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BREFS ET AUTRES

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29 septembre 2021

CITATIONS NOTES ET ZUT AUSSI

CITATIONS NOTES ET ZUT AUSSI

1.
« -Alors, demanda-t-elle amusée, tu crois qu'ils me trouveront laide ?
- Non. Bizarre, seulement... »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « La Plume empoisonnée »)

2.
« La femme de Tim attend un gosse le mois prochain. »
Madwig siffla avec impatience :
« C'est le bouquet ! Pourquoi ne pensent-ils pas à ça avant de se mettre dans le pétrin ? Ils n'ont rien dans le crâne, ni les uns ni les autres !
- Non, mais ils votent. »
(Dashiell Hammett, traduit par Marcel Duhamel, « La Clé de verre »)

3.
« Eadem sed aliter » (Schopenhauer à propos de la philosophie de Hegel).

« Eadem, sed aliter » : « les mêmes choses mais autrement ». C'est là le credo de bien des partis politiques, lesquels promettant de grands changements, n'ont en fait pas d'autre choix que labourer un sillon tracé depuis longtemps.

4.
« Peut-être l'église abbatiale de Saint-Martin-des-Champs était-elle le vrai Temple ? »
(Umberto Eco traduit par J-N Schifano, « Le Pendule de Foucault » [le narrateur])

5.
« On n'échappe pas à un infini, me dis-je, en fuyant vers un autre infini ; on n'échappe pas à la révélation de l’identique en s'imaginant pouvoir rencontrer le différent. »
(Umberto Eco traduit par J-N Schifano, « Le Pendule de Foucault » [le narrateur])

6.
Lundi 29 septembre 2021, il est question en France de maintenir « la possibilité » du pass sanitaire jusqu'à l'été prochain : Macron nous prépare une société hyperconnectée et hautement médicalisée. Cauchemar et science-fiction. Blanquer en sera-t-il le complice ?

 7.
« Il y a dans la conscience quelque chose qui en fait un piège pour elle-même. »
(Gombrowicz traduit par Georges Sédir, « Quelques extraits de mon journal à propos de « Cosmos »)

8.
« - Quels prodiges ! s'étonna Fuchs. Des moineaux qui pendent, des poulets qu'on a pendus, et si cela nous annonçait la fin du monde ? A quelle hauteur était pendu ce poulet ? Loin de la route ? »
(Gombrowicz traduit par Georges Sédir, « Cosmos »)

9.
Parcourant le « Cosmos » de Gombrowicz, j'entends en arrière-plan (en arrière-monde me chuchote Zut dans mon oreille interne qui a toujours le mot pour rire, Zut), « L'heure des pros 2 » de Pascal Praud. parfois bon, leur Witz, parfois intéressant, l'esprit.

10.
« Il est déjà sur mes traces, et bientôt il sera là. Il n'abandonne pas, petite, il n'abandonne jamais ! »
(Yves H. et Hermann, « Dulle Griet », « Les Tours de Bois-Maury »#13 [« le chevalier français »)

11.
Comme me plaît cette histoire de dame blanche, de langue magique, de chevalier pourchassé et de Flandre enneigée, je relis une fois encore le beau « Dulle Griet », de Yves H. et Hermann.

12.
La société hyperconnectée qui s'annonce et dont la Macronie se fait la championne est-elle une promesse de « pax electronica » ? Un meilleur des mondes qui, aux yeux de nos politiques, serait le seul possible ? Pouah, je crache.

13.
J'entends sur Cnews, à propos du Pass Sanitaire, un chroniqueur dire : « C'est rentré dans les mœurs. Les Français sont anesthésiés. » En favorisant systématiquement les solutions technocratiques aux dépens du débat politique, le projet macroniste est avant tout anesthésiant.

Patrice Houzeau
Malo, le 29 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

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29 septembre 2021

NOTES ET HUMEURS APRES M'ETRE RENDU COMPTE

NOTES ET HUMEURS APRES M'ETRE RENDU COMPTE

1.
Rentrant chez lui, le narrateur de « La plume empoisonnée », d'Agatha Christie retrouve sa sœur ne faisant rien et « perdue dans ses pensées ». Est-ce « la photographie d'une rate malade » offerte par le docteur Griffith qui la fait ainsi songer ?

2.
« Ce sont des gens d'une autre espèce, d'une autre race,
Nous dansons tout vivants une danse cruelle »
(Michel Houellebecq, « So Long »)

Les vers parfois font écho à des je ne sais quoi qui flottent dans la caboche. Le rythme ici, deux temps, puis trois, me rappelant la danse barbare du film « Un soir, un train ».

3.
De même que tous les chemins mènent à Samarcande, se pourrait-il que, par des chemins infiniment détournés, toute métaphore nous ramène à la mort ?

4.
Rimbaud dans « Matin »... « le travail nouveau »... « la sagesse nouvelle »... puis du lexique à plaire aux progressistes : « la fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition »... « la marche des peuples »... Y crut-il ? Peut-être. Moi, pas.

5.
Le futur à nous autres, les dieux et leurs illusions y rejouent leur vieille comédie. Superstitions et effarements rituels éteindront les Lumières de la vieille Europe. Ou alors, les mirages du transhumanisme, celle alchimie électronique, lune qui s'fout d'nous.

