QUAND JE N'SAIS PAS QUOI
QUAND JE N'SAIS PAS QUOI
1.
Quand je n'sais pas quoi faire
De moi-même je m'imagine Alors
La présence d'un aut' moi-même
Se fait tellement forte que la
Porte ouverte je me vois alors
Entrer dans la pièce puisqu'il
Est que porte ouverte partir &
Arriver que ça laisse la porte
Ouverte car si elle est fermée
Tu restes seul toi & toi seul.
2.
Pour déguster du preux en armure
Le dragon ouvre une vaste gueule
Puis crache sa flamme Rôti alors
Flambé le chevalier audacieux et
Divin accompagné d'son destrier.
3.
« Soleil cou coupé » Je me demande
Quand je songe à cette forte image
Qu'Apollinaire mit en fin de poème
De quelle créature elle sauta dans
L'espace cette tête flamboyante de
Quel capitaine décapité ou de quel
Chevalier errant & quel roi vaincu
Fut ainsi décollé & s'écroula dans
La poussière tandis que sa tête au
Ciel jaillit éclairant chaque jour
La terre des humains de son signe.
« Soleil cou coupé » Je me demande
Quand je songe à cette forte image
Si Persée après qu'il a tranché sa
Tête à la Gorgone l'aurait-il dans
L'espace jetée que nous ne pouvons
Regarder la vérité en face sans en
Être médusés fascinés pétrifiés et
Que nous finissons par baisser nos
Têtes de peur d'en finir aveuglés.
4.
Il arrive que les vitres se brisent
Que se cassent verres et bouteilles
Qu'éclatent les carreaux se jettent
Les fenêtres que se creusent et que
S'ouvrent les miroirs sur des vides
Dans lesquels bien des âmes chutent
5.
Ne touchez pas à ce piano
Gardez-vous bien de poser
Vos mains pour y jouer la
Chanson vive et légère et
Qui met les cœurs en joie
ne touchez pas à ce piano
Il se jouera de vous vous
Prendra les doigts et les
Entraînera les endiablera
les virtuosera et vous ne
Pourrez plus que jouer et
Jouer et jouer encore pis
Nuit et jour jouer et pis
Vous en tomberez cadavéré
Qu'vot'cœur aura cessé de
la battre la folle mesure
& se s'ra tout désaccordé
6.
« Beaucoup de ces dieux ont péri »
Note le narrateur Apollinaire Mais
Ils continuent à agir en nous Mais
Ils continuent à nous agiter comme
Si nous étions ces pantins que des
Fils invisibles actionnent sur les
Scènes sans nombre des dieux morts
7.
Sûr qu'nous sommes machinés par la
Machine infernale qu'un malin il y
A longtemps quand le temps n'était
Pas encore venu a actionnée et qui
Nous éclatera à la conscience puis
Ce sera comme si rien n'avait été.
8.
Défois j'me demande mais je ne suis
Pas toujours là alors j'm'attends &
Je patiente mais à force d'être pas
Là je m'impatiente et me cherche et
Me mets en quête & quand enfin j'me
Retrouve je m'engueule & pendant ce
Temps-là que j'n'ai rien fait d'bon
Patrice Houzeau
Malo, le 7 février 2021.