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BREFS ET AUTRES

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23 février 2022

MAIN BASSE SUR LE DONBASS ET AUTRES PERILS

MAIN BASSE SUR LE DONBASS ET AUTRES PERILS

1.
Si, faute du nombre de parrainages suffisant, Marine Le Pen, Eric Zemmour ou Jean-Luc Mélenchon ne peuvent se présenter aux présidentielles, il ne faudra pas s'étonner ni du taux d'abstention, ni des troubles en cas de désaccord avec un Macron trop facilement réélu.

2.
Si Vladimir Poutine réussit à faire main basse sur le Donbass sans déclencher une nouvelle guerre en Europe, voire un conflit international, il aura réussi un coup de maître. S'il va trop loin et tente de contrôler l'ensemble de l'Ukraine, alors le pire est à craindre.

3.
Il est dangereux de sous-estimer Poutine, d'évoquer je ne sais quelle « confusion mentale ». Poutine agit en stratège efficace, machiavélique, habile. Poutine est un grand chef de guerre russe. Le tout est d'empêcher ce dux bellorum d'aller trop loin.

4.
« Des deux côtés, c'est la misère ». Entendu sur France info ce propos rapporté d'un habitant du Donbass sur la situation économique qui semble commune à l'Ukraine et à la Russie.

5.
Je ne sais pas ce que Macron a bien pu raconter à Poutine, mais s'il lui a fait je ne sais quelles promesses, je crois que Poutine sait depuis longtemps ce que valent le désormais célèbre « en même temps » et la non moins célèbre poudre de perlimpinpin macronesque.

6.
Entendu que, même annulée, la dette covid serait immédiatement reconstituée par les investissements nécessités par les réformes à Macron à prévoir, vu qu'il veut tout réformer, s't'homme-là. Bref, avec Macron, on sera soit sur-sur-endetté, soit sur-endetté.

7.
Entendu dire que Frédéric Taddeï, « par loyauté envers la France », mettait fin à son talk-show sur la version française de la chaîne russe RT. J'approuve. Je reconnais le talent stratégique de Vladimir Poutine, mais en tant que Français, l'OTAN n'est pas mon adversaire.

8.
Il est possible que les sanctions économiques prises par les Etats-Unis et l'UE à l'encontre de la Russie accélèrent le processus de rapprochement entre la Russie et le Sphinx chinois. On se croirait dans le 1984 d'Orwell. Le monde divisé, en guerre froide perpétuelle.

Il est que la Russie ne s'effondrera sans doute pas comme s'est effondrée l'URSS. La Russie va-t-elle devenir un second modèle d'économie de marché à parti unique ?

9.
Les rêveurs qui voudraient que la France ne s'occupe ni de ce qui se passe au Sahel (la menace djihadiste et nos intérêts économiques en Afrique), ni de ce qui se passe en Ukraine, semblent ignorer que la mondialisation signifie aussi l'internationalisation des tensions.

10.
Dans un conflit comme celui qui oppose l'Ukraine à la Russie, tout l'effort de la propagande des deux parties consiste à prouver que l'adversaire est illégitime parce qu'il agit non pas en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais en fonction du droit du plus fort.

11.
Heureuse Suisse, qui, grâce à son secret bancaire et à sa neutralité intéressée, n'a pas à se mêler des conflits de ce monde, tout en étant protégé par ce même monde, qui parfois l'envie, la gronde, la suspecte, voudrait la voir disparaître, et s'en mordrait vite les doigts.

12.
Entre l’annexion du Donbass et la prise de contrôle de l'ensemble de l'Ukraine par l'armée russe, se trouve sans doute la frontière qui fera du politique occidental soit un négociateur qu'on espère habile, soit un Churchill en puissance.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 février 2022.

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21 février 2022

REJOUISSANT COMME UNE LANGUE BIEN ROULEE

REJOUISSANT COMME UNE LANGUE BIEN ROULEE

1.
Comme il vivait sous une fausse identité, parfois, il ne se reconnaissait pas et enquêtait sur son propre compte. Non sans en éprouver quelque malaise, il se félicitait parfois de s'être percé à jour.

2.
Quand t'entres en contact avec une choucroute, c'est pas à la Francfort de causer en premier, pas à ta pomme non plus, car il est rare qu'une choucroute soit en attente de confidences.

3.
Quand on envisage d'investiguer dans les étages d'une villa dans le schwarz, faut prendre le pas de loup lent pour traverser les pièces pleines de meubles qui pourraient vous croche-patter avant d'envisager la grimpette des degrés de marbre (comme on voit, il se pourrait qu'on romance-policière dans le luxe des affaires à scandales et « une » des gazettes).

4.
Où ai-je entendu récemment le nom « belphégor », au pluriel, employé pour désigner des tueurs de l'ombre, voire des barbouzes...

5.
Je viens d'entendre Julien Denormandie dire sur France Culture que la première souveraineté était la souveraineté alimentaire. Vous avez raison, Monsieur le Ministre, et c'est bien pour ça que bon nombre de Français ne veulent pas d'une Europe fédérale.

6.
Défois, j'arrive à grignoter un « bout de silence » (j'emprunte cette expression à l'immense, océanique, métropolitain, perspicace, lucide San-Antonio), et dans ce monde de bruits de bottes et de fureur politique, un « bout de silence » est toujours bon à prendre.
Citation : « Et maintenant, Lecteur Prostatique, un bout de silence, plize. »
(San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

7.
« avoir la soupape qui fait « tuuut » : réfléchir très vite, dans l'action, sinon dans l'urgence, et agir en conséquence.
Citation : « Quand le moment de théâtrer est venu, j'ai la soupape qui fait tuuut ». (San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

8.
Quelque chose me dit que, parfois, quand on essaie de mettre la Guerre en bouteille, elle éclate.

9.
« avoir du caramel sous la coiffe » : ne pas disposer d'un matériel neuronal suffisant pour comprendre le réel tel qu'il se présente ; paraître aussi sot qu'un haut fonctionnaire constatant qu'un vilain virus se pointe et qu'on a négligé le stock stratégique de masques.
Citation : « Non mais, il coupe dans les vannes de ce requin, le Sana. Il croit à l'histoire de la fille égorgée près de lui dans son sommeil ! Il a du caramel sous la coiffe, ou quoi ? »
(San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

10.
Je tapote joyeusement sur mon ordinateur, c'est-à-dire que je prends des notes sur l'épatant volume des aventures de San-Antonio intitulé « Dis bonjour à la dame », et que l'on doit au grand Frédéric Dard. Réjouissant, et même jouissant.

11.
Entendu sur France Culture qu'Eric Clapton aurait dit que J.J. Cale (l'auteur de « After Midnight » et de « Cocaine ») était la personne qu'il avait le plus admirée. Difficile en effet de résister à cette musique nonchalante, ironique, intelligente. 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 février 2022.

 

 

 

 

19 février 2022

EN PASSANT LE THON

EN PASSANT LE THON

1.
Il faut aussi remettre les tableaux bien droits, avec toutes leurs vaches dedans.

2.
On s'abstiendra de mourir avant d'avoir fait le ménage et rempli le frigo.

3.
« Regarde les peuples qui se délivrent de leurs tyrannies, la manière, que vite ils s'en enclenchent une autre, d'urgence, pour pas tituber de leur ivresse d'être affranchis. »
(San-Antonio, « Dis bonjour à la dame » [le narrateur])

4.
C'est lorsqu'on l'empêche de chanter, que l'on catastrophe l'atroce cantatrice.

5.
Avoir une fortune dans des poches qu'on ne retrouve plus.

6.
Cracher sur le miroir ne rend pas plus beau.

7.
Pisser dans un violon ne rend pas sourd ; par contre, c'est aussi vain que de vouloir chasser sans son chien quand on n'est pas soi-même chasseur sachant chasser sans son chien.

8.
Apprenant bien appris ne se prend pas au pipeau, pas plus qu'à l'éloquence carabistouilleuse du loquace Blanquer.

9.
« La langue des signes n'empêche pas de penser. » (France Culture, le 19/02/2022).

10.
Echange tripotée de hauts fonctionnaires incapables de gérer un stock stratégique de masques et de prévoir une épidémie, contre un peu de bon sens et une collection de San-Antonio à couverture amusante.

11.
Avoir le moral aussi ravagé qu'un radeau qui vient d'se prendre une drache drue, crue, pis drastique autant que tarabiscotée.
(Citation : « On s'est mis à ravager du moral. » San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »).

12.
Dévorer la sirène et se plaindre des arêtes.

13.
Dissiper un malentendu à coups de gourdin, c'est pas pour qu'on réplique et argumente, c'est pour qu'on riposte et représaille.

14.
Se sucrer la gaufre en espérant le beurrier et l'argent du beurre.
(citation : «(...) les gentes secrétaires se sucrent la gaufre en catastrophe. » (San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

15.
Février 2022 : Bassesses et coups bas, basses œuvres et manœuvres dans le Donbass. L'Ukraine craint ; la Russie gronde. On dit qu'ça s'bombarde, dans le Donbass, dis.

16. 
Avoir le cœur aussi léger qu'une aquarelle avec des longilignes fluets qui flottent dedans, des demoiselles aussi, voire des vaches (mais pour ça il faut que les cadres soient accrochés bien droits sur les murs clairs.
(citation :
« - C'est un Folon.
- Je ne connais pas, car je viens d'assez loin, mais c'est excellent.
- Et puis c'est très mode, ajouté-je. »
(San-Antonio, « Dis bonjour à la dame »)

Tellement à la mode de l'alors des soixante-dix qu'on les vit partout, ses légèretés colorées bleues ; zoizeaux silhouettes, flottances, bonzhommes zanimés sur Antenne 2, Puis Folon passa pis de mode aussi.

17.
Chacun ses vaches, et les prés seront bien gardés.
(proverbe propriétaire)

18.
En passant le thon paisible, je me dis : Ah, tiens, le Tsar dîne.
En alexandrin, ça donne :
Passant le thon je me dis Ah tiens le Tsar dîne.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 février 2022.

 

19 février 2022

DIEU NE JOUE PAS AUX DÉS MAIS NOM DE LUI QUELLE BARAKA

DIEU NE JOUE PAS AUX DÉS MAIS NOM DE LUI QUELLE BARAKA !

1.
Dans « Le Dépotoir des étoiles », de Godard et Ribera, j'aime bien cette case de la dernière planche où, ombres grises et de dos sur fond de ténèbres, Nusky dit à Axle : « Ooooh, Axle, je suis revenue, et cependant, est-ce que tu n'aimeras jamais la vie ? »

2.
Petit bonhomme drolatique signé Godard et Ribera, ce Monsieur Orianelli, eurasien en costume blanc, qui doit « affronter Ze-Winner » aux « échecs coinchés » s'il veut gagner « pour sept ans (tiens, un septennat) la présidence du Casino suprême ».

3.
Planche 9 du « Dépotoir des étoiles », Godard et Ribera ont pris soin de doter le visage de Nusky d'une maturité qui empêche de la considérer comme un(e) pré-adolescent(e). Visage de jeune femme, assurément, qui dément son faux air de garçon.

4.
Une des caractéristiques de la Nusky à Godard et Ribera, c'est qu'elle jure énormément, « comme un garçon » pourrait-on dire, ce qui serait assez sot : « Putentrailles et fentachiasse » (pl. 17) ; « Putachtouille ! » (pl.29) ; de plus, elle boit de la bière, la Nusky, si l'on en croit ce « Une tronambourre une, et sans faux-col ! » de la planche 20.

5.
Planche 7 de l'album de Godard et Ribera, je dis à Zut que le visage de Doudou-Anne me rappelait certains visages de « Goudard et la Parisienne », de Gibrat et Berroyer. Zut tira sur sa très longue longue longue cigarette, battit des cils.

6.
Réflexion intéressante du personnage Orianelli à la planche 44 de l'album « Le Dépotoir des étoiles » de Godard et Ribera : « Les insectes vivent en deux dimensions, mais leurs antennes leur permettent de pressentir la troisième, celle de l'épaisseur... Les hommes vivent en trois dimensions et la martingale céleste leur permet de percevoir la quatrième... »

Il est que je la trouve incomplète, la célèbre proposition de Mallarmé : « Un coup de dés jamais n'abolira le hasard ». Certes, mais je pressens, c'est ainsi, que la succession des coups de dés influe, par je ne sais quel mécanisme, sur la suite de résultats.

Certes, chaque tirage est indépendant, mais il est aussi conditionné par les tirages précédents. Qu'une maîtrise totale des probabilités soit impossible n'implique pas que ces probabilités n’existent pas.

Je crois que « Dieu ne joue pas aux dés » (célèbre expression de Einstein, « Gott würfelt nicht ») en même temps je crois en quelque chose comme un conditionnement du hasard par le hasard lui-même, lequel hasard est, comme le temps, un concept purement humain.

De même que le langage ne renvoie jamais qu'à une vision du réel conditionnée par la langue, le hasard ne renvoie jamais qu'au hasard, et le temps au temps. Qu'est-ce que le hasard, ou encore la nécessité, pour la matière ? On voit bien que la question n'a pas de sens.

Conjecturer le probable est donc une manière de jouer avec le réel par anticipation, mais cette anticipation est une donnée purement humaine. En-soi, il n'y a ni possibilité d'anticipation, ni possibilité de hasard, ni possibilité de nécessité. Les lois nous échappent parce qu'elles ne renvoient jamais qu'à nous-mêmes.

Reste l'efficacité. Si l’examen des tirages précédents me permet de gagner dans un temps raisonnable, alors tant mieux, même si cela n'a en-soi aucun sens, tout étant à la fois radicalement indépendant et tout étant à la fois absolument dépendant.

Patrice Houzeau
Malo, le 19 février 2022.

