MAIN BASSE SUR LE DONBASS ET AUTRES PERILS
MAIN BASSE SUR LE DONBASS ET AUTRES PERILS
1.
Si, faute du nombre de parrainages suffisant, Marine Le Pen, Eric Zemmour ou Jean-Luc Mélenchon ne peuvent se présenter aux présidentielles, il ne faudra pas s'étonner ni du taux d'abstention, ni des troubles en cas de désaccord avec un Macron trop facilement réélu.
2.
Si Vladimir Poutine réussit à faire main basse sur le Donbass sans déclencher une nouvelle guerre en Europe, voire un conflit international, il aura réussi un coup de maître. S'il va trop loin et tente de contrôler l'ensemble de l'Ukraine, alors le pire est à craindre.
3.
Il est dangereux de sous-estimer Poutine, d'évoquer je ne sais quelle « confusion mentale ». Poutine agit en stratège efficace, machiavélique, habile. Poutine est un grand chef de guerre russe. Le tout est d'empêcher ce dux bellorum d'aller trop loin.
4.
« Des deux côtés, c'est la misère ». Entendu sur France info ce propos rapporté d'un habitant du Donbass sur la situation économique qui semble commune à l'Ukraine et à la Russie.
5.
Je ne sais pas ce que Macron a bien pu raconter à Poutine, mais s'il lui a fait je ne sais quelles promesses, je crois que Poutine sait depuis longtemps ce que valent le désormais célèbre « en même temps » et la non moins célèbre poudre de perlimpinpin macronesque.
6.
Entendu que, même annulée, la dette covid serait immédiatement reconstituée par les investissements nécessités par les réformes à Macron à prévoir, vu qu'il veut tout réformer, s't'homme-là. Bref, avec Macron, on sera soit sur-sur-endetté, soit sur-endetté.
7.
Entendu dire que Frédéric Taddeï, « par loyauté envers la France », mettait fin à son talk-show sur la version française de la chaîne russe RT. J'approuve. Je reconnais le talent stratégique de Vladimir Poutine, mais en tant que Français, l'OTAN n'est pas mon adversaire.
8.
Il est possible que les sanctions économiques prises par les Etats-Unis et l'UE à l'encontre de la Russie accélèrent le processus de rapprochement entre la Russie et le Sphinx chinois. On se croirait dans le 1984 d'Orwell. Le monde divisé, en guerre froide perpétuelle.
Il est que la Russie ne s'effondrera sans doute pas comme s'est effondrée l'URSS. La Russie va-t-elle devenir un second modèle d'économie de marché à parti unique ?
9.
Les rêveurs qui voudraient que la France ne s'occupe ni de ce qui se passe au Sahel (la menace djihadiste et nos intérêts économiques en Afrique), ni de ce qui se passe en Ukraine, semblent ignorer que la mondialisation signifie aussi l'internationalisation des tensions.
10.
Dans un conflit comme celui qui oppose l'Ukraine à la Russie, tout l'effort de la propagande des deux parties consiste à prouver que l'adversaire est illégitime parce qu'il agit non pas en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais en fonction du droit du plus fort.
11.
Heureuse Suisse, qui, grâce à son secret bancaire et à sa neutralité intéressée, n'a pas à se mêler des conflits de ce monde, tout en étant protégé par ce même monde, qui parfois l'envie, la gronde, la suspecte, voudrait la voir disparaître, et s'en mordrait vite les doigts.
12.
Entre l’annexion du Donbass et la prise de contrôle de l'ensemble de l'Ukraine par l'armée russe, se trouve sans doute la frontière qui fera du politique occidental soit un négociateur qu'on espère habile, soit un Churchill en puissance.
Patrice Houzeau
Malo, le 23 février 2022.