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25 juin 2025

AUSSI SEUL QUE L’OS

AUSSI SEUL QUE L’OS

 

« L'étoffe de son vêtement protecteur brillait de gouttelettes microscopiques comme des perles et il restait affaissé, un cadavre, au pied de la machine. » 
(Boris Vian, « L'Herbe rouge »)

 

1.
L’étoffe n'est pas d'une seule nuit. 

 

2.
On ne la fait pas à un oiseau. Vous ne gazouillerez pas mieux le latin des petits matins mieux que lui.

 

3.
De son vêtement protecteur, il ne fait pas un rhinocéros. Il n’en reste pas moins aussi seul que l’os.

 

4.
Ce qui brillait, ce n’était pas la pluie car ce n'est pas de la pluie qui sortait du corps perforé (de plus, il ne pleuvait plus).

 

5.
Les gouttelettes microscopiques parfois, des poignards ; des poignards, les gouttelettes microscopiques. On ne méfie jamais assez de ce qui tombe du ciel. Demandez aux Perses.

 

6.
On ne cherche pas des perles quand on mange des moules.

 

7.
Ce n'est pas en restant affaissé qu'on fait la vaisselle, qu'on fait des vaisseaux, qu'on voue le hareng saur à la ficelle.

 

8.
A bon bec biscuit sec ne suffit pas.

 

9.
N'oubliez pas de vérifier la serrure du placard, votre cadavre pourrait avoir des envies d’évasion, ou même simplement de se dégourdir les osselets.

 

10.
Ce n'est pas au pied de la machine qu'on récite des sonnets en forme de chaussures.

 

11.
Le rock est-il mort avec la disparition de Gene Vincent ? Le punk est-il mort avec celle de Ian Dury ? La chanson prétentieuse est-elle morte avec les derniers disques de Léo Ferré ? 

 

12.
J’écoute sur Arte un concert de Madness. Je ne sais pas trop ce qu’ils racontent (mon anglais a eu le covid) mais la musique est plaisante. Du bon pop/rock sans bidouilleries électroniques mais une section de cuivres comme dans les années 60-70. Honnête.

 

13.
Hier soir, à la télé, un concert de Roberto Alagna d’il y a assez longtemps maintenant : voix et charisme, airs siciliens, chansons italiennes, et même « Les Filles du bord de mer », de Adamo. Bravo.

 

14.
Le temps passerait-il plus vite que prévu ?

 

15.
On nous vante régulièrement l’allongement de la carrière professionnelle jusqu’à 64, 67, 70 ans (!!!). Nous prendrait-on pour des cons ? Et puis, si c’est pour finir comme Mélenchon à ne plus savoir distinguer son extrême-droite de son extrême-gauche, confondre laïcité et islamisme, trissoter sur la créolisation de la langue française, euh hein bon.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juin 2025.

 

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25 juin 2025

JAMAIS JUSQU'AU BOUT

JAMAIS JUSQU'AU BOUT

 

« Des rêves couraient devant Folavril ; au passage, elle y accrochait ses yeux ; paresseuse, elle ne les suivait jamais jusqu’au bout. »
(Boris Vian, « L'Herbe rouge »)

 

1.
Les rêves courent vite ; on s'épuiserait, s'essoufflerait, s'éreinterait à vouloir les rattraper. Aussi, nous contentons-nous.

 

2.
Ne parlez à votre tête qu'avec l'accord de vos genoux.

 

3.
En folavril, ne te découvre pas d'un fol fil ; en mai, parfois le sorbet.

 

4.
Prière de ne pas jeter ses noyaux de cerises sur le crâne des députés.

 

5.
Ce n'est pas au passage que l'on attrape comètes et comédies.

 

6.
Cela fait longtemps que je n'ai jamais joué au yo-yo, au piano, à la guitare, ni mangé de tarte au riz.

 

7.
N’accrochez pas vos yeux n'importe où ; on pourrait vous voir.

 

8.
Inutile de siffler, il reviendra tout seul, le soir, comme tous les soirs, le soir, hein le soir, qu'il reviendra tout seul, le soir.

 

9.
Combien de poissons se cachent-ils sous la peau des langues ?

 

10.
Les linguistes bien sûr que lorsqu’ils l'ont donnée au chat, les voilà parfois qu'ils doutent, errent, tanguent.

 

11.
« Paresseuse, c'est la ouate qu'elle préfère » ou quelque chose comme ça, est un truc d'une chanson d'il y a quelques années (en tout cas, bien avant que Macron vienne nous casser les pieds), ritournelle dont j'ai à peu près tout oublié, sinon qu'elle fut joliment indolente, joliment sotte, joliment agréable. 

 

 

12.
Il est généralement conseillé de ne pas suivre les ânes jusqu'au bout, surtout s'ils font de la politique.

 

13.
Je constate que dans le cas de Paul Claudel, on ignore encore le point de vue du pilier de Notre-Dame.

 

14.
Méfiez-vous des gens, parfois, il y en a qui sont vivants.

 

15.
Juin 2025, dans l'éducation nationale, aura été le mois de l'échec cuisant d'une bidulerie technocratique de plus, le « parcours Y », merveille de sottise et d'ineptes éléments de langage. Comme prévu, les élèves des LP ont fui cette ânerie en courant.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 juin 2025

28 décembre 2024

ULI DUKDUK FOURIER

ULI DUKDUK FOURIER

 

1.
« Toi qui ronges la plus odorante feuille de l’atlas
        Chili
Chenille du papillon-lune »
(André Breton, « La moindre rançon »)
Ce papillon-lune évoqué par le poète est-il :

 

- Une pure invention surréaliste au même titre que, par exemple, la « girafenêtre » du poème « Mot à mante » ?
- C’est un grand papillon américain, jaune taché de roux, et qui se colle aux fenêtres les nuits de pleine lune ? 
- « C’est un grand papillon vert amande finissant en clé de sol qui passe vers minuit. » ?

 

2.
« Tu es encore couvert de terre et de sang tu viens de créer »
(André Breton, « Uli »)
De qui le poète parle-t-il ?

 

- D’un célèbre sculpteur surréaliste avec lequel il ne s’était pas brouillé ?
- D’un dieu océanien nommé Uli, dont il posséda d’ailleurs une représentation sous forme de statue ?
- D’un dieu océanien nommé Uli, avec lequel il avait parfois de longs dialogues (c’est une chose qu’on sait même si le poète, surtout depuis qu’il a disparu, n’en parle jamais) ?

 

3.
« Le sang ne fait qu’un tour
Quand le dukduk se déploie sur la péninsule de la Gazelle »
(André Breton, « Dukduk »)
Le dukduk, quoi-t-esse ?

 

- Un oiseau des îles dont le cri se transcrit par « doukdouk-doukdouk-doukdouk-nougat » ?
- Un couteau de poche fabriqué depuis 1929 par la coutellerie Cognet de Thiers (Auvergne), et qui porte ce nom car « sur le manche de ce couteau figure une représentation d’un douk-douk » ?
- Un esprit incarné dans la culture mélanésienne et aussi le nom d’un membre de la société secrète Dukduk à masque conique surmonté de plumes blanches ?

 

4.
« En ce temps-là je ne te connaissais que de vue
        Je ne sais même plus comment tu es habillé
        Dans le genre neutre sans doute on ne fait pas mieux »
(André Breton, « Ode à Charles Fourier »)
Ces mots sont les premiers du poème « Ode à Charles Fourier », publié en 1947. Qui était Charles Fourier ?

 

- Un poète obscur du XIXème siècle considéré par André Breton comme un précurseur du surréalisme parce qu'il considérait, Fourier, entre autres et d'après ce que je lis sur Wikipédia, que « l'attraction passionnée s’exprime en chaque être humain par l'intermédiaire de douze aiguillons » ? 
- Un penseur du genre philosophique à idées représentant du courant appelé « socialisme utopique » ?
- Un auteur de science-fiction (1772-1837) spécialisé dans les descriptions de sociétés communautaires ?

 

5.
« On a préféré la bonne vieille méthode
Qui consiste à pratiquer des coupes sombres dans la multitude fantôme
Sous l'anesthésique à toute épreuve des drapeaux »
(André Breton, « Ode à Charles Fourier »)
Que dénonce ici le poète ?

 

- La guerre comme moyen d'anesthésier les consciences et les libertés individuelles ?
- La multiplication des fantômes en milieu urbain ?
- La guerre comme outil de rétablissement de « l'équilibre de population » c'est-à-dire, je cite André Breton, un « nombre de consommateurs proportionné aux forces productives » ?

 

6.
« L'esprit du lendemain ne hasarde pas plus de trois poils de moustache hors du terrier. »
(André Breton, « Ode à Charles Fourier »)
Quelle signifiance ici ?

 

- Que l'humain, c'est rien qu'du lapin, ou du veau, ou du bipède inconséquent ?
- Que le président Macron serait-il pas l’exemple même du trissotin : très diplômé et très sûr de la valeur de ses diplômes, très cultivé, très sachant et sachant parler sachant, et pour en arriver à quoi ? : une France surendettée en proie aux extrémismes de gauche comme de droite. 
- Que défois, en sortant du terrier, on se prend un coup de fusil ?

 

7.
Il y a quelques jours, « Mon petit doigt m'a dit » et aussi « Le Crime est notre affaire », deux films de Pascal Thomas, d'après Agatha Christie, sortis respectivement en 2005 et 2008, avec les excellents André Dussollier et Catherine Frot. Virtuosité dans l'art de ne pas s'appesantir, efficacité du gag-parenthèse, musicalité, mystère, humour et « léopard tacheté ».
Revu hier soir « Confidences pour confidences » (1979) car j'apprécie beaucoup les films de Pascal Thomas. Chronique d'une famille française  de la fin des années 60, début 70, humour, trente glorieuses et désillusions. Virtuose itou.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 28 décembre 2024.

21 juin 2025

MA VERITABLE ADRESSE

MA VERITABLE ADRESSE
 

 

« Je suis tellement dans la lune, je donnai au chauffeur ma véritable adresse, juste par habitude et tout. »
(Salinger, « L’Attrape-cœurs », trad. Jean-Baptiste Rossi [le narrateur]) 
 

 

Je m'écoute du Charlie Mingus parce que j’aime bien le jazz aventureux de Charlie Mingus il y en a qui préfèrent le foie de veau moi je veux bien mais question jazz le foie de veau ça se discute Après je
Suis pas tellement (suis-je pas tellement ?) j'écoute des tas de trucs dans le genre pop rock variétés internationales, des vieux Johnny Mathis, du Duke Ellington, les Beatles, Zappa, Charlebois et Nina Hagen et aussi du blues mais le jazz c'est quand même la reine des musiques 
Tellement c'est beau et complexe Après c'est surtout tellement
Dans la lune que je suis que Zut me dit toujours eh oh à quoi tu là qu't'es tout parti
La lune que j'écoute aussi défois le Dark Side of the Moon du Pink Floyd et bien sûr, le morceau Eclipse qu'à propos de
Lune et de Charlie Mingus je l'ai souvent écouté ah oui
Je l'ai souvent écouté « Eclipse » (de l’album Pre Bird) que je vous en cite le   début : « Eclipse, when the moon meets the sun / Eclipse, / these bodies become as one ») Je
Donnai ma langue au chat parce que je m’étais posé une question.

 

Au chat donc ma langue et quant au
Chauffeur s'il avait une tête de chat ça je ne m'en souviens pas de
Ma véritable adresse - mon avis est que je me pose défois trop de questions ; donc j'ai beaucoup de langues perdues – ma 
Véritable adresse celle où j'ai situé ma boucle actuelle mon 
Adresse quoi je sais pas si elle existe sur la Lune ou sur Mars mais
Juste je suis distrait et ma pensée flotte
Par monts et merveilles que c'est donc par
Habitude qu'un chat passant par là 
Et hop j'ai plus d'langue 
Tout muet soudain me demandant qu'est-ce que je disais déjà.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 juin 2025

21 juin 2025

IL S'ARRACHA A CES LIEUX

IL S'ARRACHA A CES LIEUX

 

« Il s'arracha à ces lieux et rentra dans la maison, non plus en frôlant la muraille mais en traversant la neige au beau milieu de la cour. » 
(Kafka, « Le Château », trad. A. Vialatte).  

 

Il de la page 159
S'arracha et je ne sais pas s'il eut mal à s’arracher comme ça parce que défois qu'on s'arrache ça ouillouillouille qu'on s’arracha
A ces lieux et ça non plus je ne le sais pas si c'était bons ou mauvais lieux (j'écoute ce bon vieux « Every Day I Have the Blues » par Count Basie) des filles passent en noir et blanc dans ma mémoire il y a la mer de la musique plein la plage et de la revenance qu'il pleut.  

 

Ces doigts je ne me les couperai pas, parce que ce sont mes doigts et ces
Lieux je ne les hanterai pas, parce qu'ils ne sont pas de ma boucle.
Et j'écoute aussi l’album « Angstlos », qui, à mon sens, est un des meilleurs albums de Nina Hagen, qu'à l’époque j'avais fait la moue parce que c’était plus du tout rock n' roll guitare-basse-batterie mais très électro avant l'heure (et marrant et baroque), mais bien fichu complexe et cette virtuosité étopatante de la voix de Nina Hagen ah la la pendant ce temps là que le pronom personnel de la page 159
Rentra dans la maison comme cézigue entre dans un café parce que cézigue quand il a des sous aime à entrer
Dans les cafés où il boit de la bière en contemplant vaguement la comédie que se jouent les vivants pour se prouver qu'ils sont encore vivants (et là, je pense qu'il y a bien des pays où l'on n'est pas aussi libre qu'en France de rentrer dans les cafés boire de la bière en racontant les âneries qui font de nous des citoyens ordinaires) mais revenons à notre personnage de la page 159 que lui il rentra dans
La maison et je ne sais pas si cette maison était hantée ou pas que d'une certaine manière les textes de Kafka ne sont-ils pas hantés par le fantôme de la liberté ? (bah le lieu commun dis) donc dans la
Maison il rentra pour y continuer son histoire dont je ne sais plus grand chose parce qu'il faudrait que je relise « Le Château ».

 

Non, ces doigts je ne me les couperai pas, parce que ce sont mes doigts et ces lieux je ne les hanterai pas non
Plus, parce qu'ils ne sont pas de ma boucle.

 

En juin 2025 il fait très chaud en France et on dit que c’est une conséquence du réchauffement climatique et c'est en
Frôlant des températures à s'énerver pour un oui un non que l'on commence à piger que les prochaines années pourraient être pénibles pour un tas de raisons. 

 

La canicule attendait pour nous sauter à la gorge semblait-il La
Muraille moi non plus je ne la frôle pas défois que des mains en jailliraient pour m'attraper.

 

Mais que dis-je que fis-je qu'écrivé-je 
En entendant Nina Hagen chanter « The Change » (« Yes, we have to do the Change /  We have to do the Change /  We have to do the Change »)
Traversant la rue il ne vit pas que 
La neige (la neige me flanque défois la caboche de cette longue jeune fille en chemise blanche et tresse noire) la
Neige est pleine de revenantes (que l'on croise parfois sur des pochettes de disques des albums de bande dessinée des magazines).

 

Au soleil qu'ils vont les gens à la plage sur la digue il fait chaud il fait
Beau ils se sentent alors au 
Milieu du monde l'Occident riche prospère fragile lézardé assiégé.

 

De ce mois de juin 2025 que retiendrons-nous ? Qu'Israël a vaincu
La république islamique d’Iran et ses mollahs assassins ? Qu'en France  certains à droite font la
Cour à l’extrême-droite pendant que d'autres se demandent quand ils vont enfin pouvoir trahir le président Macron de moins en moins populaire, de moins en moins écouté.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 21 juin 2025

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14 juin 2025

PLUS IL Y A DE FOUS PLUS ÇA S'TUE

PLUS IL Y A DE FOUS PLUS ÇA S'TUE

 

1.
Il suffit d'écouter la radio pour comprendre que la paix perpétuelle n'est pas pour demain. Nous serons tous morts avant en vertu du principe que plus il y  a de fous, plus ça s'tue.

 

2.
« Le fantôme se dressa d'un bond, avec un hurlement sauvage de colère, et les traversa comme une brume, éteignant en passant la bougie de Washington Otis, ce qui les laissa tous dans l'obscurité complète. »
(Oscar Wilde traduit par Jules Castier, « Le Fantôme de Canterville »)

 

Les fantômes se dressent d'un bond - Si les hurlements ne sont pas sauvages, alors que sont-ils ? - Le réel est traversé de brumes ; il se pourrait même que le réel soit une brume - Qui se nomme Washington est appelé Washington – Nous sommes tellement habitués à l'obscurité que nous l'appelons lumière. 

 

3.
« Durant cinq jours, il garda la chambre, et se décida enfin à abandonner la question de la tache de sang sur le parquet de la bibliothèque. » 
(Oscar Wilde, « Le Fantôme de Canterville »)

 

Si on garde la chambre cinq jours, doit-on payer la semaine ? Que deviennent les questions abandonnées ? Y a-t-il un asile des questions abandonnées ? Y a-t-il des réponses orphelines ? Est-ce en relisant « Le Fantôme de Canterville » qu'Agatha Christie eut l'idée du « Cadavre dans la bibliothèque » ? 

 

4.
« Il était assis à la fenêtre, observant l'or en ruine des feuilles jaunissantes tourbillonner dans l'air, et les feuilles rouges danser follement dans la longue avenue. »
(Oscar Wilde, « Le Fantôme de Canterville »)

 

Ce n'est pas parce que l'on est assis à la fenêtre que l'on peut prédire l'avenir ; on peut tout de même dire s'il pleut. 
Si les feuilles jaunissent, c'est que le temps passe et que je suis en retard.
Non, ce matin, aucun essaim d'éléphants ne tourbillonna dans l'air.
Les feuilles rouges ne sont pas timides.
On ne danse follement dans la longue avenue que si on est autorisé à danser follement dans la longue avenue, le maître des feuilles y veille jalousement.

 

5.
« - Oh ! comme je déteste la sévérité facile de l'éthique abstraite ! » dit le Fantôme de Canterville à la petite jeune fille.
L'humour de Oscar Wilde nous console de bien des Angleterres.

 

6.
Je mourrai d'une tumeur par amour immodéré du jeu de mots stupide.

 

7.
« Une fois à New York, vous aurez certainement beaucoup de succès. Je connais des tas de gens qui donneraient cent mille dollars pour avoir un grand-père, et bien plus encore pour avoir un fantôme de famille. »
(Oscar Wilde, « Le Fantôme de Canterville », [Virginia])

 

Jamais je ne dirai « Une fois à New York, je » .
Nina Hagen a eu beaucoup de succès avec son rock insolent et sa voix virtuose.
Moi aussi, je connais des tas de gens mais pas un qui pourrait débourser cent mille dollars pour quoi que ce soit.
Je n'ai pas connu mon grand-père paternel ; les nazis l'ont assassiné.
Comme toutes les familles, la mienne a ses fantômes.
L'usage des fantômes est une nécessité familiale.
J'ai fui les miens ; ils n'en sont pas moins puissants pour autant.
J'écoute Nina Hagen en buvant de la bière rouge.

 

8.
Il va de soi que Israël (qui est grand comme deux départements français, je le rappelle) n'a pas vocation à supporter une menace permanente qui pourrait quelque jour l'anéantir sous les yeux effarés de l'Occident timoré.

 

9.
Le 13 juin 2025, Israël a commencé à annihiler la menace nucléaire que l'Iran des mollahs fait peser sur le monde libre. Cris d'orfraie chez Mélenchon et ses abonnés. Réticences ambassadrices. Ne soyons pas hypocrites, Tsahal en débarrassant le monde du Hamas, du Hezbollah et de la menace iranienne fait certes un drôle de sale boulot, mais rend service à l'Occident.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 14 juin 2025

14 juin 2025

CE QUI FUT NE GRATTERA PLUS DE MOULES

CE QUI FUT NE GRATTERA PLUS DE MOULES

 

« Et je ne vois pas pourquoi ce qui fut possible en musique serait impossible en littérature... »
(André Gide, « Les Faux-monnayeurs » [Edouard])

 

Et comme je commençais à m'escargasser la cafetière
Je me rendis compte que le démon de l’exagération avait pris ma fourchette
Ne pensez pas à mal de ma pomme je fais ce que je pouille je ne
Vois que Charybde en Scylla charades en syllabes charpie en Syrie et v'là qu'ça méchouille méchamment
Pas d'autre issue que de bricoler en bafouillerie 
Pourquoi vivre si ce n'est pour ce je ne sais quoi dont on ne saurait dire qu'en fait c'est presque rien qu'c'est mes couilles.

 

Ce truc d'idéal je lui donne pas ma grenouille de toute façon elle est vide
Qui sait comment ça s'grouille et dégrouille et dérouille la foule ce qui
Fut jamais plus ne grattera de moules ne reconstruira Gaza ne rêvera de terre promise.

 

Possible que Gaza disparaisse tout à fait et qu’Israël repousse ainsi un peu plus une menace permanente (comment dès lors reconnaître un état palestinien si ce n'est par pure hypocrisie européenne ?).
 

 

En politique je suis nouille mais je sais que les couteaux s’aiguisent (cela fait longtemps que je le dis) La
Musique console (Nina Hagen a-t-elle fait avec sa voix ce que Jimi Hendrix a fait avec sa guitare ?) ; la littérature aussi, « les surveillantes envolées » ; ai expliqué aujourd'hui à une élève à quel point cette économie stylistique à l’œuvre dans « Le Ravissement de Lol V. Stein », de Marguerite Duras était précieuse. L'apprenante
Serait bien inspirée de s'en inspirer, à condition que les cochons ne la bousillent pas.

 

 

Impossible n'est pas françouille et je mange des nouilles ou de la semoule avec  légumes pas chers en bocal pour le couscous
En bref je rame (et rime vaguement) mais pas plus que beaucoup de mes contemporains heureusement il y a la
Littérature et ses fantômes (ah la la l’hôpital).

 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juin 2025 

13 juin 2025

RECIT DE E

RECIT DE E

 

Avant-propos  Ce texte n'est pas de moi. Il est d'une personne qui m'a autorisé à le publier. Je l'en remercie.

 

« J’ai fait un rêve un peu particulier.

 

Je sortais du collège à 17 heures.
Il commence à faire nuit.
J’étais en jogging (retenez bien ce détail)
Je me dirige vers un arrêt de bus.
Le bus arrive.
Je monte dedans.
Un homme.
Dans le bus.
Il me regarde.
Stress.

 

Arrêt suivant.
Je descends du bus.
Cet homme étrange descend également.
Il me suit.
Je me retourne.
Il me suit.
Début de panique.
Je marche plus vite.
J’accélère le pas.
Je marche plus vite.
Il me suit.
Toujours.
Je cours.
Je cours.
Je ne m’arrête pas.
Je ne sais pas où je vais.
Je ne m’arrête pas.

 

J’arrive dans  une ruelle un peu à l’américaine.
Un peu comme à l’arrière des restaurants en Amérique.
L’arrière des restaurants dans les séries américaines.
Cette ruelle est piégée.

 

Cette ruelle est piégée.
Fils et toiles d’araignée.
Je passe en dessous.
Je rampe.
Je me relève..
En face, une porte.
J’ouvre la porte.
Magie.

 

Magie.
Je me retrouve en hauteur.
J’étais au sol.
Je me retrouve en hauteur.
Je regarde en bas.
Je vois un marché de Noël.

 

Je descends les escaliers.
Impression 3D.
Accordéon.
Mon père tient un stand de saucissons.
Mon père dit
« Coucou ma puce, tu veux goûter mes saucissons ? »
Je dis
Papa j'ai pas le temps je dois y aller.
Je continue mon chemin. 
Je cours.

 

Et là encore...
Une porte.
Je l'ouvre.
J'arrive comme par magie
Une fête
Halloween
Les gens dansent et chantent
J’essaye de traverser 
Je veux sortir
Mais je ne sais pas où est la porte
Je vois un vigile
Je vais le voir
Je lui demande « Où est la sortie ? »
Il me dit  « Je vais te la montrer mais avant il faut que tu regardes une vidéo. »
Je regarde la vidéo.
La vidéo devrait normalement faire peur.
La vidéo devrait normalement faire peur.
La vidéo devrait normalement faire peur.
Je n'ai pas peur.
Je m'en fous.
Je veux sortir.

 

La vidéo est terminée.
Au monsieur de la sécurité je redemande Où est la sortie ?
Il me demande d'attendre un peu
De rester à ma place.
J’attends.
J’attends.
Il ouvre la porte.
Regarde à gauche.
Et derrière se cache quelqu'un.
Et derrière se cache quelqu'un.
Et derrière se cache quelqu'un.
Il lui disait s'il était prêt.

 

Le vigile 
Un sourire au coin des lèvres
Me confirme que je peux sortir.
Je sors.
L'homme me fait peur
Je n'ai toujours pas peur.
L'homme me fait peur
Je n'ai toujours pas peur.
L'homme me fait peur
Je n'ai toujours pas peur.

 

Je le regarde très mal.
Passer de la nuit au soleil fait mal aux yeux.
J'adapte mes yeux à la lumière.

 

Je vois à ma droite un garçon assis par terre.
Il pleure.
(Vous vous souvenez de ma tenue du début lorsque je sortais de la fête ?)
Je me retrouve en robe.
En robe marron moulante.
J'arrive vers ce garçon
Il pleure.
Je m’accroupis.
Je lui demande pourquoi il pleure.
Il me répond. 
Il pleure.
Une fille n'a pas voulu lui passer son wifi.
Il voulait jouer.
Je veux rigoler.
Je m’abstiens.

 

Je lui demande Qui sont les filles ?.
Il en pointe une du doigt.
Veste de cuir marron.
Une autre en chemise blanche.
Et c’était celle à la veste en cuir.
Et c’était celle à la veste en cuir.
Et c’était celle à la veste en cuir.

 

Je vais la voir
Je lui demande « C'est quoi ton problème ? »
Pourquoi n'-t-elle pas voulu passer son wifi ?
Elle me dit qu'elle n'en avait pas envie.
Je m'énerve.
Je me bats avec elle.

 

Et là de loin
Qu'arrive-t-il ?
Une voiture droit sur nous.
On est dos à dos.
Le garçon me tient la main.
La voiture tourne en rond.
La voiture tourne en rond.
La voiture tourne en rond.
Autour de nous.
Elle fait de la fumée.
Elle veut nous aveugler.
La voiture s'arrête devant moi et la fumée part.
Je m’approche.
Je toque à la vitre.
La vitre se baisse.
Ma sœur au volant.
Je demande à ma sœur « A qui est cette voiture ? »
Elle me dit « Je l'ai volée. »
Elle me dit « J'ai tué l'homme Il te suivait »
Je lui demande Comment tu as fait ?
Elle me dit je l'ai forcé à rentrer dans le coffre.
Elle me dit j'ai tiré partout sur son corps.
2 dans le corps.
1 dans la tête.
Je dis à ma sœur que je l'aime.
Elle nous raccompagne.
Nous partons. »

1 juin 2025

ZUT IL EST DEJA L'HEURE DE SE DIRE 

ZUT IL EST DEJA L'HEURE DE SE DIRE 

 

1.
« Stène rongeait son frein. Le duc lui avait bien recommandé de se taire, comme il voyageait maintenant accompagné d'une suite nombreuse et qu'il ne voulait pas qu'à ce propos on jasât. »
(Raymond Queneau, « Les Fleurs bleues »)

 

J’aime bien moi qu'on jasât, surtout s'il y a la trompette à Louis Armstrong dedans.

 

2.
« J’appelle donc République tout État régi par des lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être : car alors seulement l'intérêt public gouverne, et la chose publique est quelque chose. Tout gouvernement légitime est républicain »
(Rousseau, « Du Contrat social », Livre II, ch. 6)

 

Ha ça, la légitimité, c'est quelque chose, quoiqu'elle soit très synchronique, la légitimité, qu'avec le temps, on se dit qu'ils n’étaient légitimes la plupart des grands du pouvoir que parce que les gens de leur temps les proclamaient  légitimes mais hein au final c'était souvent qu'une bande de sanglants sagouins.

 

3.
Se fourrer le doigt dans le nez en écoutant « Kashmir », de Led Zeppelin, ne rend pas la musique meilleure.

 

4.
On ne dit pas j’en veux pas à celle qui attend votre heure dans l’ombre (son couteau servira de toute façon).

 

5.
On ne pince pas un crabe même s’il est en train de vous voler les bijoux de la Castafiore.

 

6.
J’appelle mon chien. Il ne revient pas parce que je n’ai pas de chien. J’ai aussi une poêle à frire mais je ne la siffle jamais.

 

7.
Je ne pense pas que les guitares électriques des morceaux de Led Zeppelin déclament du Shakespeare.

 

8.
Lune de Chine ne mange pas plus de riz que lune de Maubeuge ne mange de frites.

 

9.
On ne trempe pas sa flûte à bec dans le vinaigre. Surtout s’il y a déjà ses doigts.

 

10.
Le panier a cassé tous ses œufs – Le buveur de vodka est dans la trappe à rats.

 

11.
« Je trace le signe et l'orage éclate, mais je le garde en main, il m'obéit. »
(André Hardellet, « Le charmeur d'orages »)

 

Il y en a comme ça, ils ont des pouvoirs on dit. Moi, des pouvoirs, j'en ai pas des pouvoirs. J'aurais aimé foudroyer avec les mots, mais non. Les grands auteurs foudroient avec les mots. Même si souvent leur foudre est lente quand même qu'elle foudroie.

 

12.
Il est curieux de constater que les bœufs ne jouent pas au football. Quant à la racaille, elle brûle des voitures et agresse les gens.

 

13.
Si vous avez un OVNI dans votre garage, ne le dites à personne. Si un matin, vous constatez que votre garage s’est volatilisé, au moins vous comprendrez pourquoi.

 

14.
Moi non plus, cher de gauche, je n’admets pas l'exploitation de l'homme par l'homme, d’autant que le contraire me semble tout autant condamnable. 

 

15.
Poutine ment. On dirait un soviétique, voire un dictateur russe.

 

16.
Il est très difficile de mettre un saxophone dans un serpent. Le contraire est possible mais avec tout un protocole et plan tordu dans la caboche.

 

17.
« Le plouc commence à cogiter. Turbine comme une marmite norvégienne. Tuff tuff, se met en route. Prêt pour l’ébullition. »
(Jean Vautrin, « Canicule »)

 

Méfiez-vous du plouc à pétoire ; défois c'est pas pour faire la conversation.

 

18.
Avez-vous remarqué que les gens qui ont l’habitude de commencer leurs phrases par « si je puis me permettre » se permettent en effet souvent bien des choses ?

 

19.
Il en était d’ailleurs aussi triste que son cheval dont il appréciait le gai babillage. Stèphe trottait de même dans le plus grand mutisme, ce qui ne le changeait d’ailleurs pas de sa réserve ordinaire. »
(Raymond Queneau, « Les Fleurs bleues »)

 

Cheval qui gaiement babille plaît aux filles qui itou gaiement babillent, mais ça ne se trouve pas sous le sabot d'un bœuf.

 

20.
Zut ! il est déjà l'heure de se dire qu'il est déjà l'heure. 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juin 2025.

1 juin 2025

CIEL BLANC MER GRISE J’ECOUTE DU BLUES

CIEL BLANC MER GRISE J’ECOUTE DU BLUES

 

  « La voix d’un type qui parle de jazz à la radio dit :
  « Le jour où Charlie Mingus est mort, cinquante-six baleines se sont suicidées en se précipitant sur le rivage. Juste en face de sa propriété. »
(Jean Vautrin, « Canicule »)

 

La voix – ou alors tout est muet qu’c’est le silence et c’est pas plus mal – oui, mais la
Voix tout de même, dans sa tête (y en a défois ils ont une voix au-dedans de leur tête et c’est dangereux) cette voix
D’un coup elle pourrait sortir un couteau et le
Type là avec sa voix dans sa tête il pourrait qu’on sait pas mais 
Qui sait d’où vient tout ce sang puisqu’on en
Parle que je ne sais pas si ACDC est le meilleur groupe de rock du monde mais qu’en tout cas, c’est un sacré bon groupe de rock du monde du rock qui fait jaillir des sons électriques et insolents genre it’s only rock n’ roll but I like it comme i disent les Stones.

 

De jazz aussi qu’on pourrait en parler du jazz car j’aime bien ça le
Jazz que ce sont de vrais musiciens les gens du jazz pas des bidouilleurs de sons des studios mais des gens qui jouent en live et peuvent pas tricher qu’c’est pas, le jazz, de la musique
A vous essoriller à 
La qu’on en entend sur France musique du jazz hein à la 
Radio qu’on en entend du jazz en fin de journée entre 18 et 20 heures mais de moins en moins ailleurs voire plus du tout qu’ça
Dit quand même que des gens qui en écoutent du jazz y en a moins que des gens qui se gavent de tonitruances électrozozos à faire rire les ânes. 

 

Le blues aussi j’aime bien le blues la guitare rêche à Muddy Waters et l’agile piano à Otis Spann ça vous fait un
Jour tout neuf à l’heure du coq et du revenant d’écouter une galette de blues plutôt que d’écouter les conneries à Macron Mélenchon Zemmour et tous les autres cons Les jours 
Où j’écoute du blues généralement ça me fait du bien au moral que j’ai tendance à laisser traîner dans mes chaussettes et puis il y a
Charlie Mingus le magnifique qu’en écoutant le « Ah Um » de 
Mingus je me dis toujours que c’est un sommet de la musique du vingtième siècle jazz ou pas je bois du rhum il
Est pas fameux parce que j’ai pas les moyens de m’en payer du goûteux genre rhum vieux et puis comme je fais comme je veux je bois mon mauvais rhum et je vous hein oui comme vous dites que je serai
Mort parce qu’il faut bien que je serai mort pour que d’autres boivent du mauvais rhum en écoutant s’agiter l’agile piano de Otis Spann.

 

 

Cinquante hommes sur un tonneau de rhum ah non c’est pas ça la chanson et
Six cadavres dans sept placards (c’est qu’il y a un truc) et des
Baleines dans l’océan que les Japonais pourchassent parce qu’il y a trop de gens sur cette planète et que les gens font tout n’importe quoi tout ce qu’ils peuvent pour gagner leur vie qu’on sait qu’ça finira mal forcément mal que ça a déjà une drôle de tête à macchabée le monde avec ses massacres de haute intensité là Les baleines, la voix elle dit les baleines
Se sont suicidées je lis ça c’est la première page de l’excellent roman « Canicule » de Jean Vautrin on dirait un poème en prose cette page intitulée « Noémie Blue » je ne sais pas si Jean Vautrin l’a réellement entendue cette phrase ou s’il l’a composée pour l’ambiance délétère roman noir de son bouquin, je cite : « Le jour où Charlie Mingus est mort, cinquante-six baleines se 
Sont suicidées en se précipitant sur le rivage. Juste en face de sa propriété. » Ce sont des choses que l’on entend parfois, ces échouages de baleines que je sais pas si c’est la pollution les fréquences radios la sociologie ou la dépression baleinière qui fait ça qu’on les retrouve
Suicidées les baleines. 

 

En juin 2025 le dimanche 1er juin 2025 que nous sommes et la sale guerre de Poutine en Ukraine continue qu’on ne sait toujours pas ce que Trump pense qu’il y en a qui disent qu’il laisserait l’Europe 
Se démerder toute seule avec la guerre hybride des Russes que ça ne les étonnerait pas cause leur priorité aux Etats-Unis, c’est la menace chinoise, l’expansion de la Chine à 1 milliard 5 d’âmes via l’annexion de Taïwan sans compter une toujours possible reprise du fatal rififi entre Corée du Nord et Corée du Sud qu’on dirait quand même qu’ça va en se
Précipitant la marche à la troisième. 

 

Sur toutes ces perspectives que voulez-vous qu’on dise, que
Le bipède doué de raison acharné qu’il est à chercher sa misère et son malheur Sur le
Rivage pas grand monde encore (il est pourtant presque midi) c’est pas non plus le grand soleil pas la chaleur C’est 
Juste un grand ciel blanc au-dessus d’une mer grise
En anglais j’ai jamais été très bon (comme 
En presque tout d’ailleurs)
En anglais j’ai jamais été très bon Nous sommes
En juin ciel blanc mer grise j’écoute du blues j’pige rien des paroles mais j’m’
En fiche
En face de la fenêtre terrasses presque vides peu de gens sur la plage
En mer l’étale grise et vide sous d’la ouate En
Face derrière l’étale grise et vide sous d’la ouate il y a l’Angleterre 
De l’Angleterre je n’ai rien à dire et quand on n’a rien à dire
Sa qu’on la ferme et qu’on reste dans sa 
Propriété (celle qu’on rêve) à lire du Vautrin du Michaux à écouter du blues.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 1er juin 2025

25 mai 2025

L'ALOUETTE EN VAIN

L'ALOUETTE EN VAIN

 

« L’alouette, tu la cherches en vain dans le soleil à la place où flotte son cri. »
(André Hardellet, « Campagnes »)

 

L’alouette je ne la croise jamais ce que je croise c'est le bipède têtu buté, mobile, perspicace, dangereux, soucieux, embêté, de bonne volonté mobile, perspicace, dangereux justiciable contribuable citoyen mobile perspicace dangereux
Tu causes tu causes sais-tu que c'est tout ce que tu sais faire qu'elle me dit Zut qui a des lettres tu 
La cherches dans ta caboche en fait l’alouette tu la
Cherches comme ce qui prouve le temps perdu, tu la cherches tu la cherches la cherches-tu ?

 

En mai 2025 j'écris ces lignes sur une phrase de André Hardellet et pourquoi cette phrase-là de André Hardellet et pourquoi pas une autre phrase de André Hardellet comme si je n'avais pas autre chose à faire, me faire frire des oignons, écouter les experts à la télévision m'expliquer à quel point elle est critique la situation, que la France elle gagne pas assez de pognon, qu'il faut donc que les Français soient plus et plus longtemps au charbon ah bah comme tout ça est
Vain et si utile, je boirais bien une bière ou un verre de vin du pâté sur mon pain j'écoute du jazz la Suite Sandrine de Michel Camilo et me dis que c'est vraiment beau je pense à des choses futiles j'écris des choses futiles

 

Dans le soleil l’alouette et foin du sérieux (poil aux yeux) que j'y mette moi dans le soleil une bicyclette des castagnettes quelques claquettes pirouette cacahuète
Le sérieux (poil aux cieux) je ne sais qu'en faire que j'y mette du f, de l’éléphant effervescent, du fifre lancinant lancinant insistant, fanfreluche et franche lune, figaro-ci figaro-là, le fond de l'air est frais et autres fraises des bois Le
Soleil est-il un roi ? Je pense au Roi-Soleil car j'entends du Racine sur une clé USB sinon je m'en fiche du Roi-Soleil et quel sens ça a d'écrire que le soleil est un roi que ce n'est pas un roi le soleil mais une boule de gaz qui brûle Quant 
A écrire (puisque j'aime écrire, qui excuse ma solitude) autant écrire modeste et amusant (je ne saurais faire autrement) puisque je n'ai rien à dire de sérieux (poil aux scrogneugneux) ni sur l'alouette ni sur les bipèdes ni sur
La mémoire la recherche du temps perdu la
Place de l'humain amateur de rillettes dans l'espace contemporain

 

Où je vais mon ombre va ; c'est une chose que j'ai bien souvent remarquée (surtout quand il y a du soleil) mais quand il
Flotte mon ombre se noie et écrivant que mon ombre se noie je songe aux noix aux oies au pâté de foie à la mécanique des lois au nombre de mes doigts ah qu'il est sot çui-là dit Zut qu'il est sot avec
Son goût de faire du son qu'on entend que dans son alors le lieutenant poussa un 
Cri c'est une phrase qui me revient d'un roman lu jadis, jadis, jadis, jadis (le son  s'éloigne).

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 mai 2025

25 mai 2025

LE FROUFROU DES MOTS DANS MA CAFETIERE

LE FROUFROU DES MOTS DANS MA CAFETIERE

 

« LE GARDE : - Hélas ! C'est un malheur quand une idée fixe est une idée fausse. »
(Sophocle, « Antigone »)

 

Hélas est un mot dont je ne sais s'il vibre ou joue du violon ou vole au vent ou va en vacances à Vitry-la-Vadrouille
C'est un mot qui exprime assez son sentiment sa lucidité sa consternation, et s'il va chasser sans son chien ou siffle des chansons je ne sais je ne sais

 

Un mot comme « malheur » dans ce monde qu'est pas joli joli on est bien obligé de l'employer – ça n'empêche pas de se faire un jambon-beurre d'aimer les films d’épouvante (oh oui, les films d'horreur ! ceux qui font peur) de fêter l’anniversaire de sa sœur de surveiller l'heure (défois qu'elle vous piquerait vot' jambon-beurre) de jouer au plus con tu meurs, mais enfin le mot
Malheur quand on y songe on songe que tout n'est que mensonges et qu'on nous fait passer de pourrissants concombres pour la jolie Perrette et son pot au lait 
Quand je dis « on » tout le monde sait de qui qu'on cause cause que le on n'est pas fait pour les chiens mais pour ceux qui se le disent, qu'on se fiche bien de leurs tronches (même qu'on leur pique leurs ronds leur pognon leurs biftons pour réformer l'éducation qu'on a l'impression que les mômes sont de plus en plus moins bons)

 

Une idée ça ne se jette pas dans l'évier, défois qu'elle serait bonne, mais bon si elle est, cette
Idée (cette idée qu'on n'a pas jetée dans l'évier parce qu'il est déjà plein de vaisselle de vaisseaux de choses variées plus ou moins vilaines et autres vanités vides oh si vides) cette idée, si elle est
Fixe aussi fixe qu'un christ sur son crucifix alors elle
Est – mais quel est ce voleur volant qui vient de me voler mon évier mon vélo ma véracité d'origine contrôlée, ma véracité, ma voracité mon chien mon lapin chasseur mes chaussettes mon archiduchesse et tous mes saucissons secs ? 

 

Une fois, j'eus une jeunesse aimable, aussi claire et élégante que la musique des Doors mais quand je me réveillis je vomis car j'avions englouti trop de whisky alors cette
Idée de quoi est-elle faite ? Bah il ne faudrait pas se faire une
Fausse idée de ce que je faribole et plus souvent que je pense au froufrou des mots dans ma cafetière, à la mignonne frisée, la fraîcheur de la bière, steak-frites, tarte aux fraises, et quant au frétillement des anguilles sous roche, c'est très fichtrement que je m'en fiche.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 25 mai 2025

24 mai 2025

FAUT QU'ÇA AILLE

FAUT QU'ÇA AILLE

 

« Il a fallu que dieu s'en aille
Pour que j'aille à l'assaut de dieu. »
(Françoise Delcarte, « il faut que dieu s'en aille » in « Poésie 1 », n°17, juillet 1971) 

 

Il y a de ces électricités qui épatent : celles des albums des Doors ça vous
A de quoi la rendre plus étrange un peu l’ambiance l'a
Fallu des oreilles ça tombait bien on en avait bien sûr c'était avant
Que nous n’existions plus et 
Dieu on n'a pas pu savoir si elle
S'en trouble défois un peu le tempérament Zut de toutes ces histoires mais  faut qu'ça
Aille alors ça aille

 

Pour ça Zut elle a de la résilience comme on dit à la radio faut
Que je pense à mes copies à corriger pour lundi parce qu'il faut que 
J'aille sinon je vas encore chagriner et tout ce blues faut qu'ça
Aille Faut qu'ça aille Faut qu'ça aille qu'ça se chante aussi et higher higher higher pour toujours mieux qu'ça aille

 

A midi qu'on est le 24 mai 2025 pas de soleil ce sera pas
L'assaut sur la plage zéro bikini sur le sable et des touristes aux terrasses des cafés nul
Assaut non plus ah tiens l'intro pluvieuse 
De Riders on the Storm je me dis que c'est vraiment de la bonne musique que la musique des Doors après j'écouterai Ah Um de Charlie Mingus, c'est encore mieux je pense à
Dieu mais je ne sais pas si.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 24 mai 2025

24 mai 2025

LIEBLING EST SON NOM

LIEBLING EST SON NOM

 

1.
Après avoir tourné autour pendant quelques jours (et pourquoi, allez savoir,  ah la la, la psychopathologie de la vie quotidienne, c'est quelque chose, savez), j'ai attrapé le « Lune l'envers », de Blutch (Dargaud, 2014), qui est un de mes albums de bande dessinée préférés. Déjà, j'aime bien le trait faussement brouillon, faussement désinvolte de Blutch, qui me rappelle le style de Jean-Claude Forest, que j'aime tant itou ; ensuite, je l'ai relu et me suis épaté, comme il y a quelques années (comment cela se fait-il ? « quelques années », quelle négligence de lecteur!).

 

2.
La couverture déjà, avec son cœur noir au centre (le chignon de l'opératrice en robe mauve vue de dos) et cette mise en scène pour tableau surréaliste, machine organique, plante montante, gamine dans une pose typique de gamine, le buste en avant, les jambes pliées, le bassin cambré, une main sur le genou gauche, ce qui l'oblige à avoir le bras tendu et l'autre main sur la hanche droite, le bras droit faisant alors un angle et avec ça, des nattes qui volent au vent, regardant on ne sait quoi, jeune femme nue sur le point d'entrer (on ne la voit pas toute entière) dans cette dérive où, d'un fauteuil rose, un barbu vieillissant vous regarde derrière des verres bleus en en buvant un autre. On voit même la mer alors que dans cette histoire personne ne voit Ulysse revenir.

 

3.
« Moi, ce que je cherche, ça n’existe pas. »
(Blutch, « Lune l'envers », [Liebling])

 

« Lune l'envers » est une histoire sur le temps quand il s'emmêle les pinceaux, un peu comme dans « Providence », le film d’Alain Resnais, sauf que là, on ne voit pas qui c'est-y qui flanche du spatio-temporel, que c'est à la fois la jeune fille, Liebling est son nom, c'est dire si elle est aimable, et le vieux Lantz (couple défait sur lequel repose le fil à narrer). Après tout, c'est peut-être le vieux Lantz qui décaroche tout seul cause que, sur le point de mourir (il s'y attend puisqu'il a cru le comprendre), il laisse sa perception des êtres franchir les citrouilles du délire (certes, l'image est gratuite, mais elle m'amuse).

 

4.
« Ton Lantz est incontrôlable, Blumentritt. Son instabilité émotionnelle met tout le groupe en péril. »
(Blutch, « Lune l'envers », [le directeur général Kartatz])

 

Lantz, c'est pas du tout le gars sympathique : égocentrique, vulgaire, goujat, obsédé du radada (il n'est d'ailleurs pas le seul), pleurnichiant, opportuniste, menteur, grotesque, ridicule et fâcheux, il n'a qu'un seul atout : il sait ce que c'est que le dessin, il sait qu'une bande dessinée de qualité ne se fait pas en plongeant ses mains dans les trous d'une machine organique ; bref, c'est un artiste et vu comment l'auteur (Blutch) le traite, on peut se demander si mais non, on s'en fiche, on prend le personnage comme il est et on laisse l'auteur tranquille.

 

5.
«  je n'ai pas besoin de te rappeler que pour nous, les filles, la vie est plus impitoyable que pour les garçons. »
(Blutch, « Lune l'envers », [une mère à sa fille])

 

Au début de l'histoire, il y a un gag sur une capsule de cyanure (l’album ne manque pas d'humour noir) et l'on retrouve ce même cyanure à la fin, comme quoi, quand on fait mention d'un aussi radical dès la deuxième planche, c'est que ça pourrait bien servir à quelque chose plus tard, et justement, comme élément de résolution, dans le genre radical, la capsule de cyanure hein.

 

6.
« Si ça marche, nous aurons une grande maison dans la forêt avec d'immenses baies vitrées, où tu pourras peindre. »
(Blutch, « Lune l'envers », [le jeune Lantz à Liebling])

 

Lisant « Lune l'envers », j'entendais les Doors machiner d'la rythmique et  ces vers de Morrison dans « Moonlight Drive » : « Let's swim to the moon / Let's climb trough the tide  », mais je ne sais pas si cela a un rapport avec le bout d’océan que l'on voit sur la couverture.
Et si nous avions tous un rapport avec l’océan (cette question est idiote mais comme elle n'a pas la scarlatine, nous ne l’exclurons pas tout de suite), avec la mer d'où qu'on vient, qui, comme le dit la chanson de Art Mengo, «  n'est qu'une illusion », et comme, c'est bien connu et consternant, tout est politique, la mer est donc une illusion politique, une illusion poétique, une illusion qui monte, qui danse sous la lune, oh dis, la mer, l’aquarium à tréfonds, la condition du travail des marins et des activités portuaires.

 

7.
« Que nous commande la morale ? »
(Blutch, « Lune l'envers », [Winnetou au vieux Lantz])

 

« Lune l'envers », on dirait une autre manière de dire « la face cachée de la lune » - on pense au « Dark side of the moon », de Pink Floyd, mais on n'y est pas obligé que je pense aussi à cet étrange film de Louis Malle, « Black Moon », et de ce qui y est dit de l’aboutissement de la lutte des sexes, et de la guerre civile qu'on pressent dans notre réel à nos pommes. 
L’album de Blutch est féministe et seule la jeune Liebling semble avoir assez de valeur morale pour qu'on s'y attache (les autres vivent avec leur temps, c'est-à-dire qu'ils s’adaptent plus ou moins, quitte à devenir les valets serviles ou les cadres cyniques de la modernité entrepreneuriale (ici un monopole de l'édition sur le point de publier un « Nouveau Nouveau Testament », biblique et best-seller assuré) à moins que s’aigrisse le bipède et qu'il tourne au corrompu désabusé, ou au pervers en perte de repères.

 

8.
« Tu vas aimer. »
(Blutch, « Lune l'envers », [Liebling])

 

En ce qu'il est une défense et illustration magistrale de ce que peut l’art de la bande dessinée, l’album « Lune l'envers », de Blutch, est inadaptable ; et si on peut y prendre un tronc ou un toutou, on est assuré d'y prendre une claque, de celles qui réveillent et rappellent qu'il y a heureusement autre chose dans l’existence que les tronches à Mélenchon et Zemmour.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 24 mai 2025

23 mai 2025

TOUT CELA SENT UN PEU SA COMEDIE

TOUT CELA SENT UN PEU SA COMEDIE

 

1.
« MONSIEUR JOURDAIN. - Cette chanson me semble un peu lugubre, elle endort, et je voudrais que vous la pussiez un peu regaillardir par-ci par-là. »
(Molière, « Le Bourgeois gentilhomme », I,2)

 

Monsieur Jourdain n’aime pas la musique qui mélancolise – Les radios diffusent beaucoup, entre les sonorités publicitaires, de ces bouts de mélancolie que l'on appelle chansons. Comme elles sont souvent en anglo-saxon, on n'en saisit pas la portée, et d'ailleurs, on s'en fiche – Les chansons n'empêchent pas de manger des pâtes au jambon ; au contraire, et j'ai remarqué que l’habitude d'entendre des chansons toute la sainte journée (sauf le soir, où on regarde des films américains) va assez souvent de pair avec un abonnement aux pâtes au jambon, parce qu'il y en a, ils écoutent France culture, France musique, où il y a beaucoup moins de tonitruant tsoin-tsoin et ils mangent moins souvent de pâtes au jambon (en tout cas, pas des pâtes au jambon des rayons de la supérette) – J'aime beaucoup le pussiez, qui ne pousse, le pussiez, que dans des langages fleuris et cultivés comme on n'en fait plus.

 

2.
« MAITRE D'ARMES. - Je vous l'ai déjà dit ; tout le secret des armes ne consiste qu'en deux choses : à donner et à ne point recevoir »
(Molière, « Le Bourgeois gentilhomme », II,2)

 

Mais avant que l'on en vienne aux armes, citoyens, il convient d'user de la diplomatie et de la négociation, qui consistent à tenter de donner un peu pour recevoir beaucoup.
Dans la Russie de 2025, dite Russie poutinienne, le chef de la diplomatie s'appelle Sergueï Lavrov ; on le dit habile et excellent négociateur – A ce jour, 22 mai 2025, la diplomatie russe est fortement aidée par la ferme intention de Trump de ne pas intervenir dans le conflit russo-ukrainien  autrement que par des discours, et on a assez l'impression que Trump a clairement choisi de favoriser les intérêts de Poutine et de laisser tomber l’Ukraine et le président Zelensky.
Certes, il semble que Donald Trump ne soit pas dupe de la menace que Poutine fait planer sur l’Europe mais il a l'air de plutôt s'en accommoder, ou alors c'est qu'il est vraiment très difficile à décrypter, le Trump, et qu'il faut donc encore attendre avant que l'on puisse définitivement le classer comme un allié objectif de Poutine. Krasnov est-il vraiment ce que l'on pense qu'il est ?

 

3.
« Tout cela sent un peu sa comédie ; mais, avec lui, on peut hasarder toute chose, il n'y faut point chercher tant de façons, et il est homme à y jouer son rôle à merveille, à donner aisément dans toutes les fariboles qu'on s'avisera de lui dire. »
(Molière, « Le Bourgeois gentilhomme », III, 13 [Covielle])

 

Le valet de l’amoureux de Lucile envisage une farce – Ce qui sent, et plus qu'un peu, « sa comédie », c'est la politique – Quel burlesque que la politique ! – Nous croyons voter pour des convictions et nous élisons des masques – Et voilà la république menée par des gens qui y jouent leur rôle « à merveille » et donnent « aisément dans toutes les fariboles » que d’astucieux technocrates s'avisent de leur dire. Et c'est ainsi que copains et coquins font bien des cocus. Molière, auteur politique ? Assurément.

 

4.
« NICOLE. - Monsieur, je vous demande pardon ; mais vous êtes si plaisant que je ne saurais me tenir de rire. Hi, hi, hi ! »
(Molière, « Le Bourgeois gentilhomme », III, 2)

 

On dit que certains musulmans des plus radicaux considèrent l'Occident comme un monstre de décadence et rêvent de voir la charia remplacer les lois de la république.
Historiquement, une partie de l’extrême-gauche considère le libéralisme comme porteur de décadence et rêve de rééduquer ce que ces dogmatiques appellent « le peuple » qui, selon ces sourcilleux, serait abusé par les mirages de la société de consommation.
L’extrême-droite considère, elle aussi, le libéralisme comme porteur de décadence et bien des évolutions sociétales comme autant d'atteintes à ce qu'ils appellent « l'identité judéo-chrétienne » de la France, qui est, somme toute, aussi réelle que l'héritage gréco-romain. Curieusement, depuis quelques temps, ces nationalistes sévères fondent bien des espoirs sur la mafia russe et des gens des plus étranges, divers et variés (Marine et Marion, Dupont-Aignan, Philippot, Asselineau, Zemmour, Zozodur et Durzozo).
Bref, la démocratie libérale a beaucoup d'ennemis et elle a beau être source d'abondance et de progrès dans bien des domaines, elle se heurte de plus en plus souvent à des hypocrisies, voire à des factions.

 

5.
« Voilà comme vous dépensez votre bien, et c'est ainsi que vous festinez les dames en mon absence, et que vous leur donnez la musique et la comédie tandis que vous m'envoyez promener. »
(Molière, « Le Bourgeois gentilhomme », IV, 2 [Madame Jourdain])

 

Madame Jourdain interrompt la fête, cheveu sur la soupe, les pieds dans le plat. 
Le problème de l'argent, c'est qu'il se dépense trop facilement et le soin du gouvernement, c'est que les gens s'endettent assez pour faire tourner la machine et être obligés d’avaler toutes les couleuvres que le gouvernement juge bon de leur faire avaler.
Il ne faudrait cependant pas que les Français s’endettassent de trop sinon, ils pourraient se décourager et se rebeller. C'est là tout l'art du technocrate d'obliger les gens à, tout en leur racontant des salades. Qui le premier enverra l'autre promener, et qui paiera les violons du bal, ça, on verra.

 

6.
« CLEONTE. - N'est-ce pas le vouloir que de ne vouloir pas éclaircir mes soupçons ? »
(Molière, « Le Bourgeois gentilhomme », III, 10)

 

Le plan et la stratégie de Trump ? Peut-être songe-t-il réellement à la possibilité de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028. Pour cela, il doit créer un climat pro-Trump et néo-conservateur non seulement aux USA mais aussi partout où il le peut et donc aussi en Europe, et pour ce faire, il a besoin des partis d’extrême-droite et des réseaux de Poutine qui soutiennent, influencent, voire dans certains cas alimentent ces partis. Cette hypothèse sera peut-être démentie par les faits mais je constate que l'on attendait beaucoup de Trump après son tête-à-tête avec le président  Zelensky au Vatican, que l'on attendait beaucoup des négociations d’Istanbul et qu'il ne s'est rien passé, comme si Trump n'avait rien fait d'autre que de gagner du temps, ce qui, en fin de compte, profite surtout à Poutine.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 mai 2025

22 mai 2025

CET AUTRE ETRANGER QUE NOUS-MEME 

CET AUTRE ETRANGER QUE NOUS-MEME 

 

1.
« Mais tel était le goût de Watson pour la rigueur narrative du récit d'énigmes qu'il jugea préférable, dès nos premières aventures, de m'attribuer l'entier mérite de nos investigations communes. »
(Martin Winkler, « L’aventure du détective prostré » in « Le Mensonge est ici et autres nouvelles » [le narrateur])

 

Watson est bien bon – J’aime beaucoup « la rigueur narrative du récit d'énigmes ». Cette rigueur rend les énigmes fascinantes, comme l'ont montré les excellences de Conan Doyle, de Gaston Leroux et d’Agatha Christie – Je manque de rigueur narrative (pas assez de talent) – L’investigation est dans la loupe – J'ai beau les regarder avec insistance, je ne les trouve pas tellement énigmatiques, mes pâtes au jambon ; elles finissent par me battre froid.

 

2.
22 mai 2025. J’apprends sur France inter que le tracteur (alors à vapeur) a été inventé dans les années 1880 en Russie par Fiodor Abramovich Blynov puis un Américain, John Froelich, mit au point un tracteur à essence. Le tracteur s'est « imposé après la première guerre mondiale » pour remplacer les chevaux morts et recycler les chars d'assaut de la 1ère boucherie mondiale, - ah fais-je en contemplant mes pâtes au jambon.

 

3.
« Cependant, la reprise de mes activités de détective – et de ma consommation de tabac – me montra que l’affection dont je me croyais affranchi n'était qu'endormie.»
(Martin Winkler, « L’aventure du détective prostré » in « Le Mensonge est ici et autres nouvelles » [le narrateur])

 

Le détective reprend ses activités mais n'a pas changé d’œil. 
En France, ces dernières années, le prix du tabac a tellement augmenté qu'il semble que l’État veut absolument décourager les gens de fumer. Je suppose que lorsque le nombre de fumeurs, et de points de vente, aura significativement baissé, le gouvernement prendra alors des mesures pour interdire quasi totalement l’usage du tabac dans l'espace public. Je me demande si ces restrictions concerneront aussi l'usage de la vapoteuse (dite « cigarette électronique »). Je me demande aussi si ce n'est pas peine perdue ; les gens auront toujours besoin d'un dérivatif, d'une compensation addictive, ritualisée, et déjà bien des jeunes gens, s'ils ont arrêté de fumer du tabac prennent d'autres produits bien plus dangereux (pilules et cachets divers et synthétiques, boissons énergisantes, alcools, et toutes sortes de stupéfiants, dont le trafic est devenu un véritable problème de sécurité publique).

 

4.
« Je connais bien les êtres, mais les crimes me sont incompréhensibles.»
(Martin Winkler, « L’aventure du détective prostré » in « Le Mensonge est ici et autres nouvelles » [Watson])

 

Peut-on affirmer « bien connaître les êtres » et ne rien comprendre à la psychologie des meurtriers ? Il y a-t-il une psychologie des meurtriers ? - « N'est-il personne qui ne soit capable de tuer ? » se demande un personnage d'un roman d’Agatha Christie – Les romans de Simenon montrent souvent des gens ordinaires qui, dans des circonstances particulières, commettent un meurtre, ou même préméditent un assassinat – Les auteurs de romans policiers « connaissent-ils bien les êtres » ou sont-ils avant tout des experts de l'écriture narrative ? - D'où vient le succès des thrillers, sinon de la virtuosité de leurs auteurs ?

 

5.
« Il me regarda, et je vis dans ses yeux que nous pensions tous deux à la même chose. »
(Martin Winkler, « L’aventure du détective prostré » in « Le Mensonge est ici et autres nouvelles » [le narrateur])

 

Le narrateur est Sherlock Holmes, c'est-à-dire l'idée que l’auteur se fait de Sherlock Holmes – Sherlock Holmes n’existe que dans le regard du lecteur – Les êtres sont des représentations – Lorsque soudain nous saute à la gorge l'évidence de l’existence en-soi de l'être, incarné dans l'autre, cet autre étranger que nous-même, nous éprouvons ce désarroi que l'on éprouve devant l'insoluble – Le désarroi devant l'apparaître peut provoquer le malaise, l'étrangéïsation, la déréalisation, l’intensification de la menace – Lorsque la crise d'angoisse, la pénible crise d’angoisse, nous met soudain en face de cette évidence de l'insolubilité de l'être, nous éprouvons soudain le poids de cette multiplicité énigmatique, cet infini en foule, dans le même temps que nous éprouvons notre propre caractère dérisoire et incessamment mortel.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 22 mai 2025

13 juin 2025

ELLE DIT TOUT CELA SANS SE RETOURNER

ELLE DIT TOUT CELA SANS SE RETOURNER

 

« Elle dit tout cela sans se retourner, tout en continuant d'arranger ses cheveux rebelles »
(André Gide, « Les Faux-monnayeurs » [le narrateur])

 

Elle est un pronom personnel. Un pronom personnel masque bien des êtres surtout si on ne comprend pas ce qu'on lit. Elle 
Dit. Le verbe dire est un verbe introducteur de parole (il n'est pas forcé de dire la vérité). 

 

Tout, ici, désigne tout ce qu'elle dit mais je ne sais pas ce qu'en l’occurrence Zut dit ; je ne sais d’ailleurs pas si Zut sait bien ce qu'elle dit. Vous me direz
Cela ne vaut pas un bon vieux disque des Rolling Stones et vous aurez raison ; c'est d’ailleurs pour cela que je ne fais pas de musique.

 

Sans est employé dans des expressions comme sans attendre, sans blague, sans déconner, sans un sou, sans un sourire, sans même un soupir, il ouvrit la porte du frigo et prit deux œufs pour se les faire cuire.
 

 

Se retourner est une façon d'être dans l'espace défois on se retourne, surtout si on a l'impression que mais défois c'est juste pour se
Retourner parce que.

 

Tout dans « tout en continuant » est un adverbe d'intensité mais il n'est pas forcément caféiné (vous n'êtes donc pas obligé d'apporter du sucre).

 

En égyptologie je ne vaux pas un clou mais personne ne m'a jamais confondu avec un égyptologue. C'est en
Continuant à écrire que je me rends compte que je n'ai rien à dire et que je n'ai pas envie d'avoir quelque chose à dire (lequel est un verbe du troisième groupe).

 

D’arranger, ce qui est une manière de dire que le réel est quelque chose qu'il convient d’arranger car si on ne se décide pas à
Arranger les choses qui constituent le réel, c'est pas que les choses alors ne sont plus les choses et le réel plus le réel mais quel bordel !

 

Ses est un adjectif possessif et on comprend donc que Zut a des 
Cheveux puisque c'est lorsque Zut dit des choses « sans se retourner, tout en continuant d’arranger ses cheveux rebelles », que je me dis que Zut n'a que fort peu de rapport avec la cantatrice chauve. Que les cheveux de Zut soient 
Rebelles ne m'étonne pas et les politiques devraient un peu plus se méfier des révolutions capillaires. Le jour où les cantatrices chauves se révolteront, elles ne couperont pas les cheveux en quatre et je vous prédis que bien des moumoutes finiront dans la soupe à l'oignon.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 juin 2025

9 juin 2025

FAUT FAIRE ATTENTION A SES CORNICHONS

FAUT FAIRE ATTENTION A SES CORNICHONS

 

Faut faire attention à ses cornichons
Ne pas laisser ses cornichons traîner
N'importe où ne pas les perdre de vue
Ses cornichons ses cornichons ses cornichons
Surtout si on veut les manger avec du jambon
Du jambon du pâté du saucisson du jambon pis
Des tomates pâté jambon & la cousine Marion.

 

Faut faire attention à ses cornichons
Ne pas laisser ses cornichons traîner
A boire fumer n'importe quoi qu'on ne
Sait pas jusqu'où les cornichons hein
Les cornichons les cornichons les cornichons
Sait pas les cornichons hein jusqu'où 
Ça peut aller qu'vous les retrouvez découpés
Fendus en deux en rondelles les cornichons &
Qu'on ne retrouve plus la cousine Marion pas
Son pâté ni jambon ni chaussons ni pantalon.

 

Faut faire attention à ses cornichons
Défois qu'le Poutine les croquerait &
Défois qu'Mélenchon les croquerait ou
Marine ou Bardella ou Zemmour ou bien
Macron que plein sa Macronie qu'il en
A plein ses tiroirs ses ministères et
Des fameux des vinaigrés des hauteurs 
Des grandes écoles des grandes écoles des grandes écoles
Que moi j'm'en fous de Macron & d'ses
Cornichons cause je préfère les chansons à Jim Morriçon.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 9 juin 2025.

8 juin 2025

CRAPAUD MA POMME DE L'ANNEE DU CHAT

CRAPAUD MA POMME DE L'ANNEE DU CHAT

 

« Je n'ai pas de photographie... Mon mari ne parlait presque jamais de cette période de sa vie... » 
(Simenon, « Monsieur Gallet décédé », ch. 8 [Madame Gallet])

 

Je prends une page de Simenon au hasard. Je
N'ai pas plus de raisons d'ouvrir ce roman (« Monsieur Gallet décédé ») plutôt que « Le Chien jaune », « La Nuit du carrefour » ou « Le Passager du Polarlys »,
Pas plus de raisons et je retrouve dans cette page (la 121 de l'édition Presses Pocket des années où l'on trouvait les romans
De Simenon dans toutes les gares) cette écriture blanche, sans effet particulier, cette écriture efficace et directe et dont le sujet est le non-dit. Je prends une page de Simenon au hasard. A la radio, on cause politique, baisse, c'est-à-dire en fait stabilisation de la dépense publique ; on évoque aussi le recul de l'âge de la retraite. Madame Gallet n'a pas de
Photographie de son mari du temps où il vivait en Indochine. 
Mon temps passe. Les temps à venir ne me semblent guère folichons. Remarquez que je dis ça comme je dirais j'aime bien les cornichons. Le
Mari de Madame Gallet a vécu en Indochine « avant son mariage » ; cela intéresse le commissaire Maigret qui tente de se faire une idée plus précise de la personnalité de l’assassiné Émile Gallet. Il
Ne « parlait presque jamais de cette période de sa vie », dit Madame Gallet.
Parlait-il, au moins, cet Émile Gallet ? Etait-il un taiseux ? Avait-il quelque chose à cacher ? C'est aussi le
« Presque-rien et le Je-ne-sais-quoi » qu'elle évoque l’écriture blanche de Simenon. Du
Jamais ça n'aurait dû arriver et qui arrive pourtant.
De la fatale, l’humanité.
Cette vie de tous les jours d'où jaillissent soudain des spectres. Le mot
Période me permet d'introduire cette citation de Jean Rostand : « L'année du crapaud se distingue en trois périodes distinctes de longueur inégale.»
De cette citation je n'ai rien à dire, sauf qu'elle m'amuse (un rien m'amuse) et me rappelle la chanson « The Year of the Cat » de Al Stewart (je cite : « On  a morning from a Bogart movie / In a country where they turn back time / You go strolling through the crowd like Peter Lorre / Contemplating a crime »).
Sa chanson, à Al Stewart, elle fut fameuse, de ce genre de chanson que longtemps dans sa
Vie, on s'en souvient, hein qu'on s'en souvient, dis, crapaud ma pomme, de l'année du chat.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 8 juin 2025.

27 avril 2025

ET SI LE MORT RUE C'EST QUE POISSON NE RIT

ET SI LE MORT RUE C'EST QUE POISSON NE RIT

 

1.
« Nostre art s'aprent en deux manières, c'est à savoir par enseignement d'un maistre, bouche à bouche, et non autrement, ou par inspiration et révélation divines ; »
(Pierre Vicot cité par Aloysius Bertrand in « L'Alchimiste")

 

Exercice :
Dans ces phrases, n'encadrez que les COD :
« Les films comiques plaisent aux petits comme aux grands » et pas besoin de prêtre pour faire une omelette et ouvrir un paquet de chips.
« Nul ne prévoyait des réactions aussi spontanées de la part de Maxime », d'autant que le curé, évidemment qu'il peut se la faire tout seul, son omelette.
Je tire une partie de ces phrases d'une édition du Bled d'Edouard Bled et Odette Bled (les ai mises entre guillemets) et je note qu'un saxophone ne peut se faire une omelette.

 

2.
« ou bien par les livres, lesquels sont moult obscurs et embrouillez ; et pour en iceux trouver accordance et vérité moult convient estre subtil, patient, studieux et vigilant.»
(Pierre Vicot cité par Aloysius Bertrand in « L'Alchimiste")

 

Vous retrouverez les titres des livres auxquels Pierre Vicot fait allusion et, tout en respectant les normes en vigueur, vous  traduirez en gwaziliche  ceux que vous pourrez acheter, récupérer ou gougnafier. Vous éviterez de finir le paquet de chips (ce n'est pas si bon pour la santé).
Quand vous aurez fini, inutile de sonner de la trompette ou de frapper du gong cause qu'on s'en fiche bien des alchimies traduites en gwaziliche.

 

3.
« Rien encore ! - Et vainement ai-je feuilleté pendant trois jours et trois nuits, aux blafardes lueurs de la lampe, les livres hermétiques de Raymond Lulle ! »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

Après avoir vérifié que Raymond Lulle (1232-1315) s’appelait bien Raymond, vous vous poserez la question de l'influence de la boîte d’épinards et du marin dans l’œuvre de celui dont on ne sait pas s'il fut réellement alchimiste, et dont vous aurez résumé la pensée en trois tweets maximum (à défaut, vous pouvez détailler votre recette de cuisine préférée).

 

4.
« Non rien, si ce n'est avec le sifflement de la cornue étincelante, les rires moqueurs d'un salamandre qui se fait un jeu de troubler mes méditations. »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

Le salamandre est ici l'esprit du feu. On notera qu'il est moqueur. Ce qui ne concerne aucune sorte de sœur, qu'elle ait ou non les yeux bleus, les cheveux bleus, le sang bleu.

 

5.
« Tantôt il attache un pétard à un poil de ma barbe, tantôt il me décoche de son arbalète un trait de feu dans mon manteau. »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

L'arbalète était une arme de trait qui fut très utilisée au moyen-âge. Les arbalétriers ne buvaient pas de coca-cola parce que Christophe Colomb n'avait pas encore été inventé.

 

6.
« Ou bien fourbit-il son armure, c'est alors la cendre du fourneau qu'il souffle sur les pages de mon formulaire et sur l'encre de mon écritoire. »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

Le formulaire contient les formules nécessaires comme les os nécessaires remuent sous la peau et que sous la peau de la mer se trouvent les poissons, les grands fonds et les galions engloutis.

 

7.
« Et la cornue, toujours plus étincelante, siffle le même air que le diable, quand Saint Eloy lui tenailla le nez dans sa forge. »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

Wikipédia me précipite que la cornue « est un récipient utilisé dans un laboratoire de chimie pour la distillation ou la distillation sèche de substances. » Je ne pense pas qu'il existe de formations musicales de cornues : pas de hard cornu pour siffler « le même air que le diable, quand Saint Eloy lui tenailla le nez dans sa forge. »

 

8.
« Mais rien encore ! - Et pendant trois autres jours et trois autres nuits, je feuilletterai, aux blafardes lueurs de la lampe, les livres hermétiques de Raymond Lulle ! »
(Aloysius Bertrand, « L'Alchimiste")

 

« je feuilletterai » est la forme de la première personne du futur de l’indicatif. et on peut conjuguer le verbe « feuilleter » en mangeant un mille-feuille mais il faut avoir des doigts.

 

Et si le mort rue, c'est que poisson ne rit.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 27 avril 2025

 

26 avril 2025

COMME UN OS DANS LA SARDINE

COMME UN OS DANS LA SARDINE

 

1.
« Dans la rue déserte où nous parvînmes sans avoir été remarqués, je l'arrêtai et je lui demandai, anxieux :
« Eh bien, mon ami... Avez-vous retrouvé le parfum de la Dame en noir ?... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])  

 

Il faut faire attention à ne pas emprunter trop souvent la même rue déserte ; elle pourrait s'attacher et vous flanquer un terrible bourdon sentimental.

 

2.
« Ah ! c’était toujours un spectacle de le voir regarder les choses autour de lui. »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])  

 

Les choses défois on voudrait les regarder dans les yeux, histoire d'évaluer la force de son regard, avant qu'elles se mettent à gigoter dans tous les sens.

 

3.
« Eh bien, fit-il, il n'est pas mort ! »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Darzac])

 

Et si le mort n'est pas mort, peut-on supposer que le mort rue, et me disant cela, je pensai à la boîte de thon, à la mayonnaise, aux pommes de terre sautées, aussi à Coin-coin Kessako qu'vous savez pas qui c'est.

 

4.
« Avec Larsan, on n'est jamais sûr d'une chose pareille. Où est le cadavre ? » »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])

 

Défois on sait plus on les met, ses cadavres que faut faire attention, défois qu'ils s'évadent de la mort des placards pour aller faire les fantômes et on ne sait quoi dans les campagnes hallucinées et les bandes de musique rare.

 

5.
« Ah ! les vitres noires ! les vitres noires derrière lesquelles se cachait Larsan !... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])  

 

Dans la vie, parfois, on croise des vitres noires ; il ne faut pas les regarder, elles vous voient, il ne faut pas les regarder surtout que pourrait y avoir des larsans derrière où on ne sait qui de périlleux de lancinant de tranchant ah les vitres noires faut les éviter ! 
 

 

6.
« Il ne se montre si bien là où il paraît être que pour qu'on ne le voie pas là où il est. »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])
De qui Rouletabille parle-t-il donc ainsi ?
Défois, le Diable et le bon Dieu, on sait pas trop où ils sont mais Larsan si, on sait pour Larsan, derrière les vitres noires.

 

7.
« Qu'est-ce que ceci, sinon l'ombre d'un canot qui se détache de l'ombre du fort et glisse maintenant sur le flot argenté ? »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])

 

Ce n'est pas parce que le flot est argenté qu'un canot y glisse dessus et qu'une devineuse fume sa clope sous la lune pleine de choses et autres parce qu'on ne sait pas ce qu'il y a dans la lune.

 

8.
« L’après-midi qui a suivi le départ de Rouletabille ne nous a rien apporté de nouveau »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [le narrateur])
Et pourquoi donc que « l’après-midi qui a suivi le départ de Rouletabille ne nous a rien apporté de nouveau » ? Parce que :
- D'une manière générale, il vaut mieux ne pas croire tout ce qu'on nous dit et même tout ce qu'on ne nous dit pas parce qu'on nous en cache ?
- Ce n'est pas aux rideaux que l'on apprend à faire la soupe ?
- A force de chercher du lard aux cochons, on finit par tomber sur un os dans la sardine ?

 

9.
« - Toujours les yeux ! Prenez garde à vos yeux, Sainclair... »
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])

 

Rouletabille a raison : il faut prendre garde à ses yeux car défois, ils voient, les yeux, des choses qui n’existent pas parce que, soit le cerveau hallucine, soit on est tout berlué de l’extérieur même qu'on dit qu'on n'en croit pas ses oreilles.

 

10.
« - Oh ! Oh ! fit-il, du sang de Larsan !... Qui est-ce qui connaît le sang de Larsan ?... Qui en a jamais vu la couleur ? Pour connaître la couleur du sang de Larsan, il faudrait m'ouvrir les veines, Sainclair ! C'est le seul moyen !... » 
(Gaston Leroux, « Le Parfum de la Dame en noir » [Rouletabille])

 

Les romans policiers ça raconte des histoires sanglantes c'est pour ça il faut faire attention à ne pas s'en mettre trop plein la tête qu'après on pourrait en avoir les mains sales que là, voyez, j'écoute le Led Zeppelin d'il y a des lunes électriques vrombir une version concert de « Dazed and confused » et c'est très épatant aussi.

 

11.
« - Non, ce n'est pas la même chose, conclut Rouletabille, puisque c'est le contraire. Dans la Chambre Jaune, il y avait un corps de moins ; dans la chambre de la Tour Carrée, il y a un corps de trop ! »
(Gaston Leroux)

 

 

Le problème des corps de moins et celui des corps de trop ne cessent d’inquiéter en haut lieu. On craint en effet une contagion au niveau mondial qui ne pourrait que fausser les statistiques. Inquiétudes sur les ponts. 

 

12.
« La Tour Carrée, habitation de la Dame en noir, était l'objet de son constant souci. »
(Gaston Leroux)
Cette phrase signifie-t-elle que :
- Qui a constant souci mange pourtant du riz ?
- Que le joueur joue avec les pièces noires ?
- Que qui mange du riz peut tout aussi bien manger du poisson, que l'on soit, ou non, vendredi ?

 

Patrice Houzeau
Malo, le 26 avril 2025

13 mai 2025

LA TAMISE EST UN FLEUVE BRITANNIQUE

LA TAMISE EST UN FLEUVE BRITANNIQUE

 

1.
« Elle s'appelait Conception
Elle avait besoin d’affectionne
Elle avait un chum en prisonne
Parce qu'il jouait trop bien du gun
Conception »
(Robert Charlebois)
la chanson « Conception », de Robert Charlebois : gouleyante, marrante, rigolote, pimentée.

 

2.
« Un instant, il demeura bouche bée. Puis il se frotta les yeux et me regarda attentivement. Apparemment, j'appartenais bien au genre humain. Il n'y comprenait rien. »
(Jerome K. Jerome traduit par Philippe Rouard, « Trois hommes dans un bateau »)
L’expression « bouche bée » me rappelle ce bout de phrase lu il y a longtemps dans un San-Antonio (me semble-t-il et national insolent, ça c'est sûr) : « ta babouche, baby » décliné en « ta babouche, bay, bée ». Oui, c'est bête, d’ailleurs défois qu’on est bouche bée et qu’on se sent tout bête itou. Tout bête, bouche bée, il ne trouva rien à balbutier, aucune syllabe ne bondit de sa bouche pour se ruer sur le réel ; il n’était même pas bègue.

 

3.
« On a compté par ailleurs depuis 1555 au moins 170 éditions des « Prophéties » elles-mêmes. »
(Yves Lignon, « Nostradamus » in « Les énigmes de l'Etrange », 2005)
Mystère et patte d'éléphant. Aussi le talent d'un hermétisme poétique bien pensé.

 

4.
« C'est, sur la Tamise, la seule méthode afin qu’une bouilloire consente à bouillir. »
(Jerome K. Jerome)
La Tamise est un fleuve britannique, et c'est donc pour cela que je n'ai ni tonton, ni tata, ni toutou, ni toux persistante qui attendent le thé sur la Tamise et qu'en conséquence, aucune bouilloire de ma connaissance, en passe de se mettre à bouillir, ne passe sur la Tamise.
J'ai la bouilloire aussi absente qu'un génie dans la bouteille, qu'un bon dieu sans confession, qu’un canard sans coin-coin.

 

5.
« Ne pleure pas, ma belle » ; je dis ça parce qu'il y a toujours une fille plutôt sympa et jolie, et un peu naïve aussi qui pleure quelque part et je vais me faire des pâtes au jambon.
Tout ça étant ridiculement petit-bourgeois, condescendant et de quoi j'me mêle.

 

6.
« Il faut se faire aussi gros que les bœufs, dans ce monde de grenouilles. »
(Jean-Patrick Manchette, « L'affaire N'Gustro » [le narrateur]) 
Défois, y en a qui se font aussi gros que des bœufs, qu'on en est tout béat, bouche bée, qu'on se dit « eh bin, dis donc ». Les bœufs, ça fait penser à la bavette, qu'on mange avec des frites, à la buvette, qu'on y boit de la bière en pensant aux frites qu'on mangerait bien avec un bout de bœuf, et que le monde soit plein de grenouilles, c'est ce qu'on se dit aussi, qu'ça grouille et coasse, grouille et coasse, grouille et coasse, qu'la caravane passe et qu'le bœuf éclate.

 

7.
« Mais mystérieuses et inhabituelles ne signifie pas pour autant surnaturelles. »
(Richard D. Nolane, « Le Triangle des Bermudes » in « Les Enigmes de l'Etrange »)
Sinon, la vie presque toute entière serait surnaturelle (déjà qu'elle est souvent bien cheloue, louche et curieuse).
Quant au « Triangle des bermudas », je suppose que ça doit être un film interdit aux mineurs.

 

8.
Entendu dans une vidéo sur YouTube (la chaîne « Et Pan ! », épisode 4, « OVNI,  l'histoire secrète (1896-1969) » dire que les sous-marins soviétiques du siècle dernier, patrouillant je ne sais où sous les eaux de la guerre froide, furent parfois confrontés à un « phénomène sonore » non-identifié qu’ils pensèrent d'origine américaine, ou alors un bestiau des gouffres, genre « calamar géant » ou alors c’étaient, dit-on, des OVNI sous-marins, et, comme les Russes comparaient ces sons à des « coassements de grenouilles » (« Quackers »), doit-on en conclure que les OVNI coassent ou que les extra-terrestres des profondeurs marines sont des batraciens ?
J'adore la désinformation « OVNI ». Quel film ! Quel scénario ! Quel talent dans l'enfumage ! En voilà du complotisme qui tient la route !

 

Patrice Houzeau
Malo, le 13 mai 2025

26 avril 2025

DE BAYROU ET AUTRES ZOZOS

DE BAYROU ET AUTRES ZOZOS

 

1.
15 avril 2025. François Bayrou, l'actuel premier ministre à la France, vient de nous signifier que nous ne produisons pas assez car nous ne travaillons pas assez et que des mesures allaient être prises... 
Fichtre, je pressens qu'on ne va pas tarder à entendre parler, une fois de plus, de la réforme des retraites, des dépenses de santé et autres interrogations sur les nombres de jours fériés et de fonctionnaires.

 

2.
40 milliards d'euros d'économies que la France, elle doit faire en 2026 on dit, les aides aux entreprises à l'emploi des apprentis devraient-elles être abandonnées pour les étudiants du supérieur et être gardées pour les CAP et les BAC PRO, c'est une question qui se pose.

 

3.
15 avril 2025. France. Entendu parler ce matin sur France Inter de la déqualification des emplois des bac + 5. La sotte massification de l'enseignement supérieur, et c'était prévisible, a produit un nombre de diplômés tel que le marché de l'emploi ne peut actuellement pas les embaucher au niveau auquel ces néo-diplômés pensent pouvoir prétendre. En conséquence, sont bien obligés d'accepter ce qu'on leur propose, en attendant le retour de la croissance et du plein-emploi qu'on nous promet depuis quelques temps déjà.
Trop de surdiplômés et pas assez de main d’œuvre ; la France est un vertige technocratique.

 

4.
18 avril 2025. Ce matin, sur France Inter, retour sur l'affaire de l'« abbé Pierre » à l'occasion de la sortie d'un livre intitulé « Abbé Pierre La fabrique d'un saint ». D'après ce que je comprends, l'abbé Pierre était non seulement un prédateur sexuel (je pense qu'il y a maintenant consensus sur ce point), mais il aurait été aussi et significativement pétainiste, et si l'abbé a fini par rentrer dans la Résistance, cet engagement ne l'aurait pas empêché d'être longtemps un antisémite notoire.
Quant à l'argent d’Emmaüs (et cela concernerait des sommes très élevées, nous dit-on), il n'aurait pas servi qu'à aider les pauvres... Bref, le statut de l'abbé Pierre aura glissé très vite de « personnalité préférée des Français » à salopard national (que l'on pardonne ce mot, mais je n'en vois pas d'autre). De tout ça, je ne sais rien, et même pas si ce livre, visiblement à charge, n'est pas une commande des services de l’État pour des raisons qui lui appartiennent (manipulation de l'opinion ? Désinformation ?), mais je constate évidemment que, pendant des années, sur toutes les ondes et les écrans, on nous a vendu l'abbé Pierre comme un modèle de vertu et d'engagement au service des plus démunis, pour qu'en fin de compte, on nous dise qu'il était tout sauf un type bien. Étrange tout de même et qui incite à garder ses sous plutôt que d'aller les donner à on ne sait qui.

 

5.
La souris peut bien essayer de miauler, le chat la mangera quand même.

 

6.
Difficile de préciser quelle est la nature exacte de la dette de Trump envers Poutine mais il est de plus en plus probable que cette dette existe ; de même, il semble que le krasnov a bien l'intention de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028 (sans doute pour éviter la prison).
Pour l’Europe, soutenir l’Ukraine contre Poutine est aussi une manière de contrecarrer l'influence de Trump sur la scène internationale, une manière efficace de l'isoler, de le décrédibiliser.

 

7.
26 avril 2025.  Les révélations de la fille de François Bayrou sur le climat de très grande violence qui fut la règle de l'institution Notre-Dame de Bétharram pendant des années, sinon des décennies, tendent à prouver qu'en effet Bayrou n'a pas couvert cette violence mais a fait a minima preuve d'une très grande naïveté.
Rappel : l’affaire Bétharram n'est pas une affaire de point de vue sur des méthodes éducatives plus ou moins strictes, c'est une affaire sordide où la violence physique de prêtres (c'est quoi ces curés qui frappent des gamines à coups de poing ?) se double d'une affaire de prédation sexuelle. Quand la Justice aura fini son travail, il est assez probable que certains finiront leurs jours en prison.

 

8.

Trump, c'est une araignée dans sa toile. Détruisez sa toile et Trump tombera.

 

 

Patrice Houzeau
Malo, le 26 avril 2025

11 mai 2025

QUI PART SEUL A LA CHASSE PERD SA RUSSIE

QUI PART SEUL A LA CHASSE PERD SA RUSSIE

 

1.
« Nadja, arrivée la première, en avance, n'est plus la même. »
(André Breton, « Nadja »)

 

Nadja ne vous écrira pas aujourd'hui. Pas question.
Arrivée de la banshee incessamment.
La truite ne se prend pas pour un saumon (comme prévu, le frelaté des insoumissions et le cadet de la navale font tout pour perdre). De laisser tomber la souris.
Première année, le krasnov orange va se planter (la chanson est vouée à rester la même).
En deux temps trois mouvements le Russe va perdre sa dame (gambit refusé) cette (le chat est trop gros)
Avance (JD, on lui dit merde) n'est qu'une illusion, demandez aux flammes rousses (une perruque rousse désigne immédiatement). Il
N'est plus temps de se demander si le téléphone va manger du homard.
Plus personne (l'ironie est partout ; ses yeux brillent).
La violonade est pour bientôt (Nadja attend son encre).
Même chose ici qu'ailleurs : les billets flambent ; trop de monde sur le pont.

 

2.
« 9 octobre – Nadja a téléphoné en mon absence. A la personne venue à l'appareil, qui lui demandait de ma part comment l'atteindre, elle a répondu :  « On ne m'atteint pas. »
(André Breton, « Nadja »)

 

9 n'est que le jour de l’annonce de l'arrivée de la banshee.
Octobre verra des jours meilleurs.
Nadja n'a pas le téléphone (les homards sont dans la verte). Nadja
A le téléphone (les homards répondent). 

 

En 2 temps 3 mouvements, le Russe perdra ses tours (elles se détestent).
Mon Dieu, pourquoi suis-je si faible et le Diable si puissant ? Mon manque de foi, cette
Absence de l'être, va-t-il me priver de boudin blanc cet hiver ?

 

A Moscou, à l'heure perdue, on croit plus au sang qu’aux larmes.
La puissance du marteau se heurte à la morale du clou.

 

Personne (je l'ai déjà dit : l'ironie se régale et décompose la chair sous les masques). Elle est
Venue la chanson, avec la fièvre.
A jamais (ce peu qu'il me reste à vivre), je préfère le « New Boots and Panties » de Ian Dury et des Blockheads aux complaisances des ondes.
L'appareil est en fonction et comme on dit dans tous les bars : « Pas de fumée sans feu ».

 

Qui arrêtera cet homme ? N'y a-t-il personne ? Le président Zelensky est-il seul ?
Lui qui fut clown, le voilà homme d'Etat, et Poutine matamore ridicule et sanglant. Zut
Demandait l'âge du capitaine mais chacun sait que le capitaine n'a plus d'âge (il l'a joué aux dés).

 

De cette guerre mondiale qui s'annonce, que voulez-vous qu'on dise sinon que Cassandre a toujours raison.
Ma foi est aussi absente que l’honnêteté à l’Assemblée nationale. Qui
Part à la chasse perd sa place (Poutine devrait méditer cette sagesse des écoles françaises).

 

Comment allez-vous ? fait la flamme à la sainte. La mort, farce atroce.
L'atteindre ? Vous voulez dire « la joindre » ? Je suppose que vous voulez la joindre mais
Elle n'est plus joignable depuis que Zut s'est mise au pistolet automatique. Elle
A observé la Jeune Ukraine et s'est souvenue que l'on n’arrête pas le flux (Poutine ne connaît pas toutes les nages). Rien ne me sera
Répondu : les morts qui marchent n'ont plus de mots et bavent leurs leçons.
On se souvient que le 8 mai commémore la victoire des démocraties.

 

Ne vous fiez pas à la fontaine à promesses ; elle fait juste son travail. On ne
M’atteint pas mais vous ne perdez rien pour attendre. Ce ne sera
Pas la dernière parole de l'homme qui se tient debout face au mur de flammes que les bouches gâtées lui annoncent.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2025

11 mai 2025

TRUMP EST-IL EN PASSE DE ROULER POUTINE DANS LA FARINE ?

TRUMP EST-IL EN PASSE DE ROULER POUTINE DANS LA FARINE ?

 

1.
26 avril 2025. Paraît que, selon le site « Les Echos », le ministre de l'aménagement du territoire, François Rebsamen, envisagerait une « contribution modeste » pour le « financement des services publics de la commune ». Cela s'appelle un impôt local (pour remplacer la taxe d'habitation?) et on connaît la chanson : on commence par une « contribution modeste » pour continuer par des hausses régulières de cette contribution « modeste » (tu parles) et zou, on finit par tondre consciencieusement le contribuable afin de subventionner des bêtises, voire euh non rien.

 

2.
26 avril 2025. On dit que Trump se demande si Poutine ne serait pas en train de le « balader » et on en conclut un peu vite que Trump pourrait changer de politique envers la Russie :
3 hypothèses :
- soit Trump joue la comédie et fait semblant de s'offusquer du comportement de Poutine mais, en fait, le krasnov aurait choisi son camp depuis longtemps et continuera à servir la soupe à la mafia poutinienne autant qu'il le pourra ;
- soit Trump est toujours aussi changeant d'humeur, instable et inconséquent, et comme il change d'avis aujourd'hui, il changera d'avis demain ;
- soit Trump a soudain ouvert les yeux et se rend compte que, s'il veut rester crédible, il a tout intérêt à faire siens les objectifs de l'Occident des démocraties et donc décourager Poutine de continuer à bombarder les populations civiles ukrainiennes.

 

3.
Le point commun entre l’extrême-gauche (LFI et autres agités) et l’extrême-droite (RN, Reconquête et consorts périlleux), c'est leur détestation des sociaux-démocrates. C'est pour cela qu'un démocrate sincère, de gauche comme de droite, ne peut se sentir proche ni de Mélenchon, ni de Bardella.

 

4.
2 mai 2025. Quel que soit le sort des armes, que l'Occident ne renonce pas à soutenir le président Zelensky et l’Ukraine libre et indépendante ; c'est une question d'honneur et de sécurité face à la guerre hybride que Poutine a  décidé de mener contre nos démocraties. 

 

5.
Les Français qui combattent pour le compte de la Russie dans la sale guerre de Poutine en Ukraine sont des traîtres à la patrie point barre.

 

6.
Il serait naïf de croire que les soutiens de l’Ukraine ne se trouvent que chez les « progressistes » et autres « mondialistes » ; il ne manque pas de gens de droite, plutôt conservateurs, que la perspective d'une Russie totalitaire et surpuissante en Europe insupporte.

 

7.
Difficile de dire si Trump est un crétin qui plonge les USA dans la récession ou si c'est un génie qui, confiant dans la résilience de l'économie américaine, accepte les risques momentanés d'une crise pour restaurer la paix en Europe, ouvrir le marché ukrainien aux produits made in USA et surtout casser l'alliance entre la Russie et la Chine.

 

8.
Mai 2025. Entendu dire que le président Macron envisagerait de revoir les rythmes scolaires en raccourcissant les vacances d'été : les professionnels du tourisme apprécieront ; en outre, ouvrir plus longtemps les établissements a un coût. En conséquence, à moins de rallonger les vacances d'hiver, il est à penser qu'un étirement de l'année scolaire (jusqu'au 13 juillet ? ou alors avec une rentrée dès le 16 août?) serait économiquement contre-productif, et en période d'austérité budgétaire, ce n'est sans doute pas le moment ; il est vrai aussi que le président Macron n'aura guère brillé par sa prévoyance en matière de finances.

 

9.
Mai 2025 : en trente ans de carrière, je n'ai jamais vu une fin d'année scolaire aussi abracadabradantesque et irrespectueuse que celle-ci,  la technocratie n'a décidément que peu de limites dans l'art du n'importe quoi.

 

10.
La politique en France ? Une combinaison entre commerce et pseudo-élite des pseudos grandes écoles.
Résultat : les partis-entreprises (qui n’accéderont jamais au pouvoir et n'y tiennent d'ailleurs pas, LFI et RN) travaillent pour la plus grande gloire de la médiocrité technocratique des partis de gouvernement (de l'insipide PS au carriériste LR).

 

11.
« La démocratie, tyrannie de l'incompétence » est sans doute l'un des meilleurs sujets d’examen qui ait jamais été donné.
Certes, je suis démocrate (c'est-à-dire que je conteste les systèmes anti-démocratiques tout en restant sceptique sur l'efficacité réelle de la démocratie), mais en ces temps de trumpisme et de poutinisme, la question, je crois, mérité d'être posée.

 

12.
Et dire que ceux qui sont qui sont censés apprendre à vos mômes ce qu'est l'esprit critique sont les mêmes qui acceptent sans guère broncher que, peu à peu, les normes du CPS (compétences psycho-sociales) contaminent nos enseignements.
Foutez la paix aux normes morales des Français, elles ne sont ni meilleures ni pires qu'ailleurs (et même plutôt meilleures, je pense) mais, en tout cas, elles ne regardent pas les enseignants et encore moins le gouvernement.

 

13.
La Belgique a acquis une identité si forte qu'il serait vraiment dommage ue les Flandres soient avalées par les Pays-Bas et que la Wallonie devienne une sotte administration française de plus.

 

14.
11 mai 2025. Paraît que Poutine demande à négocier avec le président Zelensky. Poutine a perdu sa sale guerre en Ukraine et il le sait. Il ne contrôle, au prix d'un nombre considérable de morts et de blessés, qu'une partie du Donbass ; Trump l'a roulé dans la farine et les USA ont la main sur l'exploitation des minerais et des terres rares ukrainiens tant convoités ; le président Zelensky a maintenant une dimension internationale d'homme d’État ; l'OTAN est toujours aussi puissante ; l'économie russe est en lambeaux et la parole de la Russie ne vaut plus un kopeck (Lavrov, vous pouvez aller composer vos niaiseries dans votre datcha de luxe, vous ne servez plus à rien) ; en outre, les pays des BRICS s'entre-déchirent et la France ne basculera pas à l’extrême-droite en 2027.

 

Patrice Houzeau
Malo, le 11 mai 2025

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