18 février 2022

POUTINE EN DUX BELLORUM

POUTINE EN DUX BELLORUM

1.
Entendu récemment quelqu'un affirmer que la France n'était plus la deuxième puissance industrielle de l'UE, qu'on s'était fait souffler la place par l'Italie. Euh, si c'est vrai, honte à vous, politiques de ces vingt dernières années, Macron y compris.

2.
Entendu sur France Inter que la désindustrialisation de la France était telle que l'on exportait des pommes de terre pour importer des chips, et que notre déficit extérieur consternant (coucou, Bruno Le Maire) était en « ratatouille » : on exporte des légumes pour importer des conserves.

3.
Le 20ème siècle aura été celui des échecs des extrêmes-droite et du communisme. Il se pourrait que le 21ème soit celui de l'échec du mondialisme, du globalisme, de l'universalisme.

4.
Les révoltes des Gilets Jaunes et du Convoi de la Liberté ne sont pas seulement anti-Macron, elles sont aussi l’expression du local contre le global, des territoires contre les métropoles, de la base contre les élites. Si Macron n'entend pas cela, ses réformes échoueront.

5.
C'était l'époque où les écrans donnaient des maux de tête, où les écouteurs donnaient mal aux oreilles, où les élèves n'arrivaient plus à se concentrer sur des textes longs. Les gens devenaient les cibles idéales des technocrates.

6.
Ce dimanche 13 février 2022, Blanquer nous fait le coup du niveau qui monte, « une légère amélioration » dit-il. Le problème, Monsieur le Ministre, c'est que ce coup-là, tous vos prédécesseurs nous l'ont fait ; sans compter l'ineffable Meirieu et les sociologues à pipeau.

7.
Donc, les Maliens vont bientôt devoir se débrouiller avec les Russes et leurs mercenaires, lesquels Russes mettront vite la main sur les ressources du Mali. Qu'y gagnera la France ? un afflux de réfugiés... On parie ?

8.
18 février 2022. On dit que Poutine compterait réellement attaquer l'Ukraine. Qu'y fera-t-il ? S'emparer du Donbass ? Quelle sera la réaction des Américains et de l'UE ? Des sanctions économiques ? Les Russes feront avec et se vengeront sur les Ukrainiens. Et voilà.

9.
Si les Ukrainiens pensent qu'en cas d'attaque de leur territoire par l'armée russe, il y aurait une riposte militaire de l'OTAN, peut-être seront-ils déçus... Je ne sais pas. Personne ne sait. Poutine et Biden seuls savent. Décisives prochaines heures.

10.
En cas d'attaque de l'Ukraine par la Russie, Poutine s'emparant du Donbass fera-t-il de la République de Lougansk un état satellite hypermilitarisé et menaçant, ou l'intégrera-t-il à la Russie ? Arrêtera-t-il ensuite son offensive ? Possible.

11.
Dans le conflit Russie/Ukraine, par définition, je ne suis pas sur place. Je ne peux donc juger des torts respectifs. La situation est loin d'être simple. Et puis, je suis citoyen de l'UE, pas citoyen russe. Je n'apprécie guère Macron, mais Poutine ne m'est rien.

12.
Le conflit Russie/Ukraine se cristallise autour de la question du Donbass. Le problème est le suivant : en cas d’annexion des républiques de Lougansk et de Donetsk, jusqu'où ira la riposte de Kiev ? Jusqu'où ira le soutien occidental à l'Ukraine ?

13.
La récente crise entre la Biélorussie et l'UE et la crise actuelle entre l'Ukraine et la Russie relèvent-elles d'une stratégie planifiée par Poutine, ou ne sont-elles que des tentatives de déstabilisation dépendant des circonstances ?

14.
Ai entendu l'autre jour je ne sais qui affirmer que l'aggravation des tensions entre l'Ukraine et la Russie était due à la stupéfaction de Poutine devant l'unité européenne face à ses provocations. Je n'y crois pas. Poutine ne nous mésestime certainement pas, et en menaçant d’annexer le Donbass, semble vouloir finit ce qu'il avait commencé en 2014 avec l’annexion de la Crimée. Il agit en chef de guerre, pas en fanfaron politique.

15;
J'admire ces gens qui vivant au chaud en France, fiers de leurs certitudes, affirment sans être sur place que l'Ukraine est manipulée par l'OTAN et les Etats-Unis. Qu'en savent-ils ? Les Etats-Unis manipulent certainement autant que Poutine, mais apparemment, les Ukrainiens veulent rester indépendants et craignent plus l'armée russe que l'OTAN, je pense. En tout cas, mon pays est la France, et la France est dans l'OTAN. Je ne trahis pas mon pays.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 février 2022.

 

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18 février 2022

PUR HASARD DIT LA LANCEUSE

PUR HASARD DIT LA LANCEUSE

 

1.
Cependant que les héros de Godard et Ribera, Axle et Nusky, l'éternaute qu'est une fille mais avec un faux air de garçon, se reposent des précédentes, je regarde vhoup-vhoup-vhouper l'avertisseur de Matt Gammon en écoutant « Mad Puppet » des Goblin.
Des précédentes ou des précédents, selon que l'on parle des aventures, ou des épisodes.

2.
Nusky elle est jalouse, à cause de sa «  fissœur » qu'elle croit que le Axle, il en serait amoureux (d'autant que, mais zavez qu'à lire l'album). Zut me dit que ce n'étaient pas nos affaires ; nous voguions sur les mêmes ténèbres, c'est tout.

3.
Alors qu'une sorte de bouée bavarde récupérée au filet évoquait « l'autre côté », je me demandai de quel côté nous étions, Zut et moi. Zut se moquant de Nusky prit la pose en collants jaunes et noirs et gigue donc la donzelle. Je haussai les épaules.

4.
Dans l'album « Le Dépotoir des étoiles » de Godard et Ribera, planche 4, Nusky se jette au cou de Axle, dont l'étonnement est figuré par un point d’exclamation rose entre deux interrogations vertes, façon agacement mêlé d'une pointe d'attendrissement.

5.
Comme Axle et Nusky envisagent d'aller s'amuser sur « Stardup », je fais remarquer à Zut que « Stardup » (nom de la « planète du jeu » dans « le dépotoir des étoiles », de Godard et Ribera), ça sonne comme « Start up » de la « Start Up Nation » à Macron.

6.
Une voix nous dit qu'il fallait tenter notre chance et nous fûmes obligés de passer la douane et l’œil exercé d'une accorte en bas résilles et uniforme réglementaire. Nous n'avions pas inventé cette créature ; nous la trouvâmes chez Godard et Ribera.

7.
A la douane, il y eut imbroglio et Nusky fut suspectée d'être un « tricheur professionnel » ce qui est étonnant parce que Nusky, c'est l'amoureuse de Axle. J'écoutais la tempête donner d'sa batterie et je croyais y reconnaître des cris d'oies sauvages.

8.
Tandis que la tempête donne d'sa batterie et que j'écoute les Goblin jouer « Profondo rosso », Nusky et Axle se sont mis dans des draps dont Zut ne voudrait pas pour jouer au fantôme dans un film avec Jean Marais et Louis de Funès avec.

9.
Alors Axle et Nusky, je ne les vis plus cependant que Zut contemplait incrédule un faux air vieux de président Macron, mais c'était un pur hasard comme nous le confirma la lanceuse de dés qui s'appelait Marianne.

10.
Poussé au bout de sa logique, le nudge (l'incitation par la contrainte « douce ») mène au hasard du tirage au sort. Remarquez qu'en France, on y eut droit aussi sous François Hollande et le tirage au sort des étudiants pour cause d'hypertension universitaire.

François Hollande, entendu dire qu'il avait dit que s'il avait été à la place de Macron, il n'aurait pas laissé les troupes françaises s'enliser au Mali. « Je me serais désengagé plus tôt », il a dit. Et s'il avait été président, aurait-il fait confiance à Emmanuel Macron ?

11.
« Au même moment, un peu partout sur la planète, la même scène se reproduit... »
(Godard et Ribera, « Le Dépotoir des étoiles », planche 11)

Je songe parfois que le réel, c'est de la matière travaillée par une multitude de bras, lesquels, chaque jour, répètent partout sur la planète les mêmes gestes. Nous sommes plus près des insectes que nous le pensons.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 février 2022.

18 février 2022

COMME JE PRIS LE LIVRE ELLE CROQUAIT DES POMMES

COMME JE PRIS LE LIVRE ELLE CROQUAIT DES POMMES

1.
Citation : « Certains de ses amis, quand il les avait bien exaspérés, prétendaient que le détective [Hercule Poirot] préférait le mensonge à la vérité et qu'il n'aimait rien tant que de parvenir à ses fins par des voies détournées, en utilisant des dépositions mensongères, soigneusement mises au point. »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Cinq petits cochons »)

S'il s'avère exact que selon Agatha Christie, Hercule Poirot parvenait « à ses fins en utilisant des déposition mensongères, soigneusement mises au point », il est donc légitime de douter de la culpabilité des coupables désignés par le célèbre détective belge.
Les enquêtes d'Hercule Poirot apparaîtraient dès lors comme une succession de machinations ourdie par le détective. Je demande une enquête parlementaire.

A l'âge de douze-treize ans, je découvris les romans d'Agatha Christie. « Le Crime du golf » fut le premier émerveillement devant un monde obstinément fictif, désuet, insolite et fécond. C'est ainsi je crois que les univers parallèles se manifestent.

2.
« les yeux grands ouverts, longtemps, très longtemps. »
(Agatha Christie)

Comme je contemplais le Sphinx, il resta les yeux grands ouverts, longtemps, très longtemps. Comme je contemplais le Sphinx, je me mis à penser à Zut. Comme je pensais à Zut, Zut m'apparut. Il y eut bataille d'énigmes parfaitement absconses.

3.
« - C'est même la seule chose qui me passionne dans les affaires dont je »
(Agatha Christie [Hercule Poirot])

Comme il contemplait le Sphinx, il murmura : « Le retour de l'énigme. La seule chose qui me passionne dans les affaires dont je... » ; il tira une bouffée de sa pipe, parce que défois, il jouait à Sherlock Holmes, surtout quand un chien hurlait dans la lande.

4.
« Il allait enfin voir de ses yeux l'endroit où le drame s'était passé. »
(Agatha Christie)

Il me semblait être sur le point de découvrir la vérité sur un point qui pourtant m'échappait. J'avançais dans les ombres, y reconnaissant parfois un visage, d'autres m'étant inconnus. Je me disais cependant que j'allais enfin voir de mes yeux l'endroit où le drame s'était noué.

Cependant que je me disais que j'allais enfin voir de mes yeux l'endroit où le drame s'était noué, je me demandais de quoi il était question. J'interrogeai Zut qui me répondit qu'elle aussi avait conscience de sa propre impuissance.

5.
Contemplant le Sphinx, il pensa qu'il avait un air à la Vladimir Poutine. La radio évoqua le 17 février 2022 un bombardement dans le Donbass. L'énigme des commencements se reposait. Qui ? Où ? Dans quel but ? Je pensai au crâne sur le bureau.

6.
« Nous n'étions pas dans le même collège, mais nous nous retrouvions régulièrement aux vacances. »
(Agatha Christie, [Philip Blake])

C'est le genre de phrase propre à servir d’exemple de grammaire que j'affectionne. Passe-partout, elle ne mange pas de pain, me dis-je. A ce moment, Zut apparut, dévorant un petit pain au chocolat, parce qu'elle était du Nord.

Dérivons : « Nous n'étions pas dans le même collège, mais nous nous retrouvions régulièrement pour hanter le même manoir ».
« Nous n'étions pas dans le même collège, mais nous nous retrouvions régulièrement à la même ligne de la même page du même roman. »
« Nous n'étions pas dans le même collège, d'ailleurs nous ne nous sommes régulièrement jamais rencontrés. »
« Comme nous nous retrouvions régulièrement aux vacances, nous n'étions pas du même collège. D'ailleurs, nous étions tous deux fort poutres en logique. »
« Nous n'étions pas du même collège, mais notre sœur s'appelle Mélanie (Zettaufray ajoute l'un consternant l'autre) ».

7.
« Tout en bavardant, elle croquait des pommes. »
(Agatha Christie)

Onze syllabes. En manque une pour faire l’alexandrin. Remédions :
« Tout en assassinant, elle croquait des pommes. »
« Tout en conjecturant, elle croquait des pommes. »
« Tout en se grattouillant, elle croquait des pommes. »
« Tout en s'évaporant, elle croquait des pommes. »
« Tout en clavecinant, elle croquait des pommes. »
« Tout en soliloquant, elle croquait des pommes,
S'étouffa, trépassa, alors on l'enterra. »

8.
« … et qui ne nous surprendraient pas si, ces gens, nous les connaissions mieux. »
(Agatha Christie, [Angela Warren])

Comme je me trouvais dans le couloir avec la jeune femme aux cheveux courts et son amie lycéenne, quelqu'un sortit de la salle, « L’examinateur s'est suicidé », annonça-t-il blême et paniqué. Nous eûmes des soupçons.

A l'annonce du suicide de l’examinateur, nous soupçonnâmes le candidat. Le célèbre détective à imper, pipe, sandwich, bière, l'interrogeait à voix basse. Nous n'entendîmes qu'un bout de réplique sur les gens que nous ne connaissons jamais vraiment.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 février 2022.

17 février 2022

PIEGE A LOUP

PIEGE A LOUP

« Car l'un de nous avait inventé pour les mots
Le piège à loup de la vitesse »
(Aragon, « Les mots m'ont pris par la main »)

Comme elle prononça les mots « piège à loup », le décor s'accéléra.

D'un couloir vide, vif et sombre (que disent ces syllabes hachées que j'entends au loin gronder « One of these days »?), je passai à ce lieu de misère.

Je passai à ce lieu de misère. Des visages émaciés, des corps penchés dans des habits abîmés, le visage de Marx voletant ici, là, ailleurs ; un halluciné appelait au vent d'est ; des sacs plastique, quelques boîtes de conserve.

