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BREFS ET AUTRES

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8 août 2020

AH OUI LA Y A QUELQUE CHOSE

AH OUI LA Y A QUELQUE CHOSE

 

  1. Zut se dit qu'ça cache queque chose qu'ça cache queque chose qu'ça cache queque chose qu'ça cache queque chose pis Zut se dit qu'elle devrait arrêter de se dire qu'ça cache queque chose qu'ça cache queque chose qu'ça cache queque chose.

  2. Zut se dit que défois on a des sentiments intimes qu'on peut pas les dire qu'c'est pour ça qu'ils sont intimes sinon ça effraie le monde ça malaise le monde que si les sentiments intimes i sortaient comme i sont de la bouche ça ferait du pire bien pire que c'est déjà pire que ça.

  3. Zut se dit que défois on a des poings en nous ils se serrent mais faut pas qu'ils sortent de la poche qu'on a en dedans sinon ça ferait du grabuge pire que c'est déjà tout grabugeant nauséant le monde.

  4. Zut se dit défois que dieu, c'est une farce que dieu nous fait pour nous faire croire que dieu n'existe pas, ou qu'il existe. Zut ne sait pas trop.

  5. Zut se dit que les gens i s'rendent pas compte ou qu'ils font semblant de rien, c'est quelque chose quand même se dit Zut qui va au marché où les gens disent que les gens i s'rendent pas compte ou alors c'est qu'ils veulent pas, qu'c'est quelque chose quand même.

  6. Que le pire soit certain, nous en sommes tous certains. La seule chose qu'on s'demande, c'est le moment où le pire cessera d'être certain pour être arrivé, genre catastrophe, fin de la civilisation, fin des temps et tout ça qu'on voit dans des films qu'on a même plus envie de voir.

  7. « Je veux réellement faire revivre le passé » dit Hercule Poirot dans l'Agatha Christie que Zut est en train de lire (Zut aime beaucoup Agatha Christie) qu'elle se dit que « faire revivre le passé », c'est faire revenir le passé dans le présent, se faire hanter.

  8. Zut se dit qu'elle ne peut pas attraper le Covid, mais qu'elle peut en mourir quand même.

  9. Zut contemple les hachures qu'ça fait comme si on avait coupé le temps en morceaux qu'il continue à couler mais en une infinité de traits qui peut-être cachent d'autres traits où qu'en ces traits d'autres traits, qu'en ces bouts d'infinis d'autres infinis, tout hachés.

  10. Zut supporte mal la chaleur. Ça lui fait comme dans l'album de Tintin qu'le monde fond, qu'le temps fond, qu'ça la rend pessimiste, Zut, qu'elle se dit qu'heureusement y a les diabolos menthe et l'eau fraîche la nuit quand elle ne dort pas pis qu'le monde i brûle de partout.

  11. Zut se dit que c'est curieux quand même quand on dit ah oui, là, il y a quelque chose que déjà il y a le quelque chose plutôt que rien mais qu'en plus, ce quelque chose plutôt que rien est plein de quelque chose, un genre d'être que tu peux courir pour le définir, i s'rétracte, ou s'dilue, bizarre.

    Patrice Houzeau
    Malo, le 8 août 2020.

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7 août 2020

ZUTISMES DU 7 AOÛT QU'IL FAIT CHAUD

ZUTISMES DU 7 AOÛT QU'IL FAIT CHAUD

 

  1. Zut se dit que Twitter, parfois, c'est comme le bar du coin, mais la bière est moins chère, parce qu'on l'achète au supermarché.

  2. Zut se dit qu'elle est sur terre. Que ce n'est pas d'l'irréel que, d'aventure, parfois elle en aurait marre, qu'elle s'amarre, mais ça ne durerait pas, se dit Zut, des choses surgiraient d'autres mystères.

  3. Zut se dit que « des choses surgiraient d'autres mystères » est une drôle de phrase parce qu'on ne sait pas si ce sont les choses qui surgissent ou les mystères. C'est que je ne peux pas décider, dit Zut qui trouve ça énigmatique.

  4. Zut défois s'imagine des histoires qui commencent toujours par un sentier d'où débarquent d'autres mystères, d'autres masques, d'autres drames splendides comme des affiches. Le sentier est entre elle et une forêt profonde où elle ne va jamais. C'est là qu'ils naissent.

  5. Zut ne cherche pas à faire comprendre comment elle voit les choses. Il y a tellement de phrases de partout qui disent comment on voit les choses. Zut en connaît certaines, mais il y en a tellement, à l'infini des lèvres se dit Zut, dont beaucoup d'énigmatiques.

  6. Zut pense que les choses ne sont qu'en partie ce qu'on en dit. Des moitiés de visages dans des miroirs coupés d'ombre.

  7. Zut se dit qu'elle est un morceau fini d'un nombre infini de séries infinies. Les objets aussi. Tout en fait, mais cela a-t-il un sens que tout soit fini dans un nombre infini de séries infinies ?

  8. Zut défois voit disparaître le sens des choses. A quoi sert cet objet creux ? Peut-il contenir quelque chose et comment ce qu'il pourrait contenir ne s'échapperait-il pas ? Il suffit de le retourner et de voir qu'il est écrit dessus « Made in China ».

  9. Zut se dit qu'on n'attribue pas une sensation à une chose. Même quand les objets bougent tout seuls inexplicablement. Ce n'est pas la sensation qui les anime. Il doit y avoir derrière ces choses qui bougent autre chose, quelque chose de sensationnel et de terrible, un mystère dans une chambre jaune.

  10. Zut se dit qu'on n'est pas pareil avec un vivant qu'avec un mort. On ne peut rien dire à un mort. Défois qu'il reviendrait plus tard pour vous répondre parce que ça doit mettre du temps à parvenir là-bas. Zut parle aussi avec ses morts, elle qui parle si peu avec les vivants.

  11. « Ne pourrais-je imaginer que j'ai des douleurs effroyables et que je me transforme en pierre pendant qu'elles persistent ? Eh bien, comment puis-je savoir, les yeux fermés, si je n'ai pas été transformé en pierre ? »
    (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 283)

  12. Zut se demande combien de fois elle a été transformée en pierre. C'était sans doute le temps où elle pouvait se faire aussi papier et ciseau. Zut se demande combien de temps elle a passé parmi les pierres et les herbes qui poussent entre elles.

Patrice Houzeau
Malo, le 7 août 2020.

6 août 2020

DEFOIS ZUT SE DEMANDE

DEFOIS ZUT SE DEMANDE

 

 

  1. Le 4 août 2020, deux explosions détruisirent le port de Beyrouth. L'hypothèse de l'accident fut privilégiée, ce qui n'empêcha pas les haines de déferler sur les réseaux sociaux. Plutôt que d'accuser Israël ou le Hezbollah, plutôt que d'attiser les haines et agiter les fantoches du complotisme, il faudrait se poser des questions : Qui est le propriétaire de cet entrepôt ? Quelle était la nature des produits qui y étaient stockés ? Pourquoi étaient-ils là ? Cet entrepôt était-il assuré ? Par qui ? Qui est le responsable des risques industriels du port de Beyrouth ? Qui est le responsable de la sécurité civile ? Faudra-t-il une commission d'enquête internationale ?

  2. Je me demande si c'est le commerce mondial des armes qui s'appuie sur la religion, ou si c'est la religion - le communisme étant lui-même une sorte de religion - qui s'appuie sur le commerce mondial des armes. En tout cas, les deux me semblent intimement liés.

  3. Ni dieu, ni maître, sauf le métronome autonome.

  4. Zut s'interroge sur les événements, cherche le fil pour les dépeloter mais n'en trouve que des bouts, tout emmêlotés, des fois y a des ficelles, et même des câbles, mais ce ne sont même plus des mains qui les tiennent, juste quelques os. Il y a beaucoup de cendre.

  5. Zut voit des morts et des blessés dans la télé. Elle se dit que c'est dans la télé. C'est des morts et des blessés. C'est dans la télé mais c'est vrai. C'est loin aussi. Beyrouth, c'est loin. Pour l'instant, se dit Zut.

  6. Le monde, il est tellement douloureux qu'on a l'impression qu'il veut susciter en vous. C'est des gens dans le monde de la télé. Ils veulent susciter. Ils représentent le réel. Ils vous le montrent. Et ils parlent comme s'ils étaient le réel. C'est la télé.

  7. Défois ils représentent le réel. Ils vous le montrent et démontrent. Et ils parlent comme s'ils étaient le réel. Comme s'ils étaient eux le réel et le réel la représentation du réel. Défois ils parlent du réel que ça paraît même plus tellement réel, le réel, là, dans la télé où ils parlent.

  8. « - Quel est ton but en philosophie ? - Montrer à la mouche l'issue par où s'échapper de la bouteille à mouches. »

    (Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 309).

  9. Défois Zut déambule. Ça lui fait du kaléidoscope. Il y a des détails. Il y a des gens occupés. Pour le faire tourner, le kaléidoscope, y a des gens. Et puis dans le kaléidoscope, il y a des gens qui déambulent. Ils ne la connaissent pas, mais c'est avec Zut.

  10. Il ne suffit pas de dire que c'est vrai pour que ce soit vrai, se dit Zut. Il faut aussi que le réel coïncide avec le vrai qu'elle dit la télé avec toutes ses bouches. Défois c'est pas vrai ce qu'elles disent toutes les bouches de la télé. Défois c'est même pas réel. C'est juste le bruit du temps.

  11. Défois à la télé y a des produits que la télé elle dit que vous pouvez les acheter, ou même que vous devez les acheter car ce n'est pas possible de vivre sans portable ni ordinateur. Il y aussi des politiques. Zut se demande si eux aussi on peut ou on doit les acheter.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 juillet 2020.

5 août 2020

L'INCIDENT DU CHIEN PENDANT LA NUIT

L'INCIDENT DU CHIEN PENDANT LA NUIT

 

  1. Défois que circuleraient entre deux eaux, genre mauvais dans la rue, des couteaux à manche d'ivoire comme dans les romans policiers qu'on trouve sur les marchés aux puces qu'dorénavrant ça va être des marchés aux masques.

