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BREFS ET AUTRES
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16 mars 2025

EN UN MOT : ZUT

EN UN MOT : ZUT

 

1.
« This suggestion was thrown out of court by the published depth of the canal which was entirely insufficient to conceal so large an object. »
(Conan Doyle, « The Lost Special »)
C'est ainsi que disparaissent bien des choses et des êtres : les licornes, la démocratie, toutes les Atlantides, le jazz, la moumoute de la cantatrice chauve, la gauche française et tout-ci tout-ça. Le réel étant un gouffre percé, un trou noir si vous voulez, on risque bien de ne jamais les voir réapparaître.

 

2.
« You have seen a group of ninepins standing, all so rigid, and prim and unbending. Then, there comes the ball from far away and pop, pop, pop – there are your ninepins on the floor. »
(Conan Doyle, « The Lost Special » [Herbert de Lernac])
Le réel est d'autant plus bruyant (« pop, pop, pop, bing, bing, bing » fait-il sans cesse et avec force cris, sifflements, hurlements et clameurs) qu'il s'oppose au silence des tombes, lequel est assez relatif mais nous ne l'entendons pas, et ne voulons surtout pas l'entendre.

 

3.
« In a word, then,… »

 

En un mot, en
Un mot, un 
Mot donc que
Donc j’aime bien écouter du jazz (en l’occurrence le guitariste Robben Ford).

 

En un mot, en
Un mot, un
Mot donc que
Donc je ne sais pas si le jazz ça vaut la musique classique, que le jazz serait quand même moins riche en nuances incroyables, en sons inouïs, en chœurs formidables…

 

Oui, mais le jazz, oui,
Mais le jazz, ça swingue, le
Jazz, ça swingue et défois même c’est marrant, le jazz.

 

Oui, mais le jazz, oui,
Mais le jazz, défois, le jazz, c’est du blues, le
Jazz, et le blues, c’est très épatant, cette virtuosité du spleen là, dis hein, le blues…

 

 

4.
« We must destroy not only Monsieur Caratal, but Monsieur Caratal’s documents, and Monsieur Caratal’s companions also, if we had reason to believe that he had communicated his secrets to them. »
(Conan Doyle, « The Lost Special » [Herbert de Lernac])
Défois qu’on a des choses à faire disparaître… qu’on en a plein les placards à cadavres… Je n’ai jamais connu de Monsieur Caratal… un inconnu pour moi… Et les « compagnons » de Monsieur Caratal non plus… Que les gens soient des secrets plus ou moins bien gardés, bin oui… que la littérature invente ces secrets et nous fasse croire que, grâce aux romans de Flaubert, de Zola, de Proust ou de Simenon, nous comprenons mieux le réel et les vivants qui s’y agitent est une évidence… une évidence et une illusion… Ceci dit, sans la littérature, nous serions encore plus abrutis que nous le sommes, avec tout autant d’humanité mais bien moins de bienveillance… quoique, je n’en donnerais pas la tête de mon chat à couper, quand bien même qu’il a avalé ma langue, le greffier.

 

5.
« You may imagine that I could not do all this myself. What could I know of the English railway lines ? »
(Conan Doyle, « The Lost Special » [Herbert de Lernac])

 

Vous imaginez. Qu’imaginez-vous ? Non, mais qu’est-ce que vous 
Imaginez ? Vous imaginez le
Bien, vous imaginez le mal, la tarte au sucre, à la rhubarbe ?
Que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles ? Que
Je n’existe pas, que celui que vous appelez par mon nom n’est pas celui que vous pensez être. Je
Ne suis pas en colère. Avez-vous remarqué comme tout cela est absurde ? Je ne
Pouvais, je ne peux, je ne pourrai faire autrement. Cela n’a pas d’importance à partir du moment où je ne souhaite faire aucun mal à quiconque.
Pas de doute cependant : Poutine, Trump, les massacres en Ukraine, les massacres à Gaza… Ce monde est dirigé par des fous dangereux.
Faire ce qu’on peut chaque jour, c’est déjà bien, voilà ce que nous nous disons, nous autres, les gens ordinaires,
Tout ça qu’on peut qu’on fait pendant que les fascinés s’extasient devant Trump et Poutine, ces gueux, ces moins que rien, ces voyous.
Cela n’est rien, mon enfant, c’est l’humanité, elle est tarée.
A moi, maintenant, je lève mon verre.
Moi, je lève mon verre et je le bois à la santé de ma pomme.
Tout ce que j’ai eu, j’ai, j’aurai à faire, je le ferai sans vouloir le mal de personne, même si je ne suis pas si bienveillant, pas si tolérant. Je sais bien que je finirai
Seul et allez vous faire mettre par Trump et Poutine si vous imaginez qu’être humain, c’est se faire mettre par Trump et Poutine.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 15 mars 2025.

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16 mars 2025

LA REINCARNATION D'UNE POUTRE

LA REINCARNATION D'UNE POUTRE

 

1.
« The probability was that Caratal had taken him into his counsels, and that to remove Caratal without removing Gomez would be a mere waste of energy. »
(Conan Doyle, « The Lost Special » [Herbert de Lernac])
Je lis dans les notes de bas de page de l’édition Pocket (collection « Bilingue Langues pour tous ») intitulée « Conan Doyle, Histoires extraordinaires » que « counsel » peut relever de la langue littéraire et signifier « conseil ». Que le mot « counsel » peut signifier aussi « secret » et aussi « avocat-conseil ». Ces notes sont de Michel Marcheteau. Le mot « counsel » n’a rien à voir avec les asperges. On ne prend pas d’asperges comme conseillères. Même si on le leur demandait, je pense que les asperges refuseraient.

 

2.
« In the meantime you will be interested to know what my movements were. Everything had been prepared for days before, and only the finishing touches were needed. »
(Conan Doyle, « The Lost Special » [Herbert de Lernac])
Je lis dans une note de Michel Marcheteau que la forme « interested to know » correspond à la construction « interested to + verbe » lorsqu’il « s’agit d’un intérêt pour une activité future ». Outre que je me demande  à quelle sorte « d'activité future » les constructions verbales pourraient éprouver quelque intérêt, je note que les asperges ne jouent pas de saxophone. Je ne connais aucun groupe de jazz du nom de « Les Asperges », ni même « Les Endives » ou « Les Grandes Bringues ». « Les Grandes Sauterelles », ce n’est pas le nom d’un groupe de jazz.

 

3.
« You will ask how it is that no one saw the train upon this unused line. »
(Conan Doyle, « The Lost Special » [Herbert de Lernac])
Je me demande s'il arrive parfois que les gens ne voient pas les trains sur cette ligne inutilisée. Je me demande s'il y a parfois des trains sur cette ligne inutilisée. Cette ligne inutilisée, je ne sais pas si elle existe. Je  me doute que des lignes inutilisées existent. Moi-même j'en connais une. Je ne l'appelle cependant pas par son prénom. Je ne la tutoie pas. Nous gardons l'un envers l'autre des distances ferroviaires respectueuses. C'est une question de respect et de sécurité.

 

4.
« It may be that it was this slowing down which first attracted the attention of the travellers, but the train was running at full speed again before their heads appeared at the open window. »  
(Conan Doyle, « The Lost Special » [Herbert de Lernac])
J'entends sur France Inter que Jean-François Champollion (1790-1832) fut d'abord un mauvais élève avant de devenir un phénomène précoce dans l'apprentissage des langues. Les trains ralentissent parfois avant de repartir à plus grande vitesse. Les humains sont des êtres pour lesquels la rapidité est un enjeu existentiel. Les humains tentent de maîtriser le temps pour la raison que la maîtrise du temps permet de maîtriser l'espace. Les asperges n'éprouvent aucun intérêt pour la maîtrise du temps, sauf si elles pratiquent le saxophone. Personnellement, je n'en connais pas.

 

5.
« Il would have been very agreable if we could have done so, but business is business. Besides, the train was now as much beyond our control as theirs. »
(Conan Doyle, « The Lost Special » [Herbert de Lernac])
La sentence « Les affaires sont les affaires » est un exemple de tautologie exclusive. Je lis que Wittgenstein, dans son « Tractatus logico-philosophicus », a écrit sur les tautologies. Il m'est arrivé de parcourir le « Tractatus ». Je n'y ai pas compris grand chose. Je crois bien que je suis la réincarnation d'une poutre.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 16 mars 2025.   

9 décembre 2024

QUANT A LA POULE ELLE S'EN FOUT ELLE POND

QUANT A LA POULE ELLE S'EN FOUT ELLE POND

 

« car ma pensée n'impose aucune nécessité aux choses »
(Descartes, « Méditation Métaphysiques »)

 

Car je pense c'est-à-dire que je suis, a écrit Descartes.
Ma foi, cela semble si évident que l'on s'étonne que nul n'ait inscrit cette vérité avant que l'auteur du « Discours de la Méthode » le fit.
Pensée limpide. Essayez donc d'y placer un éléphant ; vous n'arriveriez pas à en troubler la pureté. Il est aussi que le monde étant douteux (ah ça, il en a bien l'air), ma pensée 
N'impose pas qu'il existe, et pourtant, je sais qu'il existe ou, qu'en tout état de cause, quelque chose existe dont je parle, et qui n'est peut-être qu'illusion mais qui existe pour moi qui lui donne un sens en soi. Il en résulte que s'il n'y a
Aucune nécessité que les dieux existent, il y a tout de même
Nécessité de bien veiller à ce que le lait sur le feu ne déborde pas et qu'il faut une poule pour pondre l’œuf que vous irez vous faire cuire.

 

Aux Enfers descend-t-on quand on est mort ? Où s'élève-t-on, âme pure, lavée de tout péché, vers le Seigneur ? Je ne sais pas mais j'en doute. Les
Choses n'étant pas ce qu'elles ont l'air d'être, m'étonnerait pas qu'elles ne soient pas plus que ça et ceci dit, celui qui a dit que « le réel, c'est quand on se cogne » (on dit que c'est Lacan qui l'a dit), il n'a pas tort non plus. Quant à la poule, elle s'en fout, elle pond. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 décembre 2024.

 

7 avril 2024

NOTES PARFAITEMENT INUTILES ET INCONGRUES ET AUTRES APPROXIMATIONS SUR LE MONDE OUVRIER EN FRANCE D’APRES UN COURS DE MANUEL SCOLAIRE

NOTES PARFAITEMENT INUTILES ET INCONGRUES ET AUTRES APPROXIMATIONS SUR LE MONDE OUVRIER EN FRANCE D’APRES UN COURS DE MANUEL SCOLAIRE

 

I) Remarques inutiles sur le monde ouvrier, la société industrielle et je ne parlerai pas de la pince à linge

 

Du XIXème siècle, je ne sais que dire puisque je ne vis pas au 19ème siècle et il se pourrait même que je m'en fiche totalement du 19ème siècle (sauf cause pécuniaire pour des raisons professionnelles genre qu’on se rend compte que les mômes arrivent au lycée sans savoir ce que c'est que la machine à vapeur, voire même qu'ils ignorent l'existence des chicons-jambon-gratin et qu'ils imaginent que Balzac était une marque de café ; bien sûr, je peux évoquer la révolution industrielle, la machine à vapeur, l'exode rural et les opérettes d'Offenbach, causer de ceux qui quittèrent villages et ateliers pour aller s’épuiser dans les mines, la métallurgie et le textile, et je ne sais pas si la grande pieuvre, la gigantesque pieuvre, l'incommensurable pieuvre venue de la mer, la mer toujours là hein qu’elle là, la mer, j’ignore si elle les a engloutis dans son ventre si immense qu'il semble qu'il se confonde avec le ventre-océan. L’ouvrage était alors si dur que je ne sais si l'on pourrait quantifier l'énergie qu'il fallut à tant d'hommes et de femmes pour bâtir cette société industrieuse qui fondit canons et obus dont les fous qui font les guerres eurent tant besoin au siècle suivant (lequel fut poilu, moustachu et très sanglant). Jusqu’à 12 heures par jour qu'ils étaient au turbin, les gens, et si peu gagnaient-ils et les salaires si faibles que Zola en fit des romans avec plein de colères dedans. Bref, la société industrielle, c'était bien d'la misère.

 

Questions (poil aux rognons) :

 

1) Qu’appelle-t-on exode rural et cet exode rural est-il compatible avec les chicons au gratin (aussi appelés endives au jambon, mais jamais choucroute garnie) ? (2 points)

2) Pourquoi les conditions de travail étaient-elles si difficiles qu'à les évoquer les bras nous en tombent qu'il faut bien ensuite les ramasser ? (2 points)

3) Qu’appelle-t-on « prolétariat » ? Essayez de mettre en relation la définition du mot « prolétariat » avec le n'importe quoi qu’on dit défois et qui fait encore l'essentiel des discours de quelques agités qui fantasment de sixième république bolivarienne et autres soubresauts de la banane contestataire. (4 points)

4) L’auteur tire-t-il une conclusion ou tire-t-il sur la corde jusqu’à ce que tant va la cruche ? (1 point)

5) Si vous trouvez le sens de l'expression « révolution industrielle », pensez-vous que cela vous donne droit à une entrée gratuite à la foire à la saucisse ? (Justifiez votre réponse, 2 points ; 0,5 pour le supplément moutarde)

6) Au XVIIIème siècle, une invention a permis l’essor de l’industrie et la modernisation des usines, quelle est cette invention appelée « machine à vapeur » et à qui la doit-on qui s'appelait James Watt ?

 

Du début des années 1900, je ne sais que dire pas plus, cause que les années 1900 sont dans un passé si lointain que même s’il était proche, il n'en existerait pas plus pour autant cause que le passé, c'est du temps mort qui reviendra plus allez en tout cas pas sous cette forme bien que certains y croient au cyclique des choses qui reviennent, genre le réel est une roue de vélo qui tourne tourne tourne sous les coups de pédale d'un dieu qui en grimpe des côtes et en pousse des sprints, que ça vous fait un cosmos très énergique savez qu'avec le début du 20ème siècle, on assiste qu'ça s'met en place, tout ça quoi, la nouvelle organisation du travail, le taylorisme, machinisme, « décomposition des tâches en gestes chronométrés », qu’il dit le manuel scolaire à l’intention de ceux qui savent encore lire, fordisme, travail à la chaîne, - on ne parle cependant ni de chiconisme, ni de gratinisme et c'est bien étonnant ; ceci dit le crétinisme s'est très bien développé lui aussi en vertu du principe du taux constant de crétinisme et des hausses de natalité qui aboutissent infailliblement à la fabrication de canons et à la gestion des stocks de bipèdes par le massacre organisé, les forces armées et les politiques qui les manipulent. Entre 1950 et 1970, ça bossa trima s’éreinta beaucoup à la chaîne ; et l'humain appelé OS (ouvrier spécialisé) fut mis au service de la machine et du grand capital passque si c'est pas pour gagner des millions, à quoi bon mettre des macrons au pouvoir.

 

Questions (poil au fromton)

 

6) Qu’est-ce que le taylorisme et quelle fut son influence sur le commerce du cassoulet en boîte? (2 points)

7) Qu’est-ce que le travail à la chaîne et quelle fut son influence sur le commerce du vin, de la bière, des paquets d'chips et aussi le crétinisme électoral ? (2 points)

8) Vous ne vous demanderez pas ce que c'est qu'un OS puisque l'OS est un ouvrier spécialisé, qui a travaille à la chaîne et qui ne gagne pas beaucoup cependant que pour cette bonne réponse, je vous mettrai deux points

9) Pourquoi, à votre avis, le travail à la chaîne a-t-il d’abord été considéré comme un progrès puis, en fin de compte, a-t-il été remis en question ? (4 points)

 

Je puis parler un peu des années 70 parce qu'à l'époque, j’étais encore vivant, même qu’un paquet de gauloises coûtait 2 francs cinquante et un demi deux francs cinquante aussi, que c'est aussi l'époque où je découvris Rimbaud et Robert Charlebois et que je commençais à accumuler les zéros à l'école et autres déboires qu’en même temps, c'est alors que s’amorce le déclin du travail ouvrier qu'on en avait de moins en moins besoin des spécialisés mais qu'il fallait bien qu'ils vivent quand même en attendant que les Chinois soient à Brest et les Russes à Strasbourg et que la collaboration avec l’occupant se mette en place. De plus en plus de machines-outils (automatisation) et de moins en moins de travail humain, ce qui allongea les figures et les ardoises, serra les poings et qu'on commença à gronder et se demander si les politiques et autres technocrates se fichaient pas un peu défois de la tête des gens. Bref, la part de l’industrie (secteur secondaire) elle recula recula recula, ce qui fit dire à Jacques Chirac, mais bien plus tard, qu'il y avait une « fracture sociale », bien vu surtout qu'on est toujours dedans de plus en plus, dans la fracture sociale là.

 

Questions (poil su’l’carafon) :

 

10) Si l’on considère que la part de l’industrie a reculé dans l’emploi global, à votre avis, par quel secteur d’activité ce recul de l’emploi industriel a-t-il été en partie compensé et cela a-t-il eu de l'incidence sur la fabrication maison des chicons au gratin, des lasagnes et des tartes aux pommes ? (2 points)

11) Pourquoi parle-t-on actuellement de réindustrialisation de la France ? (Vous essayerez de mettre en relation votre réponse avec la question 10, en particulier si vous êtes amateur de chicons au gratin, de lasagnes et de tarte aux pommes, sinon c'est pas grave, on se contentera d'une boîte de thon). (4 points)

 

II) Autres remarques inutiles sur la classe ouvrière et je ne parlerai ni de la pince à linge ni de Zut qui zozotte même quand elle va au zoo.

 

C’est sans avoir à chanter Ramona qu’on peut parler de l’affirmation d’une classe sociale. Le travail était dur ; dure était la vie. Du coup, grèves et syndicats, puis lois sociales cependant que moi, je n'étais pas né, ni mon père, ni ma mère, et les chanteurs à la mode (dits chanteurs yéyés) n'avaient pas encore commencé à se déhancher dans les étranges lucarnes en chantant des stupidités pour boutonneux et boutonneuses plus ou moins adaptés lorsqu’il y eut interdiction du travail des enfants en 1841, les syndicats légalisés en 1884, et les congés payés en 1936, autant d'acquis sociaux que certains déplorent encore même qu'on les trouve à l'extrême-droite que, Français, faites attention, après 2027, il pourrait y avoir comme du bizarre dans la chose politique, du rififi urbain, du trouble, voire du carrément glauque. Après, ce furent les Trente Glorieuses (1945-1973), les trompettes de la renommée, Brassens, Brel, Ferré, Sardou, Sheila, Johnny, Guy Lux et Coluche, et n'importe quoi, et Pompidou des sous, et les hypermarchés, le fromage en tranches industriel, le jambon en tranches industriel, le lyophilisé, la surproduction, les machines à laver, les télés couleurs, la pop culture, et ses incongruités, et ses chefs d'œuvre, les salaires qui s’améliorent, les caravanes et les vacances en Espagne bref, la société de consommation, la société anonyme et la vie à crédit.

 

Questions (au poil de caméléon) :

 

12) Qu’appelle-t-on ici « les lois sociales » et pourquoi qu'on ne peut faire sans sans qu’ça cause troubles et catastrophes ?

13) Qu’est-ce qu’un syndicat et quel est le degré de corruption respectif de chaque organisation syndicale existante ?

14) Citez les noms de deux syndicats créés à la fin du XIXème siècle (je rappelle que CGT ne signifie nullement Chicon au Gratin Terrifique).

15) Qu’appelle-t-on « Les Trente Glorieuses » et quelle fut leur influence sur le crétinisme ambiant, l'environnement et la multiplication des témoignages de gens ayant vu des OVNI fulgurer au-dessus de leurs caboches ?

16) Qu’appelle-t-on « société de consommation » et pourquoi les chirurgiens-dentistes en profitèrent-ils largement ?

17) Vu en cours (explication orale) : Pourquoi, à votre avis, les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont-ils mis fin aux « trente glorieuses » sans pour autant qu’elle s’arrête de s’agiter le commerce, la « société de consommation », et itou donc la consommation de fromage en tranches industriel, de jambon en tranches industriel et de chanteurs-chanteuses à aberrations textuelles ?

 

Une culture commune, dis, des ouvriers, qu’il y en a eu au XIXème et au XXème, mais ce n’était pas les mêmes, sinon, ils auraient été trop vieux. Les ouvriers ont pris conscience, et ça c’est bien parce que c’est mieux de prendre conscience que de perdre conscience, qu’on a un rôle et une place dans la pièce que l’on joue, que ce soit dans la société industrielle ou la pièce « Rhinocéros », de Ionesco, que je me demande si je l’ai lue ou pas, cette pièce, qu’en tout cas, je ne l’ai pas vue, sinon je ne m’en souviendrais pas non plus. Y a donc eu une classe sociale des travailleurs et travailleuses, et une culture ouvrière, avec des luttes collectives, du syndicalisme, le PMU, Guy Lux, la belote, l’accordéon et les harmonies municipales, Coluche et le Tour de France, le vote pour le PCF (parti communiste français), et cela jusqu’aux années 1980 qu’après l’URSS, en 1991, elle disparut et la France tendit à s’aiguiser le libéralisme jusqu’à favoriser la montée en puissance d’un parti d’extrême-droite si connu qu’on en parlera encore beaucoup après les présidentielles de 2027 (surtout si Trump est réélu aux USA et que Poutine réussit à gagner sa sale guerre en Ukraine).

 

Questions (poil au champignon) :

 

18) Qu’est-ce que le parti communiste français et quelle fut son influence sur la chanson française et les gambettes des danseuses dans les émissions de variétés des années 70 (style Guy Lux) ? (2 points)

19) A votre avis, pourquoi l’influence du PCF est-elle moins importante maintenant que pendant les « Trente Glorieuses » ? Par quel(s) parti(s) cette influence a-t-elle été remplacée ? (4 points mais c’est pas pour ça que. Que quoi ? Que rien.)

 

Conclusion (poil au troufion) :

 

Quels sont, selon vous, les trais dominants de l’évolution du monde ouvrier de 1830 à nos jours ? (37,2 points et un carambar)

 

Patrice Houzeau

Malo, le 7 avril 2024.

31 décembre 2025

SE PREPARER AU PIRE

SE PREPARER AU PIRE

 

1.
Lorsque je pense à la façon dont l’extrême-gauche de Mélenchon, et de bien d'autres qui ne passent pas pour extrémistes mais qui croient très naïvement en la parole des technocrates, pense l’État comme une toute puissance garantie par l'adhésion citoyenne qui serait, par on ne sait quelle vertu, nécessairement favorable à un Etat pensé comme un souverain bien (puisqu'il serait lui-même très citoyen, puisqu'on vous le dit), je pense à ces mots de Hegel sur les conséquences politiques du « Contrat social » de Rousseau : 
« (…) comme ce ne sont que des abstractions sans Idée, elles ont engendré par leur tentative, les événements les plus terribles et les plus cruels. »
'Hegel traduit par André Kaan, « Principes de la philosophie du droit »)
Le piège... La trappe... Le cercle rouge... Vous avez élu la Raison raisonnante et maintenant vous vous dressez contre elle !... Vous osez contester l'Etat si bienveillant, pacificateur, nourricier et imposant !...Misérables ! Vipères lubriques ! Sociaux-démocrates ! Gilets Jaunes ! Chouans ! Ignorants ! Ukrainiens ! Français ! Voyez ce bâton, il vous rééduquera, c'est le bâton de la sixième république et de la bonne pensée obligatoire. 

 

2.
Quand même entendu beaucoup de niaiseries lénifiantes sur France Inter. Remarquez que sur les autres radios, ce sont surtout pubs, mauvaise musique qui fait du bruit et grandes gueules qui remplissent l'écoutille. Je suis de mauvaise foi ? Et alors ? 

