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BREFS ET AUTRES
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28 juillet 2021

COIN-COIN KINGDOM

COIN-COIN KINGDOM

 

1.
Le 27 juillet 2021, la ministre du travail, Elisabeth Borne a semblé insinuer que le défaut de vaccination pourrait, dans le cadre du « droit commun » justifier un licenciement. Honnêteté de sa part ? Signal au MEDEF ? Le même jour, Bruno Fuchs a contredit sur France Info et Philippe Bas sur Twitter. Coin-coin Kingdom ? Huile sur le feu ?

2.
Se murmure que l’exécutif réfléchirait déjà à sa stratégie en cas de variant plus létal et contagieux en septembre-octobre... car, dans ce cas, faudra un nouveau vaccin... un nouveau pass sanitaire alors ? Je la vois quand même s'entr'ouvrir la trappe à clowns...

3.
Le président Macron aux Marquises sur France Info : a usé plusieurs fois du mot « résilience » pour évoquer la relance écologique qu'il aurait déjà prévue, rédigée, revue et corrigée par ses soins... « résilience » ; ouais, bin, j'pressens du résilient qui va nous coûter bonbon...

4.
Si jamais le président Macron ne se représentait pas et retournait faire de l'optimisation dans le secteur bancaire, on parie que les électeurs du « en même temps », du « quoi qu'il en coûte » et de la résilience pour tous auraient vite fait d'accuser anti-pass et gilets jaunes d'avoir découragé leur Magnifique.

5.
La vaccination obligatoire espagnole fonctionne-t-elle mieux que la vaccination en même temps à la Macron ? Les Espagnols, ai-je lu, convoquent par tranche d'âge. Rationnel et organisé. Rien à voir avec le mégabricolage français. Résultat : 52,8 % de la population vaccinée (2 doses).

Le gouvernement ferait bien d'écouter un peu plus ceux qui pensent qu'une vaccination obligatoire avec convocation nominale par tranche d'âge (via les fichiers de la sécurité sociale) serait plus efficace et éviterait l’extension intrusive du pass sanitaire.

6.
Cinoche... qu'ça marche pas, qu'il y a échappée immunitaire d'épouvante... l'virus bouffe tout... L'Europe Walking Dead... Le vingt-et-unième siècle sera zombifié ou ne sera pas... Loi martiale... Milices armées... Stupeur et tout le tremblement des carcasses...

7.
Vous vous souvenez qu'au début de son mirifique mandat à Macron, comment la Macronie triomphante gratta rapiat cinq euros sur les APL des étudiants... et le voilà maintenant, Mirliflore Perlimpinpin qui vous annonce des millions et des milliards de « quoi qu'il en coûte » et de relance écolo-résiliente.

8.
Je me demande si dans la langue à Macron, « résilience » ne signifie pas en fait « coercition ».

9.
Le pari de Macron semble le suivant : vacciner le plus rapidement possible afin d'éviter qu'un nouveau variant plus dangereux apparaisse. S'il réussit, à lui les lauriers, et une possible réélection. S'il échoue, je ne sais pas comment il pourrait s'en sortir.

Certes, la libre circulation des biens et des personnes rouvrira les pays, et un nouveau variant est dès lors possible, sinon probable. Macron n'y peut rien. Mais il en sera rendu responsable car en rendant très coercitif le pass sanitaire, il a doublé une crise sanitaire d'une crise politique.

10.
Quoi qu'i va s'passer ?... personne ne sait... les étouffeurs de l'invisible vont-ils s'affaiblir ?... se fortifier ?... Restera longtemps un goût amer... celui des demi-vérités, sinon des mensonges de certains ministres... la Raison d'Etat, électoralement, pas toujours payant...

11.
Sur twitter ça vitupère le pass coercitif... ça vilipende le vaccin... extrêmes et manipulateurs propagandent... des fakes évidents, des mauvaises fois politiques, d'autres à réfléchir, à vérifier... y a d'l'écoeurance dans la team complotiste...

12.
Assez rance aussi dans le genre culpabilisant, not' moderne gouvernance... Vrai qu'nos libertés sont floutées... Chaipaqui a parlé de « brutalité tranquillle » rapport au sphinx à la rose et à la « force tranquille »... Macron tente un coup politique... « The next leader of Europe » titra « Time ».

13.
De toute façon, il l'a dans l'os, l'asticot, on a compris ; voit rien venir et quand i s'rend compte, réagit autoritaire ; on va s'méfier... Trop tactile, Macron, c'est malaisant ; commence souvent ses phrases par « Moi, je »... L'est président, pas « Moi-je »...

Patrice Houzeau
Malo, le 28 juillet 2021.

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26 juillet 2021

LE PASS SANITAIRE SERA-T-IL BIENTÔT DEPASSE

LE PASS SANITAIRE SERA-T-IL BIENTÔT DEPASSE ?

 

1.
Les lois, c'est aussi l'esprit pratique... Le pass sanitaire non obligatoire en terrasse... Bon... Une table de quatre, sans pass sanitaire, hop on mange... crack il pleut ! Devraient rentrer dans le restaurant, les gens ! Oui, mais euh, zont pas le pass ? Keskonfait ?
Et là, ce n''est sans doute que l'une des multiples incongruités liées à l’extension coercitive du Pass Sanitaire... Maçon gouverne à la truelle... Maçon sot...

2.
Véran l'a dit, le Delta est si contagieux tellement partout que, même à l’extérieur, quidam passe, tousse, paf, vous v'la contaminé !, Donc très coercitif, le PassSanitaire ? Oui, oui... et appliqué hein ?... Forces de l'Ordre hein ?... Oui, oui... Et si le pays devient ingérable... Mais non, mais non... Zêtes sûr ?

3.
Macron piégé par Macron ? Si l’extension coercitive du pass sanitaire est strictement appliquée, le pays pourrait devenir ingérable... Si cette extension est moyennement appliquée, évitera-t-on un choc Delta si contagieux tellement contagieux (c'est Véran qui l'a dit) que le gouvernement devra reconfiner ?

4.
Avec le prolongement du quoi qu'il en coûte pis de l'alourdissement de la dette publique, y aurait comme un retour des sous qu'on planque et des Si vous avez des espèces, (si ça ne vous dérange pas trop, hein)... que ça ne m'étonnerait pas...

5.
J'pige pas, si admettons, 8 français sur 10 sont vaccinés d'ici la mi-septembre, le Delta devrait être fortement freiné, non ? Et donc début octobre, tout devrait rentrer dans l'ordre, non ? Pourquoi cet alarmisme de la rentrée ? Quel est le problème ?
Qu'on nous dit des merveilles sur les vaccins à ARN messager, que même le delta plus (qui pourrait succéder au delta), eh bien, le Pfizer serait encore efficace (certes moins dit-on) : alors ? Nous cacherait-on quelque chose ? Nous prendrait-on pour des mômes ?

6.
De deux choses l'une, ou les vaccins sont efficaces et donc, quand la couverture vaccinale sera assez importante (et comme on vaccine à tour de bras, ça ne devrait plus prendre des mois), on sera débarrassé du Covid, ou alors on nous raconte des carabistouilles.

7.Je cinoche le pire à venir... un super asphyxiant... Macron sait, ne panique pas, a assuré le Japon du soutien du Monde Libre... qui prépare la riposte et vaccine, un moindre mal... ce que j'appris jadis... « dans ce cas, on vous injecterait de l'atropine, juste pour » chaipas...

8.
S'il faut vacciner tout le monde tous les ans, ça veut dire qu'on va réactiver le pass sanitaire tous les ans ? Moi, ça me semble logique, mais j'ai pas la pensée complexe à Macron et le génie visionnaire à Blanquer non plus.

9.
J'vois les choses genre : à chaque année, son ou ses variants... … faut adapter les vaccins... vacciner tout le monde (c'est Bayrou qui l'a dit), et donc, chaque année, faut un pass sanitaire renouvelable pour éviter qu'un distrait propage . Fin de nos libertés.

10.
C'est pas une course à la vaccination entre la France et le covid ; c'est entre l'humain et le virus, s'te course, et voyez, j'suis pas tout à fait certain que c'est l'humain qui va gagner.

11.
J'pige pas... s'il faut une couverture vaccinale à plus de 80% pour diminuer fortement le risque de voir apparaître un nouveau variant, comment on va faire d'ici trois mois avec tous ces étrangers de partout qui vont venir des ailleurs sous-vaccinés ?
Les étrangers seraient-ils moins contagieux que nous ?

12.
Très belle leçon d’exercice de la démocratie où chacun a joué son rôle : les 22 et 23 juillet 2021, à l'Assemblée Nationale  la gauche (LFI, PC, PS) et les LR ont bataillé ferme et fait monter la pression (aidés en cela par les manifestations du 17 et la pression des anti-pass) de telle sorte que les Sénateurs furent en position de force pour amender avec succès et négocier en Commission avec une Macronie de plus en plus inquiète. Bravo ! Même si le gouvernement savait qu'il devrait lâcher du lest, Macron en sort pour l'heure affaibli et le gouvernement fragilisé (une fois de plus).

13.
Gestion de la crise sanitaire. Députés d'opposition et sénateurs ont réussi à écarter toute possibilité de licenciement pour le personnel soignant (mesure épouvantail propre à irriter les oppositions et sources de troubles sociaux et de procédures sans fin).

14.
Certains affirment que le variant delta ne serait plus qu'un « gros rhume » : dans ce cas de quoi meurent chaque jour plusieurs dizaines de Britanniques, plusieurs centaines de Tunisiens, d'Indiens et de Brésiliens ? En France,nous n'en sommes peut-être qu'au début de la vague.

15.
Le projet de loi amendé par le Sénat sur l’extension coercitive du Pass Sanitaire a été adopté au parlement ce 26 juillet 2021 à 0 heures 27. Donc acte. Le Pass Sanitaire avait des airs d'arme redoutable; il l'est nettement moins et sera sans doute assez vite dépassé par les événements...
En l’occurrence, tout dépend maintenant de l'ampleur des manifestations anti-pass, des grèves qui se dessinent, des négociations avec les syndicats et de l'évolution de l'épidémie.

16.
Si l'épidémie du variant delta prend de l'ampleur, ce n'est pas le pass sanitaire qui empêchera les décès, mais la vaccination ; si la couverture vaccinale reste insuffisante, le gouvernement sera obligé de reconfiner ou de recourir à des mesures de couvre-feu et de fermetures.

17.
Il faut reconnaître que le président Macron, en tapant du poing sur la table le 12 juillet 2021 et en agitant l'épouvantail d'une extension punitive du Pass Sanitaire, a relancé la campagne de vaccination. Députés et sénateurs semblent, pour le moment du moins, avoir calmé le jeu.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 juillet 2021.

23 juillet 2021

10 PUISSANCE 3 IL A DIT VERAN

10 PUISSANCE 3 IL A DIT VERAN

1.
Ma mère qui allait mourir, sortant de l'hôpital, au début de la crise des Gilets Jaunes alors que je m'effrayai des violences : « tu sais, les infirmières, elles l'ont dure... ». Je n'ai pas oublié. Macron ne devrait pas oublier.

2.
Twitter, c'est un peu Cyrano de Bergerac, le bal des répliques... virtuosité immature... Punchline Club... faudrait déconnecter... en revenir à nos seigneuries personnelles... On fait le jeu de la Start Up Nation à l'aut' Mister Europe... avant l'covid, j'avais même plus d'ordinateur, moi...

3.
LREM, dans les choux... Macron a encore du crédit... Un genre qui plaît... Mais comment pourrait-il gouverner sans parti ?... ça nous promet bien des reniements... à gauche à droite, ou alors, suite à ses exploits sanitaires, il décroche, le beau masque...

4.
Rarement plus qu'en ce moment, j'ai ressenti l'envie d'écouter «Never Mind The Bollocks » de ces bon vieux Sex Pistols !

5.
Vu les problèmes suscités par l’extension du pass sanitaire, on peut douter que Macron fût bon juriste ; l’alourdissement de la dette publique fait douter de ses compétences en économie; la perte d'influence de la France interroge sur ses qualités stratégiques et diplomatiques. Ses talents littéraires sont faibles. Comme l'a montré sa gestion des assez nombreuses crises récentes, Il ne semble pas toujours très cohérent dans ses raisonnements. Il semble influençable. Dans quel domaine Macron a-t-il vraiment des compétences ? On finit par se le demander.

6.
Pour défendre l’extension du Pass Sanitaire, un quidam du gouvernement aurait dit : « Après tout, personne n'est obligé d'aller au restaurant. » Exact. Et comme en France, personne n'est obligé de voter, beaucoup de Français en tireront la conclusion qui s'impose.
Citation : « Personne n'est obligé d'aller au restaurant […], personne n'est obligé d'aller au cinéma, par contre vous êtes obligé d'aller faire vos courses et c'est ça la distinction que nous devons faire ». (Castaner, BFM, le 22 juillet 2021)

7.
La France est toujours une démocratie, mais loi après loi, décret après décret, mesure d'urgence après mesure d'urgence, il semble qu'on habitue les Français à une forme de régime qui sans être la dictature, n'est plus tout à fait la démocratie telle que nous l'avons connue.

8.
Comprends pas : Véran a expliqué aux députés que même en extérieur, le variant delta est hyper hyper hyper contagieux (quelqu'un passe, tousse, paf ! vous v'là contaminé) que donc, moi je pense que même à la plage ça doit être dangereux. Président, mon Président, j'ai peur.

9.
Paraît, selon Castex, que le pass sanitaire ne sera pas demandé dans les établissements scolaires ! Alors que Véran ne cesse de dire que ce sont les jeunes qui en ce moment sont les PLUS contamino-contagieux  ! J'comprends pas. Blanquer est un génie, d'accord, mais tout de même !

10.
Président, mon Président, j'ai peur : Véran, docte fidèle, a dit aux députés que « en toutes circonstances, avec une charge virale augmentée de 10 puissance 3 [,] cela veut dire que lorsque vous êtes contaminé, vous crachez du virus à tout va. » J'ose plus sortir ! Os court !

11.
« Avec une charge virale augmentée de 10 puissance 3, […] lorsque vous êtes contaminé, vous crachez du virus à tout va. » (Véran, Assemblée Nationale, le 22 juillet 2021) : Je me demande si on ne va pas bientôt être obligé d'apprendre la langue des signes.

12.
Zavez remarqué qu'on ne parle plus beaucoup d'ovnis en ce moment. La Terre doit être en quarantaine.

13.
« 10 puissance 3 » il a dit Véran... « contaminé, vous crachez du virus à tout va » il a dit Véran... hyper contagieux... « en toutes circonstances », il a dit Véran. Eh bin, j'espère qu'il n'y aura pas d'autre variant du même genre, sinon, elle en va prendre un coup dans sa démographie, l'espèce humaine...

14.
Macron n'a pas su gérer la crise sanitaire... a bricolé façon Blanquer... face aux morts qui s'annoncent, il veut pourrir la vie des pas encore... aveu de faiblesse... isolement contraint... en attendant lambda... la preuve d'un manque de confiance... se représentera pas.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 juillet 2021.

21 juin 2021

ET COMME PREVU LA MACRONIE S'EST PRIS UNE GAMELLE

ET COMME PREVU LA MACRONIE S’EST PRIS UNE GAMELLE

1.
On parle beaucoup d’une très grande désorganisation du bac2021 : convocations des professeurs « de réserve » la veille du Grand Oral, copies mal scannées, voire non anonymées (attention au tribunal administratif…).
Si ces troubles sont avérés, dans une démocratie responsable, le ministre devrait démissionner, mais Blanquer se prenant pour un génie pédagogique autant que pour un génie politique, ne démissionnera pas. Que va décider Macron ?

2.
Désordres dans l’organisation du bac2021 (?) désordres dans l’organisation des élections régionales (??) : se pourrait-il qu’une partie de l’administration et/ou des élus locaux fassent de la résistance passive et aient décidé d’enquiquiner la Macronie ou la Macronie est-elle désespérément incompétente ? Je ne sais pas. Je m’interroge.

3.
Amélie de Montchalin vient de déclarer sur BFMTV qu’elle ne voyait pas en quoi l’apprentissage et les transports étaient des questions de droite ou de gauche. L’apolitisme hors-sol de LREM devient stupide, surtout de la part de quelqu’un qui a tant de diplômes.

4.
Macron s’est planté : le PS semble renaître de ses cendres en faisant mieux que les candidats de la majorité présidentielle et les candidats des LR font de très bons scores. Le mirage apolitique et technocratique de Macron est en passe de s’effondrer.

5.
Macron n’a de facto plus de parti ce soir (si tant est que LREM ait jamais été un parti). Le PS, s’il est cohérent, va l’envoyer bouler et il n’a pas que des amis à droite. Il est possible que Macron ne se représente pas aux présidentielles 2022, laissant le champ libre à LR.

6.
Ce qui fait l’intérêt de la vie politique, c’est le débat d’idées. Ce que Macron a tenté de vendre, c’est la systématisation de gestions technocratiques « apolitiques ». Les Français votent pour des valeurs, pas pour de soi-disant « expertises ».
D’autant que les discours des « experts », la crise du covid a largement prouvé qu’ils pouvaient être sujets à caution. Et je ne parle pas des pitoyables « expertises » du ministère Blanquer, dont Macron, s’il avait du bon sens, devrait se débarrasser dès demain matin.  

7.
Les électeurs du FN ne sont pas forcément les mêmes que ceux de RN. Vieille garde et jeunes loups de l’extrême-droite française ne se reconnaissent peut-être pas dans la dédiabolisation du parti initiée par Marine Le Pen.

8.
Je dis ça, je dis rien, mais il est possible que le prochain président de la République française soit Xavier Bertrand. Adieu, LREM !

9.
Je n’apprécie guère François Hollande, mais j’espère qu’il éprouve ce soir quelque satisfaction de voir s’écrouler dans les urnes le pseudo-parti du gars qui lui avait quand même un peu planté un couteau dans le dos.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 juin 2021.

12 juin 2021

CHRONIQUE DU 11 JUIN 2021

CHRONIQUE DU 11 JUIN 2021

1.
J’aime bien les Beatles. Leur fantaisie et leur inventivité nuisent cependant à mon goût du conformisme. Quand une musique est assez intéressante pour qu’on se mette à l’écouter, alors les conversations (que je n’aime pas non plus d’ailleurs malgré le fait que je sois très bavard) s’interrompent.

2.
J’aime bien les chats. Ô superbes, ô estomacs sur pattes ! Leur parti pris de parasitisme (quoi qu’ça fait un chat ? ça mange et ça dort) teinté de majesté prétendument mystérieuse me rappelle que le monde est plein de choses à faire (que je ne fais d’ailleurs pas).

3.
J’aime bien les chats. Ils me rappellent Baudelaire et Colette que je relis de temps en temps quand le temps qu’on m’oblige à consacrer aux autres (cette plaie) m’en laisse le temps.

4.
J’aime bien les chiens. Leurs bonnes têtes de toutou fidèle me semblent recéler de ces espaces innommables d’où peuvent surgir les grands dévoreurs à canines pis incisives pis mus par d’autres dieux radicalement plus impitoyables que ceux que nous subissons chaque jour.

5.
J’aime bien l’Education Nationale. C’est une belle et grande famille. Y en a (les cousins parisiens) i s’engraissent bien un peu sur notre dos en racontant n’importe quoi dans des livres, à la télé, dans des grenelles (réunion de têtes d’œufs qui coûtent des sous au contribuable), mais bon, c’est la famille (fis-je très bête).

6.
J’aime bien Laurent Pietraszewski. Il a la tête de quelqu’un qui a travaillé dur pour arriver là où il en est (le gouvernement Castex), c’est-à-dire nulle part. A part ça, il n’a jamais été DRH à Auchan. Il faisait un genre de boulot de DRH mais il l’était point. Ah non alors.
Et comme Laurent Pietraszwewski n’était pas DRH à Auchan, mais comme il faisait un genre de boulot comme, on peut supposer qu’il était juste sous-DRH. Même pas chef alors.

7.
J’aime bien ma façon d’être. Je suis bavard comme si j’avais quelque chose à dire et j’en profite pour dire n’importe quoi. Les gens me regardent et il y en a même qui ont l’hypocrisie de trouver ça intéressant. Les gens sont fascinants (et très faux-jetons).

8.
J’aime bien la Macronie. Elle adore l’Europe. Elle rêve d’Europe, et même de mondialisme. Elle rêve de grands internationaux qui donneraient plein de boulot aux Français. Après, évidemment, les grands groupes i s’en vont ailleurs. Et Macron ne sera plus au pouvoir.

10.
J’aime bien la manière d’être des élèves. Ils font semblant (mais de moins en moins) de s’intéresser à ce qu’on leur raconte et les enseignants font semblant de s’intéresser à. Après tout le monde se congratule et se donne des diplômes en se détestant cordialement. C’est beau.

11.
J’aime bien Blanquer. C’est un jeune homme (ou presque). Il va dans les établissements scolaires défois et il joue avec les enfants (je trouve ça malaisant mais en fait c’est sympa on me dit). J’espère qu’un sale gosse ne va pas crier Montjoie Saint-Denis ! avant de le gifler.

12.
J’aime bien Blanquer. Blanquer réforme. Ça c’est un homme qui sait s’occuper. Parce que hein à quoi bon être pénible, si on n’en apporte pas la preuve par des réformes de haute sottise.

13.
Damien Tarel a été sanctionné par la justice mais le condamné (au ridicule), c’est Macron. #GifleMacron

Vous me direz, pourquoi Macron serait-il condamné (au ridicule) parce qu’il a été giflé ? Eh, quand on est un président relativement impopulaire, on évite d’aller serrer les louches de gens qui manifestement ne pensent pas que du bien de vous (il avait d’ailleurs été prévenu, dit-on, par le service de sécurité). #GiletsJaunes #DamienTarel

14.
J’aime bien Macron. C’est un chic type. N’ayant pas prévu assez de masques, de lits et de personnel pour faire face au covid (qu’il n’a pas vu venir), il a donc emprunté plein d’argent magique pour le redistribuer aux Français, creusant ainsi la dette et espérant être réélu. Il est gentil, Macron.

15.
Se pourrait que les absurdités induites par la réforme Blanquer (ainsi que quelques incongruités dans l’organisation des examens m’a-t-on dit) finissent par lasser même chez les parents Macron-compatibles. J’aime bien Blanquer : il est très compétent dans son incompétence.

On prête beaucoup d’ambitions à Blanquer, celui de jouer un rôle clé dans la campagne de Macron. Avec Solère et le très populaire Blanquer comme conseillers, je sens que le score au second tour des présidentielles2022 risque d’être très très très serré, sinon négatif.

On prête beaucoup d’ambitions à Blanquer, celui de tenir un portefeuille important dans le gouvernement post-réélection programmée de Macron en 2022. Quand on voit le foutoir qu’il a mis à l’Education Nationale, je m’interroge…

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juin 2021

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23 mai 2021

SOMMES NOUS ENCORE EN DEMOCRATIE ?

SOMMES-NOUS ENCORE EN DEMOCRATIE ?

1.
Une démocratie ne peut être que formelle. En raison de la dangerosité des individus, la démocratie réelle est un inaccessible.

Les princes d’une démocratie bien pensée doivent laisser croire aux citoyens que leurs libertés s’accroissent tout en multipliant dans l’ombre les organes d’ingénierie sociale et de contrôle. Evidemment, cela demande quelque subtilité.

2.
Ce début de XXIème siècle aura été marqué par l’affirmation de la technocratie à être reconnue et admise par les populations dans ses fonctions d’ingénierie sociale et de contrôle. En France, la réforme Blanquer en est un exemple frappant.

La crise des Gilets Jaunes aura montré qu’une partie de la population (aux deux extrêmes politiques de l’opinion) refuse la technocratisation galopante de la vie de tous les jours en en contestant la verticalité, surtout quand elle se veut jupitérienne.

3.
Je ne suis pas complotiste. Je constate seulement que c’est au moment où les peuples en Europe et surtout en France, avec les Gilets Jaunes, comme aux Etats-Unis avec le trumpisme, commençaient à contester la technocratisation galopante que la pandémie du Covid a éclaté.

La pandémie du Covid aura paradoxalement été d’un grand secours aux technocrates qui, contestés dans leurs fonctions d’ingénierie sociale et de contrôle, auront montré qu’une crise majeure ne saurait être vaincue sans leurs talents d’organisation.

4.
Il est possible que le seul véritable adversaire de Macron soit ce dégagisme qui, aux deux extrêmes politiques de l’opinion, refuse, parfois violemment, ce que Macron incarne : la technocratisation, la pensée globale, le fédéralisme, l’ingénierie sociale, le contrôle.

5.
Personnellement, je suis coincé : sachant que le dégagisme des deux extrêmes de l’opinion (LFI et RN) n’amènerait que chaos et détestant technocratisation, pensée globale, fédéralisme, ingénierie sociale et contrôle, je ne puis voter ni pour Mélenchon, ni pour Marine, ni pour Macron.

Pour l’instant, mise à part Marine Le Pen, aucun candidat ne semble en mesure d’affronter Macron au second tour des Présidentielles 2022. N’y a-t-il en France plus aucun démocrate assez courageux pour envoyer balader technocratisation et fédéralisme ?

Sans compter que si ça se trouve, Mélenchon et Le Pen accomplissent une mission (sur demande de qui ? l’Etat gaullien ? l’OTAN ?) qui aurait pour but d’encarter aux deux extrêmes afin de ficher/encadrer/contrôler d’éventuels idiots de l’action explosive.

6.
En fin de compte, on constate que sans candidat crédible aux présidentielles 2022 et avec un Mélenchon et une Marine qui ne peuvent, ni ne veulent, être élus, Macron, lui, est déjà réélu. Du coup : sommes-nous encore en démocratie ?

Patrice Houzeau
Malo, le 23 mai 2021.

14 mai 2021

LE CASINO BITCOIN VA-T-IL BIENTÔT FERMER SES PORTES ?

LE CASINO BITCOIN VA-T-IL BIENTOT FERMER SES PORTES ?

1.
Post-covid : l’offre et la demande sont en décalage. Dans certains secteurs, l’offre est pléthorique (en raison des stocks) et la demande insuffisante. Dans d’autres, l’offre dépendant du flux tendu est trop lente pour répondre à une demande impatiente. D’où incertitude des marchés, bruits de bottes, inflation.

2.
Les animateurs du bitcoin scam ne reculent devant rien : présenter le bitcoin comme une monnaie altruiste, qui pourrait améliorer le monde et protégerait contre l’inflation, c’est se moquer du (pauvre) monde. De quoi se nourrit réellement le bitcoin ? des monnaies régaliennes que certains dans l’ombre sont en train d’amasser en refourguant aux gogos quelque chose dont dans quelques années même l’idiot du village ne voudra pas.

3.
L’arnaque du bitcoin me fait penser à celle racontée dans le roman « Le Sucre » de Georges Conchon (film de Jacques Ruffio), sauf qu’il n’y a même plus besoin de l’alibi d’une réalité défaillante pour appâter les gogos, suffit de faire miroiter le « miracle » de l’argent magique.

4.
Le bitcoin me fait penser à la fameuse pensée complexe à Macron : du vent, mais bien présenté, avec de belles formules et plein de promesses. Genre aussi le pop/rock alternatif des labels qui sont en fait contrôlés par des majors. Bidon tout ça.  

5.
S’il s’avère exact que les blockchains dépensent une énergie telle que son impact est dommageable à l’environnement, l’administration Biden prouverait sa bonne volonté en matière climatique en interdisant de si énergivores processus. #Bitcoin

6.
Questions : Quel est le contenu exact des blockchains ? A quoi et à qui servent-ils exactement ? Peuvent-ils servir de références ? Peuvent-ils être publiés ? Le minage peut-il s’apparenter à un travail donnant lieu à un contrat et donc soumis à déclaration ? #bitcoin

7.
Bien évidemment, les promoteurs de l’escroquerie bitcoin (BitcoinScam) dénoncent l’argent fiat comme étant mauvais et c’est pourtant dans ce bon vieil argent fiat qu’ils devront s’acquitter des taxes, amendes et cautions qui vont bientôt leur pleuvoir dessus.

8.
S’endetter pour spéculer dans le bitcoin est extrêmement périlleux, sinon dans certains cas, suicidaire ; cette crypto-monnaie ne reposant sur aucune production réelle, son cours est fatalement volatil, voire voué à l’éphémère.

9.
Possible que le bitcoin ait profité du covid-19 (et des confinements) pour recruter de nouveaux adeptes, dont certains très naïfs, qui ont cru en une soi-disant monnaie « éthique ». Règle d’or : l’économie, et encore moins la spéculation, ne sont affaire de morale.

10.
Le marché du bitcoin va être récupéré par les gros spéculateurs, qui, semble-t-il, commencent à rincer les petits et les étourdis. D’où l’incertitude et les messages rassurants et parfois hypocrites de certains promoteurs du BitcoinScam.

11.
Une fois que les gros auront récupéré un max de bitcoins, ils négocieront avec les administrations pour une régularisation de leurs billes. Ils devront donner des explications, changer des protocoles, payer des droits, faire amende honorable et montrer patte blanche.

Une reconnaissance réelle du bitcoin ne pourra se faire qu’en assainissant le marché de la crypto-monnaie : à prévoir, abandon de l’anonymat, fin des abus du minage, lâchage des petits spéculateurs, des endettés et des douteux.

12.
Le Bitcoin n’a rien prouvé du tout que l’immense naïveté de beaucoup et le génie financier de certains. La crise covid a prouvé les immenses capacités des monnaies fiat. Les Etats-Unis et l’UE ne se sont pas écroulés.

Si vous voulez vraiment agir moralement, c’est en faisant confiance au dollar et à l’euro, lesquels permettent réellement aux gens, malgré la crise sanitaire, de continuer à travailler et vivre. A cet égard, le Bitcoin est une mauvaise action.

13.
Possible que pour éviter une panique de type 2008, les administrations laissent d’abord le marché des crypto-monnaies s’assainir tout seul (la fameuse main invisible), mais nul doute qu’elles interviendront tôt ou tard et siffleront la fin de la première mi-temps.

La deuxième mi-temps du bitcoin match se jouera avec d’autres règles. Le casino Bitcoin ne va bientôt plus accepter que des VIP triés sur le volet et les règles seront fixées par les administrations.

En conséquence, si vous ne faites pas partie des gros investisseurs, quittez le jeu du Bitcoin tranquillement, sans paniquer, car il va de soi que les positions des gros investisseurs sont plus que consolidées. Le canon n’a pas fini de tonner.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 mai 2021

12 mai 2021

LE MONDE IL EST VIOLAN

LE MONDE IL EST VIOLAN

1.
« parle d’après ce qu’il sait ou d’après ce qu’il désire », écrit Schopenhauer qu’il y en a, en vrai, ils ne savent pas ce qu’ils disent, ni ce qu’ils désirent, sont tout confus gus et laisse les gondoles à Venise (ce qui, convenons-en, n’a rien à voir).

2.
« doute, et l’on devrait en avoir le sentiment », trouvé-je in Schopenhauer, que le doute ça assaille, cependant qu’on est tout tressailli du sentiment parfois qui pique mirettes pis le cœur itou.

3.
« Si la matière en effet est capable de construire », que je lis dans Schopenhauer que je sais pas ce qu’elle fabrique la matière des trucs et des bidules qu’elle en train de se fracasser dessus, la matière et tous ses gens.

4.
Ossi dans les objets qu’on vit qu’il ya pas que des boujeans qui remuent la chose de la tête y a ossi des excitants come le café ou la poudre du perlimpinpin périyeux (ou perlincoincoin on dit ou pas) qu’il dit Macron que je sai pa qui sait Macron, Monsieur i nous a pas dit tout.

5.
Je sais pas ki cé Macron que je sai quan meme quil passe à la télé que défois il parle du covid ou d’autres chose ancore que défois mon père i dit il comance a nous faire mais mon père il n’est pas trop aimable non plus.

5.
C’est le Spectacle qon s’fascine pour Mona Cousine du Moulin Rouche (j’en ai entendu parlé) ou bien des histoires de détectives come ceu qui porte un impermettable sinon cé pas des vrai, i trouvent rien, aucun criminel, même pas un coupable suspect.

6.
Moi, ce qui me fache cé quand ma sœur elle prend mes choses pour elle et me lé rand pas on peut pas me dire que sa me trouble mai quand meme je sui tout faché alor je la taille en rondelles mais pour de faux cé pour ça que j’ai plein de sœurs toujours des autres.

7.
I paraît que je suis attein (et milou) de sociopathologie de la vie quotidienne ça doit être grave car je vois bien q’on me fé de moins en moins confiance que j’ai meme plus le droit de jouer avec des couteaux à frape les gens pour voir s’ils remuent.

8.
Défois je voi des bra remuer les rideaux mais Zut elle me dit que cé pas des vrais bra, meme pas dé faux cé des bras qu’existent pas, pourtant quand ils viennent me cherché la nuit pour me maitre à la cave i son ni faux ni que je les rêve, les bra.

9.
Je panse lé gens i deviennent fous que j’entends souvent qu’il y en a de un de gent qui done des coups de couto kill’atue à une dame dans la police ou un autre i tire kill’letu sur un polissié qon dit que cé pire ancore passqu’il sont pas trop d’ici les gens tueur là.

10.
Je sai pas pourquoi il y a des gens i tuent d’autres gens qu’allez savoir pourquoi ça doit être lié à des complications qu’ils ont dans la vie que ça leur complique la tete qu’ils savent plus dans quel réel ils sont qu’en fet je crois que cé pour le monde pareil.

11.
Défois les autres i m’apelent le filosof et i m’trêtent de jean-luc pis i m’jetent des caillou come i disent qu’il faudrait jeter macron qui m’disent que j’suis trop con qu’il von m’couper les macarons. Le monde il est violan.

12.
Quan mon père il alait fere gilet jaune il disait « Ça va gazer » au début je croyais qu’il était contan qu’ça gazât mes quan il rentré tout fracassé les yeux rouches que ma mere lui demandait quoi i répondait que ça avait gazé méchant pis frapé ossi.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 mai 2021.

1 avril 2021

PETITES INTEMPESTIVES DU 1ER AVRIL 2021

PETITES INTEMPESTIVES DU 1ER AVRIL 2021

1.
Napoléon Bonaparte est né le 15 août 1769 à Ajaccio. C'est en Corse. Il paraît qu'c'est très beau, la Corse. Je ne suis jamais allé en Corse. Je n'irai jamais en Corse C'est comme ça. Je ne connaîtrai jamais Napoléon, sauf si jamais une faille spatio-temporelle...

