kim Wilde par Shaka Ponk, l'un des meilleurs groupes de rock français de tous les riffs et remets-moi donc « Satisfaction ». Apparemment, ça date d'il y a une bonne dizaine d'années et c'était dans le cadre des Live du Figaro.

2.
Ah tiens, « Take Five », de Dave Brubeck. L'élégance du jazz. Le thème si chantant joué par Paul Desmond au sax alto, la formidable sobriété du solo de piano de Dave Brubeck, la virtuosité toute en retenue du solo de batterie de Joe Morello, tout ça soutenu par la basse d'Eugene Wright. Chef d’œuvre que l'on écoute au lieu d'écouter les politiques ânonner comment ils vont nous sortir du bourbier où ils nous ont eux-mêmes fourrés.

3.
« Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage »
Se fument un p'tit joint because qu'i s'font chier.
(d'après Baudelaire, et sur l'air de « Si j'avais un dromadaire »)

4.
« Common people » est l'une des meilleures chansons de la fin du 20ème siècle (1995, je crois), nous la devons au groupe anglais Pulp et à l'ironie de Jarvis Cocker. On en connaît le sujet : le narrateur issu d'un milieu modeste rencontre une étudiante d'un milieu favorisé qui lui confie sottement qu'elle aimerait vivre comme les « gens ordinaires ». Le narrateur l'emmène dans un supermarché, et lui explique ce que pourrait signifier pour elle vivre comme les « gens ordinaires » :

« Rent a flat above a shop
Cut your hair and get a job
Smoke some fags and play some pool
Pretend you never went to school »
Et bien sûr, la nuit, contempler les cafards qui escaladent les murs.

Conclusion :
« Laugh along with the common people
Laugh along even though they're really laughing at you
And the stupid things that you do
Because you think that poor is cool. »

Cette chanson, j'espère qu'elle est étudiée dans bien des collèges et lycées anglais et français. D'utilité publique. Politique et de bon sens. Le clip, très esthétique, qui l'illustre avec ces jeunes filles minces qui dansent d'une façon si faussement vulgaire, ces détails de la vie quotidienne des gens ordinaires, cette petite fille riche qui découvre les supermarchés comme un « nouveau monde » sur la musique entêtante et moqueuse du groupe Pulp, est un petit bijou.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juillet 2023.

15 août 2022

LA VERITE EST AILLEURS LA CONCIERGE AUSSI

LA VERITE EST AILLEURS LA CONCIERGE AUSSI

 

1.

Non, mais moi, les OVNIS, depuis que je n'en ai jamais vus, j'y crois de plus en plus.

2.

La Vérité est d'autant plus ailleurs que la concierge n'est plus dans l'escalier.

La Vérité est d'autant plus ailleurs que la concierge est encore dans l'escalier.

Il n'y a pas de concierge là où je vis, et pourtant la Vérité, dit-on est ailleurs.

La Vérité ne tient donc aucun compte de ce que disent les concierges, sans parler des escaliers.

3.

« Et le bruit éternel d'un fleuve large et sombre »

(Apollinaire, « Le voyageur »)

 

Et ce n'est que poétiquement que

Le bruit peut être éternel. Le

Bruit n'est pas plus éternel que ma pomme, pas plus

Eternel qu'une barquette de frites quand on a faim.

D'un bruit, on ne peut dire qu'il est éternel, pas plus que du

Fleuve. Ce n'est qu'une illusion, comme la mer, et qu'il soit

Large, le fleuve, et qu'elle soit vaste, la mer, cela nourrit l'illusion, l'atmosphère...

Et pourtant, c'est bien dans cette illusion qu'on se noie, dans le

Sombre fleuve où nous n’existons plus.

4.

Je ne sais pas si Poutine (69 ans) est en bonne santé ou pas, mais les mauvaises nouvelles qui s'accumulent quant à sa sale guerre en Ukraine, aussi bien que sur le plan économique (récession inévitable), pourraient bien lui flanquer du carabiné urticant.

5.

La sale guerre de Poutine en Ukraine va-t-elle virer au fiasco plus vite que prévu ? Wagner est visé par les forces ukrainiennes et vue la très grande précision de leurs tirs, zont des soucis à se faire, les affreux ; des rumeurs courent sur des frictions à s'tirer d'ssus entre soldats d'ethnies différentes. Eh oui, ce ne sont pas les rejetons de la jeunesse dorée de Moscou qui servent de chair à canon en Ukraine ; Poutine les recrute dans les confins déshérités de l'immensité eurasiatique, ses troufions.

6.

« Puisque, pour dériver les actions des lois, la raison est requise, la volonté n'est rien d'autre qu'une raison pratique. »

(Kant traduit par Victor Delbos, « Fondements de la métaphysique des mœurs »)

 

Les lois, la raison. Pas de loi sans raison. Les lois de la nature n'ayant pas plus de raison d'être que de ne pas être, puisqu'elles ne sont jamais que les effets à l'infini d'une cause originelle (l'irruption de l'étant), elles n'ont de sens que validées par le langage humain. Les lois humaines, étant nécessaires à l'organisation sociale, se distinguent donc des lois de la nature en ce qu'elles évoluent sans cesse, s'abolissant, se contredisant, donnant matière à jurisprudence et s'enrichissant du débat démocratique. C'est là le droit positif et la prétendue nature humaine n'y a pas de sens. Ainsi, ce n'est pas en vertu d'un droit naturel qui transcenderait les lois d'un Etat que des traités entre nations sont revus et amendés, mais en vertu de la nécessaire efficacité qui est à la base des relations internationales. Participer à des négociations de paix en y invitant Poutine est, si l'on tient compte du prétendu droit naturel, moralement très discutable, mais s'avère nécessaire si l'on considère Poutine comme un chef d'Etat validé par les lois, si iniques fussent-elles, de son pays. Et dès lors il n'est pas interdit de ruser avec celui qui tire sa légitimité du droit du plus fort, puisque la diplomatie est l'art d'adapter les évolutions du droit positif en fonction des intérêts du pays que l'on représente.

Vous me direz : mais si vous considérez la paix comme étant nécessaire aux relations internationales, c'est donc bien que vous considérez la paix comme un bien en soi, et donc une preuve de la prééminence d'un droit naturel. Non, la paix n'est jamais que le meilleur moyen d'établir et d'entretenir les relations commerciales dont les Etats sont nécessairement dépendants. Ce n'est pas le commerce qui induit la paix, mais la paix qui favorise le commerce. Il se pourrait que dans les temps futurs, la surpopulation de ce monde nuise à cet équilibre fragile garanti par le débat constant (la diplomatie) et la dissuasion (« si vis pacem, para bellum ») et oblige une partie du monde à se défendre par la violence légitime des dangers que ferait courir une autre partie. Rien de moins moral que cette situation et rien de plus humainement nécessaire : il n'y a pas de droit naturel qui tienne dans l'évolution de notre espèce.

7.

Là, on voit des guerriers professionnels de chez Wagner poser fièrement devant un de leurs quartiers avec l'adresse visible dis. Puis tout ça est très professionnellement publié. Du coup, ça a fait badaboum où qu'i sont passés ? Disparus ? Poussière ? Cendres ?

 

Patrice Houzeau

Malo, le 14 août 2022.

 

 

8 mai 2022

NUPES OTAN UE AND CO ET EN ATTENDANT QUE POUTINE CONSTERNE

NUPES OTAN UE AND CO ET EN ATTENDANT QUE POUTINE CONSTERNE

1.

Même si la gauche « unie » remportait les élections législatives, - ce qui est loin d'être certain -, je n'imagine vraiment pas le président Macron accepter Jean-Luc Mélenchon comme premier ministre. Vraiment pas.

Selon l'article 8 de la Constitution de la Vème République, c'est le Président de la République qui nomme le 1er ministre, même en cas de cohabitation. Tout pourrait dépendre en fait de la sincérité des différents leaders de la gauche « unie ».

2.

La sale guerre de Poutine en Ukraine a réenclenché une course aux armements qui ne peut que s'amplifier. Les complexes militaro-industriels vont prospérer. La surpopulation et le contrôle des matières premières entraîneront des conflits locaux.

3.

Si la nouvelle de l'anéantissement par l'armée ukrainienne de la 64ème brigade motorisée russe, la responsable des atrocités de Bucha, est vraie, alors ces salauds ne passeront jamais devant un tribunal. Si ça se trouve, ça arrange Poutine. Qu'ils aillent en enfer.

4.

On évoque ce 8 mai 2022 l'anéantissement dans les combats près d'Izium de la déplorable 64ème brigade motorisée russe, la responsable des atrocités de Bucha. Une brigade, c'est tout de même 2 000 hommes ! Comme un air de défaite de l'armée à Poutine ?

5.

On ignore si l'Amiral Makarov a réellement été touché par un missile et si la 64ème brigade de fusiliers motorisés russe a été anéantie cependant que des vidéos circulent montrant vraiment beaucoup de cadavres de soldats russes tombés près d'Izium... Je m'interroge.

6.

J'ai l'impression que la bataille d'Izium ressemble aux affrontements meurtriers qui ont opposé les Alliés à l'armée allemande dans l'Europe de 1944. Si je ne me trompe pas, les pertes sont sans doute très élevées et l'issue incertaine.

7.

Quand on se met à la place des pro-Poutine, on comprend vite que l'Ukraine ne peut pas faire autrement que de gagner cette guerre et que les démocraties libérales ne peuvent que la soutenir dans cet effort.

En effet, à l’extrême-droite (en France, chez les partisans de Zemmour et chez certains cadres du RN), comme à l’extrême-gauche (dans le milieu enseignant, je connais certains mélenchonistes convaincus du « bon droit » de Poutine), la haine des démocraties libérales est si forte qu'ils souhaitent leur remplacement par des états autoritaires à la Poutine ou par des « démocraties populaires » à la Chavez/Maduro.

Ces idées anti-démocratiques courent dans tout l'occident et sont partagées par certains gouvernements « non-alignés ». Elles sont sans doute soutenues, voire financées, par les réseaux russes.

En cas de victoire de Poutine en Ukraine, ces idées anti-libérales pourraient amplifier encore leur influence jusqu'à déstabiliser les démocraties occidentales, affaiblir l'UE, l'OTAN et les idéaux de liberté individuelle et de libre entreprise.

8.

« Nouvelle Union Populaire Economique et Sociale » (NUPES), moi je veux bien, mais qu'il y a-t-il de commun entre un chrétien de gauche, un communiste productiviste, un écologiste anti-Poutine, un mélenchoniste anti-OTAN ?

Personnellement, je pense qu'à droite comme à gauche, et donc Macron y compris, le milieu politique est assez trouble (et c'est un euphémisme). Je crois au libéralisme et me méfie de Mélenchon. Bah, la NUPES, après tout, ce sont les affaires de la gauche.

9.

On me dit que je suis au « degré zéro de la réflexion binaire ». Bah pas tant que ça ; je suis pour une Assemblée nationale où gauche et droite seront représentées de façon équitables et j'espère que Sénat et corps intermédiaires resteront des contre-pouvoir et des garde-fous efficaces. Mais pour ce qui est du conflit russo-ukrainien, je considère que l'on ne peut pas condamner l'agresseur russe et l'attitude de Poutine et ne pas soutenir l'Ukraine par des aides financières et des fournitures d'armes. Ce serait une hypocrisie, sinon une complicité.

10.

Je sais des électeurs de gauche qui veulent sincèrement le partage des richesses, plus de justice sociale, préserver l'environnement, mettre fin aux abus du capitalisme etc... Mais la solution de l'Etat Mélenchon, mon scepticisme libéral la rejette. Fermement. Quant à l'écologie, vaste question !

Patrice Houzeau

Malo, le 8 mai 2022.

10 août 2021

N'A DE SENS QUE PARCE QUE L'HISTOIRE

N’A DE SENS QUE PARCE QUE L’HISTOIRE

1.
L'humain a fabriqué le diable lequel fabrique des sciences occultes auxquelles il ne croit pas.

2.
« Cette phase d'accélération accélération accélération est exactement l'analogie du big bang... »
(David Elbaz, « L'Univers est-il une illusion ? », conférence)

« Cette phase d'accélération accélération accélération est exactement l'analogie du big bang »... Serait-on infiniment coincé dans un infini de phases répétitives... Dieu joue-t-il du synthétiseur ?... Dieu est-il répétitif ?  Que penser de Philip Glass ?...

3.
« Ce serait une illusion de croire qu'il faut changer vos lois quand vous voyez quelque chose qui ne colle pas avec vos lois, parce que cette illusion peut-être provoquée par quelque chose d'invisible »
(David Elbaz, « L'Univers est-il une illusion ? », conférence)

Le législateur vit-il dans l'illusion des lois qu'il ajoute, croyant ainsi agir efficacement sur le social et ne faisant que le rendre toujours plus opaque et difficile à gérer, de telle sorte que, comme nous le voyons actuellement, les troubles se succèdent aux troubles ?

4.
« et donc, l'effet peut rétroagir sur sa propre cause »
(Etienne Klein évoquant la notion de « temps cyclique », « Peut-on voyager dans le temps ? », conférence)

« l'effet peut rétroagir sur sa propre cause »... ce qui n'est pas vrai dans le temps... cependant cela sera comme si cela n'était pas... Les dieux que nous avons créés pour aveugler cette inéluctabilité de l'anéantissement des causes ne sauraient échapper à leurs noms.

L'humain est celui qui nie sa propre cause. Être de culture, il a tenté de faire de la Nature un outil (jusqu'à songer à coloniser l'Espace) et tente maintenant, via le transhumanisme, d'être le dieu de sa propre espèce. Le surnombre lui en laissera-t-il le temps ?

5.
Pas de préhistoire de l'Univers. En expansion, l’univers, à la manière d’un code pour lequel rien n’existe en dehors de lui. Les mathématiques ont-elles un sens en dehors des mathématiques ? Une langue a-t-elle un sens en dehors de sa grammaire ? La pluralité des univers est constituée d’exhaustivités qui n’en finissent pas d’être exhaustives.

6.
La somme de tous les événements d’une Histoire qui ne finit pas tend vers l’infini. Si Dieu est un conteur, son infinité dépend de l’infinité des histoires dont il est l’origine, de telle sorte qu’il n’a de sens que parce que l’Histoire se poursuit.

7.
« Et ceux qui croient que la lune est telle qu’elle leur paraît, se détromperont facilement s’ils la regardent avec des lunettes d’approche si petites qu’elles soient »
(Malebranche, « De l’imagination »)

8.
« les uns et les autres dans les pensées où ils sont »
(Malebranche)

« les uns et les autres dans les pensées où ils »… quoi qu’il font, quoi qu’ils font donc dans leurs pensées… les uns… les autres là… zerrent, labyrinthent, spéculent, font des plans sous la comète, bâillent pis s’endorment tandis que tourne le monde tourne.

9.
« représentations qu'elles sont intimes, ou qu'il n'y a que moi qui »
(Wittgenstein, « Investigations philosophiques », 251)

« représentations qu'elles sont intimes, ou qu'il n'y a que moi qui »... ça s'agite au jardin... s'qu'ils ont dans la tête, les gens, vaut mieux pas savoir... le social agite les démons... le « vivre-ensemble », usine à monstres... fatal, les gens s'méfient les uns des... zont raison.

10.
« Car la pensée magique nourrit la nourriture. »
(Michel Onfray, « Cosmos »)

« Car la pensée magique nourrit la nourriture.»…« étalages de boucherie » dit Onfray,… « Non loin », dit-il, « les petites boutiques des sorciers » … « guérisseurs »… « médecins traditionnels ». Genre film d’épouvante… chair, douleur, sang, magie noire.

11.
« ne remontent jamais aux premières notions des choses »
(Malebranche, « De l’imagination »)

« ne remontent jamais aux premières notions des choses »… l’actuel leur suffit… ils manquent l’essentiel… la complexité des causes… leurs solutions sont sans passé ni avenir… l’humain court après sa chute, comme un animal poursuivant sa proie ne voit pas l’abîme où…

Patrice Houzeau
Malo, le 10 août 2021.

6 août 2021

ON FAIT COMME I DIT ON LUI EN VEUT

ON FAIT COMME I DIT ON LUI EN VEUT

 

  1. Si ça se trouve, étant donnés la contagiosité du Virus, vaccin ou pas, mes antécédents (tabac, patates barbaque, café toute la sainte journée, glouglou défois), les prédictions à Véran, j'vas crever tantôt... Zut... J'm'y attendos point... faut que j'fasse mon testament. J'ai pas grand' chose : tout mon mépris aux politiques, ça ira ?

  2. « Here was another puzzling question ; and as Alice could not think of any good reason, »
    (Lewis Carroll)

    « Here was another puzzling question »... le réel est plein d'embarras questionnant... ça puzzle nos comprenettes... on finit par hausser les épaules... qu'on est comme l'Alice « as Alice could not think of any good reason »... s'échappent, les bonnes raisons, les justes causes...

  3. « Hardly knowing what she did, she picked up a little bit of stick, »
    (Lewis Carroll)

    « Hardly knowing what she did »... du reste, on peut se demander si Alice sait bien ce qu'elle fait quand elle fait ce que Lewis Carroll écrit qu'elle fait... l'est dans un trip logico-littéraire, Alice... du coup, « she picked up a little bit of stick »... ça sert quand y a un chiot.

  4. « But I'm not used to it ! » pleaded poor Alice in a piteous tone. »
    (Lewis Carroll)

    « But I'm not used to it ! »... à ça qu'on passe son temps à s'habituer... (A ça, à ça, fait le Chœur quelque part dans ma caboche)... dès qu'on croit qu'on maîtrise Patatras ! Ça change, varie... Poum ! Un virus débarque, faut qu'on s'adapte...

  5. Poum ! Un virus débarque, avec son gang de Variants, faut qu'on s'adapte... Heureusement, y a Macron à la télévision, i nous explique tout bien... faut s'vacciner, faut un Pass, faut être solidaire... on pense Bin Flûte alors... on fait comme i dit... on lui en veut.

  6. L'influence du Bohemian Club, j'y crois pas... Si ça se trouve, c'est juste une bande de milliardaires qui s'boissonnent en compagnie de plus en moins putes... Macron en fait-il partie ? D'abord, j'crois pas qu'il boive et puis, pour les filles... chaipas... pas son genre.

  7. « I mean what I say, » The Mock Turtle replied in an offended tone »
    (Lewis Carroll)

    « I mean what I say »... on ne peut mieux dire... après y a toujours un disciple de Wittgenstein passi-passant par là qui va vous regarder zarbi et vous en flanquer du puzzle spéculatif... souvent c'est juste du troll à deux neurones...

  8. « The reason is, » said the Gryphon, « that they would go with the lobsters to the dance. »
    (Lewis Carroll)

    Y a toujours ça qu'on cherche, du « The reason is », pis défois on s'aperçoit qu'c'est juste qu'on voulait aller danser avec les homards qu'on se retrouve dans les complications... La grande raison des gens, c'est qu'ils se reproduisent... défois zont bien du mal sinon, à se justifier d’exister... même qu'en fait, se posent même pas la question.

  9. « for her neck kept getting entangled among the branches »
    (Lewis Caroll)

    « for her neck kept getting entangled among the branches »... Alice emberlificotée aux feuillages... serpente son cou, la tête qu'elle doit faire, chevelure qui bruisse, feuilles qui glissent le long de sa peau toute allongée... Pas du gâteau, l'imaginaire, ou alors, très étrange.

  10. « So she sat on, with closed eyes, and half believed herself »
    (Lewis Carroll)

    Comme ça qu'on finit défois je pense... comme Alice au bout de l'aventure... les « yeux fermés et se croyant presque ».

    Patrice Houzeau
    Malo, le 6 août 2021.

20 janvier 2024

ETRE DEBOUT TARD

ÊTRE DEBOUT TARD
1.
« Pareil au timbre lent d'un immense gong, le jaune envahissait les bois »
(John Updike traduit par Maurice Rambaud, « Les Sorcières d'Eastwick »)

Pareil que je me répaille, que je me voue
Au crâne que me veux-tu avec ta tête de mort ? Que je me
Timbre noir le tempérament, que je me pianote le
Lent ramentevoir et son harmonica des nostalgies.
D'un coup de couteau, un type de 20 ans tue un môme de 14 ans ; c'est même plus un fait divers exceptionnel, ça devient d'une effrayante banalité ; c'est la France de 2024, des technocrates et des pédagogistes, la France qui fout le camp.
Immense foutoir le monde, foire à l'armement, au massacre, à la saloperie bénie, à la gestion des misères, que je me disois en m'alertant du
Gong et des pérégrinations électriques que l'on entendait jadis dans les galettes de Led Zeppelin.
Le jaune, c'est pas spécialement ma couleur, mais faut dire, ça en jette, le
Jaune, le solaire, le blond façon champ de blé. Dans la phrase de John Updike, il
Envahissait, le jaune,
Les arbres de toutes sortes, les
Bois quoi que je pensais qu'en ce moment, c'était surtout la connerie qui envahissait tout, avec une grande célérité de promesse électorale.

2.
« Nay, by my throth, I know not : but I know, to be up late is to be up late. »
(Shakespeare, « Twelfth Night », II, 3 [Sir Andrew])
« Non, par ma foi, je ne sais pas ; mais je sais qu'être debout tard, c'est être debout tard. » (trad : Pierre Leyris)

Non car faut pas chouiner pour tout, dit le roi à son ministre.
Par exemple qu'il y en a qui l'ont mauvaise dans l'existence, dit le ministre au bouffon.
Ma petite vie, eh bien, par ma
Foi, elle est petite, mais pas si mauvaise, y a pire, répond le bouffon.
Je ne suis pas devenu celui que j'ai rêvé d'être. Je
Ne m'en veux pas pour cela et
Sais bien que cela importe peu aux asticots, qu'il dit aussi le bouffon.
Pas la peine de se mettre la rate au court-bouillon, dit le roi à son ministre.
Mais quand même je suis anxieux qu'il dit aussi le roi.
Je me regarde le je et me dis non mais quelle andouille qu'il dit aussi le roi.
Sais bien que se faire un monde de tout vous empêche d'avancer,
Qu'être si ramantevant c'est pédaler dans un passé qu'existe
pas, qu'il dit aussi le roi.
Debout encore debout que je suis et j'espère qu'il sera bien
Tard quand le grand Truc m'escamotera, mais nom de Zeus,
C'est que je veux rester vif de la comprenette.
Être aux anciens je veux bien mais
Debout, des chansons plein la caboche et du venin dans la langue et
Tard, tard, tard, devant ma dernière chope de bière.

3.
Je pensai à Poutine. Un cafard passa. J'écrasai l'un en pensant à l'autre.

4. Quand en 2017, Macron parlait d'en finir avec « l'ancien monde », je ne pensais pas que c'était pour en revenir à un monde plus ancien encore, celui des uniformes et de l'ordre moral déguisé en « réarmement civique ».

Patrice Houzeau

Malo, le 20 janvier 2024.

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