Quelques boîtes de conserve voisinaient avec ce que je comprenais être quelques vêtements. Zut était maintenant à mes côtés, elle revenait d'une pêche à la sardine à la tomate et me fit remarquer que nous savions maintenant où ils allaient.

Que nous savions maintenant où ils allaient, ceux que l'on a rejetés. Zut aux seaux pleins de sardines à la tomate, me dit que le poète a toujours raison (il s'agit d'Aragon) : « Il n'est pas de palmiers dans le Pas-de-Calais ».

Je lui souris, lui rappelant cette autre voix d'Aragon : « Nous avions rêvé tout un jour d'une vie au bord d'un rocher. » Et je me reprochai aussitôt cette mièvrerie, d'autant que yeux et barbes se courroucèrent.

« Nous avions rêvé tout un jour d'une vie au bord d'un rocher. » Ce rappel du vers d'Aragon mit Zut dans une colère que je ne compris pas tout de suite lorsque le nom « Monaco » me vint à l'esprit et que le regard de Marx devenait plus insistant.

Le regard de Marx devenant plus insistant, j'eus honte de n'être que moi tandis que des drapeaux rouges et noirs traversaient les places, mais une célèbre musique en lui dont il ne reste qu'étincelles me rappela à l'ordre des normes.

Il faut bien dire, sachant cela, que l'on ne peut plus rien dire me dit un diseur distrait, et pourtant, il savait bien des choses mais il avait oublié son dîner, sa direction et dix centimes pour faire l’appoint. Cela je le savais, je le connaissais de vue.

Soudain les affamés se ruèrent sur les seaux pleins de sardines à la tomate. Zut disparut dans un sondage électoral. Il y eut grande mêlée d'écailles, de dents, de hardes et les sardines engloutirent beaucoup de gens. Il y avait du rouge plein la toile.

Patrice Houzeau
Malo, le 17 février 2022.

 

14 février 2022

REVENANT

REVENANT

« Restait l’inexplicable rocher. »
(Franz Kafka, « Prométhée »)

Y songeant, je m'aperçois que ce n'était pas moi qui franchissais la distance, mais le lieu qui soudain changeait. J'étais dans une des cours, puis soudain dans une autre cour, puis tout au long d'un corridor, dans d'autres cours encore et dans d'autres corridors, puis descendant un escalier, me retrouvant dans une autre cour

et songeant que je lisais une phrase de Kafka, une phrase de Kafka qui n'en finissait plus dans un livre de Kafka que je n'en finissais plus de.

Comme j'interrogeais la jeune femme aux cheveux courts sur le pourquoi de sa présence, elle me fit remarquer que c'était là où elle vivait. Comme c'était là aussi que j'avais coutume de demeurer, j'en conclus que nous vivions ensemble. Je ne m'étonnai donc pas de sa présence dans le corridor, et de sa familiarité avec le Palais, que, manifestement, elle aussi hantait.

Me faisant ces réflexions, je vis que la jeune femme aux cheveux courts se tenait devant une porte ; peut-être était-elle le Sphinx ? Comme si elle lisait dans mes pensées, elle rit : « - Tu ne reconnais donc pas ta Zut », dit-elle, « ai-je vraiment l'air d'un Sphinx ? » (Hilarité générale, sans que je puisse savoir qui exactement riait.)

« - Mais tu n'as pas tout à fait tort. D'ailleurs, je vais te poser une énigme », me dit-elle. « Qui est celui qui tarde toujours devant la porte et qui n'est pourtant pas un étranger ? »

Comme l'adjectif « inexplicable » se présentait à mon esprit, une végétation folle avait rempli les couloirs, dérobé les escaliers, avalé les cours et au loin surgit un train aux vitres jaune électrique. Il semblait venir de la ligne claire. Je compris qu'il fallait partir.

Restait l’inexplicable question. Je voulus soudain en savoir le fin mot. « Je ne t'ai posé cette question que pour éprouver ta sagacité », me répondit Zut (je la reconnaissais maintenant et j'étais soulagé qu'elle ne fût pas absente).

C'est sans doute celui qui ne devrait pas revenir et qui revient pourtant. Comme je lui faisais cette réponse, Zut dit : « Tu as raison, c'est le revenant. - Mais si c'est un revenant, pourquoi ne traverse-t-il pas la porte ?
- Parce qu'il est coincé dans une boucle de temps. Le fil s'est cassé, vois-tu, jamais il ne pourra rentrer. »

Restait cette inexplicable porte. Comme ce rêve se bâtissait au fil d'une poignée de citations tirées d'un volume de Kafka, cela me revint en mémoire : qu'expliquer l’inexplicable revient toujours à un fond de vérité inexplicable, disait une note de Kafka sur Prométhée.

«-  Mais Zut, pourquoi ne rentres-tu pas par cette porte ?
- Tu te trompes, ce n'est pas moi qui revient. Celui qui revient passe comme une ombre fuyante. Je n'ai jamais pu réellement le voir. Mais je sais qui il est. »

Alors, soudain, je me sentis trépassé.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 février 2022.

 

13 février 2022

PASSAGE

PASSAGE

 

Je me trouvai dans une page de Philip K. Dick et le télépathe me répondit : « Je ne peux plus lire dans les esprits ». Vaguement désolé, je me dis moi pareil, pouvais plus lire dans les esprits. Ma table tournante m'avait lâché et je ne devinais plus.

Je m'aperçus que je n'étais pas seul et que je passais un examen. Mon examinateur, lui aussi du Philip K. Dick, d'une voix sourde observa : « A mon avis, vous avez le goût de l'échec. » Je lui trouvai un air d'acteur américain et fus honteux de ma négligence.

Je lui trouvai un air d'acteur américain, dont le nom ne me revenait pas, et honteux de mon ignorance, restai cloué sur ma chaise. Dans le couloir, j'y étais tout à l'heure - je m'en souvenais maintenant - avec la jeune femme aux cheveux courts et son amie lycéenne.

Dans le couloir, la jeune jeune femme aux cheveux courts disait à la lycéenne au visage lisse que c'était à cause de la réforme qu'il y avait tant de canards étonnés dans le couloir. C'est sur cet étonnement que je fondai la raison de leur silence.

Je finis pour moi-même la citation (citer du Philip K. Dick en songe n'est certes pas la pire chose) : « On ne peut rien y changer, même dans les circonstances présentes. » Je vis le temps changer. Un vent à faire valser les bœufs.

Que pouvais-je faire ? Dehors le vent m'empêchait de sortir (je vis quand même passer des gens dans ce vent) et l’examinateur semblait attendre des réponses que j'étais incapable de lui donner. Il y avait du silence, bientôt saturé par le souffle du vent de plus en plus puissant.

L’examinateur, avançant ses yeux et son visage, me demanda de lui dire la vérité. A ce mot, j'entendis rire dans le couloir et pensai que la jeune femme aux cheveux courts se moquait de moi. Des canards cancanèrent.

« La vérité », c'est ce qu'il faut dire, me dis-je, même quand on ment, puisque nous mentons pour sauver ce que nous pensons être notre vérité. L'homme qui ment à sa femme sur un assassinat. Les mensonges que nous faisons à nous-mêmes.

Je me dis que ce que je me disais, c'est ce que je devais lui dire, à l’examinateur, mais au moment où j'ouvris la bouche, il avait disparu.

A sa place, il n'y avait plus que des yeux s'enfonçant « comme des grains de raisin ratatinés ». Je reconnus cette comparaison ; elle était de Philip K. Dick et me demandai pourquoi il y avait tant de phrases sorties de « Ubik » partout.

« Non tu n'es pas là », me dit la jeune femme aux cheveux courts et j'étais revenu dans le couloir dans lequel le vent s'engouffrait, faisant flotter une succession de rideaux blancs.

« Non tu n'es pas là. » Je tentai de protester de ma présence mais elle ne m'écoutait pas, continuant à citer l'auteur de « Le Maître du Haut Château ». Je pensai que ce vent dans le couloir n'était pas ordinaire, peut-être le souffle d'une explosion ? Nous étions debout pourtant.

Dans le couloir, la jeune femme aux cheveux courts continuait à citer du Philip K. Dick : « L'enchaînement de formes qui normalement se déroule... cet enchaînement a été interrompu. » La lycéenne au visage lisse applaudissait.

La lycéenne au visage lisse applaudissait et moi, tout vieux, que faisais-je dans cette bibliothèque ? A la place des livres convoités, je trouvai un cercueil, dont je m'approchai me disant : « Ah, « Les Mémoires d'outre-tombe ! ».

Comme je me penchai sur le cercueil, j'y vis un « crâne couleur de parchemin » et une citation de Philip K. Dick, où il était question « d'ossements roussis et desséchés », de « regard torve » (je pensai à mon examinateur), de « grains de raisin ratatinés ».

Comme retentit l’explosion, je compris qu'on frappait à ma porte. Avant de me laisser au réel, la jeune femme aux cheveux courts me dit dans un souffle : « Elle n'a pas – je dis bien elle n'a pas – cherché à utiliser son pouvoir après l’explosion. »

Pourquoi toujours Philip K. Dick ?, me dis-je ouvrant mes yeux sur le da-sein.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 février 2022.

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