2.
Jeanne d'Arc est née vers 1412, à Domrémy (c'est en Lorraine). On l'a surnommée la Pucelle, ce qui m'a toujours épaté. René Char commence un de ses plus beaux poèmes par « Jeanne qu'on brûla verte », cause qu'on la brûla vive, à Rouen, en 1431, Jeanne.
« Jeanne qu'on brûla verte » : Ô innocence, ô espérance. C'est noble, mais paraît qu'c'est d'la légende, du cinoche, du roman national... Après, j'ai pas trop envie d'ironiser : ça devait être quelqu'un, la Pucelle.

3.
On dit que les lettres du mot « Ichtus » (« poisson » en grec ancien) sont un acronyme pour désigner « Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur ». D'où le poisson signe de reconnaissance des chrétiens lors des persécutions romaines. Quand je dévore une sole, j'y pense rarement.

4.
On peut considérer l'hermétisme de Mallarmé, ou de Saint-John Perse, comme un élitisme, mais aussi comme une invitation à entrer dans le mystère du poème, ou alors, on fait comme moi : on lit parce que ça sonne et on fait pas trop attention au sens parce que, hein, c'est pas Mallarmé et ses « Divagations » qui vont me payer le bifteck de la semaine (on est de moins en moins riche en France).

5.
Le 31 mars 2021, la France compta en une seule journée presque 60 000 cas de contamination au covid (59 038). Le surnombre entraîne-t-il fatalement la technocratie ? La technocratie nous rapproche-t-elle ou nous éloigne-t-elle de l'idéal d'une démocratie réelle ?

6.
« N'ai-je donc tant fait que pour être impopulaire ? » qu'il doit se dire défois, pis mélancoliquement, Blanquer. Après, chaipas si Blanquer a des accès de mélancolie, ou même s'il en a le temps, avec sa réforme pas étanche là qui recommence à glouglouter d'partout.

7.
« Jadis avec flûte ou mandore », cet octosyllabe de Mallarmé oblige à se renseigner sur la mandore, laquelle fut un instrument de musique, du genre mandoline, voyez. Je ne joue ni de la mandore, ni du tuba, ni de la guimbarde. Je joue défois du spleen, mais ça c'est quand je me laisse aller pis que m'en vais, loin, bien loin, comme un terrien, car vous avez remarqué comme moi que les terriens circulent beaucoup (ça passe le temps).

8.
Il ne faut pas confondre « mandore » (instrument de musique ancienne genre mandoline) et « mandorle » : figure en amande dans laquelle sont représentés des personnages sacrés genre le Christ, la Vierge et tutti sancti. Aucune chance qu'on y figure, nous autres, dans une mandorle, avec ou sans mandore, mais c'est joli quand même.

9.
C'est pas tellement que « plus y a de fous, moins y a de riz », mais que plus on est de fous, plus ça devient compliqué de la gérer raisonnablement, cette immense déraison qui est l'un des ressorts de l'humaine condition. Ça doit être pour ça que les Etats font de plus en plus confiance à la technocratie assistée par ordinateur.

10.
A mon avis, Rimbaud n'a pas arrêté d'écrire pour d'occultes raisons philosophico-mystiques, mais parce qu'à un moment, il est devenu adulte et s'est rendu compte qu'il devait gagner sa vie, et vu qu'il s'était grillé à Paris, hop, direction les ailleurs et l'incognito.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er avril 2021.

11 mars 2021

QUESTIONS DIVERSES ET AUTRES SOTTISES

QUESTIONS DIVERSES ET AUTRES SOTTISES

 

1.
Le respect peut-il être parfois le nouveau nom de la censure ? Le communautarisme est-il un élément structurant de toute société ouverte ? Verrons-nous bientôt le bout de la route ou finirons-nous dans le fossé ?

2.
Macron ramènera-t-il sa tête de premier de la classe aux élections présidentielles ? Macron sera-t-il en mesure de se représenter ou bien va-t-il s'effriter, tomber en confettis et poudre d'escampette (ou de perlimpinpin) dans la dernière année de son quoi qu'il en coûte ?

3.
Blanquer pourra-t-il encore avoir l'air si content de sa place de ministre et de sa Haute Bienveillance dans la dernière année du quoi qui s'passe dans les zécoles ? Les mesures de contrôle social prises pendant la crise covid pourraient-elles devenir la norme ?

4.
Pourquoi la si entêtante musique synthétique plaît-elle autant ? Est-ce à cause de l'écume qu'ça fait genre mèches et barbiches que Claudel appelle l'Océan « vieillard « ? Y a-t-il un irréductible humain qui résiste à l'emprise des statistiques ?

5;
La plus efficace des technocraties est-elle fatalement vouée à être prise de court ? Est-ce vraiment par le regard que je reconnais que l'autre en face de moi n'est ni un robot, ni un mort-vivant, ni un concombre masqué, mais un être humain ?

6.
Depuis que je sais que 26² = 676, est-ce que ma vie a changé ? Les thèses complotistes sont-elles vérifiables dans la multiplicité des univers parallèle ? Le vaccin AstraZeneca peut-il être dangereux ou bien n'est-il pas plus dangereux que les autres ?

7.
Peut-on s'attendre à des révélations sur les OVNIS dans la dernière année du quinquennat de coucou c'est moi le présidou jupitériou nom d'un Bayrou ? Serait-ce possible que certains politiques ne soient que des parasites ? Combien de temps, l'immunité par vaccins anti-covid ?

8.
Pourquoi Blanquer éprouve-t-il parfois le besoin de s'ramasser l'apprenance dans le ridicule ? Que le réel soit si fatigant n'est-ce pas là une garantie de notre espérance de vie ? Pourquoi n'y a-t-il pas eu une deuxième saison de l'épatante série télé « Astrid et Raphaëlle » ?

9.
La démocratie ne va-t-elle pas finir en tyrannie de l'ordinateur ? N'y a-t-il réellement pas d'osses dans les bananes ou une secte employée en grand secret par le gouvernement mondial ne serait-elle pas chargée de les désosser ? La vache au Pink Floyd avait-elle fumé de l'herbe ?

10.
Blanquer dira-t-il un jour que l'on apprend toujours de ses mensonges ? L'anti-bananisme existe-t-il ? Dieu existe-t-il autrement que quand on l'appelle ? La lune dans le caniveau s'est-elle bourrée la face ? Pourquoi j'aime tant les pop songs de Kate Bush et pas du tout celles du dénommé Vianney ?

11.
Serait-il, comme le dit Claudel, que je puisse voir autrement que dans l'hallucination « devant moi [m]es parents morts qui me regardent avec un doux sourire » ? Serait-il possible que « [m]es parents morts me regardent avec un doux sourire » qu'à mon avis, si je tombe sur eux par hasard et fantômie i vont m'passer un d'ces savons oui.

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mars 2021.

13 février 2021

TANDIS QU'ÇA COVIDE

TANDIS QU'ÇA COVIDE

 

1.

« Qui donc reconnais-tu sur ces

vieilles photographies » lisant

Ce vers d'Apollinaire je me dis

Que je fais partie d'ceusses-là

Qu'ont pas d'images du passé ni

Chez eux ni dans la poche ni de

Mes parents & ni de vacances ni

De mes chiens de mes chats & ni

Des mes petites amies et pas de

Photos de toutes mes fêtes sans

Doute finirai-je par oublier et

Les rires de toutes mes fêtes y

En a eu pas tant et les prénoms

Des vives de ma jeunesse et les

Noms de mes greffiers et de mes

Clebs m'en souviendrai plus les

Vacances j'y fus jamais quasi &

Les visages de mes parents d'ma

Cafetière enfumée finiront itou

Par s'enfuir que j'finiro creux

D'la citrouille face à lanterne

Par un soir d'la fête des morts

 

2.

Je songe que tous les poètes de ce monde

Comptent leurs pieds sur leurs doigts C'est ainsi qu'ils font

Et tissent le joli filet d'la poésie

Et là moi si j'ai bien mes pieds j'ai pas mes rimes.

 

3.

« Un ours un singe un chien menés par des tziganes

Suivaient une roulotte traînée par un âne

Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes

Sur un fifre lointain un air de régiment »

(Apollinaire, « Mai »)

 

J'aime les notations les vignettes

Qu'Apollinaire sème dans sa poésie

Ainsi dans Mai cet ours ce singe &

Ce chien menés par des tziganes la

Roulotte « traînée » par un âne le

Monde nomade qui passe ainsi qu'je

Me demande est-ce que le poète les

A vus de ses yeux qui ne sont plus

Vus Voyait-on réellement passer ce

Genre de bohème au début du siècle

20 ou déjà d'l'évoquant d'un passé

D'plus en plus lointain qu'c'était

Que le XIXème siècle s'éloignant &

Allant rejoindre la nuit d'tout ce

Qui finit par s'perdre & s'oublier

Tandis qu'il continue le poète Sur

un fifre lointain un régiment même

Que ça un régiment ça existe encor

Ça un régiment que les ours singes

Chiens ânes et tziganes tout morts

I seront qu'des régiments dans les

Vignes rhénanes ou leurs déserts i

Passeront encor qu'on les entendra

S'éloigner ou revenir qu'ça dépend

De l'endroit où c'est qu'on vivra.

 

4.

Le 13 février 2021 on disait qu'on

N'comprenot plus rien qu'le nombre

De cas de covid il avait par l'air

D'exploser comme prédit mais quand

Même y avot des endroits i cavalot

Quand même bien le variant anglais

Aussi le variant brésilien semblot

Aussi le variant africain on disot

Qu'ça pouvot cavaler bientôt quand

Même c'était pas le waterloo qu'on

Avot dit qu'ce s'rot & donc a-t-il

Raison Macron Blanquer son affaire

La connaît-il mieux qu'on croit ou

Bien n'est-ce qu'un répit dans une

Tempête qui finira par les balayer

Nos belles démocraties européennes

 

5.

En 2021 on disait que peu de riches

Possédant quasi tout & tant de gens

Ne possédant rien que ça finira par

Craquer que le monde filait gouffre

Pis la sciait la branche que dessus

Il pérorait encore le monde pis que

 

Le Covid c'était un coup de semonce

Un avertissement ou un prélude à un

Grand bouleversement de tout que ça

Annonce le Covid qu'on se demandait

Comment ça allait tourner tout ça &

 

Moi je me dis tant que les gens ils

Pourront gagner leur vie et croûter

Ça tiendra même avec d'plus en plus

D'étrangers en France mais avec des

Larmes de la sueur et du sang c'est

 

Evident que le vivre-ensemble aussi

La bienveillance sont des songes et

Des bisounourseries mais bon si les

Français peuvent toujours la gagner

Leur vie se loger manger et éduquer

Leurs enfants ça tiendra que faudra

 

Faire gaffe quand même à ceusses-là

Qui nous administrent et gouvernent

Qu'ils dérapent pas trop se fichent

De nous pas trop les méprisants là.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 13 février 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

22 janvier 2021

DE LA NECESSAIRE PROFESSIONNALISATION DES LYCEES

DE LA NECESSAIRE PROFESSIONNALISATION DES LYCEES

1.
Bien entendu, il est nécessaire d'aider les étudiants en leur proposant des repas à 1 euro. Mais je constate que c'est exactement le genre de mesures qu'un pouvoir est parfois obligé de prendre pour éviter que la situation devienne incontrôlable et explose.

2.
La rémunération systématique des étudiants, certains la demandent. Le problème, c'est nous tomberions alors dans un système, qui, en raison de la massification de l'enseignement supérieur, virerait très vite à l'économie planifiée, étatisée, communiste.

Par contre, il me semblerait en effet intéressant de songer à rémunérer les élèves en formation initiale dans les lycées professionnels qui eux sont effectivement appelés, pour le plus grand nombre d'entre eux, à occuper des emplois utiles à la Nation.

C'est sans doute en rémunérant les élèves en formation initiale dans les Lycées Professionnels que l'Etat pourrait reprofessionnaliser les LP et corriger l'erreur funeste de la massification de l'enseignement supérieur.

On pourrait ainsi revenir en un Bac Pro en 4 ans (et laisser tranquilles les BTS) en deux cycles (BEP + BacPro) : seules seraient rémunérées les deux années de BacPro, ce qui permettrait une sélection entre BEP et BAC PRO. On ferait bien aussi d'en revenir à un CAP sélectif pour certaines filières très professionnalisantes (coiffure par exemple) où les élèves seraient là itou rémunérés. Evidemment, ce n'est pas le sens de la réforme Blanquer, et c'est pour ça qu'elle est si sotte.

3.
Le grand problème de l'Education Nationale c'est qu'elle s'est laissée séduire par on ne sait quelle sirène philosophico-pédagogiste au lieu de réfléchir aux moyens les plus efficaces d'attirer les élèves dans des sections réellement professionnalisantes, spécialisées, y compris dans les lycées généraux.

Ainsi, il me semblerait intéressant de créer dans les lycées généraux des sections spécialisées et sélectives de traduction/interprétariat, où, dès la première, les élèves seraient eux aussi rémunérés. Le baccalauréat retrouverait ainsi sa réelle valeur de diplôme universitaire.

Bien entendu, ces filières seraient très sélectives (recrutement régional donc peu de sections) et très spécialisées : feraient quasi que ça. La rémunération encouragerait. Peu d'élus donc, mais qui pourraient sans problèmes poursuivre à l'université.

On me dira que la reprofessionnalisation des filières du Secondaire (via la rémunération des élèves dans certaines filières) serait coûteuse. Certes, mais elle éviterait d'autres dépenses (celles induites par la massification de l'enseignement supérieur) et elle éviterait ce gâchis humain qu'est la paupérisation de plus en plus patente des étudiants.

4.
J'apprends (je n'ose y croire) que, par un sursaut salutaire de lucidité, Blanquer décide de ne pas se présenter en île-de-France aux Régionales 2021.

Il faudrait en effet qu'il reste encore un peu à la tête de l'Apprenance cause faudrait quand même qu'il se rende compte par lui-même de la pagaille dans laquelle son inapplicable réforme l'a mise.

Faudrait itou qu'il se batte, et comme un lion superbe et généreux, hein, Blanquer, pour que les établissements ne ferment pas totalement, parce que sinon la France, elle fait faillite. Ceci dit, paraît qu'les variants sont vraiment des saloperies, alors faudra peut-être bien fermer.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 janvier 2021

22 janvier 2021

66 MILLIONS DE POINTS D'INTERROGATION

66 MILLIONS DE POINTS D'INTERROGATION

1.
Si, pour des raisons bassement électoralistes, Blanquer augmente les salaires des cadres du MEN alors que les enseignants seront en cas de confinement3 et en raison de la nécessité de maintenir les établissements ouverts, en 1ère ligne, qu'il ne s'étonne pas, le ministre, d'être contesté.

2.
Etant données les difficultés actuelles de l'économie française, avec quel argent Blanquer augmenterait-il les salaires des cadres du MEN (avec celui de la BCE?).

3.
Que Blanquer réfléchisse à ceci : ce ne sont pas les cadres qui rendent efficace l'Education Nationale, ce sont les enseignants, et, en raison de la sottise des réformes successives mises en œuvre par la technocratie et la suradministration, c'est de moins en moins facile.

4.
Une éventuelle revalorisation des cadres du Ministère de l'Education Nationale ?... C'est exactement le genre de remerciement que l'on laisse avant de quitter une fonction... Blanquer pense-t-il qu'il pourrait bientôt être amené à démissionner.

5.
En moins de quatre ans, Blanquer est passé du statut de ministre dont on espérait beaucoup au statut de celui dont on n'attend plus rien.

6.
L'idée d'introduire la « méditation » via « la pleine conscience » à l'école en dit long sur l'incompétence réelle du ministre Blanquer en matière de pédagogie, et sur ses objectifs de réduire l'esprit critique individuel au profit d'une pensée globalisante, unique, fédéraliste à la Macron.

7.
Technocratie, suradministration, l'Etat Educateur dans ses œuvres, macronisme exacerbé, contre-productivité : on paye, savez-vous, des cadres pour pondre des âneries telles que les questionnaires comportementalistes que, dit-on, le ministère Blanquer serait sur le point d'envoyer aux écoles maternelles de notre pays dont le bon sens semble de plus en plus banni. Il sombre dans le ridicule, Blanquer.

8.
Réfléchissez, bien, Français, avant d'exiger un reconfinement3, songez aux conséquences économiques, aux restrictions toujours plus fortes de nos libertés individuelles, aux ruptures des liens sociaux qui font la France de tous les jours.
Ceci dit, ce jour, vendredi 22 janvier 2021, on dénombre 23 292 contaminations en 24 heures et 649 décès. Donc le confinement3 paraît inévitable et plutôt du genre drastique, voyez, avec, à plus ou moins long terme, en dépit de Blanquer, une fermeture des établissements.

9.
Il faudra bien s'interroger un jour sur les origines trotskystes d'un certain pédagogisme comme sur le soi-disant apolitisme du « en même temps » macroniste.

10.
« Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs » a déclaré le président Macron le 21 janvier 2021, regrettant que les Français critiquent tant, et avec tant d'âpreté, les décisions et les « erreurs » de nos gouvernants. Vous pouvez toujours causer et pérorer et donner des leçons de morale, Monsieur le Président, ce ne sont pas les Français ordinaires qui ont oublié les stocks stratégiques de masques et qui n'ont pas pourvu les hôpitaux publics en personnel et matériel suffisants.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 janvier 2021.

22 janvier 2021

CONTRE LA SYSTEMATISATION DES ATELIERS-PHILO ET AUTRES POLITIQUES

CONTRE LA SYSTEMATISATION DES ATELIERS-PHILO ET AUTRES POLITIQUES

1.

Paraît que Macron tenterait la carte de l'autoritarisme avec ses ministres (interdiction de parler des vaccinations???). A la de Gaulle hein donc... Moui... L'effet s'ra pas pareil quand même... Il manque quand même d'un je ne sais quoi, Emmanuel...

L'aurait même dit que s'il y en a un qui bravait l'interdiction jupitérienne, qu'il « attendait sa lettre de démission » : i s'rait bien embêté, tiens, avec son gouvernement qui ne tient que par les bretelles.

2.

Quand on a quinze-seize ans, on dit facilement qu'les politiques, c'est tous quasi des pourris, et il faut attendre quelques décennies de plus pour se dire : ah mais c'est encore pire que ce que je croyais...

3.

Paraît que Castex reconnaît 2000 cas par jour dans les écoles, mais il relativise... sauf que 2000 cas par jour, ça fait à la louche 32 000 cas par mois (sans compter la galopance au variant anglais) et autant de risques encourus dans les familles...

4.

Entre les étudiants qui veulent la réouverture des universités et les enseignants qui veulent la fermeture des écoles, ah c'est pas facile tous les jours, surtout quand on a tant claqué d'argent dans la massification de l'enseignement supérieur (et qu'ça suffit même pas).

5.

Le Covid aura au moins prouvé que la massification de l'enseignement supérieur a été une funeste erreur, qui risque bien de décourager créanciers et investisseurs. Pour abattre notre pays, l'entrisme trotskyste n'aurait pas fait mieux.

6.

Il est gentil, Philippe Meirieu avec ses « ateliers-philo », mais faudrait voir à pas oublier que le but de l'école, c'est de préparer, en fonction des capacités de chaque élève, à une formation professionnelle, pas d'enfumer les esprits avec on n'sait quoi d'on n'sait où.

7.

Si le but des ateliers-philo est d'initier au raisonnement logique (sinon, ça risque bien d'être un genre de prêchi-prêcha civico-moralisateur), à mon humble avis, autant introduire dans les programmes la pratique du jeu d'échecs. Ce sera beaucoup plus productif.

8.

En allant voir sur internet ce qu'on y racontait dans ces fameux ateliers-philo, je tombe tout de suite sur cette phrase : « l'humain est un animal social, sociable et naturellement doué d'empathie. » Euh... c'est quoi, cet essentialisme ?

9.

La France s'enfonce dans la crise et la dette ; les étudiants vont à la soupe populaire ; le covid multiplie curieusement ses variants ; Macron Castex Blanquer ne savent plus quoi faire ; il y a des suicides, mais le cheval de bataille à Meirieu, ce sont les « ateliers-philo ».

10.

Avec les ateliers-philo là comment qu'on fait pour qu'il se rende compte le tiot gamin qu'il est dans l'illusion de l'opinion pis du préjugé tiens ? C'est la doxa dominante qu'a raison ? ou alors le gentil maître « philosophe » (apprenant) ? On lui montre des films aux frères Dardenne ?

11.

L'Ecole a tout intérêt a rester ferme sur le respect des valeurs républicaines et de la laïcité tout en évitant d'introduire la moraline dans ses enseignements, laquelle place trop souvent l'élève dans une double injonction : celle de l'école et celle de sa famille.

12.

Si seulement l'Ecole arrivait à préparer l'ensemble des élèves à une formation professionnelle, l'essentiel serait sauf. Ce n'est jamais que par l'emploi que les gens accèdent à l'autonomie financière et à l'indépendance d'esprit.

13.

Plus j'y réfléchis, plus je pense que ce n'est pas en les faisant courir après toujours plus de diplômes que l'on fera progresser les générations, mais en favorisant l'emploi et la formation interne tout en offrant de meilleurs salaires. La massification de l'enseignement postbac est un leurre.

14.

Le rôle de l'Etat n'est donc pas de taxer toujours plus les entreprises pour dépenser toujours plus d'argent dans le leurre de la massification postbac, mais d'encourager fiscalement et via le législateur l'augmentation des salaires et l'organisation de formations et promotions internes.

Patrice Houzeau

Malo, le 22 janvier 2021

13 août 2020

LE PLASTIQUE C'EST PRATIQUE MAIS C'EST TRAGIQUE

LE PLASTIQUE C'EST PRATIQUE MAIS C'EST TRAGIQUE

 

 

  1. « L'assertion que les Ghlianes doivent faire des trous dans les bancs sur lesquels ils s'assoient, afin d'avoir place pour leur queue, nous porte à douter que l'auteur ait jamais observé un chien ou un singe sur un plancher. »
    (Jean-Charles Houzeau, « Etude sur les facultés mentales des animaux comparées à celles de l'homme »)

  2. Certaines pièces sont si terribles qu'on en sort que tout mort. Certaines choses ont une force qui leur est propre, qu'ça vous frappe donc. Certaines pièces, les choses y ont une de ces forces (la force des choses hein) que même tout seul on en sort que tout mort. C'est un mystère.

  3. Les choses boitent qu'ça s'emboite mal ; de boiterie en boiterie, y a plein d'boîtes qui déboîtent. Du coup, on s'boissonne, on boit d'la bière en boîte, d'la bibine en bouteille ; on s'maboule le bocal, on bégaie, bafouille, pis qu'on tombe.

  4. Défois, y a des trucs, tout un tas d'trucs qui le tracassent, des mystères terrestres et des futurs turlupinants, l'apocalypse climatique, le surnombre engloutissant, la dictature des sachants, le pangolin virulent, aussi le plastique, qu'est bien pratique mais très tragique.

  5. La France est une naine très râleuse, très agitée et très opiniâtre que les géants observent en se demandant ce qu'elle va bien pouvoir encore inventer.

  6. Les autres, i savent jamais quel sphinx zavez en tête et vous, vous ne savez pas non plus quels sont les lutins bavards qui discutent le bout de gras dedans leur caboche.

  7. Nous ne vivons plus dans la polysémie, mais dans l'hypersémie : dans chaque événement chacun trouve le sens qui lui convient. Y a tellement d'sens partout que ça n'a plus de sens.

  8. Viens d'entendre sur France Inter, ce jeudi 13 août 2020, cette expression infiniment risible pour désigner l'âme : notre « écologie intérieure ». Effrayant. Si l'écologie politique arrivait à ses fins, nul doute que l'on en viendrait vite à la dictature des psys de toutes sortes.

  9. Si zébré cinglé j'finissais zinzin au zonzon des azimutés, hallucinerai-je lorsque zieutant vers l'ailleurs sibyllin, je verrai dans l'azur Zut et Zazie – ô zézayantes ! - flotter en robes de neige ?

  10. Je demande à ma mémoire où j'ai laissé mon amour, ma mie, et quelles merveilles ai-je manqué en ces miroirs, puis quelles sont ces momeries de momies et de mimes à grimaces, où je me mire en mon sommeil.

  11. Lors qu'il songeait aux secrets que recèlent les choses et qui parfois nous sautent aux yeux, ou à la gorge, c'est aux serpents sifflants de ses mèches bleues qu'il reconnut la Mélusine de Labisse.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 août 2020.

9 août 2020

YAKEKCHOZKSACACHKEKCHOZ

YAKEKCHOZKSACACHKEKCHOZ

 

  1. Défois qu'il y aurait d'la super-logique là-d'dans, un genre d'imagination poussée au bout d'la nuit des êtres pis qu'on y voit quoi, les flammes de l'enfer qu'on s'est allumé, avant le grand rien dans le grand tout.

  2. Défois je me dis doit y avoir quelque chose comme un signe, là, sur le front des possédés du complot, ou bien des initiés du Yakekchozksacachkekchoz. Mais non y a rien. Zont l'air aussi qu'les autres. Sauf les fantômes qu'ont même pas d'front défois.

  3. « Il est des histoires habillées de fiction qui ont dû s'en dépouiller à mesure qu'elles furent contées, quitte à atteindre alors une déconcertante réalité. »
    (Jean Ray, « Saint-Judas-de-la-Nuit »)

De telles histoires n'existent que parce qu'il y a des vérités cachées que nous ne pouvons pas révéler sans risquer que des mains sortent de l'ombre pour nous étrangler. Nous le savons tous, nous, les êtres sans cou.

4. Je suis choqué d'apprendre par la lecture de l'opus « Saint-Judas-de-la-Nuit », de l'Initié Jean Ray que les « docteurs ès sciences occultes » se moquassent des écrits de Jude Stein von Ziegenfelzen, « bien qu'il se prétendît la réincarnation de saint Jude, donc le cousin de Jésus ».

5. Y a vraiment des gens, i croient tellement à rien que le jour où ils disparaîtront, vous verrez qu'ils ne croiront même pas à leur propre fantôme.

6. Défois qu'un artiste de l'art brut se mettrait à « illuminer d'énormes escargots brillants comme le feu, » et puis tout des mômes là accompagnés de féroces clebs dans de grands vertiges querelleurs « d'insectes ailés et rampants ». Jean Ray, cet imagier.

7. Quant aux « statues des douze apôtres aux visages rêveurs ou menaçants » qu'évoque Jean Ray, je me demande pourquoi « douze » genre les douze mois de l'année, les douze tribus, le « Majestic Twelve », les douze cheveux d'la tête à Mathieu, les piles de douze de galettes du nouvel an que ma mère cuisait chaque 1er janvier...

8. Je pense que Jean Ray a raison, cette colonie de « figures nues de sirènes, aux formes allongées et fuyantes » évoque bien sûr les « pensées de tentation » qui traînent dans les cervelles de ceux qui délaissent les écritures initiées pour le monde des apparences.

9. « Nous avons, sur le rivage de l'inconnu, trouvé l'empreinte d'un pied étrange. Nous avons, à ce sujet, édifié de savantes théories. Enfin, nous avons réussi à reconstituer la créature qui a laissé cette empreinte ; et voilà que nous reconnaissons que c'est l'empreinte de notre pied ! » (J.A. Eddington cité par Jean Ray)

Défois on croit qu'c'est la lune, qu'c'est juste notre nombril.

Défois on croit qu'c'est des extra-terrestres, qu'c'est juste l'armée des Etats-Unis.

10. « Un nichet est un œuf factice que l'on met dans un nid pour que les poules y aillent pondre », nous apprend Jean Ray. C'est ainsi que bien des écrits mystérieux sont en fait des nichets, des légendes créées afin que certains auteurs y ajoutent d'autres vérités, tout aussi étranges.

11. Dans une page de Jean Ray, cette moquerie d'ivrogne :

« Moi j'le dis pas tout bas,
   En Carême, évêque mange gras ! »

Je ne peux pas résister à la tentation de citer : c'est trop amusant.

12. « L'affaire de l'abbaye condamnée » ai-je trouvé chez Jean Ray, ah les églises maudites, les couvents à possédées façon Loudun, vieilles sorcelleries politiques, qu'le démon a déserté l'Occident, car maintenant, le Satan des gens, c'est l'argent qu'ils disent, le libéralisme.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 août 2020.

 

 

 

28 juillet 2020

IRONIES MOQUERIES ETC

IRONIES MOQUERIES ETC

 

 

  1. Je suis bien content de vivre dans un pays, dans une Europe, dans un monde même où l'expertise est si grande. On va crever du Covid, mais au moins on saura pourquoi et comment. C'est quand même beau, la science, hein ?

  2. Bon, je veux bien que les chats soient des prédateurs redoutables, bin oui, ce sont des fauves quand même, mais bon, je me vois mal adopter un willyschraen quand même que j'sais même pas d'où ça vient ça le willyschraen.

  3. Ce qui a de formidable avec les chasseurs, c'est que le monde a beau s'écrouler autour d'eux, l'économie peut bien s'effondrer, les risques de conflits internationaux peuvent s'avérer très élevés, du moment qu'ils peuvent aller faire panpan dans la nature, sont contents.

  4. A l'âge où je suis, j'ai déjà connu tellement de gens qui portaient beau, qui se payaient des maisons, des vacances, des arrogances et des relations, et qui sont morts après avoir souffert comme des chiens sur leur lit d'hôpital qu'ils ne m'impressionnent pas, nos zozos politiques.

  5. Chaipas mais... enlever la plaque Victor Hugo d'une rue Victor Hugo ?Euh... cause que l'homme de Jersey et de Guernesey, avec sa Bouche d'Ombre et ses tables tournantes, m'étonnerait pas qu'il fût initié à des mystères que tire la chevillette et le bonhomme cherra et krrrik krrrak.

  6. Moi je pense que lorsque Apollinaire écrit « Un fantôme s'est suicidé », il exagère parce qu'un fantôme qui se suicide ça doit être aussi rare qu'un ministre de l'intérieur qui dit la vérité et si c'est le fantôme d'un ministre de l'intérieur qui se suicide alors faut appeler Sherlock Holmes.

  7. I m'a fait rire Arnaud Viviant quand il a dit dans l'émission « Le Masque et la Plume » ce film là est tellement mauvais qu'on dirait pour le monter, son film, que le réalisateur n'a gardé que les scènes coupées. Je cite de mémoire mais c'est marrant quand même.

  8. Je me demande combien elle a de doigts dans le pot de confiture, la main invisible du marché.

  9. Y a vraiment que nos politiques les plus naïfs pour croire que tous les Français considèrent tous les autres Français comme étant des Français. Moi, voyez, pour moi, Macron est français parce qu'on me le dit, sinon voyez moi, Macron, je m'en fous.

    Ça me rappelle qu'on raconte que lorsque le comédien Francis Blanche avait oublié son texte, il avait pris l'habitude de renvoyer la réplique et la balle à son partenaire par la question suivante : « Vous êtes catholique comme moi, j'espère ?... »

  10. Comme tout finit par se savoir, à un moment, on sait comment elles se sont passées les choses qu'on se dit c'est dégueulasse puis après, on passe à autre chose pis un autre politique arrive pour nous affirmer la main sur le cœur qu'tout va bien ne vous inquiétez pas.

  11. J'ai jamais trop cru au sens du Sacré du Temps des Cathédrales qu'à mon avis l'Eglise voulait assurer sa puissance, que les Seigneurs et le Roi voulaient pas contrarier l'Eglise surtout qu'ça donnait du boulot à des tas d'artisans et d'ouvriers. Du bizness quoi. Mais beau. Les seuls qui devaient y croire vraiment, c'est les saints, mais m'étonnerait pas que dès que les futurs canonisés tournaient le dos, ces gens i devaient s'gondoler en s'disant qu'il n'avait peut-être pas la lumière à tous les étages, l'aut' là.

Patrice Houzeau
Malo, le 28 juillet 2020.

25 juillet 2020

SCENES ET APERÇUS DE L'EMIETTEMENT

SCENES ET APERÇUS DE L'EMIETTEMENT

 

 

  1. La fenêtre sale laisse passer un jour verdâtre dans la pièce étroite et tapissée d'araignées plus ou moins véloces ; à la table encombrée d'assiettes sales, de bouteilles vides, au bout d'un verre plein, une main tremblotante et si peu de corps.

  2. Avec ses cheveux courts (ce jour-là, elle avait les cheveux courts), Zut regarde par la fenêtre l'autre Zut qui marche sur le chemin, de l'autre côté de la grille et des chardons et qui regarde les lèvres entr'ouvertes Zut derrière la fenêtre. Qu'est-ce que je fais là ? se dirent-elles.

  3. Les bords de la pièce sinuent juste en dessous des cheveux coupés par les ténèbres, continuent en zigzagant à travers les yeux verts et descendent sur les joues, longeant l'arête du nez, fendant les lèvres. J'ai au moins reconstitué son visage, se dit-il.

  4. Tchoc après tchoc, la pierre se déplace sur le tablier, esquissant des figures, projetant des frontières, créant des yeux. C'est toujours la même pierre, mais si multiple.

  5. Le baron barbu et assez bourru se barbant au bal des imberbes se barra tout bougonnant pour un bar où il but quelques bourbons.

  6. La terre sur laquelle il penche son corps voûté est noire ; de cet humus jonché de feuilles sortent des mains aussi squelettiques que lui même, s'agrippent à ses chevilles qu'il laisse là, sauvé soulevé soudain par des mains de lumière d'ange tombées des arbres.

  7. Maintenant, champ, pré, route, ferme, tout baigne dans le silence et une lumière brune sans éclats. Dans la grande pièce, le fusil armé, il scrute de ses yeux inquiets la respiration des murs. Sa tignasse poivre et sel, sa chemise à carreaux et son pantalon de toile bleue furent seuls retrouvés.

  8. « Un Chinois de Chinatown est-il aussi chinois qu'un Chinois de Chine ? » se demandait l'homme au chapeau blanc dans un chouette polar intitulé « Chinoiseries de choix pour Charly ».

  9. D'abord imperceptibles, les fissures s'élargirent, se multiplièrent. Les écailles de peinture tombaient en minuscules archipels sur le sol. Ailleurs, le papier peint gonflait, se déchirait. Cela se vit sur le visage des gens. On commença à parler d'émiettement du monde.

  10. Lorsque la pandémie du Covid sera terminée, se fera certainement entendre de plus en plus nettement la thèse encore assez sourde que le coronavirus est le fruit d'un complot international et qu'il a été créé en laboratoire afin de réduire drastiquement la population mondiale.

  11. Il ne manquera certainement ni de zozos, ni de complotistes professionnels pour faire circuler, pseudo-preuves et vidéos bidouillées à l'appui, l'idée que le Covid a été créé, qui par une Asie expansionniste, qui par une Amérique impérialiste, qui par une secte malthusienne, qui par Israël, qui par les Islamistes, qui par les Illuminati, qui par les extra-terrestres, qui par le Majestic 12, qui par le groupe Bildelberg, qui par l'extrême-droite, qui par l'extrême-gauche, qui par les Satanistes, qui par le Grand Remplacement, qui par les Admirateurs du Grand Pangolin.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 25 juillet 2020

     

7 juillet 2020

DERISION POIL AUX OIGNONS AUX MOIGNONS AUX MIGNONS AU MENTON

DERISION POIL AUX OIGNONS AUX MOIGNONS AUX MIGNONS AU MENTON

 

 

  1. Une nouvelle de Lovecraft évoque «une connaissance terrifiante du cosmos ». Quel est ce chien ? D'où vient cet os ?. Lovecraft évoque aussi « la place que l'humain occupe dans le tourbillon du temps. » L'univers c'est-i du mouvant façon sables mouvants pis qu'on s'enfonce dedans ?

  2. Je ne sais plus qui a dit qu'à la fin, la dérision l'emportait toujours. Je pense que c'est Gaston d'Orléans dans les dernières scène de « Louis Enfant roi » de Roger Planchon. C'est ce que j'ai pensé aux résultats du bac2020 ; c'est que j'ai pensé à la présentation du gouvernement à Castex. C'est ce que de plus en plus je pense, mais je vieillis, il est vrai.

  3. Je crois de plus en plus aux vertus de la dérision, et donc de la contre-culture. Pourquoi ? Parce que la dérision rachète, ou, à tout le moins, compense cette part d'ombre que nous avons tous. Mais sa plus grande vertu est de prévenir les mômes de ne pas se laisser avoir.

  4. Au fond, de la plupart des grands débats sociétaux qui agitent Twitter, la Toile et bon nombre d'éditorialistes, je m'en fous. Pourquoi ? Parce que, retenez bien ceci : les donneurs de leçons d'aujourd'hui, les sacro-saints contestataires actuels sont les accusés et les coupables de demain.

  5. La dérision n'a pas bonne presse. On lui reproche de se moquer de tout et de tous avec une grande mauvaise foi. Mais c'est justement parce que nous doutons de la bonne foi de toutes les opinions, y compris les plus politiquement correctes, qu'avec bonne foi nous usons de la plus mauvaise des mauvaises fois.

  6. La vraie dérision, celle qui remet tout en cause, personne ne la supporte : elle est trop violente ; elle souligne trop les ombres et donne la nausée. Nous n'en voulons pas. Même les esthètes les plus ouverts d'esprit n'en veulent pas. La vraie dérision pue vraiment la mort.

  7. Castex et Macron ont nommé Dupont-Moretti à la justice. J'aime bien Dupont-Moretti : il a une grande gueule et du talent. Je n'aime pas Dupont-Moretti : il a une grande gueule et, n'étant pas assassin moi-même, je me fous du talent de Dupont-Moretti. En fait, qui était-ce, ce type ?

  8. De deux choses l'une : Ou Dupont-Moretti, en bon professionnel de la profession, fait semblant de s'indigner et fera son boulot de garde des sceaux en bon chargé de fonction des familles (politiques) ; ou alors il s'indigne réellement et donc Macron est maso. Ou serait-ce que Dupont-Moretti garde des sceaux du gouvernement Castex s'apprête à jouer le rôle de bouc émissaire, comme dans les romans de Daniel Pennac ?

  9. Ne croyez pas qu'il est facile de tourner le monde en dérision. Il y faut beaucoup de raison et le clown pleure lui aussi. Du reste, il vit avec un couteau.

  10. Ce qui est logique n'est pas forcément juste. Parcoursup nous en donne la preuve chaque jour.

  11. Je ne sais pas pourquoi je n'aime pas d'emblée Jean Castex. C'est vrai que le nom me fait rire. C'est vrai que je le pressens très prétentieux (je préférais l'humilité, sans doute feinte, d'Edouard Philippe). Mais si ça se trouve, il a inventé le fil à couper le beurre, c't'homme-là.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 juillet 2020

2 juillet 2020

TOUJOURS DES MÊMES YEUX

TOUJOURS DES MÊMES YEUX

 

 

  1. « Madame, je me tais, et demeure immobile,
      
    Est-ce à moi que l'on parle, et connaît-on Achille ? »
    (Racine, « Iphigénie », v.949-950 [Achille])

    On croit s'adresser aux autres et ce sont de parfaits étrangers qui nous répondent.

  2. « Ma fille, je vous vois toujours des mêmes yeux. »
    (Racine, « Iphigénie », v.555 [Agamemnon])

    Peut-être que je me trompe, mais je trouve cette formule ambiguë. Agamemnon veut-il dire que son amour de père est inchangé ou qu'Iphigénie est égale à elle-même ?

  3. « Ma fille, je vous vois toujours des mêmes yeux.
      
    Mais les temps sont changés, aussi bien que les lieux. »
    (Racine, « Iphigénie », v.555-6 [Agamemnon])

    Ni temps ni lieux ne changent nos yeux ; nos sentiments restent mais nos regards varient.

  4. Ainsi en est-il de nos sentiments, et nos paroles démentent souvent ce que nos yeux voient. C'est à soi-même qu'on ment. J'aime bien dans les films quand on entend le vent et que ça signifie que le temps passe tous nos désirs, nos mensonges, nos désillusions.

  5. Nous ne disons pas ce que nous voyons. Nous appelons cela réalisme et lucidité ; il faut savoir s'arranger avec la vérité. C'est là la base de toute politique.

  6. Le matin, parfois, je me réveille très tôt. « C'est vous-même, Seigneur ! Quel important besoin / Vous a fait devancer l'aurore de si loin ? » dit Arcas à Agamemnon. « De si loin » est amusant, comme si nous revenions d'un exil. Et bien sûr, je pense au persil et à la tête de veau.

  7. Surpris sans doute, Arcas, de cette voix au cœur de la nuit. « Viens, reconnais la voix qui frappe ton oreille », lui dit Agamemnon. Le rock anglo-saxon aussi qu'il frappe. Tiens, je n'ai pas bu mon jus de citron aujourd'hui.

  8. Agamemnon, il est comme perdu dans la nuit qu'à peine « un faible jour » l'éclaire, le grand chef, et le guide, Arcas. Ah l'aurait pas fallu qu'il se ramasse, Arcas, en se prenant les pieds dans l'on n'sait quoi qui fait qu'des fois, patatras, on s'étale la carcasse.

  9. Parfois, je m'imagine que dans l'air circulent des yeux en bans invisibles, comme qui dirait des sardines sans corps, ni queue ni tête, rien que leurs yeux. C'est à ça, sot suis-je, que je songe en lisant ce vers de Racine : « Vos yeux seuls et les miens sont ouverts dans l'Aulide. »

  10. Et dans la nuit noire ils se regardèrent dans le blanc des yeux. Comme j'ai des champignons, je me ferais bien une omelette ce soir. Lors du second tour des présidentielles 2017, Macron a fait jouer « Magic System ». On aurait dû comprendre : ce type-là nous méprise.

  11. « Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit ? » demande Arcas à Agamemnon. Un dieu peut-être murmurant dans la nuit, ou quelque bolide vrombissant dans l'espace, un aéronef furtif, un ivrogne qui siffle, un chien qui aboie, un gouvernement qui se dissout.

  12. « A peine un faible jour vous éclaire et me guide.
      
    Vos yeux seuls et les miens sont ouverts dans l'Aulide.
      
    Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit ?
      
    Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit ? »
    (Racine, Iphigénie, v.5-8 [Arcas])

Patrice Houzeau
Malo, le 2 juillet 2020.

2 juillet 2020

C'EST TOUJOURS QU'ON S'EN VA ET JAMAIS QU'ON REVIENDRA

C'EST TOUJOURS QU'ON S'EN VA ET JAMAIS QU'ON REVIENDRA

 

 

  1. J'aime bien comme ça erre dans les poèmes d'Apollinaire : « Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule ». Cela fait longtemps que je n'ai pas mangé de moules. C'est le matin ; j'ai envie d'écrire ; me suis fait un café ; pour me délier l'esprit qu'encore on a vague du songe.

  2. « Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent » : cela fait plus d'un siècle maintenant que mugit cette image. Apollinaire est mort de la grippe espagnole. Un siècle après, les virus courent encore. Je mets dans mon café non pas de la gnôle, mais un chouïa de rhum.

  3. Je me dis tiens le mot autobus est ancien. Ancien, autobus ; aussi omnibus. « L'angoisse de l'amour te serre le gosier ». Dans « Louis enfant roi » de Roger Planchon, l'enfant Philippe demande à l'enfant Louis si les pieds qui puent de la petite servante aux grand pieds le fascinent.

  4. Zut me dit Tu vis « comme si tu ne devais jamais plus être aimé ». Zut cite Apollinaire mais l'angoisse de l'amour ne me serre plus le gosier. J'en suis content car c'est assez périlleux de se lier l'esprit à je ne sais quelle autant agiter Zut dans ma caboche et laisser son cœur dans sa poche.

  5. Et laisser son cœur dans sa poche avec son mouchoir par-dessus. C'est exactement le genre d'expression que je n'entends plus. Maintenant, les mouchoirs sont jetables, les amours aussi et les familles se recomposent. Petit, je disais « carnasse » pour « cartable ».

  6. « Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
      
    Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent
      
    L'angoisse de l'amour te serre le gosier
      
    Comme si tu ne devais jamais plus être aimé »
     
    (Apollinaire, « Zone »)

  7. On attend le remaniement. On dit que le premier ministre serait une femme. Elise m'a parlé d'un documentaire suisse intitulé « Les Dames ». J'entends le joli violon jazz à nostalgie du générique radiophonique du « Mystère de la Chambre jaune » et la jolie voix.

  8. J'aime bien comme ça erre dans les poèmes d'Apollinaire - « Je la surnommai Rosemonde » - et comme la langue évoque des mondes, « voulant pouvoir me rappeler », je me dis que cette Rosemonde recèle tous les désirs, tous les secrets de ce monde.

  9. Le narrateur voulant pouvoir se rappeler « sa bouche fleurie en Hollande » la surnomme Rosemonde. Ainsi nous surnommons et nos troubles portent noms de dieux et de déesses. Je me refais un café ; rien ne presse. Il est tôt et le monde n'a pas besoin de moi.

  10. Comme mots bien dits disent vrai autant qu'horreurs et mensonges, « puis lentement je m'en allai », que cela soit vite, trop vite, si vite, ou lentement, trop lentement, si lentement, c'est toujours qu'on s'en va et jamais qu'on reviendra.

  11. « Je la surnommai Rosemonde
      
    Voulant pouvoir me rappeler
      
    Sa bouche fleurie en Hollande
      
    Puis lentement je m'en allai
      
    Pour quêter la Rose du Monde »
    (Apollinaire, « Rosemonde »)

    Patrice Houzeau
    Malo, le 2 juillet 2020.

     

24 juin 2020

AUTOUR DE LA FILLE SANS NOM

AUTOUR DE LA FILLE SANS NOM

 

 

  1. A la note 306 de ses « Investigations philosophiques », Wittgenstein écrit « Pourquoi nierais-je qu'il y a un processus intellectuel ? » et ceci, qui pourrait passer pour inutile en ce qui concerne la suite du raisonnement, met justement l'accent sur le processus intellectuel propre au fait de conscience.

  2. La majorité des députés ne semblant plus représenter la volonté nationale, il est nécessaire de dissoudre l'Assemblée. Un remaniement du gouvernement ne saurait palier cet état de crise latente, cependant que la gravité des événements commande un exécutif fort et ferme dans ses décisions.

  3. « Les villes que j'ai vues vivaient comme des folles »
    (Apollinaire, « Le voyageur »)
    « Les villes » sont ici la métaphore de l'humanité, diverse et sans doute trop pleines de sens.

  4. « Avez-vous pu penser qu'au sang d'Agamemnon
      
    Achille préférât une fille sans nom »
     
    (Racine, Iphigénie, v.707-8 [Eriphile])

Ce qui n'a pas de nom n'existe pas. Eriphile existe bien en tant que fille, mais le doute sur sa lignée empêche qu'on l'aime, bien qu'Iphigénie la jalousât.

  1. « Je me suis laissé approcher par qui ne me questionnait pas,
      
    je me suis laissé trouver par qui ne me cherchait pas. »
      
    (La Bible de Jérusalem, « Isaïe », 65, 1)

  2. Ce n'est pas tant le style qui effraie l'administratif, que cette fronde de la langue du grand style.

  3. Les êtres qui n'ont pas de nom n'existent pas. Ils sont là pourtant, dans l'invisible. Qu'on les nomme et ils se manifestent. Ils sont légion.

  4. Nous avons inventé les démons et les démons nous ont tourmentés. Nous avons inventé nos amours et nos amours ont orienté nos vies.
    Ce n'est que par les noms que les êtres font sens. En dehors des noms, ils ne sont que radicale étrangeté.

  5. Puis-je dire que le jeu d'échecs se définit par l'ensemble des parties jouées et des règles qu'on en a déduites ?

  6. Ce n'est pas une fine connaissance des stratégies du jeu qui en change les règles, cependant qu'elle en change la pratique, qu'elle en définit la grammaire.

  7. Ce n'est pas une fine connaissance des pratiques d'une langue qui en change la grammaire, cependant qu'elle en influence l'usage, lequel demande justement qu'on pratiquât la langue.

  8. Ce qui fait la complexité de l'humain, c'est qu'il fait jeu de la langue, qu'il en multiplie tellement les usages que nul dieu n'y retrouve ses créatures.

  9. Le politique court après la complexité de l'humain, et pour cela ne cesse d'inventer de nouveaux mots, lesquels font rire, quand ils ne font pas pleurer.

Patrice Houzeau
Malo, le 24 juin 2020

 

 

14 juin 2020

CHRONIQUE DU 14 JUIN 2020

CHRONIQUE DU 14 JUIN 2020

 

 

  1. Il m'arrive de penser que l'état de droit est, dans les faits, un état de nature maquillé : au droit du plus fort s'est substitué le droit du plus rusé.

  2. « Mais si l'herbe de son clos se pourrit sur la terre, ou que les fruits de ses plantes et de ses arbres se gâtent, sans qu'il se soit mis en peine de les recueillir et de les amasser, ce fonds, quoique fermé d'une clôture et de certaines bornes, doit être regardé comme une terre en friche et déserte, et peut devenir l'héritage d'un autre. »
    (Locke traduit par David Mazel, « Traité du gouvernement civil »)

  3. Le monde n'appartenant à personne, c'est une grande illusion que de croire que la maîtrise de la nature donne à l'humain des droits particuliers. L'humain usurpe chaque jour un droit de propriété que le réel, par nature, dénonce.

  4. Il me sembla, ce 14 juin 2020, que le président Macron, s'il partait maintenant, laisserait une France en bien piteux état, troublée qu'elle est par des courants de plus en plus radicaux et par une faiblesse étonnante (eu égard à son arrogance) de son élite politique.

  5. Entendu ces jours derniers quelqu'un évoquer « l'obésité administrative » de la France. Ai trouvé l'expression fort juste. Il suffit pour cela de considérer le zèle mis par les pouvoirs publics à inventer presque jour de nouveaux motifs de contravention et d'amende.

  6. Nous avons beau tous dénoncer l'inflation administrative, il semble que nos maîtres soient sourds et continuent à vouloir toujours plus de contrôles, de commissions, de sous-commissions et de circulaires contresignées par de petits chefs aussi incompétents que diplômés.

  7. Je me souviens que le président Macron évoquait parfois la nécessité d'une « pensée complexe ». Nous en voyons le résultat, de sa « pensée complexe » à Macron : manifestations régulières et régulièrement sur le point de virer à l'émeute ; crise sanitaire, économique et sociale.

  8. Nous sommes passés en France d'une administration au service du public à une administration au service de l'économie, voire au service des intérêts particuliers du gouvernement. C'est ainsi qu'on tue un pays.

  9. Se pourrait-il que le Front National ait été fondé dans le but de contrôler les militants d'extrême-droite et que La France Insoumise ait été créée pour mieux contrôler l'extrême-gauche ?

  10. On dit que le président Macron serait fidèle en amitié. C'est là un défaut. Quand il s'agit d'argent et de pouvoir, nulle amitié possible, sauf en de rares exceptions. N'est pas De Gaulle ou Malraux qui veut.

  11. Il faudrait peut-être commencer par créer des postes de soignants dans le secteur de la santé, et ensuite, créer des formations réellement spécialisées, et cela dès le lycée, afin de pourvoir ces postes.

  12. La massification de l'enseignement supérieur a mis la charrue avant les bœufs : on a d'abord créé des filières puis on s'est ensuite posé la question des débouchés : d'où l'inflation d'administratifs divers et variés dans tous les secteurs d'activité et la paralysie qui en découle.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 juin 2020.

13 juin 2020

CHRONIQUE DU POST-CONFINEMENT

CHRONIQUE DU POST-CONFINEMENT

 

 

  1. Démissionner et quitter l'Elysée (ou Matignon) dans le but de préparer sa réélection serait erreur fatale. Les Français ne pardonneraient pas à celui qui déserterait son poste alors que le pays est en crise, et qu'on ne sait pas quel monstre au juste sortira de l’œuf Covid.

  2. Si j'avais quelque Dieu, je l'appellerais Donc. Bien que je sache que le chaos soit sans principe d'identité, il n'y a guère qu'en la logique qu'on puisse se fier.

  3. Sans la liberté individuelle, l'humanité ne serait qu'une secte.

  4. A quoi sert de dépenser tant d'argent pour aller dans l'espace ?
    A quoi sert de dépenser tant d'argent pour créer, vendre et acheter des armes ?
    A quoi sert de dépenser tant d'argent pour tourner des films, organiser des championnats de foot, habiller des mannequins avec des extravagances ?
    A faire vivre les dizaines de millions de gens qui travaillent dans les industries de la recherche spatiale, de l'armement, du cinéma, du sport, du luxe et j'en passe et j'en passe et j'en passe.

  5. Bien entendu, on pourrait imaginer une humanité du partage généralisé (organisé par qui?) : c'est sans doute le but commun des chrétiens les plus sincères et des communistes les plus naïfs. Le monde serait alors peuplé d'une immense secte où toute liberté individuelle serait abolie.

  6. Il se dit partout que la crise provoquée par le Covid sera très dure. C'est même pire que cela : il faut songer que cette crise économique mondiale provoquera sans nul doute tensions internationales, bruits de bottes, terrorisme.

  7. Comme je l'ai déjà dit, cette crise sanitaire nous rappelle que l'état de croissance continue est une exception dans l'histoire humaine. L'humanité est plus souvent en état de survie qu'en état de prospérité, et les braves gens de s'ébahir que la précarité alimentaire existe encore en France.

  8. Je rappelle que grâce au merveilleux et très démagogique 80% d'élèves au niveau du baccalauréat, nous n'avons en France plus assez d'ouvriers agricoles cependant que nos universités sont pleines de sociologues.

  9. Nous vivons la porte ouverte et nous étonnons que tout le monde ne puisse manger à sa faim dans la maison de nos pères.

  10. L'enseignement à distance est une illusion. On finirait par donner des cours à des logiciels.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juin 2020.

7 juin 2020

PLUME ET GRINCEMENTS

PLUME ET GRINCEMENTS

 

 

  1. Le président Macron devrait se souvenir que nous ne sommes pas des « irréductibles Gaulois », des « réfractaires à tout changement » (on n'est pas dans un album d'Astérix), mais le pays de Voltaire et d'Hugo.

  2. Je sens bien les « vacances apprenantes » à Blanquer comme un magnifique exemple d'usine à gaz, (à citer certainement dans les annales de la sottise ministérielle).

  3. Comme je suis un dangereux agitateur (« d'autant plus dangereux qu'il réfléchit » me fut-il signifié en ma jeunesse folle), je vais maintenant boire une bière en écoutant « Slumlord » de Baxter Dury.

  4. Ai pensé qu'Edouard Philippe avait bien du talent et que sans son sang-froid, la Macronie ne tiendrait pas huit jours. Peut-être fallait-il qu'il regagne les rangs de la France gaulliste et laisse tomber ces pieds nickelés. Il sortirait ainsi la tête haute et n'en serait que plus grand. Mais bien entendu, il y avait une certaine noblesse à continuer de gérer les affaires d'un pays menacé par une forte montée du chômage.

  5. Un journaliste américain dit un jour : « La France, c'est l'Italie en plus discret. » Il m'arrive de penser qu'il avait peut-être raison.

  6. Lorsque j'ai bu quelques bières en écoutant du Baxter Dury, je suis momentanément dans l'impossibilité de commenter Wittgenstein, mais j'arrive tout de même à critiquer la Macronie. Comme quoi, en dehors de sa philosophie, la politique telle que la présentent les médias, c'est du bidon.

    Comme il avait fait une bourde grammaticale, il songea que l'orthographe, Baxter Dury et la bière ne faisaient pas forcément bon ménage.

  7. Franchement, faut être un peu naïf, ou aimer la soumission, pour croire que les politiques vont nous sortir d'un bourbier où ils ont largement contribué à nous fourrer.

  8. Il se moquait fort des puissants, et ceux qui le connaissaient un peu savaient qu'il était réellement, littéralement, ce que Hollande a appelé jadis un « sans-dents » (ah ça, il aurait mieux valu qu'il se taise). Ayant connu ce que l'on appelle des difficultés, il riait de ces ventres bien remplis qui prétendaient le gouverner.

  9. C'est pourtant ce « parlementarisme libéral » que vous décriez tant qui vous laisse le temps et l'espace nécessaires pour que vous puissiez les critiquer.

  10. Il est notable que le professeur n'est plus considéré comme un maître dans sa discipline mais comme un agent au service d'une institution publique. Dès lors, sa parole de maître est déconsidérée au profit d'une pseudo-efficacité administrative.

  11. Il pensa qu'il n'aimerait pas que le ministre de l'éducation nationale devînt premier ministre : il aurait sans doute vite l'impression de vivre dans un pays administré comme on administre un établissement d'enseignement secondaire.

  12. Jolie expression entendue ce matin sur France Culture concernant ces « esprits qui ne brillent que par les grincements de leur plume ».

Patrice Houzeau
Malo, le 7 juin 2020.

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