SOMMES NOUS ENCORE EN DEMOCRATIE ?
SOMMES-NOUS ENCORE EN DEMOCRATIE ?
1.
Une démocratie ne peut être que formelle. En raison de la dangerosité des individus, la démocratie réelle est un inaccessible.
Les princes d’une démocratie bien pensée doivent laisser croire aux citoyens que leurs libertés s’accroissent tout en multipliant dans l’ombre les organes d’ingénierie sociale et de contrôle. Evidemment, cela demande quelque subtilité.
2.
Ce début de XXIème siècle aura été marqué par l’affirmation de la technocratie à être reconnue et admise par les populations dans ses fonctions d’ingénierie sociale et de contrôle. En France, la réforme Blanquer en est un exemple frappant.
La crise des Gilets Jaunes aura montré qu’une partie de la population (aux deux extrêmes politiques de l’opinion) refuse la technocratisation galopante de la vie de tous les jours en en contestant la verticalité, surtout quand elle se veut jupitérienne.
3.
Je ne suis pas complotiste. Je constate seulement que c’est au moment où les peuples en Europe et surtout en France, avec les Gilets Jaunes, comme aux Etats-Unis avec le trumpisme, commençaient à contester la technocratisation galopante que la pandémie du Covid a éclaté.
La pandémie du Covid aura paradoxalement été d’un grand secours aux technocrates qui, contestés dans leurs fonctions d’ingénierie sociale et de contrôle, auront montré qu’une crise majeure ne saurait être vaincue sans leurs talents d’organisation.
4.
Il est possible que le seul véritable adversaire de Macron soit ce dégagisme qui, aux deux extrêmes politiques de l’opinion, refuse, parfois violemment, ce que Macron incarne : la technocratisation, la pensée globale, le fédéralisme, l’ingénierie sociale, le contrôle.
5.
Personnellement, je suis coincé : sachant que le dégagisme des deux extrêmes de l’opinion (LFI et RN) n’amènerait que chaos et détestant technocratisation, pensée globale, fédéralisme, ingénierie sociale et contrôle, je ne puis voter ni pour Mélenchon, ni pour Marine, ni pour Macron.
Pour l’instant, mise à part Marine Le Pen, aucun candidat ne semble en mesure d’affronter Macron au second tour des Présidentielles 2022. N’y a-t-il en France plus aucun démocrate assez courageux pour envoyer balader technocratisation et fédéralisme ?
Sans compter que si ça se trouve, Mélenchon et Le Pen accomplissent une mission (sur demande de qui ? l’Etat gaullien ? l’OTAN ?) qui aurait pour but d’encarter aux deux extrêmes afin de ficher/encadrer/contrôler d’éventuels idiots de l’action explosive.
6.
En fin de compte, on constate que sans candidat crédible aux présidentielles 2022 et avec un Mélenchon et une Marine qui ne peuvent, ni ne veulent, être élus, Macron, lui, est déjà réélu. Du coup : sommes-nous encore en démocratie ?
Patrice Houzeau
Malo, le 23 mai 2021.