Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

BREFS ET AUTRES

Publicité
29 avril 2020

ICI LES CONFINS LES CONFINES PARLENT AUX AUTRES

ICI LES CONFINS LES CONFINES PARLENT AUX AUTRES

1. Pis comment qu'on s'en sort qu'on va finir par donner sa langue au pangolin comme on disait en 2020 avant qu'on se rende compte que mais c'était trop tard.

2. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : Les premiers de cordée sont tombés sur le pangolin – Mascarade en Macronie n'est pas notre projet - Personne ne ment puisqu'on vous le dit – La machine vomit des fantômes – Je répète : La machine vomit des fantômes - Félicie aussi.

3. Bon faut qu'je leur donne du boulot à distance aux apprenants en situation de confinement passque les politiques ça fait des années qu'ils dépensent nos impôts en réformes à se faire jeter les contribuables par la fenêtre et donc : En une vingtaine de lignes, vous expliquerez en quoi l'expérience du confinement a enrichi, ou pas, votre perception de l'autre et a, ou non, changé votre regard sur le monde.

4. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : - Est-ce vraiment la vérité qu'on nous ment – Ma tante dit que c'est la peste mais mon oncle penche plutôt pour le choléra – Tous ceux qui ne portent pas de masques seront démasqués – Je ne prendrai pas de nouilles avec mon pangolin.

5. Est-il vrai que Godzilla va prochainement être remplacé par Pangola ? Faudra que j'demande à Blanquer, lui qui sait tout, j'suis sûr, i saura me renseigner.

6. Ai entendu à la radio que Jean-Michel Blanquer (fonctionnaire modèle) n'excluait pas l'idée d'une réouverture des lycées non pas en juin mais en septembre. Ah tiens il prend les devants. C'est-y pas qu'il commencerait à se rendre compte qu'on lui dit pas tout ?

7. Le matin à la radio y a une espèce de sociologue qui explique à nous autres pauvres crétins qu'nous sommes, le bien fondé des gouvernemances là. Aujourd'hui le prédicologue nous a conté que Macron s'rait tantôt jacobin pis aussi girondin qu'à mon avis l'est plutôt dans l'pétrin.

8. Je ne suis pas tellement choqué que le gouvernement gouvernât à vue ; n'ayant pas vu venir le virus, sont bien obligés de se démerder comme ils peuvent. Les autres génies d'la chose publique d'opposition ne feraient pas mieux. Mais quand même, quelle bande de.

9. Les politiques, ces niais qui comptent sur la bienveillance, la patience, la bonne volonté et la crédulité des Français et qui s'étonnent ensuite de se prendre des gamelles aux élections.

10. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : La réforme est dans la choucroute – Le café-croissant au bar du coin n'est pas pour demain – Le petit Manu énerve le grand Edouard – Ne donnez pas vos sous, vous en aurez besoin – Quand on marche à reculons, on finit par se faire enquiquiner.

11. Alors mon lit m'appela : « Tu viens t'coucher ou quoi ? ». J'écrasai quelques gouvernements dans mon cendrier, finis mon verre d'amère ironie et allai rejoindre mon repose-couenne à caboche.

Patrice Houzeau,
Les Confins, le 29 avril 2020.

 

 

Publicité
28 avril 2020

DES FOIS QU'IL Y EN AURAIT UNE DEUXIEME

DES FOIS QU'IL Y EN AURAIT UNE DEUXIEME

1. Macron, il a l'mauvais œil, c't'homme là. Ça doit dater de Hollande. Il a dû voir la félonie, le bon François, qu'il a dû demander à Stéphane Le Foll (alors ministre de l'agriculture) de lui dénicher quelque jeteur de sort de la France profonde et donc Abracadabenalla, le Jaune est sur toi! Dicunt Blanquerum Maledictum et Coronavira youp la boum !

2. Faut se souvenir qu'en 2017, Fillon collectionnait les casseroles, Le Pen et Mélenchon faisaient peur, Benoît Hamon faisait rire, les cocos étaient sur les roses, les écolos dans les choux ; restait plus que Macron qu'avait l'air plus... qu'avait l'air moins... qu'en fin de compte l'est tout aussi nul que les autres n'importe qui.