 

3.
Parce qu'elle s'applique à la gestion des affaires humaines, la politique n'a-t-elle pas d'autre but que de masquer la réalité, en commençant par tenter de faire oublier aux bonnes âmes électrices que le réel est radicalement violent ? 

 

4.
Je ne sais pas si Poutine prépare la Troisième Guerre mondiale mais on dit en Occident que son économie s'est réorganisée et donne à penser que la Russie pourrait bientôt (dans les années à venir, dit-on) attaquer l'Europe de l'ouest. En conséquence, l'Europe doit se préparer à la guerre comme si elle allait éclater. Ne pas se réarmer, ne pas être prêt à montrer les dents si nécessaire reviendrait à aiguiser l'appétit de l'ogre.

 

5.
Le but de l’École est d'armer les esprits face à un réel radicalement violent et non pas d'apprendre aux adultes de demain à réagir niaisement et à ronronner à la vue du premier attrape-couillon venu. Je t'en ficherai de la bienveillance, moi.

 

6.
Dans les années, voire les mois à venir, l'Etat devra faire des arbitrages budgétaires douloureux. Dépenser plus pour une éducation nationale dont les défaillances sont maintenant connues de tous (le pédagogisme, ça n'a pas marché, et bon nombre de réformes furent d'une grande sottise) ou réarmer le pays et œuvrer à une défense européenne, qu'elle soit adossée à l'OTAN ou pas. Sans parler des investissements nécessaires dans les secteurs de la santé, de la justice, de la sécurité publique. Les choix ne seront pas seulement techniques mais politiques. Les présidentielles de 2027 seront cruciales.

 

7.
Il faut toujours se préparer au pire ; le meilleur n'arrive que rarement.

 

8.
30.12.2025. Le plan de paix proposé par le président Zelensky, et apparemment approuvé par Trump, sera refusé par Poutine qui ne semble guère avoir d'autre choix que de continuer sa sale guerre en Ukraine et même l'intensifier, une chute de Trump étant toujours possible. 
Le monde actuel est d'une dangereuse imbécillité.

 

9.
30.12.2025. Il se dit que le régime des mollahs iraniens pourrait tomber. En tout cas, la contestation populaire semble s'intensifier. Jusqu'où le régime des barbus sanglants va-t-il laisser faire ? Et jusqu'où ira la répression ? Le pire est, hélas, à craindre.

 

10.
Il semble que l'affaire Epstein est en passe de rattraper Trump à toute vitesse. La prison l'attend. Ou l’exil en Russie.

 

11.
A les entendre, ceux qui se sont rendus plusieurs fois sur l'île d'Epstein, ont pris l'avion, le fameux « Lolita express, avec Epstein et Maxwell, ont fréquenté ces deux criminels assez longtemps pour qu'on s'en souvienne, à les entendre, ces gens, ils n'ont rien fait, rien vu, rien su, rien entendu de ce que probablement bien des services de renseignement savaient. L'omerta quoi. Bande de salauds.

 

12.
30.12.2025. La radio « Doomsday »  aurait diffusé « Le Lac des Cygnes ». Si l'information est vérifiée, doit-on s'attendre à l'annonce d'un événement important en Russie, ou une décision très grave a-t-elle été prise par Poutine ?. C'est très étrange.

 

13.
31.12.2025. Les barbus sanglants du régime des mollahs savent que s'ils sont renversés, prison et condamnations à mort les attendent. Ils n'ont rien à perdre et préféreront toujours tirer sur le peuple iranien et pendre à tour de bras plutôt que de risquer leurs vieilles peaux. 

 

14.
Trump, sa boîte de Pandore, l'a ouvert lui-même... Ses « amis » sur les photos, il craint qu'il dit de les voir heurtés, bousculés, soupçonnés... L'obligé des mafieux russes craint surtout que, mis en cause, ses « amis » se mettent à parler, le jettent sous le bus...

 

15.
31.12.2025. 1 euro = 49434 rials iraniens. 1USD = 42000 rials. Bref, l'Iran est en faillite.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 31 décembre 2025.

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30 décembre 2025

CONTINUATION

CONTINUATION

 

1.
Serait-il qu'en ces temps troublés que nous traversons (ou plutôt la continuation de ces temps troublés que l'on appelle communément Histoire) le seul sujet véritablement important soit la politique, ou l'économie, qui est l'autre nom de la manière de gérer l'humain ?

 

2.
Par la multiplication des lois et règlements, le politique a fini par pénétrer chacun des aspects de nos vies a un point tel que chaque décision individuelle semble inéluctablement relever de l'administration et donc de la manière dont  cette administration est organisée.

 

3.
« Le fait que dans un membre de la société tous les autres sont offensés en même temps, change la nature du crime non pas dans son concept, mais dans son aspect d’existence extérieure. »
(Hegel traduit par André Kaaan, « Principes de la philosophie du droit »)
La très grande vitesse de la circulation de l'information ainsi que sa très grande publicité ont fait passer le crime du statut de donnée statistique éloignée du quotidien au statut de scandale permanent, d'atteinte à la sécurité de tous puisque tous (ou presque) se sentent maintenant concernés par ce dont auparavant on se tenait soigneusement éloigné, comme d'un malheur qui « n'arrive qu’aux autres ».  
Et Hegel d'ajouter fort justement : « La violation touche la représentation et la conscience de la société civile et non pas seulement l'être de celui qui est atteint directement. » 

 

4.
Comme on le voit avec l’exemple des Etats-Unis de Trump, un État fédéral n'est pas nécessairement une garantie de la pérennité des libertés individuelles et d'une Justice impartiale. Avant que Trump déboule sur la scène, on s'en doutait déjà un peu, Trump confirme nos craintes.
En conséquence, les naïfs qui croient qu'une Europe fédérale, et donc supranationale, serait un moyen de garantir nos libertés et l'impartialité de la Justice devraient méditer l’exemple américain.

 

5.
Je suis bien content que les rêveries fédéralistes du président Macron se soient heurtées au mur des réalités. Une Europe fédérale signifierait, je le crains, un éloignement plus net encore que celui que nous connaissons déjà des pouvoirs exécutif et législatif, et donc une dissolution des responsabilités dans une administration tentaculaire avec laquelle le citoyen ne pourrait plus s'entretenir que par voie électronique, et cela n'est pas un progrès.  

 

6.
La démocratie peut-elle survivre à la multiplication des lois ? Si l'on considère qu'en France l'inflation des normes rend la vie des citoyens toujours plus contraignante (comme on le voit dans ce qui est advenu de l'éducation nationale où les élèves sont soumis à une pression constante, et cela pour obtenir des diplômes souvent dévalorisés), il est à penser que cet alourdissement des contraintes finit par lasser, blaser, frustrer, mécontenter le citoyen ordinaire qui, parfois, manifeste violemment dans les rues (comme on l'a vu avec l'épisode des « Gilets jaunes ») et désormais s'apprête à porter l’extrême-droite au pouvoir.

 

7.
29.12.2025. Trump et le président Zelensky se montrent, dit-on, optimistes quant au succès de la dernière version d'un plan de paix mettant fin aux hostilités entre l'Ukraine et la Russie. Habile manière de renvoyer la balle à Poutine et de lui imputer un échec possible, sinon probable, des  négociations à venir.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 29 décembre 2025.

 

28 décembre 2025

LA PROBLEMATIQUE DU ROQUEFORT 

LA PROBLEMATIQUE DU ROQUEFORT 

 

« Or les conditions de la vie moderne imposent à la majorité des hommes la même quantité d’expériences et partant la même expérience profonde. »
(Albert Camus, « Le Mythe de Sisyphe »)

 

Or je pensais à Laure et Laure pensait au roquefort.
Les jeunes femmes prénommées Laure ne pensent pas toutes au roquefort. Les
Conditions requises sont que ces jeunes femmes s’appellent Laure, qu’elles sachent ce qu’est le roquefort et qu’elles aient un cerveau.
De cela nous pouvons déduire qu’il y a sans doute plus d’une jeune femme prénommée Laure qui, en possession d’un cerveau utilisable, pense parfois à ce qu’elle sait être du roquefort.

 

La logique oblige à ajouter que la définition de l’ensemble des jeunes femmes prénommées Laure qui, en possession d’un cerveau utilisable, pensent parfois à ce qu’elles savent être du roquefort ne nous dit pas si Laure aime ou pas le roquefort. C’est la
Vie, me direz-vous, il faut bien s’y faire, la Laure
Moderne n’aime sans doute pas plus le roquefort que la Laure des sonnets de Pétrarque et ces considérations nous
Imposent plus de circonspection dans nos approches de Laure.

 

A demain me dis-je car je me suis fort civil.
La plupart du temps, je ne me réponds pas et me contente de sourire intérieurement (pour ne pas que cela puisse se voir). La 
Majorité des bipèdes qui se disent « à demain » en souriant intérieurement me comprendra.

 

Des fois j’oublie de me saluer car, quoique fort civil, je suis distrait. Certains
Hommes et apparentés sont ainsi ; qu’un zèbre se mette à voleter dans la pièce et j’oublie que je pensais que Laure pensait peut-être au roquefort.
La vie est ainsi, me direz-vous, il faut bien s’y faire, de
Même que Laure, le zèbre volant se fiche probablement fort du roquefort et c’est probablement à une
Quantité phénoménale de choses et de gens qui pensent à tout autre chose qu’au roquefort que nous avons affaire. Il ne manque d’ailleurs pas
D’expériences à ce sujet, ou du moins il ne devrait pas en manquer, 
Et il serait proprement scandaleux que ces expériences n’aient pas été faites.
Partant de là, je mets mon chapeau et je vous salue bien. (Il sort. Il revient.)
La manière dont j’évoque la problématique du roquefort vous semble sans doute singulière. J’en conviens. Et
Même si je ne manque pas de mots pour dire de ces choses qui alimentent les conversations (surtout quand on n’a rien à dire), c’est une
Expérience assez pénible de croire que l’on peut creuser une idée que l’on pense assez
Profonde pour s’y plonger et se rappeler que l’on ne sait pas nager. (Rideau poil au dos dodo).

 

Supplément d’actualité. 28.12.2025. Paraît qu’au bas d’un de ses messages récents, où il revient sur l’affaire Epstein, @realDonaldTrump donne ce conseil à on ne sait qui : « Profitez de ce qui pourrait être votre dernier Joyeux Noël ! ». Qu’annonce-t-il, ce pitoyable POTUS ? La WW3 dès 2026 ? La condamnation pénale de certains participants au scandale Epstein ? (Clinton ? Larry Summers ? D’autres encore ?), un pouvoir accru de Trump tout puissant approuvé et soutenu par ses copains dictateurs Xi Jinping (coucou, Raffarin) et Poutine ? 

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 décembre 2025.

 

27 décembre 2025

ET QUI NE SE MEUT PAS suivi de DEUX PHRASES IDIOTES

ET QUI NE SE MEUT PAS suivi de DEUX PHRASES IDIOTES

 

« On peut présumer que non, puisque le ralenti donne un corps flottant entre les objets comme une algue, et qui ne se meut pas. »
(Maurice Merleau-Ponty, « L’œil et l’esprit »)

 

On se doute que la paix n’est pas facile à obtenir. On
Peut se dire que c’est l’humaine condition que le conflit. On peut
Présumer bien des choses. Peut-on présumer
Que la sardine puisse sortir de sa boîte et nous sauter à la gorge ?
Non.
Puisque nul saut de la sardine trépassée
Le surprendra ce passant immobile plongé dans son journal et qu’au
Ralenti s’examinent les évènements. Je
Donne à manger au chat. Il sort. Il rentre. Le chat est un animal sériel.
Un chat n’est jamais tout à fait semblable à un autre et pourtant ce ne sont jamais que des chats me dis-je tout en soupirant époussetant toussotant (car défois faut épousseter). De son
Corps on ne se sépare pas, rien ne prouvant qu’on puisse lui survivre.