6.
Je n'avais jamais songé à ceci que le lion qui accompagne le chevalier Yvain est une personnification de son courage et de sa façon d'être au monde, un double, une réflexion, un réfléchi, totem, blason, faudrait que j'approfondisse ce puits.

Ainsi, dans l'épisode du « combat contre les deux démons », les brutes ont exigé que le lion d'Yvain soit écarté de la lutte, « enfermé dans une petite chambre » et lors il s'en fallut de peu que Yvain, séparé de sa rare vaillance, fût vaincu.

L'adverbe ici est délicieux : « Le scélérat lui a offert sans protection sa tête et son cou nus, et il [Yvain] lui a donné un tel coup qu'il lui tranche la tête au ras du cou si délicatement que l'autre n'en est pas conscient. » (Chrétien de Troyes traduit par David Hult).

7.
Très jolie question posée sur France Inter à une dessinatrice : « Cherchez-vous, vous aussi, la danse dans les arbres » ? (J'ai reformulé la question parce que, mais le sens y est).

8.
Schopenhauer, dans « Le fondement de la morale » note que pour le droit de propriété, la distinction semble si mince entre droit positif et droit naturel que bien des gens n'ont qu'une idée en tête : « dépouiller leur prochain » de ce qui ne serait jamais que bonne fortune.

Ainsi, que la propriété vienne de la blague du « droit naturel », ou d'un droit garanti par l'Etat, cela importe peu au voleur et au communiste, lequel ne voit jamais dans cette propriété que le résultat d'un concours de circonstances (reproduction sociale etc...)

J'ai, pour ma part parfaitement conscience que l'ingénieur est souvent fils de prof de maths et que je ne suis jamais que le fils de gens modestes et, méprisant le progressisme forcené de l'ingénieur, je méprise aussi qui prétend faire de chaque ingénieur un agent de l'Etat.

9.
Que je prenne position en faveur de la peine de mort pour ces mauvaises bêtes que sont certains humains, me fait voir d'un sale œil par bien des bonnes âmes. Le soleil se lève chaque jour sur de nouveaux charniers ; je ne m'émeus pas du sort d'un salopard.

10.
Bayrou, dans un tweet, évoque le « regard fraternel » de Macron. On devrait sur ce point demander son avis à l'un des gilets jaunes éborgnés par la haute fraternité du Monsieur.

11.
Anne Hidalgo a raison de rappeler que pendant longtemps, l'Ecole de la République a joué un rôle positif dans la construction de la société française tout en dénonçant les errements actuels de la réforme Blanquer : seuls les macronistes y voient une contradiction.

12.
Le vertige des moyens s'empare de l'éducation nationale. Mes heures de cours s'envolent en fumée (pratique sportive de plein air – ce que j'admets), stage bidon d'une semaine, évaluation de compétences d'entrée en 2nde, évaluation des performances numériques, « Pix » ça s'appelle...

Dans tout ce fatras évaluatif (pour parler la langue de ce siècle performatif), où sont les contenus ? Où est la pratique du métier ? où est le bon sens de Molière ? Perdus dans les beaux tableaux du design pédagogique... Après, le Medef pleurera sur le manque de main d'oeuvre...

13.
Ici et là, dans les lycées pro, la « nouvelle société » chère à la Macronie place ses pions : hyperconnectivité « obligatoire » (on nous dit), évaluation des compétences numériques des enseignants comme des élèves : en vue, de meilleurs résultats sur Parcours Sup. Gueuserie.

14.
« portefeuille de compétences », « parcours éducatif de santé », « parcours citoyen », « pôle organisationnel »,, « Pôle Réflexif-Actionnel » (je n'invente rien), et mieux encore : « Pôle Réflexif-Personnel », « Pôle communicationnel » : Quelques sottises à la mode dans l'Education Nationale.

Français de bon sens, riez comme je ris de ces trissotinneries, mais n'oubliez pas qu'elles se font avec vos impôts et l'assentiment de Blanquer.

15.
Les pourboires par carte bancaire défiscalisés par le divin Macron : euh ? Moi, perso, je vais pas défiscaliser les 50 centimes de ma bière... Alors, les gros pourboires... Seraient-ils donc assez rats pour se faire défiscaliser leurs pourboires de grands seigneurs ?

16.
Je déteste ParcoursSup parce que cette machine place les étudiants en position de sujétion. Il n'y a plus de contrat moral passé entre un étudiant désireux et l'institution universitaire ; ne reste que le bon vouloir d'une administration toute-puissante et inefficace.

17.
On s'étonne de la virulence des réactions à la vue de Macron (une gifle, un œuf,...) sans voir que ce qui est attaqué, ce n'est pas tant Macron lui-même (pourtant assez tête à...) mais son projet : fédéralisme, électronisme forcené, financiarisation de tout...

Patrice Houzeau
Malo, le 29 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26 septembre 2021

QUELQU'UN DANS TON NEZ

QUELQU'UN DANS TON NEZ

1.
« - Mais il n'y a pas de mandat d'arrêt contre moi ; vous me l'avez dit.
- J'ai dit ça pour vous avoir, Bernie ; j'avais mes raisons. On vous recherche.
- Pourquoi ? »
(Dashiell Hammett, « La clé de verre » [des personnages])

Pourquoi on vous recherche ? Vous vous moquez de moi et du reste du monde, je suppose. Vos tiroirs regorgent de mains tranchées : vous n'êtes guère reconnaissant... Et rangez-moi cette hache, c'est assez déplaisant, vous savez...

2.
« J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets ! »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

Donc, mon cher, vous vîtes le « soleil bas, taché d'horreurs mystiques »... Mazette, j'imagine assez des grouillements de taches noires, ou de taches de sang, celles des rituels, des sacrifices humains dans des temples tels que l'on en voit sur les gravures.

Ces « longs figements violets », qu'est-ce ? Des filets de sang tombant des autels sacrificiels ? Des coulures d'la peinture. « Pareils à des acteurs de drames très antiques », écrivez-vous... J'imagine mal nos comédiens grimés en « longs figements », violets ou pas.

« Les flots roulant au loin leurs frissons de volets ! » Amusant, cette horizontalité de ce que nous connaissons comme vertical. La mer ferme ses volets ! On n'y voit donc plus les poissons se boulotter mutuellement entre des flores marines dont je ne sais rien.

3.
« Par conséquent, s'il apparaît qu'il s'agit de deux choses, c'est que chacune paraît à la fois différente et une ? »
(Platon, « La République », VII)

Rien n'est plus semblable à un visage qu'un visage, à une partie d'échecs qu'une partie d'échecs... Cependant, tel visage est celui d'un assassin, et tel autre celui d'un juste, et telle partie d'échecs sera insignifiante et telle autre géniale. Les règles masquent d'autres règles.

4.
« Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer »
(Baudelaire, « L'albatros »)

Moi : « Et donc que signifie ici le verbe « hanter » ?
Un élève : «  C'est dans le sens de quelqu'un dont on est...»
Moi : «  Quelqu'un dont on est », ça ne veut rien dire.
Une élève : « Quelqu’un dans ton nez !??! »
Moi : Oui, c'est ainsi qu'on hante la narine.

5.
J'ai tellement de gens dans le nez qu'à chaque fois que j'éternue, c'est toute une comédie humaine qui me dégringole du pif.

6.
Je me demande s'il m'est arrivé de manger des poireaux à la vinaigrette en regardant un épisode d'Hercule Poirot, qu'en tout cas, je ne poireaute jamais devant un Poirot, si l'épisode est bon, je le suis et m'en délecte, sinon, je dors ou écoute une étrangeté des « Residents ».

Ce qui est bien avec la tête que s'est fait David Suchet pour le rôle d'Hercule Poirot, c'est qu'elle est bien ovoïde. Une tête d’œuf pleine de petites cellules grises. Un cercle, d'une certaine manière, le cercle de la raison dans lequel Rouletabille introduit et exclut.

7.
« - Vous haïriez les gens aussi, ajouta-t-elle, si vous étiez comme moi, si vous aviez l'impression d'être en trop. »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « La Plume empoisonnée » [Megan])

Quand on a l'impression d'être en trop, ça sert-il d'aller à Saint-Tropez ? Faut dire qu'faut avoir du pèze, pareil si on veut aller sous les Tropiques siroter des cocktails en salivant devant les dessalées ondulant sur la plage d'un papier aussi glacé qu'un conseil scientifique.

8.
Défois je coupe des carottes avec un couteau car si je n'usais point d'un couteau pour couper mes carottes, je ne pourrais plus tard les mettre à cuire avec le bœuf, lequel pour l'heure se promène encore je ne sais où tandis que je contemple ma tartine.

9.
Je ne joue pas au genou. Le genou n'est pas un jeu. Le jaguar non plus, ni le jars. Les enfants eux, jouent au jardin. Ils essaient d'attraper des anges pour leur arracher les ailes. Mon chat Lucifer feint de les contempler. En fait, il fixe je ne sais quoi, s'hypnotise, s'endort.

10.
Comme l'homme vert m'avait donné une clé de verre, je supposai que c'était pour ouvrir une porte de verre, un coffre de verre peut-être, mais mes rêves se brisèrent lorsque l'éléphant se trompa de magasin et fracassa la ville de verre vers laquelle je me dirigeais.

11.
Défois je ne vais pas à Foix voir si la marchande de foie de Foix a encore la foi car je me fous, et pas qu'une fois, et de la foi de la marchande de foie de Foix et du fou de Corfou qui prétend envoûter la marchande de foie de Foix en usant, au lieu de cœur de bœuf, de mou de veau.

12.
Et si l'objectif de la candidature Zemmour aux présidentielles 2022 était d'empêcher Marine Le Pen d'accéder au second tour et de favoriser ainsi le candidat des Républicains, lequel pourrait bien battre Macron/Bayrou/Blanquer ?

Patrice Houzeau
Malo, le 26 septembre 2021.

26 septembre 2021

ET LA VIE BLONDE D'ALORS

ET LA VIE BLONDE D'ALORS

1.
« Je ne puis être à la fois Cioran et un autre que Cioran », écrit Clément Rosset. Nous sommes ainsi assignés à notre être comme à résidence, et regardons passer ces êtres étranges, parfois fascinants, parfois repoussants qu'on dit autres.

2.
Une manière plaisante de rappeler d'où nous venons et où nous allons, ce trépas du « macabraque » résumé ainsi par le Porprenaz de Ghelderode : « Mort à la tâche » et « pieusement enterré dans les patates ».

Quelques répliques plus tôt dans cette « Balade du Grand Macabre » à Ghelderode, Porprenaz et son « de quoi faire une république : « Un prince... un pochard... un philosophe et trois soudards à la fois philosophes et soudards ». Tyrannie des faiblesses.