3. Quand je pense aux élections présidentielles de 2017, il m'arrive de penser « Quel cirque ! ». D'ailleurs, ce sont les clowns qui ont gagné. Ceci dit, les autres augustes n'ont pas démérité du grotesque de la situation.

4. Un « exemplar vitiis imitabile » (« un modèle imitable, au moins en ses défauts » précise Schopenhauer, citant Horace). Que faisons-nous réellement passer ? Serait-il qu'enseigner soit autant en rapport avec les défauts qui nous constituent, et que nous illustrons avec une belle constance, qu'avec la maîtrise d'un savoir faire ?

5. La première pandémie du covid-19 (je dis « première » défois qu'il y en aurait une deuxième) nous aura définitivement fait basculer dans le monde des machines, du télétravail, de la visioconférence, de la connexion obligatoire. Le XXIème siècle commence avec les virus.

6. Qu'on se l'avoue ou non, la pandémie du covid-19 transforme pour un temps nos sociétés libérales en démocraties de pure forme et l'on sent bien chez certains politiques la tentation de soumettre dorénavant toutes nos libertés individuelles au jugement des expertises.
Note : j'allais écrire, « sinon des gourous », mais je me suis dit que là je poussais le bouchon un peu loin.

7. La morale tend à faire de tous chacun d'entre nous. Cette réflexion m'accable. Elle porte son poids de croix, de responsabilité, de devoir envers les humains, d'anonymat, de dissolution de soi dans la grande fratrie universelle à laquelle je ne crois pas plus qu'au Père Noël.

8. « Dix Petits Nègres » prouve qu'il a fallu à Agatha Christie une lucidité hors du commun pour deviner chez ses contemporains les crimes qu'ils ont sans doute commis ou qu'ils auraient sans doute pu commettre.

9. Je souris en pensant à ceux qui considéraient que la France de 2017 n'était qu'une « démocrature ». Que doivent-ils penser maintenant que nous quittons peu à peu notre société libérale tempérée pour un dirigisme légitimé par l'intérêt public et tendant à soumettre chacun de nos gestes à l'approbation des autorités et au bon vouloir des fonctionnaires zélés ?

10. Je le vois bien : la peur s'est emparée des esprits et chacun de se culpabiliser à l'idée que ne pas observer les règles sanitaires équivaut à se faire complice de l'invisible qui tue.

11. Nous serons bientôt masqués, testés, tracés peut-être, soumis aux impératifs sanitaires. Le premier ministre, ce 28 avril 2020, n'a guère semblé optimiste. « Nous allons devoir apprendre à vivre avec ce virus » : autrement dit, il faut dès maintenant accepter la restriction de nos libertés.

12. Tiens, un sujet possible pour un bac d'on ne sait quand : « Dans quelle mesure un impératif sanitaire peut-il être assimilé à un impératif catégorique ? »

Patrice Houzeau
Les Confins, le 28 avril 2020.

28 avril 2020

JE M'APERÇOIS DU PAS TERRIBLE D'L'AUJOURD'HUI

JE M'APERÇOIS DU PAS TERRIBLE D'L'AUJOURD'HUI

1. Si l'on fait tourner les tables de multiplication, est-ce que les esprits répondants en seront plus nombreux pour autant ?

2. En démocratie, l'esprit des lois est une hantise nécessaire.

3. Je m'aperçois aujourd'hui et je me demande s'il va ressembler à hier.

4. « Les yeux à l'autre bout de la rue, elle continua »
     
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie)
      
Et du coup, elle se cogna.

5. En avril 2020, on disait que les Français avaient l'impression qu'on leur avait menti. Henri Weber mourut du coronavirus. On disait qu'en ce qui concernait la réouverture des établissements scolaires à partir du 11 mai, « la responsabilité n'était pas anecdotique ».

6. Du souci dans l'affectif, besoins d'argent, qu'on croit plus aux miracles qu'le monde c'est d'l'hostile latent qu'attend juste son moment pour nous attraper à la qu'on l'remâche ça qu'on r'tombe qu'on r'chute dans sa chute puisqu'on chute qu'on s'dit.

7. « Aussi, veut-on savoir si un homme parle d'après ce qu'il sait ou d'après ce qu'il désire ? Il ne faut pas s'en remettre au témoignage de sa conscience à lui : c'est à son intérêt que d'ordinaire il faut regarder. »
(Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « Le Fondement de la morale »)

L'intérêt fait sincérité.

8. Je suis parfois épaté de l'émerveillement exprimé par ces observateurs plus ou moins professionnels des étoiles et qui tiennent tant à nous faire part de la beauté de la chose. Il m'arrive de douter de leur sincérité. Pour ma part, une ou deux minutes de cette contemplation sidérale me suffisent. Je crois qu'en fait, je m'en fous.

9. C'est une partie de jeu de go, le but étant de donner au covid le moins de territoires possibles cependant que l'on sait qu'il s'infiltre, empoisonne notre temps et nos espaces.

10. Ce n'est pas au virus qu'il faut en vouloir, ce n'est pas au virus qu'il ne faut pas pardonner, c'est aux politiques qui ont abandonné la recherche et le secteur de la santé au profit de réformes ineptes et du cirage des bottes des « premiers de cordée » si utiles en période électorale.

11. Ah ça y est, avec le covid pis la crise, France Inter nous fait le coup d'la « méditation de pleine conscience ». C'est ça, méditez, méditez, mes doux agneaux, ça vous évitera de contester, pis aussi de manifester.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 28 avril 2020.

 

27 avril 2020

UN PEU DE TOUT BEAUCOUP DE RIEN

UN PEU DE TOUT BEAUCOUP DE RIEN

1. La jeune femme qui m'a appelé Je m'en réjouis mais c'était plein d'pressentiments J'avais l'impression si je dormais ou si j'étais comme d'habitude dans ces confins là les autres les appels le réel.

2. Sur ce qui s'était passé pendant la semaine Comment lui aurais-je expliqué Le temps qui court Les choses n'iraient pas très bien si J'ai pensé je ne vais pas très Sur ce qui s'était passé Comment lui aurais-je expliqué.

3. Si vous toussez si vous avez de la fièvre si vous postillonnez si vous ne portez pas de masque si vous fumez si vous buvez si vous n'avez pas votre attestation si vous parlez trop fort si vous sentez que ou si vous ne sentez plus rien du tout c'est peut-être que le réel à tête d'Ubuvirus vous traque rattrape pour vous flanquer à la trappe.

4. Sur l'épaule de ma sœur mais je n'ai pas de sœur pensai-je en me Cette remarque ne devait pas l'adoucir Elle me tourna le dos Mais il ne m'arrivait plus de penser à Voyant les autres Puis nous dînâmes, ensuite nous dansâmes c'était dans une vieille traduction.

5. L'inéluctabilité de toute action suffisamment motivée oblige le social à inventer toujours plus de motifs pour nourrir la production en série d'actions toujours plus normalisées, utiles, contrôlées.

6. La massification de l'enseignement supérieur n'est qu'un toujours plus que l'on fait passer pour un toujours mieux. De ce toujours plus, certains font leurs choux gras, et cela aux dépens de beaucoup d'autres que l'on flatte par des promesses de diplômes aux titres ronflants.

7. « Nous songions tous les deux, et tu me regardais. »
     
(Victor Hugo)
     
J'ai fait un geste, je voulais te dissiper,
     
Ombre, fumée, reflet de moi-même le spectre,
     
J'ai fait un geste, pis c'est moi qu'a disparu.

8. C'est la répétition qui fait l'apprentissage, et ce n'est pas en faisant un peu de tout et beaucoup de rien qu'on va leur apprendre un métier.

9. Défois, à force de varier, on finit par avarier. Le trop d'machins à étudier, ça la rend indigeste, l'apprenance là, qu'à force on finit par bienveiller des sottises pis qu'le formatif il en est tout bizarre le camembert, impropre à la consommation.

10. « Sommes-nous prêts à être surveillés via nos smartphones ? » J'entends cette question posée sur France Inter. Le journaliste donne lui-même la réponse : c'est oui, évidemment oui, puisque ça fait un bout d'temps maint'nant que l'électronique a des yeux pour mieux te voir, mon enfant.

11. Alors j'ai enlevé mes ch'veux
      
Alors j'ai enlevé mon nez
      
Et puis mes oreilles et mes yeux
      
Pis mes dents ma langue ma bouche
      
Du coup ah qu'c'est ballot
      
J'ai pas pu crier Coucou c'est moi que v'là.

12. Forcément qu'il y a des « si », et beaucoup même hein des « si », et bien sûr, c'est sans condition.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 27 avril 2020.

27 avril 2020

QUAND MEME L'HUMANITE HEIN L'HUMANITE

QUAND MEME L'HUMANITE HEIN L'HUMANITE

1. Elle m'a téléphoné pour me dire qu'elle avait rêvé que j'étais mort mais qu'apparemment j'étais réincarné en basset (et plus très jeune en plus). Moi en « Jean-Saucisse » ? Bah, c'est plutôt lucide.

2. Satire et dérision ne sont qu'exercices de style ; on ne les prend guère au sérieux, bien que. De toutes ces moqueries stylisées, il reste tout de même l'idée qu'il vaut mieux se dépêcher d'en rire plutôt que d'avoir à regretter d'avoir voté pour des gens qui ne sont pas tellement mieux que nous et qui, fatalement, nous déçoivent.

3. Je me demande si Blanquer sera encore ministre à la rentrée de septembre 2020. Le bon sens voudrait que non et que sa réforme (ah le chef d’œuvre dis) soit reléguée aux sottises à oublier mais bon sens et macronisme ne semblent pas toujours faire bon ménage.

4. Honnêtement, parce que je suis de droite, je ne peux être que contre Macron et tout aussi honnêtement, parce que je suis de gauche, je ne peux être que contre Macron.

5. Je souris déjà au discours des inspecteurs d'académie qui, il y a quelques semaines encore, louaient les avancées de la réforme Blanquer et qui bientôt loueront les avancées de la réforme Tartempion bien meilleure (puisqu'on vous l'dit) et qui marque une véritable rupture avec l'touci-touça d'avant.

6. L'éducation nationale, des fois, c'est comme dans certains restaurants, on vous refile de la daube, mais avec un sourire tout ce qu'il y a de plus bienveillant, l'essentiel étant que vous payiez vos impôts.

7. Plus j'avance, plus je me radicalise que j'crois bien que j'vas finir squelette.

8. Parfois, je me dis quelle espérance, quand même l'humanité, mais bon les mots naufrage et sabordage viennent aussitôt me rappeler que je suis ce que je suis qu'c'est pas grand chose mais qu'c'est quand même moi vivant.

9. J'écris pour me faire rire, parce que franchement si j'attends les autres pour, j'ai pas fini d'pleurer.

10. J'aurais aimé être un génie, ça me consolerait d'être moi et d'me dire tous les jours Putain, Houzeau, t'es vraiment trop con.

11. A force d'être confiné tout seul, j'vais finir par me hashtaguer moi-même sur Twitter passqu'après tout j'vaux bien les aut's andouilles là.

12. Ai entendu sur France Inter qu'à l'avenir, le judo aurait un « rôle à jouer », « le respect des distances euh... » (sic). Ai éclaté de rire. La bienveillance, c'est vraiment pas pour moi.

13. On ne devrait pas écrire « A force d'être utiles, ils vont finir squelettes » non c'est pas bien on ne devrait pas écrire ça c'est vraiment pas bien franchement Houzeau c'est pas bien hein.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 27 avril 2020.

 

 

 

 

Publicité
27 avril 2020

SOCIAL L'ANIMAL AH FATALITAS

SOCIAL L'ANIMAL AH FATALITAS

1. « Or pour l'homme, cela seul est réel, qui est objet d'expérience, ou qui pourrait, à ce qu'on suppose, le devenir à l'occasion. » (Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « Le Fondement de la morale »)
L'humain expérimente l'humain. A l'infini dis c'te travail pis le pire, aussi le meilleur. Sinon, animal ordinaire l'humain, bête apprenante. Et bien sûr, cette acharnée expérimentation transcende et de loin la bienveillance très niaise du pédagogisme à la mode.
Note : A cet égard, le « à l'occasion » de la traduction est délicieux.

2. « La nature reprend ses droits » ; « la vie reprend ses droits » : fichaises : il n'y a pas de droit naturel. Accorder des droits à on ne sait quelle « vie naturelle », c'est reconnaître le droit à la tout aussi naturelle mort de nous annihiler comme elle l'entend. La mort n'a aucun droit sur nous. Nature, vie et mort ne sont que des faits régis non par les lois, mais par les principes de la physique.

3. Parce que l'humain est un animal social, il est fatalement dangereux et nécessairement solidaire.

4. « Maintenant, pour aller au fond, cette idée de « fin en soi » soulève la même objection que celle du « devoir absolu » : une même pensée cachée, bien plus inconsciente, se trouve sous l'une et l'autre : c'est la pensée théologique. »
(Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « Le Fondement de la morale »)
Le dieu caché dans l'en-soi. On ne s'étonnera pas après de la dimension chrétienne de gauche du pédagogisme : bienveillance, universalisme des valeurs, enseignement d'on ne sait quelle « morale citoyenne », mise en place d'une propagande multiculturaliste, déni du droit à l'indifférence.

5. Il n'y a pas très loin entre reconnaître l'autre comme une fin en soi et « tendre l'autre joue » : c'est ainsi qu'on finit crucifié. L'autre n'est jamais une fin en soi, il n'est qu'un horizon des possibles relatifs, une suite de faits dont je suis, quoi qu'il m'en coûte, seul juge.

6. Nous vivons en ponces pilates et raisonnons comme des disciples du crucifié : en période de crise, nous nous émerveillons de chaque acte de solidarité comme d'une preuve de la capacité de l'humain à se dépasser et nous refusons de prendre en compte l'inconséquence universelle et le surnombre.

7. Je me demande si la devise cachée de l'éducation nationale ne serait pas des fois « Heureux les affligés, car ils seront consolés » par des pédagogues bienveillants et des diplômes sans valeur.

8. Serons-nous bientôt obligés de quitter le monde de nos libertés individuelles pour rentrer dans un monde régi par les experts, les politiques et les communiquants ? Il ne nous resterait plus alors qu'à devenir les citoyens consentants d'une technocratie d'autant plus dangereuse qu'elle se prétend bienveillante.

9. Qui peut penser sérieusement qu'un gouvernement de gauche renonçât longtemps aux ventes d'armes, au tourisme de masse, à l'industrie du luxe, aux petits arrangements avec les nécessaires paradis fiscaux ?

10. S'imaginer que l'accès de tous à une culture conforme aux principes de l'humanisme le plus en vue rendrait nos concitoyens meilleurs qu'ils le sont, est aussi naïf que de s'imaginer que le monde est divisé en deux camps : celui des gens éduqués et donc forcément bienveillants et celui des soi-disant « incultes » et qui fatalitas ! ne pourraient donc que se comporter comme des brutes.

11. Qu'il est naïf celui qui s'imagine que le migrant parce qu'il est ingénieur ou avocat n'aurait pas jadis collaboré avec une entreprise terroriste.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 27 avril 2020.

 

 

 

 

 

 

26 avril 2020

ZEBULON POLLUX ET LA DEUXIEME VAGUE

ZEBULON POLLUX ET LA DEUXIEME VAGUE

1. J'apprends par France Inter que Michel Onfray a récemment contracté la dengue même qu'on l'a diagnostiqué coronaviré oh la la déjà qu'il faisait de la philosophie y en a quand même i sont marqués hein.

2. Pour justifier la fermeture des établissements scolaires, on a tellement raconté que c'était par les enfants qu'il passait, le vilain virus bouh qu'il est méchant que maintenant bon courage pour convaincre les parents de les renvoyer dans les bahuts, les élèves.

3. J'apprends par France Inter que les experts ne sont pas d'accord sur la probabilité d'une deuxième vague du virus. Je commence à avoir l'impression qu'il y a autant d'avis sur le covid-19 qu'il y a d'experts. Bon, faut demander son avis à Blanquer afin de faire le contraire de ce qu'il préconise. A mon avis, ça devrait l'faire.

4.  Un collègue m'a confié qu'à son avis l'éducation nationale telle que nous la connaissons ne survivrait pas à la pandémie. L'éducation nationale, je ne sais pas. Par contre, la crédibilité de Blanquer, déjà pas bien portante (because très sotte réforme), sûr qu'avec le covid, la v'là enterrée.

5. En avril 2020, on se demandait si la nicotine ne protégeait pas une partie des fumeurs de l'étrange infection venue d'ailleurs appelée covid-19. Me suis demandé en m'serinant du Gainsbourg si dieu était un fumeur de havanes et me suis rappelé que c'était une idée qui courait dans l'opinion avant même qu'on soit confiné.

6. Me suis rappelé qu'avant le confinement, alors que j'allais prendre ma pause cigarette, (j'allais DEHORS, tu te rends compte!) des collègues m'ont dit qu'ils avaient entendu dire que les fumeurs étaient parfois moins gravement atteints par le coronavirus que les autres, au grand dam d'une autre bien pensante qui s'est écriée qu'elle ne voyait vraiment pas pourquoi. J'ai eu beau lui faire remarquer que la nature était pleine de mystères qui nous dépassaient, l'a pas eu l'air convaincue.

7. Lors l'expert Zébulon (il a du ressort) s'écria Tournicotine-tourniquota et le président Pollux prit son meilleur accent anglais (l'est réputé pour, l'animal) et déclara « Alors là je ne comprlends plus du touw, du touw, du touw ! ».

8. Non, Monsieur Houzeau, je ne pense pas que, en ce qui concerne le lancement de notre dernière marque de cigarette, un logo en forme de pangolin fumeur soit vraiment une bonne idée. Une chauve-souris non plus d'ailleurs.

9. Au début du confinement (17 mars), il était de bon ton de critiquer la Suède (à ma connaissance, le seul pays d'Europe à n'avoir pas rendu le confinement obligatoire) et puis, le 26 avril, on cherche des explications au fait que, pour l'instant en Suède, il y a nettement moins de morts que prévu.

10. En avril 2020, on se posait bien des questions sur l'organisation du retour en classe prévu pour le 11 mai (problème des transports scolaires, des cantines, des masques...). Me suis rappelé que lors de son allocution du lundi de Pâques, Macron nous avait parlé comme s'il était comme nous.

11. A l'annonce d'une éventuelle deuxième vague d'épidémie covidienne, j'ai pensé que le truc avec les jeux d'andouille c'est qu'en général quand ça commence y a pas d'raison qu'ça s'arrête.

12. En tout cas, au grand prix international Pinocchio 2020, va y avoir pléthore de nominés. Je propose l'attribution d'un Pangolin d'honneur aux virtuoses du tour de passe-passe intitulé « Y avait des masques et y en a plus ».

13. A force de «simples réévaluations doctrinales » (c'est ça qu'il a dit, l'autre), vous verrez qu'à l'avenir, on va finir par diviser la France en zones de confinement/déconfinement » et qu'ça va remplacer les zones de vacances scolaires moi j'vous dis.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 26 avril 2020. 

26 avril 2020

DE MAUVAIS GOÛT ET ALORS

DE MAUVAIS GOÛT ET ALORS

1. Démarquant Henri Rochefort (ou est-ce Jean Richepin?) et son doigt de dieu auquel on ne peut que croire quand on voit la façon dont il se l'est mis dans l’œil, je dirai que la main invisible du marché, on ne peut qu'y souscrire quand on voit comment certains se la sont prise dans la figure.

2. C'est alors qu'il se mit à pleuvoir à tomber
    
Tomber chuter dracher tremper flaquer flotter
     Que tout sembla tourner à la pâte à papier
    
Béchamel porridge et trop cuits macaronis.

3. Quand nous parlons, quand nous toussons,
   
Ce sont les petits postillons
   
Qui font que nous contaminons
   
Marion et Margoton Léon
   
Raymond et son accordéon
   
Jeanneton et tous ses moutons
   
Grand concombre et p'tits cornichons
   
Ah qu'c'est ballot et vraiment trop...

   Mettons, mettons les masqueuh
   
Les masques à Macron
   
Valsons, valsons la valseuh
   
Du coronaviron.

 4. C'est alors qu'il se mit à manger à bâfrer
     
Bâfrer bouffer gober brouter grailler manger
     
Qu'il se mit à gonfler à s'montgolfiériser
     
Et pis alors et pis alors il éclata.

5. « Des cons, peut-être, je sais pas, mais en tout cas, finement, finement surtout, sinon vous allez voir que ça va encore êt' de not' faute. » (propos officieux d'un membre du gouvernement provisoire)

6. Quand il vit leurs mâchoires s'allonger et que leurs hennissements se firent de plus en plus longs dans des phrases de plus en plus courtes, Johnny Tartempion se dit qu'en ce moment il valait mieux éviter les boucheries chevalines.

7. Vous voilà tout paumé dans c'te grande vallée,
    
Et même que la mer qui n's'arrête jamais,
    
A s'rit de vous, la mer, se gondole, et la sort,
    
Sa baveuse et d'un coup vous v'là noyé tout mort.

8. Et alors il se mit à nier à mentir
    
Mentir tromper masquer leurrer gruger piper
    
Et comme il était au gouvernement, il chut
    
Sul'cul quand des élections ce fut le moment.

9. Défois la nuit on croit qu'on dort pis on s'réveille et on croit qu'on vit qu'elle me dit Zut en changeant sa tête de ch'val du matin pour sa tête de bien réelle défois qu'on y croirait plus.

10. Si vous toussez, si vous avez de la fièvre,
      
C'est peut-être que vous êtes mourant,
      
N'oubliez pas de faire votre testament
      
Et de fermer le gaz en sortant.

       Mettons, mettons les masqueuh
      
Les masques à Macron
      
Valsons, valsons la valseuh
      
Du coronaviron.

11. Moi c'que j'aime dans l'confinement c'est qu'des gens j'en vois plus tell'ment qu'elle me dit Zut en ôtant le masque à fantôme qu'elle a toujours quand elle revient d'chez les vivants.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 26 avril 2020

25 avril 2020

LE VIRUS L'ANODIN ET AUTRES QUE J'ME DISAIS BIEN AUSSI

LE VIRUS L'ANODIN ET AUTRES QUE J'ME DISAIS BIEN AUSSI

1. En avril 2020, le premier ministre dit que la vie après le déconfinement du 11 mai ne serait pas exactement la même que celle d'avant qu'on soit presque tous à tourner en rond en écoutant tout scontradictoire là dans les informations j'avais du mal à m'concentrer sur la télé.

2. J'avais du mal à trouver si drôle que ça la plupart des comédies J'ai bien ri pourtant en revoyant « La Septième Compagnie au clair de lune » Le virus était dans l'air et le temps empoisonné.

3. A la radio j'entends que l'on a préféré l'endettement à la faillite, me suis demandé de combien de faillites serait payé cet endettement, me suis haussé les épaules pouvait-on faire autrement ? Sur la couverture de l'Obs on voyait Macron masqué.

4. A la radio j'entends personne ne sait si les avions recommenceront à voler j'ai pensé à Comme un avion sans ailes de Charlélie Couture On disait que l'immunologiste Anthony Fauci n'hésitait pas à contredire Donald Trump j'ai pensé que Donald était un prénom propice aux couacs.

5. Le 19 avril 2020, à Tel-Aviv, manifestation de plus de 2000 personnes dit-on avec distanciation sociale et masques je me suis dit qu'en France il y aurait bientôt des manifestations un peu partout que ça remplacerait les festivals annulés peut-être j'me goure.

6. Depuis que je me suis remis à écrire, je ne me souviens plus de mes rêves. C'est comme si l'écriture me tenait lieu d'imaginaire. A moins que tantôt, dans le désert de ma tête, un lancier surgisse et me foudroie.

7. En avril 2020, on disait que bon nombre de distributeurs de billets gérés par La Poste ne fonctionnaient pas On disait aussi que le métier de politique était très difficile je me suis dit que plongeur soudeur c'était aussi un métier très difficile.

8. En 2020, j'ai pensé que j'avais très souvent vécu avec des chats, des chiens et maintenant que me v'là tout seul du coup je regarde le cirque politique petits êtres savants faisant leur tour de piste jadis j'aimais bien Le Plus Grand Cabaret du Monde de Patrick Sébastien.

9. Je me suis dit que si l'on ne s'intéresse pas à l'Histoire, tôt ou tard, l'Histoire s''intéresse à nous. En général, on remplace le mot Histoire par le mot politique. Je me demande qui a dit ça mais je ne cherche pas je vais faire des courses en avril 2020 ce n'est plus une occupation si anodine.

10. Je me souviens avoir dit à un collègue que j'aurais aimé être laconique et mystérieux façon guerrier d'un Nord ancien alors que je suis bavard comme une pie latine. Je regrette que mon métier me donne tant de choses et autres à dire mais sans lui, je ne parlerais plus qu'à mon ombre.

11. En avril 2020, on dit que l'armée française a acheté de la chloroquine en Chine qu'on se dit c'est bizarre qu'on dit pourtant qu'la chloroquine contre le covid c'est pas probant qu'on pédale dans l'étrange qu'on mirage dans la choucroute qu'on s'hallucine du ministère qu'ça doit être si, en cas de, on verra bien.

12. En avril 2020, on parle de morts subites et solitaires au Japon. Dans l'Obs, François Forestier évoque avec talent le « Touchez pas au grisbi » de Jacques Becker (1954). Sur France Inter ulule la hulotte grand yeux noirs, grands yeux jaunes le hibou tout est plein d'yeux autant que de trous.

13. Ils ont continué à y vivre, à garder le pays, sans rien y changer puis ils disparurent et d'autres sont venus, barons d'un lointain souverain qui ne se préoccupe plus depuis longtemps du sang dans les murs, ni des âmes mortes dans les pièces.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 25 avril 2020.



25 avril 2020

AH DIS COMMENT QU'ON S'IMAGINAIT

AH DIS COMMENT QU'ON S'IMAGINAIT

1. Pas besoin de continuer, il avait pigé qu'la récidive était certaine, du coup hein que tant va la cruche à l'eau... C'est cinglé et pourtant pas beaucoup d'doute, qu'on y est dans l'serial, le perdurant, la crise en continu, l'inéluctable à nédboeu.

2. Fin 2019, on évoquait une « gauche de la gauche marginale » pis hyperactive (gilets jaunes black block and co) Mario Draghi on le surnommait « Super Mario » en raison du « whatever it takes » qu'il a dit que j'lis on publiait des photos de Marie Laforêt, je me disais qu'elle était jolie elle venait de nous quitter.

3. En 2020, on se demandait combien il y aurait de morts, puis combien de faillites, puis si on pourrait partir en vacances (pas moi je ne vais jamais nulle part).

4. Fin 2019, on parlait de Nasrin Sotoudeh incarcérée en Iran depuis 2018 et des manifestants devant l'ambassade d'Iran réclamaient la libération de l'avocate C'est aussi l'année de parution de « La Panthère des neiges » de Sylvain Tesson je ne l'ai pas lu bah tant pis.

5. En 2020, on s'en est bien rendu compte là, que les dirigeants d'la 6ème puissance mondiale étaient incapables de prévoir une épidémie pourtant annoncée et que le nécessaire manquait aux soignants alors qu'on avait gaspillé argent et énergie à des réformes imbéciles.

7. En 2020 j'ai pensé qu'ils avaient vraiment des têtes de, nos politiques et inutile voire dangereuse qu'elle était l'ENA Je ne suis pourtant pas gauchiste mais je n'aime guère les prétentieux du reste je n'aime pas grand monde.

8. En 2019 on parlait de « l'amie mystérieuse de Benalla » et d'un coffre « mystérieusement envolé » J'ai pensé à la soi-disant rupture avec l'ancien monde que Macron nous avait vendue. En 2020 Benjamin Griveaux a fait dans l'acte manqué et s'est pour longtemps ridiculisé.

9. En 2018, nous étions nombreux à nous demander quelle était la nature exacte des relations Benalla-Macron qu'on a soupçonné des mœurs qu'on avait beau se dire non quand même, i persistait le doute.

10. Fin 2019, on rappelait qu'en 1989 ils étaient nombreux les réfugiés est-allemands à demander l'asile politique à l'Ouest En 2017 j'ai eu peur du retour d'une gauche totalitaire je n'ai pourtant pas voté : trop loin trop cher.

11. En 2019 on prospectivait qu'si ça se trouve en 2049 on ne travaillerait quasi plus du tout because robots et intelligence artificielle puis en 2020 le covid-19 nous a rappelé l'importance des livreurs, des caissières et qu'on ne peut pas aimer un robot.

12. A l'heure où j'écris (25 avril 2020) on parle du retour de Strauss-Kahn je me dis on se fout de not' gueule pis que Macron a vraiment trop une tête de premier de la classe alors je me hausse les épaules et j'me dis laisse ce sont vraiment des.

13. En 2020, j'ai dû reprendre un ordinateur j'voulais plus écrire c'est si vain sans talent J'm'entêtais du Baudelaire et des listes de mots saxons j'achetais régulièrement d'la mozzarella pensais à l'absurdité de la réforme Blanquer, buvais du schweppes, du café, du rhum.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 25 avril 2020.







Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité