Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

BREFS ET AUTRES

Publicité
11 juin 2022

L'ESPIEGLERIE AVEC SON ACCENT GRAVE

L'ESPIEGLERIE AVEC SON ACCENT GRAVE

1.

Zut écoute la batteuse Sina et se dit que jazz et rock n' roll ont sublimé l'art de la batterie. Je ne crois que ceux qui initièrent cette école de tambours furent tous des anges mais en tout cas de sacrés bons musiciens. Sina y compris. Allez voir sur YouTube comme Sina est épatante.

2.

Zut ne vit pas sur la Planet Claire des B-52's ; elle l'écoute. La mer n'a pas le poisson tranquille. Odessa sera peut-être une des clés du conflit russo-ukrainien. Zut ne vit pas sur la Planet Claire. Sur la Planet Claire, si l'on en croit les B-52's « no one ever dies there / No one has a head », ce qui n'est guère pratique si l'on veut éviter la surpopulation tout en continuant à manger du jambonneau.

3.

Quels fantômes cherchons-nous dans les figures de la Pop Culture ? Quels vampires y conjurons-nous ? J'ai de la sympathie pour Blondie et Kate Bush. Je n'en ai aucune pour Poutine. Mon chien m'est plus précieux. Et les disques de Kate Bush et de Blondie aussi.

4.

11 juin 2022. Il se dit que la France se porterait volontaire pour aider à débloquer le port d'Odessa menacé par les Russes. Comment va-t-on s'y prendre ? M'est avis qu'il s'agit pour la diplomatie française de mettre Poutine en difficulté en le mettant au pied du mur.

5.

Zut écoute le bon vieux « Barracuda » de Heart. On dit que Poutine aurait fixé le nombre limite de ses pertes à 30 000 de ses soldats. On dit que les mercenaires chair à canon du groupe Wagner auraient subi récemment des pertes sévères. Poutine rêve-t-il parfois de barracudas ?

6.

La France souhaite la victoire de l'Ukraine. Le président Macron continue à discuter avec Poutine de la même manière que la gendarmerie négocie avec un forcené. Il s'agit de s'assurer que Vlad le Dingo ne fera pas de conneries plus graves que celles qu'il a déjà faites.

7.

Selon la vox electronica, les apparitions d'OVNIS seraient de plus en plus fréquentes. Les yeux sont de plus en plus nombreux. Soldats blessés, soldats tués, soldats disparus en Ukraine aussi. Comme une grande vague d'ombres sur le monde. La grande marée.

8.

Dans la bande-son de l'épisode « La Maison du Péril » (série « Les Petits meurtres d'Agatha Christie »), on entend hennir puis cette phrase : « Tiens, on dirait que ta sœur nous ramène un gros poisson. » Puis il est question d'un commissaire trouvé au bout d'un cerf-volant.

9.

« De la part d'un autre, je ne passerais pas l’espièglerie. »

(Mérimée, « Colomba » [Brandolaccio])

De tout ce qui me fut, il ne restera jamais que fumée

La-La-La-La, La-La-La-La est-ce ainsi que les hommes etc... Ceci de la

Part de ma pomme songeuse qu'la vie est bin violente et les humains périlleux

D'un bonhomme à un autre, voilà bien de la diversité C'est tout

Autre et c'est vos gueules, la tienne, surtout ta gueule Vladimir Poutine je peux plus la voir

Je pense que l'Histoire va bientôt t'effacer, Vladimir Poutine. Je

Ne m'en raconte pas tant que toi. Certes, je

Passerais volontiers à autre chose de plus chic et élégant mais hein, j'ai

Pas le budget et je songe à

L'espièglerie rêvée des mômes Où êtes-vous donc maintenant Huckleberry Finn ? Où est mon Amérique ?

10.

Olibrius Bref dit : « Comme je la voyais double, la fille, je sus qu'il était temps d'arrêter de boire. » Olibrius Bref dit : « Je n'ai pas lu « Le Château » de Franz Kafka, je me demande défois ce que ça raconte. » Zut le traita d'ivrogne ignorant. Il ne l'avait pas volé.

11.

La littérature, c'est quand même bien des craques (bin oui, Toto, c'est pas les scribes qui causent dans le poste qui vont te la beurrer, ta tartine). Reste le signe de croix mais ceux qui le font ne sont pas tous des quelqu'un de bien.

12.

Ce que m'a dit le fils des réfugiés espagnols : « Ai dû faire mon service en Espagne, sous Franco. En fin de service, ai payé un verre au capitaine : « Mon capitaine, c'est quoi ces deux bandes noires sur votre uniforme ? ». « Ce sont deux enfoirés comme toi que j'ai butés ».

13.

La surpopulation implique le contrôle social et donc la dictature. Putain, je le vois mal le monde qui s'annonce. Que ne suis-je né Suisse ?

14.

