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BREFS ET AUTRES
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24 mai 2024

LE SOI QU'ON EST QU'ON VOUDRAIT TOUT AUTRE

LE SOI QU'ON EST QU'ON VOUDRAIT TOUT AUTRE

 

1.
« Quand on ne peut se délivrer de soi, on se délecte à se dévorer. »
(Cioran, « Précis de décomposition »)

 

Quand le vin est tiré, c'est qu'il y a eu du raisin et des vendanges. Quand
On ne peut faire autrement, faut bien s'résigner Ainsi quand on
Ne peut se délivrer de soi-même, genre ah tiens je me délivre de moi-même ou pire, mais je ne préfère ne pas y penser, c'est trop triste. Quand donc qu'on ne
Peut se faire une omelette parce que l'on n'a pas d’œufs alors faut en acheter des œufs qu'alors si on a des œufs on peut
Se faire une omelette après il y a des peuples qui voudraient bien se
Délivrer de l'emprise
De leurs dirigeants mais c'est pas si facile comme défois se délivrer de
Soi qu'on est qu'on voudrait être autrement c'est pas évident non plus alors
On fait quoi ? On regarde des âneries à la téloche en
Se vidant le paquet d'chips et en buvant du coca ou alors c'est le paquet d'clopes qu'on fume fume fume en buvant du café ou d'la bière même que défois on se
Délecte à la bêtise, on se saoule de bêtises, on s'adonne
A la bêtise comme d'autres s'adonnent à toutes sortes de passe-temps plus ou moins intelligents c'est ainsi qu'on
Se vieillit même que défois on neurasthénise qu'on s'y complaît faut croire à se
Dévorer le soi qu'on est qu'on voudrait tout autre. 

 

2.
« Nous croyons tous à bien plus de choses que nous ne pensons,... »
(Cioran, « Précis de décomposition »)  

 

Nous quoi que nous croyons nous autres hein ?
Croyons-nous à dieu, à diable, à deux et deux sont quatre, Sganarelle, et quatre et quatre sont huit ? Croyons-nous 
Tous ceux qui nous racontent que l'humain est naturellement bienveillant – s'te blague - ou qu'il est marqué par je ne sais quel péché originel -s't'autre blague – ? Croyons-nous
A la résurrection des corps ? A la fin de l'Histoire ? Aux OVNIS ? Aux  fantômes ? Aux esprits ? Croyons-nous que tout est
Bien qui finit bien ou qu'ça va finir par un grand crack boum néant ? Croyons-nous que
Plus ça va plus c'est pire ? Croyons-nous à plus
De choses que nous voulons bien l'admettre ? Croyons-nous que les
Choses nous observent comme s'il y avait des yeux invisibles dedans ?
Que l'humain survivra à la surpopulation ? Aux dieux de colère qu'il s'est créé ? Que l'humain survivra à sa propre bêtise ?
Nous quoi que nous croyons nous autres hein ? Nous
Ne croyons – je parle pour moi, allez vous faire lanlère – que nous
Pensons ce que nous pouvons penser et qu'ça pisse pas si loin qu'on croit.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 24 mai 2024.

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21 mai 2024

DEUX CRETINS PLUS DEUX CRETINS FERONT TOUJOURS QUATRE CRETINS

DEUX CRETINS PLUS DEUX CRETINS FERONT TOUJOURS QUATRE CRETINS

 

1.
« Avec tous vos lauriers, craignez encor le foudre. »
(Corneille, « Le Cid », v.390 [Don Arias])

 

Avec ça, je prendrai  mon temps et m'épate de
Tous les empressements du monde à se jeter dan la gueule du loup.
Vos progrès se paient aussi avec de grands massacres. Je lis que dans l'antique, on croyait que les 
Lauriers, symbole de la victoire, comme on sait quand on lit les aventures d'Astérix le Gaulois, même que ça a donné le mot « baccalauréat », protégeaient de la foudre. C'est intéressant, n'est-ce pas, de lire les classiques, que donc, l'humain perspicace et agité, il s'en couvre facilement de lauriers, de louanges et d'honneurs avec tous ses progrès mirifiques là.
Craignez vous ? Craignez-vous pas ? car
Encor qu'il s'inquiète, l'humain, du sort de son espèce surpeuplée et des guerres qui éclatent un peu partout comme des bubons infectés.
Le temps de l'apocalypse est-il en train d'arriver sur ses quatre chevaux ? La
Foudre de la vengeance naturelle va-t-elle dégringoler sur le prétentieux qui a cru pouvoir dompter le réel et son inhumanité radicale ? Quant au genre masculin du « foudre » dans la citation, c'est qu'en français classique, selon une note de bas de page, « foudre » pouvait être aussi bien masculin que féminin.

 

2.
« Le sort en est jeté, Monsieur, n'en parlons plus. »
(Corneille, « Le Cid », v.388 [Le Comte])

 

Le sort, ça se jette, paraît que ça existe encore, les sorcelleries, qu'en tout cas, il y en a qui y croient, au
Sort là, qu'on balance aux gens pour les mal mettre, voire les tuer, dis.
En 2024, qu'on en envoie tant et tant, des sophistiquées reluquer toujours plus loin les plis et replis de l'espace, il
Est qu'ça fait baroque. Sort
Jeté, sandwich au pâté, que je me dis moi, parce que j'aime à rigoler.
Monsieur, soyons sérieux, y croyez vous aussi, à tous ces grigris et cercles magiques ? Ah 
N'en jetez plus, gardez vos pattes de lapins, baves de crapaud, os de poulet et maléfices lunaires.
Parlons plutôt d'autre chose, du temps qu'il fait, du sang qui coule, des tyrans qui prospèrent, de l'hypocrisie des États et que deux crétins
Plus deux crétins feront toujours quatre crétins et un cinquième qui en profite.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 mai 2024.   

 

 

20 mai 2024

QUELQUES MIETTES DE TEMPS DANS UN ESPACE IMAGINAIRE

QUELQUES MIETTES DE TEMPS DANS UN ESPACE IMAGINAIRE

 

« La grande fille brune sortit et rentra aussitôt avec un livret qu’elle tendit à son père, mais celui-ci d’un geste, lui indiqua de le remettre à l’inspecteur. »
(Exbrayat, « Ce Mort que nul n’aimait »)

 

La grande fille brune, je ne la connais pas, la
Grande fille brune, peut-être qu’elle s’appelle Barbara ou Caroline, la grande
Fille brune, qu'on pense donc que c’est une longue tige, la grande fille
Brune, surtout si elle est mince, la grande fille brune qui
Sortit parce qu’il faut bien sortir si l’on veut écrire qu’elle sortit,
Et rentra, la grande jeune fille brune, même qu’elle
Rentra dans la pièce aussitôt ; 
Aussitôt qu’elle rentra dans la pièce, que je ne sais même pas s’il y a un éléphant dedans, dans la pièce, que c’est
Avec un livret (quel genre de livret, je ne sais) parce que si c’était avec
Un album des aventures de Tintin et Milou, on se dirait ah tiens, on lui demande de rapporter le 
Livret (de famille ? de compétences ? de cornegidouilles ? d'opéra ?) et elle rapporte des petits mickeys  
Qu’elle tendit d’ailleurs, parce qu’ayant des mains, elle 
Tendit donc, dis, tandis que ding daing dong qu'elle fait l'horloge, elle tendit, la grande fille brune,
A son père, que
Son père, je ne sais pas si quand elle cause avec ses copines, son père, elle l’appelle « daron », son 
Père, ou « mon vieux », ou qu’elle ne l’appelle pas du tout parce que si ça se trouve, elle est muette, la grande fille brune
Mais où voulez-vous en venir, me direz-vous que
Celui-ci, son père, à Barbara Caroline, il s’en moque de là où je, que
D’un geste – Pim Pam Poum – il fit disparaître le visiteur, lequel n’est du soir que si c’est le soir, or il se trouve qu’il est à peine dix heures du matin, d’un
Geste qu’il lui indiqua, à la grande jeune fille brune, qu’il
Lui indiqua, à la grande jeune fille brune, lui
Indiqua (préférez-vous les glaces à la pistache aux glaces à la vanille ?)
De ne pas oublier le rhum avec le café et de
Le maintenir constant et affable, son sourire, et de le
Remettre, le fameux livret,
A l’inspecteur, lequel n’est pas
Inspecteur du tout, et même plus là depuis que le père à Barbara Caroline Mona Lisa l’a fait disparaître d’un geste, tout à l’heure, il y a quelques mots, quelques instants, quelques miettes de temps dans un espace imaginaire.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 mai 2024.

20 mai 2024

COMMENT ÇA DEUX BANANES DANS LA MÊME BANANE ?

COMMENT ÇA DEUX BANANES DANS LA MÊME BANANE ?

 

« il ne peut y avoir deux Cratyle, car il faudrait qu'à chacun des deux appartînt paradoxalement la propriété fondamentale de Cratyle, qui est d'être lui-même et non pas un autre. »
(Clément Rosset, « le réel et son double »)

 

Il ne peut y avoir deux étants au même endroit ; il 
Ne peut y avoir deux bananes dans la même banane. Il ne
Peut y avoir deux Barbarella dans le corps de Barbarella (cependant qu'il y a bien, dans le film intitulé « Barbarella », la fiction Barbarella et Jane Fonda dans l'apparence du corps de Jane Fonda). Et de même, il ne peut 
Y avoir la même conscience simultanément en 
Deux endroits différents. Quant à 
Cratyle, c'est le titre d'un dialogue de Platon 
Car c'est intéressant Platon que je me dis que je devrais lire plus souvent Platon, car
Il est que lire Platon vaudrait mieux pour moi que de perdre mon temps avec des n'importe qui qui font n'importe quoi à deux pattes ah oui il
Faudrait que je me plonge dans Platon
Qu'à dix-sept heures vingt huit du 20 mai 2024 je compose cette fantaisie en écoutant « Along Came Betty » par Art Blakey et les Jazz Messagers
(Chacun fait ce qui lui plaît, n'est-ce pas?).
Des deux Cratyle je ne sais que dire de ces
Deux Cratyle là que du coup faut se référer à ce qu'en dit Clément Rosset qu'il faudrait qu'à chacun des deux 
Appartînt (tiens, et Milou?) 
Paradoxalement (attention, attention, il ne faudrait pas louper l’ascenseur de 22 heures 43)
La propriété (dans les romans d'Agatha Christie, on notera que l'enquêteur, Hercule Poirot, ou bien Miss Marple, est un élément extérieur qui, parce qu'un meurtre y a été commis, va s'introduire au sein d'une communauté plus ou moins mouvante et fréquentant une même propriété, généralement cossue) et la 
Propriété, il y a même un droit pour ça, mais c'est une autre histoire, comme dit le parapluie à mon oncle. En tout cas, quelle soit
Fondamentale, la propriété, ça c'est certain car, c'est celle
De Cratyle hein mais elle est aussi celle de qui n'est pas
Cratyle puisque
Qui est lui-même,
Est différent de qui n'est pas lui et donc d'être soi-même, c'est être radicalement différent des autres, de même que parce qu'il est
Lui-même, Cratyle, nous disons
Qu'il n'y a qu'un Cratyle, alors
Non, Cratyle ne pourrait être un autre, non non non
Pas un autre que lui-même, l'être appelé Cratyle, pas 
Un autre, pas un
Autre quand bien même il aurait été cloné par les grands cloneurs qu'on nous dit qu'il y a.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 mai 2024. 

20 mai 2024

HI HAN FICHE TON CAMP OUH OUH METS LES BOUTS

HI HAN FICHE TON CAMP OUH OUH METS LES BOUTS

 

« Il me faut vraiment un hibou, me dis-je. En fait, je ne comprends même pas comment j'ai pu faire jusqu'ici sans hibou. »
(Stephen King traduit par William Olivier Desmond, « Sac d'os » [le narrateur])

 

Il me faut vraiment changer de façon de faire
Me faut vraiment écouter plus de jazz (tiens, un disque de Térez Montcalm ; j'aime bien Térez Montcalm) Aussi
Faut qu'j'arrête de prendre l'âne qui trotte dans ma tête pour un cheval de course ah oui
Vraiment j'ai pas l'niveau ; composer des fantaisies sans importance, voilà qui me va ah oui.
Un hibou et pourquoi pas qu'j'aurais pas un
Hibou pour lui tenir compagnie à mon baudet ?
Me dis-je car je m'en 
Dis des choses voyez des choses et des choses et des choses encore que 
Je me dis manche que je suis qu'ça fait un drôle de roman tout bizarre dans ma neuronale
En fait de bestiole mascotte totem blason ou j'sais pas quoi le hibou hein en
Fait c'est pas si mal le hibou
Je me vois bien là avec mon âne et mon hibou dans ma tête qui feraient hi-han (fiche ton camp) ouh-ouh (mets les bouts) C'est que je
Ne pige pas grand chose ah non je ne
Comprends pas grand chose et tout planté toujours tout l'temps toudis toudis toudis
Même que bien des ânes et des hiboux que j'croise me font hi-han (fiche ton camp) ouh-ouh (mets les bouts) que c'est
Pas le sphinx énigmatique et dévoreur qui me hante que j'me dis souvent
Comment fais-tu pour être si bête, si tête de mule, si effaré les yeux ronds que
J'ai beau tenter d'en balancer des définitives et des profondes j'ai jamais
Pu balancer que des hi-han (fiche ton camp) ouh-ouh (mets les bouts) jamais pu
Faire autrement que dire des sottises et que j'suis arrivé
Jusqu'ici songeant au jazz et à tout ce que je n'ai pas, tout ça qu'je suis
Sans, et que donc, voyez-vous, j'ai comme dans la tronche un âne qui fait hi-han (fiche ton camp) un
Hibou qui fait ouh-ouh (mets les bouts).

 

Patrice Houzeau
Malo, le 20 mai 2024.

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8 mai 2024

DES CLOWNERIES Y EN A DE TOUTES SORTES

DES CLOWNERIES Y EN A DE TOUTES SORTES

 

1.
En général, les Indiens d'Amérique, on les représente sur des chevaux. 
Je ne mange jamais d'andouillette.
Je ne joue pas de violon.
Aucune chance donc de me voir à cheval en train de manger de l'andouillette en jouant du violon. Remarquez, je ne suis pas indien non plus. Bien qu'on me dise plumé hein défois. 

 

2.
« Indian communities are poorer and less educated than the rest of the population. 30 % of them live below the poverty level .»
(« Impact », manuel d'anglais, seconde, Hachette Education, 2009, p.62)
En 2024, cette situation perdure-t-elle ? S'est-elle aggravée ? Améliorée ?

 

3.
Dans le bus, les touristes sont secoués. 
L'indien du bord de la route dans une vieille chanson, quand est-il revenu ?
Le fuyard s'est échappé.
La défunte est devenue fille de salle.
La mort est pleine de hasards . 

 

4.
Sixty - ribambelle-  degrees - riquiqui-  dreamed – ridicule - rich – piccalilli-  big – risotto - machine – sphingerie – kid (Billy the) – because - believe – chihuahua- silly – love song -sit – couic, pouic, vouivouivoui, pour ce qui est de les classer en fonction de leur prononciation, je ne sais pas, mais pour le yaourt, peu importe hein.

 

5.
« Après tout, il n'est peut-être pas pour rien dans cette histoire », dit un personnage du « Faucon de Mû », tome 1, de Dominique Hé.
Fait beau, fait chaud. Zut se boirait bien une bière.
A la radio, les chansons parlent de fantômes oubliés.
Les gens évoquent des fantômes oubliés.
Les gens songent à des fantômes oubliés.
Les gens retournent chez eux avec des fantômes oubliés.
Les choses pas encore tout à fait mortes, elles ont parfois tendance à s'agiter.

 

6.
Marc ne s'habitue pas aux clowneries.
illiteracy : analphabétisme. Entendez-vous l'analphabétisme et l'ignorance s'emparer des urnes ? 
Le monsieur a des sourcils blancs et un chapeau melon.
ancestor : ancêtre (où ai-je mis les miens?)
Le professeur a oublié ses chaussures.
custom : coutume – café : sucre – château : fantôme.
Vais-je laisser ce fantôme me chanter « California dreamin' » dans la tête toute la sainte journée ?
« Stopped into a church
I passed the long away
Well, I got down on my knees
And I pretend to pray »
(John et Michelle Philipps, « California Dreamin' »)

 

7.
Si le canard fait tagada tagada, c'est que c'est peut-être pas un canard. Ceci dit, je n'ai jamais entendu de fraise faire coin-coin.

 

8.
« L'ombre de Bonnot, sur fond de lune, se découpait sur la crête d'un mur. Lui aussi contemplait les étoiles et rêvait qu'elles étaient autant de souris. »
(René Fallet, « La Soupe aux choux »)

Comme beaucoup de catholiques, je ne crois en Dieu que quand je me signe. Défois, comme Victor Hugo, je me demande si tout n'aurait pas une âme. Je regarde mon chat. 

 

9.
« Le Faucon maltais », c'est un roman de Dashiell Hammet, et aussi un film de John Huston. « Le Faucon de Mû », c'est une bande dessinée en deux tomes, de Dominique Hé. Tout ça, c'est du divertissement. 
Ceci dit, on parle de génie pour le roman de Hammett ; itou pour le film de Huston. Possible. J'ai bien aimé en tout cas, que voyez, « Le Faucon de Mû », j'ai bien aimé aussi.

 

10.
J'aime beaucoup le groupe américain « The Residents » que je vous cite le morceau « Constantinople » composé par Hardy Winfred Fox et Homer Flynn : 
« Alll the leaves are off of the oak and
All of the sheep have followed the spoken
Word. I'me coming Constantinople
Here I come »
Que moi aussi je me dis qu'en voilà bien des feuilles
qu'elles sont tombées
qu'en voilà tout du mouton qu'ont suivi ce qu'on a dit
qu'ça disait qu'me voilà Constantinople
me voilà qu'me voilà Constantinople
Me voilà tagada tagada.

 

11.
Reservation : réserve - Entendez-vous comme un son lointain de quelque chose que vous avez oublié - Le Grand Sphinx de Gizeh a le nez cassé et en arabe, son nom signifierait « le père de la terreur » - disease : maladie – welfare : aide sociale – Je n'ai pas connu le Sphinx ; il n’existait pas que j'étais antiquement loin d’exister moi-même. 

 

12.
L'orichalque est un métal légendaire – claim : revendiquer, même que défois faut changer de claimerie. - Le train arrive en gare (je ne sais pas si elle est hantée) – belong to : appartenir à que je me dis qu'il ne faut jamais appartenir à personne qu'en fait c'est fait, le social, l'autonomie par le boulot, tout ça, pour ne pas appartenir à que pourtant -  Existe-t-il une « route des pyramides » ? - Des clowneries, y en a de toutes sortes, politiques, religieuses, picturales, pédagogiques...
Ce serait-y pas à une gigantesque clownerie que l'on hein dis ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 8 mai 2024. 

7 mai 2024

LE DRAPEAU NOIR A BOUFFÉ LA MARMITE 

LE DRAPEAU NOIR A BOUFFÉ LA MARMITE 

 

1.
Les complotistes ne croient pas si bien dire. Nous sommes en effet envahis par le reptilien.

 

2.
« On n'agresse pas quelqu'un pour un texte aussi banal » !, dit Marc (c'est un personnage du « Faucon de Mû », de Dominique Hé) – A force de tirer sur la corde, on finit par se casser – restera la corde. Nous, on ne ne sera plus là pour assister à la tragédie du hareng saur.

 

3.
« Sure, Oscar was only an adopted stray dog, but he was the only living thing that I could depend on. He taught me more than any teachers ever did. »
(Sherman Alexie, « The Absolutely True Diary of a Part-Time Indian » [le narrateur]) 
Mieux vaut un bon toutou qu'un mauvais prof.

 

4.
Ce n'est pas parce que l'on a une araignée au plafond qu'il faut retirer l'échelle.

 

5.
Marc boira son mazbout plus tard.
Le mazbout, selon une note dans « le Faucon de Mû » (tome 1), de Dominique Hé, c'est du « café fort », que sur internet, je lis que c'est un café façon café turc. Et si vous vous demandez pourquoi Marc boira son mazbout plus tard, vous n'avez qu'à – Beau, chaud. Zut eut envie d'une bière bien fraîche.

 

6.
« Under pressure », est une chanson enregistrée par le groupe Queen et  David Bowie en 1981 – J'y pense à cause des expressions « Make a difficult decision » - « make a difficult decision under pressure » que je lis au hasard de ce que je lis, que je vous cite ces deux vers que j'en pige point du tout du tout du tout la signifiance au « Under Pressure » là, de Queen et Bowie :
« Chippin' around, kick my brains 'round the floor
These are the days, it never rains, but it pours »
Ah.
Bon après, vous faites ce que voulez avec votre cerveau et votre éparpillement, quand bien même il pleuvrait des sottises.

 

7.
« On n'a jamais trouvé d'oushebti portant son nom », dit l'égyptologue du tome 1 du Faucon de Mû, de Dominique Hé, que les « ouchebtis », ce sont des statuettes funéraires dans l'Egypte antique. Ou c'est qu'il est l'ouchebti hein où c'est-y qu'il est, l'ouchebti ?

 

8.
« When the Europeans arrived in Northern America at the end of the 17th century, they were about 15 million Native Americans who spoke 2000 languages. »
(« Impact », manuel d'anglais, seconde, Hachette Education, 2009, p.62)

 

9.
J''entends sur France Inter que l'andouillette de Troyes est « 100% pur porc ». C'est comme l'andouille, sauf que bouffer du crétin, c'est interdit par l'humanité, surtout depuis qu'il n'y a plus de cannibales (bien que hein...)

 

10.
Le fuyard se sauve en voiture. C'est que ça va vite, les voitures. Défois, y a même des accidents. C'est que c'est dangereux, les voitures. Les voitures, c'est dangereux, même quand il n'y a personne dedans.

 

11.
Je ne sais pas pourquoi quand je relis ce bout de phrase entendu sur France inter, je cite : « L'andouillette de Troyes est 100% pur porc », je pense à Depardieu.

 

12.
Le fuyard se croit hors d'atteinte. Défois, on se croit hors d'atteinte, et puis crack la foudre, le Manitoba ne répond plus, la casserole est dans la choucroute et la moumoute dans la soupe à l'oignon, on a volé la cuisse de Jupiter, Macron n'est pas content, les étudiants ne sont pas contents, la gauche est divisée, le lait a tourné, la droite est divisée, le drapeau noir a bouffé la marmite.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 7 mai 2024.

12 mai 2024

TANDIS QUE BABETTE BIGOUDINE

TANDIS QUE BABETTE BIGOUDINE

 

1.
Ce en quoi je crois n'aboie pas. Ce en quoi je ne crois pas n'aboie pas toujours. Le Grand Enigmatique, je suppose ? Ou alors Le Grand Inconséquent ? 

 

2.
La cause de toutes les causes persiste-t-elle dans l'être de toutes les causes (toujours, tu m'intéresses) ?

 

3.
La religion ne fout plus le camp ; par contre pour ce qui est de foutre le, championne, la sainte patronne des confusions. 

 

4.
Il ne faut pas mettre tous ses mots dans la même bouche. Je ne crois en la sardine violette que lorsque je la vois en peinture (et je ne parle pas du pâté en croûte).

 

5.
Je constate qu'en français, le verbe « bigouder » n’existe pas. Pas plus que « bigoudiner ». Dommage ; j'aurais aimé lire une phrase du style : Tandis qu'Élisabeth se bigoudinait dans la salle de bain, Gaston entamait le saucisson.

 

6.
Les mots sont des inconnus qui parlent notre langue (nous nous en faisons tout un monde). 

 

7.
On ne peut opérer une fable ou alors c'est que chaque humain est une légende, dont d'ailleurs on se fiche assez quand il est question de l'opérer de l'appendicite.

 

8.
Les fables sont patientes ; leurs bombes aussi.

 

9.
J'ai beau interroger mon ennui ; ce qu'il me répond est complètement  inintéressant.

 

10.
Par peur que l'ennui leur tombe sur la tête, les bipèdes s'acharnent au divers et au nouveau. Ils y font bouillir leur cervelle.

 

11.
Quand René Fallet prononça cette phrase : « N'eût-elle pas été angevine que je l'eusse quand même appelée ainsi », il a joliment bien parlé, n'est-ce pas ?

 

12.
Les gens produisent de la culture sans même y penser. Musique répétitive, rengaine à mécaniques, la culture. Micro-changements ; ruptures soudaines. 

 

13.
C'est toute la lumière et le mot de la fin que les bipèdes cherchent : ils risquent bien d'être déçus. Ou d'en devenir aveugles et muets (déjà qu'ils sont sourds).

 

14.
L'Histoire n'a pas le sens de l'orientation et, repassant par les mêmes chemins, longe les mêmes gouffres.

 

15.
Les histoires, c'est ce qui continue ; aussi les soucis. On en fait des fictions et des politiques. Et paraît qu'ça s'transmet.

 

16.
Lorsque je songe aux grands sceptiques, je me dis qu'il y a toujours un doute entre nous. Croyez-vous qu'ils croient vraiment qu'ils ne croient pas ce en quoi ils croient ? J'ai comme un doute que je dis n'importe quoi.

 

17.
Parfois il faut bien le dire qu'il vaut mieux se taire. Parfois, on se dit qu'est-ce qu'il veut ?, et on ne sait pas exactement de qui on parle. 

 

18.
Les camemberts, je ne pense pas qu'ils auraient fait de très bons troubadours du XIIIème siècle. Le cassoulet en boîte non plus. 

 

19.
Mon fantôme se manifeste rarement. J'ai la hantise de plus en plus discrète.

 

20.
Il faut toujours faire attention aux manifestations des minorités extrémistes. Elles commencent toujours par être minoritaires avant, parfois, de devenir totalitaires. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 mai 2024.

 

11 mai 2024

HUMEURS DE MAI

HUMEURS DE MAI

 

1.
Je me demande si la guerre hybride menée par Poutine et sa clique ne repose pas aussi sur le maintien, voire l'aggravation de tensions sur une multiplicité de fronts. C'en est peut-être la faiblesse. La défaite de Poutine dans sa sale guerre en Ukraine affectera durablement l'influence de la Russie.

 

2.
Bitcoin : escroquerie extrêmement bien montée et qui finira comme bien des escroqueries : scandales, suicides et arrestations spectaculaires.

 

3.
Le bitcoin est l'un des symboles de la déliquescence de l'élite occidentale : la spéculation se fait désormais sans production réelle, sans référence au travail, à l'emploi, à la promotion de talents réels et à la sociabilisation humaine. C'est, de fait, une spéculation sur le néant.
L'art dit « contemporain » a tenu un moment ce rôle de lessiveuse d'argent plus ou moins clair mais acceptable pour une bourgeoisie soucieuse de son image. C'était assez contraignant : il fallait trouver des « artistes », les subventionner, leur créer une légende (le fameux storytelling), gérer des galeries, s'assurer la sympathie de critiques d'art complaisants, stocker des croûtes, faire de l'événementiel et s'attirer les lazzis et moqueries de ceux qui ne confondent pas Matisse et le n'importe quoi « conceptuel ». Le bitcoin, évidemment, avec toutes les apparences de la technicité financière et un pseudo-esprit crypto-anarchiste cloue le bec aux moqueurs et fait des économies de gestion. Que du vide, je vous dis.

 

4.
Je me demande si Jordan Bardella n'est pas, façon Florian Philippot en son temps, le fusible destiné à expliquer la défaite programmée de Marine Le Pen aux présidentielles 2027 . Eh oh, on ne rigole pas avec la France, sa puissance nucléaire, ses ventes d'armes et son secteur bancaire.

 

5.
Quelle est la différence entre Jordan Bardella et Florian Philippot ? C'est que le premier a peu de diplômes et que le Philippot sort de l'ENA (promotion « Willy Brandt », dis, ça ne s'invente pas) et pourtant, même avec son niveau bac revisité bienveillance Meirieu (en réalité niveau bac pro, et encore), le Bardella dit quand même moins de sottises que le Philippot, lequel ne dit peut-être autant de sottises que parce qu'il est payé pour (par qui ? En voilà une question).
Même humainement, j'ai l'impression que Jordan Bardella vaut plus que le Philippot. Mais je m'illusionne peut-être.

 

6.
Sciences Po : école dont le mérité est d'assurer un salaire régulier à une poignée d'intellectuels, d'essayistes et de chercheurs de talent. Par contre, la qualité de ses étudiants laisse souvent à désirer.

 

7.
Blanquer fut le Monsieur Loyal du cirque qu'est devenue, sous sa tutelle apprenante, l'Education Nationale. Et depuis, les clowns s'y succèdent. Oudéa-Castéra et Attal n'y ayant fait qu'un tour de piste.

 

8.
John Le Carré l'a souvent dit : il faut se méfier de tout et de tous. Moi, ma pomme, je ne serais pas autrement étonné d'apprendre que :
- tel parti d’extrême-droite est en fait une création de l'OTAN ou des services français afin d'en contrôler/fliquer/diviser les différentes composantes : déçus du gaullisme, pétainistes, fascistes, nazillons, antisémites, traditionalistes, tordus divers, pro-Poutine, royalistes...
- tel parti d’extrême-gauche est en fait une création de l'OTAN ou des services français afin d'en contrôler/fliquer/diviser les différentes composantes : trotskystes, léninistes, communistes, staliniens, pro-Poutine, tordus divers, antisémites, islamo-gauchistes...
En conséquence, de Marine et de Mélenchon, je m'en tamponne. En théorie, ils n'ont aucune chance de prendre le pouvoir en France.
Et cela ne m'étonnerait pas d'apprendre que Mélenchon a plus d'amis chez les militaires que dans je ne sais quelle internationale coco, et que Marine a dû assez souvent se retenir de flanquer une gifle à quelque apprenti collabo qui voulait lui en remontrer.

 

9.
Rappel : On peut être pour une monnaie commune, des facilités aux frontières, et des projets communs (défense, espace, santé, formation, culture,..) sans pour autant être fédéraliste. L'UE est un atout et une nécessité, mais une Europe fédérale pourrait être la porte ouverte à une oligarchie mafieuse. Donc, ni frexit, ni Europe fédérale.

 

10.
Mai 2024. Quelques étudiants de sciences po Paris feraient une grève de la faim en soutien à Gaza. Sans déconner, ils se prennent pour des combattants de l'IRA ou quoi ? Allez, une paire de gifles et au lit, bande de puceaux exaltés.

 

11.
3 mai 2024 : Une fois de plus, 1 euro vaut plus de 100 roubles. De fait :
Rouble :  monnaie en sursis
Poutine : dictateur en sursis.
Soldat russe sur le front ukrainien : vivant de plus en plus éphémère.

 

12.
M'étonne qu'un groupe punk n'ait pas repris « Tonton Cristobal », de Pierre Perret. Cette fantaisie insolente (de la pure déconne, je vous dis) date de 1967. Elle annonce mai 68 et tout le reste (qu'est pas forcément joyeux, comme nous le savons bien en 2024). Allez, je vous en cite un bout, et « Vive le barbu » :
«  A Buenos Aires il faisait la traite d'on ne sait quel produit
Il est revenu fortune faite plein de cadeaux jolis
Une poupée qui fait pipi, qui s'mouche
Et qui a des seins qui s'gonflent avec la bouche ». 

 

13.
1967, l'année du « Tonton Cristobal », de Pierre Perret et aussi l'année de « La Collectionneuse », de Eric Rohmer. Stop à l'hypocrisie. Elle est bien jolie, la jolie fille du prologue qui marche le long de l'écume (Haydée Politoff). Outre sa beauté, elle avait de grands pieds. Par ailleurs, en 2024, la bassiste du groupe de rock Messer Chups, dont le nom de scène est Zombierella, est vraiment très esthétiquement agréable à regarder.

 

14.
La victoire de Marine Le Pen aux présidentielles de 2027 est clairement envisagée. Il est que les partis classiques (PS et LR) ont beaucoup fait pour subventionner un lumpenproletariat désastreux et c'est sans doute parce que la classe moyenne n'en peut plus des excès de ce lumpenproletariat et de ses économies parallèles que l’extrême-droite finira par prendre le pouvoir. 
Il est clair que le président Macron a compris que les Français qui travaillent supportaient de moins en moins l'arrogance de la racaille, la multiplication des faits divers sanglants, la déchéance de l'éducation nationale (on n'entend plus guère le cuistre Philippe Meirieu et je m'en félicite ; quant à Blanquer, l'échec de sa sotte réforme l'a politiquement tué), mais il semble que la lame de fond populiste est si puissante que la France pourrait être ramenée à ses vieux démons et que notre démocratie libérale soit réellement en danger.  

 

15.
2024. Israël est tombé dans le piège de la destruction. Je ne crains pas la disparition d’Israël (sa pérennité est garantie par les Etats-Unis) mais je crains pour l'avenir des démocraties libérales européennes menacées par l'entrisme islamiste et l'influence pro-Poutine. 

2024. Le Mossad et Tsahal ont le temps pour eux. Les donneurs d'ordre du massacre du 7 octobre 2023 ne sont plus que des « walking dead », tout le monde le sait. Alors pourquoi poursuivre une guerre de destruction qui ne fait que renforcer le ressentiment anti-israélien ? 

 

16.
Avis aux Français si peu patriotes qu'ils rêvent d'importer sur notre territoire des conflits extérieurs : celui de la sale guerre de Poutine en Ukraine comme celui des terroristes du Hamas. Faites attention, vous en seriez les premières victimes. « Qui sème le vent, récolte la tempête... »

 

17.
Je le redis : les zozos melonnés, les hypertrophiés de la cheville qui prétendent qu'on ne pourrait pas enseigner si l'on n'a pas minimum bac + 5 n'ont souvent aucune connaissance du terrain. Plus de 30 ans que j'enseigne et j'en ai vu, des hyper-diplômés s'effondrer devant les élèves. 
Ceci dit, mon petit doigt me dit que dans les universités, le niveau actuel des « bac + 3 » serait souvent si faible (conséquence sans doute de la massification de l'enseignement supérieur et de la loterie ParcourSup) qu'y recruter des enseignants y serait euh... problématique.

 

18.
Bon, Madame Belloubet, quant est-ce qu'on en termine, dans les LP, avec les farces du contrôle continu, de la « co-intervention » et du « chef d’œuvre » ?

 

19.
La mélancolie ne se mange pas en salade, et impossible d'en faire du pâté de campagne. Et c'est bien dommage, parce que je serais alors très vite rassasié.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2024.

5 mai 2024

MARC ET YOUSSEF SE PRECIPITENT

MARC ET YOUSSEF SE PRECIPITENT

 

1.
Sphinx – rien de tel que la figure du sphinx pour signifier que la bande dessinée qu'on lit va nous causer mystère, énigme, bizarrerie aventureuse. Sinon, je me demande si pour les habitants des univers parallèles, ne passerait-on pas aussi nous autres pour des manifestations paranormales ? 

 

2.
Pyramide bleue – ça c'est parce que c'est la nuit, donc que les pyramides là, elles sont bleues, aussi bleues que des oranges bleues, ou que des tulipes noires (on nage dans l'étrange, n'est-ce pas mon ange, fis-je à Angèle qui mangeait une orange parce qu'il n'y avait plus de quoi faire un sandwich au pâté).

 

3.
Palmiers – ça fait effet de réel, qu'on est bien dans l’exotique « vraisemblable », et pas dans un songe des « Cigares du Pharaon », vu qu'on est à la planche 1 du tome 1 du « Faucon de Mû », album de Dominique Hé du début des années 80, aux Humanoïdes Associés.

 

4.
Veste rouge, qu'il porte le personnage principal. Et donc, attention au taureau.
N'être pas aimé : ah aurait-il des désillusions amoureuses, ben ça alors.
L'élue de son cœur : moi, l'élue de son cœur, je m'en tamponne, elle peut bien battre le beurre, aller au coiffeur, s'acheter du camembert et avoir un oncle qui s'appelle Albert, ça ne me fera pas changer d'avis.

 

5.
Équipe d'archéologie : curieux tout de même comme les pyramides attirent les archéologues. Doit y avoir quelque sympathie secrète entre les déchiffreurs de hiéroglyphes et les pyramides. Encore un coup des anciens astronautes. Ces êtres étranges venus dans les billevesées audiovisuelles pour nous escroquer les neurones.

 

6.
« Marc et Youssef se précipitent... traversent en courant le grand salon où les riches touristes, qui n'ont rien entendu à cause de la musique, sont pour le moins étonnés... »
(Dominique Hé, « Le Faucon de Mû », tome 1, pl.2)

 

Ah ça, à force d'écouter de la musique, les riches touristes, zentendent plus rien ; ça pourrait leur jouer des tours, ça savez, d'aller écouter de la musique dans des pays étrangers où il arrive des choses que moi, voyez, j'écoute des cédés des Rolling Stones dans le nord de la France et suis bien peinard. De toute façon, j'entends rien, à cause de la musique et que l'hiver, je suis sourd comme un demi-pot à tabac.

 

7.
« vase canope du moyen empire » : j'avais oublié ça, qu'un vase canope, c'était dans l’Égypte antique un vase « destiné à recevoir les viscères embaumés du défunt ». Heureusement, il y a Wikipédia pour nous rafraîchir l'antique et nos années de collège.

 

8.
« jeune femme affolée » : ça, c'est parce qu'il y a des incidents inquiétants qu'elle est affolée, la jeune femme. Comme on est dans une bande dessinée, elle est jolie, et l'on voit tout de suite qu'elle ne se laisse pas marcher sur la tête, qu'elle ne se chausse pas avec du petit bois, et que ce n'est pas la peine de l'appeler Madeleine, parce qu'elle s'appelle Élodie.

 

9.
A la planche 4 du « Faucon de Mû », tome 1, de Dominique Hé, il est question d'un morceau de papyrus, d'une inscription énigmatique, d'un jeune homme qui porte beau, d'un jaloux, d'une porte claquée.

 

10.
« morceau de papyrus » : c'est qu'il y a d'l'énigme, du puzzle dont ce morceau de papyrus est une des pièces. Du reste, une ombre le dit à une autre : « Imbécile ! Nous tenions la pièce qui nous manquait et tu l'as perdue ! » (in « Le Faucon de Mû », tome 1, Dominique Hé).

 

11.
La porte qui claque fait « BLAM ».
En général, les portes qui claquent font « BLAM ».
Surtout dans les bandes dessinées.
Si elles font coin-coin, les portes qui claquent, c'est que ce ne sont pas des portes.
Ou que le dessinateur est facétieux. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mai 2024

4 mai 2024

DE L'INFLUENCE DU VIN DANS LA CONDUITE DES SOUCOUPES VOLANTES

DE L'INFLUENCE DU VIN DANS LA CONDUITE DES SOUCOUPES VOLANTES

 

« L'astronef, négligeant les portes grandes ouvertes de l'étable, démarra en sens contraire en un vacarme épouvantable de planches arrachées. Celles-ci étaient, par chance, vermoulues. »
(René Fallet, « La Soupe aux choux »)

 

L'astronef, c'est celui de la Denrée dans « La Soupe aux choux », de René Fallet,
Négligeant, - attention va y avoir de l'incident, du trouble dans la circulation d'l'ovni,
Les portes, – on est dans une étable, donc il y a des portes, sinon les bêtes pourraient pas sortir ; les
Portes donc, elles sont 
Grandes ouvertes, les portes, que dans son astronef, l’extra-terrestre (même que c'est un fondu d'la soupe aux choux) il a plus qu'à sortir pour s'envoler dans l'espace et ses confins forcément mystérieux,
Ouvertes les portes donc, qu'elle
Démarra, la soucoupe, mais fatalitas !, comme dirait stilal qu'il dirait s'il le disait, a démarra
En sens contraire, la charrette intergalactique là, en
Sens contraire ! - vous imaginez le tintouin ! En sens
Contraire ! Ah la patate, ah la pomme de terre ! Ah l'innocent des satellites !
En un fracas, en
Un patatras, en un
Vacarme épouvantable, parce que
Epouvantable est le mot, que caniculaire, voyez, ça serait pas le mot, et fromager, et potager non plus d'ailleurs ;
De planches arrachées qu'ça craqua dans la cambrousse romanesque, de
Planches volant en éclats,
Arrachées, oui, comme ça - crrrack ! ; cependant, cela ne causa nul dégât à la soucoupe car
Celles-ci, de planches,
Etaient, par chance et
Par la campagne, les monts, les vaux, saisons et châteaux, revenants et vins nouveaux, bottes de cuir et chapeaux melons, par  
Chance donc que les planches du fond de l'étable d'où qu'elle sortit la soucoupe à la Denrée, elles étaient, ces planches,
Vermoulues et je me dis que cette phrase de René Fallet pose une question importante : Certains extra-terrestres conduisent-ils leurs soucoupes volantes sous emprise de l'alcool ou de stupéfiants ? Cela expliquerait quelques incidents dont les ufologues font leurs choux gras depuis des lunes (Roswell entre autres). En tout cas, l'étable du Glaude en a pris un coup. #MystèreEtVinNouveau.

 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 4 mai 2024.

 

10 mai 2024

MIRLITONS A LA SOUCOUPE

MIRLITONS A LA SOUCOUPE

 

1.
Faut quand même pas avoir grand chose dans l'cérébral
Pour s'imaginer qu'les politiques ont d'la morale.

 

2.
« Et je te parle pas des patelins où qu'on s'étripe dans tous les coins, et que ça durera toujours vu que les hoummes ça pourra jamais se voir en peinture. »
(René Fallet, « La Soupe aux choux » [Le Glaude])

 

3.
« La mariée reçut un coup de poing dans l’œil. »
Cette phrase je la lis dans « La Soupe aux choux »,
De René Fallet que c'est pas la soupe aux gnons
Pourtant ; mais c'est qu'le monde est violent savez-vous 
Oui, violent, surtout quand il est question de sous.

 

4.
Aussi dans « La Soupe aux choux », ce début de phrase là :
« Une grand-mère très stricte, rampant tel un boa ».
Mais qu'ont-ils donc à ramper partout tous ces boas là ?
Ne peuvent-ils donc rester peinards chez eux à zieuter
Des séries télés en sirotant des jus d'ananas.

 

5.
Peut-on comparer le frisson de la friture et le cri de la soie ?
L'un est culinaire ; l'autre, dit-on, est érotique, qu'ça cause des émois,
Le premier chez l'affamé et le second chez l'fétichiste.
Moi, j'aime bien les frites, les fritures de poissons, aussi les courses cyclistes.

 

6.
On se souvient que Pierre Dac a dit un jour que « c'est quand les carottes sont cuites que c'est la fin des haricots. » Notons que c'est parfois aussi la faute des grosses légumes.

 

7.
« Pour nous dire quelque chose, faudrait qu'y commencent »
Par ouvrir la bouche, car s'ils restent muets carpes,
On n'en saura pas plus que s'ils ne nous avaient rien
Dit que je ne sais pas moi qu'on dirait qu'ils sont hein
Dis, n'est-ce pas qu'ils sont vivants, tous ces êtres là ?

 

8.
René Fallet avait le sens de la formule, du rythme, du swing et la comparaison drolatique. Ainsi, au chapitre 13 de son excellent roman « La Soupe aux choux », je relève ceci : 
« Des gosses couinèrent comme des hamburgers ébouillantés ». 
Je note que les portes peuvent elles aussi couiner, surtout si elles ne sont pas contentes, ou alors pour avertir d'une revenance. Mais dans le contexte du chapitre, - une noce qui tourne au vinaigre – on ne voit pas bien pourquoi des portes se mettraient à couiner, et surtout pas comme des « hamburgers ébouillantés », parce que voyez, déjà moi, le hamburger, j'ai déjà du mal, mais si c'est une porte, me la prendre dans les dents, ah non.

 

9.
« A midi, ils mangèrent le boudin »
Que moi, voyez, je mange le boudin
Avec des frites ah oui et aussi
De la compote de pommes ah si ! 

 

10.
C'est « au son de l'accordéon et du douze degrés »
Que, nous conte le narrateur, Le Glaude et Le Bombé
Attendirent la soucoupe salvatrice en partance
Pour une autre vie hors de ce monde - ah la délivrance ! 
Dis, qu'en voilà une jolie métaphore du dernier voyage,
surtout quand on songe que c'est « hermétiquement » sur eux qu'elles se fermèrent, les portières.

 

11.
Défois y en a i voient des choses incroyables,
des monstres dans des lacs,
des spectres dans les couloirs,
des soucoupes dans le ciel,
des politiques de bonne foi.
Moi non, voyez, j'en vois jamais, d'l'incroyable,
ni genre Nessie du Loch Ness,
ni arrière-grand oncle avec sa tête sous l'bras,
ni aéronef étrange vertiginant dans la nuit,
ni politique de bonne foi ;
c'est pour ça que je ne vote pas.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 10 mai 2024.

10 mai 2024

AH TIENS UN CHAPEAU PASSE

AH TIENS UN CHAPEAU PASSE

 

1.
« Etant sans doute un objet sacré atlante, il »
N'a pas besoin de rouge et non plus de faux-cils. 

 

2.
« Multiplier considérablement sa force »
C'est ça qu'ça cherche et ça qu'ça veut et ça les perd.

 

3.
Planche vingt, le ciel est couleur crème au citron ;
Une tartelette après mes œufs au jambon.

 

4.
Il y a-t-il des chefs d’œuvre de mauvais goût ?
Quand j'étais chez ma mère, il y avait du ragoût
Assez souvent, l'ragoût ; j'aime bien ça, l'ragoût ;
Quand j'étais chez ma mère, il y avait du fricot
Et il avait bon goût, vous savez, ce fricot.

 

5.
« - Mais, au fait, où est donc passée votre ombre ? » 
qu'elle demande Elodie à Marc même
qu'on lit ça dans « Le Faucon de Mû », de
Dominique Hé, - joliment étrange.

 

6.
« Capable de traduire les hiéroglyphes »
et ça c'est épatant pour moi qui reste coi
devant l'algèbre qu'c'est pour moi du chinois.

 

7.
Les deux gars connaissaient visiblement les lieux.
Quant à moi, je me demande où j'ai mis mes dieux. 
C'est impressionnant toutes ces architectures
Antiques, me dis-je en goûtant la confiture.

 

8.
L'Egypte antique est pleine de signes et de secrets
Dont on ne saura plus rien quand on sera enterré ;
D'ailleurs, on ne pourra plus manger de la tarte aux pommes
Et vous pouvez faire une croix sur la clope et le rhum.

 

9.
Hommes d'affaires malhonnêtes ? Politiques corrompus ?
Cela, fils, s'appelle civilisation, vois-tu.

 

10.
En français, on ne dit pas ils « débouchirent », mais « débouchèrent ».
En tout cas, quand le vin est tiro, il faut le picolo.

 

11.
Ce sont les Martiens qui seront étonnés quand, sur la Terre débarqués, ils ne trouveront plus rien.
Vont-ils en conclure que l'humanité s'est sabordée ?

 

12.
« On dirait qu'il n'y a personne. Tu es sûr »
Que la poule a picore toujours du pain dur
Sur son mur ou qu'a picole sec sec et dur,
Si ça s'trouve qu'a picole sec sec et dur
Ailleurs, loin, loin, bien loin, dans une autre aventure.

 

13.
« Mais, à cet instant, une ombre, silencieusement, descend l'escalier de la crypte. »
(Dominique Hé, « Le Faucon de Mû », tome 1)

 

Non, non, je ne crois pas qu'ça soye Mélenchon.
D'ailleurs, j'm'en fous j'm'en fous j'm'en fous du Mélenchon.

 

14.
Un jour vous verrez que je serai tellement cuit, cuit, cuit
Si cuit que les poulets rôtis m'appelleront « mon ami ».

 

15.
« Dans la grande salle, alors que »
Le serpent, il se mord la queue
V'là qu'l'infini i fait rien que
S'gondoler pis se moquer de
Nos têtes de nœud coulant.

 

16.
« car un kandjar s'est planté dans » son
que le kandjar c'est un poignard qu'on
lit ça sur wikipédia Kandjar
poignard oriental à large lame
et non pas un poisson
et non pas un violon
et non pas un jambon
et non pas un citron
qu'ça n'aurait pas de sens sinon.

 

17.
Pour maintenant je ne dirai plus rien ;
Ah tiens, un chapeau passe avec son chien.

 

Houzeau Patrice
Malo, le 10 mai 2024.

12 mai 2024

J'EN PARLERAI A MON FANTÔME

J'EN PARLERAI A MON FANTÔME

 

1.
« échoppes nombreuses » : ce qui implique une activité humaine et commerciale a priori intense et si en plus, comme je le lis dans un texte de Jérôme Le Thor (« René Fallet, un fabuliste à l'état sauvage »), elles sont « bizarres », ces échoppes, voilà qu'on peut se demander où c'est-y qu'on est, qu'apparemment, c'est dans le « Vieux Paris » de 1980.

 

2.
« parler à son double » : ça ne m'est jamais arrivé et je sais que quand ça arrive, c'est très mauvais signe, qu'on appelle cela l'autoscopie et qu'alors, l'asile psychiatrique n'est pas loin. Maupassant en fut affecté, dit-on. J'en parlerai tout de même à mon fantôme.

 

3.
« un calibre qui n'est pas fiable », dit René Fallet à propos du 6,35. En français, on peut dire qu'un calibre n'est pas « fiable », mais on ne dit pas qu'un calibre est affectueux. Par contre, il peut être défectueux et vous péter à la gueule qu'après on vous appellera « le manchot », voire qu'on ne vous appellera plus du tout.

 

4.
En français, on peut dire, comme Jérôme Le Thor à René Fallet : « Il vous reste la galaxie... », et c'est une hyperbole, voire une litote, parce que René Fallet n'étant pas devenu explorateur spatial, ça fait que la galaxie, il devait s'en taper le coquillard avec une patte de bête à écailles, ou de camembert, et ça, le camembert à pattes, c'est rare.

 

5.
« écrire un roman » : en français, on peut écrire un roman, un article, un essai, une chanson, un discours, un billet doux, un poème, mais on ne dira pas écrire un saxophone, un interphone, un téléphone, ni un dindon, ou un cornichon (dans ce cas, on dira « écrire comme un cornichon », ce qui est   assez hasardeux comme comparaison, bien que certains livres pourraient être appelés « Mémoires d'un (vieux) cornichon », voire « Mémoires d'un petit concombre usagé »).

 

6.
« soucoupe volante » : depuis que les humains voient plus de soucoupes, de disques, de cigares, et autres géométries galactiques, que de flottantes et lumineuses vierges maries, ou de dragons dans le ciel, on entend quelques scientifiques dire : on ne sait pas ce que c'est mais, effectivement, il semble qu'il y a peut-être quelque chose. Pendant ce temps là, l'armée américaine travaille. L'armée chinoise aussi. Quant à l'armée russe, depuis 2022, elle tente de s'emparer de l'Ukraine et commet des massacres. 

 

7.
Défois que j'écrirais un article dans un magazine pour les invisibles, qui liraient avec des yeux invisibles des mots que je ne les ai jamais vus. Faudraye qu'je soye dans une drôle de transe.

 

8.
La télévision est une autre réalité. Internet est une autre réalité. Les portables sont une autre réalité. Les gens sont une autre réalité. Le métavers est déjà là et c'est un piège mortel.

 

9.
Si je demande quelle est cette autre réalité, franchement, ce n'est pas le monde imaginaire des complotistes et autres zozos des extrémismes politiques que j'évoque.

 

10.
Qui dit que l'influence américaine est évidente boit-il du coca ? Roule-t-il à moto ? Ira-t-il sur Mars ? A-t-il un chapeau de cow-boy ? Ecoute-t-il de la country ? 

 

11.
« Je ne sais plus ce que je voulais dire, ce n'est pourtant pas un mensonge », disait parfois ma mère.

 

12.
Je ne pense pas qu'il y ait réellement un roman d'Agatha Christie qui soit vraiment hanté. Cherchez ailleurs, si vous cherchez un roman qui cherche à posséder le lecteur imprudent et à le faire danser au bal du diable.

 

13.
Paraît qu'il va pleuvoir demain. C'est ce que j'ai entendu dire. Après, s'il ne pleut pas, bah, je ne vais pas me couper le petit doigt pour cela. Et si jamais il pleut des grenouilles, voyez, je resterai chez moi.

 

14.
La lune, peuh, elle ne sait même pas faire de crêpes. Méfiez-vous des yeux, défois, ils se mettent à pleurer. Je crains qu’aux corbeaux succèdent les barbus. Je soupçonne ce genre de « télé réalité » d'être très fortement scénarisée, bidouillées, pipeau.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 mai 2024.

12 mai 2024

JE NE PENSE PAS ET ÇA SE VOIT

JE NE PENSE PAS ET ÇA SE VOIT

 

1.
Eyes (quand on a des yeux, faut les ouvrir)
White walls (qu'on verrait alors des murs blancs)
Soft sheets (est-il dans de beaux draps, le narrateur du texte de Shaun A. Saunders que je sais pas qui c'est ?)
Quiet sounds (musique apaisante ? sons lointains et assourdis ? Murmures bienveillants?)
Hospital (c'est là qu'on meurt ou qu'on meurt pas)
Wasn't dead (le narrateur, il est pas mort, sinon i pourrait pas narrater)
Laughed (bon, en tout cas, il se marre, l'hospitalisé)
Death (c'est qu'il aurait échappé à la grande faucheuse qui cause toutes les langues de l'humain, aussi celles des animaux)
Concombre – ça n'a rien à voir mais ça m'amuse de le mettre ici le mot « concombre ». 

 

2.
Je suppose que lorsqu'on swappe les marionnettes, c'est que l'on va changer de house (cette phrase est terrifiante).

 

3.
On n'apprend pas à parler anglais à un poulet au curry, et pas plus le français à une mayonnaise. Quant à la sauce hollandaise, il est vain de tenter de lui apprendre le néerlandais.

 

4.
Je ne pense pas que la phrase « I had a phone call this morning » signifie que, ce matin, vous vous êtes fait manger une oreille par votre téléphone.

 

5.
Zut aime bien l’expression « find it stupid ». Elle la trouve assez intelligente pour figurer dans une suite d’expressions fort utiles à ne rien dire quand elle n'a pas envie de me parler.

 

6.
Je ne pense pas que la question « What sort of people do you think they are ? » signifie qu'après avoir été abducté par des extra-terrestres et qu'une fois revenu à la Terre après un temps étrangement étiré, vous constatez qu'autour de vous, les autres ne parlent plus qu'anglais.

 

7.
Je ne pense pas que la phrase « Imagine a world where television rules the world » fasse plus appel à notre imagination qu'à notre lucidité.

 

8.
Pensez-vous réellement qu'il y a un roman d'Agatha Christie qui soit vraiment hanté ? 

 

9.
Je ne pense pas que la phrase « Use a pin code to lock your keypad » signifie « Longtemps, je me suis couché de bonne heure », surtout que chacun sait que Marcel Proust était une poutre en informatique. 

 

10.
Je ne pense pas que la question « What does the comparison with France show ? » signifie que l'on doit désormais considérer Emmanuel Macron comme le futur premier président d'une Europe fédérale en construction. Ah ça non ! Non, non et non.

 

11
Lorsque je lis à la page 99 d'un manuel de seconde cette phrase terrible : « The introduction of European animals contributed to the destruction of natural habitats », je comprends que le lapin-garou n'est pas une légende.

 

12.
Je ne pense pas que la question « Why do you think this instrument is important for the people in the photo ? » porte sur la robinetterie, pas plus que sur la reproduction.

 

13.
Yo, il en faut du skill
Pour sauver sa skin
Et aussi du style
Pour pas qu'on nous kill
Bill, tomber comme une quille
Adieu les veaux, adieu les filles.

 

14.
Je ne pense pas que la consigne « Read the lines in italics » signifie qu'il faut lire ce texte en mangeant des spaghettis et si je dis, « Today, I feel that I am lucky », cela ne veut pas forcément dire que je fume trop. 

 

15.

Je ne pense pas et ça se voit;

Ça ne pense pas et je le vois.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 mai 2024. 

9 mai 2024

LA NUIT TOUS LES CHATS ET LES PETITS GRIS AUSSI

LA NUIT TOUS LES CHATS ET LES PETITS GRIS AUSSI

 

« La nuit prochaine, une soucoupe de déménagement se poserait entre les deux maisons, [...])
(René Fallet, « La Soupe aux choux », chapitre 13)

 

1.
Nuit : la nuit tous les chats sont gris et les petits gris aussi (zont changé de couleur, avant on disait qu'ils étaient verts et les Martiens étaient d'ailleurs appelés « les petits hommes verts » ; par contre, l’expression « vert martien », je ne l'ai jamais lue nulle part.

 

2.
« une soucoupe de déménagement »: c'est ce dont ont besoin les Oxiens du roman « La Soupe aux choux » pour déménager les affaires du Glaude et du Bombé.

 

3.
Les « deux maisons » : il y a deux maisons dans le roman, deux vieilles en bois avec dedans deux petits vieux assez remuants, des petits vieux de la vieille qui ne sont pas, par définition, nés de la dernière pluie. Ah ça, c'est pas à eux autres qu'on apprendra à faire des grimaces.

 

4.
« Oxiens de choc » : forcément, des extra-terrestres, il y en a de toutes sortes, et pour les explorations interstellaires, il y en a même, ils sont de choc ; de choc, les zouaves des confins. C'est qu'on ne sait jamais sur quel bipède véloce et perspicace on pourrait tomber.

 

5.
« cages à poules, à lapins » : les cages à poules, c'est pour y mettre des poules ; celles à lapins, pour y mettre des lapins et les cages à zozos, c'est pour y mettre les, qu'on voit bien que Le Glaude et le Bombé, ils veulent bien migrer dans les étoiles (leur petit coin de terre étant voué à l'horreur économique), mais en emportant toute leur vie avec.

 

6.
Saloir : j'aime bien le mot « saloir », qui me rappelle la légende de Saint-Nicolas.

 

7.
« Les choux et les autres légumes » : les choux, c'est pour faire la soupe aux choux, qui donne son titre au roman et qui est le lien désormais indissoluble qui lie les Oxiens au Glaude et au Bombé. Les autres légumes sont bien utiles aussi.

 

8.
« le stock de sabots » : on se souvient que Ratinier fut sabotier avant de prendre sa retraite aux Gourdiflots (où il a d'ailleurs passé la majeure partie de son existence), de picoler avec son voisin et ami Chérasse et de devenir l'interlocuteur privilégié d'un extra -terrestre.

 

9.
« les bancs, les lits et tout le mobilier, sans oublier les deux horloges, la cuisinière, le poêle »: bref, c'est tout leur petit chez-soi que Le Glaude et Le Bombé emmènent dans leur dernier voyage. Pour ce qui est des « deux horloges », je me demande si le temps passe de la même façon sur Oxo et sur la Terre.

 

10.
« et les tonneaux » : je suppose que c'est pour y mettre le vin qui leur sert de prétexte pour discuter, que ça va quand même être long tout ce temps d'leur pomme qui leur reste à passer sur la planète Oxo.

 

11.
« C'est pas parce que tu me connais que tu connais les hommes. Faut t'en méfier comme du choléra. C'est tous menteurs, voleurs et compagnie. » 
(René Fallet, « La Soupe aux choux », chapitre 13 [Le Glaude à Francine])

J'aime bien cette phrase et son paradoxe : Le Glaude avertit Francine que « tous » les hommes sont « menteurs, voleurs et compagnie ». Cependant, Le Glaude est un homme et ce n'est pas parce que Francine le connaît bien qu'elle « connaît les hommes ». Surtout qu'entre-temps, elle fut morte, ressuscitée, rajeunie. Le paradoxe se résout ici de la façon suivante : Francine qui connaît bien Le Glaude  sait parfaitement à quoi s'en tenir sur son compte, d'autant que ses aventures spatio-temporelles ne lui ont pas ôté la mémoire ; et elle sait certainement à quoi s'en tenir aussi sur le compte des autres. Sinon, elle apprendra.

 

12.
Choléra : en mai 2024, on évoque des cas de choléra à Mayotte. Je me demande quelles en sont les causes. Surpopulation ? Grande pauvreté ? Manque d'infrastructures et déficit sanitaire ? 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 mai 2024.

2 mai 2024

MIETTES SUR L'INCURABLE SOTTISE

MIETTES SUR L'INCURABLE SOTTISE

 

1.
Je ne sais pas si le XXIème siècle sera religieux ou pas, mais je suis à peu près certain qu'il sera américano-asiatique. Pour son goût de la perfection de la phrase, Cioran y sera-t-il considéré comme un penseur de premier ordre ?

 

2.
L'une des questions que pose l'issue du conflit russo-ukrainien peut sans doute s'énoncer ainsi : le XXIème siècle sera-t-il eurasiatique et poutinien ou américano-asiatique et libéral ?

 

3.
Quand je considère ce qu'on dit de l'amour du geste parfait qui, dit-on, caractérise le Japon, je me demande s'il existe dans l'imaginaire nippon un buveur parfait ? Voire un assassin parfait ? 

 

4.
Je me demande si l'amour du geste parfait, qui, dit-on, caractérise le Japon, n'est pas une légende fort propre à humilier notre si brouillon Occident.
Je note aussi que cette volonté de faire du « geste » le plus humble un « acte » parfait relève de l'humanisme car il revient à faire de l'humain un être capable de perfection, ce qui en Occident, prête à rire et à dérision.

 

5.
Le XXème siècle débuta par un conflit mondial qui en détermina la suite (seconde guerre mondiale, rideau de fer, guerre froide, etc...). Il se pourrait que le conflit russo-ukrainien soit aussi déterminant sur notre siècle 21 que la « der des ders » sur le siècle 20. C'est sans doute la raison qui déterminera la victoire de l'Occident sur Poutine.

 

6.
Quand j'entends des philosophes audiovisuels critiquer Cioran, me vient aussitôt l’image d'une chasse d'eau qui se moquerait des chutes du Niagara.

 

7.
30 avril 2024. Arnaud Lagardère mis en examen pour, je cite la presse, « diffusion d'informations fausses ou trompeuses, achat de vote, abus de biens sociaux, abus de pouvoir et non-dépôt de comptes ». Le temps se gâte pour les « premiers de cordée » si chers à Macron.

 

8
Dans la masse des zozos maos et trotskystes qui en leur temps occupèrent les universités, quelques uns le sont restés. Dans les années 80, et sous le couvert du PS, ils firent de l'entrisme dans nos institutions, et y causèrent beaucoup de dégâts, notamment à l'éducation nationale.

 

9.
Un seul être vous manque et dès qu'il appelle, on bouffe le téléphone.

 

10.
La chair est triste, hélas, et je ne sais plus où ranger mes bouquins accumulés. Les poésies à Mallarmé, où vais-je les mettre ? Je ne les lis jamais. Alors quoi ? M'en débarrasser ?

 

11.
L'hiver, je suis sourd comme un demi-pot à tabac. Y a qu'l'été que j'peux  causer musique, c'est pour ça.

 

12.
Le Blanquer, c’était bath pour critiquer ; le gus, on y lisait à livre ouvert le bricolage, le carriérisme, la servilité et le n'importe quoi prétentieux. Ah ça, on le regrette bien. Macron devrait nommer Hubert Védrine à l'éducation nationale, histoire qu'on puisse se défouler.

 

13.
Je pense aussi qu'il y aurait comme du mou dans la corde à paiements. Faudra demander à Bruno Le Maire comment ça s'fait qu'la France aille si mieux qu'on soye toujours aussi sans le sou.

 

14.
« Pleine conscience, pleine conscience »... Pleine conscience qu'on va dans l'mur, oui !

 

15.
Ai eu hier soir la confirmation qu'un humble, un « dernier de cordée » si l'on suit la logique macroniste, peut avoir plus d'honneur qu'un capitaine d'industrie façon Lagardère. Politiques, je vous méprise.

 

16.
Je ne sais pas ce qui se passe à Sciences Po et je m'en fous. Cet entre-soi agité de fils et filles de bourges me laisse froid. Et s'ils cherchent à soigner leur bienveillance, les bonnes actions ne manquent pas : les restaus du cœur, le secours catholique, les maraudes etc...

 

17.
Mai 2024. Retard significatif du payement des indemnités de stage dues aux élèves de LP ; suspension du payement des HSE (quid du Pacte?) : les banques commenceraient-elles à rechigner à prêter à la si dépensière France Macron ? Attal s'est-il fichu de nos pommes ?
Étant donnée l'évolution des coûts du schmilblick apprenant, l'idée d'une généralisation du SNU me semble incongrue. Quant aux primes accordées aux entreprises pour qu'elles emploient des apprentis, je me demande si ça va durer longtemps encore. 
Par ses dépenses inconsidérées, Macron prépare-t-il la défaite de la démocratie aux présidentielles 2027 ?
Dès le 1er mai, vue l'inquiétude manifestée par les syndicats et les chefs d'établissements, le ministère fait marche arrière : les HSE seront (ou plutôt devraient être) payées en temps et en heures. Le gouvernement devra faire des économies ailleurs. L'abandon du SNU serait une bonne piste. Un contrôle plus efficace de la façon dont certains organismes de formation gèrent l'argent de l'apprentissage aussi.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2024.

30 avril 2024

PEUT-ON REPROCHER AU PRINTEMPS DE RELUQUER LES JAMBES DES FILLES ?

PEUT-ON REPROCHER AU PRINTEMPS DE RELUQUER LES JAMBES DES FILLES ?

 

1.
Monsieur n'a pas rêvé le retour de la Francine. Parfois, le temps n'est plus le temps – Je ne connais pas le prince Géranium ; on le dit très amer, et il paraît que c'est de famille – Je n'ai pas revu ses socquettes blanches ; elle a dû les emporter en disparaissant.

 

2.
Quand le café est trop chaud, on se doute assez que des doigts agacés peuvent en sortir – Tousser en abondance appelle d'anciens tromblons ; mais ils surgiront sans sirop (faites attention à vos draps : ils pourraient être pris d'une quinte de hantise).

 

3.
On ne croit que ce qu'on voit, mais on ne dit pas tout ce qu'on (surtout si l'on ment) – Pas de course cycliste dans les cercueils ; il n'y a pas de tour des morts – Dans le sourire d'une jolie fille je devine parfois le passage du chat du Cheshire.

 

4.
L'humour, dit-on, est une « politesse du désespoir » ; d’ailleurs, plus il lorgne vers l’absurde, plus il manifeste, non sans une élégance désabusée, la présence du gouffre.

 

5.
Échec de l’universalisme : pariant sur le semblable, les beaux esprits ne considèrent jamais assez l’attachement aux différences. Tous les mêmes, mais pas pareils.

 

6.
L'oubli, - une charité de la mémoire.

 

7.
Si je ne crois guère au génie des mômes, le zèle de certains pédagogues me semble une constante de l’éducation nationale.

 

8.
Le renoncement à la porte qui claque, l’anonymat protecteur, le petit à petit grignoteur, voici ce qui fait le bien brave, le petit, voire le mesquin, bref, le professeur. 

 

9.
Par, et je le cite, son « refus du Flou et du Fumeux », Cioran nous a invités à réfléchir sans fioritures, à donner à la pensée l'élégance électrique de l'éclair.

 

10.
Je me demande quelles idées pourraient bien agiter les plantes carnivores - C’est avec l’impatience du tampon aux aguets de la circulaire que nous attendons les oracles de la pieuvre - Qui peut reprocher au printemps de reluquer les jambes des filles ? 

 

11.
« Serais-je déjà mort, que je ne me sentirais pas plus vivant » est-elle une phrase sur la superposition des états ?

 

12.
Lorsque Cioran écrivit, je cite :
« Shakespeare : rendez-vous d’une rose et d’une hache… »,
avait-il conscience du pouvoir de fascination de cette phrase ? - pour moi aussi décisive que l'étonnante intro du « Satisfaction » des Rolling Stones.
C'est sans doute par refus de la préciosité hermétique que Cioran s'est refusé à devenir le « grand poète français » qu'il aurait pu être.

 

13.
Fréquenter les « Syllogismes de l’amertume », de Cioran, c’est chercher la pépite dans la mine, ce que l’auteur, de sa marge éclairée, jugeait « poussière », miettes et approches du néant. 

 

14.
Nous grimpons, accrochés à l’illusion de la pensée comme à une corde qui, au fur et à mesure de nos progrès, s'effacerait .

 

15.
La politique, cette autre théorie des climats.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 avril 2024

 

2 mai 2024

DU GUIGNOL QUI NOUS AGITE CE QU'ON SAIT PAS

DU GUIGNOL QUI NOUS AGITE CE QU'ON SAIT PAS

 

1.
Francine (elle est jolie, la revenante) – monnaie (ce qui fait courir le monde) – réponse (a-t-on toujours les réponses que l'on mérite ?) – « claque sonore sur une fesse » (c'est la Francine joyeuse et insolente dans « La Soupe aux choux », roman drôle, de René Fallet).

 

2.
Scrupules – faut en avoir, pas forcément trop, cause que le réel est généralement moins scrupuleux que nous autres. Faut s'qui faut pour pas passer pour un sauvage quoi.

 

3.
« Le sens de l'honneur » : voilà quelque chose de rare. Ce que les gens appellent « sens de l'honneur » n'est souvent que le respect de sa dignité. Ce qui n'est déjà pas si mal, surtout pour moi, qui n'ai guère l'un et dont l'autre m'est assez relatif.

 

4.
« se cailler les sangs » ; trouvé cette expression dans « La Soupe aux choux », de René Fallet. Te fais pas d'mouron, Gaston, s'il y a person qui répond au téléphon, eh bin i rappelleront.

 

5.
Musaraigne – le nom de ce petit mammifère insectivore me semble approprié pour intituler quelque nouvelle d'épouvante du genre « Le Règne de la Musaraigne géante », nouvelle que je n'écrirai pas d'ailleurs, parce que je ne saurai pas et que j'en ai pas envie.

 

6.
Les « Gourdiflots » - lieu-dit dans le roman  « La Soupe aux choux », de René Fallet, où il s'en passe des drôles de choses, allez (soucoupe volante, rencontre du troisième type, revenance de la Francine, soupe aux choux, etc...) 

 

7.
« ces chtits bandits » : c'est le Bombé, personnage du roman ici cité qui dit ça, parlant de la jeunesse actuelle qui est assez pareille que celle d'avant qu'elle soit vieille, rien que vauriens, fainéants, et qu'est-ce qu'on va en faire, de cette génération là d'bras cassés.

 

8.
« dans les escaliers de la cave » : je ne peux m'empêcher de le fataliser, ce bout de phrase, comme quoi qu'on se sent au top, arrivé, parvenu, réussi, qu'on est quand même jamais que « dans les escaliers de la cave », celle dont on ne remontera pas, poil aux bras. 

 

9.
« A la vérité, manquant de plus en plus d'imagination, il ne parvenait pas à sombrer dans le malheur des lustres et des lustres après son infortune. »
(René Fallet, « La Soupe aux choux »)

 

« A la vérité », qu'est s'que qu'c'est, la vérité ? comme dirait le tonton à Zazie, qui n'est pas dans l'métro, parce qu'il est en grève autant dans le roman épatant de Raymond Queneau que dans l'épatant film de Louis Malle. 
Personne ne sait s'que qu'c'est, la vérité, qu'on n'est pas équipé pour le dire s'que qu'c'est, la vérité, qu'on s'en raconte des blagues, des blagues, des histoires.

 

Imagination : c'est avec ça qu'on vit, en fin de compte, en composant avec le réel, le lucide, le faut pas faire n'importe quoi, parce que le réel, il est assez périlleux aussi.

 

« des lustres et des lustres après » : des lunes et des lunes, comme quoi y en a d'la bière, qu'à coulé sous les ponts. Dans le roman de René Fallet, c'est plutôt du vin. C'est pareil pour dire quel soiffard, le temps.

 

10.
« - Et pis vous recommenciez...
D'accord, d'accord, tant que ça pouvait, mais avec du remords partout. Tu nous en as gâché des soirées ! »
(René Fallet, « La Soupe aux choux » [Ratinier et Chérasse à propos du cocuage du Glaude par le Bombé)

 

« et pis vous recommenciez » : c'est ça le fatal, le schéma qu'on suit, qu'on se dit qu'on devrait pas, qu'on s'y retrouve quand même toujours, dans le cercle, fasciné, envoûté, prisonnier du guignol qui nous agite ce qu'on sait pas, qu'est dans not' caboche pourtant.

 

« du remords partout » ;  Sans le remords, la férocité naturelle serait certainement moins hypocrite. Voyez la guerre. Les États assassinent, mais au nom d'une morale, d'un drapeau, d'une téléologie. Que des officiers qui agissent dans les différents conflits actuels ne soient objectivement que de vulgaires bouchers révèle assez cet effacement du remords par un patriotisme corrompu. 

 

11.
« Quand c'était pas les courtilières qui attaquaient, c'était les doryphores » explique le narrateur du roman « La Soupe aux choux ». Courtilières et doryphores sont des insectes mangeurs de tubercules et dévastateurs de potagers, que je me demande si, en France, tout au moins, ça existe encore beaucoup, ça, courtilières et doryphores, avec les pesticides, la pollution, la modernité productive et tout ça. 
Ma mère me disait que « doryphores », c'était comme ça qu'on appelait les soldats allemands de la deuxième guerre, cause que les récoltes à la France, c'était pour leurs pommes, aux fridolins, que du coup, les Français avaient faim. Qu'il y ait encore des décérébrés pour admirer la soldatesque nazie, ça me dépasse.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2024.  

29 avril 2024

SERINE SUR LE GÂTEAU

SERINE SUR LE GÂTEAU

 

Défois quand du troquet d'à côté je m'en reviens
Avec un cœur tout troublé troublé troublé barbouillé
D'jus d'raisin pis d'déraison fermenté
Pis qu'je serine sur le gâteau
Un piano déglingué dans les oreilles
Un cœur tout troublé troublé troublé barbouillé
De chansons dont je comprends plus les paroles. 

 

Défois quand du troquet d'à côté je m'en reviens
Et que je retrouve ma fenêtre
Alors je jette mes yeux dans la rue
Défois que les Gilles passeraient et lanceraient des oranges
Et je jette mes yeux dans la rue
Y a qu'la mort qui les ramassera 
Y a pas plus rapide que mes bras
Pour récupérer mes mirettes
Mon cœur vinaigrette
Ce qui reste de l'alouette
Une fois qu'les costumes à grosse tête sont passés.

 

Défois quand du troquet d'à côté je m'en reviens
Avec un cœur tout troublé troublé troublé barbouillé
D'jus d'raisin pis d'déraison fermenté
Pis qu'je serine sur le gâteau
Un drapeau déchiré dans les oreilles
Un cœur tout troublé troublé troublé barbouillé
Du chant des partisans blancs dont je comprends plus les paroles. 

 

Défois quand du troquet d'à côté je m'en reviens
Et que je retrouve mon avenir
Alors je jette ma langue au chat
Défois qu'la fille Michèle passerait par là
Et je jette ma langue au chat
Y a qu'la mort qui la ramassera
Y a pas plus rapide que mon chat
Pour récupérer ma langue
Pis après évidemment je tangue
Et j'reprends mes kling et mes klang
Avant qu'les costumes à grosses têtes soient repassés

 

Car j'vas me couker
Car j'vas me couker
Car jvas me couker
Tout au fond de mon lit
Voir si elles m'attendent.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 29 avril 2024.

28 avril 2024

LE SEMBLABLE EST-IL LE MEME ?

LE SEMBLABLE EST-IL LE MEME ?

 

1.
« Quiconque a cette vocation d'éterniser vit dans son fleuve particulier. »
(« Notes » in « Le Marteau sans maître », de René Char Poésie/Gallimard, p. 182)

 

« Quiconque a cette vocation d'éterniser » devrait considérer que nul prodige, nul Jupiter, nulle promesse de jouvence, ne peut jaillir de son nombril. Quant au fleuve, il hausse les épaules et s'en va descendre, impassible, avec d'autres haleurs.

 

2.
Il n'y a pas plus de rapport entre quelque autre monde et un solo de saxophone qu'entre une machine à coudre et un recueil de prières.

 

3.
Ces autres mondes que pond la musique, je suppose que toujours ils s'évanouissent, étouffés par l'air.

 

4.
Il arrive qu'un pygmalion soit aussi un créateur par défaut.

 

5.
L’humain est un incurable créateur, poursuivant inlassablement son labeur jusqu’à ce que sa créature finisse par se rebeller et lui flanquer la gifle singulière qui marquera le début d'un nouvel âge de la matière consciente.

 

6.
Le conflit russo-ukrainien est d'une importance telle que les axes en sont désormais très clairs : l’axe Kyiv-Varsovie-Bruxelles-Paris-Washington face à l’axe Moscou-Pékin-Pyongyang-Téhéran.
En jeu, l'avenir politique et économique de la Triade, la pérennité de l'UE et de l'OTAN,  l'avenir des frontières du monde libre mais aussi la stabilité politique et économique de la Russie, la place de la Chine et de la Corée du Nord, la pérennité du régime des mollahs.
Alors quoi ? Geler le conflit en équilibrant tant bien que mal les forces, préparer en coulisses des négociations et des traités au sort incertain, ou contraindre les forces russes à se retirer des territoires qu'elles occupent ?

 

7.
La diplomatie ou l'art des sursis.

 

8.
France 2024 : Nous, gens humbles et de peu de récriminations, sommes encombrés, voire envahis par des gens qui se croient supérieurs à leur fonction.

 

9.
Je suis sans doute assez sot, mais je sais quand même que mon pays s'appelle la France, et que mes compatriotes, les Français, ne sauraient être comparés à des Russes. Je m'étonne donc, sot que je suis, que certains « Français » puissent souhaiter la victoire de Poutine dans sa sale guerre en Ukraine.

 

10.
Se demander pour qui exactement travaille Mélenchon, ou Zemmour, ou  pour qui exactement, en son temps, travaillait Jean-Marie Le Pen, revient à s'attendre à des réponses édifiantes.

 

11.
« Recréer la matière », c'est l’expression que le personnage de l’extra-terrestre du roman « La Soupe aux choux », de René Fallet, emploie pour désigner la restauration des morts en vivants. C'est que, puisque nous ne sommes que matière, sans doute serait-il possible de nous recréer tels que nous fûmes. Reste à déterminer la nature exacte de la conscience individuelle, et s'entendre sur une définition de l'âme. Le semblable est-il le même ?

 

12.
« Pas de superstitions d'un autre âge » : c'est ainsi que l’extra-terrestre la Denrée (cf « La Soupe aux choux », de René Fallet) nomme le « Bon Dieu » dont se réclame le rustique Ratinier. Superstitions, les pratiques religieuses ? Sans doute, quoique ce qui importe, ce n'est pas le « Bon Dieu », mais le respect des rituels qui caractérisent une communauté et les principes moraux qui en découlent.

 

13.
Cioran forçant souvent le trait, nous dit « visages d'hyènes à idéal ». C'est qu'elles sont nombreuses, les bonnes âmes et les politiques opportunistes prompts à se jeter sur une cause à défendre comme la misère sur le pauvre monde.

 

14.
« Quand la pègre épouse un mythe, attendez-vous à un massacre, ou pis encore, à une nouvelle religion. »
Ces mots de Cioran, dans les « Syllogismes de l'amertume » font songer à la situation de la Russie de Poutine, à cette propagande d'une Grande Russie soutenue par une activité mafieuse des plus intenses.

 

15.
« passer d'une contradiction à une autre » : ce constat attendu de Cioran sur l'agitation intellectuelle des bipèdes nourrit l'image d'un humain qui, ne sachant où il va, se demande d'où il vient et constate qu'entre un avenir incertain et un passé mythifié, les chemins se sont multipliés.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 28 avril 2024.

25 avril 2024

ET SOUDAIN L'ABSOLU TOMBA SUR LE CUL

ET SOUDAIN L'ABSOLU TOMBA SUR LE CUL

 

1.
« C’était, à une quinzaine de kilomètres de là, une usine où les paysans qui avaient quitté la terre fabriquaient des tracteurs à l’usage des paysans qui étaient restés à la terre. »
(René Fallet, « La Soupe aux choux »)

 

2.
Ce village, nous ne le connaissons pas qui l’avons tant hanté, que le voilà gravé et mouvant dans ce que l’emphase appellerait la peau des songes. Les tatouages permettent des identifications périlleuses. La première personne est une activité éphémère. 

 

3.
« Les Grands Ducs » de Patrice Leconte (1996) prouve que l'on peut faire rire avec des acteurs qui surjouent. Mise en abyme : les acteurs de talent que sont Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Philippe Noiret, Catherine Jacob, surjouent les acteurs de complément qui surjouent une pièce de boulevard particulièrement gratinée crétine.
Le véritable « héros » de cette comédie est-il celui qui, au début du film, est présenté comme un complet dingo (le personnage de Georges Cox, acteur tonitruant, impulsif, lunaire et affairé) ? En tout cas, c'est celui qui fait face.

 

4.
Je songe que nous serions les exemples obscènes et grotesques pris par des dieux pédagogues. 

 

5.
« Devant les responsabilités du poème, » écrit René Char. C'est faire trop de cas d'un divertissement plus ou moins virtuose, d'une tromperie de l'ennui.

 

6.
Évidemment, quand on cesse de cogiter, reste le pifomètre, l'à-vue de-nez, l'intuition, « très séduisante souris de casino », écrit René Char ; et au mal de tête, on préfère les jolies jambes. C'est ainsi qu'on vit et dort content, avant qu'ça déraille, tout ce manège.

 

7.
« La bêtise aime à gouverner. » Lucidité de René Char. J'ajoute, car je le pressens fortement, que le gouvernement est un des privilèges de la bêtise. Elle ne manque pas d'écoles pour s'y préparer. 
Je lis, ce 24 avril 2024, que la Cour de cassation a rejeté les pourvois de François Fillon, le déclarant ainsi coupable dans une affaire d'emplois fictifs au profit de sa famille.

 

8.
Par peur d'être mal compris, nous ne savons pas nous arrêter à temps, et confus, nous bavardons.

 

9.
Contrairement à ce qu'affirme la pédagogie, l’explicite reste parfois lettre morte dans l’entonnoir des mémoires. La clarté elle-même est une énigme.

 

10.
Essayez de vous rappeler ce qu'a, dans la dernière demi-heure, raconté l'individu qui cause dans le poste, et vous comprendrez combien il est difficile aux élèves de retenir tout ce que peuvent débiter, tout au long d'une journée de cours, les bipèdes qui s'agitent devant eux.

 

11.
Que la foudre frappe un passant dans la rue et soudain l'Absolu n'est plus qu'agitation mortelle, frénésie de la matière.

 

12.
Absolu par rapport à quoi ? Éternel par rapport à quoi ? Infini par rapport à quoi ? Dieu par rapport à quoi ? Humain par rapport à quoi ? La seule référence du vivant, c'est sa mort.

 

13.
L’humain est l'être qui désespère de sa cause.

 

14.
Depuis les progrès récents et fulgurants des Intelligences Artificielles, je m'interroge sur la nature exacte de Dieu.

 

15.
Que notre mémoire s'efface de l'esprit des autres est chose tellement commune et attendue qu'il est étonnant que certains naïfs songent qu'ils pourraient passer à la postérité autrement que sous la forme de fiction. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 avril 2024.

25 avril 2024

VARIETES D'ETRANGES SECOUSSES

VARIETES D'ETRANGES SECOUSSES

 

1.
« Chaque année, plus de 100 000 étudiants français réalisent des études à l’étranger, tous cursus confondus. Cela concerne les cohortes d’Érasmus, mais également un nombre croissant de néobacheliers,... »
(« l'Obs » n 3098, 15-21 février 2024, « cahier spécial parcoursup » p. 43)

 

Que de plus en plus d’étudiants poursuivent leur cursus à l’étranger implique une expansion et une multiplication des talents qui semble compenser l’inflation de la bêtise et des populismes à l’œuvre en Europe. Nous n'oublions cependant pas qu’il est un poison, l'individu qui sait et qui, par conformisme, intérêt, lâcheté, ou parce qu'il faut bien vivre, met ses compétences au service de la foule et de sa contagieuse stupidité.

 

2.
« Avant de rejoindre les nomades
Les séducteurs allument les colonnes de pétrole
Pour dramatiser les récoltes »
(René Char, in « Poèmes militants » (1932))

 

On en sait la fin : les centaines de puits en feu de la guerre du Golfe (1991). Le pétrole flamba longtemps ; certains officiers rejoignirent les nomades assassins ; les séducteurs jetèrent leurs filets sur nos cités et leurs âmes perdues. En Occident aussi, larmes et sang.

 

3.
22 avril 2024. Le vote du Congrès américain d'une aide à Israël, Taiwan et surtout à l’Ukraine (60 milliards de dollars) prouve que l'Occident n'est pas près de se laisser dépecer. Trump lui-même semble avoir compris que laisser le champ libre à Poutine serait une erreur géostratégique majeure. Le Kremlin n'a pas fini de faire des cauchemars.

 

4.
Il est un présent de narration du songe qui évoque les présents de vérité apparente.

 

5.
Il est des vérités dont, comme la sœur du narrateur dans un récit de rêve de René Char, il nous tarde qu’elles nous donnent satisfaction pour les mettre dehors ensuite. Ce sont généralement des vérités professionnelles, et d'autres aussi qui doivent nous être dites pour que nous puissions passer à autre chose.

 

6.
Passer à autre chose passe souvent par cette chose à nos yeux qu'est soudain l'autre, cette dernière formalité avant de - avant de quoi ? D’exercer,  c'est l'évidence, notre si humaine mauvaise foi.

 

7.
Trouvaille dans un texte de René Char : « le cadavre récréatif ». Pour moi, celui des romans policiers à énigmes et des séries télés qui en dérivent. Rien de mieux qu’une fiction meurtrière, insolite et improbable, qu’une énigme aussi ciselée qu'une phrase de Cioran, qu'un enquêteur incongru quelque part entre la paix des champs de l'Angleterre et quelque confort cossu, pour passer une bonne soirée en attendant que le temps passe, nous prouve, et que la faucheuse nous couique plus ou moins proprement.

 

8.
« Nous fûmes le théâtre d’étranges secousses »
(René Char)
Me semble quand même que l'essence du théâtre est à demeure dans ces « étranges secousses ». Sinon, autant rester chez soi et se dire qu'on en a rien à secouer, de toute cette agitation de masques là.

 

9.
« Irma Vep », d'Olivier Assayas (1996) ; me suis demandé si une heure et demie de plus ou moins vraisemblables bavardages n'avait pas pour seul but d'amener le bref passage de cinéma expérimental qui en fait la fin. 
De cette sorte d’étrangeté finale, radicale, on en trouve exemple dans l'underground et le trash qui souvent s'y manifeste ; parfois malaisant, voire complaisant, il y a certainement des yeux pour ces images, des yeux complices, des yeux la nuit, d'étranges secousses.

 

10.
« Toute expérience un peu profonde se formule en termes de physiologie. »
(Cioran)
La tentation des neurosciences est d'autant plus grande qu'elle nous permet de mettre nos faiblesses sur le compte de déterminismes physiologiques dont des esprits éclairés prétendent même qu'ils pourraient être corrigés ; l'âme elle-même est devenue cobaye.
Je me souviens que lorsque l'illustre Blanquer devint ministre de l'éducation nationale et autres apprenances emphatiques, il fut beaucoup question, dans certaines émissions complaisantes de France Inter, de neurosciences et d'apprentissage de la lecture. C'était en 2017-2018 ; je ne crois pas que les progrès en 2024 soient si fulgurants et j'imagine assez que le taux d’illettrisme doit rester d'une exemplaire stabilité.

 

11.
Ne pas se laisser fasciner par certaines chaînes d’information en continu est un progrès de l'esprit humain. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 24 avril 2024

 

10 avril 2024

NATURELLEMENT IL Y A AUSSI UN FANTÔME

NATURELLEMENT IL Y A AUSSI UN FANTÔME

 

1.

« Il prit, dans sa poche, le prix d'un calvados, disposa l’argent dans le tiroir, sursauta, comme pris en faute, en voyant une silhouette se profiler derrière la vitre. »

(Simenon, « Maigret et le corps sans tête »)

 

C'est parce qu'il est honnête que Maigret paye le verre de calvados qu'il se sert dans le café désert ; pourquoi dès lors « sursauta-t-il, comme pris en faute » ? Est-ce parce qu'il s'est servi un calva ? Est-ce parce que son geste pourrait prêter à confusion ? Et quelle est cette silhouette « derrière la vitre » ?

 

2.

Dans un article publié dans la livraison de novembre 1998 de la revue « Etvdes », et intitulé « La droite décomposée », René Rémond écrivait : « C'est une chose bien étrange que l’état présent de la droite en notre pays. » On voit en 2024 que cette étrangeté n'a fait qu’empirer. Il se pourrait même que la droite de notre pays soit en partie sous emprise d'un empire de l’étranger qui tente de se réveiller en Eurasie.

 

3.

« Car l'orgueil de posséder la vérité absolue représente le danger mortel pour la vérité au sein du monde. »

(Karl Jaspers traduit par Jeanne Hersch, « Introduction à la philosophie »)

 

Encore faudrait-il qu'il y ait une vérité absolue. La vérité est relative au langage humain. Le langage permet d'affirmer cette vérité universelle que 2 + 2 font 4, mais ceci n'a de sens que pour les consciences qui ont créé et utilisent le langage des mathématiques. La question est : peut-il exister une espèce utilisant un langage qui ne soit pas seulement un code, ou un ensemble de signaux, et pour laquelle l’expression 2 + 2 font 4 n'aurait pas de sens ? Autrement dit : le langage peut-il se passer des mathématiques ?

 

Du reste, comme le note la traduction, c'est « au sein du monde » que l'orgueil de la vérité absolue » est un « danger mortel », et non dans une universalité extra-humaine, dont ne sait ce qu'elle pourrait être. La question devient : le langage peut-il se passer des mathématiques et de l'orgueil d'être des êtres de langage ? Les petits hommes verts, s'ils possèdent assez de physique et de mathématiques pour venir dans leurs aéronefs cosmiques nous visiter seraient-ils fatalement orgueilleux ?

 

4.

« Ne parlez pas : c'est ici

Qu’on égorge le soleil.

Douze bouchers sont en ligne,

Douze coutelas pareils. »

(Jules Supervielle, « Le voyage difficile »)

 

La poésie nous rappelle sans cesse à l'essence énigmatique du langage ; c'est pour cela qu’elle est précieuse et que nous préférons souvent une chanson traditionnelle du folklore à bien des sophistications modernes. Je ne cherche pas à expliquer ces vers, leur mystère me suffit.

Je me demande si certaines chansons traditionnelles étaient aussi énigmatiques lors de leur création que pour nous ? Ne sont-elles, ces chansons, si curieuses et étranges que parce que nous en avons oublié le sens ou certaines d'entre elles n'étaient-elles déjà réservées qu'aux initiés d'alors qui en saisissaient la portée, la signification réelle et la beauté ?

 

5.

C'est moi, ou bien ? L'un des dangers que court l’enseignant, c'est de se sentir stupide au point de se couper de l’habitude de spéculer. Il m’arrive de songer que 30 ans de lycée professionnel m'ont rendu plus sot intellectuellement qu’ils m'ont humainement enrichi.

 

6.

« Pendant qu’il gravissait, derrière la robe blanche, un perron éblouissant... »

(Colette, « Le blé en herbe »)

 

Ce début d'une phrase de Colette m’enchante comme si elle me renvoyait à une image de mon propre passé, image imprécise et sans nul doute fantasmatique (c'est à dire coupée de tout contexte) : une robe blanche, un grand soleil, l'été de nos imaginaires.

 

7.

« Naturellement, il y a aussi un fantôme. Ah ! et puis j’allais oublier le trou à curé. »

(Anthony Morton traduit par Claire Séguin, « Le Baron et le fantôme » [un personnage])

 

C'est, sauf lorsqu'ils sont du niveau d'un Simenon, (Simenon est une extraordinaire exception dans le monde foisonnant des fictions), c'est la légèreté qui souvent fait l’attrait de bien des romans populaires, romans que je lis rarement d'un bout à l’autre, mais qui me plaisent par leur joyeuse et ironique inconscience des feintes profondeurs.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 10 avril 2024

12 avril 2024

ANTIGONE N'IRA PAS AU THEÂTRE

ANTIGONE N'IRA PAS AU THEÂTRE

 

1.

« Est-ce que vous m'entendez

Au fond de votre secret ? »

(Jules Supervielle, « Réveil »)

Ce que nous ne sommes plus, ce que nous ne sommes pas encore relève-t-il du secret ? Certes, on ne peut connaître ce qui n'est plus et pas non plus ce qui n'est pas encore ; on ne peut que s'en approcher, en définir l'énigme.

 

2.

« Hadès et des dieux infernaux connaissent les auteurs de cette action. Je n’aime point une amie qui n’aime qu’en paroles. »

(Sophocle traduit par Bousquet et Vacquelin, « Antigone » [Antigone à Ismène])

Hadès, le maître des enfers – Connaissance - savoir occulte – Extra-humain – Invisible - L’autre monde est dans le rapport entre les vivants et les dieux - sans ce rapport, pas d’autre monde possible - pas d’imaginaire – pas de littérature -« Seigneurs et nouvelles créatures » (titre d'un recueil de Jim Morrison) - pas de leçon d'histoire - actions - Acte : Antigone existe par son acte - sinon pas de théâtre, pas de catharsis - revendication : Antigone assume - garantie divine - « je » - affirmation de soi – identité – authenticité -  pas d'acte sans pronom je - pronom : quel est ce nom que dit et ne dit pas le pronom je ? De quoi ce qui est masqué et assumé par le pronom je est-il fait ? De quoi le pronom je est-il le nom ? - désamour – distance - haine ? Non, distance - Orgueil ; solitude de l'orgueil - héroïsme - résistance – rébellion - Ismène (sœur d’Antigone) - insuffisance des paroles - l'acte prime sur le dit - refus de laisser le réel se raconter des histoires - Antigone n'ira pas au théâtre ; elle n'en a plus besoin - récupération : on a fait d’Antigone une héroïne de théâtre - le réel se nourrit d’héroïsme comme il se nourrit de lâchetés - le réel est l'ogre – Jeanne.

 

3.

« Et si la cueillette des champignons, après la pluie, a quelque chose de macabre, ce n'est pas moi qui m'en plaindrai. »

(René Char, « La manne de Lola Abba »)

Note – prosaïsme – quotidien – saisons - il y a une saison des champignons comme il y a une saison des examens – conscience – paysage mouillé – ciel pluvieux – peut-être un rayon de soleil – bois, sous-bois - lien entre les champignons et le macabre - « trompette des morts » - « amanite tue-mouches » - « doigts du diable » - « amanite phalloïde » - toxique – poison – vénéneux – la mort en ce jardin – l'omelette fatale – la mort de Barbara – du goût pour le macabre – le bouillon d'onze heures – roman policier – la couverture de l'édition « Club des Masques » de « La mystérieuse affaire de Styles », d’Agatha Christie - l'assassin est dans l'assiette – terreau, mort, odeurs – maléfices – Est-il vrai, comme l'allagrecque Wikipédia, que « l’artiste chrétien médiéval représente rarement les champignons, considérés comme maléfiques, si ce n'est pour évoquer leur symbolisme démoniaque » ? - hallucinations – brefs – visions.

 

4.

« Au-dehors, les chouettes hululaient de façon inquiétante ; dans leurs cadres, les portraits de famille prenaient des allures étranges et sur les tapisseries, l'animal le plus inoffensif se mettait à ressembler à quelque monstre terrifiant. »

(Anthony Morton traduit par Claire Séguin, « Le Baron et le fantôme »)

Un « vieux manoir » - « atmosphère inquiétante à souhait » (celui du lecteur sans doute) – oiseaux de nuit – inquiétude – l'élément naturel utilisé pour souligner l’atmosphère oppressante – nature inquiétante par nature – les bois la nuit sont inquiétants – la nuit est inquiétante – campagne hantée – c'est quelle vous ficherait la frousse, la nuit, s'te cambrousse ! - la ville, la compagnie des humains ne remplace pas cette inquiétude que génère la nature quand il est manifeste qu’elle n'a rien d’humain, qu’elle est indifférente à l’humain, que l’humain lui est aussi naturel que la proie pour le prédateur – le fantastique, le terrifiant, comme hyperbole de la nature – nature fantastique, nature terrifiante (règne de la loi du plus fort, de l’élimination du plus faible) dont la nature est révélée par l'habitude très humaine d’imaginer des monstres, de tisser des énigmes qui masquent des effrois sans nom – Suspiria - mon goût pour la littérature populaire – je ne les lis pourtant que très peu ces romans – certains sont agréables, d'autres malaisants, déplaisants – Rimbaud et la littérature populaire ; le narrateur en parle dans « Une saison en enfer » : « J'aimais les peintures idiotes, dessus des portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l’enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs. » Dans cet hétéroclite, je n’aime pas tout, loin de là, because ça sent bien le vieux rassis rance et moisi quand même tout ça, mais la littérature populaire du vingtième siècle (des noirs polars américains aux science-fictions échevelées et auteurs singuliers), voilà un de mes goûts – Agatha Christie, Simenon (immense!), San-Antonio (hénaurme!).

 

5.

Dans le poème « La manne de Lola Abba », de René Char, on lit l’expression « couronne d’amour » ; je ne sais pas ce que c'est qu’une couronne d’amour, ni s'il y a une reine ni même ce que l'on appelle amour et qui n’existe que par ses preuves, lesquelles ne prouvent jamais que l’humain est un animal social capable de se sacrifier (et encore pas tout le monde, et peut-être, en fin de compte, peu de gens) ; par contre, les humains sont très résistants ; c'est aussi ce qui les rend si redoutables.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 12 avril 2024

 

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