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BREFS ET AUTRES

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11 septembre 2022

ON N'EST JAMAIS AIMÉ POUR CE QU'ON EST

ON N'EST JAMAIS AIMÉ POUR CE QU'ON EST

 

1.

« Pourquoi le souvenir de ce meuble me poursuivit-il avec tant de force que je revins sur mes pas ? »

(Maupassant, « La chevelure »)

Où l'on apprend que certains meubles vous laissent un souvenir si puissant qu'ils peuvent vous faire marcher à reculons, ou vous faire repasser par où vous êtes déjà.

Certains humains, je pense, ont aussi ce pouvoir.

Ça dépend du degré de mou intercostal.

Pour les stylos bic, je pense qu'il faut être drôlement allumé par la lune. Même chose pour les bigoudis et les ronds d'carotte.

2.

« Comme la voiture traversait le bois, il la fit arrêter dans le voisinage d'un tir, disant qu'il lui serait agréable de tirer quelques balles pour tuer le Temps. »

(Baudelaire, « Le Galant Tireur »)

Baudelaire imagine quelque « galant tireur » s’exerçant à l'art précis du bang bang (« he shot me down », she sang) pour, dit ce fanfaron, tuer le temps.

Où l'on apprend que c'est en s’exerçant au tir que l'on pourrait tuer le temps. En tout cas, son temps. Car le temps des humains est variable en nombre.

Est-ce donc pour tuer le temps qu'en fin de compte, des bipèdes plus ou moins perspicaces se font la guerre ?

Serait-ce pour tuer le temps que le plus ou moins perspicace Poutine a décidé sa sale guerre en Ukraine ?

Sachant que le temps, c'est de l'humain en marche (les humains sont des chronomètres), tuer le temps reviendrait-t-il à descendre ses contemporains comme au casse-pipe d'la fête foraine ?

3.

On n'est jamais aimé pour ce qu'on est, surtout quand on est pauvre.

4.

« Rien ne pourrait me déterminer à mettre la main au feu, - encore que ce ne soit que dans le passé que je me sois brûlé. »

(Wittgenstein traduit par Klossowski, « Investigations philosophiques »)

C'est justement parce que quelque chose s'est passé (c'est-à-dire s'est produit dans le passé) que nous éprouvons craintes et espoirs du présent.

L’expérience est ainsi reproductible, mais il est rare que l'on soit piétiné deux fois par le même éléphant.

Par contre, l'on pourra chanter plusieurs fois le fameux « effervescing elephant » (« An effervescing elephant / With tiny eyes and great big trunk / Once whispered to the tiny ear / The ear of one inferior / That by next June he'd die, oh yeah ! / Because the tiger would roam ») sauf si l'on est Syd Barrett, qui fut l'auteur de cette drolatique, et que l'on est déjà irrémédiablement dans le passé.

On ne repasse pas non plus deux fois par la même choucroute, ni le même fleuve ne vous traverse deux fois.

Quant au chas de l'aiguille, nul chameau.

5.

On entre dans le bonheur aussi difficilement que l'on entre dans un pré qui n'est pas à vous. Parfois, quelqu'un vous y attend avec un fusil.

6.

Si tu n'étais pas là, je mangerais ma choucroute tout seul, et il y en aurait vite de trop de trop de trop.

7.

« Belle, pendant ce temps, [...], rencontrait des amies, rapportait dans les plis de sa robe un parfum de cigarettes anglaises ou dans les plis de son ciré l'odeur de la pluie d'octobre. »

(Stanislas-André Steeman, « Quai des orfèvres »)

Où l'on apprend que les plis des robes et des cirés servent à transporter parfums et odeurs.

On ne peut rien y ajouter. Ainsi, inutile de rêver que l'on puisse dissimuler une cartouche de cigarettes anglaises dans les plis d'une robe. Et pas non plus les lèvres de la fumeuse, ni son visage, et pas non plus son corps tout entier. Ce ne sont pas les plis de la robe qui vous portent.

Si l'on est en octobre, ce sont les plis du ciré qui seront pleins de l'odeur de la pluie d'octobre (les feuilles mouillées qui collent au sol, les poils mouillés des chiens, des gens, des chats et des girafes égarées, les ombres mouillées qui vous traversent parce que cette phrase vous a un côté mélancolique propre aux apparitions spectrales).

Ni robe, ni ciré d'octobre ne peuvent receler la Cantatrice chauve et ses opéras échevelés, ni chevaux, ni chameaux, ni chapeau d'où surgirait un chasseur sachant chasser sans son chien ou ces serpent qui sifflent sur sa tête, à l'autre Méduse, là.

Ni cocasse coin-coin cassant du sucre sur le dos du monde.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 11 septembre 2022.

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4 septembre 2022

PERIL DANS LE PLACARD A BALAIS

PERIL DANS LE PLACARD A BALAIS

1.

« Le jeune Mr Bartlett recula d’un pas, ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche, se livrant, inconsciemment, à la mimique d’un poisson rouge dans un bocal. »

(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Un Cadavre dans la bibliothèque »)

Il ne se nomme pas Bartlett because son blaze, c’est Bobby Babibou, cependant que, bouchée bée, le Bobby, cependant que passe, abasourdi, le Bobby, cependant que passe l’assassin, éberlué, le Bobby, cependant que passe l’assassin aux lèvres de soie, Bobby Babibou, bouche bée, abasourdi, éberlué, aboli du coup d’bambou, rendu bredouille et balbutie, mimant la gueule du poisson dans son bocal, ne se rend pas compte qu’il vient de mourir.

2.

« Sous les noirs acajous, les lianes en fleur,

Dans l'air lourd, immobile et saturé de mouches,

Pendent, et, s'enroulant en bas parmi les souches,

Bercent le perroquet splendide et querelleur,

L'araignée au dos jaune et les singes farouches. »

(Leconte de Lisle, « Le Rêve du jaguar »)

 

Zut alors songe en lisant une poignée de vers de Leconte de Lisle (1818-1894). Zut alors songe aux « noirs acajous » qu'on en ferait de beaux meubles sans doute de ces noirs acajous là mais que pour l'heure, ces noirs acajous là jouxtent les « lianes en fleur » qu'un piano, si c'est possible j'en sais rien si c'est possible qu'il soit en acajou noir, le piano, au milieu des lianes en fleur et itou des noix de cajou, ce serait baroque à voir dans un film que Zut ne regarde même pas, parce que Zut alors songe.

Zut alors songe en lisant une poignée de vers de Leconte de Lisle (1818-1894), songe à l'assonance « ou » qu'on trouve dans le poème, et de lister, Zut alors : « sous, acajous, lourd, mouches, s'enroulant, souches, farouches » Ah ça en fait des ouh-ouh, cris dans la vierge, onomatopée tropicale.

Zut alors songe, alors qu'elle est dans la tiédeur d'une fin d'été dans les Hauts de France, Zut alors songe à « l'air lourd » où le temps ne passe plus, suspendu comme une louche au soleil (Zut a de drôles d'idées défois), « immobile et saturé de mouches », le temps, façon viande à l'air libre, cadavre sur lequel pendent les lianes en fleur parce que Zut alors songe et lorsque Zut alors songe, il y a d'étranges images qui viennent – cependant que passe – qui viennent lui chatouiller – cependant que passe l'assassin – qui viennent lui chatouiller l'imaginaire – cependant que passe l'assassin aux lèvres de soie parmi les souches et les escaliers – sous l’œil rond du « perroquet splendide » et aussi « querelleur » qu'un mousquetaire, et il est que My uncle's hat feather is on my aunt's chair, qu'elle songe alors Zut.

Zut alors songeuse se rappelle de « l'araignée au dos jaune », se dit qu'à Dunkerque, c'est rare les araignées des tropiques, paraît qu'ça arrive, qu'elles débarquent des navires, aillent s'acclimater on dit, que ça fait des légendes d'araignée dangereuse dans le placard à balais.

Lorsque les « singes farouches » lui chantèrent « Le lion est mort ce soir », Zut comprit qu'elle dormait.

Patrice Houzeau

Malo, le 4 septembre 2022.

4 septembre 2022

NEGOCIER LA PAIX AVEC POUTINE ? AUTANT INVITER LE DIABLE A SA TABLE

NEGOCIER LA PAIX AVEC POUTINE ? AUTANT INVITER LE DIABLE A SA TABLE

1.

En septembre 2022, l'Occident considérait que les pertes financières induites par la sale guerre de Poutine en Ukraine étaient particulièrement importantes. Poutine doit compter ses sous comme on compte les trous dans un fromage.

2.

Paraît que certains, vus les périls climatiques, estiment que la démocratie n'est pas assez adaptée à la résilience et en appelleraient à une dictature verte, avec crédit social à la chinoise. Les barbecues préparent leurs passeports.

3.

Quand on jongle avec des couteaux, faut pas s'étonner des flaques de sang. Le souci, c'est que vous ne pouvez pas lancer des idées en l'air et aller boire un café sans éviter que retombent les couteaux. Zavez qu'à demander aux missiles.

4.

Paraît qu'à l’extrême-gauche y en a qui trouvent le barbecue trop viriliste. A force de chercher des poux partout, y compris dans les braseros, y en a, vont finir par faire rire d’eux, voire tomber sur un os, voire se brûler.

5.

Qu'est-ce que les gens peuvent parler ! Qu'est-ce que les gens peuvent se reproduire ! Qu'est-ce que les gens peuvent boire et manger ! Qu'est-ce que les gens peuvent être humains ! A la fin, ça en devient presque agaçant.

6.

Depuis que je sais, grâce à Sandrine Rousseau, que la saucisse est l'ennemie du genre humain, je ne regarde plus ma choucroute de la même façon, et je pense que le monde est gouverné en secret par une coterie de bouchers-charcutiers-traiteurs-reptiliens-mondialistes.

7.

Sandrine Rousseau se plaint d'être cyber-harcelée. Elle est surtout moquée.

Sandrine Rousseau n'aime pas les moqueries dès qu'elles sont blessantes.

Sandrine Rousseau ne se rend pas compte, qu'à tort ou à raison, elle est vue aussi, par beaucoup de gens humbles, comme une privilégiée, quelqu'un du pouvoir.

Sandrine Rousseau ne se rend pas compte qu'elle en appelle à la censure et à un ordre moral faussement bienveillant qui est le contraire de nos valeurs démocratiques.

Sandrine Rousseau ne se rend pas compte que ses histoires de jet privé et de barbecue viriliste ne pèsent pas lourd face à la sale guerre de Poutine en Ukraine et aux problèmes des gens qui restent sans emploi ni formation.

8.

Pour être honnête, dans l'affaire Iquioussen, je ne suis pas bien sûr ni de l'honnêteté de l'imam incriminé, ni de celle de Gérald Darmanin, dont nous savons qu'il a une conception toute personnelle de la vérité, surtout quand il la veut officielle.

J'aurais une petite tendance à renvoyer Iquioussen et Darmanin dos à dos en me disant que ni l'un ni l'autre n'ont l'air très franc. J'aurais même une voix de plus en plus forte qui me susurre avec obstination que je m'en bats les yeux, le droit d'abord, le gauche ensuite.

9.

Paraît que Ségolène Royal a encore dit des choses. Ça, Ségolène Royal, elle en dit des choses. Et à force de dire des choses, elle glisse petit à petit, sans même peut-être s'en rendre compte (à moins que) dans le pro-Poutine. Le « processus de paix » ? Quelle sinistre blague !

A côté de la plaque, Madame Royal. Ce n'est pas parce que le président Zelensky a utilisé des informations pour rappeler la souveraineté de l'Ukraine qu'un prétendu processus de paix a été interrompu puisque Poutine dès février 2022 voulait la reddition complète des forces ukrainiennes.

10.

3/11/2022 . J'entends sur France Culture François Heisbourg, se référant aux services de renseignement britanniques, affirmer que les Ukrainiens ont ouvert dans la région du Dniepr et l'oblast de Kherson un large front qui met en difficulté les forces russes.

  1. Apparemment, Ramzan Kadyrov, qui dirige la Tchétchénie d’une main de fer depuis 2007, aurait décidé de quitter le pouvoir, avant, dit-il lui-même, d’être obligé de le quitter sous la contrainte. Lucidité ou disgrâce ? Que décideront ses partisans ? Continuer le massacre en Ukraine ou s’en retirer ?

  2. Tous les jours, les trolls pro-Poutine annoncent le total fiasco de la contre-offensive ukrainienne sur Kherson cependant que le 4/09/2022, certaines rumeurs semblent indiquer que les Ukrainiens poursuivent leur avancée.

    D'autres rumeurs semblent indiquer que, du fait des dommages infligés aux ponts du Dniepr, le ravitaillement des forces russes se fait au compte-gouttes. On parle même de drapeau blanc, d'inquiétude, de moral très bas dans certaines unités.

  3. Ceux qui parlent de processus de paix, de négociations de paix avec la Russie, quitte à lever les sanctions et à cesser de livrer des armes à l'Ukraine (ce qui reviendrait à la sacrifier) se rendent-ils bien compte qu'il n'y a pas de paix possible avec Poutine ?

    Poutine, malgré ses efforts, sait que les soucis démographiques de la Russie, couplés avec un territoire immense et inégalement développé, l'empêchent d'accéder réellement au statut de grande puissance. Il compte donc sur la solution militaire, et va se planter.

    Patrice Houzeau

    Malo, le 4 septembre 2022.

     

 

 

 

4 septembre 2022

PENDANT QU'ÇA PATAFIOLE

PENDANT QU’ÇA PATAFIOLE

« Les faibles ont trouvé là de tous les temps leur solide rempart : ils penchent à éterniser, la convention ayant été acceptée une fois, la grâce qu'on leur a faite. »
(Nietzsche, « Humain, trop humain »)

Dans la première partie du roman, qui n’est pas plus passionnant, haletant, époustouflant, ennuyant, insignifiant, vu que ce n’est toujours que de la fiction faite pour passer le temps, signifiant parce que, parfois, la fiction révèle ce que le réel ignore de lui-même, dans la première partie donc, dont le titre est : « En attendant la suite », l'auteur, - qui a une sœur du nom de Cathy, laquelle Cathy a un toutou (Kiki qu’il s’appelle ce toutou, et c’est un pékinois) et donc, Cathy s’inquiète beaucoup de la sale guerre de Poutine en Ukraine puisque le 24 février 2022, Vladimir Poutine, dans son quatrième mandat présidentiel de la Fédération de Russie, a déclenché ce qu’il appelle une « opération spéciale », en fait une invasion (mal) planifiée de l’Ukraine, lançant ses forces aériennes, maritimes et terrestres « depuis la Russie, la Biélorussie et les territoires ukrainiens occupés par les Russes au début de la guerre russo-ukrainienne de 2014 : la Crimée et les « républiques populaires » de Donetsk et de Lougansk » (je cite ici Wikipédia), « opération spéciale » qui, ayant pour but de faire tomber la capitale de l’Ukraine, Kiev, se heurta à une vive résistance ukrainienne, laquelle obligea Poutine à envisager une guerre longue et coûteuse en hommes, en matériel, en crédibilité, en financements -, l’auteur donc  cite une phrase de Nietzsche qui fait état d'un « solide rempart » « de tous les temps » qui sert à « éterniser la convention » derrière laquelle les « faibles » s'abritent pour conserver leurs privilèges.

C'est donc dans la deuxième partie, « Retournons au début », que l’auteur, après avoir esquissé le destin de la cantatrice qui avait perdu ses cheveux, et dont le chéri se tua en chutant d’cheval, évoqua la société secrète des « Forts et Fiers pour la convention selon laquelle les Forts et Fiers ont toujours raison », laquelle société se fait bombarder, trouer et décimer, étriper, éventrer, égorger, décapiter, émietter, ratiboiser et anéantir par l'armée de Patafiol, alors qu'elle se tenait, la société, derrière un rempart d'il y a longtemps de quelque château en ruines, château que l’auteur évoque en quelques lignes, y faisant apparaître le fantôme d’une calligraphe, fugace, fantasque, s’engouffrant de frites parce que sinon c’est fade, cependant que dans le réel, Vladimir Poutine, soucieux de la liberté des gens, laissait librement ses soldats bombarder et massacrer les populations civiles ukrainiennes, tout en tentant de se faire passer pour le sauveur du Monde en promettant que les pays qui le soutiendraient dans sa sale guerre s’affranchiraient de l’hégémonie du dollar et de l’influence américaine.

Et c'est donc dans la dernière partie du roman, « Le retour de Zut » et alors que des étudiants en histoire débattent de l'importance réelle de la bataille du « Rempart de tous les temps », que Zut :
«  - Moi, dit l'étudiant à barbiche, je crois que si elle n'avait pas eu lieu, la bataille du Rempart... 
–   … de tarte », fit Zut.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 septembre 2022.

 

3 septembre 2022

LE CAPITAINE DECAPITE ET LE SOUFFLE DE VIE

LE CAPITAINE DECAPITE ET LE SOUFFLE DE VIE

1.

Était-il moyen ou bon, ce restaurant fréquenté par d’assez honnêtes citoyens, où l’on dévorait des soupes de potiron, des poissons, des omelettes aux champignons, des chicons au gratin, de formidables fromtons, des tartelettes au citron, en buvant de dispendieux litrons ? Cathy, naguère crémière, ayant changé de profession, – elle a d’ailleurs une sœur qui s’appelle Cécile et qui, ayant épousé un professeur, joue du tromblon, et une autre sœur, Claire, qui se pose des questions – Cathy donc mettait un point d’honneur de se souvenir des goûts de ses clients, des ragoûts les plus gouleyants, et d’une foule de haïkus plus ou moins palpitants. Cela n’empêcha pas que l’on y retrouvât le capitaine décapité et douze moines qui eurent la tête tranchée. Y venaient des gens bien, des moyennement biens et des pas du tout, des kafkaïens, des païens, des chirurgiens, des chrétiens, des logisticiens, des logiciens qui aimaient les chiens, des métaphysiciens qui préféraient les veaux, aussi des théologiens et des mécaniciens dont un s’appelait Lucien. L’enquête ne permit pas de retrouver le coupable, ni de déterminer combien il y eut de morts. Quant à Lucien, Cathy l’épousa. Ils eurent une petite Léa qui joua du violon, et un petit Gaston qui mit toute son application à ne jouer de rien, de rien, de rien.

2.
« Chaque signe, isolément, semble mort. Qu’est-ce qui lui donne vie ? Il n’est vivant que dans l’usage. A-t-il alors un souffle de vie ? Ou bien l’usage est-il son souffle ? »
(Wittgenstein traduit par Klossowski, « Investigations philosophiques »)

Chaque signe, qu’il soit indigne, insigne, rectiligne, longiligne, qu’il suive ou non les consignes, isolément, semble mort, aussi mort qu’un rat mort, qu’un bal mort, qu’un chien mort dans un port dont il ne reste rien, aussi mort qu’un caillou, qu’un chou, genou, hibou, joujou, pou, tout ça mort, foutu, kaput, dérobés les bijoux, et Claire la philosophe qui aime bien la pensée claire, les idées claires, la claire logique, la lune claire sur la claire fontaine, se demande clairement ce qui lui donne vie, à la momie, à la vieillerie, à la poésie, à l’académie, à l’aciérie dévissée, à la partition de musique, au graffiti, à la notation mathématique, au chiffre, au signe aboli d’inanité sonore, que le néant dévore, renvoie dans le décor où il n’y a plus rien d’abord, plus rien d’abord, plus rien d’abord alors Claire la philosophe se secoue et ne perdant pas le nord, se dit que chaque signe, qu’il soit indigne, insigne, qu’il signale, qu’il signifie, qu’il s’ignore n’est vivant, palpitant, vibrant, intéressant, signalant, signifiant, fascinant que dans l’usage, encore que Claire – dont la sœur qui s’appelle Cathy met un point d’honneur à se souvenir des goûts et des ragoûts de ses clients – se demande si le signe, indigne ou insigne, a alors un souffle de vie qui lui permettrait de fasciner fabuliste et facteur humain, fâcheux et facétieux, foudre de guerre et foutriquet, farceur et fanfaron, philanthrope et facho, pis tous les farfadets, tous les farfadets là qui nous caracolent la caboche, ou si c’est l’usage, et là on voit bien que cette longue phrase est en fait une amplification, une paraphrase fantaisiste d’une phrase de Ludwig Wittgenstein tirée de ses « Investigations philosophiques », ou si c’est l’usage – tout ce qu’on dit, tout ce qu’on ne dit pas, tout ce qu’on croit qu’on dit, tout ce qu’on ne sait pas qu’on dit - qui est son souffle.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 septembre 2022.

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3 septembre 2022

L'ASSASSIN EST DANS L'ESCALIER MAIS DEFOIS IL S'APPELLE PAS POUTINE

L'ASSASSIN EST DANS L'ESCALIER MAIS DEFOIS IL S'APPELLE PAS POUTINE

1.

Si, comme l'affirment les trolls pro-Poutine, l'armée russe était entrée en Ukraine le 24 février 2022 pour prévenir une attaque massive et appuyée par l'OTAN de l'armée ukrainienne dans le Donbass, alors Poutine a commis une erreur stratégique majeure.

Si le scénario (je n'y crois pas) était celui-là (attaque massive de l'armée ukrainienne dans le Donbass), alors Poutine aurait dû laisser les Ukrainiens tirer les premiers, demander une réunion d'urgence du conseil de sécurité de l'ONU et, preuves à l'appui, dénoncer publiquement le régime de Kiev.

A partir de ce moment, l'agression ukrainienne dans le Donbass étant patente, il aurait pu intervenir militairement en Ukraine. L'Occident n'aurait pas bronché. Mais comme cette préparation d'attaque massive de l'armée ukrainienne n'est qu'un fantasme, la réalité est plutôt que Poutine a cru naïvement que l'Ukraine indépendante et le régime de Kiev ne tiendraient pas trois jours devant l'avancée ultra-rapide de la Glorieuse armée russe et là, il s'est planté.

2.

29/08/2022, La contre-offensive ukrainienne pour libérer Kherson serait en cours.

A 18 heures (heure de Paris) : la contre-offensive ukrainienne n'en étant qu'à ses débuts, le plus sage était de n'en rien dire et d'espérer la victoire de l'Ukraine.

3.

Dans la bataille en cours pour libérer Kherson, beaucoup de soldats ukrainiens, et beaucoup de soldats russes, et beaucoup de civils qui n'avaient rien demandé à personne seront tués. Un seul responsable à cette boucherie : Vladimir Poutine.

4.

« Et là, tu vois pas une meuf dehors, les seules que tu vois, elles sont bâchées de la tête aux pieds » Le monde réel.

5.

Plus une fille au bar ! Rien qu'des poilus ! L'Occident part en couilles... Défois, on a comme ça des réflexions à la con, comme quoi le farfadet qui s'agite dans l'monde creux d'not' caboche n'est pas toujours très bienveillant.

6.

Je ne suis pas anti-vaccin, mais sans déconner, le covid, qu'on était censé en crever si on était pas vacciné, moi, pas vacciné du tout (seigneurie d'ma pomme oblige), le covid, comment ça s'fait que j'suis toujours sur mes deux pattes ?

7.

Plutôt russe qu'ukrainien, plutôt ukrainien que russe, plutôt allemand que français, plutôt français qu'allemand, embaucher des Français plutôt que des Wallons, au nom de quoi ? comme si l'Ukraine n'était pas une démocratie, comme si la France n'était pas une république.

8.

Peut-on être très corrompu et en même temps un héros, c'est la question que l'on se pose quand on pense à Zelinsky ? Peut-on être un corrompu fini et un assassin ivre de son pouvoir, c'est la question que l'on se pose quand on pense à Poutine.

9.

Ah bin oui, comment qu'on va faire, nous la France, sans l'Afrique et ses matières premières ? Et comment qu'elle va faire l'Afrique avec les Russes et les Chinois sur le dos ? Bin oui, faudrait peut-être commencer à y penser...

10.

L'assassin est dans l'escalier mais défois, il s'appelle pas Poutine.

11.

Mourir pour un drapeau, y a rien d'plus con ; mourir pour la liberté, y a-t-il rien de plus noble dit-on parce que ça fait bien de le dire, mais qui peut dire qu'il serait prêt à aller se faire trouer pour la liberté ? Après, le mieux, c'est de mourir vieux et comme on dit « de sa belle mort », mais quelque chose me dit qu'en Ukraine, c'est de moins en moins faisable.

12.

« On trouve plus de vraie wassingue », qu'elle me dit. « Wassingue », encore un mot qui va disparaître, annihilé par le progrès et sa tête à lui flanquer des baffes.

13.

Ah tiens, paraît que Iquioussen est expulsable de ma douce France, cher pays de mon enfance, c'est curieux comme je n'en ai rien à battre.

Ah tiens, paraît que Iquioussen est introuvable (on le savait déjà mais on fait comme si c'était nouveau) et qu'il a quitté ma douce France, cher pays de mon enfance pour d'autres climats (ce serait pas à Molenbeek par hasard ?),et, inter nos, c'est curieux comme je m'en fous.

14.

Je ne dis pas que certains peuvent bien tagada la gueule ouverte, car je m'en tamponne le coquillard avec un coup de téléphone, le soir, dans une maison vide.

15.

Si la contre-offensive ukrainienne dans l'oblast de Kherson échoue, hélas, cela pourrait faciliter l'armée de Poutine dans son avancée vers Odessa.

Patrice Houzeau

Malo, le 3 septembre 2022.

 

3 septembre 2022

TANDIS QUE PLEURE LE TELEPHONE

TANDIS QUE PLEURE LE TELEPHONE

1.

Peut-on se demander avec Joachim du Bellay, « Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ? » sans avoir préalablement vidé quelques chopes, ou alors sans être, avec l'âge et les soupières, devenu aussi lucide qu'un fiancé rentrant chez lui à l'improviste, qu'une fiancée rentrant chez elle à l'improviste, qu'un cambrioleur rentrant chez lui à l'improviste, qu'un qui va à la chasse perd sa place rentrant chez lui en automobile ?

2.

Peut-on se demander, avec Joachim du Bellay hein, « Où est ce cœur vainqueur de toute adversité » sans considérer que depuis le temps qu'on est rentré dans l'Histoire de la littérature et le Royaume des Ombres, de « cœur vainqueur », y en a plus, que des osses qu'il reste, des osses...

3.

Peut-on se demander, avec Joachim du Bellay et la concierge trop tôt disparue de par la traîtrise d'un escalier dérobé, où qu'il est donc encore passé Kiki, le toutou taquin de Cathy la crémière et « Cet honnête désir de l'immortalité », où qu'il est passé car à quoi qu'ça vous sert, l'immortalité, rapport à s'que quand on est mort, comme dit le poète, c'est pour longtemps...

4.

Peut-on se demander, avec Joachim du Bellay et le piano de Michel Camilo que j'écoute volontiers car j'aime bien, « Et cette honnête flamme au peuple non commune », où a-t-elle disparue, oh dis, l'aurait-on mangée avec une boîte de sardines à l'huile d'olive ?

5.

Peut-on se demander, avec Joachim du Bellay et la girafe enflammée qui s'enfuit du tableau, « Où sont ces doux plaisirs qu'au soir sous la nuit brune / Les Muses me donnaient » car les Muses ne donnent que sous la nuit brune, sinon, pour les gaufres, vous repasserez.

6.

Quant à Zut, elle ne se le demande pas, mais elle pourrait, qui sont ces créatures « alors qu'en liberté / Dessus le vert tapis d'un rivage écarté / Je [les] menais danser aux rayons de la Lune » et si je pensais être possédé par le spectre de Joachim du Bellay.

7.

Quant à Zut, elle ne le constate pas, mais elle le pourrait, si son sandwich au pâté lui en laissait le temps, que « Maintenant la Fortune est maîtresse de moi », comme l'a dit Joachim du Bellay un jour où il pleuvait comme Rose pleure et qu'il estoit sorti sans mantel.

8.

Quant à Zut, elle ne le remarque pas, mais elle le pourrait, si la flûte à bec de Zut laissait Zut supputer, supposer, conjecturer, plutôt que la flûte à bec de Zut use et abuse de la patience de Zut par ses tureli-turelures ululantes, exubérantes, que « mon cœur qui soulait être maître de soi, » comme je suppose que le palpitant de Joachim du Bellay « soulait être maître de soi », n'était pas plus sûr de soi qu'une ombre constatant soudain qu'elle ne correspond à plus rien de vivant sur cette terre.

9.

D'ailleurs, Zut sait parfaitement qu'elle se tape un sandwich au pâté qui aurait pu être bien meilleur si « serf de mille maux et regrets qui m'ennuient », le spectre de Joachim du Bellay n'avait pas oublié les cornichons, la moutarde et le vin d'Anjou.

10.

D'ailleurs, Zut sait parfaitement que de même que Joachim du Bellay, « De la postérité je n'ai plus de souci », et me demande pourquoi pas Evans, pourquoi les saxophones, pourquoi le boudin et pourquoi pleurent les téléphones, le soir, dans les grandes demeures où il n'y a plus personne.

11.

D'ailleurs, Zut sait parfaitement que, de même que Joachim du Bellay, « Cette divine ardeur, je ne l'ai plus aussi, » et me demande pourquoi le sang, le vent, le temps, pourquoi les Russes tuent-ils des Ukrainiens, pourquoi Poutine.

12.

D'ailleurs, Zut sait parfaitement, que, ce soir comme tous les soirs, dans la grande maison où il n'y a plus personne, pendant que pleurera le téléphone, le fantôme de Joachim du Bellay regardera par la fenêtre « les Muses de moi, comme étranges », s'enfuir.

13.

« Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on me reconnaît », dit-il aussi sûrement que quand on crache en l'air, on se mouche. Ce qui n'est pas sans rapport avec le polyèdre convexe, et faudrait pas froisser ainsi les susceptibilités géométriques.

14.

Les téléphones ne pleurent pas de larmes de crocodile. Sinon, dans les marais, on pourrait être attaqué par des coups de fil intempestifs. Quant aux histoires de combat à mains nues avec des téléphones féroces, j'ai de sérieux doutes sur leur véracité.

Patrice Houzeau

Malo, le 3 septembre 2022.

2 septembre 2022

CE N'EST PAS DANS L'ALAMBIC QUE L'ON DEPOSE SES BIGOUDIS

CE N'EST PAS DANS L'ALAMBIC QUE L'ON DEPOSE SES BIGOUDIS

1.

« Quand il était fatigué de tenir procession des données que la Science a jugé bon d’exclure (un iceberg volant s'abat en débris sur Rouen le 5 juillet 1853.... »

(Pauwels et Bergier, « Le Matin des magiciens »)

La Science, qu'elle s'appelle Léon ou pas, exclut parfois des données qui lui semblent relever du probablement impossible.

Il est très difficile de faire admettre à la Science que des petits hommes venus du cosmos dans d'époustouflants aéronefs viennent enlever des vaches, des veaux, des lapins et des humains, à, dit-on, des fins d’expérimentations .

Ces enlèvements s'appellent des abductions. Du reste, j'ai remarqué qu'il est très difficile que Zut et une saucisse de Francfort restassent longtemps dans la même pièce. L'une finit fatalement par faire disparaître l'autre

On se demande d'ailleurs pourquoi les petits hommes cosmiques n'enlèvent pas directement des scientifiques, ou ne consultent pas l'encyclopaedia britannica, ils en sauraient très vite plus sur tout un tas de choses.

Car franchement, que peuvent-ils apprendre d'un interrogatoire avec une vache, un veau, un lapin, mon beau-frère ?

2.

« Les spiritualistes croient à la possibilité d'un état supérieur de conscience. Ils y voient un attribut de l'âme immortelle. »

(Pauwels et Bergier, « Le Matin des magiciens »)

Lorsqu'on suppose un « état supérieur de conscience », faut-il que Zut m'apporte une échelle ?

Les coin-coins qui passent au-dessus de ma tête et qui se moquent du monde dans tous les étangs, croient-ils en un état supérieur de conscience ?

Puis-je mettre quelque morceau d'état supérieur de conscience dans mon café du matin ?

Un soldat a-t-il jamais foudroyé une chèvre rien que par la puissance de son état supérieur de conscience ?

Je pense que l'état supérieur de conscience a surtout besoin d'un bon gourdin s'il veut assommer quelque bipède qui lui serait hostile et d'une bonne fourchette s'il veut déguster une choucroute.

Et puis, l'âme est-elle réellement immortelle, ou fait-elle semblant ?

3.

J'ai décidé de ne plus me plaindre, car plus je me plains, plus je suis à plaindre. Or, ce n'est certainement pas à moi qu'il faut se plaindre.

4.

Non, décidément, les chats ne sont vraiment pas des êtres humains comme les autres.

5.

« Si l'alchimie contient une science, cette science n'est qu'un moyen d'accéder à la conscience. Il importe, dès lors, qu'elle ne se répande pas au-dehors, où elle deviendrait une fin. »

(Pauwels et Bergier, « Le Matin des magiciens »)

Sans doute l'alchimie contient autre chose qu'une science. L'alchimie est pleine de secrets ancestraux, chevelus et pleins de polyèdres convexes qui vous seront délivrés si vous souscrivez un abonnement à « Tous les Mystères du monde et au-delà » (99,99 euros par mois).

Accessoirement, l'alchimie est un bon sujet pour des tas de livres qui vous révèlent des secrets épatants dans le genre Saviez-vous que la terre était creuse, que la Creuse était un département, que la macreuse noire était un canard, quoiqu'il existât une macreuse de bœuf ?

Il y a même des librairies spécialisées, des sites internet et leurs ghost writers qui en vivent, des Mystères mondiaux là.

En ce qui concerne la science alchimique qui en a bien bricolé des alambics et des œuvres au noir, au blanc, pis des vinaigres, permet-elle, la Science des Anciens Obscurs, d'accéder à la conscience autrement qu'en prenant l'ascenseur ?

Je pense que oui, à condition, bien évidemment que cela ne se sache pas, parce que sinon, votre boulanger, votre boucher-charcutier votre crémier, votre belle-famille ainsi que votre conseiller bancaire n'en ayant pas grand chose à faire, il se pourrait que la révélation de secrets perdus depuis des lunes dans les plis des âges décrédibilisât quelque peu la cause des Anciens Astronautes et apparentés.

7.

A propos de mystères dans le monde là, je me demande ce qu'est devenue la jolie étudiante flamande qui me servit des Heineken au bar des Germanistes d'il y a des lustres à l'Université de Lille III du temps où mes études et moi, nous nous fréquentions d'irrégulière façon.

8.

« Ce n'est pas dans l'alambic que l'on dépose ses bigoudis » n'est pas un morceau du groupe GONG, et c'est bien dommage.

Patrice Houzeau

Malo, le 2 septembre 2022.

29 août 2022

COINCÉ QU'IL EST LE POUTINE

COINCÉ QU'IL EST LE POUTINE

 

1.

Est-ce qu'il va être vraiment « viré », comme l'a annoncé Louis Aliot le 25 août 2022, ce suppléant d'un député RN, qui le jour de la fête de l'Indépendance de l'Ukraine, a cru bon d'aller agiter un drapeau russe et provoquer des familles ukrainiennes réunies à Bergerac ?

C'est sûr qu'au moment où Perpignan, le 24 août 2022, organisait, en lien avec l'association Cataladon et avec l'Ordre de Malte France, plusieurs manifestations mettant en valeur la culture ukrainienne, et qu'un jumelage avec une municipalité ukrainienne est même envisagé, qu'un « abruti » (dixit Louis Aliot), faisant preuve de « débilité politique » (je cite Louis Aliot), aille affirmer publiquement et de manière ostentatoire et provocante, des opinions pro-russes, fait tache dans un parti qui cherche à se débarrasser de son image « poutinienne ».

2.

Paraît que les prix du blé et du maïs ont baissé au cours de l'été. Que les prix des matières premières baisseraient aussi. Reste le souci du gaz avec lequel Poutine cherche à asphyxier nos économies. Le froid ne cessera-t-il pas d'environner nos cœurs ? Là, je plagie quasi un vers de Yves Bonnefoy, tiens, je vous le mets, parce que c'est beau :

« Le vent heurtait la mort sur le toit de nos chambres,

Le froid ne cessait pas d'environner nos cœurs. »

(Yves Bonnefoy, « Le Bel Eté »)

3.

Xavier Moreau (Stratpol situé en Russie) est un propagandiste pro-Poutine, qui fait son travail de propagandiste pro-Poutine (il dit n'importe quoi, c'est son bifteck) et qui, sans doute, est considéré par les autorités françaises comme tel. Il n'est pas le seul.

4.

Donc, Macron, plutôt que de demander aux autorités algériennes pourquoi ils ne reprennent pas leurs ressortissants qui ont commis des délits en France, accepterait 8000 étudiants algériens de plus dans nos universités déjà surpeuplées ! La honte.

5.

A quelques jours de la rentrée scolaire 2022, pas certain que tous les postes soient pourvus, loin de là. Je me souviens vaguement d'une émission à la radio dans laquelle Blanquer avait évoqué le recours à quelque robotique pédagogique. Je commence à piger pourquoi.

L'un des indices parmi les plus probants du génie visionnaire de Blanquer se manifeste aujourd'hui dans la fuite des enseignants et la crise des vocations. Et dire que ce gaillard se rêvait député. Heureusement, il y a encore un peu de bon sens en France.

 

6.

Poutine, sa sale guerre en Ukraine, s'il l'arrête, il la perd.

7.

Raphaël Enthoven, prenant en exemple les discussions entre Antigone et Ismène, rappelle que la lâcheté est « raisonneuse ». Les raisons que l'on avance pour justifier la sale guerre de Poutine en Ukraine ne sont qu'une manière de masquer sa lâcheté et sa soumission au prétendu droit du plus fort.

8.

La sale guerre de Poutine en Ukraine me rappelle cette phrase rappelée par l'un de mes professeurs d'histoire : « Quand on se met à fabriquer des armes, elles finissent toujours par servir. »

9.

27 août 2022. La voiture d'un officier supérieur de la Fédération de Russie a été, semble-t-il, volontairement incendiée à Moscou. Acte de résistance ? Provocation du FSB ? Affaire privée ?

10.

Paraît que lorsque les chars russes sont touchés, les explosions sont de plus en plus spectaculaires. Cela serait dû aux munitions. Certains émettent l'hypothèse que les dépôts étant assez systématiquement visés par les HIMARS, les chars russes seraient un peu trop approvisionnés.

Et dans ces chars russes qui explosent, il y a des équipages de jeunes gens qui, pour la plupart, n'ont pas voulu de la sale guerre de Poutine en Ukraine, qui ont en Russie une fiancée, une femme, des enfants, et les voilà qui meurent pour Douguine et ses idées délirantes.

11.

L'été se finit et avec lui la saison des bikinis, des pompiers pyromanes et des mabouls incendiaires. Pendant ce temps-là, Poutine bombarde l'Ukraine et compte ses morts (environs 80 000 soldats russes) et, objectivement, c'est de sa faute. En France, ça vous prend un air de gueule de bois. Les prix flambent. Les factures de gaz et d'électricité s'annoncent salées. Mélenchon se ressent pousser des ailes. Paraît qu'c'est pire au Royaume-Uni et en Allemagne.

12.

Entendu ce matin sur France Culture, le 29 août 2022, que l'on estimait les pertes russes à 80 000 morts et disparus. 80 000 en six mois de guerre ! Ça fait plus de 10 000 personnels par mois. Une tragédie pour la Russie. Sachant que l'Ukraine est, grâce à l'UE et aux États-Unis, de mieux en mieux armée, comment voulez-vous que Poutine puisse conquérir autre chose que le Donbass qui lui était censément acquis ?

13.

Démocratie, liberté d’expression, bien sûr que je suis pour, mais si on essaie de me faire croire que c'est la petite Ukraine qui a agressé l'immense Russie, alors qu'en février 2022, Poutine ne cessait d'amasser des troupes à la frontière, autant tenter de me faire admettre que 2 et 2 font 5.

14.

Paraît que Medvedev a déclaré récemment que « l'opération spéciale est menée pour éviter la troisième guerre mondiale. Si l'Ukraine était dans l'OTAN et qu'un dirigeant fou ukrainien aurait eu l'idée d'attaquer la Russie, ça aurait marqué le début d'une nouvelle guerre mondiale. » (fin de citation).

Ah tiens, mais on peut aussi renverser l'argument :

L'Ukraine n'est pas dans l'OTAN et si un dirigeant fou russe avait l'idée d'attaquer l'Ukraine, ça pourrait marquer le début d'une nouvelle guerre mondiale.

15.

Poutine est coincé. Le FSB lui ayant fait croire que ses soldats seraient accueillis en libérateurs en Ukraine, il est maintenant obligé de mener une guerre que, semble-t-il, il n'avait pas prévue. Le GRU et l'Etat-major étaient-ils au courant des dysfonctionnements du FSB ? Autrement dit, Poutine est-il entouré d'incompétents, voire de traîtres ?

16.

La rumeur fait de Medvedev un alcoolique. Et les gens de s'en moquer. Moi, je comprends. C'est vrai que le rôle de doublure et de marionnette de Poutine obligée de débiter des âneries poutiniennes à longueur de temps, ça vous tue un homme, surtout s'il est intelligent (ça, j'en sais rien).

17.

Je crois Lavrov et Guerassimov assez intelligents pour négocier l'arrêt des hostilités avec la Triade. Je m'interroge sur Choïgou, que l'on dit pétri d'ânerie eurasiste. je pense que Douguine est fou. Medvedev et Peskov ne sont-ils que des sous-fifres opportunistes ?

18.

Les trolls pro-Poutine rappellent sans cesse que les politiciens ukrainiens sont corrompus. Il est, dit-on, que l'Ukraine d'avant le déclenchement de la sale guerre de Poutine était considérée par les observateurs comme étant très corrompue.

La corruption supposée de Zelinsky et autres notables ukrainiens justifie-t-elle les bombardements massifs ? Justifie-t-elle les crimes de guerre, viols, tortures et assassinats perpétrés par l'armée russe ? Et que dire de la corruption avérée des oligarques poutiniens ?

Patrice Houzeau

Malo, le 29 août 2022.

28 août 2022

BIN V'LA QU'IL RECULE LE REEL MAINTENANT

BIN V'LA QU'IL RECULE LE REEL MAINTENANT

 

1.

« L'image de la maison était instable, elle palpitait, comme si l'édifice oscillait alternativement entre la réalité concrète et une insubstantialité incertaine. »

(Philip K. Dick, « Ubik »)

2.

Sautant, à mon habitude, d'un paragraphe l'autre, dès que je croyais saisir de quoi qu'ça cause, me dispensant ainsi de lignes et de précisions ralentissant le rythme auquel j'aime à dévorer, je ne me suis pas mis aisément à la lecture du « Ubik » de Philip K. Dick.

3.

Je m'aperçus vite que je ne comprenais rien et me demandais dans quel roman de spatiogare pour poulpe cosmique en transit j'étais supposé me plonger. Ayant lu précédemment le très bon « Code Rebecca » de Ken Follett, la désorientation me floutait le truc.

4.

En ces temps d'urgence critique, lire des romans de genre est un luxe. Certains disent aussi que manger de la viande est un luxe, et ils prétendent nous en culpabiliser. Et je ne parle pas du salutaire droit à l'indifférence. Bref, fâcheux et tartuffes sont à la mode.

5.

Dans « Ubik », Philip K. Dick évoque un univers où les objets « régressent ». Ils retournent à des états anciens et donc sont frappés d'obsolescence.

Le roman « Ubik » mêle des temps.

Les temps ne sont pas des légumes. Pourtant, Philip K. Dick s'y entend à composer ses macédoines spatio-temporelles.

Que les objets puissent régresser, comme si c'étaient eux qui remontaient le temps et non pas nous, rend le roman intéressant.

Si « Ubik » avait raconté l'histoire d'un jeune homme et d'une jeune fille dont l'amour est contrarié par la rivalité et l'inimitié des familles, cela aurait pu être intéressant aussi.

Mais bien sûr, c'est l'art qui fait tout, et c'est tout l'art des écrivains de nous faire adhérer à tout un tas de choses, dont beaucoup de sottises.

6.

« Ça désigne les pouvoirs parapsychologiques, » expliqua Joe. « La force mentale opérant directement, sans l'intervention d'aucun intermédiaire physique. »

(Philip K. Dick traduit par Alain Dorémieux , « Ubik »)

Les pouvoirs parapsychologiques, c'est pareil, ce ne sont pas des légumes.

Ce n'est pas la tomate qui envoûte.

Ce n'est pas le concombre qui maudit.

Et vous ne faites de mal à personne en dégustant vos tomates, vos concombres, vos haricots verts, beurre, blancs, rouges.

Le cœur de bœuf n'est pas un légume, mais il peut fasciner.

Paraît qu'on s'en sert pour envoûter (c'est fascinant).

Quant à la « force mentale », elle non plus, pas un légume. Votre cerveau, c'est pas du salsifis, car ce n'est pas en invoquant l'esprit du salsifis que vous allez ruiner votre voisin, ou séduire la charmante Elvire.

Remarquez que l'électronique peut nuire à distance.

Les hackers sont-ils de modernes sorciers ?

7.

Comme je vais certainement me séparer de certains livres (j'en ai trop), je pense que je vais conserver « Ubik » de Philip K. Dick (quelle claque, cette histoire de réalité qui recule). Quant au « Code Rebecca » de Ken Follett, je ne sais pas. Habile, mais j'ai du mal à comprendre comment, à la fin du roman, l'espion allemand, dont toute l'intrigue prouve la virtuosité, ne reconnaît pas le major Vandam. Habile, prenant, mais, comme tous les thrillers, un poil trop fabriqué.

8.

Alors qu'il se trouve dans un temps régressé, Joe évoque la guerre en Europe. Son interlocuteur lui dit ceci : « C'est comme le sénateur Borah et le sénateur Nye. S'ils n'étaient pas là, Roosevelt serait déjà en train de vendre des munitions à l'Angleterre et de nous entraîner dans une guerre qui n'est pas la nôtre. » Visionnaire Philip K. Dick.

9.

« Les graffiti avaient raison. Ce monde est celui de la semi-vie, comme le disaient les distiques. »

(Philip K. Dick, « Ubik »)

On ne se pose généralement pas la question de savoir si les graffiti ont raison.

Ils sont souvent obscènes, les graffiti.

Ce n'est pas la véracité des messages qui importe mais le caractère brut de leur expression.

Du punk avant l'heure, les graffiti. Du très ancien punk.

De même que les fatrasies médiévales précèdent certaines comptines psychédéliques.

Quant à ce monde, qu'il soit celui de la « semi-vie », nous n'en doutons pas. L'autre moitié étant tissée de fantasmes.

Patrice Houzeau

Malo, le 28 août 2022.

 

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