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BREFS ET AUTRES

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23 avril 2021

ET SANS BRETAGNES PLUS DE FEE MORGANE

ET SANS BRETAGNES PLUS DE FEE MORGANE

1.
« N’est-ce pas à dire que les formes et lois logiques expriment la particularité contingente de l’espèce humaine, qui pourrait également être autre et aussi deviendra autre au cours de l’évolution future ? »
(Husserl, « L’Idée de la phénoménologie », traduction de Lowit)

« N’est-ce pas à dire que les formes et lois logiques [cet univers de causes, d’effets, de conséquences dans lequel nous ne cessons de creuser des labyrinthes] expriment la particularité contingente de l’espèce humaine [l’humain, ce monstre de logique], qui pourrait également être autre [l’espèce humaine est culturellement plurielle ; serait-ce que notre culture occidentale, fondée sur la logique et la raison, jusqu’à faire du christianisme une religion raisonnable, serait maintenant plongée dans une lutte avec un irrationnel religieux qui vise à affaiblir nos démocraties et, à terme, nous imposer les normes d’un modèle islamiste ?] et aussi deviendra autre au cours de l’évolution future ? » [Husserl a-t-il pressenti quelque transhumanisme ?]

2.
En inventant les chiffres, l’humain inventa l’univers, dont il ne cesse de faire l’inventaire, et c’est de plus en plus complexe, s’t’affaire.

3.
« Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages
Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune »
(Apollinaire, « Zone »)

« Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants » [ah bin, il a pas fini d’s’émouvoir, qu’il a écrit ça au début du XXème siècle, Apollinaire, et qu’en ce début de XXIème siècle, ça recommence]
« Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants [ils croissent et se multiplient donc]
« Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare » [et en fin de compte, il y en a quand même beaucoup, des saint-lazares là]
« Ils ont foi dans leur étoile comme des rois-mages » [sauf qu’ils ne sont ni rois, ni mages ; par contre, défois, en ce début de XXIème siècle, ils ne sont pas tous bienveillants]
« Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine » [en ce moment, c’est plutôt en Grande-Bretagne, qu’ils se mettent le doigt dans l’œil because les Anglais i se sont barrés de l’Europe et nous la tirent bien la langue, dis]
« Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune » [sauf que beaucoup ne repartiront jamais, parce que leur pays, il est abonné aux guerres, dictatures et marchands d’armes associés, sans compter ceux qui sont aussi indésirables chez eux qu’ici.]

4.
Paraît qu’en plein conseil des ministres, Macron aurait recadré Marlène Schiappa à propos des Etats Généraux de la Laïcité, comme quoi il aurait dit « Les Français s’en fichent, et moi aussi. » Euh… si les Français s’en fichaient tant que ça, Marine Le Pen ne serait peut-être pas aux portes du pouvoir. Quant à la valeureuse Marlène Schiappa, si Macron se montre indélicat, elle n’a qu’à l’envoyer promener, lui et sa garde-robe de vestes réversibles.

5.
Peut-on être à la fois écolo et marxiste. Je ne sais pas. Personnellement, j’ai des doutes. Peut-on faire la critique du mode capitaliste de la production de richesses sans condamner pour autant la nécessité de cette production ? J’ai, je l’avoue, de la sympathie pour ceux qui défendent leur outil de travail, fût-il basé sur une conception productiviste.

6.
Et maintenant la pensée du jour par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale : « Quand on peut avoir son enfant chez soi pour déjeuner, c’est mieux. » (Jean-Michel Blanquer, le 23 avril 2021) : C’est bien vrai, ça. Et s’il pleut, faut pas oublier sa capuche.
Blanquer, à force de nous prendre pour des tanches, il va finir par s’attirer des antipathies, sinon des inimitiés, voire des hostilités.

7.
Quand j’ai vu la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (le vaccin français contre le covid, quel succès !) à côté de Thomas Pesquet sur une photo de Twitter, je me suis dit : ah tiens, comme ils ne savent plus quoi en faire, ils vont mettre Vidal sur orbite…

8.
« Et moi aussi de près je suis sombre et terne
Une brume qui vient d’obscurcir les lanternes »
(Apollinaire, « Cortège)

« Et moi aussi [en poésie, on dit facilement « moi », lequel est aussi autre que « je »] de près je suis sombre et terne » [surtout quand je suis « par hasard et pas rasé », pour citer Serge Gainsbourg]
«Une brume qui vient [la brume qui vient, avec ses images de vaisseau fantôme, d’équipage à squelettes pirates, comme dans un film dans ma tête] d’obscurcir les lanternes » [en ce moment, ce sont les Lumières que certains tentent d’obscurcir, et toute notre raison d’éclipser] 

9.
« La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’à connaître cela.
   Que si les choses naturelles la surpassent, que dira-t-on des surnaturelles ? »
(Pascal)

« La dernière démarche de la raison » [ce truc qui fait que, malgré toutes les sottises, les hypocrisies et les mensonges dont médias et politiques nous abreuvent chaque jour, nous restons lucides] est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent [bah, je le sais bien que je suis aussi bête qu’une gaufrette, une paire de chaussettes, une pile d’assiettes, castagnettes, vinaigrette que c’est bon ça dans une salade de pommes de terre avec des œufs durs] ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’à connaître cela [la faiblesse, c’est de ne pas reconnaître qu’on ne sait pas].
Que si les choses naturelles la surpassent [je suis nul en ornithologie, en physique, en chimie, en sigillographie, en épigraphie, en épistémologie, en phénoménologie, en sociologie, en psychologie, en trigonométrie, en astronomie, en gastronomie, en météorologie, en musicologie, en filmologie et je n’en fais pas tout un plat], que dira-t-on des surnaturelles ? » [c’est exactement ce que je disais encore hier soir à mon cheval fantôme ; quant à la deuxième chaussette, elle est dans un univers parallèle, je crois bien. Et je ne vous parle même pas du Mystère Blanquer].

10.
« Notre monde ne mourra jamais… tant qu’il y aura quelqu’un qui rêvera dans les Bretagnes… nous existerons… » (Hugo Pratt, « Les Celtiques », [Morgane])

C’est du rêve que relève l’univers légendaire. Sans conscience rêveuse, y a que rien, et sans Bretagnes, plus de fée Morgane.

11.
Aujourd’hui, une fonctionnaire de police a été mortellement poignardée au commissariat de police de Rambouillet. L’assassin, d’après BFMTV, serait un ex- clandestin arrivé en France en 2009 et régularisé en 2019. Une cellule dormante ? Le parquet antiterroriste est saisi.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 avril 2021.

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23 avril 2021

UN CHAT PASSANT PARMI LES LIVRES

UN CHAT PARMI LES LIVRES

1.
« L’insécurité actuelle favorise l’affermissement des autorités traditionnelles. »
(Karl Jaspers, « Essais philosophiques », traduction de Hersch)
Avec le déclin prévisible des démocraties, cette phrase tend au présent de vérité absolue.

2.
« Comme d’autres, je ressens mon échec, tout en ayant la force de vivre. »
(Karl Jaspers)
« Comme d’autres » [dans chaque humain, l’humanité en jeu ? Ah l’enfer !] « je ressens mon échec » [lequel nous hante comme le suicidé hante le casino], « tout en ayant la force de vivre » [c’est ça qu’est épatant, chez l’humain, il a beau longer les précipices, jongler avec les apocalyses, il se multiplie quand même, tenace, et défois terriblement teigneux].

3.
« Il faut donc chercher la raison de l’existence du monde, qui est l’assemblage entier des choses contingentes, et il faut la chercher dans la substance qui porte la raison de son existence avec elle, et laquelle par conséquent est nécessaire et éternelle. »
(Leibniz, « Théodicée »)

« Il faut donc chercher la raison de l’existence du monde [ah ces philosophes, doutant de tout, ils finissent par ne douter de rien], qui est l’assemblage entier des choses contingentes [le monde, c’est tout des contingences, c’est pour ça qu’on est sans cesse sollicité enquiquiné], et il faut la chercher dans la substance [voilà une phrase, qui, mal comprise, pourrait porter à bien des psychédélismes chevelus] qui porte la raison de son existence avec elle [c’est-à-dire qui existe parce qu’elle ne pourrait absolument pas ne pas exister, la « nature », la « matière », laquelle, si ça se trouve est pur fantôme], et laquelle par conséquent [faut se métier de la logique dans les considérations métaphysiques, parfois la logique, c’est pas ce qu’on pense, et encore moins ce qu’on croit] est nécessaire et éternelle » [ah la nécessité et tous ses impératifs ; l’éternité… l’éternité, oui mais par rapport à quoi ?]

4.
« Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre. »
(Apollinaire, « Le Chat »)

« Je souhaite dans ma maison » [on peut aussi souhaiter dehors mais ça dépend du temps]
« Une femme ayant sa raison, » [vaut mieux, parce que se mettre en ménage avec une tourneboulée permanente pas étanche, c’est pas top]
« Un chat passant parmi les livres » [au rythme chaloupé d’une basse genre I’m walking in the street like a feline »]
« Des amis en toute saison » avec qui je mangerai frites et jambon, saucisson, cornichons, fromton, moitiés d’melon, tartelettes au citron (j’entends Olivier Veran à la télévision dire : « il peut y avoir des faux positifs avec les auto-tests », moi j’vous dis, on nage en pleine science-fiction)
« Sans lesquels je ne peux pas vivre » [on dit ça défois, défois le contraire]

5.
France Inter, le 21 avril 2021, Fabienne Sintes à propos de la politique de Poutine (conflit avec l’Ukraine, incarcération d’Alexeï Navalny) : « Est-ce qu’il est train de mettre la main sur le fourneau pour voir s’il est chaud ? » Et si Poutine se brûle, brûlerons-nous avec lui ?

6.
« Et la terre plate à l’infini
Comme avant Galilée
Se couvrit de mille mythologies immobiles
Un ange en diamant brisa toutes les vitrines
Et les morts m’accostèrent
Avec des mines de l’autre monde »
(Apollinaire)

« Et la terre plate à l’infini [une pâte à pizza qui s’étire, s’étire, s’étire dans le grand four noir]
« Comme avant Galilée [celui qui a écrit que l’univers était composé en langage mathématique]
« Se couvrit de mille mythologies immobiles [l’infini de tous les dieux, une collection de statues]
« Un ange en diamant [c’est qu’c’est solide, ces êtres là] brisa toutes les vitrines [je m’imagine assez le narrateur poétique dans le parc de « la maison des morts », contemplant la plaine sous un soleil brisant]
« Et les morts m’accostèrent [un narrateur poétique, faut qu’ça imagine, sinon, sa poésie, elle risque de bien casser les pieds façon poète hermétique qu’on étudie pour les concours de la fonction publique]
« Avec des mines de l’autre monde » [et sans masque anti-covid, dis]

7.
« Il observait les astres et, comme il avait les yeux au ciel, il tomba dans un puits. »
(Platon, à propos de Thalès)

C’est curieux d’observer les astres en marchant. Forcé, y a des accidents. Y en a qui observent l’étoile des présidentielles, et ils ne voient pas qu’ils longent un gouffre dans lequel, à chaque instant, ils pourraient se casser la république, voire se démantibuler l’apprenance.

8.
« Aucun doute ne pouvait subsister sur la nature des sentiments du commandant Challenger à l’égard de Nick : jamais admirateur ne dévoila plus ouvertement les replis de son cœur. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « La Maison du péril »)

« Aucun doute ne pouvait subsister sur la nature des sentiments » [quand il n’y a aucun doute sur la nature des sentiments de cézigue, c’est qu’il est drôlement fasciné, le gars, parce que l’affective palpitance, c’est pas si simple] du commandant Challenger à l’égard de Nick [et koik’il veut faire avec Nick, hein, koik’il ?] : jamais admirateur [çui a qui des yeux de merlan frit, de merlan fou, de merlan frappadingue fasciné] ne dévoila plus ouvertement les replis de son cœur » [« Les Replis du Cœur », roman cardiaque].

Patrice Houzeau
Malo, le 23 avril 2021.

23 avril 2021

BREVE CHRONIQUE PAS CONTENTE DU 22 AVRIL 2021

BREVE CHRONIQUE PAS CONTENTE DU 22 AVRIL 2021

1.
En faisant appel au volontariat des enseignants pour faire passer des tests salivaires, Blanquer reconnaîtrait donc le manque d’infirmières scolaires. Il est vrai que plutôt que de prévoir l’essentiel, Blanquer a préféré claquer l’argent du ministère à sa sotte réforme.
Sans compter le « pognon de dingue » claqué par Blanquer dans son « Conseil Scientifique (sic) de l’Education », dans son étrange Grenelle « apprenant », dans ses pitoyables tentatives d’entrisme LREM (syndicats bidons de lycéens, d’étudiants, d’enseignants,…)
J’ajoute ceci : ce n’est pas aux enseignants de voler au secours d’une administration imprévoyante et d’un ministre dont nous ne voulons plus.

Malgré des taux d’incidence élevés, la menace de nouveaux variants, des hôpitaux surchargés, Blanquer et Vidal maintiennent l’ouverture des établissements scolaires et la tenue risquée de certains examens. La question se pose : cherchent-t-ils l’épreuve de force ?

2.
Ces gens qui critiquent Marlène Schiappa et les Etats Généraux de la Laïcité, ces gens qui refusent de dire que l’islamisme gangrène nos démocraties, ces gens qui parfois subventionnent des projets menés par des associations douteuses, ces gens se rendent-ils compte qu’ils crachent sur les victimes du Bataclan et la mémoire de Cabu, de Wolinski, de Charb ?

Ceux qui sous-entendent que ce sont les opposants au communautarisme islamiste qui sont en fait responsables des attentats contre Charlie Hebdo et le Bataclan oseraient-ils dire sans rougir que ce sont les résistants anti-nazis qui sont responsables de la shoah ?

3.
Non, décidément non, l’écriture inclusive et les réunions non-mixtes ne sont pas des droits de l’homme contestés, ce sont des ridicules, des épiphénomènes qui disparaîtront comme ils sont venus, au gré des modes en vogue dans les universités.

En assimilant tous ceux qui ne pensent pas comme eux à l’extrême-droite, certains à gauche, d’autres chez les écolos, peuvent être certains d’une chose : ils préparent eux-mêmes leur défaite aux élections.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 avril 2021

 

21 avril 2021

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

PERSPICACE PERISSABLE PIS QUI AGACE

1.
« Là, j’évitai les détails. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou se rendant compte de son erreur. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval Pâle »)

« Là, j’évitai les détails [dans lesquels, comme on sait, se cache le Diable que plus vous y zieutez, dans le détail, plus il vous la tire, le Diable, et longue longue longuement]. Je lui brossai seulement un tableau de la désillusion du jeune fou [ah ça, souvent que quand on est jeune, on est un peu tout fou, voire carrément barré, et puis, en général, ça passe avec le temps et l’on passe de jeune fou à vieux con] se rendant compte de son erreur [qu’on passe son temps à en faire des erreurs, que l’humanité, c’est l’infini des erreurs, horreurs, errances avec de bons apôtres genre Michel Serres (RIP), Albert Jacquard (RIP), Philippe Meirieu, Emmanuel Macron, socialos, libéraux, gauchos, cocos, fachos, crypto-cocos, néo-fachos, écolos, philosophiques zozos, prétentieux pédagos, etceteri etcetero qui vous font la morale que moi, du coup, j’préfère écouter « Orphée aux Enfers », d’Offenbach ou les ritournelles des Charlots].

2.
« J’ose à peine regarder la divine mascarade »
(Apollinaire)

« J’ose à peine regarder » [Moi, ça me fait pareil quand mes yeux tombent dans un film d’horreur avec du gore dedans qu’on dirait une réforme à Blanquer] la divine mascarade » [ce qui me fait penser à « La Valse des Masques », le tube qui tue du printemps 2020 à Manu Jupiter, accompagné du Jean-Mich’ Blanquer, the king of the pipeau].

3.
« Oiseau tranquille au vol inverse oiseau
Qui nidifie en l’air
A la limite où notre sol brille déjà »
(Apollinaire, « Cortège »)

« Oiseau tranquille » [Ça existe-t-y des zoziaux tranquilles ? Ah, être tranquille comme un oiseau qui fume sa pipe en lisant le journal pendant qu’le monde pédale dans le virus et l’islamisme galopant] au vol inverse [cékoi comme oiseau qui fait dans le « vol inverse » ? Ce s’rait-y le politique palmé des altitudes ?] ]oiseau [ça fait écho]
Qui nidifie en l’air [ça s’confirme que c’est le palmé des altitudes, çui qui est « en même temps », qui a d’la « pensée complexe » plein le bec et la cervelle plumée qui va avec]
A la limite où notre sol brille déjà [Ça me fait penser à ce strip des « Déboussolés » de Watch (dans le Spirou des années 70) où l’on voit un bonhomme tout chelou avec un drôle de petit chapeau déclamant : « O soleil couchant Pareil à une tarte au froment »] pis qui s’en retourne avec des yeux vagues et repus pis dans le désert pendant qu’une sorte de coyote de derrière les collines perdues lui jette à la tête un énorme dictionnaire de rimes que la dernière case du strip est basée sur le mouvement arrêté dans l’air du gros volume à quelques mètres de la tête du zig rimailleur, lequel ne se doute de rien vu que qu’c’est dans son dos qu’il arrive, le choc].

4.
« Entre les sandales de plastique
Que son père appelait des méduses
Glissaient des ombres égocentriques ;
Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. »
(Michel Houellebecq)

« Entre les sandales de plastique » [kicéty qui ritournellait « Le plastique, c’est fantastique », c’était bien laid quand même]
« Que son père » [chaipas qui c’est son père ; forcé, je pense que c’est le père d’une fille. Pourquoi, je sais pas. Peut-être parce que défois, on se demande à quoi ils ressemblent les pères des filles qu’on trouve jolies. C’est idiot et psychanalytique] appelait des méduses [ces têtes tranchées qui planent dans les flots et qui parfois foudroient]
« Glissaient des ombres égocentriques ; » [le monde, cette somme de nombrils interconnectés]
« Les organes fonctionnent, puis ils s’usent. » [les humains quoi, ces perspicaces périssables]

5.
« Plus tard dans un bal champêtre
Les couples mains sur les épaules
Dansèrent au son aigre des cithares »
(Apollinaire, « la maison des morts »)

« Plus tard, dans un bal champêtre » [ah ça va guincher donc chez les vivants et les morts]
« Les couples mains sur les épaules » [ça me rappelle ce bal étrange du film « Un Soir, un train » de André Delvaux, où, dans cet instant qui sépare la vie du néant, yeux dans les yeux, mains sur les épaules, les couples tournent et dansent sur une java d’ailleurs (ou un tango de Barbarie peut-être)]
« Dansèrent au son aigre des cithares » [chez les vivants et les morts, c’est pas l’accordéon qui mène le bal, c’est le « son aigre des cithares », qui relève du folklore d’Autriche, de Hongrie ou de la Suisse, que moi j’en sais rien, j’apprends ça sur Wikichaitou, que le « son aigre », j’en sais rien que j’aime bien le rythme qu’il a le vers : « Dansè/rent (/) au son aigre / des cithares » qu’on l’entend bien le pincement du « r » là] 

6.
« Les morts avaient choisi les vivantes
Et les vivants
Des mortes
Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

« Les morts avaient choisi les vivantes » [« Les Zombies aiment la chair fraîche » film de série Z (comme dans zombie et film de zob aussi, que chaipas s’il existe, ce nanar mais que ça ne m’étonnerait point, que ça me fait penser que j’ai toujours trouvé « La Nuit des morts-vivants » de Romero ennuyeux comme la mort ; je préfère les formidables « Suspiria » et « Le Fantôme de l’Opéra » de Dario Argento]
« Et les vivants
Des mortes » [vous remarquerez qu’il y a chiasme pour le signifier, l’entrelacs des deux mondes]
« Un genévrier parfois
Faisait l’effet d’un fantôme » [dans ce lieu où morts et vivants se rencontrent, le réel paraît moins réel que le revenant ; l’autre monde contamine l’ici et maintenant].

7.
Dans le film « Le Cinquième Elément » de Luc Besson, n’est-ce pas que l’actrice qui joue le rôle de Lilou est superbe ? Son nom d’actrice est Milla Jovovich, et elle interpréta aussi Jeanne d’Arc, aussi de Luc Besson.

8.
« Je restai silencieux, quelques instants, retrouvant le passé. »
(Agatha Christie traduit par Henri Thiès, « Le Cheval pâle »)

« Je restai silencieux [défois i faut], quelques instants [au moins], retrouvant le passé » [ah ça, quand le passé vous revient tourner les tables dans la tête, parfois, on ne pense même plus à gazouiller, on s’laisse envahir par des images anciennes, parfums fantômes et sons spectraux ; ceci dit, « Restant silencieux, retrouvant le passé », c’est un alexandrin].

9.
« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent : de mort, nulles nouvelles. Tout cela est beau ; mais aussi quand elle arrive, ou à eux, ou à leurs femmes, enfants et amis, les surprenant en dessoude et à découvert, quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accable ! » (Montaigne)

« Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent » [comme i vous dit le monde, Montaigne, un ballet, un incessant va-et-vient, les autres] : de mort, nulles nouvelles [c’est vrai qu’on n’peut pas toujours penser à la mort, que c’en est même une morale, ça, de vivre, de persister malgré la mort, de sourire ; de rire, et de pas trop l’évoquer, la mort, défois qu’elle se pointerait illico, avec sa tête de trader branché]. Tout cela est beau [ironie ?] mais aussi quand elle arrive [tiens, qu’est-ce que je vous disais] ou à eux [couic], ou à leurs femmes [bis-couic], enfants et amis [ter-couic], les surprenant en dessoude ou à découvert [faut-il comprendre à l’improviste ?] quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accablent [y a rien d’plus rageant que de trépasser alors que l’on ne s’y attendait pas : tous les revenants vous le diront.]

10.
« Les passants égarés sont bizarrement verts ;
Au fond de l’autobus je sens craquer mes veines. »
(Michel Houellebecq, « Jim »)

« Les passants égarés [je me demande comment le narrateur sait qu’ils sont tout égarés, les passants – tiens, un passant qui passe, avec ses drames et ses morts, et ses projets et ses échecs] sont bizarrement verts » [c’est-y que le narrateur serait sur une planète d’hommes-plantes, d’artichauts marcheurs, des pt’tits verts, des p’tits gris, des p’tits verts-de-gris, (oui oui, défois, j’ai le lutin de ma tête, il chante) ;
« Au fond de l’autobus [donc le narrateur narrate du fond d’un autobus et voit passer de verts passants] je sens craquer mes veines » [ça sonne, chaipas si le narrateur est en manque ou quoi, mais ça sonne].

11.
« Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J’écoutais cette nuit au déclin de l’été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre »
(Apollinaire, « Le voyageur »)

« Les cyprès [d’après internet, un cyprès peut atteindre 25 mètres de haut et vivre cinq cent ans, autant dire un géant, un mythique, un mythologique même, l’arbre des morts] projetaient sous la lune leurs ombres » [ça devait l’faire, dans le genre effet funèbre]
« J’écoutais cette nuit au déclin de l’été » [quand on ne dort pas la nuit, on l’écoute, la nuit, puis tous les bruits mystérieux des êtres et esprits qui passent dans l’tout ça que moi j’sais pas, la nuit, moi, je dors]
« Un oiseau langoureux [koikcé comme genre, s’te mélancolique coucou ?] et toujours irrité » [pas seulement mélancolique, l’zoizeau, l’est aussi « irrité » que je pense à l’engoulevent qui crassotte, crécelle et crisse et crosse et crusse pis quand il tousse, c’est qu’il a trop fumé d’craven A.]
« Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre » [avant qu’les humains s’mettent à philosopher sur les fleuves, il y avait des fleuves, et quand les humains auront avalé toute leur philosophie et le bulletin de naissance de leur espèce, y aura encore des fleuves, « larges et sombres » comme un mystère, une force, un monde entre deux mondes].

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2021

21 avril 2021

CHRONIQUE DU 20 AVRIL 2021

CHRONIQUE DU 20 AVRIL 2021

1.
Marrant comme le 19 avril 2021, « l’offensive Macron sur la sécurité » comme dirent les médias eut un drôle de goût de girouette, de sauve qui peut, de faut reprendre des voix à droite après en avoir tant perdu à gauche.

Ne pas oublier que, dans l’année qui vient et d’ici les présidentielles 2022, un fait divers ou une attaque terroriste pourrait, jusque dans les derniers jours avant les élections, faire basculer l’opinion publique et promouvoir Marine Le Pen à la présidence.

2.
Est-il que dans nos sociétés libérales, comme l’écrit Philippe Bernard dans « Le Monde » du 19 avril 2021, « algorithmes, téléphones portables et robots » replongent le monde du travail dans des « conditions d’embauche et de limogeage dignes du XIXème siècle » ?

Autrement dit, y aurait-il margoulins, des marchands d’soupe & camelote, start-uppeurs des grandes écoles, « premiers de cordée » et charlatans qui s’en mettraient plein les fouilles sur le dos de « ceux qui ne sont rien », comme dit la girouette qui rêva d’être un Grand Président et qui cafouille dans l’covid.

Si c’est vrai, les Gilets Jaunes ont de l’avenir, et les universités feraient bien de veiller aux débouchés réels de leurs filières, qu’après le covid, les suicides d’étudiants, la déqualification des diplômes, voire plus d’qualification du tout (ou si peu), ça risque d’craquer.

3.
Le 19 avril 2021, il était admis par beaucoup de Français que l’augmentation de la violence dans notre société était patente, sinon palpable. Certains, souvent à gauche, persistaient à dire que la violence était beaucoup plus grande il y a quand même assez longtemps.
Que la violence fut très grande dans la majeure partie du XXème siècle est fort possible. Mais bon, c’est pas rare qu’on apprenne qu’un humain se soit fait flinguer en plein jour, par règlement de compte et même que parfois, ils sont de plus en plus jeunes, les apprentis là.

4.
Sotte Réflexion de Patrick Vignal (député LREM) sur le choix de l’excellence ce matin (20 avril 2021) sur BFMTV : « Mettons l’ENA (je suppose qu’il veut dire la prochaine Sciences Po bis voulue par Macron) à Montpellier et pas seulement le LP ». Euh ! que je sache, la France a certainement plus besoin de ces métiers ordinaires dont la crise du covid nous a prouvé à quel point ils étaient importants que d’une pseudo-élite qui nous coûte beaucoup de sous pour une efficacité relative.
C’est le contraire qu’il faut faire : revaloriser l’enseignement professionnel  des LP (diversification du public et des formations, notamment à de nouveaux métiers, formations en alternance, reprofessionnalisation des filières, etc…) et vous verrez que la mixité sociale n’a besoin ni de Sciences Po ni de l’ex-ENA. Entre parenthèses, il faudrait donc faire le contraire de ce qu’a fait Blanquer avec ses gadgets (« chef d’œuvre », « co-intervention » et autres sottises).
Et arrêtons avec l’hypocrisie qui consiste à faire des Lycées Professionnels les réceptacles de la misère du monde (abus de l’école inclusive, inscriptions par défaut, scolarisation obligatoire d’individus pouvant constituer un danger pour les autres comme pour eux-mêmes, etc…)

5.
En ce moment, LREM et Macron s’excitent beaucoup sur la mixité sociale, les logements sociaux, le rôle de l’éducation nationale, etc…: quel aveu d’échec. économique d’abord (bon nombre de Français ne peuvent se loger sans l’aide de l’Etat), social ensuite (Macron n’a pas réussi à éradiquer l’économie informelle qui pourrit la vie de tant de quartiers).

6.
Excellent Eric Zemmour ce soir du 20 avril 2021 sur CNews qui rappelle que bien évidemment, la France, comme tous les grands pays développés, pour défendre ses intérêts, est parfois obligée de soutenir des régimes dictatoriaux et quelques salopards au pouvoir en Afrique.
Et c’est bien parce que Zemmour a raison que je ne crois ni en la gauche hypocrite, ni en la droite affairiste, et que je méprise les politiques et donc nos présidents successifs, les marchands d’armes, les hommes de pouvoir en Afrique et ailleurs. Ni dieu, ni maître.
Et c’est aussi parce que Zemmour a raison que Macron et son « en même temps » apparaît comme une synthèse : celle de l’hypocrisie de la gauche comme de l’affairisme de la droite. Genre parti radical d’antan : « le cœur à gauche et le portefeuille à droite ». Ça a mal fini.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 avril 2021.

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19 avril 2021

CE QUE NOS MORTS

CE QUE NOS MORTS

1.
« Ils n’avaient pas oublié la danse
Ces morts et ces mortes
On buvait aussi
Et de temps à autre une cloche
Annonçait qu’un nouveau tonneau
Allait être mis en perce »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

Ils n’avaient pas oublié la danse [et du coup ils agitèrent leurs chairs retrouvées sur leurs squelettes]
Ces morts et ces mortes [y en avaient qu’on ne connaissait pas ; ils venaient des temps avec de drôles de langues]
On buvait aussi [avec de vieux blues genre « One bourbon, one scotch, one beer » interprétés par des inspirés du Grateful Dead ; on buvait aussi ; on valsa macabre]
Et de temps à autre [c’est qu’ils avaient retrouvé le cours du temps, les surgis du néant là] une cloche [à chaque fois que j’entends le mot cloche, le son d’la cloche me tinte dans la paix d’ma tête ; ça doit être ça, la fameuse « petite musique » de l’écriture]
Annonçait qu’un nouveau tonneau [glouglou]
Allait être mis en perce » [un chat passa dans le décor, mais il ne resta pas longtemps : des barbus le chassèrent à grands cris d’épouvantail].
(d’après Apollinaire)

2.
Ce fut le 19 avril 2021 que j’entendis ces mots prononcés par le candidat Macron : « Je me bats pour le droit à la vie paisible », et me suis demandé si cette « vie paisible » allait servir de base à la campagne de La République en Marche. Après un quinquennat si tumultueux (troubles et Gilets Jaunes) et si hasardeux (covid et variants), « la vie paisible » à Macron sonnait comme une ironie, voire un vœu pieux.

3.
« Je vous attendrai
Toute votre vie
Répondait la morte »
(Apollinaire, « La maison des morts »)

« Je vous attendrai [vous peut-être, mais pas moi ; j’ai plus trop le temps, puis plus trop envie ; allez sourire ailleurs]
Toute votre vie [ce qui passe si lentement au départ et qui, au fur et à mesure qu’on qu’ça file de plus en plus vite comme la corde d’une poulie qui finit par vous lâcher dans le puits]
Répondait la morte » [que les morts répondent, tous les enquêteurs, médecins légistes, historiens, spirites et cinéphiles vous le confirmeront,  et nous ne faisons que répéter que ce que nos morts nous ont dit].

4.
Je me demande ce que donne l’expérimentation de l’ouverture des BTS aux Bac Pro. A mon avis, dans bien des filières, c’est l’échec et prévisible casse-pipe. Ça vient de la réforme Peillon/Hamon/Belkacem, j’crois bien, cette ânerie. Blanquer a laissé faire. Tant pis pour lui.
La solution, pour les Bac Pro, serait sans doute le BTS en alternance. En attendant, que de temps perdu et d’argent jeté par les fenêtres du ministère.

5.
« Par interdiction impériale, je ne peux pas utiliser mes techniques. Malheureusement, mon école est fermée et je suis en plein confinement », dit un personnage de « Beast of East 2 » de Akihiro Yamada.

« Par interdiction impériale, [l’interdit nous gouverne, nous préside, nous gère ; souvent qu’il fascine, l’interdit, qu’ça en dérape souvent dans le social] je ne peux pas utiliser mes techniques [le réel est plein de machineries obscures qui la font tourner, la machine d’l’occident ; ça fait des morts sur la planète, et en définitive, désordres, troubles et n’importe quoi se multiplient jusque dans nos campagnes ; c’est qu’elles sont de plus en plus compliquées, les règles du jeu, et nos politiques, même les plus fûtés, semblent de bien piètres joueurs face à la complication]. Malheureusement, mon école est fermée [en ce moment, la mienne aussi] et je suis en plein confinement » [nous autres aussi] dit un personnage de l’excellent « Beast of East 2 » de Akihiro Yamada [heureusement que c’est de la fiction, dis, défois qu’on croirait qu’c’est vrai)].

6.
La religion, c’est de la nostalgie. Lorsque cette nostalgie des ailleurs perdus nourrit un programme politique, la démocratie est en danger.

Patrice Houzeau

Malo, le 19 avril 2021.

18 avril 2021

ET L'OEIL EMPORTERA LE MONDE

ET L’ŒIL EMPORTERA LE MONDE

1.
Ce 18 avril 2021, on dit qu’en Allemagne, certains commentateurs n’hésitent pas à dire que Macron s’est planté en refusant un reconfinement et plus tôt dans l’année et plus strict. Qu’en pense Blanquer ?

2.
« Nos raisonnements sur les systèmes isolés ont beau impliquer que l’histoire passée, présente et future de chacun d’eux serait dépliable tout d’un coup, en éventail : cette histoire ne s’en déroule pas moins au fur et à mesure, comme si elle occupait une durée analogue à la nôtre. »
(Bergson, « L’Evolution créatrice »)


« Nos raisonnements [c’est qu’il raisonne, l’humain, savez, et du coup, il vit plus longtemps, que si ça se trouve, sans toute sa raison, là, l’humain, il aurait déjà disparu plus vite qu’il disparaîtra tout de même, avec ou sans raison qu’il se fiche dedans avec] sur les systèmes isolés [des parties, que l’expression « système isolés », ça fait territoire isolé du jeu de go] ont beau impliquer que l’histoire passée, présente et future [oh le « tale told by an idiot, full of sound and fury, and signifying nothing » comme i l’a écrit Shakespeare)  de chacun d’eux serait dépliable tout d’un coup en éventail [L’Histoire du Monde en éventails, c’est marrant ; sur le papier, c’est vendeur ; en vrai chaipas) cette histoire [celle avec une grands hache, comme disait Georges Perec, je crois) ne se déroule pas moins au fur et à mesure, comme si elle occupait une durée analogue à la nôtre. [c’est le principe de la synthèse, aussi du cinéma : la vie tumultueuse (très tueuse en vérité) de Napoléon contée en quelques heures de pellicule sur laquelle s’agitent des fantômes. »
(D’après Bergson, « L’Evolution créatrice »)

3.
Stratégiquement, si le but de la LFI n’est pas de gagner les présidentielles 2022, mais d’entrer dans le maximum d’instances et institutions afin de les influencer, la LFI aurait tout intérêt à mettre de l’eau dans son vin et à travailler à un programme commun de la gauche. Cela fera peut-être grogner dans les rangs, mais nul n’est tenu de respecter un accord que l’on fait par pure politique ; en revanche, quand les gens sont en place, ils peuvent réellement faire des dégâts. Voyez ce qui s’est passé dans l’éducation nationale depuis trente ans. (twitté)

4.
Je ne crois pas que l’on puisse se réclamer d’une libre pensée, sans dieu, ni maître, et souhaiter la victoire de La France Insoumise aux Présidentielles de 2022. La main mise de l’Etat sur la plupart des activités qu’implique le programme de la LFI, et sa possible dérive autoritaire, est incompatible avec un exercice réel de la liberté individuelle.

5.
Quand on est en possession de tous ses poulpes, c’est qu’on a beaucoup de savoir-y-faire et d’astuce. Mais faut gaffer à pas finir dans s’te soupe tambouille là, que sans cesse préparent vieux crabes et jeunes requins.

6.
« Mais ces filles [de grandes bringues à grandes dents j’m’imagine, des « natures »] sont plus fortes que lui [s’t’une question d’âme ça, tout le monde n’a pas une âme façon lame patiente de couteau qui attend son heure] ».
(D’après une phrase d’Agatha Christie)

7.
« - Pour être franc [ça, souvent, ça annonce du vipérin], je ne vois pas ce que vous venez faire [les gens défois i s’demandent si vous êtes bien à votre place, qu’en fait, la place, c’est parfois une question de posture, ou de piston, et surtout d’où vous êtes né] dans cette affaire [Les gens comme i sont toujours affairés, c’est effarant]. »
(D’après une phrase d’Agatha Christie)

8.
« Elle se laissa tomber sur une banquette de gazon, regarda les autres fidèles qui, soudain, lui parurent être devenus immenses.
« On dirait des arbres qui marchent… »
(Agatha Christie, « Les troupeaux de Geryon » traduit par Monique Thiès)

« Elle se laissa tomber [le genre de truc à pas faire, passque, défois, on n’arrive plus à s’rattraper] sur une banquette de gazon [je me demande à quoi ça ressemble en vrai, une « banquette de gazon »], regarda les autres fidèles [dans quelle transcendance se fourrent-ils le doigt dans l’œil jusqu’à l’âme ? En quoi croient-ils ? En Sainte Europe Fédérale, celle qui jacte plusieurs langues et qui n’est pas toute seule dans sa tête ?  En Saint Jean-Michel Apprenant ? En la Révolution et ses soirs de sang ?], qui soudain, lui parurent être devenus immenses [à mon avis, elle est sous influence, la miss, qu’les choses et les gens, elle les voit qui s’allongent] »
« On dirait des arbres qui marchent… » [ça me rappelle un vers d’Apollinaire : « La forêt fuit au loin comme une armée antique », pis des histoires de palmier marcheur d’Amérique du sud, qu’on dit aussi « palmier à échasses », Socratea exhorrhiza, qu’on dit qu’ils se déplacent défois pour aller au soleil ; j’y crois pas, mais c’est joli quand même).
(D’après Agatha Christie)

9.
J’entends l’argument suivant : l’humour féroce à la Hara Kiri était légitime lorsqu’il était un humour de combat contre la censure et le régime gaulliste et l’humour de Charlie Hebdo serait illégitime car nous vivons dans une société plus ouverte et plus démocratique. Je rappelle pourtant que ce n’est pas sous de Gaulle qu’ont été assassinés Charb, Cabu et Wolinski, mais dans un monde où l’autoritarisme sans Etat de la mouvance islamiste menace directement nos démocraties.

10.
Les variants du covid : pierres sur le monde. Que l’un de ces variants apparaisse en Europe centrale, et l’œil emportera le monde.

Patrice Houzeau
Malo, le 18 avril 2021. 

17 avril 2021

L'INFINI LA FRITE ET LA MAYONNAISE

L’INFINI LA FRITE ET LA MAYONNAISE

« Que l’homme, étant revenu à soi, considère ce qu’il est au prix de ce qui est ; qu’il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature ; et que, de ce petit cachot où il se trouve logé, j’entends l’univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même son juste prix. Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? » (Pascal)

1.
D’abord il y a d’la contemplation, que c’est quand on regarde le réel avec des yeux de j’y crois pas c’est trop ou bien j’y crois et c’est trop ou bien qu’on contemple avec un bzzzzz dans la passoire à idées passqu’en fait on s’endort.

2.
Puis il y a la nature entière que c’est une idée qu’on peut pas la voir en entier la nature entière, qu’on s’en fait une idée comme j’me fais l’idée que dans une boîte de haricots y a des haricots et que peut-être, les haricots i s’mettent juste à exister que quand je l’ouvre.

3.
Pour bien contempler faut pas faire attention à ce qui nous environne cercle cerne du moment qu’c’est pas un train qui nous fonce dessus ou une brique qui tombe du ciel à la dernière case parce qu’on est le Krazy Kat de Herriman.

Pour bien contempler, on prendra donc bien soin de donner un coup de balai dans les yeux de sa tête afin d’y envoyer paître ailleurs les sots lutins qui font rien qu’à nous raconter des sottises dans la tête toute la journée. Défois, i zont la tête à Blanquer, mais ça c’est parce que vous l’aimez pas.

4.
« Qui se considérera de la sorte s’effraiera de soi-même »
(Pascal)
« s’effrayer de soi-même » : ça c’est quand on réfléchit à tous ses possibles puis qu’on se rend compte que. Défois, ça peut effrayer.

5.
Que le bipède, étant revenu à soi par le chemin le plus court, celui de l’idée A dans sa tête (j’ai envie de manger des frites) à l’idée B dans sa tête (je vais donc acheter de la mayonnaise), pense à ce qu’il est (un tube digestif qui a envie de manger des frites).

Que le bipède se regarde - il faut pour cela mettre ses yeux à distance de soi-même (ni trop loin -sinon on voit plus grand-chose ; ni trop près – sinon on voit qu’des p’tits bouts) – et il verra qu’il est égaré (d’autant que maintenant, il a plus les yeux dans leurs trous).

Que le bipède considère le « petit cachot où il se trouve logé », i dit Pascal qui ajoute « j’entends l’univers », que son petit cachot, au perspicace, il est quand même bien grand que l’avantage c’est qu’on peut y mettre plein de monde et que l’Eternel i peut y ranger des bricoles.

A un moment donné (à la fin du paragraphe), il arrive que le philosophe se pose cette question : « Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? » et défois, c’est là où il se dit qu’il a envie de manger des frites et que donc, il va acheter de la mayonnaise.

« Que l’homme [bipède perspicace], étant revenu à soi [ah enfin de retour, car savez, j’étais quand même ailleurs], considère ce qu’il est au prix de ce qui est [l’argent est-il le vrai nom de l’être du monde et alors, qu’est-ce réellement que l’argent ?] ; qu’il se regarde comme égaré [flûtablanquer, je m’a trompé d’route] dans ce canton détourné [en plus, s’il y a des déviations…] dans ce canton, dis-je, détourné de la nature [celle-là où le loup est un loup pour le loup et aussi pour l’agneau qu’il dévore] ; et que, de ce petit cachot [là où les petits cachotiers font leurs petites cachoteries] où il se trouve logé [le montant du loyer ? la peau des genoux, les cent bras d’une divinité hindoue – au vrai, elle a combien de bras ; l’aut’ contorsionniste ? - sa peau, son souffle, sa vie] ; j’entends l’univers [Entreprise « Maison Eternelle », Père et Fils, et Saint-Esprit associés], il [on cause du bipède perspicace qui mange des frites et achète de la mayonnaise] apprenne à estimer la terre [c’est là où qu’on fait pousser les patates pour faire les frites], les royaumes [on dirait le speech de début d’un épisode d’heroic fantasy avec la voix profondément humaine de Morgan Freeman, mais en français, donc c’est pas sa voix mais sinon moi j’comprends rien], les villes [c’est là où il y a des gens qui mangent des frites, alors qu’à la campagne, c’est là où qu’on fait pousser les patates] et soi-même [qu’est-ce que je viens faire là ?] son juste prix [le prix d’l’humain ? faut demander ça aux marchands d’armes, à mon avis, c’est eux qui le fixent chaque jour, le prix de l’humain]. Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini ? [j’ai envie de manger des frites].

(d’après Blaise Pascal, évidemment, pas d’après Blanquer, et c’est marrant comme quand je vois la tête à Blanquer, je ne pense jamais à Blaise Pascal (par contre, j’ai envie de manger des frites).

Patrice Houzeau
Malo, le 17 avril 2021.

16 avril 2021

L'ETAT MAGIQUE

L’ETAT MAGIQUE

1.
Vu « Le Chant du Loup » (Antonin Baudry, France, 2019) : remarquable, qui rappelle, comme le dit le personnage interprété par Omar Sy, que des siècles de civilisation n’ont pas réussi à empêcher les guerres d’éclater. Seule la dissuasion y parvient. Si vis pacem, para bellum.

2.
« L’émotion n’est pas un accident, c’est un mode d’existence de la conscience, une des façons dont elle comprend (au sens heideggerien de « Verstehen ») son « Être-dans-le-Monde ».
(Sartre, « Esquisse d’une théorie des émotions »)

L’émotion, qu’on est tout troublé par quelque chose qui peut être quelqu’un. On tombe dans l’émotion comme si le temps faisait des plis qu’on glisse dedans. C’est pas qu’on réfléchit plus, qu’la cervelle s’cavale, c’est qu’on réfléchit zému, qu’elle s’accidente, la raison.

Après, l’émotion, elle est tellement répandue qu’on dirait un « mode d’existence de la conscience ». Et dès qu’on se met à vouloir réfléchir à froid, la société du spectacle, cette poudre aux yeux dont, via les médias, use et abuse l’Etat, nous y replonge, dans les émotions.

Le politique prétend faire appel à notre raison, mais c’est en utilisant le registre de l’émotion qu’il parvient à se faire élire. Macron, Mélenchon, Marine Le Pen sont des maîtres dans cet art : ils sont les promoteurs d’une société magique, qui n’a aucune chance d’advenir.

C’est en utilisant le registre de l’émotion que le politique se fait élire. Mais banques, investisseurs, spéculateurs ne misent pas sur l’émotion. Ils calculent à froid et se sauvant eux-mêmes, ils sauvent ce qu’il est possible de sauver. Une partie du monde est dans tous les cas sacrifiée.

Il ne manque pas de rêveurs qui veulent se passer des banques, des financiers et des marchands d’armes. Ce serait plonger l’humanité dans l’illusion de l’abondance et de la bienveillance naturelles et la dictature d’un Etat magique et sans distance.

3.
Ce cluster au Canada de près de 900 cas positifs au variant brésilien, on dirait une l’anglaise, la sud-africaine et la brésilienne, celle du Nord ? (twitter)

Si jamais le variant brésilien venait à ruiner les effets des mesures d’urgence sanitaire mises en place par les Etats européens, ce serait une nouvelle pierre dans le pré carré de plus en plus étroit de Macron, et une démission inévitable du très inconséquent Blanquer.

Je dis ça, je ne dis rien, mais vu la façon dont la pandémie se développe et joue de variants de plus en plus inquiétants, j’espère que Macron réfléchit sérieusement à l’état de nos forces armées et s’est bien assuré de l’opérationnalité de notre dissuasion. On ne sait jamais.

L’Histoire étant une suite d’évènements improbables, dont on comprit ensuite qu’ils étaient inévitables, ceux qui pensent que la fin des démocraties et un nouveau conflit mondial sont impossibles, à mon avis, se mettent le doigt dans l’œil jusqu’aux confins.

4.
Etre « un projet qui se vit subjectivement » (comme dit Sartre) : expression qui rappelle que c’est bien moi qui dit qui fait et pas l’autre, d’ailleurs l’autre i dit que des et i fait que des sauf quand j’me fourre le doigt à moi-même dans l’œil à mézigue pis jusqu’à l’existentiel à ma pomme.

5.
« Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. »
(Jean-Paul Sartre)

J’aime bien cette phrase qui dézingue deux des mythes les plus puissants de l’opinion qui court et fait bien des dégâts.

6 .
« (par exemple, ce visage qui nous fait peur à travers la vitre, il agit sur nous sans ustensiles, il n’est pas besoin qu’une fenêtre s’ouvre, qu’un homme saute dans la chambre, marche sur le plancher) »
(Sartre, « Esquisse d’une théorie des émotions »)

Cette phrase de Sartre me rappelle cette autre phrase :

« Une autre fois elle affirma qu’une face jaune s’écrasait contre sa vitre et que, s’étant précipitée à la fenêtre, elle ne vit plus rien. »
(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Meurtre en Mésopotamie »)

7.
« chuter brusquement dans le magique » (expression sartrienne) : défois, on chute brusquement d’sa raison dans le magique ; c’est quand les politiques font leur intéressant dans la lucarne pis qu’on croit qu’ils nous disent la vérité et qu’tout va s’arranger ; c’est magique.

Patrice Houzeau

Malo, le 16 avril 2021.

16 avril 2021

CHRONIQUE DU 15 AVRIL 2021

CHRONIQUE DU 15 AVRIL 2021

1.
Je sais pas vous, mais étant donné que le pic épidémique, on nous dit qu’il est pas encore atteint, et qu’on nous annonce un possible variant brésilien dévastateur, j’ai quand même des doutes sur la réouverture des écoles le 26 avril… On verra.

2.
Croyez-vous qu’en raison de son extraordinaire bilan, Blanquer, s’il est obligé de démissionner, Macron va le faire nommer à l’OMS ?

3.
Covid asiatique, variant anglais, variant sud-africain, variant brésilien. Pierres du jeu de go. Y a-t-il un variant d’Europe centrale ? Y a-t-il un variant du Nord ? Qu’en est-il de la présence du variant brésilien en Europe ?

4.
Même si pour l’instant, il semble peu présent en Europe, se pourrait-il qu’à la faveur d’un retour à la normale et des flux de population qui suivront, (y compris les flux clandestins), le variant brésilien fasse son apparition et oblige certains pays européens, y compris le Royaume-Uni, à se reconfiner ?

5.
Quel est le temps d’immunité que procurent les différents vaccins ? Seront-ils efficaces face à d’éventuels nouveaux variants et combinants qui seraient plus contagieux et plus létaux ?

6.
Que veut dire exactement « effacer la dette d’une entreprise » ? Comment sera remboursé le créancier ? Cela annonce-t-il une hausse des impôts et une baisse des investissements, et donc une crise bancaire ? Peut-on effacer les dettes des entreprises comme on efface la dette des états dont le créancier est l’UE ? Peut-on effacer une dette publique sans risque de dérèglement du système ?

7.
Ce jeudi 15 avril 2021, Macron a réaffirmé son objectif de rouvrir à la mi-mai certains lieux comme les terrasses des cafés et des restaurants, certains musées, les commerces non-essentiels. Il joue sans doute dans cette promesse sa réélection, sinon sa candidature.

8.
La pandémie, on dirait une partie de jeu de go : le virus place ses pierres un peu partout sur la planète (les variants) et lance des attaques, via des connections (les combinants), qui peu à peu encerclent nos territoires, les ferment. Le covid ne tue pas l’humanité ; il la restreint.

9.
Le 15 avril 2021, la France a franchi le nombre de 100 000 victimes officielles du covid. Que ceux qui nient la réalité du virus, ou en relativisent la gravité, se taisent.

Patrice Houzeau
Malo, le 16 avril 2021.

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