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24 avril 2020

MÊME PIS QU'APRES

MÊME PIS QU'APRES

1. « Un fantôme de ville et des spectres de murs »
(Victor Hugo)
       
J'aime bien les vers où se promènent des spectres ;
       
Aux alexandrins i s'raccrochent nos fantômes.

2. « Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre »
(Victor Hugo)
       
Peut-être une araignée, un chiot, un rat d'égout
       
Ou quelque poupée aux yeux bleus, au teint clair.

3. « Puis vous m'avez perdu de vue ; un vent qui souffle »
(Victor Hugo)
      
J'aime bien quand il souffle et qu'il dit dans la ville
      
Qu'il n'y aura jamais rien d'autre que le vent
      
On n'est pas obligé de le croire et pourtant

4. « Il voit la rose, et nie ; il voit l'aurore, et doute »
(Victor Hugo)
      
Parfois on en voudrait d'autres, des yeux, de ceux
      
Qui voient plus loin, plus clair que nos bien vieux carreaux.

5. « Les sept astres géants du noir septentrion »
(Victor Hugo)
      
J'aime assez parfois des frites et du jambon,
      
Avec de la moutarde et puis des cornichons.

6. « Roi forçat, l'homme, esprit, pense, et, matière, mange. »
(Victor Hugo)
       
On peut toujours penser que nous sommes des rois
       
Considérons aussi que nous sommes bouffons
       
Bah ces deux vers sont bien trop longs hein qu'c'est vrai quoi
       
Qu'on croit qu'on est des rois qu'nous sommes que bouffons.

7. « Les constellations, sombres lettres de feu »
(Victor Hugo)
    
« Sombres lettres de feu », c'est quoi donc ce bouquin ?
       
L'autobio divine ou les échos du boucan
       
Qu'à l'aube des temps fit l'Grand Inconséquent ?

8. « Comme un loup dans son trou, je rentre dans ma chambre »
(Victor Hugo)
       
Pis là qu'il hurle en lui en la forêt d'sa tête
       
Qu'est pleine d'oiseaux fous pis d'chevaliers cinglés
       
En lui et en silence à cause des voisins.

9. « Oh ! Qu'est-ce que le sort a fait de tout ce rêve? »
(Victor Hugo)
      
Oui, tiens, quoi donc qu'il fait, le Sort, de tous nos rêves ?
      
Sans doute qu'il les range en Chine ou qu'en salade
      
A l'huile d'pangolin il les mange, le Sort,
      
Car chacun sait qu'le Sort, le grand Sort, dîne à l'huile.

10. « Le peu que nous faisons et le rien que nous sommes »
(Victor Hugo)
        
Pis qu'après des virus nous tombent sur la pomme.

 Patrice Houzeau,
 
Les Confins, le 24 avril 2020.

 

 

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1 mars 2021

PIS BOUM Y A DU SANG

PIS BOUM Y A DU SANG

 

1.

« Tout cela est très bien, me

dis-je en moi-même » ce début

D'une phrase de la traduction

Française d'un roman d'Agatha

Christie m'fait dire qu'c'est

Difficile d'se dire en dehors

D'un soi qui serait quelqu'un

D'autre qu'on se causerait en

Quelqu'un d'autre On dira que

Nous ne sommes pas s'que nous

Croyons être « mais » pour le

Reprendre le fil de la phrase

D'hastings c'est le narrateur

« ne sommes-nous pas tous des

Hercule Poirot & ne fourrons-

nous pas toujours le nez dans

ce qui ne nous regarde pas ?»

« fourrer son nez dans ce qui

ne nous regarde pas » est une

Expression qui m'amuse que je

Vois bien le Toto fourrer son

Nez dans s'qui tourne la tête

Détourne le regard même qu'ça

Me fait penser au chat qui ne

Consent à s'approcher le chat

Qu'à l'instant où nous ne les

Regardons plus les chats même

Que vous noterez que passé je

Suis du singulier au pluriel.

 

2.

Zut me dit qu'on le veuille ou non lors

Des manifestations des Gilets Jaunes le

Sang a coulé le sang même que si pas eu

De morts (puis qu'est-ce que j'en sais)

Fort qu'on s'frita s'blessa s'navra pis

Qu'on chercha parfois à le trucider son

Prochain dans l'feu de l'action si fort

Qu'il y en a qui s'en sont pas vraiment

Remis pis qui sont handicapés dit-on et

Zut me dit que dire que « le macronisme

est un humanisme » (sic) est aussi vain

Qu'un masque à oxygène sur un squelette

 

3.

Défois, Zut me dit si elle faisait son travail, la justice sur Tagada Tsoin Tsoin (planète sautillante dans la galaxie de La Langue de Belle-Mère, non loin des amas de Poudre de Perlimpinpin macroniens), y en a qui devraient être en prison (ce n'est pas par hasard que Zut m'a dégringolé dans le monde) ou peut-être bien à l'asile psychiatrique (Zut est un monstre, je vous l'ai déjà dit dans un nombre incalculable de vies).

 

4.

Ah tiens dans la traduction française de

La Maison du Péril d'Agatha Christie une

Note de bas de page rappelle (défois moi

Que Hastings c'est une ville je sais des

Choses faut pas croire que j'avions tête

Vide genre que je m'a ôté les cornichons

D'la tête pis je l'sais que Hastings est

Une ville aussi en plus d'un capitaine &

Pas décapité le Hastings capitaine qu'la

Devinette avec le capitaine décapité pis

Les douze moines qui l'ont eue la tête &

Tranchée hein la tête cette devinette je

L'aime bien pis Hastings c'est une ville

Même qu'elle n'est pas d'ici cause l'est

Du « Sussex où Guillaume le Conquérant y

Battit Harold.» Même que ce fut en 1066.

 

5.

Zut me dit qu'elle cherche le

Passage dans lequel Nick elle

Dit Nick (j'sais plus si Nick

Elle est seulement victime ou

Si c'est pas un roman sur les

Faux-semblants que les romans

Policiers ça joue sur le faux

Qui paraît vrai qu'en ce sens

La vie s't'un genre ça la vie

Avec toutes ses enquêtes itou

Tous ses coupables et énigmes

Genre pourquoi donc que j'vis

Avec cette personne ou que je

Fais s'métier que j'aurais dû

Devenir pas moi à la place de

Pas moi et où que chuis rendu

Qu'elle aime cette demeure la

« Maison du Péril » & qu'elle

Aurait aimé y jouer une pièce

Qu'elle dit Nick Je m'demande

Quel genre d'pièce à fantômes

Elle aurait monté que j'crois

Que c'est au début du roman &

Efficace l'héroïne menacée ça

Comme coup narratif que c'est

Pour ça qu'je l'aime ce roman

 

6.

Défois Zut ne comprend pas pourquoi elle se met martel en tête et pas que (y a aussi d'la batterie qui fonce comme dans un morceau des Who) pour une histoire qui ne la regarde pas que défois l'Histoire, les gens, elle les calcule pas pis boum y a du sang dans les rues.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er mars 2021.

 

 

1 juillet 2020

DIABOLUS EX MACHINA

DIABOLUS EX MACHINA

 

 

  1. « A quoi donc est-ce que je crois, lorsque je crois à une âme dans l'homme ? » (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques » 422)

  2. Il fallait bien doter l'être humain d'une âme afin de l'autoriser à se reproduire, à se multiplier, à pulluler en toute conscience.

  3. Plus les humains sont nombreux, plus ils ont besoin d'être administrés, afin, bien entendu, que l'idée d'humanité restât plausible.

  4. En réponse au volontarisme combatif d'Achille, cette réplique d'Iphigénie, devise pour l'humanité, blason, tombeau :
    « Je le sais bien, Seigneur : aussi tout mon espoir
      
    N'est plus qu'au coup mortel que je vais recevoir. »
      
    (Racine, « Iphigénie », v.1531-32)

  5. Tout le mois de juin 2020, l'idée que d'ici une poignée de semaines, le Covid reviendrait nous décimer, fit son chemin en France. De 1945 à la fin du XXème siècle, nous avons vécu avec l'épée de Damoclès de la guerre atomique ; le XXIème innovait dans la pandémie virale à répétition.

  6. La surpopulation aiguise peu à peu nos consciences de telle sorte que nos âmes finiront par avoir une forme de couteau.

  7. L'humanité est un spectacle toujours varié et renouvelé, avec son diabolus ex machina infernale derrière le rideau.

  8. Je suppose que je ne suis pas le seul à penser avoir été toute sa vie dans l'à-peu-près et l'amateurisme, sauf dans l'écriture, laquelle fait parfois assez mal au dos.

  9. M'aurait-on menti ? La vie ne serait-elle donc pas si merveilleuse, ni l'avenir si radieux ?

  10. Je ne peux pas m'empêcher de faire des phrases. C'est ainsi que je me justifie à mes propres yeux tout en participant avec joie à la nécessaire entreprise du scepticisme.

  11. Les politiques français auront bon tenté de se dédouaner en arguant des mérites de leur administration, il est tout de même que, faute de moyens suffisants, bien des gens sont morts qui n'auraient pas dû ainsi mourir et bien des entreprises périssent d'incurie ministérielle.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juillet 2020.

24 avril 2020

EXERCICE DE MAUVAISE FOI A PROPOS DE POESIE MODERNE

EXERCICE DE MAUVAISE FOI A PROPOS DE POESIE MODERNE

1. En poésie moderne, faut toujours surprendre le lecteur, ce gogo qui a acheté vot' recueil. On ne dira donc pas : « Il n'y a pas de fumée sans feu » mais « Pas de fumée sans passion », ce qui vous permettra d'exprimer ensuite votre penchant pour Titine en affirmant que zavez l'cœur fumant.

2. En poésie moderne, on écrit « pierre qui roule jamais n'amasse l'insolence du colibri », ce qui permet de faire dans l'allitératif abscons en flanquant vot' colibri d'un réseau lexical bien contondant genre : « l'espérance à soulier de braconnier », « la foi sifflante du charbonnier », « la groupie du pianiste ».

Remarque : J'ai choisi « colibri » parce que « l'insolence de la sardine à l'huile » ou « l'ingratitude du cornichon confiné », à vrai dire, je ne les sentais pas bien.

3. En poésie moderne, on écrira « celui qui est allé loin a ménagé ses morsures », ce qui permet d'imaginer aisément qu'le passé vous poursuit, vampirique anthropophage civilisationnel (sinon ça ne vaut pas l'coup) vous mordant de ci de là pareil au fauve traqué et néanmoins pagayant.

4. En poésie moderne, on ne craindra pas d'évoquer « l'odeur de dieu » sans préciser plus avant à cause qu'on risquerait bien de partir en free style dégénératif dans le style doukipudonktan

5. A partir des quatre brefs précédents, il est maintenant aisé de composer du n'importe quoi à la pistache publiable dans l'une ou l'autre revue de poésie contemporaine et affolée : Allonzy.

        Pas de fumée sans passion.
       
La pierre a délié son contrat.
    
Pourtant, la foi sifflante du charbonnier a reconnu son roulis et que jamais elle n'amasse l'insolence du colibri.
    
Vous avez voulu la groupie en dépit du pianiste et n'avez saisi dans vos mains larges comme l'horizon à souvenance d'homme que l'espérance à soulier de braconnier.
      
Vous avez pris votre cœur fumant ; vous avez résilié vos serments.
    
Ayant ménagé vos morsures, vous êtes allé loin, bien loin, comme un bohémien traqué et néanmoins pagayant comme un fauve et vos yeux sont pleins encore de l'odeur de dieu.
      
Vous avez crié Aline pour qu'elle revienne.

C'est-y pas beau ? Vous appelez ça « Javanache 36 » (1), « Résilience 48 », « Après-venir » ou « Dans le leurre du seuil » (2) et vous pouvez maintenant affronter les plus profonds des esprits poétiques de notre temps, ceux qui lisent leurs poèmes avec des voix aussi solennelles que s'ils vous annonçaient le retour de Louis XVI et de sa tête coupée. Vous n'oublierez pas bien entendu de fustiger les idoles du temps fabriquées par le capitalisme aliénant (3) et d'inviter la petite stagiaire rougissante dans un restaurant squ'il y a de bien car de toute façon, c'est pas vous qui payez, y a des subventions eh oh quand même.

Notes :
(1) N'ayez par peur, de temps à autre mais pas trop souvent quand même sinon ça se voit, d'user de mots qui ne veulent absolument rien dire. Il y aura toujours un possédé d'la linguistique ou un agité de psychanalyse qui trouvera un sens à vot' charabia.
(2) Ah ça faut faire attention au « leurre du seuil », sinon on s'casse la gueule.
(3) Le capitalisme est toujours « aliénant » et le communisme toujours « à venir », c'est prouvé ils l'ont dit à la télé.

Patrice Houzeau
Les Confins, le 24 avril 2020.

25 juin 2020

OU FLOTTENT MES ESPRITS

OU FLOTTENT MES ESPRITS

 

 

  1. Les humains mettent les horloges à l'heure de l'acte libre, mais le temps n'existant que par convention, les horloges bégaient.

  2. Nous attendions des agents l'usage de la raison dans leur conduite. Hélas, ils n'avaient guère autre chose qu'un fouet sur la langue.

  3. Sont-ils tous nés gouvernés ? Sont-ils tous si libres de faire langue commune et de renverser un soleil pour le remplacer par un soleil ? Faut-il que toujours la lumière vienne d'ailleurs ?

  4. Pourquoi veut-on m'empêcher d'exercer mon droit à l'indifférence ? Quel est cet esclavage moderne qui voudrait que mon destin fût fatalement lié à celui d'autres qui ne me sont rien ?

  5. Pourquoi devrais-je comprendre comment fonctionne la chimère atroce qui agite ces autres, que quelques points de croissance en moins transformeront, à coup sûr, en voleurs, sinon en assassins ?

  6. La surpopulation aiguise les couteaux aussi sûrement que le fait la pauvreté.

  7. « le gouvernement s'effrite quand le pouvoir législatif – la volonté expresse de la majorité, « l'âme qui donne à la république sa forme, sa vie et son unité » - se désagrège lui-même. »
    (Simone Goyard-Fabre, « Les Traités politiques de Locke »)

  8. « Une couleur factice salit le corps, elle ne le change pas. »
    (Petrone traduit par Pierre Grimal, « Le Satiricon » [Giton])

    Ainsi ai-je souvent pensé cela des tatouages, parfois magnifiques il est vrai, mais aussi menteurs et révélateurs que l'habituel verbiage dans lequel nous pataugeons.

  9. L'une des raisons pour lesquelles je suis contre les fameuses épreuves orales, auxquelles semble tant tenir le sieur Blanquer, c'est que je revendique pour chacun et donc aussi pour les élèves, le droit au silence, au quant-à-soi, à la discrétion, à la réserve. Timidité n'est pas vice.

  10. En passant du service public de l'instruction au service obligatoire de l'éducation, nous sommes passés de la transmission des savoirs à l'influence sur les idées, voire à la propagande et la manipulation. Fort heureusement, les élèves ne croient pas plus à la morale de leurs enseignants que les catholiques croient aux contes bleus de leurs curés.

  11. « Heureux si dans le trouble où flottent mes esprits,
       Je n'avais toutefois à craindre que ses cris ! »
    (Racine, « Iphigénie », v.1319-20 [Agamemnon])

  12. Sans doute qu'ils flottent, nos esprits. L'administration nous croit rationnels. Cette naïveté finira par lui faire perdre la tête.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juin 2020

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26 octobre 2021

HELAS OUI LE GAULLO-COMMUNISME EST CONDAMNE

HELAS OUI LE GAULLO-COMMUNISME EST CONDAMNE

1.
La gestion de stocks de crabes toujours plus nombreux et parmi eux, certains des plus redoutables, amènera inéluctablement des complexes perspicaces à prendre les affaires en main. Les parlements n’ont pas fini de trembler.

2.
Il y aurait parfois des foulards que l’on prend pour des voiles et des repris de justice que l’on prendrait pour des professeurs. Les animateurs de lucarnes savent que cela serait su et dénoncé. Ils agiraient donc en toute connaissance de cause.

3.
Le président Macron a tout à craindre d’un adversaire qui saurait lui tenir tête par la puissance de son verbe (Zemmour). Alors, le second tour de 2017 ne se reproduirait pas. 2022 pourrait s’avérer encore plus périlleux que les gouffres récents.

4.
Une augmentation du prix du pain est toujours un mauvais signe. En général, cela annonce d’autres désagréments cependant que les aigles planent dans les robotiques et autres start up mondialisées. A qui, en fin de compte, va-t-on vendre Marianne ?

5.
Que l’on ne se plaigne pas si l’économie réelle demande de plus en plus d’apprentis. L’abus de moraline et d’enseignements inutiles aux dépens des enseignements professionnels auront largement discrédité certaines formations.

En outre, cette moraline et cet abus d’inutilités auront transformé l’université française en parking à disqualifiés, aggravé la crise du logement, alourdi la dette publique, favorisé de sottes idéologies gauchistes, sinon islamo-gauchistes.

6.
Il serait baroque que nos loups puissent accepter autre chose que la croix ou quelque dieu mort (en vérité, il fut crucifié) ; il serait baroque que nos loups renoncent au Grand Spectre Nordique au profit d’on ne sait quelle méditerranée.

7.
Le pays réel est bien plus violent que le pays politique, lequel n’est puissant que parce qu’il a le soutien de la finance. Que cette même finance décide demain de soutenir un candidat qui se réclame du pays réel et notre démocratie parlementaire vacillera.  

8.
On s’aperçoit chaque jour que les crypto-monnaies servent de paravent à des fraudes fiscales, des blanchiments, sinon des réseaux criminels… Il serait temps que les Etats réagissent avant que ces cryptomonnaies puissent aider à lever des armées.

Je ne suis guère fan du modèle chinois, mais lorsque Pékin condamne et combat l’influence des crypto-monnaies, je pense que Pékin agit selon la raison.

9.
En ce qu’il vise à l’efficacité, en soi le pragmatisme macroniste a du bon. Le souci est qu’il est aussi très perméable aux influences, aux lobbys. Soyons clairs, une politique du « en même temps » ne peut, à terme, que favoriser corruption et magouilles.

10.
Entendu récemment parler de « gaullo-communisme » français. Il faut comprendre par cette expression l’adhésion à un modèle économique à la fois national, social et productiviste. J’y suis personnellement attaché, même si je sais qu’il est condamné.

11.
Zemmour a des chances de l’emporter, car comme Trump en son temps et dans une moindre mesure, Mélenchon, Zemmour n’a pas peur de dire ce qu’il pense. Le franc parler est plus efficace que fausse bienveillance et traîtrise fédéraliste.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 octobre 2021. 

5 janvier 2024

DU BON DU BLUES DU ROUBLE ET DU TODD

DU BON DU BLUES DU ROUBLE ET DU TODD

1.
Je classe Frédéric Dard et Georges Simenon parmi les géants du roman du vingtième siècle. Je lis sur twitter que certains feraient aisément de San-Antonio un anti-Maigret. Cela se discute. Il est vrai que si le style de Frédéric Dard dans les San-Antonio est florissant, virtuose jusqu'au surréalisme, néologisant, cultivant la trouvaille, le mot d'esprit, l'adjectif surprenant, l'adverbe étonnant, la métaphore midable, le style de Simenon est constitué d'une suite de brèves notations, sans effets particuliers, sans beaucoup d'adjectifs et encore moins d'adverbes, un style neutre, une écriture blanche et réaliste, quasi journalistique, qui est l'inverse de la langue haute en couleurs des San-Antonio. On peut préférer l'un à l'autre. Certains pompeux des universités les classeront tous les deux dans la paralittérature, dite aussi « littérature de gare », tant il est vrai que dans les tourniquets à livres que l'on trouvait jadis dans les gares et les librairies-papeteries de quartier, les Maigret côtoyaient les San-Antonio, et pour ma part, c'est avec nostalgie que j'évoque cette heureuse époque.

2.
L'album « The Allman Brothers Band at Filmore East » (1971) est excellent d'un bout à l'autre et contient une pépite : le très jazzy « In Memory of Elizabeth Reed ». Si vous aimez le rock joué par de vrais musiciens, vous trouverez le morceau facilement sur You Tube.

3.
5 janvier 2024. Si le rouble a cessé de dégringoler comme ce fut le cas lors de l'été 2023, avec un change de 99 roubles pour 1 euro (1 rouble = 0,01 euro), la monnaie russe reste très faible. Les risques d'inflation, notamment dans le secteur de l'alimentation, restent élevés.

4.
Je lis sur Twitter qu'Emmanuel Todd évoquerait un « déclin industriel et intellectuel » des Etats-Unis qui, selon lui, serait engagé depuis 1965.. Euh ? Internet, la NASA, les progrès médicaux et pharmaceutiques, ceux de leur technologie militaire (dont nous n'avons probablement qu'une faible idée), la dislocation du bloc soviétique grâce aussi à l'habileté de la politique étrangère de Reagan, Coppola, Spielberg, Scorcese, Richard Brautigan, Joyce Carol Oates, Toni Morrison, Jimi Hendrix, les Doors, Bob Dylan et tant d'autres, je suppose que cela ne prouve pas assez pour monsieur Todd la vivacité et l’excellence de l'industrie et de l'intelligence américaines...

Ce monsieur Todd évoquerait aussi la « facile avancée des forces russes dans le sud de l'Ukraine ». Ah ? « facile » est un adjectif que beaucoup de veuves et d'enfants russes désormais sans père apprécieront. J'ai plutôt l'impression que Poutine sacrifie vraiment beaucoup d'hommes pour des gains qui restent limités. Si la contre-offensive ukrainienne a été contenue, je n'ai pas le sentiment que la conquête de l'Ukraine par l'armée russe soit pour demain.

Je me suis procuré le numéro du « Point » du jeudi 4 janvier 2024 pour y lire l'entretien qu'y a accordé Emmanuel Todd. Il se trouve à la page 46 du magazine. Page 48, le démographe (puisqu'il se définit ainsi) après avoir remarqué que la population russe est « à peine supérieure à celle du Japon » [à 20 millions près quand même] affirme : « Ce pays fait 17 millions de kilomètres carrés ! Comment est-ce que les Russes pourraient avoir envie d'accroître leur territoire ? ».

a) C'est sans doute moins la majorité des Russes que la minorité poutinienne qui le veut.

b) C'est à l'Ouest que se trouve la population blanche et chrétienne. Il se pourrait que Poutine ne goûte que modérément les délires eurasiatiques d'un Douguine. D'autre part, la Russie est sous peuplée (144 millions), et la natalité de la population blanche et chrétienne est en baisse alors que celle des populations musulmanes reste forte. Peut-être que Poutine n'envisage pas non plus une Russie qui, à terme, s'islamiserait et s'orientaliserait, disons, un peu trop.

c) J'ajoute, mais là, j'avoue, je spécule, que je ne serais pas étonné d'apprendre qu'au sein des institutions russes (armée, finance, etc...) se déroule une lutte sourde entre partisans d'une poussée à l'Ouest et fanatiques d'une Russie eurasiatique et surpuissante. Quel est le plus féroce des deux camps ? Je ne sais pas.
Mais, dans les deux cas, l'Occident a tout intérêt à stopper Poutine dans ses prétentions.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 janvier 2024.

24 octobre 2023

DE L'AMBIGUITE DU BIGOUDI

DE L'AMBIGUITE DU BIGOUDI

1.
« J'ai les yeux de l'épervier pour le jour, du hibou pour la nuit... et du bouc pour les rêves... »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [l'aveugle])

Cette phrase est-elle :
- poétique ?
- Oculaire ?
- Anthologique ?
- Zoologique ?
- Aussi ambiguë qu'un bigoudi qui se prendrait pour un accordéon ?

2.
« Vous êtes injuste, baronne, et vous le savez ! Je lui aurais tout appris de ma science, s'il m'en avait laissé le temps !...»
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Germain, serviteur d'Ariane de Troïl])

De quelle science s'agit-il ?
- l'art de réussir la carbonnade flamande ?
- L'art de faire passer ses contemporains de vie à trépas grâce à quelque botte fatale ?
- L'art de savoir dessiner des corps en mouvement, (ici les mouvements que font les escrimeurs en leurs assauts) tels que Germain se fendant et obligeant ainsi Ariane à se pencher en arrière ?
- L'art de savoir frapper autre chose que des ombres ?
- L'art d'illustrer le « Ars longa, vita brevis » qui est notre commune mesure ?

3.
« Et si vous vous trompiez ? Si l'épervier renonçait à montrer son bec ?... »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Louis XIII])

Cette interrogation signifie-t-elle que :
- Le complotisme est l'art de dissimuler un complot bien réel au milieu d'une multitude de complots imaginaires ?
- Que l'on ne peut jamais être sûr de rien, qu'on croit que ça va s'arranger, mais que ça ne s'arrange pas toujours, ou pas vraiment, et que de toute façon, quelque problème réglé cède la place à un autre ?
- Que lorsque les bigoudis se prennent pour des accordéons, ça fait mal à la tête ?

4.
« Mon père disait que la sorcellerie est un mot bien commode pour juger toute chose qu'on ne peut expliquer... »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Louis XIII])

Cette réflexion implique-t-elle :
- que le roi ne sait pas ce qu'est la sorcellerie et qu'il serait bien avisé de lire le remarquable « Les Mots, la Mort, les Sorts », de Jeanne Favret-Saada ?
- Que la sorcellerie n’existe pas et qu'il y a bien des choses en ce monde qu'on ne peut expliquer et que l'on n’expliquera jamais (surtout si entre-temps la troisième guerre mondiale et le réchauffement climatique déciment l'espèce humaine) ?
- Que Mélenchon a, le 22 octobre 2023, par un tweet singulièrement violent et odieux sur la présence de Yaël Braun-Pivet en Israël, dissous la NUPES et détruit la gauche française. C'est peut-être là son but, et cela depuis longtemps.
- Que non, les pasionarias de la LFI ne sont pas des sorcières mais des représentantes du peuple français à l'Assemblée nationale et qu'elles perdront sans doute leur mandat aux prochaines législatives ?
- Que je voudrais bien revivre le jour où j'ai découvert « Les Fleurs du mal », de Baudelaire, il y a si longtemps, seigneur, si longtemps...

5.
« Je crois que vous avez déjà trop bu, baronne ! Vous allez finir par vous rendre malade ! »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Germain à Ariane])

Ce constat signifie-t-il
- que l'alcool est dangereux pour la santé ?
- Qu'Ariane de Troïl est alcoolique, ou désespérée, ou désemparée, ou ennuyée ?
- Que du coup qu'elle a trop bu, demain elle va avoir la gueule de bois et ne pourra aller affronter son destin (le redoutable chevalier Condor) ?
- Que, même si elle a trop bu, demain, Ariane de Troïl ira affronter son destin (le redoutable chevalier Condor) et que l'album va se finir dans une grande mélancolie ?
- Qu'il n'y a pas d'amour heureux ?

6.
« Dieu n'a rien à voir dans nos affaires, Germain. »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Ariane])

Cette phrase signifie-t-il que ;
- Dieu n'a rien à voir avec les aléas humains, qu'il est juste le nom que l'on donne au principe de la matière dans laquelle nous nous agitons ?
- Pourquoi voulez-vous que Dieu s'occupe des heurs et malheurs des humains ? N'a-t-il pas autre chose à ne pas penser ?
- Que la baronne Ariane de Troïl est une libertine, une libre-penseuse ? Une anarchiste ?
- Qu'elle est bien jolie, Ariane de Troïl, que si vous ne me croyez pas, zavez qu'à lire la série « Les Sept Vies de l'épervier » de Cothias et Juillard ?
- Qu'il vaut mieux se fier à sa tête qu'à Dieu ?

7.
« … mais le Diable est prisonnier de sa réputation !... »
(Patrick Cothias, André Juillard, « La Marque du Condor » [Le bateleur énigmatique])

Cette remarque qui clôt le tome VII de la série « Les Sept Vies de l'épervier », scénarisée par Patrick Cothias et dessinée par André Juillard signifie-t-elle que :
- Léonard dit Langue-Agile est le Diable ?
- Que le Diable tire les ficelles qui nous agitent ?
- Que le Diable lui-même ne peut faire que ce que l'on attend de lui et qu'en conséquence, le Diable, comme nous tous, n'agit qu'en fonction de l’œil ?
- Que la réputation du Diable n'est plus à faire même s'il prétend, comme le dit « Sympathy for the Devil », la chanson des Stones :
- « Please allow me to introduce myself
I'm a man of wealth and taste » ;
on n'est pas obligé de le croire.
- Quand on parle du loup, on en voit la queue ?
- Qu'elle est bien jolie, Marthe Keller, dans le rôle de la baronne Amélie de Coustines, dans le film « Le Diable par la queue », de Philippe de Broca (1969).

Patrice Houzeau
Malo, le 24 octobre 2023.

30 avril 2023

JE DIS CE QUE JE PENSE N'EN DEPLAISE

JE DIS CE QUE JE PENSE N’EN DEPLAISE

 1.
« Puis elle tourna vers moi son visage rouge de honte et dit : « Je n'avais jamais fait une chose pareille. Je n'aurais jamais cru que je pouvais faire une chose pareille. J'aurais mieux aimé mourir. »
(Vera Caspari traduit par Jacques Papy, « Laura », [le narrateur]).

2.
Le réel est notre honte. Les dieux inventés alimentent cette honte, l'épongent aussi. Flaques de sang, marées noires, boucheries sans nom, peuples sous condition, ignorance crasse, bêtise politique et horreurs économiques. Nous, nous scrupulons sottement pour un dessin, pour une soi-disant offense, pour un concert de casseroles.

3.
La philosophie et le roman policier sont les deux genres que je préfère avec la poésie (j'inclus dans ce dernier genre le texte de théâtre. Pourquoi ? Parce que.) Philosophie et roman policier ont en commun le sujet en prise avec le réel dans ce qu'il a de plus aigu : la nécessité morale. Les fantômes qu'agite la langue y tiennent le rôle principal.

4.
Poutine en plongeant la Russie dans sa sale guerre en Ukraine est en passe de ruiner l'économie de son pays. Pas besoin d'être sur-diplômé pour comprendre cette évidence. La Russie ne peut pas gagner contre l'Occident alors que ses troupes peinent à sortir du bourbier sanglant du Donbass.

5.
Que ChatGTP ne produise en fin de compte que des analyses attendues m'incline à penser que Wittgenstein avait, en fin de compte, raison. Le réel est affaire de logique grammaticale. Les machine ne rendent pas l'humain moins stupide.

6.
Paraît qu'un député de la Douma a proposé l'abandon de l'apprentissage de l'anglais dans les écoles de la Sainte Russie poutinienne. Russes, renoncez aussi à l'apprentissage du français et bientôt, le niveau scolaire russe sera inférieur à celui de bien des pays du tiers-monde.

7.
Poutine ne peut gagner contre ses officiers. Je tends de plus en plus à penser que bon nombre d'officiers russes sont contre cette sale guerre en Ukraine. Du reste, il se pourrait que la très puissante Chine finisse par remettre Poutine à sa place.

8.
Derrière toute démocratie, il y a un cheval. Et sur ce cheval, un Bonaparte. C'est sans doute pour cela que nous, Français, aimons tant Napoléon. Parce qu'il fut Bonaparte et défendit la République. Le tout est d'empêcher qu'il se fasse empereur.

9.
Poutine ne gagnera pas sa sale guerre en Ukraine parce que ses officiers ne veulent pas qu'il gagne. C'est aussi simple que ça, bande d'abrutis.

10.
Etant né pas bien riche et étant resté pas bien riche, je vous regarde, Macron, Poutine, Mélenchon, Marine comme autant d'étrangers à ma cause. De vous, je me fous. Et les casseroles aussi. Ni dieu, ni maître.

11.
Ni Marine Le Pen, ni Mélenchon ne veulent du pouvoir. Je pense (suis-je le seul?) que FN et LFI ont été créés pour canaliser les extrêmes. Du pipeau tout ça. L'OTAN serait à la manœuvre que ça m’étonnerait pas. 

12.
Je le dis comme je le pense : ce qui se passe à Mayotte est la preuve que la décolonisation fut une ânerie. Les Comores indépendantes ne savent plus quoi faire de leurs gens. Il en est de même dans le Maghreb et en Afrique subsaharienne, et merde aux bonnes âmes.

13.
Que je comprenne que certains Français de bonne foi aient épousé la cause de l’OAS et la France n’est pas seule responsable de la succession des rois « nègres » qui saignent à blanc leurs pays m'empêche-t-il d'écouter « Les Anarchistes » de Léo Ferré. Non. Pourquoi ? Interrogez-vous, gens des luttes corrompues. C’est le genre de tweet qui m’attire les foudres des zozos de l’extrême-gauche. Je m’en tape, signe et persiste. Et cela ne m’empêche pas de détester l’extrême-droite (Marine Le Pen, Zemmour, Poutine, René Chiche and Co(nneries).

14.
Il suffirait que le président Macron prenne le bus et entende le désarroi des gens et il comprendrait que bien des Français sont plus malheureux que revendicatifs.

15.
Je ne crois pas au complot du « Grand remplacement » ; mais quand j'entends dire sur une radio du service public que dans certaines régions, dans l'hôtellerie-restauration, un cuisinier sur deux est un migrant, évidemment, français basique que je suis, je me pose des questions.

16.
C'est de bon ton, chez les bonnes âmes, de fustiger le malthusianisme. N'empêche qu'à 8 milliards d'humains, c'est déjà le bordel sanglant. Vous imaginez à 10 milliards, d'ici 2050 ?

Putain de bordel ! Je me fâche ! Le fait que le nombre de pauvres soit en pourcentage plus faible qu'en 1800 n'induit pas qu'en 2023 le nombre de pauvres en valeur absolue ne soit pas plus élevé qu'en 1800. Malthus avait raison.

17.
Ma France à moi, celle de Brassens, celle de Brel, de de Gaulle et de Pompidou, celle de mes parents et des trente glorieuses, vous savez quoi, elle est belle mais c'est surtout dans ma caboche. Et quand bien même elle ne serait qu'un rêve, je vois pas bien ce qu'un Zemmour vient y faire.

18.
Le père de mon père fut tué par les Allemands. N'attendez de moi nulle complaisance envers les collabos pro-Poutine, les pro-Zemmour, les pro-LePen, les pétainistes. Je reste gaulliste, et même si nous n'avons plus de parti.

19 .
Plus à droite qu'un français de gauche, t'as pas mon pote. La France compte des millions de réfractaires à tout. Ce n'est pas pour rien que nous sommes le pays de Jeanne d'Arc, de Descartes, de Molière, de Bonaparte et de de Gaulle. Insoumis par notre langue, ce clair couteau.

20.
Je dis ce que je pense. N'en déplaise.

Je ferais l'apologie du terrorisme, moi ? Alors que je ne cesse de dénoncer l'épouvante de la sale guerre de Poutine en Ukraine et que, professionnellement, j'ai affaire à des gamins qui ont fui des pays en proie aux horreurs des conflits post-coloniaux.

Il m'arrive d'user du sigle OAS. Provocation ? Sans doute. Je sais que l'OAS a déconné sec et tué des innocents (je suis gaulliste, je ne vais pas dire le contraire), mais le sort des harkis, des pieds-noirs, de bien des Algériens, je ne peux le taire.

On m'accuse de racisme. Bah, si je ne crois pas qu'il y ait une race supérieure (quelle blague!), je pense, en effet, que civilisation occidentale et démocraties libérales sont jusqu'ici sans égales.

Même avec la sensibilité anar que j'ai (je ne vote pas et mon mépris de la hiérarchie est connu), personne ne me fera cracher sur les noms de Hélie de Saint Marc et du général Salan.

Ni sur La Tour d'Auvergne, ni sur le Mazarin français. Je sais ce que je dois à mon pays qui, n'en déplaise, s'appelle France.

Et oui, on peut apprécier « La Crabe-Tambour », « L'Honneur d'un Capitaine », « Diên Biên Phu » de Pierre Schoendoerffer et « Avoir vingt ans dans les Aurès » de René Vautier. Etre de droite n'empêche ni d'avoir un cerveau ni d'avoir un cœur, et merde aux bonnes âmes.

21.
Dictateurs, Poutine, voulez-vous tuer la liberté de penser ? Alors, interdisez l'étude et l'usage du français. Cette langue, ma langue, est celle de la raison et de l'esprit critique (nous la tenons des latins et des grecs qui inventèrent le droit et la philosophie).

22.
Les gens, défois, ils puent la mort, la mort des autres.

23.
A cette heure de la nuit, ô combien je crache sur les fils et filles de gens aisés qui ne doivent leur bonne fortune qu'à l'argent mis de côté. Suisse sans souci, ne te plains pas de ton pays, tu ne sais pas ce que c'est que d'être pauvre.

24.
Parce que j'évoque l’OAS et « rois nègres », on me traite de raciste ? Regardez-vous, zélés censeurs, regardez ce que vous avez fait de vos indépendances: misère, corruption, massacres. Et maintenant, nous, Occident, accueillons vos enfants perdus. Honte à vous.

25.
Poutine n'est-il plus qu'un mort qui marche ou va-t-il rendre à la Russie son empire perdu? La seconde hypothèse me semble très compromise.

Patrice Houzeau
Malo, le 30 avril 2023.

 

 

 

 

16 mars 2023

L'HOMME D'ETAT LE 49.3 ET LE SOUTIEN A L'UKRAINE

L'HOMME D'ETAT LE 49.3 ET LE SOUTIEN A L'UKRAINE

1.
L'homme d’État a pris une décision essentielle.

Cela peut s'écrire aussi : cet homme, en vertu de la raison d'Etat, a pris une décision essentielle.

Ce qui signifie que les observateurs, les historiens, les collectionneurs de figurines de vaches, de veaux, de cochons et de grenouilles discutent de savoir si la décision que l'homme, en vertu de la raison d’État, a prise, est essentielle ou pas.

Ce qui signifie que la décision pourrait ne pas être aussi essentielle qu'elle en a l'air.

Si l'homme d’État a décidé de soutenir l'Ukraine contre Poutine et sa sale guerre, mais ne procure pas à l'Ukraine les moyens de vaincre l'armée russe, alors la décision n'est en rien essentielle, et n'est que de politique intérieure.

Si l'homme d’État, au contraire, décide d'aider l'Ukraine contre Poutine et sa sale guerre en lui procurant assez d'armes pour vaincre l'armée russe, alors la décision est réellement essentielle car l'homme d’État engage ainsi son pays dans une lutte qui concerne l'avenir des démocraties occidentales.

Si l'homme d’État fait semblant et promet beaucoup à l'Ukraine et ne procure que fort peu, alors l'homme d’État est un menteur, un hypocrite, un complice en douce de Poutine et de sa sale guerre.

Vous me direz : où est la volonté du peuple dans tout ça ?

Ce qui pose le problème des positions réelles de l'intérêt général et de la volonté populaire.

Ce qui pose le problème de la continuité démocratique, du rôle du parlement et du référendum.

Mais si le président de la République n'est plus le chef des armées, qui le serait ? Je vois mal le sort des armes de la France disputé à la Chambre et soumis à des utilitarismes plus ou moins honteux.

Vous me direz : mais comment s'assurer que l'homme d’État et sa décision essentielle est bien exempt de tout utilitarisme ?

Réponse : C'est une affaire d'intime conviction. C'est bien pour cela qu'il existe une éthique qui ne peut jamais se confondre tout à fait avec une raison d’État tout autant politique que morale.

Vous me direz : mais en quoi la sale guerre de Poutine en Ukraine concerne-t-elle l'avenir des démocraties occidentales ?

Réponse : Parce que, de même que nous ne pouvons pas laisser le champ tout à fait libre aux corruptions africaines, au risque d'assister à d'autres tentatives génocidaires, nous ne pouvons pas laisser Poutine et ses sbires s'imaginer qu'ils pourraient avoir quelque jour l'avenir de l'Europe entre leurs mains.

2. 
Donc, 49.3 pour la réforme des retraites. Concrètement, cela signifie que la technocratie décide à la place des Français et à la place des représentants de la nation. Et que ceux qui trouvent logique que des gens continuent tant et plus à aligner les années et se ruiner la santé à l'usine ou dans les si mal pourvus hôpitaux publics, sans parler des lycées difficiles (euphémisme) ne me parlent pas de « déni des réalités ». Ce sont eux qui sont dans le déni. La retraite par répartition est aussi une affaire de solidarité. La Macronie se félicite qu'il y ait de plus en plus de riches en France. Il y a aussi de plus en plus de pauvres. Avant que ça explose façon extrême-droite au pouvoir, il faudrait penser un peu plus à la répartition, justement, et moins à servir la soupe aux requins à venir de la retraite par capitalisation.

Accessoirement, ce passage en force de la réforme des retraites est une illustration supplémentaire de la tendance autoritaire du président Macron. Mais ça, depuis le désastreux confinement de mars 2020, nous le savions déjà.

3.
16 mars 2023. Il semble que les menaces de krach boursier du 15 mars 2023 s'éloignent après que la banque centrale suisse a décidé d'accorder un prêt de 50 milliards de francs suisses (mazette!) pour éviter une éventuelle défaillance du Crédit Suisse : Cac 40 et Dow Jones ont fini en hausse (+ 2,03% et 1,17%), le cours de BNP Paribas remonte la pente tandis qu'à la Bourse de Moscou, les indices continuent de chuter et l'euro vaut maintenant plus de 82 roubles (indices de la détérioration de l'économie russe). Quel rapport me direz-vous ? Eh bien, je vois dans le sauvetage du Crédit Suisse et la remontée des cours une preuve de la solidité du libéralisme occidental, et dans l'effritement de l'économie russe la preuve qu'aucune mafia ne peut réellement diriger un pays.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 mars 2023.

9 février 2023

FAUTE DE MUSIQUE J'ECRIS DES SOTTISES

FAUTE DE MUSIQUE J'ECRIS DES SOTTISES

1.
Entendu il y a quelques temps une archive de France Culture dans laquelle Jacques Vallée, parlant des cas les plus ahurissants de rencontres du 3ème type, énonçait l'hypothèse que ces témoins étaient victimes d'hallucinations. Il précisait que dans bien des cas, si ces personnes n'étaient ni folles, ni sous influence de stupéfiants, ni en proie à un délire alcoolique, ou à une crise de folie passagère au moment de leurs étranges observations, la question devenait alors : quelle force serait assez puissante pour produire des hallucinations aussi étonnantes que celle des « babas Michelin » ou celles qui alimentent les récits d'abductions ? Il me semble qu'il a évoqué la piste de perturbations du champ magnétique, mais je ne sais pas si cela a réellement un sens.

2.
Si je n'étais pas fumeur, je pense qu'étant donnée ma sensibilité à certains parfums et odeurs, je vivrais dans un autre monde, tombant amoureux plusieurs fois par jour, et fréquentant assidûment marchés et rues passantes.

Je pense assez que cette sensibilité aux atmosphères parfumées est du même ordre que l'enthousiasme naïf, hélas quelque peu estompé, éprouvé lors de ma découverte adolescente des « Fleurs du Mal », de l'Iliade, des chansons de Charlebois et du premier album des Rolling Stones.

3.
En français, on peut évoquer des « cœurs volants ». Ça ne signifie pas que leurs ailes soient faites de plumes et qu'ils gazouillent en arrivant sur vous, belle Aricie. Il serait bête en effet que des chasseurs jaloux abattent de leurs pan-pans funèbres ces cœurs amoureux.

Citation :
« C'est le premier effet de la mort de Thésée.
Préparez-vous, Madame, à voir de tous côtés
Voler vers vous les cœurs par Thésée écartés.»
(Racine, « Phèdre », II, 1 [Ismène à Aricie]).

4.
En français, on peut « craindre qu'un songe » nous « abuse ». Ça, c'est quand on croit qu'on rêve, mais qu'en fait, on songe dans le réel contondant. Donc, comme l'a souligné Lacan, dit-on, on se cogne, et ça fait mal comme dans le réel, parce que c'est bien le réel qu'on songe.

Citation :
« De tout ce que j'entends étonnée et confuse
Je crains presque, je crains qu'un songe ne m'abuse. »
(Racine, « Phèdre »,II, 2 [Aricie à Hippolyte])

5.
En français, Neptune peut vous « donner sa parole ». A condition d'y croire, la parole de Neptune vaut son pesant de mythes. En outre, s'il donne sa parole « par le fleuve aux dieux mêmes terrible » (comprenez le Styx, le fleuve qui mène aux Enfers), c'est qu'elle est irrévocable. Les dieux grecs ne sont pas des comiques. Même si certains d'entre eux se livrent à toutes sortes de galipettes à métamorphoses, quand ils grondent et froncent le sourcil, vous pouvez vous attendre à bien des soucis.

Citation :
« Misérable, tu cours à ta perte infaillible.
Neptune par le fleuve aux dieux mêmes terrible
M'a donné sa parole, et va l’exécuter. »
(Racine, « Phèdre », IV, 3 [Thésée évoquant le sort d'Hippolyte])

Notons que c'est certainement en grec que Neptune donna sa parole à Thésée. Je ne pense pas qu'il l'ait donnée en alexandrins du dix-septième siècle français. Le grec Thésée ne l'aurait pas comprise.

6.
Je pense que la musique est si parfaite (je parle de la musique des compositeurs et des géants du jazz, pas celle des machines à yaourt) qu'elle se moque de nous, qu'elle nous snobe. Entendez comme je garde bien le rythme, comme je danse et cadence et file l'harmonie, semble-t-elle nous chanter, tandis que vous gesticulez fantoche, pantins du réel, dupes à signifiances, bêtes à bouche bée.

7.
En français, on peut dire que les gens vont travailler jusqu'à 64 ans (et plus par la suite, je le pressens) et que tous les jeunes Français vont faire leur SNU. On peut le dire, mais le faire, vous verrez que ce sera nettement moins facile.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 février 2023.

10 décembre 2022

STUPEFACTION DE LA FASCINANTE

STUPEFACTION DE LA FASCINANTE

Notes sur « L'Astragale de Cassiopée », une aventure de la série « Isabelle », dessins de Will, scénario de Franquin, Delporte et Macherot. Publiée en épisodes dans l'hebdomadaire « Spirou » en 1976, puis en album en 1979 par les éditions Dupuis.

1.

L'une s'appelle Calendula et l'autre aussi. Isabelle et sa tante Ursule cueillent des framboises. Je n'ai pas passé une très bonne journée ; c'est de ma faute. 9 décembre 2022 : on évoque quelque neige la semaine prochaine.

2.

Les diamants brûlant « d'un feu intérieur » reviennent parfois à leur propriétaire, celui-ci eût-il les pieds fourchus. Dans les bandes dessinées, les tartes que l'on met à refroidir sur les rebords des fenêtres ont tendance à disparaître.

3.

Quand on parle de Calendula, il arrive souvent qu'on évoque l'autre. L'autre étant « d'humeur bouillonnante », dit le cartouche, brise les tankers, noue les tentacules, fait des subaquatiques armés des modèles réduits.

4.

Là « où l'on ne peut arriver qu'après un interminable voyage, quel que soit le point d'où l'on est parti... ». Un air de surréalisme sous-marin.
5.

Calendula réveille le serpent poilu tout noir. Le maléfique nous espionne. On dirait une pièce de vêtement genre « boa ». Il nous espionne tout de même.

6.

Oncle Hermès rend visite à un « grand chef » aussi incognito que son nom est à jeu de mot. Pour l'ambiance, un bandonéon.

Alors qu'ils buvaient un verre de rhum, le rhumatisant se dérhumatisa, mais ce n'est pas le rhum, non ce n'est pas le rhum (chauffe, Marcel !) qui dérhumatisa le rhumatisant mais c'est la magie, askip, la magie d'Hermès qui dérhumatise les rhumatisants.

Comment le chef « Eétanapu » changea de nom. Comme un air de boutique étrange dans une nouvelle de Jean Ray.

7.

Petite boule verte de rage pile pile pile en assenant Nan Nan Nan. Une odeur de danger.

8.

On débusque un chuintufle : je ne vous dis pas ce que c'est, vous n'avez qu'à lire l'album. Défois le réel colle aux poils du maléfice ; l'invisible ne peut se passer de nous.

9.

Retour du chuintufle poisseux et dansant au bercail sous-marin et très étrange. Conjectures sur « l'Astragale » (laquelle est un os, ou une plante) de Cassiopée (laquelle est une reine mythologique qui tourne, tourne, tourne dans l'espace et tête en bas).

10.

M'a tout l'air d'une perle géante, le « Globe de nacre », oui et même très géante. De l'utilité des globes terrestres dans les arts magiques.

Calendula utilise Google Maps. Qui sème ses perles se prépare de drôles de tours (du coup).

11.

Quand les grilles des parcs se ferment, parfois s'éveillent les statues. Pourquoi je pense aux films de Cocteau, moi ? Est-ce après le crépuscule que l'on cherche Hermès ?

12.

Il y a des formules, lorsqu'elles sont prononcées en caractères gras dans les phylactères de certains albums, ça remue les sculptures, mais attention, ce n'est que dans certains albums. Je ne me souviens d'ailleurs pas d'avoir jamais vu Placid (ou Muzo) déclamer en pseudo-latin une formule d'agitation des pierres.

13.

Je ne savions point qu'il existât une filiation entre Hermès et la petite Isabelle. Il est vrai que cela fait longtemps que je n'ai pas ouvert cet étrange imagier. Tout le monde descend...

14.

Quand planent les squelettes. Crapaud, rose échassier, « arbre mort », incantation (sinon, on ne voit pas bien pourquoi Calendula aurait ramené en ce lieu désolé l'horreur de son être profond, puisque des crêpes, elle peut aussi bien en faire chez elle).

Glouglou, un grand AAAAAAAAAAA dans la case. (heureusement que c'est de la bande dessinée, sinon, les voisins pourraient râler). La maléfice toute nue. Pourquoi je pense à La Manikoutai (« Etait-ce femme ou bien rivière ? » a écrit Gille Vigneault) ?

15.

L'origine du brouillard se tient-elle dans des forges souterraines ? Le diamant aime les jeux de mots et d'ailleurs, il se « taille » (si, si, c'est dans l'album, vous pouvez vérifier !).

16.

Où l'on apprend ce qu'est au juste « L'Astragale de Cassiopée », mais je ne vous le dirai pas, na. Quant au diamant, il a bien de l'esprit, qui fait rire Isabelle et amuse le lecteur.

17.

Femme fatale émerge du bassin. « Prends garde à toi, Hermès ! » dit-elle comme dans un opéra. Elle est si belle qu'on dirait qu'elle n’existe pas.

Qui va la chasse aux cœurs émus perd sa place. Et d'un bond, la belle se fit statue. John compte les étoiles ; Emma allume la lumière. « Madre de dios ! » firent les bandidos stupidos en déguerpissant véloces avec tous leurs osses courts comme longs.

Hermès subit un coup de foudre pour Calendula alors qu'il est amoureux de Calendula. Voilà Hermès fasciné pour celle dont dont le nom rappelle l'espagnol « calentura » et qui désigne une fièvre tropicale.

Hermès frappadingo in love cite les paroles d'une chanson d'Edith Piaf. Calendula triomphe et rit de se voir si belle en cet Hermès.

Fuite, fugue, fugace fissa sous les flots. Comment annoncer à Calendula que son fiancé est parti avec Calendula ?

18.

Calendula a les cheveux verts comme dans un poème d'Apollinaire, et c'est une fée aussi, comme dans un poème d'Apollinaire, mais elle n'est pas sept et ses cheveux ne tombent pas jusqu'à ses pieds. Elle fait sortir des êtres en grec d'une bouteille.

Le nuage flottant est un moyen de transport bio-dégradable. Il faut plonger, Isabelle. Il suffit de prendre les rênes d'un poisson.

De l'amusante frousse qu'elle ressent, la frimousse rousse Isabelle. Publication des bans (de poissons).

Une sirène (et sa petite) dans les filets. Juste une péripétie calendulaire et tout rentre dans l'ordre : gros bateau est devenu petit ; Calendula et Isabelle reprennent leur chemin sous-marin.

19.

A coup de sabot, le réveil d'Hermès. Si fière de se voir si belle en ce miroir, Calendula oublie que la coquetterie est parfois mauvaise conseillère.

Bataille pour l'Astragale. L'ahurissement d'Hermès se fait à coups de chuintufle.

20.

Zont des pipes et de blancs suaires, v'là la caraque, v'là la caraque qui passe, zont des pipes et de blancs suaires, v'la la caraque et son « hollandais volant ».

Drapé orange d'une robe sur le bleu des fonds marins. Sirènes et requins. Crêtes et tridents. Dans les profondeurs aussi rodent les hell's angels.

Faut pas croire, c'est pas parce qu'on fait dans le maléfice qu'on n'a pas de religion. La raie des dieux passe sur les créatures comme une ombre immense qui rappelle la puissance des ténèbres.

Et nous aurons un immense squelette pour basilique. Noces spectrales. Calamar au clavier. Emma et John n'ont pas été invités. John va à la chasse au vilain ; Emma détache une main. Alors la grosse boîte en métal androïde alla chez le cybernéticien s'en faire remettre une dans sa tronche en conserve par un autre grotesque en fer blanc.

L'esprit aussi vif que l'éclat du diamant rompt ces noces poissonneuses. Du reste, l'esprit va de plus en plus loin dans le jeu de mots incongru, intrus du coup, qu'il tente quand même mais c'est pas beau.

Au centre de la planche, en longue robe noire (curieux pour un mariage) et astragale de Cassiopée, Calendula triomphe sur Calendula (elle a un beau chapeau) tandis qu'Hermès dit des bêtises.

Vole, diamant, vole. Décalendulé de l'adulée Calendula, Hermès ses esprits retrouva. L'autre Calendula, Isabelle, Hermès s'enfuient. Calendula exige leurs entrailles.

21.

L’œil du requin, un point noir dans un oblongue jaune, a la force d'un symbole. La fascinante est stupéfaite. Il s'en passe des choses dans une heure de temps. Revoilà celui des tartes. Franquin et Delporte discutent dans un coin de case. Le groupe en bronze (attelage de monstres marins mené par Calendula en furie) continue d'attirer mon œil, puisque j'ai encore l’œil, la tête pour le porter et, dessous ma tête, quelque carcasse.

Patrice Houzeau

Malo, le 8 décembre 2022.

25 octobre 2022

L'HUMANITE PROGRESSE MAIS AVEC UN ENTONNOIR SUR LA TÊTE

L'HUMANITE PROGRESSE MAIS AVEC UN ENTONNOIR SUR LA TÊTE

1.

« Il y avait seulement ceux qui disaient que c'était vrai et ceux qui disaient que ça n'était pas vrai. »

(Jean Giono, « Un Roi sans divertissement »)

Vérité et non vérité. Chacun y cherche son chat, lequel s'en moque effrontément, félinement, fantastiquement.

Il y a quelques années, la langue, le français, employa l'adjectif « fantastique », de manière hyperbolique, pour signifier l'étonnement dans des structures de type « c'est fantastique, comme tu as du mal à... ». Mon père disait parfois : « C'est quand même formidable, comme... »

2.
«  - Mien, tien. - « Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants ; c'est là ma place au soleil. » Voilà le commencement et l'image de l'usurpation de toute la terre. »

(Pascal, « La Justice et la raison des effets »)

Le « commencement et l'image ». L’événement implique sa représentation. Seul Dieu y échappe. Toute représentation du Créateur étant vaine et mensongère par définition.

3.

« - Je ne veux pas m'en aller, dit le chat, je n'ai pas encore bu mon café. »

(Boulgakov, « Le Maître et Marguerite »)

- Je ne veux pas m'en aller, dit Zut, je n'ai pas encore retrouvé mon ombre.

4.

« - Eh bien !, accordez-moi que c'est une triste chose, lorsque l'amour au lieu de faire la félicité de la vie, en devient la calamité... C'est sans doute ainsi que Dieu nous aime ! »

(André Gide, « Les Faux-monnayeurs » [La Pérouse])

Qui sait de quoi est fait l'amour que Dieu est censé nous prodiguer ? Du reste, pourquoi Dieu serait-il aimant envers ses créatures ? Ne lui suffit-il pas de se consterner au spectacle de notre incommensurable bêtise ?

5.

Parmi les livres que je garderai pour m'accompagner le reste de mes jours, et de mes nuits, je compte « Les Faux-monnayeurs » de Gide et « Un Roi sans divertissement » de Giono. Ces deux textes me fascinent par leur construction et leur lucidité.

Il m'arrive de consulter des recueils de citations. J'aime assez ces collections de fusées, d'éclairs, de flèches de la raison et du style contre la bêtise et la vulgarité. Que ces citations soient commentées ne me gêne pas, au contraire. Pédanterie ? Perhaps.

6.

« Pour obtenir cet effet, suivez-moi, j'invente un personnage de romancier, que je pose en figure centrale ; et le sujet du livre, si vous voulez, c'est précisément la lutte entre ce qui lui offre la réalité et ce que, lui, prétend en faire. »

(André Gide, « Les Faux-monnayeurs » [Édouard])

Le vrai sujet de la littérature : l'énigme de la représentation. Du réel et son double, lequel ne peut être qu'un trompe-l’œil cependant qu'il structure notre regard.

7.
« Quand nous disons donc que les sens nous représentent les objets tels qu'ils nous apparaissent, mais l'entendement tels qu'ils sont, cette dernière manière de s’exprimer est à prendre dans une signification non pas transcendantale, mais simplement empirique »

(Kant traduit par Alain Renaut, « Critique de la raison pure »)

Y a gourance sur l'en-soi, le radicalement inconnu, sans doute inaccessible, quoique les équations pourraient bien en faire tomber quelques masques. Maintenant, ce qu'il y a derrière ce « en », du diable si j'en sais quelque chose !

8.

L'une des œuvres que j'aurai le plus entendue est « Atom Heart Mother » de Pink Floyd. J'en écoute, pour l'heure et sur You Tube, une version enregistrée par les « Pink Tones » en 2014 dans l'amphithéâtre romain de Segobriga (avec un accent sur le o, c'est en Espagne).

9.

« - Et qu'est-ce que tu vas foutre d'un labyrinthe ?

  • Eh bien, qu'est-ce qu'on fait d'un labyrinthe d'habitude ?, me dit-il.

  • Je ne sais pas, lui dis-je, j'ai pas l'habitude de ces trucs-là. Moi je n'en fais rien en tout cas.

  • Eh bien, moi je m'en sers pour me promener, dit-il. »

(Giono, « Un Roi sans divertissement » [Le narrateur et Langlois])

Il y a les amateurs de labyrinthes, qui affirment, avec un brin de forfanterie, que ce sont là leurs promenoirs, et il y a ceux qui ne savent pas quoi en faire. Et bien sûr, ce sont les amateurs de labyrinthes qui approfondissent le réel.

10.

« Tant de formes de la folie y abondent et chaque journée en fait naître tant de nouvelles, que mille Démocrite ne suffiraient pas à s'en moquer, et il y aurait toujours à faire appel à un Démocrite de plus. »

(Erasme traduit par Pierre de Nolhac, « Eloge de la folie »)

La bêtise des uns inspire le talent des autres. La folie inspire la raison, et l'humanité progresse, avec un entonnoir sur la tête.

Patrice Houzeau

Malo, le 25 octobre 2022.

26 août 2022

MIRAGE CIRAGE CONTONDANCE

MIRAGE CIRAGE CONTONDANCE

 

1.

25/08/2022. Une info « 20 Minutes » : « Lot : Il retrouve une vache en train de barboter dans sa piscine. »

Depuis, Zut s'attend à ce qu'un voisin quelconque vienne lui demander koikesse, défois qu'un de ses rhinocéros aurait pris sa piscine pour un abreuvoir géant.

2.

« Toi qui sur le néant en sait plus que les morts »

(Mallarmé, « Angoisse »)

 

Toi, toi c'est toi car toi ce n'est pas moi, donc toi, toi

Qui fais quoi ? Qu'est-ce que je sais, moi...

Sur le métier remets-tu ton ouvrage cent fois ?

Le vers de Mallarmé que je lis, je lui préfère le ouah-ouah à

Néant (Néant c'est mon chien, il n'a l'air de rien)

En l'occurrence, que peut-on savoir sur le néant ? Que

Sais-tu, toi qui n'as jamais rien fait de bon de tes dix doigts, que sais-tu de

Plus sur le néant que moi ?

Que tu ne sois pas grand chose, vaurien, je le sais bien, et

Les macchabées, que savent-ils, hein, les

Morts, ça sait plus rien, sinon i s'raient pas morts, c'est vrai quoi.

3.

« Il s'agissait de créer un mirage terrible. »

(Villiers de L'Isle-Adam, « Véra »)

Le réel ne serait-y pas défois tissé de mirages ? C'est tout l'art du politique. Et derrière le mirage, crack boum, l'application législative, bien contondante. Passerait-on notre temps à créer du mirage dans l'mirage, histoire d'être bien dans le cirage, pis d'se cogner à chaque coin d'truc ?

4.

26/08/2022. En France, paraît que le prix de la viande a augmenté de 24,5 % sur un an, on dit sur France Info. Y en a qui s'inquiètent déjà des prix du foie gras du Nouvel An. Moi, j'm'en tape. Peu de chances que j'aille fêter la nouvelle année avec quiconque. J'aime pas ça.

5.

26/08/2022 : Inquiétudes à propos de la centrale de Zaporijia, que le jeudi 25 août, y aurait eu un incendie à proximité du site qui aurait endommagé les lignes transportant l'électricité. Ça sent la déconne à pleins tubes, s't'afffaire. Le grand Bluff d'la mort atomique, dis.

6.

J'entends sur France Info un écrivain qui a eu le Goncourt, chaipasquand et d'ailleurs chaipaqui, qui dit que « fatalement, vous vous empâtez ». Le ton de sa voix m'agace. J'ai tort. Et le tort tue tel est prix de la viande en hausse de 24,5% en France cette année.

7.

« Et ma tante est drôlement mieux que vot' pomme », elle dit la Zazie de Queneau. L'écrivain qui a eu le Gongourt, i dit qu'il pourrait apprendre un instrument de musique. Après, sur France Info, ils parlent de la crise des vocations dans l'enseignement.

 

8.

Ce sera pour la rentrée scolaire 2023, les sous en plus dans le salaire des enseignants i dit Pap NDiaye. Encore un truc qui va coûter bonbon à la France. Mais bon, quand i faut i faut comme i dit l'fossoyeur avec sa pelle. Ce 26 août 2022, va-ton savoir si Iquioussen va être ou non expulsé ? Au nom de mon droit à l'indifférence, quelle que soit la décision du Conseil d'Etat, je m'en tamponne.

9.

L'aut' scribe couronné du Goncourt (vite si tu veux gagner la course), j'ai halluciné d'la feuille, ou il a bien dit qu'il pourrait aller élever des moutons ? « - Tout ça c'est du cinéma, qu'elle dit », la Zazie de Queneau.

10.

Mais oui, bien sûr, tout le monde a envie que son fils ou sa fille soit obligatoirement inscrit dans un collège où un coup, c'est une affaire de racket, ou alors de harcèlement, ou d'attouchements entre sales gosses, ou d'la bagarre qui tourne mal...

Après, il y a l'alternative de l'enseignement privé sous contrat. Y en a qui disent que dans certaines villes, c'est quasi la seule solution. Après, c'est pas qu'on soit pour le darwinisme social, mais faut être réaliste, hein, la vie est violente.

11.

26/08/2022. « En plus du problème du nucléaire français, on a le problème du gaz russe » dit un expert sur France Info, dénonçant le « mythe de la sobriété énergétique heureuse », qui selon lui, nuit beaucoup en ralentissant les investissements. Va-t-on s'les cailler, s't'hiver ?

12.

26/08/2022. Nucléaire. Ai-je bien compris où ils ont bien dit sur France Info que 32 des 56 réacteurs du râlant pays qui est le mien seraient à l'arrêt ? Y aura-t-il cet hiver de la « destruction de la demande », comme i dit l’expert, par la coupure et le délestage ?

A force de jamais rien anticiper, nos politiques passent vraiment pour des gens dont je me dis que j'ai bien raison de pas avoir voté pour eux, ni d'ailleurs pour les autres, qui seraient sans doute encore pires.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 26 août 2022.

 

 

23 août 2022

LE DROIT DE LA GUERRE EST-IL SOLUBLE DANS LES NECESSITES ?

LE DROIT DE LA GUERRE EST-IL SOLUBLE DANS LES NECESSITES ?

 

1.

Et si « Natalia Vovk » était un leurre ? Curieux tout de même qu'une ex- -membre d'Azov, fichée, paraît-il, par le GRU et le SFB, passe une première fois la frontière russe, s'installe (au risque de se faire repérer) dans le même immeuble que Daria Douguine, surveille et filoche (au risque de se faire repérer) sa cible, se fasse inviter (au risque de se faire repérer) à une manifestation à laquelle les Douguine père et fille participent, récupère l’explosif, piège, repasse la frontière. Et si le rôle de Natalia Vovk (si elle existe) avait juste consisté à être présente, juste présente, pendant que quelqu'un d'autre agissait. Ce qui repose la question du commanditaire de l'attentat. Et là, conjectures et spéculations, forcément...

2.

Défois, les pièges à cons, ça déchaîne les idiots flingueurs, ça fait des victimes, des concernées et des collatérales.

3.

La question que pose l'assassinat de Daria Douguine peut se formuler ainsi : Quelle que soit la virulence et l'obscénité de ses propos, l'assassinat d'un idéologue, de quelqu'un qui n'est ni combattant, ni décisionnaire, ni cadre dans un conflit, peut-il être considéré comme un acte de résistance légitime ?

Je n'ai pas la réponse. Je constate que les mots aussi peuvent tuer. C'est justement pour juger de ce genre de cas qu'un tribunal international doit être instauré. La mort de Daria Douguine n'a peut être été qu'un moyen pour justifier une fin, quelle qu'elle soit.

La guerre consiste à réduire les individus à des moyens pour justifier une fin qu'on appelle « victoire » : Le massacre des civils ukrainiens est un moyen pour l'armée russe de terroriser la population et de déstabiliser le régime de Kiev ; si cela peut sauver une stratégie ou une nécessité tactique, chaque soldat est susceptible d'être sacrifié. La guerre fait de chacun, civil ou militaire, une « chair à canon » potentielle. En ce sens, Daria Douguine n'a pas eu un sort différent de celui des victimes civiles ukrainiennes.

On dit que l'influence de Daria Douguine était grandissante. De plus, le nom de « Douguine » semble perçu comme étant synonyme de fanatisme anti-ukrainien, anti-occidental, anti-démocratie. Les mots sont efficaces, c'est bien pour ça qu'ils peuvent tuer.

Peut-on croire la version officielle du FSB (la piste des services spéciaux ukrainiens) ou l'assassinat de Daria Douguine serait-il un sordide et cynique « false flag » ? Il y a eu, dit-on, une purge poutinienne au sein du FSB. Se pourrait-il que le FSB n'agisse pas toujours dans l'intérêt de Poutine ?

4.

Parce que la guerre consiste à réduire les individus à des moyens pour justifier une fin qu'on appelle « victoire », la tentative de meurtre sur Salman Rushdie n'est pas un acte solitaire, mais une déclaration que l'islamisme est en guerre contre les valeurs occidentales.

5.

Dans une situation où chacun, civil ou militaire, peut être sacrifié à une cause, il est particulièrement difficile pour un théoricien d'établir un droit de la guerre, et encore plus difficile à l'ONU de faire appliquer ce droit, bon nombre de saloperies pouvant être justifiées, ou couvertes, par les nécessités tactiques.

6.

Pour certains agités du bocal qui se réclament de la pensée de Douguine, la Russie c'est Rome, et l'Occident, c'est Carthage. Et comme « Carthago delenda est », et que l'Occident soutient l'Ukraine, pour les dingos douguiniens, il faudrait détruire et l'Ukraine et l'Occident. Bin tiens.

7.

« Russia is the only Slavic state that was able to become a World Empire, that is – an absolutely sovereign power. (…) But to build the World Empire, it is our task, we do know how to do it. That is why we are Rome. And those who oppose us – are Carthage. »

(Alexandre Douguine, 19 mars 2022, Facebook)

Voici comment le 19 mars dernier, Alexandre Douguine justifiait la sale guerre de Poutine en Ukraine. Je vous mets le lien si vous voulez voir de vos yeux jusqu''où ce type peut aller dans l'agitation du bocal à déconne et la bêtise. C'est gratiné.

https://www.facebook.com/alexandr.dugin/posts/5379461528730510%23

Patrice Houzeau

Malo, le 23 août 2022.

18 août 2022

EN ATTENDANT LA FACTURE

EN ATTENDANT LA FACTURE

 

1.

Paraît qu'en France, le nombre d'étudiants en dessous du seuil de pauvreté augmente fortement. Et la gauche d'en accuser Macron. On pourrait aussi se poser la question de savoir si notre pays a autant besoin de bacheliers et surtout de diplômés de l'enseignement supérieur.

Où sont nos serveurs, nos guichetiers, nos ouvriers agricoles, nos vendeurs, nos coiffeurs, nos fleuristes, nos chauffeurs livreurs ? Ces postes sont-ils voués à être occupés par des travailleurs étrangers pendant qu'on fait croire aux petits Français qu'ils vont gagner des mille et des cents en décrochant un diplôme à l'université ?

2.

C'est l'usage qui fixe la langue. Quand la majorité des Français écrira « ognon », « élefant », « mieu » et ne respectera plus du tout les règles d'accord du participe, l'usage s'imposant, la règle changera. Ce n'est pas demain la veille.

Dans la volonté, soutenue par la gauche surtout, de réformer l'orthographe du français par décret ministériel, je perçois une prétention à diriger la nation de façon verticale, voire autoritaire, sous le prétexte qu'elle saurait mieux que nous ce qui est bon pour nous.

3.

A force d'attaquer des dépôts de munitions en Crimée, Poutine va finir par interdire à ses troupes de fumer, sous peine de dénazification interne.

4.

Je viens d'entendre sur France Culture le rédacteur en chef de Charlie Hebdo rappeler avec raison que Salman Rushdie n'a pas été attaqué par un critique littéraire, mais par un islamiste. Le problème n'est pas l’œuvre de Rushdie mais le fanatisme religieux.

5.

17 août 2022, on évoque sur France Info 800 millions d'économie que l'Etat compterait faire sur 2 ans en diminuant certaines aides au secteur de la formation en alternance (apprentissage). 800 millions, c'est beaucoup. Paraît que certains organismes auraient abusé de la manne.

Il est vrai que l'apprentissage est France est très subventionné. Sans aides massives de l'Etat, aurait-il autant de succès ? On sait qu'il est aussi une des clés de la réussite du modèle allemand. Y est-il autant subventionné qu'en France ?

6.

Est-il vrai que Jean-Luc Mélenchon n'a pas eu un mot ni de soutien à Salman Rushdie, ni de condamnation de l'attentat islamiste dont l'auteur des « Versets sataniques » a été victime le 12 août 2022 , et comment alors quelqu'un qui, il y a quelques semaines à peine, se voyait 1er ministre (s'te blague) peut se taire ainsi ?

7.

Je me souviens que les trolls d’extrême-gauche nous promettaient une victoire éclatante de Mélenchon aux législatives 2022.

Je me souviens des images de Tunisie où, en juillet 2021, pendant la pandémie du covid, on voyait des gens mourir dans la rue par manque d’oxygène.

Je me souviens des pénuries à Berlin-Est.

Je me souviens déjà des trolls poutiniens qui tentent de nous faire croire que c'est l'Ukraine qui a attaqué la Russie, et que les morts de Bucha étaient des acteurs.

8.

Le 17 août 2022, il semblait que Jean-Luc Mélenchon ne s'était toujours pas exprimé sur la tentative de meurtre perpétrée le 12 août 2022 par un islamiste sur la personne de Salman Rushdie. Certes, il n'était pas le seul leader politique à ne pas communiquer sur le sujet. Sa parole était cependant très attendue, histoire de dissiper quelques doutes...

9.

J'apprends par un tweet de l’excellente @RebeccaRambar (est-ce son vrai nom ? j'ai un doute) que le vice-amiral Viktor Sokolov remplace le démis de ses fonctions Osipov au poste de commandant de la flotte de la mer Noire de la Russie poutinienne. Smoking ? / No smoking ?

10.

On évoque les pertes sévères subies, dit-on, par le groupe Wagner en Ukraine. Entretenir une armée privée coûte cher. Plus la guerre durera, plus la facture que Wagner présentera à l'Etat russe sera salée. Evidemment, je n'en sais rien, mais je ne pense pas que les leaders de Wagner soient payés en roubles. Si la situation de l'économie russe continue à se dégrader, Poutine pourra-t-il encore se payer les services d'une armée d'assassins ?

11.

Par bien des aspects, la guerre en Ukraine rappelle les conflits du siècle dernier. Je m'attends donc à apprendre que dans ce nœud de vipères qui grouillent autour de Poutine, il y ait quelqu'un dont l'action sera, en fin de compte, bénéfique pour la paix.

Patrice Houzeau

Malo, le 18 août 2022.

31 juillet 2022

COMME JE RAFIOTE ALORS

COMME JE RAFIOTE ALORS

 

  1. Lorsqu’un ambassadeur russe à Londres (en l’occurrence Andrey Kelin) voit son visage affiché en pleine rue accompagné de cette légende : « The Russian Embassy Proud Sponsors of War Crimes », c’est que les compétences du diplomate en question sont très relatives hein.

  2. Je me demande ce que fabrique le général Guerassimov. Vous savez, Guerassimov, ce stratège de génie qui a inventé la Guerre hybride, le truc qui devait donner l’Ukraine à Poutine en trois jours et qui va flanquer la Russie dans la mouise pour trente ans.

  3. « Il ne faisait aucun doute que ces deux policiers allaient trouver étrange de m'entendre craquer à chaque pas comme un vieux journal. » (Jean-Paul Dubois, « Une Vie française »)

« Un vieux journal », ma pomme idem, j'm'entends craquer souvent défois quasi à chaque pas d'ma journée. Comme je rafiote alors !

4.

« Il y eut des nuits où je me crus si sûr de pouvoir l'oublier que je me la rappelais volontairement. »

(Borges traduit par L.F. Durand, « Le Zahir » [le narrateur]).

Ne serait-ce pas le propre des fantômes d'être si sûrs de « pouvoir l'oublier », cette existence quittée, que chaque nuit ils se la rappellent volontairement, manifestement.

5.

« Mon Dieu ! qu'il est terrible !

Ses regards m'ont fait peur, mais une peur horrible ! »

(Molière, « L'Ecole des femmes » [Georgette])

De qui parle donc Georgette ? Il me semble qu'elle évoque l'un de nos politiques dont le grand talent consiste à flanquer le monde par terre.

6.

« Quand je ne vous vois point, je ne suis point joyeuse. »

(Molière, « L'Ecole des femmes » [Agnès])

Ah l'amour ! La jeunesse ! Le plaisir d'être ensemble ! Ah les beaux masques que, bipèdes crédules, nous portâmes.

7.

« Bien sûr qu'il aurait pu lui foutre une tarte qui lui aurait fait sauter deux ou trois dents, à la mouflette, mais qu'auraient dit ses admirateurs ? »

(Raymond Queneau, « Zazie dans le métro »)

Avec l’avènement des mouflettes audiovisuelles, influenceuses, tiktotiquées, instagrammées, twittérisées, très sottes, la tarte, la claque, la gifle sont encore plus prohibées, tabous, impensables, injustifiables.

8.

« Fédor Balanovitch cicérona la chose en plusieurs idiomes. »

(Raymond Queneau, « Zazie dans le métro »)

Le polyglotte, ça épate. Moi qui cause que ma natale, ça m'épate encore plus, fichu piètre que je fus écolier.

9.

« Mais, de grâce, qu'au moins ces choses soient secrètes. »

(Molière, « L'Ecole des femmes » [Horace])

Plein d'secrets dans le réel, des qu'on cache, des qu'on traque. Après, défois, à force de la remuer, hein, ça finit par remonter qu'ça éclabousse.

10.

« qu'au moins ces choses soient secrètes », sinon scandale patatras ! La cantatrice chauve n'est point chauve ! Le mort n'est point mort et Mathilde est revenue ! Fichu qu'on est... poutine...

11.

« Une époque implacable plane à présent sur le monde. Nous l'avons forgée, nous qui sommes désormais sa victime. »

(Borges traduit par L.F. Durand, « Deutsches Requiem » [le narrateur])

Oui-da, ça plane pour nous implacable, l'époque. Guignols ! Théâtre ! Diplomatie d'assassin ! La camarde plein les répliques ! Du missile derrière le rideau... de sang... rideau ! on dit comme il y a eu le rideau de fer.

12.

« Avec la guerre en Ukraine, la Russie veut créer un « rideau de sang » avec ses voisins européens, a affirmé jeudi la secrétaire d'Etat française chargée de l'Europe Laurence Boone. » (La Presse, le 29 juillet 2022).

13.

« Oh ! » ou « Ouf ! » qu'il s'écrie, l'Arnolphe... en plein transport déménage... peut plus piper... « qu'il s'enfuit sans rien dire », quel étrange !... on est dans le « surprenant mystère », la fin de la pièce à Molière... révélation, confusion du couillon, clarté !

14.

« Les ans ont passé. Les circonstances de sa mort demeurent obscures. »

(Borges, « Abenhacan El Bokhari », [Dunraven])

Le temps, ça passe... c'est qu'c'est nous qui passons... c'est nos pommes, le temps... on s'ride qu'on croit qu'on existe... y a les circonstances... les morts nagent dans l'obscur.

15.

« Tiens, que fait donc au bas de cette tenture cette flaque de sang ? »

(Un personnage dans une pièce qui se joue vaguement dans ma tête et qui m'évoque du Shakespeare).

16.

Il faut être juste : l'URSS n’existe plus. Aussi ne faut-il plus dire « camarade », mais « camarade collabo », voire « camarade compromis » : c'est tout à fait poutinien.

17.

Pour qui roule Thierry Mariani ? Poutine ? La DGSE ? La CIA ? Les Illuminati ? Sa gueule ? Bachar ? La Chine ? Les Aliens ? Les Rose-croix ? Le Vatican ? Mytholand ? Va savoir ! Du coup je critique pas trop. J'observe. L'Histoire jugera. D'ailleurs, elle est en marche.

Patrice Houzeau

Malo, le 31 juillet 2022.

16 juin 2022

ENTRE COCORICCO ET KIKERIKI Y A L'COQ AU VIN

ENTRE COCORICO ET KIKERIKI Y A L'COQ AU VIN

1.

« Sur cette idée on voit à l'instant qu'il ne faut plus demander à qui il appartient de faire des lois, puisqu'elles sont des actes de la volonté générale »

(Rousseau, « Du Contrat social »)

« Sur cette idée » : Zut disoit quelquefois « Sur ma vie » pour affirmer sa préférence pour le gruyère ou le café. « Sur cette idée », on en fonde des châteaux ! Le plus beau fut celui de la République. Et voilà que la démocratie est tenue de se faire forteresse.

« On » : on n'est pas toujours ce qu'on croit. La chasse aux « on » est souvent le fait de chasseurs aussi « on » que les autres. Le « on » est un drôle de coin-coin.

« on voit » : On voit, dit-on, de drôles de choses non identifiées dans le ciel. Paraît que la NASA y cogite. Pendant ce temps-là, avions et missiles russes bombardent méchamment l'Ukraine. Ils « dénazifient » qu'ils disent ; ils massacrent oui, hommes, femmes, enfants.

« à » : j'aime bien le « a », bien qu'il soit assez grande gueule. Ah Ah Ah Ah Je vas me fâcher ! J'avertis !, dit-il, formidable et tonitruant comme un ogre de fable.

« l'instant » : A l'instant, je me dis que je ne sais pas quoi dire sur le mot « instant » ; je cherche pas très fort non plus because j'ai envie de me faire un sandwich au fromage.

« qu'il ne faut » : ça me fait penser à « n'en dis pas plus qu'il ne faut », me disait souvent ma mère, qui était pourtant bavarde comme un moulin à légendes, une pie proustienne, un animateur téloche.

« demander » : On dit en français « Ça ne coûte rien de demander ». Après y en a qui osent, y en a qui osent pas. Y en a même qui osent demander beaucoup, pis i zont rien passque la lune, c'est pas prévu dans les aides sociales. Du coup i gueulent.

Ah mais c'est qu'il est mimi, ce toutou, ce kiki, ce kiki riquiqui, pis à qui qu'il est donc ce kiki riquiqui, pis tout ébouriffé, tandis qu'il crie kikeriki le coq, là-bas, au fond d'un poème d'Apollinaire ?

Le coq en France fait Cocorico ! Le coq en Allemagne, i fait Kikeriki ! Miam-miam fait Zut à la vue du coq au vin.

« il appartient » : il appartient au Monde Libre de se défendre contre les menées funestes de la Chine communiste et de la Russie poutinienne, lesquelles, à cause de la rareté naturelle des choses et de leurs idéologies mafieuses, semblent très tentées par un conflit mondial.

« de » : Ma mère disait : « Ça, il ne l'emportera pas au paradis ! ». Je pense de même de la sale guerre de Poutine en Ukraine.

« faire » : l'humain, c'est du « faire ». L'arrête pas de faire, défaire, refaire, contrefaire, pour finir tout défait « où tout se désassemble ».

« faire des lois » : c'est le boulot des députés, c'est pour ça que les législatives sont essentielles. Si jamais dimanche 19 juin 2022, la NUPES réussit à mettre en échec la Macronie, je vous dis pas le malaise à l'idée du Mélenchon premier ministre. Moi, j'y crois pas.

« puisqu'elles » : puisqu'elles se battent avec autant d'acharnement pour préserver l'indépendance de l'Ukraine, autant aider les forces ukrainiennes à se débarrasser du sinistre Poutine et de ses sbires. Sinon, Poutine risquerait de devenir singulièrement menaçant...

« sont » : Les gens n'ont pas toujours l'air de qu'ils sont. Les choses non plus. Le réel ne se ressemble pas. Une illusion, le réel, pis qui masque ce qui nous est radicalement inaccessible, absurde, étranger, quantique.

« des actes » : ce que demande l'Ukraine, ce sont des actes, c'est-à-dire des livraisons d'armes. Je me demande comment tourneront les débats sur l'Ukraine dans l'hypothèse d'une présence accrue des extrêmes (LFI et RN) à l'issue des législatives de 2022.

« de la volonté générale » : j'ai appris ça en terminale, la « volonté générale », celle du peuple, de la nation. En pratique, gouverner consiste à accorder les tambours de l’exécutif avec les violons du législatif. Pipeaux et trompettes de la renommée y font souvent des couacs.

2.

Dans l’excellente série « Parlement », dès l'épisode 1 il est dit par un personnage que les fameux « règlements » européens sont en fait des « lois » valant pour toute l'UE et que le terme « règlements » est employé pour ne pas effrayer les opinions publiques nationales...

3.

Evoquant la visite de Macron, de Scholz et de Draghi en Ukraine, Medvedev aurait déclaré « Les européens amateurs de grenouilles, de saucisses et de spaghettis adorent visiter l'Ukraine ». C'est moi, ou Medvedev jacte-t-il vraiment comme un mafioso dans un mauvais film ?

4.

16 juin 2022 : j'ai l'impression que la fusée bitcoin à du mal à redémarrer. La lune est encore loin, loin, loin. Pour ce qui est du rouble, il est toujours à 0,017 euro. La victoire est encore loin. La Chine attend.

Patrice Houzeau

Malo, le 16 juin 2022

27 mars 2022

JE N'AIME PAS MACRON JE N'AIME AUCUN POLITIQUE

JE N’AIME PAS MACRON JE N’AIME AUCUN POLITIQUE.

1.
Même si j’admettais que l’Ukraine n’est pas une démocratie et que Zelensky est une marionnette des Américains, comme l’affirment les électeurs du looser Zemmour, l’invasion de l’Ukraine et la mort de milliers de civils n’en reste pas moins une infamie et Poutine un assassin.

2.
26 mars 2022. Joe Biden en Pologne a rappelé ces principes avec lesquels je suis absolument d’accord : « Le pouvoir n’est pas le droit » et c’est « le droit qui fait le droit ». Autrement dit, le « droit du plus fort » à la Poutine n’est qu’illégitimité et barbarie.

3.
Les pro-russes évoquent la liberté d’expression, et même Charlie Hebdo à propos des caricatures de style alcoolo publiées par l’Ambassade de Russie en France. Ces clowns oublient juste une chose : les dessins de Charlie ne passent pas par des canaux gouvernementaux.

Après si l’Ambassade de Russie en France pense qu’insulter ses interlocuteurs est une bonne manière de faire de la diplomatie, eh bien, je pense qu’ils ne riront pas longtemps… à l’ambassade…

4.
Donc, si je comprends bien le plan de Poutine, il s’agissait pour lui d’envoyer dans toute l’Ukraine quelques milliers de soldats se faire trouer la peau pour au bout de trois semaines, se concentrer sur l’Est et annexer les territoires du Donbass qui lui sont, dit-on, acquis.

5.
Le 26 mars 2022, il semblait clair à bon nombre d’observateurs que l’étrange Eric Zemmour, du fait de son admiration supposée pour Poutine, et du parti pris pro-russe de bon nombre de ses soutiens, avait d’ores et déjà perdu et sa réputation et les présidentielles.

6.
Le 26 mars 2022, on se demandait en Occident si les belles têtes de vainqueur (Ô « chamanique » Choïgou ! Ô « stratego » Guerassimov !) étaient tombées.

7.
Désormais, je pense que, dans les cours dispensés à Sciences Po, l’on pourra considérer comme juste et raisonnable le postulat suivant : « Diplomatiquement, il ne faut jamais croire ce que dit le gouvernement russe, jamais. Il en va de la survie de l’Occident. »

8.
Il semble qu’une partie de l’armée russe ait été trompée sur la véritable situation politique de l’Ukraine et soit très choquée de ne pas être plus aidée par la population. Cette « surprise » finira par virer au ressentiment envers leur hiérarchie, puis envers Poutine.

9.
Qu’on nous foute la paix avec le Bataillon Azov, c’est un corps franc qui ne reflète donc en rien l’idéologie courante de l’armée ukrainienne. Par contre, beaucoup de ces hommes se battent avec acharnement à Marioupol contre un ennemi supérieur en nombre et en matériel.

10.
« Pour l’amour de Dieu, Vladimir Poutine ne doit pas rester au pouvoir. » Cette forte déclaration de Joe Biden en Pologne ce 26 mars 2022 sonne le glas de toute possibilité pour Poutine d’être un jour considéré comme un interlocuteur légitime. Biden a raison.

11.
C’est très net dans mon esprit : ce que raconte Charles Gave, je m’en contrefous. A rappeler à ces agitateurs déconnectés et nauséabonds : aucun contrat, quel qu’il soit, ne tient la route si la cause en est illégitime. Poutine rend, par son action, de facto donc, tout contrat avec l’Occident caduc.
Autrement dit, nous, Monde Libre, nous ne devons rien à Poutine, et même plus le respect.

12.
S’il est vrai que l’armée russe se prépare à refermer la mâchoire sur l’Est de l’Ukraine, alors les bombardements ciblés d’aujourd’hui, 26 mars 2022, sur Lviv ont pour but de prévenir une contre-offensive de l’armée ukrainienne. Mais rien n’est encore certain.

13.
D’après BFM, les activités de Auchan en Russie représentent 10% du chiffre d’affaires de l’enseigne et 18% pour Leroy-Merlin. On comprend mieux le peu d’enthousiasme du groupe Mulliez à l’idée de quitter ce pays. Mais si la situation économique continue de s’y détériorer, et parce que je ne crois absolument pas en une éventuelle philanthropie du groupe Mulliez, je pense que, tôt ou tard, ils seront obligés de partir, ou en tout cas, d’y être de moins en moins présents.

14.
La volonté d’obliger l’UE à payer pétrole et gaz russes en roubles ? J’attends de voir. Je ne sais pas si l’UE va marcher dans la combine, ou alors, ce sera suivi d’une nouvelle série de mesures de rétorsions économiques et d’un accroissement des livraisons d’armes à l’Ukraine.

15.
J’écoute Mélenchon sur France Info qui retransmet son meeting de Marseille. Il est cohérent et brillant orateur, bien sûr, et, bien sûr que ce qu’il annonce sent à plein nez la mainmise de l’Etat sur nos vies. Dangereux.
Mélenchon, s’il était élu, je ne pense pas qu’il continuerait à soutenir l’Ukraine. Ce n’est pas qu’il apprécie tellement Poutine, Mélenchon, mais comme il déteste l’OTAN… Enfin bref, je répète : dangereux.

16.
Je crains que, quel que soit le résultat des présidentielles, la France connaisse une période de troubles. C’est là un des résultats de la sotte présidence Macron et je m’empresse d’ajouter que l’ensemble de notre personnel politique me semble soit sot, soit dangereux, soit corrompu.

Patrice Houzeau
Malo, le 27 mars 2022.

21 mars 2022

POUTINE SE PREPARE-T-IL AU PIRE ?

POUTINE SE PREPARE-T-IL AU PIRE ?

1.

17 mars 2022 : quelque chose se tramerait-il en Russie ? Plusieurs sources font état de jets privés en partance de la Russie pour Dubaï et surtout de plusieurs vols d'avions gouvernementaux en direction de la Sibérie. Si ce n'est pas de la diversion, les choses s’accéléraient-elles ?

Comme ça, vu de ma petite France, je me dirais, mais j'en sais rien, rien du tout : Fake News ? Bluff ? Sur-interprétation de vols pas si extraordinaires ? Coup d'Etat ? Troubles et intrigues ? Mise à l'abri du plus haut sommet de l'Etat (familles à l'étranger et dignitaires loin d'une possible riposte...). Flippant.

Négociations ? Exercice d'évacuation en prévision d'une attaque nucléaire ?

2.

Si Poutine tentait d'internationaliser le conflit en usant de la provocation :(utilisation d'armes chimiques ? emploi du nucléaire tactique ? frappe au-delà des frontières de l'Ukraine ?), c'est qu'il aurait trouvé un allié puissant et d'accord pour déclencher la 3WW...

3.

17 mars 2022. Plusieurs sources ont fait état d'une circulation accrue d'avions militaires, gouvernementaux et privés dans l'espace aérien de la Russie et en direction du Moyen-Orient. On évoque aussi un voyage interrompu de Lavrov vers la Chine. Etrange, voire inquiétant.

4.

Malgré bien des efforts diplomatiques, il semble, comme je l'avais pensé, que Poutine fait semblant de négocier et veut s'emparer de toute l'Ukraine en semant la mort et la destruction. Biden, je crois, l'a compris... Macron, je pense que Poutine s'en moque complètement.

5.

L'invasion de l'Ukraine par l'armée de Poutine va sans doute faite réélire Macron, qui a bien réagi au départ, mais qui semble maintenant assez impuissant. Je n'aime pas Macron, mais les autres candidats sont inexistants ou dangereux (partis d’extrême-droite sous influence russe).

6.

Dans quelques semaines, faute d'opposant crédible, les Français rééliront Macron. Si Macron arrive à dégager une majorité aux législatives (ce qui n'est pas certain), dans quelques mois, les Français contesteront Macron, et peut-être même violemment.

7.

Si l'OTAN n'intervient pas directement en Ukraine, c'est par crainte que leur intervention provoque la WW3. L'OTAN est largement en mesure de vaincre l'armée russe, mais si la Chine rentrait en guerre à son tour, personne ne peut prévoir l'issue d'un tel conflit.

8.

La chute de Marioupol pourrait être suivie de négociations, Poutine estimera peut-être avoir remporté une victoire déterminante et être donc en position de force pour réclamer la partition Est/Ouest de l'Ukraine. Cela permettrait à Poutine d'éviter l'enlisement à l'ouest.

9.

Cela ne sert à rien de psychologiser Poutine. Il est dangereux. C'est tout. D'autant plus dangereux qu'il a placé ses agents partout en Europe (en France, dans les partis de Zemmour, de Le Pen, de Mélenchon). Il faut en finir rapidement avec le voyou Poutine.

10.

J'avais une certaine admiration pour Angela Merkel. Je ne l'ai plus du tout. L'Allemagne, peu armée et dépendante du pétrole et du gaz russes, est complètement à la merci de Poutine. Realpolitik ? Mon œil... Incompétence et traîtrise, oui, n'est-ce pas Gerhard Schröder ?

11.

Qu'on ne dise pas qu'on ne savait pas qu'un conflit était possible. Les rapports publics de la CIA préviennent depuis plusieurs années déjà de la forte probabilité d'éclatements de conflits. L'Occident a la meilleure agence de renseignements du monde et, hélas, ne l'écoute pas assez.

Patrice Houzeau

Malo, le 21 mars 2022.

 

10 octobre 2021

PIS QUI SAIT DANS SA TÊTE

PIS QUI SAIT DANS SA TÊTE

1.
« agi en profondeur »... « inconscient » (s'tout bizarre là pis qui sait dans sa tête)... « des images-désirs » aurait écrit Martin Buber cité par Jean Servier cité par Robert Charroux : « les dieux, la cité de Dieu, les temps de l'Apocalypse, l'Eldorado,... », l'Etrange.

2.
« Il est probable que sur certaines planètes, les écrits sacrés ne parlent pas d'anges venus du ciel, mais au contraire, d'émigrations de Connaissants partis un jour dans le cosmos pour semer les germes de leur civilisation. »
(Robert Charroux, « Le Livre du mystérieux inconnu »)

3.
« On a trop tendance à attribuer à Dieu des misères que l'homme ne doit qu'à lui-même. Je vous concède le Diable. Pour Dieu, je crois qu'il n'a vraiment pas besoin de nous punir. Nous nous en chargeons nous-mêmes ! »
(Agatha Christie, « La Plume empoisonnée » [le narrateur])

4.
« Il faut que l'acte soit commandé ! Morale d'esclaves ! » écrit Schopenhauer dans « Le Fondement de la morale » à propos de cette morale kantienne qui ne serait fondée que sur la Raison et l'Impératif.

Je note qu'en démocratie, les politiques de gauche comme de droite font du Kant à géométrie variable, changeant d'impératif et d'Universelle Raison au gré des élections. A ce jeu, Macron est un champion. Certes, cela vaut toujours mieux que l'indiscutable diktat.

5.
Nous passons notre vie à ruser avec les contingences et l'emprise des autres. Nous admirons Bonaparte et agissons en Talleyrand. Qu'un grand gosier fasse un peu trop son meneur à bicorne, nous le dénonçons comme trouble public.

6.
Mon anglais est tellement risible que, récemment, une vache espagnole m'a demandé en mariage.

7.
J'en suis à hausser les épaules au nom de Macron : c'est un joueur de pantins au milieu d'autres joueurs de pantins. Ses opposants ? Joueurs de pantins itou. Stilal ou un autre, je crains que les autres soient pas mieux.

8.
« Ils ont shako, sabre et tam-tam,
Non la vieille boîte à bougies,
Et des yoles qui n'ont jam, jam...
Fendent le lac aux eaux rougies ! »
(Rimbaud, « Chant de guerre parisien »)

Cette strophe me plaît qui annonce le Rimbaud désinvolte des Vers Nouveaux... Les tambours mirlitaires ? Du tam-tam, pis ça ritournelle l'ancien « Il était un petit navire », chant de marin dont la version originelle traitait d'anthropophagie.

« L'un voulait qu'on le mît à frire, (bis)
L'autre voulait, - lait -lait le fricasser, (bis)
Ohé ! Ohé ! »
(« Il était un petit navire », traditionnel)

9.
Défois, dans les romans policiers américains, y en a un qui prend un train de nuit pour New-York (c'est pour ça que c'est américain) que je me demande pourquoi qu'il va à New-York, surtout quand on lit le roman en pensant à pis faisant autre chose.

« Il se rendit à pied à la gare, à quelques rues de là, prit un billet pour New-York et retint une place dans un train de nuit. Après quoi il rentra chez lui en taxi. »
(Dashiell Hammett, « La Clé de verre »)

Je me demande parce que sottement j'en suis à me demander (au lieu de faire comme les politiques, prétendre que l'on sait) si la rigueur du code civil que Stendhal voulut pour le style du romancier n'annonçait pas quelque behaviorisme littéraire.

10.
« Dans une durée qui résonne comme un gong, remplie jusqu’aux bords, cascade, tourbillon, nuages, voie lactée, poussière, sons, faits, ceci, cela, etc., etc. Un tel détail à la limite du hasard et du non-hasard, pouvait-on savoir ? » (Gombrowicz, « Cosmos »).

Une « durée qui résonne » comme un pot rempli jusqu’aux bords de tabac par lequel nous partons en fumée cependant que « tourbillon, nuages, voie lactée, poussière » tournent autour de nous comme autant de ronds de fumée soufflés d'on ne sait où par exemple.

11.
Le miroir est ce lieu où je considère mon apparence en reconnaissant immédiatement cette personne que je crois être moi.

12.
« Comment est-il possible que le marquis de Carabas n’existe pas vu que même le Chat botté dit qu'il est à son service ? »
(Umberto Eco, « Le Pendule de Foucault » [Le narrateur])

13.
Elle fait tic-tac tic-toc la toquante de mon oncle Hector qu'était alcoolique pratiquant mais catholique abstinent et l'me sens tout mélancolique quand j'écoute le tic-tac tic-toc de cette relique, la toquante de mon oncle Hector qu'était alcoolique, c'est pathétique.

14.
Dans « Le Parfum de la Dame en rouge », recueil d'histoires du Spirit de Will Eisner (Albin Michel/Spécial USA,1985), parfois P'Gell apparaît pleine page, façon affiche de cinoche.

L'attrape une oreille, P'Gell, se retrouve ligotée par des vilains, P'Gell, séduit un policier qu'a l'air d'un gamin, P'Gell, tente de récupérer de l'oseille, P'Gell, dépitée, balance un faucon plâtré et découvre que la petite Saree (c'est sa belle-fille) pourrait bientôt rentrer dans la danse et lui faire « concurrence ».

Patrice Houzeau
Malo, le 10 octobre 2021.

7 octobre 2021

CHRONIqUE DU 6 OCTOBRE 2021

CHRONIQUE DU 6 OCTOBRE 2021

1.
Cette nuit, j'avions bronches si encombrées qu'à chaque inspiration, j'avions l'impression qu'un vieux téléphone sonnait dans le lointain d'une autre pièce.

2.
Je viens de regarder ce bon vieux clip du « Genius Of Love » de Tom-Tom-Club dont la musique cool, si cool et le dessin animé si délicieusement faussement enfantin qui l'illustre m'enchantent.

J'aime bien le clip sur le « Love Shack » des B.52's (groupe injustement trop peu mis à l'honneur) : cette désinvolture, cette posture d'étudiant forcené, d'étudiant malgré tout, me ravit et vaut radicalement mieux que la désastreuse cancel culture actuelle.

Comme il n'y a pas que la déconne sympa entre poteaux et copines, me suis mis dans les esgourdes le très intelligent « Once In The Lifetime » des Talking Heads. Eh non, la crise n'est pas finie.

3.
Si Macron est réélu en 2022, et la gauche et la droite auront perdu. Qui aura gagné ? La finance, le modèle américain, le fédéralisme tueur d'identités, le ministère de l'intérieur et celui de l'apprenance collaborative. Inquiétant.

4.
L''implantation du libéralisme à l'américaine dans un pays latin comme la France reviendrait vite à livrer le pays à la corruption et à la mafia. Macron se trompe. Nous devons rester ce pays du secteur public fort alimenté par un secteur privé fort : l'essence du gaullisme.

5.
Beaucoup reprochent à Macron sa récente liberté de ton sur la politique algérienne. Cette franchise, me plaît. Non, nous, Français, ne sommes pas responsables des malheurs actuels de l'Algérie potentiellement si riche et qui, visiblement, souffre.

6.
Demain deux heures de chef d’œuvre avec des élèves qui me sont très inconnus... Ne sachant comment aborder la « chose », ai demandé conseil aux collègues : « T'inquiète pas, les élèves savent ce qu'ils ont à faire... » Et ça marche ? : « Bah, pour certains oui, pour d'autres non... ». Ouais...

7.
Vient de voir en replay un excellent documentaire basé sur la comparaison entre « Le Meilleur des mondes » de Aldous Huxley et « 1984 » de George Orwell. Ai pensé que le modèle décrit par Huxley avait des airs de parenté avec le « Nouveau monde » à Macron. #Nudge.

Mais le système social qui semble le mieux décrit et par Huxley et par Orwell est celui que l'on nous présente comme étant le régime libéralo-communiste chinois, un modèle paraît-il, ou tout au moins une inspiration, pour certaines de nos « élites ».

8.
A huit mois des présidentielles 2022, Macron est donné favori dans les sondages avec 24/25% des voix... Ce qui, vu tout l'argent magique promis, est assez peu. Macron va-t-il nous refaire le coup de Jospin 2002 et s'effondrer dans la dernière ligne droite ?

9.
Demain réunion sur l’exploitation des tests de positionnement d'entrée en seconde. On va constituer des groupes en AP je suppose... Ne pas faire la même chose avec les deux groupes ? Bah, de toute façon, zont tous besoin de vocabulaire. J'insiste : VOCABULAIRE.

10.
Demain, en seconde pro, analyse de « Chanson aigre-douce », deux planches de bande dessinée du grand Gotlib : il y évoque le séjour qu'enfant pendant l'Occupation, il fit, caché dans une ferme, loin de l' « Orage », des Allemands et du Pétain cher à Zemmour.

11.
La Suède, dit-on, suspend la vaccination « Moderna » des moins de 30 ans. Des troubles cardiaques du type myocardites seraient évoqués... Il y a peu, évoquer ces troubles vous rangeait dans la catégorie des complotistes... Ceci dit, je suis pas toubib, je m'interroge...

Patrice Houzeau
Malo, le 7 octobre 2021.

6 octobre 2021

PAR L'ABSURDE L'ABSURDE STUPIDE

PAR L'ABSURDE L'ABSURDE STUPIDE

1.
Ce matin, 4 octobre 2021, sur France Inter :

- les tourments libidineux du vieux Mitterrand
- les casseroles de Bernard Tapie
- les bricolages financiers de Tony Blair et d'autres (dont DSK paraît) #PandoraPapers

Demain, la grève.

2.
« A Java, un Hollandais disait à un autochtone que chez lui, à une certaine époque, l'eau était si froide et si dure que l'on pouvait marcher dessus. »
(Robert Charroux, « Le Livre du mystérieux inconnu »).

3.
« On continue à croire, dans nos villages, qu'il existe certaines gens, certaines familles qu'il est imprudent d'offenser. »
(Agatha Christie, « La Plume empoisonnée » [Burton])

4.
« … y a-t-il des lois morales, indépendantes de tout établissement humain, de toute convention civile, de toute théorie religieuse ? c'est ce qu'on ne peut admettre sans preuve. »
(Schopenhauer, « Le Fondement de la morale »)

5.
« Amoureuse de la campagne,
            Semant partout,
Comme une mousse de champagne
            Ton rire fou »
(Rimbaud, « Les réparties de Nina »)

C'est le rire de la petite amie, j'imagine aussi la hantise d'un rire fou sans personne de visible qui saisirait d'effroi le promeneur solitaire en vadrouille dans quelque verte.

6.
« Qu'est- devenu le chapeau que portait Taylor Henry le jour où il a été assassiné ? »
(Dashiell Hammett, « La Clé de verre »)

Ce n'est plus le coup du lapin, c'est le coup du chapeau. Sans rire, cette phrase est tirée d'une fiction et je me demande si, sans que j'en sache rien, quelque part quelqu'un se pose la même question dans la réalité d'une affaire.

7.
« Le moineau et la grenouille, la grenouille et le moineau, n'y avait-il pas quelque chose derrière ? Cela n'avait-il pas un sens ? »
(Gombrowicz, « Cosmos » [le narrateur])

A la lecture du « Cosmos » de Gombrowicz, je me dis que l'absurde, qui pourrait parfois passer pour cocasse, finit toujours par produire du drame. C'est du sentiment que l'on ne comprend rien à rien que gonfle cette colère qui, finissant par éclater, étrangle.

Autant chercher un sens derrière une figure de style, laquelle renvoie à une autre figure de style, laquelle renvoie à une autre figure de style, et ainsi de suite des figures de style dans l'infini rhétorique.

8.
Me souviens d'une bédé dans laquelle une caricature de sémiologue démontrait, avec force jargon universitaire, qu'un sketch des Monty Python était absurdement sans intérêt, sans voir l'essentiel , que ce sketch dénonçait par l'absurde l'absurde stupide.

Dans le même état d'esprit, je me souviens des efforts pitoyables d'un niais quelconque des universités tentant d’expliquer l'intérêt philosophique de je ne sais plus quelle série américaine alors en vogue, sans voir là non plus l'essentiel : l'aporie annoncée du scénario.

Je me dis alors que les scénaristes de la série soit ne savaient plus, au bout de quelques épisodes assez surprenants, comment exploiter une bonne idée de départ (la série du reste finit en eau de boudin), soit qu'ils se moquaient intelligemment du monde.

9.
« Le jardiner toucha son chapeau et s'en alla. »
(Agatha Christie, « Les Sept cadrans »)

Le jardinier toucha son chapeau, s'en alla
Dehors un froid d'canard ah la la gla-gla-gla.

10.
« Et ce fut avec soulagement qu'il se tourna vers la femme du vicaire qui désirait acheter une théière. »
(Agatha Christie, « Les Sept Cadrans »)

Je me demande si c'est la même théière qui dans le « Cosmos » de Gombrowicz se révèle l'élément déclencheur d'une crise d'absurdité qui aboutit à un drame aussi banal que bestial.

11.
« - Et la femme mystérieuse ? N'était-ce pas sa chambre qui était visée ? »
(Lilian Jackson Braun, « Le Chat qui disait Cheese »)

Dès qu'il est question d'une « femme mystérieuse », la fiction intrigue, aimante, incite. Je me dis que je devrais le relire, ce roman que je n'ai jamais vraiment lu et que je n'ai pas non plus pas lu.

C'est une « femme mystérieuse », Else Andersen, qui me replonge assez régulièrement dans « La Nuit du carrefour », de Georges Simenon.

12.
Sur la couverture de l'édition 10/18 de 1996 du roman « Le Chat qui disait Cheese », de Lilian Jackson Braun, deux têtes de matou (dessin de Louis Wain) vous font les yeux doux et le sourire engageant. Sympathique et aussi glaçant que tout lorsqu'on déprime sec.

13.
Dans « Le Pendule de Foucault », de Umberto Eco, le personnage de Belbo donne le sens de l’expression piémontaise « gavte la nata », « ôte ton bouchon », ce bouchon dans le postérieur qu'il faut s'enlever si l'on veut cesser d'être « enflé de soi-même ».

14.
Dans le recueil d'histoires courtes du Spirit de Will Eisner titré « Le Parfum de la Dame en rouge », ma préférée est « Saree » cause s't'apprentie meurtrière maigrichonne me fait rire avec sa théâtralité adolescente et ses emphatiques envolées.

« J'ai plongé l'acier en son sein... et sa terrible agonie a commencé », qu'elle balance l'assez planche à pain quand même Saree en robe noir fatal de graine de vamp ou de tragédienne du lycée.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 octobre 2021.

15 août 2021

UN CHAT EST-IL ENCORE UN CHAT ?

UN CHAT EST-IL ENCORE UN CHAT ?

  1. Va-t-il falloir bientôt apprendre à ne plus appeler un chat un chat ? Le grand Bienveillant est irrité. Son puzzle en même temps, une maladie mystérieuse en a éparpillé les pièces. La voix pastorale qui sort des lucarnes étranges tour à tour endort et alarme. La France crache.

  2. Les ennemis de Marianne sont dans la place. Ils rêvent de la lapider. La vidéo sera évidemment virale et ravira ceux qui ne croient plus ni en Molière, ni en Voltaire, ni au rire de Bertrand Russel.

  3. Les ennemis de Marianne sont dans la place. Ils progressent dans la fumée des sociologies subventionnées et les yeux fous des enfants perdus. Les haies vives des arguties et des plaidoiries les protègent.

  4. Tout sphinx qui ne pourra se justifier d'un pass sanitaire se verra interdit de sphingerie. Tout mobile et perspicace qui ne sera pas vacciné ne pourra se déplacer et exercer sa perspicacité qu'entre les murs de sa raison.

  5. Le grand Bienveillant est aussi énigmatique qu'un pain-surprise. N'ayant aucune idée qui lui soit propre, il adhère à celles qui courent le plus vite, pourvu qu'elles n'empêchent pas la bonne marche des affaires.

  6. Les ennemis de Marianne sont dans la place. Des pédagogues aveugles les soutiennent et sont prêts à les laisser dégainer leurs symboles, le par cœur de leurs sophismes et leurs pudibonderies dans les lieux mêmes où naguère encore on étudiait Tartuffe.

  7. Pour l'heure, le vertical Bienveillant tente de se faire passer pour le sauveur d'une république menacée par les factieux. Pour calmer les esprits, il puise dans un panier percé qu'il appelle corne d'abondance. Nous paierons les trous.

  8. En serons-nous bientôt réduits à la servitude et à l'isolement volontaires ? Ou tout cela n'est-il que le mauvais résultat d'une overdose de poudre de perlimpinpin qui se dissipera avec les présidentielles ?

  9. Le problème de Macron, c'est qu'il court vite, mais dans tous les sens. Il est tout dispersé, s't'homme-là.

  10. Dieu est aussi mort que nous ne sommes que poussière. La religion ? Poésie qu'on a eu le tort de prendre au sérieux, et la poésie n'étant jamais que l'exploitation esthétique des possibilités d'une langue, les poètes ne sont pas plus tenus à la vérité que le canard dans sa mare (à bout, bout d'ficelle, et cèle le riz, et cache le chat).

  11. Le Pass Sanitaire n'a de sens que s'il permet d'endiguer la contagion, or, s'appliquant à certains lieux (bars, restaurants etc...) et pas à d'autres (métro, TER, et quid des écoles ?), son but premier n'est donc pas d'endiguer mais de contraindre. On en déduira que pour arriver à un résultat, et en vertu de la doctrine Macron lui-même, on peut promouvoir une solution en usant d'une contrainte. La leçon sera retenue et son application existe déjà : c'est le droit de grève.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 15 août 2021.

3 août 2021

L'ESPECE GLISSE HELAS MAIS SUREMENT

L'ESPECE GLISSE HELAS MAIS SUREMENT

 

  1. « Au commencement était le Verbe
    Et le Verbe était radoteur... »
    (Michel de Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre », [Porprenaz])

  2. « N'éveillons pas le Dieu qui dort »... dit le Porprenaz à Ghelderode... c'est l'vertical... circule façon veines dans l'corps social... Que Jupiter s'en empare et dise voilà la Nature des choses et le v'là tout déchaîné l'Enfer... les chiens aboient... la caravane flambe.

  3.  « Tes paroles ont des doigts » dit la Jusemina de Ghelderode... « et tes mains sont parlantes »... joli.. faut pas s'retrouver manchot... faire attention aux haches qui virevoltent dans les invisibles... y en a des choses qui volent dans les invisibles... Zoziaux, virus,...

  4.  Tous... ossements à la fin... cendres... la Nature a horreur du trop-plein... pas fini la Nature d'nous faire danser guignols macabres... pas fini d'nous véroler... Les Politiques sont bien utiles, qui administrent les désastres à venir... gèrent les dégringolades...

  5.  Macron, l'a un petit côté Julien Sorel quand même... le côté Bonaparte pimpant... et c'est quand même assez vrai que le Rouge et le Noir en même temps qu'ils lui tombent dessus.

  6.  Paraît que Pfizer et Moderna vont augmenter les prix de leurs vaccins. Bon, on mourra pas du Delta, mais par contre, j'sens bien qu'on va finir par avoir mal au...tre part.

  7.  Macron sur Tik Tok ?... Ouais, c'est de son âge...

  8.  Comment cela fait-il qu'on ait formé tant d'énarques et de têtes d’œuf à Sciences Po (coucou, Olivier Duhamel) pour en arriver à ne plus trouver de médecins généralistes et à fermer des lits dans les hôpitaux (paraît même que pendant la crise Delta actuelle, ça continue) ?

  9.  Mélenchon, paraît qui s'a énervé... une histoire de photo... un selfie demandé par chaipaqui chaipaquoi, avec insistance... relayé par les intermittents bricolo-provos de Valeurs Actuelles... Zont pris Mélenchon pour Nabilla... failli tourner vinaigre... filmé posté... Nul.
    J'vais pas dédouaner Mélenchon (je ne suis pas de gauche), mais un homme politique, surtout s'il joue un rôle dans l'opposition et que l'on est en pleine crise politique, c'est pas une vedette qui cause de la pandémie avec des ados sur TikTok.
    Après, bon, les politiques à force de prendre des mesures de baltringue, i passent fatal pour des baltringues, du genre clown à selfie... et puis, question respect et discrétion, trente ans de pédagogisme, ça ne donne pas que du bon hein ?...
    Après, vous me direz, et pourquoi pas ?... hein, un selfie, c'est sympa... Bon mézigue, je suis de la vieille génération, et j'imagine pas Mitterrand, Marchais, Giscard ou Jean-Marie Le Pen poser pour un selfie... encore moins que des zozos insistent pour... C'est une question d'éducation...
    Quant à Macron causant pandémie sur Tik Tok...
    1) L'a pas aut' chose à faire qu'à papoter avec des ados ?
    2) C'est juste de la communication pour tenter de rattraper le coup du Pass Sanitaire, et pour le coup assez démagogique
    Bon après, si c'est sa manière de se rendre utile, hein, au président Macron, on ne va pas le décourager non plus...
    Je l'ai suivi, Mélenchon, sur LCP, dans les débats à l'Assemblée sur l’extension du Pass Sanitaire version Macron... Impérial... La ramenèrent moins soudain, les flûtistes de LREM quand il les calma... « Je n'ai pas peur moi »... Convainquant.

  10.  Tout dispersé quatre vents nos pommes... éparpillés, pillés, pilés... Des « failles du sol » que je les pressens les étrangleuses... qu'ça jaillira, bandes tachetées foudre... Après, le cou marqué spectre, on fantômera « les fougères pourries et les silex fendus » à Ghelderode.

  11.  « Au commencement était le Verbe »... Ça n'a pas arrêté depuis... l'humain kesskicause... l'en a pondu des bibliothèques, serments, sermons, sérénades, sottises et certitudes... Résultat : le progrès... on cause toujours autant mais de plus en plus technique... Novlangue nous guette.

  12. Patrice Houzeau
    Malo, le 2 août 2021.

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