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BREFS ET AUTRES
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25 février 2024

VERS LA BIPOLARISATION DE LA VIE POLITIQUE FRANÇAISE

VERS LA BIPOLARISATION DE LA VIE POLITIQUE FRANÇAISE

1.
Fin février 2024, nous apprenons par la bouche de Bruno Le Maire (l'homme qui se croyait écrivain) que le gouvernement de la France à nos bonnes pommes doit faire 10 milliards d'économies s'il veut éviter la relégation en deuxième division. Le Président Macron (l'homme qui se croyait intelligent) serait bien inspiré de commencer par abroger le SNU, dont l'utilité est très relative mais le coût certain.

2.
24 février 2024. Macron copieusement sifflé et hué au Salon de l'Agriculture. Le technocrate reçoit la monnaie de sa pièce. Il ne l'a pas volée.

3.
Je me demande où en est l'affaire de la sextape du Sénat. Heureusement que « l'assistante médicale » (une secrétaire je suppose) qui y joue le rôle principal ne penserait apparemment qu'à ses f..... et apparentés . Vous imaginez un peu si elle était du FSB ?

4.
24 février 2024. Ai entendu ce matin sur France Inter que Paul-Marie de la Gorce (mort en 2004) et Gérard Carreyrou avaient été, tenez-vous bien, des espions à la solde de l'URSS, d'oranges barbouzes, des balances traîtreuses. Moi, évidemment, j'en sais rien. Un petit tour sur la toile, et je m'aperçois que l'information est considérée comme sérieuse. Pour la Gorce, cela semble acquis (quelle postérité !). Pour Carreyrou, il conteste parce qu'il est encore vivant. M'étonnerait pas que, d'ici quelques années, l'illustre Régis Le Sommier conteste lui aussi avoir jamais travaillé pour le FSB poutinien.

5.
Le 23 février 2024, 1 euro vaut plus de 101 roubles. Apparemment, le rouble est de nouveau sur la pente fatale. Il ne vaut plus rien et ce qui reste de ce plus rien, Poutine le dépense dans une guerre qu'il ne peut pas gagner.

6.
24 février 2024. Macron aurait voulu un « grand débat » sur l'agriculture. C'est qu'il est à l'aise à l'oral, le Macron. L'astuce ne prend plus et sa proposition a fait flop. Macron est un beau parleur mais la réalité est que la France s'enfonce dans une crise sociétale extrêmement grave.

7.
Lorsque le président Zelensky dit « Nous vaincrons », je le crois. L'Ukraine repoussera les troupes russes et cela se fera avec l'aide de l'Occident. Nous ne voulons pas d'un monde où la dictature Poutine pourrait se vanter de ses succès militaires et menacer nos démocraties.

8.
Chaque décision douloureuse que Winston Churchill prenait, il la payait tôt ou tard par une crise de « black dog ». C'est aussi pour cela que nous respectons la mémoire de Churchill.
Chaque décision douloureuse que prend un de nos modernes technocrates, il ne la paye pas. Il a un avancement de carrière et se vante de ni boire, ni fumer. Par contre, il lui arrive d'admirer Depardieu et de se prendre d'amitié pour des voyous.

9.
Macron répond à la colère des agriculteurs en rappelant que l'agriculture française est performante. Eh bin, oui, monsieur le Président, elle est performante et c'est même là qu'est le problème, parce qu'il y a beaucoup d'agriculteurs qui n'en profitent guère de cette performance, voyez.

10.
Ceux qui craignent qu'une troisième guerre mondiale éclate sont aveugles. Elle a déjà commencé. Pour l'heure, Etats-Unis et Chine s'observent et évaluent leurs forces. Si jamais Poutine l'emportait en Ukraine, la Chine n'hésiterait pas à attaquer Taïwan ; la Corée du Nord n'hésiterait pas à attaquer la Corée du Sud. L'Ukraine est une bataille dans cette troisième guerre mondiale et l'Occident ne doit pas la perdre.

11.
La technocratie est-elle l'idiote utile de l’extrême-droite ? La mondialisation est-elle l'idiote utile de la mafia ?

12.
J'admire le président Macron dans son soutien à l'Ukraine et j'espère que la France tient les promesses faites au président Zelensky. Je n'aime guère la politique intérieure de Macron (sotte réforme Blanquer, SNU, autoritarisme du confinement de 2020 dû en grande partie à l'incurie de la puissance publique en matière de santé, sa proximité avec des personnels politiques douteux, sa démagogie dépensière, la fausseté de son engagement social, ses contorsions avec la vérité et une parole girouette...).
Mais ce que je reproche le plus à Macron, c'est de tenter une américanisation de la vie politique française. En ayant éliminé la gauche démocratique du PS et la droite républicaine des LR, il semble que Macron tente de bipolariser la vie politique en opposant un parti « démocrate à la française » (macronie, MoDem, centristes et une partie de l'électorat socialiste) à une sorte de parti « républicain » et populiste (RN et apparentés, l'aile droite des LR et agités de toutes sortes). C'est donc à un affaiblissement de la qualité des débats que l'on assiste, à une tentative de pérenniser une pensée unique et, soyons clairs, essentiellement technocratique.
Quant à l’extrême-gauche, elle est visiblement déboussolée.

Patrice Houzeau
Malo, le 25 février 2024.

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3 février 2023

AYANT UNE FORTE ENVIE DE CHICONS AU GRATIN

AYANT UNE FORTE ENVIE DE CHICONS AU GRATIN

1.
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage mangent des bananes, bien que les bananes, c'est plus nutritif qu'amusant.

2.
Je me demande si les hommes et femmes politiques ne sont pas des hallucinations. Faudra que je demande à mon député. #MacronMélenchonFillonEtTousLesAutresCons

3.
Il finit de s'habiller puis il sortit, parce que s'il s'était remis au lit, c'était pas la peine de mettre une cravate club.

4.
Je parie assez que dans la chanson « The Closing Down Of The Old Portland Railway Company », de Gary Benson, il est question de train, mais je n'en suis pas certain.

5.
Impressionné, il accepta l'appareil perfectionné de Françoise. Enfin, il allait pouvoir entendre les vivants. Ensuite, il apprendrait à se raser et peut-être même à lire.

6.
Le monde est si étrange que j'ai dû le rêver.

7.
« Comme tu veux, tu choices », disait ma mère. Comme j'aimerais de nouveau l'entendre dire cette phrase, plutôt que de voir s'afficher sur Twitter la gueule d'assassin de Poutine.

8.
Comme vous aviez des jambes qui se dérobaient sous vous, nous avions pensé à les couper. On a préféré vous les laisser. C'est tout de même plus pratique pour s'enfuir.

9.
Quand ma mort viendra, je me demande si j'aurai encore assez de force pour boire un verre à sa santé.

10.
Ayant une forte envie de chicons au gratin (avec béchamel, jambon et pommes de terre), je vous prierai de me fiche la paix avec votre réforme des retraites et vos têtes d'incompétence des ressources humaines.

11.
Contrairement à Badinter, la guillotine sait faire court. C'est une question de style.

12.
En général, je n'implore pas les puissances immortelles. Je suis une poutre en mythologie. Je me fais une partie de go contre l'ordinateur ou je sors m'acheter deux saucisses et une baguette.

13.
Ah tiens, la Chandeleur. Je vais me faire une crêpe à l'eau. #Inflation

14.
Ceux qui m'ont affirmé qu'après deux bouteilles de Lacrima Christi le Sauveur m'apparaîtrait, m'auraient donc menti...

15.
Depuis que j'ai retrouvé mon petit bonhomme vaudou, j'ai des envies d'épingles.

16.
Ai entendu les propositions de Pap Ndiaye. J'ai l'impression que notre nouveau ministre de l'éducation est tout aussi bricolo-bricola que Blanquer, l'homme qui se croyait populaire.

Patrice Houzeau
Malo, le 3 février 2023.

1 janvier 2024

QU'ETAIT-CE ? AH MON OMBRE... J'AI EU PEUR .

QU'ETAIT-CE ? AH MON OMBRE... J'AI EU PEUR .

« A ce moment, au débouché d’un tournant, au sein de ce labyrinthe qu’était la ville, le « village » lui apparut ; suspendu en l’air comme une araignée géante, et brillant de mille facettes. »
(Charles Beaumont traduit par Yves Rivière, « La Jungle »)

A quoi je dois m’en tenir ? A la phrase. A
Ce jeu de bidouiller sur la phrase comme un joueur de djazzophone jazzote et muse. C’est plus le
Moment de délirer politique, plus le temps, faut être sérieux maintenant.

« Au débouché d’un tournant » dit le texte, c’est qu’au
Débouché défois on s’artrouverait galimatias quand même.
D’un côté, pourquoi galimatias ? D’un autre, pourquoi pas galimatias ; un
Tournant comme un autre, ça, galimatias comme épopée, multiplicité, peuplier, raboter, débotté.

Au sein de ce labyrinthe, qu'elle ragamande la prose, qu’au
Sein du labyrinthe on sait pas défois d’où qu’on va que
Du tout embrouillé qui nous environne on s’cogite fort et s’réfléchit fort car défois le
Labyrinthe il est masqué par une apparence de sens qu'on croit.
Qu’était-ce ? Ah mon ombre… J’ai eu peur.

La ville, y a des gens dedans. C’est pour ça qu’ça peut être dangereux, la
Ville. Ceci dit, la nature avec pas grand monde, ça peut s’avérer hostile fatal itou.
Le danger est partout, avec sa tête d'invisible là, prêt à vous sauter dessus, à vous prendre à la gorge à n’importe quel débouché du tournant qu’ce soit dans un
Village ou dans les villes où c’est plein d’âmes et des plus ou moins tordues.
Lui, il rase les murs, c’est qu’il a trop guignolé aussi.

Apparut aussi la parlementeuse, qu’on était tout
Suspendu à ses paroles, mais elle ne dit rien et
En un rien de temps, elle fila dans
L’air façon j’suis passée zavez rien vu rien compris.

Comme le temps passe, voilà qu’il nous presse.
Une chose entraînant l’outre, - ah tiens, une
Araignée passe – pas une
Géante noire et vivace des caves,
Et ni guitariste ni violoniste ni recluse. Défois, pas
Brillant qu’on est ; c’est comme ça ; on bricole minable.
De l’araignée qui passe on fait la grimace.
Mille ragouilleuses entourloupantes seraient pire et je ne vous parle pas d’une boule à
Facettes d’où jailliraient le spectre du clown et autres « ça » qu’on lit dans les romans de Stephen King.

Patrice Houzeau
Malo, le 1er janvier 2024.

9 novembre 2023

DE TEMPS EN TEMPS SUIVI DE DRAGONS

DE TEMPS EN TEMPS SUIVI DE DRAGONS

DE TEMPS EN TEMPS

« De temps en temps un photographe descendait de sa chambre. »
(Simenon, « Le Chien jaune »)

De temps en temps  Zut fait quelque chose, de
Temps en temps, quelque chose de mystérieux,
En tout cas il me semble que c'est mystérieux, de
Temps en temps il me semble que c'est mystérieux.
Un photographe en ferait-il un cliché ? Un
Photographe, comme s'il était question de photographe,
Descendait, comme s'il y avait des escaliers,
De sa chambre où Zut n'était pas, dans
Sa chambre, Zut, alors que, dans sa
Chambre, elle aurait dû y être, puisque je l'entendais remuer, la Zut, dans sa chambre, et que pourtant elle n'y était pas. Je vous l'ai dit, de temps en temps, Zut fait quelque chose de mystérieux.

DRAGONS

« L'un est roux et l'autre blanc ; ils sont sous deux rochers, ils sont énormes et connaissent chacun l’existence de l'autre. »
(Robert de Boron, « Merlin », [Merlin])

L'un, - Merlin parle d'un dragon aveugle – l'un
Est roux. C'est curieux, un dragon roux. Il me fait penser à un chat
Roux, ce dragon roux. Un chat crache mais pas des flammes.
Et l'autre – Merlin parle d'un second dragon –
L'autre (il y a toujours autre chose, n'est-ce pas?)
Blanc. Blanc, ça me fait penser au jeu d'échecs, ou à blancs les loups.
Ils – nous parlons des deux dragons – ils
Sont sous deux rochers. Pourquoi « sous » ? Je suppose que
Sous ces deux rochers, les
Deux dragons ont leur chambre à coucher. Les
Rochers, que font-ils dessous, ces deux bestiaux lance-flammes ?
Ils jouent aux cartes peut-être, aux énigmes, aux légendes.
Sont énormes, les deux dragons. Ça doit faire peur.
Enormes. Ça me fait penser à Godzilla. Enormes,
Et comme ils sont deux, et depuis longtemps, ils se
Connaissent et loin de chercher à s'cramer le mutuel,
Chacun admet assez philosophiquement
L'existence de l'autre, sinon ça serait pas vivable.
De l’existence de ces deux dragons, je ne suis pas certain. C'est
L'autre monde, celui qu'on dit et qui n’existe pas.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 novembre 2023.

14 août 2023

V'LA QUE J'L'ECULUBRE LE SONNET DES VOYELLES

V'LA QUE J'L'ECULUBRE LE SONNET DES VOYELLES

1.
Dans le célèbre sonnet « Voyelles », de Rimbaud, est-il question de :
- certaines consonnes, mais pas du hareng-saur ?
- des petites amies des voyous ardennais, mais pas du hareng-saur ?
- des lettres a, e, i, u, o, et du hareng-saur ?
- autre réponse possible.

2.
Dans le sonnet dit « des voyelles », Rimbaud associe la lettre « a » :
- aux « jours heureux où nous étions amis » ?
- au noir, parce que « Noir, c'est noir / il n'y a plus d'espoir » ?
- au « bar-tabac de la rue des Martyrs » ?
- autre réponse possible.

3.
Au vers 3 des « Voyelles », Rimbaud évoque « le noir corset velu des mouches éclatantes », lesquelles au vers 4 :
- se préparent un sandwich thon-mayonnaise ?
- bombinent en bourdonnant des chansons anglaises ?
- vont à la mouche leu leu au cimetière du Père Lachaise ?
- Autre réponse possible.

4.
L'auteur associant la lettre « E » au blanc, il se peut qu'il soit question de :
- fromage blanc ?
- rois blancs ?
- lutins verts ?

5.
L'auteur associant la lettre « I » au rouge, il se peut qu'il soit question de :
- « sang craché » et de « rire des lèvres belles » ?
- « sang craché », tant pis pour les aquarelles ?
- « sang craché » pas non plus ?

6.
Le vers 9 des « Voyelles » est :
- « U, cycles, vibrements divins des mers virides »
Ce vers est remarquable :
- car particulièrement musical en raison de son rythme, de l'assonance « i » et des allitérations « v » et « m » ?
- parce qu'on nous le dit ?
- parce qu'il est un indice précieux concernant un trésor perdu mais qui doit bien s'y trouver pourtant ?

Ah tiens, sur twitter j'ai écrit « et des l'allitérations », c'est pas grave, vu qu'on comprend quand même, et qu'en plus, je m'en tamponne le pacte à Pap Ndiaye avec la réforme à Blanquer.

7.
Sachant que l'adjectif « virides » vient du latin « viridis » qui signifie « vert », le U est-il associé :
- à la jungle des villes ?
- au « Magasin vert » qui, même fermé, est tout vert ?
- à la couleur verte ainsi qu'au hareng-saur ?
- Autre réponse possible.

8.
A votre avis, pourquoi les « pâtis » (= pâtures) du vers 10 sont-ils « semés d’animaux » ?
- Parce que s'ils étaient semés de soucoupes volantes, personne n'y croirait ?
- Parce que justement, les pâtis sont des terrains où viennent paître les animaux ?
- Il n'y a pas de raison précise, c'est juste pour qu'il y ait le compte de syllabes et ainsi faire avancer le schmilblick versifié ?

9.
Le sonnet des voyelles se clôt sur la lettre O et ce vers : « - Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -. Si, pour l'auteur, la lettre O évoque l'Oméga (soit la 24ème et dernière lettre de l'alphabet grec), la lettre A étant le premier signifiant du poème, peut-on en conclure que :
- la lettre A évoque aussi l'Alpha (1ère lettre de l'alphabet grec) ?
- le mot « macron » désigne un trait horizontal que l'on place au-dessus d'une voyelle longue ?
- la lettre A désigne ici l'âne, l'âme, le haricot, le hasard balthazar, le bizarre, le bazar, l'azur dont nous sommes hantés ?

10.
Pensez-vous que le sonnet des voyelles :
- a un sens précis, voulu et masqué par l'hermétisme de l’expression ?
- n'a pas réellement de sens, mais constitue un exercice de style qui prouve la virtuosité de Rimbaud ?
- a un sens précis, voulu, masqué mais qui n'a aucune importance, car le plus important se trouve dans l'étrangeté des images et la musicalité du poème ?

Patrice Houzeau
Malo, le 14 août 2023.

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28 mai 2023

LE VASE N'ABOIE PAS QUAND PASSE LE PIRATE

LE VASE N'ABOIE PAS QUAND PASSE LE PIRATE

1.
« Le vase lui échappa des doigts et tomba à terre. »
(Philip K. Dick)

Le vase – il n'était pas très gentil – le
Vase – non, il n'était pas très gentil, ce vase – le vase
Lui – il lui avait tiré la langue bien souvent – le vase lui
Echappa - et comme il avait laissé la porte ouverte, il ficha le camp
Des tas de fois qu'il avait déjà fugué ce vase Il replia ses
Doigts et serra le
Et jura. Il devait être loin maintenant alors quelque chose
Tomba et il se dit que rien ne tenait plus dans cette maison
A la cuisine il vit les morceaux par
Terre, la langue brisée en trois morceaux.

Le vase – il n'était pas très gentil – le
Vase – non il n'était pas très gentil, ce vase – le vase
Lui – il l'avait même mordu une fois – le vase lui
Echappa – et maintenant il était tout brisé, le vase – rien que
Des morceaux qu'c'était le vase, même que c'était le vase à l'oncle Clovis, qu'il l'avait acheté à Soissons, qu'il serait très furieux quand il l'apprendrait, le patatrac, même que l'oncle Clovis, ça se pourrait qu'il dise rien sur le coup et alors, ça voudrait dire qu'on ne perdait rien pour attendre et que certainement qu'il nous réservait une hache de sa chienne, même que ses
Doigts remuaient sur le carreau d'la cuisine
Et levaient des têtes à langue bifide, alors quelque chose
Tomba et il se dit que rien ne tenait plus dans ce réel
A la cuisine, il se fit du café, se ramassa ses trois morceaux par
Terre et se dit que maintenant il était question de se recoller.

2.
Évoquerai-je le perroquet ivre de la parodie ?
Evoquerai-je des pays étranges Evoquerai-
-Je des villes aux langues inconnues Evoquerai-je
Le soir dans une auberge et les danses aux yeux fixes le
Perroquet sur l'épaule du pirate – il y a le pirate qui a un secret. Il se cache dans une auberge et un roman. Il détient une carte sur laquelle figure l'emplacement d'une île au trésor, et, comme tous les pirates des romans, il boit du rhum et se méfie de tous ; d'ailleurs, il attend la mort qui viendra avec sa « marque noire ». Ce pirate est un passeur d'énigmes, de telle sorte que nous finissons par nous dire que, sans ce pirate, il n'y aurait pas de mystère, pas de voyage, pas de révélation, pas de roman, et que l'humanité est aussi une histoire des pirateries. Il y a aussi le pirate qui a un perroquet sur l'épaule, nous en reparlerons -, évoquerai-je le jeune homme
Ivre qui ne sait ce qu'il fait là pourquoi est-il là hein pourquoi ?
De ces pays étranges, de ces villes aux langues inconnues, de
La jeune fille aux paroles sibyllines (peut-être une déséquilibrée), de cette
Parodie du réel nous ne savons que ce que nous en inventons, et le reste demeure tapi dans l'ombre, le couteau à la main.

Patrice Houzeau
Malo, le 28 mai 2023.

5 mai 2023

NOUS ON FOUT DES COUPS (chanson à coups d'sons)

NOUS ON FOUT DES COUPS (chanson à coups d'sons)

A mettre sur une musique élégante et distanciée avec de jolis choeurs féminins façon Baxter Dury dans « Slumlord » ou « I'm Not Your Dog » ou sur du trois accords à la punk bien énervée.

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de la fascination
Non mais vise-moi la bombasse
C'est le genre de gonzesse qu'j'ai en affection

Pisse pas à côté
Pass' la monnaie
Haleine de poney
Dents cassées

Uh uh c'est moi Mickey le clown
L'enfant d'sa le fils d'son chuis un peu
Moi j'adore la foufffoounnnne
La bièreuh les nerfs de bœufs la beuh la bièreuh

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de la fascination
Non mais vise-moi la carcasse
C'est le genre de bagnole j'en ai des frissons

J'bosse faut bien sinon tu crèves
La nuit je dors la nuit je rêve
Que j'poursuis des chats
Défois j'aboie pis j'ai la fièvre

Si je chante c'est pour qu'on m'écoute
T'aimes pas s'que j'dis
Fais gaffe j'vas t'en donner moi du quoi qu'il en coûte
Barre-toi ou j'te frite j'te frite j'te frite j'te dis

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de la fascination
Non mais vise-moi la gambasse
C'est le genre de galbée j'en ferais bien mon gueuleton

Cause pas à ma sœur
'Spèce de chômeur
J'vas t'faire peur
T'vas chier ton cœur

Demain c'est la grève la manif
J'vas mett' mon paletot noir gueuler Macron dégage
Casser des vitres piquer des sous-tifs
C'est pour ma sœur Si on m'prend on m'met en cage

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de la fascination
Non mais vise-moi s'te mélasse
C'est plein d'gaz qu'ça chiale oh putain la baston

Bordel bordel et opinel
Çui-là quelle brêle
Passe-moi un manche de pelle
Qu'j'lui rectifie sa gamelle

Casser des vitres j'te dis casser des gueules aussi
D'toute façon on ira tous au paradis ou dans l'trou à rats
Bouffeurs de frites de riz de macaronis de paella
Mickey Le Clown Macron Mélenchon Tous les aut's cons aussi

Non mais vise-moi la bombasse
Sortez ma pomme de ma consternation
Qu'j'en ai plein le trognon
Nous tu veux quoi qu'on fasse ?
Nous on fout des coups
Nous on fout des coups
Nous on fout des coups
Des coups des coups des coups.

Patrice Houzeau
Malo, le 5 mai 2023.

6 avril 2023

VOIR AILLEURS QU'ON N'Y EST PAS

VOIR AILLEURS QU'ON N'Y EST PAS

« Rencontrons-nous ce poète qu'on traîne si souvent et si prestement dans la proximité de la pensée pour l'étouffer tout aussitôt sous une couche de pensée irréfléchie ? »
(Heidegger traduit par Wolfgang Brockmeier, « Pourquoi des poètes ? » in « Chemins qui ne mènent nulle part », Gallimard, collection « Tel », p.329, 1994)

Rencontrons-nous le Jazz que ça me donne envie de rimer
Nous c'est ma pomme et pas souvent que je mets à rimer
Ce Mingus cet Ellington ah dis donc contrebasses pianos fontaines et batteries
Poète sous le grand soleil du Jazz n'est-ce pas que tu danses et tu ris
Qu'on danse et rie, voilà ce qu'il nous faut
Traîne la mort avec ses petits généraux et pis sa faux
Si tout l'temps qu'ça pleut des cadavres sur la terre
Souvent qu'ça tombe et quoi donc qu'on peut faire
Et quoi qu'on dise et s'émeuve
Si c'est pas là c'est ailleurs que rougit le fleuve
Prestement alors que j'ouvre mon petit cirque à clowns oh que
Dans c'te boîte à fantaisies j'y trouve des fantômes ils font les idiots que
La musique en est toute hantée comme dans le Foggy Day à Mingus Qu'à
Proximité de la pensée on traîne le poète qu'il dit Heidegger jusqu'à
De la pensée quoi donc en penser que je me dis aussi qu'c'est dur de danser sur du Mingus tandis que sur Ellington sûr qu'on peut les mouvoir en rythme nos osses et nos sourcils
La pensée c'est bien ça fait des philosophes dont on parle et que nul ne lit (ça fait aussi des politiques, mais eux ne pensent pas et tous en rient)
Pensée prends donc ta trompette et va les faire danser
Pour les siècles des siècles squelettes et trépassés
L'étouffer dans l’œuf à coups de biniou le scandale de la guerre
Tout ça me direz-vous, c'est que rêverie, mots en l'air
Aussitôt prononcés à peine dits qu'on ne les entend plus
Sous un grand tonnerre de tous les tambours qu'on ne les entend plus
Une couche qu'il en tient le wonderful dis ah quelle
Couche que voyez-là je me dis que je mangerais bien des tagliatelles
De ce monde à la fin qu'on est las et de la
Pensée de ce monde à la fin aussi qu'on est las
Irréfléchie qu'on s'dit qu'elle est la pensée de ce monde qu'on s'boirait bien un rhum coca, et qu'elle aille, la pensée de ce monde, voir ailleurs qu'on n'y est pas.

Patrice Houzeau
Malo, le 6 avril 2023.

12 mars 2023

PIS EN RIEN DU TOUT QU'ÇA FINIT

PIS EN RIEN DU TOUT QU'ÇA FINIT

1.
« Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
                   Moisir parmi les ossements. »
(Baudelaire, « Une charogne »)

Quand vous irez, sous l'herbe, zavez compris que vous serez plus fier du tout quand
Vous mangerez les pissenlits par la racine et que ferez des patiences avec les cartes des morts quand vous
Irez, sous l'herbe puisque c'est là qu'on finit,
Sous l'herbe, au terminus des ambitions, sous
L'herbe qu'au soir sous la nuit brune (réminiscence de du Bellay) sous l'herbe
Et les floraisons (à cet égard je note que le mot « floraison » est une réfection de « fleuraison », vous me direz que vous vous en fichez, et moi aussi, et comme ça nous sommes plusieurs),
Les floraisons ; je note qu'il y a des plantes à une seule floraison, les thérophytes, aussi les monocarpiques, mais il y en a aussi des plantes, à plusieurs
Floraisons, mais ce qui importe ici, c'est qu'elles soient
Grasses, because y en a du monde là, sous l'herbe, à
Moisir, et ce n'est pas intéressant. Cadavéré là, bonhomme sans âme
Parmi ses ossements, on ne peut plus rien faire. Ni rien dire. Le monde continue à déconner sans vous et
Les petites bêtes du royaume achèvent de vous transformer en
Ossements, en poudre, en rien du tout.

2.
« Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés »
(Baudelaire, « Le soleil »)

Quand le soleil cruel, c'est vrai que
Le soleil, parfois, le
Soleil, cruel qu'il est comme une vieille tante dans un roman de province, que je n'ai pas lu non plus, préférant les aventures d'Achille Talon.
Cruel mais universel, le cou coupé, il ne
Frappe pas que les mômes, mais tous les bipèdes, pis
A traits redoublés dis, sinon c'est pas la peine, - hop, le voilà, ses
Traits, cézigue plombant, qu'il les décoche, ses
Redoublés, qu'il vous flanche, vous pousse au pastis, à la bière, au dodo j'bouge plus, quand il ne dessèche pas les anciens dans leurs mouroirs.

3.
« Derrière les rochers une chienne inquiète
              Nous regardait d'un œil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
              Le morceau qu'elle avait lâché. »
(Baudelaire, « Une charogne »)

Le mot « squelette » vient du latin « sceletus », lui-même emprunté au grec ancien « skeletos » qui désignait « corps desséché » et « momie ». Il arrive qu'un squelette hante le placard. Ça c'est parce que vous avez machiné des choses hein que vous n'osez pas avouer hein. Ou alors, c'est quelqu'un qui s'a perdu, il y a longtemps. Pour ce qui est des momies, elle tournent dans des films.

Le verbe « épier » a pour synonyme « guetter ». Il n'a rien à voir avec la confiture de fraises sauf si on tient pour vraie la légende du pot de confiture d'où jaillirait un esprit qui vous accorderait le droit de revivre quelques jours heureux de votre enfance (les randonnées à bicyclette avec Paulette, les vacances à l'île d'Oléron, les tartes du dimanche,...). Pour ma part, je n'y crois pas. La confiture, je la mange pendant que dans un poème de Baudelaire, une « chienne inquiète » a « l’œil fâché » du Poutine voyant l'Ukraine lui échapper.

4.
Et tout cela s'abandonne.
Ne restent que nos pommes.
Faut-il que ça vous étonne ?
Après tout, nous ne sommes que des hommes.

Patrice Houzeau
Malo, le 12 mars 2023.

12 mars 2023

TENTACULES ET TELEVISION

TENTACULES ET TELEVISION

1.
« Etonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers ! »
(Baudelaire, « Le voyage »)

Etonnants voyageurs ! Donc vous revenez de loin,
Voyageurs, grand bien vous fasse, moi je ne vais jamais nulle part.
Quelles contrariétés, les voyages ! Je préfère mes
Nobles bouquins qui me disent des philosophies – aussi des sottises, il faut bien le dire, et des
Histoires biscornues de maison du péril et de quiche fatale. Donc nous,
Nous, voyez, nous
Lisons. Paraît que
Dans vos yeux, on en lit aussi, des histoires, dans
Vos yeux profonds comme les mers hein qu'on en lit dans vos
Yeux profonds, des histoires, que faudra pas s'étonner qu'à force de lire dans des yeux
Profonds comme les mers dont on ne sait quels étonnants voyageurs, qu'à force de lire
Comme ça je ne sais quoi qui vient d'où, faudra pas s'étonner que
Les mers, hein, que des tentacules en jaillissent, des
Mers de vos yeux profonds, en jaillissent, vous raptent, vous abyssent.

2.
« Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil je la voyais s'asseoir »
(Baudelaire, « La servante au grand cœur... »)

Lorsque la bûche siffle – que peut bien-t-elle siffler, la bûche, comme air à bouter le feu en soirée ? Lorsque
La bûche siffle – et que le train s'en va dans une ville où je ne suis pas – Lorsque la
Bûche siffle et chante – que peut-elle chanter, la bûche, comme air de la réforme à mettre les gens dans la rue ? Lorsqu'elle
Siffle, son chien ne revient pas
Et alors, elle
Chante la complainte du chien perdu :
Si tu ne reviens pas, toutou, mon bon toutou, je serais bien triste, chante-t-elle d'un air à prendre un violon pour se pendre avec.
Le truc, c'est que lorsqu'on est bûche, c'est pas facile de garder un chien ; il vaut mieux avoir des philosophies que le
Soir on lit. Penses-tu à la mort ? C'est qu'ça passe le temps.
Calme, comme si elle était maîtresse d'elle-même comme du royaume des gongs lointains,
Dans son lit de cendres, la bûche, et dans
Le fauteuil, je – qu'est-ce que je fiche là ? - Dans le
Fauteuil, je la voyais – c'était après la soupe et les tartines de fromage -
Je la voyais ; le chat - comment s'appelait-il déjà ? - sur
La couverture qu'elle avait prise – il faisait froid à ne pas mettre un ministre dehors – je la
Voyais – le chat sur la couverture et les genoux s'installait – le la voyais
S'asseoir, alors on allumait la télévision et on regardait « Les Petits Meurtres d'Agatha Christie ».

Patrice Houzeau
Malo, le 12 mars 2023.

23 février 2023

SANDWICH

SANDWICH

Sandwich ! Je vas l’bouffer ! Géant ! Y a du fromage.

parfois, à midi, au café du coin, un sandwich, une bière, et je rêve un peu en attendant, je rêvasse
Sandwich -dwich dwich dwich (onomatopée signalant l’alien marchant sur le sable)
je rêvasse j’entends vaguement les conversations des gens debout au bar – ils parlent fort

Je nous tremblant (y en a qui rigolent de nos) Ah là
je rêvasse c’est-à-dire que je m’amuse dans ma tête tiens là

Vas che ne sais plus ce que ce che dis (ceci est appelé énoncé choucroute)
j’évoque le sandwich au café du coin mais en fait là je regarde « Le Crime est notre affaire » de l’excellent Pascal Thomas. J’aime bien les films. Je préfère lire. Ce sont les mots qui donnent accès. Les images sont des extensions fascinantes. Les mots peuvent être très vite amusants (si on aime le genre absurde)

L’bouffer de chaleur cependant que le bouffeur de chalet s’est perdu dans la fondue
il y a de la neige dans « Le Crime est notre affaire ». Le mot « fondue » me rappelle que j’aime bien ça, la fondue ; la fondue, c’est

Géant tison il fait un froid de fantôme on ne sait jamais qui nous hante tisonnons tisonnons
dans la maison dans les Flandres on se chauffait au bois fallait allumer le feu c’était pas toujours évident tisonnons tisonnons

Y a ya, « séduite et abandonnée, il m’a » (c’est dans le film « La Folie des grandeurs », ça, je crois)
comme on voit j’aime beaucoup les comédies ; certains films de science-fiction aussi, mais de moins en moins, comme si le réel ne voulait pas trop que je m’éloigne de ses apparences

Du val, du pont, du chemin, du pré, du moulin, des clous et des monts, tous vinrent chercher leur nom (les Aliens de nous prennent possession)
je finis ma bière et mon sandwich jambon

Fromage je prends de l’âge je retourne faire cours je me dis le temps est court.

Patrice Houzeau
Malo, le 23 février 2023.

21 février 2023

TOURS ET DETOURS POUR UN HARENG SAUR

TOURS ET DETOURS POUR UN HARENG SAUR
(Etude de rythmes)

Je ne sais pas tours & détours je ne sais pas
Ce qui tours & détours ce qui se passe ce qui
Se passe tours & détours je ne sais pas s'qui
Se passe tours & détours où j'suis j'sais pas

Poussière mes pas tours & détours le fil faut
Pas le perdre tours & détours Soleil je tends
Le fil pas le perdre tours & détours je tends
J'attends brûlant tours & détours le fil faut

Pas perdre le fil tours & détours j'écoute ça
Racle au loin racle tours & détours où j'sais
Pas tours & détours racle au loin sueur c'est

Quoi pas le perdre le fil ma sœur tours tours
Détours mon cœur ma sœur le fil tours détours
Cornes mugit glaive fil coupé sang pis Zut ah

Zut alors l'est trop tragique ce sonnet j'vas
Y flanquer un hareng saur Donc chaipas ce qui
Arrive là tours & détours il me semble ce qui
Arrive là tours & stop j'm'arrête dis des pas

Qu'on dirait pis quelqu'un qui sifflote j'vas
Voir bon tant pis pour le fil l'autre cornu à
Masque de taureau l'a coupé après je sais pas
Il a disparu envolé le Minomachin je sais pas

S'qui s'a passa j'ai entendu un grand Zut pis
Comme une grande ombre vive sur le dédale pis
L'était plus là l'aut'mugissant bon je me dis

V'là aut'chose surtout que sur le mur blanc y
A maintenant une ficelle attachée à un clou y
A aussi au bout d'la ficelle un hareng saur y

S'balance le hareng lentement moi je sais pas
Mais à s'balancer comme ça ce hareng pendu là
L'a quand même bien l'air d'se fiche de nous.

Patrice Houzeau
Malo, le 21 février 2023.

9 février 2023

SANS DOUTE PEUT-ON DOUTER DE TOUT SAUF DU DOUTE

SANS DOUTE PEUT-ON DOUTER DE TOUT SAUF DU DOUTE

1.
On peut, comme Wittgenstein, poser la condition « si je ne le sais que par moi-même », et se demander si ce que je sais « par-moi-même » correspond à ce que sait autrui. Suis-je bien sûr que ce que je nomme « liberté », « hasard », « dieu », « choucroute » correspond à ce à quoi se réfère autrui quand il parle de liberté, de hasard, de dieu ou de la choucroute ?

Pour la choucroute, il y a certainement consensus.

On me dira que c'est le but de la philosophie que de donner une définition objective aux concepts de « liberté », de « hasard », de « dieu » et même de « choucroute ».

Eh bien, apparemment, on ne lit pas vraiment les philosophes.

Ou alors, on les lit, mais on ne les comprend pas. Ou on feint de ne pas les comprendre.

Citation :
"Si je ne le sais que par moi-même, je ne sais que ce que moi-même je nomme ainsi, non pas ce que nommerait ainsi un autre." 
(Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 347).

2.
On peut, comme Wittgenstein, se demander ce que signifie le « pourrait ». Sans certaines règles grammaticales, certains faits ne pourraient être exprimés. Cela revient à dire que certains fait existent en dehors du langage, ou sont à l’extrême limite de ce que le langage peut exprimer. Comment décrire le sentiment de l'imminence de sa propre mort ? Comment décrire le parfum d'une rose de manière à le rendre « vivant », vraisemblable à celui qui n'a jamais approché une rose ? Qu'exprime-t-on, la douleur ou les signes de la douleur ? Le réel est plein de ces inaccessibles sémantiques, aussi réels qu'une planète découverte par calcul mais qui reste invisible.

Citation :
« Si quelqu'un dit : « Si notre langage n'avait pas cette règle grammaticale, il ne pourrait pas exprimer ces faits » - que l'on se demande ce que signifie ici le « pourrait ».
(Wittgenstein traduit par Pierre Klossowski, « Investigations philosophiques », 497).

3.
Le réel est arbitraire (« le monde est injuste ») parce que les règles grammaticales sont arbitraires mène à la proposition : créons un langage purement logique (celui des machines) pour aboutir à un monde qui serait fatalement juste puisque logique. Alors, nous quitterions l'humanité pour le règne des robots, des efficacités justement rétribuées, des bonheurs justement mérités, des sacrifices logiquement nécessaires.

4.
Sans doute peut-on douter de tout, sauf du doute. La logique est-elle la science du doute ? Le réel ne peut-il être réel que parce qu'il est douteux ?

5.
On peut, comme Wittgenstein, se demander comment l'autre « sait ce qu'il veut dire ». Ce que j'entends, ce sont les signes de ce qu'il veut dire, les symptômes d'un vouloir-dire. Ce qu'il veut dire réellement, le sait-il lui-même ? Devrait-il le savoir ? Il ne veut pas dire, il signifie.

Citation :
« Comment doit-il savoir ce qu'il veut dire, il n'a guère que ses signes. » (Wittgenstein traduit par Klossowski, « Investigations philosophiques », 504).

6.
Le langage mime le réel à la façon des trois singes, dont l'un se bouche les oreilles, l'autre se bouche les yeux, et le dernier se tait. Nous ne pouvons tout dire du réel car nous résistons à la tentation de pousser la logique jusqu’aux limites de l'absurde.

Patrice Houzeau
Malo, le 9 février 2023.

7 août 2022

PREMIERES REVERIES EN LISANT UN ALBUM D'HERMANN

PREMIERES REVERIES EN LISANT UN ALBUM D'HERMANN

En lisant « Un Cobaye pour l'éternité » de Hermann.

 

1.

Le jaune électrique entre les dents du laboratoire ne sourit pas à la suppliante. L'interruption du traitement sera sans retour. Il faut payer les dieux pour que les dieux guérissent un temps. Les dieux sont chers. Il n'y a plus d'âge et il n'y a pas d'avance.

2.

La publication des gouffres ne sert pas toujours l'égaré des profondeurs. Ce n'est pas en dénonçant le Diable qu'il cesse de vous tenir par la queue. Et si le scandale refermait les grilles, on constaterait votre absence. Les dieux ravissent et ne rendent pas toujours.

3.

Le monde parcouru d'ombres errantes, d'éclairs noirs, chante que le Diable a ses chasseurs. Demeurer aux confins n'évite pas le jaillissement du loup. Il vient ; vous l'attendiez sans l'attendre. Il est déjà votre familier et déjà votre passé.

4.

Qui dévoile ses pièges au Diable se prépare à la trappe, d'autant qu'accompagné de sa beauté, le Diable a plus d'un tour dans son homme. Le Saint a parfois un cheval qui boîte, et créature parmi les créatures, il prend le mal des créatures en patience.

Le Saint est-il celui qui transcende son être de créature parmi les créatures, de grimace parmi les grimaces, pour incarner la patience nécessaire à la justice pour qu'elle s'accomplisse ?

5.

L'impatient d'accomplir la mission dont il ne sait rien ne peut être sûr du prix de ses efforts, tant, par servitude volontaire, le prix du temps est exorbitant. La montre à ton poignet représente l'or et le sang en une quantité telle que ta gorge ne pourrait avaler tant de monstres.

As-tu rêvé la rose dont le nom révèle les autres noms ? Celui de la tortue lâchée par les griffes fracassant le crâne d'Eschyle ? Celui du petit être apeuré poursuivi dans un passage ? (te voilà près de qui se retourne lève la hache pour te frapper) Celui du Cauchemar qui réduit la nuit à un entonnoir et te brise les dents ?

Sens-tu ton cœur comme il cogne ? As-tu compris comme tout est en rythmes brisés, en saccades, en cadences, en syncopes, accords rompus, orchestres décomposés, fanfares effilochées, cassés danseurs, plaies rongeant les masques ?

6.

Ni Bach, ni Mozart, ni Beethoven n'y retrouveraient leur Joie. Quelle cacophonie, ces mécaniques horlogères ! Quels inopportuns parachutés dans les lignes lentes ! Comme on perd son temps, on gagne sa vie. N'est-elle pas la gardienne du bestiaire des hasards ?

7.

Le Diable feint de laisser sa beauté en gage. Ne paye-t-il pas consciencieusement ce qu'il doit à chacun ? Ne rappelle-t-il pas sans cesse que le temps est ce qui arrive. N'a-t-il pas seul la clef de cette parade sauvage ?

Vouée au mythe, aux collectionneurs de perfections, la souple et jeune donne l'illusion et le regret de ce qu'on peut être encore. Nul ne sait vraiment la valeur de la monnaie d'entrée et, sachant qu'on finit toujours par ne plus sortir vivant de la représentation, rentre dans la salle.

Quand tu veux fermer la porte au Diable, il faut sortir ton chien féroce. Elle rit à l'idée qu'elle suspend le temps dans les yeux des hommes, ces pauvres reproducteurs. Elle a la force de la lucidité et sait à quoi s'en tenir sur le compte de son temps.

8.

Car le Diable a assez de détails pour occuper plusieurs humanités, rabatteurs et recruteurs d'âmes à perdre ne se soucient pas tous de la façon dont poussent carottes et radis.

Il suffit d'ouvrir la fenêtre pour entendre dire que l'espace et le temps sont aussi liés que Tristan et Iseut et qu'en dehors de la singulière conscience, il n'y a pas même même pas de sens. Il va pleuvoir dit Zut.

9.

C'est en préparant le café que les voyageurs découvrent parfois un cadavre. Puis, les morts chassant les morts, il faut reprendre la route, le long de la rivière, vers la mission. Que l'un puisse vous assassiner, on ne sait jamais, mais « l'ennui, c'est que tu as besoin de moi ».

10.

Pondant des phrases sur le retour du loup, on va son monde. C'est toujours vers la mort. Puisqu'on ne peut faire autrement, on prend son temps. Que le cheval guérisse et ils atteindront le sommet de la colline. C'est une promesse, et comme toutes, elle aussi est vouée au couteau.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 7 juillet 2022.

1 août 2022

JE POSSEDAIS UNE IMPOSANTE COLLECTION D'IMAGES

JE POSSEDAIS UNE IMPOSANTE COLLECTION D'IMAGES

 

« Je possédais une imposante collection d'images de »

J'ai lu ça dans « Une vie française » c'est Jean-Paul

Dubois qui l'a écrit et ça me rappelle la gamine dans

la science-fiction à Jean-Claude Forest qui n'peut se

passer d'images même qu'elle est toute mélancolique à

l'idée de n'avoir pas de nouvelle image à se fasciner

dedans ma caboche je me demande si j'me souviens bien

dedans Le Syndrome de Stendhal il y a Asia Argento oh

dedans qu'elle est belle Asia oh qu'elle est belle oh

dedans le Syndrome de Stendhal la tarabusterait-il On

voit ça dans le film à Dario Argento à la jeune fille

interprétée par Asia qu'elle plonge dans des abîmes à

cauchemars quand elle contemple des tableaux Je ne me

souviens plus bien du film parce qu'le jour où l'l'ai

vu j'étos fasciné par une endive à cheveux blonds que

j'ai pas fait attention La choucroute passa Saucisse.

 

Note : Quand j'écris La choucroute passa il n'y a pas

d'allusion malveillante car je n'pense pas qu'le film

à Dario Argento soit choucrouteux J'ai écrit ça parce

que je pense souvent à la choucroute surtout quand il

s'agit de clore une séquence en vers justifiés là par

exemple je n'sais comment clore d'une autre façon que

par le rappel de la non-italianité de la choucroute &

que Dario Argento rappelle plus la finesse horrifique

de Suspiria que les litres de bière de l'Oktoberfest.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 1er août 2022.

13 juillet 2022

A NODIN

A NODIN

 

1.

« pour qu'il pût se targuer, enfin, d'être

dans l'âge viril » écrit Leiris. Zut ça la

gondole sec s't'expression « l'âge viril »

l'âge de la banane se dit Zut même qu'elle

va s'acater des côtes de porc même qu'elle

va les engloutir avec des patates sautées.

2.

« de ce qu'est pour le torero la corne acérée

du taureau » cause littérature Leiris quand i

cause corne de taureau « acérée » il dit pour

bien signifier qu'ça doit pas être à Nodin la

littérature cause il est bien ennuyeux s'dieu

là Nodin tandis que Zut confirme que la pluie

ça mouille pis c'est la fête à la grenouille.

3.

« A cette échelle, les tourments personnels

dont il est question dans l'Age d'homme » i

dit Leiris qu'c'est « peu de chose » & lors

Zut pense à l'Ukraine massacrée démolie par

Mad Vlad Poutine pis qu'elle les écoute Zut

les jacassants d'la grande Assemblée à nous

piquer nos sous Zut se dit Bande de clowns.

4.

« nudité pathétique et grouillement pittoresque »

écrit Leiris J'écoute une émission sur la Reine &

c'est intéressant tout de même même que j'entends

dire qu'c'est « au fil du temps que la popularité

de la Reine s'est améliorée » que c'est devenu un

genre de soap opera leurs heurs et malheurs à eux

autres angliches royaux elle se dit Zut de Zette.

 

« nudité pathétique et grouillement pittoresque »

écrit Leiris A part ça ai lu Flashback acide qu'a

écrit Philippe Manœuvre sur ses souvenirs de rock

critique et pas seulement et que ce qu'il dit sur

Lemmy le fondateur de Motörhead est bien beau si.

5.

(« comme certains peignent avec éclat paysages

ingrats ou ustensiles quotidiens ») il a écrit

Leiris) que c'est pas tant s'qu'on raconte qui

intéresse mais la manière dont le style & même

qu'on ne fait rien qu'à radoter rabâcher & pis

les ruminer nos histoires qu'on s'en fout fout

fout fout je me souviens d'une balle perdue il

a chanté Charlebois il y a longtemps déjà déjà

déjà déjà mais je reviendrai pas je suis mort.

 

Patrice Houzeau

Malo, le 13 juillet 2022.

 

 

31 janvier 2022

ON SE JUSTIFIE COMME ON PEUT

ON SE JUSTIFIE COMME ON PEUT

1.
Et le troupeau de sphinx regagne la sphingerie »
(Apollinaire)

Et alors que les masques bleus tombent sur la cité
Le troupeau de sphinx et leur pâtre fumant la pipe
Troupeau de sphinx ce sont donc des énigmatiques &
De l'antique qu'ils viennent poème ô temps aboli &
Sphinx aux jeux de mots pour eux seuls ce troupeau
Regagne avec leur pâtre vêtu de l'inverness cape &
La tête pleine de crimes sans coupables regagne la
Sphingerie & plonge dans un songe aux yeux crevés.

2.
« Et leurs mains s'élevaient comme un vol de colombes »
(Apollinaire)

Et leurs mains je songe qu'en songe de
Leurs mains je ne m'en souviens de ces
Mains non je ne m'en souviens jamais &
S'élevaient-elles ces mains que jamais
Comme si l'ombre était leur demeure et
Un voleur les a volées donc ou coupées
De la main invisible à la hache ah des
Colombes dit le vers oh tranchées donc
qu'elles sont ces colombes Mais si ces
mains leurs mains jamais je n'les vois
en songe je vois bien leurs têtes m'en
souviens bien de leurs têtes & je peux
même dire leurs noms à leurs têtes pas
toujours cependant beaucoup me restent
inconnus & sont bien attachées collées
leurs têtes ne s'élèvent pas comme une
escadrille de crapauds ou de corbeaux.

3.
Zanzibar bar à zazous ça n'veut rien dire
Dit Zut qui s'y entendait Au Zanzibar bar
à zazous moi j'y vais jamais vu qu'j'suis
ni zazoute ni zazou Zanzibar bar à zazous
ça n'veut rien dire mais quand même c'est
Zoli comme formule Zanzibar bar à zazous.

4.
« Je descends et le firmament
S'est vite changé en méduse »
(Apollinaire)

Quand je dis je ce n'est pas moi
qui dis je mais dans un poème je
une ombre Donc alors là s'que je
fais c'est que je descends je ne
sais quel escalier dans le passé
c'est le matin mon père a allumé
la radio à 6 heures jamais avant
pour ne pas gêner les voisins il
est 6 heures je dois me préparer
pour aller au lycée qui m'ennuie
ou alors c'est en rêve et ce que
que je descends est interminable
interminablement interminable oh
c'est l'escalier du vertige & je
croise des ombres certaines sont
très bruyantes onomatopées qu'on
dirait un solo de batterie Pim &
Pam & Poum avec des cymbales qui
avec des cymbales qui claquent &
sifflent & plus je descends plus
puissant le son de la batterie &
je me dis que j'ai dû laisser la
radio allumée alors je me lève &
j'essaie d'éteindre la radio car
je ne veux pas gêner les voisins
et je n'arrive pas à éteindre la
radio je n'arrive pas à éteindre
à éteindre la radio genre hantée
la radio hantée par les fantômes
du jazz c'est bien ennuyant tout
de même qu'je vais les gêner nos
voisins au matin à six heures il
descendit l'escalier son père il
était déjà levé et maintenant il
fallait se préparer car au lycée
il fallait aller s'ennuyer comme
ça il apprendrait la patience la
patience qu'il faut pour pouvoir
vivre la vie de tous les jours &
si t'es pas content tu n'as qu'à
aller voir à l'usine qu'elle dit
ma mère je sais bien que ma mère 
avait raison mais hein hein hein
qu'c'est pas si facile non hein.

5.
Très grognon aujourd'hui des trucs qui m'gonflent
je songe aux poètes qui aiment leur prochain tous
ces poètes altruistes là même que certains i font
juste semblant on se justifie comme on peut hein. 

Patrice Houzeau
Malo, le 31 janvier 2022.

16 janvier 2022

J'ENTENDS DANS LES LOINTAINS S'DEFILER UNE FANFARE

J'ENTENDS DANS LES LOINTAINS S'DEFILER UNE FANFARE

1.
J'ouvre mon Apollinaire et je lis :
«Et toi que les fenêtres observent»
car les fenêtres ont des yeux ou ce
sont plutôt les yeux qui en ont des
fenêtres et même qu'on dit carreaux
des fois pour dire les yeux mais le
vers n'est pas fini et «la honte te
retient » qu'il a écrit ensuite que
donc le narrateur promenant il a un
genre de honte qui le retient cause
y a des yeux dans les fenêtres tout
le monde sait que les fenêtres tout
plein d’yeux qu'elles sont oui tout
plein mais ils sont pas toujours là
à vous guetter défois les yeux dans
l'air qu'ils restent suspendus dans
les rideaux pendant qu'leur spectre
fait autre chose zallez me dire que
faire autre chose sans yeux ça doit
pas être facile qu'c'est bien là où
il se cache niche le coucou Mystère
puis zallez me dire dis qu'des yeux
sans visage quoi qu'ça peut y piger
du réel qui s'agite gigue et gigote
sous les yeux quoi qu'ça peut piger
hein des yeux sans visage donc sans
cerveau ni Blanquer ni rien pour le
déchiffrer le réel l'énigmatique et
c'est pour ça que le coucou Mystère
bin il persiste il persiste & signe

2.
Plus loin ce vers parmi d'autres
le poète y évoque le Christ dans
ces vers « la flamboyante gloire
du Christ » qu'il écrit le poète
« la torche aux cheveux roux que
n'éteint pas le vent » qu'il dit
& «c'est l'arbre toujours touffu
de toutes les prières» qu'il dit
Apollinaire se souvenant puis en
tirant des images & puisant dans
le passé qui est ce qui nous fut
ne sera plus jamais jamais plus.

3.
Dans le célèbre Zone le premier
poème du recueil Alcools je lis
aussi ces vers i m'épatent fort
« Aujourd'hui tu marches dans Paris les
femmes sont ensanglantées
C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir
c'était au déclin de la beauté »
je ne sais pas trop ce que sont
ces «femmes ensanglantées» sais
pas trop ce qu'il veut exprimer
le poète d'ailleurs peu importe
ce qu'il veut exprimer le poète
avec ses «femmes ensanglantées»
car l'effet visuel est vivace &
en met plein l’œil que dans les
rues qui traînent nos cervelles
on les imagine bien corps têtes
à grands traits de pinceau vous
voyez l'masque façon Picasso un
genre de choses de derrière les
choses qu'il n'est pas question
de Beau ici mais de ce Vrai qui
hante le réel et que parfois le
poète manifeste, médium attrapé
par le songe J'entends dans les
lointains s'défiler une fanfare

Patrice Houzeau
Malo, le 16 janvier 2022.

1 novembre 2021

UNE QUINZAINE DE BRICOLES A LA TOUSSAINT

UNE QUINZAINE DE BRICOLES A LA TOUSSAINT

1.
Défois les portes claquent, défois les claques portent.

2.
Défois je vas au cimetière voir si les morts n'se réveilleraient pas un peu, mais ils ne se réveillent point sauf dans les films d'épouvante où je ne joue pas alors donc moi je baisse le ciel alors il fait nuit et je vas me coucher parmi les encore.

3.
Quand je vas au marché j'achète des carottes car je pratique l'envoûtement par la carotte. En général, ça ne marche jamais mais qu'est ce que j'bouffe comme carottes râpées.

4.
Quand j'écoute la chanson « J'écoute de la musique saoule » par Françoise Hardy je suis content. Je pense que je me relèverai d'entre les draps d'la mort pour défois aller chez les vivants écouter « J'écoute de la musique saoule » par Françoise Hardy. On en reparlera.

5.
Je n'ai jamais joué de trompette, mais défois en songe je joue du piano même qu'après il y a une scène assez pénible où une grosse dondon à moustache et accent prononcé me coupe les doigts en braillant Ar Bar et Mozart, c'est de l'art, pas du canard.

6.
Je ne me jette jamais par les fenêtres ; j'ai le respect du travailleur municipal. S'il m'arrive de mourir, je le fais en toute discrétion. Personne ne s'en aperçoit jamais.

7.
Les toubibs ont trouvé les noms de nos malaises. Les Américains nous fabriquent les molécules ad hoc. Faut filer droit, pas flâner dans les déviations. Macron et son monde ont un projet pour nous.

8.
Quand je m'ennuie je m'évapore des esprits qui vont hanter un je ne sais où dont je ne me souviens jamais et puis je reprends mes esprits comme on reprend ses oreilles et je vas travailler.

9.
Je pense que Dieu est un joueur de cornemuse pis quand il cessera de souffler dedans, il y aura comme un long couinement triste et pis ça s'ra fini, l'infini.

10.
Drôle de monde où nous discutons avec des machines ; drôle de monde où l'on égorge le passant au nom de dieu ; drôle de monde où l'on attend qu'ça flambe pour agir. Je regrette les années anonymes, celles où l'on n'était que ce qu'on est et qu'on s'foutait bien du reste.

11.
Défois je me fais des cheveux, un peu trop de cheveux ; du coup, faut les couper. En général, c'est en quatre.

12.
Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a déclaré à la COP26 que, face au dérèglement climatique, il était temps d'agir, afin de « sauver l'humanité ». Je n'en ai pas parlé à mon cheval, ça l'aurait fait pleurer.

13.
Je n'aime pas Macron. Je l'ai déjà dit mais je le répète car je suis répétitif. Les raisons pour lesquelles je n'aime pas Macron sont nombreuses mais l'essentiel tient en ceci que je n'aime pas Macron parce que Macron est Macron. Ah je n'ai jamais dit que c'était rationnel.

14.
Je n'aurais pas dû échanger ma collection de canards qui font pouet-pouet contre une collection de squelettes tout en os ; mon humeur s'en trouve grandement mélancolisée.

15.
Tiens, j'écoute un truc sur You Tube qui s'appelle « The Deadly Elegant Dark Cabaret Folk Song Collection », c'est marrant dans le genre mélancolie à s'attirer des spectres et gothique non stressant d'l'électrique

Patrice Houzeauq
Malo, le 1er novembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

29 août 2021

PUNAISE ET SALSIFIS DEJA MINUIT FAUT QUE J'DORS

PUNAISE ET SALSIFIS DEJA MINUIT FAUT QUE J'DORS

 

1. 

« leur propre consentement, se sont soumis au
gouvernement » écrit Locke j'en cite que huit
mots parce que ça m'ennuie d'en citer une qui
serait trop longue que Leur tête je veux leur
tête fit Zut Carmagnole avec des yeux de sang
Bien propre qu'elle a l'air la nuit quand les
rideaux je les ai tirés qu'il disparaît votre
beau monde là Le consentement des héliotropes
à passer pour des cire-pompes en s'soumettant
aux plus ministérielles sottises faut dire le
poste qu'ils occupent celui qu'ils convoitent
vaut bien hein quelques lécheries pis ont une
femme des enfants un standing une baraque pis
la voiture les vacances les amis la culture &
avez-vous vu le dernier film de Jean Gonflant
sur la révolte intime d'un boucher végétarien
amoureux d'une non-mangeuse de porc mais dont
le penchant pour la décapitation contrarie le
projet qu'il eut Robert qu'en outre il est le
fils au curé honteux d'la paroisse de Sainte-
Saucisse la bien nommée & de José(e) Venduraz
sa bonne transgenre que c'est miracle reconnu
par le grand évêché intersectionnel qu'est-ce
que je peux écrire comme conneries alors mais
que voulez-vous moi ça m'gondole alors hein &
sont-ils beaux nos diplômés nos investis même
que ça m'met en verve joyeuse Soumis & pleins
de la belle résilience pédagogique à Blanquer
C'est un ministre de l'éducation nationale si
réformateur que Bah pas envie d'en parler Zut
Comme dit Zut qui au jeu du bilboquet-à-têtes
Zut est si forte si tranchante que bientôt de
gouvernement on va en changer souvent souvent

2.
Zut ne vote qu'avec des œufs pourris et des tomates bien mûres.

3.
« La chambre est blonde et profonde et la cime
d'olivier pâle » écrit Pierre Jean Jouve encor
un que j'aime pas trop lire même que je le lis
pas qu'est-ce que c'est pompeux mes aïeux même
que je me dis qu'en fin de compte les poètes i
sont bien casse-pieds mais faut dire qu'j'aime
de moins en moins de choses ça doit être lié à
ma vocation au fantômat Qu'la « chambre » dont
i cause l'aut'aligneux de sottises syllabiques
soit « blonde et profonde » ça fait penser aux
cheveux blonds d'mômes du genre qu'on voit sur
les vieilles photos des documentaires sur Arte
que Zut regarde pour s'instruire donc voici le
jeune Paul Poelafrire à l'âge de huit ans avec
la bonne et ses cheveux de fille vu qu'alors à
cette époque en ces temps que nous n'avons pas
connus et dont je me fiche comme d'la dernière
circulaire à Blanquer (c'est un ministre de la
grande fabrique à chômeurs éducative pis qu'on
dit apprenante maintenant ce qui entre nous ne
veut pas dire grand chose)donc l'avait cheveux
de fille (pendant que j'écris mes biles là y a
une vieillerie à Pink Floyd sur Youtube une de
ces versions hallucinées d'« Careful with that
axe, Eugene » quels farceurs ces Pink Floyd Me
rappelle la bande-son de Suspiria savez l'film
avec des adolescentes et une sorcière dans une
école de danse et des décors comme on voit que
dans les rêves mais la version pas piquée d'la
moustache hallucinogène à Staline peint par un
disciple d'Andy Warhol l'homme de la braguette
elle date d'avril 1970 l'année où sortirent le
fameux album à la vache les Pink Floyd & qu'le
Suspiria à Dario Argento date de 1977 que bien
peu de choses allez qu'on est que la « chambre
blonde et profonde » si ça a quelque rapport à
l'enfance peut-être aussi au féminin pis aussi
à l'été ou alors à la bière au gruyère & aussi
aux épis pis aussi aux grandes endives & aussi
aux grandes sauterelles décolorées qui passent
à la télé même qu'on ne les écoute même pas on
les reluque juste en finissant sa part de flan
punaise & salsifis déjà minuit faut que j'dors

Patrice Houzeau
Malo, le 29 août 2021.

 

 

 

 

20 décembre 2023

L'ETRANGE BEAUTÉ DE LEUR MYSTERE

L'ETRANGE BEAUTÉ DE LEUR MYSTERE

« Je me plaisais surtout aux mathématiques, à cause de la certitude et de l'évidence de leurs raisons, mais je ne remarquais point encore leur vrai usage, et, pensant qu'elles ne servaient qu’aux arts mécaniques, je m'étonnais de ce que, leurs fondements étant si fermes et si solides, on n'avait rien bâti dessus de plus relevé. Comme au contraire je comparais les écrits des anciens païens qui traitent des mœurs à des palais fort superbes et fort magnifiques, qui n'étaient bâtis que sur du sable et de la boue ; ils élèvent fort haut les vertus, et les font paraître estimables parmi toutes les choses qui sont au monde, mais ils n'enseignent pas assez à les connaître, et souvent ce qu'ils appellent d'un si beau nom n'est qu'une insensibilité, ou un orgueil, ou un désespoir, ou un parricide. »
(Descartes, « Discours de la méthode », Première partie, Le Livre de poche n°2593, p.98).

Lorsque Descartes commence un paragraphe du « Discours de la méthode » par « je me plaisais surtout aux mathématiques », ce ne sont pas les goûts et les couleurs du philosophe qui importent mais l'intérêt qu'il porte à la « certitude » et à « l'évidence de la raison » que les raisonnements logico-mathématiques révèlent.
Ce n'est pas ses goûts qu'il met en évidence mais le fait de s'être trompé sur leur vraie nature, « pensant qu'elles ne servaient qu’aux arts mécaniques », et ne sachant pas que les mathématiques recèlent dans le vertige des équations des univers qui nous restent concrètement invisibles, soit qu'ils n’existent pas (les équations sont pleines d'êtres efficaces que nous appellerions peut-être d'autres dieux dans le tissu d'illusions qui constitue notre réel), soit qu'ils existent mais que nous sommes insuffisants à les percevoir.
Nulle transcendance, en apparence, dans les mathématiques appliquées cependant que le philosophe s'étonne «  de ce que, leurs fondements étant si fermes et si solides, on n'avait rien bâti dessus de plus relevé. »
Cela lui permet une comparaison et de passer de l'abstraction chiffrée à l'humanité des « mœurs » telles qu'elles furent décrites par les « écrits des anciens païens » : « des palais fort superbes et fort magnifiques » dit-il, mais, considérant que leurs fondations sont si peu solides – du « sable et de la boue » -, on ne peut donc s'y fier, pas plus qu'on ne se fie au seul temps qui passe pour nous révéler des vérités fondamentales et que l'ordinaire des humains, trop humains est souvent bien plus près de la « boue » que du ciel des idées.
Ces « écrits des anciens païens » n'insultent pourtant pas les « vertus » et au contraire les « élèvent fort haut, et les font paraître estimables parmi toutes les choses qui sont au monde », mais d'une manière si artificielle, soit qu'elles ne sont jamais qu'une somme de préceptes, soit qu'elles se complaisent dans l'arbitraire des dogmes et l'illusion des traditions, que « souvent ce qu'ils [les écrits des anciens païens] appellent d'un si beau nom n'est qu'une insensibilité, ou un orgueil, ou un désespoir, ou un parricide. » Ces derniers mots me sont des énigmes. Je ne doute pas que doctes commentateurs et savants spécialistes ont su depuis longtemps expliquer la signification de cette « insensibilité », de cet « orgueil », de ce « désespoir » et de ce « parricide ». Pour ma part, je ne me les explique pas, et m'en tiens à l'étrange beauté de leur mystère.

Patrice Houzeau
Malo, le 20 décembre 2023.

12 juin 2023

LA GRENOUILLERE ET AVANT LE CINEMA

LA GRENOUILLERE ET AVANT LE CINEMA

1.
Un court texte d'Apollinaire dans le recueil « Il y a » (cf « Poèmes à Lou précédé de Il y a », Poésie/Gallimard n°44) illustre ce que l'on peut entendre par perception de l'être. Les « canots vides » de l'île de la Grenouillère (île de la Seine connue entre 1850 et 1930 pour le canotage qu'on y pratiquait nous rame de papier Wikipédia), les « canots vides » donc, rappellent au narrateur que le lieu fut jadis hanté par « les peintres », Maupassant, et leurs conquêtes « à grosse poitrine ». C'est dans ce décalage entre l'animation passée, la vie joyeuse qui s'y déroulait et le « vide » des canots qui n'ont plus qu'à « s'entre-cogner », parce que s'ils savaient faire des crêpes, ça se saurait, dans ce décalage que se tient la perception de l'être. Un lycée vide après avoir été agité toute la semaine produit le même effet. Lorsque la pleine saison est passée, même chose pour le vide du très grand hôtel dans une région montagneuse, et en plus ça attire les fantômes.

LA GRENOUILLERE

Au bord de l'île on voit
Les canots vides qui s'entre-cognent
Et maintenant
Ni le dimanche ni les jours de la semaine
Ni les peintres ni Maupassant ne se promènent
Bras nus sur leurs canots avec des femmes à grosse poitrine
                                         Et bêtes comme chou
Petits bateaux vous me faites bien de la peine
Au bord de l'île
(Apollinaire)

2.
Dans « Il y a », il y a aussi « Avant le cinéma ». Je me suis longtemps demandé d'où venait cette chanson hors du temps qui ouvrait une émission sur le cinéma le dimanche soir sur France Culture (laquelle, je ne sais plus). Je sais maintenant que c'était un poème d'Apollinaire mis en musique par Francis Poulenc et la version que j'aimais est une version modernisée par David Jisse et Dominique Marge.

« Avant le cinéma » est une balade amusée qui illustre l'intérêt d'Apollinaire pour la modernité. Pas de démonstration, l'auteur constate simplement qu'acteurs et actrices sont considérés comme des « artistes » et deviennent plus populaires que poètes et compositeurs, et la langue du début du 20ème siècle de s'enrichir des mots « ciné » et « cinématographe », mais l'essentiel est que la qualité y soit, « aussi mon Dieu faut-il avoir du goût ».

AVANT LE CINEMA

Et puis ce soir on s'en ira
Au cinéma

Les Artistes que sont-ce donc
Ce ne sont plus ceux qui cultivent les Beaux-Arts
Ce ne sont plus ceux qui s'occupent de l'Art
Art poétique ou bien musique
Les Artistes ce sont les acteurs et les actrices

Si nous étions des Artistes
Nous ne dirions pas le cinéma
Nous dirions le ciné

Mais si nous étions de vieux professeurs de province
Nous ne dirions ni ciné ni cinéma
Mais cinématographe

Aussi mon Dieu faut-il avoir du goût
(Apollinaire)

Patrice Houzeau
Malo, le 12 juin 2023.

28 mai 2023

VERS LE CHÂTEAU

VERS LE CHÂTEAU

Kafka traduit par Alexandre Vialatte, « Le Château », folio n°284. Livre extraordinaire et inachevé (ce qui lui donne une fin abrupte et qui donne à penser sur l'avenir de l'arpenteur K. et sur ses relations avec l'hôtelière). Compte-rendu subtil des pensées, des paradoxes, des interrogations, soumissions et désarrois qui animent les têtes à propos des moindres choses dès lors qu'une transcendance est supposée y avoir part. Ici, la transcendance, c'est le « Château », lieu des décisions et des administrations, lieu du secret et des protocoles, lieu des tout puissants et inaccessibles Secrétaires du Château.

Le « Château » est la justification de tout, puisqu'il en est l'administration (c'est comme dans l'éducation nationale : la réforme Blanquer est fort sotte, mais comme c'est justement le « Château » - comprenez ici, le ministère - qui met cette réforme en œuvre, elle est donc forcément justifiée).

Kafka, avec une acuité et une clarté de philosophe, ou d'entomologiste, décrit un univers où l'administration a tellement étendu son empire que les mœurs et l'organisation de la vie sociale des villageois en découlent, à tel point que ce n'est plus l’existence qui précède l'essence mais la gestion administrative de votre présence sur terre. L'arpenteur K. en fait les frais qui, mandé dans un village de nulle part dans le Comté de Westwest, ne se voit confier aucune mission et se retrouve flanqué de deux aides aussi inutiles que potaches, cependant que l'ombre d'un des fonctionnaires du Château, l'invisible et étrange Klamm, ne cesse de se manifester jusque dans la vie affective de K.

On reconnaîtra dans cette prose aussi précise et scrupuleuse qu'un article du Code, dans ces longs dialogues argumentatifs, explicatifs, démonstratifs, toute l'intelligence humaine à rationaliser l'absurde. Intelligence fort utile aux dictatures et qui fait que, contre l'évidence, des gens qui ne sont ni fous, ni stupides, prennent le parti de soutenir les politiques les plus inhumaines.

« Le Château » a été publié en 1926 (à titre posthume et à l'initiative de Max Brod) et décrit une bureaucratie invisible et omnipotente. On dit que cette bureaucratie s'est concrétisée plus tard dans le monde soviétique. Il est possible aussi que l'à venir « Village global », comme disaient naguère certains zélés zozos de la mondialisation, et les milliards d’existences qui y grouillent et machinent, soit, tôt ou tard, administré, jusque dans ses moindres détails, par une bureaucratie aussi invisible, aussi toute puissante et toujours plus efficace (technologie et hyper-connectivité obligent).

Citation :
« Tout est service de contrôle au Château ! Je ne dis pas que ces services soient faits pour retrouver des erreurs au sens grossier du mot, car il ne se produit pas d'erreurs, et même, s'il en survient une, comme dans votre cas, qui a le droit de dire une fois pour toutes que c'en soit une ? »
(Le maire à K., p.100, chapitre V)

« Es gibt nur Kontrollbehörden. Freilich, sie sind nicht dazu bestimmt, Fehler im groben Wortsinn herauszufinden, denn Fehler kommen ja nicht vor, und selbst, wenn einmal ein Fehler vorkommt, wie in ihrem Fall, wer darf denn endgültig sagen, daß es ein Fehler ist. »
(Kafka, «  Das Schloß », « Das fünfte Kapitel » [der Vorsteher])

Dans ses postfaces aux éditions du « Château » Max Brod a donné une dimension quasi rabbinique à l’œuvre de Franz Kafka. Le dialogue de K. avec la transcendance qui règle et ordonne peut aussi être lu comme essentiellement politique.

Patrice Houzeau
Malo, le 28 mai 2023.

22 mai 2022

ALORS JASON JASON COMME JADIS

ALORS JASON JASON COMME JADIS

1.

« Depuis que mon esprit est capable de flamme,

Jamais un trouble égal n'a confondu mon âme. »

(Corneille, « Médée » [Jason])

2.

Alors Jason Jason comme Jadis & Zont

Belles plumes à leurs chapeaux alors

Jason dit « Depuis que mon esprit il

Est hein pourquoi parlé-je de mon il

Est hein mon esprit tout émietté mon

Esprit si éparpillé qu'à l'évoquer à

L'évoquer mon esprit oh j'en j'en oh

J'en j'en bégaie puis ne me viennent

Alors que des bribes de fantômes aux

Paroles et aux noms aussi incertains

Que s'ils n'étaient qu'esquisses des

Fictions par lesquelles je crois que

J’existe alors que je ne suis jamais

Qu'une suite de vers dans une pièce.

3.

Alors Jason Jason comme Jamais & Zont

Passé l'âge d'écouter du rock n' roll

Jason dit « Depuis que mon esprit est

Capable de flamme » (L'aurait-y point

L'âme-briquet le Jason là j'me dis oh

C'est pratique ça une âme-briquet que

Donc il pourrait s'allumer des clopes

Quand il fume à l'intérieur qu'il est

Tout de même un masque de tragédie le

Jason là qu'il pourrait s'allumer des

Clopes quand il fume à l'intérieur et

Ça passe le temps entre deux actes de

Fumer tandis que la machine infernale

Continue d'aligner ses répliques pour

Qu'au bout il se suicide le Jason là)

4.

Alors Jason Jason comme J'avions bien

Dit de refermer s'te porte & Zont dit

A la télé que que que pis que que que

Pis encore que que que & que qui quoi

Dont où Jason dit « Jamais un trouble

Egal n'a confondu mon âme » que c'est

Toujours plein de trouble un masque à

Tragédie plein de trouble un héros de

Tragédie plein de trouble comme on en

Voit dans le genre humain ce genre-là

Qu'on vit dedans jusqu'au cou et même

Qu'on va y finir noyé dedans disparu.

 

Patrice Houzeau

malo, le 22 mai 2022.

 

22 mai 2022

EN PARLANT IL OUVRAIT LA MALLE

EN PARLANT IL OUVRAIT LA MALLE

1.

« En parlant, il ouvrait la malle et en retirait quelques robes, un châle et d'autres objets à l'usage d'une jeune personne. »

(Prosper Mérimée, « Colomba »)

2.

En parlant en parlant parlant parlant parlant

Et pourtant il n'en parlait pas plusieurs que

Tant parla tant parla tant parla pis blablata

Blablata blablata blablata qui n'est point la

Mystérieuse cité où la parole est d'or ni car

Car j'aime toujours bien les jeux de mots car

Œuf four pis car à bistouilles car j'aime bin

Ça que c'est du café qu'on boit du rhum avec.

3.

En parlant en parlant en parlant en parlant en

Il ouvrit la malle il ouvrit la malle l'ouvrit

La malle alors une trompinette voltigeuse d'la

Malle d'la malle là d'la malle en sortit do ré

Mi mi la trompinette voltigeuse en jaillit pis

Comme i savot pas en jouer il la remit dedans.

4.

En parlant en parlant en parlant koikilfa

Il ouvrait la malle et en sortait sortait

De la malle ouverte là en sortait sortait

Retirait quelques robes & personne dedans

Car il n'est pas dans l'usage des humains

D'enfermer dans les malles des robes avec

Des personnes dedans ah non pas du tout &

En particulier si elles sont hein hein si

Elles sont hein si elles sont vivantes...

5.

Il ouvrait la malle et en sortait sortait

De la malle ouverte là en sortait sortait

Quelques robes un châle & d'autres objets

Couteaux gourdins machins dézingueurs car

On ne sait jamais Par contre il n'y avait

Pas de canons à longue portée car dans la

Malle hein il n'y avait plus hein dans la

Malle là d'place pour l'artillerie lourde

6.

Il ouvrait la malle et en sortait sortait

De la malle ouverte là en sortait sortait

Des robes un châle d'autres objets encore

A l'usage d'une jeune personne quand tout

A coup il vit ah tiens qu'il n'y avot que

Couic avot que couic ni malle ni robes ni

Châle ni jeune personne pis que la phrase

Etait finie finie finie finie finie finie

Aussi finie que la tartine à Nini lorsque

Nini l'a avalée sa tartine Nini engloutie

 

Patrice Houzeau

Malo, le 22 mai 2022

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