POUTINE ROUGE IMPAIR ET PASSE
1.
27 décembre 2022 (16 heures 20) : le rouble toujours en baisse : 1 euro = 74, 76 roubles et l'indice RTS baisse fortement. Grignoti-grignota : l'argent des Russes s'en va. Où ça ? Dans la sale guerre de Poutine en Ukraine.
2.
28 décembre 2022 (14 heures 42) : le rouble toujours en baisse : 1 euro = 76,15 roubles et l'indice RTS a baissé de plus de 2%. La Bourse de Moscou se ferait-elle du souci ?
3.
Je me demande qui va crasher en premier : la bourse de Moscou ou le marché des cryptomonnaies (où les désillusions semblent s'accumuler).
4.
Dans l'état actuel de l'opinion, Quatennens serait sans doute la première victime du référendum révocatoire (et autre référendum d'initiative citoyenne) qu'il appelait jadis de ses vœux. « La révolution mange ses enfants ».
5.
29 décembre 2022. On évoque en Europe un retour violent du Covid à venir (de Chine selon toutes les apparences). Tout dépendra de la virulence des variants. Allons-nous vers un retour des restrictions ? L'immunité vaccinale (ou la « naturelle ») nous en préservera-t-elle ?
6.
Il semble qu'entre ce que Poutine assène (crédits illimités pour mener sa sale guerre en Ukraine, solidité financière de la Russie, potentiel militaire inouï, etc...) et la réalité, le gouffre s'élargit et s'approfondit. Poutine pourrait bien finir par tomber dedans.
7.
Les sanctions fonctionnent comme le prouvent l'effritement du rouble, les dysfonctionnements de plus en plus patents de l'économie de la Russie, la baisse régulière des indices de Moscou, les difficultés de l'armée sur le terrain.
8.
Il se pourrait que Poutine soit plus isolé qu'il l'imagine. Possible que ses alliés se méfient de lui, de son appétit de puissance (un empereur qui se rêve un empire) et de sa propension à éliminer physiquement les gens qui le gênent.
Il se pourrait donc en fin de compte que l'effet attendu des sanctions se fasse réellement sentir en 2023 et oblige Poutine à reculer, c'est-à-dire à trouver un prétexte pour ne pas se représenter en 2024 et laisser son successeur négocier avec l'Ukraine.
9.
Y en a des qui, à ce qu'ils affichent un peu prétentieusement, furent jadis des huiles et qui affirment que « l'Occident fait tout pour humilier la Russie » et d'ajouter : « Humilier la Russie, c'est fabriquer aveuglément l'Allemagne de 1933/1939. »
- Il ne s'agit pas « d'humilier » la Russie, mais de faire échouer Poutine dans sa tentative d’annexion de l'Ukraine. Ce qui fera chuter le régime oligarchique actuel. La Russie reprendra alors le chemin vers la démocratie et redeviendra un interlocuteur respectable.
- Ne pas décourager Poutine dans ses tentatives expansionnistes revient à fabriquer aveuglément une puissance eurasiate qui menacerait directement, via l'Ukraine annexée, l'UE et le monde libre.
- Je m'interroge sur le nombre de cadres de l'armée française et de l'administration, retraités ou pas, qui, pour des raisons que j'ignore, ont servi ou servent de relais à l'influence russe.
Le même affirme : « La réalité est que l'Occident bute sur un autre modèle politique et civilisationnel » (on dirait du Douguine). En l’occurrence, c'est plutôt Poutine qui « bute », et dans tous les sens du terme.
Désolé, mais je suis Français. Les Etats-Unis sont nos alliés. Ni les Etats-Unis ni la France ne sont parfaits mais ce sont des démocraties. La Chine et la Russie ne sont pas des démocraties et sont menaçantes. Point barre.
10.
29 décembre 2022. La chute du rouble se poursuit. A 17 heures 10, 1 euro = 77, 29 roubles.. 1 rouble = 0,012 euro. L'indice RTSI reste faible, à 936, 80 points (il était à 1500 avant le déclenchement de la sale guerre de Poutine en Ukraine).
11.
Les difficultés de l'armée russe en Ukraine sont certainement connues en Russie et l'idée qu'il vaudrait mieux prévoir une réserve de monnaies étrangères solides (dollar, euro, franc suisse,...), en cas de malheur et de nécessité de partir fait certainement son chemin... surtout si le rouble finit, malgré tout le talent de Elvira Nabioullina, par faire plouf.
12.
28 décembre 2022. Il se dit sur les réseaux sociaux que les agences bancaires russes commencent à manquer de cash. Si l'information s'avère exacte et que cette situation perdure et s'aggrave, se pourrait-il que les Russes remettent en cause la légitimité de leurs dirigeants ?
Les brouettes pleines de billets, c'est en cas d'hyperinflation. C'est ce que veut éviter la banque centrale russe. La Russie a des réserves, mais la guerre et les sanctions pèsent. La banque centrale, se refusant à réduire l'offre, n'a pas relevé son taux directeur, ce sont les ménages qui trinquent.
Bref, le système bancaire russe subit :
- des difficultés dues aux sanctions (il est beaucoup moins puissant)
- une organisation de la pénurie (l'Etat préférant balancer des missiles qui coûtent les yeux sur les Ukrainiens plutôt que de payer retraites et allocations).
D'où plus d'sous.
Ce qui pourrait signifier que :
- ou Poutine ne peut faire autrement que de gagner sa sale guerre rapidement s'il veut rétablir l'économie de la Russie.
- ou Poutine pense qu'il peut aussi gagner sa guerre économique et compte sur la docilité de sa population.
Conclusion : Lorsque le président Zelensky dit qu'il faut prendre les menaces nucléaires de Poutine au sérieux, je pense qu'il a raison. Si le système poutinien craque, qui sait jusqu'où un Poutine aux abois pourrait aller ?
A moins, comme j'ai tendance à le penser (ah optimisme !) qu'une partie de l'administration, de la finance et de l'armée agisse dans l'ombre et évite le pire à leur pays...
Patrice Houzeau
Malo, le 30 décembre 2022.