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BREFS ET AUTRES

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21 septembre 2021

SONGEANT AU ROI ET A L'EDUCATION NATIONALE

SONGEANT AU ROI ET A L'EDUCATION NATIONALE

1.
Relu ce matin le si harmonieux « Heureux qui comme Ulysse ... » et me suis redit une fois de plus combien quatorze lignes inégales valent bien des pages de remplissage. Molière dans « Le Misanthrope » l'a bien dit aussi.

2.
J'écoute « Le Roi » (des cons) de Georges Brassens. Je pense à mon boulot et à la stupidité de certains perdirs. Ne comptez pas sur eux. Les surpayés de l'Education Nationale prennent les petits enseignants comme moi pour des jambons. Et ne savent pas lire.

La faute de tous ces errements et fâcheries en incombe à Blanquer, qui, visiblement, a complètement omis le facteur humain de sa merveilleuse réforme, laquelle mêle et démêle (« en même temps »). Macron est mauvais et Blanquer, son disciple, est nul.

3.
J'écoute « Le Roi » (des cons) de Brassens : « Que ça s'est vu dans le passé / Marianne soit renversée / Mais il y a peu de chances qu'on détrône le Roi des cons ». Voilà qui est dit, n'en déplaise à Mélenchon, n'en déplaise à Macron.

4.
Il est possible (c'est juste une hypothèse) que la récente dénonciation des contrats sur les sous-marins entre l'Australie et la France porte aussi le message suivant : l'OTAN ne désire plus que le sieur Macron préside aux destinées de la France.

5.
Ai vu aujourd'hui la planche 33 de l'album « Le Parfum de la dame en rouge », de Will Eisner (Albin Michel). Ai tenté de montrer à mes élèves la beauté cocasse de cette vision d'une « école de filles », dont l'auteur a effacé la façade pour nous plonger dans la synchronie d'un crime commis pendant que chacun échafaude des hypothèses sur l'avenir de l'assassiné.

6.
A cause de Blanquer, le ministère de l'Education Nationale marche sur un fil qui est sur le point de se rompre.

7.
L'humour de Will Eisner, et de son traducteur, dans cette phrase : « … donc l'obscurité s'abat sur l'école de P'Gell... et avec elle un vent de haine... un relent de passion... une odeur de venin... un (enfin, vous voyez l'genre) !! »

8.
J'aime bien la chanson « You're so vain » (« song of a gun ») de Carly Simon, à cause du rythme de la chaloupée qui sonne si typiquement américain country et puis des si bien vus « clouds in my coffee ».

« But you gave away the things you loved
And one of them was me
I had some dreams they were clouds in my coffee clouds in my coffee and
You're so vain »
(Carly Simon, « You're so vain »).

9.
Les gens comme moi, qui ne sont pas bardés de diplômes, dans le privé, on les ignore et dans le public, on les méprise. Du coup, je pense au « Luneux  » de Malicorne : « Je suis aveugle on me plaint / Et moi je plains tout le monde ».

J'aime beaucoup l'intro du «Luneux », de Malicorne, chanté par Marie Yacoub, si proche des évanescences du rock progressif avec ses notes en écho sur son dulcimer (je crois que c'est un dulcimer, sinon que l'on me détrompe).

10.
« Je suis l'instant présent, je suis le vent du nord », a écrit Houellebecq. Bin non, je ne suis ni instant présent, ni vent du nord (il me souffle dessus et me passe comme on passe un fantôme), mais comme je suis teigneux, je vous emmerde tout de même.

11.
Je me demande en vertu de quel principe, dont Blanquer doit avoir le secret, un élève royaliste (et assez indifférent à l'hypocrite résilience macroniste) ne pourrait pas être un bon élève et, lui aussi, une « chance pour la France ». #LaBlancheHermine.

Patrice Houzeau
Malo, le 20 septembre 2021.

 

 

 

 

 

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16 septembre 2021

N'ALLEZ PAS CROIRE QUE JE PRENDS ÇA AU

N'ALLEZ PAS CROIRE QUE JE PREND ÇA AU

1.
« Toute valeur est une grandeur mesurable, et par suite sujette à un double rapport : elle est relative, en ce qu'elle s'applique à un objet ; et elle est comparative, en ce qu'elle résulte d'une comparaison entre cet objet et un autre. »
(Schopenhauer, « Le Fondement de la morale »)

Si « toute valeur est une grandeur mesurable », l'infini est-il une valeur et une mesure ? « La justice qui tue n'est pas la justice » ; « il y a un lien indissoluble entre peine de mort et dictature » : gnagnagna et lieux communs pour classes de terminale.

Je préfère l'irrécupérable serial killer sous terre que nourri à vie dans une prison. Une méchante bête, on l'abat. Et non, tout ce qui a l'air humain ne l'est pas forcément. N'en déplaise à Robert Badinter.

La Tsarine, ayant été mordue par la Sardine (la Sirupeuse, l'Assassine) se remit à l'escrime. Macron et le sport : mesquin et stupide, se prend pour un coach, un sponsor privé (Macron use et abuse d'un argent qui n'est pas à lui, ni même à la France).

Toute valeur est relative et comparative, écrit Schopenhauer. C'est dire que les valeurs n'ont de sens que dans un système que nous appelons réel et qui est politique, éthique et pour soi. Il n'y a pas de valeur en soi, c'est une illusion. Demandez aux fourmis.

2.
J'aime bien Eric Zemmour mais je crains que sa campagne électorale (qui donc lui a demandé d'aller diviser encore plus la droite ?) lui fasse dire beaucoup de sottises. Zut se fiche de Zemmour comme de tout. C'est l'avantage de la fiction.

Le superbe avantage de la fiction, c'est qu'elle peut tirer la langue au réel. Elle ne s'en prive pas et ment comme si on lui avait arraché les dents.

Depuis l'affaire Benalla, Macron me sort par les narines. Depuis la crise des Gilets Jaunes, Macron me sort par les narines. Depuis les mensonges sur les masques, Macron me sort par les narines. Depuis le « pognon de dingue » et l'argent magique aussi : quelle morve !

« Il est minuit, docteur Schweitzer », dis-je à Zut qui me répondit par une trompette sardonique. Le duel entre la Tsarine et la Sardine mordeuse fut mémorable : on mangea du poisson au Palais dans l'espace. Le jeu d'un batteur peut-il être noble ?

Si l'on considère qu'un son de batterie peut-être noble, alors je dirai que le son du jeu de Nick Mason (le batteur de Pink Floyd) est noble (le début de Atom Heart Mother, Echoes, Set The Controls For The Heart Of The Sun, Time,...).

Macron s'écoute-t-il parfois ? Comment fait-il pour ne pas se rendre compte que son discours est souvent méprisant, ultra-étatique, puant la financiarisation de tout, quand ça ne dit pas n'importe quoi : « pacte de la performance » ? « cordées du sport » ? Fichaises.

Les « cordées du sport » à Macron, si c'est pour finir dans le ravin d'un confinement, c'est peut-être pas la peine, Monsieur-Je-Sais-Tout-Mais-J'Me -Plante-Quand-Même.

3.
« Pour l'amour de Dieu, Ned, dit-il d'un ton pénétré, n'allez pas croire que je prends ça au sérieux !... »
(Dashiell Hammett, « La Clé de verre »)

Zut n'a pas trop l'amour des dieux ; quand elle fait la vaisselle, elle en casse au moins un par semaine.

A force de prendre un ton pénétré, il finit par se rentrer dedans : son nez se renfrogna et rejoignit sa mâchoire, laquelle avait avalé ses lèvres ; ses yeux s'enfoncèrent dans les orbites et le front dans ses rides. On aurait dit un sac d'idées mortes.

« N'allez pas croire que je prends ça au sérieux !... », dis-je au miroir en désignant Zut du regard que là-d'ssus, Zut me décocha un coup de pied dans le, que je m'en fus dans la Lune discuter avec quelques autres lunaires du son « u » dans la pop culture.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 septembre 2021.

15 septembre 2021

POURQUOI DONC QUE ZUT LANCE DES POISSONS PAR LA FENÊTRE ?

POURQUOI DONC QUE ZUT LANCE DES POISSONS PAR LA FENÊTRE ?

1.
Je me souviens d'mes après-midis d'lycéen à hanter les cafés et le sourire des filles. J'aurais mieux fait de travailler mes compétences transversales, j'en serais point maintenant à compter les cornichons du bocal.

2.
Macron, dit-on, est partout cause qu'il va se représenter. J'ai pas envie d'une overdose de « en même temps » et de promesses mirifiques. Je vais donc écouter du rock, lire des bédés et boire de la bière en attendant qu'il soit réélu. D'autant que j'vote pas.

3.
En attendant ma bonne fortune, ma mère mourut. La Tsarine (est-ce vous, Zut ? Est-ce vous Macronie?) mangea des paupiettes. La sardine sirupeuse agitait ses drapeaux rouges tout en prétendant qu'ils n'étaient point si rouges. La Sardine Assassine est-il un groupe folk ?

4.
« Pourtant, Seigneur – et certes, ce que j'en dis,
Ce n'est pas pour élever ma voix contre l’Éternel.
Plutôt contre moi et pour remâcher ma folie
Dont le goût dans ma bouche qui s'édente est amer. »
(Jean- Paul de Dadelsen, « Jonas »)

Le Seigneur n’existe pourtant est-il comme dragon à ma porte. Nous chassons les métaphores comme si le monde était peuplé de fantômes. Le langage est une convention de l'imaginaire. Zut n'élève jamais la voix contre l'Eternel, elle lui montre le poing.

Les jeunes gens de mon jadis sont tous bien vieux maintenant. Certains ne partagent même plus le même air que nous. La tsarine dit que la sardine est trop pleine d'arêtes. C'est dégoûtant. On dirait une phrase de Heidegger.

Le monde est parcouru de sourires édentés (le cauchemar de Hollande). J'en veux beaucoup aux gens utiles : ils m'obligent à les écouter.

A force de mâcher d'la folie, on a la gueule si amère que si on enregistrait un album de ses meilleures répliques (avec du zigouigoui expérimentalo- électrique en appui), sur la pochette y aurait la gueule fatale d'un poisson.

Tous mes vieux barmen sont morts ou en retraite ; je n'ai plus d’excuse pour manquer d'argent. Quand on vieillit, le barman, c'est l'employé de la supérette.

5.
Je me demande pourquoi Zut lance des poissons par la fenêtre : ce n'est pourtant pas le jour d'la bouillabaisse électorale.

6.
Paraît que Macron a reproché à nos athlètes de n'avoir pas été assez victorieux aux Jeux Olympiques. Décidément puant jusqu'au bout, notre président.

Si Macron le Prétentieux n'est pas content des Jeux Olympiques, il n'a qu'à y participer lui-même, s'il n'est pas content des enseignants, il n'a qu'à donner cours lui-même et aller soigner lui-même dans les hôpitaux, et arrêter lui-même les bandits de Marseille. Gonflant.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 septembre 2021.

 

15 septembre 2021

EN ATTENDANT LE CLUB DES BECS D'LA PRESIDENTIELLE

EN ATTENDANT LE CLUB DES BECS D'LA PRESIDENTIELLE

1.
« les diverses religions, ces métaphysiques à l'usage du peuple »
(Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « Le Fondement de la morale »)

Pourquoi « diverses religions » ? demanda Belphégor en allumant une cigarette. Les roses se balançaient car c'étaient des roses balançoires. La pluie battante avalait les kilomètres, sifflait les feuillus, roulait les routes de nuit.

Les trois religions du Livre sont-elles définitivement irréconciliables ? s'interrogeait le couteau, interrogatif comme un reflet. Les replis intégristes ne sont-ils que provisoires, car induits par un malheur du monde que l'on espère éphémère ? Belphégor songe bleu.

Le langage est-il une machine à produire des dieux ? De quoi les dieux sont-ils les illusions ? Certains politiques ne sont-ils en fait que des bigots refoulés ? Des défroqués ? Les gens laissent-ils des bouts d’eux-mêmes un peu partout ?

Le repli intégriste est-il une alternative à la drogue ? Les réseaux terroristes « religieux » utilisent-ils le trafic de drogue uniquement pour financer leurs attentats ou aussi comme un outil d'asservissement de l'Occident ? Les talibans vont-ils éradiquer l'opium afghan ?

Les métaphysiques religieuses sont-elles des blagues ? Des instruments de pouvoir ? Les théologies sont-elles des sottises ? Sont-elles des philosophies ? Croient-elles aux images pieuses et aux bons sentiments ? Le diable fourmille-t-il dans les détails ?

La Crucifixion fut-elle un sort jeté sur l'Humanité ? La « Bonne Nouvelle » en serait-elle le désencerclement, ou n'est-elle qu'une ruse ? Les dieux sont-ils des envoûtements, des fascinations morbides ? Des dépressions chroniques ? Des nécessités sociales ?

Pourquoi le peuple aurait-il besoin des dieux ? L'alternative à la soumission aux dogmes est-elle « panem et circenses » ? Culte du politique ? surveillance de tous par tous ? Qu'est-ce que Macron est allé chercher ? Un rappel de sa vanité par la leçon d'une gifle ?

2.
« Toute action, dont la fin dernière est le bien ou le mal de l'agent, s'appelle égoïste ».
(Schopenhauer traduit par Auguste Burdeau, « le Fondement de la morale »)

Quelle différence entre « action » et « acte » ? quelle est la « fin dernière » de toute action ? Le Bien ? Le Mal ? L'humanité est-elle un sado-masochisme ? L'humanité est-elle nécessairement une rédemption ? Une part maudite ?

« Ego » est-il une sorte de dieu ? Les dieux ne tirent-ils pas toute leur puissance de l'unique puissance du langage ? Les dieux luttent-ils contre les évidences ? Les dieux persistent-ils à être en dépit de nos doutes ? Le doute est-il une rédemption ? Un salut ?

3.
« Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort. Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux. »
(Henri Michaux, « La Lettre »)

La tête à la Gorgone roule-t-elle dans le miroir de la mort ? Les princes sans sceau aucun s'associèrent dans une union assez fataliste. Le sablier boira le sang nouveau d'la vieille lanterne. Défois Eduline crapote dans le proxy error. Les Russes à Blanquer encore.

Il ne sut plus prendre son élan, et glissa sur un canard décapité. Comme il avait trouvé la beauté amère, il se dit qu'il changerait de marque. Belphégor est revenu dans un grand mystère des ondes. Surtout ne ratez pas le prochain club des becs.

Qui Macron va-t-il flatter aujourd'hui ? Ou engueuler ? L'Accompagnement Personnalisé pâte à crêpes existe toujours. Quand on va au charbon, défois on trouve des miroirs. Défois dans la boue. Y a une chanson de William Sheller. Blanquer active active active.

Macron parle comme s'il ne s'était pas planté. Le sang coule des statues : on appelle cela miracle. Pourtant, les statues sont du sang des humains. Défois on en repêche une. Elle nous en veut. Ses yeux absents lancent des fantômes d'éclairs.

Depuis que Belphégor est revenu, je pense noir. La foire aux guignols a commencé avec force promesses. L'argent magique pèse quand même bien lourd. Des hommes glissants passent dans les bureaux. Ils nudgent comme on regarde la téloche.

Téloche, t'es louche, défois. Mais quand même, il y a la magie Astrid et Raphaëlle. La beauté dans le décor. Quelquefois, on en change. Des hommes glissants passent dans les ministères. Ils nudgent, nous grugent, prétendent que c'est pour notre bien.

4.
« Une et la vraie, la dévorante, la furieuse, l'impitoyable. Elle avance, majestueuse ; elle descend sur la ville, comme un bélier de feu, prêt à foncer. Je triomphe ! »
(Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Nekrozotar])

« Une et la vraie »... car l'autre est fausse monnaie. Car l'autre est fausse monnaie comme politique. je préfère mon chien, ne fait pas de promesses. Les gens sont pleins de chiens. Grognent, grondent, aboient. Ils appellent les déserts.

Une chanson roula je la ramassa en faisant une faute de conjugaison. Et puis quoi qui tourne avec ma boule ? Ayant pris un grand baluchon, le marchand y glissa ses planètes. Un tapis volant passant par là, il s'y jucha et disparut dans un grand effet fumeux.

5.
« ça va bien faire la dixième fois que nous partons pour je ne sais où à travers l'Allemagne... à travers plaines, c'est-à-dire genre de steppes, ou sous des tunnels, fours à suie... »
(Céline, « Rigodon »)

Nous comptons nos fois défois qu'il nous en manquerait. C'est dans l'à-travers l'Allemagne que la tsarine entendit parler pour la première fois de la sardine sirupeuse. On ne se méfie jamais assez des sardines, défois on croit qu's'en sont, mais s'en sont pas.

C'est dans les steppes et les tunnels que des trains passèrent et ne revinrent pas. Aucun géant ne les avait broyés dans ses mains. Des fumées montaient toujours plus à l'est. On peut toujours croire aux âmes dispersées dans les ciels blancs.

Alors, ils lancèrent les dieux sur la terre et il y eut un grand combat de chiens.

Patrice Houzeau
Malo, le 15 septembre 2021.

14 septembre 2021

JE NE CROIS PAS AU FANTÔME POURTANT

JE NE CROIS PAS AU FANTÔME POURTANT

1.
Pis ça sera comme si tu étais revenue
Ça sera beau, beau, magnifique ah ça
Sera comme on ouvre le champagne ça sera
Comme avant qu'toutes mes bouteilles soient vides
Si tu étais revenue, si tu étais revenue Si
Tu ne m'étais pas perdue là-bas chez les autres gens si tu
Etais revenue pis là à sourire de ton retour
Revenue d'entre les autres gens, pis pas trop vieille.

2.
On dit qu'les loups sourient avant d'attaquer. Il y a des gens comme ça aussi, paraît. J'ai volé une soucoupe volante : ça m'est moins utile qu'un vélo. Par contre, qu'est-ce que je peux croiser comme hommes en noir. Je crois en Blanquer, que je leur mens. Ils se signent.

3.
On dit l'humain au-dessus de la bête. Pourtant, pourtant, comme c'est drôle de préférer mon chien à bien des humains, que je laisserais volontiers crever la gueule ouverte et bien des souffrances, parce que je ne suis pas un saint moi.

4.
« … du moins devant le tribunal qui est en nous. », a écrit Schopenhauer. L'a l’œil noir. J'entends la voix maintenant fantôme de Juliette Gréco. Les gens, ce sont des fantômes auxquels on croit. Tiens, un livre vole... Il était donc si mauvais... J'aime Belphégor.

5.
« Le sol ressemble à une bouche «  a écrit Houellebecq. On lui voit les dents. Celles qui restent quand plus rien ne reste. Moi mes dents sont chez Hollande. Les politiques ont des meutes de chiens de ma chienne. Aussi condamnés que les talibans.

6.
« C'était dans vos yeux. » a écrit Jeanne Favret-Saada, citant un témoin. Je crois aux sorciers. Aux yeux surtout. Ce n'est pas le réel qu'on y voit, mais l'être du réel. Je crois au verbe. Ce n'est pas alchimie, mais envoûtement. Rimbaud cracha.

7.
Ted Nugent a prouvé plus d'une fois que l'on pouvait paraître très teigneux de droite et être un fichu bon musicien. Je crois aux sorciers du son. N'est-ce pas Kate Bush que l'on a surnommé « la sorcière du son » ? La lune souffle.

8.
La sardine sirupeuse a mordu sournoisement la tsarine. Le monde est plein d’yeux électroniques. Je sors mon chien avec la lune. Le soleil ne s'en laisse pas compter. Une existence de lance-roquettes dans un étang croupi.

9.
Politique : les nains sont de sortie. Ma boussole s'est envolée avec la fenêtre plongée dans le noir. J'ai avalé la sardine qui avait mordue la tsarine. L'était à l'huile d'olive vierge. Les gens malveillants sont souvent très efficaces.

10.
Je ne crois pas aux fantômes, pourtant. Il faut se méfier de son cœur, le couteau est déjà dedans. Le jeu de go m'a sauté à la gorge, je ne m'y attendais pas. J'ai la bouche pleine de pierres.

11.
La jeune femme m'a tourné le dos. C'est parfaitement normal lorsque l'on sait que je n’existe pas plus que le fantôme du Louvre. Longtemps Belphégor hantera nos mémoires. Macron danse. Les prétendants bricolent dans l'ego. Marianne soupire.

12.
Quand on retourne au réel, ce n'est pas sans serpents. La tsarine a soigné sa morsure avec du baume zutique. Comme elle était morte, je lai ressuscitée (un auteur n'a-t-il pas tous les pouvoirs?). Les murs ont des affiches.

13.
A force de travailler dans le sens avec des gens qui n'ont pas le même sens que vous, on finit par écrire des zutismes. « La raison est un gros chien tendre » écrit Houellebecq. Mon fusil est très pur. J'aime les chiens de chasse.

14.
« Tant la volonté est toute-puissante sur l'intelligence », écrit Schopenhauer. Les dieux sont-ils la volonté des bipèdes ? Les oiseaux qui crient au loin (mouettes, goélands, formateurs) me rappellent Pink Floyd. Je n'écris pas sans ma chauve-souris.

15.
Quand on discute pédagogie, il faut savoir mettre son petit Blanquer dans la poche. Je ne suis pas méchant, mais mon ironie peut être fatale. Quelques mots, prononcé sur un certain ton, avec l’œil ad hoc (l’œil noir qui te regarde, toréador) et vous voilà mort.

Patrice Houzeau
Malo, le 14 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

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14 septembre 2021

QUOI DONC A FAIT POUSSER NOS MAINS ?

QUOI DONC A FAIT POUSSER NOS MAINS ?

1.
« Car celui qui est plus fort que lui-même serait le même de quelque manière que celui qui est plus faible que lui-même, et celui qui serait plus faible serait aussi le même que celui qui est plus fort. 
(Platon traduit par Georges Leroux, « La République »)

Quand je dis « c'est plus fort que moi », à quoi est-ce que je me réfère ? A moi ? A quelle force en-dehors de moi et qui pourtant est moi ? Le réel est-il une suite de « c'est plus fort que moi » ? Quel sens alors à « plus fort que soi » ?

Qu'est-ce donc qui amuse, ou fascine, jeu de miroirs, mélodie, échos, reflets, fantôme d'une mélodie (pourquoi ai-je d'abord écrit maladie?) dans une suite platonicienne ?

2.
« Agnelet feuillets d'or ciel innocence
Pies et poules blanches de l'enfance. »
(Georges-Emmanuel Clancier, « Chanson du mouton »)

Quel est le rapport entre « agnelet », « feuillets d'or » ; entre « ciel » et « innocence » ? Pourquoi y pressentir du religieux ? Du missel ? Les anges sont-ils innocents ? que signifie l'innocence des anges ? La perfection n'est-elle que de l'autre monde ?

Le ciel est-il innocent ? Voyageons-nous dans l'espace à la recherche de la neutralité de la pureté ? Pourquoi l'idée que l'infini serait infiniment peuplé semble-t-elle à la fois logique et d'une sottise infinie ? Et si l'espace n'était jamais que mur et illusion télescopique ?

Les « pies » et les « poules » disparaissent-elles une fois que l'enfance s'évanouit ? Dans notre monde de cités violentes et de chiens d'attaque, quel sens peut-on donner à un vers comme « pies et poules blanches de l'enfance » ?

3.
« S'il n'est de fumée sans feu
S'il n'est de panier sans anse »
(Georges-Emmanuel Clancier, « Chanson du mouton »)

« S'il n'est de fumée sans feu », quoi donc a flanqué le feu ? « S'il n'est de panier sans anse », quoi donc a fait pousser nos mains ? Un dimanche peut-il se résumer à une poignée « d'enluminures bleues » ? La poésie est-elle une fieffée jolie menteuse ?

4.
« Le médiéval nous balance
Un dimanche d'enluminures bleues. »
(Georges-Emmanuel Clancier, « Chanson du mouton »)

Qu'est-ce que le médiéval ? Le médiéval est-il à nos portes ? Vais-je tomber sur un dragon en ouvrant ma porte ? Et même si je ne tombe sur aucun dragon en ouvrant ma porte, cela signifie-t-il qu'il n'y a jamais aucun dragon devant aucune porte ?

A quoi sert le cinéma ? Donne-t-il à voir ce que l'on ne peut voir ? Qui est la licorne du film « Black Moon », de Louis Malle ? Pourquoi tant d'artistes ? Pourquoi cette multiplication des œuvres ? L'humain est-il avant tout ouvrier, artisan, artiste ?

5.
« Ou bien nous demeurons encore trop vivants pour être morts, ou bien nous sommes trop morts pour être encore en vie. »
(Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Videbolle])

Pourquoi suis-je si sûr que Ghelderode a existé et a réellement composé les féeries que nous lisons ? Dans 300 ans, quelqu'un remettra-t-il en cause l’existence de Ghelderode comme nous doutons d'Homère et de Shakespeare ?

Peut-on être « trop vivant pour être mort » ? Pas assez cadavre qui marche ? Peut-on être « trop mort pour être encore en vie » ? Zombies ? Sommes-nous les illusions du vivant ? Marionnettes ? Apparences ? Agitations nerveuses ?

6.
« - Je m'appelle Alice, n'en déplaise à Votre Majesté », répondit Alice très poliment ; mais elle ajouta, à part soi : « C'est vrai, ces gens-là ne sont, après tout, qu'un jeu de cartes. Je n'ai pas besoin d'avoir peur d’eux. »
(Lewis Carroll traduit par Magali Merle)

Pourquoi Alice s'appelle-t-elle Alice et pas « poisson rouge », « Albertine disparue », « Hercule Poirot » ? Avons-nous besoin de l'assentiment des autres pour... ? Si les Autres ne sont jamais qu'un « jeu de cartes », quelle valeur peut-on leur donner ?

Vivons-nous comme si les Autres n'étaient qu'un « jeu de cartes » ? Vivons-nous comme si les Autres n'étaient pas seulement qu'un jeu de cartes ? Nous méfions-nous des « jeux de cartes » ? Sont-ils fatalement truqués ? Pourquoi et à quoi jouons-nous ?

Le merveilleux est-il notre consolation de n'être jamais que dans le réel malheureux  ? Le réel est-il une suite de manques, de lacunes, de trous, de petits cercles à la fois ouverts et fermés dans lesquels nous... ? Qu'y faisons-nous d'ailleurs ?

Patrice Houzeau
Malo, le 14 septembre 2021.

 

13 septembre 2021

TRES POUTRE EN ANGLAIS

TRES POUTRE EN ANGLAIS

« My name is Alice, so please your Majesty, » said Alice very politely ; but she added, to herself, « Why, they're only a pack of cards, after all. I needn't be afraid of them ! »
(Lewis Carroll, «Alice's Adventures in Wonderland »)

My name is stupid fit-elle passque fut très poutre en anglais
Name ? Stupid !
Is que c'est vraiment ? Bin oui chuis pas
Alice ma pomme dit Zut
So ah tiens j'vais mettre plein de « so » : so so so so so so Y en a 6, ça fait six-so.
Please, pouvez-vous m'indiquer le chemin vers le Traczir Club ? Oh, je vois, merci beaucoup...
Your « cantatrice chauve » est assise sur le genou de mon oncle, je vous ferais remarquer...
Majesty, majesty, est-ce que j'ai une tronche de Majesty, s'empourpra Zut en envoyant sa couronne sur les roses.
Said What ?, elle dit Alice éberluée façon La République en Marche constatant qu'elle n'avait plus pied.
Alice c'est une actrice amateur, euh une amatrice actrice, bon, enfin une comédienne avec laquelle Zut répète une pièce de Shakespeare en anglais même que Zut n'y pige que pique-couic, et aussi elle cause toujours
Very politely, Alice, ah, c'est pas comme Zut alors que pas du tout
Politely qu'elle jacte Zut
But Zut s'en fout car son but à Zut c'est d's'amuser quitte à éberluer quelque peu
She bah ! She fait s'qu'elle veut, Zut (surtout depuis qu'elle a pigé qu'elle existait pas, ah ça, elle en profite, la fiction...)
Added Jeanne, c'est une chanteuse, non ?
To ah tiens, j'vais mettre plein de « to » : to to to to to to y en a un lot, ça fait trois toutous To
Herself - Alice se cause beaucoup à elle-même, pas comme Zut qui s'adresse à moi la nuit le jour pour m'les raconter ses zuteries mirifiques
Why - Alice se questionne beaucoup elle-même, pas comme Zut qui m'tarabuste jour et nuit le cucurbitacée avec de l'incongru interrogatif
They're (ah flûte, j'vas avoir envie d'une bière)
Only one ? Espère toujours... mais faut pas, sinon, après j'n'écris plus...
A... qui se prononce « eu » que si j'en mets deux, j'pourrais me les faire sur le plat.
Pack ah tiens, ça colle avec les sur le plat dont j'viens d'causer
Of, oui oui, of, of, of, hoquète le phoque
Cards qu'en français je pense « château de cartes » parce que. Mais paraît qu'on dit « house of cards » dans la langue que j'causerai jamais.
After, after quoi ? After, Zut, elle rentre à sa maison, Alice dans son livre, et les répliques shakespeariennes là où sont rangées les répliques shakespeariennes.
All et oh la la, dit Zut juste avant de se faire coller deux heures par Madame Pizzicati-Pizzicato qu'aimait pas trop qu'on lui gratte le jeu
I, et Aïe-yayaïe, dit Zut collée, consternée,
Needn't – ah tiens, sur France Culture, on parle de l'histoire de la maison Casterman, c'est passionnant, mais je m'en fous royalement
Be – ah tiens, j'vais mettre tout un fricotin d'be, be, be, be, be, be, Your « cantatrice chauve » a pris le chapeau de mon oncle, je vous ferais remarquer...
Afraid As't'heure ? Stilal qui dansot dans ces films là ?
Of tiens revoilà mon phoque hoquetant
Them – comme c'est la fin du poème (ou quelque chose dans ce goût-là), je vais allonger le son pour faire note continue façon pop song psychédélique, 
THEEEEEEEEEEEEEEEEEEMMMMMMMMMMMMmmmmm.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 septembre 2021.

13 septembre 2021

LA LANGUE C'EST DU C'EST-A-DIRE

LA LANGUE C'EST DU C'EST-A-DIRE

1.
« L'orage assombrit ma fenêtre. J'ai envie de Notre-Dame sous le ciel noir. »
(Patrick Grainville, « Les Anges et les faucons »)

L'orage : les anges artilleurs à l’exercice. L'orage
Assombrit l'paysage lequel est tissé de sourires de clowns
Ma musique que j'préfère c'est quand même ce bon vieux rock progressif (Pink Floyd, Gong, The Residents, Gentle Giant & tutti planeries, quand ils sont pas emphatiques & tocs, sont réconfortants les bidouilleurs d'sons là, & même marrants défois dans le genre humour des lunes) Ma
Fenêtre n'est point bleue car il fait jour ; dehors c'est façon fait pas beau, blanc, gris, avec des airs à pleuvoir pour un rien.

J'ai envie d'une bière car j'aime bien la bière mais faut pas qu'j'ai
Envie d'une bière car faut qu'j'écrive et si j'commence à liquider
De la bière j'écrirais pas assez pour être content quand même
Notre-Dame des Sobriétés passez-moi s't'envie d'binouze
Sous ton balcon j'irai pas ce soir chanter Je suis sous sous sous ton balcon
Le temps passe moi j'écris y en a qui sauvent des vies moi j'écris Le
Ciel s'en fiche y a personne dedans (sauf peut-être de lointains cousins)
Noir est l'espace on dit avec des trous noirs dedans paraît.

2.
« car celui que vise un sort, c'est le chef de famille, c'est-à-dire celui qui marque cette famille de son nom. »
(Jeanne Favret-Saada, « Les Mots, la mort, les sorts »)

Car qui m'fait penser à « Yes baby you can drive my car »
Celui qui m'fait penser à « ou comme cestuy-là qui conquit la toison »
Que me dites, que me dites-vous là ? Des sottises, des sottiiiiiiiiiiiizzz sans nul doute - Un p'tit coup du Daevid Allen Weird Quartet, « The Latest Curfew Craze » ça s'appelle, gouleyant dans l'genre déjanté -
Vise un peu cette fille-là, elle est terrible me dis-je à mon Johnny fantôme et portatif (çui-là qu'j'ai sous les tifs)
Un fantôme c'est bien utile quand on est seul on peut lui causer mais défois faut l'apprivoiser défois c'est pas si facile Un
Sort c'est jamais à soi-même qu'on le jette, qu'on s’ensorcelle, s'envoûte
C'est la rentrée des classes, faut s'reconnecter au réel à Blanquer, étrange contrée, on navigue dans les confins à « chef d’œuvre » (on en rit dans les salles de profs, y a qu'Blanquer pour pas s'en douter)
Le Blanquer, depuis que Buzyn a été mise en examen, i doit s'poser des questions dans sa tête, Mister Tout-Va-Bien-C'est-Sur-La-Table (rengaine impopulaire) Le
Chef c'est le Chef et quand ça va pas, c'est le Chef qui doit, sinon, qu'il aille faire le Roi de Pologne dans une pièce de Jarry.
C'est-à-dire : j'aime bien ça, le « c'est-à-dire » qui ne dit pas autre chose que le langage est quelque chose à dire et c'est
Celui qui dit qui est comme on dit quand on dit déjà des choses
Qui sait comment qu'ça va tourner tout ça bah je n'ai plus qu'à m'occuper de mes affaires et laisser s'embourber les prétentieux Elle disait un
« Marque-ta-page » pour « marque-page », mignon.
« Cette fille là, mon vieux, elle est terrible » ah toujours mon fantôme de Johnny qui agite un peu d'rock n' roll (çui-là qu'j'ai sous les tifs) Ma
Famille, j'l'ai bien perdue, seul que j'reste avec mon chien dedans.
De ma désinvolte écriture que j'm'occupe, tout l'monde s'en fout, ça m'va très bien.
Son prénom ? Melody. Son
Nom ? Nelson. C'est dans un album de Serge Gainsbourg que j'aime bien.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 septembre 2021.

 

13 septembre 2021

TYPIQUE TYPIQUE COMME L'AS DE PIQUE DIT ZUT

TYPIQUE TYPIQUE COMME L'AS DE PIQUE DIT ZUT

1.
« Celui qui ne dissout pas celui qui vient à lui, un Sphinx s'y forme et c'est de Sphinx que l'on meurt. »
(Henri Michaux, « Les Sphinx »)

Celui-là, je ne sais pas ce qu'on va en faire...
Qui veut jouer ? Une partie d'échecs ? Ça vous plaît pas, les échecs ?
Ne t'en va pas sans prendre tes médicaments il se
Dissout bien ça y est il a disparu ce que c'est que de nous quand même...
Pas un bruit... Endormi, tout... nuit, campagne, ville.
Celui-ci par contre oui je sais très bien ça va faire un bon...
Qui a dit oui ? C'est vous qui avez dit oui ? Elle
Vient, elle vient toujours, ne vous inquiétez pas elle viendra
A bon entendeur salut ! dit-il en claquant la porte.
Lui, c'est un bon, vous n'avez rien à craindre... Rien. Il le fera.
Un jour, je m'en irai, c'est sûr, je ficherai le camp. Un
Sphinx, j'aimerais qu'on dise ça un sphinx un genre d'être façon qui
S'y fie s'y pique... Ah c'est typique, typique comme l'as de pique chantonna Zut qu'était fort enjouée soudain. Une
Forme dans la nuit... Qui c'est ?... Est-ce vous, Godot ?
Et alors qu'est-ce qui s'est passé ?
- C'est à peine croyable ! On a retrouvé la vache ! Oui oui, celle-là, qu'la soucoupe hein, a l'avait avalée, abductée même qu'on dit, aspirée dans les airs... WHIIIZZZZZZ ! Hop, dans l'pré, plus d'vache.
De rien... Non, parce que quand même, fallait l'faire... De rien, allez, c'est rien, c'est rien, rien du tout...là, c'est fini, les échecs, les vaches volantes, les soucoupes, la vie, là, elle vient, elle viendra, elle vient toujours...
Sphinx... c'est-à-dire énigme, mystère, étrangeté, bizarrerie.
Que voulez-vous ? Une partie d'échecs ? Une vache ? Un Sphinx ?
L'on se tait... plus personne n'y pige que couic. On finit par n'y plus penser qu'on y pige que couic pis à force d'avoir existé, bin on
Meurt. C'est comme ça. Faut laisser leur chance aux autres là, les vivants.

2.
« A la fin, juste avant l'agonie terminale,
Un bref apaisement parcourut sa poitrine.
Il sourit en disant : « Je baigne dans mon urine »,
Et puis il s'éteignit avec un léger râle. »
(Michel Houellebecq, « Non réconcilié »)

A force, on finit par ne plus...
La musique, j'aime bien, mais pas tout l'temps, ça soûle à force, ça soûle qu'à la
Fin je me demande si on s'y intéresse encore... Mozart mourut-il en songeant un dernier accord ou pensa-t-il
qu'on ne se méfie jamais assez des côtelettes ?
Juste avant d'la r'cracher sa pastille et de s'artrouver viande parmi les choses,
Avant le néant, on pense quoi ? Qu'c'est trop con tout ça, ou qu'il n'y a pas assez de lumière, ou qu'c'est quand
qu'elle va s'arrêter cette pluie (« Who'll stop the rain », j'vous parlais d'musique)
L'agonie ça s'appelle. Houellebecq dans un poème y a ajouté
Terminale, c'est vous dire qu'un soir, un train, hop, et nous voilà débarqués définitif du quai des ambitions.

Patrice Houzeau
Malo, le 13 septembre 2021.

12 septembre 2021

QUAND JE PENSE A MACRON ME VIENT UN OEIL NOIR AVEC UNE GIFLE DEDANS

QUAND JE PENSE A MACRON ME VIENT COMME UN OEIL NOIR AVEC UNE GIFLE DEDANS

1.
J'écoute une émission sur Dickens. Ah bin oui, il avait du génie, lui. Et de la persévérance, ou quelque chose dans ce goût-là.

 2.
Défois elle vient sans qu'on l'appelle. Elle ne peut faire autrement. Sinon, y a des événements, périls et vipères.

3.
Ah tiens, Kate Bush sur France Culture. Les chansons de Kate Bush : petites porcelaines dansantes, si l'on considère, bien entendu, que des porcelaines puissent danser.

4.
Défois, ça revient, ça revient toujours... on n'échappe pas à ses revenances. Dans la vivace mauvaise sombre qu'on nage... y a toujours un bout d'la mémoire par lequel ils nous chopent nos fantômes.

5.
Chaipas ce que Hilda doit savoir (c'est dans l'Rigodon à Céline, le style) et m'en moque, j'aime bien le prénom Hilda, elle fait quoi dans l'histoire ? Infirmière, doctoresse, maîtresse collaboratrice à Sigmaringen, employée en uniforme, yeux bleus tresses blondes, bah ça dirait que j'fantasme...

6.
Y en a zont du mal à s'adapter... qu'ils les regardent d'un œil tranchant décisif les adaptés... on s'méfie des autres... on envie leur réussite... Question d'à-propos défois plus que de talent... Question de persévérance dans la disponibilité... complaisance défois.

7.
J'écoute William Sheller... ritournelles aurait dit Deleuze... je sais, la musique classique a ceci de très haut qu'elle s'interprète, les nuances du pianiste, nuances, reliefs, couleurs... bah qu'une basse variétoche toujours le même bom-bzoum... mais bon, Sheller, j'aime bien.

8.
Hier réécouté - ça faisait longtemps, (y eut des événements dans ma caboche) – le beau « Morituri (te salutant) » de Catherine Lara. Ai contemplé son beau visage de dans le temps et sur la pochette à Catherine Lara. La beauté passe, revient toujours.

9.
Si je devais m'intéresser à tout ce qui est intéressant, je disparaîtrais vite d'insignifiance.

10.
Pas eu trop l'moral hier... me remets jamais de n'être que ma pauvre pomme... on s'rêve... lucide, on déchante vite... la force des choses on dit... me console en pensant à Blanquer... y a pire que moi donc.

11.
Ce n'est pas sans l'amertume d'un sourire que je me dis que cela fait longtemps maintenant que je suis passé du statut de « quelqu’un de bien » à « ah lui, c'est un bon client ».

12.
Faut dire ce qui est : si des législatives avaient lieu maintenant, les députés LREM se prendraient une déculottée. La Macronie ne tient que par la jactance à Macron et la finance. Sans promesses d'abondance, l’exécutif ne tiendrait plus très longtemps la route.

13.
Le chef du « Sentier Lumineux » (Abimael Guzman) a cassé sa pipe en prison au Pérou. La rumeur (et/ou la CIA) lui a taillé un short : « pleurnichard, alcoolique et lâche ». Possible... Assassin certainement. Après, je m'en fous. La mort de mon chien m'a fait plus de peine.

14.
Macron dépense tellement d'argent qu'on dirait que ce n'est pas le nôtre.

15.
Paraît que malgré les problèmes induits par le Brexit (on évoque même des pénuries), le Royaume-Uni aurait cette année encore un PIB supérieur au nôtre. La France, septième puissance mondiale ? L'UK sixième... Je croyais que Macron était un génie, m'aurait-on perlimpinpin-piné ?

16.
Quand Macron en 2017 eut ce mot de « poudre de Perlimpinpin » pour désigner les propositions de Marine Le Pen, il était loin de se douter que cette expression désignerait maintenant plus sa propre politique que les discours de Marine, qui ne veut surtout pas être élue présidente.

17.
Mon pays, la France, est en passe de connaître ce qui est arrivé à la démocratie américaine elle-même : une rupture entre pays réel et pays politique : un boulevard pour les extrêmes, qui ne veulent pas du pouvoir. La France est une comédie. Macron, détesté et détestable, sera réélu.

18.
Je ne sais qui a dit qu'on n'aurait pas dû laisser Damien Tarel exposer son absence de repentir pour la gifle infligée à Macron, parce que Macron, c'est le président, et le président, c'est la France. Non. La France, c'est Marianne, pas un ersatz.

Je rappelle que Macron était prévenu que cette partie là du public ne lui était pas favorable, qu'il y est allé quand même, qu'il a posé la main sur le bras de cette personne qui m'a tout l'air d'un chouan : la gifle est partie toute seule. Je la comprends.

Car je suis enseignant, je me permets de préciser : en posant sa main sur le bras de Damien Tarel, Macron a fait ce que tout enseignant ne fait jamais avec aucun de ses élèves. Retenez, s'il vous plaît, cette leçon. Si j'étais consultant, ça vous coûterait bonbon.

Et, avec un brin de provocation (allonzy allonzo), si la société nouvelle à Macron consiste aussi à se laisser toucher le bras (et puis quoi encore ?) par un velu, eh bien euh, je préfère le monde d'avant (moi qui ne fis jamais la bise à mon père qu'une fois l'an).

19.
Agnès Buzyn mise en examen pour son attitude controversée pendant la crise du covid : Guillaume Larrivé, - qui l'eût cru ? - s'insurge. Donc, si je comprends bien, si la France manquait de masques, de personnel, de matériel et de lits, ce n'est pas la faute du ministère de la Santé, mais de la mienne, pauvre clown d'électeur contribuable. Larrivé, je vous aime bien, mais là, vous faites pitié.

De toute façon, tout ça, c'est du cinoche, il n'arrivera rien à Buzyn, ni à Véran, ni à Philippe, ni à Macron (l'homme qui cherche les gifles). La réputation de Buzyn en sera ternie, et alors, qui réellement, à part elle, s'en soucie ?

20.
And now, ladies and gentlemen, je vas écouter une bonne vieille compilation des Pretenders qu'ça swingue !... J'aimais bien Chrissie Hynde quand j'étais au lycée. Les Pretenders ne vont pas changer le monde, mais valent toujours mieux que la réforme à Blanquer.

21.
Paraît que l'Etat, dans sa grande bonté (on ne lui en demande pas tant) a décidé d'octroyer 15 euros sur le coût des mutuelles de ses agents, pourvu qu'on en fasse la demande. Qu'ils gardent leurs 15 euros, même par mois : je ne suis pas un mendiant.

Des comptes d'apothicaire plutôt qu'une réelle revalorisation des salaires, voilà ce que veulent Macron et Blanquer : si vous acceptez, vos 15 euros seront bouffés par l'inflation. Réfléchissez et battez-vous pour de meilleurs salaires et conditions de travail.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 septembre 2021.

 

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