Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

BREFS ET AUTRES

Publicité
27 juillet 2020

DE L'OBLIGATION DE PAYER POUR POUVOIR S'EXPRIMER

DE L'OBLIGATION DE PAYER POUR POUVOIR S'EXPRIMER

 

 

 

  1. Dieu est la condition de l'humain autant que l'humain est la condition de Dieu. Peu importe que Dieu existe, ou que l'humain croit exister.

  2. Obliger les contributeurs de Twitter, les producteurs de tweets, à payer un abonnement reviendrait à faire payer ceux qui produisent le contenu sans lequel Twitter ne serait qu'une coquille vide.

  3. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner, c'est oublier que, si les contributeurs ne sont pas payés, c'est en raison des investissements nécessaires à la facilité d'emploi fournie par le système de publication de l'entreprise. C'est en l'occurrence un échange de services. Nous remplissons gratuitement vos pages en échange d'un accès gratuit.

  4. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner, c'est oublier que le marché ayant horreur du vide, à un outil qui serait désormais payant, succéderaient très vite d'autres systèmes gratuits dont la concurrence nuira à la pérennité de l'entreprise. On peut citer en Europe le cas de Canal +, télé payante qui, jadis puissante, a maintenant bien du mal à survivre et à faire face à la concurrence des chaînes gratuites.

  5. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner, c'est faire jouer un capitalisme étroit et de court terme, et pas forcément gagnant (il pourrait s'en suivre une succession de défections), contre un libéralisme ouvert, intelligent et de moyen terme, qui lui est gagnant, la popularité de Twitter étant assurée de s'accroître, étant donnée la qualité de bon nombre des publications que ses services permettent.

  6. Une petite remarque en passant aux belles âmes qui rêvent de toujours plus taxer et imposer les GAFAM. Croyez-vous réellement qu'une imposition très forte de Google et consorts serait favorable aux utilisateurs ? Evidemment que non, puisque ce que les Etats percevraient, les GAFAM en répercuteraient forcément le coût sur les utilisateurs. Pas nécessaire d'être ultra-libéral pour comprendre cela.

  7. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner est un mauvais calcul et, en bonne logique, c'est par la publicité et les investissements privés (via des partenariats) que Twitter pourra, non seulement améliorer son positionnement et ses résultats, mais même devenir leader.

  8. Obliger les contributeurs de Twitter à s'abonner ne peut être envisagé qu'en compensant le coût de cet abonnement par une rétribution des auteurs. Dès lors, l'utilisation de Twitter deviendrait une activité marchande et, à terme, serait soumise à des réglementations nationales qui pourraient s'avérer contraignantes pour chacune des parties.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 juillet 2020.

Publicité
25 juillet 2020

SCENES ET APERÇUS DE L'EMIETTEMENT

SCENES ET APERÇUS DE L'EMIETTEMENT

 

 

  1. La fenêtre sale laisse passer un jour verdâtre dans la pièce étroite et tapissée d'araignées plus ou moins véloces ; à la table encombrée d'assiettes sales, de bouteilles vides, au bout d'un verre plein, une main tremblotante et si peu de corps.

  2. Avec ses cheveux courts (ce jour-là, elle avait les cheveux courts), Zut regarde par la fenêtre l'autre Zut qui marche sur le chemin, de l'autre côté de la grille et des chardons et qui regarde les lèvres entr'ouvertes Zut derrière la fenêtre. Qu'est-ce que je fais là ? se dirent-elles.

  3. Les bords de la pièce sinuent juste en dessous des cheveux coupés par les ténèbres, continuent en zigzagant à travers les yeux verts et descendent sur les joues, longeant l'arête du nez, fendant les lèvres. J'ai au moins reconstitué son visage, se dit-il.

  4. Tchoc après tchoc, la pierre se déplace sur le tablier, esquissant des figures, projetant des frontières, créant des yeux. C'est toujours la même pierre, mais si multiple.

  5. Le baron barbu et assez bourru se barbant au bal des imberbes se barra tout bougonnant pour un bar où il but quelques bourbons.

  6. La terre sur laquelle il penche son corps voûté est noire ; de cet humus jonché de feuilles sortent des mains aussi squelettiques que lui même, s'agrippent à ses chevilles qu'il laisse là, sauvé soulevé soudain par des mains de lumière d'ange tombées des arbres.

  7. Maintenant, champ, pré, route, ferme, tout baigne dans le silence et une lumière brune sans éclats. Dans la grande pièce, le fusil armé, il scrute de ses yeux inquiets la respiration des murs. Sa tignasse poivre et sel, sa chemise à carreaux et son pantalon de toile bleue furent seuls retrouvés.

  8. « Un Chinois de Chinatown est-il aussi chinois qu'un Chinois de Chine ? » se demandait l'homme au chapeau blanc dans un chouette polar intitulé « Chinoiseries de choix pour Charly ».

  9. D'abord imperceptibles, les fissures s'élargirent, se multiplièrent. Les écailles de peinture tombaient en minuscules archipels sur le sol. Ailleurs, le papier peint gonflait, se déchirait. Cela se vit sur le visage des gens. On commença à parler d'émiettement du monde.

  10. Lorsque la pandémie du Covid sera terminée, se fera certainement entendre de plus en plus nettement la thèse encore assez sourde que le coronavirus est le fruit d'un complot international et qu'il a été créé en laboratoire afin de réduire drastiquement la population mondiale.

  11. Il ne manquera certainement ni de zozos, ni de complotistes professionnels pour faire circuler, pseudo-preuves et vidéos bidouillées à l'appui, l'idée que le Covid a été créé, qui par une Asie expansionniste, qui par une Amérique impérialiste, qui par une secte malthusienne, qui par Israël, qui par les Islamistes, qui par les Illuminati, qui par les extra-terrestres, qui par le Majestic 12, qui par le groupe Bildelberg, qui par l'extrême-droite, qui par l'extrême-gauche, qui par les Satanistes, qui par le Grand Remplacement, qui par les Admirateurs du Grand Pangolin.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 25 juillet 2020

     

25 juillet 2020

DE LA SUBSTITUTION DU CONCEPT PAR SA CONDITION

DE LA SUBSTITUTION DU CONCEPT PAR SA CONDITION

 

 

  1. « Le concept du devoir dans toute sa pureté » : dans ce début de phrase, Kant (traduit par Guillermit) rappelle que la qualité d'un concept est dans sa pureté.

  2. Si l'on désigne le concept par A et si l'on désigne par « x » la pureté de A, nous dirons donc que « x » est inhérent à A, ou que « x » est la condition de A, mais si « x » est la condition de A, A est-il la condition de « x » ? Il y a-t-il concept dès qu'il y a pureté ?

  3. Y a-t-il concept dès qu'il y a pureté ? Lorsque je parle par exemple de la « pureté d'une phrase » ou « de la pureté de la langue d'un auteur », à quoi fais-je référence sinon au concept de pureté du langage, cependant que l'emploi de ce concept suppose un jugement esthétique : ce que l'on appelle ici « pureté » peut-elle être simplement « pauvreté d'expression », « degré zéro de l'écriture » ?

  4. La mort est-elle un concept ? Ou n'est-elle jamais qu'un état ? Parler de la pureté de la mort n'a-t-il de sens qu'en poésie, cependant que je puis désespérément affirmer une « pureté de la mort » face aux compromissions du réel. C'est sans doute ainsi que raisonne Antigone.

  5. La pureté est-elle la manifestation du concept ? Ainsi, la violence d'un meurtre, la violence pure, dans laquelle n'apparaît aucun signe d'empathie, d'hésitation éthique, est-elle la manifestation du concept de Mal qui serait ici compris au sens de « Mal absolu » ?

  6. L'on voit que le terme « pureté » pourrait aisément se substituer au terme de « concept ». Autrement dit, « x » étant la condition nécessaire et suffisante de A, « x » serait employé pour A. Ce tour de passe-passe logique est fort utile aux sectaires, qui encouragent leurs disciples à commettre des meurtres en fonction de la pureté de leur foi.

  7. Si je désigne par F le concept de la foi et si j'attribue à F la qualité nécessaire et suffisante « y » de « l'obéissance absolue à F », il devient dès lors aisé de convaincre le croyant de, par exemple, commettre un crime au nom de cette foi, puisque dès lors « y » se confond avec F de telle sorte que qui n'obéirait pas aveuglément trahirait sa foi.

  8. Comment empêcher cette substitution du concept par le nécessaire et le suffisant ? Comment empêcher que « x » n'oblitère A ? Probablement faut-il chercher dans l'emploi quotidien que nous faisons des concepts. Autrement dit, utilisons-nous toujours les concepts de façon pure ?

  9. Je note que les mathématiques, ou encore la musique, se caractérisent par la pureté de leurs systèmes de notation. Puis-je dire que mathématiques et musique sont de purs arts conceptuels ? Est-ce que cela a un sens en mathématiques de dire que « x » oblitère A et que la condition nécessaire et suffisante se substitue au concept ?

  10. Puis-je dire que l'ensemble des signes qui constituent le langage mathématique participe de sa définition de telle sorte que la condition nécessaire et suffisante du langage mathématique est l'emploi logico-mathématique de l'ensemble de ces signes ? Autrement dit, le concept de mathématiques n'existe-t-il que parce qu'il existe un ensemble ouvert de signes qui le définissent ?

  11. Je note qu'il en est de même pour les codes et les langages informatiques, lesquels n'existent en tant que concepts qu'en raison de la création d'ensembles de signes (pourrait-on parler aussi de processus?) qui permettent codage et utilisation des langages informatiques. Autrement dit, le concept est ici l'ensemble des signes du code.

  12. Je note aussi qu'il me semble que cette possibilité conceptuelle est l'apanage de l'humain. Peut-on parler de « code » en parlant du langage des animaux ? Intuitivement, on serait tenté de répondre par l'affirmative si l'on considère que les animaux se manifestent les uns aux autres par des signaux. Mais ces signaux semblent innés et ne correspondent donc pas à la notion de système ouvert créé par les humains : l'humain peut toujours ajouter de nouveaux signes, de nouvelles conventions d'écriture à tel ou tel code.

  13. Utilisons-nous toujours les concepts de façon pure ? Certes, il existe bien un « code pénal » et la philosophie du droit ne cesse d'affiner les définitions caractérisant la façon dont on doit juger des conflits humains. En ce sens, la Justice apparaît comme un concept dont la pureté ne cesse d'être convoquée, mais il est aussi que l'humain, si rationnel et raisonnable soit-il, vit aussi en réagissant.

  14. Les réactions humaines sont-elles les conditions d'un concept spécifique ? Serait-ce se montrer essentialiste que d'affirmer que les réactions de l'humain définissent le concept d'humanité ?

  15. Deux conceptions dès lors s'affrontent : une conception relativiste qui voit en l'humain une infinité de réactions de tous ordres (des plus admirables aux plus « inhumaines ») face à une conception positiviste (ou encore humaniste, ou universaliste) qui verrait en l'humain un ensemble de réactions à conditionner par l'éducation, la raison, la science, la politique etc...

  16. Utilisons-nous toujours les concepts de façon pure ? Vivons-nous en respectant scrupuleusement les conditions nécessaires et suffisantes des concepts qui définissent notre humanité (le Vrai, le Bien, le Beau, le Juste) ? Qu'en 1797, Kant se soit posé la question du mensonge dans un ouvrage intitulé « Sur un prétendu devoir de mentir par humanité » indique que la question mérite d'être posée.

  17. Vivons-nous en relativistes ou en positivistes ? Cette question permet-elle de rendre compte, ne serait-ce qu'en partie, des affrontements politiques actuels ? Lesquels, comme on voit, semblent de plus en plus âpres.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juillet 2020.

24 juillet 2020

CHRONIQUE DU 24 JUILLET II

CHRONIQUE DU 24 JUILLET II

 

 

  1. « Le sujet qui n'est pas en rébellion doit pouvoir admettre que son souverain ne veut pas lui faire d'injustice. »
    (Kant traduit par Guillermit, « Théorie et pratique »)

  2. Que, comme l'écrit Kant, « le sujet doit pouvoir admettre que son souverain ne veut pas lui faire d'injustice » suppose une confiance dans le jugement du souverain dont, en dehors des recours judiciaires, seule la liberté d'expression peut débattre.

  3. Concrètement, depuis plusieurs années grandit dans l'opinion publique le sentiment que les gouvernements successifs agissent sciemment contre l'intérêt du peuple. Autrement dit, le sujet considère de plus en plus souvent que le souverain agit de façon malveillante. D'où le fait qu'il est courant actuellement de voir l'homme confondu avec sa fonction : d'où des agressions commises sur des élus, et parfois une détestation assumée de la personne même d'Emmanuel Macron.

  4. La position de La France Insoumise est intéressante car elle ne met pas en cause directement le souverain (en dehors du jeu de postures habituel à la « Société du Spectacle »), mais les institutions de la Vème République, lesquelles sont ainsi jugées comme étant hyper-présidentielles.

  5. Contestant l'hyper-présidentialisation de la Vème République, La France Insoumise en appelle donc à une VIème République, qui, d'après ce que je comprends, serait fondée sur une assemblée de type « constituante » révocable par les électeurs : sous quelles conditions ?

  6. Il est cependant que les Français sont loin de plébisciter les idées de La France Insoumise tout en marquant, à chaque élection, leur défiance envers les partis politiques et leurs élus soit en pratiquant le « dégagisme » (ce qui a permis l'élection de Macron), soit en s'abstenant.

  7. L'élément principal que nous devons retenir est le suivant : depuis 1973, le monde est plongé dans un crise économique qui ne cesse, cycle après cycle, de s'aggraver cependant que viennent s'y ajouter crise climatique et crise sanitaire. Ce sont les estomacs vides qui font les Révolutions, nul besoin de sortir de Sciences Po ou de l'ENA pour comprendre cela.

  8. Or, cette défiance de plus en plus nettement exprimée des Français envers leurs gouvernants masque une angoisse plus profonde : et si les générations à venir connaissaient à nouveau ce que les générations plus anciennes ont connu : chômage, précarité, misère, voire les Etats en guerre ?

  9. Soyons honnêtes : j'admire cette volonté de se divertir que les Français manifestent en allant encore au restaurant, ou au bord de la plage, ou chez eux devant des séries qui font passer le temps, ou écoutant d'illustres inconnus disserter à n'en plus finir sur les mérites d'une série de science-fiction. Cette volonté est fascinante mais ce goût du divertissement pourrait ressembler de plus en plus à de l'inconscience.

  10. Il me semble parfois que nous sommes dans l’œil du cyclone, que nous attendons une deuxième vague de pandémie et donc une aggravation de la crise économique en se disant : on verra bien. Mais je crains que ce « on verra bien »  soit suivi de beaucoup de désillusions, de frustrations, de colères et d'une défiance encore plus grande envers des dirigeants qui sont désormais rentrés dans une ère du soupçon qui ne me semble pas prête de s'arrêter.

  11. Certes, on me rétorquera que le monde de 1945 était dans un état bien pire (et même au bord d'une 3ème guerre mondiale) mais la nécessité de reconstruire et le faible coût des matières premières ont assuré la prospérité du Monde Libre. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, d'autant que le problème de la rareté naturelle des ressources et celui des pressions migratoires se font de plus en plus aigus.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 24 juillet 2020.

24 juillet 2020

CHRONIQUE DU 24 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 24 JUILLET 2020

 

 

  1. Serait pas question d'un impôt européen (rapport au « pognon de dingue » que l'UE doit débloquer pour payer la conception technocratique de la santé du gouvernement français par exemple), mais de taxes aux frontières européennes, et donc quoi qu'on fait avec les traités de libre-échange, des confettis ?

  2. En ce moment, ceux qui boursicotent doivent avoir le cœur bien accroché, les nerfs d'Edouard Philippe et la perspicacité de Sherlock Holmes, car vu qu'l'Covid revient sur son grand cheval macabre, j'parierais pas trop sur l'avenir de certaines entreprises, moi.

  3. Entendu sur France Info que certains turbos de chez Renault, i chaufferaient un peu trop qu'ça pourrait causer des accidents. Rassurez-moi, s'raient pas fabriqués en Chine défois... Ou alors, zont des ingénieurs un peu nuls, ah si, ça arrive même dans notre merveilleux système éducatif à Blanquer ce génie, ou alors, c'est du sabotage industriel, ah si, ça arrive aussi.

  4. Entendu que Laurent Joffrin, pas moins sot qu'un autre remarquez, voulait créer un mouvement de gauche de gouvernement genre c'est pas assez le foutoir à gauche comme ça qu'on en rajoute une couche. Paraît qu'ça n'a rien à voir avec un éventuel retour de Hollande et de sa « présidence normale » que plus personne n'en voulait au bout de trois ans.

  5. Comment ça s'fait qu'on en est arrivé à un système où on bouffe du politique matin, midi et soir ? Est-ce que qu'on s'rait pas dans une sorte de politocratie défois ; c'est pas-t-y ça la modernité complexe à Macron, le pouvoir aux grandes gueules et aux bricoleux, la tyrannie des zozos ?

  6. Paraît que Patrick Balkany a été encore mis en examen pour chaipaquoijmenfous. Bah, ça lui fait une occupation, à pépé là, entre deux séances de Zumba des rues, i voit des gens (juges, avocats, journalistes, avocats, juges, médecins, journalistes etc...) A son âge, faut savoir s'occuper.

  7. Défois, j'ai des remords que j'me dis, c'est pas bien d'se moquer que Macron aussi il a un cœur et Darmanin aussi, et des parents qu'c'est bien triste allez, mais quand je vois ce qu'ils peuvent se mettre dans les poches tandis que tant de gens rament je me dis qu'ils aillent se faire...

  8. Entendu à la radio qu'les Chinois des ambassades et consulats i zouvraient plein de comptes sur les réseaux sociaux histoire de faire d'la pub pour le pays du pangolin farceur. Ça m'fait penser au film « Les Barbouzes » avec plein d'yeux chinois qui observent tous les autres (des espions, rien que des espions sauf le Français qui lui est un contre-espion).

  9. On rigole, on rigole, mais un film comme « Les Barbouzes » de Georges Lautner (film culte dans le genre farce et fantaisie), i s'rait plus possible aujourd'hui, Lautner croulerait sous les procès. Non, maintenant faut faire dans le drame dardennien ou le consensuel bisounours (tout le monde il est égaux sauf les méchants évidemment).

  10. Y a une vague histoire de fourchette et de prison que j'ai pas bien compris qu'un condamné célèbre comme un gangster menaçait un autre avec une fourchette si celui-ci ne lui faisait pas euh... Voyez qu'les Chinois ont raison, tout ça n'arriverait pas si nous mangions tous avec des baguettes.

  11. Et pendant ce temps-là qu'on discute, un soldat français s'est fait tuer, le 23 juillet 2020, au Mali, lors d'un affrontement avec je ne sais qui de terroriste, et vous verrez que si ça continue, les Etats, si ce n'est pas déjà le cas, vont employer des armées privées.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 24 juillet 2020.

Publicité
24 juillet 2020

NOTES SUR UN VERS DE MICHEL HOUELLEBECQ

NOTES SUR UN VERS DE MICHEL HOUELLEBECQ

 

 

 

  1. « Ma sœur était très laide à l'âge de dix-sept ans, »
    (Michel Houellebecq, « La Poursuite du bonheur » [le narrateur])

  2. Que signifie « être très laide à l'âge de dix-sept ans » ? Ce vers de Michel Houellebecq suppose un monde d'illusions, de déceptions, de frustrations et il est notable que quelques mots simples donnent ainsi à songer. Je note aussi que les gens sont souvent plus forts qu'on croit.

  3. Que signifie qu'un narrateur écrive « ma sœur était très laide » ? Il s'agit de poésie et l'on fait donc facilement la confusion entre auteur et narrateur. Il n'en reste pas moins que la poésie ici se livre au discours de l'intime.

  4. En parlant des gens, qu'appelle-t-on laideur ? Qu'importe que l'on considère la beauté physique comme en soi ou relative aux conditionnements de notre programmation sociale, nous vivons en considérant que telle personne est agréable à regarder et que telle autre non.

  5. Je note qu'en matière d'esthétique nos goûts changent en même temps que change notre langue. Peut-on considérer que le français des classiques, le français du grand style des XVII et XVIIIème était porteur d'un goût supérieur à celui que sous-entend notre français moderne ?

  6. Le français du grand style est beau en l'usage qu'il fait des règles et des mots ; c'est une manière de jouer joliment des signifiants, cependant que les signifiés vivaient leur vie dans un réel dont nous sommes les héritiers et les critiques.

  7. Que le français du grand style soit beau est un jugement, je crois, largement répandu cependant que d'ici un siècle ou deux, il n'apparaîtra sans doute ni beau, ni laid mais « objet d'étude » à la manière dont nous lisons le français des romans de Chrétien de Troyes.

  8. On pourrait sans doute reprocher aux pouvoirs publics de laisser le français se dégrader ; écrivant cela, je pense à ce français des « éléments de langage » et des expressions anglo-saxonnes qui semble tant réjouir les veaux du pré politique.

  9. Que l'on reproche au gouvernement de ne plus se soucier du maintien d'un français de qualité, fait de la langue un enjeu politique et nous n'oublions pas que si le grand style fut la langue de la noblesse (du Roi comme de La Fronde), il fut aussi la langue de Voltaire et de Rousseau.

  10. Considérer la langue comme un enjeu politique ne légitime-t-il pas que soient étudiés de près la langue technocratique de Macron and Co, la novlangue tant pédagogiste que ministérielle ainsi que les pré-supposés et les connotations du lexique des extrêmes.

  11. Si la langue est un enjeu politique, le ministère de l'éducation nationale ne serait-il pas bien inspiré d'augmenter à tous les niveaux le nombre d'heures de français, au lieu d'en faire parfois un simple auxiliaire d'un enseignement qui n'a parfois que l'apparence d'être professionnel ?

  12. Le constat de cette dégradation du français explique-t-il la prudence de l'Académie française dans ses recommandations et sa défiance envers les différentes réformes de l'orthographe qui, étant donné l'appauvrissement des lexiques, nous semblent souvent malvenues ? L'usage ne précéderait-il plus la norme ?

