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BREFS ET AUTRES

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9 mai 2020

ALORS LUI DU GRAND AILLEURS

ALORS LUI DU GRAND AILLEURS

1. Défois qu'on s'souviendrait plus du sens des choses, confiné qu'on s'rait dans la douceur des semaines, à regarder les zoziaux traverser le ciel entre deux averses de souvenirs, défois qu'on s'souviendrait plus s'que c'est que d'être soi.

2. Fugacement effrayé des forces terrifiantes, des corpuscules invisibles qui se balancent dans l'air et vous foudroient, que pouvait-il faire sinon palpiter en palpant du papier, à tenter de se passionner pour des intrigues policières tandis que l'univers continuait son expansion dans le on n'sait quoi et le paradoxe ?

3. Alors Lui du Grand Ailleurs là, tandis qu'il se passionnait pour les enquêtes d'un détective anglo-saxon, il renversa maladroitement sa bouteille d'univers dont le contenu commença à faire tache, à s'étendre et se répandre dans chaque trou de l'invisible.

4. Non, Monsieur Houzeau, je ne crois pas que l'invisible soit constitué d'une infinité de trous dont la somme serait infiniment plus grande que l'invisible lui-même.

5. L'arrêt d'un train en pleine campagne ignorée, et puis une foule parlant une langue inconnue et le rite d'une danse à pulsions, voilà ce dont je me souviens quand je pense (et pourquoi donc y pensé-je?) au film « Un soir, un train » d'André Delvaux.

6. L'espace grouille-t-il de matières organiques ? L'univers est-il le résultat de la décomposition d'un dieu ? C'est ce que vous saurez peut-être en suivant les fantastiques aventures du Cosmos ! A moins qu'un quelconque péquin se pointe avec un pangolin...

7. Je sais qui est Dieu ! Dieu, c'est Pinocchio, et son nez s'allonge, s'allonge à l'infini.

8. Les osses effrités dans l'cosmos, la tête éparpillée dans les comètes, le cœur fondu dans un trou noir, voilà le train fantôme qui traverse l'espace pis qui vous attrape pis qui vous réduit en poussière de poussière. Bon, j'vas m'faire cuire un œuf moi.

9. Défois on se sent obscur, comme une ombre sur un mur la nuit dans une rue déserte. Alors on r'luque la lune, cette pièce de quelques sous commune à tous et puis on va s'coucher, c'est toujours ça de pris.

10. Zut dit que trop c'est trop et hausse les épaules car les gens lui disent toujours que dire que trop c'est trop c'est pas des choses à dire qu'il faut bien faire avec Zut qui hausse les épaules quand elle entend ces choses comme ça qu'les gens lui disent quand elle dit la vérité.

11. Zut quand elle fait flipper, féroce au fouet, pas facile ferronnière, gifleuse, siffleuse, foudre et feule, à la folie qu'elle joue Zut qu'ça vire flan flagada fuite et fiasco fichage de camp tout autour, alors Zut retourne dans ma tête, et tout rentre dans l'ordre normal des choses qui n'ont pas changé.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 9 mai 2020.

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9 mai 2020

GOUTTE A GOUTTE LE TEMPS

GOUTTE A GOUTTE LE TEMPS

1. Les locutions oubliées : Avoir chamaille à partir.
Quel est ce sagouin de chasseur chassant chasser sans son chien qui a chapardé les chaussettes sèches, archisèches de l'Archiduchesse partie acheter des saucisses ? Ah si je le chope, j'aurai bien chamaille à partir avec cet animal.

2. « Prout fit la bouche d'ombre ». (Hémistiche oubliée de Victor Hugo). Ah mais c'est qu'il savait rigoler lui aussi, le grand Totor.

3. - « C'est une chamaillerie ? - Non Sire, c'est une révolution ! »

- « Lors Mélenchon le Chamailleur
    
Dit ce qu'il avait sur le cœur »
    
(« Le Chevalier au Covid »)

- J'entends comme un taratata de trompette ! Oui, c'est ça, c'est la chamaillerie ! Nous sommes sauvés !

- Alors, cha maille ? - Bin non, cha maille pas.

4. Il est possible que la distanciation sociale mette un terme assez définitif à  « La Danse des canards » ainsi qu'à « La Chenille qui redémarre », sans parler de l'immortel « Big Bisou ».

5. « Prout et prout ! répondit alors la bouche d'ombre
      
Magistrale et sonore à décorner Blanquer. »
      
On m'affirme que ces vers sont de Victor Hugo. Je n'y crois guère.

6. Entendu hier un médecin quasi extatique à l'idée que désormais, à chaque attaque de la grippe, à chaque offensive de gastro, à chaque quinte de toux, les Français sortiront masqués. Ah bin, i va être rigolo, l'avenir.

7. Ça commençait à ressembler à de la montre molle. Ça faisait plus tic-tac ; goutte à goutte, le temps ; ça faisait flic-flac, qu'on en finissait plus de déconfir.

8. Comme je suis irrévérencieux, chaque fois que j'entends parler de Philippe Meirieu, je m'caboche « poil aux yeux », c'est qu'aussi je suis à bout d'arguments, poil aux dents.

9. « Les objets bien rangés et la vie toute vide » qu'il a écrit Houellebecq comme si déjà il y a des lustres, il la voyait comme morte, la société d'nous autres qu'le covid nous bouffe.

10. Y en a i zont l'air d'avoir toujours pas compris qu'la politique, même dans une démocratie européenne, est faite d'une infinité de petits, et parfois moins petits, arrangements avec la morale. Ils espèrent qu'on fasse payer les riches, qu'on vende moins d'armes, qu'l'Etat soit plus civico-citoyen. C'est quand même beau à cinquante balais de rêver comme un môme.

11. Avec la réouverture des frontières, je crains moins un retour du virus qu'une fuite des capitaux.

12. « Alors Dieu les bénit , et leur dit : Croissez, et multipliez, et remplissez la terre ». Mais le diable, ayant plus d'un virus dans son sac, et le politique étant plus sot que sot (c'est qu'il a des diplômes), au XXIème siècle, on se retrouva dans une béchamel qu'avait tout l'air de vouloir virer infernale.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 9 mai 2020.

8 mai 2020

MOUCHES ET VINAIGRE

MOUCHES ET VINAIGRE

1. On pourra plus fuir dans l'spatio-temporel
    I sauront tout avec leur logiciel
   
Faits comme des faits divers
   
Faits qu'on s'ra et pis fini d'êt' pépère
   
Dans les rades à boire des bières.

2. J'ai acheté des mouches au marché aux mouches et j'ai pas attrapé d'vinaigre.
  
(Oui, oui, je sais, à force d'écrire n'importe quoi, je finirai n'importe comment.)

3. Clopin-clopant, je cligne de l'œil (s't'un tic) ; au coin du bec j'me cale ma clope pis j'écoute au loin s'moquer les coin-coins, les coin-coins de mon cœur (c'est-y pas lyrique?)

4. C'est cocasse dit le coq loquace que je jacte que je cause
   
Quelle est donc de ce miracle la cause
   
Casse-toi dit l'oie moi aussi j'ai la jactance au bec
   
Casse-toi ou je te cloue le bec
   
J'écris ça pour rien,
   
Pour mon ombre, pour mon chien,
   
Pour mes dix doigts, pour le coq, l'oie et les coin-coins.

5. Et comme dit l'Ogre : « L'Avaleur n'attend pas le nombre des années. »
   
(A mon avis, s'te blague, elle doit être vieille comme une hipokhâgne)

6. Quant un politique casserolé se casse de son rôle, en général i s'enrôle là où y a des sous, des p'tits sous, des gros sous, sinon c'est pas drôle d'assumer les casseroles pendant qu'le reste du gratin continue à la faire chauffer, la carte de crédit.

7. Ar'mue tes pieds, ar'mue tes gambes,
   
T'as du tintsoin entre les tempes,
   
Si tu t'ar'mues nin
   
I viendra t'prindr' le Grand Zinzin
   
Le Grand Zinzin et tous ses zozos
   
Qu't'auras plus un poil sur tes os.

8. Non, Monsieur Houzeau, le canard laqué n'est pas le surnom donné à un personnage de serviteur aussi loquace et vivace que perspicace, et qui aurait sauvé ses maîtres de bien des périls dans un roman du Japon ancien.

9. Comment ça, le tsar-dîne-au-thon ? Vous vous seriez pas gouré défois dans vot' blague idiote, là ? Et pourquoi pas, le tsar-dîne-aux-ors, tant qu'on y est ?

10. Faut pas s'enfer ! dit Lucifer, qu'aimait bien rigoler défois, et Gamygyn d'ajouter : « à ch'val ! ». Lors, la Démonie fut en délire qui s'acheva dans un grand éclat de flammes au moment où le très sévère Amon énonça distinctement « - de- Grâce ».

11. Un fantôme est un être en manque de réel. Bon, je suppose qu'il y a bien des aigus, des pointus, des ardus, et aussi des barbus qui ont philosophiquement énoncé cette idée. Mais comme je viens de me la trouver, étant très inculte, je suis bien content, voilà.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 8 mai 2020.

8 mai 2020

SE DIT-IL CONSTATANT QUE

SE DIT-IL CONSTATANT QUE

1. Entendu sur France Inter ces deux vers d'une auditrice qui me plaisent bien :
« Dans mon bistrot en politique, il y a de grandes résolutions,
   Mais c'est toujours le Tiers-Etat qui paie l'addition. »

2. Sparte n'est plus dans Sparte puisque paraît qu'faut pas s'imaginer qu'ils étaient tous soldats, ces citoyens brutaux d'antan, à s'entraîner d''un bout à l'autre de l'antique, à manier contondances et tranchantes.

3. Cyniska, la frangine au roi Agélisas II de Sparte, avait dit-on des chevaux, des chars, des cheveux ; avait-elle des chiens, des chouettes, des chouchoux, ou même des chcoubidous ? Ça, je n'en sais rien.

4. Quel casse-tête se dit-il constatant qu'elle s'était enfuie sans bruit dans la nuit quel ennui et surtout quel casse-tête se répéta-t-il constatant qu'elle avait emmené son dîner, son nez, ses nénés et sa ch'mise de nuit. Bien fait ! fit ce fichu chat-huant qui se fichait de lui toutes les nuits.

5. Souvent le vent s'avance en rafalant, en giflant, en raflant défois des bouts d'toits, des bouts d'bois Débrouille-toi fit-elle tandis que quel casse-tête qu'il se disait en constatant que le vent rafalant avait raflé je ne sais quoi mais il était bien embêté.

6. Y avait plus d'masques ; maint'nant y en a plein on dit ça on dit ça mais moi j'en sais rien. Quant au virus, i passe, repasse, casse et trépasse Quel casse-tête se dit le ministre, mine sinistre et gants blancs, en constatant qu'les gens étaient de plus en plus méfiants.

7. Ni Fantômette, ni Fantomine, ni Fantôminette, encore moins Fantomate ne sont les noms de la sœur du maître de l'ombre. Non. Non. Non. Sa frangine, à Fantômas, elle s'appelle Lulu Shrapnel , comme tout le monde.

8. Fonctionnaire déficelé ne peut plus fonctionner car les ficelles qui font fonctionner le fonctionnaire ficelé ne sont plus actionnées. Quel casse-tête se dit le marionnettiste constatant que le vent rafalant avait raflé son Pinocchio.

9. Les marionnettistes sont des artistes
   
Les trapézistes sont des artistes
   
Aussi les accordéonistes,
   
Les harpistes, les pianistes
   
Et les guitaristes,
   
Mais moi, je ne suis que moi
   
J'sais pas quoi faire d'mes dix doigts
   
D'mes trois dents et d'mes pieds bêtes comme des oies.

10. Paraît qu'La REM s'fissure, a r'passe moi la confiture, paraît qu'La Rem s'fissure, ça peut faire mal à la gouvernure, tiens t'as vu paraît qu'La Rem s'fissure pis y a une poule sur le mur qui picore du pain dur.

11. Irai-je suer dans un sauna en Suède ?
     
Irai-je zoner chez les zèbres ou les zoulous ?
     
Irai-je m'griser de ouzo en Grèce ?
     
Nenni Ninon Ninonette, j'resterai confiné chez nous.

12. Quand j'étais petit j'montrais mon à tous les passants
     
Quand j'étais pas grand je disais pis que pendreu
     
Quand j'étais petit fallait déjà que j'exagère
     
Quand j'étais pas grand j'étais déjà pas tendreuh
     
Ah la la ah la la ah la la ah la la
     
Mais qu'est-ce qu'on va faire de ce gars-là ?

Patrice Houzeau
Les Confins, le 8 mai 2020.

7 mai 2020

CHRONIQUE DU 7 MAI 2020

CHRONIQUE DU 7 MAI 2020

1. Faut pas lénifier : le confinement a sauvé des vies et provoqué des drames ; le déconfinement relancera l'économie et provoquera des drames. La société attaquée par le covid est la même que sans le covid, mais en pire.

2. Prétendre qu'il n'y a pas eu de tri des malades est un mensonge. Covid ou pas, en cas d'urgence et de saturation, s'ils ne peuvent faire autrement, les soignants procèdent à un tri. C'est la vraie vie. Dire le contraire, c'est lénifier, c'est prendre les Français pour des agneaux.

3. « Demain je vais sortir, je quitterai ma chambre,
      
Je marcherai usé sur un boulevard mort »
(Michel Houellebecq)
Ce n'est pas tout récent, ce qu'il a écrit là, Houellebecq, mais c'est d'aujourd'hui quand même.

4. Lu dans une copie télétravaillée : « Par contre, j'ai pu voir la malhonnêteté de certaines personnes qui vont appeler la police lorsqu'elles vont voir par exemple une famille se promener une petite heure. » Eh oui, il y a toujours de « bons Français tendance collabo ».

5. Les gens savent pas s'mêler de leurs oignons, faut qu'ils regardent sque font les autres et si possible les dénoncer parce que c'est mieux d'êt' du côté d'la police même qu'à mon avis avec la surveillance électronique généralisée solidaro-citoyenne, zont pas fini d'en recevoir des lettres anonymes, les zélés.

6. Ça me fait penser à ce jadis d'une confidence de proviseur : « Vous savez, Monsieur Houzeau, la première chose que j'ai trouvée lors de ma prise de fonction, ce sont des lettres de dénonciation, et ça ne venait pas forcément des parents. » Nos collègues sont merveilleux.

7. Il y aura forcément une volonté de faire de la crise sanitaire que nous traversons une narration, une dramatisation dans laquelle les politiques tenteront de se donner le beau rôle (leur carrière en dépend). On n'a pas fini d'en entendre des semi-vérités.

8. Pourrait y avoir comme un problème avec le traçage des porteurs du virus. Le gouvernement pourrait souhaiter payer les généralistes pour chaque info collectée. La tentation serait grande alors de ne pas demander l'avis du patient. L'autoritarisme médical, ça existe aussi. Apparemment, ça va pas se faire. Mais faut faire gaffe quand même. Sale période.

9. Chacun voyant midi à sa porte, une crise, quelle qu'elle soit, laisse le champ libre à une lutte plus ou moins féroce entre intérêts particuliers. Gardez vos sous, les gens, vous en aurez besoin.

10. Toujours amusant de voir des vedettes fortunées donner des leçons de morale aux autres. Dans le temps, on appelait ça la « gauche-caviar » ; elle existe toujours, et elle est toujours aussi ridicule.

11. Et nous irons danser au bal du rat mort
     
Voir qui c'est-i qu'est mort et qui vit encor.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 7 mai 2020.

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6 mai 2020

CHRONIQUE DU 6 MAI 2020

                        CHRONIQUE DU 6 MAI 2020

1. Le déconfinement progressif fait qu'on se demande de quoi sera fait le post-covid et du coup, c'est le retour des bonnes âmes, du « droit naturel », de la « décroissance », de « l'empathie naturelle », du « care », voire de l'appel à une fatalement sanglante révolution des peuples.

2. J'entends de plus en plus souvent à la radio de beaux esprits évoquer une empathie universelle quasi: petits zéfants zanimos nos ancêtres les velus herbes vaches insectes cétacés qu'on baignerait dans l'empathie naturelle qu'on l'sait pas nous autres, civilisés polluants. Bref, le retour du bon sauvage.

3. La Deuxième Guerre Mondiale prouve à elle seule la sottise de l'idéologie de l'empathie naturelle.

4. Ce n'est pas je ne sais quelle « empathie naturelle » qui explique la solidarité de fait. C'est la nécessité pour les espèces de survivre.

5. On les voit venir, les tenants d'un ordre naturel du monde et  il serait très dangereux d'être fiché non-écolo compatible sous un régime basé sur la solidarité obligatoire en vertu des droits naturels de tous les êtres conscients.

6. Je ne crois pas à l'arrivée au pouvoir du « care » et de l'empathie naturelle. Fort heureusement, les Français qui ont des sous y tiennent, et les autres luttent pour en avoir. Le camp de rééducation écolo-citoyenne n'est pas pour demain.

7. Moi je ne sui pa dacord avec Monsieur Houzo là passque l'empathite cé naturel passque mon oncle Alphonse il en a eu de l'empathite, même qu'il y avé une letre avec, et qe cé une histoire de foi ossi l'empathite.

8. Le post-covid vu par les rouges-verts : J'entends sur France Inter un auditeur prédire une « révolution mondiale » des peuples, un intervenant (un « expert ») affirme qu'on ne redémarrera pas l'économie comme avant, et d'ajouter : « c'est clair et net ». Bon, on en reparlera dans trois mois hein ?

9. Les dirigeants de la planète ont quasiment tous été défaillants dans les débuts de la pandémie : manque de prévoyance, de stocks et de réactivité, discours mensongers, storytelling, propagande, paroles alarmistes, zèle policier, puis promesses qu'ils ne pourront pas tenir (Macron est particulièrement habile à ce jeu de dupe).

10. En ce qui concerne le « nouveau monde » à Macron, je constate que la députée Martine Wonner a été exclue de La REM pour n'avoir pas voté le plan de déconfinement du 28 avril.
Le nouveau monde à Macron ressemble tellement à l'ancien que les mêmes causes produisant les mêmes effets, ça va être difficile pour La REM de rester au pouvoir, à moins que Mélenchon et Marine jouent un rôle de pare-feu en siphonnant les voix des LR et de la gauche classique.
Je ne crois cependant pas à cette deuxième hypothèse. LR et PS ne rejoueront pas la farce des primaires. Si à gauche, pour être franc, je ne vois personne capable de battre Macron, à droite, les talents ne manquent pas.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 6 mai 2020.

6 mai 2020

LE FIN FOND DU COSMOS C'EST-I ICI C'EST-I LA-BAS

LE FIN FOND DU COSMOS C'EST-I ICI C'EST-I LA-BAS

1. Non, Monsieur Houzeau, « Qui ne dit mot consent » n'est pas le surnom d'un personnage muet et malpropre d'un roman de Victor Hugo.

2. On ne sait pas ce qu'on dit quand on dit qu'on s'aime.

3. Je trouve le gouverneman se quil fai cé bien parce que cé pas facile de dirigé les gaulois chamailleurs et le gouverneman fai de son mieu que les autres feraient pas mieu moi je di même que cé celui qui dit qui y est com dit Arthur cé mon oncle (il est mort).

4. A force d'être confiné, on les voit de plus en plus en loin, les autres, de plus en plus si loin, qu'on se dit parfois « Mais qu'est-ce qu'ils me veulent ? »

5. Au fin fond du cosmos : « Et ça fait combien de millénaires maintenant qu'ils sont confinés sur leur planète, les Terriens ? »

6. Je ne sais pas si « la mer bruit comme un animal ». C'est un vers de Houellebecq qui dit ça, que la mer bruit c'est sûr que le réel bruite partout il court le bruit du monde sur ses deux jambes il bruite sans cesse produit du sens qu'ça s'ébruite qu'ça fait du bruit qu'on dit un d'ces bruits dis.

7. Les efforts des médias pour promouvoir des anodineries culturelles en découvertes sont assez constants : écrivains « sensibles » et niais, chanteurs à emphases absconses, « intériorités » qui se « recentrent» (bin tiens). Rien n'est assez gentiment pompeux pour faire cracher gogo et bobo.

8. « Je ne peux faire autrement que d'être authentique » écrivit-il. J'ai pensé qu'il allait nous faire une dépression.

9. Que moi aussi, je fais dans l'authentique : Zut est authentiquement fictive. Elle n'en reflète que plus réellement le pied-de-nez qui m'trotte la musique aussi sûrement que le nez va à la figure.

10. Parfois, il n'y a pas très loin de l'esprit de sérieux à la lettre de dénonciation.

11. Ai revu « Black Book » de Paul Verhoeven (Pays-Bas, 2006). Efficace, rythmé, âpre. Le personnage de Rachel Stein (interprété par Carice van Houten) est intéressant parce que pas si simple. Me suis demandé si le scénario était trop subtil pour ma comprenette ou s'il y avait des incohérences. C'est de toute façon du bon cinéma.

12. « Une idée n'est jamais aussi forte que quand son temps est venu » aurait dit Victor Hugo ou quelque chose dans le genre. En effet, je constate aussi que l'eau n'est jamais aussi chaude que quand elle arrive à ébullition.

13. Zut est triste. Elle me regarde dans son miroir. Elle dit : « Je ne te reconnais plus. » Je crois que Zut va me quitter.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 6 mai 2020.

5 mai 2020

CHRONIQUE CONFINEE DU 4 MAI 2020

CHRONIQUE CONFINEE DU 4 MAI 2020

1. Défois dans la radio y a des gens j'ai envie de les chamaillé parce qu'ils, sauf mon respé, me les et bien menu encor mes il en faut pour tous et meme pour les autres alor je me calme et j'ecris des betises sur Twitter où faut pas exageré si on veut pas se fere virer du superflu.

2. J'apprends que cette année une nouvelle version de Pinocchio (qui devait sortir dans les salles au mois de mars) serait bientôt disponible en DVD. Il est vrai que le nez qui s'allonge va comme un gant au monde actuel, je dirai même comme un masque.

3. Le 4 mai 2020, il commençait à se dire que certains projets du gouvernement étaient vraiment limites en ce qui concernait les libertés individuelles. J'ai pensé qu'en fait nos dirigeants ne savaient plus trop comment faire pour sortir de problèmes qu'ils avaient eux-mêmes posés.

4. Le 4 mai 2020, la CGT Santé et Action sociale dénonça le manque de transparence des autorités. J'ai pensé qu'en effet certains décideurs avaient l'air à peu près aussi sincères qu'une commission de cadres du parti communiste chinois.

5. Fin avril, le Pentagone a déclassifié des videos tournées par l'armée américaine d'ovnis qu'c'est toujours marrant à voir ces trucs là quand ils font vrai. J'ai pensé aussitôt à Jean-Michel Blanquer.
Parce qu'à mon avis, la déclassification de trois videos d'UFOS filmées par la navy, c'est pas un hasard. Zont dû être informés, j'vous dis, ils le savent qu'il est parmi nous, Blanquer, au sein même du gouvernement français. Je m'inquiète.

6. Reçu dans une copie télétravaillée « DCD » pour « décédé ». J'ai pensé qu'il fallait faire attention à la faute de frappe, sinon, ça pourrait donner : « Nous regrettons le nombre élevé de DVD en cette année 2020 qui aura été marquée par une crise sanitaire sans précédent. »

7. Ai vu les 3 premiers épisodes de la série suisse « Helvetica » (Romain Graf, 2019) : thriller politique bien pensé, bien rythmé, bien vu. Du sérieux, du tellement sérieux qu'à mon avis, la France actuelle ne se permettrait plus une telle intelligence des ressorts cachés du pouvoir. Roland Vouilloz y est excellent.

8. Si l'on est quelque peu honnête avec soi-même, on se dit que le confinement et les restrictions provisoires de nos libertés individuelles ne sont rien à côté de l'enfer qu'ont vécu des millions de gens durant la Seconde Guerre Mondiale. Il suffit de regarder un documentaire. Ceci dit, être libre exige aussi de savoir montrer les dents (des fois qu'on chercherait à nous chamailler).

9. Le 4 mai au soir, j'entendis sur France Info qu'il était possible que le 11 mai, en Île-de-France, certaines gares restent fermées par manque de personnel. J'ai pensé que plus on se rapprochait du 11 mai, plus le déconfinement prenait des airs lointains de promesse non tenue.

10. Le tout, c'est de faire croire aux gens que la société post-covid sera plus équitable, moins polluante, plus « humaine » et citoyenne. Dans l'ombre, les lobbys rétabliront l'équilibre.

11. On ne sait pas ce qu'on dit quand on dit qu'on aime.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 5 mai 2020.

4 mai 2020

POURQUOI QUE JE VOUS CAUSE DE ÇA MOI II

POURQUOI QUE JE VOUS CAUSE DE ÇA MOI II

1. Donc Jean Lamorgue, le personnage central de l'album de BD « Le Bal du rat mort » de Bucquoy et Charles, enquête sur des assassinats de jeunes filles dans une ville où les rats y en a de plus en plus qu'un bonhomme venu comme d'un monde autre lui dit que son « avenir », il n'en a plus.

2. Je ne sais pas si Jean Lamorgue a un avenir (ça dépend de ses lecteurs) mais dans le réel, nous en 2020, l'avenir, l'a une drôle de dégaine virulente, l'est où maintenant le virus ? Va-t-il prendre doucement congé ou bien attend-il qu'on ressorte pour nous saisir à la gorge ?

3. Le covid-19 nous l'aura bien pourrie, not'vie, qu'on se demande combien d'entreprises vont mettre la clé sous la porte qu'ça veut dire en français qu'il y a bien des patrons et leurs employés, n'auront bientôt plus qu'leurs yeux, qu'ça va redistribuer les cartes on dit, le covid. Lesquelles ?

4. Les Français, dans la crise du covid, on dit qu'ils auraient été bien infantilisés par l'exécutif (fais pas ci, fais pas ça) ; c'est qu'après nous avoir répété sur tous les tons qu'il fallait pas sortir, pas les fréquenter les autres, question de vie et de mort, le 11 mai, on retourne sur nos lieux de travail. Du coup, on s'interroge.

5) Avec le retour annoncé des élèves dans les établissements à partir du 11 mai, fatal qu'il nous vienne à l'esprit, le mot « cobaye ».

6) Cette crise du covid-19, elle ressemble à la drôle de guerre (39-40) : on ne peut rien faire pour l'instant, bloqués dans notre ligne Maginot du confinement, qu'on attend le signal pour l'attaquer, l'exécutif qui s'est bien fichu de nous, mais qui peut dire ce qu'ils préparent, les « Marcheurs » ? Moi, j'm'attends à tout, et en premier lieu, aux pressions et aux chantages administratifs de toutes sortes, aussi à la propagande de la résilience genre « tous ensemble maintenant derrière notre président », « solidarité nationale », « je vous ai compris »,  « il faut nous réinventer », « c'est notre (nouveau) projet », « ou c'est moi, ou débrouillez-vous avec Marine (ou Mélenchon) » qu'à mon avis, le Macron, la légitime dissolution de sa majorité de fantoches, il en veut pas, qu'il se voit pas diriger le pays avec un premier ministre qu'aurait pas été contaminé par l'opportunisme du REM-17.

7) Avec le mauvais esprit qui me caractérise, il m'arrive de penser que le ministère de l'éducation nationale, c'est en fait (ah c'est pas bien, j'ai honte, bouh qu'je suis affreux) le ministère de l'inadéquation nationale.

8) Donc Jean Lamorgue, le personnage central de l'album de BD « Le Bal du rat mort » de Jan Bucquoy et Jean-François Charles, il est retourné bosser à Bruxelles où l'attend une femme égorgée, même que c'est sa mère.

9) Jean Lamorgue fait des cauchemars de filles mortes, et de qui couinent, les rats, mais l'été revient, la plage, le soleil, le repos, et puis la pluie qui fait fuir, les rats qui effraient, et puis une boule de cristal.

10) Le réel, Jean Lamorgue, il a bien du mal à le contrôler, que dans les vignettes, même quand il est avec l'intime, les rats le scrutent et dans la ville on dit que « l'assassin court toujours ».

11) Puis, il y eut le témoignage du marin qu'dans l'océan y aurait « un rat énorme, monstrueux, nageait vers la côte. » D'habitude, c'est le monstre des profondeurs, le calmar géant, la pieuvre hugolienne (ah la bouche d'ombre à ventouses dis), le serpent de mer aussi, mais le rattus giganteus, c'est rare.

(A suivre)

Patrice Houzeau
Les Confins, le 4 mai 2020.

3 mai 2020

POURQUOI QUE JE VOUS CAUSE DE ÇA MOI I

POURQUOI QUE JE VOUS CAUSE DE ÇA MOI I

1. En ce qui concerne la mise en œuvre des planètes, l'humanité n'étant disponible qu'en option, il est possible que Dieu ne tenta le coup qu'une seule fois.

2. Imaginez l'paniquant si le covid-19 avait envahi le monde entier au moment de la vague d'ovnis du début des années 90, imaginez un peu l'paniquant hein façon « Guerre des Mondes » par Orson Welles.

3. Dans « Le Bal du rat mort » de Bucquoy et Charles, il est question de filles et de rats parce que les filles c'est joli, et les rats répugnants je suppose il y a aussi des masques parce qu'il y a bal et qu'il paraît que « la nuit du bal du rat mort, tout est possible, mademoiselle.. ».

4. J'ai ouvert l'album de bande dessinée « Le Bal du rat mort » de Bucquoy au scénario et Charles au dessin parce que je n'ai rien à dire et que donc pourquoi ne pas parler de ce que j'aime bien parfois quand je ne passe pas mon temps à m'chatouiller les tas d'âmes d'mes souvenances.

5. Dans « Le Bal du rat mort » de Bucquoy et Charles, y a un cachalot qui s'échoue même que les rats sont sortis de son ventre paraîtrait et pis après on trouve des filles assassinées mais pas sur la plage oùsqu'elles ont commencé à pulluler, les bêtes à peste.

6. Le truc des rats qui sortent du cachalot, ça m'a rappelé vaguement une scène de film avec des anguilles qui s'mettent à grouiller dans un ch'val crevé ? une tête de ch'val crevé ? Chais plus m'en fiche Le chat d'ma caboche me fixe ; j'sens qu'il va me dire quelque chose.

7. Y a un personnage dans « Le Bal du rat mort » i s'appelle Jean Lamorgue que c'est fait exprès rapport aux cadavres et pis qu'on croit qu'on a la morgue de piger ce qui, ce quoi mais qu'on se met le doigt dans l'oeil qu'après ça vous flanque le covid i disent ça à la télé.

8. Après Jean Lamorgue arrive où il doit enquêter que donc y a pas mal de rats des filles mortes des filles vivantes d'l'énigmatique « comme s'ils lisaient dans ses pensées » qu'après ça allez vous étonner si le Lamorgue i se sent un peu pas bien. Voilà s'que c'est que de jouer dans des bédés.

9. Puis Lamorgue rencontre des gens si bizarres qu'ils lui disent que « les crevettes ne craignent pas le froid et les rats non plus » et qu'il ne faut pas se retourner si on ne veut pas être « changé en statue de sel » que moi depuis que j'en ai tâté d'l'invisible bin j'me demande.

10. Remarquez que moi le coup des crevettes qui se les caillent pas plus que les rats et le Don't Look Back ostendais on ne me l'a jamais fait que moi ce fut plutôt des coups dans les murs, des pas qu'on entend pis qu'il y a personne, des odeurs revenantes, du comme des signes.

11. Se sent pas bien Lamorgue qu'il croit voir des gens qu'il connaît là où personne ne le, y a même un môme qui lui ressemble à Lamorgue que moi déjà j'aurais flippé comme dauphin dans un filet et je serai parti enseigner l'art subtil du scoubidou loin de tout ce glauque là.

12. Y a donc des rats pis des inquiétances que Lamorgue en a marre alors il va avec une tarifée une orientale qu'à mon avis c'est pas par Zazar que de toute façon ça se passe à Ostende comme partout où y a du bizarre qui s'met à taquiner le réel (tiens, ça fait longtemps que j'ai pas lu « Malpertuis » de Jean Ray).

13. Dans la série des réponses étranges, après celle des crevettes et des rats, il y a celle des « chats repartis en Mésopotamie » que la Mésopotamie c'est en gros l'Irak actuel, ce pays où ça sbat-i cor, ça sbat-i plus je sais pas parce qu'on ne cause plus que de coronavirus, de covid-19, de pandémie et de Jean-Michel Blanquer.

(A suivre)

Patrice Houzeau
Les Confins, le 3 mai 2020.

 

 

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