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10 janvier 2022

LES VACHES VÊLENT ET LES HOMMES VEULENT

LES VACHES VÊLENT ET LES HOMMENT VEULENT

1.
A la veille des présidentielles 2022, on disait en France que la gauche était en train de disparaître du paysage politique. J’eus dès lors l’impression de ne plus dormir que d’une oreille.

2.
« Donnez-leur le silence et l’amour du mystère »
(Verlaine)

Donnez moi, je vous prie, quelques graines de vérifique, dis-je à l’Apothicaire Mirifique car
Leur temps est venu, aux dépendeurs d’andouilles des technocraties
Le temps est venu du Guignol en marche et des gros bâtons
Silence, silence ! Ô Silence, viens me simplifier, me dispenser, m’abstenir,
Et qu’elles soient cousues d’orties ces larges bouches électorales. Que
L’amour du jambon-frites et de la grande Gouleyance rousse me garde en son
Mystère enfumé des temps où je fus quidam dans quelque ancienne brasserie.

  1. « Le Professeur Renaud Piarroux alerte : « Ce n’est pas une vaguelette, la 6ème vague va être plus forte. » (Internet, le 9 janvier 2022)

  2. Je mange de la télé car je suis citoyen d’une métropole moderne
    Lis sur Internet (je n’achète plus de journaux, je dois payer mon loyer)
    Un tartignole toubib me fignole la foire aux vanités et
    Peu s’en faut qu’on rejoigne l’ombre
    Partout où l’ombre ravigote gueules et beugles
    Que le dragon Covid soit là pour nous asphyxier n’est point douteux ;
    La Marianne voilà-t-y pas qu’elle vomit des bulletins de vote. Oh forte, la
    Sixième Vague ! forte, nous dit-on et qu’on croit pas qu’ça soye fini,
    Vague après vague jusqu’à ce qu’on soit tous morituri
    Du désastreux, du
    Tsunami, dis, qu’il faut l’avoir le traczir, puisqu’on nous le dit, le
    Covid, c’est pas la tarte à Tante Jeanne, ça
    Risque bien d’être
    Très fatal enterrant
    Très dépeuplant pyramidal
    Très définitif alors plus
    Dure sera la chute de nos grands préventifs politiques et si c’est pas ça qui arrive, ce sera quand même leur fête, aux zélés d’la carabistouille.

  1. Si quelque Deltacron nous tombe sur le carafon, alors peut-être la droite dira : « C'était quand même une formidable aventure » et que la gauche regrettera : « On aurait peut-être pu faire autrement ». E finita la...

  2. Ai réécouté « Oxygène » de Jean-Michel Jarre, qui, me sembla-t-il avait bien l'air d'avoir composé une musique pour salle de bain hantée.

  1. Voilà que voilà que voilà que
    Voilà qu'ayant égorgé tous les hommes d'équipage
    Alors Zut alors Zut alors Zut
    Zut se dit qu'avec les vastes oiseaux des mers
    Quoi donc ? Quoi donc ? Quoi donc ? (Blink Blink Blonk)
    Elle fera un beau voyage
    Au-dessus au-dessus au-dessus
    Des pays en flammes et des gouffres amers.

    Voilà que voilà que voilà que
    L'on nous descend entre quatre planches
    Qu'on se demande se demande se demande
    S'ils ne sont pas défois un peu honteux
    Qui donc ? Qui donc ? Qui donc ? (Blink Blink Blonk)
    Ces ministres à long bras, aux mains si blanches,
    Le long le long le long
    Des boulevards des morts marchent à côté d’eux.

    C'est que c'est que c'est que
    Les vaches vêlent et les hommes veulent
    Et danse danse danse
    La petite dans sa chambre qui se dit Ce monde est laid
    Même que même que même que
    Certains se brûlent la cervelle et d'autres se soûlent la gueule
    Tandis que tandis que tandis que
    D'invisibles dragons se mettent à se multiplier.

    Et Zut et Zut et Zut alors
    Zut se dit : Oh j'irai rejoindre le Princes des Nuées
    Et là et là et là (tagada, oh le joli fracas)
    Je hanterai qui je voudrai et encaguerai tous les archers
    Qui font chier font chier font chier
    Ils ouvriront leurs bouches sur de muettes huées
    Mais bien sûr bien sûr bien sûr
    Que je vous dis ça hein pour vous faire marcher.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 10 janvier 2022.

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9 janvier 2022

ET COMPOTE DE POMMES C'EST BIEN POUR ÇA QUE JE VOUS EN CAUSE

ET COMPOTE DE POMMES C’EST BIEN POUR ÇA QUE JE VOUS EN CAUSE

1.

Si Valérie Pécresse arrive au second tour, alors Macron sera battu. Je crois que la plupart des reports de vote de la gauche à l'ensemble de la droite pourraient constituer un front anti-Macron.
Je ne crois pas que Valérie Pécresse fera mieux que Macron, mais :
–        Il est bon de rappeler les Prétentieux à la réalité #Dégagisme
–        La majorité LR au sénat est loin d'être sans qualités.

2.
Valérie Pécresse a déclaré que Macron était un « président pyromane ». Elle a raison. Macron tient des propos irresponsables. Et quand on est irresponsable, on n'est plus un président.

3.
Alors le mage (oh, ce front large de ceux qui ont dans le citron !) la fixa droit dans les yeux, et ça fit des spirales dans la case, des spirales du genre à n’en pas finir de spiraler vertige, de spiraler coloré cause que c’est en couleur.

4.
« Uniquement parce que notre corps a des yeux, alors que notre âme n’en possède pas ! »
(Agatha Christie, « La Mort n’est pas une fin » [Hori])

Uniquement le dimanche que je scroumpfe (c’est pas encore interdit)
Parce que scroumpfer la semaine, ça ne se fait pas ; on n’a pas le temps, qu’on bosse pour la gagner, sa choucroute,
Que la choucroute c’est un plat qui se mange chaud, si j’étais le gouvernement eur, flotre et certainement zouk que je ne l’oublierais pas).

Notre destin c’est quand même la baliviance. C’est notre malédiction, la baliviance parce qu’avec tous ces gens de partout, y a quand même sur-baliviance, pour ne pas dire surpopulation. Si notre
Corps a des yeux, évident qu’c’est c’est pour mieux voir venir les gros sabots à Blanquer avec sa sauce, son lapin et sa berlificote ondoyance protocolaire.
A-t-il des baliviances, celui qui me cause ? car, ne pratiquant pas la télépathie, je ne peux lui répondre s’il n’a aucune baliviance (cela coule de songe). A-t-il des baliviances ? Parle-t-il le régalien ?

Des jours et des jours qu’il y en a qui l’attendent, la Californie galopante, c’est pas cette saison qu’elle viendra. Mes
Yeux me le disent (sont très loquaces défois) que la Californie n’est pas pour demain, car les Californiens, c’est certain, ont autre chose à faire (j’entends par Californie cette nuée de garlerivalas dont on causa jadis dans le Grand Livre des Secrets Aménagements).

Alors donc que je scroumpfais avec des croissants, alors
Que la rouclarde tenaillait férocement le souriceau, lui faisant jaillir les zorgues de leurs zorguettes,
Notre porte se mit à grincer horriblement, car c’était l’heure du spectre à la porte grinçante. Que notre
Âme tienne le coup après la guillotine, ce serait quand même très époustouillant
N’en déplaise aux mange-moumoutes chutées dans la soupe à l’oignon et qu’elle
Possède, cette porte, quelque spectre grinçant, est tout à fait fantaisiste, n’est-ce
Pas ? Et c’est bien pour cela que je vous en cause.

5.
On parlait encore en 2022 d’un peuple de gauche je pensai aussitôt à la gauche rouguelante mais la gauche rouguelante était morte depuis longtemps même si force rougueulants défilaient tous les samedis réclamant l’abolition du #PassChoucroute.

Les cornicheurs nasseurs en avaient l’œil fatigué fatigué fatigué, aussi fatigué que des enseignants devant un alignement de sottises apprenantes, ou qu’un écologiste devant un ministre de la Macronie.

6.
Non, Macron n’est pas plus marié à un ex-mâle qu’à un diplodocus (toute union d’un humain avec un diplodocus étant prohibée). Par contre, il est évident que le premier ministre aime jouer des maracas. Ça ne fait pas l’ombre d’un concombre, masqué ou pas. #Comploplotisme #EtCompoteDePommes

7.
« Telle la lune vue à travers des mâtures »
(Verlaine)

Telle la gouyance rousse
La lune se fichait de ma fiole, la
Lune, quelle catafiole marraine alors, je l’ai bien
Vue qui se les rasait afin que (vous m’avez compris…). Bah,
A tout prendre, la lune est bonne copine, l’a pas le
Travers de trop jacasser, la lune, elle la ferme, boucle et carole.
Des lunes, en fin de goître, elles passent si vite que les
Mâtures finissent toutes ragoulancées et le vent aussi mort qu’un autre.

8.
« Et je sentais en mon âme assombrie »
(Verlaine)

Et je sentais les parfums d’Orianloudrie,
Je me délectais des parfums d’Orianloudrie, je les
Sentais souvent lorsqu’allant en mon jardin, les belles fantômes d’Orianloudrie glissaient dessus la verte,
En mon temps que le vent chaloupe (défois).
Mon âme se mit à violonner dru (pluie de traits et de trilles), oh mon
Âme se mit à me casser les esgourdes. Alors, je rentrai,
Assombrie, ma pomme, gavée de trop de parfums d’Orianloudrie.

9.
« ou qui a quelque chose à se reprocher, cet homme-là »
(Agatha Christie)

Ou bien je m’amouranche car
Qui s’amouranche ne finira point hareng saur pendu, même s’il
A toutes les chances que son cœur se mette à graanner lyrique.
Quelque passion vous tourmente le scrapousquoin ? Ah,
Chose terrible ! Ne pas hésiter alors
A vous désamourancher. Suffit pour cela de
Se représenter tout être aimable comme un corps gazeux et de vous
Reprocher de tant vous affoler la cafetière pour gaz et vapeurs.
Cet amouranche-là, emballez-le dans du papier où il y a des ministres qui causent dedans (un ministre est un
Homme qui bave beaucoup dans les journaux) puis
Là, vous sortez, et allez boire une bière comme n’importe quel ressuscité.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 janvier 2022.

18 août 2021

NOSTALGIE DU MYSTERY TRAIN

NOSTALGIE DU MYSTERY TRAIN

 

  1. Comme la rentrée universitaire était encore plus chère, toujours plus chère, fatalement plus chère, ai regardé un épisode de la série où la secrétaire du Commissaire a un poisson nommé Bubulle. Mon chat regarda itou. Il aime beaucoup les poissons, et moi les secrétaires.

  2. Parfois, des fantômes m'appellent sur mon portable. Je ne leur réponds pas. D'ailleurs ils ne s'attendent pas à ce que je leur tienne le crachoir à spectres. Du reste, Zut a fort à faire pour éviter que mon portable flotte jusqu'au dehors de la fenêtre.

  3. A cause de Blanquer, j'ai dû racheter un ordinateur. Je n'en voulais plus. Je lui en veux beaucoup. Mon petit doigt complotiste me dit qu'il l'a fait exprès. Mais j'ai consulté l’Oeil, et je sais que Blanquer ne finira pas l'année sans manger au moins une fois du veau.
    Vous allez voir que si jamais il arrivait que Blanquer s'étouffât en mangeant du veau (ce que je ne souhaite pas, quelle perte ce serait pour lui-même), j'aurais des ennuis avec des nez d'boeufs.

  4. Si la connerie était un virus, elle serait mondiale. Euh... le professeur Truczoutre me confirme qu'il s'agit bien d'une pandémie.

  5. Depuis que Blanquer est ministre de l'Education Nationale, je ne regarde plus mes portions de vache-qui-rit de la même façon.

  6. Je me demande à quoi pense Macron le matin, quand il met ses chaussettes en pur fil 20 % électeur 80% mouton... bah, doit penser : Et maintenant, passons à la la deuxième (chaussette).

  7. Sous la présidence Macron, l'honnêteté intellectuelle battit des records au marché noir. On n'en trouvait plus nulle part.

  8. Je sens bien que la prochaine personnalité de l'année à la une du magazine Time sera une seringue.

  9. Emmanuel : Franchement, Brigitte, je ne sais quoi leur dire aux Français, ils ne m'écoutent plus...
    Brigitte : Eh bien parle moins, et montre-toi plus efficace.
    Emmanuel : Plus efficace... Oui, mais alors, ça signifie que... faut que j'vire Blanquer...

  10. Comme je méditais sur la profondeur de cette phrase entendue sur France Inter : « Moi aussi, je veux bien qu'on m'appelle Tata si c'est sur ce ton », je me rendis compte qu'Elvis Presley et son Mystery Train me manquait.

  11. Ah tiens, disponible sur You Tube, une version live (des musiciens quoi, pas des boîtes à coucous électroniques) de « Mystery Train » par l'impeccable Brian Setzer.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 18 août 2021.

8 août 2021

CAR TEL EST LE COIN-COIN

CAR TEL EST LE COIN-COIN

« Il se pencha sur la comtesse d’un air inquiet et lui adressa une série de phrases particulièrement dénuées de sens. »
(Agatha Christie, traduit par Miriam Dou-Desportes, « Les sept cadrans »)

1.
« ce jour-là et elle réalisait que le temps et la distance »
(Agatha Christie, « Les sept cadrans »)

« ce jour-là et elle réalisait que le temps et la distance »… qu’elle devrait trouver une horloge à hanter, et quelque château à y flotter… mais ça si c’est une fantôme, car sinon elle a autre chose à faire (ménage, courses, repas à préparer, couteau à aiguiser, viande viande viande).

2.
« répondit la comtesse qui sortit un long fume-cigarette »
(Agatha Christie, « Les sept cadrans »)

« répondit la comtesse qui sortit un long fume-cigarette » et comme elle ne fumait pas, il se demanda si elle était bien comtesse, alors qu’en fait elle n’était jamais qu’une ligne dans un roman policier qu’il n’aurait pas le temps de lire avant que le grand Cric crack le croque.

3.
« les jeunes filles d’aujourd’hui n’ont plus les cheveux »
(Agatha Christie, « Les sept cadrans »)

Dame Agatha l’avait suspecté dès « The Seven Dials Mystery » (1929) : le grand complot des cheveux des jeunes filles d’aujourd’hui était alors déjà en route, et à vrai dire les choses n’ont fait qu’empirer de sorte qu’en 2021, l’Etat dut instaurer un Pass sanitaire.

4.
Vous souvenez-vous de l’énigme posée à Colombo dans je ne sais plus quel épisode (je vais pas chercher car je regarde « Boeing-Boeing », avec Tony Curtis et Jerry Lewis) : 3 sacs de pièces dont un de fausses, une seule pesée, comment savoir quel est ce sac de fausses (une pièce fausse pesant 50 grammes de moins qu’une vraie) ?

5.
« -On vous découvrira si on ouvre la porte. »
(Agatha Christie, « Les sept cadrans » [kicéty kidiça ? je sais pas])

« On vous découvrira si on ouvre la porte », dit-il au cadavre dont il s’aperçut soudain qu’il remuait encore alors qu’il comptait le ranger dans son placard à cadavres donc comment qu’il allait faire vous ne le saurez pas dans le prochain épisode que je n’écrirai pas parce que tel est le coin-coin.

6.
On dit que les éléphants ont beaucoup de mémoire. Un éléphant est capable retenir des milliers de vers shakespeariens. Par contre, il ne peut les réciter. Churchill, dit-on le pouvait. Impossible cependant d’envoyer un éléphant ou Churchill à sa place à un examen.

7.
La couverture d’une édition de poche de « L’Heure zéro », d’Agatha Christie : sur des rochers galets bouts d’rocs d’roches j’sais pas un poisson à moitié dévoré et une corde. Ce n’est point un hareng saur, ni une ficelle, mais ça me fait tout de même penser aux gaufres.

8.
Une série de décisions dont les conséquences pas toujours prévisibles imposent d’autres décisions lesquelles induisent du pas toujours prévisible jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien et que l’on ne puisse faire autrement que de faire appel à l’armée. Cela s’appelle l’Histoire.

9.
« dit un bruit de pas dans l'escalier, et Mme Renauld »
(Agatha Christie, « Le Crime du golf »)

« dit un bruit de pas dans l'escalier »... qu'on l'a bien entendu, elle et moi, le bruit de pas dans l'escalier. Ça descendait... On s'est regardé... J'ai ouvert la porte... personne... pas Mme Renauld, pas Johnny, pas Hugo et sa table qui tourne... Mystère à Hondeghem.

10.
« penchant pour les sciences occultes. Elle porte des amulettes et des scarabées »
(Agatha Christie, « le Miroir du mort »)

« penchant pour les sciences occultes »... z'y croient, quidams, la confrérie des Ombres... tables qui tournent... grand immense Complot Covid de l'Ordre Mondial et autres spectrales fumeuses... bah ça fait vendre « amulettes et scarabées »... bizness, le hin-han occultiste...

11.
« elle venait d'apprendre qu'elle ne pourrait plus »
(Agatha Christie, « Le Miroir du mort »)

« elle venait d'apprendre qu'elle ne pourrait plus »... comment aurait-elle pu savoir ?... a ouvert la porte... Elle était là, brune, pâle, blanche en longue robe noire, en longs cheveux noirs, noire comme la pluie dans la nuit... murmura...

Patrice Houzeau
Malo, le 8 août 2021.




 

27 juillet 2021

EPATANCE THERAPEUTIQUE ET MISANTHROPIE

EPATANCE THERAPEUTIQUE ET MISANTHROPIE

1.
La CGT met en garde contre toute mesure de suspension du contrat (sans salaire donc) qui viserait les salariés non-vaccinés et les pousserait à la démission. Le syndicat est dans son rôle : la défense des intérêts des salariés.

L’extension coercitive du Pass Sanitaire mêle dangereusement les genres : mesures de santé publique et droit du travail. Macron aurait dû consulter des juristes. Voilà ce qu'il en coûte d'avoir en juin crié victoire trop tôt et d'être obligé d'agir en urgence en juillet.

2.
Que ceux qui doutent que la France soit une démocratie réfléchissent à ceci qu'ils ne sont pas si nombreux les Etats où des mesures d'urgence sanitaire puissent être efficaces (accélération de la vaccination) tout en étant étroitement surveillées par les contre-pouvoirs (Assemblée Nationale, Sénat, syndicats, juridictions, opinion publique, commentateurs).

Et cela est fort heureux car je n'ai qu'une confiance limitée en la personne de Macron, et ma confiance est nulle quant à la technocratie qui l'entoure (en particulier celle qui officie du côté de la rue de Grenelle).

3.
Certains dans la Macronie accusent les contre-pouvoirs de faire du pass sanitaire un enjeu politique. Certes, mais ce ne sont pas les contre-pouvoirs qui font ce dangereux mélange des genres entre mesures de santé publique, restrictions des libertés et droit du travail.

4.
« Pass sanitaire » dit le président Macron... « contrôles »... Les virus ça circule...viennent pas de nulle part, les variants... « contrôles », a dit le président... aéroports, ports... venant de Martinique, pas contrôlée, dit Karine Baste-Regis... Normal, monsieur le Président ?

5.
Polémique d'experts : certains disent... viennent de la vaccination, les variants... qu'ça peut même virer « échappée immunitaire » (vaccin plus assez efficace)... théoriquement possible disent d'autres, peu probable... que si la campagne de vaccination est rapide, on évite le péril...

6.
Zappellent ça libertarianisme... Zaiment les mots qui ronflent, trombones... juste du « tout pour ma gueule », y connaissent-y quelque chose en philosophie politique... que couic ?.. si ça s'trouve, bossent même pas... après ma pomme, l'Etat Moraline, m'en méfie...

7.
« L'Etat de guerre est un état d'inimitié et de destruction. »... Locke... inimitié... le virus détruit... l'état d'urgence provoque le débat... en démocratie, les gens causent, l'ouvrent grande... bêtises, horreurs, obscénités... inimitié on dirait... que du cirque... s'méfier quand même, surtout s'méfier.

8.
Le révolutionnaire cherche à démontrer que le gouvernement agit systématiquement contre les intérêts de la nation cependant que le naïf croit que le gouvernement n'a pas d'autre dessein qu'une sorte de bonheur universel illusoire et hypocrite.

9.
Fin juin, début juillet, on pressentait du funeste avec le Delta funeste... pas difficile à prévoir... Macron voyait ça plus loin la vague.. à la rentrée... entama son tour de France de niaiseries électorales et prise de gifle.. revint, écouta, comprit, jugea... ordonna.

10.
D'après ce qu'on lisait sur twitter, le 27 juillet 2021, les tests et les pass sanitaires n'étaient pas toujours demandés à Roissy, et le 25, cela semblait vrai à Orly aussi. On douta alors que l'on puisse longtemps prendre au sérieux les plans sur la comète sanitaire défendus par messieurs Macron, Castex, Djebarri.

11.
Possible que l'ARN messager puisse servir à prévenir d'autres maladies. France Inter dit ce matin que BioNtech (société allemande) lancerait dès l'année prochaine des essais de thérapie anti-paludisme. Sommes-nous à la veille d'un extraordinaire bond en avant ?

12.
Je ne sais qui a dit que dans dix ans, on aura oublié les débats sur le Pass Sanitaire. Possible. Mais l'on se souviendra longtemps que le mandat de Macron aura été marqué par de nombreux troubles. Je ne sais pas si l'impression générale sera très bonne.

13.
L'ARNmessager marche... plein de maladies éradiquées, on prédit... épatance thérapeutique... merveilles de la médecine... des centaines de millions de vies sauvées... la nature a horreur du vide... de nouveaux virus alors ? De nouvelles pathologies ?... sinon surpopulation... et comme y a rareté naturelle...

Ou alors... la société religieuse... le retour du Sacré... une oligarchie mondialisée de grands serviteurs de Dieu (ou de l'Etat à parti unique) et leurs gens, des esclaves... le féodal revenu au galop... hyperconnecté, hypertechnologique, transhumain... Troupeaux...

14.
Plus ça avance, plus je me rends compte que dans ce pays, il va être de plus en plus difficile d'être un misanthrope de droite.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 juillet 2021.

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30 mai 2021

QUELQUES PHRASES TIREES D'UN VOLUME DE RADIGUET

QUELQUES PHRASES TIREES D’UN VOLUME DE RADIGUET

1.
« Il sera temps alors de se laisser aller à lire Le Bal « comme s’il était effectivement de Raymond Radiguet », pour paraphraser Borges »
(Bruno Vercier, « préface à « Le Bal du Comte d’Orgel ») #CommeSi

2.
« Le recours au devoir, à la pureté, ne serait-il qu’une façon de se protéger de soi-même ou des autres, l’équivalent de la « tranquillité » et du « repos » de Mme de la Fayette ? »
(Bruno Vercier, « Préface à « Le Bal du Comte d’Orgel ») #CitadelleMézigue

3.
« Mais ceux qui ne sentent pas les qualités profondes et se laissent prendre aux masques, n’osent s’aventurer par crainte de sables mouvants. »
(Raymond Radiguet, « Le Bal du Comte d’Orgel ») #Masques #Sables #MasquesDeSableCarnavalPerdu

4.
« Il y avait là des épaves grandioses, des objets dépouillés de leur signification première, et qui, chez ces clowns, en prenaient une bien plus haute. »
(Raymond Radiguet, « Le Bal du Comte d’Orgel ») #LaClownerieEstUnOxymore

5.
« Son souvenir seul nous en fait découvrir le merveilleux. »
(Raymond Radiguet, « Le Bal du Comte d’Orgel ») #Nostalgie

6.
« Cette timidité loquace le poussait alors aux pires maladresses, à des folies de phalène autour d’une lampe. »
(Raymond Radiguet)
#Paradoxe #PhalèneEnFolie

7.
« Hortense tenait-elle de son ancêtre le maréchal Radout, commis-boucher dans son âge tendre, cette carnation trop riche, cette chevelure crespelée, dont on se demande si elles ne résultent pas du voisinage des viandes crues ? »
(Raymond Radiguet) #LaMalédictionEstUneBouchère

8.
« Mais quelle ne fut pas sa stupeur quand, au bruit des klaxons, hommes et femmes s’envolèrent, faisant disparaître la table comme un décor de féerie. »
(Raymond Radiguet) #LesGensSenvolent

9.
« Cette collection consistait à pointer le nombre de virgules contenues dans une édition de Dante. Le total n’était jamais le même. »
(Raymond Radiguet) #ObsessionTextuelle

10.
« Il ressemblait à ses ancêtres pour qui, hors Versailles et deux ou trois lieux de ce genre, la nature est une forêt vierge, où un homme bien « ne se hasarde pas ».
(Raymond Radiguet) #Nature/Culture

11.
« Sous prétexte de trouver la route la plus courte, il se perdait. »
(Raymond Radiguet) #Enbref

12.
« La veille elle s’était dit que la sagesse exigeait qu’ils espaçassent les escapades. »
(Raymond Radiguet) #Allitération

13.
« Ainsi subirent-ils une alerte et chacun manqua surprendre un peu de la vérité. Mais tout rentra bientôt dans l’ordre, c’est-à-dire dans les ténèbres. »
(Raymond Radiguet)
 #Géopolitique #Covid #LucMontagnier #Variants #Labo

14.
« Sa rapidité le déconcertait, comme le jeu du furet quelqu’un malhabile de ses doigts. »
(Raymond Radiguet)
 #QuiParlaitDunFuretDansUnLaboratoire ?

15.
« Et ce ne fut qu’en commençant à parler du bal costumé que tout ce monde prit des mines de conférence politique. »
(Raymond Radiguet) #Clownerie #Politique #ClowneriePolitique

16.
« Il tremblait que les mots en fussent effacés, ou qu’ils eussent changé. »
(Radiguet) #Nepasycroire

17.
« L’énorme inflation dans l’Allemagne de l’après-guerre [1WW] forçait, selon l’expression alors courante, à transporter dans une brouette les sommes nécessaires à l’achat du moindre objet dont le prix était affiché en millions de marks. »
(Bruno Vercier, notes sur « Le Bal du Comte d’Orgel »)
#Crise #Allemagne #LaCriseCestDlaBrouette #LaMortAussi

18.
« 21 avril 1923 : chez les Hugo séance de table tournante : la mort menace Radiguet. »
(Bruno Vercier, chronologie biographique de Radiguet)
#LaMort. #LaMortASaTable.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 mai 2021.

24 mai 2021

CHRONIQUE ANTI-MACRON DU 24 MAI 2021

CHRONIQUE ANTI-MACRON DU 24 MAI 2021

1.
Ce que les Français attendent de leur Président, ce n’est pas qu’il cherche à transformer leur vie quotidienne, mais qu’il la pérennise, même si pour cela, il faut parfois réformer. Entrer, s’insinuer via les corollaires de la nation connectée, dans la vie des gens en cherchant à transformer leur existence sans prendre garde à ce que soit assurée la pérennité de leur mode d’être, c’est mettre la charrue avant les bœufs et risquer une impopularité grandissante.

2.
L’hypocrisie ambiante est redoutable. Parce qu’un viol a été filmé à Paris (Stalingrad), soudainement la France apprend ce que beaucoup dénoncent depuis longtemps, ce que Dupond-Moretti traita il n’y a pas si longtemps de « fantasme » et qu’une certaine gauche chercha longtemps à cacher : oui, des zones de non-droit existent réellement en France et Macron, jusqu’ici, n’a pas fait grand-chose pour les résorber.

3.
Il faudra sans doute rappeler à notre plus mauvais ministre, l’incongru et malaisant Jean-Michel Blanquer, qu’en français, réformer ne veut pas dire saccager.

4.
Darmanin porte plainte contre Audrey Pulvar. Euh… Monsieur le Ministre de l’Intérieur, c’est contre les criminels, les délinquants et les indésirables que vous devez mettre en œuvre la puissance publique, pas contre vos opposants politiques.

J’ajoute que je n’approuve pas les propos de Audrey Pulvar, mais il me semble qu’elle est dans son droit et qu’en l’occurrence, Darmanin me semble maladroitement vouloir faire diversion.

Si un membre du gouvernement porte plainte à chaque fois qu’un homme ou une femme politique dit quelque chose qui choque les bonnes âmes, ou qui semble extrémiste, tout débat va devenir impossible en France. Sommes-nous encore en démocratie ?

5.
Macron fait le clown avec des saltimbanques. Bah il a raison : ce n’est pas comme si Israël et le Hamas se bombardaient mutuellement, comme si le Maroc laissait filer des milliers d’émigrants vers l’Europe, comme si nous étions sous la menace d’une récession mondiale et de variants inattendus du Covid.

6.
Sujets du jour de la Macronie audiovisuelle en ce 24 mai 2021 : McFly et Chaipaquito, l’Eurovision, la plainte de Darmanin contre Audrey Pulvar. Euh ? A votre avis, foutage de gueule électorale, ou pas ?

7.
Parfois, lorsque je regarde la situation de bon nombre de nos anciennes colonies et que je vois des pays livrés à la corruption, au désordre, menacés par l’islamisme et allant de misère en misère, franchement, je m’interroge…
L’Histoire jugera, mais je ne suis pas si sûr que les « porteurs de valises » d’antan seront aussi légitimés par le temps que l’honneur des généraux français qu’il est de bon ton à gauche d’assimiler à des fascistes et qui étaient avant tout des hommes d’honneur.

8.
En allant jouer les ados avec des saltimbanques, Macron commet une erreur de communication comparable à celle de Giscard d’Estaing avec son accordéon et ses repas chez l’habitant. Il rabaisse lui-même sa fonction et renonce à être comparable à De Gaulle ou même à Mitterrand.

9.
Je commence à comprendre ce qui lie Macron et Blanquer : le goût du mensonge et de la manipulation. Ces deux-là sont si étroitement liés, que si Blanquer est obligé de démissionner (on ne sait jamais), il se pourrait bien que Macron en soit très très très déstabilisé.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 mai 2021.

30 avril 2021

PLUMES FEUILLES RAVIS

PLUMES FEUILLES RAVIS

1.
Les gens ne sont jamais contents : ce n’est pas parce qu’on trouve dans certains magasins de la « véritable andouille de Guémené » faite avec du « porc NON français » que cela prouve que ce porc ne parle pas la langue de Molière. #andouille

2.
Quand on n’arrive pas à fermer l’œil de la nuit, c’est embêtant parce que ce gros œil qui vous zieute, vous scrute, vous regarde là, bin, ça peut vous empêcher de dormir.

3.
Alors la table fit tourner la spirite et l’invisible lui botta le fonds d’sa pensée en lui disant d’une voix aussi profonde que le puits des incertitudes à Macron Va-t’en voir dans l’jardin si nous y sommes revenus. #spirite #sprite #sprout #spiroute

4.
Ce qu’il faudrait, c’est soulever la peau de la mer pour voir s’que les pirates des vaisseaux fantômes peuvent bien y cacher. Mais faudra faire gaffe, défois qu’en attendant la fin des temps et des année scolaires s’y dissimulent monstres des profondeurs, léviathans et ministères.

5.
Je ne pense pas que le projet « Porc-épic » ait pour objectif une réécriture salace de l’Iliade, laquelle a été composée par Homère, je précise pour les étudiants en sociologie.

6.
Comme mon chameau ne répondait toujours pas et ce silence commençait à me faire courir des haricots partout sur les nerfs. La question que je lui avais posée était pourtant facile. Ce n’était pas cette année encore que mon chameau obtiendrait son baccalauréat.

7.
« - C’est en dedans, quelque chose qui a cassé. »
(Exbrayat, « Les Messieurs de Delft »)
Défois c’est en dedans que quelque chose a cassé qu’on a le petit pantin mécanique dedans la tête c’est comme s’il voulait plus obéir qu’il fait la gueule, le petit pioupiou.

8.
Non franchement, une blague comme : « c’est en apprenant à m’occuper des autres, que j’ai appris comment les achever », non, franchement, ça ne se fait pas.

9.
Mon chat défois, il me regarde d’un air si sérieux que je crois bien qu’il va m’opposer des arguments hegeliens, mais zaprès i saute de la table en faisant grrrourrour passque Zut vient d’ouvrir le frigo. #Zut

10.
Défois, on organise une course de morts-vivants dans les rues. Y en a i zappellent ça déconfiner. D’autres i disent que c’est le quoi qu’il en coûte. Y en a i zont le masque à Macron, d’autres à Blanquer, d’autres ont la grosse tête d’expert, d’autres encore, plus fatalistes, la tête de mort.

11.
Les apprenants défois ils sont si légers qu’à peine vous dites : il fait chaud, vous pouvez ouvrir les fenêtres, que les voilà en l’air, tout envolés, dissipés dans les espaces, à tous les vents confettis, plumes, feuilles, ravis.

12.
« Il pressa le pas pour dépasser l’inconnue et se retourna. »
(Exbrayat, « Les Messieurs de Delft »)

Défois on presse le pas pour dépasser l’inconnue puis en se retournant on s’aperçoit que c’est pas l’inconnue qu’on croyait connaître quand bien même elle nous est aussi inconnue que la plupart des inconnues que nous croyons connaître.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 avril 2021.

4 mars 2021

DU COEUR COMPTEUR

DU COEUR COMPTEUR

 

« Cœur obstiné, vieux taximètre

Compte les heurs de bon aloi

je parcours en vain la planètre

 

O Dagobert sans Saint Eloi

Je porte ma vie à l'envêtre

Ma tête dans mon pantaloi »

(Jean-Paul de Dadelsen)

 

Défois on a le « cœur obstiné » surtout

quand on est fasciné ou sinon c'est que

le palpitant s'obstine à palpiter cause

le palpitant c'est fait pour palpiter &

le palpitant quand i palpite plus c'est

qu'on est mort alors finis les romans &

feuilletons palpitants finis l'amour et

les roses les illusions les joies aussi

finis steaks-frites bières vins alcools

blondes et cafés noirs potes et copines

finis conjectures pensées profondes pis

finis vergers & jardins jours de joie &

les peines que Dadelsen dit que le cœur

obstiné c'est un « vieux taximètre » un

instrument de mesure donc qui permet de

savoir combien coûte le trajet vu qu'le

temps passé se paye car le cœur il vous

rend ce service de battre pour que vous

vous en fourriez jusque là du palpitant

mais y a un prix à payer & que le corps

& que la tête avant que rien n'en reste

ils le payent le prix du cœur compteur.

 

Bon donc le narrateur à Dadelsen demande

à son palpitant taximètre de compter les

« heurs de bon aloi » ce sont les bonnes

fortunes mais qui ne doivent pas être si

nombreuses cause le narrateur & son cœur

compteur c'est « en vain » qu'arpenteurs

de la « planètre » ils sont pis c'est un

peu amusant que le poète fasse rimer les

mots « taximètre » & « planètre » que ça

rappelle que composer de la poésie c'est

jouer avec les sons les rythmes les sens

des mots qui le parcourent ce monde dans

tous les sens que n'est-ce pas un « heur

de bon aloi » que ce planètre là pis les

vers suivants oùsque le roi Dagobert çui

d'la chanson du « bon roi dagobert » qui

« a mis sa culotte à l'envers » est sans

son conseil « le grand saint Eloi » donc

assez perdu dans ce monde le narrateur &

pis il « porte [sa] vie à l'envêtre » le

narrateur qu'le poète il s'en amuse joue

sur l'envers et l'être l'être à l'envers

qu'il a le narrateur faisons notre petit

intéressant qu'il a l'être à l'en-vers &

cétipas psychocritique ça dis que d'dire

que c'est en vers que le poète évoque sa

vie à l'envers pis qu'il s'en amuse joue

sur les sons pis que le dernier vers est

« ma tête dans mon pantaloi » que tout i

file sens dessus dessous carnaval que ça

se prend pas au sérieux cette poésie que

c'est pour ça qu'je l'aime bien Dadelsen

 

Patrice Houzeau

Malo, le 4 mars 2021.

19 février 2023

CLAVETTE CLOCHETTE MUSETTE SUIVI D'UN OEUF

CLAVETTE CLOCHETTE MUSETTE SUIVI D'UN OEUF

1.
« Voilà bien maintenant la clavette, mais c'est la clochette qu'il faudrait. »
(Paul Arène, « La Chèvre d'or », ch. X, « Clavette et clochette » [Saladine au narrateur])

Voilà une citation avec le mot « clavette ».
Bien me dis-je car j'aime bien les rimes en vinaigrette.
Maintenant, j'ai l'embarras du choix : chouette, chaussette, pâquerette, castagnettes, chouquette, amusette, y en a plein la musette,
« La Chèvre d'or » étant le titre du roman, pourquoi pas biquette ?
Clavette, c'est ici la « clavette de sonnaille » que le narrateur du roman évoque ainsi : « en forme de demi-croissant dont les bergers se servent pour boucler le collier de bois que les chèvres portent au cou. » Donc, biquette.
Mais qui dit clavette, dit clochette ;
C'est justement la clochette
La manquante, l'absente – et on la regrette, « une clochette en argent, monsieur, que, depuis des cent et cent ans, les Gazan ont dans leur famille », dit Saladine. Clochette,
Clochette, sors donc de ta cachette ! (on dirait une comptine, une ritournelle pour fillettes) ; c'est la clochette
Qu'il n'y a pas et on ne peut la remplacer par une casquette, ni une arbalète, encore moins une muette, et je ne vois pas comment on pourrait faire avec des castagnettes.
Faudrait la r'trouver, qu'en attendant dis, je m'en vas manger des rillettes, boire une canette, en rêvant de gigolette et de bal musette.

2.
« - L’œuf, répond Norette, avec le plus grand sérieux, est pour qu'elle fasse un heureux mariage et pour qu'elle ait beaucoup d'enfants ! »
(Paul Arène, « La Chèvre d'or », ch. XI, « Panier de souhaits »)

L’œuf, moi je l'aime bien dur, froid avec de la mayonnaise. L’œuf ne
Répond que s'il sert de tête d’œuf ; alors, il vous expose les réformes – vous gave de chiffres et de dates – ; cela ne l'empêche nullement de se planter.
Norette est un personnage de « La Chèvre d'or », de Paul Arène (il date de 1889, ce roman). Est-ce un diminutif de Nora ?
Avec ça (l'œuf mayo), eh bien, des asperges, des tomates, tout
Le prélude des repas de famille, avant le rosbif et ses pommes de terre sautées,
Plus la salade, les fromages, les tartes. Un
Grand temps, mangeant, je pense à la chèvre d'or qui fascine le narrateur.
Sérieux je suis, tandis que le vin coule dans les verres et que l'on rit.
Est-elle farce, ma mère, avec ses souvenirs de robe cousue à l'envers, – les moutons pattes en l'air -.
Pour aujourd'hui, assez de café, de sucre et de tabac. Pour demain, je verrai bien.
Qu'elle vienne la saison des fortunes, ça me changerait, tiens, que je
Fasse un repas d’œuf mayo, d'asperges, de tomates, de poulet, de vin, une part de flan aux abricots.
Un café, deux cafés, trois cafés, je suis chez moi à contempler une escadrille de poulets rôtis qui passe dans le
ciel.
Heureux suis-je ; je lis, j'écris. Pourvu qu'ça dure et pas de
Mariage (ça risque plus).
Pour aujourd'hui, je n'ai pas fini « La Chèvre d'or » et
Qu'elle m'appelle, ça risque pas non plus, elle voit quelqu'un. Pour qu'elle
Ait beaucoup d'enfants, paraît que c'est pour ça qu'il y a un œuf dans le « panier à souhaits » qu'on lui « apporta », explique Norette, alors qu'elle était « âgée d'un jour » (« Un œuf, un grain de sel, un morceau de pain bis et un petit bâton portant un brin de laine au bout » ; c'est écrit dans le roman).
Beaucoup d'enfants... Beaucoup
D'enfants, je vous demande un peu.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 février 2023.

 

11 juin 2022

MEME PAS CELUI DE LA PLUIE

MEME PAS CELUI DE LA PLUIE

  1. L’élève commença son poème par «Je mange des courgettes ». Je me souviens d’une élève dont le prénom était Charlotte. Je ne me souviens pas de plusieurs Charlotte. Les Charlotte auront été rares dans ma carrière.

  2. « Aucun ne se ressemblait réellement. » A première lecture, cette phrase à propos des nuages ne m’avait pas surpris. Soudain, l’idée qu’on ne se ressemblait jamais réellement m’intéressa, m’amusa, ma muse a de ces idées quelquefois.

  3. Lors des ateliers d’écriture, les élèves dans leurs poèmes, parfois, ils racontent des agressions. Le CDI est silencieux. On n’y rencontre pas de fantôme, même pas celui de la pluie qui s’agite au dehors.

  4. Dimanche dernier, un miroir s’est mis à vibrer tout seul sur le mur de chez Zut. Zut m’a dit : « Il y a un truc entre toi et l’étrange ». Je pense plutôt que c’était l’essorage de la lessive. Pas si sûr.

  5. La collègue qui tient le Centre de Documentation et d’Information porte souvent un masque anti-covid. Je ne vais pas au CDI pour m’informer des fantômes. J’ai assez affaire avec moi-même. Et Zut donc avec moi.

  1. Porte qui grince se rince aussi, pis défois elle pince aussi. Une porte n’est pas un crabe. C’est pour cela que je vais rarement à la pêche aux portes. Pour ainsi dire, jamais.

  2. J'écoute l'album « Moving Pictures » de Rush. Ce hard rock crypto-progressif va bien avec la lecture de la BD « Exit » de Bernard Werber et Alain Mounier, dans laquelle Amandine Wells constate : « La porte est ouverte ! Ils ne se méfient pas des morts en sursis... »

  3. J'aime bien les groupes de hard rock crypto-progressif façon Led Zeppelin, Rush, « Animals » de Pink Floyd. Le squelette déambulant en quelque crypte y trouva une guitare sur laquelle il compose maintenant des chansons de chez les Osses et autres Grateful Dead.

  4. Zut se dit qu'elle va réécouter l'album « Moving Pictures » de Rush. A la radio, les condescendants justifient leur dernier bouquin et ne remontent pas dans son estime. Zut préfère décidément le rock n' roll.

  5. Il y a une pochette d'album du groupe Rush où des cerveaux flottent au-dessus d'une matière jaune. Sous le bleu, une réminiscence de Magritte ou de Delvaux. Perché sur une de ces comprenettes aéronefs, une sorte de danseur à voilpé fait un geste ridicule. Je note que le titre de cet album n'est pas : « Cerfs Veaux Lents » (on n'y voit même pas de cochon planant) ni « Zombie Fantasia » et pas non plus « Remets ton slip, gondolier », qui est un titre de San-Antonio.

  6. A mon avis, les extra-terrestres nous font des blagues. Les extra-terrestres, c'est rien que des farceurs cosmiques qui nous font croire à leur existence alors qu'en fait, nous n’existons pas non plus.

  7. Zut s'interroge sur l’existence des poissons solubles. En fait non, Zut écoute l'album « Acquiring The Taste » de Gentle Giant qui est un de ses groupes de rock progressif préférés, surtout depuis qu'elle a appris à aller se faire cuire un œuf.

  8. Je décidai d'allonger fortement la finale du mot « éléphant » ; ça donna « éléphaaaaaaaaaaaaaaaaaant ». Zut les haussa, ses épaules, lesquelles sont situées sous sa tête d'enfant qui se balance avec la mollesse d'une éponge pas trop vieille.

  9. C'est à force de jouer sur un piano qui n’existe pas, avec des mains dont il constate souvent l'absence, qu'Olibrius Bref ne devint jamais virtuose. Il s'en mord parfois les doigts.

  10. Comme il faisait ses courses, il vit soudain filer sur ses cinq doigts la main invisible du marché. Dans un accès inattendu de gauchisme, il l'écrasa. Depuis, il est manchot, l'homme invisible.

  11. Les politiques me sont ontologiquement antipathiques. Et je ne parle même pas de Poutine, qui n'est pas un homme d'Etat, mais un vulgaire assassin.

Patrice Houzeau

Malo, le 11 juin 2022.

11 février 2022

C'EST-Y PAS QUE TU MOURRIRAS BIENTÖT TOTO ZOZO

C'EST-Y PAS QUE TU MOURRIRAS BIENTÔT TOTO ZOZO

 

Dans l'attente du repas. Un léger vertige tout à l'heure. Je partirai bientôt si ça se trouve. Dans l'attente du repas, vous me direz comme ce personnage de Hermann : « Vous n'êtes pas seul à avoir sofert du malaise de la mer ». Théâtre. « Miam-Miam », Jean Le Poulain.

Dans l'attente du repas. Coupes, fruits, le bouffon à l'ombre de la panse ; je pense à la viande, à la peau sous laquelle court le squelette. Le visage lisse du jeune homme, du bachelier peut-être, si je me souviens des cours de philologie romane.

Philologie romane, c'est ça qu'elle étudiait, la jeune Polonaise de 1985 acceptant la gauloise, m’excusant de ne pas avoir de blondes, « Les gauloises sont de très bonnes cigarettes ; en Pologne, nous aimons beaucoup les cigarettes françaises. »

Cette planche de Hermann, les oranges, les rougeoyances du feu, les discussions. Le noir et le bleu du dehors quand on rentre du travail. Je vois le bateau au loin, les pierres et les bois du port. Un silence d'assassin.

Pas d'assassinat pour l'heure et la page, mais la maladie. On tombe malade défois comme on tombe amoureux, d'un coup : « Hier encore vous n'aviez que peu de fièvre... » dit le personnage de Hermann. M'arrivera plus de tomber amoureux, tant mieux mais la maladie.

La foudre dans le lavis bleu puis la pluie. Le détail d'un oiseau portant brindille. La fièvre fournit le cauchemar, yeux rouges et vapeurs vertes. Certains s'enfièvrent, d'autres prient. Et l'on prend parfois pour un signe le rayon du soleil revenu après l'orage.

La Polonaise de 1985 qui aimait bien les gauluches préfigure le Berlinois de 1988 qui glissa un paquet de blondes dans la poche de ma parka. « Je sais que les soldats français sont pauvres ». « Alléluia » s'écria le gars quand le rayon de soleil l'éclaira.

Etait-ce vraiment un signe ? En tout cas, à cheval, l'enfiévré durant six jours. Dans la plaine immense, sous le ciel immense, les pèlerins. La force de Hermann, ce pastel pour représenter l'âpre médiéval. Redonde pas, bourre pas, nuance.

Que signifient les signes ? Le galop du cheval annonce-t-il le chevalier ? Tout est question d'interprétation. Nous avons donc inventé le mensonge. C'est l'humain qui donne sens, qui signifie. Rien de plus logique que notre absurdité. Nos ombres nous poursuivons, nos fictions.

« Miam-miam ou Le dîner d'affaires », de Jacques Deval, est une très bonne pièce sur ce qu'est un homme retors. « C'est tout simplement de l'homme, ma louloute, du vulgaire homo sapiens ». Jean Le Poulain magistral. Le ciel s'assombrit.

Le ciel s'assombrit. C'est normal, il fait nuit, me répondit Zut tandis que je plongeais dans les ténèbres virtuoses de la musique de Claudio Simonetti.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 février 2022.

26 janvier 2022

CONTE IDIOT A LA JEUNE FILLE EN LA TOUR ENFERMEE

CONTE IDIOT A LA JEUNE FILLE EN LA TOUR ENFERMEE

 

  1. « La jeune fille en la tour enfermée », ça rappelle l'ancien temps, qui n’existe pas, des contes. Du coup, on attend le dragon et le chevalier blanc, solitaire, courageux, énigmatique itou parce qu'il en connaît un bout sur les blagues du Sphinx.

  2. Dans le poème « La jeune fille en la tour enfermée boit trop », du coup, y a risque qu'elle tombât de la haute fenêtre. Quand il apprend ça, le chevalier solitaire, il s'écrie dans la parfonde forest : « Oh oh ! Faut donc que j'y go illico presto ».

  3. Mais si
    « La jeune fille en la tour enfermée boit trop,
    Ça vaut-y le blanquer que j'y go tout de go »,
    se dit le chevalier solitaire en la parfonde forest.

  4. Comme le chevalier solitaire se demandait si ça valait le blanquer d'y go tout de go, rapport à la princesse soûlote, son cheval ne fit aucune remarque, mais vu la tête de fernandel consterné qu'il fit, il n'en pensait certainement pas moins.

  5. Bon alors, dans la parfonde forest, le chevalier solitaire vit passer la dame chevauchant dont la robe se mêlait à l'écorce de telle sorte qu'elle semblait, comme si elle les traversait, glisser entre les arbres.

  6. Tout à coup, le temps se suspendit, et la dame chevauchant dont la robe glissait emmi l'écorce, et le chevalier solitaire en la parfonde forest, et les zoziaux en leur latin, tout fut suspendu. Il neigea de l'Apollinaire.

  7. Le premier vers d'Apollinaire qui tomba entre les branches fut :
    « Les mannequins grimaçaient pour l'éternité »

  8. Pendant ce temps-là, « la jeune fille en la tour enfermée » attrapa à la pince-à-frites un cornet de frites qui passait devant la haute fenêtre car elle était à jeun et qu'elle avait faim. Par contre, elle manqua la mayonnaise qui s'esquiva habilement.

  9. Le chevalier solitaire en la parfonde forest songeait : « Est-ce l'éternité qui fait grimacer les mannequins. C'est vrai que « mannequin » dans « La maison des morts », c'est pas tellement vivant comme boulot, mais si en plus, c'est pour l'éternité...

  10. Le deuxième vers d'Apollinaire qui tomba entre les branches fut :
    « Tous les mots que j'avais à dire se sont changés en étoiles »

  11. Pendant ce temps-là, « La jeune fille en la tour enfermée » prit son luth et se mit à beugler quelques roquénerolleries afin d'effaroucher le dragon ailé qui, tout autour de la tour, commençait à tournoyer en fumant la pipe (ça faisait tousser tant y avait d'fumée).

  12. Le chevalier solitaire en la parfonde forest songeait : est-ce à dire que « tous les mots que j'avais à dire » sont maintenant aussi inaccessibles que « des étoiles » ? Tout était suspendu mais le petit vélo de la caboche continuait tout seul à pédaler joyeusement.

  13. Ensuite, ce fut le Chœur du poème d'Apollinaire « Le larron »; la neige s'intensifiait :
    « Maraudeur étranger malheureux malhabile
    Voleur voleur que ne demandais-tu ces fruits
    Mais puisque tu as faim et que tu es en exil
    Il pleure il est barbare et bon pardonnez-lui »

  14. Pendant ce temps-là, « La jeune fille en la tour enfermée » fit son heure de cornemuse. Dégoûté de tant de bruit lui dégringolant dans les esgourdes, le dragon déguerpit, laissant derrière lui un panache de fumée désapprobatrice (bien qu'au fond, elle s'en foutait).

  15. Le chevalier solitaire en la parfonde forest suspendue ne savait pas pourquoi le poème « Le larron », d'Apollinaire, commence par un quatrain déclamé par un « Chœur ».

  16. Est-ce le drame antique qui fait ainsi irruption et prend possession du poème ?, se disait-il, le chevalier solitaire. Est-ce la musique ? C'est de toute façon le chant. Et ce songeant, il contemplait la dame au cheval parmi les arbres.

  17. Et ce songeant, il contemplait la dame au cheval parmi les arbres qui lui dit soudainement et les lèvres closes : Beau sire, vous saurez ce que j'ai à vous dire au bref suivant parce qu'ici je n'ai pas de place assez.

  18. Le bref suivant : « Le premier quatrain du poète « Le larron » évoque un « voleur », un « étranger », un exilé, un affamé. Ceci expliquant cela, le Chœur - ô Bienveillant - conseille : « Il pleure il est barbare et bon pardonnez-lui », lui dit la dame.

  19. Pendant ce temps-là, « La jeune fille en la tour enfermée » commençait à s'ennuyer à cent sous le député, et décida fatalement de boire une tiote lichette de liqueur de gouleyance (ça passe le temps).

  20. La réponse du « Larron » d'Apollinaire au « Chœur » vint ensuite :
    « Je confesse le vol des fruits doux des fruits mûrs
    Mais ce n'est pas l’exil que je viens simuler
    Et sachez que j'attends de moyennes tortures
    Injustes si je rends tout ce que j'ai volé »

  21. « Mais s'il rend tout ce qu'il a volé, c'est donc qu'il n'a pas tout mangé ». A cette pensée, le temps se dépendit et tous les pendant ce temps-là arrivèrent tout à trac et fracas : la dame chevauchant se prit une lourde branche dans la chetron et tomba d'cheval parmi les troncs ; le chevalier solitaire fut emporté à grand V la vitesse devant la tour oùsque « La jeune fille en la tour enfermée » commençait à pencher périlleusement à la haute fenêtre en gueulant des insanités. Que va-t-il arriver ? Je m'en fous et je vais m'coucher.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 janvier 2022.

13 juin 2021

CHAPITRE QUATRE LA PORTE ESPOUVANTABLE

CHAPITRE QUATRE : LA PORTE ESPOUVANTABLE.


  1. La veille, la nuit était tombée. Donc, tous allèrent se coucher et l'on montra au chevalier inconnu ses appartements : une chambre maigre avec une porte au fond, qu'on lui recommanda expressément de ne point ouvrir car c’estoit périlleux.

  2. Un servant tout en rouge avec une frange rousse dessous le calot rouge l'accompagna en montant ses bagages (lesquelles étaient maigres, car le chevalier inconnu estot fort humble) et le quittant lui dit kekchoz dans l'oreille.

  3. Ce que le servant écarlate dit au chevalier inconnu : « N'ouvrez surtout pas la chambre du fond, ou péril périlleux vous courrez périlleusement. » Puis il s'en alla sur un air de musette et de samedi soir dans une chanson fatidique.

  4. Pendant ce temps-là, le cheval fut conduit aux écuries où il fit force signes de croix et prières (c'était un grand catholique de cheval) de ne pas fumer dans les librairies, de ne pas brûler les prairies, et surtout que le chevalier inconnu la porte du fond n’ouvrît.

  5. Dans sa chambre fort maigre (un lit, une chaise, une demi-table, un bassinet de toilette), le chevalier inconnu se brossa les dents et le poil de dessus la tête. Turlupiné il estoit. On eût dit un député suspecté de détournement de fonds (science-fiction, bien sûr).

  6. Le chevalier inconnu, kekchoz le turlupinot, le gratouillot, le chatouillot, l'agaçot. Rapport au péril périlleux qu'il courrait périlleusement si jamais il ouvrait la porte du fond. Il est vrai qu'avec sa tête de mort peinte en noir macabre dessus, la porte ne portait point à rire.

  7. « Je me demande bien ce qu'il peut bien y avoir derrière cette porte ? », se disait Alice tout en grignotant un paquet de chips aux champignons hallucinogènes. « C'est marrant cette tête toute noire, on dirait la tête de tante Sylvia après son suicide ».

  8. Alors qu'il contemplait la porte du fond d'un œil aussi exclamatif qu'un politique surpris dans quelque club libertin de Tourcoing (science-fiction bien sûr, tous les ministres de l'intérieur, de Fouché à Darmanin, vous le confirmeront), l'autre porte s'ouvrit.

  9. Elle s'ouvrit et le Père Ubu apparut qui tonitrue « Cornecocu, Môssieur le chevalier inconnu, n'ouvrez point cette porte, c'est défendu, si vous ne voulez d'un péril périlleux être périlleusement mourru ! » Puis il claqua la lourde dans un hénaurme pet.

  10. Le Père Ubu fut aussitôt suivi par Monsieur le Ministre des Apprenances qui, une corde à sauter à la main, dit : « Ayez confiance en l'apprenance de la confiance et n'ouvrez point cette porte du fond si vous ne voulez pas être distancialisé définitif. »

  11. L'apparition du Ministre des Apprenances en présentiel fit songer au chevalier inconnu que, vu les difficultés d'application de la réforme dudit ministre ainsi que les incongruités survenues dans l'organisation des examens, se pourrait-il qu'il y ait anguille ?

  12. Le chevalier songeait qu'il n'était pas si impossible que dans quelques rectorats, certains fissent œuvre de résistance passive et de grève du zèle afin de faire comprendre au Ministre Blanquer que de Lui et de sa Réforme ils en avaient soupé.

  13. Plongé dans ses réflexions pédagogiques, le chevalier oublia la porte du fond et bientôt fut fort ronflant. Il avait obéi aux avertissements. La porte ne fut pas ouverte. La tête de mort haussa osses, clavicules, omoplates. Elle s'ouvrit tout de même...

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juin 2021. 

14 avril 2021

AVEC TOUT LE SERIEUX VOULU ET L'BONJOUR D'ALFRED

AVEC TOUT LE SERIEUX VOULU ET L’BONJOUR D’ALFRED

 

1.
Alors il lui confia une mission, je sais pas laquelle, peut-être de retrouver le collier de la Reine des Zôtres, ou alors résoudre le Mystère Sempiternel de la Deuxième Chaussette ou même retrouver le cerveau à Blanquer. C’était tout un tintouin.

 

2.
Que l’assassin connût cet endroit était encore moins douteux que la tombée de la nuit. L’auteur du roman nous indique qu’il s’agit « d’une sorte d’île, quasi entourée par la voie ferrée », par les serres tropicales et les chapelles à dames blanches.

 

3.
Y en a i disent commssa que « l’idée de danger » n’est pas pour les influencer Bah zont jamais croisé le chemin des grands crabes qui secouent les ombres dans les arrière-cours, ni le dogue Polyphème qui n’a qu’un œil et plus que toutes ses dents.

 

4.
Comme il lui demandait « l’emploi exact de son temps au cours de », puis de, entre et minuit, l’homme multidimensionnel (chaipatrop s’que ça veut dire, mais ça claque, hein ?) se raidit tellement que l’dogue Polyphème s’mit à l’agiter comme os ou bâton.

 

5.
Miss Bidule « étudia de nouveau son plan d’action avec tout le soin voulu » passque sinon c’est pas la peine si c’est pour bâcler des plans d’action et aller attendre des Grouchy qu’arrivent pas dans de mornes plaines, autant vendre des cartes de vœux.

 

6.
Dans ce roman, il y a une inconnue dans un sarcophage, même que le roman dit que « la police pense que la femme du sarcophage était française ». Mais ça c’est parce qu’ils ont trouvé un béret basque et une baguette momifiée. De faux indices ?

 

7.
Défois dans les romans, y en a i zont la « tête penchée » pis qui s’donnent « le temps de la réflexion », mais en fait i pensent à que couic car c’est pas parce que la fiction penche la tête qu’elle pense plus que pense l’enclume à Blanquer.

 

8.
Je me demande si Blanquer possède une enclume sur laquelle il forge ses réformes, que j’le vois bien taper dessus comme un chauve sourd (rit-il, même, Blanquer, en pensant au succès phénoménal de ses œuvres à visions ?).

 

9.
« Leurs globes oculaires, largement protubérants, semblaient fixer la visiteuse avec mépris. » J’aime bien cette phrase d’Agatha Christie. Ça rappelle l’éducation nationale et leurs cadres surdiplômés et très sots.

 

10.
Petite, elle se glissait facilement sous les portes, ce qui lui permettait de s’enfuir des cours qui l’ennuyaient, et souvent son regard vif, ses lèvres serrées et sa sécheresse hallucinée (ça ne veut rien dire) lui donnaient l’air d’une Cassandre.

 

11.
Tandis qu’ils gobaient œufs, bœufs et globuleux, ils s’entretenaient gravement des performances sportives de nageurs, geuses, coureurs, reuses, skieurs, yeuses, grimpeurs, peuses, et d’écriture inclusive, puis commentèrent la sottise à Blanquer.

 

12.
C’est « avec tout le sérieux voulu » par le Grand Sérieux caméléonesque en personne, çui qu’avot point prévu le Covid et laissa, en mars 2020, son gouvernement raconter des craques sur les masques qui soi-disant, n’servaient à rien, que j’examinai, avec la plus grande attention d’une main et mon habituelle désinvolture de l’autre, « les récentes informations ayant trait à l’espace interplanétaire » et en conclus que Blanquer était bien loin de sa planète.

 

13.
Il fit d’interminables voyages, tantôt dans sa tête, tantôt dans des ailleurs plus ou moins périlleux, d’où il ramena des maladies bizarres, des statuettes idiotes et des contes qui font rigoler les chaussettes (et pourquoi pas ? Zavez kekchoz contre les chaussettes ?)

 

14.
« Même très proche, notre prochain est radicalement cet étranger, cet ailleurs présent capable de tout, du mieux comme des ratés mirotons », fit Zut celle qui vit dans les œuvres complètes de Robbe-Grillet une formidable écurie de cocottes en papier.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 avril 2021.

23 janvier 2024

STUPIDITES AUTOUR D'UNE PORTE ET AUTRES FRITERIES

STUPIDITES AUTOUR D'UNE PORTE ET AUTRES FRITERIES

1.
« Aviez-vous déjà remarqué cette porte ? » demanda-t-il.
M.Utterson fit oui de la tête. M. Enfield ajouta :
« Elle me rappelle une bien curieuse histoire. »
(Robert Louis Stevenson traduit par Charles Ballarin, « L'Etrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde », « Histoire de la porte »)

2.
« Toujours serons enfants de la bruyère et » puis nous rentrerons manger des galettes de pommes de terre, ou des pâtes au gruyère, ou des gougères au comté, ou des éclairs au café, ou d'autres comestibles du frigidaire, à condition bien sûr que les enfants de la bruyère soient faits comme tous les enfants de la terre.

3.
« et, bien que très amateur de spectacles, n'avait pas » cru bon de sortir ce soir d'autant qu'il n'était pas plus chez lui qu'il était ailleurs et qu'il se disait qu'il y serait mieux.

4.
« demandaient en vain ce que ces deux êtres pouvaient » bien faire ensemble ; d'ailleurs, ils ne s'étaient jamais rencontrés, et leur existence même était déjà remise en doute par d'autres anonymes.

5.
« coquetterie ; si bien que les devantures des échoppes » ne se mirent pas à taper la discute avec les passants car les devantures des échoppes ne peuvent pas parler, cependant que les jeunes filles contemplaient les vêtements qui apparaissent dans les vitrines comme autant de fantômes d'une vie qu'on n'a pas.

6.
« Aviez-vous déjà remarqué cette porte ? » demanda la femme à barbe car c'est tout le truc des portes fantômes qu'elles apparaissent comme elles le veulent, à toute heure du jour et de l'autre, ouvrant sur des pièces absolument vides et dans lesquelles vous ne pénétrez jamais.
Note : je me demande bien pourquoi la femme sans tête porte une barbe. Ce ne doit pas être facile.

7.
« bourg, et à peu près aussi expansif qu'une cornemuse » oubliée dans une arrière-salle d'auberge dans la campagne très loin, où personne ne sait jouer de cornemuse, ni même ce que c'est qu'une cornemuse, même qu'ils l'appellent « la chose » et qu'ils se demandent si elle ne serait pas envoûtée défois, rapport à ce qu'on entend la nuit.

8.
« authentique. Je pris la liberté de faire remarquer à » l'homme, lequel se ressemblait tellement qu'on aurait dit lui-même, que je ne sais plus du tout ce que j'ai pris la liberté de faire remarquer à l'homme dont je me disais bien aussi que je l'avais déjà vu quelque part.

9.
« personne n'aurait voulu, un vrai suppôt du diable. » Je ne sais d'ailleurs plus de qui il parlait car les « vrais suppôts du diable » étaient aussi courants dans la conversation du pasteur Hizet que les feuilles sont nombreuses quand elles sont nombreuses et qu'elles se multiplient, les feuilles, couvrant le ciel, les feuilles, bouffant le ciel, les feuilles, remplaçant les zoziaux du bon dieu par des serpents ailés, de voraces moules volantes et des rois-lézards chantant des diableries dans une langue que personne n'y comprend ni roi, ni dame, ni valet.

10.
« jamais fait de mal à une mouche en reçoit une sur la » tête qu'il avait perdue alors qu'il cherchait son pied droit (le pied gauche se sentant bien seul), mais, sans tête, comment voulez-vous avoir les yeux pour voir et les mots pour le dire ? Aussi ne retrouva-t-il jamais son pied droit et, à midi, se contenta d'une portion de frites, la viande étant trop chère.
Remarque : je me demande comment il a fait pour les manger, ses frites. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas.

11.
« sembler étrange. Pour ne vous rien cacher, si je ne » cherche pas à savoir qui je suis, sachant que ce que je suis, je ne le sais pas moi-même et que les autres le savent encore moins que je l'ignore, de telle sorte que je puis bien penser que je ne suis jamais qu'un ensemble de possibles, dont je ne suis même pas sûr qu'ils aient un sens puisque qui peut savoir ce qui est possible à quelqu'un dont nous ne connaissons en fin de compte que peu de choses, sinon qu’aux échecs, j'ai appris ce qu'est le « système de Londres », et que c'est intéressant, cette histoire de fou.

12.
« Voilà qui nous incite une fois de plus à nous taire », dis-je à mon ombre, laquelle me fit remarquer que le plus bavard des deux n'était certainement pas elle et que j'étais d'une mauvaise foi qui n'avait d'égale que la vélocité de l'araignée que j'avais au plafond. Je restai coi. Mon ombre ne m'avait jamais parlé sur ce ton.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 janvier 2024.

1 octobre 2023

LOIN MAINTENANT

LOIN MAINTENANT

1.
« Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur,
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

« Libre ». Est-on jamais libre ?
J'ai appris, en cours de philosophie des lycées, comme tous les petits Français, que nous étions tous quasi entièrement conditionnés par notre milieu, l'hérédité, les structures sociales.
J'ai aussi appris que nous sommes presque tous entièrement libres au moment où des choix moraux se posent à nous de façon aiguë. Résister à Hitler, c'était faire librement le choix de la Résistance au nazisme. Collaborer avec Hitler (comme l'ont fait Pétain et Laval), c'était faire librement le choix de la traîtrise et de la saloperie.
Il en est de même pour Poutine. S'opposer, c'est résister. Ne pas s'opposer, c'est collaborer.
C'est aussi simple que ça.
C'est simple comme la liberté.
Je vais manger des rillettes et boire un verre de bière légère.

Sur France Inter ce dimanche, dans l'émission de Charline Vanhoenacker il y a une belle chronique sur le poème « La grasse matinée », de Jacques Prévert.
« La grasse matinée », de Jacques Prévert, est un des poèmes les plus intenses de la langue française.
La chronique le rappelle et lui rend hommage.
Je sais qu'il ne manque pas de petits profs de collège et de lycée, cuistres et bavards, qui méprisent Jacques Prévert. Des cons.

2.
« Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ; »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Je me demande pourquoi des « lunules électriques » ?
Je ne me le demande pas.
La virtuosité des vers de Rimbaud me suffit.
Je lis Rimbaud comme j'écoute Pink Floyd.
Pour l'esthétique.
J'ai passé l'âge de m'enthousiasmer pour les exégèses.

Pourquoi Rimbaud a-t-il écrit « planche folle » ?
Est-ce de l'auto-ironie ?
Je ne sais pas si Rimbaud, au moment où il a composé « Le bateau ivre », avait conscience de son homosexualité.
Je ne sais pas et je m'en fiche.

Demain, cours.
Les élèves des lycées professionnels s'en fichent bien de Rimbaud.
Ils ont raison.
Ils ont autre chose à penser.
Avec la crise qui s'aiguise, ils ont même de plus en plus de choses à penser.
Je pressens des malaises.
Je pressens des rebellions.
Je pressens des troubles.
Il y a trop de problèmes en France.
Il y a trop de problèmes partout.
Je pressens que quelque chose de grave va arriver.
Si ce n'est la troisième guerre mondiale, ça y ressemblera beaucoup.

Je vais reprendre des rillettes et un peu de bière légère.

3.
« Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Behemots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilité bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Je ne sais pas ce que sont les « Behemots ».
Paraît que ce sont des bêtes « prodigieuses » (parlent-elles latin ? Causent-elles chinois?) mentionnées par la Bible, nous dit une note.
Pour « Maelstroms », j'ai « gouffres marins » (édition Poésie/Gallimard, notes de Louis Forestier).
La Toile dit : « tourbillon d'eau ».
Le mot est d'origine néerlandaise (de « malen » : broyer et « strom » : courant).
Je ne parle pas néerlandais.
Je n'apprendrai jamais le néerlandais.
Je n'irai jamais aux Pays-Bas.
Je suis une poutre en allemand et une quiche en angliche.
Je ne vais jamais en Allemagne.
Je ne vais jamais en Angleterre.
J'aime bien le vers « Fileur éternel des immobilités bleues ».
J'aime bien écrire le vers « Fileur éternel des immobilités bleues ».
J'aime bien me dire le vers « Fileur éternel des immobilités bleues ».
J'imagine un dieu fileur, un roi peut-être, bleu de Prusse, de nuit, d'encre bleue.
Le genre de choses que je dessinais quand je me prenais pour un dessinateur.
J'ai laissé passer ce petit talent.
J'ai tout laisser filer.
J'ai manqué ma vie.
Elle a passé sous mes yeux.
Elle est loin maintenant.
Je reste planté ; la route est déserte.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er octobre 2023.

7 septembre 2023

LE REVEREND BULL EST MORT ET VOUS ÊTES CINGLES

LE REVEREND BULL EST MORT ET VOUS ÊTES CINGLES

1.
7 septembre 2023. Les mesures prises en août par la Banque de Russie n'auront pas suffi. Un euro = plus de 105 roubles et le dollar se rapproche à nouveau du seuil de 1 dollar = 100 roubles. Les indices boursiers russes en forte baisse.
Cette information relève-t-elle :
- des faits relatés dans « Le Livre de l’inexplicable » de Jacques Bergier (Odessa, 1918 – Paris, 1978) ?
- des faits prévisibles étant donnée la faiblesse de l'appareil productif russe et le coût très élevé de la sale guerre de Poutine en Ukraine ?
- des faits non contestables qui sont autant d'indices de la défaite de Poutine en Ukraine ?

2.
« L'objet de Robozer peut être une particule cosmique super-intense, ayant produit des transmutations par gerbes de sous-particules qu'elle aurait émises en frappant la Terre. »
(Jacques Bergier, « Le miracle de Robozer » in « Le Livre de l’inexplicable »)
Cette phrase sur l'apparition en « 1663 », nous carambole Jacques Bergier, de « flammes immenses, »non loin d'un monastère, sur le « petit lac de Robozer » (c'est en Russie, paraît) avec « fumée bleue » et des « lumières ardentes » et puis zou disparition des deux flammes mystérieuses pour reparaître « cinq cent mètres » plus loin et rezou qu'ça disparut, puis reparut, même que « après le phénomène, une couche rougeâtre, semblable à de la rouille, recouvrait le lac » qu'il nous bizarroïde Jacques Bergier, de cette phrase, diriez-vous que :
- cette histoire de « particule super-intense frappant la Terre », c'est du pipeau ?
- Jacques Bergier, quel farceur !
- On ne sait plus quoi inventer pour détourner l'attention des gens des vrais problèmes des gens ?
- Phénomène atmosphérique ? Fata morgana ?
- Passage de comète ?
- Météorite ?
- Chagrin d'amour ?
- A.A.A. (Arme secrète des Anciens Astronautes) ? Manifestation infernale ?
- Preuve que les Russes possédaient l'arme nucléaire avant les Etats-Unis ?
- Délirium tremens ? 

3.
« Ne parlons pas d'univers parallèles, puisque justement les parallèles ne se rencontrent pas. »
(Jacques Bergier, « Le miracle de Robozer » in « Le Livre de l’inexplicable »)
Cette phrase implique-t-elle :
- que les univers parallèles ne se rencontrent pas n'est pas un indice de la non-existence des univers parallèles ?
- Que les univers parallèles ne sont pas aussi parallèles que ça, que défois il y a des surprises et des inexplicables ?
- Que si les univers parallèles ne sont pas aussi parallèles que ça, pourrait-on parler d'univers sécants (qu'on mange) ? Ou alors de perpendicularité cosmique ?
- Que la Terre étant plate (c'est très connu), on peut supposer une infinité de disques plats, étanches (de lard) et parallèles (de poulet), superposés à la Terre et constituant une pile de crêpes sur l'assiette du Grand Engouffreur de crêpes fourrées et que, soyez-en sûrs, ô sœurs saucisses et frères saucissons, notre tour viendra d'être engouffrés ?

4.
« Le révérend Bull est mort, et vous êtes cinglés. »
(Jacques Bergier, « Phénomènes fortéens » in « Le Livre de l’inexplicable » [un chauffeur de car sceptique transportant un groupe de spirites])
Cette phrase prouve-t-elle :
- la lucidité du chauffeur de car ?
- Le rationalisme étroit du chauffeur de car ?
- Que le révérend Bull est mort ?
- Que le presbytère est hanté, même si le jardin n'a rien perdu de son éclat ?
- Que si le chauffeur de car avait été un cocher sans tête, jamais il n'aurait pu dire : « Le révérend Bull est mort ». Jamais.

5.
Je ne me souviens pas que Jacques Bergier ait évoqué dans un de ses nombreux ouvrages la figure de Emile Tizané (1901-1982), le gendarme qui enquêta, dit-on, sur les poltergeists. Cela tendrait-il à prouver que :
- Emile Tizané n'a jamais eu le rôle qu'on lui a prêté et que les phénomènes paranormaux furent en Europe ce que sont les OVNI aux USA : une diversion soigneusement entretenue par l'Etat ?
- Jacques Bergier ne connaissait pas Emile Tizané (ça m'étonnerait) ou en était jaloux ?
- Les éditeurs de Jacques Bergier avaient exigé par contrat qu'il n'évoque jamais Emile Tizané (qui signait chez la concurrence) ?
- Ni Jacques Bergier, ni Emile Tizané, ni Fantômas n'auraient existé (ça alors !) ?

Patrice Houzeau
Malo, le 7 septembre 2023.

7 septembre 2023

AH LES DEVERAIENT

AH LES DEVERAIENT

1.
« Oui, Blanchette le trouvait bizarre, Aurélien. Pourquoi pensait-il qu'elle deverait être rentrée ? »
(Aragon, « Aurélien »)

Dans cette phrase de Louis Aragon, il y a une faute d'orthographe odieuse que j'ai faite, dis, pensez-vous que :
- C'est pour cela que Blanchette « le trouvait bizarre, Aurélien » et pourquoi deverait-elle être rentrée ?
- C'est qu'elle deverait être rentrée, sinon l'auteur perd ses conjugaisons ?
- Le monde est une étrange chose et n'est-ce pas qu'elle deverait être rentrée ?
- Blanchette, ça fait chèvre, non ?
- J'ai trop de boulot pour m'attarder à des deveraient pareils ?
- Cela a-t-il un rapport avec le fait que au bas de la page 473, « qu'est-ce que j'aurerais dû faire ? », « pitoyablement » qu'il demanda, le pharmacien tout déconjugué ?
- Tout ça c'est la faute à Peillon, Hamon, Vallaud-Belkacem, Blanquer, Pap Ndiaye, Attal, Macron ?
- De toute façon, il y a trop longtemps que je lai lu, ce roman, pour m'en souvenir ?

2.
« La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. »
(Aragon, « Aurélien »)

Cet incipit célèbre signifie-t-il que :
- Aurélien n'est pas fan du théâtre racinien ?
- Il n'y a aucune chance qu'Aurélien ait une relation amoureuse avec Bérénice ?
- Il n'y a pas d'Aurélien, pas d'Bérénice, y a plus rien, nix et que couix ?

3.
« C'est alors qu'on voyait se baisser les paupières mauves, et si fines qu'on craignait vraiment qu'elles ne se déchirassent. »
(Aragon, « Aurélien »)
Aurait-il fallu écrire :
- « qu'on craignait qu'elles se déchirassent » plutôt que « qu'elles ne se déchirassent » ?
- « déchirassent » rimant avec « se décarcassent », avons-nous des raisons de craindre pour la santé de Bérénice, dont nous savons maintenant qu'elles les avait fines, les paupières mauves ?
- Le fait que nous apprenons quelques lignes plus bas que la mère de Bérénice était de Franche-Comté « et qu'elle n'avait de son père que les yeux noirs » est-il de nature à nous intéresser ? (remarque : moi, personnellement, je m'en tamponne la relative).

4.
« Attendre est terrible. Ne plus attendre est pire. »
(Aragon, « Aurélien »)
Pensez-vous que cette phrase s'applique à :
- Aurélien attendant Godot ?
- Aurélien attendant la fin du roman ?
- Le lecteur attendant la fin du roman ?
- Aurélien attendant Bérénice ?
- Au mur, pour faire joli ?

5.
« Il m'a fait tout un chambard avant qu'on se mette à table, - dit Husson-Charras, - sur le socialisme, la Russie, est-ce que je sais ? »
(Aragon, « Aurélien »)

A-t-on raison de :
- Faire « tout un chambard sur le socialisme, la Russie, est-ce que je sais », surtout au moment des repas ?
- Sachant que l'action du roman se déroule dans les années 20, avait-on des raisons alors de faire « « tout un chambard sur le socialisme, la Russie, est-ce que je sais », et surtout au moment des repas ?
- Chambard ? Je ne le connais pas. Mais il paraît qu'il parle beaucoup trop, surtout de socialisme, de Russie, est-ce que je sais et toujours au moment des repas.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 septembre 2023.

 

17 août 2023

FACE AU FLACON

FACE AU FLACON

1.
« this time she found a little bottle on it (« which certainly was not here before, » said Alice and round its neck a paper label, with the words « DRINK ME, » beautifully printed on it in large letters. »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 1)

Cette phrase signifie-t-elle que Alice :
- vient de trouver une bouteille de bière qui avait l'air de lui dire « BOIS-MOI» ?
- que Alice abuse des champignons hallucinogènes ?
- qu'une petite bouteille porteuse de l'inscription « BOIS-MOI » est apparue qu'en voilà une étrangeté ?

2.
« No, I'll look first, » she said, « and see whether it's marked « poison » or not » ; for she had read several nice little histories about children who had got burnt, and eaten up by wild beasts, and other unpleasant things,... »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 1)
Avant de boire le contenu de la petite bouteille, Alice s'assure que :
- la bouteille ne va pas la mordre ?
- la bouteille ne va pas lui raconter d'histoires d'enfants brûlés ou dévorés par des férocités animales ?
- la bouteille ne porte pas d'inscription indiquant qu'elle contient du poison ?

3.
« However, this bottle was not marked « poison, » so Alice ventured to taste it, and finding it very nice (it had, in fact, a sort of mixed flavour of cherry-tart, custard, pine-apple, roast turkey, toffy, and hot buttered toast), she very soon finished it off. »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 1)

Alice se risque à goûter le contenu du flacon. Comment en est le goût ?
- macronien au sens qu'il serait « en même temps » ça et là ?
- aussi traître qu'un homme politique de petite taille mais aux dents longues ?
- fort agréable et rappelant tout à la fois la tarte aux cerises, la crème anglaise, l'ananas, la dinde rôtie et le pain grillé beurré, même qu'il est chaud encore, que c'est bon.

4.
« What a curious feeling ! » said Alice. I must be shutting up like a telescope ! »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 1)
Alice vient de glouglouter l'étrange fiole. Que lui arrive-t-il alors ?
- Alice se met à déclamer les paroles de « Workshop of the Telescopes », du groupe de rock Blue Öyster Cult ?
- Alice se transforme en télescope ?
- Alice a l'impression de se réduire, de se refermer, d'se rapetisser comme se referme une longue-vue ?

5.
« And she tried to fancy what the flame of a candle looks like after the candle is blown out, for she could not remember even having seen such a thing. »
(Lewis Carroll, « Alice's Adventures in Wonderland », chapter 1)
Diminuant fortement en taille, Alice s'inquiète de son éventuelle disparition. A quoi compare-t-elle son éventuelle extinction ?
- Citant Lichtenberg, à un couteau sans lame auquel manque le manche ?
- Au dictateur russe Poutine, ayant tenté en vain d'envahir l'Ukraine, et dont la puissance diminue de semaine en semaine ?
- A la flamme d'une bougie éteinte ?

Patrice Houzeau
Malo, le 17 août 2023.

9 juin 2023

DU LOUP BATTANT ET AUTRES SONS ET SONGES

DU LOUP BATTANT ET AUTRES SONS ET SONGES

1.
Je tombe là-dessus, un tube de 1980, « Lança Perfume », par Rita Lee. C'est brésilien et entraînant. Le clip montre une longue fille aux cheveux longs en jean et tee-shirt pis qui chante et sourit sur une piste que je sais pas comment ça s'appelle une piste pour patineurs à roulettes (c'était la mode, les patins à roulette à la fin des années 70, début 80 ; d'ailleurs, il y a plein de patineurs et patineuses qui tournent autour de la Rita ; sinon, Rita, elle vous regarde du miroir où elle se regarde (ah ouais, quand même) et vous fait un clin d’œil en joyeusant ses lyrics).

D'après ce que je comprends, c'est un genre de chanson d'amour allons-y Nini destiné aux adolescents et autres vives. Le texte ne relève pas de la poésie la plus fine, mais elle efficace, la musiquette, avec son clavier électrique plom-plam-plim, ses cuivres, ses percussions et ses sifflets qu'on entend dans les ritournelles de là-bas, qu'on dirait qu'ils imitent les oiseaux exotiques à pleins d'couleurs qu'on dit qu'ils sont bigarrés quand on veut dire qu'ils sont tout pleins d'couleurs qu'on dirait des arlequins perroquets et chaipaquoi. La chanson se laisse entendre.

Elle me rappelle la vieille radio de mes parents où j'ai dû l'entendre 20 000 fois le « Lança Perfume » à Rita Lee, entre la valise RTL et une pub pour Coca-cola.

2.
Dans le genre curiosité néo-psychédélique française, tendance minimaliste passque la virtuosité, y a trop d'notes, il y a « Les Anneaux de Saturne » (qui « sont beaux » dit le morceau) de Chassol (2019). Dans le clip, y a des dessins de loups filant au son des percussions à répercussions spatiales (ça veut rien dire mais ça m'amuse) et des bizarreries à trois notes tandis qu'un trio nous lampadaire que le narrateur fuit, « poursuivi par les loups solitaires et affamés » mais qu'il entend « la musique céleste » lui « susurrer des mots d'amour ». On est donc bien content et on se reprend une crêpe à la confiture.

3.
Au chapitre XIV du roman « Le Fantôme du temple », de Robert van Gulik, Ma Jong mange des « nouilles épicées » et contemple un tatouage. Un tatoueur professionnel nous tigre à moustaches que les pigments rouges étaient très chers dans la Chine ancienne.

Ma Jong dans les bas-fonds, à la recherche du Roi (déchu, dit-on) des mendiants ; il y a des « parois vertes de moisissure qui ruisselaient d'eau par endroits » puis, c'est une « cave plongée dans les ténèbres » ; « des pierres manquaient par endroits et d'épaisses toiles d'araignées pendaient dans les cavités. » Ah non, ce n'est pas un endroit pour une danseuse de ballet.

« Le Fantôme du temple », de Robert van Gulik traduit par Anne Krief, il y a un fantôme dedans, - sinon, ça s’appellerait pas « Le Fantôme du temple » que même, à un moment, quelqu'un évoque « la dame blanche », me semble-t-il, à moins que le rêve me rêve.

4.
Dans le poème « A distance », Henri Michaux imprécationne et maudit en cadence ; ça fait vers courts et répétitions. C'est qu'il s'agit de se faire oublier. Par qui ? La Mort ? L'envoûteuse, la maléfique, celle des « clous de tes doigts / des clous de tes desseins sur moi ».

C'est qu'il s'agit de lui faire la guerre : « Machines sur toi / à dévaster / à rompre / à étendre / à abattre / à affoler ». Et c'est pas évident de la combattre, celle à « l'interminable langue », et apparemment, vaut mieux agir « à distance », - sorcellerie ?

Le poème « A distance » se hot-cleube à la page 77 du volume Poésie/Gallimard n°194 intitulé « A distance suivi de Annonciation ». J'aime bien Henri Michaux, c'est rythmique souvent ; ça percute et palpite ; du loup battant.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juin 2023.

15 mai 2023

DES MARGUERITES DES BARGEASQUES ET DES SOURIS

DES MARGUERITES DES BARGEASQUES ET DES SOURIS

1.
Jean-Pierre Mocky, « Les Compagnons de la marguerite » (1967). Comédie. Variations sur le libertinage. C'est en noir et blanc, ça nostalgise, d'autant que c'est avec Francis Blanche, et donc dans le comique, l'absurde, le cocasse qu'ça fait d'la souvenance. Un film sur le faux qui se substitue au vrai et qui s'épidémise because ça arrange bien des gens d'avoir soudainement des registres qui ne disent plus ce qu'ils disaient hier. C'est donc aussi une histoire de faussaire, et donc, et fatalement, de policiers, ce qui entraîne la création d'une société secrète (d'où le titre).

Il y a des policiers en deudeuche (la 2 chevaux Citroën), la musique est de Gérard Calvi et Michel Serrault y est épatant. La scène avec les policiers à buste de Marianne en plâtre est marrante dans le genre dérision potache pas bien méchante, allez, surtout si on pense à toutes les saloperies que, sous prétexte de satire, les zozos d'la téloche des années 2020 balancent sans honte, et sans talent.

La scène de l'inspecteur Leloup de « la brigade des us et coutumes » [Francis Blanche] en robe de mariée « tapant la belote », la clope au bec, ainsi que la déposition finale au tribunal du même Leloup valent leur pesant de réformes du baccalauréat (puisqu'on cause stupidités). Ah ça, Pas facile à attraper, le Matou.

Citation :
« Quand le bien-pensant parle, on entend l'âne qui brait, disait Saint Louis, roi de France » [Matouzec, interprété par Claude Rich].
Remarque : les dialogues sont de Alain Moury caramelle (et nougat) Wikipédia et je ne sais pas qui c'est.

On me signale que Alain Moury serait un pseudonyme de Frédéric Dard. Cela ne m'étonnerait pas. Les univers de Mocky et de Dard étant proches dans le loufoque et la moquerie.

2.
Jean-Pierre Mocky, « La Grande frousse » (1964). Comédie genre humour noir et bizarreries diverses. Au générique, zavez trois cavaliers à cape noire chapeau noir chevaux blancs. Y a une chanson où on entend « Hélas, hélas, fatalitas ! ». L'inspecteur Triquet (interprété par Bourvil) fait parfois des p'tits sauts à la Bourvil, et a le cœur tendre à s'émouvoir d'un cou coupé (on coupait encore à la guillotine à cette époque).

J'aime beaucoup la scène de l'arrivée nocturne de Triquet dans la ville pleine de vent et de peur (le scénario est une adaptation de « La Cité de l'indicible peur », de Jean Ray). La peur vient de la bargeasque (une « bête » locale, prédatrice et nocturne), et la ville semble un bourg médiéval agrémenté de quelques magasins modernes.

Le décalé et observateur Monsieur Franqui (joué par Francis Blanche) idolâtre « Madame Urodèle », un mannequin à la tranchante – et une tranchante, c'est fait pour trancher ; la musique est de Gérard Calvi et Livina (Véronique Nordey), la secrétaire du maire (si accueillant et rassurant, le maire) est bien jolie quoique fort blanche et c'est forcé puisque c'est en noir et blanc.

Chasse à la bécasse, aux faux billets, à Mickey (le faussaire faussant compagnie), à la bargeasque, à l'assassin (défois que les gens, ils auraient beau être que des sans-vie, que ça vous tuerait quand même au cinéma), chasse dans le brouillard, chasse au fou que défois, voyez, y en a des bipèdes, zont l'air normal mais en fait ils se promènent la nuit déguisés en on ne sait quoi et parfois même le jour, et y en a aussi on croit que leur femme est partie mais en fait « oh, on était méchant ! » dit le brigadier Loupiac (Jean Poiret).

Triquet cherche Mickey et trouve une souris.

Citation : « Ah c'est vrai, vous êtes pistonné, vous, vous êtes un bourgeois, tandis que moi, j'me suis fait moi-même, je suis un no man's land. » [l'inspecteur Virgus, interprété par Marcel Pérès, à Triquet].
Paraît que les dialogues sont de Raymond Queneau.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mai 2023.

15 avril 2023

TEMPS PLUVIEUX CHOUCROUTE ET OVNIFICATION D'AGATHA

TEMPS PLUVIEUX CHOUCROUTE ET OVNIFICATION D’AGATHA

1.
« Le commissaire commençait à s’impatienter quand, à sept heures moins une minute, il entendit enfin des pas »
(Simenon, « Les Scrupules de Maigret »)

Le temps était pluvieux et le
Commissaire aussi. Il
Commençait à pleuvoir
A pleuvoir sur la ville, de plus en plus souvent et on commençait à
S’impatienter Certains voulaient même en changer
Quand on en parlait sous les parapluies
A huit heures il n’était pas
Sept heures et à sept
Heures on attendit
Moins une minute A l’heure relative (les horloges rouillaient)
Une nouvelle parcourut la ville A la
Minute où le commissaire n’était plus qu’une flaque
Il fut décidé de la nomination d’une grande wassingue On
Entendit parler d’une brigade de seaux
Enfin on allait changer de temps C’en était fini
Des noyades au commissariat et des
Pas étanches que jamais jamais l’on ne retrouvait.

2.
« Son calme et sa réserve à exposer la raison de sa venue avaient quelque chose d’inquiétant. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « la Maison du péril » [le narrateur])

Son art de l’oubli était proverbial dans la famille. Il était par ailleurs
Calme et ne se laissait pas facilement désarçonner
Et lorsqu’il oubliait son parapluie
Sa dignité d’homme tranquille et sa
Réserve naturelle lui fit souvent
A ses contemporains préférer la compagnie des chats.
Exposer les causes de l’oubli récurrent de son parapluie alors que
La pluie ne cessait plus de tomber (tout un troupeau là-haut) serait sans
Raison car
De cela vous ne pourriez déduire pourquoi
Sa fourchette lui était
Venue à la main suivie de son couteau et tous deux
Avaient attaqué
Quelque choucroute et cette restauration avait quelque
Chose – si on songe que cela aurait pu être un steak-frites – quelque chose
D’inquiétant – frissonnons, et si c’étaient des endives au jambon ?

3.
Dans la « Maison du péril », révélée par Agatha Christie, quelqu’un demande à Nick quand elle aura son « Moth ». Et si ce mot était codé ? Et si ce mot renvoyait à quelque objet occulte, à quelque nom dont la prononciation serait interdite ? Serait-ce le nom réel de la terrible Saucisse Tueuse ? Un objet de quelque culte secret peut-être ; serait-ce le fascinant et souple canard qui joue les premières notes de « Hey You » de Pink Floyd, utilisé, comme on sait, dans les cérémonies à ce culte qui exige la nudité du principal participant, souvent seul et confronté à la puissance du dieu Savon, et cela dans la salle dite « de Bain » (quel esprit supérieur et secret se cache sous ce nom ?). Et si le mot « Moth renvoie à un « avion de tourisme », comme nous le dit une note de bas de page (cf « Agatha Christie traduit par Louis Postif, « La Maison du péril » Club des Masques, 1976, p.84), s’agit-il réellement d’un avion tel que nous les connaissons ? Ou plutôt, et plus probablement, comme nous avons – oh bien des raisons d’y songer - d’une soucoupe volante (et si cette soucoupe volante est en forme de chaussette bleu-blanc-rouge, alors l’une de mes chaussettes républicaines sait certainement où est passée sa solidarité).

D’ailleurs, lors de sa « mystérieuse disparition » du 3 décembre 1926, je pense (et croyez-moi, je n’ai pas besoin d’un grand cerveau pour cela, et je ne suis pas le seul à le penser puisque je le pense aussi) que la romancière (ou devrais-je dire la « messagère » ?) Agatha Christie a été l’objet d’une abduction. Elle a été ovnifiée et, n’en doutons pas, ce sont les extra-terrestres qui, année après année, lui ont télépathé (la télépathie c’est épatant, c’est le leitmotiv de tous les télépathes) les enquêtes codées d’Hercule Poirot (ce prénom qui renvoie aux énigmes frisées de l’Antiquité n’est évidemment pas un hasard, sinon l’étrange détective belge se serait appelé Sherlock comme tout le monde).

Patrice Houzeau
Malo, le 15 avril 2023.  

26 juillet 2022

REMINISCENCES DE LA CANTATRICE CHAUVE

REMINISCENCES DE LA CANTATRICE CHAUVE

1.
«… je fus la proie de sortes d’hallucinations (silhouettes imaginaires tournant brusquement les coins de rues au moment où j’y arrivais, grand singe franchissant d’un bond une grille)… »
(Michel Leiris, « L’Age d’homme » [le narrateur])

J’aime bien cette phrase pour son caractère cinématographique tendance surréaliste. Je me demande si le narrateur en proie aux hallucinations s’est cru soudain dans un film…

2.
« Si le temps est très beau, il advient que j’en sois légèrement angoissé : c’est mauvais signe qu’il fasse si beau, quel saumâtre évènement cela peut-il bien présager ? »
(Michel Leiris, « L’Age d’homme » [le narrateur])

J’aime bien cette phrase en ce qu’elle tente une explication de l’anxiété dont nous sommes parfois le jouet. L’interprétation du réel comme étant une suite de pertes et de gains, ce que résume Leiris lui-même par la formule « le sort n’est qu’un usurier ».

3.
L’Assemblée nationale, défois, c’est juste des fantômas qui s’opposent à des belphégors, lesquels font des alliances de circonstance avec des lupins sous l’œil distrait de quelques pieds nickelés.

4.
« Dans cette dernière pièce, une chose me paraissait piquante, c’est que ma tante, cantatrice, y jouât précisément le rôle d’une cantatrice. »
(Michel Leiris, « L’Age d’homme » [le narrateur])

J’aime bien cette phrase pour le mot « cantatrice » et aussi pour l’exemple de la cantatrice dans un rôle de cantatrice. Cela me fait songer qu’il y eut sans doute des films avec de véritables assassins dans des rôles d’assassin ou d’authentiques espions dans des rôles d’espion.

Par ailleurs, je ne crois pas au mythe des cantatrices chauves. Ou alors, c’est qu’elles ont oublié leur perruque.

5.
« Les petits ifs du cimetière
Frémissent au vent hiémal,
Dans la glaciale lumière »
(Verlaine, « Sub urbe »)

J’aime bien ces vers pour « les petits ifs du cimetière » que je trouve bien musical, et pour l’adjectif « hiémal » (car c’est l’hiver dis dans ce poème) cependant que je ne dis pas « hiémal au cœur » mais « j’ai la nausée quand j’écoute jacter Poutine ».

6.
Alors le commissaire Maigret épousa sa pipe et ils eurent de nombreuses enquêtes.

7.
Dans « Cauchemar », de Verlaine, le narrateur évoque le songe d’un « cavalier » « D’une main tenant un glaive / Et de l’autre un sablier », ce qui fait penser à une figure héraldique vu que sinon comment qu’il fit pour le guider son canasson, l’aut’ symbolique ?

8.
Dans « Nocturne parisien », de Verlaine, il y a ce vers « Et puis l’orgue s’éloigne, et puis c’est le silence ». Ah le son du limonaire à la lumière d’un réverbère dans les vers anciens d’un Verlaine qui buvait d’la fée verte comme lors estoit nommée l’absinthe.

9.
Si j’écris l’expression « cantatrice chauve » en allongeant le i de façon audible et en fermant fort le o de chauve (que j’allonge itou et dote d’un circonflexe), j’obtiens un grotesque « cantatriiiiiiice chôve » assez expressif pour m’amuser.

10.
On trouve dans « Sagesse », de Verlaine, ces vers si chantants : 

« Aussi bien j’écoute
Des sons d’autrefois.
Vipère des bois,
Encor sur ma route ? »

Un épisode de « L’Epervier » passe sur la chaîne « Action ». Elle est bien jolie, Marion. Y a du cataclop cataclop et du rapace nocturne.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 juillet 2022.

7 novembre 2021

MONDIALISATION TÊTE D'OIGNON

MONDIALISATION TÊTE D’OIGNON

1.
« Par les carreaux glacés, hélas ! mornes encor
L’aurore se jeta sur la lampe angélique »
(Mallarmé, « Don du poème »)

Par les si vous avez quelque chose à dire par
Les carreaux t’es te voilà bien pipé par les
Carreaux il venait de finir sa bière
Glacés car il faisait froid dans le dehors où il se trouvait maintenant
Hélas ! Tics et tocs divers lui retoquaient toutes ses tactiques
Mornes murs, mornes mines des quidams ; il se sentait muet
Encor et à cris (en lui, cette danse de sauvage).

L’aurore ange (qui a volé qui a volé qui a volé l’orange, l’orange du)
Se jeu t’as du bol, coco, t’y es ! Se
Jeta de secrets et pas bien mirifiques
Sur citron et amande amère
La mer si hier je suis allé voir la mer elle est toujours à la même place et la cantatrice chauve aussi
Lampe ah nous voilà très éclairés
Angélique je me disais bien qu’il y aurait un problème avec cette histoire d’ange là #CéDeSoulier

2.
« Claire fontaine où rossignole
Un rossignol jamais lassé »
(Nérée Beauchemin)

Claire de rien fait comme elle l’entend
Fontaine gniak gniak c’est une tenace…
Où loup ? Berlue !
Rossignole donc du coup vous hallucinez !
Un rossignol, c’est un livre invendu picon #bière qu’on vendra plus un
Rossignol elle vous rengaine sur les nerfs s’te chanson
Jamais thon ça à la poubelle du monde ne peut offrir que ce qu’elle a
Lassé on est pis de soulier comme de bien entendu.

3.
« L’existence de l’énergie noire est nécessaire pour expliquer diverses observations astrophysiques, notamment l’accélération de l’expansion de l’univers détectée au tournant du XXIème siècle. »
(Wikipédia, article « Energie noire »)

L’existence ce monde est bien étrange
De l’énergie à revendre les bipèdes, hyperactifs qu’ils sont, s’arrêtent jamais
L’énergie ah ça z’en ont les z’hommes zé les femmes zaussi
Noire pourtant est la perspective qu’on nous dit elle
Est bien noire, la futurance, avec tout ça qui s’réchauffe et tous ceux-là qui s’multiplient
Nécessaire me direz-vous, c’est là le sort de l’Humanité, et puis les si technologiques Américains nous sortiront de là, vous verrez
Pour voir on va voir s’qu’on va voir mais peut-être pas longtemps
Expliquer faut expliquer disent pédagogues et politiques de tout poil (à frire)
Diverses sont les nations en ce monde si diverses qu’il faut être naïf comme un marcheur ou quelque promeneur solitaire pour croire que l’on pourrait sans ni sang ni sueur ni larmes unifier tout ça. Mondialisation, tête d’oignon.
Observations… Le monde, ce sont des yeux des yeux des yeux et toujours plus d’yeux
Astrophysiques équations oh heureux ceux qui vous hantent sans voir passer les
Notamment heures heures heures politiques et tocs (toc qui c’est-y qui cogne ?)
L’accélération de tout not’ fourbi communicationnel pour parler la langue des allumés du design pédagogique voyez comme
De l’expansion universelle elle semble mimer le mouvement
L’expansion (me demande bien dans quoi)
De la vitesse à laquelle galope le cheval Univers car
L’Univers est un cheval, n’en doutez pas, à la crinière d’étoiles, ébrouant des bolides dans la prairie noire où
Détectée ils l’ont les hommes de l’art de comprendre les choses obscures
Au moins ça console de voir qu’il n’y a pas que des animateurs télés et des politiques corrompus en ce monde
Tournant si mal que
Du monde moi je me moque
XXIème fois que je vous le dis, ce
Siècle à venir je m’en bats les. #Brosse

Patrice Houzeau
Malo, le 7 novembre 2021.

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