3.
Dans « Le retour », de Kafka, cette réflexion du narrateur : « Plus on tarde devant la porte et plus on devient étranger », y compris lorsque l'on revient dans sa maison natale, dont on ignore maintenant les secrets et que soi-même l'on relève du « secret ».

4.
C'est dans certaines pièces de ses « Derniers vers », ou « Vers nouveaux » que Rimbaud me semble le plus maître de son art : quelle fluidité et quelle aisance dans ces vers :

« Eh ! l'humide carreau tend ses bouillons limpides !
L'eau meuble d'or pâle et sans fond les couches prêtes.
Les robes vertes et déteintes des fillettes
font les saules, d'où sautent les oiseaux sans brides. »
(Rimbaud, « Mémoire »)

5.
« Les montagnes qui se rapprochaient depuis longtemps, dévalèrent soudain de partout »
(Gombrowicz, « Cosmos »)

Les montagnes avec leurs chapeaux blancs et leurs voltigeurs bondissants, en vertu de pactes secrets, telluriques et fort anciens se rapprochaient depuis longtemps et se tiraient la barbichette, quand ce n'étaient pas des déroulements de langues et d'avalanches.

6.
« Les saules frissonnants pleurent sur son épaule »
(Rimbaud, « Ophélie »)

Les saules frissonnants, sans doute qu'on leur susurra sanglantes et suspiria, pleurent sur son épaule que ça leur fait des larmes vertes toutes sèches sauf quand il pleut, pis des fils aussi comme dans une fondue. Quant à l'épaule, elle est fantôme.

7.
« On ne sait plus qui réveiller en vieillissant, les vivants ou les morts. »
(Céline, « Voyage au bout de la nuit »)

On ne sait plus qui réveiller en vieillissant, qu'on se sent le spectre pousser dans l'âme et la courber l'échine, visages des temps perdus ou ossements des catacombes, qu'il vous semble certaines nuits qu'ils vous appellent, les vivants, les morts...

8.
Janet Henry arriva chez Ned Beaumont (ceci est relaté dans « La clé de verre », de Dashiell Hammett), et se montra enchantée de ce qu'il « pût exister rien de pareil dans une ville aussi abominablement modernisée ». Voici Ned Beaumont parfaitement distingué, « gentleman ».

9.
J'écoute des bouts de concerts donnés par le groupe Blondie à la fin des seventies. Zétaient bons, bien plus rock que leurs tubes de tous les jours sur RTL. Moins poético-énigmatiques que Patti Smith, oui bon d'accord, et alors, toute façon j'pige point l'amerloque.

A l’époque où je fus lycéen, je trouvai que la musiqué de Blondie (« Call me », « Heart of glass », sa reprise de « Bang a gong », et sale le riz et jette le rat - n'importe quoi, Houzeau) allait bien avec la bière blonde, les paquets de blondes et la vie blonde d'alors...

10.
Me suis encore endormi hier soir devant « Aliens : le Retour ». Il est vrai que les parasites cosmico-horrifiques, je m'en fiche. Il n'y a que le personnage de Ripley qui m'intéresse. Ceci dit, sans les grosses bébêtes, point de Ripley. C'est un tout.

11.
Dans l'album « Dulle Griet », de Yves H. et Hermann, et la nuit grise parcourue par la Dame blanche de l'orfraie, leste, le Toone, de toit en toit voltigeur, cherchant à secourir les siens en proie à l'inquisition de Titelman.

Patrice Houzeau
Malo, le 26 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23 septembre 2021

TOUJOURS UN CHIEN DANS LA RUE TOUJOURS

TOUJOURS UN CHIEN DANS LA RUE TOUJOURS

1.
Dans son « Voyage au bout de la nuit » à Céline, Bardamu parlant de l'empathie de Molly : « Pour la première fois un être humain s''intéressait à moi, du dedans si j'ose dire, à mon égoïsme, se mettait à ma place à moi et pas seulement me jugeait de la sienne ».

2.
A force de lire, relire son sonnet des « Voyelles » au Rimbaud, je finis par y voir des sens qui y furent, y furent-ils pas, j'en sais rien. Peu importe ici le cinoche sémantique, l'énigme cause fantaisie et le « U, cycles, vibrements divins des mers virides » n'a pas fini d'onduler.

3.
Aujourd'hui, c'est la grève dans l'éducation nationale : c'est qu'on n'y comprend plus grand chose à la réforme à Blanquer : empilement de gadgets chronophages et prétentieux, agitation dont le covid a largement prouvé l'inanité ; et maintenant on fait quoi ?

Paraît que Blanquer prévoit qu'il ne sera plus ministre après 2022. J'ai lu quelque part qu'il envisagerait d'être député. Macron pourrait être réélu, mais pas sûr que des ministres façon Blanquer menteur soient assez populaires pour être recyclés dans l'hémicycle.

4.
L'amusant de cette réplique de Porprenaz se croyant mourir est, à quelques syllabes de distance, dans l'emploi des mots « harpes » et « orteil » : « J'entends des harpes. Le Tout-Puissant écarte ses orteils. » (Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre »)

5.
Vivre, c'est participer à l'être humain. Clément Rosset le dit très bien qui parle d'une « très faible et très éphémère participation à l'être ». C'est que nous ne durons guère ; « notre qualité ontologique est désastreuse », à bien des égards.

6.
L'un de mes morceaux préférés du moment est « So may we start » des Sparks (musiqué du film « Annette »). Une mélodie entraînante comme ils savent en fignoler. May we start, may we, may we now start ? qu'ils font les chœurs, un de leurs grands savoir-faire.

7.
« Pour un seul signe déchiffré par hasard, combien pouvait-il y avoir de signes non remarqués, fondus dans l'ordre naturel des choses ? » (Gombrowicz, « Cosmos » [Le narrateur]) Choisissons-nous ce que nous déchiffrons ? L'inventons-nous ?

8.
J'entends l’ironique « Happy House » de Siouxsie and the Banshees, pièce dans laquelle la musique un brin acide et le ton d'la chanteuse façon puisque je vous le dis, le dis le dis le dis démentent des paroles qui, distraitement, pourraient paraître joyeuses :

« We've come to screaaaaaam
In the happy house
We're in a dreaaaaaam
In the happy house
We're all quite sane, ane, ane.
(Siouxsie and the Banshees, « Happy House »)

9.
J'aime les morceaux pop/rock courts et incisifs, les courts poèmes, les fragments, les épars, j'en aime l'escrime, la lame, le couteau bref, et m'ennuie facilement au trop long, trop lourd, pesant comme un politique ou un pensum de lycée.

10.
De même qu'il y a toujours un rhinocéros dans le couloir (défois c'est même une vache), il n'est pas vrai qu'il n'y a pas un chien dans la rue. Il y a toujours un chien dans la rue. Parfois, il se met à gronder, bondit et invisible saute à la gorge du politique imprudent.

11.
Dans le « Série-or été 2020 » de Fluide Glacial (le magazine à faire s'gondoler les pierres tombales) et « Cosmik Roger fait sa valise », ce n'importe quoi qui m'amuse : « Au secours, le commandant vient d'avoir une crise cardiaque de la jambe et il est train d'être complètement mort !!. » panique une hôtesse extra-terrestre de « Cocotiers Spacelines » dans la bédé à Julien et MO/CDM.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 septembre 2021.


 

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23 septembre 2021

LE GROTESQUE GROUILLE ET GRENOUILLE DANS LES DETAILS

LE GROTESQUE GROUILLE ET GRENOUILLE DANS LES DETAILS

1.
Les élèves ne tombant pas comme des mouches à cause du covid, Blanquer estime que la rentrée se passe bien. Euh ! Manque de profs, distorsions entre établissements sur l'application de la réforme qui n'en finit plus de se réformer elle-même, contrôle continu imposé...sans oublier les trissotineries à venir : design pédagogique, nudge pseudo-bienveillant : on vous enfume comme un jambon mais avec tact, technocratie et un sourire coopératif aussi faux que Le Drian ou Blanquer.

2.
Jean-Paul de Dadelsen, poète perspicace, dans « Bach en automne » : « Mais à quoi serviraient les pédales d'orgue, sinon / A signifier la route indispensable ? » ou comment donner un sens à la musique. Une voie, un chemin, comme on dit la voie de l'arc.

3.
Que les Etats-Unis pensent d'abord à leurs intérêts commerciaux et géopolitiques est logique. Ne soyons pas hypocrites, si la France avait réussi ce coup de leur piquer un contrat mirifique, Macron aurait passé pour génial et Machiavel. #Sousmarins #Glouglou

4.
Ai expliqué une fois encore la houle évoquée par le rythme dans ce vers de Baudelaire : « Le navire glissant sur les gouffres amers. » Est-ce que cela intéresse mes élèves ? Je ne sais pas. L'art pour l'art n'a pas bonne presse.

5.
Rimbaud le visuel : il songe à l'Ophélie de Shakespeare et voit la neige chuter : « Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige ! » (…) « Quel rêve, ô pauvre Folle ! / Tu te fondais à lui comme une neige au feu ». La neige, la neige à l'infini, à en terriblement « effarer les yeux bleus ».

6.
La littérature est une sibylle. Prophètes, les mots. « Dans cette énormité mécanique, l'homme subalterne passait, essayant de ne pas se faire remarquer », écrit Henri Michaux. C'est ce qui se passe déjà dans « l'énormité » électronique actuelle.

7.
Le président Macron restera dans l'histoire de notre pays comme étant l'homme qui aura tenté de tuer la politique en tant que débat démocratique perpétuel. Il aura échoué. Dans une démocratie, seule l'administration peut remplacer le politique, et c'est idiot.

8.
« Le pendule de Foucault » de Umberto Eco me semble un roman comique, comique cette énumération latine des disciplines ésotériques que je trouve p.321 de mon livre de poche :

« et donc un expert in magiam, in necromantiam, in astrologiam, in geomantiam, in pyromantiam, in hydromantiam, in chaomantiam, in medicinam adeptam, pour citer le livre d'Azoth » (Umberto Eco, « Le pendule de Foucault » [Bramanti]).

9.
Lisant des pages ici et là, la littérature m'est un puzzle. Sans ordinateur et l'obligation de gagner ma vie, je lirais beaucoup des livres que je picore. La vie moderne émiette. Certains déplorent de n'y plus trouver « le sens » de leur travail. Cet esprit de sérieux m'amuse.

10.
Je ne sais pas quel rôle dans le « Cosmos » de Gombrowicz joue cette « théière » (« Lui, debout, en gilet, tenait à la main une théière et la lui montrait. Elle, elle regardait cette théière. Elle disait quelque chose. Il parlait. ») mais elle fait bouillir le narrateur.

« Il existe une espèce d’excès dans la réalité, dont le grossissement devient insupportable », dit le narrateur du « Cosmos » de Gombrowicz. Que d'agacements et d'énervements déclenchent ces détails qui soudain nous sautent aux yeux.

11.
Dans le très beau « Dulle Griet » de Yves H. et Hermann (« Les Tours de Bois-Maury »), la langue magique de Hugo est retranscrite par des signes et déchaîne tout un bestiaire fantastique dans la nuit de la ville. Les signes gouvernent le monde.

12.
On attend de ceux qui travaillent pour la fonction publique qu'ils aient un comportement et d'administré (par leur hiérarchie) et d'administrant (le public). Fort heureusement, les agents de l'Etat sont loin d'être si marionnettes. Ils rusent, Blanquer.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

22 septembre 2021

ÇA VA M'JOUER DES TOURS J'PRESSENS

ÇA VA M'JOUER DES TOURS J'PRESSENS

1.
Rimbaud « illuminé ». Faisant poème de notes. Là c'est un finistère, - « que les oiseaux et les sources sont loin ! » -, un désert. « Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant. » « Le saint », « le savant », « le piéton de la grand'route », « l'enfant abandonné » : des solitaires.

2.
Céline politique, délire... Délire, délire, le frise, puis y glisse, l'abîme... A des éclairs tout d'même, des évidences... ceci dans « Rigodon » : « Vous n'allez pas demander ce qu'elles pensent, à des personnes ici ou là.. si elles sont pauvres elles s'en foutent bien !... »

3.
Umberto Eco citant dans « Le pendule de Foucault » un passage tiré d'un livre de Giovanni Papini ; il est question d'une rencontre avec un immortel (Saint-Germain ?) ; çui-là ouine, Monsieur : « La terre n'a plus de secrets et je n'ai plus d'espoir en mes contemporains ».

4.
Je suppose que ce qui est intéressant pour le Diable, c'est la lutte avec le Créateur. S'il gagnait, le Cornu, ce serait universellement, et alors quel ennui, quel immortel ennui. S'il perd, l'Eternel Pater n'aurait jamais créé qu'un troupeau de plus.

5.
Je ne me souviens pas d'avoir lu dans aucun livre la description d'une bande d'anges jouant du jazz... Zont trompettes et l'badabam boum boum du tonnerre, et le bruissement de leurs ailes pour l'scander, le blues céleste. Quel « When the Saints » alors...

6.
De ce que « Tout ouvrage démontre un ouvrier », Voltaire tire une intelligence éternelle créatrice des lois de l'univers comme l'ingénieur imagine ses mécaniques, sans voir que c'est l'humaine raison qui tire une logique du chaos où nous roulons. L'humain est la raison de sa raison.

7.
La première page de « Cosmos » de Gombrowicz (qui lit encore Gombrowicz aujourd'hui ?)... Cette marche du narrateur, accompagné de Fuchs (« une-deux, une-deux ») me rappelle celle du début du « Voyage » célinien, le Ferdinand saisi par le militaire...

8.
Enseigner, c'est aussi les prévenir, les mômes, des catastrophes... sinon quoi, le bienveillant, le rassurant, le résilient ?... Le progrès ? Tu mourras pauvre, mais de plus en plus vieux, veillé par la Miraculeuse caste des Médecins... Obligatoire.

9.
Je me lève le matin, j'allume la radio, je me lève le matin, Macron, Blanquer, Blanquer, Véran, Le Drian, Macron... L'En marche rengaine... J'en peux plus d'l'es entendre, d'en entendre... On dirait d'la mauvaise pub pour du cassoulet en boîte... Ras la choucroute...

10.
Si la France, qu'est bonne fille et tout, en bonus extra des douze sous-marins d'l'apocalypse à pognon de dingue, leur avait filé, aux Australiens, notre Blanquer (The Brain, dis), zussent été ravis en Australie d'avoir un tel génie en prime, pis nous, ça nous aurait fait du débarras.

11.
Miou-miou (c'est un chat), je l'appelle ma p'tite chérie (c'est une chatte) et ma p'tite chérie, je l'appelle Zut. Ça va m'jouer des tours, j'pressens.

12.
Le 23 septembre 2021, y a grève des enseignants. Y en a des collègues qui vont pas la faire... Dommage, car ça se sent que Macron, pour être réélu, est prêt à bien des concessions et lâchage de sous... C'est donc le moment d'en demander pis dans la rue...

13.
Dans l'album « Dulle Griet », de Yves H. et Hermann (« Les Tours de Bois-Maury »), l'étrange cavalier de la nuit et des planches travaillées de gris, s'adresse en langue magique à l'orfraie blanche qui l'accompagne.

Patrice Houzeau
Malo, le 22 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

21 septembre 2021

LES GENS VOUS SAVEZ QUOI

LES GENS VOUS SAVEZ QUOI

1.
Dans « La Clé de verre » de Dashiell Hammett, Ned Beaumont à la page 135 (quelle édition ? devine...) regarde la pluie surgir dans la nuit et « étoiler la vitre ». Puis, à l'effarement « d'une grande femme grasse au visage pâle et luisant », sort.

2.
Feuilletant mon vieux Rimbaud (lui si jeune, Seigneur...), je retrouve ces mots de « La chanson de la plus haute tour » (j'y suis) si répété et si souvent, au fil de mes aléas (allez, va, et puis ah !...) :
« Par délicatesse
J'ai perdu ma vie. »

3.
Le 21 septembre 2021, Macron boude paraît. A cause des sous-marins que les Australiens commandèrent puis qu'ils prennent ailleurs... Le Drian parle de façons de faire d'une « époque révolue ». Comique de la part d'un pays qui, comme les autres d'ailleurs, n'hésite pas à vendre des armes à des dictateurs de tout genre. #Glouglou

4.
Céline, morale si élastique (de même que son style, remarquez, la phrase qu'il étire, qu'il étire, de trois petits points en trois petits points), Céline moraliste défois, ici dans « Rigodon » : « bougres foutus égoïstes on a tendance d'être, que le temps n'arrive qu'à soi, les pétrins avec, rien aux autres ! Qu’aux autres il n'arrive rien, qu'ils ont qu'à nous plaindre,... »

5.
Je regarde les choses. Les choses m'échappent. Certaines, je les vois de loin en loin. Certaines, plus du tout. Une de mes anciennes élèves s'est rasé la tête. Je ne l'ai pas reconnue. Me suis demandé pourquoi.

6.
Les gens, vous savez quoi, les gens, c'est des autres.

7.
Dans « Epreuves, exorcismes », de Henri Michaux, ces mots qui vont si bien à la pandémie (cette espèce de guerre de l'invisible à l'humain) : « Jeune ni vieux ne pouvait retenir sa vie. » (…) « Le monde était tout spasme. »

« Epreuves, exorcismes », de Henri Michaux, est un recueil qui regroupe des textes composés entre 1940 et 1944. La Guerre y joue son rôle de grande pourrissante : « Le Blessé entre les lignes, le blessé, le vent porte son cri, lugubre, obstiné ». Anacoluthe.

8.
J'aime bien les strips (ces trois cases de bédé avec chute) : dans le journal « Spirou », l'un de mes préférés est « Nelson », de Bertschy : une espèce de dragononcule sans flamme et à queue fléchée pis qui agite un peu défois la vie de la jeune femme qu'il accompagne.

9.
« Je suis celui qui pourrait être », me susurra, citant Georges-Emmanuel Clancier, pis à l'oreille (parce qu'à l'orteil, ça marche pas) l'un de mes fantômes familiers. Je lui dis qu'on verrait ça plus tard , vu que mes stupéfactions et moi regardions « L’Exorciste ».

10.
Défois je suis méchant comme si ma mère était trop bonne.

11.
On m'appelle, je viens. Je disparais. On me rappelle, je reviens. Puis, une fois clos l'ensemble des rituels, je disparais. Je suis un revenant dans l'Education Nationale. C'est, somme toute, assez fantasque et plaisant.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21 septembre 2021

SONGEANT AU ROI ET A L'EDUCATION NATIONALE

SONGEANT AU ROI ET A L'EDUCATION NATIONALE

1.
Relu ce matin le si harmonieux « Heureux qui comme Ulysse ... » et me suis redit une fois de plus combien quatorze lignes inégales valent bien des pages de remplissage. Molière dans « Le Misanthrope » l'a bien dit aussi.

2.
J'écoute « Le Roi » (des cons) de Georges Brassens. Je pense à mon boulot et à la stupidité de certains perdirs. Ne comptez pas sur eux. Les surpayés de l'Education Nationale prennent les petits enseignants comme moi pour des jambons. Et ne savent pas lire.

La faute de tous ces errements et fâcheries en incombe à Blanquer, qui, visiblement, a complètement omis le facteur humain de sa merveilleuse réforme, laquelle mêle et démêle (« en même temps »). Macron est mauvais et Blanquer, son disciple, est nul.

3.
J'écoute « Le Roi » (des cons) de Brassens : « Que ça s'est vu dans le passé / Marianne soit renversée / Mais il y a peu de chances qu'on détrône le Roi des cons ». Voilà qui est dit, n'en déplaise à Mélenchon, n'en déplaise à Macron.

4.
Il est possible (c'est juste une hypothèse) que la récente dénonciation des contrats sur les sous-marins entre l'Australie et la France porte aussi le message suivant : l'OTAN ne désire plus que le sieur Macron préside aux destinées de la France.

5.
Ai vu aujourd'hui la planche 33 de l'album « Le Parfum de la dame en rouge », de Will Eisner (Albin Michel). Ai tenté de montrer à mes élèves la beauté cocasse de cette vision d'une « école de filles », dont l'auteur a effacé la façade pour nous plonger dans la synchronie d'un crime commis pendant que chacun échafaude des hypothèses sur l'avenir de l'assassiné.

6.
A cause de Blanquer, le ministère de l'Education Nationale marche sur un fil qui est sur le point de se rompre.

7.
L'humour de Will Eisner, et de son traducteur, dans cette phrase : « … donc l'obscurité s'abat sur l'école de P'Gell... et avec elle un vent de haine... un relent de passion... une odeur de venin... un (enfin, vous voyez l'genre) !! »

8.
J'aime bien la chanson « You're so vain » (« song of a gun ») de Carly Simon, à cause du rythme de la chaloupée qui sonne si typiquement américain country et puis des si bien vus « clouds in my coffee ».

« But you gave away the things you loved
And one of them was me
I had some dreams they were clouds in my coffee clouds in my coffee and
You're so vain »
(Carly Simon, « You're so vain »).

9.
Les gens comme moi, qui ne sont pas bardés de diplômes, dans le privé, on les ignore et dans le public, on les méprise. Du coup, je pense au « Luneux  » de Malicorne : « Je suis aveugle on me plaint / Et moi je plains tout le monde ».

J'aime beaucoup l'intro du «Luneux », de Malicorne, chanté par Marie Yacoub, si proche des évanescences du rock progressif avec ses notes en écho sur son dulcimer (je crois que c'est un dulcimer, sinon que l'on me détrompe).

10.
« Je suis l'instant présent, je suis le vent du nord », a écrit Houellebecq. Bin non, je ne suis ni instant présent, ni vent du nord (il me souffle dessus et me passe comme on passe un fantôme), mais comme je suis teigneux, je vous emmerde tout de même.

11.
Je me demande en vertu de quel principe, dont Blanquer doit avoir le secret, un élève royaliste (et assez indifférent à l'hypocrite résilience macroniste) ne pourrait pas être un bon élève et, lui aussi, une « chance pour la France ». #LaBlancheHermine.

Patrice Houzeau
Malo, le 20 septembre 2021.

 

 

 

 

 

16 septembre 2021

N'ALLEZ PAS CROIRE QUE JE PRENDS ÇA AU

N'ALLEZ PAS CROIRE QUE JE PREND ÇA AU

1.
« Toute valeur est une grandeur mesurable, et par suite sujette à un double rapport : elle est relative, en ce qu'elle s'applique à un objet ; et elle est comparative, en ce qu'elle résulte d'une comparaison entre cet objet et un autre. »
(Schopenhauer, « Le Fondement de la morale »)

Si « toute valeur est une grandeur mesurable », l'infini est-il une valeur et une mesure ? « La justice qui tue n'est pas la justice » ; « il y a un lien indissoluble entre peine de mort et dictature » : gnagnagna et lieux communs pour classes de terminale.

Je préfère l'irrécupérable serial killer sous terre que nourri à vie dans une prison. Une méchante bête, on l'abat. Et non, tout ce qui a l'air humain ne l'est pas forcément. N'en déplaise à Robert Badinter.

La Tsarine, ayant été mordue par la Sardine (la Sirupeuse, l'Assassine) se remit à l'escrime. Macron et le sport : mesquin et stupide, se prend pour un coach, un sponsor privé (Macron use et abuse d'un argent qui n'est pas à lui, ni même à la France).

Toute valeur est relative et comparative, écrit Schopenhauer. C'est dire que les valeurs n'ont de sens que dans un système que nous appelons réel et qui est politique, éthique et pour soi. Il n'y a pas de valeur en soi, c'est une illusion. Demandez aux fourmis.

2.
J'aime bien Eric Zemmour mais je crains que sa campagne électorale (qui donc lui a demandé d'aller diviser encore plus la droite ?) lui fasse dire beaucoup de sottises. Zut se fiche de Zemmour comme de tout. C'est l'avantage de la fiction.

Le superbe avantage de la fiction, c'est qu'elle peut tirer la langue au réel. Elle ne s'en prive pas et ment comme si on lui avait arraché les dents.

Depuis l'affaire Benalla, Macron me sort par les narines. Depuis la crise des Gilets Jaunes, Macron me sort par les narines. Depuis les mensonges sur les masques, Macron me sort par les narines. Depuis le « pognon de dingue » et l'argent magique aussi : quelle morve !

« Il est minuit, docteur Schweitzer », dis-je à Zut qui me répondit par une trompette sardonique. Le duel entre la Tsarine et la Sardine mordeuse fut mémorable : on mangea du poisson au Palais dans l'espace. Le jeu d'un batteur peut-il être noble ?

Si l'on considère qu'un son de batterie peut-être noble, alors je dirai que le son du jeu de Nick Mason (le batteur de Pink Floyd) est noble (le début de Atom Heart Mother, Echoes, Set The Controls For The Heart Of The Sun, Time,...).

Macron s'écoute-t-il parfois ? Comment fait-il pour ne pas se rendre compte que son discours est souvent méprisant, ultra-étatique, puant la financiarisation de tout, quand ça ne dit pas n'importe quoi : « pacte de la performance » ? « cordées du sport » ? Fichaises.

Les « cordées du sport » à Macron, si c'est pour finir dans le ravin d'un confinement, c'est peut-être pas la peine, Monsieur-Je-Sais-Tout-Mais-J'Me -Plante-Quand-Même.

3.
« Pour l'amour de Dieu, Ned, dit-il d'un ton pénétré, n'allez pas croire que je prends ça au sérieux !... »
(Dashiell Hammett, « La Clé de verre »)

Zut n'a pas trop l'amour des dieux ; quand elle fait la vaisselle, elle en casse au moins un par semaine.

A force de prendre un ton pénétré, il finit par se rentrer dedans : son nez se renfrogna et rejoignit sa mâchoire, laquelle avait avalé ses lèvres ; ses yeux s'enfoncèrent dans les orbites et le front dans ses rides. On aurait dit un sac d'idées mortes.

« N'allez pas croire que je prends ça au sérieux !... », dis-je au miroir en désignant Zut du regard que là-d'ssus, Zut me décocha un coup de pied dans le, que je m'en fus dans la Lune discuter avec quelques autres lunaires du son « u » dans la pop culture.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 septembre 2021.

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