     

Patrice Houzeau
Malo, le 24 juillet 2020.

23 juillet 2020

DU DESIR DE CONNAÎTRE

DU DESIR DE CONNAÎTRE

 

 

  1. L'humain défois il exagère tant i s'plaint qu'on dirait qu'il va mourir et puis après ah ça on n'les entend plus s'plaindre tant ils sont morts.

  2. « Or, comment ne s'agirait-il pas de quelqu'un rempli du désir de connaître, celui qui par la connaissance et par l'ignorance peut distinguer le prochain de l'étranger ? »
    (Platon traduit par Georges Leroux, La République, II)

  3. Le « désir de connaître » distingue-t-il l'humain de l'animal ? Et si chacun a pu observer combien nos animaux domestiques peuvent se montrer curieux, renifleurs et explorateurs, on exagérerait sans doute en estimant les animaux capables de problématiser.

  4. Le « désir de connaître » est-il partagé par tous ? On met souvent en avant que ce « désir de connaître » serait naturel puisque présent, nous dit-on, chez tous les bambins. Si ce « désir de connaître » est naturel, peut-on dire qu'il relève de l'espèce comme la curiosité de l'animal manifeste l'être au monde de son espèce ?

  5. Serait-il possible que, par une éducation particulièrement fine et attentive, cette faculté puisse se développer de sorte que la plupart des enfants, en grandissant, transforment cette faculté en qualité et ainsi progressent beaucoup mieux qu'actuellement dans leurs études ? Ou ce « désir de connaître » remarqué chez les bambins n'est-il jamais qu'une manifestation de l'espèce au même titre que chats et chiens se montrent curieux de leur environnement ?

  6. Si ce « désir de connaître » remarqué chez les bambins n'est jamais qu'une manifestation de la façon dont l'humain réagit à son environnement, ne faudrait-il pas dès lors distinguer ce qui relève de la curiosité enfantine et ce qui relève de la volonté de savoir qui anime les adultes ? Qu'en est-il dès lors des curiosités adolescentes ?

  7. Si je considère que le « désir de connaître » est une qualité développée chez certains adultes, cette qualité est-elle suffisante à expliquer la naissance et le développement de tant de civilisations complexes qui ont mené le monde là où il en est, c'est-à-dire au bord du gouffre, (je dis ça bien sûr car je suis ironique) ?

  8. Si je considère que le « désir de connaître » est une qualité développée chez certains adultes, est-ce par absence de « désir de connaître » que certaines sociétés, dites « primitives », n'ont pas varié depuis des siècles dans leur mœurs, leurs coutumes, leurs techniques ? Serait-il que ce « désir de connaître » créateur de civilisation soit purement culturel et ne soit fondé que sur les ressources de la langue ?

  9. L'humain est-il aussi paresseux qu'ingénieux, et ayant à sa disposition la clé merveilleuse d'une langue productrice de savoirs, est-ce volontairement que la plupart des adultes laissent à d'autres (savants et ingénieurs) le soin de créer les outils nécessaires au progrès de la civilisation, laquelle est comme on sait, au bord du gouffre ?

  10. Le fait que les structures sociales laissent à certains le soin d'inventer et de créer tandis que la majorité est vouée à exécuter est-il lié aux structures de nos langues ? A notre histoire ? A l'inconscient collectif ? A la politique et au développement du capitalisme ?

  11. Pourquoi est-ce que je lis dans cette phrase de Platon cette antinomie : « celui qui par la connaissance et par l'ignorance peut distinguer le prochain de l'étranger » ? Pour ma part et avec ma mauvaise foi habituelle, je lis « volonté de ne pas savoir » et donc « indifférence ».

  12. Comment pouvons-nous distinguer le « prochain » de « l'étranger » ? Le fait de connaître quelqu'un suffit-il pour le considérer comme notre « prochain » ?

  13. Pour ce qui est de l'étranger, par définition, nous ne le connaissons pas. Dès lors, est-ce un mal en soi de ne pas éprouver la volonté de connaître celui qui nous est étranger ? Autrement dit, pouvons-nous revendiquer un droit à l'indifférence ?

Patrice Houzeau
Malo, le 23 juillet 2020.

22 juillet 2020

A QUOI NOUS PREPARONS NOUS

A QUOI NOUS PREPARONS-NOUS ?

 

  1. Les universalistes me semblent parfois des gens qui prenant les humains pour des sacs tentent d'y introduire coûte que coûte des impératifs catégoriques qui ne sont légitimes que par la subtilité de la langue allemande à produire des arguments.

  2. Je me demande si l'écologie politique s'estime compétente en matière de culture. Disons que ne m'étonnerait aucunement qu'au nom d'on ne sait quel état d'urgence sanitaire des pratiques culturelles, une gouvernance écologiste en vienne à censurer « mauvais genres » et auteurs sulfureux.

  3. Peut-on dire qu'avec le Covid, la nature nous envoie un « message », voire un « ultimatum » ? La nature dialogue-t-elle avec l'humain, ou n'est-ce pas plutôt que la pandémie oblige les humains à se poser des questions, c'est-à-dire à dialoguer avec eux-mêmes ?

  4. Est-ce que tous les Français qui votent à gauche sont de gauche ? L'élection de François Mitterrand en 1981 a-t-elle signifié que les idées de gauche étaient désormais largement répandues en France, ou a-t-elle seulement prouvé que l'opinion était changeante et influençable ?

  5. « La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants. »
    (Karl Marx, « Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte »)

  6. Ne sommes-nous que ce que nos ancêtres furent ? Les structures sociales perdurent-elles à travers les siècles, ne changeant jamais que d'apparence, voire de nom ? La technocratie, sous couvert de modernité, a-t-elle pour fonction de masquer la persistance des inégalités et la continuité de la lutte des classes ?

  7. A quoi préparons-nous les générations en formation ? A une réorganisation de la Triade et au maintien d'un ordre mondial basé sur une gestion toujours plus rationnelle des ressources ? A l'illusion des fédéralismes ? A maintenir l'asymétrie des inévitables conflits à venir ?

  8. « La tradition de toutes les générations mortes » évoquée par Karl Marx, est-ce l'ensemble des structures sociales qui influencent nos choix et guident nos vies de sorte que nous croyant libres, nous repassons « librement » par les mêmes opinions et les mêmes chemins que nos parents.

  9. A quoi préparons-nous les générations en formation ? A « inverser la pyramide sociale » ? A la secte universelle, communautaire et égalitaire ? A la « fin de l'Histoire » ou au déclin de la civilisation judéo-chrétienne au profit d'un monde partagé par les Orients ?

  10. A quoi préparons-nous les générations en formation ? A la disparition progressive de l'humanité en proie aux pandémies, au réchauffement climatique et à la surpopulation ? A la victoire d'un monde sur un autre ?

  11. L'humain est-il la répétition de l'humain ? Le transhumanisme n'est-il qu'une fiction destinée à attirer les capitaux d'investisseurs privés et naïfs ? La multiplication de l'humain et la surpopulation qui en découle sont-elles inscrites dans le destin génétique de l'humanité ?

    Patrice Houzeau
    Malo, le 22 juillet 2020.

22 juillet 2020

DU REEL DU VRAI ET DE LA FICTION GRAMMATICALE

DU REEL DU VRAI ET DE LA FICTION GRAMMATICALE

 

 

  1. « n'êtes-vous pas au fond en train de dire que tout, le comportement humain mis à part, n'est que fiction ? » - Quand je parle d'une fiction, c'est d'une fiction grammaticale. »
    (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques » 307)

  2. Dans quelle mesure fait-on preuve de mauvaise foi lorsqu'on dit que « tout est fiction » ? Peut-on supposer qu'un fait échappe à l'alternative du vrai et du faux pour rentrer dans celle du réel et de l'imaginaire ?

  3. Lorsque l'on écrit qu'un fait est avéré, parlons-nous du fait en soi ou du fait qu'il est vrai que le fait a été constaté ? Autrement dit, le fait en-soi, - le fait pur - existe-t-il ou n'est-il avéré que par la perception que nous en avons ? Autrement dit, le réel a-t-il un sens en soi ?

  4. Dans quelle mesure le comportement humain relève-t-il, ou non, de la fiction ? Puis-je expliquer les comportements du passé ? Comment expliquer une décision apparemment illogique ? L'Histoire peut-elle s'expliquer, ou n'est-elle qu'une nuit ?

  5. Comment expliquer toute décision humaine autrement que par des hypothèses ? L'ensemble des actions que nous appelons l'Histoire des humains est-il un ensemble de faits que nous ne pouvons expliquer que par des si et des peut-être ? L' Histoire est-elle hypothétique ?

  6. Lorsque j'ai recours à l'éthique pour juger d'un comportement, fais-je appel à la catégorie du « vrai » ou à celle du « réel » ? Autrement dit, est-ce que je juge en fonction de ce que devrait être le réel, ou mon jugement se base-t-il sur ce que je perçois du réel ?

  7. Si j'ai recours à la catégorie du « vrai » pour juger moralement un comportement du passé, suis-je un idéaliste ? Si j'ai recours à la catégorie du réel, suis-je un réaliste, un pragmatique ? Le monde politique se partage-t-il entre idéalistes et réalistes ?

  8. L'idéalisme est-il un universalisme ? Comment dès lors ne pas céder à l'essentialisme ? Est-ce dans cet essentialisme que les droits dits « naturels » puisent leur légitimité ? A contrario, le réalisme est-il un relativisme ? Ce relativisme est-il le fondement de « l'esprit des lois » ?

  9. Peut-on supposer que tout discours sur l'humain repose sur une « fiction grammaticale » ? Que ce n'est jamais qu'en fonction des structures d'une langue que nous jugeons des autres ?

  10. Dès lors, peut-on supposer sans mauvaise foi qu'une langue pourrait à la fois rendre compte du fait en soi et juger éthiquement de l'acte ? La Justice n'est-elle qu'un roman ? Et le débat contradictoire n'est-il qu'une scène de théâtre ?

  11. N'est-il pas vrai que c'est en jugeant en fonction du réel que nous sommes peut-être le moins injuste cependant que juger en fonction d'un vrai idéal revient à aveugler le réel par une lumière beaucoup trop intense pour la pauvre humanité que nous constituons ?

    Patrice Houzeau
    Malo, le 22 juillet 2020

22 juillet 2020

QUELQUES QUESTIONS SUR VIOLENCE ET MECHANCETE

QUELQUES QUESTIONS SUR VIOLENCE ET MECHANCETE

 

 

  1. « - Je veux dire, précisa Poirot, qu'aussi longtemps que vous ne savez pas très exactement quel genre de personne était la victime, vous avez peu de chance de comprendre pourquoi un crime a été commis. »
    (Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Cinq petits cochons »)

  2. Que signifie « savoir très exactement » ? Peut-on jamais savoir « très exactement quel genre de personne était une victime » ? Qu'est-ce qu'un « genre de personne » ?

  3. Se poser la question du « genre d'une personne », n'est-ce pas supposer une typologie des genres de personnes ? Si l'on considère qu'il y a un genre de personne exposée à être assassinée, de combien de sous-catégories ce genre est-il composé ?

  4. Quand augmente le nombre d'assassinats dans une population de personnes a priori peu exposées au risque d'être assassinées, le sentiment d'insécurité s'accroît-il ?

  5. Peut-on toujours « comprendre pourquoi un crime a été commis » ? Est-ce qu'il est toujours nécessaire de savoir « quel genre de personne était la victime » pour comprendre pourquoi elle a été assassinée ?

  6. Dans le cas des tueurs en série, est-il suffisant de comprendre quel genre de personnes étaient ses proies pour comprendre la mentalité du prédateur, ou le genre des victimes n'est-il qu'un paramètre parmi une foule d'autres définissant le profil singulier du meurtrier ?

  7. « En général, ils ne sont pas méchants, mais il ne faut pas leur demander d'être idéalistes ! »
    (Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Cinq petits cochons », [Poirot])

  8. Que signifie l'expression « en général » ? Ne se trompe-t-on pas à chaque fois que l'on fait une généralité ? La sociologie consiste-t-elle à débattre infiniment subtilement de généralités ? Existe-t-il une sociologie des sociologues ?

  9. Est-ce que cela a un sens de se demander si les humains sont « méchants » ? Affirmer que les gens, « en général ne sont pas méchants », n'est-ce pas faire preuve d'idéalisme ? Ou en tout cas de naïveté ? Qu'est-ce que la méchanceté ?

  10. Peut-on définir la méchanceté comme étant la manifestation de nuire volontairement à autrui ? La méchanceté est-elle un motif suffisant pour juger d'une mauvaise action ? Un marchand d'armes est-il quelqu'un de méchant ?

  11. La bienveillance peut-elle coexister dans une même personne avec une très grande violence, ou une très grande méchanceté ? S'il s'avère qu'un tueur en série n'est que méchanceté dans la totalité de son comportement, doit-on encore le considérer comme un être humain ?

  12. S'il s'avère qu'un tueur en série n'est que méchanceté dans la totalité de son comportement, et qu'il ne semble pas qu'il puisse jamais s'amender, doit-on absolument le maintenir en vie dans quelque prison alors que tant de gens honnêtes ont de plus en plus de mal à vivre ?

  13. Pourquoi la peine capitale apparaît-elle comme un marqueur de droite ? N'y a-t-il pas à gauche des gens favorables à la peine de mort ?

Patrice Houzeau
Malo, le 22 juillet 2020.

Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité