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BREFS ET AUTRES
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6 juin 2020

UN TEMPS VIENDRA OU IL SERAIT TU

UN TEMPS VIENDRA OU IL SERAIT TU

 

  1. En juin 2020, beaucoup d'établissements scolaires avaient l'air de coquilles vides hantés de quelques élèves plus ou moins épatés de la tournure des événements, de pédagogues masqués et de procédures administratives auxquelles il semble nécessaire de donner un sens.

  2. Il but un, deux, trois cafés assez lentement pour laisser aux cigarettes le temps de se fumer, tout en écoutant une émission sur Wittgenstein ; il avait lu aussi quelques feux mal éteints sur Twitter, éprouva l'envie d'écrire (ça le prenait souvent).

  3. « Qu'importe ma sagesse égale
      
    Celle des constellations
      
    Car c'est moi seul nuit qui t'étoile »
      
    (Apollinaire, « Lul de Faltenin »)

  4. Alors il nomma les choses et parmi les choses, certaines s'échappèrent du troupeau.
    Il sait leurs noms et sait les rappeler mais ne peut toutes les maîtriser.
    Ainsi la foudre peut le frapper et l'ombre l'engloutir.

  5. Alors il dénombra et nomma les astres et parmi les astres, certains brillèrent d'un étrange éclat.
    Il sait leurs noms et sait les évoquer mais ne peut tous les comprendre.
    Pourrait-il les comprendre, que cela n'empêcherait pas le bolide de l'anéantir ni le temps de refermer ses ailes.

  6. « Et tous les arbres de la campagne sauront que c'est moi, Yahvé,
    qui abaisse l'arbre élevé et qui élève l'arbre abaissé,
    qui fais sécher l'arbre vert et fleurir l'arbre sec.
    Moi, Yahvé, j'ai dit et je fais. »
    (La Bible de Jérusalem, Ezéchiel, 17, 24)

  7. Ce ne sont pas les arbres qui savent mais celui qui dénombre, nomme et fait prospérer la forêt.
    C'est ainsi qu'il dit et c'est ainsi qu'il fait.
    Celui qui sait dire et sait faire s'appelle l'humain, et la nature n'est douée que par l'humain et le Nom de l'être qui s'exprime en lui.

  8. Au monde, les lois du monde ; à Dieu, les lois de Dieu.
    « Alors il leur dit : « Eh bien ! Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (La Bible de Jérusalem, Luc, 20, 25)

  9. Les procédures administratives ont aussi leur dieu caché, qui n'est pas un dieu, mais un gardien de chair et d'os, un gardien tenté parfois par la domination de la procédure sur le libre-arbitre.

  10. Que les Ecritures inspirent les lois du monde est une bonne chose ; qu'elles se substituent aux lois du monde, c'est renier l'esprit et la liberté du Verbe qui parcourt l'humain, c'est mal nommer le Nom de l'être.

  11. Qu'on laisse courir, se répandre et enfler les lois du monde et au Verbe se substituera une norme aussi asservissante que l'imposture de celui qui croit juger au nom de Dieu.

  12. Il pensa à la jeune fille et que le nom de la jeune fille était un noyau sur lequel poussait la chair.
    Si le nom était signe, la chair, elle, était bien réelle.
    Le nom ne vieillirait pas. Un temps viendra où il serait tu.

  13. Bonjour monsieur je ne sais pas du tout je ne pense pas je ne sais pas du tout. Merci !

    Patrice Houzeau
    Malo, le 6 juin 2020.

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31 mai 2020

TECHNONO TECHNOCRACRA TECHNOCRA SISI

TECHNONO TECHNO CRACRA TECHNOCRA SISI

 

 

  1. Le Diable est un possédant. Je note que les saints modernes ont vécu parmi les pauvres, au contraire du possédant qui cherche à prendre possession du corps et de l'esprit, en soumettant l'humain à une technologie d'autant plus diabolique qu'elle semble salvatrice.

  2. Le technocrate utilise l'administration au profit d'une idéologie d'Etat. Ainsi, le professeur n'est plus un maître dans sa discipline, mais un agent (un « sachant » dans la novlangue pédagogisante) sommé de se plier au discours des pseudo-sciences de l'éducation.

  3. Plus une institution est en difficulté, plus elle tend à multiplier les processus de contrôle, et tire sur la corde de ce qu'elle appelle « loyauté », c'est-à-dire l'absence de tout discours critique et donc de toute contestation.

  4. Croire qu'un ministre de l'éducation en sait plus sur les élèves qu'un enseignant qui les pratique depuis plus de 25 ans prête évidemment à sourire et même parfois à rire (jaune, hélas).

  5. Il se dit que le ministre Blanquer a tenté, avec quand même de gros, très gros sabots, tenté de mettre au pas l'éducation nationale. Lui aussi s'est planté.

  6. Je sai pa qui cé Blanquere que Zut et Zozo dès qui zan causent du Blanquere là i s'mettent à s'gondoler comme des bas d'laine meme qu'ils disent que c'est un chédeuvre qu'il faudré l'encadrer.

  7. Entre « l'expert » qui dans ses bureaux parisiens affirme « C'est comme ça qu'il faut faire » et le prof de terrain, il y a autant de différences qu'entre le « stratège » qui affirmait « ils ne passeront pas par là » et le biffin qui vit les panzers débouler à travers la forêt des Ardennes.

  8. Amusant comme en si peu de temps, un virus a fait de lycées et d'universités plus ou moins prestigieux (tout est relatif) de simples coquilles vides.

  9. Il y a des romans faits pour le plaisir de la lecture. Y en a aussi des qui partent des tripes, font du style un sabre, flanquent en l'air l'ordre ordinaire des choses, et c'est pour cela que j'aime autant Claude Simon que San-Antonio.

  10. Défois qu'il a l'air de rigoler, mais en fait sacrément pourri d'angoisse. « Bin oui, mon Zozo, mais tu t'noies dans un verre d'eau aussi » qu'elle lui dit Zut, lucide.

  11. « Mais par les morts muets, par les morts qu'on oublie,
      
    Moi, rêveur, je me sens regardé fixement. »
     
    (Victor Hugo, « Dans le cimetière de... »)

    Défois qu'les yeux des morts nous reluqueraient, nous, flottants dans le vivant.

  12. Notre civilisation s'est construite sur tant de batailles et de massacres qu'il m'arrive de songer qu'un jour, ils se lèveront de leurs champs d'Europe là et viendront nous demander des comptes.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 31 mai 2020.

26 mai 2020

PERSPECTIVES ET IRONIES

PERSPECTIVES ET IRONIES

1. Pour moi, le début de la Genèse est un des plus beaux textes qui soit :

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme et un souffle de Dieu agitait la surface des eaux. »

2. Si on supprime les moyennes en dessous de 10 à la Sorbonne (en clair, si on valide le semestre de tous les étudiants), il faut bien sûr, les mêmes causes produisant les mêmes effets, supprimer l'oral de contrôle et accorder le baccalauréat à partir de 8 de moyenne.

3. Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques Je ne supporte plus les voix des politiques.

4. Tant que la menace du covid-19 et les risques de fermeture des entreprises perdureront, il est clair que les Français ne se remettront pas à consommer massivement.

5. Veuillez écouter quelques ironies personnelles : Manu voit son fan-club se démonétiser chaque semaine – Agnès va se prendre un flan à la mairie d'Paris et tout ça pour quelques miettes – Juin 2020, mensonges et coin-coins – Le « nouveau monde » à Manu, c'est déjà du passé -

6. J'entends poindre chez certains journaliste la petite musique du « on ne pouvait pas prévoir ». Si ; on pouvait prévoir. Régulièrement, des épidémiologues prévenaient, qu'en raison de l'accroissement des circulations, une pandémie à venir était non seulement possible, mais probable.

7. En 2020, il y eut une réelle pandémie d'un virus tueur, pandémie qui s'accompagna d'une épidémie assez universelle de mensonge.

8. Au fond, le « en même temps » est une assez honnête locution : en même temps que je vous dis la vérité, je vous raconte des craques.

9. Je n'arrive pas à me départir de cette idée qu'il y a quelque chose qui cloche, le sentiment qu'on nous ment. Bah le doute déçoit moins que la crédulité.

10. « Je te promets tout ce que tu veux mais allez ! Sors-nous de là. » dit un personnage de Joann Sfar et sans doute aussi bien des gens dans bien des difficultés, s'adressant à bien des saints, au bon Dieu et à la Vierge.

11.Plus on analyse le monde politique, plus on entrevoit des gouffres qu'on a parfois juste envie de vomir dedans.

12. Monsieur Houzeau, franchement, je ne crois pas jamais avoir entendu parler d'un think tank du nom de « Perspectives et Ironies », avec une certaine, comment dites-vous ? ah oui, Zut, à sa tête.

Patrice Houzeau
Les (dé-)Confins, le 26 mai 2020)

25 mai 2020

FAUT S'Y FAIRE QU'ON S"Y FAIT

FAUT S'Y FAIRE QU'ON S'Y FAIT

 

  1. Le matin, j'entends à la radio l'inconséquence du monde seriner sa chanson absurde. Ceci est un présent d'habitude (qu'on s'y fait donc).

  2. J'entends que, lors de la pandémie du covid-19, la pénurie de masques fut quasi mondiale. Est-ce à dire que la plupart des dirigeants de la planète seraient en fait tout justes capables de gérer une baraque à frites ?

  3. Dans le rôle de Philippe Katerine, Edouard Philippe et dans celui d'Angèle, Manu Jupiter, et en effet, il semble que ce soit de plus en plus « pas tout à fait les mêmes mots » et poil au dos si je me trompe.

  4. Ma chère Zut, avez-vous vu ces « silencieux serpents glissant dans l'herbe épaisse ? » dis-je en citant à peu près du Michel Houellebecq. « Non, ze n'ai pas vu zes zilenzieux zerpents glizant (et réglise) dans l'herbe épaize » qu'elle m'a répondu Zut, juste pour se moquer.

  5. J'admire ces ministres, qui, après avoir causé tant de malheurs, arriveront au soir de leur vie avec la conviction d'avoir bien travaillé.

  6. Alors Zut dit à Grand Zozo : Grand Zozo, quand te dézozoteras-tu ? Car si tu ne te dézozotes, j'irai zieuter zailleurs, et tu seras cocu comme un député.

  7. Je rappelle à ses contempteurs que c'est aussi grâce au libéralisme que vous trouvez dans vos magasins des pommes, des poires et des tas de scoubidous venus d'partout et à tous les prix.

  8. Quand j'ai d'la mélancolie, j'écoute parfois du Robert Charlebois :
    « Des fois j'ai pu l'goût de rien faire
    J'fumerais du pot, j'boirais d'la bière »
    Oui que j'mécouterais du Charlebois
    mais faut que j'pense à s'que j'dois
    à s'qui s'mange pis à s'que j'bois.

  9. J'aimerais bien pouvoir écouter Classic 21 à Dunkerque. J'aimerais bien comme avant d'il y a longtemps lire « De Avonturen Van Nero & Co » en français.

  10. Je note que François Hollande est le seul politique pour l'instant à assumer « une part de responsabilité dans la situation de l'hôpital ».

  11. Je me demande comment ils vont faire, les députés de La République en Marche pour expliquer à leurs électeurs que ce qui était il y a peu absolument formidable et urgent est aujourd'hui complètement hors de propos, voire assez idiot. A ce niveau, c'est plus de la politique, c'est de l'apostolat.

  12. Macroniste jusqu'à l'affaire Benalla. Là, je me suis dit ; je ne peux pas faire confiance à un type qui se laisse embobiner par on n'sait qui d'on sait où. La pénurie de matériel et de personnel face à la crise du covid m'ont détourné définitivement de l'imposture LREM.

  13. Rabelais raillait les Sorbonnards car leur sottise les rendait dangereux. Les énarques d'aujourd'hui sont d'autant plus dangereux qu'ils sont pour la plupart loin d'être sots.

Patrice Houzeau
Les (dé-)Confins, le 25 mai 2020.

8 mai 2020

MOUCHES ET VINAIGRE

MOUCHES ET VINAIGRE

1. On pourra plus fuir dans l'spatio-temporel
    I sauront tout avec leur logiciel
   
Faits comme des faits divers
   
Faits qu'on s'ra et pis fini d'êt' pépère
   
Dans les rades à boire des bières.

2. J'ai acheté des mouches au marché aux mouches et j'ai pas attrapé d'vinaigre.
  
(Oui, oui, je sais, à force d'écrire n'importe quoi, je finirai n'importe comment.)

3. Clopin-clopant, je cligne de l'œil (s't'un tic) ; au coin du bec j'me cale ma clope pis j'écoute au loin s'moquer les coin-coins, les coin-coins de mon cœur (c'est-y pas lyrique?)

4. C'est cocasse dit le coq loquace que je jacte que je cause
   
Quelle est donc de ce miracle la cause
   
Casse-toi dit l'oie moi aussi j'ai la jactance au bec
   
Casse-toi ou je te cloue le bec
   
J'écris ça pour rien,
   
Pour mon ombre, pour mon chien,
   
Pour mes dix doigts, pour le coq, l'oie et les coin-coins.

5. Et comme dit l'Ogre : « L'Avaleur n'attend pas le nombre des années. »
   
(A mon avis, s'te blague, elle doit être vieille comme une hipokhâgne)

6. Quant un politique casserolé se casse de son rôle, en général i s'enrôle là où y a des sous, des p'tits sous, des gros sous, sinon c'est pas drôle d'assumer les casseroles pendant qu'le reste du gratin continue à la faire chauffer, la carte de crédit.

7. Ar'mue tes pieds, ar'mue tes gambes,
   
T'as du tintsoin entre les tempes,
   
Si tu t'ar'mues nin
   
I viendra t'prindr' le Grand Zinzin
   
Le Grand Zinzin et tous ses zozos
   
Qu't'auras plus un poil sur tes os.

8. Non, Monsieur Houzeau, le canard laqué n'est pas le surnom donné à un personnage de serviteur aussi loquace et vivace que perspicace, et qui aurait sauvé ses maîtres de bien des périls dans un roman du Japon ancien.

9. Comment ça, le tsar-dîne-au-thon ? Vous vous seriez pas gouré défois dans vot' blague idiote, là ? Et pourquoi pas, le tsar-dîne-aux-ors, tant qu'on y est ?

10. Faut pas s'enfer ! dit Lucifer, qu'aimait bien rigoler défois, et Gamygyn d'ajouter : « à ch'val ! ». Lors, la Démonie fut en délire qui s'acheva dans un grand éclat de flammes au moment où le très sévère Amon énonça distinctement « - de- Grâce ».

11. Un fantôme est un être en manque de réel. Bon, je suppose qu'il y a bien des aigus, des pointus, des ardus, et aussi des barbus qui ont philosophiquement énoncé cette idée. Mais comme je viens de me la trouver, étant très inculte, je suis bien content, voilà.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 8 mai 2020.

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3 mai 2020

GOD BLESS THIS MESSIEURS-DAMES

GOD BLESS THIS MESSIEURS-DAMES

1. Au train où ça va avec c'te catastrophe du virus, je me demande si on ne va pas voir resurgir les péages à l'entrée des grandes villes et les tours de guet aussi.

2. Car boa sans bras ne fait pas feu de tout bois.
   
- Et dites-moi, Monsieur Houzeau, ça vous vient comment ce genre de chose ?
   
- Assez facilement, je dois dire.
   
- Mais vous savez tout de même que c'est très crétin.
   
- Absolument, et j'assume.

3. Quand je compose mes brefs, je fais souvent plus attention à la forme qu'au fond. Résultat : je fais des fausses notes et je n'ai rien à dire. J'assume.

4. Défois dans les poèmes, les « rêves » i sont tout  dévastateurs » mès René Char i dit que cé pas « par compas et par mesure » que je me demande coman il font pour fere de la geometrie qu'alors cé pas etonan que défois on a du mal à la tete cé passqu'on reve trop dan la lune ossi.

5. René Char i dit que « l'étoile rauquait » que je compran pas qu'les étoiles rauquassent que cé les tigres qui rauquent et pas les etoiles ou qualors cé toute une jongle là haut une jongle plonge et ténèbres que cé pour sa qu'on i voit rien on a pas les zieu pour, que le poëte peut-être si.

6. Ce que j'aime bien quand je compose mes brefs à l'orthographe très défaillante, - et même que je le fais exprès - c'est que je n'ai pas à les corriger.

7. Je me demande si « God bless this mess » (aperçu dans un épisode des Simpson) est une expression courante ou une création récente. Je penche pour la première option mais en tout cas, en ce moment, c'est d'actualité.

8. Les enfants sont épatants qu'on les entend à la radio dire qu'il faudra protéger la nature, utiliser les énergies recyclables, être citoyen responsable, puis i passent le bac, font des études et travaillent dans l'industrie chimique, l'armement, la bouffe à graisse et glucose, et même qu'on les forme pour ça dis.

9. Message informatif à caractère professionnel : Mesdames et Messieurs les Députés de La République en Marche, à l'issue de la probable dissolution de l'Assemblée Nationale et donc de votre probable non-réélection, n'oubliez pas de passer à l'intendance où vous pourrez reprendre votre libre-arbitre ainsi que votre indépendance d'esprit.

10. Je ne sais pas trop ce que je veux dire quand j'écris ça « God bless this messieurs-dames » que je vois bien que ça peut se comprendre de plusieurs façons que moi du moment que ça m'amuse le reste hein.

11. Dans le temps, la vieille blague, c'était de dire « Bonjour les hommes ! » pour saluer et d'ajouter (mais on ne le faisait pas partout, bien sûr) « Et tant pis si je me trompe ! ». C'était pas malin. On n'oserait plus.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 3 mai 2020.

30 avril 2020

GENRE L'ETRE DU TEMPS

GENRE L'ETRE DU TEMPS

1. Démystification du lyrique chez Laforgue : si le soir est « doux », c'est qu'il y a « vieillard lubrique » et le si baudelairien chat, s'il est comme dans les vers de l'amateur de spleen, comparé à un « sphinx », ce qu'il contemple, le matou, « de sa prunelle fantastique », c'est une « lune chlorotique ».

« Ils prennent en songeant les nobles attitudes
  
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes ;
  
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ; »
  
(Baudelaire, « Les Chats »)

« Voici venir le soir doux au vieillard lubrique,
  
Mon chat Mürr, accroupi comme un sphinx héraldique,
  
Contemple inquiet de sa prunelle fantastique
  
Monter à l'horizon la lune chlorotique. »
  
(Jules Laforgue, « La première nuit »)

2. Forcé que « Sous un ciel pluvieux noyé de brumes sales », - on dirait s'tout noyé là, un ciel à la Turner -, elle soit « grisâtre », la méditation, même que le narrateur se sent « perdu dans l'horizon lointain », dans «' L'Espace sans borne » et le Temps qui « n'aura jamais... jamais de fin. »

« Je reste là, perdu dans l'horizon lointain
  
Et songe que l'Espace est sans borne, sans borne,
  
Et que le Temps n'aura jamais... jamais de fin. »
  
(Jules Laforgue, « Méditation grisâtre »)

3. J'aime bien quand il y a de l'écho défois dans la poésie, genre l'infini te répond que t'es bien seul, mon gars, dans l'« Espace sans borne, sans borne » pis le Temps à « jamais... jamais de fin », un Temps abstrait, genre l'être du Temps à « plus d'heures », pis l'Espace, pareil, « plus d'humains » pour le traverser.

« Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
  
Rien que l'affolement des vents balayant l'air,
  
Plus d'heures, plus d'humains,... »
  
(Jules Laforgue, « Méditation grisâtre »)

4. La poésie, c'est du rythme, d'la percussion dans sa caboche, qu'ici les consonnes renforcent les accents – timbales j'vous dis - :

« Le vent / jusqu'au matin / n' a pas (/) décoléré /
  
Oh ! Ces quin - / - tes de toux / d'un chaos / bien posthume, »
  
(Jules Laforgue, « Complainte des grands pins dans une villa abandonnée »)

5. Défois, très mortifère l'agitation des vivants, qu'on sait qu'en 2020, on doit tout arrêter, cause covid, que le « trop plein », la « fureur », le bouillon de culture des sueurs et des muqueuses ça vous fait « chaque jour » du consternant dans les hôpitaux.

« Mais Paris n'entend rien. Dans sa fureur muette,
                 
Morne alambic toujours trop plein
  
Qui travaille et qui bout et chaque jour rejette
                 
Les choses mortes de son sein. »
  
(Jules Laforgue, « Guitare »)

Patrice Houzeau
Les Confins, le 30 avril 2020.

21 avril 2020

IL FAUDRA S'HABITUER A VIVRE

IL FAUDRA S'HABITUER A VIVRE

1. Souvent, pour m'amuser, je compte mes soucis,
   
Cafards, chauve-souris, têtes de veau, persil.

2. Ils aimaient parier sur l'équidé, où, sauf quand ils manquaient d'appétit, ils gagnaient à dent sûre, ayant mangé tous les autres.

3. Entendu dans ce film épatant : « Les Valeurs de la famille Adams » (Barry Sonnenfeld, USA, 1993) et que je cite de mémoire :
« - Je crois que nos deux amis sont un peu timides.
  
- Nous ne sommes pas timides ; nous sommes contagieux. »

4. Si j'ai bien compris tout squ'on dit à la radio, en l'absence de vaccin, lequel n'est pas pour demain, il faudra s'habituer à vivre avec la mort qui plane du covid. Tout à coup, l'espérance de vie moyenne, elle prend un d'ces coups d'vieux...