 

Flottant, je m’aperçus que j’étais dans l’eau.
Entre le ciel et l’eau, il y a des humains sur des bateaux : ils vont pêcher la sardine et j’achète des boîtes de sardines.
Les sardines, c’est bon car moi je n’achète plus de raviolis en boîte depuis longtemps. Il y a des
Objets et je constate que nous passons entre eux parfois ils nous heurtent et ils peuvent se briser ou nous briser ou nous nous brisons tous les deux.

 

Comme je me disais ces choses et d’autres choses encore je me rendis compte que la plupart du temps c’est à moi-même que je parle.
Une lumière psychanalytique m’envahit (très verte) et je soupçonnai que lorsque nous parlons aux autres c’est aussi à nous-mêmes que nous causons même que défois je sais pas si on s’approuve toujours. La psychanalyse n’est pas une
Algue. Je dis ça parce que c’est le mot « algue » qui vient ensuite dans la citation si ce mot avait été « camembert » ou « grand-mère » ou « écuyère » ou « gruyère » vous me comprenez…

 

Et ensuite, nous continuons à vivre, nous persistons dans l’être. La condition à cela est de ne pas être tout à fait mort quoique
Qui est mort continue longtemps à être mort. Il
Ne revient pas, sauf dans les histoires de fantômes. Et s’il
Se manifeste, genre à donner des coups dans les murs ou s’il se
Meut tout vaporeux dans le couloir et un froid glacial, c’est qu’il y a un truc et s’il n’y en a
Pas, nous l’appellerons Arthur.

 

Phrase idiote 1 : « Après une nouvelle heure de chevauchée », il changea de monture car ses lunettes étaient décidément d’une vétusté indécente.

 

Phrase idiote 2 : Comme il laissa sa phrase en suspens, elle se carapata et personne jamais n’en entendit plus parler et on ne sut jamais quelle en était la suite et jamais il n’obtint de réponse.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 décembre 2025.

 
 

27 décembre 2025

DANS LA PENOMBRE INCERTAINE suivi de TROIS PHRASES IDIOTES

DANS LA PENOMBRE INCERTAINE suivi de TROIS PHRASES IDIOTES

 

« Dans la pénombre incertaine, il ne put distinguer que les visages hilares de quelques gamins en train de pousser son âne par-derrière. »
(Van Gulik, « Le Collier de la princesse »)

 

Dans la vie il faut savoir s’adapter, c’est ce que font toutes les fenêtres.
La vie étant une question de point de vue, comment voulez-vous que je continue cette phrase si mal commencée ? Reste la
Pénombre, parce qu’il y a de la lune. Et même avec la lune, elle est bien
Incertaine tout de même, la pénombre. C’est parce que c’est la pénombre, parce qu’avec la tarte aux abricots on n’a pas le même effet, et si jamais cette tarte aux abricots vous semble incertaine, vous n’avez qu’à pas en manger épicétou.

 

Il fait clair, sec et froid. C’est l’hiver. Il
Ne tombe pas de neige parce qu’il ne tombe plus beaucoup de neige par ici. Comme il reculait, il ne
Put que tomber dans le vide. C’est ainsi que je me suis débarrassé de ce pronom. Dans la pénombre, il est difficile de
Distinguer les choses. On dit alors que la nuit tous les chats sont gris mais si les chats se mettent à aboyer alors vous vous demandez ce que font ces chiens sur les terrasses les murs les appuis de fenêtres, à moins 
Que ce fussent des Russes envahisseurs et parachutés qui imitent 
Les chiens pour vous faire croire qu’ils ne sont pas des chats. Leurs
Visages, de toute façon, vous ne les voyez pas et ce n’est pas en agitant une bouteille de vodka que vous les ferez ronronner. Les gens quand ils sont
Hilares c’est qu’ils rient alors on voit leurs dents et on pense au bœuf bourguignon.

 

De toute façon, il importe qu’une porte soit ouverte ou fermée et
Quelques portes fermées ne font pas une forêt ouverte. Les
Gamins ils font du bruit dans la rue défois. Les gamins c’est souvent
En train de faire du bruit dans la rue défois. D’ailleurs le
Train passe et les gamins continuent de faire du bruit dans la rue défois.
De faire du bruit dans la rue défois c’est le propre des gamins. A faire du bruit dans la rue défois les gamins quelquefois un forcené leur tire dessus pourtant les gamins qui font du bruit dans la rue défois n’ont pas cherché à le
Pousser au coup de folie le fou qui leur a tiré dessus.
Son coup de folie ça faisait longtemps sans doute qu’il mijotait dans sa caboche à l’autre pétardeur. Défois moi je prends mon
Âne et je ris dans ma tête mais ça ne se voit pas parce que c’est
Par-derrière et parfois même dans une pénombre rien moins qu’incertaine.

 

1.
On ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir plumé prouve ma complète incompétence en ornithologie.

 

2.
Quand on vieillit vieillit vieillit et que les pommes de terre, vous avez l’impression qu’elles n’ont plus tout à fait le même goût, est-ce à cause de la sauce ou que bientôt les carottes seront plus cuites que vous le pensez.

 

3.
On ne vend pas une princesse pour s’acheter un collier ni même un cheval. Ça ne se fait pas et c’est même interdit par la loi.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 décembre 2025.

 

8 décembre 2024

ET LES HISTOIRES

ET LES HISTOIRES

 

« et les histoires ne sont pleines que de ces jeux de la nature. »
(Molière, « Le Malade imaginaire », III, 8 [Béralde])

 

Et ce matin fort que ça souffla puisque nous sommes le 8 décembre 2024.
Les coups de vent qu’ça cingle, avec la pluie qui cingle aussi, par la fenêtre, sur la digue, quand il fait noir encore, ça fait qu’on sort pas, qu’on attend qu’ça passe, qu’on est dimanche, qu’on a le temps. Des
Histoires, je m’en raconte, - la caboche, c’est beaucoup de cinoche –.
Ne me dites pas que vous, hein, dites, vous, vous ne vous en racontez pas, des histoires, je ne vous croirai pas. Elles
Sont fort utiles, les histoires qu’on se raconte, divertissement de fantômes.

 

Pleines d’eau, les vitres, quel bouillon !
Que ça souffle encore, la nuit prochaine, c’est bien possible.
Que c’était beau, hier soir, la réouverture de Notre-Dame de Paris, cinq ans après l’étrange incendie !
Que ça m’ennuie de devoir sortir qu’il fait froid qu’il faut bien que je sorte qu’il fait froid.

 

De la scène 8 de l’acte III du « Malade imaginaire », de Molière, je tire ce « et les histoires ne sont pleines que de ces jeux de la nature » et c’est au moment où Argan s’étonne de la ressemblance avec sa servante Toinette d’un « médecin de la médecine » venu le visiter et de cela, Béralde le rassure, comme quoi ça arrive tout le temps, qu’il dit, surtout dans toutes
Ces histoires que l’on conte et raconte. J’aime bien les
Jeux de stratégie, les échecs, le jeu de go, les pâtes au jambon.

 

De la journée d’aujourd’hui, on retiendra que ce fut le jour de la chute d’un tyran syrien (il s’appelait Bachar el-Assad).
La chronique des siècles est pleine de chutes et de tyrans. La
Nature humaine, je ne sais pas si ça existe mais en tout cas, elle est violente.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 8 décembre 2024.

 

8 décembre 2024

8 DECEMBRE 2024 : CHUTE DU DICTATEUR ASSAD

8 DECEMBRE 2024 : CHUTE DU DICTATEUR ASSAD

 

1.
8 décembre 2024. Les médias occidentaux annoncent que les forces de la rébellion sont entrées dans Damas. Cela signifie la chute du régime de Bachar el-Assad. Le dictateur aurait quitté le pays. Revers stratégique pour Poutine et pour l’Iran. Victoire de la Turquie. 

 

2.
8 décembre 2024. Blitzkrieg en Syrie. Vendetta à venir.

 

3.
Blitzkrieg en Syrie. Il a fallu 11 jours, dit-on, pour que les forces de la rébellion fassent chuter le régime de Bachar el-Assad. Il est que l’armée d’Assad ne semble guère avoir été en mesure de résister. Etrange faiblesse du soutien russe, impuissance du Hezbollah.
En 11 jours, les grandes villes sont tombées (Alep, Hama, Homs) et puis le onzième jour, Damas. La
Syrie se débarrasse-t-elle du cauchemar Assad pour tomber dans un autre cauchemar, celui de la guerre ouverte entre les différentes factions de la rébellion ? La
Vendetta est quasi certaine : les rebelles vont régler des comptes et faire payer bien des massacres aux serviteurs du régime.
A quoi faut-il s’attendre ? Exécutions sommaires ? Tribunaux populaires expéditifs ? Applications de la charia ? A
Venir :  sang, larmes et incertitudes.

 

4.
8 décembre 2024 : peut-on penser qu'il y a trop d'armes, trop de factions diverses aux intérêts opposés, trop de ressentiments, trop de misère et pas assez d'argent, pour que la Syrie débarrassée du boucher Assad ne continue pas à être en proie à la guerre civile ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 8 décembre 2024.

21 décembre 2025

J’AI MIS MON CHAPEAU AVEC MA TÊTE ET MON NEZ AU MILIEU DE LA FIGURE

J’AI MIS MON CHAPEAU AVEC MA TÊTE ET MON NEZ AU MILIEU DE LA FIGURE

 

1.
« Venise au visage de masque. » Cette épigraphe que cite Aloysius Bertrand avant que nos yeux lisent « La Chanson du masque » - nos yeux aiment à lire ; ce n’est pas le cas de tous les yeux ; certains préfèrent regarder des choses qu’ils comprennent plus ou moins ; d’autres encore préfèrent s’étonner ou se voiler ou se dérober ou se perdre ou se fermer – cette épigraphe est tirée d’un texte de Lord Byron, ce qui est une chose, et une chose chassant l’autre, voyez comme nous sommes avancés.

 

2.
« Ce n’est point avec le froc et le chapelet, c’est avec le tambour de basque et l’habit de fou que j’entreprends, moi, la vie, ce pèlerinage à la mort ! »
(Aloysius Bertrand, « La Chanson du masque »)

 

Qu’avons-nous là ? Un « tambour de basque et l’habit de fou ». Notons que ce n’est point là l’habit qu’il faut mettre quand on se rend à la supérette pour acheter un paquet de pâtes, du fromage râpé et de la sauce tomate industrielle. On risque des soucis. Peut-être en période de carnaval (on voit tant de choses).
Je note cependant que l’on peut tout à fait vivre avec dans la tête un tambour de basque et l’habit de fou étant donné qu’ils ne sont alors que qu’idées bigarrées et sonores (c’est drôle mais les sons aussi sonnent dans notre tête, tout à fait muets et pourtant là, musiques fantômes qui nous viennent et reviennent tandis que nous dormons) cependant que nous sommes parfaitement neutres et anonymes dans les vêtements que nous mettons lorsque quotidiennement nous tentons de justifier nos existences sociales.
Cette citation tirée du « cinquième livre des Fantaisies de Gaspard de la Nuit », d’Aloysius Bertrand, contient le mot « pèlerinage » lequel est de la famille du mot « pèlerin », lequel, dit-on, vient du latin, « per ager », qui signifie « à travers champs ». Je n’en doute qu’autant que je m’en tamponne et je remarque que lorsque je vais en pèlerinage à Sainte Supérette (là où se multiplient les boîtes de sardines), je ne traverse aucun champ, ni pâture, ni même vague terrain cependant que je croise d’autres pèlerins (il y en a de toutes sortes, et de très douteux parfois) qui circulent dans les rues comme de mauvais anges à la recherche de leur démon (certains ont même du poil au menton).

 

3.
« Notre troupe bruyante est accourue sur la place Saint-Marc, de l’hôtellerie du signor Arlecchino qui nous avait tous conviés à un régal de macaronis à l’huile et de polenta à l’ail. »
(Aloysius Bertrand, « La Chanson du masque »)

 

On ne donne de confiture à une troupe bruyante que si elle aime la confiture. N’en doutons pas, elle en mettra plein ses tartines. Si elle n’aime pas ça, cette troupe bruyante offrira toute cette confiture à un marchand de crêpes (ou de gaufres), qui en fera ses choux gras.

 

4.
« Marions nos mains, toi qui, monarque éphémère, ceins la couronne de papier doré, et vous, ses grotesques sujets, qui lui formez un cortège de vos manteaux de mille pièces, de vos barbes de filasse et de vos épées de bois. »
(Aloysius Bertrand, « La Chanson du masque »)

 

Qui ceint la couronne de papier doré, c’est qu’il a mangé de la galette. De celui qui a mangé de la galette, nous dirons qu’il était vivant, en tout cas au moment où il mangea de la galette car si cette galette était empoisonnée, alors, couronne de papier doré ou pas, le roi est mort et certes un roi mort n’a plus guère de divertissements. Il n’est même plus un homme plein de misères, c’est vous dire.
C’est pour cela qu’on entend l’herbe pousser dans ses oreilles que si on a oublié sa chèvre de campagne. Et si vous ne voyez pas le rapport, c’est qu’il n’y en a pas.

 

5.
« Marions nos mains pour chanter et danser une ronde, oubliés de l’inquisiteur, à la splendeur magique des girandoles de cette nuit rieuse comme le jour. »
(Aloysius Bertrand, « La Chanson du masque »)

 

En effet, il vaut mieux se faire oublier de l’inquisiteur, et surtout ne pas enquiquiner l’inquisiteur, de même que qui veut chez un quincailler cueillir des jonquilles, voire des quilles si ce quidam est un incongru, doit s’attendre à des déconvenues, et dès qu’on venut, on vit que, pas plus que la marquise, le comte n’y était pas.
J’en profite pour rappeler qu’en latin, l’inquisitor est celui qui examine, recherche, enquête pour savoir qui c’est-y ce type Œdipe dont bruisse le théâtre grec même que depuis ça n’a pas cessé de bruisser et de froncer les sourcils.

 

6.
« Chantons et dansons, nous qui sommes joyeux, tandis que ces mélancoliques descendent le canal sur le banc des gondoliers, et pleurent en voyant pleurer les étoiles. »
(Aloysius Bertrand, « La Chanson du masque »)

 

Défois, quand on voit pleurer les étoiles, c’est qu’on a un coup dans l’nez pis qu’on mélancolise. On n’est nullement obligé de descendre le canal sur le banc des gondoliers parce que c’est très difficile de descendre un canal, car c’est lourd un canal et que ça fuit de partout dès que vous tentez de le prendre dans vos mains. De plus, on ne voit pas pourquoi les gondoliers auraient besoin d’un canal dans leurs gondoles étant donné que les gondoles c’est fait pour gondoler sur les canaux et pas avec des canaux. 
Ainsi, on dit : « J’ai mis mon chapeau sur ma tête » et non pas « J’ai mis mon chapeau avec ma tête. » 
Vous constaterez aussi que si vous chassez l’absurde, il revient toujours par le canal dit pour cela « canal de l’absurde ». De la même façon, l’expression « chassez le chat, il revient au galop » est des plus idiotes, les chats ne galopant point. « Chassez la sardine, elle revient au galop » est tout aussi idiote, surtout si la sardine est en boîte. A la limite on peut chasser le thon qui vous revient au naturel, mais c’est vraiment si on n’a qu’ça qu’à faire.

 

7.
« Dansons et chantons, nous qui n’avons rien à perdre, et derrière le rideau où se dessine l’ennui de leurs fronts penchés, nos patriciens jouent d’un coup de cartes palais et maîtresses ! »
(Aloysius Bertrand, « La Chanson du masque »)

 

Cette fin du poème en prose « La Chanson du masque » oppose ceux qui n’ont rien et qui, au moment du carnaval, chantent et dansent, aux riches patriciens qui, dans les cercles de jeux, perdent fortunes et bonnes fortunes. J’entends dans la télé une sirène de voiture de police parce que c’est un film policier et ce n’est pas pour cela que si c’était un film de camembert, j’entendrais la sirène du camembert, laquelle ne se met en meugle que si le camembert est électrique. 
J’ajoute, et ce sera là ma conclusion que, outre que Tulsi Gabbard reprend assez systématiquement les éléments de langage poutiniens que c’est à se demander pour qui elle travaille réellement, qui pique le bic quadricolore d’un candidat au baccalauréat s’expose à un regard noir. Si ce candidat est une candidate, le regard sera tout aussi noir. Si vous éteignez la lumière, ce regard sera toujours tout aussi noir, car il n’y a rien à faire, noir c’est noir.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 décembre 2025.

 

19 décembre 2025

DE LA VENGEANCE DE LA PELOUSE ET DE L'ORIGINE DE LA FISSURE

DE LA VENGEANCE DE LA PELOUSE ET DE L'ORIGINE DE LA FISSURE

 

1.
Au début du texte de Richard Brautigan intitulé « La vengeance de la pelouse » traduit par Marie-Christine Agosto, l'auteur évoque sa grand-mère dont il dit qu'elle « faisait la contrebande d'alcool ». Comme c'était au temps de la loi Volstead, c'était il y a longtemps. La loi Volstead (« Volstead Act »), c'était la loi américaine qui, dès 1920 et jusqu'en 1933, prohiba la consommation d'alcool et produisit un nombre conséquent de gangsters et d'alcooliques.
Selon le narrateur, cette femme imposante (1 mètre 80, 90 kilos) entretenait de très bons rapports avec le shérif du comté. Ce qui n'est pas le cas des bouilleurs de cru du célèbre « Fantasia chez les ploucs », de Charles Williams.
Que la grand-mère du narrateur entretienne de bons rapports avec le shérif, lui demandant des nouvelles de sa mère toussi-toussa, cela est intéressant si l'on s'intéresse aux aïeules des narrateurs qui évoquent l'Amérique d'un siècle qui n'est plus le nôtre. Je dois dire que cela nous change tout de même des histoires de boîtes de sardines et de couples en décomposition dans une époque marquée par les montées des extrémismes, l'agressivité de Poutine et les caprices de Trump.
Pour ce qui est de l'Amérique, c'est loin quand même.

 

2.
Ensuite, le narrateur évoque une pelouse. Ce qui est logique puisque le texte s'intitule « La vengeance de la pelouse ». Je me demande si l'on peut éprouver de la nostalgie en pensant à une pelouse. Plus sans doute qu'en évoquant une boîte de sardines car, personnellement, j'ai toujours eu du mal à m'attacher à une boîte de sardines. Elles finissent, mes boîtes de sardines, vidées sans pitié de leurs occupantes et à la poubelle. Ce qui renvoie à la question de la surconsommation, mais comme c'est ainsi que l'humanité a décidé de crever, que voulez-vous qu'on y fasse.   

 

3.
Le paragraphe suivant commence par une phrase que j'aime bien : « Jack maudissait la cour comme si c'était quelque chose de vivant. » Cette remarque de Richard Brautigan me donne à penser, c'est que je pense parfois entre les moments où je ne pense pas et m'agite comme un contemporain affairé à surmonter sa vie. Peut-on détester certaines choses comme si elles étaient vivantes ? Et les vivants que nous détestons, ne sont-ils pas parfois pour nous que choses et objets périlleux ?
Quant à ce « pays où les gens mangeaient des pommes et où il pleuvait sans cesse », il me fait penser à la Normandie, laquelle me fait penser à Arsène Lupin, lequel me fait penser que je n'ai pas le temps de lire et relire les livres de Maurice Leblanc, ce qui m'est assez agaçant.

 

4.
On apprend dans les paragraphes suivants que Jack ne s'était jamais occupé de la pelouse, laquelle mourut de sa mort de pelouse et que, pourtant, cette pelouse était peut-être magique. Ce qui relance le débat sur les pelouses hantées, car il ne manque pas de vidéos sur YouTube et autres fournisseurs d'images animées qui montrent voir des formes étranges, fantomatiques, plus ou moins vaporeuses, circulant la nuit, le soir, et même parfois le jour, sur de parfaites pelouses américaines. On peut se demander si ces hantises de pelouses ne sont pas, en France tout au moins, responsables de la disparition des nains de jardin et autres lutins de plâtre.
Accessoirement, le narrateur rappelle que la Première Guerre mondiale éclata le 28 juin 1914 (c'est le jour de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand ; c'était à Sarajevo).
On apprend aussi que le grand-père du narrateur faisait 1 mètre 50 et que selon cet homme qui fut si longtemps bloqué dans le temps, le fait d'être si près « de sa pelouse l'aiderait à prédire la date exacte à laquelle éclaterait la Première Guerre mondiale ». Ce qui implique que :
a) La pelouse avait les mots et une bouche pour les prononcer.
b) La distance télépathique idéale entre une pelouse et un bipède doit être égale ou inférieure à 1 mètre 50. Au-dessus de cette taille, on est trop grand, on est trop loin, on n'entend rien.

 

5.
On apprend ensuite l'origine d'une des fissures. Et là, je branche mon psychanalyste de poche car lorsque dans un texte apparaît le mot « fissure », c'est que peut-être le réel est atteint de ce trouble qui consiste à considérer toute « fissure » (qu'elle relève du mur ou de l'esprit) comme une porte d'accès à toutes sortes de bizarreries, jusqu’aux créatures les plus batraciennes.
Toujours est-il qu'il y est question de poires, de Jack, l'homme qui détestait la pelouse, de porte-feuille, de cigare et d'abeilles rusées.

 

6.
Comme le Jack de Richard Brautigan in « La vengeance de la pelouse » ne parlait qu'italien quand il parlait du garage, je suppose qu'il craignait peut-être, en utilisant l'anglais, d'en être un peu trop compris et comme on sait, - cela apparaît d'ailleurs dans bon nombre d'histoires horrifiques contemporaines – il faut se méfier des garages qui comprennent l'anglais et l'on pige mieux dès lors pourquoi, prudemment, Jack utilisait l'italien.

 

7.
La dernière partie de la nouvelle « La vengeance de la pelouse » exacerbe encore le grotesque. Saoulerie consternantes d'oies blanches qui, endormies, se font plumer par la grand-mère du narrateur ; c'est que, je cite : « Du haut de sa splendeur théâtrale, elle pensa qu'elles étaient toutes mortes. » Vous pouvez imaginer leur désespoir lorsqu'elles se réveillèrent et constatèrent leur nudité. Cet étrange spectacle fut à l'origine d'un accident dont Jack fut la victime parce que dans la nouvelle, il lui arrive pas mal de désagréments, au Jack.
Je repousse ici l'horrible soupçon qui ferait du texte de Brautigan un texte codé, masqué, maquillé, évoquant un couple de serial killers (une contrebandière d'alcool associée à un déclassé piquousé), bien que je n’exclue pas quelque parodie ou démarquage littéraire. 

 

8.
Le dernier paragraphe du texte « La vengeance de la pelouse », de Richard Brautigan évoque « le premier souvenir » de la vie du narrateur. Souvenir peu joyeux : Jack, c'est sans doute Jack, abat le poirier, l'arrose d'essence, y met le feu. 
Cette nouvelle évoque à sa manière les rapports entre la nature et les humains : la pelouse détestée, les abeilles rusées, les oies consternées, Jack piqué, blessé, détestant la pelouse et détruisant le poirier. Il est vrai que les arbres des cours s'abattent parfois sur les maisons. Quant au garage, si ça se trouve, il le comprenait très bien l'italien, aussi bien que l'anglais, ou que le caquetage des oies.
Pour ce qui est de la vengeance de la pelouse, elle se coiffe toujours de la même façon.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 18 décembre 2025.

16 décembre 2025

SORTEZ LES SERPILLIERES

SORTEZ LES SERPILLIERES 

 

1.
Il ne faut pas tirer les pieds de l'Empire, ni lui tirer la barbe, ni les vers du nez car c'est son affaire. Par contre, si 'Empire s'étend, se répand, se gonfle et se démesure, alors sortez les serpillières. 

 

2.
Un spectacle stupéfiant s'offrit à nous. Il fallait des yeux pour le voir et nous en avions. Nous n'en crûmes pas nos oreilles, comme on dit au passé simple.