« De la part d'un autre, je ne passerais pas l'espièglerie. »

(Mérimée, « Colomba » [Brandollaccio])

De tout ce que nous fûmes, il ne restera jamais que fumée

La grande noire nous l'engloutira not' pauv' monde C'est d'la

Part d'Eternel, le Néant, No Future comme ça disait chez les punks

« D'un coup j'ai pris un coup de vieux » disait l'autre lucide, et rusé, et fatigué, et sentant la pisse (faut dire s'qui est) c'était dans un bar et pourquoi donc que je

Autre chose : Zut affirme que perdre son humour, c'est comme si défois on perdait son couteau ; reste à se mettre d'accord sur le sens du mot « couteau ».

Je bois la bière qu'il dit de la part de Martine, de la part de Bruno – il y a peu d'étrangers dans ce bar ; défois des Angliches, mais ils ne restent pas, défois des passeurs, ils supposaient, les autres clients, que c'étaient des passeurs - l'Angleterre en face -, mais ils restaient entre eux, disciplinés et méfiants comme la mafia qu'après le covid, ils les ont plus revus.

Ne te raconte pas d'histoires, tu es ce que tu es, et en fin de compte, tu ne sais pas te battre Si tu te lançais vraiment dedans s'te bataille à l'échalote, tu

Passerais pas la rampe : t'as eu tort. T'as rendu service pis t'as fait l'con faut bien l'avouer, t'as du mal à supporter ceux qui sont mieux nés que ta gueule et ta jalousie elle prouve quoi ? Tes insuffisances Toto c'est tout.. Hausse-toi les épaules, mon pote, ça vaudra mieux.

Pas vu l'été, le Jean-Luc, adieu, l'ami. Reste

L’espièglerie, avec son accent grave.

15.

C'est dans les grandes et vieilles maisons que se font les meilleures hantises, bien des spectres d'auteurs vous le diront. Il y faut aussi une jolie cousine, une tante à table tournante, un arpenteur arrivé de loin, de l'autre côté, de loin, une porte condamnée...

Patrice Houzeau

Malo, le 11 juin 2022.

Publicité
11 juin 2022

MEME PAS CELUI DE LA PLUIE

MEME PAS CELUI DE LA PLUIE

  1. L’élève commença son poème par «Je mange des courgettes ». Je me souviens d’une élève dont le prénom était Charlotte. Je ne me souviens pas de plusieurs Charlotte. Les Charlotte auront été rares dans ma carrière.

  2. « Aucun ne se ressemblait réellement. » A première lecture, cette phrase à propos des nuages ne m’avait pas surpris. Soudain, l’idée qu’on ne se ressemblait jamais réellement m’intéressa, m’amusa, ma muse a de ces idées quelquefois.

  3. Lors des ateliers d’écriture, les élèves dans leurs poèmes, parfois, ils racontent des agressions. Le CDI est silencieux. On n’y rencontre pas de fantôme, même pas celui de la pluie qui s’agite au dehors.

  4. Dimanche dernier, un miroir s’est mis à vibrer tout seul sur le mur de chez Zut. Zut m’a dit : « Il y a un truc entre toi et l’étrange ». Je pense plutôt que c’était l’essorage de la lessive. Pas si sûr.

  5. La collègue qui tient le Centre de Documentation et d’Information porte souvent un masque anti-covid. Je ne vais pas au CDI pour m’informer des fantômes. J’ai assez affaire avec moi-même. Et Zut donc avec moi.

  1. Porte qui grince se rince aussi, pis défois elle pince aussi. Une porte n’est pas un crabe. C’est pour cela que je vais rarement à la pêche aux portes. Pour ainsi dire, jamais.

  2. J'écoute l'album « Moving Pictures » de Rush. Ce hard rock crypto-progressif va bien avec la lecture de la BD « Exit » de Bernard Werber et Alain Mounier, dans laquelle Amandine Wells constate : « La porte est ouverte ! Ils ne se méfient pas des morts en sursis... »

  3. J'aime bien les groupes de hard rock crypto-progressif façon Led Zeppelin, Rush, « Animals » de Pink Floyd. Le squelette déambulant en quelque crypte y trouva une guitare sur laquelle il compose maintenant des chansons de chez les Osses et autres Grateful Dead.

  4. Zut se dit qu'elle va réécouter l'album « Moving Pictures » de Rush. A la radio, les condescendants justifient leur dernier bouquin et ne remontent pas dans son estime. Zut préfère décidément le rock n' roll.

  5. Il y a une pochette d'album du groupe Rush où des cerveaux flottent au-dessus d'une matière jaune. Sous le bleu, une réminiscence de Magritte ou de Delvaux. Perché sur une de ces comprenettes aéronefs, une sorte de danseur à voilpé fait un geste ridicule. Je note que le titre de cet album n'est pas : « Cerfs Veaux Lents » (on n'y voit même pas de cochon planant) ni « Zombie Fantasia » et pas non plus « Remets ton slip, gondolier », qui est un titre de San-Antonio.

  6. A mon avis, les extra-terrestres nous font des blagues. Les extra-terrestres, c'est rien que des farceurs cosmiques qui nous font croire à leur existence alors qu'en fait, nous n’existons pas non plus.

  7. Zut s'interroge sur l’existence des poissons solubles. En fait non, Zut écoute l'album « Acquiring The Taste » de Gentle Giant qui est un de ses groupes de rock progressif préférés, surtout depuis qu'elle a appris à aller se faire cuire un œuf.

  8. Je décidai d'allonger fortement la finale du mot « éléphant » ; ça donna « éléphaaaaaaaaaaaaaaaaaant ». Zut les haussa, ses épaules, lesquelles sont situées sous sa tête d'enfant qui se balance avec la mollesse d'une éponge pas trop vieille.

  9. C'est à force de jouer sur un piano qui n’existe pas, avec des mains dont il constate souvent l'absence, qu'Olibrius Bref ne devint jamais virtuose. Il s'en mord parfois les doigts.

  10. Comme il faisait ses courses, il vit soudain filer sur ses cinq doigts la main invisible du marché. Dans un accès inattendu de gauchisme, il l'écrasa. Depuis, il est manchot, l'homme invisible.

  11. Les politiques me sont ontologiquement antipathiques. Et je ne parle même pas de Poutine, qui n'est pas un homme d'Etat, mais un vulgaire assassin.

Patrice Houzeau

Malo, le 11 juin 2022.

11 juin 2022

PIS COMME UN TRONC

PIS COMME UN TRONC

1.

Rimbaud écrit que « l'humide carreau tend ses bouillons limpides ! » Dans le bouillon, on met des carottes et des navets et puis il y a du bœuf aussi. Par contre, il n'y a ni tête de bouc, ni d'aucun musicien des Rolling Stones, et après on mange la viande avec des pommes de terre.

2.

« On va écouter votre choix musical. » Sans cesse la voix répétait cette annonce « On va écouter votre choix musical ». Mais nulle musique... Pas d'accord ni d'écho. Perdue, la chanson. « On va écouter votre choix musical ». On va écouter, écouter, écouter...

3.

Zut se doutait bien que la chanson « Baker Street » de Gerry Rafferty était mélancolique : « This city desert makes you feel so cold  / It's got so many people but it's got no soul ». Il n'y a pas de mouettes tragiques dans le Baker Street de Gerry Rafferty, mais c'est bien imité.

4.

Olibrius Bref relit « La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil » de Sébastien Japrisot. Il l'a lu dans une autre vie. Il ne souvient pas de l'un et guère de l'autre.

Olibrius Bref est impressionné par les premières phrases de « La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil ». Il lit : « La douleur n'est pas noire, n'est pas rouge. C'est un puits de lumière aveuglante qui n’existe que dans votre tête. Et vous tombez quand même dedans. »

5.

Tombant sur « l'humide carreau » à Rimbaud qui « tend ses bouillons », je pense aux carottes, au lapin aux pruneaux ; je songe que je vais manger des pâtes avec une espèce de sorte de fromage râpé que l'enseigne nomme « classic », classiquement succédané quasi.

6.

Dans le film « Diabolo menthe » de Diane Kurys (1977), il y a une jeune fille qui dit « merde » et envoie balader le lycée. Le genre de truc qui plaisait dans les seventies. Aussi une scène de cours chahuté. Même remarque. Maintenant que les enseignants risquent leur tête et leur réputation because l'éducation nationale se veut bienveillante et éducatrice, évidemment nos points de vue virent pis tournent à l'aigre, voire à l'acide.

7.

Sébastien Japrisot fait dire à la narratrice de « La Dame dans l'auto » (non, elle ne s'appelle pas Françoise Vélocipède, ni Carole Bouclette) : « elle râle comme un pou quand on ne demande pas de ses nouvelles ». Ah le râle du pou au fond des tignasses !

8.

Comme j'avais confondu les mots « tignasse » et « forêt vierge », ce n'étaient plus des poux, mais des tigres qui circulaient et se multipliaient entre les temples aux circonvolutions bizarres. Je me demandais où j'avais mis mes Rudyard Kipling. Sans doute ils étaient envoûtés.

9.

Ayant envahi l'Ukraine toute l'année, Poutine se trouva fort dépourvu quand la crise fut venue.

10.

Depuis plusieurs jours, internet nous annonce que la NASA prend très au sérieux l'hypothèse extra-terrestre et tout ça des OVNIS qu'ça s'pourrait itou qu'ils débarquassent, les Envahisseurs. Me suis demandé quel genre d'alien était Vladimir Poutine.

11.

Zut songea que « Rock n' Roll Animal » de Lou Reed (1974) était un bon album mais ayant changé de lunettes, elle ne regardait plus les étoiles noires de la même façon. Zut songea aussi qu'elle ne rêvait jamais d'OVNIS.

12.

A force d'oublier on finit par ne plus être que chair à néant.

13.

C'est en tentant de se passer des autres que l'on comprend que l'on n'est pas tout seul. C'est ce que peut-être voulait me faire comprendre Zut en agitant frénétiquement ce bocal de cornichons.

14.

Le cornichon se moque-t-il de la choucroute garnie ? Chaipas. Quant au papier, il ne se moque pas du poème vu qu'le papier n'a aucune faculté moquante pis qu'à li, li se contente de disparaître cependant que l'on croque le cornichon avec le jambon pis les frites.

15.

J'ai oublié la moutarde. « Un jour, tu oublieras ta tête », me dit la Lune où j'étais. Ce serait ballot, j'pourros plus manger d'jambonneau, si j'n'avos pus d'tête, pus d'tête, pus d'tête, et j'resteros planté là comme un tronc.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 11 juin 2022.

 

 

 

 

 

 

 

9 juin 2022

LES DIMENSIONS DU PAON SUR LE VITRAIL PERDU

LES DIMENSIONS DU PAON SUR LE VITRAIL PERDU

1.

Pierre Magnan a créé le personnage du commissaire Laviolette. Il n'y a pas, à ma connaissance, de roman consacré aux pérégrinations du commissaire Laviolette en Amérique du Sud. Dans « Le Sang des Atrides », l'arme du crime serait une fronde.

2.

Dans une série télé inspirée par les romans d'Agatha Christie, Antoine Duléry a interprété le rôle du commissaire Larosière. L'épisode « La Maison du Péril » a plu à Zut et à Flûte (sa cousine). Larosière est un homme à femmes, mais pas Lampion, son adjoint.

3.

L'élève me demanda comment c'est ça qu'ça s'appelle ce qu'ils ont sur le devant de la tête, là, les éléphants. Une autre évoqua ses « cornes », à l'éléphant. Je ne réussis pourtant pas à leur faire avaler l’existence du, certes très rare, éléphant effervescent.

4.

Certains collègues, plutôt de vous dire qu'ils ne sont pas d'accord sur tel élément du cours, vous font, à la fin de l'heure, un grand sourire et vous souhaitent une bonne journée, puis s'empressent d'aller pleurni-balancer dans les jupes de la cheffe des travaux.

5.

Epatantes illustrations des anciens volumes de « La Bibliothèque Verte ». Dans « Alice et les plumes de paon », les premières lignes du chapitre X sont précédées d'une vignette en noir et blanc montrant la tête blonde d'Alice happée par l'ouverture d'une trappe.

6.

J'enlève le mot « instinct » de cette phrase de Caroline Quine, traduite par Claude Voilier. J'enlève aussi « la jeune détective », mais pas la cantatrice chauve (elle n'y apparaît pas) pour ne garder que « les dimensions du paon sur le vitrail perdu. »

7.

« Puisque ces mystères nous tagada tsoin tsoin, feignons d'en être tagadonc tagadonc »

(Jean Tagatruc)

Parfois, des trous au milieu de la tête, par lesquels disparaissent citations et patronymes.

8.

Juin 2022, les rumeurs continuaient à galoper en Occident sur un Poutine de plus en plus atteint par l'incurable. Je décidai de me faire des crêpes. On parla d'orages, de crise agricole, de gaz et de pétrole. Les canons Caesar ont une portée qui atteint, dit-on, 40 kms.

9.

A l'approche des législatives de juin 2022, on parla beaucoup en France du retour de l’indexation des retraites sur l'inflation. Il y avait en fond sonore un trait de trompette répété, répété, répété, répété, répété, répété. Je songe soudain à la pipe de Maigret.

10.

Les Camions Equipés d'un Système d'Artillerie (Caesar) se déplacent vite. Il y eut en fond sonore un trait de trompette répété répété répété de telle sorte qu'on s'attendait à ce qu'éclatât quelque charge de cavalerie. A la radio, une ancienne sirène pop lance et lancine.

11.

Quand je siffle mon fantôme, c'est un chien qui revient. Quand je siffle mon chien, il ne revient pas non plus.

12.

A la radio, une ancienne sirène pop/rock lance et lancine. Michka Assayas nous apprend qu'il s'agit d'un morceau de Radiohead tiré d'un concert donné à Vaison-la-Romaine en 2001. Sphinx, dragon, licorne et Kilroy Was Here sont mythiques.

13.

Je n'ai jamais croisé Françoise Hardy nulle part, ni Philippe Katerine, ni Angèle, ni Adèle, ni le spectre de la madeleine de Proust ; j'ai parfois croisé mon ombre s'éloignant dans le sens inverse des aiguilles de ma montre. « L'Etoile mystérieuse » ? Je l'ai rangée.

14.

Vous ai-je dit qu'il y a quelques jours, le miroir s'est mis à vibrer ? Le soir, j'ai vu le très beau « Les Autres », de Alejandro Amenabar. Après, il y avait un essorage dans la salle de bain tandis que dans le film, je ne me souviens pas d'avoir vu l'ombre d'une machine à laver.

15.

Mon album préféré de Marc Sleen (« Les Aventures de Néron et Cie ») est « Le Petit coffre canari ». Ne l'ai plus depuis longtemps. Je me souviens que les tribulations surréalistes de Néron m'avaient, môme, fasciné la boîte à songes. L'étrange violoniste.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 9 juin 2022.

 

 

8 juin 2022

D'UNE COUVERTURE D'UN ROMAN DE SIMENON ET AUTRES VARIETES

D'UNE COUVERTURE D'UN ROMAN DE SIMENON ET AUTRES VARIETES

1.

Il y eut une collection « Le Livre de Poche Simenon » dont le logo était, bon sang mais c'est bien sûr, une pipe. Le nom de Simenon y figurait en lettres évoquant les néons des commerces oh les souvenirs des films d'atmosphère, de police et d'antan.

La couverture du roman « Les Gens d'en face » de Simenon (une photo de l'agence Holmès-Lebel) dans cette collection « Livre de Poche Simenon » montre une jeune personne (fille on pense, ce n'est pas si sûr) devant une fenêtre aux carreaux sales et rongés par le givre.

La jeune personne, on pense à une jeune fille, ou à un adolescent, porte un pull, ou peut-être une tunique, une blouse, un pantalon ou une jupe sombre, une écharpe blanche. Il fait froid, sombre. Les murs sont sales.

Le dos du volume est plus sombre encore, la lumière ne semblant venir que de la fenêtre aux carreaux sales. L'on y voit une bouteille ballon dans laquelle se reflètent, semble-t-il, d'autres fenêtres, le bas d'une cage à oiseaux et peut-être dans l'ombre, le profil d'un guetteur.

Adolescent, ce fut l'un des premiers romans de Simenon que, intrigué par la photo de la couverture, alors je l'ai acheté. C'était à la librairie Henrard (Hénin-Beaumont). Mon admiration pour Simenon fut dès lors très grande. « Les Gens d'en face » évoque l'URSS des débuts du stalinisme et l'omniprésence des agents du Guépéou. Chef d’œuvre.

Citation : « Quelque part, à hauteur des toits, flottait un calicot de plusieurs mètres avec un portrait monstrueusement agrandi de Staline. »

(Simenon, « Les Gens d'en face », Le Livre de Poche Simenon, 1971, p.111)

....................................................................................................................................................

AUTRES VARIETES

1.

Défois qu'on n'saurait pu quoi faire entre ses quat's murs, qu'à se cogner entre le whisky pis le lit et le ciel qui s'roule les pouces dans les nuages.

2.

J'écoute « Steely Dan » sur Youtube, le classique « Rikki Dont' Lose That Number ». Je pense que je suis triste, que je ne devrais pas l'être. Sur « Le Balai » de Gaston Chaissac (1910-1964), il y a un visage, peint.

3.

J'ouvre « Michel Strogoff », je lis : « Le sang des victimes n'était pas même encore complètement figé. » Le sang des victimes est-il jamais figé ? Il coule dans les mémoires, dans les symboles, dans les archives. Les ombres des assassins ne disparaissent jamais totalement.

4.

Ne pas confondre l'auteur et le personnage, le réel et comment on le manipule. Le réel est-il une somme infinie de cultes ? Une somme de scandales, le réel. Les plaintes se multiplient because, savez quoi, le réel il est tout scandaleux.

5.

La musique fait parfois du bruit. Les fantômes aussi font du bruit, mais moins fréquemment. Aussi je me demande si la musique qui fait souvent du bruit n'a pas pour but réel de couvrir les sons des fantômes.

6.

« Whole Lotta Love » de Led Zeppelin est un morceau qui sonne drôlement progressif. Les musiciens de l'antan électrique avaient les cheveux longs. Les filles aussi, mais pas les colibris. Y a un morceau de Queen qui me rappelle la structure de « Whole Lotta Love ». Le titre va me revenir plus tard.

7.

Va falloir que le professeur se débarrasse de certains de ses livres. Zencombrent, tous ces bouquins. Il n'aura plus le temps de les lire. D'autant qu'il aimerait en relire d'autres, avant de les avoir complètement oubliés.

8.

On s'habitue à tout, y compris à la guerre des autres. On a tort. On le sait. On fatigue. On est un con. C'est bien connu et certains spéculent là-dessus.

9.

Dans « Notes pour un coquillage » de Francis Ponge, il est fait mention « de la véritable sécrétion commune du mollusque homme ». C'est assez bizarre ; j'avais toujours pensé que l'humain tenait plus du tapir, du tatou, du tapis, du tabou et du tabouret, du tambour et du tocsin.

10.

J'écoute du hard rock, ça m'fa pensa à l'orage. Comme je pige que couic en anglais, j'imagine assez aisément que les paroles illustrées de striures électriques que scandèrent les chevelus des seventies sont composées dans la langue des éclairs. #PigeQueCouic

11.

Zut, dans la chanson « Stairways To Heaven » de Led Zeppelin, aime bien le vers : « In my thoughts I have seen rings of smoke through the trees » qu'on ne traduira pas par : «Jje me demande si je n'ai pas oublié de fermer le gaz ».

12.

Défois le scribe de ces brefs écrit « ça m'fa pensa à », c'est qu'il aime cocasser dans le répétitif. Défois Zut pense aux « anneaux de fumée à travers les arbres » qu'on entend dans « Stairways to Heaven ». Zut et le scribe ne pensent pas toujours à la même chose.

13.

Le scribe se dit que d'ici quelques jours il pourra écrire tous les brefs que son cerveau filera sans que le réel de plus en plus contingent ne vienne lui rappeler que les humains sont mortels. Les scribes aussi sont mortels. Ça agace. Ne plus avoir de café agace aussi.

14.

Entre ne plus avoir de café et ne plus avoir de talent, je me demande ce qui me caractérise le plus. Zut me dit : « Pour l'heure, les deux ». Elle a oublié d'en acheter. Quant au talent, j'ai dû le perdre avec mes dents.

15.

J'écoute « Get Down Make Love » du groupe Queen. Voilà qui m'fa pensa à Led Zeppelin, en moins lyrico-ésotérique. Je ne traduirai pas les paroles. De toute façon on n'y parle ni d’éléphant effervescent, ni de choucroute garnie.

16.

J'aime bien l'humour de Francis Ponge : « Lorsqu'il va déborder, il est midi. Une sonnerie stridente invite à disparaître instantanément de ces lieux. » Spectres pendulaires assez nos pommes défois.

17.

Integral_Blu @WoodyWoman m'a fait l'honneur de traduire deux de mes brefs en anglais. Du coup ça m'a rappelé cette Ecossaise qui m'a raconté qu'elle avait vu dans son pays natal des gens frire des barres chocolatées. Et on se demande d'où viennent les armes secrètes de Poutine !

Ceci cit, sur le site Recette du snickers frit - Barres chocolatées frites - Recette Américaine (recette-americaine.com) on trouve, devinez quoi, la recette du snickers frit.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 8 juin 2022.

Publicité
30 mai 2022

ARSENE ET AUTRES ILLUSTRES

ARSENE ET AUTRES ILLUSTRES

1.

« Arsène Lupin acheta un croissant dans une boulangerie qui venait d'ouvrir et d'où s’exhalait un voluptueux parfum de pâte au beurre. »

(Frédéric Lenormand, « Le retour d'Arsène Lupin »)

J'aime bien ce genre de phrases que j'appellerais volontiers « phrases miam-miam » ou « phrases gourmandes ». A foison bien grasses et riches, goulafres, dans Maupassant, dans les fantastiques de Jean Ray...

Dans la suite du texte de Frédéric Lenormand, Arsène Lupin « regagna son agence, où une personne inanimée gisait dans la salle d'attente. » Sur le même ton dis donc qu'il avale un croissant, le Lupin, et qu'il encaisse une inanimée. La vie ordinaire des aventures quoi.

L'effet d'étrangeté aurait été cocasse si l'on avait eu : « Arsène Lupin acheta un croissant dans une boucherie qui venait d'ouvrir et d'où s’exhalait un voluptueux parfum de pâte au beurre. » Mais l'éditeur, je pense, aurait tiqué.

2.

La couverture du volume « Le Retour d'Arsène Lupin » en édition de poche est signée Raphaëlle Faguer : le titre est en blanc, le nom de l'auteur (Frédéric Lenormand) en jaune, de même que le célèbre logo des « Editions du Masque » : un masque (de type « loup ») dont l’œil droit est traversé d'une plume.

Une ombre en couvre le bas qui s'étire vers la droite évoquant une cape. L'échancrure du col est en blanc, et le papillon noir. Blanche aussi la pochette et blanc le cercle du monocle. Le chapeau est haut de forme et pointu le nez d'Arsène. Je pense au renard.

Le fond répète le motif d'une plume de paon stylisée, possible éventail. L'ombre d'Arsène Lupin glisse, croisant la robe noire, qui se confond ainsi avec la cape du gentleman cambrioleur, d'une danseuse à longue chevelure noire traversée de chaînettes de perles blanches. Comme j'ai lu le roman, il est possible que cette demoiselle aux yeux clos et lèvres rouges soit une représentation de Mata-Hari.

3.

Publiée en 1971, l'édition dans la collection « Spirale », dont le logo était une spirale jaune sur fond rouge, du « Colomba » de Prosper Mérimée se caractérise par une couverture illustrée par Gilles Valdès : une jeune femme, une jeune fille, en lavis noir, debout, bras croisés. Un foulard noir lui couvre le visage dont la bouche est close et le regard fier de celle qui se demanderait ce que lui veut, et de quoi se mêle, ce Prosper Mérimée qui se pique d'écriture.

4.

Dans « L'Immanquable » n°136 (mai 2022), la deuxième partie de la prépublication de l'album « Les Yeux perdus » par Agrimbau & Tumburus. Ambiance gothico-horrifique à souhait. Poupées sans yeux, sans yeux cadavres pis conservés et mis en scène, beaucoup d'bocaux pleins d’yeux.

5.

Dans les films d'horreur il arrive qu'on croise des morts-vivants sans yeux cependant que sur d'autres scènes, une paire d’yeux sans visage s'ouvre dans la nuit.

6.

Je tourne quelques pages et voilà qu'au bas d'une planche du « Jesse James » de Dobs, Regnault & Ameur, une main tend la carte de la Pinkerton's National Detective Agency qui représente un œil ouvert et en-dessous, leur devise, aux privés : « We never sleep. »

Patrice Houzeau

Malo, le 30 mai 2022.

30 mai 2022

MINUSCULES EPICETOUS

MINUSCULES EPICETOUS

1.

Que pourrais-je faire rimer avec lilas ? Peut-être sépia... Et pourtant évidemment qu'il n'y a pas plus de rapport entre sépia et lilas qu'entre une mélodie de Debussy et le chemin entre la haie et le jardin que j'imagine ici ; et quand je dis ici, je veux dire mon imaginative caboche et la course rêveuse de ses lunes naïves.

2.

Dans l'hiver courent les loups. Bien sûr, le mot hiver s'associe bien au mot loup, et la neige à la meute ; mais dans les mois doux, ils courent aussi les loups et je me demande si leurs longs hurlements hantent encore les têtes des enfants.

3.

La Mort est mauvaise camarade. Quelle rime à cela : rester en rade ? Ou alors limonade. Je ne bois plus jamais de limonade. Par contre, je suis parfois resté en rade dans des rades hein, bin oui bien sûr, tant pis, j'aurai choisi.

4.

Jouer Molière, c'est jouer l'ironie. J'aimais beaucoup du temps de ma jeunesse seule les moqueuses servantes des pièces de Molière. Du temps de ma jeunesse seule... C'est que j'aurais tant aimé voir courir le lierre sur les murs d'une maison de famille... Regretter, à quoi bon ?

5.

Qui fréquente parfois le dimanche, à l'heure de l'apéritif, les cafés où l'on joue et parie comprend vite que l'argent continue à abonder en Occident. Ceux qui disent le contraire et appellent de leurs vœux quelque contrôle social sino-poutinien n'ont ni yeux ni oreilles.

6.

Plutôt que de discutailler politique internationale, je ferais mieux de me mêler de mes affaires, voilà ce que je me disais ce matin en voyant l'eau se répandre chez moi. Panique et whisky, fatalitas.

7.

« Et une façon de bête humaine, un paquet monstrueux roula, jupes en loques, corsage arraché, le tout surmonté d'une chevelure de Gorgone que des poings crispés arrachaient, pendant qu'une bouche qu'on ne voyait pas hurlait » (Gaston Leroux , « Le Fauteuil hanté »)

Fichtre ! Un vrai tableau genre : La République exigeant la Justice, ou Zut exigeant des frites, ou quelque moderne banshee exigeant une guitare électrique ou... oui, bin bon, ça va aller.

8.

Si la vie ne m'avait point tant fait euh comme je suis, j'eusse aimé composer les aventures de Napoléon Ridicule (homme et des tas) ; aussi les aventures du Moine Citrouille (sage, érudit, rigolard) mais bon, allez, je me contente de mes minuscules épicétou.

9.

Tant de frites pour si peu de mayonnaise... Vous avez raison, le réel est si souvent insuffisant. Par ailleurs, en dehors de la trinité frites-bière-mayonnaise, j'apprécie beaucoup ce que vous écrivez.

10.

Entendu l'illustre Luc Ferry déclarer qu'il fallait moins d'enseignants mais chargés de plus d'heures et c'est à cette condition qu'ils seraient mieux payés. Vu le boulot que ça demande, surtout en lycée général, il faudrait alors qu'ils le soient vraiment beaucoup plus, payés oui.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 30 mai 2022.

27 mai 2022

CONVERSATION AVEC UN QUEBECOIS SCEPTIQUE

CONVERSATION AVEC UN QUEBECOIS SCEPTIQUE

1.

Moi je suis très basique : dans la crise ukrainienne, je ne vois qu'une chose, un type qui ne m'est rien, et même moins que rien, du nom de Vladimir Poutine, a lancé son armée contre un pays, l'Ukraine, qui aspire à la liberté et à la démocratie. Dès lors, Poutine est mon ennemi .

2.

Je ne discute pas avec des niaiseux qui ont la chance de vivre dans des pays riches et démocratiques comme le Canada et qui, pourtant, bandent pour des dictateurs. Allez vivre en Russie, vous verrez si c'est mieux, et fichez-nous la paix.

3.

Attristant de voir des Africains faire allégeance à Poutine et à Wagner, comme si l'Afrique ne pouvait s'administrer elle-même et avait toujours besoin d'un tuteur, qu'il soit occidental ou dictatorial du type sino-russe.

4.

Quand je dis « Poutine est mon ennemi », comprenez bien que cela signifie qu'entre mon chien et Poutine, je choisis mon chien et qu'en conséquence, tous ceux qui le soutiennent peuvent bien crever la gueule ouverte ... On appelle cela la guerre.

5.

C'est quoi cet essentialisme niaiseux ? Il n'y a pas de Russie éternelle, pas de Canada éternel, pas de France éternelle. Il n'y a que des gens qui essayent de vivre et survivre. Le reste, c'est de la niaiserie. De plus, la Russie n'est pas un homme.

6.

Je peux comprendre qu'un citoyen canadien ou américain n'apprécie pas que ses impôts servent à faire la guerre au lointain Poutine. Moi, je suis français, Poutine, pour moi, est un voisin dangereux. Et puis le Canada, les Etats-Unis, la France, c'est la Triade, non ?

7.

Bref, certains citoyens canadiens et américains veulent bien faire partie de la Triade et bénéficier de ses avantages (démocratie et traités commerciaux) mais ne veulent pas la défendre contre Poutine. Le Canada n'est-il pas notre allié ?

8.

Regardez une carte de l'Europe et vous verrez que le pays le plus vaste du monde, la Russie (11 millions de km²), en annexant l'Ukraine et étant l'allié de la Biélorussie, menace directement Pologne, Etats baltes, Moldavie, Roumanie, bref, l'ensemble de l'Europe centrale.

9.

Je peux vous dire qu'avant que Poutine ne déclenche sa sale guerre, personne en Europe n'évoquait une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN ou à l'UE. Avec le covid, l'inflation (déjà) et la Chine, on avait d'autre chats à fouetter...

10.

Si nous quittons le terrain politique, j'ai ceci à vous dire que Charlebois, Vigneault et Félix Leclerc sont des références pour nous et que j'enseigne à mes élèves que les accents québécois sont ceux de nos aïeux qui ont suivi Jacques Cartier.

Patrice Houzeau

Malo, le 27 mai 2022.

22 mai 2022

ALORS JASON JASON COMME JADIS

ALORS JASON JASON COMME JADIS

1.

« Depuis que mon esprit est capable de flamme,

Jamais un trouble égal n'a confondu mon âme. »

(Corneille, « Médée » [Jason])

2.

Alors Jason Jason comme Jadis & Zont

Belles plumes à leurs chapeaux alors

Jason dit « Depuis que mon esprit il

Est hein pourquoi parlé-je de mon il

Est hein mon esprit tout émietté mon

Esprit si éparpillé qu'à l'évoquer à

L'évoquer mon esprit oh j'en j'en oh

J'en j'en bégaie puis ne me viennent

Alors que des bribes de fantômes aux

Paroles et aux noms aussi incertains

Que s'ils n'étaient qu'esquisses des

Fictions par lesquelles je crois que

J’existe alors que je ne suis jamais

Qu'une suite de vers dans une pièce.

3.

Alors Jason Jason comme Jamais & Zont

Passé l'âge d'écouter du rock n' roll

Jason dit « Depuis que mon esprit est

Capable de flamme » (L'aurait-y point

L'âme-briquet le Jason là j'me dis oh

C'est pratique ça une âme-briquet que

Donc il pourrait s'allumer des clopes

Quand il fume à l'intérieur qu'il est

Tout de même un masque de tragédie le

Jason là qu'il pourrait s'allumer des

Clopes quand il fume à l'intérieur et

Ça passe le temps entre deux actes de

Fumer tandis que la machine infernale

Continue d'aligner ses répliques pour

Qu'au bout il se suicide le Jason là)

4.

Alors Jason Jason comme J'avions bien

Dit de refermer s'te porte & Zont dit

A la télé que que que pis que que que

Pis encore que que que & que qui quoi

Dont où Jason dit « Jamais un trouble

Egal n'a confondu mon âme » que c'est

Toujours plein de trouble un masque à

Tragédie plein de trouble un héros de

Tragédie plein de trouble comme on en

Voit dans le genre humain ce genre-là

Qu'on vit dedans jusqu'au cou et même

Qu'on va y finir noyé dedans disparu.

 

Patrice Houzeau

malo, le 22 mai 2022.

 

22 mai 2022

EN PARLANT IL OUVRAIT LA MALLE

EN PARLANT IL OUVRAIT LA MALLE

1.

« En parlant, il ouvrait la malle et en retirait quelques robes, un châle et d'autres objets à l'usage d'une jeune personne. »

(Prosper Mérimée, « Colomba »)

2.

En parlant en parlant parlant parlant parlant

Et pourtant il n'en parlait pas plusieurs que

Tant parla tant parla tant parla pis blablata

Blablata blablata blablata qui n'est point la

Mystérieuse cité où la parole est d'or ni car

Car j'aime toujours bien les jeux de mots car

Œuf four pis car à bistouilles car j'aime bin

Ça que c'est du café qu'on boit du rhum avec.

3.

En parlant en parlant en parlant en parlant en

Il ouvrit la malle il ouvrit la malle l'ouvrit

La malle alors une trompinette voltigeuse d'la

Malle d'la malle là d'la malle en sortit do ré

Mi mi la trompinette voltigeuse en jaillit pis

Comme i savot pas en jouer il la remit dedans.

4.

En parlant en parlant en parlant koikilfa

Il ouvrait la malle et en sortait sortait

De la malle ouverte là en sortait sortait

Retirait quelques robes & personne dedans

Car il n'est pas dans l'usage des humains

D'enfermer dans les malles des robes avec

Des personnes dedans ah non pas du tout &

En particulier si elles sont hein hein si

Elles sont hein si elles sont vivantes...

5.

Il ouvrait la malle et en sortait sortait

De la malle ouverte là en sortait sortait

Quelques robes un châle & d'autres objets

Couteaux gourdins machins dézingueurs car

On ne sait jamais Par contre il n'y avait

Pas de canons à longue portée car dans la

Malle hein il n'y avait plus hein dans la

Malle là d'place pour l'artillerie lourde

6.

Il ouvrait la malle et en sortait sortait

De la malle ouverte là en sortait sortait

Des robes un châle d'autres objets encore

A l'usage d'une jeune personne quand tout

A coup il vit ah tiens qu'il n'y avot que

Couic avot que couic ni malle ni robes ni

Châle ni jeune personne pis que la phrase

Etait finie finie finie finie finie finie

Aussi finie que la tartine à Nini lorsque

Nini l'a avalée sa tartine Nini engloutie

 

Patrice Houzeau

Malo, le 22 mai 2022

Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité