Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

BREFS ET AUTRES

Publicité
19 août 2022

OU LES DIEUX SONT-ILS PASSES ?

OU LES DIEUX SONT-ILS PASSES ?

 

1.

« J'ignore d'ailleurs où se cachent ces deux ou trois dieux des théologiens, dont tu m'écris qu'ils me sont bien peu favorables. »

(Lettre d'Erasme à Dorpius)

 

Il écrit qu'il ignore où se cachent les dieux.

Je me demande où est passée Zut.

Est-elle partie en Alsace chercher un chien, sans nulle ironie puisque Zut est réellement partie en Alsace chercher un chien.

Les dieux se cachent-ils ?

Les dieux sont-ils d'autant mieux cachés qu'ils n’existent pas ?

Ou est-ce parce qu'ils existent qu'ils se tiennent loin des regards des créatures ?

Le chien que Zut est partie chercher en Alsace existe sans doute puisque Zut est partie le chercher.

Cependant tant que Zut ne l'a pas vu, ce chien existe et ce chien n’existe pas.

Schrödinger (né le 12 août 1887 et mort le 4 janvier 1961) n'était pas alsacien puisqu'il était autrichien.

Comme Zut n'a jamais rencontré ce chien, n'a jamais partagé avec ce chien ni viande ni promenade, pour l'instant, elle doit se contenter de l'être de ce chien, qu'elle a cependant vu en photo.

Il n’existe pas, à ma connaissance, d'élevage de dieux.

Ça doit être parce que les dieux sont difficiles à attraper.

2.

« Il en déduisit que la Sainte Trinité se trouve tout entière figurée dans le rudiment des grammairiens, et que les figures mathématiques ne représenteraient pas ce mystère avec plus de clarté. »

(Erasme, « Eloge de la folie »)

 

Les dieux se cachent-ils dans la logique ?

Quand je dis : « Je m'appelle Pinocchio et mon nez va s'allonger parce que je vais mentir », est-ce que je suggère que la nature des dieux est paradoxale ?

De même pour « Credo quia absurdum » (« J'y crois parce que c'est absurde »).

Je sais qu'un dieu ne peut pas dire : J’existe parce que je suis.

Il ne suffit pas d'être pour exister. Sinon, le monde grouillerait de dragons, de sirènes et d'une multitude de dieux tarabiscotés.

Zut me dit souvent : « Je suis là, j’existe bien, et tu n'es qu'un empoté. »

Quand Zut ne pourra plus dire qu'elle est dans l'être-là (le Dasein, dis donc), c'est qu'elle sera soit absente à elle-même, soit morte.

Dieu aurait bien du mal à dire qu'il est dans le Dasein (on écarquillerait les yeux et on n'en croirait pas nos oreilles).

C'est parce que dieu ne peut pas dire qu'il est dans l'être-là, qu'on dit – comme c'est commode ! - qu'il est partout.

Par définition, un dieu ne peut être absent à lui-même, ni mourir.

Ou alors c'est que dieu est un absent infiniment regretté.

Nos langages sont-ils basés sur la description grammaticale des dieux ?

Est-ce dieu que je jacte ?

Et quand je calcule combien j'ai dépensé ce mois-ci, est-ce qu'en fait je ne calcule pas la valeur des dieux ?

Est-ce dieu que je compte ?

En tout cas, c'est sur dieu que je jacte, et très humainement, c'est sur dieu que je compte, ou que je feins de compter.

Car je sais aussi que ce n'est pas dieu qui abat l'ennemi, mais la maîtrise que j'ai de mon arme.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 19 août 2022.

Publicité
18 août 2022

EN ATTENDANT LA FACTURE

EN ATTENDANT LA FACTURE

 

1.

Paraît qu'en France, le nombre d'étudiants en dessous du seuil de pauvreté augmente fortement. Et la gauche d'en accuser Macron. On pourrait aussi se poser la question de savoir si notre pays a autant besoin de bacheliers et surtout de diplômés de l'enseignement supérieur.

Où sont nos serveurs, nos guichetiers, nos ouvriers agricoles, nos vendeurs, nos coiffeurs, nos fleuristes, nos chauffeurs livreurs ? Ces postes sont-ils voués à être occupés par des travailleurs étrangers pendant qu'on fait croire aux petits Français qu'ils vont gagner des mille et des cents en décrochant un diplôme à l'université ?

2.

C'est l'usage qui fixe la langue. Quand la majorité des Français écrira « ognon », « élefant », « mieu » et ne respectera plus du tout les règles d'accord du participe, l'usage s'imposant, la règle changera. Ce n'est pas demain la veille.

Dans la volonté, soutenue par la gauche surtout, de réformer l'orthographe du français par décret ministériel, je perçois une prétention à diriger la nation de façon verticale, voire autoritaire, sous le prétexte qu'elle saurait mieux que nous ce qui est bon pour nous.

3.

A force d'attaquer des dépôts de munitions en Crimée, Poutine va finir par interdire à ses troupes de fumer, sous peine de dénazification interne.

4.

Je viens d'entendre sur France Culture le rédacteur en chef de Charlie Hebdo rappeler avec raison que Salman Rushdie n'a pas été attaqué par un critique littéraire, mais par un islamiste. Le problème n'est pas l’œuvre de Rushdie mais le fanatisme religieux.

5.

17 août 2022, on évoque sur France Info 800 millions d'économie que l'Etat compterait faire sur 2 ans en diminuant certaines aides au secteur de la formation en alternance (apprentissage). 800 millions, c'est beaucoup. Paraît que certains organismes auraient abusé de la manne.

Il est vrai que l'apprentissage est France est très subventionné. Sans aides massives de l'Etat, aurait-il autant de succès ? On sait qu'il est aussi une des clés de la réussite du modèle allemand. Y est-il autant subventionné qu'en France ?

6.

Est-il vrai que Jean-Luc Mélenchon n'a pas eu un mot ni de soutien à Salman Rushdie, ni de condamnation de l'attentat islamiste dont l'auteur des « Versets sataniques » a été victime le 12 août 2022 , et comment alors quelqu'un qui, il y a quelques semaines à peine, se voyait 1er ministre (s'te blague) peut se taire ainsi ?

7.

Je me souviens que les trolls d’extrême-gauche nous promettaient une victoire éclatante de Mélenchon aux législatives 2022.

Je me souviens des images de Tunisie où, en juillet 2021, pendant la pandémie du covid, on voyait des gens mourir dans la rue par manque d’oxygène.

Je me souviens des pénuries à Berlin-Est.

Je me souviens déjà des trolls poutiniens qui tentent de nous faire croire que c'est l'Ukraine qui a attaqué la Russie, et que les morts de Bucha étaient des acteurs.

8.

Le 17 août 2022, il semblait que Jean-Luc Mélenchon ne s'était toujours pas exprimé sur la tentative de meurtre perpétrée le 12 août 2022 par un islamiste sur la personne de Salman Rushdie. Certes, il n'était pas le seul leader politique à ne pas communiquer sur le sujet. Sa parole était cependant très attendue, histoire de dissiper quelques doutes...

9.

J'apprends par un tweet de l’excellente @RebeccaRambar (est-ce son vrai nom ? j'ai un doute) que le vice-amiral Viktor Sokolov remplace le démis de ses fonctions Osipov au poste de commandant de la flotte de la mer Noire de la Russie poutinienne. Smoking ? / No smoking ?

10.

On évoque les pertes sévères subies, dit-on, par le groupe Wagner en Ukraine. Entretenir une armée privée coûte cher. Plus la guerre durera, plus la facture que Wagner présentera à l'Etat russe sera salée. Evidemment, je n'en sais rien, mais je ne pense pas que les leaders de Wagner soient payés en roubles. Si la situation de l'économie russe continue à se dégrader, Poutine pourra-t-il encore se payer les services d'une armée d'assassins ?

11.

Par bien des aspects, la guerre en Ukraine rappelle les conflits du siècle dernier. Je m'attends donc à apprendre que dans ce nœud de vipères qui grouillent autour de Poutine, il y ait quelqu'un dont l'action sera, en fin de compte, bénéfique pour la paix.

Patrice Houzeau

Malo, le 18 août 2022.

17 août 2022

QUE VOIS-JE QUAND JE M'EN SOUVIENS ?

QUE VOIS-JE QUAND JE M'EN SOUVIENS ?

 

1.

Je lis dans un tweet de l’excellent Thomas Arfeuille @IarthurPym que tout étant possible en physique quantique, il serait donc « concevable que ce soit le vase qui fasse déborder la goutte ».

Soit le vase tout agité de ses particules vaseuses – ô vertige !

Soit la goutte toute agitée de ses particules gouttières – ô glouglou !

Le vase qu'on ne peut voir que par le bout d'un microscope qui n’existe pas, il est tout agité, le vase, de ses particules vaseuses et qu'il se dilate la rate (la rate vaseuse), et qu'il se répand tout en se contractant, pis se rétracte et s'allonge et agite ses empires, ses confins, ses noyaux, ses pleins et déliés,

cependant que la goutte fait tout pareil que le vase, en se rhinocérisant bien aussi un peu, qu'alors soudain, à un moment « y », elle va se trouver, la goutte, dans un état paradoxal de sa matière goutteuse tel que le vase va illico la faire déborder, de telle sorte donc que la goutte va emporter le vase dans un flux, un flot, un flou et imbiber les précieuses équations notées sur un bout de papier, désespérant l'inspiré physicien qui se demande quel est le sagouin qui a laissé les robinets ouverts.

2.

Qui vole un bœuf ne fera pas d'omelette.

3.

« Qu'est-ce que me montre mon souvenir ? Qu'est-ce qu'il présente à mon esprit ? Mais s'il ne faisait rien que me suggérer ces paroles ! »

(Wittgenstein traduit par Klossowski, « Investigations philosophiques »)

 

Je me souviens, c'est-à-dire un souvenir me montre mentalement quelque chose.

Je réagis : je rougis (la honte), je souris (un petit bonheur), je m'interroge (un souci, un doute, un regret)...

C'est bien au présent que j'éprouve ces sensations, c'est donc la manière dont je me représente le passé, dont je l'actualise intellectuellement, qui agit sur moi.

La fille du lycée dont j'étais amoureux (seigneur, qu'on est sot) et qui est maintenant beaucoup plus vieille, c'est toujours comme la jeune fille dont j'étais amoureux qu'elle apparaît, jolie comme un cœur et souriante dans le cinéma que je me fais pour ne pas penser à ce à quoi je penserais si je ne songeais pas à Rose.

Mais cette jeune fille n’existe plus ; elle est sans doute grand-mère maintenant et ne se souvient plus de moi, ou se souvient d'un moi qui n'a jamais existé que pour elle, de même que le souvenir que j'en ai ne correspond pas à la manière dont je la voyais alors et à ce qu'elle était dans une réalité nécessairement inaccessible.

Cette jeune fille est un fantasme, un fantôme, une manifestation de l'être qui me lie à cette vie, et qui, bien que je sache pertinemment qu'elle ne correspond à l'étant en soi que par l’exercice de mon imagination, me maintient dans un désir de réel.

Après, si elle ne fait rien qu'à me suggérer ces paroles, eh bien, c'est certain, mais comme je ne la crois qu'à moitié...

4.

Les autres n'étant jamais que la représentation que je m'en fais, le cinéma est l'art de raconter des histoires fantasmatiques.

Les personnages sont des fantômes qui, afin d'assurer leur pérennité, prennent l'apparence des acteurs.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 17 août 2022.

17 août 2022

COMME UN VOL DE RHINOCEROS AU DESSUS DU JARDIN

COMME UN VOL DE RHINOCEROS AU DESSUS DU JARDIN

 

1.

La bière, il faut qu'il y ait assez de mousse, ni trop (c'est grugeant), ni pas (c'est triste), mais juste assez pour que la chope soit agréable à regarder.

Quand je bois de la bière, je pense parfois à Michel Audiard.

Quand je bois de la bière, je ne pense pas toujours à Michel Audiard.

A vrai dire, je me demande à quoi je pense quand je bois de la bière.

Je me rends compte que, souvent, quand je suis dans un troquet et que je bois de la bière, je mets ma spéculation en sommeil.

Je dois pas avoir l'air trop malin.

 

2.

« pour lui, c'est l'image de sa représentation, au sens où elle ne saurait l'être pour nul autre. »

(Wittgenstein traduit par Klossowski, « Investigations philosophiques »)

 

Je dessine un rhinocéros, ou alors je peins le portrait de la Cantatrice chauve.

Le rhinocéros que je dessine est-il à l'image de la représentation que je me fais du rhinocéros ?

Je ne crois pas. L'image mentale du rhinocéros est différente du rhinocéros que j'ai dessiné.

D'abord parce que je suis une poutre en dessin et que mon rhino ressemble plus à une machine à coudre hantée par un parapluie qu'au mammifère périssodactyle de la famille des rhinocérotidés qui illustrait mon vieux Larousse.

Je ne vous dis pas pour la Cantatrice chauve. Elle même ne s'y reconnaîtrait pas, et se prenant pour une autre, me demanderait : Qui est ce monsieur ?

Virtuose, dessinerai-je rhinocéros et Cantatrice chauve en suivant l'image mentale que je m'en fais ou, ma virtuosité l'emportant, peindrai-je sans vraiment y penser, sans hésiter dans mes gestes, sans guère de repentirs, et représenterai-je très vraisemblablement ce que sont, selon les conventions de la représentation réaliste, rhinocéros et Cantatrice ?

Témoin sincère d'un passage d'OVNI au-dessus de mes topinambours (c'est pour ça qu'ils ne se sont pas arrêtés, chacun sait que les extra-terrestres préfèrent les choux), on me demande de le dessiner.

Comment puis-je me fier à l'image mentale qui passe et repasse dans ma mémoire fascinée ?

Ce que je dessinerai, - l'OVNI tel que je crois l'avoir vu -, sera l'image de ma représentation, au sens, comme l'écrit Wittgenstein, « où elle ne saurait l'être pour nul autre ».

C'est bien pour ça que le gendarme m'a dit : « Alors donc, vous, vous avez vu un rhinocéros survoler votre jardin ? » 

 

3.

« dans le jeu de dames, une dame est figurée par deux jetons l'un posé sur l'autre. Ne dira-t-on pas qu'il n'est pas essentiel au jeu qu'une dame consiste en deux jetons ? »

(Wittgenstein traduit par Klossowski, « Investigations philosophiques »)

 

Qu'au jeu de dames, une dame soit figurée par deux jetons superposés, n'est pas essentiel au jeu puisqu'il s'agit d'une convention qui pourrait être changée sans que le principe de la promotion du jeton en dame en soit perturbé.

De même, le fait d'écrire « ognon », sans son « i », ne changera pas le sens de la phrase.

L'orthographe du français est ainsi basée sur des conventions qui pourraient être abandonnées pour d'autres (prétendument moins arbitraires) sans que le sens du texte en soit changé.

Ces conventions, puisque formelles, n'affectent pas le fond.

Ces conventions font partie de la multitude de formalités qui constituent nos quotidiens.

En ce sens, elles s'avèrent parfois essentielles. Elles indiquent que l'on sait jouer aux dames, que l'on n'est pas analphabète, que l'on est capable de mémoriser, que l'on a l'habitude d'écrire, que l'on a bénéficié d'une certaine éducation...

Evidemment pour le maladroit, pour l'ignorant, pour le dysorthographique, ces conventions sont autant d'obstacles.

Mais, à mon sens, ces difficultés ne sont pas induites par l’existence des conventions mais par la manière dont elles sont assimilées par le sujet.

Il s'agit plus d'un problème de méthode d'apprentissage que de difficultés que la société cultiverait malignement dans le but d'écarter certains élèves au profit d'autres.

C'est en jouant au football que l'on améliore son jeu, comme c'est en forgeant que l'on devient forgeron.

Et personne ne vous demande de devenir Mbappé ou de forger Excalibur.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 17 août 2022.

16 août 2022

LE PROVISEUR A FAIT ERUPTION DANS LA SALLE

LE PROVISEUR A FAIT ERUPTION DANS LA SALLE

 

1.

« D'autres soutenaient que, parmi ce nombre infini de prédictions, le peu qui se trouvaient véritables faisaient bien voir que ce n'était qu'un effet du hasard. »

(Madame de Lafayette, « La Princesse de Clèves »)

 

A force de prédire des choses épouvantables, les choses épouvantables finissent par arriver.

Cela rappelle le « A force d'écrire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver » du film « Drôle de drame », de Marcel Carné (1937).

Mais toutes les choses épouvantables que l'on peut prédire n'arrivent pas.

Pas toutes à la fois.

Elles prennent leur temps avant d'arriver.

Certaines n'arriveront pas, parce que d'autres choses, qu'on n'avait pas prédites, arriveront, à la place et avec le sans-gêne des événements qui se produisent sans qu'on les ait invités.

Je peux toujours prédire qu'un rhinocéros rentrera dans la pièce où j'écris, ou encore que Poutine sera enlevé par des extra-terrestres.

Il est plus probable que Caroline Couic (ce n'est pas son vrai nom), qui déteste les rhinocéros, viendra sous peu me rendre visite.

Le rhinocéros le sait bien, et ne viendra pas. Il est pas fou. Caroline Couic ne se déplace jamais sans son tromblon.

L'hypothèse de l’abduction poutinienne est plus problématique, il faudrait savoir si les extra-terrestres sont atlantistes, puis le degré de protection anti-aliens dont le Kremlin s'est entouré, et enfin quel intérêt pour la science extra-terrestre Poutine pourrait-il bien avoir.

Heureusement, reste la boule à complots, que tous les experts de twitter et des grands complots mondialistes suivent aussi assidûment qu'ils consultent la télé russe poutinienne. Ils disent d'ailleurs : Je regarde la télé russe et je suis ma boule.

 

2.

Je ne peux pas confondre l'impératif catégorique avec le demi-pression que l'on vient de me servir.

Le demi-pression, je peux le boire.

Le demi-pression, je dois le boire. C'est pas que j'ai si soif, mais j'aime bien la bière, et je ne trouve pas autre chose à faire parmi toutes les choses que j'ai à faire et dont certaines, je devrais bien m'en occuper rapidement parce que sinon hein, mais comme je n'y pense pas, je bois de la bière.

D'ailleurs, le temps que j'y pense, j'ai bu mon demi.

Y a plus d'bière.

Reste l'impératif catégorique. Sobre comme un sous-titre (si les sous-titres étaient alcooliques, on ne comprendrait rien au film) et sec comme un régime taliban.

C'est vaguement déprimant. J'vais en reprendre une.

3.

« Le proviseur a fait éruption dans la salle. »

(exemple tiré du « Vocabulaire du commentaire de texte », Amon et Bomati, Larousse).

 

« Le proviseur a fait éruption dans la salle. »

Le mot « éruption » est ici une impropriété.

Mais la phrase se comprend très bien si l'on suppose que le proviseur s'appelle M. Stromboli et qu'il est plutôt colérique.

Mais si le proviseur ne s'appelle pas Stromboli, mais Alfred Lebonjour (comme tout le monde, ou presque) et n'a pas besoin de hausser le ton pour se faire entendre, alors c'est que le volcan est fort peu actif.

Je ne crois pourtant pas qu'il fût éteint. D'abord parce qu'il est rare qu'un proviseur reste dans le même établissement plus de 10 000 ans d'affilée. Ensuite, parce qu'alors il n'aurait pas fait éruption dans la classe, il aurait rédigé une note de service.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 16 août 2022.

Publicité
16 août 2022

QUE J'VOUS EN CAUSE ENCORE DES SIRENES

QUE J'VOUS EN CAUSE ENCORE DES SIRENES

 

1.

« Près d'un château sans châtelaine

La barque aux barcarols chantants

Sur un lac blanc et sous l'haleine

Des vents qui tremblent au printemps

Voguait cygne mourant sirène »

(Apollinaire)

 

Dans cette strophe, le poète évoque un « château sans châtelaine ».

Que ce château soit sans châtelaine, cela ne signifie pas qu'il soit sans châtelain, ce château.

Peut-être que la châtelaine de ce château est la célèbre Cantatrice chauve et qu'elle est partie en tournée pour ne pas en revenir, laissant très chaviré du cœur le châtelain, qui soupire, plein de chagrin et cholitaire (quand il a une patate chaude dans la bouche), et qu'il perd ses cheveux, ce châtelain, en songeant à la Cantatrice chauve, la châtelaine de ce château sans châtelaine.

Pendant ce temps-là, comme dit le poète, « la barque aux barcarols chantants voguait ».

 

Apollinaire a cette étrange formule, sonnante comme un blason : « Voguait cygne mourant sirène ».

Est-ce à dire que lorsque vogue le cygne, meurt la sirène ?

Est-ce à dire que le cygne dévore la Sirène ?

Et si le cygne et la sirène sont symboliques, qui donc sont-ils ?

Ou alors il vogue le cygne, il glisse, le cygne en se moquant bien de la sirène, laquelle peut bien crever la gueule ouverte, vu qu'elle n’existe pas.

 

2.

« Oiseaux tiriez aux mers la langue

Le soleil d'hier m'a rejoint

Les otelles nous ensanglantent

Dans le nid des Sirènes loin

Du troupeau d'étoiles oblongues »

(Apollinaire, « Lul de Faltenin »)

 

Dans cette dernière strophe du poème « Lul de Faltenin », le narrateur différencie les Sirènes ailées de la tradition grecque des Sirènes vouivres, serpentes des eaux de la tradition nordique.

Paraît que la langue anglaise distingue aussi la « mermaid » (femme-poisson) de la « siren » (femme-oiseau).

C'est sans doute pour ça qu'elles tirent « aux mers » (Homère en a causé itou des Sirènes) qu'elles la tirent, leur langue, aux mers, les Sirènes d'Apollinaire.

Dans cette dernière strophe, le narrateur dit : « Le soleil d'hier m'a rejoint ».

Le soleil d'hier n’existe plus.

Il est cependant et il s'appelle le passé.

Le passé a donc rejoint le présent du narrateur.

Le narrateur veut-il dire que la mythologie à Sirènes lui est aussi présente que la côtelette qu'il vient d'acheter ?

Ce qui tend à prouver que l'on peut acheter une côtelette en pensant aux Sirènes.

 

Dans cette dernière strophe, ce qui épate c'est que « Les otelles nous ensanglantent ».

Les otelles, c'est un terme d'héraldique, que ça fait sur le blason comme un X formé de quatre amandes disjointes.

 

Ensuite, nous avons confirmation que les Sirènes pondent vu qu'elles nidifient.

Les Sirènes ont leur nid « Loin / Du troupeau d'étoiles oblongues ».

Que les Sirènes soient loin des étoiles, c'est entendu.

Les Sirènes ne volent pas dans les étoiles. Ce ne sont pas des zoziaux cosmiques.

D'ailleurs, dans notre modernité à catastrophes, on ne relate pas de passage d'OVNIS en forme de sirène.

Ces « étoiles oblongues » sont-elles les « otelles » sanglantes des boucliers antiques, dont les Sirènes se tiennent loin, sachant qu'Ulysse est rusé et le glaive tranchant ?

 

Patrice Houzeau

Malo, le 16 août 2022.

 

15 août 2022

QUE J'VOUS CAUSE SIRENES

QUE J'VOUS CAUSE SIRENES

 

« Sirènes j'ai rampé vers vos

Grottes tiriez aux mers la langue

En dansant devant leurs chevaux

Puis battiez de vos ailes d'anges

Et j'écoutais ces chœurs rivaux »

(Apollinaire, « Lul de Faltenin »)

 

Dans cette première strophe, le narrateur s'adresse aux Sirènes.

Les Sirènes n’existent pas.

Soit le narrateur y croit, - ô crédulité ! -, soit il n'y croit pas, et donc feint de s'adresser aux Sirènes, lesquelles « tiriez la langue », ce qui tend à prouver qu'elles s'en battent bien les flancs, ces féroces vouivres chantantes, de l'invocation poétique à l'aut' bipède là.

Mais s'il n'y croit pas, aux Sirènes, à qui s'adresse-t-il alors ?

En tout cas, il ne s'adresse pas à Zut, vu que le poète avait déjà rendu son âme à l'armurerie depuis quelques guerres bien massacrantes, que Zut n'était même pas née (ce qui ne l'empêche pas de tirer la langue).

 

Dans cette première strophe, le narrateur dit qu'il « a rampé vers vos/ Grottes » qu'il dit aux Sirènes, le narrateur.

Le narrateur est donc un rampant.

Il veut sans doute dire par là qu'il en a bavé, et ramper en bavant, c'est parfaitement dégoûtant.

Ah tiens, le 15 août 2022, 20 heures 50, je lis que le forint hongrois est à 0,0025 euro (1 euro = 399 forints) ; je n'savions point si faible la monnaie du pays à Viktor Orban.

D'autant que le narrateur rampe vers leurs « Grottes » aux Sirènes, qui, même si elles y passent le balai, la brosse et la wassingue chaque matin, ne sont tout de même pas des endroits hein, kessedonckil'attire tant ?

 

Dans cette première strophe, on apprend que les Sirènes sont aussi des danseuses.

Les Sirènes chantent. C'est comme ça qu'elles attirent le marin un peu trop sensible à la musique, tandis que la brute épaisse, i s'en fout bien de l'enchanteresse mélopée, et il aiguise son couteau en se disant que ce soir va y avoir du poisson de légende à grailler (le lecteur attentif remarquera que ce n'est pas sans malice que j'emploie ici le verbe « grailler »).

Les Sirènes chantent. Elles dansent aussi. Et si j'ai bien compris, elle tirent la langue. Les Sirènes, c'est le groupe Kiss, ou tout autre assemblée échevelée à faire du bruit en chantant des incongruités gothiques.

 

Dans cette première strophe, les Sirènes tirent « aux mers la langue  / En dansant devant leurs chevaux ».

Je me demande de quelle écurie sortent ces chevaux.

Quel rapport y a-t-il entre le canasson et la femme-poisson ?

Ce serait-y pas quelques dragons d'antan paradant devant un ban d'arpenteuses, lesquelles, tout en valsant du tralala, leur tirent la langue pour les émoustiller, ces fiers guerriers ?

Bon après, dans cette première strophe, on apprend que ces Sirènes sont ailées comme des anges.

Que les Sirènes soient ailées, cela est conforme à la mythologie grecque.

Quant à leur apparence angélique, c'est peut-être là une allusion aux noms dont on les affabula : Leucosie (« La blanche créature »), Télès  (« La parfaite »), Parthénope (« Celle qui a un visage de jeune fille »), Poutinée (« Celle qui se prend des branlées »).

 

Dans cette première strophe, le narrateur dit qu'il écouta « ces chœurs rivaux ».

Ça a dû cacophoner sec. Ou alors c'est un opéra.

Si Ligie y joua, de quelles stridences n'a-t-elle point émietté les tympans ?

Je vous le dis, c'est entre nous, Ligie fut une Sirène ; dont le nom signifie « Celle au cri perçant ». Des punks j'vous dis.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 15 août 2022.

15 août 2022

LE SOUCI DU CADAVRE DANS LA BAIGNOIRE

LE SOUCI DU CADAVRE DANS LA BAIGNOIRE

Alors lui, il était pas trop visible, mais je l'ai entendu comme si j'avais l’œil dire :« - Sait-on ce que Schmurtz a répondu quand Schmertz lui a dit cela ? » Même que ça m'a fait rire à cause de comment vas-tu (yau de poêle).

 

Alors l'aut', celui qui était déguisé en Cantatrice chauve, même qu'il portait une moumoute, a dit : « - On ne sait pas ce que Schmurtz a répondu parce que Schmurtz n'a rien dit. » Moi, ça m'a paru bizarre comme une banane volante, s't'affaire.

 

Et puis l'aut', celui qui était déguisé en Trois Mousquetaires (mais y avait pas d'Artagnan) a dit : « Et on ne sait même pas ce que Schmertz lui a dit parce que Schmertz n'était pas là. ». A ce moment j'ai mangé un sandwich pâté-cornichons passque j'avais faim.

 

« - Mais ils sont d'accord tous les deux quant au souci du cadavre dans la baignoire, n'est-ce pas ? », ça c'est ce qu'a dit stilal qu'était pas trop visible, même que je l'ai bien reconnu, avec son air là de n'pas avoir l'air.

 

« - Oui, ils nous ont tous deux fait savoir qu'il fallait appliquer la procédure et ne pas se poser de questions. Ils sont tombés d'accord tout de suite sur ce point et d'ailleurs, ils n'en ont pas parlé », qu'ils interloquèrent les Trois Mousquetaires (je les ai comptés).

 

« - Ces précisions, que, les buffets ayant de grandes loupes, vous ne m'avez pas données, me sont utiles, d'autant que le cadavre et sa baignoire ayant tous deux disparu, je me vois contraint d'adapter la procédure. ». Là, à défaut de petit lait, je bus du gros rouge.

 

« - Il faudra en référer à Chmortz, vous le savez ! Et comme il est à l'étranger, il ne manquera pas de ne pas vous répondre. » Moi, je le savais que Schmortz était à l'étranger puisque je l'avais croisé au coin de la rue.

 

« - C'est bien pour ça qu'il y a des procédures d'urgence. Sinon, où irait le pays si on laissait courir cadavres et baignoires comme si nous n’existions pas ? » A ces mots, comme les bras m'en tombaient, je retins mon souffle.

 

Après, tout le monde se salua :

- "Sur ce, salut et consternation. Le ténor se fait rare.

- Le ténor se fait rare. Salut."

Et c'est à ce moment que le cadavre surgit et les assomma avec sa baignoire.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 15 août 2022.

15 août 2022

ON NE PEUT DECROCHER LE PASSE

ON NE PEUT DECROCHER LE PASSE

 

1.

La société n'est pas ce vivre-ensemble où la promotion de la bienveillance ne peut, en vertu d'on ne sait quelle nature sympathique de l'humain, qu'améliorer l'espèce. C'est une guerre de tous contre tous régie par les règles complexes et infiniment discutées des lois.

2.

« Ayant décroché une étoile

Il la manie à bras tendus

Tandis que des pieds un pendu

Sonne en mesure les cymbales »

(Apollinaire, « Crépuscule »)

 

On ne peut décrocher une étoile.

Pour décrocher une étoile, il faudrait de très longs, de très longs, de très longs bras.

Et encore, si avec nos très longs, très longs, très longs bras, on pouvait arriver à quelque étoile, peut-être n’existerait-elle déjà plus.

On ne peut décrocher le passé.

 

Un pendu ne peut sonner en mesure les cymbales.

Même s'il est le batteur d'un groupe de rock gothique, il ne peut.

D'ailleurs s'il sonne en mesure les cymbales, c'est qu'il n'est pas pendu, car à quoi bon être pendu pour sonner en mesure les cymbales.

Il n'est pas nécessaire d'être pendu pour sonner en mesure les cymbales.

En fait, pour sonner en mesure les cymbales, il vaut mieux ne pas être pendu du tout.

En musique, la pendaison ne sert à rien.

3.

« C'est la lune qui cuit comme un œuf sur le plat »

(Apollinaire)

 

Je ne sais pas si la lune peut cuire comme un œuf sur le plat.

Par contre, si la lune pensait et parlait son langage lunaire, elle me dirait sans doute qu'avec mes remarques idiotes, je peux tout de go aller me faire cuire un œuf (sur le plat ou pas).

4.

« Les fleurs à mes yeux redeviennent des flammes »

(Apollinaire)

 

Si « les fleurs à mes yeux redeviennent des flammes », dois-je consulter un ophtalmologue ou appeler les pompiers ?

5.

« Mais où est le regard lumineux des sirènes »

(Apollinaire)

 

Les Sirènes, - avec un S majuscule, ça fait serpent - ont un regard lumineux. C'est pour ça qu'on les voit la nuit, et sans doute aussi le jour.

Les Sirènes ont un regard lumineux sauf quand elles ferment les yeux et que donc elles ne peuvent plus nous voir, et nous alors on ne peut plus les voir quand elles sont loin.

C'est comme les morts, même avec les yeux fermés, s'ils ne sont pas trop loin, on peut les voir.

Et comme les morts qui ont les yeux fermés ne peuvent plus les ouvrir, les morts ne peuvent plus nous voir non plus (surtout s'ils sont loin).

D'ailleurs, les morts n'ont pas de regard lumineux.

C'est pour ça que l'on sait que les Sirènes ne sont pas mortes.

Mais comme on sait aussi que les Sirènes (celles qui appâtent les marins avec leur chant) n’existent pas, peu importe qu'elles soient mortes ou vivantes.

Il y a une chanson assez célèbre dont le titre est « Song to the Siren » où on lit ce vers épatant :

« I'am as puzzled as the oyster »

« Je suis aussi perplexe que l'huître »

Les Sirènes s'en moquent bien des huîtres, elles préfèrent les hommes.

Mais si ça se trouve, pour se mettre en appétit, les Sirènes avalent quelques huîtres en buvant du vin blanc puis hop elles partent à la pêche au mâle au pied marin.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 15 août 2022.

15 août 2022

LA VERITE EST AILLEURS LA CONCIERGE AUSSI

LA VERITE EST AILLEURS LA CONCIERGE AUSSI

 

1.

Non, mais moi, les OVNIS, depuis que je n'en ai jamais vus, j'y crois de plus en plus.

2.

La Vérité est d'autant plus ailleurs que la concierge n'est plus dans l'escalier.

La Vérité est d'autant plus ailleurs que la concierge est encore dans l'escalier.

Il n'y a pas de concierge là où je vis, et pourtant la Vérité, dit-on est ailleurs.

La Vérité ne tient donc aucun compte de ce que disent les concierges, sans parler des escaliers.

3.

« Et le bruit éternel d'un fleuve large et sombre »

(Apollinaire, « Le voyageur »)

 

Et ce n'est que poétiquement que

Le bruit peut être éternel. Le

Bruit n'est pas plus éternel que ma pomme, pas plus

Eternel qu'une barquette de frites quand on a faim.

D'un bruit, on ne peut dire qu'il est éternel, pas plus que du

Fleuve. Ce n'est qu'une illusion, comme la mer, et qu'il soit

Large, le fleuve, et qu'elle soit vaste, la mer, cela nourrit l'illusion, l'atmosphère...

Et pourtant, c'est bien dans cette illusion qu'on se noie, dans le

Sombre fleuve où nous n’existons plus.

4.

Je ne sais pas si Poutine (69 ans) est en bonne santé ou pas, mais les mauvaises nouvelles qui s'accumulent quant à sa sale guerre en Ukraine, aussi bien que sur le plan économique (récession inévitable), pourraient bien lui flanquer du carabiné urticant.

5.

La sale guerre de Poutine en Ukraine va-t-elle virer au fiasco plus vite que prévu ? Wagner est visé par les forces ukrainiennes et vue la très grande précision de leurs tirs, zont des soucis à se faire, les affreux ; des rumeurs courent sur des frictions à s'tirer d'ssus entre soldats d'ethnies différentes. Eh oui, ce ne sont pas les rejetons de la jeunesse dorée de Moscou qui servent de chair à canon en Ukraine ; Poutine les recrute dans les confins déshérités de l'immensité eurasiatique, ses troufions.

6.

« Puisque, pour dériver les actions des lois, la raison est requise, la volonté n'est rien d'autre qu'une raison pratique. »

(Kant traduit par Victor Delbos, « Fondements de la métaphysique des mœurs »)

 

Les lois, la raison. Pas de loi sans raison. Les lois de la nature n'ayant pas plus de raison d'être que de ne pas être, puisqu'elles ne sont jamais que les effets à l'infini d'une cause originelle (l'irruption de l'étant), elles n'ont de sens que validées par le langage humain. Les lois humaines, étant nécessaires à l'organisation sociale, se distinguent donc des lois de la nature en ce qu'elles évoluent sans cesse, s'abolissant, se contredisant, donnant matière à jurisprudence et s'enrichissant du débat démocratique. C'est là le droit positif et la prétendue nature humaine n'y a pas de sens. Ainsi, ce n'est pas en vertu d'un droit naturel qui transcenderait les lois d'un Etat que des traités entre nations sont revus et amendés, mais en vertu de la nécessaire efficacité qui est à la base des relations internationales. Participer à des négociations de paix en y invitant Poutine est, si l'on tient compte du prétendu droit naturel, moralement très discutable, mais s'avère nécessaire si l'on considère Poutine comme un chef d'Etat validé par les lois, si iniques fussent-elles, de son pays. Et dès lors il n'est pas interdit de ruser avec celui qui tire sa légitimité du droit du plus fort, puisque la diplomatie est l'art d'adapter les évolutions du droit positif en fonction des intérêts du pays que l'on représente.

Vous me direz : mais si vous considérez la paix comme étant nécessaire aux relations internationales, c'est donc bien que vous considérez la paix comme un bien en soi, et donc une preuve de la prééminence d'un droit naturel. Non, la paix n'est jamais que le meilleur moyen d'établir et d'entretenir les relations commerciales dont les Etats sont nécessairement dépendants. Ce n'est pas le commerce qui induit la paix, mais la paix qui favorise le commerce. Il se pourrait que dans les temps futurs, la surpopulation de ce monde nuise à cet équilibre fragile garanti par le débat constant (la diplomatie) et la dissuasion (« si vis pacem, para bellum ») et oblige une partie du monde à se défendre par la violence légitime des dangers que ferait courir une autre partie. Rien de moins moral que cette situation et rien de plus humainement nécessaire : il n'y a pas de droit naturel qui tienne dans l'évolution de notre espèce.

7.

Là, on voit des guerriers professionnels de chez Wagner poser fièrement devant un de leurs quartiers avec l'adresse visible dis. Puis tout ça est très professionnellement publié. Du coup, ça a fait badaboum où qu'i sont passés ? Disparus ? Poussière ? Cendres ?

 

Patrice Houzeau

Malo, le 14 août 2022.

 

 

Publicité
BREFS ET AUTRES
  • Blogs de brefs, ça cause humeur du jour, ironie et politique, littérature parfois, un peu de tout en fait en tirant la langue aux grands pompeux et à leurs mots trombones, et puis zut alors!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité