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BREFS ET AUTRES

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9 mai 2021

CHRONIQUE DU 9 MAI 2021

CHRONIQUE DU 9 MAI 2021

1.
Nous apprenons tous presque chaque semaine le décès des suites du covid d’une personne ayant été contaminée par quelqu’un qui travaille dans un service public. Pour ce qui est de l’école, nous le savons tous, Blanquer nie l’évidence. C’est pour cela qu’il est détestable. Et cette manie qu’il a prise d’aller faire le clown avec les gamins lors de ses tournées des popotes scolaires ne le rend pas plus populaire. Au mieux, cela le rend ridicule ; au pire, on peut trouver cela déplacé, voire malaisant.

2.
Dupond-Moretti veut obliger les agents français de daech sortis de prison à exercer une activité professionnelle. Ah certes, donner un emploi à un islamiste plutôt qu’à un étudiant ou à un jeune sans emploi, bravo ! Et puis, c’est vrai qu’il n’y a presque pas de chômage en France…

3.
En jetant l’opprobre sur le RN et ses électeurs, Dupond-Moretti commet une évidente erreur de communication : il prouve ainsi qu’il n’a rien compris de l’inquiétude des habitants des Hauts-de-France et, plus encore, qu’il sous-estime les problèmes liés à l’islamisme.

4.
Blanquer, défois, il doit se dire, parce qu’il a le sens de la synthèse (c’est un universitaire), non mais qu’est-ce que c’est que tous ces enseignants et lycéens qui bloquent ma géniale réforme, qu’est-ce que c’est que tous ces islamogauchistes d’extrême-droite adeptes de l’écriture inclusive ?

5.
Le mieux serait que Macron et son « en même temps » hypocrite et fédéraliste renonce à se représenter et laisse les Français choisir entre la droite et la gauche. Ce serait quand même plus clair. Parce que la politique à Macron, c’est quand même un peu fourre-tout et opportunisme.
Ceci dit, à vrai dire, je m’en fiche, j’étais pour Macron en 2017, mais quand éclata l’affaire Benalla, je me suis dit que Macron avait des amitiés bien troubles pour un président de la République. Puis ce fut vite le bordel : manifestations, émeutes, Gilets Jaunes, crise sanitaire etc…

6.
On suggère ici et là que l’excellent président Macron comprend parfaitement les enjeux de la crise sanitaire actuelle. Bravo. Il se dit aussi qu’il s’est lancé dans la problématique de La Ligne Maginot qui, dit-on, ne serait pas suffisante pour arrêter les divisions blindées allemandes.

7.
On ne peut pas être à la fois gaulliste (LR) et fédéraliste (LREM), socialiste et libéral (sauf au PS), productiviste (PCF) et écologiste politique (EELV), trotskyste (LFI) et nationaliste conservateur (RN). D’où le fait que LREM ressemble de plus en plus à une union des opportunismes, sinon des traîtrises.

8.
Lu sur Internet : Mona Cousine « dévoile ses fesses sur Instagram et envoûte les internautes. » Euh… si une paire de fesses sur instagram réussit à vous envoûter, zavez quand même du souci à vous faire.

9.
Les lycéens manifestent et n’arrivent pas à dialoguer avec Blanquer. C’est vrai que le ministre, entre ses concours de marelle et ses réflexions sur le cerceau (faudrait lui dire que dans son conseil scientifique, c’est du cerVeau que l’on discute), bin, l’a pas l’temps.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 mai 2021

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9 mai 2021

QU'ATTENDONS NOUS UN COUP DE TONNERRE

QU’ATTENDONS-NOUS ? – UN COUP DE TONNERRE.

1.
On dirait bien que les Ecossais veulent encore quitter le Royaume-Uni après que le Royaume-Uni a quitté l’Union Européenne. Zallez voir que, si ça se trouve, le fédéralisme va finir par faire apparaître de nouvelles nations. #Shadokklub

2.
Le bitcoin interroge-t-il la notion de production ? Est-ce que je comprends la portée exacte de ma question ? Le bitcoin est-il une dérive de l’esprit start up nation cher à notre excellent président Macron (celui qui prévoit tout après).

3.
Il est possible que le baccalauréat 2021 soit marqué par un certain flou quant à l’exactitude dans l’évaluation des capacités réelles des élèves. En particulier en philosophie. Blanquer est un agitateur, le plus acharné des pédagogistes. Ça me paraît évident.

4.
Bizarre : des lycéens refusent de se laisser manipuler par Blanquer et sa sotte réforme et des policiers les interpellent. Un ex-mari menace de tuer sa femme et la police n’arrive pas à l’empêcher d’immoler sa femme. Un trafiquant de drogue tue un de leurs collègues et il court toujours. Bizarre. #Darmanin #Avignon

5.
C’est bien joli, les hommages, les phrases ronflantes et souvent très creuses, quand elles ne sont pas hypocrites, - la Macronie est une experte de la parlote « bienveillante » - mais, Darmanin, où sont les résultats ? #Chahinez #Avignon #DupondMoretti

6.
Le bilan du quinquennat Macron n’est pas bon. Bien entendu, il ne pouvait pas prévoir l’ampleur de la crise sanitaire. Ceci dit, comme gouverner, c’est prévoir, on peut tout de même affirmer que Macron est imprévoyant, et donc, eh bien, son bilan n’est vraiment pas bon.
Remarquez que je suis à peu près sûr qu’une fois réélu, Macron sera bien plus prévoyant et va vite te transformer la France en vaste Start Up Nation surveillante, délatrice, fliquée d’partout caporale, de manière à éviter Gilets Jaunes et blocages divers.

7.
« Il y avait des fruits tout ronds comme des âmes »
(Apollinaire)

Rondes, les âmes ? Comme des noyaux. Ou des serpents lovés. Mais si j’écris ça, j’catastrophe le chrétien. L’âme, un serpent ? Mais non, un tuyau souple, flexible l’âme.

8.
Si l’Etat voulait vraiment lutter contre le trafic de stupéfiants, il s’en donnerait les moyens : peines de prison bien plus longues et réellement effectuées, déchéance de nationalité, etc… Mais non, on préfère bricoler dans la niaise prévention et l’économie informelle.

9.
Qu’attendons-nous ? – Un coup de tonnerre.

10.
Laisser l’Afghanistan aux mains des Talibans (qui risquent de reprendre le pouvoir, l’Afghanistan étant ainsi consolidé dans son rôle de base arrière de la nébuleuse terroriste islamiste) est une erreur dont Afghans et Occident risquent de payer longtemps le prix. #JoeBiden

11.
Monsieur Dupond-Moretti, ce n’est pas le RN qu’il faut chasser des « terres » des Hauts-de-France, ce sont les indésirables qui n’ont rien à faire chez nous et qui menacent notre sécurité et notre culture.

12.
Il se murmure que Patrick Buisson, lequel défois flirte curieusement avec un islamisme d’atmosphère, fut (est) en relation (en politique, on n’a pas d’amis, on n’a que des traîtrises) avec Mélenchon. La collaboration islamogauchiste ratisse large.

13.
Décidément, ils perdent tout, les Chinois : des virus, des bouts de fusée… Remarquez, ça peut arriver à tout le monde. Regardez LREM qui va perdre les régionales et Blanquer qui va perdre son ministère…

Patrice Houzeau
Malo, le 9 mai 2021.

8 mai 2021

MOI J'LA PREVOIS BADABOUMESQUE

MOI J’LA PREVOIS BADABOUMESQUE

1.
« - C’est horrible, murmura-t-elle. Tout… partout. »
(Agatha Christie, « La Maison du péril » [Nick])

2.
Défois y a des sonneries c’est passqu’il y a eu la guerre il y a longtemps pis qu’on dit qu’elle reviendra plus avec sa face de gueule cassée et ses millions d’âmes en fumée. Elle est ailleurs la guerre, en Afrique, avec les armes qu’on leur vend. #LeDrian #Parly

3.
« Des rangées de blancs chérubins
Remplacent l’hiver les sapins »
(Apollinaire)
C’est passqu’il y a de la neige. C’est joli, la neige. Y a des gens tous les ans ils meurent dans la neige. Ils ne ressuscitent pas. Tous les ans, ils sont différents, et meurent dans l’avalanche.

4.
Ça m’épate toujours que, comme l’écrit Apollinaire, « L’automne est plein de mains coupées ». C’est des feuilles, ces mains ; elles sèchent vite. Défois elles vont étrangler quelqu’un mais j’ai pas d’preuves. C’est juste le vent qui dit.

5.
Moi j’la prévois badaboumesque, l’année qui vient, pis la suivante, pis l’autre après que Macron, les gens auront quand même voté pour lui qu’ils ne l’aiment pas mais c’est ça ou les chiens rouges et noirs, alors…

6.
Dans ma tête, ma chanson préférée c’est quand même « Si tu savais, si tu savais, comme je m’en fous ». Je pense que c’est un hit planétaire. Cosmique même que les Aliens doivent passer dans leurs soucoupes en s’fichant d’nos fioles.

7.
Défois, y a des affaires, on dirait bien qu’elles puent. A Avignon comme ailleurs. Tiens, Mitterrand dans la boîte à mensonges. Je l’aimais pas. Je l’aime encore moins. Tiens, Nagui dans la boîte à bêtises. Je l’aime bien. Non, en fait, je m’en tamponne.

8.
Je n’aime que les comédies. Surtout celles où l’on égorge le clown à la fin.

9.
Ai revu « Phantom Of The Paradise », de Brian De Palma. Ah y a pas, c’est chouette (j’aime bien leurs yeux pis leurs cris aux chouettes) et rock n’ roll (j’aime bien le rock).
Ce soir, j’me zieuterai bien « Le Corbeau », de Clouzot. Du solide dans l’genre lucide.

10.
« Une nuit c’était la mer
Et les fleuves s’y répandaient »
(Apollinaire)

Défois la nuit c’est la mer. Et les fleuves c’est comme s’ils se donnaient rendez-vous pour aller se baigner tous ensemble dans le grand bain de minuit. Mais comme ça fait du tsunami partout, les gens et les morts sont pas contents (on les comprend).

Défois la nuit je regarde la nuit qu’il y a la mer dedans passque je suis au bord de. Mais je vois pas la mer, je l’entends seulement. A mon avis, elle raconte qu’elle nous enc… très profond et ça c’est pas poli. #Lespoètessontcons

Que les fleuves se répandent dans la mer ne m’étonne pas. Où voulez-vous qu’ils aillent. De temps en temps ils noient bien quelques riverains mais c’est quand même pas l’essentiel de leur fonction. Par contre, sont bien pratiques pour y faire disparaître.

11.
Macron a deux chiens de garde. L’un est rouge ; l’autre est noire (c’est une toutoute). Défois, il les fait aboyer pour que les gens aient peur et votent Macron. Défois, il leur dit de se taire pour se donner des airs de Macron a raison et que les gens votent Macron. Voilà. On appelle cela la Démocratie.

12.
Imaginons que la Mort me dise : tu pourras toujours vivre un jour de plus et en bonne santé pourvu que tu lises un bon livre par jour. Pour sûr, je vivrai longtemps et très très vieux. Par contre, je serai obligé d’abattre mon ordinateur d’une balle dans la nuque.

Patrice Houzeau
Malo, le 8 mai 2021.

7 mai 2021

BAUDELAIRE ET PATACHAUVE

BAUDELAIRE ET PATACHAUVE

« Il n’est pas donné à chacun à prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art ; et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage. »
(Baudelaire, « Les Foules »)

1.
Baudelaire i dit que c’est pas tout le monde qui peut prendre un « bain de multitude » que c’est pourtant pas comme ça qu’on s’lave ! Quel malprop’ ce Baudelaire !

2.
Baudelaire i dit que « jouir de la foule est un art » ; plus loin dans le poème, il utilise le mot « prostitution », l’est pas seulement impropre (comme dans l’expression à la consommation) mais il est carrément hop scène ! comme disait Mona Cousine au Moulin Rouche.

Post-tweet : Mona Cousine, elle n’existe pas : faut pas croire tout ce que je n’écris pas dans les journaux. Le Moulin Rouche non plus d’ailleurs ! C’est une scène fantôme pour jambes seules (musique : le spectre d’Erik Satie).

3.
Après Baudelaire, i dit « et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain » : l’opposition « celui-là seul » / « genre humain » c’est de la mentalité d’individualiste, d’ultra-libéral sociopathe (et pas que dans les tiroirs ! Suivez le regard de l’aveugle) !

4.
Défois dans Baudelaire j’comprends pas tout que « ribote de vitalité » je me demande que je vas être obligé de consulter un livramots (celui où les mots sont bien rangés, passque chez tous les autres auteurs, c’est tout mélangé).

Je trouve comme synonymes à « ribote » : bamboche, bombance, bombe, bringue, ripaille ; normalement y a aussi grosse bouffe mais je l’a pas trouva que quand je me dis « grosse bouffe » je pense à de gros schleus (on peut plus dire ça) qui s’empiffrent de choucroute en s’imbibant de bière.

Je rappelle qu’on ne peut plus dire « schleu » : c’est pas inclusif. On doit dire : des gens originaires du pays dont quelques millions d’habitants exterminèrent quelques millions de leurs frères humains dans l’Europe d’entre 1940 et 1945. Il faut être linguistiquement correct.

Ce qui me fait penser que tout môme, mon père vit son père blessé à mort après une attaque de stuka. C’était l’exode des frontières vers l’ouest. C’était moche. Ceux qui pensent que je suis d’extrême-droite parce que je soutiens les Généraux lanceurs d’alerte sont des cons.

Mais je suis mauvaise langue : j’aime beaucoup l’Allemagne. Je n’y vais jamais.

5.
Baudelaire, il imagine que des fées « insufflent » dans les berceaux des braillants là comme quoi voyez, la fée à Blanquer, chauve et voulant tout changer, c’est Réformette, la fée des réformes ; la fée à Macron, elle fut « en même temps » et donc assez indéterminée.

6.
Parmi les bizarres et grotesques que les fées, selon Baudelaire, insufflent aux futurs contribuables de la nation apprenante, il y aurait « le goût du travestissement » : c’est comme ça qu’on finit au Moulin Rouche, ou à la République en Marche.

7.
Parmi les saugrenues et incongrues que les fées, selon l’autre là, insufflent aux futurs apprenants de la nation contribuable, y a le goût « du masque » qu’on les croit membres d’un parti gaulliste, que les v’là fédéralistes chez Macron (n’est-ce pas Falco ? N’est-ce pas Estrosi ?…)

8.
Y a aussi « la haine du domicile et la passion du voyage » qu’les fées insuffleraient aux futurs candidats que c’est comme ça qu’on se retrouve à promener partout virus et variants, ou à mener une vie voltigeureuse (ça veut rien dire, j’adopte) dans de lointains voisinages.

« lointains voisinages » : l’oxymore est osé. Mais le monde n’est-il point un village ? C’est si vrai, qu’il suffit qu’un laborantin de Chine, hélas accompagné d’un pangolin (son repas de midi) et d’une chauve-souris (sa mascotte) glisse sur une crotte de chameau dans son labo de là-bas et patachauve ! le monde vire viral et variances.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 mai 2021.

 

3 mai 2021

PIS QUE J'VOUS RACONTE

PIS QUE J’VOUS RACONTE

1.
« Il ne faut pas oublier que la force qui évolue à travers le monde organisé est une force limitée, qui toujours cherche à se dépasser elle-même, et toujours reste inadéquate à l’œuvre qu’elle tend à produire. »
(Bergson, « Matière et Mémoire »)

2.
Une « force évolue à travers le monde » : j’ai souvent pensé que c’était la force de la Grande Saucisse à révoltes (elle est échevelée, chatoyante, charnue, chasseresse qui est un mot que j’aime bien parce qu’il me fait penser à miroir, à rose, tigre, biscuit. #Saucisse

3.
Parfois, on ouvre la cérémonie, mais il n’y a rien dedans, alors on la referme, on la recoud, on la repose. Les gens applaudissent. Parfois il y a quelque chose dedans, et quand c’est le diable jaillissant de sa boîte, les gens applaudissent quand même.

4.
Le monde est « organisé » qu’on dirait la tête à Blanquer, le ministère à Blanquer, la réforme à Blanquer, tout fut organisé puis un jour se pointa un péquin avec un pangolin sous son bras et il y eut comme d’la moumoute dans le potage. #moumoute

5.
Une force limitée cherche toujours à se dépasser elle-même. Sinon, elle serait illimitée. Et c’est ainsi que les élastiques finissent par craquer.

6.
La force qui cherche toujours à se dépasser elle-même s’appelle la force sotte. Plutôt que de rester tranquille à regarder des Barnaby à la télé, elle s’en va réformer le vaste monde là où les morts ne sont là que pour justifier l’infinie fragilité des vivants.

7.
Comme je voyais passer un plat de choucroute dans le ciel, je m’exclamai : Miracle ! Le Ministère de la Culture vole ! Cela n’eut pas l’effet escompté. Ce ne sont pas des saucisses qui plurent, mais des taxes post-réélection. #Macron

8.
« Il faut du temps à l’éclair et au tonnerre » écrit Nietzsche qu’en effet, l’éclair et le tonnerre mettent parfois un temps infini à le tricoter, leur pull long en fine laine noire qu’après ils le refilent à une chanteuse fière et ça fait enfin d’étonnants concerts dans la saison.

9.
Nietzsche écrit qu’il « faut du temps à la lumière des astres », laquelle parvenant enfin aux yeux experts de nos astro-physiciens nous raconte des durées que moi aussi je me raconte des histoires pour le tenir éveillé, le petit cosmos dans ma tête.

10.
Défois, je compte mes osses, défois qu’je mourrirais dans l’illico du presto de pas longtemps, mais le compte n’est pas juste et je suis obligé de recommencer ou alors, chez les chiens hein d’aller les chercher.

11.
Défois j’entends des voix, ce qui est étonnant parce que depuis que je suis devenu commode, mes oreilles sont tombées dans le mur. Je ne m’explique pas non plus toutes ces sottises qui m’zigouigouitent la tête pis que j’vous raconte.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 mai 2021.

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3 mai 2021

NOTES SUR LE DOS HOULEUX DU MIROIR

NOTES SUR LE DOS HOULEUX DU MIROIR

« L’énigme et la flamme n’ont d’existence simultanée que dans nos sens. »
(René Char, « Le dos houleux du miroir »)

1.
Défois, on « fait la relation d’un état personnel » comme dans René Char, qu’on a une « liaison grave avec le graphisme » de Zao Wou-Ki ou d’un autre peintre si comme moi on ne connaît Zao Wou-Ki que d’un œil oublié dans un catalogue.

2.
Dans les toiles qu’on regarde, on peut, comme René Char, y voir de la « couleur en éclaireuse déchiquetée » que moi, je la vois bien, l’indienne, pastel, fleurs et feuilles à l’affût, la fûtée. Au loin passent les adversaires, les dangereux, les malfaisants.

3.
Puis le temps nous porte à « un chaos second » pour reprendre l’expression de René Char, qu’on croit qu’elles nous télépathent des effarements, les horloges, ou bien, ce sont les mystérieuses du fond des énigmes et des parcs d’autres tableaux. #jaimebienScully

4.
Quand je lis dans un poème de René Char cette phrase : « Là perce le sortilège aérien et tellurique d’Orphée voyageur », j’avoue que cela m’évoque moins de choses que « Je prendrais un steak-frites, avec de la mayonnaise et une bière. »

5.
Parfois, les choses semblent faire écho à quelque « prophétie pressée » comme dit René Char. Quand la prophétie est pressée, on pige pas tout, elle parle trop vite, la sybille, laquelle, nous précise le poète, a « une sœur étrusque ». C’est pas simple.

6.
Selon Char (René), l’Asie « traverse le royaume des morts » et pour cela, j’ai compris que Miss Asie portait un costume de « poisson géant » (l’Asie, c’est grand) couleur de soufre noir ». Pas trop seyant, je pense ; fluvial sans doute.

7.
Char ne voit jamais dans la peinture de Zao Wou-Ki un « fleuve esseulé ». Ma cousine qui ment même quand elle dit la vérité m’affirme qu’un fleuve est souvent suivi de ses frères fantômes. Des peaux-rouges criards y capturent des équipages.

8.
Il y a souvent des fantômes dans ce que j’écris. Je connais si mal les vivants.

9.
René Char remarque que nous sommes des « parcellaires ». Que par morceaux qu’on vit. Un puzzle originel avec des pièces qu’on ne voit pas bien ce qu’elles représentent : un dieu dans une vigne ? Blanquer jouant à la marelle ? Macron et Brigitte à la plage ?

10.
René Char évoque aussi les « juristes insatiables penchés sur nos berceaux » : belle image pour dire toutes les lois et les déterminismes qui nous la calculent, notre vie.

11.
Dans le dernier paragraphe du poème « Le dos houleux du miroir » (c’est gondolant, dis donc), René Char a cette métaphore: « Le feu se fait les dents avant de bondir sur sa proie rugueuse. » Tigre, loup, - ô Blanquer -, brouette, harpe, coronavirus, gomme.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 mai 2021.

3 mai 2021

STRATEGIE DU GRAND ZIGOUIGOUI BAVARD

STRATEGIE DU GRAND ZIGOUIGOUI BAVARD

1.
Levant les yeux, je vis passer le grand zigouigoui bavard et sa stratégie globale de formation. Je fus fasciné en songeant que cela fait déjà quelques années que le système éducatif français forme surtout à s’inscrire à l’université en attendant on ne sait quoi. #Vidalégentile

2.
« Je vis une brève lueur verte passer dans les yeux de Poirot.»
(Agatha Christie traduit par Françoise Bouillot, « Le Crime du golf » [Hastings])

Chez Poirot, l’intelligence est verte.

3.
« Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir »
(Rimbaud, « Ophélie »)

Un fantôme souvent qu’c’est en blanc qu’ça se représente. Pourquoi, je sais pas. Après, le fantôme, c’est du temps bloqué, en boucle. Alors, mille ans ou deux vers, hein ?

4.
Les petits lutins (zont des haches et des couteaux défois) dans ma tête, je sais pas quelle langue ils causent ; j’comprends que couic à ce qu’ils racontent. #quecouic

5.
Je me dis : « Le ciel est bleu. » Je me dis : « La nuit est noire. » Je regarde les spaghettis danser le long de la mer, laquelle ouvre une grande gueule que je ne vois pas parce que la nuit est noire et les yeux du ciel fermés.

6.
Parfois, j’ai une tête. Parfois, je n’en ai pas. Est-ce que vous rentrez à l’hôtel ? Une femme rousse parle de vengeance. Va-t-elle sortir de sa phrase et me trancher la tête ?

7.
Rimbaud était plus en beaucoup plus de choses que moi. Céline aimait les croissants et avait du rythme plein ses pages. Moi aussi j’aime les croissants. Ils sont morts tous les deux mais pas en même temps.

8.
Je n’aurais pas aimé être un cheval. Les chevaux ne parlent pas anglais. Ils en ont l’air seulement. Je ne parle pas anglais et ma langue m’abandonne.

9.
Le Sphinx, en voilà une gueule cassée. Il a aussi de grandes papattes de pierre. Mon chat a des moustaches. Hercule Poirot a des moustaches, même quand il est doublé par Roger Carel.

10.
J’aime bien les voyages car je n’en fais pas. D’ailleurs, je ne crois pas au monde extérieur. Ce n’est qu’une illusion, ce monde extérieur qu’on nous montre à la télé parce qu’il faut bien montrer quelque chose. #AlatéléyaBlanquer

11.
Alors Hercule Poirot, interprété par Peter Ustinov et doublé par Roger Carel, vit le cobra dans le miroir. Heureusement, moi, je n’ai pas de cobra dans mon miroir. Affolant tous ces endroits où ça peut se nicher.

12.
En fin de compte, j’aurais été mauvais en tout, et surtout en moi.

13.
Parfois, je n’aime pas les gens ; parfois, les gens, je les aime bien mais en fait pas du tout. D’ailleurs, il ne faut pas perdre plus de temps qu’il en faut avec les gens et leurs livres ; ils sont bien meilleurs que vous, ils vous feraient honte.

14.
Comme je ne crois pas en l’existence du monde extérieur, je ne crois pas en l’existence des gens qui sont dedans, ni aux autres dieux. Mais si elle est plate ? Je m’interroge… Cela veut-il dire que ces gens et leurs dieux sont plats comme crêpes et limandes ? #LeMondeExtérieur

15.
Alors il lui donna une échelle pour qu’il y grimpe et aille libérer sa dulcinée prisonnière du tout en haut du donjon, puis, lorsque le chevalier servant fut à mi-parcours, il commença à donner de grands coups de hache dans les barreaux.

16.
Le ministre de la justice a une grosse tête. On l’appelle aussi le garde des sceaux mais il a une grosse tête quand même. Le ministre de l’intérieur a une petite tête. Macron est une tête. Je n’aime pas les têtes. Je n’aime pas les gens intelligents. Sont bêtes.

17.
Quand je pense à la tête à Blanquer, je pense à la tête à Blanquer. C’est pas plus inspirant. Pas plus réconfortant. Pas plus intéressant que lorsqu’il parle. Quand Blanquer parle, je deviens sourd. Du reste, je n’écoute vraiment que Zut.

18.
Il y a deux mézigues : le bon zig, pédagogique, bienveillant, mal payé pour ce qu’il ne fait d’ailleurs qu’avec un intérêt très relatif (enseigner, c’est chiant) et celui qui me hante, qu’est pas vraiment sympathique, pas assassin non plus, notez, mais pas sympathique.

19.
Je ne crois pas en l’avenir de la démocratie : il y a trop de gens dedans.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 mai 2021.

2 mai 2021

LA TERRE PLATE J'EN AI FAIT LE TOUR

LA TERRE PLATE J’EN AI FAIT LE TOUR

1.
David Niven a l’accent anglais quand il est doublé dans les films qu’on montre aux Français. Je suis certain que le fantôme de David Niven a lui aussi un parfait accent anglais.

2.
Quand les oiseaux se regroupent par milliers et dansent au crépuscule, en grandes vagues, on appelle cela murmuration. Il y a aussi l’humaine condition, l’humaine aberration, la constipation, la consternation (apprenante), les scorpions, les champignons.

3.
Les pyramides d’Egypte, c’est bien. Je ne les verrai jamais. Je me demande si elles existent vraiment. Si ça se trouve, les pyramides sont mortes depuis des siècles, et ce sont leurs fantômes pyramidaux qui hantent les sables.

4.
Alors, j’entendis un pas ; je me retournai et vis un pied. Une grosse pierre tomba en balbutiant parce qu’elle était bègue comme un pied. La pierre se répétait. C’était une pierre radoteuse.

5.
Comme on l’appelait le Sphinx, je me demandai qui exactement reposait dans le sarcophage qu’il avait bien dû engloutir quelque part dans la durée de ses années de formation. #coincoin

6.
Quand je me regarde, parfois, je ne me vois pas. Opaque à moi-même, je devrais bien me munir de quelques lumières dans ma tête. Ce qui me permettrait de ressembler, ne serait-ce que vaguement, à mes collègues. #stratégieglobaledeformation

7.
Si je pouvais, je plongerais ma main dans l’âme de ma tête (où sinon serait-elle ?) pour y pêcher le poisson-chat qui me hante l’aquarium, qu’à vrai dire je ne sais plus à quoi ressemble un poisson-chat et qu’en plus, je m’en fiche, des poissons-chats.

8.
Dans une vie antérieure, je fus professeur de rien au néant. On y parlait beaucoup politique et soupe à la tomate. J’aime bien les tomates. Je n’aime pas beaucoup Jean Castex mais ça c’est parce que je ne le connais pas et qu’en plus je n’aime pas les gens.

9.
A vrai dire, ça ne se voit pas trop que je n’aime pas les gens. Certains s’en doutent, mais ne disent rien. Ils restent discrets sur ma misanthropie et cessent tout à coup de me saluer. Ils ont compris. Je ne les en aime pas plus pour autant. #méchant

10.
J’ai atteint l’âge où je suis de moins en moins jaloux du talent des autres. J’attends leur mort.

11.
Je n’ai absolument pas l’oreille. Zut reconnaît chaque timbre, chaque grain de voix, chaque doubleur. Moi pas. Mon lutin à moi dans ma tête me parasite l’oreille où il y susurre une langue tout en zigzags et toboggans et absolument incompréhensible.

12.
Heureusement que je ne pige pas un mot de ce que dit le lutin de ma tête parce que je sens que ça ne doit pas toujours être ni très poli, ni très amical. #bigoudi

13.
J’aurais passé pas mal de temps avec Hercule Poirot. Pas tant qu’avec mon boulot, mais quand même pas mal. Les deux m’ignorent complétement. Je préfère Poirot.

14.
J’aime bien le soir. Je ne dors pas encore et pourtant il fait nuit. Les mensonges que me racontent les politiques sont bien réels. Après, il y a un film que je regarde si je le connais déjà et que je l’aime bien. Je n’aime pas les films sérieux et inconnus. #abstention

15.
Baudelaire fut le premier à évoquer les spectres modernes, ceux des villes. Moi, je ne préfère pas la campagne, mais je n’aime pas la ville : il y a trop de gens dans les rues, et dans les champs trop de fantômes (surtout le soir).

16.
C’est dans le passé que nous comprenons pourquoi nous sommes en train de nous planter. Mais le prix du voyage est, dit-on, exorbitant. #poireau

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2021.

2 mai 2021

CHRONIQUE DU 2 MAI 2021

CHRONIQUE DU 2 MAI 2021

1.
Début mai 2021, on se demanda en France si l’épidémie de covid était en passe d’être vaincue, ou si le virus nous réservait d’autres mauvaises surprises. Le mot « surprises », en voilà, du réel ; lequel ne cesse de nous en vomir, des surprises.

2.
Début mai 2021, certains jugèrent en France risqué le pari tenu par Macron de déconfiner malgré des taux de contaminations qui restaient élevés. On commençait à parler ici et là, en vue des élections régionales, de rapprochements entre LREM et LR.

3.
En avril 2021, on moqua beaucoup Blanquer dont une vidéo le montrant jouant à la marelle pour paraître sympathique (ou pour toute autre raison) tourna sur les réseaux sociaux. Il y eut une policière assassinée. Des généraux à la retraite grognèrent. La droite montait.

4.
En mai 2021, il sembla que Blanquer recommençait à nier le rôle des écoles dans la circulation des virus. Beaucoup jugèrent qu’il mentait sciemment et cyniquement. Il avait certainement convaincu Macron, lequel avait bien trop creusé la dette pour pouvoir réellement reconfiner.

En mai 2021, beaucoup jugèrent que Blanquer n’ayant que trop menti, ses demandes perdaient beaucoup de leur légitimité.

5.
En 2021, j’ai pensé que la pandémie de covid-19 avait accéléré le processus de surveillance de tous par tous sollicité depuis quelques temps déjà par l’Etat. Virtuellement, la liberté individuelle était morte. La démocratie risquait bien de connaître le même sort.

6.
En mai 2021, je me suis demandé par quel biais Blanquer tenait Macron. Il me semblait de plus en plus évident qu’une sorte de pacte liait ces deux hommes. On évoqua une possible influence de Brigitte Macron. Cela devenait inquiétant.

7.
En mai 2021, j’ai pensé que l’épidémie de Covid faisait de la France une sorte de vaste Lycée dont le règlement intérieur changeait selon les aléas économiques et politiques de l’équipe de direction menée par Macron. Il y avait de plus en plus de pions.

8.
Le 1er mai 2021, on accusa les blacks blocs de s’en être pris violemment à des manifestants de la CGT et à des pompiers. Je me suis demandé si autonomes d’extrême-gauche et anars ne s’étaient pas fait infiltrer par des voyous, des fachos ou des provocateurs.

9.
Le 2 mai 2021, on ne parlait déjà plus de la Tribune des Généraux. Je supposai que l’armée allait régler ça en interne. Les politiques minimisaient l’incident, qui allait cependant laisser des traces et témoignait du trouble dans lequel était plongé le pays.

10.
En mai 2021, il sembla évident que LR et LREM se rapprochaient. Dès lors, une réélection de Macron en 2022 avec l’aide des LR semblait inévitable. Le scénario paraissait écrit d’avance. Le socialisme en France était mort. On s’attendait à une radicalisation de la gauche.

11.
En 2021, certains ne se cachaient plus pour dire que LREM, le parti présidentiel, était une « catastrophe » (dixit Philippe Besson, ami personnel, dit-on, du couple Macron). J’ai pensé que le LREM était un parti fantoche qui n’avait pas d’autre fonction que de permettre à Macron de se faire élire par une partie de la gauche en 2017 pour se faire réélire en 2022 par une partie de la droite.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2021

 

2 mai 2021

QUI AGIT QUI RESTE

QUI AGIT QUI RESTE

1.
Il y a une pochette d’un disque de Deep Purple où, sur fond de dunes blanches, on voit un astronaute se désintégrant, c’est-à-dire qu’il se particularise, le particulier, qu’il se volatilise peu à peu en particules que le vent des confins sidérés emporte, pareilles aux choses qui sont mortes là, dans le passé.

2.
Sur la pochette signée par Robert Crumb du disque « Trop de routes, trop de trains », des Primitifs du Futur, deux patibulaires seraient sur le point de s’régler un compte qu’ça n’étonnerait pas. Y a une rousse en vert, une rouge tire, l’enseigne « Le Chat Bleu ».

3.
Dans « « Songe d’un matin d’hiver » (in « Les Celtiques », de Hugo Pratt), le visage de la fée Morgane, blanc, noir, couronne de fleurs et longs cils noirs. En arrière-plan, les étranges pierres de Stonehenge.

4.
La couverture de l’album « Le Sceptre d’Ottokar » : Tintin et Milou franchissant le pont-levis quittant la grande entrée à herse gardée par deux fiers moustachus, laquelle grande entrée donnant sur une vaste cour au fond de laquelle se trouve une grande porte gardée par deux fiers moustachus.

5.
La couverture de l’édition Club des Masques du roman « Le Colonel est retourné chez lui », d’Exbrayat : façon tableau surréaliste, un bord de mer avec falaise hanté par une immense cornemuse flottant en l’air, une jeune fille éperdue en bikini file comme au-dessus du sable.

6.
La pochette de « Physical Graffiti » de Led Zeppelin : issue du temps qu’elle en est si sale, la vaste façade, têtes sculptées, fenêtres à images comme autant d’allusions, d’énigmes, comme s’il y avait là quelque rébus, quelque chose qui agit et qui reste à déchiffrer.

7.
« Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. »
(Baudelaire « A une heure du matin »).
Moi aussi, j’aime bien la nuit.

8.
« Vive le Compagnon ! » j’entends ça dans un épisode télé d’Hercule Poirot. Le « compagnon », c’est l’inspecteur Japp ainsi intronisé à Bruxelles dans chais plus quel ordre. J’aime bien le mot compagnon, ceux de la bande des noms en « -nions » comme lune et prunelle.

9.
« Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs. » (Baudelaire, « Un hémisphère dans une chevelure »)

Le mot « élastique », il commence par s’allonger puis il fait un son comme çui du claquement d’un élastique. Le mot « souvenirs » n’évoque aucun souvenir ; par contre, le verbe « manger » moi, ça m’rappelle la salade.

10.
« La société entière se scinde de plus en plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes qui s’affrontent directement : la bourgeoisie et le prolétariat. »
« Manifeste du parti communiste (1848), Marx et Engels, traduction de Molitor)
Cette phrase me fait penser au jeu de go, mais avec des morts, aussi aux sots qui croient au progrès universel.

11.
« Or, Dieu est l’un et l’autre ; il est bien avant tout l’être de tous les êtres, mais, comme tel, il doit cependant exister aussi par lui-même »
(Schelling, « Conférences de Stuttgart », traduction de Jankélévitch)

J’aime bien les phrases ou y a de l’être qui est l’un et l’autre comme dans les romans d’espionnage, que du coup, Dieu, je me demande, pour qui œuvre-t-il ? Pour son propre compte ? Ou alors hein ?

12.
« Ecoutez, prêtez l’oreille : même très à l’écart, des livres aimés, des livres essentiels ont commencé de râler. » (René Char, « Cruels assortiments »)

J’aime bien l’idée que les livres commençassent à râler, que du coup, je me demande, les bibliothèques, grognonnes le sont-elles toutes et entièrement ?

13.
Reconnaissant ainsi à un personnage de fiction la puissance d’un être agissant sur le réel, le chapitre neuf de « Sans parler du chien », de Connie Willis porte en exergue une citation d’Hercule Poirot : « Dans les petites cellules grises du cerveau se trouve la solution de tous les mystères ».
Je note que de tous les êtres de fiction, le dieu unique est sans doute celui qui eut infiniment le plus d’influence sur le réel.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 mai 2021.

 

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