 

3.
C'est pas tellement que mais quand même ce serait mieux si. C'est neurasthénique et agaçant.

 

4.
En dépit du froid glacial, il ôta sa tête ce qui lui gela instantanément sa vie intérieure et son habituelle confusion des sardines. Sardines signifiant ici « sentiments », il ne faut plus s'étonner de sa sottise.

 

5.
Le président Macron portant des chaussettes, il est à penser qu'il a des pieds. Tout rapport entre les pieds du président Macron et certaines de ses réformes est bien évidemment purement arbitraire.

 

6.
Me demande si la prévention ne se heurte pas parfois à la surpopulation et une éventuelle sélection naturelle masquée par cette grande prétention que nous appelons culture..

 

7.
A quoi ça va nous mener tout ça, dit la cheffe de file des sardines en boîte avant de finir écrasée entre la fourchette, le pain et le beurre.

 

8.
Comme l'a dit un philosophe célèbre (forcément, sinon ce n'est pas un philosophe mais un auteur mineur, injustement oublié mais ce n'est pas grave, on ne le lira pas quand même), qui ne sait pas écouter le cri muet de la sardine ne sait pas de quoi il parle.

 

9.
Quand tu vas chez des gens, n'oublie pas qu'ils ont des mains. Cache donc ton violon, tes boîtes de thon, citrons, potirons, aussi tes biftons, et ne pars pas sans solides soupçons.

 

10.
Je n'irai pas sur Mars. Je laisse cela à Elon Musk. Moi je vais juste acheter quelques boîtes de sardines pour le mois. C'est en effet le mois des sardines, comme tous les mois, mais il y a que moi qui le sais. Et puis, il n'y a pas de sardines sur Mars.

 

11.
Les gens à la radio, ils utilisent tous les jours les mêmes mots mais pas dans le même ordre. Et ils parlent toujours des mêmes choses. Seuls les noms changent.

 

12.
Il est de plus en plus souvent demandé à l'enseignant de se mêler de ce qui ne le regarde pas pour, dit-on, tenter de comprendre pourquoi l'élève ne comprend pas (malgré les « cartes mentales » et autres merveilles étourdissantes).

 

13.
« Ton partir est un secret », a écrit quelque part René Char. Me demande si ton revenir sera une énigme et si tu me citeras les vers de la chanson qui parle de « déjeuner en paix ». Aurai-je encore un nez, je ne puis l'affirmer.

 

14.
« La nuit tous les chats sont gris » est une expression française qui m'a longtemps fait douter de la fameuse sobriété des chameaux.

 

15.
« Si vos épreuves, au lieu de vous dilater », ce début d'une phrase de Cioran me rappelle qu'en matière de dilatation, bon nombre de politiques sont experts. Ce qui m'évoque instantanément le goût du jambon-beurre que l'on avale avec un demi dans un roman de Simenon.

 

16.
Par association d'idées, le premier mot qui me vient à l'esprit quand je pense à Donald Trump, c'est « culbuto ».  

 

17.
Ô lecteur, mon semblable etc, toi qui me lis, ferme les yeux et médite ces paroles, et tu en saisiras l'irrémédiable sottise. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 16 décembre 2025.

8 décembre 2024

CELUI LA DOIT ETRE AMON ET L’AUTRE RAMSES

CELUI LA DOIT ETRE AMON ET L’AUTRE RAMSES

 

« - Celui-là doit être Amon, et l'autre Ramsès. Pourquoi te déplaisent-ils ? Moi, je les trouve très impressionnants. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Mort sur le Nil » [Linnet])

 

Celui-là va voter la motion de censure (nous sommes le 3 décembre 2024 et l’extrême-droite et l’extrême-gauche s'apprêtent à faire tomber le gouvernement Barnier), et celui-là non. « Celui-là
Doit être Amon », dit un personnage (elle s'appelle Linnet) et s'il doit
Être Amon, précisons que selon Wikipédia,
Amon est dans la mythologie égyptienne le dieu de Thèbes.
Et il est aussi « Le Caché », « L'Inconnaissable » (et j'écris ceci cependant que je suis assez inquiet des événements de ce mois de décembre 2024 et de la chute du gouvernement Barnier qui pourrait amener des populistes au pouvoir, crise financière, crise politique, déstabilisation et affaiblissement de la France).
L'autre, Linnet pense que c'est Ramsès, et je suppose qu'il s'agit du pharaon
Ramsès II (qui a vécu (selon Wikipédia, de  1279 à 1213 av. J.C., tandis que Johnny Halliday, lui, il a vécu de 1943 à 2017 ap. J.C., voyez, mais il n'était pas pharaon, Johnny, puisqu'il était chanteur).

 

« Pourquoi » est un interrogatif et donc c'est que Linnet pose une question à Simon qui est aussi un personnage du roman « Mort sur le Nil », d'Agatha Christie, et comme elle tutoie Simon, elle emploie le pronom
« te » et lui demande « Pourquoi te déplaisent-ils tant ? » et au fait, oui, pourquoi est-ce que « ces quatre statues assises » lui
Déplaisent, à Simon ? Les trouverait-il inquiétantes, menaçantes, en aurait-il peur, oui, hein, pourquoi lui feraient-
Ils peur, Amon et Ramsès cependant que Linnet, voyez, elle, elle dit
Moi, et c'est normal, vu que c'est elle qui cause, même qu'elle dit « Moi
Je les trouve très impressionnants » et si elle
Les trouve très impressionnants, c'est qu'elle aime être impressionnée par ce qu'elle
Trouve impressionnant, sinon elle les trouverait « sinistres » aussi, le Amon et le Ramsès mais c'est pas « sinistres » qu'elle les trouve, elle les trouve
« Très impressionnants » et ici, « très » est un adverbe d'intensité cependant que le mot
« Impressionnants », il fait que je m'arrête là, parce que la phrase, elle est finie.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 8 décembre 2024. 

 

8 décembre 2024

JE N'AI PAS DE PATTE DE LAPIN

JE N'AI PAS DE PATTE DE LAPIN

 

1.
« Voyez-vous, elle possède cette patte vive comme l'éclair qui se glisse en silence et chaparde tout petit objet brillant. »
(Lilian Jackson Braun traduit par Marie-Louise Navarro, « La vie secrète du chat qui... »)

 

Voyez-vous, nous sommes le 7 décembre 2024, il fait du soleil et on annonce de la pluie. Quand la pluie tombe,
Elle fait des flaques, et tout est tout humide. Je
Possède un bon paquet de bouquins que je n'ai pas lus.

 

Cette pluie qui tombe, je pourrais la mettre à profit pour prendre le temps de lire. Je n'ai pas de
Patte de lapin (ça porte chance) et je n'ai pas trouvé de jambe coupée ce matin sur la plage. J'ai encore la mémoire
Vive, je me souviens de la choucroute et d'un épisode des enquêtes du commissaire Maigret. Maigret était interprété par Jean Richard. Il y avait la jeune fille au piano qui jouait « La Chanson de Solveig ».
Comme j'étais malade d'une infantile, je n'ai pas digéré la choucroute.

 

L'éclair qui passa par le trou de la serrure, elle foudroya quelqu'un de la famille de ma mère, ma mère disait. Je ne sais pas si elle en est morte.
Qui sait comment la foudre va le frapper ? Elle
Se faufile, la foudre, partout. Il y en a même, on ne sait pas de quoi qu'ils ont couic ! sont plus là. Elle se
Glisse, la foudre, partout.

 

En 1977, je lisais les magazines Best et Rock N' Folk qui parlaient de rock et de pop. Le rock, c'est le contraire du
Silence, ça c'est sûr que le rock, c'est quand même très bruyant, surtout quand on en écoute.
Et le rock, à l'époque que j'étais un petit con, ça me fascinait, ça, le rock. Je me souviens d'un chien que j'ai mon steak dans l'assiette et driiing le téléphone m'appelle que hop le chien, il
Chaparde le steak.

 

Tout ça, choucroute, Maigret, la chanson de Solveig, ce que ma mère disait, Best, Rock N' Folk, le chien Pathus, ça fait des souvenirs, du
Petit anecdotique ; on s'en souvient. La mémoire est un
Objet poétique, même si la mémoire, c'est parfois douloureux. Parfois, il est
Brillant, l’œil. Il est dix heures 31, la pluie annoncée n'est pas encore arrivée.  

 

2.
6 décembre 2024. Que va-t-il se passer en Syrie ? La boucherie va-t-elle changer de propriétaire ?

 

3.
Comment va finir Bachar el-Assad ? En sang et en sueur et lynché par son peuple ? Ou empoisonné quelque part en Russie par le FSB ? Ou peut-être un accident de chasse-neige...

 

4.
Chute annoncée de Bachar el-Assad : avez-vous compris les BRICS ? Faut pas trop compter sur les Russes à Poutine pour vous soutenir en cas de gros pépin. Ils ont déjà trop de mal à contrôler le Donbass (10 ans qu'ils sont dessus quand même).

 

5.
Le commissaire Maigret fume la pipe.
Jean Richard, qui joua le rôle de Maigret à la télévision, fumait la pipe.
La télévision ne fume pas la pipe.
D'ailleurs, si la télévision se met à fumer, je crois que ce n'est pas bon signe.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 7 décembre 2024.

 

1 décembre 2024

HUMEURS DU DIMANCHE AVANT D'ALLER PRENDRE L'APERO AVEC MES POTES

HUMEURS DU DIMANCHE AVANT D'ALLER PRENDRE L'APERO AVEC MES POTES

 

1.
30.11.2024.
La chute du régime de Bachar el-Assad serait imminente.
Vont probablement suivre massacres et règlements de comptes meurtriers et peut-être aussi une guerre ouverte entre les différentes factions de la rébellion.
Mais c'est surtout une très grande défaite pour Poutine.

 

2.
1.12.2024
Si le régime de Bachar el-Assad tombe, la Syrie sera en proie à des massacres.
Si le régime de Bachar el-Assad tient, la Syrie sera en proie à des massacres.
La différence ? La chute d'Assad donnerait à penser aux BRICS que Poutine est singulièrement affaibli.

 

3.
L'idée court en France qu'une candidature de Mélenchon soutenue par la gauche du « Nouveau Front Populaire » serait le meilleur moyen de promouvoir Marine Le Pen (ou Bardella) à la présidence du pays en 2027.

 

4.
Les monnaies des BRICS ? Quelles monnaies des BRICS ?

 

5.
Eh non, comme le prouve la situation actuelle et inquiétante assez (les gens, planquez vos sous), plus d'éducation nationale ne produit pas plus d'humanisme.
Moins d'éducation non plus.
Les pédagogistes l'ont dans l'os.

 

6.
La multiplication des diplômes ne rend pas les gens plus compétents, mais assurément plus prétentieux et arrogants (cf Sciences Po).

 

7.
Je l'ai déjà dit, mais je le répète car j'y tiens. 
La mondialisation ne suffit pas, comme on voit, à éviter les conflits armés, mais le protectionnisme les prépare à coup sûr.
La réponse sera donc : mondialisation et surarmement.
Si tu veux gagner des sous, prépare-toi à parer les coups.

 

8.
Ce qui règle les rapports entre les humains, c'est la loi du plus fort.
Les religions et le droit ont tenté de pallier cette donnée naturelle et ont permis le développement des sociétés ouvertes.
Il n'y a donc pas de droit naturel mais le droit positivement détourné au profit des religions et de ceux qui maîtrisent les règles du droit.
Ce qui règle les rapports entre les humains, c'est la loi du plus fort.
C'est en fonction de cette règle toute simple, que bien que chacun sait que Poutine n'est qu'un vulgaire mafieux, si demain, il gagnait sa sale guerre en Ukraine, bien des pays, y compris nos prudes démocraties occidentales, lui dérouleraient très vite le tapis rouge.

 

9.
L’État n'est pas naïf. Il sait parfaitement que vous fraudez. Il attend simplement les inéluctables évolutions des lois pour mieux vous coincer (ou pas). Bref, l’État tente toujours d'agir au mieux de ses intérêts, et parfois indépendamment de toute morale.

 

10.
Je me souviens que lorsque j'étais au lycée, l'enseignement de l'histoire-géographie se faisait pays par pays (et on en avalait des statistiques, productions, démographie,...). Heureusement, les programmes ont évolué et l'évolution des relations internationales y est maintenant abordée.

 

11.
Je suis content que Notre-Dame de Paris ait pu renaître de ses cendres. Ce qui est à mettre au crédit du volontarisme du président Macron (et pourtant, je ne l'apprécie guère). 

 

12.
Les schémas de pensée de la plupart des gens évoluent beaucoup moins vite que les technologies cependant que ces schémas de pensée sont assez souples pour s'adapter aux nécessités technologiques. La modernité n'est souvent qu'un archaïsme qui maîtrise l'ordinateur. 

 

13.
Les crétins qui préconisent d'abandonner l'euro pour en revenir au franc devraient consulter le dictionnaire à l'entrée « dévaluation ». Je ne donnerais pas cher du franc français si, par malheur, les idiots du frexit, arrivaient au pouvoir.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 1er décembre 2024.

7 décembre 2024

ALORS ASSAD, BIENTÔT KAPUTT ? 

ALORS ASSAD, BIENTÔT KAPUTT ? 

 

6 décembre 2024. On dit qu'en Syrie, les villes tombent l'une après l'autre, que l'avancée des forces rebelles est fulgurante, que Damas se barricade, que le régime de Bachar el-Assad va tomber, qu'Assad serait en fuite et que Poutine n'y peut plus rien.

 

6 décembre 2024, c'est la Saint-Nicolas.
On dit qu'en Syrie, je n'irai jamais en Syrie, qu'irai-je faire en Syrie, on dit qu'en Syrie,
Les villes de Alep et de Hama ont été prises et bientôt ce sera le tour de Homs, on dit que les villes
Tombent l'une après l'autre, et les forces rebelles seraient à moins de 150 kms de Damas, on dit
Que les Kurdes auraient pris le contrôle de Deir ez-Zor, que
L'avancée des forces rebelles est fulgurante. « Fulgurante » est un adjectif qui vient du latin « fulgurans » ; ce qui a un rapport avec l'éclair, la foudre, la main qui frappe. On dit que
Damas se barricade. Damas est la capitale de la Syrie. Elle compte plus de 2  millions et demi d'habitants. On dit que
Le régime de Bachar el-Assad va tomber. On dit que le régime de Bachar el-Assad est une dictature impitoyable. On craint que les forces rebelles, en particulier les groupes islamistes, ne soient pas moins impitoyables. On dit
Qu'Assad serait en fuite. Sans doute qu'il n'a pas envie de mourir comme Kadhafi, lynché par son peuple, assassiné. On dit que la chute d'Assad serait une victoire de la Turquie de Erdogan. 
Et on dit aussi que Poutine n'y peut plus rien. C'est que l'armée russe est déjà à la peine en Ukraine. Les Russes vont-ils lancer des missiles sur la Syrie ? La chute annoncée du régime de Bachar el-Assad est-elle l'un des épisodes d'une troisième guerre mondiale en cours ? 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 7 décembre 2024.

14 décembre 2025

SOPHIE MELANIE suivi de SANS BUT

SOPHIE MELANIE suivi de SANS BUT

 

« En lui répondant que le poireau, il fallait le cuire, même pour le manger froid en salade, je me demandai si oui ou non, elle se moquait de moi. »
(Jacques Sternberg, « Sophie, la mer et la nuit » [le narrateur])

 

En 2025, le massacre de l'Ukraine continua et cette année-là, Poutine eut un allié de poids en la personne du POTUS Trump, lequel est un homme bas et  méprisable.
Lui, Trump, il est de plus en plus impopulaire et toutes les personnes raisonnables se demandent comment il est possible qu'il puisse se maintenir au pouvoir alors que sa place est de toute évidence en prison (et pas qu'un peu).

 

Répondant que le poireau, il fallait le cuire, le narrateur du roman de Sternberg ne fait que dire ce 
Que chacun sait et il est tout de même curieux qu'un auteur comme Sternberg n'ait pas pensé à plus nous renseigner sur la question originelle qui est, comme chacun sait, pourquoi
Le poireau plutôt que rien ? Certes, si vous répondez à quelqu'un que le Poireau il faut le cuire, c'est sans doute que vous êtes dans une cuisine.
Il est vrai aussi que vous pouvez, et c'est tout naturel, évoquer l'ontologie du poireau dans une bibliothèque car il y
Fallait des livres, si on voulait causer poireau dans une bibliothèque, du temps où les gens lisaient encore de vrais livres au lieu de se bousiller la comprenette sur les réseaux sociaux et autres turlupineries.

 

Le fait est que nous sommes fin 2025 et que l'année 2026 s'annonce aussi mauvaise qu'à force on finira par envoyer les politiques se faire
Cuire un œuf ou autre chose. Et
Même si la personne avec laquelle vous discutez est en train d'éplucher des pommes de terre, je ne pense pas que vous soyez à la gare de Lens où vous attendez le train pour Hénin-Beaumont. 
Pour cela, je suis bien tranquille, vous êtes dans la cuisine.
Le poireau vinaigrette sans doute allez-vous le préparer.
Manger un poireau vinaigrette, c'est tout de même un petit plaisir de la vie (ça vous console de la tronche de premier de la classe de Macron). Après, que le
Froid soit une perception de l'esprit, c'est quelque chose que je dis défois car
En vrai le réel c'est une drôle de
Salade qu'on sait pas vraiment de quoi qu'elle est faite.

 

Je pense à la personne avec laquelle le narrateur dialogue et qui s'appelle Sophie et
Me demande s'il faut de Sophie se fier ou se défier et comme je me
Demandai si oui et comme je me demandai 
Si non je me dis que si cette personne s'appelait Mélanie - ce qui rend songeur rapport à quelque chose qu'il faut mettre dans le placard - c'est que
Oui si elle s'appelle Mélanie elle ne s'appelle pas Sophie
Ou alors et mille sabords 
Non si elle s’appelle Sophie
Elle ne s'appelle sans doute pas Mélanie et
Se faire plus chouette que la chouette et si elle se
Moquait du narrateur c'est pour faire avancer le roman et
De ce roman
Moi à vrai dire je ne sais pas quoi dire. Voilà.

 

« Le ciel pleut sans but, sans que rien l'émeuve,
Il pleut, il pleut, bergère !, sur le fleuve... »
(Jules Laforgue, « Dimanches »)

 

Le ciel, s'il pleut, le
Ciel, eh bien quoi, il ne faut pas s'en inquiéter, s'il
Pleut ou même s'il ne pleut pas. C'est si vous êtes
Sans parapluie et qu'il se met à fortement dracher que vous pourriez méditer sur le
But de tout cela le ciel qui pleut, les gens qui passent, les parapluies car
Sans parapluie vous pourriez vous mouiller.
Que cela vous serve de leçon si
Rien jamais sert de leçon à l'inconstant bipède. Il ne faut pas s'inquiéter si le ciel pleut et non plus s'il ne pleut pas ; il faut prévoir un parapluie. Par ailleurs que cela
L'émeuve, cela dépend de qui vous parlez.
Il y a des gens voyez qui s'émeuvent rarement Il
Pleut ils constatent qu'il pleut et continuent à manger leur tartine
Il ne pleut pas Ils constatent qu'il ne 
Pleut pas et mangent leur tartine Quant à la
Bergère si elle garde ses blancs moutons c'est que c'est dans la chanson.
Sur le temps qui passe sans doute médite-t-elle aussi
Le temps qui passe semblable au
Fleuve lourd de métaphores et de choses frappées d'obsolescence plus ou moins programmée. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 décembre 2025.

14 décembre 2025

COMME DIT LA CHEMISE

COMME DIT LA CHEMISE

 

« - Avec le temps, décidément, je m'embrouille tout le temps », fit remarquer Sophie sans attacher beaucoup d'importance à ce fait. »
(Jacques Sternberg, « Sophie, la mer et la nuit » [Sophie])

 

Avec, c'est bien utile car quand on veut faire, c'est souvent avec un outil, avec courage, avec a « little help from my friends » et c'est souvent avec que
Le schmilblick on le fait avancer, sinon « Avec le
Temps », c'est le titre d'une très belle chanson de Léo Ferré qui a écrit beaucoup de choses pompeuses et quelques chefs d’œuvre.

 

Décidément, c'est un adverbe, on peut le supprimer de la phrase ça ne l'empêchera pas de vous tirer la langue si la phrase a envie de vous tirer la langue.
Je fais un peu attention à la langue qu'elle tire la phrase parce que c'est ainsi qu'elle prouve qu'elle a une langue, la phrase de même que Napoléon avait un chapeau et Poutine n'a absolument aucune morale.

 

M'embrouille m'embrouille me dis-je souvent à moi-même car souvent que je m'embrouille m'embourbe m'emberlificote dans mes idées et points de vue sur le monde
Tout ça qui s'agite et se massacre en dépit des sottes et optimistes prédictions de Michel Serres et autres ravis philosophiques sans compter la résilience, le macronisme contondant, toussi-toussa.

 

Le temps, il passe c'est même à ça qu'on le reconnaît, le
Temps parce que hein vous ne pouvez pas l'arrêter comme ça dans la rue comme un vieux pote que vous n'avez pas vu depuis longtemps, parce qu'alors y a plus rien, plus rien qui avance. Ce qu'il
Fit alors, c'est qu'il prit un œuf et se le fit cuire. Vous me ferez 
Remarquer que pourquoi il arrive-là cet œuf, cheveu sur la soupe. Ah c'est qu'il faut toujours faire attention à sa moumoute quand on mange une soupe à l'oignon.

 

Sophie, je l'aime bien mais je ne la connais pas du tout car en vieillissant j'ai de moins en moins l'occasion de fréquenter Sophie, Marie-Sophie, Hélène ou Mignonne Allonvoirsilarose.

 

Sans œuf on ne peut pas faire d'omelette, comme s'il y a pas plus de gens en Russie on ne peut pas développer la Russie que c'est même pour ça qu'il fait la guerre Poutine pour gagner des territoires et annexer des populations dont il aura besoin pour le développer son plus grand pays du monde. Après, je pourrais
Attacher un hareng saur au mur pour qu'il pendouille et se balance pour tirer la langue au temps, j'appellerais ça « Hommage à Charles Cros » mais bien sûr le hareng ne serait pas un vrai hareng car il serait en plastoc parce qu'avec le temps, les harengs même saurs et très saurs, ils finissent par se décomposer comme s'est décomposé Napoléon et se décomposera Poutine.

 

Beaucoup aussi est un adverbe et comme la plupart des adverbes il monte parfois sur ses grands chevaux. Il ne faut pas y accorder trop
D'importance sauf s'il fonce sur vous avec un sabre.
A cela il faut répondre par un coup de pan-pan si l'on a sur soi l'outil à égaliser les destinées,
Ce qui ne va pas de soi car en théorie en France le contribuable de base n'est pas autorisé à se promener dans la rue en portant un pan-pan ou toute autre mécanique à relativiser le sens de la vie. C'est un
Fait et du reste ce qui est fait n'est plus à faire comme dit la chemise après s'être fait repasser.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 décembre 2025. 

6 décembre 2024

TROIS PIECES FACILES EN ATTENDANT L'HIVER

TROIS PIECES FACILES EN ATTENDANT L'HIVER

 

1.
« Il se passe assurément quelque chose d'étrange au château »
(Musset, « On ne badine pas avec l'amour », III, 4 [Le Choeur])

 

Il pleut
Se réveiller quand il pleut n'est pas très joyeux
Passe le temps et il pleut
Assurément la pluie ça mouille
Quelque chose me dit que je n'ai pas envie de sortir mais c'est une
Chose de n'avoir pas envie et une autre chose que de devoir Il n'y a rien
D'étrange là-dedans il pleut et je n'ai pas envie de sortir et
Au chaud je préférerais rester à le hanter encore un peu le
Château avant que pluie le trempe et vent l'effondre.

 

2.
« Cependant, le baron croit remarquer que vos caractères ne s'accordent pas. »
(Musset, « On ne badine pas avec l'amour », II, 1 [Maître Blazius])

 

Cependant qu'il pleut j'écoute la radio. 
Le temps qu'il fait n'est guère joyeux. Je ne connais pas de
Baron. Les nouvelles non plus ne sont pas très joyeuses. Le président
Croit-il que tout va s'arranger ? Sans doute faut-il
Remarquer qu'il ne peut pas annoncer des catastrophes.
Que dire à propos du président ? Je ne sais pas. Et des dieux, qu'en dire ?
Vos dieux, mon dieu, je ne sais qu'en faire. Les
Caractères des dieux de l'antiquité gréco-romaine,
Ne sont-ils pas intéressants ? Si, ils sont intéressants, surtout quand on s'y intéresse. Ces caractères ne
S'accordent-ils pas avec les nôtres, ne leur font-ils pas écho ? Je ne sais 
Pas. Je ne comprends pas bien la question.

 

3.
« Mets ton plus beau bonnet, Rosette, et viens avec moi. »
(Musset, « On ne badine pas avec l'amour », III, 2 [Perdican])

 

Mets une écharpe. Il fait froid. N'oublie pas
Ton bonnet, ton bonnet, ton bonnet et ta tête non
Plus. L'hiver arrive. Fini le
Beau temps qui attarde ses rayons en octobre. Il faut le
Bonnet maintenant, et l'écharpe, et les gants.
Rosette (est-elle de Lyon?) oubliera sans doute au lycée son bonnet, ou son écharpe, ou ses gants (Rosette n'a pas de tête)
Et je regarde les bus passer. J'ai dit Je
Viens, je n'aurais pas dû.
Avec ça qu'il fait de plus en plus froid.
Moi, je suis mort qui qui dit mieux, comme le chantait le poète.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 décembre 2024.

6 décembre 2024

OU HIER PEUT-ÊTRE

OU HIER PEUT-ÊTRE

 

« En vérité, à ce moment-là, avant de s'adonner au drame, il jouait la comédie, et quelle comédie ! »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])

 

I.
En décembre, il fait froid et nous sommes en décembre. La
Vérité, je ne sais pas ce que c'est. En vérité, qui sait ce que c'est, la vérité ?
A vrai dire, nous vivons avec la vérité comme nous vivons avec une inconstante.

 

Ce jour, il a fait du vent toute la nuit. Quel
Moment ce fut pour les volets. Ils en furent tout secoués
Là, ah la la, vraiment, comme ils furent tout secoués !

 

Avant que je me remette à corriger, j'ai envie, bien sûr,
De composer mes fantaisies faciles.
S'adonner au contrevers, ce n'est pas de la littérature, pas de la poésie, c'est du passe-temps.
Au boulot, je n'ai pas le temps d'y songer. Ce n'est pas un
Drame mais c'est ennuyeux quand même.

 

Il y a un temps pour tout et le temps passe vite. Hier, on
Jouait à la balle au prisonnier ; aujourd'hui, on grince et ronchonne. Quant à
La comédie, on se la joue, la
Comédie, sinon, on se voit tel qu'on est
Et ce n'est pas toujours enthousiasmant.

 

Quelle nuit venteuse ! Et relire une
Comédie de Molière, le feras-tu ? Sans doute, mais pas aujourd'hui ; hier peut-être.

 

II.
En décembre, il fait froid et nous sommes en décembre. La
Vérité c'est que j'ai du boulot et que je traîne
A écrire des sottises. Ah oui 
Ce truc d'écrire tout de même ! Bah du
Moment qu'on ne fait pas de mal à tous ces gens
Là, nos bipèdes contemporains.

 

Avant de me remettre à corriger, je bois du café, ce qui ne se fait pour moi sans l'envie
De fumer. Et à
S'adonner ainsi au café et à la clope, on se met
Au boulot plus tard qu'on devrait. Ce n'est pas un
Drame mais c'est ennuyeux.

 

Il y a un temps pour tout et le temps ça se prend. L'enfant qui
Jouait est-il vraiment ce vieux clown qui grimace ? 

 

La comédie, et à le dire, me revient en tête le refrain d'une chanson italienne, c'est que la
Comédie, ils la connaissent bien, dit-on, les Italiens, 
Et peut-être que de dire cela, c'est une illusion, ah oui,
Quelle illusion et quelle
Comédie, comme je le disais encore à mon chien, ce matin, aujourd'hui, ou hier peut-être. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 6 décembre 2024.

30 novembre 2024

ADIEU, CONNARD...

ADIEU, CONNARD...

 

1.
Le président Macron aura vraiment tout sacrifié à sa chimère européenne : la crédibilité financière de la France et les matières premières africaines. Et dire que ses opposants (Mélenchon le sinistre et Marine l'incompétente) sont pires ! La France, une bande de prétentieux.

 

2.
La situation politique de la France étant ce qu'elle est : pas très bonne, n'est-ce pas ?, je me demande bêtement si nos impôts pourraient servir à autre chose qu'à payer des formations aussi euh inopérantes que celles dispensées à Sciences Po et autres ersatz de l'ENA.

 

3.
Il se pourrait que, contre toute attente, le président Trump décide d'en finir avec la menace Poutine. L'armée américaine en a largement les moyens. Si mon intuition s'avère juste, ils seront nombreux en Occident à redevenir trumpistes, n'en déplaise aux bonnes âmes.

 

4.
« Tout traité conclu entre nations aux intérêts opposés n’existe que pour être,tôt ou tard, rompu. Sinon l'Histoire serait faite par des naïfs et des bonnes âmes ». C'est ainsi que devrait débuter tout cours de relations internationales qui se respecte.

 

5.
30.11.2024. Bachar el-Assad, vous pensez qu'il finira comment ? Comme Khadafi, lynché par son peuple ? ou exilé en Russie, qu'un beau jour, il prendra une tasse de thé avec un pote à Poutine et hop, adieu, connard...

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 novembre 2024.

22 septembre 2024

LES REVES DONT LES CHOSES SONT FAITES

LES REVES DONT LES CHOSES SONT FAITES

 

1.
« Elle ne peut tout de même pas nous poursuivre tout autour du globe. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Mort sur le Nil » [Simon Doyle])

 

Certes, non, elle ne peut tout de même pas nous poursuivre tout autour du globe.
Sauf si elle est la Mort.
La Mort n'est pas un chou à la crème.
Dans certaines conditions, un chou à la crème peut être mortel.
Dans certaines conditions.
La Mort n’est pas non plus une actrice de cinéma.
Une actrice de cinéma peut tout aussi bien que n’importe qui assassiner quelqu’un.
Dans certaines conditions.
Vous n’avez qu’à demander à l’inspecteur Colombo.

 

2.
« Enfin, quelle importance, voilà ce que je dis toujours, ça reviendra, ça que je trouve si merveilleux, tout revient. »
(Samuel Beckett, « Oh les beaux jours ! » [Winnie])

 

Je ne sais pas si les choses reviennent comme quand on dit « ça reviendra », « tout revient ».
Je ne sais pas si les choses elles-mêmes savent si elles reviennent ou pas.
Les choses qui reviennent sont-elles elles-mêmes ou les échos d'autres échos ?
Je regarde les dominos. Les dominos ne me tirent pas la langue. Ils ne haussent pas les épaules. Mais tout de même, je le sens bien qu'ils se moquent de moi.

 

3.
« You Really Got Me » est un titre des Kinks sorti en 1964.
Le groupe Van Halen en a publié une version fameuse en 1978. On y entend de la guitare électrique dont on dit qu'elle est virtuose. Je ne sais pas si elle est virtuose.
Mon âne ne sait pas ce que c'est que la virtuosité.

 

« Yeah, you really got me now
You got me so I can't sleep at night »
(Ray Davies, « You Really Got Me »)
J'aime bien citer les chansons, surtout celles en anglais.
Dois-je me justifier de citer les chansons, surtout celles en anglais ?
Certes, vous avez le droit de ne pas aimer les chansons, surtout celles en anglais.
Mais moi, j'aime citer les chansons, surtout celles en anglais.

 

4.
« Je me retournai vers Rayna. Elle avait déjà désactivé son hologramme de camouflage humanoïde. Je fis de même. L’heure était venue. »
(Martin Winckler, « Le mensonge est ici » [le narrateur])

 

Je me demande si le réel ne grouille pas de camouflages humanoïdes.
Et si le réel réellement grouille de camouflages humanoïdes, je me demande ce qui se cache derrière ces camouflages humanoïdes.
Un solo de Jimi Hendrix ?
Une équation d’Albert Einstein ?
Les rêves dont les choses sont faites ?

 

5.
J’écoute un disque de Yma Sumac.
J’aime beaucoup la voix de Yma Sumac.
J’aime beaucoup le mystère et la science des chansons de Yma Sumac.
Je me dis que Yma Sumac est peut-être la plus grande chanteuse pop qui ait jamais existé.
Comme elles me semblent fades, les voix des midinettes à ritournelles actuelles que l’on nous vend comme de la nouveauté.
« Nous avons perdu en exigence », me dit ma collègue de philosophie à Aire-sur-la-Lys.

 

Je ne fonderai pas de société secrète vouée au culte de Yma Sumac.
Mais tout de même, j’aime beaucoup la voix de Yma Sumac.

 

Comme j’aime beaucoup la guitare de Jimi Hendrix,
Comme j’aime beaucoup l’inventivité des Beatles,
Comme j’aime beaucoup la poésie de Leonard Cohen,
J’aime beaucoup la voix de Yma Sumac.

 

6.
Je ne lirai pas de Dostoïevski aujourd’hui.
Je n’écouterai pas « Dans les steppes de l’Asie centrale » aujourd’hui.
Je ne boirai pas de vodka aujourd’hui.
Je regarde des trissotins disserter sur Macron et sur Barnier.
Je bois un whisky et j’écoute du blues.
Comme tous ceux qui boivent du whisky et écoutent du blues.
Peut-être plus tard j’aurai envie de vomir.
Ça passera.
Bah en vérité, je suis dans un rade en basse-ville et je bois de la bibine qui fait pisser en compagnie d’un crétin de base qui me raconte que Poutine c’est sa belle-sœur.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 septembre 2024.

 

30 novembre 2024

QUITTANT LE CHÂTEAU SI TANT EST QU'ON PEUT TENDRE UN CHÂTEAU

QUITTANT LE CHÂTEAU SI TANT EST QU'ON PEUT TENDRE UN CHÂTEAU

 

« J'en profitai pour quitter le château sans avertir personne,... »
(Gaston Leroux , « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])

 

J'en ai eu, tiens, des soucis quant à ce que j'allais devenir. J'ai eu aussi des  recueils du magazine Spirou. J'en
Profitai, contemplant le poste de télé et quelque politique y faisant la promotion du néant de sa pensée, pour me curer le nez en pensant prout.
Pour tout dire, les politiques, je m'en fous. Je préfère les aventures de Tif et Tondu. Quant à
Quitter le château, c'est pour moi impossible, n'en ayant point.

 

Le château, ça fait bien dans les romans policiers à énigmes, que dans un
Château, on peut y mettre des fantômes, des passages secrets, des corridors mystérieux, des divinités masquées, les griffes de la nuit, et on peut y faire des gaufres aussi, ce qui prouve l'humanité car
Sans gaufres, une demeure est bien solitaires et malheureuse, allez
Avertir je ne sais qui que je ne sais quoi je ne sais comment va quelque part éclater et
Personne ne pourra me dire que ce que je viens d'écrire n'est pas prophétique (-fétique, -fétique, -fétique parce que dans les châteaux, on peut y mettre de l'écho, enfin, j'en sais rien et en plus que je m'en fous comme de la tête à Sarkozy – c'était un politique, il fut même président à la France, et fut ni pire, ni meilleur que les autres, mais tout aussi médiocre).

 

Patrice Houzeau
Malo, le 30 novembre 2024.

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