5. Donc nous allons passer d'un monde confiné à un monde masqué : on n'arrête pas le progrès.

6. « Tremblez, ô fourmillants, tremblez, frères humains,
      
L'ombre du Pangolin plane sur la planète ! »
(Fantômas, dans sa salle de bains, tout en triturant sa savonnette).

7. Jadis, il lut ceci dans un ouvrage de Pierre Desproges : « Le pangolin ressemble à un artichaut à l'envers avec des pattes, prolongé d'une queue à la vue de laquelle on se prend à penser qu'en effet, le ridicule ne tue plus. » Depuis, l'obscur pangolin rumine sa vengeance.

8. Sans doute est-il aussi vain de croire en l'honnêteté intellectuelle de la plupart de nos politiques que de penser qu'un dictateur est fatalement un être inculte.

9. Honnêtes les politiques ?... Pas tous qu'on dit... Et intellectuellement, le sont-ils ?.... Facile qu'on opinionne que moins encore... Oui, mais y a l'efficace... c'est la jauge... pas toujours... L'électeur des fois s'écoute le sentiment... et le dictateur, croyez-vous vraiment qu'il est fatalement inculte ?

10. Zut prit le journal qu'au bout de quelques lignes, une flamme en jaillit qu'en le piétinant – Zut est une grande piétineuse -, elle se dit que l'actualité était brûlante aujourd'hui.

11. Alors le Canard se fit invisible ; il parcourut les rues, il parcourut les villes, et de son long coin-coin toxique, fit un quasi désert de ce monde affairé.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 21 avril 2020

20 avril 2020

COVIDIENNES

COVIDIENNES

1. Militairement, le Covid-19 correspond à l'idée que si on ne peut éliminer l'adversaire, on peut cependant l'affaiblir en l'obligeant à s'occuper de ses blessés.

2. Le libéralisme, qui en a vu d'autres (crise de 29, Seconde Guerre Mondiale, guerre froide...), ne disparaîtra pas après cette pandémie, il s'adaptera aux contingences sanitaires.

3. On oublie souvent que le libéralisme est avant tout un pragmatisme. Il s'accommode très bien des nationalisations temporaires et des hausses comme des baisses d'impôts. Et c'est justement cette souplesse qui lui a permis de surmonter bien des crises et des oppositions farouches.

4. Je m'étonne toujours de ces souverainistes qui veulent que la France quitte l'OTAN, comme si l'indépendance nationale ne souffrait pas d'alliances solides.

5. Cette crise du Covid-19 n'est pas une crise du libéralisme, elle est due à un manque de jugeote de la part de nos dirigeants. C'est d'ailleurs une habitude en France (cf la ligne Maginot) aussi ancrée que le recours aux êtres providentiels.

6. - Il faut savoir dire non !
    
- Oui, répondis-je en regrettant aussitôt ma réponse.

7. Défois y a des choses qui « vous font vivre comme si vous ne viviez plus » (Cioran dixit) , qui vous font vivre une vie qu'apparemment vous n'auriez pas voulue.

8. Cette crise du Covid-19 illustre bien la loi de l'offre et de la demande : les masques sont rares, donc leur prix augmente. Elle illustre aussi l'inconséquence de certains de nos économistes à ministère.

9. La peur de la mort est la condition de l'activité débordante qui caractérise nos sociétés, et nous nous débrouillons toujours pour qu'à un moment ou à un autre, elle se rappelle à la vigilance du plus grand nombre.

10. « En ce moment, je ne crois en rien du tout et je n'ai nul espoir » écrivait dans ses débuts Cioran. Bah, il avait au moins cette espérance d'être lu, sinon il n'aurait pas pris la peine d'écrire.

11. « Le souverain veut rendre le peuple heureux selon l'idée qu'il s'en fait et il devient despote » (Kant, « Théorie et Pratique », trad : Guillermit, Vrin, p.45) : c'est là le danger d'une technocratie tempérée par la bienveillance.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 20 avril 2020.

12 avril 2020

COMME UN OURS DANS UN BOCAL

COMME UN OURS DANS UN BOCAL

1. Et dire qu'il y a quelques semaines encore, de pompeux imbéciles nous promettaient le retour du quasi plein emploi, des réformes toujours plus formidables, d'la transition aussi épatante qu'écologique et accusaient les esprits chagrins dans le genre d'ma pomme de démoraliser les Français.

 - Mais enfin monsieur Houzeau, ils ne pouvaient pas prévoir le covid et tout ça !

 - C'est bien ce que je leur reproche : de ne pas prévoir. Ils me font penser au président Hoover qui quelques semaines avant le crack boursier de 1929 annonçait fiérement : « La prospérité est au coin de la rue ».

2. Entendu à la volée sur France Inter : « Elle sait que le monde est mort derrière ».

3. Définitivement, le mot de l'année 2020 est : « anxiogène ».

4. Et dire qu'en 2017 j'avais soutenu Macron ! Je m'étais laissé avoir avoir par ses produits d'appel (l'est pas banquier pour rien, le Macron) genre « suppression de la taxe d'habitation » : trois ans plus tard, après l'étrange affaire Benala puis les émeutes des gilets jaunes (faut appeler les choses par leur nom) puis le cafouillage de la réforme des retraites puis celui de la réforme Blanquer (ah le chef d'oeuvre dis donc), je me dis que certains autres auraient fait pire et que les temps à venir ne sont guère réjouissants quelque soit la longueur de son pif, au pinochio qui prétendra nous gouverner.

5. Ce monde n'est le monde de personne. Pourtant nous y sommes plongés jusqu'au cou et même que des fois nous appelons cela vivre.

6. Comme quoi hein No Future et les punks i zavaient-y pas raison ?

7. Le monde d'après le covid ne sera plus le même. Il n'y a que les indécrottables optimistes et les politiques pour ne pas s'en rendre compte.

Y en a pourtant qui pensent que cette crise va améliorer les rapports entre nous autres, oh frères humains, et not' rapport à l'essentiel la nature la bienveillance (quel horrible mot !) tout ça. Mes doux agneaux, doux papas, aimables mamans, en vérité je vous le dis, la rareté naturelle des choses va vite vous prouver le contraire et après la guerre, il y aura la guerre.

Et le diable en rit encore.

8. La nuit défois je tourne en moi-même comme un ours dans un bocal.

9. Mars 2020 : Quel merdier ! Quel merdier ! Quel merdier ! Le gouvernement pare au plus urgent (ils sont quand même payés pour, les ministres) et sous le feu de la pandémie couvent d'autres feux qui éclatant plus tard n'en seront que plus violents.

10. Je me forçai péniblement à sourire ce qui m'édenta immédiatement ; lors je passai pour un arrière petit-fils de quasimodo-quasimodi-poêle-à-frire.

11. Non décidément, sa figure ne me revient pas, même en l'appelant de loin, même en tableau, en bateau, en cadeau, en poireau, je ne lui souhaite rien d'autre que de prendre un rateau.

12. A la fin tu es las de ce monde à Macron.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 12 avril 2020.

11 avril 2020

EH OUI ON PRESSENT ON PRESSENT ET PUIS UN BEAU JOUR

EH OUI ON PRESSENT ON PRESSENT ET PUIS UN BEAU JOUR

 1. « - Qu'est-ce qu'il avait ?
        - Oh, c't'un homme qui n'était pas bien... il faisait du pressentiment...
       
- Et depuis quand c'est une maladie, le pressentiment ?
       
- Hé, ma pauvre, c'est comme tout, ça dépend de combien vous en avez !
        - Eh oui on pressent, on pressent et puis un beau jour, on claque... »

Ce drolatique dialogue est tiré du premier épisode de ce chef d'oeuvre de la culture populaire qu'est « Belphégor », celui de 1965 et de Claude Barma. Je vous cite ça parce que ça me fait rire, ce qui nous change des temps étranges que nous vivons en ce début d'avril 2020.

2. « La Paix perpétuelle » ! quelle blague ! L'homme n'est pas né tranquille et il ne le devient pas.

3. J'ai toujours été une poutre en presque tout, et surtout en moi-même.

4. « Si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main », eh bien ça ferait une belle brochette d'imbéciles.

 

5. « Les accusations proférées par la voix mystérieuse ainsi que le terrifiant dispositif de mise en cause suscitent évidemment un grand sentiment d'angoisse chez tous les convives. »

(Pierre Bayard, « La Vérité sur « Dix petits nègres »)

Et qui c'est-y la « voix mystérieuse » hein ? Et ce « terrifiant dispositif de mise en cause » hein ? Et c't'angoisse-là chez tous hein ?

6. Trois hein ne font pas trois.

Note : cette proposition idiote est destinée évidemment au fantôme de Wittgenstein.

7. « ASPIQUET : Sire, la faim vous fait délirer. Vous signerez et vous mangerez. Si vous ne signez pas, vous serez déchiré par un animal féroce que nous élevons en grand secret. »

(Michel de Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre »)

Allez, cet « animal féroce », nous l'appellerons « Coronavirus » et nous nourrirons ainsi bien des billevesées complotistes.

8. « Un labyrinthe, à notre époque, je vous demande un pneu ! Grotesque. Le petit Poucet (il a beaucoup grandi) sans cailloux à semer avec un « x » au pluriel. »

(San-Antonio, « Va donc m'attendre chez Plumeau »)

Et pourtant, fis-je avec ma voix de prophète de malheur, un « labyrinthe », n'est-ce point ce en quoi nous plongeons palmés paumés cependant qu'un aussi véloce que féroce (véloféroce donc!) virus mortel et inconnu circule dans l'air que d'ailleurs il nous pompe vampiriquement ?

9. Le XXème siècle a commencé en 1914 avec la Première Guerre Mondiale ; le XXIème siècle commence maintenant, en 2020, avec la pandémie du Covid-19. Ah en v'là de la portée mondiale, du globalisant, du transversal paniquant, pis aussi qu'c'est rarement dans la joie qu'ils naissent, les siècles.

10. Et vous verrez qu'après tous ces morts et ces malheurs, les politiques ne vont pas hésiter le quart d'un pet d'énarque à nous faire le coup du « responsable mais pas coupable ». Hypocrites, va !

Patrice Houzeau
Dans les confins, le 11 avril 2020.

4 juin 2020

CE QUI SE PENSE SE DIT ET C'EST ÇUI QUI DIT QUI Y EST

CE QUI SE PENSE SE DIT ET C'EST ÇUI QUI DIT QUI Y EST

 

 

  1. Ce qui se pense se dit ; cependant que l'on ne peut pas toujours dire ce que l'on pense, ce que l'on pense peut toujours se dire.

  2. Je remarque que les propositions « on peut toujours dire ce que l'on pense » et « on ne peut pas toujours dire ce que l'on pense » sont toutes les deux vraies.

  3. Un musicien peut parfaitement exécuter un morceau ; un peintre peut excellemment représenter une vache ; un écrivain ne peut pas dire tout ce qu'il pense (les gens lui jetteraient des pierres).

  4. Vu et entendu sur Youtube la batteuse Sina qui dans le genre pop/rock des électriques seventies rappelle ce que drummer veut dire.

  5. « Daniel prit alors de la poix, de la graisse et du crin, fit cuire le tout, en fit des boulettes, et les jeta dans la gueule du serpent qui les avala et en creva. Et Daniel dit : « Voyez ce que vous vénérez ! » (La Bible de Jérusalem, Daniel, 14, 27)

  6. C'est en l'empoisonnant que Daniel tua le « serpent vénéré de Babylone ».
    Le réel tue croyances et idolâtries.
    Les Romains en crucifiant le Christ avaient tenté d'abattre la foi chrétienne.
    Il fallait donc que le Christ ressuscite.

  7. « Je le savais d'avance » ; « Je vous l'avais bien dit » : Ces deux propositions ne s'avèrent exactes qu'en vertu d'un présent de confirmation. La promesse de l'au-delà échappe à ce présent. La prophétie hermétique renvoie toujours ce présent à plus tard.

  8. La foi est la croyance que le présent en soi confirme la promesse d'une victoire sur la mort. Le croyant fait comme si. Le socialiste aussi d'ailleurs, aussi naïvement et philosophiquement attaché à la fin de l'Histoire qu'un croyant est attaché à son dieu.

  9. Les miracles et les progrès permettent au croyant et au socialiste de croire en la promesse de la victoire sur la mort, ainsi qu'à la fin de l'Histoire. Mais un événement est-il toujours un signe ?

  10. « Dans une fosse comme un ours
      
    Chaque matin je me promène
      
    Tournons tournons tournons toujours »
      
    (Apollinaire, « A la Santé, III »)

  11. Sans doute l'humain tourne dans le monde comme l'ours à Apollinaire dans sa fosse tourne, et l'humain tourne dans sa tête comme l'ours à Apollinaire dans sa fosse tourne, et l'humain tourne dans son impatience comme l'ours à Apollinaire dans sa fosse.

  12. « Vous ne comprendrez donc rien au grand jamais »
      
    (La Bible de Jérusalem, Judith, 8, 13)

Patrice Houzeau
Malo, le 4 juin 2020.

 

29 janvier 2022

QUELQUE ORGUE HANTANT

QUELQUE ORGUE HANTANT

1.
Quelque orgue hantant, façon mystère et cimetière, un épisode de « Chapeau melon et bottes de cuir », je consultai Wikipédia et tombai sur ce passage : « des jeux allant de 16 pieds de Roy, soit 5,28 mètres, au 1 pied de Roy, soit 33 centimètres ».

2.
Sherlock Holmes était si perspicace qu'il avait fini par percer à jour chacun des secrets de Sir Arthur Conan Doyle, lequel ne lui pardonna jamais.

3.
Si vous croisez mon fantôme, vous lui direz de me rapporter la clé du placard. C'est agaçant à la fin.

4.
Le dernier mot de la pièce « Polyeucte », de Corneille, est « Dieu ». A mon avis, il l'a fait exprès.

5.
Dans une version française du « Signe des Quatre » (une aventure de Sherlock Holmes dans la série « Les Grands détectives » Jean-Pierre Decourt, 1975) , cette phrase qui vaut son pesant de squelettes : « Lorsque mon père est rentré de l'armée des Indes, c'était un autre... ».

6.
La pop culture est sans doute le meilleur antidote au poison politique. Difficile, je pense, de se passionner pour les intrigues d'Agatha Christie, d'écouter Abba ou les Beatles en boucle, de se gondoler en lisant Astérix ou Lucky Luke et prendre au sérieux nos bavards nationaux.

7.
Lorsque le portrait du Grand Oncle Cassave se mit à parler, nous crûmes qu''enfin nous allions savoir où il se trouvait, le trésor hein le trésor... Hélas, l'Oncle se mit inlassablement à nous rengainer de sa voix de toile peinte le répertoire des vieilles chansons de son jeune temps. Nous dûmes nous en séparer.

8;
« L'analogue quadridimensionnel du cube » (j'adore Wikipédia) s'appelle le tesseract. Jean Ray en parle, je crois, dans le grand ailleurs présent qui est le véritable sujet de ses meilleurs textes. Pour ma part, je vais me laisser tenter par la carbonade.

9.
Lorsque dans la grande maison là-bas dans la campagne et les brumes, malgré les précautions prises, tout le monde disparut (avec toutes leurs chaussettes), l'inspecteur n'eut plus que cette alternative : s'interroger lui-même afin de déterminer s'il ne rêvait pas.

10;
Un triangle isocèle a deux côtés de même longueur. En France, le fer à cheval fut longtemps considéré comme un porte-bonheur. Le triangle isocèle ne monte que très rarement à cheval, lequel se fait d'autant plus rare dans nos rues.

11.
Des gens passent, pensifs, passés, pressés des fois, surtout quand ils passent devant la boucherie chevaline dont on dit qu'elle serait hantée par un cheval de retour.

12.
« Pour qui voter en avril prochain ? », demande un internaute. Mais, bon sang, mais c'est bien sûr, pour Zuzudor, le Roi des promesses en or, et surtout pas pour Zozodur, car avec lui, on l'aura dure !

13.
On dit Hollande gratouillé de revenir sur la scène politique : Ah, Hollande ! Les retraites payées avec des mois de retard par manque de personnel, les étudiants tirés au sort ! Jérôme Cahuzac, la réforme à Peillon/Hamon/Najat ! Les débuts du p'tit Macron... Toute une époque !

14.
Blanquer et Macron ont en commun d'être tous deux têtus et tenaces. Ils ont fichu la pagaille pendant cinq ans (l'un dans l'éducation, l'autre dans les rues), mais droits dans leurs bottes, ils vont, le menton haut et sans rien voir.

15.
Il semble qu'en quelques semaines, on soit passé en France de « tous vaccinés, tous protégés » à, grâce à Blanquer, « tous contaminés, tous protégés ». A quoi sert le pass vaccinal ? A emmerder les gens, comme Macron l'a dit lui-même.

16.
D'habitude, tous les hivers, j'ai deux jours (pas plus) d' "état grippal" (la "crève"), puis ça passe. Depuis le début de la pandémie, rien, nada. Les gestes barrières et le port du masque, je suppose.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 janvier 2022

 

28 décembre 2021

PLASMA SOCIAL MORALINE ET CULTURE POPULAIRE

PLASMA SOCIAL MORALINE ET CULTURE POPULAIRE

1.
« - En dépit de mon imagination, je vous assure que je n'aurais jamais imaginé ce qu'il m'arrive. »
(Exbrayat, « Pour Belinda » [le narrateur])

Ma pomme pareil. En dépit de mon imagination, je n'aurais jamais imaginé ce qu'il que c'est pas si marrant même si c'est pas catastrophique, mais quand même j'l'aurais bien aimée autrement, après c'est comme Macron qu'il l'a pas prévu le covid hein.

2.
Macron le covid lui est tombé dessus comme une bouse tombée du ciel (vache céleste) et pis tous les Français en ont profité de la bouse qui lui est tombée sur le quinquennat à Macron. Tout le monde il l'est pas content. Et si c'est pas tout le monde, c'est quand même beaucoup.

3.
« Puyallup ne saurait plaire à tout le monde. C'est dur, vous savez, là-bas, et l'hiver il y fait très froid. »
(Exbrayat, « Pour Belinda » [le narrateur])

Puyallup, je savais même pas que ça existait. Mais en consultant Wikipedia, j'ai appris que c'est une ville du Comté de Pierce dans l'état de Washington aux Etats-Unis donc ; en fait m'en fiche car j'irai jamais même dans une autre vie car il n'y a pas d'autre vie.

4.
Y en a qui ne m'apprécient guère car je ne suis pas un virtuose de ma propre vie. Je sais pas faire. Pardonnez-moi. Sinon, je vous pisse aussi à la raie, mais ça c'est en supplément.

5.
« - Nous ne sommes pas ici pour faire du sentiment, mais pour essayer de découvrir la vérité »
(Exbrayat, « Pour Belinda » [un personnage])

Les gens, les politiques ils croient les avoir au sentiment. Ça marche pour pas mal de choses (niaiserie citoyenne, civisme à tout bout de champ, altruisme multiculturel et autres roulures dans la farine), mais ce qui les fait quand même voter, les gens, c'est le porte-monnaie.

6.
Je n'aime guère que l'on m'impose mes solidarités. J'aide si j'ai envie d'aider. Que l'Etat (dont les ressources sont en partie fondées sur des ventes d'armes à des gens peu reluisants) me dicte sa morale, voilà qui est hautement bouffon.

7.
«(...) j'essayais, une fois de plus, de comprendre les positions des uns et des autres. »
(Exbrayat, « Pour Belinda » [le narrateur])

C'est ça qu'on croit qu'on fait souvent : comprendre ce que chacun pense et pourquoi il agit comme. Qu'on croit qu'on fait parce qu'en fait, on juge bien vite en fonction de nos intérêts. C'est un travail de philosophe, de joueur d'échecs, de politique, voire de sociologue.

8.
Dans une archive sur France Culture, j'entends l’expression « plasma social » (Michel Foucault dixit) qui désignerait donc une espèce d'organisation fluide où les gens seraient tels des cellules sanguines, en suspension dans le regard des autres.

9.
« - Pourquoi faites-vous ça, Joyce ?
- Je ne sais pas... Peut-être en souvenir d'un rêve évanoui. »
(Exbrayat, « Pour Belinda » [des personnages])

Qu'on fait s'qu'on fait, on ne sait pas toujours bien pourquoi. Loin de loup de là. Peut-être aussi qu'un lutin sans âge et très rusé nous peuple.

10.
« Je me débattais dans un fouillis de suppositions dont aucune ne menait nulle part. »
(Exbrayat, « Pour Belinda » [le narrateur])

Lisant cette phrase, je songe aux « illuminations » à Rimbaud. Quelque prosateur de poème phraserait : « … un fouillis de suppositions dont aucune ne menait nulle part. » Mon grand esprit errait au labyrinthe. Je tombais dans des apories de joueur perdant etc, etc...

11.
Paraît que certains professionnels de santé (je lis ça sur twitter donc à vérifier hein) pètent les plombs à l'annonce du 27 décembre 2021 des « faibles » mesures anti-Omicron du gouvernement Castex. Les mandarins moralisateurs de la Science française toute puissante (et pour l'instant face au covid plutôt impuissante hein) sentiraient-ils qu'ils n'ont pas autant de prise sur la Macronie qu'ils le pensaient ?

La question que je me pose c'est : où étaient ces grands penseurs de la médecine moderne lorsque les technocrates, mesure après mesure, démantelaient l'hôpital public ? Ils votaient Sarkozy, Hollande, Macron je suppose...

Ce n'est pas pour dédouaner les politiques, mais j'ai l'impression que certains scientifiques leur ont fait avaler de sacrées couleuvres genre : Vous verrez, Monsieur le Président, avec le vaccin ARN messager Pfizer, bientôt l'épidémie ne sera plus qu'un mauvais souvenir...

12.
Je n'apprécie guère Blanquer et j'ai souvent brocardé sa sournoiserie politique, mais il faut avouer que le gaillard ne panique pas facilement. Droit dans ses bottes. Ah ça, il a beaucoup plus de cran que le démissionnaire Hamon.

13.
Le libéralisme est le seul système qui a réussi à profiter de ses crises pour se réformer. Quatre périls le menacent : la crise climatique, la surpopulation, l'abus de la technocratie, la tentation de l'autoritarisme à la chinoise.

Patrice Houzeau
Malo, le 28 décembre 2021.

21 avril 2021

CHRONIQUE DU 20 AVRIL 2021

CHRONIQUE DU 20 AVRIL 2021

1.
Marrant comme le 19 avril 2021, « l’offensive Macron sur la sécurité » comme dirent les médias eut un drôle de goût de girouette, de sauve qui peut, de faut reprendre des voix à droite après en avoir tant perdu à gauche.

Ne pas oublier que, dans l’année qui vient et d’ici les présidentielles 2022, un fait divers ou une attaque terroriste pourrait, jusque dans les derniers jours avant les élections, faire basculer l’opinion publique et promouvoir Marine Le Pen à la présidence.

2.
Est-il que dans nos sociétés libérales, comme l’écrit Philippe Bernard dans « Le Monde » du 19 avril 2021, « algorithmes, téléphones portables et robots » replongent le monde du travail dans des « conditions d’embauche et de limogeage dignes du XIXème siècle » ?

Autrement dit, y aurait-il margoulins, des marchands d’soupe & camelote, start-uppeurs des grandes écoles, « premiers de cordée » et charlatans qui s’en mettraient plein les fouilles sur le dos de « ceux qui ne sont rien », comme dit la girouette qui rêva d’être un Grand Président et qui cafouille dans l’covid.

Si c’est vrai, les Gilets Jaunes ont de l’avenir, et les universités feraient bien de veiller aux débouchés réels de leurs filières, qu’après le covid, les suicides d’étudiants, la déqualification des diplômes, voire plus d’qualification du tout (ou si peu), ça risque d’craquer.

3.
Le 19 avril 2021, il était admis par beaucoup de Français que l’augmentation de la violence dans notre société était patente, sinon palpable. Certains, souvent à gauche, persistaient à dire que la violence était beaucoup plus grande il y a quand même assez longtemps.
Que la violence fut très grande dans la majeure partie du XXème siècle est fort possible. Mais bon, c’est pas rare qu’on apprenne qu’un humain se soit fait flinguer en plein jour, par règlement de compte et même que parfois, ils sont de plus en plus jeunes, les apprentis là.

4.
Sotte Réflexion de Patrick Vignal (député LREM) sur le choix de l’excellence ce matin (20 avril 2021) sur BFMTV : « Mettons l’ENA (je suppose qu’il veut dire la prochaine Sciences Po bis voulue par Macron) à Montpellier et pas seulement le LP ». Euh ! que je sache, la France a certainement plus besoin de ces métiers ordinaires dont la crise du covid nous a prouvé à quel point ils étaient importants que d’une pseudo-élite qui nous coûte beaucoup de sous pour une efficacité relative.
C’est le contraire qu’il faut faire : revaloriser l’enseignement professionnel  des LP (diversification du public et des formations, notamment à de nouveaux métiers, formations en alternance, reprofessionnalisation des filières, etc…) et vous verrez que la mixité sociale n’a besoin ni de Sciences Po ni de l’ex-ENA. Entre parenthèses, il faudrait donc faire le contraire de ce qu’a fait Blanquer avec ses gadgets (« chef d’œuvre », « co-intervention » et autres sottises).
Et arrêtons avec l’hypocrisie qui consiste à faire des Lycées Professionnels les réceptacles de la misère du monde (abus de l’école inclusive, inscriptions par défaut, scolarisation obligatoire d’individus pouvant constituer un danger pour les autres comme pour eux-mêmes, etc…)

5.
En ce moment, LREM et Macron s’excitent beaucoup sur la mixité sociale, les logements sociaux, le rôle de l’éducation nationale, etc…: quel aveu d’échec. économique d’abord (bon nombre de Français ne peuvent se loger sans l’aide de l’Etat), social ensuite (Macron n’a pas réussi à éradiquer l’économie informelle qui pourrit la vie de tant de quartiers).

6.
Excellent Eric Zemmour ce soir du 20 avril 2021 sur CNews qui rappelle que bien évidemment, la France, comme tous les grands pays développés, pour défendre ses intérêts, est parfois obligée de soutenir des régimes dictatoriaux et quelques salopards au pouvoir en Afrique.
Et c’est bien parce que Zemmour a raison que je ne crois ni en la gauche hypocrite, ni en la droite affairiste, et que je méprise les politiques et donc nos présidents successifs, les marchands d’armes, les hommes de pouvoir en Afrique et ailleurs. Ni dieu, ni maître.
Et c’est aussi parce que Zemmour a raison que Macron et son « en même temps » apparaît comme une synthèse : celle de l’hypocrisie de la gauche comme de l’affairisme de la droite. Genre parti radical d’antan : « le cœur à gauche et le portefeuille à droite ». Ça a mal fini.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2021.

25 juin 2020

DEVANT NOUS TOUS

DEVANT NOUS TOUS

 

 

  1. « Dirai-je qu'il signifie quelque chose « se trouvant devant nous tous » et que chacun pourrait, outre ce mot, en avoir un autre pour rendre sa propre sensation du rouge ? »
    (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 273)

  2. Aurions-nous, outre les mots que nous avons tous en commun, des noms secrets, et enfouis dans nos subconscients, pour désigner les êtres qui nous entourent ?

  3. Le mot « rouge » est assez riche de connotations pour qu'il puisse ne jamais tout à fait signifier la même chose pour bon nombre d'individus.

  4. Paraphrasant Wittgenstein, je puis écrire que le mot « dieu » signifie quelque chose nous concernant tous et que chacun pourrait, outre ce mot, en avoir un autre pour exprimer sa propre croyance en dieu.

  5. Le mot « dragon » désigne quelque chose qui semble échapper à la quotidienneté et le dragon est un être imaginaire. La table sur laquelle j'écris chaque jour est un étant. Il semble qu'il y aurait hyperbole à parler de l'être de la table. Et pourtant, les tables, lorsque nous les faisons tourner, c'est parce que, soudainement, les voilà visitées par des esprits.

  6. La croyance aux fantômes et aux poltergeists serait-elle une manière de conférer une dignité d'être aux choses ? De même le fétichisme, la collection, le bon goût, la fascination esthétique. Au fond, tout n'étant que matière vouée au néant, la valeur qu'on donne aux choses n'est jamais qu'une manière d'être humain.

  7. « Hélas ! Je me consume en impuissants efforts,
    Et rentre au trouble affreux dont à peine je sors.
    Mourrai-je tant de fois sans sortir de la vie ? »
    (Racine, « Iphigénie », v.1671-73 [Clytemnestre])

  8. Telle Clytemnestre, l'âme humaine se « consume en impuissants efforts », et ne sort d'une crise que pour rentrer dans une autre ; la voilà vouée à se demander combien de fois elle mourra avant de définitivement disparaître dans la nuit des espèces disparues.

  9. J'aime bien le clip réalisé par Tom Haines pour illustrer la chanson « I'm Not Your Dog », de Baxter Dury, le matin bleu d'une digue avec palmiers, quelques voitures passant dans l'arrière flou, immeubles et électricité lumineuse, et l'individu blessé.

  10. Il y a toujours un chien pour se souvenir que vous en êtes un autre.

  11. et l'individu blessé, seul, un os que chiperait un chien, et qui va vers la mer.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juin 2020.

12 mai 2020

THE MAN ON THE MOON

THE MAN ON THE MOON

1. J'entends ce matin (12 mai 2020) sur France Info que Jean-Michel Blanquer est un homme de convictions. Je n'en doute pas. Il en est d'autant plus dangereux. Il croit tellement en sa réforme qu'il s'aveugle lui-même sur les difficultés d'application et la résistance qu'il rencontre à tous les échelons.

2. L'éducation nationale, réforme après réforme, a tellement été dénaturée qu'il lui faut maintenant un ministre pragmatique, un négociateur, et non pas un visionnaire, qui tente de préparer dans les classes une société de je ne sais quelle bienveillance.

3. Ce que les parents attendent de l'école, c'est qu'elle forme leurs enfants à un métier. L'apprentissage de la citoyenneté et les illusions de la bienveillance ne forment ni plombier, ni avocat. Et bien sûr, tout le monde d'adopter un discours auxquels bien peu croient : d'où le succès de Marine le Pen.

4. Des formations courtes qui permettraient au plus grand nombre d'accéder rapidement à un métier feraient plus contre les extrémismes que cette longue patience dans laquelle l'Etat plonge des élèves de plus en plus perplexes devant ce qu'on attend d'eux.

5. Je ne sais pas si Blanquer se rend compte des difficultés d'organisation que pose le maintien des cours en cette fin d'année covido-scolaire : on n'est plus dans le pédagogique, on nage en pleine programmation du lancement d'une fusée vers Saturne.

6. « The Man On The Moon », voilà à quoi je pense quand je songe aux bonds et rebonds d'une pédagogie hors-sol, planant dans les sphères de la bienveillance et la galaxie des formations post-bac cependant que sur terre, en France, on ne trouve plus d'ouvriers agricoles.

7. Ce n'est pas la bienveillance qu'il faut enseigner aux élèves, c'est la dureté des temps.

8. Malheureux l'étudiant dont les parents se saignent aux quatre veines pour le soutenir dans des formations post-bac qui forment à des métiers qui n'existent pas.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 12 mai 2020.

25 mars 2023

LA FRANCE EST-ELLE UN INVESTISSEMENT A RISQUES ?

LA FRANCE EST-ELLE UN INVESTISSEMENT A RISQUES ?

1.
Paraît que la réforme des retraites a été pensée par not’ technocratie pour rassurer les marchés financiers. A mon avis, de voir le pays en proie à des troubles récurrents, l’Assemblée nationale transformée en cirque et le gouvernement si facilement mis en difficulté, ça m’étonnerait que ça les rassure vraiment, les marchés financiers.

2.
Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, le président Macron n’arrivera jamais à démentir l’idée qui court qu’il a été élu grâce à la finance et que l’essentiel de son action est en faveur de la finance. Le mauvais état des services publics et son entêtement à gouverner contre l’expression de la Nation plaident assez en faveur de cette thèse.

3.
La France, pays des arts, des armes, des lois et des matraques.

4.
Je déplore que tous les soirs maintenant des troubles éclatent dans Paris et certaines métropoles. Je déplore que le président de la République soit si insensible à la colère sourde des Français. Je déplore que notre pays soit si mal dirigé et déplore qu’aucun politique français actuel ne semble avoir le talent et la sagesse, voire même les capacités, de remplacer Macron le borgne au pays des aveugles à tête d’œuf.

5.
20 mars 2023. Le rouble continue à s’effriter face à l’euro (1 euro = 83, 07 roubles) et face au dollar (1 dollar = 77,5 roubles).

6.
Après avoir réduit à quasi rien le PS, Macron a beaucoup fait pour affaiblir les LR, ce qui a permis sa réélection en 2022, pour s’apercevoir maintenant qu’il a besoin des Républicains pour soutenir sa majorité de plus en plus relative. Ça pourrait coincer.

7.
Vous savez quoi ? Je pense que le macron est un produit financier à risques, et certainement anxiogène.

8.
Macron va parler dans l’étrange lucarne le 22 mars 2023, c’est-à-dire qu’il va tenter d’éteindre l’incendie qu’il a lui-même allumé. A moins que comme il en a parfois l’art et la sottise, il jette de l’huile sur le feu. On peut s’attendre à tout.

9.
21 mars 2023. Brice Hortefeux rappelle ce soir sur BFM TV que le bilan économique de la France n’est pas si brillant que la Macronie le dit : déficit commercial, dette publique à plus de 2 900 milliards d’euros, un taux de chômage qui reste supérieur à la moyenne européenne (7% contre 6%) ; j’ajoute que si l’on considère que l’apprentissage est subventionné et les universités pleines à craquer, cependant que bon nombre de postes ne trouvent pas preneurs, il y a de quoi s’interroger sur la politique du gouvernement en matière d’emploi.

10.
Réforme des retraites. Le 21 mars 2023 au soir, une fuite d’un propos de Macron oppose la « foule » qui, selon lui, n’aurait « pas de légitimité » au « peuple qui s’exprime à travers ses élus ». Le problème, c’est qu’en l’occurrence, il n’est pas certain que la majorité des députés soit favorable à cette réforme. Et c’est bien pour ça qu’il y a eu usage du 49-3. Le président Macron fait volontairement une erreur d’interprétation de l’échec des motions de censure qui n’ont pas abouti, non pas parce que les députés étaient d’accord avec la loi, mais parce qu’ils ne voulaient pas d’un renversement du gouvernement qui aurait pu permettre à l’extrême-droite d’arriver au pouvoir plus tôt que prévu.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 mars 2023.

 

13 novembre 2022

DU BIZARRE QUI VIENT TURBULER

DU BIZARRE QUI VIENT TURBULER

1.

A la planche 4 du Jesse James

De Morris et Goscinny on voit

Un coq pas content même qu'il

Court ce coq pas content même

Qu'un cocoricooo interrogatif

Qu'il pousse ce coq courroucé

Courroucé cocasse itou ce coq

Because y a le Jesse James là

I veut lui piquer une plume &

La mettre à son chapeau Après

Jesse James i s'pose tout une

Série de questions même qu'il

A un frère du Shakespeare que

Son frère lit ça doit être un

Intellectuel & j'en sais rien

Si dans la véritable histoire

De Jesse et Frank James Frank

Lisait du Shakespeare qu'elle

M'a l'air très sanglante dans

La réalité l'histoire du gang

James-Younger Ensuite planche

7 Il y a deux policiers et ce

Ne sont pas Dupond & Dupont &

Pas non plus Astérix & Obélix

Ni Blake & Mortimer parce que

Cosmo Smith et Fletcher Jones

Sont leurs noms dans la bédé.

2.

Voilà une vignette qui montre les personnages

De Johan et Pirlouit de Peyo le dessinateur à

L'origine des Schtroumpfs Johan a les cheveux

Noirs & l'air décidé du bachelier qu'anime la

Volonté de devenir chevalier Il a donc épée à

La main & regard franc Pirlouit cocasse luron

Qu'il semble au nez rond & la bouille réjouie

Plus large que haute façon boulette la longue

Mèche blonde qui couronne sa petite taille et

L'air d'avoir toujours plus d'un tour dans sa

Malice C'est aussi après la seconde guerre du

Monde tel qu'ils s'entretuent les humains que

Marc Sleen créa le personnage de Néron et son

Humour absurde jusqu'à la poésie Néron et son

Chapeau De Avonturen van Nero en zijn hoed en

Fut d'abord le titre et qu'on n'en trouve pas

Les albums en France je trouve cela dommage &

Si jamais vous tombe sous les yeux l'album Le

Petit Coffre canari z'en goûterez l'épatance!

3.

Aux planches 10 à 13 de « L'Orgue du Diable »

De Roger Leloup Yoko poursuit tombe se relève

Très dynamique sautillante en rouge et noir &

Même qu'elle porte de souples bottes rouges &

Manque se faire étrangler whiii-huuule Ingrid

S'intrigue d'un gros tuyau dans le jardin que

Pol voit qu'il est en cuivre On peut lire des

Bribes d'allemand mich nicht mehr... Ich habe

ein ver-... seine Orgel zu... verrückt aber &

C'est sur une bande magnétique ils l'écoutent

C'est bien mystérieux même qu'il « manque des

pages ! »s'écrie Ingrid qui se souvient d'une

Légende et après Yoko Tsuno Ingrid et Pol ils

Pourraient faire des crêpes des gaufres voire

Des claquettes mais non parce qu'ils prennent

Des pelles pour hein voilà moi ce que je peux

Dire c'est que l'intrigue se base sur quelque

Enigme genre paranormal avec légende de pacte

Avec le Diable orgue maudit tuyau énigmatique

Mais que Yoko agit rationnellement ça me fait

Penser à une série téloche des années 70 avec

Pierre Vaneck et Elga Andersen Aux Frontières

du possible que ça s'appelait et c'était basé

Sur l'idée que la science pouvait l’expliquer

Le bizarre qui vient défois turbuler le réel.

Patrice Houzeau

Malo, le 13 novembre 2022.

13 novembre 2022

POUTINE LA LOI DU PLOMB ET DU SILENCE

POUTINE LA LOI DU PLOMB ET DU SILENCE

 

  1. Tandis que Choïgou annonce de bonnes nouvelles aux Russes en prenant la tête de Roger Gicquel le jour où il déclara : « La France a peur », je me demande ce que fait Guerassimov. Probablement qu'il doit relire sa thèse sur la guerre hybride en se disant : « Il y a quelque chose qui cloche là-d'dans, j'y retourne immédiatement. »

  2. Le 7 octobre 2006 (jour de l'anniversaire de Vlad l'empoisonneur), Anna Politkovskaïa est assassinée. On peut noter qu'auparavant, plusieurs journalistes de Novaïa Gazeta étaient morts de mort violente, sans doute parce qu'ils enquêtaient sur des affaires de corruption.

    Je lis sur Wikipédia que, selon « Reporters Sans Frontières », à la date de l'assassinat d'Anna Politkovskaïa (7 octobre 2006, jour de l'anniversaire de Vlad le défenestreur) 20 journalistes déjà avaient été assassinés en Russie depuis l'élection de Poutine (26 mars 2000).

  3. Quel que soit le commanditaire de l'assassinat de Anna Politkovskaïa (Poutine ou Kadyrov), j'entends sur France Culture que ses enquêtes sur d'éventuels crimes contre l'humanité commis par l'armée russe en Tchétchénie auraient commencé à donner des sueurs froides à Poutine lui-même, inquiet de la reconnaissance internationale du travail de la journaliste.

  4. Lorsque l'on entend parler de la corruption en Russie, il semble que celle-ci soit si répandue qu'elle touche les plus hautes sphères de la société.

    Questions : les plus hautes autorités de l'armée russe sont-elles touchées ? Et si oui, jusqu'à quel point ? Et quelles conséquences cette corruption a eu sur la manière dont a été menée la sale guerre de Poutine en Ukraine ?

  5. Le général Vincent Desportes, il n'y a pas si longtemps, a décrit l'OTAN comme étant inefficace et paralysée par un carriérisme de pantoufle. Il y a quelques jours, il évoquait un possible Stalingrad à Kherson. Incompétence, léger mou intercostal pour le Poutine, sénilité ?

  6. 12 novembre 2022. Ah tiens, le bitcoin et le rouble poutinien sont en difficulté. Sale temps pour les monnaies douteuses.

  7. Pourquoi Poutine envoie-t-il en Ukraine des mobilisés, parfois mal formés et mal équipés nous dit-on, au risque de nourrir les ressentiments de la population russe. Réserverait-il ses régiments les plus aguerris pour une autre phase de son « opération spéciale » ?

  8. « une société ni communiste ni libérale, mais de plus en plus monstrueuse », a écrit André Glucksman dans une préface au livre « Tchétchénie, le déshonneur russe », de Anna Politkovskaïa (2003), décrivant ainsi la Russie poutinienne à venir.

  9. Les historiens n'ont pas fini de discuter de savoir si la cause du conflit russo-ukrainien réside dans la revendication identitaire d'une majorité russophone du Donbass à être rattachée à la Russie, ou si cette revendication identitaire n'a été qu'un prétexte, voire qu'elle a été exacerbée, entretenue et armée par le FSB et le GRU.

    La sale guerre de Poutine en Ukraine aura prouvé à l'Occident que le vieil adage « si vis pacem, para bellum » est toujours d'actualité et que ni la mondialisation des échanges (la « société ouverte »), ni nos sophistications technologiques ne font disparaître ce sentiment d'appartenance à une communauté, qu'on l'appelât patriotisme ukrainien ou nationalisme russe.

    Aussi, face à un impérialisme russe résurgent, est-ce plus au nom de la défense des démocraties qu'au nom d'une territorialité à retrouver, que l'Occident a choisi de soutenir l'Ukraine.

    Quant à l'eurasisme de Douguine, sans doute s'agit-il surtout d'une création intellectuelle, comme tous les élargissements abusifs des communautarismes (panslavisme, pangermanisme, panislamisme, panarabisme, européisme naïf, etc...)

  10. L'une des grandes énigmes du conflit russo-ukrainien aura été l'état réel de l'armée russe (qui semble mal équipée, mal commandée et que l'on dit pauvre et corrompue). La Russie ne semble donc pas en mesure d'affronter l'Occident dans une guerre conventionnelle de grande ampleur. Que reste-t-il à l'impérialiste Poutine ? Ses alliés hypothétiques (Chine, Corée du Nord, Biélorussie,...) et sa puissance nucléaire.

  11. La popularité russe de Poutine viendrait de ce qu'il a mis fin au laisser-aller sociétal et au désordre laissé par son prédécesseur Eltsine. Sans doute. Mais sans doute a-t-il rétabli un semblant d'ordre à la manière d'un parrain de la mafia : par la loi du plomb et du silence.

    Ainsi, il semble que la société russe soit tout autant criminalisée sous Poutine que sous Eltsine, la différence étant que cette criminalité serait beaucoup plus organisée, hiérarchisée, sophistiquée même que par le passé turbulent de la fin de l'ère soviétique.

    Patrice Houzeau

    Malo, le 13 novembre 2022.

5 mars 2022

ET TOUT ÇA PARCE QUE POUTINE SE PREND POUR UN GRAND CONQUERANT

ET TOUT ÇA PARCE QUE POUTINE SE PREND POUR UN GRAND CONQUERANT (AH LE CON)

1.
Les bases de l'économie libérale sont solides et en résistant à l'impact de la pandémie du covid, elles ont montré leurs grandes capacités d'adaptation et de résilience. Pas sûr que les bases de l'étrange économie russe soient aussi solides..

On me dit que la Russie est nettement moins endettée que la France. Ce qui est vrai. Mais la différence est que nous pouvons négocier notre dette cependant que la marge de manœuvres de la Russie se réduit de jour en jour. Il manque au libéralisme russe sa dimension politique. Poutine n'est pas un libéral.

2.
Les prochaines élections présidentielles russes se dérouleront en 2024. Poutine, qui commence à se faire vieux et que des rumeurs persistantes disent malade, osera-t-il se présenter dans un contexte de faillite probable de son économie ?

3.
JeJureSurLaTêteDePoutine que ce n'est pas bien de dire JeJureSurLaTêteDePoutine car il n'est pas dit que Poutine ait vraiment une tête. Perso, je pense que c'est un robot dont Staline traça les plans vers 1949.

4.
L'agression de l'Ukraine accélère la construction européenne. Malgré leurs dissensions, les Etats de l'UE travaillent ensemble à un but commun : préserver l'Ukraine de l'emprise totale de Poutine. C'est une leçon que le Kremlin n'est pas près d'oublier.

5.
L'excellent Restitutor Orientis a publié sur Twitter la vidéo d'un « hélicoptère d'attaque MI-35 abattu par un Stinger au nord de Kiev ». Cette vidéo semble indiquer que les capacités de l'armée ukrainienne sont encore assez fortes pour infliger des pertes significatives à l'armée russe.

6.
Et si Poutine jouait au fou, et qu’en fait, avait une stratégie différente que celle qu’on imagine en regardant les médias. Si son objectif était en fait d’annexer l’est de l’Ukraine et les accès à la Mer d’Azov (d’où l’enjeu de Marioupol), puis de négocier, et ainsi sauver son économie…

Si telle était sa stratégie, Poutine apparaîtrait alors comme le vainqueur incontesté de cette guerre qui alors, finirait vite. Comment réagiraient ensuite le gouvernement ukrainien, l’OTAN, l’UE ?

7.
Le 5 mars 2022. Midi. La mairie de Marioupol (sud-est de l’Ukraine) annonce que le cessez-le-feu est « reporté ». L’armée russe, dit-on, n’aurait pas respecté cette trêve et aurait continué ses bombardements. Chaque camp rejettera la faute sur l’autre.

8.
La Russie fait 17 millions de km², c’est le pays le plus étendu du monde. A qui Poutine veut-il faire croire que son pays est menacé par l’OTAN ? C’est une blague. Depuis Hitler, personne ne fantasme plus sur l’invasion impossible de la Russie. Et du temps de la guerre froide, la menace était soviétique, pas américaine.

9.
Il y a toujours la solution de se dire : de toute façon, ce sont tous des cons, et d’envoyer balader Poutine, Zelensky, Macron, Biden, Von der Leyen, l’OTAN, l’UE, l’ONU et de se dire zont qu’à crever, tous ces cons, ok, et après on fait quoi ? On élit un aut’ con ?

10.
Parmi les trolls poutiniens, ll y a les agents d’influence pro-russes. Certains sont payés pour, d’autres sont bénévoles. D’autres encore, dont des fonctionnaires d’Etat, ne se sentent pas agents d’influence pro-russes mais tiennent les mêmes propos que les agents d’influence pro-russes.

11.
Le vendredi 4 mars, la Poutinerie au pouvoir en Russie interdit Facebook sur son territoire. Terrrrible riposte. Nous crevons de peur. Bah, d’ici quelques semaines, avec le rouble qui ne vaut plus une frite, les de plus en plus pauvres Russes ne pourront plus payer leur abonnement Internet.

12.
4 mars 2022. Bravo à France Culture et Culture Box pour la soirée de soutien aux artistes ukrainiens. Une bonne occasion de rappeler que le grand Nicolas Gogol était d’origine ukrainienne.

13.
Si les chiffres de pertes de l’armée russe sont exacts, pensons que derrière ces machines, ces chars, ces hélicoptères, ces avions, il y a des hommes, des hommes qui ont laissé femme, enfants, fiancée parce que Poutine se prend pour un grand conquérant. Comment Poutine peut-il se regarder dans une glace sans vomir ?

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mars 2022.

30 mai 2020

LES MOTS FONT DE NOUS DES ETRES

LES MOTS FONT DE NOUS DES ETRES

 

 

  1. Les dieux sont des yeux. Leur regard fonde notre humanité. Et pourtant, Dieu ne peut être que force aveugle, aussi aveugle que des équations. Ce ne sont pas les nombres qui nous regardent. Je dirai même plus : « qui nous déchiffrent » fit Zut en me tirant la langue.

  2. « Un chasseur futur gibier, une jeune fille sacrifiée puis sacrifiant : image terrifiante de la condition humaine où rien n'est jamais acquis sous le regard des dieux » (Annie Collognat-Barès, Préface à « Iphigénie »).

  3. « Ce que je peux vouloir » ai-je lu dans une phrase de Schopenhauer. Notre liberté est limitée par ce qu'il nous est possible de vouloir. Notre « bon vouloir » est une illusion. Notre « bonne volonté » aussi. Je ne veux nullement être la cause de la mort de mon prochain mais je suis content de la fortune de la France, fût-elle en partie fondée sur le commerce des armes.

  4. L'expression « droit naturel » me soucie. Quelle loi serait donc inscrite « de tout temps » dans la nature et qui m'empêcherait « naturellement » d'être malveillant, ou plus étrange encore, quelle loi, à l'insu de mon plein gré « naturel », me pousserait à être bienveillant ?

  5. La confusion entre « droit » et « instinct » fonde cette étrange idée de « droit naturel ». Littéralement, l'instinct de survie ne procède de nul droit et ce ne sont pas avec quelques citations latines et une poignée de maximes que l'on défend une civilisation.

  6. S'il veut voir, il passe par les yeux des hommes.
    S'il veut parler, il passe par la langue des hommes.
    S'il veut douter de lui, il se fait homme.

  7. « L'égoïsme est un fruit de civilisation, non de sauvagerie ; et l'altruisme aussi, son correctif ; mais l'un et l'autre sont plutôt des mots que des êtres. » (Alain, « De l'amour de soi »)

  8. Le « sauvage » n'existe pas. La nature n'est jamais que « naturante » et le mot « sauvage » ne signifie pas autre chose que cette naturalité. Dès lors, ce sont les structures sociales qui modulent égoïsme et altruisme. Il n'y a dans la nature ni égoïsme, ni bienveillance.

  9. Voilà exactement le genre de syntagme dont je me fais hantise : « mais ce sont plutôt des mots que des êtres » écrit Alain. L'idée d'être naturel m'est incompréhensible : l'être, cette soudaine intuition de la présence, relève du langage, et donc du poétique.

  10. Les mots font de nous des êtres. Le langage nous a jeté un sort. Chacune de nos langues est un corpus de formules magiques.

  11. Depuis que le confinement t'a contraint à te racheter un ordinateur, te voilà de nouveau attelé à tes méchantes écritures me dit Zut. Eh oui, et j'en veux beaucoup à l'inconséquence politique qui m'a renvoyé à cette sorte-là de sorcellerie.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 30 mai 2020.

24 juin 2023

PRIGOJINE CONTRE POUTINE APRES LA PESTE LE CHOLERA ?

PRIGOJINE CONTRE POUTINE APRES LA PESTE LE CHOLERA ?

1.
Les événements se précipiteraient donc en Russie. Après avoir dénoncé les mensonges de l'armée russe et de l'appareil d'Etat sur les causes et les buts de l'invasion de l'Ukraine, Prigojine et ses Wagner seraient passés à l'action et se dirigeraient vers Moscou.

Prigojine agit-il avec l'accord de Poutine ? Prigojine rappellerait-il au monde que pirates, corsaires, corps francs, soldats de fortune et mercenaires ont eux aussi leur morale ? (est-il un nouveau Bob Denard?) La Russie va-t-elle basculer dans la guerre civile ?

Après avoir perdu tant d'hommes dans le hachoir de Bakhmut, (et il semble que cela l'a personnellement affecté), de voir l'armée russe incapable de contrôler un champ de ruines a pu pousser Prigojine à réfléchir sur l'imbécillité d'une guerre inéluctablement perdue.

2.
On sait qu'un certain nombre d'officiers de l'armée russe soit sont opposés depuis le début à la sale guerre de Poutine en Ukraine, soit opposés à l'Etat-major de Choïgou. Une partie de l'armée russe va-t-elle se rebeller et s'allier avec Prigojine pour renverser le pouvoir central ? La Russie est-elle à la veille d'un coup d'Etat ?

3.
Une mafia ne peut absolument pas se permettre le luxe de l'incompétence. L'incompétence de Choïgou est légendaire (dit-on).

4.
La reprise d'un effritement très net du rouble annonçait une situation instable en Russie. 1 euro = plus de 90 euros depuis deux semaines et 1 dollar plus de 80 roubles. Si la chute du rouble se poursuit, inéluctablement, l'économie russe s'effondrera.

5.
Tu paries combien que le Macron s'est déjà renseigné sur les moyens de contacter Prigojine directement en vue de au cas où que ça serait utile de lui proposer une résilience quelconque, voire un pacte politico-financier basé sur un socle de valeurs à choisir dans la liste.

6.
Ce qui se passe en Russie prouve une fois de plus que Poutine ne peut pas gagner contre l'Occident. Beaucoup de commentateurs disent depuis longtemps que le pouvoir russe pourrait imploser. Plus que jamais, il faut soutenir l'Ukraine. Le serpent est dans le jardin de Poutine.

7.
Va-t-on passer de la peste Poutine au choléra Prigojine ? Ou Prigojine pourrait-il entamer des négociations sérieuses avec l'Ukraine ? Encore faudrait-il que Prigojine sorte vivant de cette aventure et qu'une partie de l'armée russe l'aide à renverser le pouvoir central.

8.
Ce qui se passe en Russie illustre une nouvelle fois que le droit naturel du plus fort, comme tout droit prétendument naturel d'ailleurs, est une fiction. Poutine se croit « naturellement » le plus fort mais que plus fort que lui s'oppose et le voilà remis en question. Ceci dit, rien ne prouve que Prigojine soit en mesure de renverser le pouvoir central.

9.
Si Poutine tombe, les pro-Poutine de nos démocraties (c'est-à-dire les collabos qui profitent des avantages de la démocratie libérale, et certains en vivent même très bien, tout en souhaitant leur fin) vont l'avoir dans l'os. C'est réjouissant. #Mariani #MarineLePen #Zemmour

10.
Reste l'hypothèse machiavélique. Poutine et Prigojine feindraient un début de putsch. Poutine déclarerait que la Russie serait maintenant directement menacée par « l'Occident collectif », décrèterait la patrie en danger, et lancerait un ultimatum /chantage au nucléaire à l'OTAN.

11.
Dans un bel effort de transparence, Prigojine a dénoncé les mensonges de l'appareil d'Etat russe sur les causes et les buts de l'invasion de l'Ukraine : non, il ne s'agissait pas pour Poutine de « libérer » le Donbass et de « dénazifier » (quelle blague!) il s'agissait de mettre main basse sur l'Ukraine et de la dépouiller, de s'en partager les richesses entre oligarques et mafieux divers.

Le 24 juin 2023, Prigojine affirme que les pertes de l'armée russe se monteraient à près de 1000 personnels hors de combat par jour. Enorme. Rappelons-le : l'OTAN ne peut pas perdre. Songez que les Etats-Unis ne fournissent même pas leur armement le plus moderne aux forces ukrainiennes et qu'ils gardent le secret le plus absolu sur leurs avancées technologiques. Poutine ne peut pas gagner. Poutine ne gagnera pas. Poutine est perdu.

12.
Lorsque Choïgou a annoncé que les mercenaires de Wagner auraient jusqu'au 1er juillet pour rentrer dans les rangs de l'armée russe, obligeant ainsi Prigojine à prêter allégeance et à renoncer à son leadership, on prête à Prigojine ce mot : « Choïgou a dit le 1er juillet, mais il n'a pas précisé de quelle année. »

13.
Il est évident que les Wagner de Prigojine ne peuvent à eux seuls renverser le pouvoir central. Prigojine a-t-il des assurances de ralliement d'une partie de l'armée russe ? Compte-t-il sur un soulèvement de la population ? Sur une révolution de palais ? Ou tente-t-il un coup de poker désespéré ?

14.
Etant donnée l'importance des Intérêts financiers et politiques en jeu, que vont faire les personnels de Wagner basés en Afrique ? A qui vont-ils désormais obéir ? Aux injonctions des commissaires politiques de Poutine ou à leurs cadres fidèles à Prigojine ?

15.
La rébellion de Prigojine et de ses Wagner est-elle une conséquence inattendue, ou vaguement espérée, de la contre-offensive ukrainienne ? Ou au contraire, cette rébellion, quelle qu'en soit l'issue, sera-t-elle suivie en Russie d'un renforcement des jusqu’au-boutistes ultra-nationalistes ?

Patrice Houzeau
Malo, le 24 juin 2023.

1 août 2021

TiNTOUIN (ET MILOU)

TINTOUIN (ET MILOU)

1.
Plus de 200 000 Français ont manifesté ce samedi 31 juillet 2021 contre le Pass Sanitaire et la présidence Macron ! Enfer et jambon d'pays ! Encore un coup des hackers russes !

2.
Je suis pour la vaccination, et si la situation s'aggrave, je suis même pour l'obligation vaccinale. Santé publique oblige. Mais faire du pass sanitaire (fort utile en certains cas, j'en conviens) une monnaie d'échange (faites-vous vacciner et vous pourrez recouvrer vos libertés) me consterne.

3.
Je connais, dans mon entourage, des gens qui ont eu le covid en étant vaccinés et d'autres qui l'ont eu en n'étant pas vaccinés. La différence : l'hôpital.
L'hôpital pour les non-vaccinés, suis-je, hélas, obligé de préciser.

Un exemple précis : dans la quarantaine, non fumeur, sobre, très prudent, pas encore vacciné, s'est retrouvé en réa. Quand il en est sorti « on aurait dit un petit vieux », nous a dit une de ses proches. Je ne crois que ce que je vois.

Autre exemple : un collègue, vacciné, a quand même chopé le variant anglais, est resté quelques jours chez lui, grosse fatigue et mal de tête. Pas d'hospitalisation. Est revenu en pleine forme. Je ne crois que ce que je vois.

4.
Tiens, c'est marrant, dans la pub BFM TV qui passe sur mon ordi, on voit Jean Castex dire : « Notre rôle, c'est de calmer le jeu... » Ah bin, c'est réussi...

5.
Y en a quand i s'ront morts i diront : « Ah Si j'avos su, j'm'aurais fait avvacciner là » Mais on les écoutera pas (car ventre sans oreilles n'a pas d'oreilles ou un truc comme ça). Alors, i s'vengeront ; i reviendront d'entre leurs osses pour nous retirer les vers du pied.

6.
La République En Marche, en ce moment, je sais pas dans quoi elle marche, mais ça sent pas très bon.
Je désapprouve ce tweet qui n'est dû qu'à mon individualisme irrespectueux, pour ne par dire désinvolte. Mais comme je suis bon, je m'absous ton balcon.

7.
Je me demande quel est le taux de vaccination chez les gens qui pensent que la Terre est plate.

8.
Et dire que s'il n'y avait pas eu le premier confinement, je n'aurais pas été obligé de racheter un ordinateur pour télé-enseigner. A cette heure, je serais peinard à lire des Tintin et Milou, et là je fais quoi, je regarde la France déconner de tous les côtés, Macron compris.

9.
Zut tout à l'heure : « Je vous assure, cher ami, qui ne croyez ni en rien ni en vous, que depuis que je suis vaccinée, Elvis est toujours aussi vivant que s'il n'était pas mort. »

10.
Vous vous souvenez, pendant le premier confinement de mars 2020 comment France Info nous fichait le traczir genre fallait tout nettoyer en rentrant des courses, que les surfaces étaient pleines de virus vivace pendant des heures dis, qu'ça en a fait des histoires dans les immeubles.
Ça nous paraît loin et presque dérisoire maintenant que Véran a l'air de nous faire comprendre qu'un variant ou l'autre pourrait la dépeupler la France si on ne s'fait pas vacciner fissa et que même avec le vaccin on sait pas de quelle seringue l'avenir sera fait.

11.
Macron, il est pas psychologue : s'il avait fait son allocution du 12 juillet (vaccinez-vous, sinon fini le pastaga) en ayant revêtu une tenue NBC (Nucléaire, Bactériologique, Chimique, je précise pour les distraits), on aurait compris, on n'est pas hein non plus, quoi ?

12.
Bon, on n'est plus qu'à cinq mois du réveillon, les aminches... donc, j'aimerais savoir : les dindes peuvent-elles choper la maladie étrange venue d'ailleurs là ? Parce que si jamais, eh, faudrait penser à voir à les vacciner, chaipas moi, avec du Dindex, ou aut' chose hein ?

13.
Le « En même temps » à Macron, j'avais pas compris que ça signifiait « en même temps je ferai n'importe quoi » et « en même temps je vous le ferai payer. »

14.
En France, en ce moment, le Pass Sanitaire, on a l'impression qu'il a autant de valeur (sinon plus) que le baccalauréat version Blanquer. Si t'as le bac et le pass, t'es le Roi du Monde, coco, tu peux aller agiter tes variants en boîte de nuit.

15.
Le Covid prouve que la Terre n'est pas plate. Sinon, on l'aurait vu venir... Mais comme la Terre est peut-être ronde, le virus en a profité pour arriver sans être vu... Je dis bien « peut-être ronde » car, comme l'a prouvé le culte du cornet de frites, la Terre est bien entendu patatoïde.

16.
Selon la théorie des Anciens Astronautes, on peut être certain (et Milou) qu'en observant de près les structures des crypto-pyramides de la jungle de Mépalpiéla, on devrait retrouver la représentation de la structure de l'archéo-coronavirus (Covidus Primus). #ToutEstEcrit.

Patrice Houzeau
Malo, le 1 août 2021

 

16 avril 2020

LA NUIT DES FOIS JE PENSE AU PANGOLIN

LA NUIT DES FOIS JE PENSE AU PANGOLIN

1. La nuit des fois ça fuit du toit pis la pluie me cause de l'émoi.

2. La nuit des fois j'me croise et j'me dis : "Tiens ! mon spectre..."

3. S'il y a un sens à tout ça, eh bé je me demande lequel. A moins que ce soit le sens qui unit le funambule à l'abîme.

4. Tout semblait sous contrôle, qu'on causait plein emploi à venir et réformes étonnantes; au gala des hommes illustres de la France, not' président se voyait déjà en haut d'l'affiche et puis bong! un péquin quelconque s'amène avec un pangolin.

5. Tout allait sur des roulettes, que le gouvernement marchait en réformant, que les députés marcheurs marchaient en dormant, que les manifestants marchaient en gueulant, que la police elle aussi marchait mais en sens inverse et pinguépong! un péquin quelconque s'amène avec un pangolin.

6. Sur France Culture, à propos du covid-19, j'entends un expert déclarer sans rire mais avec autorité qu'il "aurait fallu réfléchir au préalable". Euh, cher maître, n'est ce point justement là votre travail ?

7. La nuit des fois j'me fais des brefs assez marrants je trouve
    Mais au matin perdus qu'ils sont oubliés sortis, au trou.

8. Jadis, les gens avaient des économies; maintenant, ils ont des dettes.

9. En démocratie, on entend tout et son contraire; dans une dictature, on entend tout et son contraire est en prison.

10. Allez ! une petite charade composée dans le style René Char (ah c'est difficile !)

               Il lia la main droite du geste à la faucille des syllabes; à l'aube, il fit acte de foi sans nul péché. Aux horizons contraires, il porta la clé des deux portes. Jadis, il chassa le loup sans jamais ressentir la haine de ceux qui eurent l'âme rongée par les ruches acides. Enfin, la guitare accordant la flamme et le foulard, il mit main haute sur le retour du verger. [biffé sur le manuscrit : Frrrouttt j'aurais pas dû manger tant de cassoulet moi]

Je ne vous donne pas la solution : elle est évidente. Mais bon, si vous n'avez pas trouvé, en voici une version simplifiée :

Mon premier aime faire des BA.
Mon second aime la marine et le sauna.
Mon troisième est comme l'agneau.

Et mon tout accompagne des fruits de saison.

11. La nuit des fois je pense au pangolin
      Solitaire et poursuivant son chemin
      Sans voir que vient le quelconque péquin
      Qui va l'piéger et nous fout' dans l'pétrin.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 16 avril 2020.

 

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