COMMENT ÇA BARJAC C'EST CHANTECOQ ?
COMMENT ÇA BARJAC C'EST CHANTECOQ ?
Notes et amusettes sur les chapitre 4, 5, 6 du "Belphégor" de Arthur Bernède
1.
« Et, d'un ton mystérieux, il ajouta :
- Ici, les bosquets pourraient bien avoir des oreilles... »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 4, [Barjac])
Bernède, « Belphégor », «Le restaurant des Glycines », Simone et Jacques mangent du caviar (c'est pas la cantoche hein).
Deuxième apparition de la Parisienne. « Quenelles de brochet au bourgogne » (le genre de truc dont je ne me doute pas et que je ne mangerai probablement jamais).
Simone remet « l'affaire du Louvre » sur le tapis. Un « coup d’œil rapide et quelque peu étrange ». Jacques est distrait. Simone boude. Simone entame une scène. Simone s'en va.
« On demande M. Claude Barjac au téléphone ». Jacques, « distrait et renfrogné », finit tout de même ses quenelles (il a bien raison). « C'est pour ce soir ! ». Dans quelques jours, je mangerai du boudin blanc.
Bellegarde va-t-il rompre et briser le cœur de la théâtrale Simone ? Jacques s'interroge sur l'identité de la Parisienne, laquelle « croquait, de ses jolies dents, de belles crevettes roses » (comme tout est beau et joli, dis ; c'est à ça qu'on voit que l'on est dans un roman).
2.
« - Père... fit-elle... je ne voudrais pas qu'il arrivât malheur à M. Bellegarde. »
(Arthur Bernède, « Belphégor », 1ère partie, chapitre 5, [Colette])
Bernède, « Belphégor ». « Où l'on assiste à des faits troublants ». Les portes de la salle des Dieux barbares sont « hermétiquement closes ». Le public voudrait bien, mais ne peut point. Un « mystère impénétrable ».
Déduction de Ménardier. « Un complice dans la place » et un adversaire peu commun. Projet d’exploration nocturne. Jacques Bellegarde lui aussi voudrait bien savoir. Et moi donc, mais c'est parce que j'aime bien les histoires à énigmes.
Une rencontre inattendue. La « charmante Parisienne ». Le courant passe. Jacques évoque les fantômes. Colette n'y croit « guère ». Il y a tout de même des choses qui hein (les pas dans l'escalier de la maison d'Hondeghem, avec personne dans l'escalier ; les pas dans le couloir de la maison d'Hondeghem, avec personne dans le couloir ; le signe que quelqu'un lui fit du bureau de la maison d'Hondeghem, avec personne dans le bureau).
Et puis, il y a Emile Tizané. A-t-il existé, Emile Tizané ? Et si tout ça était une astuce pour nous faire croire qu'il y eut un gendarme spécialisé dans les affaires de hantise, pour que l'on s'aperçoive qu'il n'y a jamais eu de gendarme spécialisé dans les affaires de hantise, et que donc l'on en conclue que les phénomènes de hantise, ça n’existe pas.
Sur France Culture, l'autre jour, le témoignage de quelqu'un qui a loué une maison qu'on disait hantée (coups et rire sarcastique) et puis, la personne l'a explorée un peu, la vieille maison (elle datait de 1810 je crois, 1810 ou 1910 ?) et y a découvert une pièce inusitée fréquentée par divers oiseaux et l'ironie d'un corbeau.
Revenons au fantôme du Louvre. Les musées sont-ils faits pour les revenants ? Mona Lisa a-t-elle été peinte pour fasciner les spectres ? Les spectres s'intéressent-ils à la peinture ? Le Fantôme du Louvre est-il, est-elle, est-on sûr qu'il, qu'elle ne soit pas le fantôme d'un historien d'art ?
Colette dessine. Papa Barjac s'inquiète. Le gardien vend la mèche. Jacques passera la nuit au musée. Colette l'aime bien ; papa Barjac aussi. Moi, j'aime bien le coq au vin, mais Belphégor n'en donne pas la recette.
3.
« - Quel malheur ! murmurait-il, mon vieux Belphégor, toi qui écris si bien, que tu ne puisses pas parler !... Car tu dois en savoir long... très long même... sur l'affaire qui nous occupe. »
(Arthur Bernède, « Belphégor » 1ère partie, chapitre 6 [Bellegarde])
Bernède, « Belphégor ». « Où grandit le mystère ». L'ombre dans la « grande cour ». Un rendez-vous nocturne. Dans la galerie. « Chez les « Dieux barbares ». Sur ses gardes, Bellegarde s'est muni d'un browning.
La lumière est-elle un symbole ? Bellegarde s'adressera cette nuit à Belphégor. Une anecdote « rigoureusement authentique » dit l'auteur, mais moi j'en sais rien, de la statue de la cathédrale de Dol en Bretagne qui contenait un trésor.
Cette nuit Bellegarde inspectera Belphégor. Apparition du Fantôme avec ses yeux (sinon i verrait rien).
Suaire noir, capuchon noir,
V'là Belphégor,
Suaire noir, capuchon noir,
V'la Belphégor qui rôde encore,
Avec ses yeux qui phosphorent
Avec ses yeux qui phosphorent
Avec ses yeux qui phosphorent
Fort !
Prends garde, Bellegarde ! Un nouveau « bond prodigieux ». Intervention de Barjac. Où Arthur Bernède, pour notre plus grand plaisir, n'hésite pas à employer les lieux communs les plus épatamment désuets. Pan ! Pan ! Pan ! Disparition du Fantôme.
Le Fantôme fait comme tout le monde, il prend l'escalier et n'y croise point la concierge. Un peu de casse-tête. Bellegarde, Barjac, Ménardier « et ses hommes ». Quel monde au musée ! Cette nuit du Fantôme est un véritable succès !
Troisième « bond prodigieux » (à mon avis, Arthur Bernède écrivait vite, et se relisait encore plus vite). Disparition définitive du chapitre 6. Ménardier suspecte Jacques. « barbe postiche », « perruque ». Comment ça, Barjac, c'est Chantecoq ? (quel nom à coucher avec les poules, dis).
Patrice Houzeau
Malo, le 19 décembre 2022.