  2. Donc Holmes, un moment dans la nouvelle « Flamme d'argent », il trouve un « bistouri-cataracte » qu'on trouve tout dans les bouquins, surtout des mots, remarquez qu'un bistouri-cataracte, ça fait moins drôle que la main coupée à Cendrars, et tous les morts et les souffrances.

  3. Celui pour qui le réel est une suite de puzzles à résoudre, le paysage peut bien faire des claquettes en se faisant des œufs sur le plat, il s'en moque bien, tout plongé dans le lui-même de ses énigmes.

  4. Y a vraiment que Holmes pour se promener avec un fer à cheval dans la poche et dans des landes improbables que soudain tiens « les empreintes d'un cheval » voyons voir si ce fer est bien le fer qui fera l'affaire.

  5. Défois le diable qui s'balade dans l'air, en s'moment l'est très virulent, ch'cornu, pandémique et circulatoire, i vous souffle de « cacher le cheval » alors vous, vous cachez l'cheval, dans l'paysage qu'après ça vous fait des histoires de phrases à rhinocéros et de Wittgenstein.

  6. L'essentiel est d'avoir plus d'un tour dans son sac : un tour de cochon, un tour de piste, un tour de cartes, un tour de France (c'est joli et pis sportif), un tour du pâté d'maisons (avec ou sans toutou), un tour de clé, un tour de chant (c'est distrayant), et r'mets du riz, et fuis les rats.

  7. Défois y en a marre de se consacrer à des énigmes qu'on a qu'une seule envie, laisser Watson dans la contemplation de l'Angleterre, prendre le train de nuit et rentrer en France passqu'on n'est pas Sherlock Holmes non plus hein.

  8. « - Y a-t-il un autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention ?
       - Sur le bizarre incident du chien pendant la nuit.
       - Le chien ? Il n'y a eu aucun incident avec le chien pendant la nuit.
       - Voilà l'incident bizarre, justement ! » observa Sherlock Holmes. »
      (Conan Doyle traduit par Bernard Tourville, « Flamme d'argent »)

« un point sur lequel vous désireriez » : y a vraiment que dans les classiques anglais traduits en français que l'on trouve encore ce genre de forme à paniquer un troupeau de bacheliers nourris au lait du pédagogisme.

9) Il n'est pas recommandé de faire courir des choses trouvées « entre les mains d'un truqueur ». C'est des trucs à vous faire turlupiner par des lustucrus qui vous hurleront aux ouïes : « Edouctusorcetruc hein douctusorcetruc ? ».

10) Défois, il a raison, Holmes, « le véritable assassin se tient immédiatement derrière vous », que vous vous retournez, tiens l'est plus là, ou alors zêtes déjà mort.

11) Lorsque vous fûtes descendue,
      Il se trouve que vous me plûtes
      Que j'en suis tombé sul'...
      Flûte fit alors Zut on connaît la chute
     Vous feriez mieux de vous occuper de tous ces lustucrus qui lustucrutent sous votre lustre plutôt que de faire des rimes ridicules.

12) Le souci c'est ça susurra Suzy Holmes (si, si, c'est la nièce à Sherlock) supposant que l'un des deux, dont il manquait l'autre, s'était subrepticement approché de l'assiette afin d'y verser la potion à fataliser les intrigues.

13) Il est recommandé, si jamais vous conservez par devers vous « la main d'un mort », de bien vérifier qu'aucun « couteau bizarre » n'y pousse. Auquel cas, il vous faudra, dès que possible, invoquer l'esprit de Conan Doyle. Ce couteau lui appartient ; il l'a juste oublié dans votre mémoire de lecteur.

14) Je ne sais pas si c'est une bonne idée de retirer son manteau alors qu'il pleut des phrases de partout. Je sais bien que c'est pour « être plus à l'aise », mais vous risquez bien d'être noyé dans le sens commun, d'être débordé par l'hyperbole, d'être étouffé par l'opinion. Allons, mon cher Watson, reprenons scalpel et bistouri et fichons l'camp de cette énigme.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 août 2020.

5 août 2020

EST-IL BIN QU'ÇA S'POURRAIT

EST-IL QUE BIN ÇA S'POURRAIT

 

 

  1. Est-il que la pandémie se poursuivant, les cartes du monde en soient redistribuées ? Est-il que la France recule à ce point dans le classement des puissances qu'elle doive renoncer un temps à son interventionnisme au profit d'une relance intérieure de son économie ?

  2. « Le gnôti seauton (« connais-toi toi-même) apparaît (…) dans le cadre plus général de l'epimeleia heautou (souci de soi-même) comme une des formes, comme une des conséquences, comme une sorte d'application concrète, précise et particulière de la règle générale : il faut que tu t'occupes de toi-même, il ne faut pas que tu t'oublies toi-même, il faut que tu prennes soin de toi-même. »
    (Michel Foucault, « L'Herméneutique du sujet », cours de 1981-1982 au Collège de France)

    Michel Foucault faisant remarquer que le gnôti seauton (« connais-toi toi-même ») socratique est une conséquence de l'epimeleia heautou (souci de soi-même) me donne à songer que c'est aussi dans cette reconnaissance antique du sujet que naît notre individualisme occidental. (cf Philosophie Magazine Hors-Série n°45, « Platon », p.69)

  3. « Les lettres sont encore visibles, mais étant donné leur demi-effacement et la couleur de votre peau tout autour, il est évident que vous avez tenté de les faire disparaître. »
    (Conan Doyle traduit par Bernard Tourville, « le Gloria Scott » [Holmes])

    Le présent est plein de disparitions. L'être du présent est la disparition, à commencer, car il est insaisissable, par celle du présent lui-même.

  4. « Il y a déjà longtemps que la rumeur s'est répandue, que l'étant était « en soi ». »
    (Heidegger traduit par Becker et Granel, « Qu'appelle-t-on penser ? »)

    Qu'est-ce que cet « en-soi », sinon un signifié, un référent indéfinissable ? La matière ? Mais nous ne pouvons jamais appréhender ce qu'est la matière que par des équations. L'humain est le fantôme de cet « en-soi » que le langage produit comme nous produisons nos légendes.

  5. L'hypothèse de l'univers parallèle inversé n'est pas nouvelle. Elle peut sembler logique pour ceux qui voient l'univers tel que nous le connaissons comme une projection d'une source lointaine. Il y aurait ainsi un univers en positif et un univers en négatif. Spéculation, expérience de pensée.

  6. Si on admet que l'on puisse remonter le temps, cela suppose-t-il la « présence » d'un univers parallèle ?

  7. Le verbe « être » hante la langue comme s'il voulait nous persuader que nous existons réellement.

  8. Est-ce que le verbe « être » a un sens en musique ? Est-ce que « être » en musique revient à affirmer le sujet (compositeur et virtuose) ? Un gouvernement anti-sujet, anti-singularité, qui considérerait la notion d'auteur comme un reliquat de « l'esprit petit-bourgeois » finirait-il par ne plus admettre qu'une musique programmée, une musique d'intelligence artificielle ?

  9. Parce que la technologie tend à remplacer la maîtrise humaine et la fierté de cette maîtrise, peut-on considérer que l'intelligence artificielle est un danger pour l'humanité ? Vivons-nous déjà sous la dictature des algorithmes ?

  10. Bien entendu, une bibliothèque n'arrête pas une division de panzers cependant que ce sont bien des ingénieurs qui conçoivent et chars d'assaut et toutes ces armes actuelles dont nous n'avons même pas idée, et que ce sont bien des stratèges qui en définissent l'emploi.

  11. Si l'on considère que les Etats-Unis ont, en matière d'armement et en moyenne, quinze ans d'avance sur le reste du monde, il ne me semble pas impossible que la base de Bentwaters disposât en 1980 de câbles nécessaires à quelque puissante connexion internet.

  12. Le populisme commence toujours par en appeler aux valeurs du respect (de la religion, des traditions, du « peuple », de la nature, etc...) pour légitimer la censure de tout humour d'abord, puis de toute critique de la religion, des partis du peuple, de l'écologie, des communautarismes, etc...

Patrice Houzeau
Malo, le 5 août 2020.

 

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5 août 2020

CHRONIQUE DU 5 AOÛT 2020

CHRONIQUE DU 5 AOÛT 2020

 

 

  1. « Ah bin v'là aut'chose ! C'est pas vrai ça, quand même ! » s'exclama la mère Denis constatant qu'un extra-terrestre ultra-bourré avait confondu sa machine à laver (une Vedette) avec son aéronef interstellaire de service.

  2. Ceci dit, je me souviens de Jacques Bergier disant : « Il n'y a pas plus d'ovnis que de beurre dans le placard » (ou quelque chose dans le genre) Or, pourquoi n'y aurait-il pas de beurre dans le placard ?

  3. Entendu dire que selon Jacques Bergier, les OVNIS n'étaient pas de nature solide, mais de nature holographique. Donc, la question est : qui publie dans le ciel des hologrammes d'aéronefs flottants et ceci, sans doute, dans le but d'épater le badaud et de leurrer l'adversaire ?

  4. A mon avis, ceux qui nient la réalité de la pandémie du Covid raisonnent à peu près comme ceux qui nient la réalité des chambres à gaz et de la Shoah. Même essentialisme délétère. Même complotisme identitaire.

  5. Viens d'entendre à la radio cette chanson nouvelle : « Ce n'est pas la fin du monde / Rassure-moi / Ce n'est pas l'hécatombe / de si bon matin ». Eh oui, on en est là quand même.

  6. « L'obéissance sans l'esprit de liberté est ce qui donne prétexte à toutes les sociétés secrètes. » (Kant traduit par Guillermit, « Théorie et pratique »).

    Que l'on remplace « sociétés secrètes » par « communautarismes » et le problème apparaît : certains n'admettent pas que des libertés liées à leur culte ou leurs coutumes leur soient refusées. D'où conflit, repli identitaire, contestation et négation des lois de la république.

    L'éducation nationale est censée pallier les communautarismes. Elle semble cependant étrangement paralysée par des conflits internes, des injonctions contradictoires, et une bienveillance qui confine trop souvent à la complaisance.

  7. Le sentiment d'insécurité augmentant en France (parlons franc : la société semble en passe de se fracturer). L'insécurité économique étant liée à l'augmentation du nombre de faits de délinquance, il faudra, à mon avis, que le gouvernement fasse preuve de pragmatisme.

    Pour le coup, bien qu'étant libéral, je pense qu'il faudra sans doute que le gouvernement multiplie les emplois aidés. Cette mesure ne peut être que provisoire, mais pour éviter que les quartiers flambent, cela m'apparaît urgent.

  8. Il vaut mieux favoriser des emplois aidés plutôt que de parquer des centaines de milliers d'étudiants dans des universités, où ils risquent bien de perdre leur temps, et cela avec fort peu d'espoir d'une formation qualifiante et utile aux besoins de la vie courante des Français.

    C'est donc à un changement de direction qu'il faut procéder et redéployer une partie du budget de l'enseignement supérieur et de l'éducation nationale afin d'assurer un accès post-bac à un emploi aidé, complété, le cas échéant, par une formation dispensée par un organisme agréé.

    A mon humble avis, cela urge. Si des mesures dans ce sens ne sont pas rapidement prises, je crains, la crise s'aggravant, que notre pays connaisse bientôt des troubles sociaux bien pires que ceux que nous avons connus durant la crise des Gilets Jaunes.

  9. Je me félicite que la France ne ratifie pas le traité d'extradition avec Hong-Kong. Que les autorités chinoises respectent le droit des Hongkongais et elles pourront demander la signature de la France.

  10. « Embrasse la main que tu ne peux pas mordre » est une maxime vraiment vraiment vraiment redoutable.

  11. « d'autre part il n'est pas de paix qui dure assez longtemps pour permettre à l'économie qu'elle rend possible, d'égaler les dépenses exigées par la guerre suivante »
    (Kant traduit par Guillermit, « Théorie et pratique »)

    C'est sur ce « Si vis pacem, para bellum » perpétuel, sur les intérêts géostratégiques et l'industrie de l'armement que se fonde l'économie mondiale actuelle.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 août 2020.

3 août 2020

EN LISANT FLAMME D'ARGENT DE CONAN DOYLE

EN LISANT FLAMME D'ARGENT DE CONAN DOYLE

 

  1. Défois qu'on serait le jour entier à l'arpenter sa pièce, les yeux au plancher comme pour accélérer sa pensée, tout s'agitant (ah s'agit d'se taire hein) de cogites des plus dégingandées fronçant les épaules, haussant les sourcils et pis bourre et rebourre et ratatam sa pipe « de tabac extra-noir » comme i dit Conan Doyle dans ses histoires. .

  2. Qu'on aurait l'art du logicien à se saisir d'un problème bien problématique, qu'il y a qu'l'auteur pour savoir le quoi du sel fin qu'on passerait « chaque détail au crible » comme i dit Conan Doyle défois qu'on y r'trouverait le wok de tante Agatha déguisé en OVNI.

  3. Je me suis laissé dire qu'au XIXème siècle, Londres était tellement brumeux, fumeux, smogueux que plus d'un extra-terrestre y a paumé sa soucoupe. C'est d'ailleurs comme ça que tante Agatha a perdu son wok.

  4. Le problème avec les problèmes bien problématiques c'est qu'ils attirent à eux comme i dit Conan Doyle « une véritable pléthore de suppositions, de conjectures et d'hypothèses » que Watson n'y retrouve plus Holmes, que Holmes n'y retrouve plus le 221b Baker Street, que Mrs Hudson n'y retrouve plus son compte ni tante Agatha son wok.

  5. « rien ne clarifie mieux une affaire que de l'exposer à une autre personne » dit un jour Holmes dans une nouvelle de Conan Doyle. Du reste, peu importe que l'autre y pige que couic, le tout étant de se la raconter afin de la faire plus nette. C'est-y pour ça qu'on cause tant ?

  6. Si jamais vous tombez sur un sentier dans « un bout de lande » avec dessus « une bonne tenant à la main une lanterne car la nuit était très sombre » mais que cependant il fait jour, c'est que vous êtes en train de lire « Flamme d'argent » de Conan Doyle.

  7. Défois qu'on rencontreriot l'inconnu demandant « Pouvez-vous me dire où je suis ? » en soulevant sa tête et son chapeau alors faudrot fuir frérot car vous v'là tombé dans la lande qu'on ne peut fuir qu'en refermant le livre.

  8. Ah la jeune âme suppliante, soucieuse de la pluie battante. En dépit de ses prières, lui, rageur comme l'orage, mauvais ange, enfile le manteau à disparaître dedans et quitte la maison pour l'inconnu de la page suivante.

  9. Faut faire attention avec les cravaches surtout les « alourdies d'un plomb » que défois elles répètent leurs coups qu'elles entraînent des « blessures horribles auxquelles succombe l'entraîneur » du dada que vous n'avez pas parce que les dadas c'est pas vot' dada.

  10. Le problème avec les problèmes bien problématiques c'est qu'ils donnent lieu à des théories qui immanquablement se heurtent à des objections si sérieuses que, outre qu'ça vous passe l'envie de rire, elles en sortent toute cabossées là, les théories.

  11. C'est en lisant « Flamme d'argent » de Conan Doyle que je compris le sens du mot « ombon » et trouvai l'auteur fascinant en ce que soudain la campagne anglaise se couvrait d'un bouclier perdu jadis je pense par l'un de ces géants de bien avant même la cour du Roi Arthur.

  12. Le problème avec les problèmes bien problématiques c'est que défois on échafaude des théories pis qui s'cassent la margoulette qu'on les artrouve en pièces, en pièces détachées même, et les pièces détachées, ça fait puzzle, qu'on perd partout, qu'on n'en trouve plus.

  13. J'avions beau m'creuser la cervelle avec la cuiller à Sherlock, j'voyions point comment cacher l'rhinocéros dans la pièce qu'vous m'avez dite qu'il y a un rhinocéros dedans alors doit êt' bien caché sous les phrases là qu'vous dites qu'j'avions point fait d'études moi, m'sieur Wittgenstein.

  14. En général, lorsque Holmes a « le ciel en face de lui », il « fixe les yeux » dessus qu'à mon avis c'est défois qu'il y verrait passer le wok à tante Agatha.

Patrice Houzeau
Malo, le 4 août 2020.

3 août 2020

RENDLESHAM ET AUTRES BIZARRES

RENDLESHAM ET AUTRES BIZARRES

 

 

  1. C'est sûr : nous ne sommes pas seuls dans l'univers, mais je pense que nos voisins les plus proches (kiçonce?) s'en battent leurs trois coquillards avec la patte d'un crocogirafe cause doivent eux aussi r'garder des vieux Colombo à la télé en attendant qu'ça passe.

  2. Il ne fait aucun doute que l'Initié Apollinaire avait prédit et la lente dérive du Parti Socialiste et la pandémie du Covid ; qu'on en juge :

    « La rose flotte au fil de l'eau
       Les masques ont passé par bandes »
       (« Vitam impendere amori »)

  3. Quant à Lovecraft, il nous prépare aux Révélations, à ce que nous pourrions trouver à force d'envoyer des tas d'scoubidous exploreurs dans l'espace :

    « Si je n'ai pas rêvé, l'homme doit se préparer à acquérir une connaissance terrifiante du cosmos et de la place que lui-même occupe dans le tourbillon du temps. »
    (H. P. Lovecraft traduit par Jacques Papy, « Dans l'abîme du temps »)

  4. « le tourbillon du temps » : cette expression de l'Initié Lovecraft nous incite à penser que le temps passe en tourbillons et s'énergise du coup qu'ça fait des vortex spatio-machins qu'un beau jour, un d'ces tourbillons va v'nir nous gratouiller la croûte terrestre, qu'va en sortir une nouvelle espèce de poules, ou de moules, ou de boules (genre boules carrées qu'on appelleriot ça des cubes).

  5. Quant au phénomène OVNI, j'ai l'impression qu'au départ il s'agissait de faire croire qu'il y avait quelque chose à cacher (guerre froide oblige) et que, maintenant, le problème est : comment éviter que le public comprenne que ce qu'il y a à cacher, c'est qu'il n'y a rien à cacher ?

  6. A mon avis, les OVNIS apparaissant en grand nombre dès le début de la guerre froide, le but était de faire croire aux Soviétiques que l'armée américaine testait des appareils si sophistiqués et si secrets qu'ils effrayaient le peuple américain lui-même.

  7. Je ne serais pas étonné que devant la vague américaine, puis européenne des OVNIS de la guerre froide, Staline eût commandé à l'un ou l'autre de ses espions en Amérique de lui rédiger un rapport sur les activités de l'armée américaine en matière d'aéronefs inédits. Ce rapport existe-t-il ? Je n'en sais rien.

  8. Ai lu sur Wikipedia que Jacques Vallée considérait l'incident de Rendlesham « comme une expérience militaire de manipulation de l'opinion, visant à faire croire à une visite extra-terrestre ». Serait-ce dans le but d'observer les réactions de l'opinion publique confrontée à un incident singulier, et a priori invraisemblable ?

  9. Est-il vrai que, selon le site parismatch.com (le 06/03/2015), John Burroughs, un « ancien militaire américain en poste en 1980 sur la base de l'OTAN de Bentwaters », a obtenu « le remboursement de ses frais médicaux pour une lésion cardiaque en lien avec l'atterrissage de l'OVNI de Rendlesham ?

  10. Les hypothèses sur l'incident de Rendlesham sont légion : gourance (pas d'OVNI mais la lumière d'un phare), manipulation anglo-américaine, canular du SAS (Special Air Service), technologie avancée et purement humaine (l'OTAN disposait-elle déjà en 1980 de connexions internet puissantes? - Remarquez que ce n'est pas la première fois que je rencontre cette affirmation).

  11. Si l'on admet que John Burroughs a été remboursé de ses frais médicaux pour une lésion cardiaque en lien avec l'incident de Rendlesham, peut-on aussi penser qu'il a été victime d'un accident du travail, l'OVNI en question étant peut-être un prototype militaire ?

Patrice Houzeau
Malo, le 3 août 2020.

2 août 2020

QUELQUES NOTES SOCIETALES PIS DU BIZARRE

QUELQUES NOTES SOCIETALES PIS DU BIZARRE

 

 

  1. Ce qui choque les tenants du droit naturel, c'est que ce qui fut longtemps invisibilisé et qui pourtant était : couples homosexuels, filles-mères, mères célibataires, parents de substitution (parfois de façon informelle), maltraitances familiales, avortements, doubles-vies etc... apparaît au grand jour et nécessite des évolutions législatives.

  2. Il est difficile de se dire libéral et d'être contre certaines évolutions sociétales telles que la PMA. Il ne faut pas confondre libéralisme et conservatisme, droit positif et droit naturel.

  3. La cause première du droit est entendue : éviter que la loi naturelle du plus fort règle les rapports entre individus. Mais bien sûr, on peut objecter qu'à ce prétendu droit du plus fort s'est substitué un droit du plus riche, ou un droit du plus malin.

  4. Certains extrémistes ne cessent d'agonir les libéraux des noms d'oiseaux des plus divers (« bouffon », « crétin » et pire bien sûr) tout en constatant qu'il ne manque pas d'argent et que l'on pourrait aider ceux-ci, subventionner ceux-là (etc...) : pensent-ils vraiment que billets de banque et pièces de monnaie font naturellement des petits et qu'il n'y a pas quelque talent à enrichir son entreprise et remplir les caisses de l'Etat ?

  5. « Ne nous faisons pas d'illusions : l'être de la pensée, l'origine de l'être de la pensée, les possibilités de l'être de la pensée enfermées dans cette origine, tout cela nous est étranger, et du même coup ce qui nous donne à penser avant toute autre chose et sans cesse. »
    (Heidegger traduit par Aloys Becker et Gérard Granel, « Qu'appelle-t-on penser ? »)

  6. « Ne nous faisons pas d'illusions », sinon on s'prend des gnons du réel ; « l'être de la pensée », répond-t-i quand on l'appelle ? « l'origine de l'être de la pensée » ouh là doit êt' loin dans le quelque part, « les possibilités de l'être de la pensée », sont-ce ses sœurs, à cet indicible ?
    « enfermées dans cette origine », j'me demande bien squ'elles peuvent fabriquer, des ésotérismes sans doute, « tout cela nous est étranger », j'l'avions bien remarqué qu'avait bien d'l'estranger dans stoucitouça qu'on dit sans y penser qu'j'écris en feuilletant Heidegger.

  7. « A quoi bon s'agiter ? J'aurai vécu quand même
      Et j'aurai observé les nuages et les gens »
      (Michel Houellebecq, « Fin de parcours possible »)
    J'aime bien ces vers de Houellebecq parce qu'ils résument ce sentiment de n'avoir en fin de compte pas fait grand chose, d'avoir « vécu quand même » que l'on éprouve parfois défois qu'on s'interroge qu'on s'dit ah bin j'aurions pu faire mieux quand même.

  8. « A quoi bon s'agiter ? » mais qu'on s'agite quand même qu'l'humain est un agitateur qui éprouve pourtant le besoin de s'la refréner la gigote en aquoibonisant qu'il se demande même si ça vaut bien l'coup tout ça surtout depuis qu'ça pandémise sévère des quat'coins.

  9. « J'aurai vécu quand même » c'est dans le quand même qu'on se tient qu'on peut pas tout faire avoir être et que c'est à ce « quand même » qu'on tient, qui ne se résume défois qu'à une poignée de possibles.

  10. Ce vers de Houellebecq (« Et j'aurai observé les nuages et les gens ») révèle que l'humanité est de nature nuageuse, tandis que les nuages pensent certainement plus qu'ils n'en disent : la preuve, parfois, ils éclatent en orages qu'on voit des éclairs de colère dans leurs yeux.

  11. Car ne nous y trompons point : les nuages sont en fait de faux nuages et de vrais OVNIS, lesquels sont de faux OVNIS et de vraies armes secrètes, lesquelles sont de fausse armes secrètes qu'on fait voler pour impressionner l'adversaire défois qu'il en aurait, lui aussi, des nuages.

  12. « Or le chef suprême doit être juste par lui-même, et cependant être un homme. » Louons le Grand Kant pour cette révélation ! La nature du Chef Suprême est double : il est à la fois « homme » et « juste », ce qui se conçoit rarement. C'est pour ça que Son Nom Est Personne.

  13. Il est évident que certains de nos membres furent jadis autonomes. J'en veux pour preuve ces « mains volantes » révélées par l'Initié Apollinaire dans « L'Emigrant de Landor Road » :

    « Et des mains vers le ciel plein de lacs de lumière
       S'envolaient quelquefois comme des oiseaux blancs »

  14. « Le chapeau à la main il entra du pied droit
       Chez un tailleur très chic et fournisseur du roi
       Ce commerçant venait de couper quelques têtes
       De mannequins vêtus comme il faut qu'on se vête »
       (Apollinaire, « L'Emigrant de Landor Road »)

    A ma connaissance, nul n'a enquêté sur ce commerçant serial killer coupeur de têtes londonien. Ai consulté l'oeuvre de Conan Doyle, point n'y ai trouvé l'enquête que Sherlock Holmes aurait dû mener. C'est affligeant.

    1. Que ceux qui ne croient pas au Grand Esprit du Fleuve lisent ces vers de l'Initié Apollinaire : « Le vent du Rhin ulule avec tous les hiboux / Il éteint les cierges que toujours les enfants rallument ». Les « hiboux » sont en fait une armée d'anges étranges aux yeux ronds et au service du Seigneur Rhin le Venteux, celui qui ne supporte point les cierges de nos saintes églises. Aussi souffle, souffle-t-il, épuisant les enfants de chœur et la patience des papes.

Patrice Houzeau
Malo, le 2 août 2020.

 

1 août 2020

CHRONIQUE DU 31 JUILLET 2020

CHRONIQUE DU 31 JUILLET 2020

 

 

  1. Entendu cette phrase sur France Culture prononcée par un Britannique : « En fait, nous sommes tous d'accord en ce qui concerne les laissés pour compte. Mais nous ne savons pas comment régler ce problème. » Ce qui est vrai pour l'Angleterre est vrai aussi pour la France.

    Bien entendu, il ne manque pas d'extrémistes de tout bord pour vous donner des solutions toutes faites, qui passent toutes, à l'extrême- droite comme à l'extrême-gauche, par une sorte de révolution qui fera bien des victimes sans garantie de réussite.

  2. « Le pré est vénéneux mais joli en automne
       Les vaches y paissant
       Lentement s'empoisonnent »
       (Apollinaire, « Les colchiques »)

La vision des « vaches » par Apollinaire est scandaleuse : elle suppose que les vaches sont sans éducation et que c'est par ignorance qu'en broutant des colchiques, « lentement », elles « s'empoisonnent » alors que c'est par désespoir, évidemment, de vivre dans un monde si carnivore.

  1. J'aime bien la vision joyeuse que dans « La maison des morts » Apollinaire a de la mort, qu'un « écho » arrivant de l'autre rive permet des « questions si extravagantes / Et des réponses tellement pleines d'à-propos / Que c'était à mourir de rire » : Manquent pas d'esprit, les esprits.

  2. Ce qui est inscrit en creux dans la loi sur la PMA pour toutes c'est qu'il vaut mieux un enfant désiré, respecté, éduqué par un couple lesbien plutôt que l'enfant né d'une union traditionnelle, mais dont l'existence ne serait motivée par les allocations familiales.

    Mais bien entendu, les contre-exemples, d'un côté comme de l'autre, ne manqueront pas car la réalité est souvent plus complexe que le plus subtil des textes de loi. Que l'on songe à ceci pourtant, qu'il y a fort peu de choses qui relèvent du naturel, et surtout pas le droit.

  3. Ayant conscience que la surpopulation mène l'humanité à sa perte, il m'arrive de me demander ce qui pousse l'espèce humaine à se reproduire ainsi, jusqu'à saturation, pression migratoire de plus en plus forte, troubles sociaux, montée des périls...

  4. « Comme si je visais l'oiseau de la quintaine » défois comme il dit Apollinaire, je fonce, j'malzieute, j'me goure et plante et ratatam rétamé le p'tit chevalier dans sa tête.

  5. Faut quand même le faire pour aller « brûler » parmi les « templiers flamboyants » que faut être « feu » pour se faire feu. Apollinaire ne dit pas autre chose remarquez qu'il dit que la girande, qui est un faisceau de gerbes, ici de flammes, « tourne, ô belle ô belle nuit ».

  6. Ah les gens de droite (et je suis de droite) avec leurs valeurs, leurs traditions, leurs essentialismes idéalistes et sentimentaux parfois, leur France éternelle (quelle blague!)), le jour où ils s'avoueront qu'ils doivent leur (bons) heurs et malheurs à l'industrie de l'armement et aux investissements parfois curieux de nos grandes banques (parmi les meilleures du monde, eh oui), vont-ils voter à gauche ? (en tout cas, moi pas).

  7. Lorsque, le 31 juillet 2020, Eric Dupond-Moretti lance aux députés : « Personne ici n'a le monopole de la famille », il a raison en ce sens que ce n'est pas à l'Etat de définir ce que doit être une famille cependant qu'il est de son ressort de légiférer sur l'évolution de la société.

  8. Parce que l'écoute d'une ritournelle, de quelques notes, nous rappelle soudainement un passé indéfini, la musique relève de la nostalgie ; que l'on distingue ces quelques notes de cette nostalgie et un malaise s'en dégage, comme si nous soulevions une dalle pour ne rencontrer que le vide.

  9. Ce qui effraie lors d'un événement dramatique, en particulier lors d'un attentat, c'est autant le choc produit par cet inattendu tragique que la conséquence que nous en tirons immédiatement : Si une telle chose est possible, que va-t-il nous arriver ?

  10. Un fait divers n'est pas un événement, mais un indicateur, un symptôme. C'est la répétition de faits divers similaires qui produit l’événement : par exemple, les sentiments d'insécurité et de perte d'identité peuvent amener un parti populiste au pouvoir.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er août 2020.

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